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... a posté 245 avis et 11 séries (Note moyenne: 3.19)

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Nom série  Neska du clan du lierre  posté le 20/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour une série ! Au point d'avoir embarqué les deux tomes sur un rayonnage de ma librairie préférée après en avoir seulement feuilleté quelques pages et sans en avoir jamais entendu parler auparavant.

Tout est réussi dans cette série dont je ne connaissais même pas l'auteur. Mais Louise Joor a les qualités des plus grands. Son histoire est remarquablement écrite et prenante, construite avec rigueur et intelligence, sans temps morts. On devine une vaste histoire et de grands mystères derrière le récit à hauteur de personnages qui occupe chaque album. Louise Joor a d'ailleurs reussi à créer un monde très original, où les deux-pattes, des humains d'1 cm de haut voisinent avec les insectes et les escargots. Huit clans se partagent ce monde et ne se rencontrent qu'au marché des coccinelles, lieu d'echanges, de rencontres, de retrouvailles autour des spectacles qui rappellent les traditions partagées mais aussi lieu de jalousies, de trahisons, de négociations secrètes... Ce marché des coccinelles est la grande réussite du premier tome.

Mais d'où viennent les deux-pattes ? Les légendes sur leurs origines, racontées par le clan du papillon, ont-elles un fond de vérité ? Pourquoi les vieux récits parlent-ils des Immenses, ces humains d'une taille gigantesque par rapport aux deux-pattes ? Pourquoi tout le monde croit-il sûils ont disparu ? Et pourquoi alors Neska en a-t-elle vu un, qui a enlevé sa maman ?

Le personnage de Neska, adolescente enthousiaste et courageuse mais qui se cherche encore, est une très jolie héroïne, attachante surtout pour les lecteurs préado, qui s'identifient immédiatement. Les autres personnages, les parents de Neska, sa sœur, les autres clans... sont tout aussi bien campés et sympathiques.

Tout cet univers est servi par un dessin ligne claire soigné et précis, qui fait une large part à des décors de qualité, une gageure pour une histoire à hauteur de brin d'herbe ! La colorisation est claire et lisible, les dialogues naturels et limpides. Tous ces atouts réunis font de Neska du clan du lierre une lecture idéale pour des lecteurs de 8 à 16 ans environ.

Nom série  Super Crooks  posté le 25/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La combinaison "scénario navrant + dessin virtuose qui donne mal à crâne" serait-elle une récente fréquente dans le monde des Comics ?

Cet album-ci, en tout cas, en est une belle illustration.

Leinil Yu a manifestement beaucoup travaillé l'anatomie humaine et tient à le montrer. Les visages sont un peu figés, avec le risque de confondre certains personnages. On ne peut pas dire que la colorisation soit ratée, mais, un peu huileuse, elle ne dégage pas une impression très agréable et manque de chaleur.

Les gros plans très fréquents, une constante dans le comics, nuisent à la lisibilité du récit, au profit de l'action.

Reste le scénario. Un casse des plus classiques, où un petit malin rassemble une équipe aux compétences variées pour atteindre son but. Ici, puisqu'on est dans le monde des super-héros où la vraisemblance n'est pas une option, les compétences des différentes recrues sont d'un tel niveau que le casse perd une partie de son intérêt.

Il faut traverser un tunnel protégé par des rayons laser capables de couper un homme en deux ? Qu'à cela ne tienne, on envoie deux super-catcheurs dont le corps repousse indéfiniment en quelques secondes, quelle que soit la localisation de la blessure. Bon...

Même le coup de théâtre final, très astucieux, perd un peu de son intérêt dans la mesure où il est fondé sur le pouvoir extraordinaire et illimité d'un des super-héros.

La densité psychologique et émotionnelle des personnages est inversement proportionnelle à leur puissance. A part un vague ersatz d'histoire de couple entre le héros principal et la seule femme de la bande (un quota ?).

Deux personnages auraient mérité un traitement plus creusé : le Gladiateur, dont l'homosexualité n'est révélée que pour être un peu tournée en ridicule. Et le Prétorien, super-héros passé du mauvais côté, pour des motifs qu'il aurait été intéressant de fouiller mais dont on ne saura pas grand-chose.

Bref, je me suis ennuyé devant cet album pop-corn qui enchaîne les scènes d'action grand-guignolesque mais laisse peu de trace une fois la couverture refermée.

Nom série  Batman (DC Renaissance)  posté le 25/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un ami décidé à me faire découvrir le monde des comics m'a prêté la Cour des hiboux, premier tome de cette récente série de Batman.

Résultat mitigé...

Oui, certes, le dessin de Capullo est impressionnant de maîtrise. Les planches sont travaillées comme un tout, au point de perdre parfois en lisibilité. J'afficherais bien certaines sur mon mur, mais les lire devient une épreuve ! Les cases sont si chargées, avec des enchaînements de gros plan ou d'angles inhabituels, qu'il faut s'y reprendre à deux fois pour être sûr d'avoir tout compris.

Et le scénario ? Personnellement, j'affecte un coefficient de 40 aux personnages, 40 au récit, 20 au dessin. C'est dire l'importance du travail du scénariste.

Eh bien je ressors très déçu de cet album. Personnages hiératiques et creux, avec le coup classique du traumatisme d'enfance rejoué en flashback, qui permet de leur donner un semblant d'épaisseur. Les dialogues sont maladroits, les émotions absentes. Et Batman, qui s'en prend plein la figure du début à la fin, n'a pas l'air d'en garder beaucoup de séquelles.

Quant à l'histoire, elle réussit l'exploit d'être à la fois simplette, un peu inepte et confuse ! Les rebondissements sacrifient toute vraisemblance à l'exigence du coup de théâtre permanent.

Même les motivations des méchants restent un mystère pour moi à la fin du tome. La suite de la série me fournirait peut-être quelques clés, mais j'ai eu tant de mal à finir l'album que je n'aurai pas le courage de poursuivre ! Bref, bof.

Nom série  The Woods  posté le 04/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un 3/5 d'attente. Le premier tome est prometteur mais j'attends la suite.

Le lycée d'une petite ville normale du Minnesota -un état semi-rural loin des grandes métropoles- se retrouve soudain déplacé... quelque part.

Sur une autre planète sans doute, deux lunes évoluant dans un ciel aux couleurs étranges. Une forêt plus étrange encore, et pleine de mystérieux dangers- entoure désormais le bâtiment où se retrouvent piégés quelques centaines d'élèves et de professeurs.

L'occasion rêvée de creuser sous les apparences ternes de ces américains moyens, tout occupés jusque là de leurs petits rêves, de leur apparence, de leur popularité et de leur réussite scolaire ou sociale. Une fois disparu le cadre légal, vont se faire jour des ambitions plus brutales ou des qualités plus profondes qu'on ne l'aurait cru.

Le scénariste s'est offert une grosse douzaine de personnages principaux, que nous suivons en parallèle, dans une histoire à la Lost, où des rebondissements improbables relancent l'action et poussent les personnages dans leurs retranchements.

Qui sont par exemple ces guerriers aux allures germaniques qu'un groupe d'élèves croise dans la forêt ?

Alors, comme dans toute saga américaine, il semble y avoir un vaste schéma, une volonté mystérieuse, une incroyable vérité derrière l'apparence incohérence des choses. Qui a pris possession du jeune geek hautain et solitaire du lycée ? Quels sont ces msytérieuses constructions de pierre avec lesquelles il semble dialoguer ?

Comme dans Lost, des flashbacks permettent de mieux comprendre l'histoire de nos personnages, qui ils étaient et quels liens les unissaient "avant". Autant de moments de normalité qui permettent de reactiver le sentiment d'étrangeté du nouveau monde.

Malgré un dessin un peu rigide et pas toujours rigoureux, et des couleurs criardes, on se laisse prendre et on tourne les pages en attendant de sursauter.

Rien de si original dans le schéma de départ (des gens normaux lancés dans un monde anormal), rien d'extraordinaire dans la trame narrative. Mais l'histoire est bien emmenée et les personnages sont crédibles. L'auteur a trouvé le ton juste pour dépeindre les frustrations, les envies, les doutes d'une génération au bord de l'âge adulte mais aussi de ceux qui, déjà établis et voyant passer les années, s'interrogent encore sur le sens à donner à leur vie.

Comme quoi, une bonne histoire, ce sont d'abord de bons personnages.

Un début très encourageant !

Nom série  La Ligue des Gentlemen Extraordinaires  posté le 04/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Quelle déception ! Le nom d'Alan Moore et les recommandations d'un ami m'avaient pourtant mis dans d'excellentes dispositions. La déconvenue n'en est que plus amère.

Rien ne convainc dans cette série. Ni l'histoire, linéaire et bruyante, jusqu'au grand feu d'artifice final, avec quelque chose de l'affrontement d'un "boss" de fin de niveau dans un jeu vidéo. Le scénario en a l'épaisseur...

Ni les personnages, manichéens, schématiques, enfermés chacun dans leur caricature et disant tout d'eux-mêmes -et ce n'est pas grand-chose- dès leur première apparition. Moore, si habile à forger des super-héros à sa façon dans Watchmen, ne prend ici même pas la peine de créer ses personnages. Il recycle et sacrifie à cette mode très actuelle de croiser les univers pour faire du neuf avec du vieux.

Le capitaine Nemo, aux atours de Maharadjah, croise donc un Dr Jekyll mâtiné d'Hulk quand il devient Mr Hyde. Dans le crescendo de violence façon Dragon Ball qui sert de file directeur, un monstre bodybuildé n'est jamais de trop.

Il faut ajouter à l'équipage l'Homme invisible, vaguement dilettante, Alan Quatermain, fatigué, et Mycroft Holmes en arrière-plan.

C'est carrément un plateau entier de madeleines que nous offre Moore, espérant compenser par la quantité des références le peu de sapidité de l'ensemble.

Alors, bien sûr, l'ensemble manque de présence féminine et la bande dessinée d'aujourd'hui se garde bien d'oser encore ces univers exclusivement masculins si naturels dans les années 60. Voilà donc le seul personnage créé pour la circonstance : une chef de gang improbable en jupon victorien, quelque part entre le colonel Trautman de Rambo pour le caractère et les héroïnes de James Ivory pour l'apparence. Ouais...

Si encore le dessin était correct. Mais ce gloubi-boulga de steampunk et de paraphrase du style des journaux illustrés d'époque donne surtout l'impression d'avoir été dessiné trop vite.

La série ravira sans doute quelques geeks qui acceptent de ne se nourrir que de références et de clins d'oeil. Pour ma part, je reste sur ma faim.

Nom série  Corentin  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une note un peu sévère, mais il faut ouvrir ce Corentin, ne serait-ce que pour des motifs documentaires.

Paul Cuvelier est considéré comme un grand de la BD des années 50. Et Corentin est son grand oeuvre. Il faut le garder en tête si ses albums, aujourd'hui, tombent un peu des mains.

Jeune orphelin breton battu par son oncle, Corentin Feldoë va se retrouver à vivre d'incroyables aventures en Inde puis en Amérique, apprivoisant au passage un gorille et un tigre. Cet exotisme bien documenté est d'ailleurs sans doute une des raisons du succès de cette série dans une France encore pauvre et avide d'ouverture sur le monde.

L'histoire rocambolesque rappelle vaguement Edgar P. Jacobs ou Jacques Martin à leurs débuts. Ce sont d'ailleurs des contemporains de Cuvelier et des voisins de magazine, puisque ces trois auteurs ont sévi dans Tintin.

On se demande tout de même rétrospectivement comment des séries aussi suggestives qu'Alix ou Corentin ont pu trouver grâce aux yeux très conservateurs et sourcilleux d'Hergé et de ses proches. Corentin Feldoë, mignon petit éphèbe blondinet, ne peut pas passer trois pages sans se retrouver en slip, pour des motifs parfois bien fallacieux. Tout comme Alix et Enak. Une certaine idée de l'esprit scout au naturel...

Nom série  Les 7 vies de l'épervier  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Je note enfin cette série magnifique des années après l'avoir dévorée à deux reprises.

On suit en parallèle les aventures d'Ariane de Troïl et de sa famille et celles d'Henri IV et de la sienne, liées par un mystérieux destin commun.

L'atmosphère du XVIIe siècle est merveilleusement rendue, que ce soit dans les dessins, superbes, élégants, souples à la colorisation subtile, de Didier Convard, ou dans le caractère des personnages, qui évitent avec brio le piège de l'anachronisme.

Les personnages "sonnent" Renaissance. Ils sont aussi suffisamment fouillés et complexes pour satisfaire un lecteur adulte. Et on se réjouit particulièrement de découvrir le Vert Galant en père de famille rougeaud, braillard et bonne pâte, accablée par une épouse acariâtre -Marie de Médicis- et perplexe face à un fils renfermé et rigide, son exact opposé : le futur Louis XIII.

Le décor, très documenté, nous permet de replonger dans le Paris bruyant, crasseux, boueux du début du Grand Siècle et dans l'ambiance encore un peu inquiétante des campagnes et des forêts françaises de l'époque.

Parmi les très nombreuses séries historiques, les 7 Vies de l’Épervier, qui a donné lieu à plusieurs suites ou histoires parallèles, est clairement au dessus du lot.

Nom série  Sept frères  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un des très nombreux albums de cette série Sept, qui offre l'intérêt de fournir une couverture marketing conséquente à des duos dessinateur-scénariste souvent peu connus. D'autres séries sont construites sur le même principe : l'Homme de l'année ou Jour J par exemple.

L'obligation de tenir en 46 pages ne réussit pas de la même façon à tous les scénaristes. Convard et Camus se sont laissés piéger, malgré toute l'expérience de Convard, sans doute plus habitué aux histoires à rallonge.

L'installation des personnages, un par un, se déroule tranquillement, sur une vingtaine de pages, avant que l'histoire ne s'enclenche vraiment. Faute de place, elle se dénoue en catastrophe, en quelques pages décevantes, laissant le lecteur sur sa faim.

L'idée de départ était bonne, mais avec des personnages aussi fouillés, elle aurait mérité plus d'un album. Peut-être n'était-elle pas à sa place dans la série Sept...

Le dessin de Boivin est maîtrisé, suffisamment lisible pour bien distinguer tous les personnages, mais un peu rigide.

Bref, un album prometteur au démarrage mais pas un des meilleurs de la série.

Nom série  Sept Nains  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La série Sept, qui semble destiner à tester des dessinateurs, des scénaristes ou des tandems, est de qualité assez inégale.

L'injonction de faire tenir une histoire complète en 46 pages conduit certains auteurs à des ellipses maladroites ou à des fins bâclées.

Ce n'est pas le cas ici.

L'album revisite d'une manière assez robuste le conte de Blanche-Neige, en retrouvant finalement sa vocation d'origine, qui n'était certainement pas d'endormir les petits enfants...

Les personnages se retrouvent tous, à un moment ou à un autre, dans un contre-emploi réjouissant, du prince plus si charmant à la fin du livre aux nains, bien plus dégourdis que ceux de Walt Disney. La douce et naïve Blanche-Neige semble échapper un temps au cynisme ambiant ? Un temps seulement...

Les auteurs prennent des libertés avec les personnages. Ils s'en accordent aussi avec l'histoire, les nains fomentant un cambriolage du château royal depuis leur tunnel.

Je ne vous en dis pas plus. Lisez cet album drôle et méchant, vous n'aurez plus jamais envie de chanter "un jour mon prince viendra".

Nom série  Mélusine  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mélusine est souvent citée comme une des trop rares héroïnes de BD un peu dégourdies. Il est vrai que le dessin est agréable et vivant, la colorisation correcte.

Mais les histoires sont assez ineptes et finissent rapidement par ennuyer le lecteur de plus de 8 ans.

Or certains détails un peu cruels ou certaines situations un peu suggestives s'adressent plutôt à l'humour d'adultes.

Bref, une série correcte sans plus, à réserver à un jeune public pas trop exigeant.

Nom série  Les Enquêtes de l'Inspecteur Bayard  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les enquêtes de l'inspecteur Bayard offraient chaque qinzaine une courte énigme à résoudre aux lecteurs d'Astrapi. Le public est donc pile dans la tranche 7-10 ans.

Pour cette cible-là, l'objectif est atteint. Les enfants se prennent au jeu et dévorent les courtes histoires en cherchant à repérer les indices, toujours astucieux mais pas trop difficiles à repérer.

D'histoire en histoire, on tombe dans l'improbable et le bizarre, mais de façon tout aussi assumée que réjouissante. Le monde de l'inspecteur Bayard est une sorte d'univers surréaliste où une secrétaire de dentiste préside des cérémonies à Mithra et où un gardien de zoo peut inviter une panthère à regarder la télé chez lui.

L'inspecteur Bayard, qui ne met jamais les pieds dans un commissariat mais passe sa vie auprès de stars et de milliardaires, roule dans une voiture qui fait passer la Batmobile ou la Turbo2 de Spirou et Fantasio pour une 4L et possède un robot domestique bien utile pour démêler certains problèmes.

A lire avec ses enfants, pour les guider dans l'enquête et rire sous cape des jeux de mots honteux cachés dans le nom de chaque personnage.

Nom série  Julie, Claire, Cécile  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, mon 2/5 est peut-être un tout petit peu sévère. 2,5 aurait suffi. Tout juste la moyenne.

Cette série sympathique ne casse pas trois pattes à un canard et ne révolutionne rien. Le dessin de Sidney est agréable, les personnages féminins réussis et toutes jolies à croquer. Les histoires sont gentillettes mais se laissent lire sans déplaisir en arrachant un sourire de temps en temps.

De la série humoristique en ligne claire au kilomètre, mais de bonne facture. A feuilleter pour une sieste de vacances.

Nom série  Arthus Trivium  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Arthus Trivium rassemble à peu près tout ce que je n'aime pas dans la bande dessinée et qu'on retrouve malheureusement dans tant de séries :
- une accroche fondée sur les éternels marronniers de l'ésotérisme de supermarché : les Templiers, les Rose-croix, les évangiles apocryphes... Ici, c'est Nostradamus qu'on convoque.
- un scénario abracadabrant, où les coups de théâtre à répétition maintiennent sous perfusion une intrigue qu'on n'arrive même plus à suivre et qui s'enfonce rapidement dans le n'importe quoi.
- des personnages sans consistance ni personnalité, toujours aussi hiératiques que peu souriants, absolument invincibles puisque maîtrisant, forcément, aussi bien les arts martiaux que l'art de la blagounette cynique.
- un dessin rigide et tendu, qui veut faire en permanence la démonstration de sa maîtrise technique et ne parvient qu'à donner l'impression d'un succédané fatigant du maniérisme de Marini.
- une colorisation un peu nauséeuse, qui arrive à être à la fois délavée et dégoulinante, à force d'effets de lumière surtravaillés.

Bref, une série oubliable et bourrée de clichés, comme il en sort au kilomètre. Un bel exemple de l'académisme pompier en BD, qui sera regardé comme une curiosité datée d'ici quelques décennies.

Nom série  Le Vol du Corbeau  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai hésité longtemps à ouvrir cet album, dont j'attendais une histoire un peu ennuyeuse et convenue, entrecoupée de scènes un peu affriolantes.

J'avoue m'être trompé. Gibrat produit une vraie histoire, charpentée et articulée par plusieurs coups de théâtre qui relancent l'intrigue. Mais le récit n'est pas tout.

Les personnages sont creusés, bien plus adultes, complexes et intéressants que la plupart des héros de papier, dont la personnalité est hélas souvent aussi épaisse que la feuille qui leur sert de support.

Le personnage de Jeanne, surtout, est une heureuse surprise, bien loin des héroïnes exclusivement décoratives de trop de BD, qui n'ont pour seule psyché que les fantasmes de leur auteur.

Jeanne a ses forces et ses failles, elle ne subit pas l'histoire mais prend des initiatives, s'intéresse au théâtre, à la politique... C'est un beau personnage, dans tous les sens du terme.

Derrière Jeanne et François, le second héros de l'histoire, s'épanouit tout un monde de personnages secondaires bien campés, notamment le commissaire et la famille de bateliers. Et Gibrat finit par nous raconter tout autant la vie quotidienne des Français dans l'effervescence de l'été 44 que l'histoire particulière de ses personnages.

Le dessin est d'ailleurs extrêmement documenté, sans que cette érudition soit pesamment didactique ou démonstrative.

Le décor est là, riche et réaliste, le trait est souple et vivant et la colorisation très soignée, notamment sur les carnations, mais Gibrat ne fait pas plus oeuvre de peintre virtuose que d'historien. Il s'attache d'abord à des destins individuels, à des relations interpersonnelles, à la comédie humaine dans toute son inépuisable complexité.

On quitte l'album et ses habitants à regret. Pour ma part, je vais partir en chasse des autres séries du sieur Gibrat, qui mérite décidément sa réputation de grand de la BD.

Nom série  Locke & Key  posté le 05/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Locke & Key a été l'événement BD des années 2009 à 2012 aux États-Unis. Cette série fantastique remarquable le mérite.

Le dessin de Gabriel Rodriguez, efficace et déjà solide au début, mais encore nerveux, se libère d'album en album pour atteindre des sommets dans le dernier tome : construction des pages, cadrages, personnages, scènes d'ensemble, couleurs... tout devient à la fois très maîtrisé et naturellement fluide. Rodriguez parvient paradoxalement à nous offrir une virtuosité graphique époustouflante avec une sobriété et une justesse de vieux maître. La marque des grands.

Le choix d'une histoire à la fois contemporaine (elle se déroule aujourd'hui dans l'état du Maine) et totalement fantastique (l'étrange maison de Keyhouse abrite de mystérieuses clés magiques aux pouvoirs inquiétants) permet à Rodriguez de montrer la vaste palette de son talents sur une grande variété de thèmes. A des scènes familiales ou lycéennes, en plan large et lumière zénithale, succèdent des tableaux hallucinants : combat contre des ombres gigantesques dans une semi-obscurité, vision des pensées circulant à l'intérieur de l'esprit d'un protagoniste...

Certains personnages devenant géants, d'autres ne dépassant pas la taille d'une poupée, Rodriguez peut également multiplier les angles improbables, plongées et contre-plongées.

La construction des pages, enfin, répond à celle de chaque album et de la série toute entière : les cases se répondent, visuellement ou par un jeu d'écho dans leurs dialogues, des scènes se répètent volontairement avec d'éclairantes variations, des jeux de portes magiques offrent un prétexte à jouer avec les codes mêmes de la bande dessinée, des personnages se déplaçant au sens propre d'une case à l'autre comme on change d'univers, parfois simultanément et en sens contraire... C'est dans cet habile jeu de construction qu'on devine l'étroite collaboration entre le scénariste et le dessinateur, qui ne se sont pas contentés de se succéder à la table de travail, mais ont bâti ensemble une énigme où les dessins de l'un peuvent répondre aux mots de l'autre et vice-versa.

La maîtrise formelle de Joe Hill est en effet plus qu'à la hauteur de celle de Rodriguez. Son sens du récit, sa construction dramaturgique, la manière dont il bâtit à la fois le grand récit et les petits histoires prouvent sa connaissance fine des règles narratives. On n'est pas pour rien le rejeton d'une famille d'écrivains à succès et le fils de Stephen King lui-même. Joe Hill, qui marche clairement sur les traces de son père, y compris en situant son histoire dans le Maine, s'offre d'ailleurs le chic d'une jolie scène hommage à son paternel, dans le 6e tome.

Soyons clairs : cette maîtrise formelle offre un merveilleux plaisir de lecture. Tout est dosé, les événements s'enchaînent avec juste ce qu'il faut de temps morts poétiques. Même si le récit paraît flotter un moment, au milieu du 4e tome, le rythme ne faiblit pas, les coups de théâtre fonctionnent à chaque fois.

Mais on reste, c'est un peu dommage, dans l'application d'une recette. Puisqu'un des personnages de Hill porte le nom de Caravaggio, j'ose la comparaison avec la peinture classique : comme le Caravage, Hill parvient à renouveler le genre en appliquant strictement le cahier des charges d'un thème imposé et archi-rebattu. Caravage peignait des pélerins d'Emmaüs et des Christ en croix en y ajoutant une vie, une flamme intérieure, une puissance charnelle que personne d'autre que lui n'avaient su créer.

Joe Hill, lui, s'attaque à la trame américaine si connue, mille fois brodée et rebrodée au cinéma, dans les romans et les comics américains des "adolescents-qui-sauvent-le-monde-d'une-invasion-des-forces-du-mal" et il le fait mieux que personne avant lui.

Mais il reste dans le thème. Il applique la recette avec un professionnalisme génial, mais il applique la recette. Les coups de théâtre sont à l'endroit habituel, le bouquet final est aussi gothique et sanglant qu'espéré, les flashback arrivent au bon moment pour éclairer le présent tout en donnant de l'épaisseur à l'histoire. Joe Hill pourrait être premier de la classe d'une école de scénaristes, avec mention spéciale du jury.

Son histoire est classique aussi dans la mesure où elle met en scène de manière particulièrement insistante les névroses habituelles de la littérature américaine : solitude fondamentale des êtres, murés dans leur exigence de réussite individuelle, idéalisation de la famille, d'autant plus forte que les relations interpersonnelles dysfonctionnent, fascination pour la violence physique extrême comme exutoire des émotions que chacun refoule en permanence. Peu d'autres littératures abordent ces thèmes de manière aussi insistante. Mais peu d’œuvres américaines ne les abordent pas. C'est presque une marque de fabrique, un code de reconnaissance.

Pour un lecteur européen, même habitué à la psyché américaine, ces obsessions restent toujours une source d'étonnement. L'extrême violence finit même par lasser un peu. Trop de morts, trop de sang... C'est d'autant plus brutal qu'on s'attache aux personnages.

C'est sur ce point, d'ailleurs que j'aimerais conclure. Parce que c'est la plus belle réussite de Joe Hill : sa galerie de personnages est une réussite. Il parvient à tisser un destin singulier à une bonne douzaine de personnages principaux, tous singuliers, tous crédibles, tous profonds et attachants. Il les fait douter, grandir, évoluer. Leurs dialogues sonnent toujours juste, même et surtout ceux des adolescents, alors qu'il est si difficile de saisir avec justesse la vérité de cet âge d'entre-deux et de paradoxes, cet âge du double refus de l'enfant et de l'adulte, qui danse sur une ligne de crête et se réfugie dans les stéréotypes pour échapper à toute classification.

Joe Hill les peint comme s'il avait su garder son âme adolescente et acquis en même temps la maturité suffisante pour se comprendre lui-même. Son histoire, au fond, est d'abord une histoire de passage à l'âge adulte, la découverte d'eux-mêmes et du monde par de jeunes américains du XXIe siècle, par delà leurs peurs et leurs doutes. Et ce particularisme fort du contexte permet à l’œuvre d'accéder à l'universalité. Tous les adolescents pourront sans doute se reconnaître dans Tyler, Kinsey, Jamal, Scot, Jackie et les autres. Le charme principal de Locke & Key est là. Et ne faut-il pas, au fond, chercher dans ces rites de passage le sens profond des verrous et des clés du titre ?

Nom série  L'Homme qui s'évada  posté le 05/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Laurent Maffre a adapté deux magnifiques reportages d'Albert Londres au bagne de Cayenne. L'histoire suit le parcours d'Eugène Dieudonné, proche de la bande à Bonnot, condamné à mort pour une attaque à main armée à laquelle il a toujours nié avoir participé et "gracié" par le président Poincaré, qui commua sa peine en déportation.

La puissante dénonciation par Londres de cet enfer carcéral, véritable machine à avilir, reste toujours puissante. On comprend que la France de l'époque cherchait avant tout à se débarasser de ses "classes dangereuses" par tous les moyens. Si les bagnards mouraient au bagne, eh bien, tant mieux. Et s'ils survivaient, un système de double peine leur imposait un séjour en Guyane équivalent à leur temps de peine, pour les transformer en colons forcés.

Le bagne était ni plus ni moins qu'un univers concentrationnaire, proche du goulag.

Les reportables d'Albert Londres, clairs, imagés, écrits dans une langue à la fois fluide, limpide et précise, ont à l'époque puissamment contribué à la fermeture du scandale anachronique qu'était devenu le bagne.

Le découpage et la mise en page de Laurent Maffre permettent une lecture relativement fluide, même si on se mélange un peu à certains moments entre les itinéraires de plusieurs personnages.

Le dessin, qui rappelle furieusement Tardi en moins abouti, donne à tous les personnages des trognes improbables, presque simiesques. S'il a une certaine force, je ne l'ai pas trouvé très agréable à l'oeil.

Si j'ai passé un bon moment, je le dois avant tout à Albert Londres, dont je ne peux que recommander chaudement la lecture de tous les reportages, qui sont un sommet à la fois de littérature et de journalisme.

Nom série  Tif et Tondu  posté le 01/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n’avais jamais réussi à finir un Tif et Tondu, pour en avoir parcouru de nombreuses planches dans de vieux albums Spirou, sans jamais être convaincu. J’ai fini par sauter le pas avec l’album « Traitement de choc », trouvé au hasard d’une bibliothèque.

Je ne chercherai sans doute pas à découvrir toute la série. On est vraiment ici dans un archétype de la BD d’aventure ligne claire pour garçons, produite à pleines fournées dans les années 60 à 80.

Petite originalité de la série : il n’y a pas un mais deux héros (comme chez Jacobs), qui ne sont ni l’un ni l’autre des top models aux mâchoires carrées. Tif le chauve et Tondu le poilu (ah ! ah !) sont deux détectives qui n’ont peur de rien et se jettent dans les pires problèmes avec une désinvolture et un entêtement qui laissent perplexe.

Il y a bien sûr en face d’eux un odieux méchant récurrent, Choc, génie du mal sans affects, forcément élégant et ricaneur, qui se balade, qu’il pleuve ou qu’il vente, en smoking et heaume XIIIe siècle. Pourquoi pas, après tout ?

Nos deux compères et leur Rastapopoulos-Olrik-Axel Borg-Zorglub de service partagent donc des aventures totalement tirées par les cheveux, où chaque fin de page de droite est l’occasion d’un coup de théâtre totalement improbable

Quelques savants fous de service, en blouse blanche forcément, fournissent les McGuffin nécessaires avec des inventions farfelues, dont l’explication scientifique, toujours complaisamment fournie, ne tromperait pas un cancre de Terminale.

Le dessin et la mise en page, très très classiques, ne valent pas Gil Jourdan, pour citer une autre série de détectives en ligne claire, encore moins Spirou ou Tintin.

Bref, un équivalent franco-belge des histoires de Picsou Magazine. A lire l’été quand on a un peu la flemme d’ouvrir autre chose, ou l’envie de s’offrir une madeleine de Proust.

Du même Will, je préfère de loin Isabelle, dont les personnages sont bien plus originaux et l’univers beaucoup plus surprenant.

Nom série  L'Arabe du futur  posté le 01/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Touche-à-tout génial récemment passé au cinéma, Riad Sattouf nous emmène à la découverte de son enfance et de son père. Il nous donne par la même occasion les clés de son inspiration foutraque et de son regard aigu, lucide mais distancié sur le monde.

Fils d’une bretonne et d’un syrien, Sattouf a passé une longue partie de son enfance en Libye puis dans le village syrien de sa famille, un coin particulièrement déshérité, y compris culturellement, où l’enfant aux jolis boucles blondes vit un rude choc des cultures. En Libye, il ne faut jamais quitter la maison tous en même temps, puisque le Guide suprême –Khadafi, qu’idolâtre le père- a décrété qu’une maison inoccupée appartient à celui qui la veut !

En Syrie, Riad subit les brimades de cousins bornés, analphabètes et bagarreurs, gavés d’idéologie antisémite. En Bretagne, est-ce un moindre mal, il navigue entre ses grands-parents divorcés : une grand-mère un peu dépressive, dont la voisine simplette vit avec un siècle de retard, et un grand-père libidineux, qui a décidé d’habiter dans une caravane.

Dans cet album en bichromie, une couleur est affectée à chaque pays, pour marquer les changements d’univers radicaux que vit le petit Riad, à la poursuite des chimères de son père. Devenu le seul intellectuel d’une famille qui s’est sacrifié pour lui payer des études, Abderrazak rêve d’une reconnaissance éclatante dans son pays d’origine, alors que les siens n’admettent déjà plus vraiment comme un des leurs ce demi-français lunaire trop cultivé. Sauf sa maman, la grand-mère de Riad, auprès de qui Abderrazak redevient un petit enfant.

Déchiré entre deux mondes, il élève Riad tantôt dans un esprit subversif, laïc et gauchiste, gavant le pauvre enfant de panarabisme mal compris, tantôt dans une sorte de tradition retrouvée, le Coran a la main. Quoi qu’il en soit, et bien que la définition de la chose change selon les pays et les moments, Abderrazak est bien déterminé à faire de son fils un « Arabe du futur » !

Quant à Clémentine, sa mère, elle suit dans le premier tome son fantasque mari avec un accablement résigné, regardée de travers en Libye, mal accueillie en Syrie, mais jamais capable de convaincre Abderrazak de s’installer définitivement en Europe.

Le dessin rond et fluide de Sattouf sert très bien cette histoire qui se dévore à la même vitesse qu’un Guy Delisle. Nous sommes là dans un nouveau genre : l’autobiographie BD, où le dessin sert avant tout à suggérer, à évoquer, à éviter les descriptions longuettes et se met entièrement au service du récit.

Nom série  Nemesis  posté le 01/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Décidément, j’ai du mal avec les séries de Soleil, trop formatées, trop markétées pour moi.

Voilà donc encore une histoire abracadabrante, avec ce qu’il faut (d’après les éditeurs de Soleil) de paranormal, une grosse dose de complot au plus haut niveau de l’État américain, un méchant bien cintré et des décors ultratechnologiques. Le cahier des charges est respecté jusqu’à l’indigestion.

Les héros sont forcément une paire de flics mal assortis, le beau gosse sculptural et le quinqua bougon au grand cœur. Qui semble d’ailleurs perdre 20 ans en cinq tomes en se mettant en ménage avec la jeune et belle héroïne que dédaigne le don juan de service.

Le dessin, à la fois virtuose et sans originalité, multiplie les perspectives de ville en plongée, les grandes cases pleines et de détails et les poses maniéristes très en vogue dans les bandes dessinées de la même veine (Cf. le Troisième Testament, 666 ou L’Histoire secrète, par exemple).

Le dessin serait toutefois acceptable (malgré un changement de dessinateur au tome 6 qui lui fait perdre un peu de qualité) avec une histoire mieux construite. On est ici dans le n’importe quoi rocambolesque. Et si les coups de théâtre sont amenés au rythme que préconisent les écoles de scénaristes, ils aiguillent à chaque fois un peu plus l’histoire dans le grand-guignol vaguement ridicule.

Prenons un exemple. Pardonnez-moi de gâcher un peu la surprise de ceux qui voudraient tout de même tenter la laborieuse lecture de cette série. Le premier tome décrit la tentative des vilains comploteurs de croiser des handicapés mentaux avec des espèces d’araignées cyborg (si, si !). L’objectif est théoriquement de produire des machines de guerre indestructibles. Rassurez-vous, ces monstres succombent à une balle de revolver aussi facilement que le virtuose du sabre des Aventuriers de l’arche perdue. Une belle manière de se compliquer la vie pour pas grand-chose…

Les grandes scènes finales de chaque album résolvent l’impossible imbroglio par des procédés façon deus ex machina à chaque fois plus improbables. J’ai renoncé à comprendre au bout de quelques tomes. Je ne suis pas sûr au demeurant que l’auteur maîtrise bien lui-même les pirouettes scénaristiques qu’il organise.

On pourrait estimer qu’il s’agit d’une lecture facile, d’un machin de plaisir immédiat qu’on dévore en quelques heures de sieste et qui laisse peu de trace. Mais l’effort pour essayer de comprendre les ressorts abracadabrants du scénario et la multiplication des clichés m’ont rapidement ôté le peu de plaisir que la série pouvait m’apporter.

Nom série  Les Vieux Fourneaux  posté le 01/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Trois vieux roudoudous, réunis pour l’enterrement de Lucette, l’épouse de l’un d'entre eux, se retrouvent embarqués dans une folle équipée vers l’Italie, à cause d’une histoire vieille de 50 ans, en compagnie de Sophie, petite-fille et sosie de Lucette, enceinte de 7 mois.

Antoine, le nouveau veuf de la bande, a passé sa vie à la tête de la section syndicale d’un gros laboratoire pharmaceutique. Émile cache une vie de bâton de chaise sous des dehors de papi respectable pour jardin public. Pierre, le plus brindezingue des trois, anime le collectif d’aveugles anarchistes « Ni Yeux ni maître ».

Malgré leur âge canonique, nos trois compères n’ont renoncé ni à leur esprit frondeur ni à leur goût pour les bêtises d’adolescents. Heureusement, Sophie veille sur eux. Une Sophie pas plus raisonnable que son grand-père pourtant, qui a quitté boulot et mec à Paris, pour venir reprendre le « Loup en slip », le théâtre de marionnettes itinérant de sa grand-mère, et qui est capable d’engueuler une bande de touristes septuagénaires sur une aire d’autoroute, en leur expliquant qu’ils sont la pire génération de toute l’histoire de l’humanité.

Dans la veine des Petits Ruisseaux ou du roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les Vieux Fourneaux est une réjouissante pochade qui se moque des « seniors » sans tabous pour rappeler que la vie se déguste à tous les âges et que la vraie vieillesse, c’est de renoncer.

Le dessin très expressif de Cauuet, dans la veine de Lelong, rajoute de la vigueur à cette histoire très bien troussée.

Une de mes plus jolies découvertes de 2014 !

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