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Nom série  Seraphin Cantarel  posté le 05/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis pleinement d'accord avec Mac Arthur et Paco. Après deux albums, je confirme que les enquêtes de Seraphin Cantarel n'ont rien de palpitant, et c'est une litote indulgente…

En ce qui concerne la réalisation de l'album, rien à dire, les auteurs connaissent leur travail.

Il s'agit d'histoires policières du genre que l'on affectionne chez France Télévision pour les séries télévisées grand public du samedi soir. Pour donner le ton, on est plus dans l'ambiance Louis la Brocante que dans un épisode des Petits Meurtres d'Agatha Christie. C'est très plan-plan et les héros ne se distinguent pas par leur originalité. Il faut dire que les histoires se déroulent dans la France giscardienne des années 1970, ceci explique peut-être cela.

Le problème vient effectivement des scénarios, qui pêchent par leurs incohérences.
Je ne veux pas spoiler les albums, mais franchement, la perspicacité des conservateurs du patrimoine n'a d'égal que l'incompétence des flics, et leur clairvoyance tient du prodige ! Autant dire que la manière dont ils résolvent les énigmes en deux coups de cuillère à pot à partir de l'antépénultième planche n'est absolument pas crédible.
Mais, comme par ailleurs les énigmes n'ont rien de vraiment accrocheur, le lecteur que je suis s'en est désintéressé depuis un moment et il est pressé d'y mettre un terme…

Reste quelques jolis paysages, mais ce ne sont que des décors. Bien que les deux héros soient conservateurs du patrimoine, ce fait est sans rapport avec les intrigues et n'est qu'un pâle prétexte pour expliquer leur présence sur les lieux des crimes.

Vite lu, vite oublié. C'est si plat et inintéressant que pense que je pourrais reprendre les albums dans un mois et tout redécouvrir.
Un avant goût d'Alzheimer…

Note réelle : 1,5/5

Nom série  Dark Museum  posté le 01/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une « série concept » chez Delcourt ! Le principe d'une série d'albums écrits par un même groupe de scénaristes et illustrés par différents dessinateurs fait recette depuis que Frank Giroud a créé Le Décalogue en 2001. Alcante s'est déjà illustré dans ce créneau avec la série Pandora Box, plutôt réussie, et a collaboré avec Gihef pour la série Complot, nettement moins brillante à mon sens.

Encore une série autour de l'art ! Le topic « Peinture et tableaux en bande dessinée » renvoie 123 séries et albums sur bdtheque. Par exemple, la collection "Les Grands peintres" en cours de publication chez Glénat compte déjà 15 albums qui décryptent, avec plus ou moins de bonheur, la vie de peintres célèbres.

Autant dire que le concept cette nouvelle série suit des sentiers battus, et qu'il ne partait pas gagnant en terme d'originalité…
Ici, les auteurs choisissent un tableau, disons étrange, autour duquel ils bâtissent une fiction. Il s'agit d'inventer une histoire horrible sur la vie des personnages que le peintre a représentés. Chaque album est bien sûr un one-shot qui peut se lire indépendamment de tous les autres.

Ce premier opus est construit autour d'American Gothic de Grant Wood. Chacun connait ce tableau où deux ploucs austères du Midwest posent devant une ferme traditionnelle. La laideur figée et l'air chafouin des deux rednecks, leur tenue vieillotte, la fourche aux allures de trident du pécore, le rigorisme religieux qu'ils affichent, les ont transformés en symboles d'une certaine Amérique, traditionaliste, puritaine et xénophobe, dès la présentation du tableau en 1930.
Cette image, que le peintre a bâti comme une caricature, a souvent été reprise et détournée. En réalité, Grant Wood a fait poser sa sœur et son dentiste devant une maison de style “gothique charpentier” qui lui avait tapé dans l'œil… Il voulait juste représenter les gens dont il imaginait qu'ils pourraient habiter une telle maison.

Gihef et Alcante réinventent à leur tour un récit autour de ces deux personnages qui n'ont rien de réel… Et c'est heureux d'ailleurs, car leur histoire est particulièrement gratinée. Le récit, commencé comme une chronique sociale des années de crise agricole (dans l'univers des Raisins de la Colère), sombre dans l'horreur et le gore, du style Cannibal Holocaust, et l'on comprend pourquoi il faut se méfier des péquenauds aux allures de pasteur consanguin lorsqu'ils se baladent avec une fourche.
Même avec des personnages mutiques et peu expressifs, malgré quelques rebondissements capillotractés et de nombreuses ellipses, le récit reste fluide et son rythme soutenu.
L'histoire ne se prend pas au sérieux, et distille une bonne dose d'humour noir. On est dans une série Z qui accumule tous les poncifs du film d'horreur rural, mais l'ensemble s'avère bien plus digeste que je ne le craignais.

Les illustrations de Stéphane Perger, que j'avais déjà remarqué sur Sir Arthur Benton, font passer la pilule. Bien sûr, c'est assez gore, et le rouge éclabousse certaines planches, mais il n'en fait pas trop – c'est mon avis, très subjectif, chacun jugera en fonction de sa sensibilité – et les scènes d'extérieur font souvent penser à l'Amérique banale et paisible d'un Edward Hopper.
American Gothic est donc un album plutôt attrayant sur le plan visuel, mais il reste déconseillé aux âmes sensibles et aux enfants.

Alcante annonce déjà les autres opus de la série. Le Cri d'Edvard Munch, dessiné par Luc Brahy, est achevé et devrait être publié très prochainement. Suivront L'angélus de Millet, illustré par Steven Dupré, et La Leçon d'anatomie du docteur Tulp de Rembrandt, mais ils ne sont pas encore en chantier.
Suite à ce premier album, je crois que j'y jetterai un œil curieux et plutôt bienveillant.

Nom série  Le Retour  posté le 01/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cristobal se tue dans un mystérieux accident de voiture sur une route déserte, provoquant un deuil général dans son île natale. Cet artiste célébrissime n'y est revenu qu'après de nombreuses années. Il s'y est installé afin de la transformer tout en la protégeant de la rapacité des promoteurs immobiliers. Un flic mène l'enquête sur les circonstances de l'accident, ce qui permet de retracer le parcours de cette gloire locale à coups de flashbacks.

Sous l'apparente simplicité d'un trait semi-réaliste et d'un scénario construit comme un biopic, Bruno Duhamel se livre ici à un exercice périlleux. Cristobal est très humain, très entêté, très autoritaire, très artiste aussi, ce qui ne le rend pas forcément sympathique, mais c'est un personnage que l'on n'oublie pas. Cette fiction est fortement inspirée de la vie d'un artiste réel, César Manrique, mais l'auteur admet dans sa préface qu'il a réinventé le personnage.

J'avais apprécié les dessins souples de Duhamel dans Les Brigades du Temps. Il conserve ce trait, mais prend ici le temps de livrer de grandes cases très contemplatives. La mise en couleur, très habile, alterne les ambiances monochromes et les tons éclatants, en fonction des différentes époques, ou des états d'âme des personnages.

Le retour est une réflexion qui enchaîne plusieurs thèmes. L'histoire de Cristobal est une peinture vivante traitant pêle-mêle du monde moderne, du progrès social, de l'hybris de l'artiste, du bien public, du pouvoir, de la protection de la nature, de la paternité…
En somme, c'est une BD qui se lit d'une traite et très facilement, mais dont les thématiques sont bien plus complexes que sa forme ne le laisse paraître.

Cet album atypique est surtout très intelligent, sans être pédant, ce qui est une qualité rare.
Une belle découverte.

Nom série  Célestin Gobe-la-lune  posté le 15/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
N'exagérons rien, malgré toute l'admiration que je porte à Lupano, nous ne sommes pas au niveau du chef d'œuvre qu'est De Cape et de Crocs, loin s'en faut…

Je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux protagonistes. Surtout pas à ce morveux sentencieux, queutard et arriviste de Célestin, dont les sautillements incessants me font davantage penser à un Spiderman qui aurait abusé de la caféine qu'à un bouillonnant Cyrano, un peu hors-sujet. Ni à ces greluches dont il convoite la main ou qui lui tournent autour, lesquelles ont autant de charisme qu'une volée de collégiennes capricieuses. Ni à Gysmonde, la méchante trop plate pour être drôle. Le seul que je trouve un peu rigolo, c'est Maurice Ier, le roi lutteur et viveur. En fait, Lupano, qui fut plus inspiré, aligne les clichés des contes de fées et des récits de cape et d'épée sans parvenir à s'en jouer.
Ses dialogues manquent de sel, même dans les envolées poétiques de Célestin, inspirées des écrits de quelques rimailleurs sélénophiles inconnus du XVIIIe.
J'ai quelquefois souri, mais pas ri…
Le manque de charisme des personnages et la platitude des situations finit par nuire à l'histoire, dont les péripéties molles ne ménagent guère de surprise quant à la conclusion trop vite expédiée.

Le dessin ne m'a pas emballé non plus. Corboz a le trait épais, et il se montre plus à l'aise dans les décors et les cadrages acrobatiques que dans la peinture des individus. Ce genre de récit débridé devrait privilégier les mimiques théâtrales, les grimaces outrancières de la commedia dell'arte. Mais Corboz ne parvient pas à illustrer les expressions caricaturales qui auraient donné de la densité aux acteurs.
Et beaucoup de scènes nocturnes émaillent le récit, allusions à la Lune obligent. Pas très judicieux, d'autant plus que la colorisation est réalisée au gros pinceau. Du coup, l'ensemble s'en trouve assombri et les détails sont peu lisibles.

Célestin Gobe-la-lune est une aimable pochade, correctement réalisée, dont la lecture fait passer un moment, et ce n'est peut-être pas si mal, mais c'est un peu court… La parodie n'est pas à la hauteur de ses ambitions lunaires.
Pourquoi la Lune d'ailleurs ? Je n'ai pas bien compris…

Nom série  Rebels  posté le 14/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je partage largement l'avis de Mac Arthur : « Rebels aurait pu devenir un très grand album » (enfin, je suppose).

Différents dessinateurs illustrent quelques épisodes de la guerre d'indépendance, dans des styles inégaux, mais en conservant une certaine unité, grâce à la colorisation en particulier. L'ensemble est lisible et attrayant, même si les décors sont souvent estompés.
En chef d'orchestre de l'ensemble, Brian Wood donne de la cohérence à ce recueil. L'histoire de la guerre de Seth Abbott n'est pas mal, les autres récits plus décousus. Wood a développé un sens du récit qui fait toujours mouche, fondé sur les anecdotes de la petite histoire et la mise en valeur des sans-grade.
De plus, comme il l'explique lui-même, en évoquant le feu sacré et l'aspiration à la liberté qui animaient les premiers Américains, l'auteur nous parle de l'Amérique d'aujourd'hui. Une vision politique iconoclaste et peu conventionnelle se découpe en filigrane derrières ses histoires de coureurs des bois embarqués dans des enjeux qui les dépassent.

Cependant, je n'ai pas retrouvé dans Rebels ce qui m'a plus dans DMZ ou dans Northlanders.
Wood semble très au fait de l'histoire de la guerre d'indépendance américaine, ce qui n'est pas le cas du lecteur européen que je suis (je ne suis pas certain que tous les lecteurs soient beaucoup plus compétents sur ce point outre-Atlantique). Bien sûr, la guerre est finalement peu montrée, le récit est entrecoupé de longues ellipses, et l'on s'attache surtout aux pas de quelques protagonistes qui ne voient les événements que par le petit bout de la lorgnette… Mais ne pas saisir les allusions au contexte m'a gêné et le scénariste ne fait aucun effort de pédagogie. Au lieu de discuter des subtilités de la colorisation de la couverture, je crois que les bonus auraient dû consacrer quelques pages à une sérieuse mise en perspective historique.
L'autre aspect qui m'a gêné, ce sont justement ces ellipses, ces allusions, ces accélérations du récit, ce flou assumé qui font finalement naître l'indifférence en ce qui concerne le sort des personnages, trop superficiellement esquissés pour qu'on s'y attache. Peut-être que l'auteur est trop à l'aise avec son sujet, peut-être qu'il abuse des effets expérimentés dans DMZ
Finalement, c'est l'excès de ce qui me passionne dans les œuvres précédentes de Wood qui rend ce récit fade.

En somme, je suis assez déçu par rapport aux attentes que la signature de Brian Wood avait suscitées. J'ai même failli ne donner que deux étoiles à ces Rebels. Mais ça reste du travail honnête, et si je ne lui donne qu'un 2,5/5, il vaut un peu mieux qu'un « Bof, sans plus ». En revanche, je n'en conseille pas l'achat, n'étant pas sûr de le relire avant longtemps.

Nom série  Valérian  posté le 25/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les aventures de Valérian, agent spatio-temporel font partie de ces rares séries du répertoire classique que l'on peut lire, et relire, et re-relire à différents âges en y prenant un plaisir toujours renouvelé.
Il n'est pas si commun, en effet, de rencontrer des personnages qui proposent plusieurs niveaux de lecture, suscitent des sentiments si changeants et ne dévoilent leur complexité qu'au fil du temps.

Adolescent, je me souviens que j'étais fasciné par l'univers de la série, alors intitulée Valérian, agent spatio-temporel, mais souvent agacé par ce héros souvent maladroit et lourdaud, qui n'assumait pas son statut de super-agent macho et se laissait ridiculiser et rabrouer par sa compagne…
Devenu adulte, j'ai appris à apprécier le couple constitué par Valérian et Laureline, deux personnages traités à égalité par leurs auteurs, ce qui était rarissime à l'époque… et je suis tombé amoureux de la jolie rousse, plus mature que son compagnon un peu primaire.
Ayant atteint un âge (un peu) plus avancé, elle me paraît finalement bien rigoureuse et souvent casse-pieds, face à un Valérian plus fantaisiste et finalement attachant malgré (ou à cause) des ses défauts…
J'espère que, dans un lointain futur, arborant une longue barbe blanche et enfin enfin touché par la grâce de la sagesse, j'aurai encore une autre vision de cette série !

L'autre attrait de Valérian réside dans l'incroyable richesse des univers créés par Christin et Mézières. Ils ont inventé la trame du plus grand space opera jamais créé, souvent copié, mais jamais égalé. Le septième art leur doit énormément. Tous les Star wars et Star Trek du monde peuvent se rhabiller ; ils n'arrivent pas à la hauteur de l'imaginaire débordant des deux auteurs, de leur bestiaire fantastique, ni de leur cosmographie délirante.
Il n'existe que peu de scénaristes pour reconnaître à quel point ils se sont inspirés de cette BD débordante d'inventivité. Seul Besson semble l'assumer honnêtement avec son Cinquième Élément ; ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il prépare une adaptation de Valérian pour 2017 (et j'espère qu'il ne foirera pas ce coup là !). Mais il est incontestable que beaucoup – pour ne pas dire tous (sauf peut-être Terry Gilliam) – n'ont pas l'imagination assez fertile pour s'en tirer seuls et qu'ils y ont puisé nombre d'idées.

Objectivement, je reconnais que série souffre ici et là de menus défauts, lesquels expliquent que je me contente de ne lui attribuer que 4 étoiles (allez : 4+ !) : quelques albums sont plus faibles, certains ayant mal vieilli, surtout les premiers, d'autres se bornent à recycler des lieux déjà explorés…
Le point d'orgue est atteint avec les deux diptyques “Métro Châtelet – direction Cassiopée” / “Brooklyn station, Terminus Cosmos” et “Les Spectres d'Inverloch” / “Les Foudres d'Hypsis”, aventure trépidante qui devient une réflexion eschatologique et métaphysique, dans laquelle Dieu revêt l'aspect de Hank Quinlan, le flic adipeux et corrompu joué par Orson Welles dans La soif du mal.
Mais cet acmé scénaristique ne prend du sens que parce qu'il est précédé par une série d'histoires courtes fourmillant d'idées inventives, surprenantes, géniales et saugrenues qui posent les bases de l'univers de Valérian et Laureline. Personnellement, je voue un culte particulier à “Bienvenue sur Alflolol”, fable écolo hilarante, et au tome 8, “Sur Les Terres Truquées”, qui nous fait douter des réalités spatio-temporelles de Galaxity.
Si le soufflé semble retomber après le tome 12, c'est juste parce que les auteurs savent enfin où ils vont et sont déjà en train d'envisager la fin de la série. Ils s'en donnent à cœur joie et leur imagination explose. Le ton est plus humoristique, la peinture en filigrane des travers de nos sociétés plus cinglante, les rebondissements plus tordus et la perception du multivers plus vertigineuse.
À partir du tome 18, “Par des temps incertains”, le fil conducteur de la série se précise et s'achemine tranquillement vers son point final, lequel donne une cohérence époustouflante à une série d'albums dont la rédaction s'échelonne sur presque quatre décennies. Chapeau !

Pour moi, Valérian s'impose comme une référence incontournable, digne de figurer au panthéon de la science fiction aux côtés des plus grandes œuvres.

Nom série  Les Tuniques Bleues - Des histoires courtes par...  posté le 11/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis toujours épaté par ces séries qui n'ont jamais de fin.
Si leurs auteurs ont la chance de vivre très vieux, ce que je leur souhaite, Les Tuniques Bleues continueront probablement à vivre une nouvelle aventure publiée annuellement en octobre. Un monument du neuvième art, selon l'expression consacrée…
On ne peut pourtant pas dire que les scénarios se renouvellent. Mais à chaque fois Cauvin trouve toujours une nouvelle accroche et, autour des mêmes gags, il bâtit tranquillement un récit bien rythmé, que Lambil s'empresse de mettre en image avec la fluidité qui le caractérise.
Bref, ça force le respect !

Rien d'étonnant donc si, au moment où nos deux papys stakhanovistes sortent le soixantième album de leur série-mère, de nombreux auteurs talentueux ont souscrit à l'idée de leur rendre hommage en réalisant des histoires courtes.

L'ensemble est conforme à ce que l'on attend des Tuniques bleues.

Blutch, pacifiste grognon au grand cœur, essaie de déserter. Chesterfield, patriote et respectueux des ordres, le vilipende et le ramène au combat. Ces deux là sont les meilleurs amis qui soient, mais mettent un point d'honneur à le cacher. Toutes les histoires tournent autour de la confrontation entre ces deux caractères antagonistes, perdus dans l'horreur d'une guerre cruelle et fratricide.

Il est amusant de voir ces personnages archi-connus s'animer sous la plume d'autres auteurs aux styles très différents, du quasi réalisme aux Petits Mickeys à gros nez. C'est là qu'on se rend compte que finalement, c'est Lambil qui est le meilleur… J'aime bien cependant ce que font Maltaite, Collin, Schwartz et Bodard.
Les histoires, quant à elles, ne brillent pas par leur originalité, on sent que les auteurs admirent le travail de Cauvin et qu'ils mettent un point d'honneur à rester fidèles à l'esprit de son travail. Du coup, ils ne surprennent guère. À leur décharge, en soixante albums (ce qui doit faire à peu près 2640 planches), la question a déjà été bien creusée. Une mention spéciale, tout de même, pour Renaud Collin.

En somme, cet album ravira surtout les fans des Tuniques bleues, qui pourront ajouter un album à leur conséquente collection.
Aux autres, il pourra donner l'envie de (re)découvrir cette série devenue un grand classique.

Nom série  Le Dernier assaut  posté le 11/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je partage et corrobore l'avis de Mac Arthur, mais je pense que cet album est mieux que « pas mal ».

Tardi semble avoir bâti cet album autour de toutes les petites anecdotes navrantes qu'il a collecté sur la Grande Boucherie depuis le temps qu'il travaille son sujet. Le récit suit un brancardier français, mais s'écarte de ses mésaventures au gré de nombreuses digressions, toutes passionnantes et souvent inédites en bande dessinée.

Il rappelle, par exemple, le regard raciste porté par les Allemands sur les soldats noirs que les Français leur opposent massivement, parce qu'il vaut mieux sacrifier de semi-sauvages que de bons Gaulois… Ces combattants de l'empire, aussi redoutés que méprisés outre-Rhin, sont qualifiés de « honte noire » de la France. Lors du conflit suivant, les nazis n'en voudront même pas sur leur sol en tant que prisonniers de guerre, laissant aux Français le soin de les parquer sur leur propre sol.
Il met également en lumière le drame de ces unités britanniques constituées de soldats de petite taille, jugés inaptes au combat au début du conflit, puis recrutés quand les combattants viennent à manquer. Ces petits bonhommes dont l'état major décide qu'ils sont à même de compenser leur faiblesse physique par leur agilité et leur combativité supposées, sont dans les faits incapables de suivre physiquement les contraintes de la vie des tranchées. Épuisés, inefficaces et qualifiés de lâches, ils finissent parfois devant un peloton d'exécution pour faiblesse devant l'ennemi…
Il y a aussi ce sergent des Sturmtruppen, soldat d'élite allemand, nationaliste, droit dans ses bottes teutonnes, certain de la supériorité de la race germanique, qui préfigure à lui seul l'évolution politique de l'Allemagne dans les années qui suivent la guerre. Tardi, grand pacifiste dans l'âme, nous laisse entendre qu'il y a des ennemis qu'il aurait été préférable de ne pas épargner… C'est peut-être le message le plus fort de cet album ; l'expérience combattante ne rend pas meilleur.

C'est édifiant et écœurant à souhait. La guerre selon Tardi pue la mort et transpire la peur. Nul ne sait comme lui faire ressentir l'horreur et le désespoir de ce conflit interminable dont les protagonistes ne savent même plus les causes.

Alors, certes, s'il fallait retenir un seul album de Tardi sur le sujet, je pencherais plutôt vers Putain de guerre !, le plus complet, ou C'était la guerre des tranchées, le plus facile à lire, mais ce Dernier assaut reste du grand Tardi, que j'ai pris plaisir à lire et dont je sais que je le feuilletterai à de nombreuses reprises.

Nom série  Les Voyages d'Ulysse  posté le 01/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ne tournons pas autour du pot : ces Voyages d'Ulysse sont un pur chef d'œuvre !

Emmanuel Lepage est un auteur de bandes dessinées, voyageur et un peu aventurier, qui nous a déjà régalé avec le récit de ses navigations dans les mers australes (Voyage aux îles de la Désolation et La Lune est blanche), ainsi que dans les territoires interdits d'Ukraine (Un printemps à Tchernobyl). Ici, il revient à la fiction, et met en images sa version de l'Odyssée.
Un jeune peintre, Jules Toulet, erre sur les rives du Bosphore. Il fait la connaissance de Salomé, capitaine de l'Odysseus qui l'entraîne dans une étrange quête. Il s'agit de retrouver Ammôn Kasacz, un peintre dont la spécialité est la représentation de la Grèce antique, dont on a perdu la trace. Au fil de cette aventure, qui les entraîne à travers la Méditerranée, de Byzance aux Colonnes d'Hercule et d'Alexandrie à Ithaque, Salomé explique peu à peu pourquoi Ammôn Kasacz lui tient tant à cœur.
L'histoire est diablement prenante et se lit d'un trait. Le voyage au présent est entrecoupé de longs flashbacks éclairant le passé de la belle Salomé, femme libérée avant l'heure, éprise de l'Odyssée, grande voyageuse, et véritable héroïne de ce récit. Au final, son destin devient une belle leçon de vie.

L'attrait de cet album tient aussi dans la qualité des dessins, que dis-je des dessins ? des peintures !
Il y a l'immense talent d'Emmanuel Lepage, qui excelle dans la représentation des paysages de Méditerranée, des navires dans la tempête ou de la foule bigarrée des ports. Jules Toulet, le peintre qui voyage pour croquer la nouveauté et l'exotisme sur le vif, est son double de fiction. On sent que Lepage aurait aimé fouler le pont de l'Odysseus et parcourir les rues étroites des ports méditerranées au temps de la navigation à voile.
Mais le coup de génie, c'est de s'être associé avec le très grand René Follet, l'un des plus grand illustrateurs du neuvième art. C'est lui qui prête sa patte inimitable et immédiatement reconnaissable au vieil Ammôn Kasacz, le peintre qui rêve d'odyssées et de mythes antiques.
Le résultat est flamboyant, un ravissement pour les yeux tout au long de 219 planches ! Il n'y en a pas une que l'on n'aimerait pas encadrer…

Comme à leur habitude, les éditions Daniel Maghen se montrent à la hauteur pour donner un écrin digne au travail exceptionnel des auteurs. Un fort beau livre, solidement relié, avec quelques calques qui reproduisent des passages de L'Odyssée d'Homère, et un cahier graphique reproduisant les carnets de Ammôn Kasacz / René Follet.

Je crois que je tiens en mains l'album de l'année !

Nom série  Mort aux Vaches  posté le 01/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'éditeur nous présente Mort aux Vaches comme un polar archi-classique, et comme un « hommage appuyé aux comédies policières des années 1970 ». C'est compter sans le talent et la malice d'Aurélien Ducoudray, qui n'en finit pas de m'étonner… En réalité, cet excellent one-shot est bien plus que cela !

Quatre truands se mettent au vert dans une ferme isolée, histoire de se faire oublier après un casse réussi. Mais les ploucs rugueux qui les abritent s'avèrent au moins aussi tordus et malhonnêtes qu'eux… L'histoire débute comme Canicule qu'Yves Boisset a adapté du roman éponyme de Jean Vautrin, en 1984.
Mais la comparaison s'arrête là car le scénariste s'empresse de moderniser la situation et de se jouer des codes du genre.

Il faut dire que l'histoire se déroule en 1996, alors que la crise de la vache folle décime le cheptel bovin français. Du coup le titre prend soudainement un double sens ironique.
On réalise vite que les personnages ne sont vraiment pas conformes à ce que l'on attend dans ce genre d'histoire. Le quatuor de braqueurs est composé d'une nymphomane fleur bleue, d'un culturiste doté d'un cerveau et de deux vieux chevaux sur le retour qui filent le parfait amour. Le cousin agriculteur rustique, passionné de sélection génétique, est littéralement amoureux de ses bovins. Et si le gendarme local est bien l'emmerdeur matois que l'on imagine, il est aussi un bon vivant débonnaire que l'on ne peut détester. Bref, les personnages sont tous dotés d'une vraie personnalité qui les rend très attachants.
Les dialogues méritent une mention spéciale… S'ils lorgnent ouvertement vers le style d'Audiard, on est bien loin des “hommages” lourdingues à la Chanoinat. Ducoudray multiplie les bons mots (extraits choisis : « Ils sont peut-être ploucs, mais pas complètement cons… Si tu leur mets un pascal sous le nez, ils vont pas se demander qui l'a peint, mais d'où il vient et surtout s'il a des frangins. », « – On dit plus “soviet” Madame Lucienne, c'est fini ça le cécécépé ! – Eh ben c'était bien la peine qu'on vote communiste pendant vingt-cinq ans pour que ça existe plus ! En tous cas, soviet ou pas, leurs bonnes femmes sont bien là ! Et une bonne partie mariée à des gars d'ici ! Y'a plus assez de femmes dans le coin ou quoi ? – Ben y'a plus que nous, Madame Lucienne ! Les jeunes elles font l'exode rural… », « – Franco du petit peuple ! – Ravachol de supérette ! – Guernica en carton ! – Mitterrandiste ! »…), mais ces aphorismes, il les remet au goût du jour ; l'ensemble est fluide, enlevé, souvent drôle…
Bref, sur une base classique, le scénariste échafaude une histoire solide, pleine de personnages truculents et de rebondissements inattendus.

François Ravard, déjà complice de Ducoudray pour Clichés de Bosnie et La Faute aux Chinois, reprend ses pinceaux et met ses dessins au lavis au service de ce polar rural. Son style un brin caricatural, moins réaliste que dans Les Mystères de la Cinquième République, colle parfaitement avec le ton du récit.

A coucher dehors, l'autre publication d'Aurélien Ducoudray, qui marque la rentrée littéraire du neuvième art, occulte quelque peu la sortie concomitante de Mort aux Vaches. C'est dommage car cet album est une belle découverte, qui mérite d'être lu.

Nom série  Les Nouvelles Aventures de Gai-Luron  posté le 24/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quoi de neuf en 2016 ? Gai-Luron !

La mode est aux reprises des séries mythiques. Et il faut bien admettre que Gotlib nous manque. Tout le monde lui rend hommage, faisant de lui un vieux sage à la mode Maître Yoda, inventeur de la bande dessinée d'humour pour adulte, de l'absurde à la française et des dessins qui sortent des cases… Ça doit bien le faire marrer d'être ainsi panthéonisé de son vivant !
Bref, après la relance de Superdupont, voici que Gai-Luron, le chien-qui-ne-rit-jamais, renaît sous la plume de Fabcaro et Pixel Vengeur.

Gotlib a créé Gai-Luron en 1964, dans le magazine Vaillant (lequel deviendra Pif Gadget à partir de 1969). D'abord personnage secondaire, simple faire-valoir de Nanar, Jujube et Piette, il leur vole rapidement la vedette dès 1965 et a droit à sa propre série, déroulant ses aventures jusqu'à ce que Gotlib, lassé de dessiner, abandonne le personnage en 1986. Ce n'est pas sa meilleure série – pour cela, il faut lire la Rubrique-à-Brac – mais le style du maître est déjà là dès l'origine et il serait grotesque de bouder notre plaisir.
Ouvertement inspiré du Droopy de Tex Avery, Gai-Luron est un chien paresseux, stupide et maladroit, dont les actions sont systématiquement vouées à l'échec pour la plus grande joie du lecteur hilare devant tant de bêtise. Cela fait presque un-demi siècle qu'il tente de trouver l'âme-sœur. Il jette d'abord son dévolu sur Mademoiselle Dolly, supplantée par Belle-Lurette, sans jamais parvenir à la séduire. Gai-Luron reste un éternel soupirant, malgré l'évidente grosseur de son désir, difficilement cachée dans un slip dans le 11e et dernier album de la série initiale.

Pour Les nouvelles aventures de Gai-Luron, Fabcaro, l'un des scénaristes d'humour les plus doués de sa génération, reprend l'histoire là où elle en était restée et met en scène un Gai-Luron toujours aussi désireux de conclure avec Belle-Lurette… Bien sûr, les choses ne sont pas plus simples en 2016 qu'en 1986, et notre héros rame toujours autant.
Fabcaro parvient à retrouver le ton décalé, verbeux et absurde de Gotlib, sans céder à la tentation de trop moderniser le propos. Il conserve donc le ton mi-ringard, mi-novateur des premiers albums. On ne hurle pas systématiquement de rire, mais, pour être honnête, dans Gai-Luron selon Gotlib non plus… Certains gags sont tout de même très réussis et justifient à eux seuls l'achat de cet album.

Pixel Vengeur est un dessinateur surdoué, capable de plagier n'importe quel auteur. Je reconnais que les histoires de Black et Mortamère sont faibles, mais il faut admettre qu'au niveau de l'illustration, il touche sa canette, et depuis longtemps. Avec un bon scénario, il est capable de prodiges.
Ici, il s'applique sagement à imiter le style de la série d'origine et y parvient de façon plus qu'honorable (voir l'ensemble de derviches grecs de la page 45). Son trait manque juste un peu d'épaisseur (mais ce sera réglé s'il utilise un stylo plus épais).

Je salue donc la sortie de ce premier tome des nouvelles aventures de Gai-Luron qui réanime un personnage emblématique de la bande dessinée d'humour et contribue, un peu, à combler le fait que Gotlib nous manque.

Nom série  A coucher dehors  posté le 24/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
À coucher dehors est un des très bons albums de la rentrée, avec un propos pertinent et des personnages très humains.

Amédée et ses copains de galère, Prie-Dieu et La Merguez, vivent sous les ponts dans des tentes “2 secondes” crasseuses. Ils font taches sur les quais de Seine, alors les autorités rêvent de les délocaliser loin du regard des touristes…
Alors que la police s'apprête à les embarquer, Amédée apprend fort opportunément qu'il hérite d'une vieille tante, laquelle lui lègue un pavillon de banlieue. Sauvé de la rue ? voire… car en prime, il doit s'occuper du jeune Nicolas, trisomique passionné par l'espace et admirateur compulsif de Youri Gagarine !

Aurélien Ducoudray est un scénariste touche-à-tout et multigenre (Clichés de Bosnie, Bob Morane Renaissance, Mobutu dans l'espace…). Avec À coucher dehors, il écrit un récit solide, d'apparence simple, mais qui multiple les rebondissements, s'achève sur un bel effet de suspense et laisse traîner quelques interrogations qui donnent furieusement envie de lire la suite.
Surtout, il invente une galerie de personnages attachants, très humains, à la fois compatissants et égoïstes, raisonnables et immatures. Des gens presque ordinaires, que l'on pourrait croiser quotidiennement, mais avec un brin de folie qui leur confère un supplément d'âme romanesque. Ducoudray leur invente ce qu'il faut d'exagération et de cliché pour les rendre intéressants, et il les dépeint avec beaucoup de tendresse, même quand ils incarnent la laideur du monde (l'huissier-commissaire priseur, le flic…).
Peut-être qu'avec des auteurs comme Lupano, il est en train d'inventer la « bande dessinée sociale ». Un ton adulte, mais sans prétention, léger et grave. Ou l'inverse.

Une petite remarque, pour Erik, qui dit préférer Neil Armstrong à Youri Gagarine : le cosmonaute était incontestablement instrumentalisé par la propagande de PCUS, mais son exploit et ses discours ont fait rêver toute une génération ; le voyage vers la Lune d'Armstrong était la réponse du camp capitaliste, tout aussi prompt à dégainer l'idéologie derrière le rêve… Alors Gagarine, pourquoi pas ? Nicolas ne me fait pas l'effet d'être un grand idéologue politique, mais dans sa bouche, les paroles du premier cosmonaute prennent des airs de poésie.

Le dessin léché et expressif d'Anlor, déjà complice de Ducoudray sur l'excellent Amère Russie, participe grandement au charme de cet album. J'aime bien son approche réaliste, avec une pointe de caricature assumée qui donne un vrai caractère aux personnages. Anne-Laure est une auteure qui conquiert ses lettres de noblesse au fil des albums, et devient une des grandes signatures du neuvième art, à suivre absolument.

Je recommande donc chaudement ce premier volume d'un diptyque dont j'attends d'ores et déjà la suite avec impatience.

Nom série  Simon du fleuve  posté le 19/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Pour la première fois, l'intégrale de Simon du Fleuve, qui vient enfin d'être (ré)éditée en trois tomes, est disponible… Je l'ai lue, dans l'ordre, et, révérence parler, je me suis copieusement emmerdé !

Grosse déception avec cette série que je n'avais jusqu'alors parcourue que par bribes, et dont j'avais gardé un bon souvenir. À l’époque de la parution dans Tintin, j’ai lu certains épisodes (pas tous, car il manquait toujours un numéro de la revue), et, à travers cette lecture décousue, j’avais apprécié la vision du monde post apocalyptique développée dans Les esclaves ou Cité NW n°3. Peut-être ai-je lu cela avec mes yeux de préadolescent naïf… Franchement, mon regard de vieux con s’est décillé et Simon du Fleuve a fort mal vieilli.

D'une part, il y a ce personnage, Simon, avec sa crinière blonde qui vole au vent et sa moustache de jais, qui traîne son mutisme contemplatif et son humanisme écologiste dans un monde post-apocalyptique peuplé de survivants plus ou moins belliqueux. Auclair s’efforce de le rendre très humain ; ArzaK a raison lorsqu’il évoque un « Jeremiah » qui serait doté d’une famille et qui vieillirait comme « Buddy Longway ».
Mais à force d’être humain, ce brave Simon, avec ses rêves de babacool éleveur de chèvres sur le Larzac, devient ridicule. Il est super gentil et ne rêve que de faire le bien, un peu comme un Rahan du XXIe siècle, mais en moins inventif, et pas combattif pour un sou, pacifisme oblige (et puis Rahan, lui, ne m’a jamais ennuyé)… Dans certains albums, Simon du Fleuve est si fort dans son rôle d’antihéros qu’il n’apparaît presque pas et ne sert à rien dans le récit !

D’autre part, il y a les scénarios, fades et mal rythmés… Aux longues séquences muettes succèdent des scènes de dialogues et d’action vite expédiées, comme si Auclair s’ennuyait à raconter des histoires.
Le point d’orgue du grand n’importe quoi est atteint dans les albums du retour de la série après dix années d’interruption (c’est le troisième volume de l’intégrale). À la fin des années 1980, Auclair a décidé que l’univers d’anticipation qu’il a construit pour Simon ne l’intéresse plus ; entretemps, il a commis des albums comme Bran Ruz ou Celui-là, avec un ton plus adulte et moins tourné vers le récit d’aventure. Alors il nous gratifie d’une bouillie philosophico-moraliste imprégnée de références shamaniques et celtisantes. De longues sentences en voix off assènent d’interminables aphorismes mystiques dignes d’un vieux sage asiatique. On n’y comprend rien et le pire c’est qu’on s’en fout (en gros, je vous résume : « la nature c’est bien, il faut être gentil et vivre en harmonie avec elle, mais seul le sage peut comprendre ces mystères… »). Il réussit le tour de force d’être à la fois gnangnan et pédant, étonnant non ? La lecture des albums 6 et 7 (en réalité 7 et 8, intitulés L'éveilleur et Les chemins de l'Ogam) m’ont été un calvaire.

Reste le dessin… Typique de l’époque, sans grande personnalité en fait. C’est moins bon que du Derib ou du Hermann, sans comparaison avec du Giraud. En plus, vers la fin, le trait est submergé par de nombreux aplats noirs, avec beaucoup de scènes en clair obscur, mal servies par une colorisation tour à tour criarde et pâlichonne, donnant un ensemble trop sombre. Malgré tout, il y a dans Simon du Fleuve quelques belles scènes avec de grands espaces dignes des meilleurs westerns.

Au final, cette série est trop marquée par l’esprit des années 1970, et je pense que les derniers albums étaient déjà ringards au moment de leur parution.
Les fans de Jeremiah Johnson s’y retrouveront un peu. Les écologistes post-soixante-huitards y puiseront quelques évocations nostalgiques. Les curieux y discerneront l’esprit d’une époque…
Quant aux autres, ils risquent fort d’être déçus. Aux amateurs de récits post apocalyptiques, je conseille de s’en tenir aux deux premiers recueils de l’intégrale, mais sans s'attendre à être ébahis.

Nom série  Les Trois Fantômes de Tesla  posté le 30/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les Trois Fantômes de Tesla est une nouvelle uchronie, prévue en trois tomes, qui prend place durant la Seconde Guerre mondiale.

En cet été 1942, New York vit dans l'angoisse. En Europe, les nazis préparent de nouvelles armes qui pourraient leur donner un avantage décisif. De leur côté les Japonais se doteraient d'une armée de robots capable de renverser le cours de la guerre dans le Pacifique… Et voici que d'étranges événements défraient la chronique du côté de l'East River !
En plus, les deux plus grands savants américains, ceux qui pourraient aider les Alliés, ont disparu. Ils étaient opposés par une rivalité farouche du temps de leur splendeur, mais aujourd'hui Thomas Edison est mort et nul ne sait ce qu'est devenu Nikolas Tesla.
C'est à ce moment que le jeune Travis emménage avec sa mère veuve de guerre dans un modeste meublé. L'étrange vieillard qui vit sur le même pallier suscite sa curiosité…

Du mystère, de l'angoisse, des complots, de l'action, des machines fantastiques, des personnages charismatiques… Tous les ingrédients sont réunis pour une bonne histoire d'aventure.

Marazano trouve le bon rythme pour ce récit. L'histoire est contée à hauteur d'œil du gamin qui tient le rôle principal, mais ce n'est pas un récit enfantin. Deux autres personnages apportent un regard plus adulte sur l'affaire Tesla : un flic séducteur et cynique qui sert les intérêts américains contre vents et marées, et surtout un journaliste marxiste qui dénonce la collusion entre les capitalistes américains et les fascistes européens à travers des articles pleins de verve.
Le scénario est solide et fait avancer l'intrigue à bons pas. Nombre de mystères restent en suspens au terme de ce premier tome qui met le lecteur sur le grill.
Marazano fait dans le classique, mais c'est excellent ! Pour l'heure, il mérite sans problème. J'attends d'avoir l'ensemble de la série en mains pour savoir si je monte cette note.

L'autre attrait de cet album tient dans sa mise en images, qui attire l'œil sur le présentoir du libraire. Le Lombard a produit un bel album, avec une couverture mate et sombre, à la texture un peu granuleuse, qui rappelle un cuir fin.
Guilhem, dont le style a bien changé depuis Space Mounties, développe un trait élégant et précis. Entre la précision chirurgicale d'un Steve Cuzor (O'Boys) et d'un Antonio Parras (Le Méridien des brumes), il fait le choix d'une approche des cadrages parfois surannée, à la Alex Raymond (Rip Kirby), afin de coller au style de l'époque qu'il dépeint (voir la couverture, très réussie à mon avis), ses personnages se meuvent avec la souplesse de ceux de René Follet (Alain Brisant - S.O.S. Bagarreur)…
Bref, sur le plan graphique, je donne !

Cette nouvelle série représente tout ce que j'aime dans la bande dessinée ; elle est mon coup de cœur de la rentrée.

Nom série  Sept Missionnaires  posté le 29/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Fidèle au ton humoristique qui est devenu sa marque dans Garulfo et De Cape et de Crocs, Alain Ayroles se livre à une parodie à mi-chemin des Douze salopards et des Sept mercenaires.

Sept moines, relégués en un lieu perdu au nord de l'Europe, passent leur temps à se livrer aux péchés capitaux, ce qui les voue à l'enfer et énerve singulièrement l'évêque local. Il leur donne donc le choix entre le bûcher et une mission suicide d'évangélisation chez les vikings, lesquels ont la fâcheuse habitude de piller les monastères, ce qui agace encore plus les autorités ecclésiastiques.
Et voilà nos sept pécheurs partis à la rencontre des rudes hommes du nord. Ces derniers, fidèles à leurs principes veulent d'abord les crucifier, mais ils commettent l'erreur de sursoir à l'exécution. Bien mal leur en prend, car le péché est diablement contagieux…

Rien n'est sérieux dans ce récit. C'est une parabole sur les principes que les religions prétendent inculquer et sur la résilience de la nature humaine. C'est fort drôle, mais pas idiot… certains gagneraient à méditer sur la conclusion de cette histoire.
Le seul petit reproche que je ferai à Ayroles est l'aspect précipité des péripéties, mais après tout, on lui avait imposé la forme du one-shot.

J'aime le style graphique que Critone adopte pour cet album. Très réaliste, il lui arrive de devenir brusquement caricatural et outrancier pour traduire les expressions des sentiments des personnages, qui en prennent tous pour leur grade dans le registre du ridicule.

L'aventure de ces Sept Missionnaires constitue donc l'un des meilleurs albums de la collection-concept “Sept” et l'un de ceux que je relis régulièrement avec le même plaisir.

Nom série  Sept pirates  posté le 28/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Sept Pirates se veut la suite de L'île au Trésor, un peu ce que Vingt ans après est aux Trois mousquetaires, sauf que l'histoire est poussive et le dessin moche…

Troisième opus de la collection Sept, cet album marque les limites du concept : sept personnages, sept albums, sept auteurs… D'accord, l'avantage c'est que le lecteur n'attend pas la suite, que le rythme de parution est élevé, que les thèmes sont éclectiques… MAIS Le problème vient du constat que tous les auteurs ne se valent pas et que, rythme de parution oblige, il faut bien produire…

Ce retour vers l'île au Trésor de sept personnages quinze ans après les faits ne s'imposait pas et le lecteur respectueux de l'œuvre de Robert Louis Stevenson lui préférera des adaptations correctes du roman originel, comme L'Ile au trésor de Robert Louis Stevenson, Jim Hawkins et L'Ile au trésor (Pratt), ou encore le remarquable Long John Silver qui en propose une suite digne de ce nom.

On peut lire Sept Pirates sans en concevoir un ennui absolu, mais le constat final est amer : les péripéties sont téléphonées, les protagonistes sans aucun charisme (en plus, il est préférable de bien connaître l'œuvre d'origine pour s'y retrouver), les illustrations approximatives, avec des décors juste esquissés et des personnages quelconques, difficiles à discerner.

Nom série  Sept voleurs  posté le 28/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Certes, c'est un cran en dessous de Wollodrïn, mais c'est un plaisir de découvrir ce couple d'auteurs en train de se roder dans l'heroic-fantasy à la Tolkien. Chauvel signe un récit de quête très classique, simple dans son déroulement et ses péripéties.

Il s'agit d'un one-shot, collection Sept oblige, alors forcément, ça va un peu vite dans le déroulement de l'intrigue ; Chauvel déroulera ensuite ses récits sur deux albums.
Il lui faut en plus prendre le temps de présenter sept personnages de manière crédible, donc la constitution de l'équipe consomme quelques planches au détriment de la quête elle-même… Chauvel y parvient cependant de manière habile, didactique sans être lourd, même si certains caractères sont un peu superficiels.

Hormis ces remarques, c'est du tout bon, sans véritable surprise, mais fichtrement bien réalisé.
On sent que Lereculey peaufine son style, et ses cases sont souvent somptueuses. Personnages, bestiaire, décors, cadrages… c'est un sans faute ; il connaît son affaire et devient vraiment bon. Son dessin s'est beaucoup délié depuis ses débuts.

Le talent des deux compères éclate quatre ans plus tard dans les diptyques de Wollodrïn, mieux scénarisés et illustrés.

Second opus de la collection Sept, Sept voleurs reste cependant un album qui mérite le détour, réalisé par des auteurs doués et connus, au moment où il s'agissait d'attirer les lecteurs avec des produits d'appel de qualité. La suite de la collection n'a pas toujours été à ce niveau…

Nom série  Über (Fusion Comics)  posté le 16/07/2015 (dernière MAJ le 28/08/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une uchronie ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale, encore des méchants nazis, encore des super-héros qui se mêlent de déranger le cours de l'histoire…

Bon, d'accord, l'idée n'est pas spécialement originale.
Des super-héros qui perturbent la réalité martiale du XXe siècle en mettant leur grain de sel dans les différents conflits qui l'ont émaillé, on en a déjà vu quelques uns, de Captain America (voir par exemple Captain America - Théâtre de guerre) aux Sentinelles (Les Sentinelles)...

Des récits uchroniques qui tablent sur la poursuite de la Seconde Guerre mondiale suite à l'échec des Alliés face aux nazis, on en connaît aussi, de WW2.2 à Wunderwaffen. L'uchronie est à la mode, mais elle ne fait pas souvent dans l'originalité...

Quant aux méchants nazis... disons que l'expression elle-même est un pléonasme, mais il faut reconnaître que les affidés du petit moustachu hystérique n'en finiront sans doute jamais de se prêter au jeu du méchant absolu.
Bref, tous les ingrédients du scénario sans surprise sont ici réunis.

Cependant, la lecture de cette nouvelle série m'a été agréable, pas spécialement pour son fond, sans réelle surprise, je le répète, mais aussi pour des questions de forme.
D'abord, les auteurs s'inscrivent sans vergogne dans la veine gore et font le choix de la violence outrancière. Boucherie assurée à tous les chapitres. On lorgne clairement vers le travail de Garth Ennis dans The Boys ou Crossed, l'humour noir et le sexe cru en moins.

Ensuite, le dessin de Canaan White n'est peut-être pas très original – il s'inscrit dans le style des comics hyperréalistes qui se multiplient outre-Atlantique –, mais il est flamboyant dans la peinture des batailles dantesques comme dans la mise en scène des personnages réels ou imaginaires, et restitue efficacement l'ambiance apocalyptique de l'Europe au printemps 1945.

Enfin, le récit de Kieron Gillen n'est pas des plus surprenants, repose sur le parti-pris de choquer le lecteur (sans franchir la barrière du sexe) et manque singulièrement d'humour. Mais reconnaissons-lui tout de même un sens du rythme qui tient en haleine.

En résumé, Über vise un public de niche. Si vous êtes fans de Garth Ennis, vous devriez aimer. Sinon... Hématophobes s'abstenir !

Après (re)lecture des quatre premiers tomes…

Cette série est addictive ! L'idée que l'Axe ait pu durer davantage au prix d'épouvantables massacres est angoissante. Le cadre chronologique et géopolitique de cette uchronie est cohérent.
J'ai hâte d'en lire la suite, en espérant que les auteurs ne tombent pas dans le travers habituel des auteurs anglo-saxons qui font durer leurs séries aussi longtemps qu'elles se vendent. Pour l'instant, ça se tient et Kieron Gillen semblent savoir où il va.
Je n'augmente pas la note, mais sur la durée, c'est mieux que “pas mal”.

Nom série  Détectives  posté le 16/02/2016 (dernière MAJ le 27/08/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Détectives est une série de sept one-shots illustrant chacun une enquête des Sept détectives réunis dans l'album éponyme, qui forme le cross-over [que d'anglicismes inélégants dans cette phrase !] fondateur de leur univers.
Les récits peuvent se lire indépendamment les uns des autres (ils ne sont d'ailleurs pas numérotés, ainsi que le signale Erik dans un précédent avis), mais ils semblent peu à peu converger vers un point d'orgue final. D'ailleurs, le cinquième, consacré à Frédérick Abstraight, fait référence au premier opus dont Miss Crumble est l'héroïne. Le sixième, centré sur John Eaton reprend aussi des personnages entrevus dans ces deux albums.

Les intrigues policières démontrent une érudition certaine de la part du scénariste, mais restent dans l'ensemble d'un grand classicisme. Je trouve aussi que l'ensemble est un peu inégal d'un album à l'autre. Cela tient sans doute aux grandes figures de la littérature policière qui sont pastichés par Herik Hanna ; toutes ne m'inspirent pas la même sympathie.
Miss Crumble
Miss Crumble est une Miss Marple à forte poitrine, qui s'éloigne de son modèle agatha-christien et aurait été revue par Tom Sharpe (lisez le génial Mêlée ouverte au Zoulouland), maniant l'humour grinçant et le tromblon. L'intrigue se déroule dans un charmant petit village britannique, où ça dézingue sec entre les séances de jardinage et l'heure du thé. Le récit est un peu trop verbeux, plutôt convenu, mais agréable à lire.
Richard Monrœ
Avec Richard Monrœ, on navigue entre le Philip Marlowe de Raymond Chandler et le Sam Spade de Dashiell Hammett. Je ne suis pas fan des personnages de détectives américains cabotins à la Humphrey Bogart. L'histoire est bien construite, mais je me suis un peu ennuyé dans cet univers lié à la jet-set hollywoodienne. Le dessin aux décors trop épurés ne m'a pas convaincu.
Ernest Patisson
Ernest Patisson nous ramène à Agatha Christie, puisqu'il est un clone suisse d'Hercule Poirot, aussi horripilant que son modèle. La multiplication des accents circonflexes dans ses phylactères, censée traduire son accent traînant devient vite exaspérante. L'intrigue se déroule dans un manoir perdu sur un île écossaise, classique mais assez bien menée.
Martin Bec
Martin Bec est le Français de l'équipe, inspiré du Jules Maigret de Simenon. L'enquête assez classique tire profit des talents du commissaire pour les contacts humains et de sa capacité à obtenir les aveux par la bonhommie et la potée aux lentilles.
Frédérick Abstraight
Je ne vois pas à quel héros littéraire Frédérick Abstraight fait référence . Alcoolique et opiomane, « la honte de toute la police britannique » se trouve obligé d'enquêter à bord d'un train bloqué par une congère, comme dans Le Crime de l'Orient-Express. Toute l'originalité de l'album tient dans le caractère détaché et suicidaire du personnage. Du coup, c'est mon album préféré.
Don Lope me précise qu'il s'agit d'un personnage réel, l'inspecteur Frederick Abberline, qui échoua à arrêter Jack L'Éventreur en 1888. Il tient le premier rôle dans l'album From Hell.
John Eaton
John Eaton n'est pas à proprement parler un détective, puisqu'il est l'avatar du docteur Watson. C'est en tant que médecin qu'on lui demande d'intervenir dans un sinistre asile pénitentiaire où sont enfermés quelques uns des pires assassins psychopathes du Royaume-Uni. Cet opus échappe quelque peu au schéma du whodunit qui préside à la série, mais réserve quelques surprises. Bien écrite, l'histoire soulève nombre de questions, dont certaines restent en suspens et devront être résolues dans le dernier album, consacré à Nathan Else…

Au niveau du dessin, la série réussit à conserver un unité de style malgré le fait que chaque album soit dessiné par un illustrateur différent. Les personnages sont un peu raides dans leurs mouvements, les décors souvent sommaires et noyés par les coloristes dans un clair obscur agaçant. Pas mauvais dans l'ensemble, mais ce n'est pas mon style préféré. Une mention spéciale toutefois pour Ceyles qui dessine l'album consacré à Ernest Patisson.

En résumé, je conseillerais cette série aux inconditionnels des Éditions du Masque ; je crains que les autres ne s'ennuient quelque peu.

Nom série  Le Voyage Extraordinaire  posté le 26/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le voyage extraordinaire s'inscrit dans la veine de la grande aventure dans le style steampunk et lorgne vers l'univers de Jules Verne.

Le scénario multiplie les rebondissements et les changements de lieux à un rythme effréné, sans toujours se soucier de clarté ni de vraisemblance. Des coups de théâtre (forts prévisibles) résolvent les situations les plus compliquées et permettent aux héros d'échapper aux pires périls. On aimerait parfois que les protagonistes se posent un peu, histoire de faire le point sur l'uchronie dans laquelle ils évoluent.
Bref, c'est une histoire virevoltante, bâtie comme un vidéo clip, qui enchaîne les péripéties ; un peu fatigant, en somme…
D'autant plus que la première trilogie ne répond que de manière confuse et partielle aux nombreuses interrogations qu'elle a suscité. Et à mon sens, ça semble parti pour durer. Je ne suis pas certain que les auteurs sachent où ils vont. Pas sûr que je ne me lasse pas si le second cycle n'avance pas quelques explications convaincantes concernant le contexte.

Le principal intérêt que j'ai trouvé à cette série réside dans le dessin, brillant et inventif de Camboni, moins lisse mais encore plus fouillé que dans Gargouilles.
Certaines planches livrent une suite de cases muettes. Et la peinture de cet univers où dominent de bizarres machines métalliques mues par on ne sait quelle énergie est magnifique.
Une mention spéciale pour le coloriste, Gaspard Yvan, qui contribue à la beauté de ces illustrations.

En résumé, on a affaire à une série pour préadolescents qui ne veulent pas se prendre la tête avec un scénario trop compliqué et qui privilégient l'action, même si elle est répétitive. Le scénario n'avance guère, malgré la richesse incontestable de l'univers et la virtuosité graphique du dessinateur.
Un beau livre d'images, qui flatte l'œil… En tant que BD, je n'en conseille pas l'achat.

Scénario - Illustrations

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