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... a posté 193 avis et 7 séries (Note moyenne: 3.18)

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Nom série  Batman - Année Un (Year One)  posté le 02/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici longtemps déjà que j'attendais la réédition de Batman Year One. Les origines de Batman revisitées par Miller, l'auteur du cultissime "Dark Knight Returns", ça promettait un max comme on pourrait trivialement le dire. Sans être déçu, consultez donc ma note, j'en attendais un peu plus.

On y découvre le lieutenant Gordon muté à Gotham, faisant la connaissance avec cette ville crasseuse et dépravée. Moral dans les chaussettes, il comprend rapidement qu'il est un des seuls flics pas corrompus, et il sera rapidement mis à l'écart par ses collègues et supérieurs. En parallèle, on assiste au retour de Bruce Wayne dans la ville, et ses balbutiements pour en arriver au Batman que l'on connait aujourd'hui.

Si l'intrigue est rythmée, cela se traduit par des interactions un peu délaissées selon moi. Les conversations sont rapidement expédiées, et les relations entre Dent, Gordon et Batman auraient mérité d'être un peu plus fouillées. En revanche, la narration fait la part belle à des caractères bien creusés, dévoilant la plupart du temps les pensées des protagonistes.
De même, la naissance de Catwoman est trop rapidement expédiée, laissant le lecteur sur sa faim.

Quant au dessin, s'il fait incontestablement daté avec ses couleurs délavées, il reste efficace avec certains plans saisissants et d'une grande classe.

Mais bon, le rythme frénétique permet d'assurer un bon moment de lecture. Néanmoins c'est une déception toute relative en regard du chef d'oeuvre de "Dark Kight Returns".

Nom série  Ultimates  posté le 30/07/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Eh bien quelle surprise ! Ca faisait un bon moment que je n'avais pas été confronté à une oeuvre d'une telle envergure. Il me faut m'incliner devant l'exploit qu'a réalisé Mark Millar sur ce premier tome. En effet, je ne pouvais pas passer sous silence l'incommensurable prouesse de l'auteur qui a réussi à aligner autant de clichés à la page.

Moi qui me faisais une joie et une avidité de découvrir enfin les super-héros sans avoir besoin de me farcir une pile de séries, ben c'est loupé. C'est foiré. Déjà ça commence mal : Dès le départ, l'histoire autour du corps de Captain America, qui a tout de même été tué par une bombe atomique, hein. C'est pas de la gnognote ces bestiaux, faut croire, puisqu'on nous bassine encore avec les pensées idéalistes d'un désarmement nucléaire dans la joie et la bonne humeur. Bref, le corps du Captain est extraordinairement retrouvé au moment où l'équipe du SHIELD est formée, et un bon scientifique le "ressuscite" miraculeusement (heureux pléonasme au passage). Notons tout de même qu'après s'être pris une déflagration atomique en plein face, et avoir trainassé un demi siècle dans l'eau (quoiqu'on le retrouve congelé, mais comment cela s'est-il passé? Ca l'aurait envoyé jusque dans l'Arctique cette explosion?), on retrouve ce héros de l'Amérique presque indemne. Seul son costume a légèrement souffert des blessures.

Mais bon, passons sur ce deus ex machina pour ne pas se gâcher le reste de l'aventure. Ah mince, quelle aventure? On suit dans un premier temps la vie totalement insipide des héros, d'une banalité consternante. Et pendant tout ce temps, on ne découvre pratiquement rien sur cette organisation toute puissante qu'est le SHIELD. Juste que c'est une entité super puissante, qui possède des fonds gigantesques. Donc une bonne partie est consacrée à la vie trépidante des héros, et au cliché séculaire de la deuxième vie, où l'homme qui revient à la vie doit découvrir un monde changé.

Dans la deuxième partie, où il commence à y avoir un peu d'action pour remuer enfin ces super-héros flasques, Millar montre également ses limites. Postulat de départ vu et revu maintes fois en SF, mais apparemment pas assez pour le scénariste. Ce sera l'occasion de faire un clin d'oeil très appuyé à Matrix (j'appelle ça un plagiat), et aussi les "incroyables rebondissements" en tous genres où l'on ne peut s'empêcher de trembler devant pour la vie des super-héros, le machiavélisme du plan des ennemis, et de leur morale odieuse. Une phrase m'a particulièrement fait rire quand Millar fait dire aux méchants qu'ils sont les "gendarmes de l'univers" (j'ai failli croire que c'était une critique envers les USA, mais non, j'ai surestimé le talent et l'audace de Millar), et que Mrs Pym s'indigne outrageusement du manque manifeste du respect de la vie d'autrui. Flûte alors, c'est vraiment odieux tout ça. Ca me révulse!

Tout cela est caractéristique du manque d'épaisseur des personnages. Tous sans exception, même si parfois on sent poindre un semblant de psychologie. Ainsi, Thor apparait en altermondialiste bien peu crédible, et son intervention à point nommée ne m'a pas surpris une seule seconde. Deux pages avant je m'étais effectivement dit qu'il apparaitrait pour sauver tout le monde. Idem pour le coup du brave gars des années 40, qui se porte au secours de la femme en détresse. Et il me semble que l'Iron Man d'ici a servi en partie de modèle au second opus dédié à sa personne. Vu la qualité du long métrage, je ne le considère pas comme une référence. Et que dire de Hulk? Je ne connais absolument pas son passé, mais il est présenté comme la caricature à l'extrême de la brute décérébrée. Cela nous offre des répliques d'une subtilité et d'un raffinement bien trop rares...

Pourtant, la mise en scène est pas mal fichue, et malgré quelques facilités dans les scènes d'action, c'est assez dynamique. C'est loin d'être grandiose, mais c'est fluide. Malgré le concept narratif qui m'a déplu, à savoir une alternance systématique entre deux scènes, c'est facile à suivre. C'est d'ailleurs ce qui m' a permis d'aller au bout, et de trouver parfois un peu de plaisir à suivre telle scène mieux que d'autres.

Au final, c'est vraiment une déception. J'attendais vraiment plus de la part de ces Ultimates, qui à en croire certains avis étaient censés mettre à la page ces héros au lourd passé. Seule la fluidité de la narration permet au premier tome de ne pas obtenir la note minimale. Les clichés à répétition et les ficelles abondent beaucoup trop, et la platitude des protagonistes est souvent synonyme d'ennui. Un manque de profondeur également sur l'entité dont on ne connaîtra pas grand chose.

Note finale : 2.5/5

Nom série  Hokusai  posté le 18/07/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est clairement l'avis de Ro ci-dessous, conjugué au thème de l'Art Japonais qui m'a dirigé vers ce manga qui se veut une biographie pas forcément toujours fidèle de la vie mouvementée de Hokusai comme l'affirme le mangaka à la fin de cette petite brique de 650 pages. Une note nous avertit en effet, que le but de ce manga était de "mettre l'accent sur les zones d'ombres de la vie de Hokusai plutôt que sur ses oeuvres".

Bien que la vie du peintre nippon regorge d'aventures en tous genres, j'aurais préféré à l'instar de Ro que le scénariste se focalise plus précisément sur l'impact du maître dans la tradition picturale d'alors. Surtout que je m'attendais à un traitement différent. Ici, Shôtarô Ishinomori semble s'être inspiré des personnages de shonen, tant Hokusai et les autres protagonistes révèlent trop souvent un comportement caricatural. Ainsi, il n'est pas rare que l'exaspération soit simulée par un affrontement de trogne aux traits tirés et aux grognements bestiaux. Ou alors ce seront des raisonnements un peu trop naïfs qui gâcheront la lecture.

Tout ce que je n'apprécie pas grandement se retrouve pourtant confronté à une gravité presque déplacée - mais bienvenue - à quelques moments clés. Ces instants sont grandement appréciables, bien qu'ils pèchent souvent par une certaine naïveté que j'évoquais, ou bien un manque de profondeur dans le discours. J'ai clairement eu l'impression qu'on ne faisait qu'effleurer la surface du sujet. Et bien que prévenu à l'avance, je n'ai pu retenir une pointe de déception, et parfois d'ennui, ce qui n'empêche pas de découvrir l'extrême motivation de Hokusai à vouloir innover. Sa capacité à se remettre éternellement en question est stupéfiante, trop parfois tant l'auteur verse dans le mélodrame.

Si les aventures ne sont pas toujours exaltantes, elles se laissent quand même suivre. J'ai beau avoir trouvé la narration expéditive, je me suis surpris à trouver un léger plaisir à parcourir cet ouvrage. Il se dégage un certain charme contemplatif qui m'a permis d'arriver au bout de cette longue lecture, où l'on a souvent l'impression d'avoir affaire à une enfilade de saynètes tant le déroulement se révèle abrupt.

Le second problème que pose ce manque de fluidité est une chronologie parfois ardue à suivre. A ce sujet, je n'ai pas compris pourquoi l'auteur s'est "amusé" à mélanger les périodes de la vie du peintre, effectuant sans arrêt des aller-retours temporels. Et quand en plus il imbrique des flash-backs dans son récit, on est rapidement perdu entre les époques et le discours.

J'ai également été déçu sur un autre point, sur les mœurs d'antan. J'ambitionnais de découvrir via Hokusai quelques particularité culturelles de l'époque. Mais non, à part quelques diners d'affaires dans des maisons de plaisir, ma soif de culture n'a pas été satisfaite sur ce plan. Et pire, j'ai parfois eu l'impression de côtoyer des foules européennes. Un comble pour un manga ! J'espère simplement que ce fait est dû à l'ouverte à occidentale du Japon.

Il m'est impossible de finir sans parler du dessin. Non pas que ce soit exceptionnel, mais parce que le manga est truffé de multiples estampes du maître. Visuellement c'est intéressant, on s'aperçoit clairement que le peintre ne s'est pas reposé sur un seul style qu'il maîtriserait à la perfection. Ces estampes sont souvent un petit régal, même si le dessin du mangaka n'est pas non plus mauvais. A certains moments, il m'a semblé déceler un encrage un peu plus épais pour les personnages, et qui donne un résultat intéressant. Les décors sont souvent propres et détaillés, rien à redire dessus.

Au final, je suis ressorti déçu sur plusieurs points. Même si l'on ressent le souci permanent d'originalité de la part de Hokusai, l'auteur n'explique jamais en quoi il se montre novateur. J'espérais également un peu plus d'immersion dans cette époque via des comportements plus typiques de l'époque, et un traitement plus proche du gekiga que du shonen. Il en ressort une impression de "peut mieux faire", bien que la lecture n'ait pas été fastidieuse. Et malgré une critique qui souligne beaucoup de points négatifs, j'en conseille l'achat car j'ai été touché par le charme qui se dégage d'une certaine simplicité, même si elle oscille souvent vers le simplisme.

Nom série  Quai d'Orsay  posté le 06/07/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je vois à l'instant de rédiger cet avis que cette BD est classée en humour, ce qui m'étonne fortement puisqu'au lendemain de ma lecture je ne me souviens pas avoir ri. J'ai plus en mémoire le sentiment d'un grand ennui, notamment vers la fin où les pages défilaient de plus en plus rapidement.

Il faut croire que je n'ai pas accroché au postulat. Non pas l'amorce qui consiste à engager un collaborateur d'Alexandre Taillard de Vorms, alias implicitement Dominique de Villepin, mais plutôt le personnage de l'homme en lui-même. En sachant le modèle issu d'un homme réel, je m'imaginais la BD comme étant une tranche de la vie de l'ancien Premier Ministre, qui permettrait de mieux cerner sa personnalité. Mais non, je n'y ai pas cru une seule seconde, et je demande encore quel était le but des auteurs. Le personnage est bien trop caricatural, le plus clair du temps, pour que j'y trouve mon compte. Peut-être qu'à l'inverse de ses conseillers je n'ai pas le décodeur adéquat pour cerner l'homme, mais j'ai franchement trouvé le protagoniste caricatural. De mon point de vue, les auteurs ont surexploité quelques traits de caractère pour réduire l'homme à ces derniers, ce que je n'ai pas apprécié.

Pour tout dire, les passages soit-disant comiques m'ont consterné. Comme je l'ai dit, j'ai l'impression que les auteurs ont hésité sur la tournure de leur BD. Fallait-il faire de l'album des chroniques humoristiques, où l'on pourrait mieux saisir les motivations et idées de Taillard de Vorms / De Villepin, ou présenter le personnage comme un doux hurluberlu, qui malgré ses déclarations absconses prêchait des paroles plus profondes que la surface ne le laisse présager? Certainement un mix des deux, et je dois dire que j'ai été peu convaincu par les différentes options. Encore une fois, c'est la caricature manifeste qui m'a repoussé. Je pense au coup des stabilos qui m'a complètement laissé pantois, ou encore au discours grandiloquent sur l'Europe qui se contente de balancer des évidences que les journalistes et chroniqueurs politiques s'empressent d'acclamer chaleureusement.

Le comique de répétition n'a pas non plus fonctionné. Taillard de Vorms / De Villepin semble un agité indécrottable, un impatient chronique qui se nourrit de la fatigue de ses conseillers. Repris à d'innombrables occasions, j'ai trouvé les différents "VLAN!" fatigants. Son côté empressé mais passionné est également énervant, et je doute que le modèle soit réellement tel quel, bien que l'inspiration vienne indéniablement de ce côté. Cependant, on sent parfois un certain respect pour le modèle. A de rares occasions, les conseillers parlent de lui comme un visionnaire, d'un homme qui interprète avec justesse les signes.

Mais l'actualité n'étant pas un domaine que j'affectionne particulièrement (la flemme de rechercher des sources proches de la neutralité et qui ne nous prend pas pour des pigeons à gaver de préjugés), certaines allusions de politique étrangère m'auront certainement échappées, comme les négociations avec les pays nordiques.

Un dernier mot sur le dessin de Blain. Je n'ai pas eu de problème à m'y faire. Le trait minimaliste sert vraiment bien le propos, et j'apprécie beaucoup sa façon de dessiner les personnages, qui sont parfois d'un naturel bluffant malgré la simplicité du trait.

Bref, vous l'aurez compris, cet album m'a globalement ennuyé. Je reproche notamment une caricature trop présente, et une mauvaise délimitation des buts qui a achevé de me perdre en route. Pour cette raison j'en déconseille l'achat avant lecture.

Note finale: 2.5

Nom série  Canardo  posté le 06/07/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avis sur la première intégrale (3 premiers tomes)

Allergiques aux séries animalières passez votre chemin, cette série ne vous est clairement pas destinée. Si vous ne supportez pas les bestioles anthropomorphes, nul doute que vous serez déçus.

En lisant Canardo, et surtout en suivant le personnage éponyme, j'ai véritablement eu la sensation par moments de me retrouver face au Nestor Burma de la série TV, la passion musicale en moins. Et tant mieux. Car s'il est facile de retranscrire l'amour de la musique via la petite lucarne, l'exercice se révèle plus périlleux quand le son est absent du média. Comme Burma, disais-je, Canardo est un détective désabusé, qui sous des airs nonchalants cache un coeur tendre. Son cynisme apparait comme un couche protectrice de sa véritable nature, qui cache un être incapable de porter toutes les misères du monde. Mais malgré les similitudes, le canard enquêteur n'est pas non plus le clone de Burma.

Les histoires sont également très sympathiques. Elles nous emmènent le plus souvent dans des milieux peu classieux, sur les traces de pauvres hères et loin des turpitudes mondaines. Un cabaret abritant des piliers de bar, une gargote peu engageante, voici des lieux que Canardo fréquente assidument, plus pour noyer son chagrin et sa mélancolie que pour résoudre des affaires qui, la plupart du temps, prendront leur origine dans ces lieux malfamés. La machine se met alors en route, et Canardo se jette parfois malgré lui dans des affaires plus complexes que d'apparence. Ces dernières, loin de se résumer à de simples raisonnements ou de pistes effilées, s'intéresseront davantage au devenir des protagonistes, destin pas toujours des plus réjouissants mais qui assure le charme de la série. Et c'est avec une touche de mélancolie que l'on refermera l'album, triste et heureux d'avoir été touché par l'histoire de ces animaux pourtant si proche de nous.

Nom série  L'Auberge du Bout du Monde  posté le 02/07/2009 (dernière MAJ le 22/06/2010) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mise à jour après relecture : une étoile supplémentaire

Finalement, l'histoire n'est pas si mal que ça, mais je ne suis toujours pas convaincu.
La narration est fluide, de bonne qualité, mais l'accent n'est pas suffisamment mis sur le mystère.
L'explication est au final plutôt passe partout, et des mystères restent en suspens alors même qu'on nous bourrait le crâne avec ça.
Les dessins sont vraiment jolis, et d'un côté je regrette d'avoir choisi l'édition intégrale petit format pour ne pas en profiter pleinement. Des expressions plutôt bien rendues, une atmosphère agréable, bref c'est du tout bon sur ce point.

Finalement, j'ai relu cette histoire sans déplaisir, mais sans intérêt non plus. Ma frustration d'une première lecture m'avait clairement fait crier au scandale, au point que j'aurais du mettre la note minimale. Mais finalement, et si l'on fait abstraction d'un récit qui multiplie les intrigues sans s'expliquer entièrement, c'est plutôt agréable à lire.

Ancienne critique:

*****************************

Après tant d'éloges, comment ne pas être tenté par cette œuvre ? Peut-être en attendais-je trop, du fait des nombreuses critiques positives ? Tout du moins je n'ai pas apprécié cette BD. Dans ses dialogues, Oger me fournit la citation contextuelle : "Vous avez des talents de feuilletoniste". En effet je trouve que l'histoire traine en longueur. Certains passages auraient pu être raccourcis et ne sont, à mon avis, présents uniquement pour remplir trois tomes. Et puis arrivé à la fin on se dit : tout ça pour ça ?! Dans l'ensemble j'ai trouvé le scénario dépourvu de véritable histoire.

Alors oui l'histoire n'est pas fameuse à mes yeux, mais la narration n'est pas non plus exempte de reproche. Cette propension à dissimuler la vérité m'a passablement irrité. Une part de suspens est certes indispensable dans une histoire, mais accumuler les mystères à outrance sans jamais les expliquer est à la limite du scandaleux. En effet bien des questions restent en suspens.

Passons maintenant au visuel. Je ne peux m'exprimer pleinement dessus puisque je me suis procuré une intégrale petit format, mais je trouve dans l'ensemble que les expressions des personnages pourraient être plus travaillées : là où un père est désespéré, son visage est neutre, sans expression.

Pour finir sur un point concluant, l'ambiance des petits villages est plutôt bien retranscrite, bien que ce ne soit pas déterminant pour moi. Je préfère à ce niveau le traitement dans Où le regard ne porte pas.

Nom série  L'Âme du Kyudo  posté le 12/06/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ca y est, j'ai enfin lu cette petite brique. Fichtre, 436 pages avalées d'une traite pour me maintenir dans l'ambiance de ce gekiga. Oui j'ai préféré me maintenir dans la lecture, malgré l'heure tardive. Car une fois qu'on est dedans, mieux vaut ne pas en sortir.

En effet, ce gekiga demande un investissement de la part du lecteur. Ce n'est pas une simple lecture banale, que l'on pose et l'on reprend quand on le souhaite. Tout du moins est-ce mon sentiment. Les quelques interruptions inopportunes m'ont demandé un léger effort pour me remettre dans l'ambiance.

Mais quelle ambiance ? Eh bien c'est simple, nous suivons la vie spartiate d'un jeune homme qui veut obtenir le titre de "Premier sous le ciel". Nous suivons pas à pas son entrainement rude et intense. Il se dégage alors du titre une saveur pierreuse, rêche, tel l'entrainement draconien auquel est soumis Kanza. Sa détermination est parfois fascinante à contempler, et c'est là que réside le talent d'Hirata : nous faire ressentir la dureté de l'entrainement, de manière adulte et virile, comme le monde dans lequel évolue le héros.

Si vous l'ignoriez encore, l'histoire de l'épreuve du Toshiya commence au début du XVIIème siècle, juste après l'établissement de l'ère d'Edo. Sans qu'aucune date ne soit réellement avancée quant à l'évolution du temps (seule l'insurrection de Shimbara permet de situer vaguement la date), j'en ai sommairement déduit que les aventures de Kenza débutent une quarantaine ou cinquantaine d'années après le commencement de l'épreuve, qui consiste à décocher le plus de flèches qui traverseront l'auvent d'un temple de 120 mètres de longueur. Cette épreuve deviendra, au fil du temps - et en temps de paix -, le symbole représentatif de la puissance de chaque clan, qui cherche par tous les moyens à obtenir et conserver le titre tant convoité de "Premier sous le ciel".

C'est précisément cet acharnement qu'Hiroshi Hirata s'attache à dénoncer (il le dit explicitement en commentaire, à la fin). En suivant le parcours de Kanza, dont la vie est exclusivement dédiée à son art, l'auteur montre sans voile la rudesse de l'existence de ces hommes, sacrifiés sur l'autel de la gloriole. Sacrifiés est en effet le bon terme. Parce qu'en cas d'échec, l'honneur du clan étant sali par l'insuccès de l'archer, ce dernier le lave de son sang. Mais gare à ne pas tomber dans la critique facile. Les codes de l'époque nous paraissent peut-être barbares vu quelques siècles plus tard, mais juger des moeurs passées est, à mon humble avis, sans valeur puisque bien des siècles et évolutions nous séparent des codes qui nous parviennent. Tout au plus peut-on essayer de les comprendre, et alors on s'aperçoit que la vie n'est pas une valeur sacrée dans ce monde viril. Seule la puissance affichée et l'honneur comptent, et la vie n'est préservée que lorsqu'elle est utile. Je pense ici aux différents clans qui ont arrêté le "jeu", estimant que la perte d'officiers de valeur ne valait pas le prix payé en cas d'échec. Ainsi, cette vision est plus nuancée que celle des deux grands fiefs qui s'opposent, les Owari et les Kii.

Malgré les qualités citées plus haut, j'ai quelques reproches à faire. Ponctuellement, quelques éléments mineurs viennent gâcher le récit. Le premier exemple qui vient à l'esprit est celui de l'homme qui professe à Kanza, en observant seulement son visage, qu'il battra le record du Toshiya. J'ai noté d'autres détails peu représentatifs de la qualité globale, et c'est pourquoi je ne m'escrimerai pas à les retrouver.

Un dernier mot sur le dessin. Lu après L'Incident de Sakai et autres récits guerriers, je m'attendais à retrouver l'empreinte grasse du trait d'Hirata. Mais non, l'auteur a visiblement décidé d'affiner son encrage, et propose un dessin toujours aussi fluide et dynamique. La colère des personnages transpire du papier, leur dédain se matérialise, et le tout forme un ensemble très réaliste. Les postures des personnages sont vraiment magnifiques, et certaines planches semblent avoir suspendu le temps dans son mouvement, notamment dans les postures assises des tireurs. Ajoutez à cela un rendu des bâtiments superbement travaillé, c'est un vrai régal que nous avons là.

Bref, j'ai vraiment apprécié cette longue incursion dans le temps. On y découvre un monde dur, cruel parfois, avec une philosophie complètement éloignée de la notre (mais qui confirme l'idée du Japon que je me faisais du temps des samuraïs). L'illustration de la vie de Kanza, est un réquisitoire contre la bêtise des puissants de ce temps, dont certains étaient les ancêtres de l'auteur, que ce dernier exècre pour leurs actes. On découvre d'ailleurs à la fin qu'il demande le pardon au nom de ses ancêtres, pour toutes les vies qu'ils sont ruinées et sacrifiées.

Nom série  Malet  posté le 31/05/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et dire que j'ai failli passer à côté de cette BD. Seul l'avis collégial de ce site marron a fait pencher la balance en la faveur de ce petit bijou. Un peu rebuté par le dessin, aperçu subrepticement et superficiellement lors d'un feuilletage en librairie, je me suis finalement laissé tenter, en me remémorant que l'emballage, aussi minable soit-il, ne reflète en rien le goût du produit.

Mais gare. Ne me faites pas dire ce que je ne pense pas. Le dessin est loin d'être exécrable. Il est au contraire somptueux et regorge d'une force explosive. Le noir et blanc est superbement exploité, et surpasse par moments le style incomparable de Miller dans Sin City, auquel il m'a très fortement fait penser dès l'ouverture. Cependant, là où Miller préfère "aplatir" ses couleurs, quitte à ôter une part de lisibilité au profit du style graphique, Nicolas Juncker préfère une ligne parfois plus épurée et une épaisseur moindre, mais toujours garnie de nombreux détails.

Le dessin possède une force surprenante, disais-je un peu plus haut. Et c'est vrai, parfois la scène semble s'animer d'elle-même, et l'on est presque surpris que tel personnage ne finisse son geste ou ne se mette à se mouvoir de lui-même. Cependant, la mise en scène doit également recevoir ses lauriers, car les cadrages sont d'une justesse à toute épreuve. L'immersion est totale, et l'on s'imagine parfois vagabonder dans les ruelles de Paris en compagnie de la troupe belligérante, ou encore s'imaginer la solitude d'un Brouteux en pleine lecture officielle. Tout cela grâce à un sens inné de la mise en scène, mais aussi à l'aide des faciès parmi les plus expressifs qu'il m'ait été donné de voir à ce jour. Tronches béates, effarées ou rongées par le désespoir, Nicolas Juncker semble avoir été piocher dans les masques antiques tant les émotions sont retranscrites fidèlement.

Si j'ai beaucoup parlé du dessin jusqu'ici, c'est déjà parce qu'il mérite clairement qu'on s'y attarde. Mais comme je le disais en préambule, une oeuvre ne se mesure point à son emballage. Cependant peu d'inquiétude à avoir, le produit final se révèle à la hauteur de l'enrobage. Le scénario est maîtrisé de main de maître. Sans revenir sur les détails, sachez qu'un dénommé Malet tente d'évincer Napoléon Premier du pouvoir. Le tuer? Trop compliqué. Mais le faire passer pour mort est bien plus astucieux en ces temps où l'information ne circule pas aussi vite qu'aujourd'hui. Et c'est ainsi qu'avec l'aide de quelques camarades, Malet va se lancer à l'assaut de Paris, armé de son intelligence, de sa folie, et de ses victimes dupées qui le verront sans pour autant le soupçonner, mener d'habiles manoeuvres politiques.

Et oui l'homme est fou, et sain à la fois. Il souffre d'une douce folie et d'une intelligence étonnante, d'une arrogance et d'un charisme hors du commun. C'est un leader né, né pour diriger et qui ne s'en cache pas. Tout dans son attitude démontre qu'il aime être obéit. Héros solitaire, manipulateur sans scrupules, Malet est clairement présenté comme un homme déterminé et d'une conviction certaine. Pour autant, si Malet est le sujet de cette BD, les personnages secondaires ne sont pas oubliés. Les seconds rôles foisonnent et ne pâlissent que devant le charisme grandiloquent de Malet.

Bref, une réussite à tous points de vue. Dessin comme scénario sont très efficaces, et malgré un enchainement peut-être trop linéaire en début d'album, le synopsis se laisse clairement suivre à condition d'identifier distinctement le rôle de chaque personnage. Mais une relecture immédiate m'aura permis d'approfondir mon plaisir initial et de goûter sans réserve cette merveilleuse réalisation

Nom série  Les Vents de la colère  posté le 24/05/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au vu des avis ci-dessous, Les Vents de la colère avait retenu mon attention. Moi qui cherche justement à en apprendre un peu plus sur l'histoire du Japon, quelle que soit la période, j'étais plutôt bien tombé.

Dommage, je n'ai pas été entièrement satisfait. En préambule, on nous dit que ce manga est un véritable brulot anti-gouvernemental. Il est vrai que le parti pris est très visible, et s'il est à saluer une oeuvre engagée en son temps, il n'en reste pas moins à condamner un certain manque de finesse.

En effet, après le préambule qui nous explique brièvement le contexte, nous voici embarqués dans une histoire où l'on suivra Gen, fils cadet d'une famille de militaires fortement patriote. Si son frère a choisi la voie familiale, Gen préfère quant à lui explorer des chemins plus pacifiques et vertueux comme l'Art. Cependant, les événements qui surviendront lui feront oublier l'Art et en feront un fervent opposant à la guerre.

Bon, le message manque clairement de nuance. Les américains sont présentés comme de vrais salauds sans scrupules, les militaires comme des bêtes assoiffés de sang, et les rebelles comme des victimes. Certes il y a une part de vérité dans tout cela, mais ça vire parfois à la caricature. Cependant, Tastuhiko Yamagami prend la peine de ne pas mettre tous les révolutionnaires dans le même panier. Il fait clairement la distinction entre militants pacifistes et rebelles avides de vengeance. C'est un bon point mais insuffisant pour arriver à m'intéresser réellement à cette aventure. Les différents sujets abordés sont trop peu développés pour être vraiment intéressant. Il m'a semblé qu'ils étaient sommairement expédiés au détour d'une page pour après se focaliser sur les péripéties de Gen.

J'ai d'ailleurs été dérangé par le rythme trop rapide du récit. J'aurais préféré un développement plus exhaustif des enjeux de chaque partie. Je m'attendais plus à voir une fresque des années 1960-1970 à travers les yeux du héros plutôt qu'à une "simple aventure" qui tente parfois de nous prendre aux tripes en y parvenant rarement. On découvre cependant quelques aspects historiques, j'en sais un peu plus sur la guerre du Viet-Nam, sur l'exploitation du Japon par les américains (quoique je conseille plus Ayako sur ce plan).

Un dernière chose qui m'a tout de même dérangé. Cette propension à masquer les dates, à les remplacer par des XX ou XXXX m'a dérangé. Est-ce pour marquer le caractère fictif du récit? Certainement, mais ça m'a contrarié.

Encore un dernier mot, il concerne le dessin. Comme l'a dit Spooky, les scènes d'action ne sont pas très lisibles. En revanche, j'ai grandement apprécié le côté rondouillard qui permet de distinguer parfaitement les personnages les uns des autres, les décors étant corrects.

Bref, je m'attendais plus à une fresque historique, à la manière de L'Arbre au soleil plutôt qu'à une dénonciation peu profonde de la guerre et du commandement américain pendant cette période. Il reste cependant à saluer l'initiative périlleuse pour l'époque.

Note finale: 2.5

Nom série  Les Fils de la terre  posté le 24/05/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis vraiment déçu par ce manga. Disons-le tout de go, j'en attendais beaucoup. Les avis précédents m'avaient réellement emballé. J'aime bien les sujets qui ne sont pas racoleurs et qui sortent de l'ordinaire. C'est exactement ce que je souhaitais.

En ouvrant ce manga, je m'attendais à en apprendre plus sur le quotidien des agriculteurs, à partager leurs peines et leurs difficultés. Il est clair que je m'attendais à ce qu'ils soient négligés, l'actualité nationale préparant largement à cet état de fait, mais en revanche, rien ne me préparait à subir la naïveté insupportable du héros. Son optimisme permanent, même lorsqu'il annonce fièrement que son père est décédé, m'a totalement rebuté. C'est presque un héros de shonen là, sauf que le cadre est sensiblement différent. Nous sommes à la campagne et plus personne ne veut se recycler dans l'agriculture, on découvre que le lycée agricole est une voie de garage. Globalement, je n'ai pas été surpris. Les agriculteurs sont présentés comme les pauvres victimes de la politique gouvernementale. Je ne conteste absolument pas le propos mais la manière de faire. A force de verser dans le mélodrame, la forme prend le pas sur le fond. C'est traité sans aucune finesse, les personnages sont trop caricaturaux, et ce qui aurait pu être un documentaire intéressant se révèle être une aventure grotesque.

Pourtant ça commençait pas trop mal. L'introduction avec un ton plutôt sérieux avait tout pour me plaire. Mais dès que l'on est laissé en compagnie de Natsume, tout va à vau-l'eau. Son côté naïf, optimiste à outrance et surtout de bon samaritain m'a exaspéré au plus haut point. Un personnage animé des mêmes intentions mais plus humain m'aurait davantage séduit.

En plus, certaines situations sont plutôt incompréhensibles, comme la dernière scène du premier tome. Enfin bref, j'en attendais vraiment plus de ce manga qui manque singulièrement de nuance pour me plaire. Dommage car quelques idées étaient à creuser, comme la faible considération des apprentis agriculteurs.

Nom série  Kirihito  posté le 23/05/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une mystérieuse maladie, la monmo, sévit dans un village isolé de Shikoku, l'une des quatre îles principales du Japon. Kirihito, jeune médecin enthousiaste, est délégué dans le village pour tenter de découvrir l'origine de la maladie. Malheureusement il attrape à son tour la monmo qui va progressivement lui donner une apparence de chien. Voici le postulat de ce manga, une fois n'est pas coutume de la part de Tezuka, très prenant.

De ses années d'étudiant de médecine, Tezuka a gardé quelques souvenirs, même si comme pour d'autres séries il a fait appel à une aide extérieure. Car ici, la médecine occupe une bonne partie de l'oeuvre. On aura bien entendu droit à un âpre débat sur l'origine de la mystérieuse monmo, qui déchainera les passions entre les grands pontes du monde, mais également entre l'équipe japonaise chargée spécifiquement d'étudier la monmo, dont fait partie Kirihito. Ce sera l'occasion de confronter deux visions antagonistes, l'amour de la science, et par extension de la vérité, et la politique. Tout du moins est-ce la vision que Tezuka nous propose, que politique et science ne font pas bon ménage. Et au fur et à mesure que l'on avance dans Kirihito, on ne peut que partager cette vision.

Mais malgré ce que l'on pourrait penser, le chef de service chargé d'étudier la monmo et qui aspire au titre de président de l'ordre des médecins, n'est pas si foncièrement mauvais. En réalité, sous ses aspects d'homme prêt à tout pour parvenir à ses fins - ce qu'il est vraiment - se cache un homme torturé, attachant même comme on le découvrira vers la fin. Comme d'habitude, pas de manichéisme chez Tezuka, seulement des personnages très humains avec leurs côtés clairs et obscurs, propres à chacun. Des personnalités complexes et singulières se détachent de ce manga. Le politique prêt à tout, le médecin idéaliste, la fiancée épleurée, un ami fidèle mais avec sa face sombre, bref un large panel de protagonistes qui auront tous un rôle essentiel.

Néanmoins, réduire Kirihito à une simple critique de la politique et de la médecine serait réducteur. Comme on s'en doute dès le départ, on dérivera rapidement vers un sujet plus profond qu'est la différence. Bien entendu, Tezuka exploite à fond ce qu'il fait, et malgré le discours qui s'étale sur les quatre tomes, je n'ai jamais eu l'impression d'une quelconque redondance. Enfin si, mais si s'agit de l'épisode de la monmo que l'on croyait définitivement enterrée, mais finalement ce fut un petit mal pour un bien.

Bref, Kirihito est une oeuvre profonde. Le talent de conteur de Tezuka m'apparait avec le recul encore plus flagrant lorsque je m'aperçois qu'il sait développer des sujets qui pourraient se résumer en quelques phrases. Son talent transparait également à travers ses personnages, toujours très humains. Une fois encore, Tezuka démontre qu'il n'est pas qu'une légende passée.

Nom série  Barbara  posté le 12/05/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tezuka ne cessera donc jamais de m'étonner, tout du moins pas avant que je n'ai achevé l'intégrale de ses oeuvres. Barbara est clairement un diptyque fascinant. Moins sombre qu'Ayako mais plus profond sur de nombreux points, ce manga est une réussite incontestable.

Nous avons tout d'abord Barbara, une jeune hippie ramassée par l'écrivain en vogue du moment, Mikura Yosuke. Capricieuse, irrévérencieuse, adepte de Bacchus sans rechigner la littérature, Barbara est décidément une personne à part, à l'opposé de son protecteur Mikura. Ce duo totalement improbable sera à la base d'une histoire touchante et sensible, emplie de folie frénétique et second degré.

Second degré car si l'on peut prendre ce diptyque comme une simple histoire déjantée, on s'aperçoit bien vite que derrière la hippie et l'écrivain se cachent plusieurs facettes. Barbara est tantôt présentée comme une muse puis une sorcière, Mikura souffrira quant à lui d'une folie passagère lorsqu'on fera sa connaissance, souffrant en silence des strictes conventions sociales, pensant un moment avoir trouvé un exutoire à cette différence qui le ronge, capable d'exercer ses penchants sexuels à l'abri des regards puritains.

Et puis que les personnages sont réussis. J'ai souffert avec Mikura de l'absence de Barbara, muse mais également amante de l'écrivain, qui transforme la folie initiale de l'artiste en oeuvre accomplie. Car l'Art est ici un grand sujet de préoccupation pour Tezuka. Il n'hésitera d'ailleurs pas à faire appel à certaines références occidentales pour expliciter son propos.

Et que dire du dessin ? Pur et tortueux, à l'image de la folie qui imprègne les planches de ce manga. La narration m'a semblé encore plus dynamique que les autres travaux de Tezuka, m'empêchant de ralentir la cadence à chaque page tournée.

Finalement, c'est une aventure humaine très touchante mais également empreinte d'une certaine philosophie et de sens.

Nom série  Gringo  posté le 30/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je dois dire que j'avais un peu peur de ce pavé, 630 pages à lire alors que je venais de refermer Phénix - L'oiseau de feu qui m'avait déçu. Et pourtant, c'est passé comme une lettre à la poste. On arrive assez vite au bout de cette petite brique.

Le scénario est plutôt intéressant. Un japonais "pure souche", qui occupe un poste important dans une filiale japonaise située en Amérique latine, va tomber de Charybde en Scylla et se retrouver confronté à divers dangers comme un pays en guerre civile, une fuite dans la forêt (amazonienne certainement), et d'autres réjouissances dont je vous laisse la surprise. Cette multitude de situations m'a vraiment séduit, et c'est pour moi ce qui fait la richesse de ce manga. Chaque endroit permet de confronter un peu plus le japonais moderne à des peuplades différentes, et, à défaut de le définir, d'en cerner plus ou moins les contours. On pourra également trouver une légère critique sur le Japon isolationniste d'avant la moitié du XIXème siècle en fin d'album, malheureusement inachevé suite à la mauvaise santé de l'auteur.

Dans l'attitude d'Himoto, on retrouvera donc le comportement typique du japonais des années 80 comme le voyait Tezuka. Ambitieux, travailleur, respectant scrupuleusement les règlements, ce dernier trait évoquant de la froideur, mais également très emballé lorsqu'il s'agit de sa passion. C'est d'ailleurs via le sumo, sport qu'affectionne particulièrement Hitoshi Himoto, que l'on découvrira pour la première fois ce personnage que l'on croyait éloigné de l'espèce humaine. A l'instar du héros, les autres protagonistes bénéficient d'une humanité qui semble être la marque de fabrique de Tezuka. Salauds finis ou philanthropes, Tezuka rajoute toujours une couche qui rend ses personnages plus profonds que l'on pourrait croire.

Quant au dessin, il est typique des dernières productions de l'auteur. Des paysages très soignés et des personnages tout en rondeur, mais qui bénéficient de faciès très expressifs ; et la narration est toujours aussi dynamique.

Finalement, c'est encore un bon Tezuka que je trouve. Varié, riche et complexe, Gringo fut une très bonne trouvaille.

Nom série  Blackjack  posté le 25/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une énième variation sur le thème de la prohibition et de l'arrestation de Capone. Pour autant je ne m'en plains pas puisque je ne suis pas grand connaisseur de cette période.

A travers l'histoire d'une bande de garçons bien turbulents, Steve Cuzor revisite le mythe Capone et nous propose sa version des faits sur la chute du grand Al. Point de grandes manigances ou de complots retors, c'est simplement cette bande d'amis, même pas encore ados, qui fera grincer la machinerie pourtant bien huilée du "Patron". Un facteur hasardeux qui au final se révèlera lourd de conséquences, tant pour l'industrie de la prohibition que l'entourage de ces gamins bien affectueux.

En effet, l'histoire s'articule autour des quatre amis de la bande, Alfonso le leader, Peanuts le trouillard, Grenouille l'excité, puis le calme et sarcastique Vitto. Viendra se greffer Laura, qui semble éprouver un grande affection pour Alfonso, et qui tiendra un rôle majeur dans cette histoire qui privilégie l'amitié aux grands plans complexes, pourtant pas absents des quatre tomes. Les personnages sont à mon avis le point fort de Blackjack - au passage, son titre est justifié très brièvement dans le second tome - qui brasse nombre de personnalités différentes sans alourdir le récit. Steve Cuzor assure le brassage entre les différentes intrigues très facilement, et parvient à rendre cohérent une foule d'informations très facilement grâce à une narration très efficace. Moi qui suis d'ordinaire perdu dans la foule des nombreux personnages de gangsters, j'ai rarement eu des doutes quant à l'affiliation de tel ou tel personnage.

Quant au dessin, je trouve qu'il évolue dans le bon sens sur les quatre tomes. On commence avec des teintes assez proches les unes des autres - ce qui m'avait un peu dérangé au départ malgré une qualité graphique évidente - pour aboutir à des couleurs de plus en plus chatoyantes et variées. Il y a incontestablement une gradation dans la coloration. Quant au trait en lui-même, on sent l'inspiration de Loisel, notamment au niveaux des visages. Un grand soin a été apporté aux faciès, remarquablement expressifs sur chaque case, chose suffisamment rare pour être notée. Autrement, les paysages sont très détaillés et seront certainement un petit régal pour ceux qui choisiront l'édition grand format.

Si vous trouvez ma note un peu basse en comparaison de ma critique, la raison tient en peu de mots. Je n'ai pas été captivé par cette histoire. Je l'ai seulement trouvée plaisante. Mais nul doute que si vous aimez les grandes histoires d'amitié avec en toile de fond une intrigue solide, vous trouverez ici votre bonheur.

Note finale: 3.5

Nom série  Des lendemains sans nuage  posté le 23/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A travers cet album, Vehlmann, Meyer et Gazzotti nous mettent en garde contre de nombreuses dérives, notamment liées à l'évolution technologique et biologique. Dans cet album d'anticipation, on notera que Big Brother, sujet récurrent de l'anticipation, n'est absolument pas effleuré.

Ainsi, d'autres thèmes non moins problématiques seront abordés, tels que la dénaturation du corps via le dopage, ou l'inhibition de l'acte par des moyens technologiques. Personnellement, j'ai un faible pour deux histoires en particulier, 100 % qui nous montre clairement que la liberté n'est pas si évidente à acquérir, et l'avant-dernière saynette, celle qui nous montre Wilson totalement absorbé dans son MMORPG. Le traitement est très subtil, car le lecteur est tellement pris dans l'histoire qu'il en vient à préférer le virtuel au réel. Chapeau.

Cette immersion complète est rendue possible par une narration sans faille et des histoires très accrocheuses. Pas de temps mort, une page suffit à nous mettre dans le bain, un simple de trait de caractère suffit à cataloguer tel ou tel personnage, bref c'est du grand art. On retiendra également les dessins très dynamiques et expressifs de Meyer et de Gazzotti, similaires au point de les rendre indissociables l'un de l'autre.

Bref, c'est de la très bonne SF qui sort des carcans habituels du genre. Le voyage dans le temps n'a ici qu'un intérêt mineur, peu développé au profit d'une réflexion plus intéressante. Bien évidemment, ces sujets méritent un approfondissement, mais en regard du format c'est
une excellente prouesse qu'a réalisé ce trio d'auteurs.

Nom série  L'univers des Super-Héros DC par Alan Moore  posté le 23/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En ce qui me concerne, j'ai plutôt bien apprécié ces quelques histoires de super héros. Il est clair que le résultat n'est pas extraordinaire, mais dans l'ensemble ça reste agréable à lire.

En ce qui me concerne, c'est mon premier contact avec la majorité des personnages qui seront développés dans ces histoires. C'est également l'occasion d'approfondir mes connaissances sur Superman, ce héros invincible. Puis là faut quand même dire que si ça se laisse lire, certaines histoires sont inégales. Je pense par exemple à l'introduction, bien trop prévisible, ou encore à la résolution un peu trop facile de l'histoire avec Swamp Thing. Et puis placer Superman en difficulté n'est pas non plus franchement malin puisque l'on se doute bien qu'il va s'en sortir. Quoique le prix à payer dans certaines situations semble être assez élevé, notamment en regard de l'histoire avec Brainiac.

Quant aux histoires de Green Lantern, c'est grosso modo le même reproche. Quelques ficelles un peu trop présentes, mais dans l'ensemble ça reste agréable. C'est du comics de super héros à l'ancienne, avec beaucoup d'action et d'ennemis.

Quant au dessin, il est assez inégal sur les histoires, bien que le style adopté par les différents dessinateurs soit globalement homogène. Sur certaines histoires, on sent le trait moins assuré et une coloration légèrement en deça.

Bref, j'ai passé un moment bien agréable avec ces super-héros.

Nom série  Voyage au bout de la Lune  posté le 22/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis un peu circonspect sur cet album. D'une part c'est très prenant, bien écrit et drôle, et d'autre part c'est parfois pesant, trop absurde ou incompréhensible. En effet, je trouve que Goosens possède un bon talent de narrateur : la lecture est fluide, les textes font preuve d'une maîtrise de la langue rare, les situations les plus abracadabrantes passent comme une lettre à la poste ; mais à côté, certaines scènes m'ont paru complètement loufoques et hors de propos pour me faire revenir et m'interroger au final si j'avais loupé au référence, ou si c'était une private joke.

Bref, ces quelques moments cassent un peu le charme, car la lecture s'est majoritairement faite avec le sourire. L'histoire n'est pas en reste puisque que l'on suit un groupe de militaires qui va devoir aller sur la Lune pour sauver le monde. Quoi du déjà vu ? Ah mais j'oubliais, c'est une parodie des films de guerre, un détournement des clichés. Et je vous laisse seuls juge de l'appréciation de la menace, moi j'ai bien rigolé. Et comme ça sent l'impro, tous les préparatifs ne se dérouleront pas comme prévu.

Un dernier mot vite fait sur le dessin. Le noir est blanc est très joli, les personnages ont des trognes bien foutues, qui collent parfaitement à l'ambiance humoristique décalée, et il se dégage du graphisme un dynamisme agréable.

Donc c'est du bon niveau, et malgré une impression de too much ça se lit avec la banane.

Nom série  Ayako  posté le 19/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A travers Ayako, Tezuka nous embarque en réalité à la découverte du Japon d'après la Seconde Guerre Mondiale, soumis par les américains. Cette période d'après guerre est très riche en bouleversements politiques puisqu'elle va marquer le déclin des grands propriétaires terriens, groupe dont fait partie le père d'Ayako.

Tiens en parlant de famille, force est de constater que la dynastie Tengé regorge de bien de surprises. que je préfère vous laisser le plaisir, ou plutôt l'horreur, de découvrir. En effet, dans Ayako rien n'est rose. On y trouve toute sorte de personnages, ce qui participe grandement à la variété de la série. Du gros méchant au coeur pur, tous les personnages font preuve d'une humanité déconcertante. On ne peut qu'être pris de compassion envers cette fillette innocente, subissant le coup du sort, et dont les vociférations répétées ne pourront que susciter l'apitoiement du lecteur. On ne pourra non plus s'empêcher de réprimer un certain élan de sympathie quand Ayako goûtera par instants, quelques gouttes de bonheur rapidement diluées dans un océan de malheur. Bref, l'histoire se concentre logiquement autour d'Ayako, que l'on suivra tout au long de la série, passant progressivement du stade de petite fille à adulte.

Quant au dessin de Tezuka, il est impressionnant de maturité. Des décors magistraux, somptueux, une finesse du détail exquise, des hachures maîtrisées... Et surtout, fait notable concernant Tezuka, la rondeur des personnages est atténuée par rapport à d'autres réalisations précédentes, tel que Phénix - L'oiseau de feu.

Emouvant, bourré d'humanité, rondement construit, ce manga bénéficie d'atouts solides pour vous divertir.

Nom série  Le Désespoir du Singe  posté le 18/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après lecture des 2 premiers tomes:

Cette série me fait vraiment une bonne impression. Malgré un premier tome sur lequel je ne savais pas sur quel pied danser, le second tome aura suffi à dissiper mes doutes.

L'histoire se déroule dans un contexte qui n'est pas sans rappeler l'Allemagne d'avant guerre. Des tensions entre une ethnie et les autres habitants, une police omniprésente, le climat de suspicion permanent et des exils volontaires, tous ces éléments évoquent immanquablement l'Allemagne nazie. Au point d'ailleurs de me faire penser, pendant une bonne partie de ma lecture, que cette série se voulait être un apologue de la persécution des juifs et à laquelle il me manquait quelques pièces pour bien ordonner le tout.

Comme je l'ai dit en préambule, le second tome s'éloigne clairement de cette voie pour faire place à une expérience plus intimiste, un rapprochement avec les protagonistes. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Jean-Philippe Peyraud ne prend pas de gants avec ses personnages qu'il n'hésite pas à malmener. Et bien que l'on s'attache plus facilement à des personnages souffrant que bien portants, je me suis surpris à m'attacher progressivement à ces malheureux, tombant de Charybde en Scylla.

Quant au dessin d'Alfred (et la coloration de Delf), je l'ai trouvé très dynamique et expressif, retranscrivant à merveille les émotions de nos héros. Je le trouve même beau, car malgré l'apparente naïveté du dessin, on aperçoit rapidement des cases magnifiques, mélangeant savamment les hachures avec les aplats, et qui donne un final un visuel de toute beauté.

Finalement, cette histoire peu réjouissante est très agréable à suivre. Pour l'instant, impossible de se prononcer sur la direction que prendra la suite.

Nom série  Spaghetti Brothers  posté le 30/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après 10 tomes sur 16:

En voilà une série qui porte bien son nom. Spaghetti Brothers, c'est l'histoire d'une famille italienne qui aux Etats-Unis pendant la période de la prohibition. Nous suivons les aventures des frères et soeurs de la fratrie. Et comme l'indique le mot spaghetti, il va y avoir plein de sacs de noeuds.

Les cinq protagonistes récurrents sont le frère ainé Amerigo, truand à la morale hypocrite qui voue à culte à la "mama", de Carmela, mère au foyer mais également tueuse à gage, Caterina qui occupe le rôle d'une grande actrice de films muets, Franck, curé de sa paroisse et également le personnage à mon avis le plus drôle, et enfin Antonio, flic et détesté par son frère Amerigo pour des raisons dévoilées assez tôt.

C'est donc une bien drôle de famille que nous avons là. Le début de la série est assez comique, privilégiant le burlesque aux histoires tragiques ou trop impliquées. A ce sujet, il faut noter que les albums sont décomposées en histoires de 8 planches chacune, avec en moyenne 6 cases par planche. La lecture s'effectue assez rapidement. Mais revenons-en à l'orientation de la série. Passé quelques tomes, l'humour est progressivement délaissé au profit d'histoires plus sérieuses et moins drôles, sans pour autant gommer la touche comique.

Pour en revenir à l'enchainement des histoires, il me faut stipuler qu'elles suivent toutes un fil directeur, qu'elles ne sont pas isolées comme peuvent l'être des saynettes d'autres BD, comme par exemple un Gaston Lagaffe. Non, si le format est ainsi, c'est plus pour éviter des transitions qui ne feraient que ralentir le rythme. Pari globalement réussi.

Il faut également parler du dessin. A première vue, il ne paie pas de mine. Il est pourtant plus riche qu'on ne le pense, et les aplats de couleurs ne sont en réalité que peu fréquents. Les détails ne sont pas légion, mais ce n'est au final pas si important. Le gros du détail est effectué sur le faciès et force est de constater que les expressions sont vraiment réussies. Même constat positif pour ce qui est des carrosseries.

Bref, même si je pensais tomber sur une série au background bien fourni et que les histoires ne sont pas toutes super entrainantes (pourtant je ne m'ennuie pas), cette série plutôt orientée vers le roman graphique m'a bien plu. Mes tomes préférés se situent surtout vers le début de la série.

Note finale: 3.5

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