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Nom série  Carmen Mc Callum  posté le 08/12/2007 (dernière MAJ le 29/09/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà un titre qu’on range, à tort à mon avis, dans le registre de la « série B ». Certes, c’est le nom de la collection. Mais comme le dit le célèbre proverbe bdéiste : « nom de la collection, ne fait pas (le) cochon ».

En vérité, cela faisait un moment que je souhaitais m’acheter Carmen McCallum, pour satisfaire mes penchants B-istes inavoués. Ah, une bonne série B avec de l’action, du rythme, des jolies filles, et tout le tintouin qu’on attend d’une « bonne série B » ! Clichés y compris, d’ailleurs. Puisque je n’ai rien contre les clichés, pour autant qu’ils soient bien menés. Mais il y a maldonne. Et dès que j’eus ouvert Carmen McCallum, je compris mon erreur. Je n’étais pas en face d’une série B, mais d’une BD dite « indé ».
Vous ne savez pas ce que c’est l’indé ? Moi non plus, je l’ignorais, beauf que j’étais. Mais, ayant désormais renié ma crasse inculture, je peux en offrir un résumé aussi sincère que juste. L’indé repose sur deux bases : des dessins moches et/ou des histoires moches. En effet, l’indé s’est confiée pour noble mission de lutter contre l’affreuse dépravation de la BD commerciale qui cherche à faire des belles histoires servies par de beaux dessins. Certes, le plus souvent, la BD commerciale se plante dans l’exécution de ce sinistre complot. Mais il fallait néanmoins que certains se lèvent pour lutter bravement, et apporter leur pierre à l’édification de la laideur comme principe conceptuel. C’est vrai, quoi, c’est pas non plus comme si notre monde était tout pourri et déprimant. Il est tellement beau, tellement parfait, tellement bien de partout que cela en devient profondément ennuyant, et qu’il convient donc de pondérer cette sirupeuse beauté par une rebelle laideur. Vous me rétorquerez que la BD commerciale n’est pas exempte de laideur et qu’à sa façon, elle lutte aussi pour vous pourrir le monde. Certes, mais la BD commerciale, elle, elle le fait pour l’argent (parce que l’ignoble et le rance, ça se vend parfois assez bien), ou par erreur. L’indé, elle, le fait par idéalisme, et pour nous ouvrir les yeux. Trop cool... Entre le marteau et l’enclume, que choisir ?
Donc, Carmen McCallum est une magnifique et somptueuse série d’Indé...

Bon, quittons le sérieux pour un instant... Dès que j’ai ouvert les premières pages, j’ai trouvé les personnages plutôt moches. Surtout les personnages féminins. Or, dans le cahier des charges de la série B, il y a, me semble-t-il, des « jolies filles ». De ‘jolies pépés’ eut-on dit dans les années où naquit le genre. Alors, évidemment, si les filles sont loupées (en tout cas à mes yeux), c’est pratiquement tout le concept de « série B » qui s’effondre. Ensuite, l’action et le rythme... Il y en a, oui, pas trop mal mené, d’ailleurs. Mais que voulez-vous ? Quand vous pleurez sur la disparition des jolies filles, qu’en a-t-il a faire, votre petit cœur romantique, de l’action et du rythme ?
Et puis, après cela... alors qu’on cherche malgré tout à suivre le fil du récit... voici que débarquent des Yakuza. Ah, non, trop cool ! Des Yakuza... ça, c’était le pompon avant l’heure. Des Yakuza débarquant en plein désert australien. Tss, tss, que je dis... J’aime bien les clichés. Mais il y a des limites tout de même. Parce que, si on pouvait utiliser d’autres clichés sur le Japon que les Yakuza, hein ? Pourquoi pas, euh... les ninjas (ouarf ouarf) ?
Nan, sérieux, pourquoi pas des shirabyoshi webtronics, ou alors ressusciter un de ces groupuscules de l’époque du Bakumatsu, qui font fureur dans les mangas pseudo-historiques au Japon ? Genre, le Byakko-Tai, « Groupe du Tigre Blanc », samouraïs du clan d’Aizu qui furent écrasés à la bataille de... (ouvre son dictionnaire) Tonokuchihara, par les troupes impériales, le 8 octobre 1868. Un groupe de samouraïs cryogénisés, rappelés à notre époque, et la vieille lutte shogunat-empire reprise des siècles plus tard ? Non ? Bon, j’aurais au moins essayé...

Bref, donc, des Yakuzas... Et puis, un vieux et son ridicule dragon. Et le reste, je n’ai pas compris, beauf que je suis qui ne saisit pas toutes les nuances de l’Indé. Nan, en fait c’est pire encore : j’ai cessé de chercher même à comprendre. J’ai juste essayé de suivre l’action jusqu’au bout de l’intégrale « anniversaire » que j’avais en main, histoire de voir si l’histoire prenait un chemin qui, malgré tout, m’aurait intéressé.
Mais c’était trop pour moi. Je ne suis déjà pas fan du cyber-punk. Mais là... yakuza, dit-on, vient d’une combinaison perdante au jeu de dés, un synonyme de « pas de bol ». Ben... Pareil.

Nom série  Gals  posté le 18/04/2007 (dernière MAJ le 29/09/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Haut dans le ciel, brillent les étoiles... Et, au ras de terre, triment les pauvres mortels.

C'est certainement parce qu'elle brille tout là haut dans le ciel qu'Altaïr n'a point vu les petites lueurs qui, telles des lucioles, illuminent ce manga. Certes, Gals ne vogue point dans les hautes sphères célestes, mais se traîne plutôt dans les fanges terrestres, avec une certaine grâce, ma foi.
La Terre et le Ciel. Tenshi, disent les Japonais, qui ont emprunté le concept aux Chinois.

Dans Gals, il est peut-être plus de Terre que de Ciel, car c'est bien d'ici et maintenant que "cause" cette série, histoire apparemment banale et hautement superficielle d'une petite kogal (parfois aussi écrit kogaru, mot japonais prononcé "kogalou", qui est le phonétique nippon de "kogal").

Néanmoins, c'est un autre concept d'origine chinoise, et plus précisément taoïste, qu'il faudrait invoquer pour évoquer toute la richesse méconnue de Gals : le vide et le plein.

A première vue, Gals est d'une vacuité affligeante. Et c'est aussi, je dois l'admettre, ce qui fit son charme lorsque j'avais besoin de reposer mon esprit de complexes réflexions un peu trop éthérées...
Néanmoins, derrière cette vacuité apparente, se cache un véritable trésor.

Certes, de même que l'on dit que la beauté réside d'abord dans les yeux de celui (ou celle) qui regarde, de même ce trésor résidait d'abord dans le prisme de ma vision toute personnelle.

Ainsi, j'ai fort apprécié la plupart des petites idylles qui construisent la trame de ce manga. C'est mon petit côté "fleur bleue", elles ont su toucher "my heart" (ainsi qu'on le dirait dans Gals ;-p). Oui, l'adoration de Miyu, l'ex-gang girl, envers le policier "tout beau, tout propre" est potentiellement très énervante à nos yeux raffinés d'Européens sophistiqués et hyper-cultivés. Néanmoins, que voilà enfin un peu de fraîcheur qui change de ce cynisme qu'il faudrait afficher en tout lieu, et tout temps, pour sembler perspicace et subtil.
L'admiration (est-ce de l'amour?) que voue "n°2" à Ran Kotobuki frise certes le pathétique, mais la mangaka sait lui tracer un destin qui est touchant, derrière son apparente miévrerie, un peu "brutale", il est vrai...
Quant à la relation entre Rei et une des jeunes filles du groupe, elle est parfois glaçante, souvemment saugrenue et incompréhensible.
A nos yeux d'Européens, du moins.

Car voilà en effet la base du prisme personnel que j'évoquais. À savoir ma connaissance de la civilisation japonaise. Laquelle n'est certes point encyclopédique (loin, très loin de là). Mais, en l'état de ce qu'elle est, telle fut donc mon impression.
Voilà qui explique que je n'ai pas hésité à employer des concepts aussi fort que Ciel et Terre, ou parler de taoïsme. Le vide et le plein... Du plein naît le vide. Et du vide nait le plein. Yin, et Yang...

Si ce n'était donc que les amourettes de Gals, je n'eus point mis un 4/5, un "coup de coeur", et conseillé l'achat de la série.

Mais, derrière l'apparence du "vide" de Ran, se cache le "plein" qui nous dévoile certains problèmes lancinants d'une société. C'est, du moins, ce que j'ai lu dans Gals.
Une sorte de satire sociale, dont le porte-voix est, comme dans toute satyre, une sorte de clown. Un bouffon... Et qui de mieux que le bouffon peut hurler au Roi ce qui cloche en son beau royaume ?
Alors, certes, je ne suis point un spécialiste de la civilisation japonaise et du Japon, et je ne suis non plus dans la tête de la mangaka. Il est donc parfaitement possible que le prisme de cette connaissance qui m'a amené à une analyse "sociologique" de Gals soit parfaitement biaisé.

Mais que je vous expose donc les éléments qui ont fondé ce point de vue :

- Qui est donc Ran Kotobuki ? Une fille qui s'assume comme une cancre, et le revendique haut et fort, en appelant le reste de la société à en faire aussi peu qu'elle-même, et à se moquer autant qu'elle-même de l'avis des autres.
Autrement dit, au pays de l'Excellence (scolaire et nationale) divinisée, et des conventions sociales parfois étouffantes : une quasi-révolutionnaire.

- De même, qui est Rei Otohata ("n°1", le "bô mec") ? Apparemment, un japonais classique au-dessus de tout soupçon, si ce n'est son amour de la mode. En effet, il est travaille très bien en classe, il est donc "populaire". Sauf que... Rei Otohata semble l'incarnation même de l'égoïste achevé et cynique. Non point d'ailleurs égocentrique, car il ne semble pas penser que le monde tourne autour de lui.
Les conventions qui voudraient qu'il fit semblant de s'intéresser aux autres, voire qu'il rassurant sa petite amie par des mots de réconfort ? Il n'en a cure. Si tu n'es pas suffisamment fort(e) pour avoir une relation avec Rei Otohata, alors, passe ton chemin.
Dans un contexte européen, Rei Otohata c'est du mille fois vu. Dans un contexte japonais, il me semble bien que son attitude est aussi "révolutionnaire", du moins anti-conformiste, que celle de Ran. Certes, le Japon évolue, mais tout de même...
D'autant qu'avec son côté bon élève "propre sur soi", et qui ne fait pas de vagues, Rei Otohata est finalement bien plus déstabilisant que la clown de service : Ran. Les sociétés humaines acceptent d'ailleurs bien plus souvent les bouffons, qu'elles placent dans la case "fous", que ceux qui sapent leurs fondements de l'intérieur même du système...

Bref, derrière la pseudo-vacuité assumée, et clamée, de son héroïne, et ses historiettes à l'eau de rose, Gals m'apparaît fort comme une charge contre les carcans "quotidiens" de la société japonaise. Car de quoi nous parlent nombre d'histoires de cette série ? De pression sociale, de cet infernal sentiment d'une écrasante pression que ressentiraient bon nombre de Japonais, qui asphyxie toute initiative, toute personnalité.
Certes, le trait est certainement forcé. Le Japon n'est pas cette fourmilière que décrivaient certains, et le Japon bouge.
Dans le domaine du refus des conventions sociales phagocytantes, Gals est d'ailleurs certainement plus suiviste que précurseur.
Néanmoins, il m'apparaît (si mon analyse est fondée), comme un très intéressant témoin de cette "révolte silencieuse", de ce mouvement en profondeur de la société japonaise vers plus d'individualisme, d'une révolution tranquille qui n'aurait absolument pas pour but de mettre à bas une société que, par ailleurs, on apprécie, mais que l'on souhaite faire évoluer selon ses goûts...

Un témoin d'autant plus intéressant qu'il se masque derrière une histoire apparemment mineure, et ce qui pourrait paraître comme une incongruité : une satyre à l'eau de rose.

Un objet, donc, qui ne trouvera point son havre en toutes mains. Car si vous appréciez les satires, encore faudra-t-il que vous aimiez aussi... l'eau de rose.^^

Nom série  Sur les Terres d'Horus  posté le 15/05/2007 (dernière MAJ le 29/09/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans Sur les Terres d'Horus, c'est à une captivante croisière, qui déborde largement le Dieu Fleuve, qu'Isabelle Dethan nous convie.

Des marais de Pa-Yom, aux déserts brûlants de Nubie, des escarpements rocheux de la Vallée des Rois, aux splendeurs de Pi-Ramsès, le trait d'Isabelle Dethan nous restitue une envoûtante Égypte pharaonique, en ces temps lointains dénommée Kemet — La Terre Noire. Noire dans certaines de ses âmes certes, mais sous le pinceau de notre scribe moderne, cette Égypte aujourd'hui disparue brille d'une myriade d'éclats chatoyants, qui nous donneraient fort envie d'y avoir vécu, ou de pouvoir nous y transporter par le biais de quelque magie possédée par les anciens prêtres de ce fascinant pays.

Alors, certes, l'Égypte qui revit ainsi par les aquarelles lumineuses d'Isabelle Dethan est une Égypte fictive. Et il serait assez illusoire de prendre Sur les Terres d'Horus pour un pur documentaire historique, car l'Histoire connaît des lacunes et des hésitations que les auteurs de fiction n'ont pas, et ne peuvent guère se permettre d'avoir. Il en va ainsi de la cour de pharaon, dont un égyptologue m'avait tranquillement expliqué qu'elle est ce que nous connaissons le plus mal de l'Égypte ancienne, et qu'il faut donc oublier espérer en restituer quoi que ce fut qui soit historique. De la vie de cour de pharaon, nous n'avons que des aperçus. De sa vie intime ou privée, il va de même. Si l'on excepte le harem, mieux connu, en particulier grâce au fameux complot qui eut lieu sous Ramsès III. Mais le harem et la cour, ce sont deux mondes différents.

Ces précautions étant posées, et malgré quelques autres simplifications regrettables (les vêtements, qui sont tous blancs ou presque, alors que les Égyptiens savaient teindre et tisser des vêtements multicolores), la tentative de restauration que propose Isabelle Dethan est bien trop sublime pour qu'on se laisse point emporter par elle en une douce contemplation rêveuse au fil d'un Nil remontant, ou descendant.
Et c'est d'ailleurs à elle que cette oeuvre doit l'essentiel des quatre étoiles que je lui ai attribuées.

Car si les décors sont sublimes, les aventures, elles, sont beaucoup moins convaincantes. La première histoire, centrée autour de Seth, m'a fait craindre le pire quand au réemploi d'un cliché éculé, et par ailleurs totalement faux. Néanmoins, Isabelle Dethan, qui s'était bien documentée, parvient à l'éviter. Cependant, voici encore une sourde conjuration sectaire orchestrée autour de Seth... Pas très original au final. Non plus que dans le lieu où se clôt le premier diptyque, grandiose certes, mais qui est un cliché vu et revu de la littérature d'aventure "dans l'Afrique méconnue" depuis le XIXe siècle.
Le second diptyque est, lui, certes un peu plus original, mais étalée sur deux tomes, cette histoire qui n'en valait qu'un ou un et demi perd en intensité ce qu'elle gagne à peine en profondeur. L'ennui, souvent, se profile à l'orée des pages du quatrième tome...

Cependant, et c'est là ce qui explique finalement les quatre étoiles au lieu des trois, Isabelle Dethan me semble réussir une belle galerie de personnages au fil de ses intrigues. C'est d'ailleurs en eux, dans les relations qui se tissent, se nouent et dénouent, dans l'évolution de leur psychologie, qu'Isabelle Dethan semble avoir porté toute son attention, faisant de ses intrigues policières presque un simple canevas secondaire. Du moins à mes yeux.
Les eut-elle cependant réussi, que cette BD — une des rares de qualité sur l'Égypte — eut incontestablement mérité la note maximale, avec les applaudissements enthousiastes du jury.

Quant à la suite, sise en Babylonie, voilà qui laisse le même jury des plus sceptiques. L'Égypte recélait-elle si peu de trésors qu'il fallut déjà l'abandonner ? Je comprends certes le désir d'Isabelle Dethan d'aller voir ailleurs, néanmoins nous voilà bien loin des Terres d'Horus, et j'eus de loin préféré que la restitution fictive de Kemet fut approfondie, et de nouvelles pistes ouvertes et explorées. Espérons que cela vienne pour de nouveaux tomes.

Nom série  Alice 19th  posté le 10/02/2008 (dernière MAJ le 29/09/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alice et le Pays des Merveilles... Comment ne pas y songer lorsque l’on voit la couverture, lorsque l’on lit les résumés ?
Alice et le Pays des Merveilles... Un mythe qu’Yuu Watase eut sans doute mieux fait de ne point vouloir « revisiter » à sa manière.

C’est attiré par les couvertures de style « Art Nouveau », et par le désir de voir comment Yuu Watase avait traité le mythe d’Alice, que j’ai pris le premier tome. Rien à en redire. Au contraire, je l’ai tellement aimé, que j’ai pris, vite vite, la suite. Dans ce premier tome, en effet, si l’héroïne ressemble un peu au loser du shonen, mais en fille, notre Alice locale se retrouvait du moins « épaulé » par deux garçons plutôt intriguants et charismatiques. L’histoire, elle-même, était fort bien menée, le premier tome se concluant par un magnifique « cliffhanger ». D’où mon désir de découvrir au plus vite la suite, persuadé que j’avais dégotté là un excellent titre.
Malheureusement, le second tome s’est révélé aussi peu convaincant que le premier était captivant. Cette histoire horrifique possédait un aspect banal, et les histoires de lotis étaient à la limite du compréhensible et du cohérent. Et surtout, franchement peu passionnantes.
J’ai finalement décroché au troisième tome (ayant acheté les quatre premiers tomes en pack d’occasion), lorsque l’auteure nous a trouvé une magnifique ficelle pour éloigner l’héroïne et l’élu de son cœur. Du même registre que celle trouvée dans la série Dark Angel, lorsque les deux tourtereaux ne peuvent pas franchir le pas à cause d’une sorte de virus génétiquement modifié qui leur interdit tout contact physique. Là, c’est un peu du même ordre. Et comme dans Dark Angel, cela m’a paru aussi téléphoné, dispensable, voire rageant. Certes, Dark Angel avait au moins l’excuse de la fameuse pudibonderie américaine. Sans cela, les acteurs auraient [******] comme des lapins. Vous imaginez la tête (ravie) des téléspectateurs américains...
Oui, je sais, je suis encore allé trop loin. Les lapins vont me faire un procès en diffamation.
Cela me fait songer, d’ailleurs... Y’a pas un lapin dans Alice au Pays des Merveilles ?
Bref, un titre qui commence bien, pour s’effondrer tout aussitôt. Un non-hommage à l’œuvre originale.
Sauvez les Lapins !

[******] : synonyme plus technique et prosaïque de « commettre le péché de chair ».

Nom série  Effleurés  posté le 10/02/2008 (dernière MAJ le 29/09/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Houston, j’ai un problème...
Mon problème étant que, si j’ai acheté cette bande dessinée d’abord pour la découvrir, j’espérais in fine (à l’exemple des avis ci-dessous) pouvoir en dire le plus grand bien. Au moins, pouvoir affirmer sincèrement que je l’avais appréciée.

Il faut tout de même préciser les circonstances assez particulières de cette lecture : l’auteure étant (honorablement) connue icelieu, et votre serviteur l’appréciant plutôt et fréquentant même son blog, je ne pouvais qu’être intéressé par sa première bande dessinée.
Certes, son registre n’est pas de ceux qui m’attirent spontanément (à l’exemple d’Erik). D’un autre côté, je suis toujours en attente d’un bon roman graphique, d’histoires qui nous parlent certes du quotidien, mais avec un léger décalage, finesse et subtilité. Bref, d’histoires qui subliment la banalité du quotidien. À dire le vrai, le genre étant particulièrement casse-gueule et risqué (je songe aux très affligeantes banalités estampillées nouvelle pensée philosophique d’un Delerm), les bons romans graphiques me semblent extrêmement rares.
Mais bien qu’en attente d’un bon roman graphique, si j’avais dû suivre mon premier penchant, je n’aurais cependant pas acheté Effleurés, au vu de ce que j’en percevais. Cependant, il se trouve que (via le forum de BDT ou le blog), j’ai découvert les premières pages de la bd sur le net. Je n’ai pas été spécialement convaincu, en particulier par le dessin. Mais... Ce dessin très particulier a réussi à instiller une petite musique tenace dans l’arrière-fond sonore de mon esprit. Je me demandais comment il allait pouvoir cohabiter avec un tel scénario sur l’ensemble d’une BD de 70 pages. De plus, je pensais que le personnage de Fleur devait insuffler un grain de folie bienvenue dans cette histoire.

Oui, mais...
Parlons du dessin d’abord. Si je ne suis pas du tout entré dans l’histoire proprement dite (après les cinq premières pages qui m’ont paru mignonnes, touchantes, bien senties), c’est sans doute en grande partie à cause du dessin. Le décalage était trop grand entre le scénario et ce dessin qui, par certains côtés, m’a évoqué l’animalier (avec leurs yeux décalés, les personnages m’ont fait songer aux soles, ces poissons plats), et de l’autre m’a fait songer aux Simpson (par l’esprit, et peut-être le ton jaunâtre des visages, peut-être aussi par le côté « histoire à messages » du scénario). Mais, surtout, et c’est là où se situe l’assise même de cette sensation de décalage, ce dessin a un aspect « kawai » (mignon en japonais) très fortement prononcé. Et avec un tel dessin, j’ai toujours eu l’impression que Fleur était une adolescente, affectée de la typique crise d’adolescence. D’où un étonnement qui fleurait l’incrédulité totale quand j’ai appris, au détour de l’histoire, qu’elle en avait 30 (ou presque). Impossible, aussi, de croire aux scènes de sexe entre elle et Christophe : le dessin, plus le découpage qui me les rendait un peu hermétique. En tout cas, j’avais presque l’impression d’assister à des jeux entre grands enfants, limite asexués.
Cependant, il se trouve aussi que « paradoxalement », j’ai bien aimé le dessin en tant que tel. Je me suis senti transporté par lui. Je l’ai ressenti tendre, touchant, poétique (en lui-même, et en faisant abstraction de l’histoire).
Le problème, c’est...

L’histoire.
Outre le dessin, qui la dessert, elle souffre à mes yeux d’un grave défaut : si je ne suis pas « rentré » dans l’histoire, ce n’est pas seulement à cause du dessin, mais aussi et surtout parce que je n’ai pas cru une seule seconde à cette « idylle » entre Fleur et Christophe. Et quand bien même y aurais-je cru quelques secondes, qu’elle m’a rapidement gonflé. Les deux personnages (de parfaites têtes à claques) m’ont lentement, mais très sûrement insupporté. Aussi conformistes l’un que l’autre. Cela pourra paraître étonnant pour un personnage comme Fleur, mais c’est finalement elle que j’ai trouvé le plus « dans les clous ». En tout cas dans les clous d’une certaine bien-pensance consumériste pseudo-rebelle, illustrée par des slogans publicitaires tels que « Be yourself », et « Just do it ». Pile poil, Fleur. Irritante de pseudo-perfection au point de faire dans l’humanitaire, et de rejeter le regard (forcément négatif) d’autrui sur soi. Malheureusement, c’est ça aussi la vie en société (si je voulais ‘philosopher’ à mon tour). Bref, une ado quasi stéréotypée, insupportable d’une forme de suffisance, voire d’arrogance (l’entendre reprocher à son frère son égoïsme est de ce point de vue assez amusant). Tout autant que les personnages, j’ai aussi trouvé insupportable bon nombre de situations. Oui, la banalité du quotidien... La déprimante banalité du quotidien, où vous avez des « amis » que vous considérez comme de « gros cons ». Mais néanmoins, cela reste vos « amis ». Je veux bien, mais là, tout de même... En tout cas, par un effet miroir, j’ai fini par ressentir une compassion folle pour le « con » de service, ce pauvre « ami » de Christophe. Oui, le pauvre con de service, j’ai fini par l’apprécier, et le considérer comme le seul véritable rebelle de cette histoire : le beauf qui ne rentre pas dans le douillet cadre propret des bobos eux-aussi de service. Que j’en vienne à éprouver comme une admiration pour la résistance héroïque du beauf indique d’ailleurs à quel point les « bobos » qui l’entourent m’ont paru hautement insupportables.
Insupportable est aussi l’impression d’avoir affaire à une sorte de mise en scène pour disposer des « messages », ainsi que l’a ressenti Alix dans son avis. En vérité, ce n’est pas exactement ainsi que je l’ai perçu : j’ai plutôt vu quelques dialogues qui ponctuent les scènes clés, tels la morale des fables des La Fontaine. Le pire (et c’est pour cette raison que c’est très irritant), est que j’adhère à ces propos, que trouve plutôt fins, justes, sensés et intelligents. Oui, mais, justement, là est le problème : j’ai eu le sentiment d’une intellectualisation de la situation. Comme si, soudain, en plein maelström émotionnel, les personnages étaient capables de prendre suffisamment de distance avec la situation pour en tirer un enseignement ‘philosophique’, ou l’illustrer d’une maxime bien sentie. Pour moi, ce genre de discours est parfait dans un essai, ou un blog, où ils peuvent être développés et affinés, où ils trouvent toute leur place de « discours ». Mais pas dans une bande dessinée, en plein cœur de l’action. Montrer plutôt que démontrer (si possible). Eux démontrent, aussi justes soient-ils. Et cassent donc totalement l’impression de vécu, et de « vivant ». En tout cas, est-ce ainsi que je les ai ressentis.

Quant à la fin... Au début, j’ai eu l’impression qu’elle se dirigeait vers celle, « moralisante » (au sens de : qui va vous expliquer pourquoi cela s’est passé ainsi et comme ça, au lieu de comme ci), de 80°C. J’ai donc craint de détester à nouveau.
Cependant, si la fin évite l’essentiel de l’écueil que j’appréhendais, je crains de devoir avouer, de nouveau, avoir peu apprécié. Car ce qui arrive (et est arrivé) à Fleur, m’a paru aussi peu juste que la relation passée Fleur-Christophe. Comme s’il fallait à tout prix que Fleur ne fasse jamais rien comme tout le monde, y compris en agissant au mépris de ce qu’elle est censée être. Comme s’il lui fallait encore nous délivrer un message : « ben, en fait, tu vois, la vie, somme toute... ». Christophe, lui, fort heureusement, a regagné le monde réel, et y a retrouvé en crédibilité. Sauf que, là où j’aurais bien senti une fin « en suspens », on nous indique la direction que va prendre l’histoire après la fin de l’album, du genre conte de fées (« ils vécurent heureux, et eurent beaucoup... »), mais un peu trash. Et je n’ai pas, mais pas du tout, aimé.

In fine et pour conclure sur une intellectualisation de ma part, les premières pages du chapitre final m’ont offert une sorte de grille de lecture a posteriori d’Effleurés. En effet, on y découvre, parmi les conférenciers en biologie, une certaine Isabelle Bauthian. Or, dans l’intitulé de son intervention, on peut lire : « l’apport des modèles de dynamique des populations ». Et là, j’ai vu la lumière...
J’ai eu rétrospectivement l’impression d’avoir assisté à une sorte d’expérience de biologie sociale, une écosphère sous forme de scénario de bande dessinée : on place deux ou trois crevettes dans un machin rond, puis on voit ce que cela donne. L’ennui c’est qu’une expérience scientifique n’a d’intérêt que si vous en ignorez le résultat. Or, d’un point de vue « scientifique », la rencontre de la crevette-chat « Christophe » avec la crevette-chien « Fleur » ne pouvait donner, et compte tenu des facteurs environnementaux, qu’un seul résultat.
Et, au final, l’image d’une expérience de biologie condenserait sans doute ce que je reproche, et ce qui m’a déplu dans cette œuvre : la sensation d’avoir vu se dérouler une simulation de réalité virtuelle en bocal, mettant en scène un personnage incroyablement factice (Fleur) déboulant dans la vie d’un personnage très réaliste (Christophe), lui-même entouré de personnages simili-réalistes (potes, famille), le tout contraint par des équations mathématiques devant conduire les personnages à expérimenter et illustrer les point-clés de leurs « courbes vectorielles de vie ».
Dommage...

Nom série  Rose Hip Rose  posté le 30/01/2008 (dernière MAJ le 11/02/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Peu importe le flacon, ce qui importe c’est l’ivresse.
Ici, le flacon est plutôt magnifique. En effet, une jolie blonde sur la couverture, et un titre imprimé en relief sur la couverture (je crois bien que c’est la première fois que je vois ça sur un manga) : franchement, le flacon promet l’ivresse. Mais si ivresse il y a, c’est celle que peut vous provoquer un horrible tord-boyaux. Alors, certes, le tord-boyaux est plutôt bien dessiné, ce qui atténue donc l’impression d’avoir affaire à une nullité infâme.
La qualité des dessins mis à part, c’est tout de même l’impression que j’en retire. Moralité de l’histoire : méfiez-vous des jolies blondes en couverture. Et aussi des résumés trompeurs.

Voici par exemple celui auquel j’ai eu droit sur le site où j’ai commandé le charmant Rose Hip Rose :
Shohei Aiba est un jeune Lycéen dont la principale préoccupation est de photographier les culottes des lycéennes dans les trains, pour approvisionner son site internet... Jusqu'au jour où il rencontre Kasumi Asakura. Sous son air de jeune lycéenne plus ou moins naïve, se cache Rose Hip, une combattante hors pair et le membre le plus efficace des brigades d'intervention de la police. Suite à un quiproquo, Shohei et elle se retrouvent à combattre un mystérieux "Bélier" terrorisant Tokyo.

Recherches faites, il s’avère certes qu’il ne s’agit pas d’un résumé officiel (puisqu’il n’est pas présent sur le site de l’éditeur), mais est issu d’un (probable) communiqué de presse pour présenter la série. Il n’empêche qu’on peut le retrouver un peu partout sur le web.
Et là où le bât blesse, c’est qu’il est absolument inexact en ce qui concerne le tome 1.

À la lecture donc de ce « résumé », je m’attendais à trouver le loser habituel qui, suite à un quiproquo, se retrouve donc à faire équipe avec une sorte de James Bond au féminin. A priori, voilà qui pouvait s’avérer sympa. Pour faire un jeu de mots : la belle et le bête.
Oui, sauf que non.
Quand le premier tome s’achève, la belle et le pseudo-benêt ne semblent guère en passe de faire équipe. De ce point de vue, ce tome ressemble surtout à une (trop) longue introduction.
Mais si ce n’était que cela... Le plus ennuyant, et le plus rageant, c’est que ce manga cumule les poncifs et les clichés, et pas des plus reluisants.
De une, son héroïne, qui est traitée à la limite du vulgaire objet de fantasme sexuel (un peu comme Ray, d’ailleurs, sauf que dans Ray l’histoire est largement meilleure). Chaque chapitre s’ouvre par une pose de l’héroïne assise, jambes écartées, et dont les vêtements s’échancrent de plus en plus à mesure que les chapitres avancent. C’est dire tout le respect qu’éprouve l’auteur pour son « héroïne ».
Étant à elle toute seule une unité d’élite, elle est donc vêtue d’une combinaison d’intervention telle qu’en portent les unités spécialisées. Enfin, presque comme celle des unités type SWAT ou GIGN. Faut pas déconner, non plus. Ici, on est dans le shonen racoleur et vulgaire. La femme n’y est qu’un morceau de chair chargé d’exciter la libido des mâles décervelés. Donc, notre « No Murder Angel » se voit affublée d’une combinaison assez particulière : au lieu d’un pantalon classique, elle est vêtue d’un short asymétrique, de longueur bermuda sur une jambe, et sans longueur sur l’autre (genre short ultra mini, ou culotte de maillot de bain). Et puis, comme son short est, oups, taille basse, et que les arsenaux de la police n’ont pas été en mesure de lui fournir un veston à sa taille, et ben, mince alors !, on voit son nombril. Manque de bol alors... Mais, vous inquiétez pas, hein, c’est pas grave. Car ce manque de protection ne l’empêche pas de passer au travers d’une verrière, qui se brise en mille morceaux, sans subir la moindre égratignure. Incassable, la fille... Si c’est comme ça, pourquoi le mangaka n’a pas cédé à son désir le plus évident : la dénuder totalement ?
À cette question, on pourrait répondre : parce qu’il fallait bien faire semblant de la considérer comme une héroïne. Mais l’auteur se rattrape, heureusement !, grâce au porno-gore. Tendance à la limite de l’abject qu’on voit d’ailleurs fleurir de plus en plus. Vous prenez donc un affreux méchant, qui s’en prend aux femmes. Pourquoi aux femmes ? Pour le rendre plus méchant ? Non, parce que ça permet ainsi à l’auteur de balancer (au sens strict) un cadavre féminin totalement dénudé. Cadavre par ailleurs affreusement mutilé (ça va que c’est du noir et blanc un manga, sinon...), histoire de pas faire croire qu’on soit dans le registre « je montre des filles nues ». Mais non, bien sûr, c’est juste du réalisme policier.
En fait, c’est doublement racoleur. C’est même puant.

À part cela, dans un registre plus anecdotique, on fait de cette fliquette d’élite une lycéenne de 17 ans, histoire de faire baver le puceau pré- ou légèrement post-pubère, en lui laisser imaginer qu’il pourrait rencontrer ce genre de fille dans sa classe.
On nous agrémente aussi d’un syndrome « Loïs Lane » inversé. À savoir qu’il suffit d’une paire de lunettes pour que le « héros » ne reconnaisse pas l’héroïne lorsqu’elle devient la super-flic (peut-être aussi d’une perruque, mais ce n’est pas très évident dans le manga avec cette absence de couleurs).
De plus, le grand méchant est d’un ridicule achevé. Du genre à passer sa langue sur le côté non tranchant de sa lame, tout en ricanant « hin, hin, hin ». Histoire de montrer combien il est fou et méchant. Bouh, je frémis de peur. En bref : l’aspect « slasher » est totalement raté.
Mais pour conclure par du lourd, notons que le « héros », devant le cadavre mutilé, a pour seul réflexe de prendre une photo sur son portable. Le découvrant, l’héroïne ne s’étonne pas un seul instant de son absence totale d’émotions. Non, pas du tout. C’est vrai, ce cadavre de femme, c’est juste un truc pour racoler les voyeurs, alors pourquoi lui montrer la moindre considération ? Pourquoi feindre la moindre humanité ? Remarquons juste, au passage, que cela a surtout permis de remontrer en gros plan une paire de seins dénudés.

Vous l’aurez donc compris, je ne saurais féliciter Pika pour avoir mis tant de soin à publier un titre aussi répugnant.

Nom série  Quartier lointain  posté le 11/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Étrange titre, au fond, que celui-ci, qui rend très mal compte de ce qu’est ce pur instant de bonheur.
Car, après l’avoir refermé, je ne sais comment aurait dû s’appeler Quartier Lointain (ce n’est de toute façon pas à moi d’en décider), mais j’ai la sensation persistante que ce titre lui sied très mal. Peut-être un « Le Voyageur du Temps » (ce qui aurait induit un effet intéressant avec la scène finale, mais aurait risqué d’être un peu trop convenu, certes) ?

En tout cas, voilà un merveilleux titre que j’ai bien failli ne jamais découvrir. La faute à un exergue pour le moins imbécile : « Qui n’a jamais rêvé de revivre son enfance ? ». Eh bien, aussi étonnant que cela soit pour le rédacteur à l’esprit étroit de cette question, il arrive qu’une enfance ne soit pas le doux cocon de rose que la pub nous vend, et qu’elle devrait certes être, si nous vivions tous au Paradis.
De plus, cette question-titre semblait ouvrir la voie à une histoire d’une sirupeuse niaiserie, sur l’enfance gâteau, ouatée, mielleuse (et donc strictement inintéressante) du personnage principal, que j’imaginais confronté à ce grave doute existentiel : aurais-je enfin la chance de draguer trucmuche ?
Mais le plus idiot, là-dedans, est que cette question ne correspond pas du tout à l’histoire de ce manga, puisque le personnage principal ne souhaite certainement pas revivre toute son enfance, celle-ci ayant été ponctuée par un drame, dont on peut dire qu’il a « structuré » le restant de son existence.
En fait, la véritable question est : « si par hasard vous étiez projeté dans votre passé, pourriez-vous (voudriez-vous) le modifier afin d’éviter un drame familial qui vous a effondré ? »
A priori, cette question ne connaît qu’une seule réponse : on voudrait bien, mais on ne peut pas (pour des raisons de paradoxe temporel sur lesquels on ne va pas revenir).

Le sujet était donc risqué, parce qu’éculé, et susceptible du pire.
Je dois d’ailleurs avouer qu’aux premières pages du retour dans le temps, j’ai craint la longue litanie nostalgique et mélancolique (« j’ai connu un tel, qui n’est plus ; et une telle qui est devenue cela, au lieu de cela ; et machin qui finit ainsi... ») qui menaçait de me déprimer gravement. Je craignais l’accumulation des scènes « cartes postales » aux tonalités sépia et larmoyantes.
Mais, soudain, se produit un petit déclic, et le manga change soudain de direction. Juste un petit déclic qui modifie toute la perspective. Et le manga de devenir magique, magnifique, merveilleux, absolument passionnant.
J’avais pris les deux tomes à ma bibliothèque (municipale), et je les ai dévorés d’une traite. Pour finir sur une fin pratiquement à l’image du reste.
Certes point forcément celle dont j’avais rêvé, mais une fin touchante et bien menée, qui m’a totalement convaincu.

Qu’en dire de plus ?
Dans la petite bibliothèque municipale que je viens de redécouvrir, j’avais pris in extremis ce titre, trouvé un peu par hasard, en disant à la bibliothécaire :
« Tout le monde dit que c’est magnifique »
Ce à quoi, elle me répondit : « Oui, c’est aussi ce que j’ai entendu dire ».
Eh bien, pour une fois, « tout le monde » a bien raison. Et, vous savez quoi ? Ce n’est que du bonheur.

Nom série  Ray+  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Initialement, je me suis demandé si Ray+ devait avoir « l’honneur » d’une entrée propre, ou être intégré comme tome bonus de la série principale, tant ce titre ressemble plus à une opération marketing pour fan transis qu’à un objet réellement indépendant et pertinent.
D’un autre côté, sur son site l’éditeur Asuka traite Ray+ comme un titre à part, et réflexion faite on pourrait lire Ray+ sans nécessairement connaître la série principale. C’est d’ailleurs à se demander si ce ne serait pas préférable, tant l’intérêt pour celui qui la connaît semble très relatif.

Bref, Ray+, qu’avons-nous donc là ?
Tout d’abord cinq nouvelles situées dans l’univers de Ray. Des cinq, seules Kenji et The First présentent un réel intérêt pour qui a lu (et apprécié) la série principale. De fait, je ne peux guère préjuger l’intérêt que de telles histoires représenteront pour qui lirait Ray+ avant Ray. Mais, honnêtement, de tels cas risquent d’être fort rares. Car qui, sachant que la série Ray existe, chercherait à lire d’abord un titre dénommé Ray+ ?
Kenji introduit donc un personnage clé, et fort attachant, de l’univers Ray, exposant en fait la rencontre entre les deux. Quant à The First, elle remonte à l’enfance de Ray, enfant dont les yeux furent vendus à des trafiquants d’organes, lesquels yeux furent remplacés par des yeux « rayon X » par le docteur Black Jack (ne criez pas à l’éventuel spoiler, ce fait est exposé d’entrée de jeu dans la série Ray).
Quant à la nouvelle White Room, si on peut la lire sans connaître la série principale, on manquerait alors de quelques clés de lecture.
Enfin, Nurse et Challenger sont si anecdotiques que j’avais totalement oublié leur existence, avant que de me replonger dans Ray+ pour effectuer cette critique. On pourra donc parler (si l’on veut être gentil) de délassement dans l’univers Ray.

Les nouvelles concernant Ray ayant été épuisées, il convenait donc de remplir ce titre avec d’autres travaux de Yoshitomi, afin d’étoffer son épaisseur, pratique il est vrai assez courante dans le monde du manga.
Nous avons donc droit à une nouvelle très simplement dénommée Black Jack. Sa présence se justifie néanmoins par le fait que, dès la série principale, il est fait mention de Black Jack comme le docteur qui « rendit » sa vue à Ray. On peut donc considérer cette nouvelle comme un hommage de Yoshitomi à un des pères fondateurs du manga moderne : Osamu Tezuka.
Il est fort possible que les connaisseurs de la série originale Black Jack trouveront cet hommage purement anecdotique. Pour ma part, ne connaissant pas la série de Tezuka, Black Jack est finalement la nouvelle qui m’a paru la plus pertinente et la plus intéressante de cet ensemble disparate.

Le titre n’étant cependant pas assez épais pour s’achever sur Black Jack (ce qui eut mieux valu), l’éditeur nous gratifie donc aimablement d’un « prototype » d’une série inédite par nos cieux : Gate Runner.
Celle-ci louche franchement du côté de l’autre série de Yoshitomi : Eat-Man. Et l’ennui, pour qui connaît Eat-Man (ce qui est mon cas), est que Gate Runner apparaît non seulement dépourvue d’originalité (de facto), mais aussi de la faconde et de l’intensité qui se dégagent des épisodes d’Eat-Man. En sus qu’aucun des personnages masculins ne parvient à égaler le charisme d’un Bolt Crank, héros de Eat-Man.

En conclusion, si ce titre s’était achevé sur Black Jack, il eut mérité trois étoiles. S’il n’avait contenu que des nouvelles du niveau de Kenji et Black Jack, il eut reçu quatre étoiles, un conseil d’achat (et peut-être un coup de cœur). Mais en l’état, il n’en mérite malheureusement que deux.

Nom série  Ai non stop !  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ai Non Stop est une œuvre de Ken Akamatsu, l’auteur du très énervant Love Hina, et de l’encore plus déplorable Negima. Autant dire, par ces quelques mots, que je ne suis pas vraiment fan de l’olibrius. Pourtant, j’ai bien apprécié Ai Non Stop, gentil petit divertissement qui ne casse pas trois pattes à un canard. En effet, si les graphismes sont beaucoup moins aboutis que dans ses œuvres suivantes, ici Ken Akamatsu ne pêche pas là par l’impression que j’en ai retiré d’utiliser ses personnages comme des objets et des pions. Dans Ai Non Stop, même s’il y a un jeu autour de l’attrait de girondes jeunes filles, réelles ou virtuelles, j’ai eu le sentiment que l’auteur respectait ses personnages, qu’il les traitait avec « humanisme ». Du moins dans les trois premiers tomes que j’ai lus. Ici point d’effeuillages « coup de vent » de ses personnages féminins, réduits à n’être que des portemanteaux qu’il faut au plus vite, et selon tous les prétextes possibles, déshabiller des dits manteaux, et le plus souvent de façon humiliante.
Il n’est certes pas dit que cela ne survienne pas dans la suite, puisque Ai Non Stop compte huit tomes. Mais si je n’ai pas poursuivi au-delà du troisième ce n’est point tant par crainte du retour de « l’effeuilleur fou » (ou plutôt, son apparition) que parce que, tout simplement, Ai Non Stop n’a rien de transcendant. C’est un gentil petit divertissement. Les personnages sont mignons. Mais l’intrigue peine à se mettre en place, et le graphisme plutôt moyen n’aide guère à accrocher plus que cela aux aventures tout de même improbables qui leur arrivent. Trois tomes, en vérité, me semblent être la longueur idéale de ce genre de série.
De fait, et parce que les graphismes sont plus que moyens, et largement inférieurs à ceux de Love Hina et Negima (pour des histoires cependant déplorables), je n’en conseille pas l’achat.

Nom série  Moonlight mile  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Autant vous le dire d’entrée de jeu : je pense que Moonlight Mile est un de ces mangas plus que dispensables, dont il eut été profitable à la santé publique d’interdire leur entrée sur le territoire. Convoquons les responsables de cette infamie devant un tribunal révolutionnaire afin qu’ils rendent des comptes devant la Nation courroucée...
Il y a tout de même un principe que je ne parviendrai jamais à comprendre pleinement dans ce genre d’affaires : ce n’est pas comme si nous n’étions pas capables en Franco-Belgie de produire nos tombereaux de nullités estampillées locales. Dans ce cas, à quoi bon en importer d’outre-continent ? Certes, les nôtres ne sont pas imprimées en noir et blanc, dans un format dit « manga ». Mais nous nous y mettons... Certains, à cette heure même, y travaillent d’arrache-pied.
S’agit-il en fait de rassurer notre ego artistique en nous prouvant que d’autres « continents » (Asie, Amérique) sont capables de produire autant de déchets que nous autres ? Certes, mais un simple sens statistique nous eut épargné d’en avoir la preuve concrète. Et il est toujours apaisant d’imaginer qu’il existe quelque part un paradis (des arts, de la paix, etc.).
Ce paradis, si vous lisez Moonlight Mile, vous ne penserez certes point le trouver au Japon. En vérité, ce titre, qui ressemble à une mauvaise blague, semble construit autour d’une image déplorable, désespérée et désespérante du genre humain. Qu’est-ce que le sexe dans Moonlight Mile ? Un rut animal, objet d’une compétition imbécile. De quoi est fait le genre humain ? D’arrogants cons, qui n’ont d’autre but que de « s’élever » dans l’arrogance et la connerie. Quant aux femmes, elles combinent d’être d’arrogantes pouffiasses, à un tempérament de [dames de petites vertus], prédisposées à ouvrir leur entrejambes pour grimper dans la hiérarchie. Désespérant... Fidèles à ce tableau, les deux « héros » sont bien sûr deux gros crétins, emplis de suffisance, qui semblent concourir pour ‘mister beauf’, leurs aventures sont invraisemblables, voire téléphonées. La scène d’ouverture est pratiquement surréaliste.
Au final, on pourrait croire à une parodie. Sauf que, malheureusement, il ne semble pas que l’auteur ait eu des intentions parodiques. Mais peut-être souhaitait-il détruire toute part de rêve dans la conquête spatiale.
À fuir.

Nom série  Dark Crimson  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
En français, le titre de cet ouvrage serait : « Cramoisi sombre », ou « Sombre cramoisi ». À la limite, si j’étais totalement facétieux, ou lapidaire, je pourrais cesser mon avis ici, en disant que ce titre français résume parfaitement ce qu’est Dark Crimson, y compris si l’on entend dans « sombre cramoisi » la contrepétrie « sombre crétin ». S’cusez, ça m’a échappé...
Avec Urushihira se cantonnant au dessin, et laissant à autrui le scénario, on pouvait (naïvement) espérer qu’enfin son talent de dessinateur serait mis au service d’une véritable histoire, intéressante, construite, pas racoleuse... Oui, mais... monsieur Urushihira a pris un scénariste pour faire pire que ce qu’il fait tout seul. Alors là... bravo !
Nan, je dis, vraiment : bravo ! Il aurait pu la massacrer tout seul son histoire, la rater pitoyablement comme il sait si bien le faire lui-même, mais il a préféré confier la tâche à un autre. Négativement, on pourrait aussi se dire qu’ils se sont mis à deux pour la rater, et nous pondre un truc limite infâme, là où un seul eut largement suffi. Ah, c’est beau le collectif, comme on dirait en sport...
Alors, Urushihira est peut-être le demi-dieu du téton nippon, mais franchement... Si c’est pour lire ça, je préfère revenir à l’ère victorienne. Au moins, il y a toujours le fantasme, et on tombait en pâmoison pour une cheville. Là... on est confronté à ce genre de machins pitoyables, où on peut se dire : « c’est infâme *baille*, mais ce que c’est nul... ».
Si encore ils se contentaient de scénariser une succession de fantasmes (de leurs fantasmes) au lieu, en plus, d’essayer d’imbriquer cela dans une histoire sans une once d’originalité, tout juste dopée par quelques moments de pur grotesque (les exemples choisis par Ro sont on ne peut plus justes). Mais non, faut faire semblant d’être capable de pondre une histoire... Tss.
Poubelle.

Nom série  Capitaine Albator  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Albator... Albator, le corsaire de l’espace, ce fut un des « héros » de mon enfance, tant j’ai été subjugué par le dessin animé (celui qu’on nomme désormais Albator 79, pour le distinguer de sa suite Albator 84) en mes jeunes années.
Je ne sais si j’aurais rêvé d’être Albator, mais sur son vaisseau l’Atlantis, absolument magnifique, certes j’aurais aimé embarquer. Et Nausicaa... Ah, Nausicaa... soupir... Et les Sylvidres... Ça, les Sylvidres, voilà certainement parmi les « méchants » qui m’ont le plus attiré. Tellement charmé et fasciné (le rire sylvidre... il faut voir et écouter Albator 79, ne serait-ce que pour le rire sylvidre, un modèle du genre...), tellement charmé et subjugué donc, que j’ai toujours eu un sentiment très ambivalent vis-à-vis des Sylvidres. Certes, j’étais (et je reste) plutôt pour le « héros ». En même temps, j’aime tellement les Sylvidres (que dis-je : je les adore), que je ne souhaite qu’une chose : leur victoire.
L’archétype de la femme fatale, voire de la femme « sauvage », de la femme-désir issue du corps même de la nature, de Mère Nature, surtout si l’on songe à leur origine réelle... Et Nausicaa, l’archétype de la femme civilisée, de la princesse pas potiche (ou pas trop potiche), qui s’en fait pour son « héros », mais dont on ne sait jamais exactement quel sentiment exact elle éprouve à son égard... De ce point de vue, donc, que du tout bon.

Sauf que, voilà, ayant grandi, j’ai voulu redécouvrir le mythe de mon enfance. Grave erreur.
Alors, certes, après coup, j’ai compris, pourquoi, malgré les scénarios pourris, j’ai adoré cette série. Ce n’est pas seulement qu’un enfant regarde différemment, fait moins (beaucoup moins) attention aux incohérences, se laisse porter par autre chose que la structure sans faille d’une histoire. C’est aussi qu’il y a dans Albator des éléments objectifs d’une fascination, même pour un adulte. Des éléments qui se nomment : « atmosphère ». Il n’est sans doute pas anodin que Jack Vance, qui déclare baser son travail sur des atmosphères plus que sur des histoires, soit mon auteur favori, toutes catégories confondues (et bien que je n’ai rien d’un fan transi, n’allez pas croire pour autant). Car la série animée d’Albator 79 conserve à mes yeux une force intacte dans son atmosphère. Albator, même desservi par des scénarios pourris, reste un personnage charismatique. Les Sylvidres sont toujours aussi machiavéliques et retorses, toujours aussi fascinantes. Enfin, la musique, certains décors et les couleurs, offrent encore à cette série quelques franges d’une aura magique. Cela ne suffit certes pas à compenser le reste. Cela, au contraire, ne fait que plus mal, quand on songe ce qui aurait pu être fait, tout en conservant cette atmosphère et l’excellente idée de base des Sylvidres (finalement, le « message » indirect qu’elles portent est d’une actualité encore plus brûlante que jamais), mais avec de vrais scénarios, de véritables histoires, et non pas une suite faite de bric et de broc, où l’on nous explique sans cesse que les Sylvidres disposent d’une technologie qui a un ou deux siècles d’avance, qu’elles sont donc invincibles... et qu’au moindre petit affrontement, leurs armadas sur-armées se font invariablement massacrer par le génial Albator. Dans le genre « on nous prend pour des cons », on a difficilement fait mieux, bien qu’on ait souvent égalé.
Oui, dommage, vraiment dommage...

Tout cela pour vous dire que le manga (oui, j’y viens enfin...), le manga, donc, ne bénéficie pas de l’atmosphère propre à la série. Pas de musiques qui sonnent juste, pas de « rire des Sylvidres » qui fascine, point de couleurs qui semblent friser le psychédélique. Non, de la série animée, et bien qu’il lui soit antérieur, le manga n’a que le néant. Non point celui des « vastes et infinies étendues de l’espace », mais celui de l’incroyable nullité de ses scénarios. C’est tellement nul, tellement mal construit, que j’ai eu du mal à croire qu’on ait pu vouloir publier cela un jour. J’en reste encore pétrifié. Et dire que j’avais pris le manga en pensant que la nullité des scénarios de la série animée tenait à une mauvaise adaptation (je refusais de croire que l’original put être aussi nul : comment aurait-il pu donner un personnage aussi charismatique qu’Albator ? ou des « méchants » tout aussi, sinon plus, charismatique que les Sylvidres ?). J’avais tort : on peut, toujours, faire plus nul qu’on ne croit.
Malheureusement.

Nom série  Saraï  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Un univers post-apocalyptique, bien chaud, bien frais, tout neuf, tout beau, est demandé à l’accueil !
Eh oui, un univers post-apocalyptique encore... Ça devient le dindon (de la farce) de Noël de la sous-SF (Science-Fiction) ce registre. Vous n’avez aucune idée originale, mais vous souhaitez faire « genre » ? Et vous espérez délivrer une pointe d’angoisse par votre univers si peu original ? Faites donc dans « l’univers post-apocalytique »™. Teintez-le d’une patine « western », ainsi qu’il est dans Saraï, et vous vous enfoncerez encore dans l’impression de « mille fois vu et revu, et rebattu »©.
Persistez dans le pathétique en trouvant une fausse bonne idée originale (mais en vérité très mauvaise) : de très improbables héroïnes « gardes du corps » grimées en servantes style XIXe (maids, dans le langage anglo-nippon du manga), et en vérité esclaves sexuelles (le garde du corps dont le job est aussi de se faire violer par celui qu’il est censé protéger, fallait oser l’incohérence tout de même... dans un registre voisin voilà qui m’a fait penser au mille fois meilleur À l’Ouest d’Octobre de Silverberg). Esclaves sexuelles qui bien sûr redresseront les torts... Alors, certes, des prostituées qui se transforment en justicières, pourquoi pas ? Même si c’est du déjà vu... Mais ici ce n’est point le cas, juste un improbable et débilitant melting-pot d’une sorte de maid-guerrière-pute, narré de telle façon que cela demeure ce que c’est : du grand guignol un peu trash. Car ce qui demeure totalement illogique et incompréhensible, c’est l’absence totale de fierté et de dignité de filles non seulement grimées en maids, mais en plus prêtes à se livrer à des exercices sado-maso même lorsqu’elles n’aiment pas cela. En gros, vous êtes une femme, et vous êtes habillée en maid ? Et bien vous n’êtes rien d’autre qu’une raclure d’esclave sexuelle, qui mérite de se faire violer. Bien sûr, ensuite vous aurez le « droit », voire le « devoir », de faire couler le sang en compensation, ce qui permettra à votre cher mangaka de montrer et la tentative de viol (ou le viol) et le sang qui gicle. Limite puant.

Et dire que, malgré mes préventions initiales, j’ai tenté ce manga sur la foi d’une critique positive d’un magazine (que je ne nommerais pas). Et comme il s’agit de la deuxième fois que je tente ainsi des mangas qui se révèlent assez écœurant, sur la foi du même mensuel, je commence à me poser des questions...

Nom série  Le Scorpion  posté le 10/02/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Débutons par le seul point positif de cette critique : la petite bibliothèque municipale de ma commune est bien plus achalandée en bandes dessinées que je ne le pensais et, en particulier, elle recèle nombre de bandes dessinées que je ne possède ni n’ai lu.
C’est donc ce qui m’a valu le malheur de croiser la route du Scorpion, qui constitue un de mes premiers emprunts à cette bibliothèque.

En termes de nullités sur fond historique, je croyais avoir été vacciné par la lecture de La Dernière reine. J’avais tort : il est possible de faire encore plus nul. Et le pire, c’est qu’il ne s’agit même pas d’un problème de documentation historique, mais de simple bon sens : il est ainsi des scènes que Desberg n’aurait jamais pu imaginer s’il avait deux sous de jugeote (et s’il avait su lire une carte... à ce que je sache, il n’est nul besoin d’avoir fait Polytechnique pour savoir lire une carte routière, non ?)

Avant cela, un mot sur ma lecture : ma bibliothèque ayant des mœurs bizarres, elle force à prendre les tomes d’une série d’un coup, c’est donc ce que j’ai fait, sauf que je me suis aperçu, de retour chez moi, que les tomes du Scorpion allaient du 4 au 7 (je les avais pris sans trop regarder, étant tous ficelés ensemble). Je me suis donc demandé si j’allais les lire, mais il se trouve un résumé des tomes précédents au début de chaque nouveau tome. J’ai donc commencé une lecture très rapide, une sorte de survol. Là, n’ayant pas vraiment plongé dans les méandres de cette BD, je dois avouer avoir d’abord eu une impression de « cape et d’épée bien menée ». Si l’on excepte cette histoire de Croix de Saint Pierre (censée faire trembler l’histoire de l’Église et du monde sur ses bases), le genre de machin pseudo-ésotérique, pseudo-mystique qui me gave.
Bref, là j’étais prêt à mettre trois étoiles.
Mais, car il y a un mais, j’ai tenu à lire réellement cette bande dessinée. Et c’est là que je me suis aperçu de trucs hallucinants, dont voici les deux exemples les plus forts :

A) Desberg manque totalement de bon sens, et ne connaît même pas le monde dans lequel il vit :
Cela concerne donc, dans le tome 5, le passage par Istanbul. Je lisais, plus ou moins assoupi, les aventures du Scorpion qui échappe aux geôles ottomanes, pour tomber dans les mains des moines-soldats de Trebaldi. Sur l’instant, en souriant, je me dis : « avec leurs grandes capes rouges, ils sont franchement discrets les moines-soldats, en pleine capitale ottomane, autrement dit une ville musulmane dirigée par un Sultan Calife ». Ça encore, ce n’était que pipi de chaton, car je me réveille un peu plus, et je prends conscience d’un fait un peu beaucoup plus ennuyant : « Eh mais, c’est qu’ils ont de magnifiques croix dorées sur fond noir, ces moines-soldats ! Et elles sont bien visibles, en plus ! Merde alors ! Ces cons sont habillés comme des Croisés en pleine capitale d’un état musulman ! Mais comment ça se fait qu’ils n’aient pas été écharpés par la foule dès leur débarquement ? Et les rondes de nuit des veilleurs ? Et les fameux Janissaires qui contrôlaient la cité impériale ? »
Franchement, quand on voit la facilité avec laquelle les croisés de Trebaldi se baladent dans Istanbul, on a l’impression que la cité califale vient d’être annexée à la Papauté.
Nan, attendez, juste deux secondes... Il a pas été fichu de voir à ce minuscule détail ce Desberg qui, par ailleurs, nous balance moult détails sur la Croix de Saint Pierre, histoire de prouver qu’il s’est bien renseigné sur le sujet ?
Et en plus, c’est pas comme si le 11 septembre 2001 était pas passé par-là, et que le sujet des relations tendues « Islam » versus « Chrétienté » n’ait pas été évoqué des milliers de fois, et les Croisades au moins des centaines de fois.
Franchement, comment un scénariste digne de ce nom peut passer à côté de ça ?
En plus, voilà qui lui aurait fourni pas mal de scènes et de rebondissements intéressants (Le Scorpion jouant les hommes du Sultan contre ceux de Trebaldi, les moines-soldats bien emmerdés pour opérer dans une cité contrôlée par des Musulmans, et j’oublie même les chrétiens orthodoxes dont Desberg semble ignorer jusqu’à l’existence, mais qui auraient pu se mêler du jeu, vu l’enjeu [Croix de Saint Pierre et primauté religieuse de Rome]).

B) Desberg ne sait pas lire une carte routière :
Ça, c’est juste un peu après le pitoyable ratage sur Istanbul, la cité maudite par les pseudo-scénaristes en D (Dufaux, Desberg). Donc, Le Scorpion doit se rendre en Cappadoce. Il se trouve qu’il doit, de plus, faire vite, car il est précédé par la concurrence. En conséquence de quoi, histoire d’aller plus vite, Le Scorpion fait un détour par Konya. Le pauvre, c’est que lui-même ne se rend pas compte de son énorme erreur, qui rallonge son chemin d’une centaine de kilomètres (car la route Istanbul-‘Cappadoce’ passe par Ankara et non Konya), car il affirme à un ponte local : « je suis sur la route de Cappadoce ». Évidemment, sachant qu’il venait d’Istanbul, le ponte local aurait dû s’étrangler de rire. Imaginez donc, c’est comme si, souhaitant aller de Paris à Bordeaux, vous décidiez, histoire d’aller plus vite, de passer par Toulouse...
Il ne sait pas lire une carte Desberg ?
Vous me direz peut-être « ouais, mais la Cappadoce c’est mal indiqué, c’est pas très connu ». Ben ouais, tiens donc, c’est une des régions les plus touristiques de Turquie, et toutes les cartes touristiques petit format de Turquie signalent son emplacement, ainsi que celui de Konya (autre site touristique). Pour ne pas s’apercevoir du problème, faut pousser tout de même pousser le « j’m’en foutisme » assez loin.

Bon, ceci étant dit, on s’attaque à la partie « cette histoire de Croix de Saint Pierre, c’est encore du n’importe quoi, balancé par un type qui s’amuse à se la jouer “attends coco, j’ai potassé le sujet” » ou on laisse tomber ?
À la limite c’est plus anecdotique, et personne ne s’étonnera qu’un type qui ne sait pas lire une carte routière fasse dans le n’importe quoi, y compris et surtout dans l’absence de bon sens. Par exemple, la base même de cette « quête » : donc le Scorpion s’en va chercher la vraie croix, pour prouver que Trebaldi est un méchant menteur. Ok, certes. Mais l’on apprend aussi qu’il estime, en conséquence, que le rôle religieux de Rome fut usurpé. Bien, très bien... Et il s’attend à être reçu de quelle façon par le peuple de Rome lorsqu’il va lui annoncer ça ? Avec des fleurs ? Alors que Rome (et les Romains avec) devait son reste de puissance et de rayonnement à la présence du Pape ? Lequel justifiait sa prépondérance par la succession apostolique du « trône de Pierre ». Je sais pas moi, mais mon petit doigt me souffle que le peuple de Rome n’aurait certainement pas accueilli le Scorpion en héros. Le bon sens me dit aussi qu’il aurait été probablement lapidé. Mais bon, ça c’est juste le bon sens. Desberg, lui par contre, le bon sens, il en a rien à branler.
Passons aussi sur le fait que la prééminence réclamée par les Papes ne tient pas au martyr de Pierre à Rome, mais au fait que Pierre fut le premier « évêque » de Rome (autrement dit, le premier chef de la première communauté chrétienne de Rome). Il aurait fort bien pu subir le martyr à Jérusalem (par exemple lors d’un voyage pour revoir sa terre natale), que cela n’eut rien changé à la prétention des papes.
Passons aussi sur le fait que le Concile de Nicée continue à s’en prendre plein la figure. Moi, ça me ferait plutôt rire. Sauf qu’il n’a jamais été question du martyr de Pierre et de la place de Rome au Concile de Nicée. Quant au fait que « à l’époque de Constantin, vers 350 » on aurait décidé de concentrer ainsi le pouvoir dans les mains du Pape (un seul empereur, et donc un seul chef de la communauté chrétienne), ben oui, mais en 350 il nous avait quittés depuis un moment Constantin. Bon, je suppose que c’est encore une erreur d’orientation sur une carte routière... En tout cas, cette affirmation est totalement grotesque, et pour une excellente raison : Constantin a fondé Constantinople. Or, le Patriarche de Constantinople devait devenir l’adversaire le plus acharné de la primauté de Rome. C’est d’ailleurs principalement pour des questions de préséance qu’eut lieu le grand schisme de 1054 qui devait séparer Orthodoxes et Catholiques. Sauf que, à lire Le Scorpion, on se demande si Desberg sait qu’il existe des chrétiens qui ne soient pas catholiques romains. C’est aussi à ça qu’on sent qu’il s’est sacrément documenté sur le sujet... Ouh la la, ça fait peur.
Enfin, bref... Concluons ce panégyrique de la nullité par une petite notation : le sort de Rochnan. Si Desberg avait un peu écouté la télévision (même pas la peine d’ouvrir des livres), il aurait appris que, dans cette sympathique religion qui se nomme Islam, il existe une seule peine pour l’apostasie (renier sa religion) : la mort.

En tout cas, s’il est une religion qui s’appelle « faire de la bande dessinée de qualité », alors Desberg en est clairement un des plus fervents apostats.

Nom série  Intrigues au Pays du Matin Calme  posté le 30/01/2008 (dernière MAJ le 31/01/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ainsi donc il existait un « inspecteur secret du roi » sous la dynastie Choson, ou Yi (du nom de son fondateur, Yi Songgye, un général coréen), qui occupa le trône de 1392 à 1910, époque à laquelle le dernier roi Yi fut renversé par les Japonais. L’occupation japonaise, qui dura de 1905 à 1945, fut particulièrement rude, et explique encore l’animosité entre les deux pays à l’heure actuelle. Bien que cette animosité ait tendance à s’estomper chez les jeunes générations (en témoigne le succès d’un drama coréen au Japon), il demeure cependant remarquable de voir une mangaka s’intéresser à la Corée. Notons cependant qu’il s’agit de Natsuki Sumeragi, qui éprouve une profonde attirance pour la Chine, ce qui est aussi fort peu commun chez les Japonais, ceux-ci s’intéressant en général à la Chine plus pour ses légendes ou ce qu’elle est actuellement (une menace et un gigantesque marché).

Plus étonnant encore est l’aveu de Natsuki Sumeragi, qui écrit, en postface, avoir appris l’existence de l’inspecteur secret du roi dans un film nord-coréen projeté au Japon, lors d’un festival. Avouez que voilà qui est peu ordinaire, non ?
De ce film, donc, naquit l’envie d’en apprendre sur cet « inspecteur secret du roi », au titre trop romantique pour être oublié par une créatrice. Et, in fine, le recueil Intrigues au Pays du Matin Calme en représente l’aboutissement. En tout, quatre nouvelles qui forment, presque, une histoire continue, tant il semble qu’elles s’enchaînent chronologiquement (bien que rien ne permette de l’affirmer).

A priori, donc, au-delà de l’aspect un peu trop « romantique » de cet inspecteur secret du roi, aux attributions presque trop belles pour sembler vraies (traquer la corruption des fonctionnaires), Intrigues au Pays du Matin Calme semble tout avoir pour lui : un sujet pratiquement méconnu, ainsi qu’un contexte qui, lui-aussi, sort des sentiers battus (la Corée ancienne).
Malheureusement, les forces et faiblesses de Natsuki Sumeragi, qui transparaissaient dans La Voix des fleurs, semblent s’être répondues pour, de forces devenir faiblesses, et de faiblesses demeurer faiblesses. Il en va ainsi de ses défauts : bien que le dessin soit fort agréable et maîtrisé, les jeunes hommes semblent tous se ressembler, et ne se distinguer que par le costume. Il en va de même pour les jeunes femmes, qu’on parvient difficilement à distinguer les unes des autres. Et pire encore est-ce lorsqu’une jeune femme, homonyme de l’épouse de l’inspecteur secret du roi, rapelle celle-ci au « héros ». Au début, vu que les deux jeunes femmes portent le même nom, c’est la confusion la plus totale.
A contrario, ce qui semblait une faiblesse dans La Voix des Fleurs : la brièveté des nouvelles, ne devient pas une force. En ce sens qu’ici la faiblesse c’est que les quatre histoires concernent le même personnage, alors que cela ne se justifiait absolument pas. Il me semble que les nouvelles auraient gagné à reposer sur quatre protagonistes différents. Je pense que l’équilibre qui s’opérait entre les nouvelles de La Voix des Fleurs aurait de nouveau joué, malgré l’aspect parfois fade des histoires de Natsuki Sumeragi. Ainsi la nouvelle Vent violent dans région frontalière sino-coréenne aurait certainement eu plus de force si elle n’avait été rattachée, plutôt artificiellement, aux autres nouvelles. Car, ici, franchement, le rôle de l’inspecteur secret du roi est inexistant (il n’est même pas le personnage principal du récit), dans cette nouvelle qui est la plus intéressante et la plus forte des quatre... C’est tout dire, en fait.
Et la seule nouvelle qui justifie la présence de l’inspecteur secret du roi, puisqu’il y lutte contre un fonctionnaire corrompu (il s’agit de la nouvelle d’ouverture), ne me l’a d’ailleurs guère rendu sympathique. Pourquoi ? Parce que, tel un Robin des Bois inversé, il va « reprendre » aux riches, pour redonner aux anciens riches. Qu’on m’excuse, mais quand je vois ce « pauvre » fonctionnaire dont la famille a été spoliée d’une partie de ses terres, mais qui semble encore vivre très correctement, je pense surtout aux paysans sans qui, ni lui ni celui qui lui a « volé » ces terres, ne pourraient vivre sur un tel pied. Paysans dont on ne verra pas l’ombre d’une épaule miséreuse... Non, ici il nous est demandé de compatir gravement pour des jeunes gens beaux et plus très riches, qui ne souhaitent que redevenir riches comme il faut pour tenir leur rang de fonctionnaires.
Quant aux paysans miséreux, on n’en verra qu’un seul, et ce sera à la fin du recueil. À lui ne sera pas assuré la justice, mais une sorte de vengeance sous forme de mascarade rendue par « l’inspecteur secret du roi », qui signifie par là-même qu’il peut tout pour les riches fonctionnaires, mais rien pour les pauvres paysans. Sympathique et exaltante morale...
Enfin, la nouvelle consacrée tout à la fois à l’épouse de l’inspecteur secret du roi, et à son homonyme, ne pourra guère le rendre plus sympathique, bien au contraire. La compassion, franchement, possède ses limites.

De plus, et cela est franchement ennuyant, l’aspect « historique » du titre est assez faible. Certains indices nous signalent que l’action de place entre 1500 et 1640 (environ), mais elle aurait bien pu se dérouler en Chine à la même époque, voire sous les Song, ou au Japon avec quelques modifications de circonstances, que cela n’aurait pas changé grand chose. L’auteure avoue d’ailleurs qu’elle n’a réussi à réunir qu’une très faible documentation sur l’inspecteur secret du roi, ne sachant en fait comment il était nommé, comment il exerçait concrètement son pouvoir, et encore moins à obtenir des anecdotes sur des inspecteurs secrets historiques. Voilà qui se ressent dans ce titre, car en le refermant, j’avais la sensation de ne pas avoir appris grand chose sur cet inspecteur secret du roi, hormis son existence.

Nom série  Ultra Cute (Urukyu)  posté le 30/01/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Là, comme ça, si vous n’avez pas lu la fiche de la série, mais que vous tombez directement sur cet avis, vous pouvez vous dire « mais qu’est-ce que c’est encore que cette série d’horreur ? ».
Bon, d’une certaine façon, Urukyu, c’est de l’horreur, mais point celle qu’on croit.
Certes, on verrait bien comme sous titre : Urukyu, la montagne infernale, ou Urukyu, le démon des profondeurs, voire Urukyu et les quarante tronçonneuses. Mais non, Urukyu c’est un shôjô ! Bah ouais, quoi, un shôjô, un truc pour petites filles...

Alors, sur ce, donc... pourquoi Urukyu ? Tentons de rendre cet avis un poil instructif, à défaut d’être captivant (vu le niveau de la série d’origine).
Urukyu, parce que... « ultra cute » en anglais !
Ah bon, vous ne saisissez pas le principe ? À vrai dire, c’est difficile à qui ne connaîtrait pas les subtilités de la langue japonaise. Celle-ci s’écrit en effet dans un alphabet syllabique. Autrement dit, en japonais, une consonne est toujours accompagnée d’une voyelle, sauf pour le -n final. En japonais donc, le « ultra cute » anglais, se trouve transcrit en urutora kyuto, ce qui est un équivalent phonétique à ultra cute, sachant que son « l » n’existe pas réellement en japonais, mais que le « r » se prononce comme un r roulé, intermédiaire entre le r et le l. Et lorsque les Japonais veulent transcrire une voyelle seule (comme le « l » de ultra) ils choisissent toujours une syllabe s’achevant en -u, sauf pour le do et le to (parce que le « du » et le « tu » n’existent plus dans le syllabaire japonais, ayant évolué en « zu » et « tsu »). D’où : urutora kyuto. Prenez les premières syllabes, et le diminutif d’urutora kyuto devient urukyu. Et voilà...

Bref, espérant avoir appris quelque chose à ceux qui l’ignoraient, passons maintenant à la partie la moins intéressante de cet avis : l’avis sur la série en lui-même. Sachant qu’il pourrait se réduire à l’exergue qui accompagne les deux étoiles : « bof, sans plus ». Cela colle parfaitement à Urukyu, la série au titre étrange, et au rythme faussement déjanté.
Certes, à la première lecture de ce titre (dont j’avais acheté les cinq premiers tomes d’occasion), et comme je découvrais l’univers du manga, j’ai trouvé plutôt amusant et distrayant au moins les deux premiers tomes. C’est fort bien dessiné, et surtout c’était alors fort dépaysant pour moi. L’ennui est que, comme le souligne un avis précédent, l’histoire semble partir dans tous les sens. Il survient rebondissement sur rebondissement, et nouvelle trame sur nouvelle trame. On s’y perd. L’histoire elle-même, qui lorgne du côté du romantisme (recherche de l’âme-sœur) y perd toute crédibilité, et toute finesse. Entre le speed et le romantisme, il faut un moment choisir. Or Urukyu ne choisit pas. Enfin, l’aspect toujours très « propre sur soi », très « mode » des héroïnes achève de donner à cette histoire un cachet de futilité et de vacuité qui ne milite guère en sa faveur, mais qui résume parfaitement ce qu’est Urukyu.

Nom série  La Belle du temple hanté  posté le 30/01/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Il était une fois...
La Belle du Temple Hanté aurait pu débuter par ces quatre mots qui caractérisent le conte à l’occidentale, puisque nous sommes, ici, clairement, dans le registre du conte.
C’est d’ailleurs certainement ce qui ressort de plus intéressant dans cette bande dessinée : l’impression de goûter à l’esprit des anciens contes chinois.

Cependant, car il y a bien sûr un « cependant » ou un « mais », La Belle du Temple Hanté ne m’a pas du tout convaincu. C’est magnifiquement dessiné, dans un beau crayonné vif et vigoureux, certes. Mais pour quoi en faire ?
En relisant cette histoire, j’ai franchement eu l’impression de me trouver face à un titre jeunesse, tant les personnages sont outrés et caricaturaux. S’il n’y avait eu ces passages érotiques et horrifiques, magnifiquement rendus par le crayonné de l’auteur, j’aurais franchement pu conseiller l’achat et la lecture de cette œuvre chinoise pour des enfants. Car ce qui m’a semblé rédhibitoire en tant qu’adulte m’apparaîtrait constituer un parfait conte pour la jeunesse. En effet, si les personnages sont outrés, le scénario, lui, tient parfaitement la route. De plus, voilà un titre qui vient de Chine, et l’ouverture au monde me semble une valeur importante à transmettre (ou à tenter de transmettre).
Malheureusement, donc, ce titre comme le dit la quatrième de couverture est « un conte pour adultes ». Dommage qu’on ne puisse envisager une version pour la jeunesse. Car là où je n’ai vu dans le personnage principal qu’un benêt, limite fat, un enfant y aurait vu un jeune peintre plein d’une fougue joyeuse. Et avec des yeux d’enfant, j’eus vu la même chose. Là où, adulte, la scène de la révélation de l’identité de monsieur Yan une m’a paru d’un pur grotesque d’autosuffisance, digne d’un mauvais nanar genre Mister Yan contre les Pizzaiolos Ninjas, un enfant y eut vu un rebondissement bienvenu, et l’apparition d’un personnage fort au moment opportun.
Il en va de même de la dernière partie. Je n’ai rien contre les happy end, mais là j’ai franchement eu l’impression très désagréable d’un happy end forcé, suintant d’une guimauve sirupeuse. Dans un titre jeunesse, j’en eus jugé différemment, estimant sans doute cette fin tendre, douce et mignonne. Mais, nous ne nous trouvons point dans un titre jeunesse (l’érotisme et l’horrifique y sont en effet largement présents).
C’est pourquoi, ayant refermé ce titre, et n’ayant été ni bouleversé, ni « emporté », j’ai eu une brève pensée matérialiste. Vous me l’excuserez, je l’espère. Je me suis dit que c’était bien cher pour ce que c’était.

Nom série  Happy mania  posté le 30/01/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Happy Mania, de Moyoco Anno, l’épouse du grand Hideaki Anno, connu et vénéré par la plupart des fans de dessins animés japonais pour avoir conçu, réalisé et produit Neon Genesis Evangelion...
À dire le vrai, il importe finalement peu de savoir de qui un mangaka est l’époux ou l’épouse, mais lorsqu’on le sait, impossible de ne pas s’attendre ou chercher une parenté entre l’œuvre de l’un et celle de l’autre...
Là, franchement, c’est le grand écart assuré. Science-fiction limite space opera cosmique à tendance métaphysique, versus roman graphique centré sur les mésaventures sentimentales d’une jeune libraire. Et ce n’est pas niveau dessin qu’il faudrait chercher une quelconque parenté non plus...

Ceci étant dit, je me demande pourquoi je débute par-là, vu que je ne l’ai appris qu’après coup, cette parenté. Mais cela fait toujours drôle, tout de même...

Bref... Happy Mania ?
Eh bien, le dessin, bien que peu léché, ne m’a pas rebuté. Cela possède son charme un dessin « hésitant ». Tout dépend comment il l’est. Tout dépend ce qu’il dégage. En l’occurrence, celui de Moyoco Anno me semble apporter une certaine touche à ce manga.
Non, là où le bât blesse, plutôt, c’est au niveau de l’histoire. Ce n’est pas tant que j’ai trouvé ce premier tome inintéressant, mais c’est surtout que ce premier tome ne m’a pas donné envie de lire la suite. Je l’ai trouvé plutôt intéressant, mais se suffisant finalement à lui-même dans la narration des déboires affectifs de son « héroïne ». Pour la suite, à la question de savoir si (ou plutôt : quand) elle va finalement sortir avec le gentil samaritain de service qui en pince pour ses beaux yeux de cocker battu, son cœur d’artichaut, et le gruyère qui lui tient lieu d’esprit... Je crois que vous aurez compris que je me désintéresse totalement d’obtenir une réponse.

Nom série  Venus Versus Virus  posté le 12/10/2007 (dernière MAJ le 30/01/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Pour une bonne surprise, en voici une excellente...

J’avais acheté ce manga pour avoir (vaguement) entendu parler de son adaptation animée. Et sur le seul écho de ce souvenir j’ai commandé Venus Versus Virus sans même m’intéresser à sa trame, sur la seule foi de son titre, qui me promettait un ouvrage plein de drôlerie. Et par la couverture attiré, qui me promettait de jolies filles, un soupçon de gothisme voire d’érotisme, et quelques combats.
Au fond, c’est bel et bien ce que j’ai découvert dans ce manga, mais absolument point ainsi que je l’attendais, moi qui croyais n’y découvrir que pure distraction.

Gothic lolita... C’est là l’illustration de couverture, qui figure Lucia, et c’est parfois le genre que prendra Sumiré, personnage apparemment falot, qui pourtant vole presque la vedette à Lucia. Gothic Lolita, en effet, car tel était le thème imposé par un magazine japonais.

Gothics lolitas... Après avoir refermé le premier tome de Venus Versus Virus, vous ne les verrez sûrement plus du même œil, usurpatrices d’un genre qu’elles ramènent à un aspect clownesque et totalement superficiel. Car, si ses monstres évoquent l’imaginaire japonais, c’est bel et bien le genre du gothisme littéraire qu’Atsushi Suzumi est parvenu à faire revivre dans ce titre, et à nous rappeler ce qu’il fut vraiment.

Certes, il le fait avec sa patte et son génie propre, dans un univers qui emprunte aux codes des genres du manga japonais. Ainsi de l’humour, qui semble un passage obligé dans nombre de manga. Mais il est ici plus fin qu’ailleurs. Et surtout il ne parvient guère à effacer l’aspect angoissant, poignant et effrayant de ce titre. Même l’ambiguïté de la relation qui unit Lucia et Sumiré renforce cette impression gothique, avec une Lucia qui évoque autant la protectrice que la prédatrice.
Tout cela, que ce soit dans cette relation où il est laissé au seul lecteur le soin de s’imaginer ce qu’il veut bien s’imaginer, ou dans la construction générale de l’histoire et des intrigues qui la composent, tout cela, donc, est mené de main de maître.
Main de maître qui se retrouve, logiquement, dans le dessin parfaitement maîtrisé des personnages (dont les yeux évoquent ceux des chats, ce qui rajoute à la sensation d’étrangeté qui sourd de ce titre), et dans celui des monstres, réellement glaçants ou effrayants.

Aussi, bien que le fantastique horrifique ne soit guère mon genre de prédilection, je ne peux que m’incliner devant la qualité de ce titre dont je n’attendais rien de tel. Une réussite qui ne saurait, j’en suis sûr, que se confirmer dans le second tome à venir.


Au sujet du tome 2 :
En concluant la chronique du premier tome, j’affirmais que le second tome, au vu des qualités du premier, ne pouvait être qu’excellent. J’aurais aussi pu parier, et j’aurais alors gagné mon pari (au moins avec moi-même). Excellent, le deuxième tome de Venus Versus Virus l’est en effet. J’aurais même tendance à penser que l’histoire se bonifie. L’aspect horrifique, limite gore, s’estompe en effet pour céder la place au suspense et au mystère. La relation trouble et ambiguë entre Sumiré et Lucia s’éclaircit quelque peu, mais pour porter de nouvelles interrogations sur la nature d’une Sumiré dont le personnage s’étoffe diablement, de même qu’apparaissent de nouveaux personnages qui apportent leurs propres lots de mystère. Mystères qui devraient être résolus dans les tomes à venir avec, je l’espère, autant que maestria qu’Atsushi Suzumi en a démontré dans ces deux premiers tomes.

Nom série  Palais  posté le 30/01/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Palais, c’est à la fois une heureuse, et une désagréable surprise.

Une heureuse, de par sa qualité même, à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Une désagréable, parce que Gochawon, la collection manhwa de Soleil, a cessé d’exister. Résultat, les trois tomes actuellement parus en France risquent longtemps d’attendre leur suite, laquelle se monte déjà à seize tomes en Corée, à l’heure actuelle...
Des coups pareils, ce serait à se tourner vers le scantrad (traduction des planches scannées en Corée (ou au Japon, pour les mangas) par des équipes d’amateurs français, opérant sur le net), pour connaître la suite d’un manhwa dont on peut sérieusement se demander si elle verra le jour sous nos latitudes.
D’un autre côté, si Gochawon n’avait pas fermé ses portes, aurais-je découvert Palais ? Parce que, honnêtement, si les trois premiers tomes n’avaient pas été bradés à 15 euros le lot, il est fort possible que j’ignorasse encore que Palais fut si bon. Il faut dire que, jusqu’à l’instant même d’ouvrir ce manhwa, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une énième histoire de fantasy ou pseudo-fantasy, voyant une jeune roturière être promise au roi dans un quelconque royaume d’opérette plus ou moins vaguement inspiré des contes chinois. Étant informé que la Corée est une république, je n’imaginais bien sûr pas une seule seconde que ce manhwa put se dérouler « de nos jours ». Enfin, « de nos jours... parallèles ».
Découvrant cette caractéristique avec les premières pages du manhwa, j’ai été certes intrigué (« tiens une idée assez intéressante, qui change de l’ordinaire, et limite casse-gueule : comment va-t-elle traiter cela ? »), en même temps que j’étais alarmé (« ouh la la, je crains le pire du pire... »). Le pire, j’ai d’ailleurs pensé le voir survenir lorsqu’il m’a semblé que cette histoire s’orientait façon « Lady Di en Corée », Lady Di s’appelant là-bas Shin Chae-Gyeong. Sauf que, non. En vérité, Park So-Hee réussit un excellent manhwa, réaliste malgré les passages comiques et SD, nous faisant partager les doutes et les angoisses de son héroïne, les lourdeurs protocolaires d’une monarchie qui aurait sans doute trouvé Louis XIV et son étiquette un peu rustre et libertine... Le tout avec quelques moments d’humour, de légèreté, qui n’empêchent cependant l’histoire, de par sa nature, de baigner dans une atmosphère aussi pesante que la cour est guindée, l’ensemble formant, néanmoins, une histoire assez captivante.
Et au final, donc, l’envie de pousser un cri de détresse : mais pourquoi diable Soleil a-t-il cessé Gochawon ? Et, ô dieux de l’olympe, se trouvera-t-il un éditeur pour reprendre Palais ? (S’iou plaît... S’iou plaît...)

L’histoire ayant donc reçu son lot de fleurs tressées et de louanges, un petit mot sur le dessin, qui, typique du sunjung (shojo coréen), m’aurait presque autant rebuté que l’histoire m’a passionné. Déjà que je n’aime pas le dessin shojo « typique » (silhouettes longilignes, gars efféminés), là, le sunjung typique... Je dois avouer avoir eu du mal avec ces visages d’un triangulisme étrange, ces lèvres presque adipeuses, ces regards presque toujours sombres (on a l’impression que les gars ont constamment du rimmel). Mais si cela m’a gêné, le dessin ne m’a pas empêché d’apprécier l’histoire, pas plus qu’il ne m’empêcherait d’acheter la suite, et au prix fort... *ceci était un message subliminal à un éditeur généreux et audacieux qui voudrait bien passer par là, merci d’avance...* *y’a pas quelqu’un qui voudrait bien me prêter quelques centaines de milliers d’euros pour racheter les droits, lancer la production, etc. ?* *hein, dites ?*

Enfin, votre information ne serait pas complète si je ne vous signalais que Palais fut adapté en drama (série télévisée avec des acteurs) en Corée, sous le nom de Goong (qui ne signifie autre que « palais » en coréen). Lequel drama fut un carton d’audience, suite à quoi le Korean Times conclut : « sortir des sentiers battus peut se révéler payant » (ceci était un nouveau message subliminal...).

Bref, cette série étant arrêtée, je ne saurais théoriquement en conseiller l’achat, mais en même temps, au prix où elle est, si vous pouvez encore dégotter un pack bradé...

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