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... a posté 273 avis et 22 séries (Note moyenne: 3.14)

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Nom série  Saga Valta  posté le 10/12/2013 (dernière MAJ le 12/09/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je pense qu’il faut rester indulgent avec ce premier tome car il se veut avant tout introductif. D’ailleurs il n’est même pas sûr que l’histoire se décante dans le second tome à venir car j’ai cru comprendre qu’en cas de succès commercial et aussi selon son entente avec le dessinateur, Jean Dufaux serait prêt à poursuivre la série pour une durée indéterminée. Donc il y a une sorte de flou qui entoure la série quant au nombre de tomes à paraître.

De même se pose la question du déroulement de la série car si pour l’instant on se dirige vers un diptyque, il n’est pas sûr que la suite prenne le même schéma. Si cela prend la tournure d’une série à rallonge fonctionnant par cycle de deux tomes façon Largo Winch et avec les mêmes personnages, ou bien une histoire avec des albums qui s’enchaînent sans temps mort, et toujours avec Mohamed Aouamri au dessin, moi je fonce direct.

Je me pose la question car le titre de la série Saga Valta désigne les légendes des familles islandaises, « Saga » pour les « sagas » auxquelles on rajoute le nom de famille. Alors il est aussi possible que les éventuelles suites de la série se passent en d’autres temps, avec d’autres personnages, mais toujours sur les terres islandaises. Mais avec quel dessinateur ?
Parce que personnellement ce qui m’a le plus touché ici c’est bien le dessin exceptionnel de Mohamed Aouamri. J’aime son trait crayonné, tout en rondeur, la précision et le souci du détail. Sur chaque case j’ai passé un bon moment à apprécier les ornements sur les armures et les boucliers, au premier plan, au second comme au troisième plan, rien n’a été bâclé. Un coup de chapeau aussi au coloriste Bekaert qui fait un super travail, c’est aussi bon qu’un François Lapierre qui est pour moi une des références du métier.

L’histoire il est vrai, est pour l’instant des plus classiques. On est dans le thème de la vengeance avec en fond une histoire d’amour aux influences shakespearienne et le tout saupoudré de sorcelleries et de monstre légendaire histoire qu’on se sente dans un récit de Fantasy.

Par contre un petit défaut, il faut vraiment avoir une bonne mémoire pour retenir tous ces noms imprononçables à consonances nordiques.

Franchement l’histoire ne peut que monter en intensité et si elle se poursuit avec toujours Aouamri au commande, moi j’en redemande. Mais bon ce n’est pas un rapide Momo donc « wait and see ».

Mise à jour 12/09/2017

Ouais ben… je suis quand même assez déçu à la fin. J’ai relu les deux premiers tomes en diagonale histoire de me rafraîchir la mémoire : premier tome classique mais divertissant suivi d’un second où cela digresse pas mal mais je laisse sa chance au produit.

Pour ce tome final, là on ne fait plus dans le classique mais dans l’éculé. Le brave, beau, musclé et noble Valgar empile les conquêtes amoureuses tel un Conan le cimmérien, sauf que le héros de Robert E. Howard date des années 30, ce genre de cliché heroic fantasy sonne un peu de façon ringarde je trouve dans une série d’aujourd’hui. Et que dire du « promis » d’Astridr, qui a un physique disgracieux, tordu, et est bien vicieux pour nous montrer que c’est un vilain méchant pas beau. Pire poncif tu meurs. Franchement, à quoi sert l’archère Looki si ce n’est pour le seul plaisir de rajouter de la gonzesse bien roulée ? Bon après ça se termine aussi en eau de boudin cette histoire avec un affrontement final bâclé, un twist bien dark mais mal servi par une narration qui manque d’épaisseur (Astridr ayant été absente du début à la fin, on ne sait pas ce qu’elle devenait, du coup on ne ressent que très peu d’émotion sur ce qui peut lui arriver), et un épilogue à l’arrache guère concluant. Jean Dufaux comme d’hab’, ne souhaite pas conclure ses récits en se réservant une fenêtre de sortie et un nouveau cycle possible. La quête de Valgar cherchant justice après la traîtrise de Thorgerr aux cent guerriers est achevée, un peu lamentablement à mon avis, mais néanmoins finie. Cependant, qui sait, d’autres saga de Valgar ou d’un autre personnage pourront être racontées… Pas fou le Dufaux.

Pour les graphismes, c’est du très bon Aouamri au dessin et Goussale aux couleurs, mais se sont bien les seules choses qui sauvent la série de la perdition.

Un gros regret.

Nom série  Prophet  posté le 15/08/2011 (dernière MAJ le 24/08/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Réécriture en un bloc de mes impressions sur les 4 tomes.

Pas facile de cerner les objectifs de cette série exigeante ni l’ambition affichée par son auteur. Sans aller jusqu’à dire que c’est le projet d’une vie, il témoigne beaucoup de son évolution artistique, à la fois en tant que dessinateur et scénariste. Entre la sortie du premier et du dernier tome, quatorze années les séparent. Certainement plus en vérité, car l’idée est née après que Mathieu Lauffray ait vu publier sa première bande-dessinée Le Serment de l'Ambre, en 1995. On pourrait presque dire que Prophet est un projet expérimental où l’auteur s’est cherché, a tâtonné dans différents genres et sous-genres en essayant de rendre cette combinaison équilibrée au possible, évitant le patchwork indigeste. Il n’y a qu’à regarder les pages du cahier graphique présent dans l’édition intégrale pour s’en rendre compte : au tout début, lorsque l’envie d’écrire du fantastique en était à ses balbutiements, Prophet était bien partie pour devenir une série heroic fantasy ! (l’idée ne m’aurait pas déplu au passage). Tour à tour inspiré par les romans et nouvelles de Robert E. Howard (pour l’univers heroic fantasy, les mondes barbares, ou ses héros nihilistes ? ) ; H.P. Lovecraft (l’ouverture sur le monument de 8000 ans, immense, invraisemblable, une passion partagée pour les bâtiments vertigineux, les personnages paranoïaques dépassés par les événements) ; W.P. Hodgson (démons issus de l’abîme, le cosmicisme) ; le film La Planète des Singes de 1968 (tome 2 après le crash de l’aéronef), et allez pourquoi pas, l’imaginaire de Clive Barker dont Hellraiser pour dessiner les mutants gothiques ? Le Sphère de Michael Crichton ou le Malhorne de Jérôme Camut ? Jack Stanton n’a-t-il pas un air de famille avec Bruce Campbell dans Evil Dead, fusil au poing ? ; les références littéraires et de culture populaire sont éparses. L’important comme le dit Lauffray était de trouver « son » fantastique.

L’achèvement du récit avait laissé comme une sensation de manque et d’amertume à plus d’un lecteur pourtant impatients d’en conclure après neuf ans d’attente. Moi-même je faisais partie des perplexes. Des questions restaient en suspens, la transition de l’histoire aventureuse au récit introspectif fut difficile à encaisser, d’autres choses demeuraient loin d’être claires. C’est finalement via l’édition intégrale que j’ai pu éclairer ma lanterne, grâce à un salutaire avant-propos de l’auteur expliquant sa démarche. Certes il y a du fantastique, de l’aventure, du survival horror puis de l’apocalyptique. Cependant Prophet n’est pas une histoire lambda de pur divertissement où le héros a un but bien déterminé, où chacun connaît son rôle et où chaque chose a son explication rationnelle. Prophet est aussi à lire comme une parabole dans lequel l’auteur y combat des thèmes qui lui sont chers. Jack Stanton a touché la sphère, le monde infernal qui s’en est suivi et dans lequel il n’y a aucun espoir de délivrance est à son image. Mais qui est Jack Stanton ? Un arriviste, égoïste et égocentrique, individualiste forcené, le type même de l’homme pressé opportuniste prêt à tous les coups bas pour parvenir à ses fins. Son « voyage » sur la Terre ravagée est à prendre comme un récit initiatique. Pendant longtemps sa ligne de conduite ne bouge pas. Il refuse son rôle de prophète, refusant d’être un guide, de mener, il veut la gloire mais sans les responsabilités. La seule chose qui l’intéresse est de rentrer dans son monde récolter les fruits d’une gloire usurpée. Car Jack est aussi un menteur, s’attribuant le travail de recherche d’autres plus talentueux que lui. C’est une critique de l’auteur contre les fausses « zélites » intellectuelles qui trop souvent ont pignon sur rue (une critique qu’on retrouve chez son pote Denis Bajram dans Universal War One). Le démon supérieur cornu qui pourchasse Stanton est une figure allégorique de sa mauvaise conscience qui le rappelle à ses fautes, une sorte de décompte qui fait « tic, tac ». Stanton a beau fuir, mais tôt ou tard il devra se confronter aux conséquences de ses actes. C’est aux côtés de Jahir et d’Athénaïs qu’il apprendra d’autres valeurs, que le « nous » est plus fort que le « je », en espérant qu’à la fin, au moment de faire un choix définitif il s’en souviendra. C’est sur ce dernier point que j’avais le plus tiqué. Ne sachant pas si Jack avait choisi la réalité ou une douce matrice où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

La version intégrale apporte un regard plus clair, preuve que l’œuvre est sans cesse retravaillée, car elle bénéficie de 2 pages supplémentaires dans la dernière partie (non présentes dans l’édition simple) qui en ce qui me concerne m’ont aidé à mieux saisir le choix définitif de Stanton et sur ce qu’est la sphère : un théâtre illusoire. Quant au pourquoi du comment sur d’autres aspects de l’intrigue, j’imagine qu’elles doivent demeurer un mystère. Certaines explications, si elles en ont, appartiennent à l’auteur. Il n’est pas toujours bon de tout révéler. Vous vouliez connaître l’histoire du space jockey dans Alien, Prometheus vous a-t-il satisfait ? Vous voulez un spin off sur la jeunesse de Yoda vous ?

Pour évoquer un peu les graphismes de la série, bah, que dire ? J’ai découvert Lauffray grâce à Prophet (gros fan de Xavier Dorison à la base) et j’ai de suite accroché à son style fortement influencé par les comics US, son découpage notamment qui « déborde » des cases. Et puis surtout son imagination assez stupéfiante. Rien que sur Prophet : le Hurleur, les Titans, les humanoïdes mutants, le démon rouge, les dessins en pleine pages, cet encrage puissant… c’est juste beau quoi. Les graphismes sont aussi un témoignage de l’évolution graphique de son auteur, il suffit juste de regarder pour constater qu’entre le tome 1 et le 3 il y a du changement. Et qu’entre le 3 et le 4, là c’est un fossé qui les séparent. Il faut dire que Patrick Pion ainsi qu’Eric Henninot ont beaucoup aidé sur ce dernier. D’ailleurs une remarque concernant l’intégrale qui ne reprend pas la page d’ouverture du premier chapitre du tome 2, où Jack marche en plein Manhattan Square façon Je suis une Légende, la page avec le logo de Coca Cola. Pourquoi putain ?! Why ?! Elle était magnifique cette page ! On rajoute deux pages mais on en supprime une, allez comprendre…

En conclusion Prophet fait partie de ces œuvres dures mais absorbantes, de celles qui donnent du grain à moudre à ces lecteurs. Typiquement ce que j’aime si en plus la qualité visuelle rentre dans mes clous. Je l’ai lu, relu à chaque nouvelle sortie, puis re-relu avec l’intégrale, et à chaque fois je l’apprécie davantage.

Nom série  Sept voleurs  posté le 22/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
David Chauvel est le créateur de la collection « Sept » chez Delcourt, il était donc logique qu’il veuille lui aussi apposer sa griffe à la série, et toujours accompagné par Jérôme Lereculey au dessin. J’avais dit dans mon avis sur Wollodrïn (autre série du tandem Chauvel / Lereculey) que le scénariste y avait voulu faire son Seigneur des Anneaux, un pari réussi.

Sept Voleurs est également un récit heroic fantasy, normal puisqu’on est dans le même univers que Wollodrïn et qu’on y retrouve certains personnages du premier diptyque. On peut considérer ce one shot à la fois comme un prélude à celui-ci, Ivarr l’archer alcoolique et son compère Ebrinh le semi-orc serrurier y sont introduits, et à la fois comme un « brouillon » si je puis dire, ou une sorte d’essai expérimental (ce qui ne diminue en rien les exigences des auteurs).

Brouillon car le dessin de Jérôme Lereculey, bien qu’agréable, est néanmoins éloigné de la qualité qu’atteint la série Wollodrïn dès son premier arc. Les couleurs non plus ne sont pas les mêmes et sont un ou deux tons en-dessous. Cela témoigne tout de même de l’étoffe de cet artiste qui ne cesse de s’améliorer album après album. L’intrigue se montre simple, efficace, mais peut être un peu trop simple justement et pas suffisamment étoffé ou complexe pour emporter l’adhésion du lecteur. C’est peut-être la raison pour laquelle Chauvel optera pour le choix plus raisonnable d’une construction en deux parties pour Wollodrïn.

Donc voilà, Sept Voleurs fait son job de divertissement, Chauvel y case son Nazgul, son Arken Stone, ses mines de la Moria et son pont suspendu, ses longues marches en file indienne, sa communauté hétéroclite, son dragon, mais c’est sans plus pour moi. Une lecture intéressante pour les amoureux de Wollodrïn, qui peut justifier un achat.

Nom série  Sept Missionnaires  posté le 21/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai bien apprécié cette lecture de Sept Missionnaires. À une histoire traitant de foi et de christianisation, ce n’est pas un moindre hommage que d’avoir fait appel à Alain Ayroles, le scénariste du très culte De Cape et de Crocs, et qui offre ici un récit plein d’ironie mordante, une pique un brin méchante sur les religions avec ce qu’il faut d’humour et de dérision pour que cela ne fâche personne. L’exercice du stand alone est périlleux, plus d’un s’y sont cassés les dents, mais j’ai trouvé la gestion du rythme et l’enchaînement des passages parfaitement maîtrisés, il y a ici une belle entente entre les auteurs.

Assez sympathique, le début ainsi que la présentation des protagonistes est on ne peut plus picaresque et m’a rappelé aux bagarres de gaulois dans Astérix (et l'illustration de couverture représentant une enluminure de ces 7 "Saints" me fait penser aux Dalton). En plus du contexte historique très intéressant en soi (les invasions au IXème siècle), toute la sève du récit réside dans le temps fort où nos sept missionnaires vont contre toute attente, et à l'insu de leur plein gré, réussir cette mission impossible. C’est là que j’ai trouvé l’histoire brillamment cynique, car ce n’est pas par leur piété ni leur passion que ces indécrottables pêcheurs convertiront les païens, mais plus ou moins involontairement par une série d’heureux hasards où chacun aura l’occasion de montrer sa principale qualité, pourtant considérée comme un pêché par l’Église.

L’un est cupide et fort bon négociant (encore un pêché), un autre n’est que colère et les berserkers imposent le respect parmi ces guerriers ; un autre n’est que tristesse (c’est l’acédie en fait mais réduit au concept de tristesse pour une meilleure compréhension du public) et touchera ces âmes brutales de par sa musique, mode pupilles humides et dilatées façon Chat Botté dans Shrek ; un autre est un dépravé qui gagnera le faible sexe à sa cause ; le gourmand remplira les estomacs des gaillards grâce à ses connaissances gastronomiques, tandis que l’orgueilleux et l’envieux qui se suivent joueront un rôle dans la mécanique des péripéties. Ce sont de simples hommes qui parlent à d’autres hommes tout aussi normaux qu’eux. Égoïstes, petits, individualistes, bas, leur principal défaut condamné par l’Église se révélera finalement une aptitude qui sauvera leur peau. Et moi je trouve ça plutôt drôle comme message railleur.

Le dessin de Luigi Critone est assez plaisant même si ce n’est pas ce vers quoi je me dirige en premier. Il est cependant bien à propos avec les trognes des moines qui concordent avec leur pêché respectif, leurs expressions faciales limites caricaturales sont un vrai régal lorsqu’ils se balancent des fions entre eux. Décalage intelligent par rapport au sérieux de l’Ordre ou des « fomoirés ». Un dessin sublimé par les couleurs de Lorenzo Pieri qui offre un véritable feu d’artifice et apporte gaieté et bonne humeur à ce codex qui n’en manque pourtant pas (même si c’est dramatique quand il le faut). Un vrai contraste par rapport à l’apparente austérité des syndiqués de la religion.

« Qu’il est bon d’être apostat » pourrait être la morale de cette hasardeuse croisade.

Nom série  La Hache du Pouvoir  posté le 22/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un album qui se révèle ma foi plaisant à lire pour les connaisseurs de la fantasy capables de le replacer dans le contexte de son époque. Il faut savoir qu’en 1997 le genre était moribond en France, on voyait progressivement sortir du lot des écrivains français comme Pierre Grimbert ou Fabrice Colin, mais dans le 9ème Art, à part Lanfeust de Troy qui apportait de la fraîcheur, on restait dans les clichés usuels. La Hache du Pouvoir fait partie de la collection Terres de Légendes des éditions Delcourt qui a donné un nouvel essor à un genre à bout de souffle avec notamment des œuvres remarquées comme "(le) Serment de l’Ambre", "(la) Nef des Fous", Vauriens ou encore "(le) Coeur de Sang" du présent duo de scénaristes Isabelle Mercier – Roger Seiter.

Alors oui La Hache du Pouvoir est une série abandonnée, défaut majeur qui rebute à la lecture. Problème qui n’arrange pas ses affaires car il apparaît évident après lecture que ce premier tome intitulé Le Prince Guerrier est avant tout introductif, passage obligé du placement des pièces sur l’échiquier. Peut-être que 3 ou 4 albums était prévus car on sent que les auteurs cherchent à tendre vers le récit épique au final « Ragnarökest ». Il y a bien quelques scènes d’action distillées au compte goutte mais à bien y réfléchir, elles ne servent pour la plupart à rien dans la construction de l’intrigue et ne sont là que pour faire office de colmatage : le vol du miroir magique par Loki est un MacGuffin qui ne fait en rien avancer le schmilblick (pas de vol, pas de bataille contre les Trolls, pas de rencontre opportune entre le prince Sigvid et la dame Katla). Le meurtre du noble Gudrodr est aussi un MacGuffin qui ne fait que rendre la sous-intrigue complotiste plus absconse (pas de duel, pas de bannissement pour Sigvid, pas de plan machiavélique foireux de Baldur). Voilà, le récit fonctionne trop sur le « coup de bol » en série qui fait que de fil en aiguille les protagonistes finissent par se rejoindre. Pourquoi Sigvid décide-t-il de se faire mercenaire et combattre dans les arènes ? Parce que.

A la liste des tares j’y ajouterai le style assez ampoulé des dialogues que je trouve à titre personnel un brin ringard. Les ponctuations à base de « je suis las » ou « maudit ! » donnent un côté précieux qui ne convient pas à mon sens à la tonalité du récit. Parmi les pièces à conviction, les clichés habituels des auteurs de fantasy de l’époque qui ne peuvent pas s’empêcher de dégotter des noms sortis d’un catalogue Ikéa : « La Hache de Pouvoir Bolöx du roi-sorcier Gizwor-le-Puissant dernier des Marhs ». Erf…

Ceci étant dit, passons aux aspects positifs ! La Hache du Pouvoir est une histoire de fantasy puisant et s’appropriant les récits de la mythologie scandinave. Le genre est finalement assez inclassable, avec des tendances au récit grandiose et épique à la Poul Anderson sur l’Épée Brisée (roman de fantasy culte entre Tolkien et Howard), sans renier pour autant l’héritage howardien. Anderson pour son appropriation des différents mondes d’Asgard à Hellheim en passant par Midgard, ils y sont tous, ainsi que les différentes races qui les peuples : nains, humains, trolls, dieux et elfes sont de la partie. Et puis, récit classique du Héros au mille visages, il y a l’objet magique, objet de toutes les convoitises, « un anneau pour les gouverner tous… et dans les ténèbres les lier » ^^, représenté ici par une hache aux pouvoirs surnaturels. Verra-t-on l’alliance maudite des nains et des géants revanchards contre celle des hommes, des elfes et des Ases ? Malheureusement on ne le saura(on) jamais.

Mais à côté de ça, il n’y a pas d’identité visuelle, j’ai eu cette impression de pot-pourri brassant différents costumes, différentes architectures, il y a comme un souffle barbare et archaïque qui se dégage de ce monde ancien. C’est très proche de l'esprit de Robert E. Howard et de ce que ce dernier faisait sur Conan ou Kull. Par exemple le prince Sigvid est un nain du Svartalfaheim mais il possède plus des allures de prince barbare elfique. Si on y ajoute les passages d’action un peu bourrin, la psychologie un peu bas étage, les mâles aux muscles atrophiés, les jolies pépés en petites tenues, la chasse aux anciennes reliques (début inspiré par l’intro du premier jeu vidéo Tomb Raider ? ) La Hache du Pouvoir apparaît comme une pure série Sword & Sorcery.

J’ai apprécié les dessins de Frédéric Pillot, un peu dans la lignée du tome 1 du Serment de l’Ambre de Mathieu Lauffray avec un encrage solide, des dessins plutôt inspirés et bien trouvés cependant que je les ai trouvé confus et brouillons dans les passages avec de l’action. Les couleurs ne sont pas en reste, c’est du bon boulot soigné. Je regrette l’absence de dessin en pleine page ou double page qui auraient pu faire pencher un peu la balance. J’aime bien au passage l’idée des armes en « éternyl » qui donnent un côté sabre laser dans Star Wars. Plutôt cool. Apprécié également que le dessinateur arrive avec sa propre vision du peuple nain, et non pas le pompage habituel des illustrations d’Alan Lee utilisées sur Le Seigneur des Anneaux. Les nains peuvent être perçus autrement qu’avec l’imagerie tolkienienne bon sang ! Merci au dessinateur pour ça.

Des regrets donc, ce n’est pas si mauvais que certains le disent, en lui donnant sa chance je suis sûr qu’il y avait quelque chose à en tirer.

Nom série  Judge Dredd - Origines  posté le 01/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je plaide coupable. Je suis très déçu par ces tentatives d’éclaircissement sur l’origine de la création de ce corps totalitaire des juges-bourreaux, des origines de Dredd lui-même, ainsi que de l’édification de méga-cités isolées de l’atmosphère toxique du monde ravagé par la guerre totale. Je n’avais jamais lu auparavant d’histoires originales du personnage créé par John Wagner et Carlos Ezquerra bien que celui-ci me fascine depuis que j’ai visionné le film de 1995 avec Sylvester Stallone dans le rôle éponyme (« La Loi c’est moi ! » tout ça...). D’ailleurs, ce comics reprend pas mal d’idées et de personnages aperçus dans le film, comme ça je n’étais pas totalement perdu en terre inconnue.

Néanmoins un des défauts du scénario est qu’il s’adresse à un public plus ou moins connaisseur à la base. Je me mets à place d’un lecteur ne connaissant rien à l’univers et je me dis que la lecture doit être plutôt ardue du fait que Wagner n’y va pas avec des pincettes et évoque très vite des références passées : que le juge Fargo est le père génétique de Dredd, que Rico est son clone et qu’il a été jugé par celui-ci, etc. D’un autre côté avec une histoire ayant pour titre « Origines » on s’adresse plutôt à un public de fans…

Je l’ai surtout lu pour le dessin de Kev Walker qui a un côté Mike Mignola dans son style et qui me plaît bien. Dommage qu’il ne dessine qu’un tiers du bouquin mais je vais y venir… Bien aimé cette première partie de Walker avec un scénar très polar et course-poursuite avec un Dredd enquêteur qui ne lâche pas les suspects d’un meurtre, comme un clébard et son os à ronger. Du coup je ne comprends pas bien pourquoi Kev Walker s’est fait évincé de la suite puisqu’il s’agit ni plus ni moins de la même histoire : le juge suprême Fargo, initiateur du corps des Judges, prétendument décédé depuis des années, serait peut-être en vie mais retenu en otage dans les terres désolées où ses geôliers réclament une rançon d’un milliard.

Le seconde partie met donc en scène Dredd et plusieurs juges montant une expédition pour secourir Fargo ou au moins voir ce qu’il en est, et coupée de flash back sur la politique des USA ayant conduit à ce que vous savez ainsi que les années de formation de Dredd et Rico . Honnêtement j’ai lu le reste en diagonal. Parce que je trouve le dessin d’Ezquerra hyper moche, du comics sans âme et daté. Et puis ces couleurs… ces aplats fluo à l’informatique vraiment dégueu… insupportable visuellement. Quant aux explications, elles sont décevantes comme je l’ai annoncé. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi simple et d’une banalité à la limite du cliché. Je m’imaginais autre chose, il y avait moyen d’imaginé un truc plus « excitant ». Pas lu les tomes suivants dessinés par le même Ezquerra et d'autres.

Pour moi le meilleur des Dredd au final c’est bien celui campé par le taciturne Karl Urban dans le sobrement intitulé « Dredd ». Un direct-to-DVD franchement bien lui.

Nom série  Nains  posté le 15/03/2016 (dernière MAJ le 11/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nains est une série spin off se déroulant dans le même univers que Elfes, autre série de Fantasy éditée chez Soleil. Sans trop m’étendre la-dessus (voir mon avis pour cela), je n’ai pas réussi à apprécier Elfes qui fonctionne trop sur courant alternatif à mon sens. Entre parenthèses, les scenarii écrit par Jarry sur Elfes sont presque les seuls que j’ai pu encadrer.

Enfin bref, je n’ai pas eu cette appréhension craintive en abordant Nains qui propose quelque chose de rassurant pour une personne comme moi qui aime l’uniformité et la cohérence, avec un seul scénariste officiant sur les cinq albums de la saison une. Et pas n’importe quel scénariste, car Nicolas Jarry connaît son sujet avec déjà plusieurs histoires sur cette race (Nains ! Les Rois Forgerons), on sent aussi le gars qui a passé des nuits blanches sur Warhammer et autres jeux de rôliste, c’est un expert du nanisme qui se présente ici !

Tome 1 Redwin de la forge

Avec Redwin la série Nains démarre sur les chapeaux de roue. Je commence à le remarquer maintenant, Nicolas Jarry écrit des histoires profondément humanistes et touchantes que n’auraient pas reniées certains de mes écrivains favoris comme David Gemmell ou Anthony Ryan. Redwin de la forge est une tragédie familiale chargée d’émotions fortes où les reproches, les humiliations, la haine aveugle, l’orgueil, mais aussi la rédemption et l’amour, sont au programme. C’est une histoire entre un père surdoué dans son art mais à la philosophie dérangeante et méprisé car pacifiste, et son fils talentueux lui aussi mais aux idéaux contraires ; et de leur impossibilité à communiquer et donc se comprendre naîtra une défiance. Avec le temps et la maturité, Redwin comprendra-t-il la sagesse et les choix de son père avant qu’il ne soit trop tard, ou bien choisira-t-il la voie de la rancœur et de l’obscurité ?
Je ne suis pas un père mais cette histoire m’a beaucoup émue, c’est typiquement le genre de récit que j’aime lire en Fantasy avec des personnages extrêmes dans ce qu’ils sont, ce qui cause leur perte; ainsi que des émotions fortes, du sang et des larmes, des sacrifices courageux et un héros sauvé (ou pas) de la damnation.

Une bien belle saga superbement mise en image par Pierre-Denis Goux que j’avais déjà aperçu sur Mjöllnir (sympa mais sans plus (d’ailleurs on re-pompe les duels dans une arène)). Je pense qu’il a eu plus de temps qu’à l’accoutumé pour réaliser ce tome 1 car je ne saurais trop expliquer comment, je trouve le rendu plus « fini » que sur Mjöllnir. Il y a des dessins qui font vraiment baver comme la scène contemplative de Redwin devant l’académie de l’ordre de la forge, et surtout ce duel contre le mage noir qui vaudrait presque à lui tout seul qu’on dépense nos talions. La mise en scène des combats dans l’arène m’a bien fait « triper » avec ce côté « hokutonokeniesque » et les grosses giclées de sang. Vraiment, très bon choix de dessinateur. Et pour une fois je n’ai pas à râler sur les couleurs de Digikore Studios qui ont fait du bon boulot.

En complément d’information pour connaître les moindres détails :
- Pierre-Denis Goux a dessiné les couvertures des trois premiers tomes.
- Jean-Paul Bordier et Nicolas Demarre ont respectivement dessiné la leur.
- Le coloriste serait Diogo Saito même s’il y a un doute comme quoi Olivier Heban en aurait colorié quelques unes.
- Les décors des illustrations de couvertures des tomes un et cinq sont directement réalisés tandis que les illustrations des tomes deux, trois et quatre sont tirés des pages des albums.

Tome 2 Ordo du Talion

Dans ce second opus Nicolas Jarry poursuit sa croisade « fuck the system » avec un personnage élevé, torturé, formaté pour servir de bras armé à un ordre qu’il méprise pour lui avoir volé sa vie, mais dont la toute puissance dans les coulisses de la société naine empêche toute velléité de révolte. Jusqu’à ce qu’un soir Ordo trouve le moyen de faire d’une pierre deux coups en renversant le système établi et assouvir sa vengeance par la même occasion. Il monte une équipe constituée d’Héba sa rivale maître-assassin et de Panham le sang-mêlé roi de la voltige pour ce qui s’apparente comme le casse du siècle, cependant que l’ordre du Talion a des nains tapis dans chaque coins d’ombres ce qui risque de corser la difficulté de cette mission suicide. Encore une fois une chouette histoire sur le libre-arbitre et un héros repenti qui démontre qu’il n’est jamais trop tard pour faire le bien.

On pourra néanmoins pinailler sur certains aspects qui font tâches comme Ordo : sixième fils né le sixième jour de la sixième lune et cédé à la loge noire le jour de ses six ans. Argh… oh non, pourquoi placer un tel cliché ? C’était vraiment inutile. On pourra aussi se dire « encore une histoire d’assassin en Fantasy », car le genre a suffisamment cumulé ces trente dernières années les récits mettant en scène des Assassin’s Creed adorant prendre la pause accroupi sur le toit d’un édifice le regard tourné vers la cité grouillante. Mais bon, quand c’est bien écrit il n’y a pas trop lieu de se plaindre, seulement que ça casse un peu l’excitation de départ. D’autant plus que cela a déjà été fait dans le cinquième tome de Elfes alors que l’on nous avait promis de la nouveauté et de ne pas céder au facile copier-coller…

Le point qui divise le plus c’est malheureusement le dessin. On aime ou on n’aime pas Stéphane Créty, et même si j’ai plutôt apprécié ce qu’il a fait sur Masqué, c’est plus au niveau de ce choix de dessinateur que je m’interroge car c’est un dessinateur qui a un style très inspiré des comics américains. Le trait est épais, les cadrages sont serrés, la morphologie des personnages se montre indécise, les visages au second plan sont indistincts, et les décors dépouillés de fantastique. C’est un peu l’essence même du comics de faire dans la sobriété mais moi cela ne me fait pas fantasmer ce type de graphisme. Pierre-Denis Goux n’y est peut être pas étranger non plus car il est crédité à la conception graphique mais comme je ne sais pas qui fait quoi exactement ici, je me dis que les idées viennent principalement de Créty. Je pense que cela vient aussi des couleurs de Digikore Studios qui la pour le coup font vraiment informatique tellement elles aplatissent le dessin.

Une impression mitigé mais j’ai plutôt passé un agréable moment Fantasy.

Mise à jour 04/04/16
Tome 3 Aral du Temple

Lorsque Nicolas Jarry puise chez Tolkien et Lovecraft cela donne Aral du Temple, l’épisode le plus ésotérique de la saga Nains. Tolkien pour sa référence évidente au Hobbit car il y a chez Aral comme chez Bilbo ce côté récit initiatique et découverte de soi-même, ainsi que la grande aventure, au travers d’une expédition archéologique ici. Quant à Lovecraft, Jarry a décidé de ne pas jouer la carte de la subtilité lorsque est évoqué « celui qui patientait dans les ténèbres » dont on a presque envie de compléter la formule « Dans sa demeure d’Abu’kazan la morte, le gardien attend en rêvant ». Mais comme encore une fois tout cela est très bien écrit dans un one shot de 56 pages, on pardonne à l'auteur ces gimmicks littéraires.

J’ai beaucoup apprécié ce mélange des genres avec Aral qui débute son histoire tel un Adso (Christian Slater) dans le Nom de la Rose en rédigeant ses mémoires. Tout de suite on sent qu’il y a anguille sous roche et que le bonhomme nous prépare une autobiographie des plus pessimistes. Une histoire qui commence sept siècles dans le passé et la découverte par un groupe de miniers d’un artefact renfermant un savoir proscrit. Mais en mettant à jour ce qui aurait dû resté oublié pour l’éternité, les nains ont par la même réveillé un mal ancien qui remonte aux origines de leurs ordres.

Toujours beaucoup de références très cool pour meubler ce récit comme la course poursuite dans la cité possédée et cette échappée dans le téléphérique qui m’a rappelé au bon souvenir d’Indiana Jones et le temple maudit ainsi que la scène très jacksonienne en plan-séquence du Hobbit : Un voyage inattendu, avec les nains s’échappant du royaume des gobelins. On pensera de même très fortement à la partie de cache-cache entre Smaug et les nains dans les forges de la montagne solitaire. Le fan service est donc remplie et très bien mis en image par Paolo Deplano dont j’ai apprécié la technique d’encrage, assez profonde, tandis que sa mise en scène demeure efficace mais sans rien de bien spectaculaire (cela manque sévèrement de dessins en pleine page!). J’apprécie beaucoup ce que réalise la coloriste Elodie Jacquemoire chaque fois que je l’ai vue créditée sur une série, et même si ici le travail est bon, je me demande si cela ne serait pas plus agréable en noir et blanc. De quoi me demander si je ne vais pas tenter de me procurer l’édition spéciale à 500 exemplaires tirée à l’occasion du festival d’Angoulême.

Cela dit, comme dans les précédents numéros, le plus kiffant reste le message délivré par Nicolas Jarry qui dénote par rapport aux autres. Cet Aral dans son parcours et sa conclusion se pose comme un antagoniste à Redwin qui balançait entre deux chemins pour finalement choisir la voix du côté lumineux. Deux fins opposées mais un même message utopique : que le bonheur est à notre porte alors cessons de courir après le « dragon »(comprenez une chimère). C’est la fameuse quête de Tanelorn de Michael Moorcock abordée dans son multivers et le Chaland d’or ! Que voilà de jolies références philosophiques.

Vraiment une superbe histoire. Continuez comme ça monsieur Jarry.

Mise à jour 05/06/2016
Tome 4 Oösram des Errants

Avec ce tome 4 Nicolas Jarry a peut être écrit son scénario le plus abouti ou en tout cas le plus percutant. Comme toujours en toile de fond il aborde une de ses thématiques chérie, celle du père et de la relation filiale et de la transmission de certaines valeurs humanistes.

Mais à travers l’histoire d’Oösram, ce n’est plus un personnage en contestation contre le système mais toute une frange de la population naine qui sème les graines de la révolte. Oösram est bien placé pour savoir que rien ne changera jamais et que ceux situés en haut de la pyramide ont tout à gagner à maintenir le statu quo, lui qui fût un des leurs, gagné par l’avidité, l’ambition et l’obstination, jusqu’à ce qu’il trahisse son roi et par conséquent soit banni au rang des Errants, qui valent moins que des serfs alors qu’ils constituent le gros de la population. Et pourtant, c’est parmi ces sans-dents qu’Oösram apprendra à apprécier la simplicité de la vie, à aimer sa famille et être enfin en paix avec lui-même.

Cependant, les Errants ne vivent pas en vase-clos et les abus dont ils sont victimes sont quotidiens, il en a toujours été ainsi. Alors lorsque l’injustice touche un membre de sa famille et qu’un drame se produit, Oösram le fermier, le père aimant, laisse tomber sa pioche pour s’armer de sa hache et déclarer la guerre aux quatre ordres régnant. C’est du grand Braveheart que nous offre là Nicolas Jarry ! Un vent de liberté souffle sur ce récit, on cite Churchill, et on jette des clins d’œil toujours nombreux à Tolkien et Warhammer (le soldat nain enfourchant un sanglier comme monture est typique de l’imaginaire Warhammer). Et un final modèle de bravoure et de sacrifice en hommage aux trois cents de Léonidas. Après cela, les jours de la ploutocratie naine sont comptées ! Vivement la saison 2 et la Révolution naine !

Quant au dessin de Jean-Paul Bordier, il est très net, riche, les paysages sont variés et collent parfaitement à l’esprit de ce que sont les Errants. Et le dessin sur la dernière planche, je ne sais pas si cela est volontaire ou non, mais la hache plantée dans le sol en gros plan est un formidable hommage à Didier Graffet et Druss la légende. Je regrette juste comme presque à chaque fois que les couleurs soient réalisées sous « ‘toshop », ce qui a tendance à rabaisser la qualité graphique tandis qu’avec une couleur directe on attendrai le must.

Mise à jour 14/09/2016
Tome 5 Tiss du Bouclier


Nains - Season Final !

Nicolas Jarry clos son cycle par là où il avait commencé avec une saga familiale, du sang et des larmes. Le tome 1 racontait la rancune d’un fils, son imperméabilité face aux bons mots et la sagesse du père, jusqu’à la délivrance et la rédemption. Cette fois-ci les rôles sont inversés, c’est la fille qui donne la leçon au père.

Lorsque suite à un drame son dernier né Dohan devient un boitard et qu’il comprend qu’il ne pourra jamais servir dans le noble ordre du Bouclier, le capitaine Brahm tombe dans l’alcoolisme et la haine aveugle. Sa fille Tiss qu’il a toujours ignorée, est triste pour son jeune frère mais voit également là un moyen de redorer le blason familial et de montrer ce qu’elle vaut à son père et par la même occasion à toute cette société naine phallocrate.

Tenir ou Périr !

Une fois de plus l’auteur démontre qu’il maîtrise les ficelles pour séduire les easy readers fantasy et nous offre moments épiques sur moments d’émotions entre : la strong independant woman qui bataille plus que les autres pour réussir jusqu’à devenir un modèle pour ses frères d’armes, les petits soldats insignifiants qui deviendront des valeurs sûres, la formation d’une ligue des vieux briscards cabochés et des estropiés sur le retour pour le décompte final, l’indéboulonnable classique mais efficace Fort Alamo fantasy (remember Légende de David Gemmell ? La bataille du Gouffre de Helm chez J.R.R. Tolkien ? ). Et l’auteur kiffe toujours autant 300 pour mon plus grand plaisir (remember Léonidas et ses derniers hoplites pour l’ultime percée ? Ou bien sont-se les 300 polonais de la bataille de Wizna ? ^^ ). Sur Nains c’est presque un album sur deux qui se termine en tragédie, p’tain, j’en ai presque chialé. Mais toujours l’histoire se termine sur une note d’espoir.

Bien aimé le dessin de Nicolas Demare, surtout sur les paysages et les décors forestiers. Question de goût mais je regrette que ce ne soit pas un brin davantage détaillé. Mon plus grand regret reste ces couleurs informatisée de Digikore Studios dont je n’arriverai décidément jamais à me faire. Peuvent pas faire à cela à l’ancienne chez Soleil ? On atteindrai le truc d’exception.

Mise à jour 14/02/2017
Saison 2 - Tome 6 Jorun de la Force


Les choses bougent tout en conservant la même formule. Pour entamer cette nouvelle saison on reprend là où tout a commencé avec une histoire de père en écho à celle des forgerons Ulrog et Redwin, cette fois-ci entre Redwin et son fils cadet Jorun.

Toujours les mêmes ressentiments de colère qui virent à la haine, de regrets, de remords et de fierté mal placée qui donne une impression de redite qui ne ferait pas beaucoup avancer l’histoire. Mais c’est là qu’on se trompe car si le tome 1 racontait l’antagonisme de deux êtres doués dans leur art et qui finissent pas se retrouver, cette suite se penche sur un perdant qui n’est pas du tout à l’image de son père.

Jorun est un raté, moins doué que son frère aîné dans la forge des armes, il ne se trouve aucun talent et finit par se déconsidérer. C’est l’histoire d’un nain qui, ne parvenant à marcher dans les pas de son père, essaie tant bien que mal (et plutôt mal) de suivre sa propre voie. Mais comme il porte le poids de ses échecs comme un boulet, il entraîne tous ceux qui l’approche vers un néant auquel il aspire inconsciemment. Nicolas Jarry l’explique bien à un moment donné, Jorun est incapable de donner. Incapable de donner, il ne peut donc recevoir. On aurait envie de lui citer ces mots de la résistante Germaine Tillion, histoire de le guider : « Il n’existe pas de gens médiocres, mais seulement des êtres qui n’ont pas rencontrés les événements qui les auraient révélés ».

Jorun trouvera un salut temporaire parmi les mercenaires de la Légion de Fer où il pourra s’appuyer sur le pilier Orss, la fidèle Fey, le sage Gurdan ou encore le guide Fodhron. Autant de bouées de sauvetage qui l’empêcheront de couler au moment du grand final. Redwin sauvera-t-il son fils de l’autodestruction tout comme Ulrog son père l’avait fait en son temps en un ultime sacrifice ? Comme je l’ai dit en introduction, les événements se répètent mais Jarry est suffisamment malin pour ne pas tomber dans le doublon inutile et le récit s’achève sur des destinées contraires. L’air de rien Jorun est probablement le personnage de l’univers Nains que j’ai trouvé le plus intéressant et complexe.

Le dessin de Pierre-Denis Goux est du même bock que celui de la première saison. Ces compositions très détaillées en mettent plein la vue dans les scènes d’action. Toujours beaucoup de changements de décors, gros travail de recherche graphique, bref, visuellement le dessinateur est au rendez-vous et nul doute que les amateurs de fantasy y trouveront leur compte.

Quelques remarques cependant, car l’œuvre parfaite n’existe pas : si on entend souvent parler des limites de la sacro-sainte pagination en 48 planches, je constate également les limites sur la pagination en 64 planches car j’ai senti que parfois le récit méritait davantage de développement mais qu’en raison de ces contraintes, on a droit à une ellipse ou un truc condensé en une page. On bascule un peu trop vite à mon sens des années d’apprentissage de Jorun vers la défense d’un village qui manque de mise en contexte. J’ai l’impression parfois qu’il faut avoir lu Elfes pour tout comprendre des invasions des royaumes nains. La relation amoureuse entre Jorun et la naine Siblis aurait également mérité quelques pages supplémentaires, histoire que ça touche au plus profond, que là ça manque de passion et d’intérêt. De même qu’on aurait aimé voir la retraite courageuse de Redwin vers la forteresse, et plus que 3 planches consacrées à la défense de ladite forteresse (même si c’est très beau encore une fois).

Ultime remarque qui rejoint ce problème de pagination : autant je parvenais à comprendre les ressentiments de Redwin sur le tome 1, le cheminement de ses pensées sombres, le comment du pourquoi, autant j’ai eu du mal sur le caractère de Jorun qui est d’emblée dans son personnage de gros connard alors qu’il n’est encore qu’un marmouse.

Ceci étant dit, c’est une très bonne entame, sur le devenir de Redwin on a déjà envie d’être à la saison 3 !

Mise à jour 11/05/2017
Tome 7 - Derdrh du Talion


« On ne change pas une équipe qui gagne » dit le proverbe, ni même qui perde… Déjà lors de la première saison le binôme Jarry – Créty était celui qui fonctionnait le moins bien à mon sens, question de goût, mais les dessins d’inspiration comics et les sempiternels couleurs informatiques dégueulasses qui vont de pair n’ont jamais été ma tasse de thé. Bis repetita donc : le trait est pâteux, les graphismes n’ont rien d’enivrant (un défaut majeur pour une bd fantasy), idées assez bateau, service minimum, ce n’est assurément pas dans ce genre de bd que j’investirai mes brousoufles.

Un scénario difficile à la comprenette, nettement plus bavard et usant qu’à l’accoutumé. Jusque là les intrigues étaient riches, pas dénuées de réflexions tout en nouant avec des sentiments sincères et s’écoulant de manière fluide dans mon esprit. Ici j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour essayer de saisir les enjeux et la mécanique du complot qui se trame. Le scénariste ne nous avait pas habitué à un tel niveau de complexité et sincèrement, je n’ai pas tout capté, mais les dessins peu avenant ne m’ont pas invité à revenir sur mes pas.

Sinon l’histoire en elle-même est plutôt intéressante et résonne avec l’actualité. On avait évoqué en fin de saison 1 les prémisses d’une révolution par le bas à venir. Cependant ici on traite de la « révolution » par le haut avec une tentative de renversement des ordres en faisant basculer le pouvoir nobiliaire et royal en faveur d’une ploutocratie nouvelle (inspirée de la Révolution française ? ). Corruption, sombre tractation, pacte de non-agression éphémère, coups-bas… quels que soient les coups tordus et techniques d’étrangleur ottoman, c’est toujours la banque qui gagne !
Les retournements sont bien amenés à tel point qu’on en oublie que l’album ne s’intitule pas « Ordo », du nom du protagoniste de la saison 1 de l’ordre du Talion ici sur le retour ; mais Derdhr, la plus grande des salopes manipulatrices. The Rains of Castamere !

Nom série  Dragon Ball Super  posté le 05/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n’étais pas emballé à l’annonce d’une suite à Dragon Ball Z (DBZ) car toujours un peu traumatisé par le naufrage Dragon Ball GT (DBGT). Plus de 20 ans après la fin du manga original, force est de reconnaître que Dragon Ball (DB) suscite toujours autant les passions et demeure le summum de la culture japanime tant chez les fans des débuts que parmi les jeunes générations. C’est là la force des grandes histoires que de perdurer à travers les époques et d’une certaine façon, dans un monde où on presse comme des citrons les-dites œuvres tant qu’elles peuvent rapporter du capital à la société possédant les droits d’exploitations (exemple avec Star Wars…), avec la coopération d’un auteur ayant vendu son âme à Mammon depuis belle lurette, l’éclosion d’une suite intitulée Dragon Ball Super (DBS) me paraissait inéluctable (même si la responsabilité de Toriyama dans les projets GT, Evolution et maintenant Super est à examiner avec des pincettes).

J’ai fait un peu l’autruche au début, visionnant sur le tard les deux films annonciateurs de la série télé que sont Battle of Gods puis Resurection of Freezer, ceux-ci ayant été par la suite refondu dans la série télé en tant que chapitres un et deux. Au final j’avais trouvé cela pas mal sans plus, les techniques graphiques ne sont plus les mêmes qu’autrefois et même s’il est impressionnant de voir Son Goku se fritter en 3D, on a pu déplorer un design guère alléchant voir carrément bâclé sur certaines séquences. La curiosité s’arrêtait là. J’ai regardé cela de la même façon que DBGT comme une œuvre de fan-service commercialisable, mais pour moi il était clair que DB s’arrêtait au manga de Toriyama. La différence entre DBGT et DBS est que j’ai lu par la suite que Toriyama était apparemment très impliqué (selon les infos officielles) dans le processus de création de DBS. Il est en effet crédité comme scénariste et concepteur graphique de certains nouveaux personnages, toute la différence avec un produit essentiellement commercial comme DBGT où il n’était en rien impliqué.

C’est là que se situe l’arnaque car il faut bien comprendre une chose : le manga DBS n’est pas le média de base et sert d’outil promotionnel à la série télé dont les épisodes sont diffusés avant la publication papier. C’est une astuce publicitaire de mettre en gros sur le manga « Akira Toriyama » en tant que scénariste, le lecteur-consommateur a cette impression d’avoir un truc authentique créé par le mangaka alors qu’en réalité, qu’elle est sa part de travail dans le processus de création de la série ? N’étant pas dans le secret des kaïoshins, nul ne le sait vraiment, mais il y a fort à parier et plusieurs sources en attestent (c’est un secret de polichinelle en réalité), que les vrais scénaristes sont ceux de la Toei Animation, qui font selon leur bon vouloir. Certes Toriyama a participé au storyboard de Battle of Gods et a fourni quelques dessins mais la collaboration n’irait guère plus loin. Pour donner du crédit au projet on fait confiance à un brillant imitateur de Toriyama en roue libre, le mangaka Toyotaro qui est un fan à l’origine paraît-il. Cela se voit, on jurerait le style graphique de l’empereur sans couronne, quoiqu’il demeure un ton en-dessous, ayant remarqué plusieurs erreurs de proportion et certaines approximations, choses que je ne voyais jamais dans DB.

Ce préambule, que je juge nécessaire pour savoir dans quoi on met les pieds, fait, reste à savoir tout de même si c’est vraiment bien DBS ? Pour moi la réponse est clair, c’est un « iya » (non). Certes, comme je l’ai mentionné plus haut le dessin de Toyotaro (et de ses assistants) est satisfaisant dans l’ensemble. D’accord le chara-design des nouveaux venus Beerus et Whis est une réussite. Le problème ne vient pas du dessin mais bien du scénario :
Je pense que tout le monde est à peu près d’accord pour dire qu’à la fin DB allait trop loin dans le « grobillisme » avec ces super saiyans destructeurs de mondes et de systèmes entiers. On percevait d’ailleurs chez Toriyama une volonté de renouer avec ses premiers amours et l’humour scatologique-enfantin au travers des deux gamins surdoués Trunks, Goten, et du djinn Boo. Bref, il était tant que cela s’arrête et l’épilogue émouvant où Goku prenait sous son aile le jeune indien Oob, réincarnation de Boo, offrait une conclusion à la hauteur du mythe, pleine d’espoir en un monde meilleur. Cependant le gentil Oob vous pouvez déjà l’oublier dans DBS qui commence quelques mois après la fin de DB. DBS s’ouvre sur une incohérence en lien avec l’épilogue de DB, ce qui n’est pas très bon signe… Ce que je reproche en fait à DBS c’est d’aller encore plus loin dans la surenchère et le grosbillisme alors que les fans avaient dit « stop ». DBGT c’était naze, mais au moins je comprenais la démarche du premier arc de tenter de renouer avec la nostalgie des débuts en repartant pour une chasse aux boules de cristal à l’échelle galactique avec un Goku rajeuni. Ensuite ça a sérieusement déconné mais au moins l’objectif était honnête.

DBS c'est une physionomie opposée à DBGT mais toujours aussi mal foutu. On se foutait de la gueule de Goku super saiyan 4 et du singe géant doré mais que dire de DBS et de son saiyan god (saiyan rouge) et de son super saiyan god (super saiyan bleu) ?! On se foutait de la gueule du retour de C-17 en Super C-17, mais que dire dans ce cas du retour du retour de Freezer ? Et je ne vous parle pas du retour du retour de Trunks du futur qui a encore des emmerdes dans une réalité alternative. Nous avions le Tout-Puissant et le démon Piccolo maîtres sur Terre, puis les Kaïos gardiens des 4 galaxies, puis les Kaïoshin maîtres de l’univers. Maintenant il y a les dieux de la destruction subordonnés par des « anges » dans 12 univers clones coiffés par le roi du cosmos. Non mais jusqu’où iront-ils ? Qu’elle est la prochaine étape ? Son Goku et Végéta rivalisant avec le roi du cosmos puis plus tard un Dragon Ball Méga où on apprendra qu’il existe 11 dimensions avec des créatures plus balèzes qu’eux ?

Finalement le plus navrant ce n’est pas que DBS n’apporte rien de neuf et qu’il s’enfonce un peu plus à chaque fois dans la démesure. Le pire étant qu’il se révèle fade, paresseux, d’un conformisme désespérant. Je prends de l’avance sur le T1 car j’ai lu la suite déjà parue au Japon et on n’échappera pas au fameux Tenkaïchi Budokai qui m’avait tellement enchanté plus jeune. Sauf que même à l’échelle galactique les combattants (et les combats!) sont pathétiques, lassant, l’humour tombe à plat, les enjeux sont dérisoires donc difficiles à rendre passionnant. Cela ne vole guère plus haut qu’une fan-fiction style Dragon Ball Multiverse (que je respecte parce que cela reste de l’amateurisme et un projet de potes).

Il y aura bien quelques sursauts et arcs intéressants à venir, j’en conviens, mais il ressort de tout-ceci une impression d’inutilité. DBS est à l’image de ses nouveaux bag guy comme Freezer doré, c’est la transformation de trop, et à l’image du djinn Boo je me dis que DB aurait dû demeurer prisonnier dans son cocon, figé pour l’éternité.

Nom série  Blanche Neige  posté le 15/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est très à la mode depuis quelques années chez les scénaristes et producteurs de s’emparer des mythes et contes populaires et de vouloir raconter « l’histoire derrière l’histoire » en une sorte de préquel fictif libre d’adaptation. Cela peut prendre la forme de la comédie comme le film La véritable histoire du chaperon rouge, du genre action pop-corn complètement débridé type Hansel & Gretel Witch Hunters, ou bien encore un traitement pseudo historico-réaliste façon Hercule (2014).

De Blanche-Neige je ne connaissais que la vision pour enfants produite par Walt Disney. À partir de là, un petit reproche que je peux faire à Philippe Bonifay, c’est de ne pas préciser le but de sa démarche dans un avant-propos, car je n’ai pas compris s’il s’agissait d’une adaptation en bande dessinée du conte des frères Grimm, ou bien s’il a travaillé sur la matière première, le conte folklo des origines dont il livrerait sa propre vision. Puisqu'à l'origine ces histoires n'étaient pas spécialement destinées aux enfants, c'était plus des légendes informes qui se transmettaient oralement. Je ne suis pas spécialiste mais il me semble que les frères Grimm étaient un peu comme des compilateurs collectant les diverses légendes rurales et autres contes folkloriques prussiens qu’ils réécrivaient ensuite à leur sauce. Bon ceci-dit ce n’est pas si important que cela… j’aurai juste apprécié quelques précisions.

Pour rentrer dans le vif du sujet, je suis plutôt partagé. J’ai trouvé la première moitié du récit plutôt abscons, ne parvenant pas toujours à mettre un nom sur tel ou tel personnage et je n’ai pas trouvé les dialogues très éloquent. Globalement j’estime que la synergie entre le dessin de Fabrice Meddour et le récit de Philippe Bonifay ne fonctionne pas. En témoigne cette voix off qui vient empiéter en permanence sur la case suivante décrivant autre chose et qui devient assez saoulant à la longue, et alors qu’on se situe plutôt dans le registre du drame, les expressions faciales des personnages sont à l’évidence à côté de la plaque, comme des acteurs qui joueraient affreusement mal. C’est dommage car le ton dark me branchait bien (un peu comme le Peter Pan de Loisel), que j’ai su apprécier l’histoire dans les grandes lignes et suis davantage rentré dans la seconde moitié une fois que les pièces étaient bien en place.

Pour revenir brièvement sur les dessins, j’ai retrouvé chez Fabrice Meddour les mêmes défauts que j’avais pu constater sur d’autres séries avec des proportions pas toujours très corrects qui viennent gâcher des graphismes que je trouve plaisant dans l’ensemble grâce notamment au bon travail de Stéphane Paitreau à la couleur directe.

L’impression d’ensemble penche vers le « meh... » mais des lecteurs moins sourcilleux que moi pourraient y trouver leur compte/conte sans problème.

Nom série  Hel'Blar  posté le 25/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il y a des bandes dessinées sur lesquelles on tombe au petit bonheur la chance et où on perçoit d’instinct qu’elles vont nous conquérir sans difficulté, simplement en lisant le pitch, en feuilletant et zieutant quelques secondes sur les planches. On se dit « ça sent bon », puis ensuite, après lecture, on est tout simplement ravi de constater qu’on ne s'est pas trompé et qu’en plus, c’est largement mieux que ce qu’on présupposait.

C’est l’effet que provoque cette nouveauté du clan Sierra qui débarque un peu dans l’anonymat sur la pointe des pieds, petit éditeur, sans gros moyens, mais dont l’entrée fracassante sera sûrement remarquée des amateurs de fantasy.

Alors qu’il est de retour d’un fructueux raid, le jarl Harek et ses vikings ont le malheur de découvrir que leur village Lagarvik a été attaqué par cinq Draugar, des créatures immortelles issues du Helheim que personne ne s’imaginait réelles. Certains ont échappé au massacre, aussi Harek apprend que ses propres enfants et neveux ont été enlevés pour d’obscurs desseins. Selon la Völva, sa lignée serait maudite, de sombres forces se mettraient en marche, le compte à rebours est lancé. Parce que ce bain de sang ne saurait resté impuni et parce qu’il y a encore un espoir de sauver les siens et de déjouer le Wyrd (son destin), Harek rassemblent ses meilleurs guerriers.

Le scénario n’est pas totalement original, « encore des vikings » répliqueront certains rabats-joie. Certes, mais c’est sans complexe et avec honnêteté que les auteurs affichent leurs références éparses principalement issues de la culture populaire : Aucune suffisance à admettre les inspirations cinématographiques comme Le 13ème Guerrier dans la composition du groupe, des jeux vidéo comme The Elder Scrolls Skyrim pour les Draugar vampires (Harek serait-il le Dovahkiin ? ^^ ), des romans comme les Marcheurs Blancs du Trône de Fer voir aussi des Unis (mi-homme mi-loup) de David Gemmell, du comics comme Northlanders, et même de la musique thrash metal nordique ainsi que de l’instrumental comme le compositeur de Conan le Barbare, Basil Poledouris, snobé aux Oscars. Cependant, pas de redite ni de patchwork répulsif et sans saveurs ici, les auteurs viennent jouer avec leurs propres billes et le background est encore trop brumeux pour qu’on puisse se livrer au petit jeu des pronostics.

C’est cela qui est bon dans Hel’Blar, qu’est-ce que ça fait du bien de lire des auteurs qui savent de quoi ils parlent et qui comprennent les attentes des lecteurs fantasy d’aujourd’hui. Ici on cause entre passionnés, parce qu’il y en a marre des scénaristes qui rabâchent les mêmes vieilles histoires rances ersatz du Seigneur des Anneaux et qui ne sont publiés que parce qu’ils ont un nom et leur rond de serviette chez un éditeur. C’est tout à l’honneur des frères Sierra, ces Karls (hommes libres), d’avoir refusé certaines propositions pour écrire l’histoire qu’ils rêvaient.

Mais une chouette histoire et de bons dialogues ne suffisent pas. Il fallait des graphismes à la hauteur et pour cela, Alex Sierra a réalisé un travail à faire pleurer les Ases. En toute franchise je n’ai pas été autant sur le cul depuis Siegfried d’Alex Alice. D’ailleurs si vous appréciez celui-ci, les graphismes d’Alex Sierra sont du même tonneau avec un style semi-réaliste d’une grande finesse, l’encrage permet de suggérer toute une palette d’émotions des personnages lorsqu’ils sont en arrière plan, cela joue admirablement bien sur les ombres, et comme si cela ne suffisait pas les couleurs déploient un faste, du flamboyant selon l’ambiance du moment. Saluons également le travail de recherche car il n’y a pas un visage qui ressemble à un autre, il est aisé de distinguer les 13 vikings dotés chacun d’un certain charisme, le passage fantasmagorique avec les Nornes (équivalent des Moires grecques) est renversant. On est vraiment trop gâté sur certaines compositions où il parvient à mettre du rythme dans les scènes d’action tout en les ponctuant de dessins en pleine page franchement jouissifs. Je ne me suis toujours pas remis du passage de Leif invoquant tour à tour le « cyclone » des corbeaux d’Odin ni du grand « flash » de la foudre de Thor (« VOUS NE PASSEREZ PAS ! »), et encore moins des passages inspirés des mangas de baston (ou des comics de super héros au choix) comme DBZ où ça se met méchamment sur la tronche.

J’ai rarement été aussi enthousiaste sur une nouveauté, et pourtant je ne suis pas édinaute (édition basée sur le crowdfunding), fâcheusement arrivé après la bataille. Mais qu’Heimdall le père des hommes m’en soit témoin, pour la suite j’en serai.

Skål !

Nom série  L'Epopée de Gilgamesh  posté le 15/09/2011 (dernière MAJ le 08/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Réécriture d’un de mes premiers avis sur un album que je viens de relire et qui mérite à mon sens davantage d’exposition.

Gilgamesh est aujourd’hui bien connu des passionnés de mythologie et autres férus de grandes gestes héroïques. Ce grand roi-guerrier ayant peut-être réellement existé, figure la plus ancienne recensée au panthéon des héros mythologiques, était forcément appelé un moment ou un autre à avoir son adaptation en bande-dessinée. Histoire fondatrice (dans sa quête d’immortalité Gilgamesh était supposé rencontrer Ziusudra, dernier survivant antédiluvien), personnages égéries (la colère de Gilgamesh a pu inspirer celle d’Achille, son frère-ami Enkidu s’attribuant le rôle de catalyseur comme Patrocle, les exploits accomplis ne sont pas sans rappeler ceux d’Héraclès et Orphée) ; il y a là le terreau propice à l’écriture d’une grande aventure de fantasy.

L’heroic fantasy est le genre moderne pour raconter de façon romancée les récits mythologiques antiques, qu’ils soient scandinaves, grecques, assyro-babylonien, égyptiens, celtes, ou encore issus des Eddas ou du Mahabharata. Dans sa trilogie Siegfried, Alex Alice a tenté (brillamment) de revenir au parcours du héros mythologique dans sa forme la plus pure et essentielle, telle que l’avait définie Joseph Campbell dans son essai sur le monomythe, Le Héros aux mille et un visages, et on retrouve pas mal de cet aspect là ici, à la différence que L’Épopée de Gilgamesh se révèle beaucoup moins poétique et sans la musique entraînante de Richard Wagner. Julien Blondel en grand passionné de jeux de rôle, connaît son affaire, on le sent davantage inspiré par le film Conan de John Milius et, pourquoi pas, par sa bande originale de Basil Poledouris. À un récit plein de fureur, de soldats aux muscles hypertrophiés, de sang et de sexe, se déroulant à une époque archaïque, il lui fallait des images et des sons imprimant ce sentiment de brutalité primale, à la fois énergique et intrépide.

C’est pour tout cela que je pense que ce tome unique mérite le coup d’œil. Malgré le fait qu’on n’aura jamais la partie sur le voyage initiatique du héros mésopotamien, son combat contre le monstre Humbaba (que j’imaginais bien dessiné en Lammasu), la mort d’Enkidu, la descente aux enfers ou qu’importe ce que Blondel nous réservait ; Le Trône d’Uruk possède un côté hyper immersif où le lecteur est plongé sans tour de chauffe en pleine bataille, la mise en place est bonne avec un protagoniste arrogant et suffisant qui devra par la suite apprendre l’humilité, le style n’est pas lourd et pompeux comme peuvent l’être nombre de récits heroic fantasy abusant de la narration à la troisième personne, le panthéon sumérien a été allégé pour bien coller à ce côté retour aux sources, et j’ai bien aimé l’idée de confondre en une seule entité la déesse Innana et sa prêtresse Ishtar.

La BD aurait marché parce que les auteurs savent ce qu’ils font. Alain Brion est un formidable illustrateur au style immédiatement reconnaissable et qui a œuvré sur un très grand nombre de couvertures de romans SFF (Rhââ les intégrales d’Imaro et du Lion de Macédoine sans oublier Thongor ! ). Je ne saurai classifier sa technique, mais son style réaliste exécuté à l’informatique à un quelque chose de très illustratif auquel je ne suis pas fan d’habitude en bande-dessinée. Néanmoins ici cela passe formidablement bien, les plans sont larges et renforce le côté contemplatif de certaines scènes, tout en gardant de la fluidité et la sensation de lire une BD et non pas un truc figé qui vous laisse froid. Et je crois que c’est le gros point fort de cet artiste : ses couleurs très variées assorties aux différents lieux, ses ambiances où il suffit parfois d’une seule case, le côté généreux de l’artiste qui en met plein la vue au lecteur jamais rassasié, ses inspirations fantasmagoriques qu’on pourrait penser issues de l’imaginaire Warhammer ou de Frank Frazetta (les taureaux qui tirent le char de Gilgamesh, les ours de guerre) ; tout cela fait de Brion un dessinateur prédisposé à ce genre d’histoire.

Alors n’étant pas dans le secret des dieux, je ne sais pour quelle raison la série a été arrêtée (probablement les ventes…), mais c’est certainement la série fantasy sur laquelle on aura le plus de regret de ne pas avoir eu la suite. En tout cas Alain Brion n’en tiendra pas rigueur à Soleil puisqu’il dessine maintenant un autre grand espoir de la fantasy, cette fois arthurien avec Excalibur - Chroniques. Julien Blondel poursuit lui son bonhomme de chemin puisqu’il est le scénariste principal de mon plus gros coup de cœur bd fantasy de ces dernières années : Elric (Glénat).

« L’Histoire commence à Sumer ». Samuel Noah Kramer.

Nom série  Les Crocodiles  posté le 02/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
« Meh »

Comme ce n’est pas une bédé de divertissement mais un truc censé interpeller et éveiller les consciences, l’objectif est selon moi raté puisque pour le bonhomme en faveur de l’égalité des sexes, le gars dans l’air du temps, le type normal quoi, ce fût plus énervant qu’autre chose étant donné le nombre de situations caricaturales où l’individu doté de chromosomes XY est décrit comme un prédateur sexuel en acte ou en puissance (même les enfants sont dessinés en croco).

Quant au mâle alpha misogyne, si tant est qu’il lise cette bédé, je ne pense pas vu le discours caricatural, que ça vision change après lecture.
Entre parenthèse, si l’auteur se sent obligé de justifier son propos dans un préambule, c’est bien qu’il doit y avoir un petit souci et que finalement il ne maîtrise pas son sujet. Explications qui ne m’ont pas convaincu ceci-dit.

Une bédé inutile qui crée plus de problèmes qu’elle n’en résout. Sinon le dessin est agréable et facilite une lecture rapide.

Nom série  La Chute du Dragon Noir  posté le 22/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Peiné, déçu, contrarié, désenchanté, mécontent, bref, c’est la douche froide. Aucun mot n’est à lui seul suffisamment éloquent pour décrire le sentiment qui m’a traversé une fois reposée cette bande-dessinée.

Tombé dessus un peu par hasard, plein de joie et d’allégresse lorsque je commence à comprendre que cette bédé se veut un hommage à l’heroic fantasy style Howard et Gemmell, moi, un grand fan de l’auteur britannique décédé la même année que la sortie de cette bédé. Je feuillette l’album, les graphismes ne m’emballent pas des masses mais je suis prêt à leur donner une chance. La couverture me fait dire que ça sent pourtant bon le Gemmell cette histoire, l’épée plantée dans le sol au premier plan est une image archi connue de l’illustration fantasy par Didier Graffet, artiste qui a réalisé toutes les couvertures de Gemmell chez l’éditeur Bragelonne. Ensuite je lis le pitch, ça parle de la déchéance d’un grand héros, Kriff, alors là mon sang ne fait qu’un tour, serait-ce un émule de la figure iconique du cycle de Drenaï : Druss (Kriff/Druss ? ), le capitaine à la hache, Marche-Mort ? On me parle d’une compagnie d’élite, les Légion d’Acier, comme les Dragons dans Le Roi sur le Seuil ? Et puis ce tome 1 s’intitule Nadir quoi, comme l’envahisseur immémorial qu’on retrouve quasiment dans tous les Drenaï. On me parle de batailles, d’une donzelle à sauver (comme dans Druss la légende ? ), et surtout de types qui ont des valeurs et un honneur. Oh la la la la ! Je sens que ça va être trop du ballon ce truc !

Et là, méga-hyper-géant epic fail, « pouin pouin pouiiiiiiiiiiiiiiiin ».

Qui du scénariste ou du dessinateur s’est le plus foiré ici ? Naufrage collectif ? Bon, je vais y revenir mais je pense que Miroslav Dragan, de son vrai nom Michel Dufranne, avait quelques bonnes idées en tête, j’ai compris sa démarche sympathique de faire grosso modo une histoire classique du héros de guerre déchu qui crie vengeance et affronte mille épreuves avant de revenir sur le devant de la scène tout ça, raconté à un rythme sans répit « d’actionner fantasy ». Mais que c’est mal foutu ! Sérieusement, d’accord le dessin n’est pas génial mais arrive un moment où les mecs doivent accorder leur violon, se relire, ils ont dû s’apercevoir que tout cela manquait complètement de liant.

Déjà la construction du récit : pourquoi s’emmerder la moitié de l’album sur cette histoire d’ambassadrice enlevée ? Et puis d’ailleurs pourquoi se fait-elle kidnapper ? Cela n’a pas de sens, il y a un sérieux manque de mise en contexte et d’explications permettant de comprendre les tenants et les aboutissants. La fille est ambassadrice de la plus puissante nation du monde, elle est faite prisonnière (pourquoi ?! ), puis elle est escortée dans le désert vers un autre endroit (pourquoi ?! ), puis la caravane est attaquée par des bédouins (c’est ce que j’ai cru sur le moment), mais plus tard, comme j’ai rien compris, on l’a retrouve finalement dans les geôles d’une prison.

Le dessinateur, ou le scénariste car après tout je ne sais pas qui décide de quoi, ne nous est d’aucun secours avec son découpage saccadé, des coupures au mauvais moments, par exemple : fin de la p42 Kriff est sur un promontoire et observe un feu de camp, première case p43 Kriff est à genoux devant le chef de camp. Où est l’explication, quand, comment se fait-il capturer ? Il faut vraiment suivre et faire soi-mêmes les déductions si on ne veut pas être largué. Peut-être est-ce dû à l’inexpérience du dessinateur, mais dans ce cas il fallait stopper dès le début du projet car il y a un sérieux problème de lisibilité dans son dessin. J’ai cette impression qu’il manque toujours 2 voire 3 étapes à la finalisation des graphismes. Je cite des exemples entre autres, mais p11, p15 ou p30, le dessinateur en reste à la phase du croquis. WTF ? Du croquis quand ce n’est pas de la peinture esquissée avec forcément des expressions faciales très sommaires. Des graphismes hyper nébuleux avec en prime des choix de plans douteux qui en rajoutent dans la confusion.

Bon, déjà que c’est pas le pied à regarder, il faut en plus que ce soit pénible à lire, parce que bonjour le style ampoulé des dialogues avec le prince qui en fait des caisses sur la beauté de l’ambassadrice (c’est bon, on a capté, elle est belle) ; les répliques du genre « à notre prochaine rencontre, je le jure sur les astres, je te tuerai », il y en a à la pelle. Le scénariste veut que le lecteur ressente de l’empathie pour ses personnages mais ce n’est pas possible de ressentir quoi que ce soit pour la famille de Kriff qui débarque en plein milieu de l’album sans introduction, on ne connaît pas leur background alors qu’est-ce qu’on s’en fout de leur devenir ? Mais le dessin encore une fois… il est mort ou juste assommé le gamin p32 ?… Le héros Kriff est le cliché du barbare à la cervelle de piaf (au secours les répliques à base de « A manger. J’ai faims ! Je vous ai aidés. Donnez-moi à manger ! »), indigne du Conan nietzschéen de Robert E. Howard ou de l’humaniste et droit Druss de David Gemmell. On enfile les clichés comme on empale les ennemis sur une pique, comme avec le roi, figure archétypale du tyran qui tranche lui-même les têtes de ses sujets lorsqu’ils manquent à leur devoir ; le prince libidineux, la princesse-sorcière qui se met à oilpé pour faire ses incantations, et la pelleté de compagnons d’armes inutiles du héros dont on ne peut pas à retenir tout les noms (de toute façon on ne les reconnaît pas).

S’ajoute à cela des raccourcis (encore) scénaristiques dans les passages d’actions supposément le point fort du bouquin : car la bataille de Hiérophinis est incohérente avec une tactique militaire foireuse où l’assiégé laisse délibérément pénétrer les forces assiégeantes dans la cité pour les prendre en embuscades façon guérilla urbaine (d’où la référence au film La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott) mais c’est complètement con puisque la cité on le voit bien, possède des murailles hautes capables de soutenir un siège. Je n’ai rien compris au dénuement. Qui a gagné ? La chute du dragon noir censé être le moment pinacle du bouquin est bâclé en 3-4 cases sans parvenir à dégager d’émotions, mais ce n’est pas grave vu qu’on n’éprouve aucune empathie pour les personnages…

Je pense au final que le projet aurait dû être davantage travaillé en amont : le scénariste avait bien en tête son schéma de descente en enfer du héros, le passage des épreuves dans l’inconscient faisant de lui un nouvel homme, etc. Mais il se saborde le truc avec une première moitié pénible, confuse et rallongée, ainsi qu’un dessinateur inexpérimenté bossant en roue libre. Parce qu’on peut voir le travail d’illustrateur de Goran Josic aujourd’hui sur le net sur des projets de série d’animation, de jeux vidéo, et on voit bien qu’il y a eu progression. Mais en 2006 sur La Chute du Dragon Noir on le sent à la ramasse totale.

Nom série  Akron le Guerrier  posté le 19/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A la toute fin du Vème siècle a.v. J-C. 10000 mercenaires grecs sont engagés par le prince perse Cyrus le jeune pour renverser son frère le roi Artaxerxès II. Après plusieurs victoires, les hoplites subissent la débâcle et s’enfoncent au cœur de cet empire infini. Suite à un guet-apens les officiers se font massacrer et les 10000 se retrouvent sans chef pour les ramener au bercail. Le philosophe Xénophon qui n’est en ce temps qu’un jeune hoplite, est choisi pour conduire la retraite. Cette fuite menée avec bravoure se termine par un succès où presque la moitié des soldats auront survécu au froid, la faim et la soif, avec une armée ennemie à leurs trousses. Xénophon relatera cet exploit dans son célèbre Anabase. Une histoire qui inspirera bien des romanciers historiques et fantastiques comme l’irlandais Paul Kearney dans son premier tome de la trilogie Les Macht intitulé 10 000 – Au cœur de l’Empire.

En 2009 les italiens Samuel Daveti et Giorgio Trinchero puisent également dans les grandes gestes historiques et la culture littéraire populaire pour écrire l’histoire d’Akron, dernier survivant des 10000 de l’empire fictif Adzen. La différence étant que l’épopée d’heroic fantasy qu’on nous promettait ne verra jamais le jour, la série ayant été lâchement abandonné dès le tome un, ne reste plus qu’un tome d’ouverture prometteur au ton sombre et tragique.

Le décor planté par Nicola Saviori se révèle sympathique, la capitale s’inspirant d’une architecture méditerranéenne orientale, on imagine fort bien la civilisation Adzen comme un pendant de l’empire romain d’Orient assimilant la culture et les traditions autochtones tant que ces derniers demeurent fidèles à l’empereur. Le dessin presque cartoonesque n’est pas ce que je préfère, mais le trait de Saviori très inspiré par l’animation style Disney se révèle bien maîtrisé sur les premiers plans et les ombres. À noter également l’attention portée aux scènes d’actions qui sont détaillées tout en restant dynamiques. Un mauvais point cependant en raison du recours à certains archétypes visuels comme les visages où les méchants ont forcément des têtes de méchants. La colorisation de Luca Saponti est parfaitement raccord avec ce style animation, c’est pétillant, engageant et chaleureux.

Un graphisme drôle et qui interpelle tant il contraste avec l’ambiance et les enjeux de ce récit. Car en substrat les auteurs tiennent un discours à charge où ils dénoncent à travers la figure du roi les pourritures ploutocrates va-t-en-guerre toujours prêtent à manipuler les foules, titiller leurs pulsions destructrices où, sous couvert d’apporter la liberté l’obecjtif réel et d’accumuler des richesses matérielles et maintenir sa position de dominant. On associe l’étranger (le royaume de Torgrom = Irak) comme un ennemi qui en veut à notre mode de vie et on ressort les discours des néo-cons style Colin Powell sur les armes de destructions massives (mais « invisibles » ^^ ). Plus le mensonge est gros, plus il y a de chances que le discours passe auprès de l’opinion public c’est bien connu.

Les auteurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère sur la culpabilité de l’empire Adzen (=USA. Pas pour rien si les personnages s’appellent Ted, Norman, Mark, etc), car en mettant ce dernier sous la coupe de la déesse maléfique Clara, ils puisent dans l’imaginaire dark fantasy de Michael Moorcock et l’empire Melnibonéen placé sous la férule du duc des enfers Arioch.

« DU SANG ET DES ÂMES POUR CLARA (ARIOCH) ! ».

On ne peut que se lamenter de l’abandon de la série car on devine qu’Akron l’ultime survivant était promis à un destin de libérateur à la Maximus Decimus Meridius dans Gladiator. De plus, les auteurs ne se montrent pas avares en éléments fantastiques teintés de chamanisme avec des petites bestioles chimériques rigolotes ou carrément un monstre manticore inspiré des Izunas japonais, quand ils ne vont pas puiser leur inspiration du côté du conte de fées (la petite maison de la sorcière au fond des bois). L’album n’est pas parfait, on n’évite pas certains passages loufoques comme la mort guignolesque d’un personnage de premier plan dans un moment qui ne devrait pas prêter à rire (entre parenthèse : tout le monde sait que la section de commandement ne se place jamais aux avant-postes devant la ligne archer, mais derrière en hauteur), et le récit n’est peut-être pas suffisamment posé pour permettre au lecteur d’avoir de l’empathie pour les personnages. Cependant, on sent qu’il y avait du potentiel et que trois albums ce n’était pas non plus la mort. Alors hein, pas bien Soleil.

Nom série  Ténèbres  posté le 18/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une histoire de fantasy scénarisée par Christophe Bec est forcément une curiosité. Sur Eternum j’avais senti que l’auteur se faisait plaisir en même temps qu’il faisait redécouvrir aux lecteurs toute cette bonne vieille SF des années 70-80. Pour Ténèbres l’objectif affiché semble être le même de renouer avec ces histoires qui l’ont émerveillées adolescent et qu’il avait envie de remettre à la carte, de l’aveu de Bec lui-même, pour un public adolescent d’aujourd’hui. Seulement voilà, la fantasy n’est pas son genre de prédilection, on ne l’y avait plu vu depuis Dragan sa toute première bédé sortie en 1993, et le lecteur rompu au genre constate très vite les carences et les limites du duo qui se contentent voir se complaisent à régurgiter des idées prémâchées par d’autres. La recette de Ténèbres est simple, du réchauffé au micro-onde qui repose sur trois ingrédients majeurs : Le Seigneur des Anneaux, Superman, Alien. Il y a bien entendu d’autres influences que je mentionnerai plus bas mais se sont les trois à retenir.

Tous les écrivains, tous les artistes, ont subi d’une façon ou d’une autre le rayonnement des grands maîtres du passé, rien de plus normal donc à ce que leurs héritiers s’en revendiquent et y puisent leurs inspirations. Ce que je reproche à Bec sur Ténèbres, c’est de n’avoir absolument aucune originalité ni même de faire le moindre effort d’imagination. Aussi n’y allons pas par quatre chemins, ce que font Bec/Iko sur Ténèbres s’appelle tout simplement du plagiat. David Chauvel n’a jamais caché qu’avec Wollodrïn il voulait faire son SdA, mais on parlera plus ici d’influences, de clins d’œil et d’images évocatrices. Bec/Iko se montrent aussi subtiles qu’un hollandais en gros sabots mâchant ses croustillons en casant jusqu’à l’indigestion tous les meilleurs plans possibles de leurs trois agréments fétiches :

- Le royaume volcanique inhospitalier est une contrée jumelle du Mordor, et sa capitale Kirgräd à l’architecture gothique aussi sublime soit-elle n’est qu’une photocopie conforme de Minas Morgul, et pour délimiter la frontière de ce royaume desséché avec le reste de la civilisation on réemploie à l’identique le fameux Argonath, la porte des rois. Le mimétisme est même poussé jusqu’aux feux d’alarme du Gondor dont la garde reprend le design des casques des soldats d’Osgiliath et, summum du pillage, les mêmes lignes de dialogues que dans La Communauté de l’Anneau de Peter Jackson avec le « Regardez ce nuage noir (…) il vient dans notre direction (…) il est beaucoup trop rapide (...) ». Mais cela ne s’arrête guère là dans les « tolkienneries / jacksonneries » si on y ajoute la réplique du Palantìr manipulé par la vieille sorcière traîtresse Saruman de service, la débâcle de la populace survivante qui se réfugie dans les grottes souterraines du gouffre de Helm, la supplication de la reine Tifenn en exil auprès de Ti-Harnog le roi Theoden de service dont les répliques se retrouvent également dans la bouche du roi Kirgräd, etc.

La limite entre l’hommage appuyé et le plagiat littéraire et visuel a été amplement franchi. C’est toute la différence avec Quentin Tarantino par exemple, lui aussi un grand amoureux du cinéma des 70’s et 80’s mais qui sait se montrer plus finaud. Je fais un petit détour mais, lorsqu’il fait enfiler un pyjama jaune à cette grande blonde type nordique d’Uma Thurman dans cette violente scène de combat culte de chambara contre les Crazy 88, elle n’est pas ridicule, loin de là, elle a une classe folle ! Dans ce film on comprend aisément les références et les divers clins d’œil, c’est subtile. Christophe Bec lui aurait caster un acteur sino-américain affrontant en pyjama jaune un clone de Kareem Abdul-Jabbar dans un remake du Jeu de la Mort et il aurait appelé ça Kill Bill !

- Dans la seconde moitié de Dragon Ball, Akira Toriyama a aussi repris à son compte la mythologie de Superman en faisant de Son Goku le nouveau Kal-El, dernier enfant d’une race extra-terrestre éteinte, envoyé bébé sur Terre dont il deviendra le protecteur. Mais la comparaison s’arrête là. Bec lui ne fait pas dans le feutré : le vaisseau alien dans lequel Ioen/Thorgal est arrivé, est planqué dans la grange de papa Kent qui est… fermier. Comme son homologue, maman Kent est stérile et les deux parents se montrent bienveillants avec leur fils adoptif et lui inculquent des valeurs humanistes. Jor-El et Lara Lor-Van, les parents biologiques de l’enfant des étoiles ? Bien sûr qu’ils sont de la partie, on ne manquera pas de les apercevoir dans un prologue révélant des desseins similaires à savoir rebâtir la civilisation kryptonienne sur une autre planète.

Cette paresse créative est regrettable car le scénariste démontre une certaine maîtrise de la narration et des codes du récit d’aventure. Le schéma demeure classique : un monde à l’agonie, la venue prophétisée d’un (super) héros régénérateur, sacrifice des figures parentales permettant au héros d’entrer pleinement dans l’aventure, passage des épreuves, mort du roi symbole du statu quo, une princesse vierge trophée des victoires qui s’annoncent, némésis, etc. On attend l’ultime tome pour connaître la voie prise par le scénariste, classique ou bien s’il nous réserve quelques surprises. Selon Bec, Ténèbres est de l’HF écrite pour un public adolescent mais je trouve personnellement son récit résolument orienté dark fantasy, surtout à partir du second volume et ce n’est pas pour me déplaire. Pour preuve l’atmosphère lugubre de fin de macrocosme qui règne sur Kirgräd, le décor apocalyptique ainsi que la venue de l’antagoniste du héros Ioen, le faux messie Azamas. Saint Matthieu ne dit-il pas dans sa version de l’Apocalypse « qu’il viendra de faux Christs et de faux prophètes, ils feront de grands prodiges et des miracles (…) au point de séduire même les élus » ?

De bonnes idées il y en a, malheureusement les ficelles sont trop grosses, on voit tout le manège qui se trame en coulisse derrière la scène, des glissières aux passages des comédiens, rien ne nous échappe. « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie » Arthur C. Clarke.
Arriver à faire douter le lecteur, maintenir ses personnages dans l’ignorance d’une civilisation avancée, Ténèbres n’y parvient pas. Là où une série comme Millénaire et un cycle comme Chronique de Tramorée de Javier Negrete, parviennent habilement à confondre les genres fantasy et SF, et basculer avec aisance de l’un à l’autre, Bec/Iko font comme Van Hamme sur Thorgal en piochant à droite à gauche dans les deux genres selon leurs désirs, aboutissant à un patchwork répulsif. Dès le tome 1 le lecteur pige tout de suite la référence à Superman et que tout le background pue à plein nez le conflit intersidéral, dégageant d’emblée tout sens du suspens.

Pour le reste on pardonnera au scénariste de rallonger inutilement son récit sur le tome 4, les dialogues parfois ampoulés quand ils ne sont pas invraisemblables (le soldat et la cours qui traitent Ioen de « pouilleux » alors qu’il vient juste d’abattre un dragon et sauver la princesse…) ; les rares incohérences (Ioen ne mentionnant pas au roi son formidable don d’incombustibilité…) ; les scènes capillotractées (la princesse Tifenn atteinte du syndrome Jar-Jar Binks quand on l’a prévient que c’est dangereux donc qu’elle va se mettre en danger et que danger il va y avoir…) ; ainsi que la cosmogonie de son univers qui manque de recherche en se contentant d’une simili-religion monothéiste chrétienne et un concept d’Enfer vaguement abordé, car après tout Bec n’a pas la prétention d’être un bâtisseur de Monde.

La seul grande force de la série repose sur le dessin monstrueusement beau de Iko. A l’aise aussi bien sur les plans larges que serrés, c’est un véritable maniaque du détail avec ce trait (et quel trait!) hyper fouillé et minutieux. C’est la même ligne que le belge Yves Swolfs, pas pour rien s’il a réalisé le tome 17 de Durango, peut-être même que l’élève a dépassé le maître. Iko nous régale avec des doubles planches en veux-tu en voilà, des compositions inspirées du cinéma comme la bête tuée d’un coup de jet qui rappelle une scène vue dans 300, des petits clins d’œil amusant comme le chevalier Azamas qui prend les traits de Vincent Cassel et le champion Gwalior de la scène hommage aux Archers de Thorgal qui ressemble à Hagen le gladiateur germain vu dans Gladiator. Le prologue du tome 3 est sublimement mis en image et m’a rappelé les meilleurs heures du Le Cycle de Cyann.

Vu que sur Eternum le dessinateur Jaouen reprend à son compte l’art biomécanique du suisse HR Giger, on peut légitimement penser que l’idée de faire du Giger sur Ténèbres vient de Christophe Bec et non Iko. Mais qu’importe au fond, tant que c’est bien fait, j’adhère à l’idée. Ainsi, le design des vaisseaux et armures kryptoniens s’inspire grandement de Hans Ruedi Giger, le papa d’Alien. La race dragon belliqueuse de même, on jurerai un mixe entre Godzilla et le xénomorphe. Étant donné la somme de détails dans le dessin d’Iko on ne peut que recommander la version noir et blanc, quoique je trouve que Digikore Studios s’en tire plutôt pas trop mal pour une fois même si j’aurai toujours du mal avec les colorisations à l’informatique. Il y a de la nuance et de jolis dégradés qui ne font pas injures au dessin fait main de Iko, artiste à surveiller de très près à l’avenir.

En conclusion, si je suis tombé amoureux des graphismes de Iko, j’ai fait un rejet du scénario paresseux de Bec. Je ne pouvais même pas m’accrocher au protagoniste, ce gamin prétentieux et ingrat qui se la raconte pas mal, conscient de son destin hors du commun (comment ? Mystère…). Et si je peux balancer une dernière charge, je trouve cela trop facile de dire qu’on écrit pour un public adolescent afin de tenter de camoufler qu’on a rien à raconter dans le fond. J’ai envie de dire si tu n’as rien à raconter tu là ferme. Lorsque j’étais adolescent j’avais déjà vu tout les grands classiques : Terminator, Indiana Jones, Star Wars et cie. Et quoi, les adolescents d’aujourd’hui ne connaissent pas Le Seigneur des Anneaux, Superman ou Alien peut être ? Comme s’ils n’y verraient que du feu…
Et cette posture un peu prétentieuse de dire que la fantasy est un genre éculé, que tout a déjà été dit, et que donc finalement ce n’est pas bien grave de faire du resucée me gonfle passablement. La fantasy a évolué depuis les 80’s, il suffit de s’intéresser à ce qui sort en librairie. Pour finir sur une note positive, malgré la critique je serai de la partie pour le tome final, peut-être y aura-t-il un hommage à Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque (déjà que les armures font très mécha issues du manga) avec ce héros prophétisé dans « une armure de glace », qui sait.

Nom série  La Geste des Chevaliers Dragons  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’avais comme pas mal de monde des appréhensions à l’égard de cette série du couple Anne et Gérard Guéro, alias Ange. Il faut dire que les avis sont très disparates et que ceux qui y sont défavorables n’y vont pas avec le dos de la cuillère, même si c’est souvent immérité.

Avec une histoire décousue où presque chaque tome peut se lire indépendamment des autres, la série connaît des hauts et des bas, et il est par conséquent très difficile de poser un avis tranché. Entre le premier et le second tome on perçoit déjà le changement de politique éditoriale. Ce qui devait être un pur one shot tenant un propos intéressant, s’est mué 5 ans plus tard en une saga où il faut composer avec les nombreux changements de dessinateurs et de coloristes, résultant éventuellement d’une volonté de l’éditeur Soleil de plaire à son nouveau lectorat américain (Tales of the Dragon Guard publié par Marvel) peu habitué à la ligne européenne.

J’ai débuté ma lecture par le tome 22 et même si globalement j’ai compris de quoi cela parlait, des choses m’ont échappé car il fallait avoir certaines références en tête. On s’aperçoit vite que le postulat de départ, « une histoire par tome », ne tient pas longtemps, et que pour comprendre tout les tenants et les aboutissants mieux vaut aborder la série dans son ensemble. Il y a à boire et à manger ici, on peut dire que le très bon côtoie le risible et le dispensable.

Je précise, en aparté, que j’accorde davantage d’importance aux graphismes qu’aux scénarios et qu’en temps normal je ne me pencherai pas sur des albums qui me rebutent sur ce point. Mais dans un souci de me montrer plus juste, et afin de mieux comprendre la série, j’ai dû me « forcer » à lire certains tomes que je trouve moche.

Tome 1 Jaïna
On sent que le projet de départ était de partir sur un one shot mais que l’auteur en gardait sous le coude pour éventuellement développer son worldbuilding en cas de suite. La trame se veut concise et directe, avec succès. On parvient sans peine à s’immerger dans cet univers fantasy. De prime abord, l’idée de prendre pour protagonistes de vierges guerrières semble saugrenue, mais si on y réfléchit un minimum c’est assez novateur, seuls les quelques mous du bulbe pseudos-féministes à la noix hurlent à l’œuvre misogyne et rétrograde, incapables qu’ils sont de prendre du recul et de comprendre ce qu’ils sont en train de lire. Dans la littérature cliché de la fantasy, qu’elle est généralement le rôle de la vierge ? Celui de victime, qu’on offre en sacrifice à un monstre et qui est sauvé in extremis par le héros, bien entendu un mâle tout en muscles. Le mythe d’Andromède reformaté, voilà l’œuvre machiste arriérée.

La Geste propose exactement l’inverse : la victime devient héroïne guerrière, le mâle est rétrogradé au rôle de second couteau et assiste impuissant aux exploits en pied-de-nez de ces « dragon slayers ». Je pourrais presque penser à un récit « girl power » si ce n’était son ton résolument dark fantasy : entre massacres à grande échelle, dénonciation de l’avarice des soi-disant « sages », quête vaine avec une révélation finale ultra pessimiste ; les femmes ont beau avoir le rôle phare, elles doivent quand même faire avec les remarques débiles et sexistes, où quand La Geste nous renvoie à notre réalité de merde inégalitaire et phallocrate…

Je disais donc une histoire dark fantasy adéquatement mise en image par Alberto Varanda qui propose l’un des tomes les plus jolies sur les 23 actuellement sortis. Je ne connaissais ce dessinateur que de nom mais j’ai trouvé que son encrage très prononcé et son dessin assez proche de Régis Loisel permettent de planter une ambiance qui se révèle assez prenante. C’est vraiment superbe et il y a cette petite touche qui me fait chavirer avec un dessin d’une cité digne de Minas Tirith en double page ainsi que certaines compositions qui occupent une page entière. La seule chose que je peux lui reprocher c’est sa vision trop masculine de la guerrière fantasy, bonne pour faire fantasmer ces messieurs. C’est un faux-pas car cela vient saborder les bons points féministes du scénario, et j’y reviendrai plus tard mais on peut se désoler que davantage d’albums ne soient pas dessinés par des femmes. Désolé donc pour Varanda, mais la guerrière qui se bat à moitié à poil c’est de mon avis trop ringard et cliché.

J’ai lu la version originale avec la colorisation de Jung et je ne vois pas bien ce qu’on lui reproche. On a cette impression de filtre « couché de soleil » et des couleurs qui donnent l’impression de masquer le travail de Varanda mais je n’ai pas trouvé que la colorisation de Delphine Rieu, plus lumineuse et lisible, faisait réellement la différence. Les deux ont leur charme. Celle de Crazytoons en revanche dans la troisième édition n’est pas terrible. C’est un bonne entame à laquelle il manque juste un peu de liant, un peu moins de dialogues convenus et une conclusion qui ne méritait pas d’être ainsi bâclée. Un épilogue aurait été souhaitable.

Tome 2 Akanah
Akanah n’étant autre que la petite fille sauvée par Jaïna et Ellys dans le tome 1, on note la manière subtile qu’à Ange d’apporter du liant à sa série en tissant un fil conducteur entre chaque album tout en offrant la possibilité de les dissocier. Un scénario intéressant qui met en avant les tergiversations de l’héroïne qui a choisi la voie des Chevaliers Dragons par défaut. Lors de sa première mission elle sera confrontée à la vraie vie en dehors de l’école, et va s’apercevoir qu’un autre chemin que la mort est possible et qu’il n’appartient qu’à soi-même de décider de son futur. Mise à part l’excellente tragédie du prélude, le reste de l’intrigue est marqué par les divisions sous haute tension et ne m’a pas semblé suffisamment convaincant. Il en ressort un tome qui se parcours rapidement mais sans parvenir à marquer les esprits. Reste la bonne synergie entre le dessin de Philippe Briones dont le style est clairement inspiré par les comics US, et les couleurs de Stéphane Paitreau qui fait mieux que ses prédécesseurs sans pour autant emporter mon adhésion.

Tome 3 Le Pays de non-vie
Ce troisième volet introduit Les Sœurs de la Vengeance déjà évoquées dans les histoires précédentes et dont le lecteur se demandait jusque-là qui elles sont et quelle est leur utilité. Ces dernières sont un peu l’ultime recours, la solution finale « atomique » en cas d’échec des Chevaliers Dragons. Judicieusement les auteurs n’abuseront pas de cet effet d’artifice. Tout au long de la série elles planeront comme une menace latente. Ce tome ressemble au précédent puisqu’il est encore une fois question de choix et de trouver sa place dans cette société d’hommes. Néanmoins il introduit une touche de folie avec un climax qui arrive à point nommé. J’ai bien aimé la tension grimpante contrairement au tome précédent que je trouvais un peu surfait. Deux histoires sont développées en parallèle dont l’une est consacrée au Chevalier Dragon enquêtrice Mara et qui apporte un peu d’autodérision de la part d’Ange qui met en scène pour la première fois une femme « armurée », ce que les hommes ne manquent pas de faire remarquer. J’ai également beaucoup apprécié la conclusion en clin d’œil au tome 2 : celui-ci étant consacré au futur d’un personnage mineur rencontré furtivement dans le tome 1, le tome 3 est consacré logiquement à l’enfance d’un personnage secondaire du tome 2. Le dessin de Sylvain Guinebaud ne me plaît pas des masses tant je le trouve épuré sur les décors et les seconds plans. Néanmoins les couleurs de Stéphane Paitreau relèvent l’ensemble. D’un autre côté, au pays de non-vie il est un plutôt normal de trouver des paysages désertiques. Mais du coup l’ensemble n’est pas super tape-à-l’œil.

Tome 4 Brisken
Décidément, j’aime la façon dont Ange construit par bribes son univers. Les fils s’entrecroisent, la toile d’araignée commence à avoir de la gueule. Brisken est cette célèbre bataille évoquée du bout des lèvres par la vieille Oris dans le tome 2. Cette dernière est bien évidemment de la partie. Quel dommage d’avoir rappelé Philippe Briones sur ce tome 4, dessinateur qui a certainement du talent mais pour lequel je ne peux m’enthousiasmer, question de goût. Que ce soit Jarry sur Nains, Gemmell et sa passe de Skeln dans Drenaï, ou moult écrivains de fantasy ; aucun ne peut s’empêcher d’écrire son 300 fantasy et nous rejouer la bataille des Thermopyles, voir ici un côté Starship Troopers. Ange n’y déroge pas. L’histoire est donc supra cool et propose quelque chose de différent pour changer, mais elle est plombée par un dessin que je trouve comics random moyennasse sans constance. De plus Briones est beaucoup moins bon que sur le tome 2. Du gâchis.

Tome 5 Les jardins du palais
Ce tome marque une certaine rupture par rapport au travail construit précédemment, car là pour le coup et sur les quelques numéros suivants, on passe vraiment à « une histoire indépendante par tome ». Une histoire où Ange avait visiblement envie de se faire plaisir avec pas mal de références à la culture populaire : on débute par du survivalisme clin d’œil au film Predator pour terminer sur un bon vieux Donjon & Dragons des familles, avec son lot d’exploration en huis-clos dans un château abandonné, diverses créatures hostiles de plus en plus grosses et dangereuses, de nombreux pièges et chausses-trappes, et bien sûr un trésor à dénicher. Même si c’est plutôt plaisant pour un rôliste, le fond est d’un intérêt moindre avec une histoire de rivalité entre deux Chevaliers Dragons pour savoir qui qu’a la plus grosse pair. Si on y rajoute le fait que le scénariste s’appesantit trop lourdement sur une scène de menace de viol (« j’te viole, j’te viole pas, oui mais non mais en fait non »), il en ressort un effet « pschitt ». L’encrage de Christian Paty est globalement soigné mais les visages manquent cruellement d’expression et ses compositions ne sont globalement pas à la hauteur. On a envie d’en mettre plein la vue avec une architecture antique et lézardée à la Castlevania mais je n’ai pas été subjugué par le rendu. Il y a néanmoins de bonnes idées en hommage à Frank Frazetta avec la Chevalier Dragon au sommet d’un tas de cadavres fumant.

Tome 6 Par-delà les montagnes
Danse avec les Loups dure plus de 3 heures. Difficile de faire l’équivalent en 48 pages. C’est pourtant en outre le pari entrepris ici. Le récit débute tambour battant pour mieux nous endormir par la suite, car ce ne sont que palabres et sensibleries de bas étage étalées sur une intrigue plus que poussive. Développée sur plusieurs tomes cela aurait pu faire une chouette histoire car de l’émotion il y en a, malheureusement trop vite bazardée, la mayonnaise n’a pas le temps de prendre. Pas grand-chose à dire sur le dessin de Laurent Sieurac tant j’étais assez stupéfait par la baisse de régime de Paitreau sur les couleurs, pénibles à regarder. Voilà, de la neige, un ciel bleu nuit, beaucoup de montagnes, blanches, et un trait pas toujours lisible, ce n’est pas le meilleur de La Geste assurément.

Tome 7 Revoir le Soleil
Ange a-t-il les yeux plus gros que le ventre ? Débutant sur un flashforward, l’histoire avait un potentiel intéressant, malheureusement impossible à développer sur un one-shot. Tout va bien trop vite et je n’ai pas eu le temps de m’attacher à ces personnages dont le traitement psychologique n’ait qu’effleuré. Potentiellement captivant car j’ai bien aimé le background sur cette société aristocrate décadente en fin de race, amorale, corrompue mentalement et physiquement par le Veill. La révélation arrive à point nommé, pour « la grande bouffe », cela m’a rappelé une scène de Van Helsing. Mais à côté de ça il y a des trucs qui m’ont fait sortir de ma lecture comme la cérémonie de l’accouplement que j’ai trouvé un peu too much. Je comprends bien qu’on veuille aller à fond dans le vice et décrire le pire du pire, mais ce n’est pas super crédible sur le coup. Et puis pourquoi mettre en scène les salopards en mode tragédie grecque dans le final Pompéien ? Je regrette que Thierry Démarez n’est pas dessiné toute la BD dans le même style que l’illustration de couverture, superbe. Je commence à trouver étrange qu’on change de dessinateur à chaque fois mais qu’en revanche le coloriste Stéphane Paitreau soit toujours de la partie, car celui-ci alterne le correcte et le moins correcte selon le dessinateur.

Tome 8 Le Chœur des Ténèbres
Le titre est sans ambiguïté en annonçant clairement qu’il s’agit d’une adaptation de la nouvelle Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad dont tout le monde connaît l’adaptation cinématographique de Coppola, Apocalypse Now, qui se déroule dans le contexte de la guerre au Vietnam. Ange nous en propose sa vision fantasy mais pour l’originalité on repassera. La présence de Joseph, barbare local taciturne, rappelle le Conan de Robert E. Howard, et sa relation avec la Chevalier Dragon Mary rappellera aux fans la nouvelle La Reine de la côte noire. C’est une histoire où l’action se fait plus discrète, elle ne se manifeste que pour de courts massacres orgiaques. C’est un tome plus psychologique qui travaille sur les remontées de l’inconscience, la folie qui gagne ses personnages à mesure qu’ils s’enfoncent dans la jungle. Le genre qui réclame un dessinateur à la hauteur du projet et auquel Fabrice Meddour répond présent. Son encrage profond et ses compositions minutieuses qui ne laissent aucun espace vide et qui empêchent le lecteur de souffler en font une totale réussite. Il possède un style que je trouve assez proche de celui de Mohamed Aouamri. La ressemblance est même assez frappante puisque j’y retrouve les mêmes erreurs de proportions que pouvait avoir M. Aouamri sur Mortepierre. Une histoire franchement pas évidente à décrypter, honnêtement je suis loin d’avoir tout capté et c’est aussi cela qui me plaît en partie. Conclusion : un dessin immersif et une intrigue qui pour une fois vole au-dessus des marais ont suffit pour me satisfaire.

Tome 9 Aveugles
Il est pas mal du tout ce thriller. Chronologiquement, Ange revient à l’époque des premiers tomes, 10 ans après le drame Brisken. Il était donc tout naturel de retrouver le Chevalier Oris ainsi que des personnages clins d’œil comme Mara (T3) la petite conteuse de la légende, ainsi que Snejana (T6). Jeu de fausses pistes, trahisons, complots, enquêtes, Aveugles porte bien son nom. Plusieurs fils d’intrigue se nouent avec d’un côté un « Drôles de Dames » horreur survivaliste, de l’autre un récit d’espionnage en lien avec Brisken, et une sous-intrigue dont le dénouement aura des répercussions sur les tomes à venir. Résultat concluant pour un tome de transition, d’autant plus lorsqu’on suit la série depuis les débuts et qu’on commence l’air de rien à s’attacher à l’univers. Qu’on se le dise, La Geste n’a rien à voir avec cette série pour ados boutonneux dont certains l’affublent. C’est plus dark qu’il n’y paraît car ça se termine souvent en eau de boudin. Le dessin de Francisco Ruizgé est au petit oignon, d’une grande finesse avec le sens du détail, je regrette cependant qu’il n’ait pas davantage de planches spectaculaires à réaliser.

Tome 10 Vers la lumière
Il y a des albums tellement mieux que celui-là que je ne m’étendrai pas longtemps. Je n’apprécie pas ce mélange des genres où on pioche dans le manga pour le charadesign, le comics US dans cette mise en scène très éclatée, le rendu est franchement laid. Pour en rajouter une couche, les couleurs à l’informatique de Paitreau et Takayama sont dégueulasses mais on ne pouvait guère faire mieux à partir de tels graphismes. Même au niveau de la conception je ne comprends pas qu’on replonge dans les trucs anachroniques steampunk des débuts comme les bateaux volants, et qu’on en revienne au délit des « big boobs » dont on a répété que c’était cliché et con. Pour finir, la couverture est vilaine. A part introduire pour la première fois la tribu esclavagiste des Sardes, ce scénario ne propose pas grand-chose hormis une histoire de prophétie capillotractée (MDR le gamin qui se laisse kidnapper avec joie sans aucune protestation alors que sa mère chiale et qu’il a passé son temps à dire qu’il n’aimait pas les esclavagistes. C’est incohérent de bout en bout).

Tome 11 Toutes les Mille et une Nuits
Nous sommes bien des siècles après Brisken, l’époque du leitmotiv des Chevaliers Dragons « nous ne nous mêlons pas de politique » est désormais bien loin. L’âge héroïque n’est plus et l’ordre ne se soucis plus du bien général, le pouvoir et l’argent l’ont corrompu. De politique, de rites absurdes et inhumains (pourtant condamnés à l’époque du tome 9), de règlements administratifs, il n’est presque plus question que de cela. Et toutes les mille et une nuits les 33 ordres existants se réunissent au Fort pour débattre de la politique militaire à mener. C’est un brûlot sur le pouvoir en lui-même, sur les gens l’exerçant et qui, si l’on n’y prend pas garde sont aisément corruptibles. Le temps ensuite fait sont œuvre, les exploits passés et les nobles intentions qui avaient conduit à la création de l’ordre sont oubliés. Je l’attendais ce tome dessiné par Looky, artiste dont j’apprécie les compositions et les décors souvent bien détaillés. Je regrette qu’il ne soit pas accompagné de son collègue d’Hercule (Soleil), Olivier Thill, avec lequel il fait des merveilles. C’est du beau travail, Looky s’inspire de l’art médiéval notamment les enluminures et l’architecture romane, peut-être aussi de l’art islamique tant le Fort à des allures de Royaume de Jérusalem. Un bémol cependant car si je lis la série c’est parce qu’il s’agit de fantasy, hors ce tome 11 c’est de la low fantasy. Mais vraiment « low » alors ! Je trouve intéressantes les intrigues de palais, histoire d’étoffer l’univers, mais attention à ne pas non plus s’éloigner du sujet de départ.

Tome 12 Ellys
Retour vers le futur avec un prologue centré sur Ellys, l’écuyère survivante du premier tome, Jaïna ! (ça ne nous rajeunie pas). Une histoire consacrée au thème de la rédemption, Ellys n’ayant jamais pu se pardonner la mort de sa maîtresse, parviendra-t-elle à expier sa faute ? Et c’est bien connu, pour avancer il faut parfois revenir sur ses pas, la confrontation avec un dragon sera l’élément déclencheur pour mettre fin à sa malédiction. Devenue duchesse, elle devra également déjouer les coups tordus de sa belle-famille qui ne l’a jamais acceptée, et venir en aide à l’unique survivante de la tribu de N’aria (référence sympa au tome 6). Une histoire touchante, pleine de bons sentiments, et comme je me suis pris d’affection pour la protagoniste j’ai donc bien aimé ce retour aux origines. Pour ne rien gâcher les graphismes de Brice Cossu sont corrects, sans être renversants.

Tome 13 Salmyre
Salmyre est une ville commerçante prospère mais en proie à des conflits internes. Le pouvoir est entre les mains d’une famille corrompue, les Pergia (clin d’œil évident aux Borgias), mais le pas si preux Lancelot, oups ! Lancelas, par un concours de circonstances déclenche une révolte avec son ami le comte de Traville (Tréville des Mousquetaires). Ainsi il devient calife à la place du calife. Rien n’aurait été possible sans l’alliance des patriciens (alliés de Lancelas) et de la plèbe, incarnée par la Chevalier Dragon, Alène. Alène est déjà une héroïne à ce moment-là, dont les exploits ne se comptent plus. Cependant, l’ordre des Chevaliers Dragons qui bien entendu « ne se mêle jamais de politique », ne voit pas d’un bon œil le mariage de ces deux héros et réclame la tête de la renégate Alène. C’est la guerre !

Un tome qui surpasse tous les autres jusqu’à présent tant il est chargé d’émotion, de courage mais aussi de machiavélisme. Mis à part l’ordre de Messara dont le véritable intérêt demeure flou et l’invasion limite invraisemblable, point de méchant-méchant ni de gentil-gentil. Du côté de Salmyre, les personnages sont droit comme un « i », ont des valeurs transcendantes universelles, luttent pour la liberté et l’intérêt général, et pour une fois la nouvelle noblesse est à la hauteur et défend la justice et connaît le sens du sacrifice (parfois très lourd…).

Un formidable one-shot qui aurait bien mérité deux tomes. Et pas seulement pour mieux développer l’histoire que je trouve déjà pas mal ficelée : on comprend que l’on est plusieurs décennies après le tome 9 grâce à la mention d’Hassan le prêtre et d’une apparition de la matriarche Alia. Non, il est aussi formidable grâce au trait de Vax. Varanda a trouvé à qui parler ici car c’est bien le plus bel album depuis le tome 1. Salmyre est un cité orientale d’une grande richesse visuelle, digne de la Bagdad du califat abbasside. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Xena la princesse guerrière en voyant Alène. La brune plantureuse possède les mêmes postures, la même carrure et ce tempérament à la fois sauvage et le port altier de Lucy Lawless (d’ailleurs, Xena n’est-elle pas crucifiée à la fin de la série ? ). Sans oublier que comme Xena était accompagnée de la blonde Gabrielle, Alène se bat au côté de la blonde Lore… la relation lesbienne en moins. Pour une fois Stéphane Paitreau a dû vraiment s’éclater aux couleurs, on passe décidément de la nuit au jour selon le dessinateur choisi car là c’est bluffant. Oh, et la couverture ultra badass mettra bien le bouquin en valeur sur mon étagère.

Tome 14 La Première
« A chaque génération il y a une nouvelle élue, elle seule devra affronter les vampires, les démons et les forces du Mal. Elle s’appelle Buffy... » Bon dit comme ça je donne l’impression de m’être planté de série, mais en fait je me demande comment ai-je fait pour ne pas me rendre compte plus tôt des points communs entre cette BD et cette série télé. Cet album m’y a fait penser car à un moment dans Buffy certains épisodes sont consacrés à l’origine de la Tueuse, d’où lui vient son pouvoir, la première passation tout ça, et dans les deux cas il faudra remonter aux premiers âges pour identifier la source-mère. Buffy, La Geste, même combat au final : idéologie post-féministe, lutte contre les figures patriarcales, pouvoir littéralement féminin. Étrangement, personne n’a jamais traité Buffy de série rétrograde et machiste… Tout ça pour dire que j’ai bien aimé le pitch. J’ai moins aimé la construction qui fonctionne sur le modèle du conte : Ange reprend les apprentis Chevaliers Dragons du tome 11 qui passent par la salle des fresques où une sage leur raconte comme de coutume une geste de leur ordre. Seulement, trop d’interruptions du conte pour revenir au présent ont fini par me sortir de ma lecture. Le dessin de Palma, tout comme la transition sur la fin avec Cossu et Sentenac, ne m’a pas emballé. Je trouve le trait un peu « pâteux » et sans finesses.

Tome 15 L’ennemi
Clairement dispensable, une histoire qui non seulement n’enrichit pas l’univers mais qui en elle-même n’offre aucune distraction. Les personnages sont idiots à l’image du sultan Sakris, prêt à mettre en péril des accords diplomatiques juste pour satisfaire sa libido. Je n’ai pas bien saisi le thème ici. Toujours-est-il qu’on a une historie d’évasion d’un harem qui m’a rappelé une partie du roman Les Derniers Parfaits de Paul Beorn. Un dessin proche du tome 10 avec un charadesign cartoonesque pas du plus bel effet. Il n’y a aucune cohérence graphique par rapport au tome 11 dont le récit se situe presque à même époque, on passe d’une inspiration médiévale à quelque chose imitant costumes et bals dansant du XVIIème siècle.

Tome 16 La Déesse
La religion dans le monde de La Geste avait été mise de côté jusqu’à maintenant. Ce tome est logiquement consacré à la religion comme instrument du pouvoir dans le but de manipuler les foules. Après une bataille acharnée contre un dragon, une découverte stupéfiante est faite dans une caverne située alentour : une statue géante sculptée dans la pierre représentant de façon sommaire une femme. C’est la panique chez les syndiqués du dieu unique Hâman dans la ville d’Arsalam située tout proche de la découverte, car l’ordre des Chevaliers Dragons « qui ne se mêle pas de politique » pourrait bien se mêler de religion afin d’étendre un peu plus son emprise. Vous l’aurez compris, un tome une fois de plus politique où toutes les pourritures corrompues se tirent la bourre pour imposer leur domination : d’un côté des mâles conservateurs, de l’autre des femmes réclamant des droits avec le soutien de l’ordre. Objet symbole d’un culte païen de la déesse-mère ? Dans un monde phallocrate faisant écho à notre réalité, Ange (ou Cossu) s’inspire des statuettes préhistorique du paléolithique appelées « Vénus » (en l’occurrence la Vénus de Willendorf) pour rappeler que divinité masculine ou divinité féminine (Ishtar, Amaterasu, Aphrodite, Astarté…), cela importe peu si les dogmes prodigués derrières sont sources de clivages et de divisions alors qu’ils devraient tendre à l’universalité et surtout, être unisexe. Une histoire intéressante brillamment mise en image par Brice Cossu dont je trouve le trait bien plus joli que sur le tome 12. Bien détaillé etc. Les couleurs de Paitreau sont au niveau donc c’est un chouette album au-dessus du panier.

Tome 17 et 18 Amarelle – La guerre des Sardes
Premier diptyque de La Geste, Amarelle la petite initiée dont on suivait le rite de passage dans le tome 11 a depuis bien grandi. C’est le moment fatidique, une époque charnière dans l’histoire de La Geste, les pièces misent en place dans les précédents albums entre en action : Amarelle et Soriko (T11), Louis (T10), les jumelles Hersana et Rhinna, et Charmont (T15), il y a des héros des deux côtés, envahisseurs comme assiégés. Un superbe récit de guerre sale (prends-toi ça dans les dents Rogue One! ) qui a des allures de guerre de Troie, de prise de Rome par Alaric ou Brennus ou qu’importe… un grand classique que le combat du civilisé en infériorité numérique contre les tribus nomades barbares unifiées qui déferlent par centaines de milliers. Les dragons ne sont en retrait que pour mieux resurgir. Suspense garanti et suite à venir (ça pue les conséquences du traité de Versailles cette histoire…). Les graphismes de Vax sont toujours aussi bons, toujours de nombreux clins d’oeil, excepté le dragon Godzilla que je trouve loupé et pas impressionnant, mais sinon c’est un vrai plaisir de le relire après quelques tomes en-dessous. Et dire qu’il y en a pour dire que La Geste c’est de la fantasy pour young adult décérébrés… c’est devenu vachement sombre et violent la fantasy pour ados…

Tome 19 L’Antidote
Chronologiquement situé après le tome 9, nous retrouvons un duo de Chevalier Dragon bien connu, les intrépides et complices Akanah et Eleanor. J’ai l’impression qu’avec ces deux-là il y a davantage d’humour, un peu comme un tome de décompression entre deux histoires plus sérieuses, et ce n’est pas pour me déplaire, leur complicité marche à merveille, on respire un bon coup. Elles sont alcooliques, bagarreuses, truqueuses, anti-conformistes, on dirait un duo de flics style Riggs et Murtaugh. Une histoire de portes-flingues dans une ambiance de western habilement nappé du cinéma de baston Hong-kongais et où il est question d’escorter une précieuse cargaison. En résumé comme le dit la Matriarche : « c’est une mission classique ». J’aurai pu marcher à fond dedans si ce n’est la grosse invraisemblance scénaristique qui veut que deux Chevaliers Dragons escortent une caravane de rien du tout alors que la logique voudrait qu’elles voyagent incognito ; et surtout aussi les graphismes de Patrick Boutin-Gagné. Voir mon avis sur le tome 15, je ne suis vraiment pas client même s’il faut reconnaître que sa mise en scène est dynamique.

Tome 20 Naissance d’un Empire
L’épilogue de la guerre des Sardes prend pour thème l’intégration et l’assimilation. Tandis que d’un côté l’empire d’occident panse ses blessures encore vives, de l’autre l’empire d’orient d’Arsalam a davantage de pain sur la planche : sédentariser la nation Sarde nomade depuis tout temps, rebâtir, et réussir à faire cohabiter tout ce petit monde avec les anciens peuples esclaves et les populations locales qui passent de l’Alsace allemande à française. Cet empire manque cruellement d’un socle commun capable d’unifier, et c’est tout l’enjeu ici. Deuxième tome dessiné par Looky et deuxième fois que j’en ressors frustré car j’admire la patte graphique de cet artiste mais il faut bien dire qu’on ne lui confit pas les meilleurs scenarii. J’ai trouvé intéressant d’évoquer en filigrane le devenir de l’Ancienne qui s’était battu sur le front nord et dont on était sans nouvelle, mais pour le reste, encore des histoires de coups tordus et d’étrangleurs ottomans… Bon d’accord le final est plutôt réussi mais entre parenthèses il faudra m’expliquer comment cela se fait que les dragons ne crachent du feu qu’une fois sur deux et uniquement quand cela arrange bien le scénariste. C’est un des défauts de La Geste, il faut faire avec pas mal d’incohérences.

Tome 21 La Hache d’Ishtar
Un tome transitoire qui ne met pas cette fois en avant des femmes mais une arme mythique de l’ordre : La Hache d’Ishtar. Cette arme avec ses lames en formes d’ailes de papillon (big up aux lecteurs de Gemmell), est une des trois armes primaires forgées dans les profondeur du Mordor, enfin dans un volcan quoi, où le premier dragon fût inhumé. Cinq histoires illustrées chacune par un dessinateur différent, retraçant le parcours de l’arme maniée par moult Chevaliers Dragons célèbres au fil des millénaires. J’ai apprécié à différent degré selon le dessinateur : un bon gros kif pour la nouvelle des mercenaires dessinée par Ronan Toulhoat et son encrage puissant ; les graphismes très obscurs d’Alexis Sentenac sont bien dans le ton pour ce dernier baroud d’honneur, on dirait la sortie désespérée du roi Théoden à la fin des Deux Tours ; bien aimé retrouvé la non moins glorieuse Oris dans la nouvelle de Stéphane Collignon dont j’ai toujours apprécié le trait ; déçu par Emmanuel Roudier dont j’ai vu mieux, l’histoire qu’il doit mettre en image correspond au récit classique du conte de fée, l’aspect dark fantasy d’Ange en sus ; pas très fan du quatrième chapitre de Thibaud De Rochebrune dans l’ensemble et qui n’amène pas grand-chose.

Tome 22 La porte du Nord
Voilà un album qui fait parti du bas de l’échelle. On tourne en rond. J’ai débuté ma lecture par celui-ci et il faut reconnaître qu’en lui-même ce tome raconte du rien, que-dalle. C’est Jon Snow (Le Trône de Fer) sur le mur d'Hadrien qui attend la menace de l'autre côté. Va-t-elle va finir par se pointer ? Et ben non. Le contenu est dépouillé d’action, de suspens. L’ennui est là et s’installe de bout en bout, Ange installe un rythme très languissant qui endort le lecteur aussitôt, et même l’ultime soubresaut atomique ne parvient pas à nous sortir de notre torpeur. Le dessin d’Alexe m’a énormément déçu. « Enfin ! » me disais-je, enfin une femme dessinatrice pour illustrer cette saga qui se voulait à la base destinée à un public féminin revanchard. Mais, elle est où la nana sur la couverture ? La Chevalier Dragon badass dans son armure en os de dragons ? Nul part, juste là pour attirer le chaland, vous ne la trouverez pas dans la bédé. Sinon en feuilletant l’album vite-fait j’ai pensé qu’il me plairait avec ce trait fin et lisible. Ben en fait, non, je me suis planté. C’est sobre à l’image du scénario, plat comme ma table basse.

Nom série  The Time Before  posté le 01/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Euh… mouais, ok…

Je ne suis apparemment pas le seul ici à avoir pensé au film Il était Temps (About Time) où un jeune homme maladroit apprend que les hommes de sa famille ont la capacité de voyager dans le temps, et avec lequel The Time Before possède des accointances très fortes (en rappelant que le film est sorti avant cette BD). Il s’agit de voyage dans le temps dans un même univers, une seule ligne temporelle sans conséquence sur le futur, où le personnage a la capacité de se réincarner dans son moi passé pour modifier les petits tracas de sa vie et de séduire la femme dont il tombe amoureux. Dans Il était Temps le transport s’effectue en s’enfermant dans une pièce noire, dans The Time Before à l’aide d’un talisman magique.

Le pitch n’a rien de neuf et a déjà été traité à plusieurs reprises, surtout au Japon j’ai remarqué comme avec Quartier lointain et La Traversée du Temps, et selon moi The Time Before n’apporte rien. Et même, contrairement à ces mangas je trouve cet album complètement vide, d’un ennui soporifique. Le pire est que je commençais à désespérer qu’il se passe quelque chose lorsque je m’aperçoit que la BD vient de se terminer. Quoi, ça se termine là-dessus ? Mon sentiment est d’avoir la moitié d’une histoire : le brave type empathique et raisonnable du début se transforme à cause du talisman en une espèce de stalker façon De Niro dans Taxi Driver, et qui modifie le destin des autres pour que tout roule dans son sens dans un but purement égoïste. Oui, et ? Pas de catharsis, pas de happy-end, pas de fin tragique non plus ou même une conclusion moralisatrice ? Juste des points de suspensions et des dialogues chiant à mourir (le beau-frère et ses travaux de recherche sur les univers infinis… assommant et inutile) d’un type qui utilise son pouvoir n’importe comment ? C’est maigre.

Le dessin est très sympa, j’ai bien aimé.

Nom série  Star Wars - Dark Vador (Marvel)  posté le 23/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette nouvelle série n’est pas à confondre avec sa jumelle du même nom éditée chez Delcourt (Dark Horse aux USA) et dont le début de publication date d’avant le rachat de Lucasfilm par Disney. Contrairement à cette dernière, les histoires racontées dans la présente série font parties du nouvel univers canon de la saga voulu par Disney.

Ces histoires prennent place entre les épisodes IV et V et mettent en avant l’un des plus grands bad guy de l’histoire du cinéma : Darth Vader. Si Star Wars (Marvel/Disney) est consacré essentiellement aux exploits des rebelles de la saga, Luke, Han Solo et Leia, la série Dark Vador est en quelque sorte son pendant du côté obscur puisque « marvelerie » oblige, c’est une série qui se lit d’abord comme un complément à Star Wars (Marvel/Disney), avec pas mal de cross over des personnages entre les deux séries et des POV inversés : les événements vécus comme des exploits dans Star Wars (Marvel/Disney) vont être vus comme des catastrophes industrielles côté Star Wars – Dark Vador (Marvel) (enfin bon vous avez compris le délire quoi).

Bon c’est pas trop mal sur le tome 1 mais à vrai dire on se lasse vite par la suite. Le traitement psychologique de Kieron Gillen sur Dark Vador est plutôt intéressant : il montre une facette finalement assez nuancée du personnage, on ne le sent pas totalement corrompu au côté obscur et ce qu’il en ressort sur ces trois premiers tomes, c’est qu’on a à faire à un type solitaire qui se dit qu’il a atteint le point de non retour mais qui se rend compte que l’Empereur, son maître, c’est quand même un gros enfoiré. Kieron Gillen nous concocte des histoires où Vador joue triple-jeu, à la fois ennemi de la rébellion, bras droit de l’empire mais également désireux d’avoir ses propres ressources et sa propre force de frappe.

La révélation selon laquelle Luke est ce fils qu’il pensait mort-né, est vécu comme un coup de poignard dans le dos, une trahison de l’Empereur qui lui avait pourtant certifié à la fin de l’épisode III que Padmé était morte avant d’avoir pu mettre l’enfant au monde. Alors je disais plus haut que cela devenait lassant car le jeu de cache-cache entre Vador et l’Empereur s’éternise trop à mon goût et qu’au bout d’un moment je m’attendais à être un peu plus surpris. Je ne sais pas combien de numéros sont prévus mais pour moi c’est typiquement le genre de série que j’imagine courte.

Bien aimé les dessins de Salvador Larroca sur les deux premiers tomes. Son trait moderne que je trouve « géométrique » est de la même trempe que celui de John Cassaday et Marco Chechetto qui ont œuvré sur les autres séries de la saga. Moins aimé en revanche celui de Francis Yu sur le tome 3 qui me rappelle trop ce que faisait Dark Horse autrefois quand ils possédaient la licence. La colorisation photoshop d’Edgar Delgado passe très bien, on sent qu’il maîtrise l’outil informatique.

Une série intéressante pour les fans de la saga mais à juger sur la durée.

Nom série  Dark Souls  posté le 15/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Étant un passionné de la licence, j’en attendais peut-être trop de ce titre dont je guettais la sortie en France et qui s’avère être un fiasco complet.

Pour commencer, le scénario est en-dessous de tout. Dark Souls c’est une ambiance funèbre qui s’écoule à un rythme languissant, nappé d’une musique ensorcelante, où le joueur a peu de dialogues avec des PNJ souvent abattus et où il peut profondément ressentir cette expérience de jeu en solitaire. Son créateur le japonais Motoi Sakuraba, s’est inspiré de ses lectures fantasy de jeunesse qu’il lisait en anglais, mais n’étant pas très doué pour cette langue il comblait les vides avec son imagination. Le jeu est non seulement exigeant et ardu de par son gameplay mais aussi de par son histoire qui disperse des éléments par-ci par-là en laissant le soin au joueur de recoller les morceaux. Pour mettre en place une telle toile il faut du temps, il m’a fallu près de 80 heures de jeu pour finir le premier Dark Souls et parvenir à saisir tous les enjeux et le rôle de chacun.

Je suis un peu désolé pour George Mann qui a à sa décharge certainement des contraintes sur le nombre de pages imposées, mais le récit qu’il nous concocte ici fait penser à un résumé vite torché d’une aventure Dark Souls. Il ne se dégage aucune atmosphère faisant penser à la licence. Enlevez le titre Dark Souls et on a l’impression de lire de la fantasy « random » du style Dongeon & Dragons : un lieu, un boss, changement de lieu, changement de boss, étape suivante jusqu’au boss final.

L’autre source d’inspiration de Sakuraba est Berserk de Kentaro Miura, chef-d’œuvre de la dark fantasy pour le moins qu’on puisse dire. Encore une fois les décideurs à l’origine du projet démontrent qu’ils sont à côté de la plaque en confiant la réalisation graphique à Alan Quah qui est probablement un artiste reconnu (excellent illustrateur !) mais dont le dessin n’est du tout approprié à l’univers. Oui parfois il y a quelques compositions en pleine page ou double page qui sont sympas, mais quand est-ce qu’on flippe dans cette histoire ?! Dans Dark Souls il y a « dark », je m’attendais à un encrage beaucoup plus puissant, des vues en contre-plongée sur ces démons sortis de la Gigantomachie, une foule de détails et de choix sur les armes, armures et décors, des ennemis effrayants comme dans Berserk (ou même juste les jeux, tiens)… Malheureusement au final tout cela est très « corporate » et donne l’impression d’un profond manque d’idées. Pire, les couleurs sont pétillantes, hyper lumineuses, du vert, du rouge, du bleu, du jaune, il en ressort un aspect très « rose bonbon » que je trouve vraiment inapproprié.

Dark Souls est une licence japonaise, pour moi il aurait été plus judicieux de confier sa mise en image à un mangaka. Je ne doute pas que dans le fond George Mann ait bien saisi l'atmosphère et le ton qui se dégage du jeu, mais plutôt qu’une resucée sur le énième choix entre l’avènement des ténèbres ou la prolongation de l’âge du feu, j’aurai apprécié un peu d’originalité. Par exemple une adaptation des aventures des quatre chevaliers de Gwen : Ornstein, Gough, Ciaran, Artorias, et la chute de ce dernier dans les Abysses en compagnie du loup Sif, ça c’est le genre d’histoire qui aurait plu à tout les fans à coup sûr !

Espérons que le second tome, Dark Souls Legends of the Flame, qui est un autre projet repris par Dan Watters, Piotr Kowalski et Tauriq Moosa (toujours chez Titan Comics) relève la barre. On ne demande que mieux.

Nom série  Ragnarök (Simonson)  posté le 01/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai lu cette série en version VO bien des mois avant sa sortie en France mais je n’étais pas d’humeur à poster un premier billet grinçant.

Maintenant je peux le dire histoire de contrebalancer, je n’ai pas du tout accroché. De part le dessin déjà, que je trouve assez vieillot sincèrement, mise à part la double planche sur Ragnarök qui envoie du lourd, le reste se situe dans un style de comics que je n’avais plus vu depuis 20 ans. Et puis j’exècre ces couleurs à l’informatique.

C’est surtout le design du héros qui m’avait interpellé et incité à lire le comics. Il me rappelait énormément celui de Raziel, héros d’un jeu vidéo que j’ai adoré à l’époque, Legacy of Kain Soul Reaver, même pitch d’ailleurs : personnage décharné, ni vivant ni mort, mâchoire inférieure manquante, réveillé de sa torpeur des siècles dans le futur et qui part en quête de vengeance et de réponses. La formule est classique mais il y avait pas mal de similitudes.

Malheureusement ça n’a pas suivi. En plus d’être pénible à regarder, j’avais trouvé le récit pénible à lire. C’est lent et c’est surtout long à mettre en place de ce que je me souviens. Pour être honnête j’ai même fini en lisant en diagonal.

D’habitude je choisis mes lectures d’abord pour leurs graphismes mais là c’était pour le pitch et parce qu’attiré par la couverture. Pas de bol je n’ai rien aimé en fin de compte.

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