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Nom série  Harley Quinn  posté le 07/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans le catalogue Urban Comics en général et celui du Bat-Univers en particulier, cette série consacrée à la pétillante Harley Quinn se démarque et cela fait du bien.
En effet, comme le posteur précédent, je trouve aussi que les comics actuels - et particulièrement ceux publiés par Urban - se complaisent dans une noirceur autant graphique que psychologique assez déprimante. Il faut dire que l'univers de Batman n'a jamais été réputé pour sa légèreté. Harley Quinn arrive donc comme un feu d'artifice où se côtoient la chatoyance (oh la belle bleue !), la désinvolture (oh la belle verte !), la loufoquerie sans retenue (oh la belle rouge !) et une liberté de ton qui suscite l'enthousiasme. Les amateurs de contorsions psychologiques et d'âmes tourmentées trouveront certainement cette série trop superficielle et manquant d'enjeux dramatiques.
C'est effectivement le cas mais c'est voulu et c'est tant mieux !

Il est d'ailleurs révélateur que, d'entrée de jeu, Harley Quinn coupe les ponts avec Gotham, avec le Joker, avec Batman et la plupart des protagonistes du Bat-Univers (excepté Poison Ivy et, plus tard dans la série, Catwoman). De ce point de vue, la couverture du tome 1 est d'ailleurs trompeuse.
Direction New-York : nouveau cadre et nouveaux personnages hauts en couleur. On sent la volonté des auteurs de libérer leur héroïne des scories oppressantes de Gotham autant que de sa relation malsaine avec le Joker.
Cette liberté dont bénéficie Harley est une vraie bouffée de fraîcheur et j'ai pris un plaisir énorme à la suivre dans son quotidien bourré de péripéties.
Et alors que je n'ai jamais été spécialement intéressé par le personnage jusqu'alors, j'ai ressenti cette fois une vraie sympathie pour elle. Energique, fofolle, impulsive, touchante, contradictoire, sexy, rigolote, violente, compatissante, impitoyable : cette Harley est un joyau aux multiples facettes qui scintille à chaque page. Ses nombreuses contradictions font d'ailleurs que le personnage n'est pas unidimensionnel, quitte parfois à flirter avec l'incohérence quand l'Harlequine se montre tantôt psychopathe tantôt redresseuse de torts, tantôt hyper-violente et tantôt tout sucre et miel.
Ce n'est pas une mince affaire pour des scénarises de jongler avec tous ces attributs opposés et le couple Conner/Palmiotti s'en sort pourtant haut la main.

Nettement plus "light" et fun que Suicide Squad, la série crée un véritable microcosme récréatif autour de Miss Quinn qui trône en son centre telle une déesse de la déconne : entre l'immeuble de Brooklyn dont elle est propriétaire peuplé de locataires croquignolets (dont certains sont de de vrais monstres de foire et même un extraterrestre), la maison de retraite où elle officie sérieusement en tant que Dr Harleen Quinzel, l'arène du Skate Club où l'on organise des matchs hyper-violents dignes de Rollerball, une échappée belle vers la Californie ou un road trip dans le désert avec ses copines Poison Ivy et Catwoman (wow... quelle affiche de rêve), Harley "Davidson" Quinn fait vrombir une rutilante mécanique. La série mêle ainsi tranches de vie et événements "bigger than life" sans se soucier de développer une véritable intrigue au long cours dans laquelle son héroïne serait (emm)mêlée.
Encore une fois, au nom de cette liberté que se permettent les auteurs, l'ensemble ressemble plutôt à un patchwork kaléidoscopique qui se tisse au fil de l'inspiration du moment. Une inspiration qui faiblit parfois mais qui retrouve assez rapidement sa vigueur à l'épisode suivant.

Graphiquement, on est également ici bien loin de l'ambiance de Gotham et sa nuit prépondérante : les planches explosent de couleurs et le dessin - particulièrement celui de l'excellent Chad Hardin, dessinateur principal de la série - est à la fois dynamique, expressif et très détaillé. Je regrette un peu que Harley a rarement la même tête d'une case à l'autre mais il faut dire que le nombre impressionnant d'expressions qu'elle arbore - reflet de sa grande instabilité émotionnelle, passant par exemple du rire à la tristesse en cinq secondes - peut expliquer ce résultat fluctuant.

C'est en tout cas un coup au but et au coeur en ce qui me concerne, tant je prends de plaisir à lire cette série qui s'apparente en fait davantage à des séries Marvel tels que Deadpool ou Spider-Man (le duo de scénaristes ayant, comme de juste, travaillé sur ces deux icônes) et change ainsi agréablement de l'atmosphère anxiogène et le propos plus sérieux de Batman.
Allons... ne fais pas la gueule, Batou ! Je t'aime aussi, tu sais. Mais j'ai parfois envie de m'aérer la tête.

Nom série  Providence  posté le 30/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si un mot devait, à mes yeux, résumer le travail d'Alan Moore, ce serait iconoclasme.
Moore est un iconoclaste, autrement dit un "briseur d'images" ou, dans une acception moins radicale, un auteur qui s'autorise des libertés avec le matériau dont il s'inspire, que celui-ci soit clairement identifiable (c'est le cas ici avec l'oeuvre d'H.P. Lovecraft) ou moins strictement défini (les univers de Wells et Stevenson dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires par exemple).
C'est à mon sens la première chose que le lecteur abordant Providence (mais aussi Neonomicon, mini-série qui lui est rattachée) doit avoir en tête. Et l'iconoclasme rime souvent avec extravagance, outrance et ironie. Et, encore une fois : liberté. Toutefois, cette liberté n'est pas non plus inconciliable avec un certain souci de fidélité et même de maniaquerie référentielle envers l'oeuvre/l'auteur dont on s'inspire. De fait, l'oeuvre de Moore est bien une brillante (re)lecture de l'oeuvre de Lovecraft dont elle conserve nombre d'éléments très lovecratiens qui devrait ravir les amateurs de cet univers tels que l'époque où se situe l'action (1919), le narrateur cultivé mais assez passif voir résigné, l'ambiance calfeutrée des bibliothèques où sommeillent - mais attention à leur réveil subit ! - de vieux grimoires interdits dont se servent les occultistes pour invoquer quelque entité innommable et une Amérique à deux visages où se côtoient dans une même histoire et une même mythologie des érudits peuplant des villes hautement "civilisées" comme Boston ou New-York mais aussi ces paysans "dégénérés" de l'arrière pays.
Sur ce plan, Providence fait déjà honneur à l'oeuvre de HPL et en conserve l'essentiel de la saveur. Toutefois, contrairement à d'autres auteurs qui se limitent à des tentatives d'adaptations - et non de recréation - à la fois graphiques et narratives, le propos de Moore est bien plus ambitieux. Et c'est là que nous retrouvons l'iconoclaste et l'analyste qu'est Alan Moore, qui ne se contente pas de simplement raconter une histoire.
Mais alors, que fait-il d'autre ?

Ce que fait toujours Alan Moore dans ses meilleures oeuvres : s'interroger sur le sens de ses créations. Je ne suis pas un intellectuel et je ne vais pas me prendre pour Umberto Eco en vous bombardant de termes (dont je ne saisi moi-même qu'imparfaitement le sens profond) comme exégèse, analyse méta-textuelle, mise en abyme, sémiotique, approche socio-culturelle, psychanalyse jungienne, inconscient collectif, et autres notions tout aussi tarabiscotées.
Je me contenterai de dire que la lecture de Providence se situe sur plusieurs niveaux et qu'elle jongle avec des sujets tels que l'oeuvre de HPL, l'Amérique puritaine de l'époque et ses comportements considérés comme "déviants" (dans le cas présent : l'homosexualité), sur le fantastique et l'occultisme, le pouvoir des rêves, sur la psychanalyse et l'appropriation de l'oeuvre d'un auteur (HPL en l’occurrence) par un autre auteur (devinez qui).
Avec iconoclasme, bien sûr.
Et une bonne dose d'érudition.
Finalement, l'auteur du "Nom de la Rose" n'est pas si loin.
Sur le plan narratif, Moore a eu cette idée astucieuse de rassembler plusieurs nouvelles de Lovecraft parmi les plus importantes et de les incorporer dans une grande histoire cohérente dont le fil conducteur est la recherche d'un livre impie (le Kitab Al-Hikmah Al-Najmiya ou "Livre de la Sagesse des Etoiles", ersatz évident du Necronomicon) par un journaliste qui se démène avec ses propres démons intérieurs... et autres monstruosités bien moins métaphoriques. Toutefois, les nouvelles ne sont pas reprises telles quelles (raison pour laquelle le terme adaptation n'est pas pertinent ici) et le scénariste va jusqu'à changer tous les noms des personnages et références diverses. Il ne s'agit pas d'un artifice ayant la prétention d'éclipser la nomenclature lovecratienne mais ce choix fait partie du jeu littéraire auquel se livre Moore.

Moore et le dessinateur Jacen Burrows, dont le style propret et assez conventionnel par ailleurs, insistant davantage sur l'apparence de soi-disant normalité et rationalité à laquelle Robert Black s'accroche désespérément, optent pour un fantastique finalement assez suggestif et ambigu... traversé ça et là par quelques fulgurances outrancières qui désarçonnent d'autant plus le lecteur. C'est d'ailleurs pour moi une différence importante avec Neonomicon, dont la crudité et l'excès dans le viscéral me porte plutôt à lui préférer nettement Providence et ses nuances.
En effet, si l'on excepte quelques scènes d'horreur "frontale" (mais perçue par le protagoniste de manière confuse et/ou lacunaire), l'inquiétude est plutôt savamment distillée par les rencontres déconcertantes, les dialogues, les quelques informations parcellaires grappillées par le personnage et dont il ne saisit pas toujours le sens exact. Bref, sur ce plan, on est bien sur les terres de HPL et de certains autres écrivains fantastiques de son époque.
Si l'on ajoute que chaque chapitre se clôture par des extraits du journal de Robert Black, qui permettent d'éclairer les scènes graphiques par des impressions personnelles, nous sommes ici bel et bien en présence d'un véritable roman graphique qui demande une lecture attentive et assidue.

Providence n'est pas la bande dessinée la plus abordable du monde, c'est un fait.
Même en la considérant de la manière la plus superficielle et en faisant fi de son contenu réflexif sous-jacent pour simplement "lire une bonne histoire", le lecteur devra en accepter ses parti-pris extrêmes : une somme considérable de textes dont certains (la narration manuscrite de Robert Black) peuvent sembler rébarbatifs, un manque certain d'action au profit de nombreuses scènes dialoguées qui donnent à l'ensemble un côté un peu statique (amateur d'action et de dynamisme, s'abstenir !) et un découpage spartiate qui se présente la plupart du temps en quatre grandes cases d'égale longueur.
De plus, une bonne connaissance préalable de l'oeuvre de H.P. Lovecraft apporte un "plus" indéniable, même si elle n'est sans doute pas absolument nécessaire (pas plus que la lecture de Neonomicon même si, là encore, elle apportera un supplément de compréhension globale) et peut même être une porte d'entrée vers les écrits de HPL.
Ceci étant dit, il ne faudrait pas non plus décourager le lecteur éventuel, d'autant que cette oeuvre - que je considère comme une des meilleures réussites d'Alan Moore et l'une de mes préférées - ne paraît pas avoir suscité l'enthousiasme qu'elle était en droit d'obtenir.

Nom série  Le Chant des Stryges  posté le 11/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Il pourrait sembler logique de donner un avis sur la globalité d'une série comme Le Chant des Stryges qui compte trois cycles (ou "saisons") et non sur un cycle en particulier. Logique et honnête. Le problème, c'est qu'à la lecture de la saison 3, je ne peux m'empêcher de (re)considérer maintenant Le Chant des Stryges comme un immense gâchis et Eric Corbeyran comme le voisin de cellule de ces deux autres gâcheurs cosmiques que sont Georges Lucas (Star Wars) et Chris Carter (X-Files). Car, à l'instar de ces deux confrères dont la volonté était aussi de créer une vaste mythologie potentiellement intéressante, Corbeyran a aussi sabordé sa création au fil du temps, faisant prendre à sa saga des directions scénaristiques malheureuses autant qu'erratiques qui ne peuvent que déconcerter, voire susciter la colère.

Sans être un chef-d'oeuvre d'inventivité et d'originalité, Le Chant des Stryges pouvait se voir, dans ses deux premières saisons du moins, comme un habile et divertissant recyclage d'un genre mêlant thriller, fantastique/SF, conspirationnisme et histoire secrète. Une série B avec son lot de grosses ficelles, de personnages typés et de pirouettes scénaristiques parfois faciles mais qui ne gâchaient en rien le plaisir que l'on pouvait y trouver, voire même parfois la fascination. De plus, sa densité (encore raffermie par les séries dérivées qui se chargeaient d'approfondir le mythe strygien) avait de quoi impressionner, de même que sa relative cohérence.
Puis, après une fin de saison 2 qui laissait augurer des développements intéressants, notamment sur l'avenir de Debra Faith - personnage emblématique de la série - et des hybrides, la saison 3 débuta. Un fort honnête premier tome (tome 13 dans la série) laissait présager le meilleur pour la suite. Un an plus tard, le médiocre album suivant (tome 14) venait nuancer cette première bonne impression. La suite confirma, hélas, les directions désastreuses prises par le scénariste mais surtout... surtout....

Un adage bien connu affirme que "un seul être vous manque et tout est dépeuplé".
Un autre, à la logique inversée, pourrait convenir pour décrire la grosse arête qui reste en travers de la gorge du lecteur de cette fameuse saison 3 : "un seul personnage vient s'intégrer dans une histoire et sa présence seule suffit à la démolir"
En l’occurrence, le triste sire dont il est question ici est Austin "Sinner" Carson.
Si je considère que Sandor G. Weltman - "génie du mal" entre Moriarty et Dr Mabuse - fut la meilleure idée de Corbeyran en matière de protagoniste, Sinner est incontestablement la pire. Ce personnage de psychopathe sadique dont l'activité préférée est de manier la perceuse à percussion pour torturer et tuer à tour de bras est comme une sorte de bulldozer ou de moissonneuse-batteuse qui emporte tout sur son passage et fait sombrer le complexe édifice strygien mis patiemment en place depuis 20 ans par Corbeyran dans les eaux marécageuses du thriller sanglant bas de gamme.
Mais, si ce personnage déplaisant plombe effectivement cette saison 3 et, par conséquent, un peu toute la saga par sa présence délétère, le vrai et grave problème est cependant le suivant : on s'interroge encore (après fermeture du tome 17 et en attendant un ultime tome qui ne devrait pas arranger les choses de ce côté-là) sur la réelle PERTINENCE scénaristique de ce fêlé, de la nécessité de son odieuse présence qui n'apporte absolument rien à l'histoire si ce n'est un série de meurtres aussi abominables que gratuits. Dans le cas contraire, j'aurais pu accepter un personnage de psychopathe (de plus) car, après tout, le lieutenent Reese de la saison 2 était loin d'être un enfant de choeur. Mais j'ai beau réfléchir et relire cette saison, la présence de Sinner est non seulement superflue mais contribue en plus à certaines invraisemblances criantes et au sentiment de malaise général de cette saison.

Par invraisemblance, j'entends par exemple la décision du pourtant sage et pondéré Abeau de Roquebrune d'engager ce psychopathe incontrôlable pour éliminer les hybrides. Une décision que le lecteur ne s'explique pas tant elle est contraire à la personnalité du protagoniste que les fans connaissent bien et qui amènera en outre des conséquences désastreuses dans le tome 16. Bref, non content de devoir supporter cet individu répugnant mais surtout sans objet au sein de l'intrigue, Corbeyran le place au centre de cette saison, en fait un personnage principal (combien de fois ai-je espéré, en vain, le voir disparaître !) et de fait omniprésent.
Et voilà que Le Chant des Stryges prend des allures de boucherie Sansoz et que, fatalement, le scénario s'en ressent. Par ailleurs, les autres développements de cette catastrophique dernière saison ne font pas passer "la pilule Sinner", loin de là : Kevin Nivek (déjà "ailleurs" dans la saison 2) n'a jamais été aussi inutile, Debra Faith prend des décisions bornées et souvent difficilement compréhensibles, les actes de Abeau et Cylinia - comme je l'ai déjà mentionné - ne le sont guère plus et la question - en apparence essentielle - des hybrides est finalement évacuée en quelques planches tout aussi déconcertantes. Car, à la manière d'un château de sable menacé par la marée, la saison 3 du Chant des Stryges n'en finit pas de détruire ce qu'elle avait construit au départ. Bizarre, bizarre... Dans cette optique, Sinner "le grand destructeur" est peut-être finalement bien à sa place. Hélas !

J'ai surtout rédigé cet avis (en insistant sur la teneur de l'ultime saison) en guise d'avertissement pour ceux qui n'auraient pas encore découvert cette série devenue très populaire - à juste titre - dans ses deux premières saisons mais qui s'écroule dans la troisième et dernière. Et qu'un dernier tome à venir ne pourra de toute façon pas redresser. En somme, si j'aurais conseillé l'achat de la série voici une dizaine d'années, je suis nettement plus circonspect aujourd'hui à la lumière d'une dernière saison qui ne mérite pas, à mon sens, les frais occasionnés pour 18 albums.
La note sera donc nettement plus sévère que si j'avais rédigé cet avis lors des deux premières saisons.

Nom série  Complainte des landes perdues - Les Chevaliers du Pardon  posté le 22/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
J'ai beaucoup de mal à comprendre les bonnes critiques que cette série a reçues.
Soyons clair : graphiquement, c'est effectivement très beau, le regretté Delaby montrant encore ici toute l'étendue de sa technicité . C'est d'autant plus mortifiant de constater que cette maestria graphique se soit mise au service de scénarios d'une rare indigence servis, pour ne rien arranger, par une narration aussi pompeuse que ridicule. Je n'avais déjà pas apprécié le cycle précédent dont le scénario était archi convenu mais Dufaux a réussi l'exploit de faire pire avec celui-ci.

Le premier tome ? Un groupe de chevaliers traque une créature appelée Morrigane.
Ils font étape dans un château, identifient la créature (après quelques tâtonnements), la tue et... c'est tout. Le second tome nous présente une espèce de Dark Vador moyen-âgeux monolithique et, pour tout dire, je peine à me souvenir de l'histoire, si ce n'est le vague sentiment encore une fois de vide et de banalité. Et d'ennui !
Quant aux "fameux" chevaliers du Pardon, ils se distinguent surtout par leur austérité (à faire passer un moine dominicain pour un joyeux drille !), leur manque total de charisme et l'absence d'informations les concernant qui pourraient nous permettre d'éprouver un tant soit peu d'empathie.
Autant dire que, n'étant pas masochiste et considérant le prix des albums de nos jours, je n'ai pas été plus loin.

Bref, l'exemple même de la bande dessinée franco-belge visuellement très belle mais qui ne raconte rien ou si peu que c'est du pareil au même.

Nom série  Sherlock Holmes et le Necronomicon  posté le 22/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Depuis plusieurs années, Sylvain Cordurié croit avoir eu l'idée du siècle en annexant l'univers de Sherlock Holmes et celui de Lovecraft (et, plus généralement, du fantastique). Idée pourtant saugrenue dès le départ tant ces deux mythes littéraires sont opposés dans l'esprit et que confirme la lecture en constatant que même avec la meilleure volonté du monde (car je ne suis pas un puriste pour autant) la greffe ne prend tout simplement pas et ne réussit qu'à dénaturer à la fois Holmes et l'univers lovecraftien.

C'est toutefois le célèbre détective qui en pâtit le plus. En fait, ce Sherlock Holmes à la sauce Cordurié n'a de Holmes que le patronyme (ce personnage étant rentré depuis longtemps dans le domaine public, on peut en faire hélas n'importe quoi).
Dépouillé de ses capacités déductives hors-norme autant que de sa rationalité, dénaturé dans sa personnalité, voué à combattre désormais créatures fantastiques et vivre des aventures abracadabrantes auxquelles on a bien du mal à croire, ce Holmes de pacotille fait peine à voir.

Pour ne rien arranger, les scénarios en eux-mêmes - qui à la limite pourraient se montrer plaisants et originaux, voir iconoclastes - sont banals, convenus, plein de clichés et d'effets faciles. En un mot : médiocres. Et dire que les albums de ce grand lifting raté n'arrêtent pas de s'accumuler pour former une saga pseudo-holmésienne aux allures de grand Barnum grand-guignolesque.
Graphiquement, ça reste très correct mais sans personnalité.

Mr Cordurié, l'inconditionnel de Sherlock Holmes (ou de Lovecraft) ne vous dit pas merci !

Nom série  Le Clan des chimères  posté le 17/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme je me suis attelé à une relecture complète de la saga des Stryges (série-mère et séries dérivées !) de manière chronologique et je n'avais pas encore posté d'avis sur la création de Corbeyran, me voici donc après ma relecture des 6 tomes de Le Clan des Chimères.

Une constatation, d'emblée : la lecture de cette série sera, à mon sens, plus appréciable pour l'amateur de l'univers strygien (et notamment le lecteur du Chant des Stryges) que pour celui qui ne l'a jamais abordé et chercherait seulement une bonne série médiéval-fantastique. Non pas que Le Clan des Chimères soit une série médiocre mais, disons que dans le genre, on peut trouver nettement mieux.
Car les bases scénaristiques posées par Corbeyran restent fort classiques et ont un goût de (déjà maintes fois) lu : le seigneur qui se lamente de ne pas avoir d'héritier à cause de l'infertilité de son épouse, le parent (quand ce n'est pas le frère, c'est le cousin ou l'oncle) sanguinaire qui cherche à lui ravir son royaume et la rebouteuse du patelin à la réputation de sorcière qui propose son concours au seigneur pour que sa femme puisse enfanter. Tout cela demeure convenu, même si la suite (à partir du tome 3) parvient à être plus intéressante lorsque le binôme Abeau et Cylinia, déjà rencontré dans la série-mère, devient le centre d'intérêt de l'histoire et de ses enjeux, de même que les fameux stryges (appelés ici chimères) et particulièrement les agissements de leur meneur, le Grand Cornu (on notera d'ailleurs que c'est la première fois dans la saga qu'un stryge se fait narrateur... juste le temps de quelques planches dans le tome 6). On pourra toutefois regretter que cette mise en avant rend, du coup, les stryges moins mystérieux, voir même trop "humain" contrairement au Chant des Stryges. Il faut compter aussi avec des invraisemblances dans le développement de l'intrigue ou le comportement des personnages (la haine bizarrement outrancière de Cylinia par exemple).

De fait, ces personnages parleront davantage aux "initiés" qui trouveront donc dans cette série dérivée - outre une histoire assez prenante mais encore une fois convenue dans toute sa première partie "tragédie familiale - de quoi s'instruire sur le passé de certains protagonistes et ajouter une pierre de plus dans l'édification de l'univers strygien. Et comme je fais partie des "fans", cette série m'a à la fois beaucoup diverti et appris pas mal de choses. Donc, je plussoie.

Graphiquement, le dessin de Michel Suro souffle le chaud et le froid (certaines postures de personnages sont indéniablement ratées) mais reste correct dans l'ensemble et s'améliore au fil des tomes. La mise en couleurs est également inégale et je me demande bien pour quelle raison les stryges sont ici de couleurs rouges (??) alors que Corbeyran fait lui-même dire à un personnage qu'ils sont noirs, ce qui d'ailleurs a toujours été le cas dans le Chant des Stryges. De même, quelques teintes verdâtres sur certains visages ou (une fois encore) rougeoyantes sont peu inspirées.

PS : en ce qui concerne le conseil d'achat et pour rester logique avec ce que j'ai affirmé plus haut, je dirais "oui" pour les fans et "non" pour le lecteur lambda qui devrait plutôt choisir l'alternative de l'emprunt.

Nom série  The Time Before  posté le 18/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Gros coup de coeur. Avec La belle image, Bonin avait déjà sorti un chef-d'oeuvre de fantastique mélancolique et amer (mais l'histoire n'était pas de son cru, étant une adaptation d'un roman de Marcel Aymé). Cette fois, il est bien l'auteur complet de ce The Time Before que j'ai beaucoup apprécié. Comme pour La Belle Image, le postulat fantastique est simple et classique. C'est la manière intelligente et sensible de le développer qui rend l'album prenant. Et Bonin a su éviter les facilités scénaristiques auxquels on pense tout de suite avec cette idée de départ (du genre : faire fortune facilement) car le personnage n'abuse pas outre mesure de son pouvoir.

Alors, certes, le sujet n'est pas nouveau et, outre les références déjà citées ici, j'ajouterai le roman Replay de Ken Grimwood (dont je conseille fortement la lecture à ceux qui ont aimé cette BD). Mais Bonin est un auteur qui semble revendiquer un certain classicisme, autant dans les sujets abordés que dans la manière de raconter.
A part peut-être Amorostasia (que je n'ai pas encore lu), son oeuvre n'est pas franchement originale et/ou novatrice. Mais en quoi serait-ce un défaut ? Une bonne histoire, bien racontée et élégamment illustrée peut suffire à passer un agréable moment de lecture. Et lorsqu'il choisit (souvent) l'angle du fantastique, celui-ci est toujours chargé de sens, un peu à la manière d'un Dino Buzzatti.
Quant à la conclusion, je l'ai trouvée correcte et satisfaisante ; là encore j'ai envie d'utiliser, quitte à me répéter, le mot "élégance" qui résume bien à mon sens tout le travail de Bonin.

Par ailleurs, j'ai une raison plus personnelle d'aimer cet album : le fait qu'il se situe, par une étrange coïncidence, entre 1958 et 1962, une période qui a engendré plusieurs de mes oeuvres fétiches dans le domaine du cinéma, du roman, de la BD, de la musique, etc... et que Bonin restitue fort bien.

Nom série  Platinum end  posté le 07/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un manga qui ne risque pas de passer inaperçu quand on connaît la réputation du tandem Ohba/Obata, déjà responsable des séries à succès Death Note et Bakuman. De fait, c'est avec un mélange de curiosité, d'enthousiasme et de crainte que l'on aborde cette nouvelle série Platinum End. Le duo parviendra-t-il à être, une fois encore, à la hauteur de sa renommée, voire se hisser au niveau du fameux Death Note (ou même le dépasser). L'avenir le dira quand on sera arrivé plus loin dans la série. Il me semble en tout cas que, par sa plus grande accessibilité et ses promesses d'affrontements autres que cérébraux qui étaient propres à son illustre aîné, la série pourrait séduire un plus large public. Ce premier tome est en tous cas prometteur.

Tout à la fois différent et proche par certaines côtés de Death Note, Platinum End se révèle très vite moins verbeux tout en restant assez dense (une habitude chez le scénariste), mêlant très habilement la dynamique d'un shônen tout en demeurant seinen dans l'esprit, alliant fantasy urbaine, super-héros et stratégie ludique. Platinum propose un postulat accrocheur dont on devine déjà la richesse des situations qu'il permet et se présente comme un jeu que l'on imagine mortel à plus ou moins longue échéance pour les treize candidats choisis. Ici, l'auteur en explique les règles de base, dont les deux pouvoirs accordés aux élus par leur ange tutélaire : une paire d'ailes leur permettant de se déplacer à la vitesse de la lumière et, plus intéressant, un artefact baptisé "flèche" capable de manipuler les sentiments d'autrui mais aussi de tuer. Sachant aussi que les anges ne sont pas tous égaux dans leurs capacités à aider leur candidat (il existe une hiérarchie qui influe sur leur potentiel et ils peuvent très bien recevoir une promotion ou être au contraire rétrogradés), c'est alors aux humains élus d'avoir l'intelligence et les ressources nécessaires pour en tirer parti ou en palier les carences. Ce système de binôme humain-ange n'est pas sans rappeler celui humain-dieu de la mort dans Death Note, à la différence près que Riyuk n'était qu'un observateur goguenard là où l'ange Nasse (qui est autant candide qu'amoral, un aspect intéressant du personnage) est censé prêter main-forte à son partenaire. S'y ajoute une histoire sentimentale entre Mirai et une amie d'enfance dont on ne sait encore quasiment rien mais qui devrait jouer un rôle tout sauf anecdotique dans l'histoire si on en croit la fin du tome, assez surprenante.

Je dois avouer que, personnellement, j'apprécie rarement tous ces mangas qui fonctionnent toujours comme des "jeux de la mort" (King's game, Mirai Nikki, Judge, Doubt, etc...) tant la mécanique est toujours la même et l'esprit compétitif (typiquement nippon) qu'il induit déplaisant à mes yeux.
Mais soit : le duo Ohba/Obata a déjà démontré son savoir-faire dans le domaine et sa capacité à proposer des situations inventives et surprenantes, le tout rehaussé par le dessin précis et élégant d'un Takeshi Obata qui figure parmi mes mangakas préférés.

Ce tome 1, principalement introductif mais prometteur, se lit très agréablement et donne indéniablement envie de connaître la suite.

Nom série  Star Wars - Les Ruines de l'Empire  posté le 03/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Star Wars en comics, c'est un peu comme le Phénix qui renaît toujours de ses cendres.
On le sait désormais : tout ce qui avait été publié par Dark Horse/Delcourt dans l'univers SW est désormais considéré comme non-canonique par la petite souris aux grandes oreilles qui l'a décrété ainsi. Dans le cas de la période post-Retour du Jedi, donc, exit l'adaptation du cycle de Thrawn et l'Empire des Ténèbres (dommage pour le premier, tant mieux pour le second). On reprend tout à zéro avec Marvel/Panini et l'on peut s'attendre à une pléthore de nouveaux comics de situant dans la lointaine galaxie. Tant mieux pour les fans (et le tiroir-caisse de Disney) et tant pis pour ceux qui croyaient (encore) bien naïvement en l'idée d'une continuité et d'une cohérence auxquels s'accrocher.

Les ruines de l'Empire est en fait dans la même veine que l'autre Star Wars publié par Panini (dont le tome 1 "Skywalker passe à l'attaque" (post-épisode IV celui-là) était sorti peu avant) : priorité à l'action. De l'action à gogo, de l'action non-stop, au détriment du développement des personnages ou de situations plus intimistes. Dans ce cas-ci, l'idée est fort simple (et efficace) : mettre un nouveau personnage (Shara Bey, future mère de Poe Dameron dans Le Réveil de la Force) dans le bain (de bacta ?) en lui faisant remplir à chaque chapitre une mission avec l'un des trois personnages-clés de la saga (Han Solo, Léia et pour finir Luke). Un personnage qui ne manque pas de relief, tiraillé entre son sens du devoir et l'envie de prendre une retraite bien méritée. Psychologiquement, ça ne va pas au-delà mais de toute façon, SW n'a jamais prétendu être du Dostoïevski non plus.
Le fan prendra plaisir à retrouver tous les héros de la trilogie original (d'autant plus que le dessinateur restitue parfaitement bien le visage de chaque acteur) même si rien de neuf ne leur arrive et que leur présence fait un peu "caméo".

C'est surtout sur le plan graphique que l'album se distingue : personnages, vaisseaux, batailles spatiales dantesques ou raids au sol, le moins que l'on puisse dire est que Marco Chechetto compte déjà parmi les meilleurs dessinateurs de SW en comics. Précis, soigné, détaillé, dynamique, très respectueux du visuel des films, son travail relègue ceux de nombreux tâcherons ayant officié sur SW dans les oubliettes de Jabba le Hutt.

Bref, une lecture agréable (surtout si on est fan) mais volatile et surtout sans aucune surprise, comme il sied aux produits dérivés d'une franchise où le cahier des charges interdit tout pet de travers.

Nom série  Nisekoi - Amours, mensonges & yakuzas  posté le 11/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec le recul, Nisekoi est un manga un peu déconcertant car, au fil des tomes, on réalise que ses deux accroches scénaristiques (son "double pitch" pourrait-on dire aussi) donnent au final une idée un peu fausse de l'essentiel de son contenu (et du plaisir qu'on peut prendre - ou pas - à le lire).
Première accroche : cette idée de faux couple (nisekoi = faux amour) constitué par deux adolescents héritiers de gangs rivaux pour éviter une guerre. Seconde accroche : un pendentif porté par le jeune héros sous forme de serrure qui attend la clé d'un amour de jeunesse pour concrétiser une promesse de mariage.
Hors, dans le premier cas, l'idée est peu développée (voir pas du tout) et sert surtout de prétexte humoristique pour obliger une fille et un garçon qui se détestent à faire semblant d'être amoureux. Et dans le second cas, même si l'auteur revient régulièrement sur l'histoire du cadenas et le "suspense" (si on peut dire) de savoir laquelle des filles qui gravitent autour de Raku est l'heureuse élue, il faut avouer que l'on s'en moque un peu car, comme le disent d'ailleurs les personnages eux-mêmes, ce n'est jamais qu'une "promesse d'enfants (de 5-6 ans et peut-on même parler d'amour à cet âge-là ?) qui ne devrait pas entraîner de grandes conséquences.

Du fait, si les deux accroches scénaristiques ne sont ni l'une ni l'autre vraiment importantes dans la série et font surtout office de prétextes, que reste-t-il ?
Réponse : un manga de type comédie sentimentale / tranches de vie comme il en existe beaucoup mais qui se révèle de qualité et surpasse pas mal de ses prédécesseurs. L'intérêt de Nisekoi vient donc paradoxalement moins de ses promesses que du savoir-faire avec lequel l'auteur jongle avec les codes habituels du genre : quiproquos, valse des sentiments, humour déjanté, situations cocasses, expressions exagérées des personnages, etc... Ajoutons que la vraisemblance n'est pas non plus le souci de l'auteur (loin de là) mais comme on s'amuse, on peut laisser glisser.
Les personnages sont eux aussi très typés et dans la norme de ce genre de manga : le bon gars (Raku), la timide (Onodera), la colérique (Chitoge), la coquine (Marika), le pote vicelard (Maiko), la confidente intello (Ruri), la petite soeur casse pieds, etc...
Voilà un casting basique qui rappelle ceux de séries comme Love Hina, Ah my Goddess, Negima et tant d'autres...

Nisekoi n'est donc pas le manga un peu original auquel on pouvait s'attendre mais simplement un manga réussi dans son créneau, un manga vraiment plaisant et addictif, qui possèdent même son lot d'histoires franchement hilarantes, voir inventives, et d'autres beaucoup plus convenues, ainsi que son petit groupe de personnages, certes typés, mais qui sont peut-être les plus attachants que j'ai rencontré dans le genre, d'autant que Komi approfondi la personnalité et le passé de certains (principalement Chitoge) en leur donnant ainsi une petite épaisseur bienvenue. En bref, on en ressort un peu déçu que l'auteur n'ait pas véritablement développé ses idées de départ (surtout l'histoire de rivalité entre les deux gangs) pour vite rejoindre des sentiers plus balisés d'amours lycéennes mais, en même temps, satisfait de constater que l'inspiration et le savoir-faire sont heureusement au rendez-vous et que ceux-ci tiennent assez bien sur la durée, même si, comme souvent, la moitié aurait largement suffit.

Une lecture d'ado "teprenpalatêt" recommandable et souvent drôle.

Nom série  Bob Marone  posté le 17/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Habituellement grand amateur des autres créations du duo Yann/Conrad qui se distinguent par leur causticité et leur humour vachard (particulièrement dans les Innomables), je piaffais d'impatience de voir le sort qu'ils avaient réservé à "l'aventurier contre tous chacals" avec la réédition des albums de Bob Marone, dont je me procurai le premier tome, Le dinosaure blanc.
A priori, je m'attendais à une parodie à la fois irrévérencieuse et drôlatique. Mais avant même d'arriver à la moitié, j'ai réalisé que je m'ennuyais et malgré toute ma bonne volonté, je n'ai même pas terminé l'album.
On y trouve bien de l'irrévérence, autant dans les références à son célèbre modèle qu'à l'emprunt d'une narration très série B poussée jusqu'à l'extrême. Pourtant, ce ne fut suffisant pour me faire rire ou même simplement m'amuser. Je crois qu'à force de coller au plus près de son modèle, Bob Marone en devient davantage un pastiche décalé qu'une parodie délirante.
On ne retrouve ni la drôlerie ni les dialogues caustiques des Innomables par exemple. De même, l'histoire est très quelconque - voyage temporel vers le Crétacé - et manque singulièrement de rythme (l'histoire met un temps fou à démarrer par exemple). Les personnages secondaires sont peu marquants, manquant trop de reliefs pour aller au-delà de leur fonction archétypale (le prof, le curé fanatique, la demoiselle à protéger, etc...)

Au bout du compte, j'ai eu l'impression de lire un vieux pulp, certes passé à la moulinette de l'humour et du clin d'oeil complice, mais qui en reprendrait avec trop de fidélité les poncifs, les situations convenues, la prévisibilité, la platitude des dialogues et, paradoxalement, le sérieux.
Et pour donner, au final, la sensation de lire... un vrai pulp, humour ou pas.

Nom série  Bride Stories  posté le 17/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
On peut tenir la grâce pour une des plus grandes vertus sans être pour autant religieux.
On peut considérer la contemplation comme un remède salutaire à notre époque toujours agitée sans être pour autant un moine zen.
Et on peut aussi s'émerveiller d'un travail graphique qui tient souvent du tissage ou de l'orfèvrerie sans pour autant crier au maniérisme décoratif.
Enfin, on peut saluer la subtilité psychologique qui anime les personnages, avec ses non-dits ou ses paroles qui cachent en filigrane des émotions et des sentiments qu'une proverbiale pudeur laisse souvent en pointillés car Bride Stories ne joue pas la carte des grands élans démonstratifs. Il ne faut parfois que la présence d'un faucon blessé et recueilli par la belle Hamir pour exprimer à la fois la jalousie qui ronge le coeur humain et l'acceptation de la fatalité face à ce qui ne peut être réparé. Voilà tout l'art narratif de Kaoru Mori.
La délicatesse. La simplicité. La beauté. La patience. L'évasion. L'optimisme.
Autant d'autres qualités qui émaillent cette somptueuse tapisserie et qui me donne toujours, en lisant un tome, une sensation de plénitude, d'apaisement et de dépaysement que je retrouve rarement dans le manga.

Non pas que la saga ethno-familiale de Bride Stories soit épargnée par la violence, les complots, la sournoiserie, les guerres et la mort (et comme l'humain est une créature décidément pervertie et que le bonheur n'a pas d'histoire(s), on est bien obligé de reconnaître que les scènes de violence et de bataille, les drames et autres complications ajoutent du piquant à l'aventure).
Toutefois, au-delà des petits (et plus grands) drames et des avanies diverses que connaissent les personnages, la série garde ce qui fait sa particularité : une manière unique d’accommoder le quotidien le plus banal avec un sens de la poésie qui fait que même la scène la plus triviale en apparence (le dépeçage d'un animal, la préparation d'un repas, une partie de chasse, une séance de tissage, les préparatifs d'un mariage) n'est jamais ennuyeuse à mes yeux. A la manière du personnage européen de l'ethnologue avec lequel le lecteur peut s'identifier, on suit la vie et les coutumes à la fois étranges et familières de ces peuples d'Asie Centrale qui semblent vivre sur une autre planète. Et comme le propos de l'auteure n'est pas de faire dans le documentaire (mais plutôt la fiction bien documentée), elle parvient toujours à élaborer des scènes drôles, cocasses ou émouvantes qui retiennent l'intérêt au-delà de la minutie apportée au décor et aux us et coutumes. Il faut beaucoup de talent et de finesse à un auteur pour parvenir ainsi à agripper le lecteur - possédant en tout cas un minimum de sensibilité - avec des petits riens plutôt que de grandes batailles et/ou des péripéties à gogo, de même qu'avec une narration sinuant de tomes en tomes plutôt qu'avec un fil conducteur linéaire comme les rails d'un chemin de fer. Pour autant, Kaoru Mori montre dans le tome 6 sa capacité aussi à mettre en scène une bataille des plus mouvementées, à grands renforts de galopades, canonnades, pluies de flèches et confrontations filiales.

On aura compris, je pense, qu'il s'agit ici avant tout d'une oeuvre essentiellement contemplative et non d'un "blockbuster" sur papier qui cherche à imiter le cinéma américain. C'est important de le préciser pour ceux/celles qui trouveraient "chiant" au bout de 30 pages ces nombreuses scènes quotidiennes, faites de presque rien mais que l'auteure parvient toujours, selon moi, à sublimer.
Une oeuvre (un chef-d'oeuvre) remarquable de beauté, d'intelligence, de sensibilité et de sérénité venue du pays des robots géants, des gadgets débiles et du burn-out. Bref, le Japon dans toutes ses contradictions.

Nom série  J'ai tué Abel  posté le 17/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les séries-concept fleurissent dans la BD de ces dernières années et en voici une nouvelle axée sur les assassinats célèbres ayant pour titre générique "J'ai tué" (les deux autres étant consacré à Philippe II de Macédoine et François-Ferdinand, Archiduc d'Autriche)
Mais je dois dire que, moins que le concept lui-même ou l'intérêt historique, c'est surtout la collaboration (inédite) d'un grand scénariste que j'admire (Le Tendre, alias celui-qui-écrivit-La Quête de l'Oiseau du Temps) et le dessinateur Guillaume Sorel (L'Ile des morts, Algernon Woodcock) que je révère presque tout autant qui m'a décidé à acheter l'album.
Je craignais tout de même une déception à la mesure de l'attente. Je me trompais.

Les planches de Sorel jouent sur le contraste frappant entre l'austérité du désert où vivent une poignée de nomades pacifistes (parmi lesquels le "héros" de l'histoire, l'humble berger Hamor) et le déploiement fastueux et décadent de la cité mésopotamienne, décor grandiose et mortifère qui s'accorde si bien avec les frasques de son roi tyran et sanguinaire, Nébunedzar. Il y a dans ce personnage quelque chose du Kurtz d'Apocalypse Now mais je n'en dis pas plus.
Fulgurances de violence, sensualité vénéneuse, cadrages et postures des personnages audacieuses, intensité des expressions : Sorel met son dessin expressif et son trait souvent acéré au service d'une époque antique qu'il n'avait jamais encore, à ma connaissance, traitée. Et son style se prête aussi bien à ce type de contexte âpre et violent qu'à celui, pourtant autrement plus poétique, d'un Algernon Woodcock.

Quand à Serge Le Tendre, il démontre à nouveau qu'il est un grand conteur, capable de se réapproprier un matériau de base très classique (comme il l'avait fait avec La Gloire d'Héra et Tirésias) et de susciter l'intérêt du lecteur avec une version décalée dans le temps qui tient davantage lieu, sur le fond, d'une confrontation psychologique que d'une aventure épique (même s'il laisse aussi toute latitude à Sorel pour certaines scènes impressionnantes, comme la prise de Jérusalem). Et d'y ajouter, en plus de son sens de la narration éprouvée, cette touche d'ironie et cette cruauté dont sont souvent victimes chez lui des humains manipulés autant par leurs pulsions primaires et leur passion que par des dieux retors et dénués de compassion.
Avec lui, le tragique et la fatalité des hommes se développent au sein d'un éclat de rire sardonique et gigantesque de l'univers pour nous rappeler à quel point nous ne sommes, finalement, que de dérisoires pantins.
Le twist final surprenant de l'album ainsi que la dernière planche contribuent à étayer ce point de vue.

Une BD qui, loin de se contenter d'en mettre plein les mirettes comme tant d'autres à notre époque, se révèle aussi profonde et s'ancre durablement dans la mémoire du lecteur.

Nom série  Negima ! - Le Maître Magicien  posté le 28/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
(Avis après lecture de 24 tomes)

Negima a quelques handicaps de départ et souffre de certains a priori qui peuvent le desservir auprès du lecteur qui voudrait se lancer dans une série longue.
Du côté des handicaps : un début très léger (certes rafraîchissant si l'on est réceptif à ce genre de manga mais fort "light" quand même), un manque d'enjeu scénaristique qui donne ainsi l'impression au début de suivre une série de micro-événements amusants (dans le meilleur des cas) mais guère captivants. Une certaine candeur aussi qui doit beaucoup à la jeunesse du personnage principal et à sa bonne volonté à toute épreuve.
Du côté des a priori, le fait que la série s'inscrive clairement, surtout dans les premiers tomes, dans un genre qui jongle avec les codes archi-connus du "shonen harem" (dans le genre de Love Hina), de la comédie de collège/lycée et de l'ecchi (bonjour les petites culottes !). Avec ce genre de pedigree et à moins d'être un fan (service ?) de ces types de mangas, il est difficile de ne pas ressentir une grosse impression de déjà lu. Par ailleurs, Ken Akamatsu en tant que scénariste n'est pas non plus d'une inventivité folle dans le choix de ses situations : on reste dans l'ultra-classique, presque la "figure imposée" (comme en gymnastique).

Ceci étant dit, il y a probablement dans cette série un fossé qui sépare ceux qui en sont restés aux premiers tomes et ceux qui ont continué leur lecture. Je fais partie de la seconde catégorie et, actuellement, j'en suis au tome 24. Ceux-là (et je m'inclus donc dans le lot) pourront faire valoir certains arguments en faveur de Negima à prendre en compte pour juger d'une série qui, sur le long terme, est finalement assez riche (dans son background mais aussi ses thématiques), attractive et fun, avec des personnages attachants et très variés.

Au fil de ses différents arcs, Negima se révèle être une série moins mièvre et simpliste que le laissait supposer le début. Car c'est bien à un récit initiatique que nous convie, mine de rien, l'auteur. Et chacun sait que ce type de récit, même léger en apparence, brasse des thèmes universels non exempts d'une certaine "profondeur" : la recherche de sa voie, le rapport au père, l'acceptation de la noirceur du monde, la relativité des notions de Bien et de Mal, le passage à l'âge adulte, etc... De même, comme tout récit initiatique, les personnages (du moins les principaux et Negi au premier chef) évoluent : ceux du tome 24 ne sont plus tout à fait ceux rencontrés dans les premiers volumes. De ce point de vue, la comparaison avec Harry Potter (même un peu facile) n'est pas incongrue.
Non seulement ils gagnent en puissance, comme dans tous les shonen de type nekketsu, mais ils gagnent aussi en maturité et leur vision du monde s'affine. Les enjeux se révèlent et la série sait tout de même aller au-delà des amourettes de collège et batailles de polochons du début. A contrario, les protagonistes d'une série comme One Piece (réussie, au demeurant, dans son genre) ne subissent pas ce type d'évolution : ils restent figés dans un éternel présent et dans leurs caractéristiques invariables, à la manière des enfants perdus du Neverland de Peter Pan. Ce n'est pas le cas de Negi, d'Asuna, de Nodoka, de Yue, de Chisame... pour ne citer qu'eux. Et au-delà de ses aventures débridées, d'humour bon enfant, de combats et... de (nombreuses) jeunes filles parfois dévêtues à la faveur d'un truc scénaristique grossier, certaines directions prises par l'auteur peuvent même surprendre : ainsi la voie de la Lumière n'est pas forcément celle que choisira notre jeune héros et les motivations de certains personnages présentés comme "méchants" peuvent parfois se justifier d'un certain point de vue.
Bref, si Negima demeure une petite série pour jeunes ados conçue en priorité pour divertir, elle ne me paraît ni idiote ni manichéenne sur la durée.

Sans se détacher complètement non plus de ses influences "harem-ecchi" de départ (l'auteur a cherché manifestement à contenter deux types de lectorat), Negima bascule du côté du shonen formatif nerveux et vitaminé bénéficiant, de surcroît, d'un univers de fantasy (dans l'arc sur le Mundus Magicus à partir du tome 21) foisonnant de détails et dépaysant.
Ce sens du détail, on le retrouve aussi dans l'un des aspects les plus remarquables de cette (petite) série : son graphisme. J'ai rarement vu un dessin aussi fouillé dans un manga, principalement dans les décors qui ont bénéficié d'un soin particulier (souvent modélisés en 3D avant passage par la planche). Pour un contexte de fantasy comme celui du Monde Magique (ou même celui du vaste campus de Mahora), ce souci du détail est fort appréciable. Le même soin est apporté à la magie elle-même, comme en témoigne les glossaires en fin de volumes qui donnent moult précisions sur les incantations en latin. Les combats, quant à eux, sont dynamiques tout en restant lisibles (ce qui n'est pas toujours le cas d'autres mangas)

Au final, le grand défaut de Negima réside dans la lenteur avec laquelle Akamatsu fait avancer son histoire, l'encombrant d'une multitude de scènes pas franchement indispensables (voire répétitives) dans tout le premier tiers de la série (ce qui fait tout de même pas mal de volumes à se farcir !), jouant même parfois de manière éhontée avec la patience du lecteur (l'interminable arc du Festival de Mahora et ses bons successifs dans le temps !) même si l'ensemble m'a paru agréable à suivre.
C'est le procédé bien connu du délayage à la japonaise sur les longues séries et, plus que tout autre, Negima en pâtit beaucoup. Une dizaine, voire une quinzaine de volumes en moins aurait pu rendre la série plus digeste et amener plus rapidement le lecteur à l'essentiel.
Les plus intéressés s'armeront donc de patience et pourront en être récompensés.
Les autres jetteront vite l'éponge en ne gardant de la série que son aspect "harem-ecchi" des débuts.

Nom série  Broadway  posté le 18/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis des années, je me méfie instinctivement des albums qui attirent immédiatement l'oeil que ce soit par leur couverture (très souvent) ou par leurs planches (parfois). Mais j'ai tout de même fait une exception avec ce nouveau dyptique.
Il faut dire que, à première vue, l'album avait quelques arguments : une belle couverture (oui, certes... et puis je ne sais pas pourquoi : les jolies rouquines avec une bestiole à fourrure, ça me parle depuis une certaine BD d'héroïc fantasy que je ne citerai pas...), de très belles planches (c'est encore mieux) servies par un dessin de haute tenue et surtout une mise en couleurs superbe privilégiant les tons chauds. Le rendu général m'a beaucoup rappelé Secrets - L'Angélus, dessiné par Helms, que j'avais beaucoup aimé visuellement pour les mêmes raisons. Alors, graphiquement, je peux dire : vendu ! Ensuite, j'apprécie la période choisie (les années 20) et particulièrement l'évocation du music-hall d'alors.

Pour le scénario... disons que l'histoire est très classique et sans surprise. La petite danseuse qui cherche du boulot, qui atterit dans un nouveau cabaret qu'essayent de remettre sur pieds deux frères qui n'y connaissent rien, une vedette capricieuse, les ennuis qui commencent et un cabaret concurrent qui aimerait bien le voir couler. Tout y est, donc, dans le genre.
Mais le scénario est bien construit à défaut d'être surprenant, les personnages sympathiques, les situations souvent cocasses et le ton général reste léger en ayant ce petit côté pétillant et désinvolte typiquement "années folles" qui peut séduire.
Toutefois, ce premier tome est surtout une mise en place assez longuette, l'auteur prenant son temps pour réunir ses personnages qui vont partager le même destin. Seul la fin laisse présager une intrigue plus consistante dans le tome 2. On en ressort donc forcément un peu frustré et avec la sensation de n'avoir assisté pour l'instant qu'à une suite d'anecdotes, certes cocasses et représentatives de ce milieu à cette époque.

Bref, un album plaisant et léger, surtout remarquable par sa beauté graphique et son évocation des années 20 très bien rendue mais à qui il manque juste un peu d'imprévu et un développement un peu plus rapide qui aurait pu permettre d'amener le lecteur déjà au coeur de l'intrigue.
Autrement dit : j'en conseillerai surtout l'achat aux amateurs de cette période et du milieu qu'il décrit qu'au lecteur occasionnel qui y serait indifférent.

Nom série  Oracle  posté le 24/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est devenu assez rare, de nos jours, qu'un one-shot de seulement 50 pages parvienne à proposer une histoire prenante, avec un contexte relativement fouillé, des personnages qui ne soient pas creux, de l'action et une certaine profondeur.
Ce premier tome remarquable réunit tout cela, en plus d'être agrémenté d'un dessin superbe, à la mesure de la couverture une fois n'est pas coutume.
Que demander de plus ?

Entre drame psychologique, manipulations et scènes épiques, c'est une histoire subtile et émouvante qui aurait pu figurer dans le corpus mythologique classique, où encore une fois les humains gagnés par leur passion deviennent les jouets de dieux cruels et désinvoltes. Et comme toujours, ce sont toujours les humains qui morflent le plus et les dieux qui s'en tirent facilement. Le personnage de la pythie est, par ailleurs, fort réussi : à la fois victime et manipulatrice, elle se distingue par ses nuances. Au contraire des Spartiates, fidèles à eux mêmes, c'est à dire tels que je les ai toujours (dé)considérés : une bande de bourrins sans cervelle ayant soif de gloriole qui m'avaient déjà drôlement saoûler dans 300. Au moins, ici, le scénariste est loin de faire dans l'apologie guerrière douteuse et gueularde.

Reste à espérer que les autres tomes de cette série-concept de one-shot soient aussi réussis.

Nom série  Corpus Hermeticum  posté le 29/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n'ai lu que le premier tome et comme je me suis laissé dire que les suivants étaient encore moins intéressants, je n'irai donc pas au-delà de cet album qui est déjà, sans être médiocre, tout simplement banal. Le genre de BD de la catégorie "vite lu, vite oublié". Je ne dois finalement sa lecture que parce que je suis actuellement dans un "trip historico-ésotérique" mais il est clair que, dans le genre, on trouve nettement mieux et plus étoffé. Car outre un scénario convenu et des personnages sans aucune épaisseur, l'album n'est finalement qu'un one-shot dont le nombre restreint de pages ne permet pas des développements dignes de ce nom : tout au plus a t-on droit ici à l'équivalent d'une épisode (moyen) de 45 minutes d'une série télé type X-Files.

C'est dommage car certains éléments réalistes auraient pu constituer une toile de fond intéressante (comme la situation de la péninsule de Kola, véritable poubelle nucléaire de la Russie) de même que la référence aux Hyperboréens pour l'aspect fantastique. En revanche, le fameux Corpus Hermeticum ne joue ici aucun rôle important (un comble vu le titre générique de la série !) et n'est utilisé que comme un prétexte scénaristique pour amener les personnages sur le lieu de l'action.
Au niveau de l'ambiance sois-disant oppressante, on est également très loin du Sanctuaire de Bec, autrement plus flippante et à l'intrigue plus dense.

En revanche, j'ai apprécié le dessin d'Alain Brion et l'ensemble de l'aspect graphique en général, de même que son ambiance frigorifiante mais belle, étant amateur de paysages enneigés.

Au final, un petit album agréable à l'oeil, qui aurait eu un certain potentiel s'il avait été plus longuement développé (sur trois tomes par exemple) et n'était entâché d'un final convenu et sans surprises.
A lire à la rigueur comme un "album apéritif" si on le compare à d'autres BD du même genre bien plus consistantes, que l'on peut apprécier pour son ambiance mais dont je ne conseille certainement pas l'achat au prix plein. Plutôt en emprunt ou en occase, à la rigueur...
Bref, un album volatile comme un flocon de neige.

Nom série  GloomCookie  posté le 02/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cela faisait un certain temps qu'un album ne m'était pas tombé des mains.
Et comme j'apprécie beaucoup Ted Naifeh et surtout sa formidable série Courtney Crumrin, je ne pensais pas que j'allais rendre les armes sur celui-ci.
Mais malgré toute ma bonne volonté, il m'a bien fallu me rendre à l'évidence : ce Gloomcookie m'a profondément ennuyé et j'ai finalement dû jeter l'éponge.

Certes, c'est Ted Naifeh (du moins au dessin, pas au scénario), on retrouve l'ambiance gothique pseudo-burtonien qu'il affectionne mais pour le reste... toutes ces histoires de coucheries, de manipulations, de spleen adolescent, de discussions entre copines autour d'une verre sur le dernier rencart en date et la longueur du pénis du mec dans une espèce de communauté de goths à l'attitude agaçante dans leur ton affecté (ce qui fait qu'aucun n'a attiré ma sympathie) n'ont jamais réussi à éveiller mon intérêt.
On est très loin du charme, de la poésie, de la causticité, de la critique sociale pertinente, de l'émotion et des excellents scénarios des Courtney Crumrin.
Même graphiquement, c'est en-dessous.
Et le mélange fantastique/vie quotidienne fonctionne moins bien qu'avec Courtney, d'autant que le fantastique m'a semblé assez artificiellement plaqué sur cet univers finalement très terre-à-terre et trivial.

Ce mix entre surnaturel et histoires de moeurs/tranches de vie n'était pas une mauvaise idée en soi et on pourrait même trouver cette approche plutôt originale mais ces deux tendances sont trop inégales, la première tenant surtout lieu de décorum et la seconde prenant une trop grande place sans pour autant arriver à intéresser par ses historiettes où des personnages aussi falots que poseurs se croisent, se séparent, se recroisent et vogue la galère relationnelle anecdotique et ennuyeuse.
Courtney ! Reviens !

Nom série  Whaligoë  posté le 25/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Whaligoë est un album doublement (et même triplement !) trompeur et ce malentendu est d'ailleurs déjà annoncé par sa (belle) couverture qui les réunit tous les trois, à la fois sur le plan graphique que sur le contenu de l'histoire et du genre auquel on pourrait l'associer a priori.

A voir cette silhouette éthérée et fantômatique de femme délicatement déployée comme un nénuphar et baignée par la clarté lunaire, on pourrait se croire en présence d'un album teinté d'une douce et mélancolique poésie qui mène au fantastique. Cette première impression est vite contredite par un contexte (l'Ecosse et ses habitants aussi rugueux que ses paysages) lourd, menacant et rustre.
Yann exprime à nouveau sa mysanthropie, son goût pour le cynisme, la brutalité (voire la cruauté) et les répliques vipérines auxquels se livrent aussi bien le couple d'aristocrates décadents que les gens du cru. On ne peut s'empêcher de penser aux deux autres séries que Yann à signées sous le nom de Balac (Sambre et Le Sang des Porphyres), tant pour l'ambiance d'un romantisme plus pesant que Lamartinien que par un scénario qui semble nous mener encore vers des secrets de famille, même si ce premier tome livre peu d'informations encore à ce sujet.

Ensuite, même si le début semble nous diriger vers une histoire surnaturelle en convoquant à la fois rituel païen, références au roman gothique et surtout à Edgar Poe et une apparition apparement spectrale hantant un cimetière (mais qui laisse pourtant des empreintes de pas, voilà qui est curieux pour un fantôme !), on se met à douter un peu de son appartenance à ce genre après la lecture ou en tout cas celui-ci est aussi fuyant que son spectre.
Du fantastique, ce premier tome en retient surtout une ambiance mais l'histoire proprement dite me fait pour l'instant plutôt penser à l'Auberge Rouge, avec ce couple du "beau monde" coincé dans ce village paumé et ses habitants inquiétants et brutaux.
Enfin, le dessin de Virginie Augustin est ici aussi différent de ce qu'elle avait fait sur Alim le Tanneur, méconnaissable même. Il ne s'agit pas d'un jugement de valeur car le résultat est à nouveau de bonne tenue et convient bien à l'histoire mais le style est moins délicat, plus rugueux, avec un encrage plus marqué. Là encore, on s'éloigne de l'illustration de la couverture.

Alors, si on met de côté toutes ces trompeuses apparences et ma petite déception à ce sujet car je m'attendais à quelque chose de plus délicat et poétique (même de la part de Yann...), ce Whaligoë est assez savoureux dans son ton constamment sarcastique, servi par des dialogues piquants et spirituels à la Oscar Wilde, des personnages qui bien que peu sympathiques charment malgré tout par leurs fortes personnalités, le contraste amusant entre le pédantisme du couple d'aristos et les gens du terroir (L'Auberge Rouge à nouveau !) et enfin l'atmosphère oppressante et "fantastique" chargée de mystères et de passions coupables.
La fin du tome laisse présager une suite, que je lirai avec plaisir, plus "musclée" et mouvementée, qui devrait nous en apprendre plus sur l'apparition.

Ma note serait plutôt de 3,5.

Nom série  Une aventure d'Antonin Phylifandre  posté le 22/07/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La couverture et la lecture des treize premières planches en preview sur le Net avaient attiré mon attention, les promesses de son ambiance s'étaient insinuées en moi et je m'étais déjà fait une certaine idée de cet album... qui s'est révélée fausse au final (mais ce n'est pas le seul problème).
Déjà, avec la (belle) couverture d'une sorte de Pierrot Lunaire en haut-de-forme sur les toits, avec cette silhouette de chat, ce ciel mauve de mélancolie rêveuse et ce visage de femme, on pouvait s'attendre à une histoire mêlant la poésie et l'onirisme. "Propice au songe "comme le dit le résumé de quatrième de couverture. Autant dire qu'il n'en est rien.
A la place, nous avons une classique histoire de chasse au trésor égyptologique bien plus prosaïque convoité par différents protagonistes, qui finalement se place davantage du côté d'une série comme Le tombeau d'Alexandre d'Isabelle Dethan mais en nettement moins bien dans le genre et c'est un euphémisme !

Ceci étant dit (en guise d'avertissement), les défauts propres à cet album sont nombreux et concernent tous le scénario.
Pour commencer et surtout, celui-ci est des plus basiques et j'ai eu l'impression de lire une histoire écrite pour des pré-ados qui, pour ne rien arranger, reprend la sempiternelle mythologie égyptienne et ses "mystères". Les clichés s'accumulent, les situations sont sans aucune originalité, les dialogues terriblement stéréotypés et répétitifs. On ne compte plus le nombre de "Malédiction ! Dans quel pétrin me suis-je encore fourrée ? " et autre "Malédiction ! Me voilà fait comme un rat". Bref, les répliques sont d'une grande platitude, voire involontairement comiques, le vocabulaire limité, les métaphores passe-partout et les protagonistes abusent d'interjections puériles au point qu'on pourrait se croire dans une parodie de Blake et Mortimer. C'est particulièrement frappant vers la seconde moitié de l'album.
L'intrigue, quant à elle, souffre de raccourcis étranges et peu crédibles, d'invraisemblances, de grosses ficelles, de réapparitions subites de personnages qui arrangent (trop) bien les choses. Seules quelques touches d'humour bienvenues ont réussi à me faire sourire mais c'est bien peu pour sortir cet album de son naufrage scénaristique. Quant aux personnages...

Le soi-disant "héros" (si on en croit le sous-titre de l'album) n'a rien du rêveur sympathique et lunatique que pouvait laisser présager les premières pages. Il se révèle en réalité totalement fade et se comporte comme un étudiant invertébré. De plus, sa naïveté est agacante et il se laisse trimbaler (et manipuler) dans cette histoire sans vraiment trop savoir ce qui lui arrive. Sa présence (molassonne) est bien moins marquante que celle de son amie Alice Mirage, qui pour moi est la véritable héroïne de l'histoire. Bien qu'assez caricaturale (belle, intrépide, indépendante, aventureuse, intelligente, et j'en passe), elle dégage malgré tout un vrai charme qui a réussi à me séduire. Autant dire qu'elle éclipse sans effort le trop falot Antonin.
Les personnages secondaires remplissent leur rôle de sous-fifres typés et sans charisme (l'érudit et membre d'une sorte de secte qui a le mot "méchant" comme inscrit sur son front, le traître, le riche excentrique impotent, l'émir et sa cour de femmes et de panthères couchées à ses pieds, etc...).
On en vient à se demander comment on peut encore écrire (et publier) de tels scénarios et créer de tels personnages réchauffés à notre époque et dans une collection de ce genre. Mystère.
En tout cas, il est bien difficile d'y adhérer lorsque l'on a plus de 12 ans.

C'est encore dans le domaine du graphisme que l'album est le plus convaincant et sympathique. Le travail de Mikel Janin est de bonne tenue pour une première oeuvre. Précis, minutieux, soigné autant dans les décors que dans les personnages (on s'étonnera juste de la physionomie d'Antonin dans un style proche de Tardi alors que les autres personnages sont loin de ce type).
Les couleurs sont également bien choisies pour restituer les différentes ambiances : du gris austère d'une bibliothèque nationale au jaune lumineux du désert égyptien, du rouge chatoyant du palais de l'émir au vert bucolique d'un parc parisien, Janin joue très bien des contrastes.
C'est donc d'autant plus décevant qu'un graphisme de qualité soit gâché par un scénario aussi naïf et pour tout dire médiocre.
La déception est à la mesure de mon attente.
Ma note tient surtout compte du dessin et... du personnage d'Alice, sans quoi j'aurais pu dire n'avoir "franchement pas aimé".

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