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Nom série  Bételgeuse  posté le 22/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les lecteurs d’ Aldébaran ne sont pas dépaysés par ce nouveau cycle. En effet, s’il se déroule sur une autre planète, c’est encore Kim qui est à la baguette, cette fois officiellement (elle est devenue une femme mûre avec des responsabilités officielles).

Comme pour le cycle précédent, Leo a su créer sur Bételgeuse une faune et une flore très riches et originales (je n’ai juste pas aimé et/ou trouvé « crédible » la bête avec son harpon, mais bon…). Et, comme pour le cycle précédent, Leo cherche à développer une intrigue humaniste, sans trop de Science-Fiction, l’aventure primant, dans des décors très colorés.
Le débat porte ici sur la possibilité ou non pour les humains de coloniser cette planète (ceci dépendant de la présence ou non d’espèces intelligentes, et opposant clairement deux groupes aux idées et intérêts diamétralement opposés).

Alors, c’est sûr, certains défauts entrevus dans Aldébaran se retrouvent ici (certains dialogues dispensables autour des amourettes ou soupirants de Kim – parfois venus de loin ! –, certains visages trop figés, un chouia de manichéisme, etc.).

Mais j’ai pris le parti de les minorer, pour suivre cette aventure dépaysante. Il y a certaines redites par rapport au premier cycle, certes. Mais par contre, une intrigue jouant plus sur le mystère (certaines révélations ont enfin lieu sur la mantrisse) et moins sur les oppositions entre humains (comme c’était le cas dans une sorte de résistance contre la dictature du premier cycle).

Cela reste encore une série intéressante, avec un univers assez personnel (la jungle doit sans doute beaucoup à la forêt dense brésilienne chère à l’auteur…).

Nom série  Aldébaran  posté le 21/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je viens de me relire l’intégrale de la série, que j’avais achetée lors de sa sortie. Il faut dire que, malgré ses défauts, j’avais bien aimé ma lecture des albums au fur et à mesure de leur publication, lecture avec laquelle je découvrais le travail de Leo. Comme l’écrit Moebius dans une courte préface de l’intégrale, c’est de la Science-Fiction sans esbroufe, sans voyages intersidéraux ou vaisseaux spatiaux incroyables toutes les deux cases.

Evidemment, le dessin de Leo est assez spécial, avec des visages qui sont franchement trop statiques. On pourrait aussi lui reprocher des couleurs tranchées – et une colorisation qui manque souvent de nuance. Mais ces défauts ne sont pas rédhibitoires, et ce dessin colle bien à l’intrigue, et à l’univers qu’il a créé, avec une faune et une flore originales, variées et abondantes, souvent tout en arrondi – bien souvent, même les espèces dangereuses n’ont pas d’aspect extérieur menaçant – à part quelques planches dans les grands marécages (cet aspect a dû séduire Moebius, car assez proche par certains côtés de sa série Le Monde d'Edena). La planète elle-même n’est pas hostile d’ailleurs, contrairement à ce qui se passe souvent dans le genre SF (on pourrait presque classer cette série en Aventure, si les bestioles bizarres ne venaient régulièrement nous rappeler que nous ne sommes pas sur Terre !).

Autres défauts pointés rapidement : les atermoiements de Kim, et le grand nombre de femmes tombant dans les bras de Marc « à son corps défendant ».

Bon, ces critiques étant faites, et sans les renier, je dois dire que cette série se laisse lire facilement, agréablement, avec un début intriguant, une histoire qui, tout en nous faisant découvrir quelques personnages (Marc et Kim en tête, Pad, etc.), de beaux paysages exotiques, nous amène aussi petit à petit au cœur d’une société dirigée par un clergé dictatorial (ce n’est pas la partie la plus originale de l’histoire, d’ailleurs), nos héros ayant maille à partie avec la police.

En parallèle, au fur et à mesure des rencontres qu’ils font avec des scientifiques réfractaires (Driss et Alexa), ils nous font découvrir la spécificité de la planète Aldébaran, ce mystère responsable du drame qui les a touchés au début de l’aventure.
Aventure qui devient de plus en plus dynamique, surtout à partir du troisième tome (le personnage de Pad, la confrontation entre les autorités et le petit groupe de rebelles, la Mantrisse et les bébêtes des grands marécages pimentant l’intrigue).

Leo a su créer un univers original et cohérent, et son histoire tient vraiment en haleine le lecteur, au point qu’on a envie de connaître la suite dans les autres cycles.

Nom série  Le Messie est revenu  posté le 20/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est l’un des premiers recueils d’histoires de Goossens – si ce n’est le premier, et ça se voit je trouve.

Certes, on y trouve déjà la volonté de Goossens d’aller au bout du bout d’une idée idiote, d’un délire fumeux. Et, déjà, Jésus (qui deviendra l’un de ses personnages récurrents) est de sortie. J’ai d’ailleurs bien aimé son entretien d’embauche parodique, sûrement la meilleure histoire de l’album. Un Goossens au meilleur de sa forme l’aurait encore plus fait partir en vrille, mais c’est déjà bien bon.

Oui, mais voilà, dans la plupart des histoires de cet album, Goossens tâtonne encore, et ce n’est pas toujours drôle, réussi, comme ce sera le plus souvent le cas plus tard.
Un Goossens mineur donc. Même si le fan de l’auteur que je suis l’a acheté, je ne saurais recommander à tous d’en faire autant aveuglément.

Nom série  Tranches de brie  posté le 19/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sont regroupées dans cet album certaines des premières publications de Margerin, avant qu’il ne se spécialise dans les rockeurs à banane.

Je mets à part la deuxième histoire, que je n’ai pas vraiment aimée. J’ai par contre trouvé les autres intéressantes, plus ou moins drôles. C’est un humour gentil – même si de l’humour noir enrobe parfois le tout. Un peu d'humour con aussi.

Il y a parfois des ressemblances avec du Raymond Calbuth, et quelques clins d’œil sont faits à certains confrères de Margerin (un personnage d’une histoire a même les traits de Gotlib…).

Ce n’est certes pas le plus connu des albums de Margerin, mais celui-ci mérite en tout cas que vous y jetiez un œil.

Nom série  Urban  posté le 07/02/2016 (dernière MAJ le 18/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les séries de Brunschwig que j’ai lues sont généralement intéressantes, mais pêchent souvent par une surenchère de rebondissements. Pourtant, si ici aussi on imagine aisément un blockbuster hollywoodien pour adapter cette histoire, je trouve l’ensemble plus équilibré, moins dans l’esbroufe : c’est la série de Brunschwig que je préfère, nettement.

D’abord, avant de revenir au scénario de Brunschwig, je voudrais dire tout le bien que je pense du dessin de Ricci, que j’ai vraiment bien aimé, à la fois précis (sauf quelques visages, surtout dans le premier tome) et très dense, rempli de détails. Idem pour la colorisation. Ce côté graphique est déjà captivant.

Pour ce qui est de l’histoire, si l’univers brasse quelques influences (« Blade Runner » par exemple), c’est quand même original.
Dans un futur pas si éloigné (même si en 50 ans la science a fait des progrès ! – seul bémol concernant la crédibilité de cette histoire, que j’aurais plus située un siècle plus tard), « Monplaisir » fait office de nouvel opium du peuple, sorte de super parc d’attractions hyper digitalisé. Et en fait, on ne fait plus trop la différence entre le réel et le virtuel, puisque tout est mêlé, y compris lorsque des vies sont en jeu.

Le personnage principal, Zach, gros balourd intégrant les forces de l’ordre, est plutôt attachant, et atypique dans cet univers froid. Avec Ishrat, il sont les seules lueurs d’humanité dans un monde qui tend à la déhumanisation.

Le troisième album semble vouloir donner une nouvelle accélération à l’intrigue, avec plusieurs interrogations laissées en suspens (sur les terroristes, Ishrat, la famille de Zach, et le petit garçon tué par Ebrahimi). Ce troisième tome, qui semblait commencer trop calmement, et dont le début m'avait déçu, se révèle en fait sur la durée très intéressant (après deux premiers albums d'exposition de l'intrigue). Il faut maintenant que Brunschwig commence à nous livrer quelques clés !

Le quatrième album commence à livrer les clés de l'intrigue, de la personnalité de Springy Foll et de Monplaisir, avec des flash-back éclairant le passé plus ou moins lointain: Zach cherche à comprendre.

Le suspense, toujours au rendez-vous, est habilement relancé, le cadre posé est vraiment bien fichu : je suis très impatient de découvrir la conclusion dans le cinquième et dernier tome !

Nom série  Grimmy  posté le 18/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, c’est sûr que l’on fait rapidement la comparaison avec Garfield, avec parfois l’impression qu’on a juste remplacé le chat par un chien. Outre que je n’étais déjà pas fan de Garfield, je pointe quand même quelques petites différences.

D’abord, même s’il reste globalement « tout public », l’humour est parfois un chouia plus « osé » (ce n’est pas du trash non plus, hein ?), Grimmy jouant un peu sur certains gags sur son côté crado.
Ensuite, justement, tous les strips ne semblent pas faits pour faire rire (ou alors c’est la traduction qui pêche).

Toujours est-il que je n’ai pas davantage accroché à cette série qu’à Garfield. Pas assez drôle à mon goût, peinant à se renouveler (la grosse feignasse de chien qui donne des leçons à son maître – en l’occurrence une vieille rombière au nom improbable, mais peu attachante, ça sent le déjà vu quand même).

Comme beaucoup d’autres strips hélas, c’est à consommer avec modération, cela passe sans doute mieux au milieu d’un journal, comme c’était le cas au moment de sa publication, alors que se taper plusieurs albums d’un coup comme je l’ai fait, c’est saoulant et cela fait ressortir le manque d’originalité de l’ensemble.

Nom série  Et si l'amour c'était aimer ?  posté le 17/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après un gros succès (mérité) avec son Zaï Zaï Zaï Zaï et un retour à l’autodérision soft et humoristique chez La Cafetière avec Pause, voilà de nouveau Fabcaro chez 6 Pieds avec une histoire d’humour crétin, voire totalement débile.

On y retrouve le dessin et la bichromie déjà utilisés sur son génial Zaï Zaï Zaï Zaï, et certains types de dialogues farfelus, où l’absurde, le non-sens font souvent mouche. Ici, il est question de caricaturer les histoires à l’eau de rose, les romans photos débiles, avec textes au kilomètre et dialogues abscons, erreurs de traduction et autre délicieuse exaltation du néant intellectuel (déjà, rien que le titre…).

J’avoue avoir bien ri à plusieurs réparties, surprenantes, débiles. Par contre, si j’ai globalement bien aimé cet album, je l’ai trouvé un cran en deçà de ZZZZ. Plus inégal, avec une panoplie d’humour moins large, même si le même ton absurde prédomine. Mais moins bien que génial, cela reste quand même très bien !

Nan, mais il faudrait quand même qu’il arrête, Fabcaro, il commence à me coûter cher, hein !?
Note réelle 3,5/5.

Nom série  XIII mystery  posté le 17/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai lu pour le moment les 7 premiers tomes, j’en lirai peut-être d’autres à l’occasion, en fonction du personnage choisi, sans en faire une priorité.

Lorsque j’ai appris la naissance de cette série parallèle à XIII, j’ai été plus que circonspect. Car je m’étais déjà à l’époque détourné de la série mère, et craignais que celle-ci ne soit qu’une énième tentative de réactiver la poule aux œufs d’or. En effet, l’aspect commercial prime (on peut le lire entre les lignes du texte de présentation de Van Hamme dans le premier tome, quand il évoque les demandes de son éditeur).

Bref, par curiosité, « pour voir », je me suis quand même – bien plus tard – plongé dans ces albums. Le fait est que les ayant droits ont choisi des pointures pour chaque album (en tout cas pour les premiers), que ce soit au scénario ou au dessin, en tout cas des « noms connus ».

Il faut d’abord se faire aux différents dessins, tous éloignés de celui de Vance, ce qui est quand même un peu gênant, même si les auteurs cherchent à gommer un peu ces différences. Mais généralement, je dois reconnaître que le dessin est bon.

Reste les histoires. Autant le dire tout de suite, les albums peuvent souvent se lire sans avoir lu la série mère (même si c’est quand même mieux de l’avoir fait et donne un peu de sel à ces nouvelles histoires). C’est un avantage, mais aussi un aveu de faiblesse : c’est qu’ils n’apportent rien d’important à la geste de XIII et de ceux qui ont participé à ses aventures. On a donc là une série de one-shots, c’est plutôt comme ça qu’il faut les aborder. Certains auteurs essayent parfois de manière grossière de rattacher leur album à la série mère, et la Mangouste apparaît parfois dans cet unique but (voir l’album sur Jones, par ailleurs très décevant).
Certains personnages m’attiraient a priori plus que d’autres, comme la Mangouste, le Major Jones…

Ceux consacrés à la Mangouste, à Irina et à Amos (tomes 1,2 et 4) se laissent lire, relativement bien ficelés, leur « passé » donnant des clés pour comprendre leur personnalité et leur rôle dans la série mère, même s’ils s’y rattachent parfois à l’arrache (l’histoire d’Amos par exemple). Même si le 2 m’a un peu déçu (intrigue conventionnelle et dessin lui aussi décevant).

Le troisième, consacré à Jones est très très décevant (clairement le moins bon de ce que j’ai lu de la série !). Jones, enfant, n’est d’ailleurs qu’un personnage très secondaire dans l’intrigue de l’album (c’est d’autant plus dommage que ce personnage est central dans la série mère, et il méritait vraiment mieux !), par ailleurs beaucoup trop verbeux. De plus, Yann s’y livre à un gros défouloir contre Roman Polanski (je ne sais ce qu’il y a de vrai dans ses attaques) : ce dézingage (dans tous les sens du terme) est assez surprenant. On a aussi l’impression qu’un pari avait été fait consistant à placer ou évoquer un maximum de personnages historiques (MLK, Angela Davis, Hoover, etc.) : cela sent quand même souvent l’artifice.

Les tomes 5 et 7 se laissent aussi lire, mais je trouve (surtout pour celui consacré à Rowland, pourtant bien fichu, l’un des meilleurs albums de la série), que le lecteur a davantage besoin dans ces albums que pour les autres de connaître la série mère pour tout saisir.

Le tome 6 consacré à Billy Stockton n’est pas d’un grand intérêt je trouve (à tous points de vue d’ailleurs).

Au final, un emprunt (et encore, certains albums ne valent pas forcément le détour, comme les tomes 2, 3 et 6) est bien suffisant pour cette série, surgeon commercial dispensable. Il faut parfois savoir finir une série à temps.

Nom série  XIII  posté le 16/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai un peu hésité (pas longtemps il est vrai) à classer cette série comme culte, mais j’ai aussi pensé un moment à ne lui mettre que trois étoiles et ne pas en conseiller l’achat. J’ai finalement opté pour cette cote mal taillée, en retenant avant tout les bons moments de lecture – que j’ai ensuite un temps partagé avec mon fils.

J’ai découvert cette série à la fin des années 1980 et, à l’époque, j’ai été captivé, au point d’attendre avec impatience la suite, et d’acheter les albums dès leur sortie. Il faut dire que Van Hamme a sorti ici son meilleur scénario du genre, et que les premiers albums commencent très fort, l’intrigue est captivante.

L’histoire est servie par un très bon dessin de Vance, ici au meilleur de sa forme. Son dessin est méticuleux – parfois même trop léché. Il est en particulier impressionnant pour ses rendus de paysages ou décors sous les intempéries (neige et surtout pluie), c’est souvent bluffant. Les personnages sont aussi bien traités, les femmes très belles – même si un peu toutes sur le même moule.

Hélas, comme souvent dans ce genre et en particulier pour Van Hamme, les auteurs n’ont pas su ou voulu s’arrêter à temps (j’imagine que l’éditeur, étant donné l’énorme succès de la série, a dû pousser à l’étirement). Les renouvellements sont devenus un peu plus poussifs, moins surprenants, la qualité baissait un chouia. Le treizième album – et pas seulement pour la symbolique – aurait dû être le dernier, il aurait fallu conclure beaucoup plus tôt, pour éviter d’inutiles rallonges commerciales.

Après le tome 13, j’ai cessé de les acheter, et ne m’y suis replongé, en empruntant la suite, qu’au moment de la sortie simultanée des tomes 18 et 19 (pour connaître la « fin », et pour savoir ce que Giraud pouvait bien faire sur cette série). Je n’ai par contre pas eu envie de voir ce que donnait la reprise, je ne connais donc pas les derniers tomes (pas de curiosité à leur égard).

Resserrée sur une grosse dizaine d’albums, cette série aurait pu rester culte. Mais elle s’est trop étirée, en s’étiolant, et en maintenant en survie artificielle l’intrigue. Mais la tête de série vaut vraiment le coup, l’histoire de cet homme, dont on ne sait rien, et dont on découvre (en même temps que lui) quelques bribes de biographie, un homme qui cherche à connaître son passé, tout en tentant d’échapper aux nombreux tueurs lancés à sa suite, tout cela est bien fichu, c’est clair.

Du culte au passable, mais une grande réussite du genre pour les premiers albums (ma note et mon conseil d'achat sont surtout valables pour le début de la série).
Note réelle : 3,5/5.

Nom série  Entre les draps  posté le 15/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La lecture de cet album n’est pas désagréable, et le sujet assez intéressant. Mais je reste quand même un peu sur ma faim, car à plusieurs reprises l’ennui guettait quand même.

Le dessin est plutôt bon (hormis bizarrement les pieds, souvent ratés !?), classique, avec très peu de décors, tout étant centré sur les personnages. Et comme ceux-ci ne gesticulent pas trop, ne montrent pas trop leurs émotions et que souvent l’auteur « vide » les visages, je n’ai pas trop ressenti la gêne qui d’habitude m’empêche d’apprécier les mangas, avec les visages que je n’aime pas.

L’intrigue est assez simple : deux filles, qui vivent ensemble, se disent tout, partagent tout (parfois leur petit copain), vont peu à peu se séparer, car l’une d’elle souhaite aller plus loin que leur relation d’amitié platonique. L’homosexualité féminine est ici abordée indirectement, assez finement.

Mais il manque à cette chronique du rythme, tout du moins quelque chose qui rende plus attrayante la lecture.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  TER  posté le 25/04/2017 (dernière MAJ le 14/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Allez, j'arrondis au degré supérieur (note réelle 3,5/5), car ce premier tome m'a donné envie de lire la suite et, malgré des défauts, m'a quand même bien plu.

L'arrivée du personnage principal au milieu d'une société intrigante (où, pour le moment, même si des tensions existent, on ne nous sert pas la sempiternelle dictature qu'un grain de sable vient perturber) est surprenante, et Rodolphe ne nous livre pas trop d'indications sur cette cité, semble-t-il coupée de tout, dans un lieu et un temps mal précisés - avant la dernière page en tout cas (même si cela semble être dans le futur, après une quelconque catastrophe). C'est aussi un des défauts - pas forcément pour moi d'ailleurs - que cette lenteur dans le scénario, qui avance tranquillement.

Toujours est-il que l'intrigue se met en place, autour de ce nouveau venu, des quelques habitants de la ville basse devenus ses amis, mais aussi de ces personnages des collèges de la ville haute (dont une femme, qui sait jouer de ses charmes). La fin de ce tome inaugural relance sacrément le suspens...

Le dessin de Dubois est franchement bon, avec un choix judicieux des tons pastels, cela ressemble au dessin de Schuiten dans "Les Terres creuses". Enfin, les décors, à la fois sobres et originaux, les personnages (peut-être un chouia statiques, mais je chipote), tout est bien fichu pour rendre la lecture fluide et agréable. Ajoutons qu'un copieux cahier graphique (mais c'est publié chez l'éditeur/galeriste Daniel Maghen, qui met toujours cet aspect là en avant) confirme le très bon coup de crayon de Christophe Dubois.

Un bon premier tome. J'attends maintenant que l'essai soit transformé par la suite.

*******************
MAJ après lecture du tome 2

Si le début de ce deuxième album est quelque peu nonchalant, Rodolphe relance rapidement l'intrigue, en lui donnant des perspectives élargies au space opera. Je ne sais pas où il va partir, mais c'est très ouvert, tout en retournant vers quelque chose de classique: il faudra être original par la suite.

Je trouve par contre que les conflits entre les dirigeants des collèges ont été trop rapidement et facilement résolus, au profit d'un conflit d'une autre ampleur et avec de nouveaux protagonistes, certes, mais il y a là quelques facilités dommageables.

Toujours est-il que la série mérite encore d'être suivie, ce que je ferai certainement.

Nom série  Zinzin des bois  posté le 14/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est la deuxième série d’Azam que je lis en peu de temps (après Scoops à gogo), et je dois dire, hélas, qu’il n’y en a pas une pour relever l’autre.

Azam n’est ici qu’aux dessins, qui font toujours aussi « amateur » et, il faut le dire, assez moches (en tout cas je n'accroche pas à ce dessin). Mais cela pourrait n’être qu’un détail dans ce genre de production, qui mise avant tout sur le gag.

Mais voilà, ici, la quasi-totalité de ces gags (en une page à chaque fois) ne m’ont pas arraché de sourire (je ne l’ai fait que deux/trois fois, sans aller au-delà).

Bref, je pense qu’il y a nettement mieux dans le genre (humour vaguement con) que ce Zinzin, et je crois bien que même les enfants, qui semblent être le public visé, ne vont pas trouver dans ce court album (une trentaine de pages) de quoi se dérider.

Nom série  Gary Larson  posté le 13/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sur les cinq albums parus, j’ai lu les trois premiers, qui se révèlent d’une valeur égale, et méritent tous un achat.

Tous les gags sont bâtis sur le même mode : à savoir une seule case, peu de texte (qui est soit placé en commentaire off sous la case, soit l’objet d’un court échange dans des bulles). Gary Larson utilise indifféremment des humains, des animaux, mélangeant parfois les deux, ce qui ajoute alors un côté parfois amusant, parfois noir et absurde (à la Kafka) à ses petites saynètes. Les personnages, animaux ou humains, ont souvent des corps allongés, le trait est relativement fin : les cases auraient presque un rendu de dessin de presse, vu de loin, si les situations et les dialogues ne les envoyaient pas loin de tout réalisme.

On est clairement dans un univers anglo-saxon – presque plus anglais qu’américain d’ailleurs dans le style d’humour. Celui-ci est souvent absurde, parfois con (mais ces deux tons un peu en retrait, il n’y a rien ici de rentre dedans, de trash). Le côté nonsensique qui relève certains gags apporte cette touche anglaise déjà évoquée. Pas de franche rigolade à la lecture de ces albums, certes, mais je les ai tous bien aimés, je les ai trouvés drôles et inspirés, avec un bon renouvellement des gags.

C’est une découverte relativement récente me concernant, et je vous encourage à y jeter un œil, si vous ne connaissez pas cet univers.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu  posté le 02/11/2012 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis un amateur de western en bd, et Delcourt m'avait déjà permis de prendre beaucoup de plaisir avec la lecture il y a pas mal de temps de Wayne Redlake et de Trio Grande.

C'est dans cette veine qu'a été taillé cet album, où tout m'a plu, du dessin au scénario en passant par la colorisation.

J'ai même pu hélas croire qu'il allait leur ressembler en se transformant en one shot, mais un second tome est prévu pour dans quelques mois, ouf !
J'espère que la suite sera du même niveau, car la série a commencé sur les chapeaux de roue, ne se contentant pas d'une présentation laborieuse du casting et du décor. C'est drôle, ça bouge, le temps s'étire ou se compresse sans que l'incongruité ou le côté improbable des situations ne nous empêchent d'y croire.

C'est bien le propre d'une bonne histoire, de confier à notre imagination le soin de relier les éléments fournis par les auteurs. Et comme en plus l'héroïne est jolie, on a là tous les clichés bien (et même très bien !) étalés devant nous pour nous donner envie de lire la suite. J'espère qu'elle ne me décevra pas, car la barre est placée plutôt haut.

******************

Après lecture du tome 2:

Je suis un peu moins enthousiaste après la lecture du deuxième tome. Quoi que...
J'ai trouvé cet album moins rythmé. Il est plus explicatif, fonctionnant pas mal sur de longs flash back censés expliquer comment on en est arrivé à la situation de départ du premier tome. C'est pas mal fait, mais j'avais l'impression d'un ralentissement de l'intrigue et étais déçu au début.

Malgré ce bémol, je maintiens tout de même les quatre étoiles et attends avec impatience la suite.

C'est qu'il n'y a pas que des déceptions.
D'abord, le dessin de Salomone est toujours excellent je trouve ! Et le cahier graphique ajouté en fin d'album, avec des esquisses et recherches est un plus appréciable. En particulier avec la belle Margot, qui est plus que mise en valeur !...

Margot justement, qui encore dynamite le récit. Chacune de ses apparitions assure le lecteur d'un plaisir visuel, certes, mais aussi d'une série de rebondissements, d'entourloupes et autres coups fourrés propres à le tenir en haleine.
Et la reprise de l'intrigue vers la fin de l'album promet quelques petits désagréments pour l'ensemble des protagonistes qui entourent Margot (certains pour l'encercler et la massacrer, comme Byron et Knut [toujours impayable avec ses borborygmes haineux], d'autres pour la protéger comme Tim [seul personnage transparent, fallot de la série], ou la surveiller comme l'Indien qu'on découvre moins terne que dans le premier tome).

Après avoir repris quelque peu de souffle dans ce deuxième tome, j'espère que le suivant - qui doit se faire moins attendre ! reprendra le rythme effréné du premier. Une série qui s'imposerait alors comme indispensable !

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Après lecture du tome trois:

Dans ce troisième tome l'intrigue se poursuit, comme l'ensemble des protagonistes poursuivent Margot. Celle-ci est de plus en plus au centre de l'histoire, des regards, voire de la cible, puisqu'à l'Indien, Tim et l'improbable duo Byron/Knut se joignent d'autres victimes des roueries de la belle.

Quelques toutes petites baisses de régimes, quelques respirations, mais le rythme global n'en pâtit pas trop, c'est toujours aussi dynamique et jouissif. Parmi les victimes revanchardes et autres poursuivants de Margot, quelques changements. De nouveaux venus, Navajos (et potentiellement un officier US et sa famille, ainsi qu'une mère supérieure: à croire que bientôt tout ce que compte ce Far West finissant sera à ses trousses !), et aussi un Tim un peu moins falot, aveugle, déniaisé par ce qu'il découvre de Margot, qu'il se permet même de traiter de salope !

Margot de Garine donc, encore et toujours à la baguette, la "sallhooop" de Knut domine encore le jeu. Quoi que... En tout cas elle est plus que mise en valeur par le toujours très beau dessin de Salomone (voir aussi la série de cartes postales accompagnant la première édition de l'album). Très beau dessin, et des couleurs elles aussi parfaites.

Bref, une lecture toujours aussi recommandable, alors qu'est annoncé le quatrième et dernier tome, qui j'espère conclura en beauté une des meilleures séries du genre depuis longtemps. Une série qui confirme le talent de Lupano !

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Après lecture du quatrième et dernier tome.

Ce quatrième album clôt la série, en précisant les liens entre les protagonistes, et la situation de départ. Il donne aussi des éclairages amusant sur la NRA et les réserves Navajos (en s'affranchissant quelque peu de la réalité historique, mais on s'en fiche).

Si Margot est bien encore la méchante de l'histoire, sa rouerie est quelque peu atténuée ici, et j'ai eu l'impression qu'après le décollage brutal, et les quelques accélérations/freinages des tomes suivants, Lupano avait décidé d'un atterrissage un peu plus calme.

Mais cette série, malgré des baisses de régime après le tome inaugural, qui bénéficie d'un très joli dessin, est quand même une chouette réussite, qu'il serait vraiment dommage de ne pas avoir lue.

Nom série  Les Révoltés  posté le 12/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un avis mitigé après la lecture de ces trois albums.

En effet, cela se laisse lire relativement agréablement. L’ambiance polar noir, dans les Etats-Unis des années 50, est bien rendue, avec des truands liés aux milieux artistiques (sauf que contrairement à l’habitude où cela se passe à Hollywood, cette fois-ci cela se déroule sur la côte ouest, à New-York et ses environs), une famille de milliardaires avec secrets qui ressortent, et quelques ambitieux qui gravitent autour d’eux.

Tout est bien fait, y compris pour le dessin de Malès, même si je trouve ses personnages un peu trop filiformes parfois.

Mais voilà, Dufaux nous sort dans ces trois albums une intrigue trop classique, sans réelle surprise. Avec un sentiment de déjà vu quand même. C’est donc une série à réserver plutôt aux fans du genre qui veulent rester dans leur zone de confort et qui ne recherchent pas à tout prix l’originalité.

Nom série  Natacha  posté le 03/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai découvert sur le tard cette série – ma bibliothèque municipale ne devait pas en avoir lorsque j’étais jeune, je ne sais pas. Je l’aurais sans doute mieux appréciée et notée si je l’avais d’abord lue étant jeune.

Si on la replace dans le contexte de sa création, c’est une sorte de mini révolution dans le Journal de Spirou – si ce n’est dans la Bd franco-belge, puisque c’est l’une des premières héroïnes à part entière d’une série (avec une forte personnalité et pas nunuche, ce qui exclut des séries comme Bécassine).

Surtout, dans le milieu de la BD bruxelloise des années 1960-70, elle détonne ! En effet, au milieu de Sophie ou de mamzelle Jeanne, elle fait clairement l’effet d’une bombe, sorte de bombasse aux très belles formes, mises en avant par un chemisier et une mini-jupe moulants (seule Yoko Tsuno peu après, mais avec des tenues moins sexy, jouera l’héroïne séduisante chez Spirou).
C’est clair que – même si évidemment rien n’est vraiment pornographique dans la série, on n’est pas dans Hara-Kiri une dizaine d’années après ! – un vent d’érotisme souffle (gentiment) sur ces aventures. Dans les années 1980, Léturgie parodiera d’ailleurs Natacha avec sa Nathalie, la petite hôtesse, cette dernière enlevant les derniers bouts de tissus que Natacha gardait sur elle…

Pour ce qui est du reste – l’essentiel ? – Natacha est une série sympathique, très représentative des séries Dupuis de la fin des années 1960 et des années 1970, avec des aventures plutôt bien ficelées (je n’ai lu ou relu que les 7 premiers albums). Comme pour Spirou, Jeannette Pointu ou d’autres séries de chez Dupuis, les aventures mêlent souvent intrigues policières et décors exotiques. Je regrette juste un manque de seconds rôles marquants (n’est pas Franquin qui veut…).

Quant au dessin de Walthery, dans la lignée de Franquin et Peyo, il est lui aussi très « classique », et bon. Et pas seulement pour son héroïne, sorte de Betty Boop à peine plus habillée, mais aussi pour les personnages en mouvement, les décors : comme beaucoup d’auteurs du journal de Spirou, Walthery se documente et cela se voit.

Pour ce qui est de l’achat, à vous de voir, pour vos enfants surtout (sinon, un emprunt en bibliothèque peut suffire).

Nom série  Zachary Holmes  posté le 29/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n’ai lu que le premier tome, mais celui-ci ne donne pas vraiment envie d’aller plus loin, c’est clair !

Le dessin (et encore plus la colorisation d’ailleurs) ne m’a pas accroché, ce n’est pas ma tasse de thé.

Mais c’est surtout l’histoire qui m’a laissé froid. L’idée de mêler plusieurs univers (Sherlock Holmes, Frankenstein dans ce tome, mais visiblement Dracula et d’autres apparaitront dans le suivant) pouvait apporter quelque chose d’intéressant.

Mais ce n’est finalement que peu utilisé (pour ce qui est de la créature de Frankenstein, ici devenu un gros bonhomme gentil tout plein), à part quelques tic de Zachary (la pipe, la loupe) singeant Sherlock. L’idée d’utiliser un Watson original (un rat usant de borborygmes) n’est pas non plus très utile ici (et, pour cette idée, je vous conseille davantage la lecture de Otto & Watson (Les extravagantes enquêtes d', même si plus pour un lectorat adulte).

Reste donc une intrigue bien faiblarde, sans aucune surprise, puisque méchant et gentil sont identifiés dès le départ sans que rien ne vienne instiller du doute chez le lecteur. J’ajoute que les dialogues comme l’intrigue sont bien trop simplistes, « gentils ».
Même si le public visé est de toute évidence assez jeune, je trouve que cela manque singulièrement d’intérêt.

Nom série  Jean-Norbert  posté le 24/09/2014 (dernière MAJ le 28/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les éditions Kramiek viennent de publier cet album d’un auteur néerlandais inconnu de moi, Mark Retera. Mais ce premier album des mésaventures de Jean-Norbert sera suivi d’autres : beaucoup ont paru aux Pays-Bas, et un deuxième est déjà annoncé par l’éditeur français.

Et je ne vois pas de raison d’arrêter, puisque ce premier essai est vraiment concluant.
Le dessin est assez simple, mais la plupart des personnages, à commencer par Jean-Norbert, l’improbable héros, ont un look assez original ! Un air pas fin (dans tous les sens du terme d’ailleurs !) : Jean-Norbert est un imbécile heureux.

Dans une série de strips (quatre séries de trois cases par page), Jean-Norbert côtoie certains personnages récurrents ou plus ou moins occasionnels (comme le chien Bello, un clown, des extra-terrestres, des lutins, et même Superman et les Schtroumpfs, ici adeptes d’une secte bien connue).

Le ton est à l’humour, mais il n’est pas monocorde. C’est parfois poétique, parfois totalement con et/ou absurde, parfois noir : premier et troisième degrés alternent avec bonheur. Mais le plus important, c’est que c’est le plus souvent très réussi. Inégal bien sûr, mais une chouette découverte : j’attends avec impatience la suite de la publication de cet auteur, et je me dis qu’avec De Poortere, les Néerlandais tiennent deux auteurs d’humour plutôt atypiques mais talentueux.

Album et série à découvrir !
Note réelle 3,5/5.
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La lecture du deuxième tome confirme les qualités de cette série, vraiment très chouette !

On y retrouve le même humour con, absurde, et c'est toujours aussi drôle ! Je m'étonne d'être toujours le seul à l'aviser (mais j'espère que d'autres l'ont lue et appréciée). En tout cas j'espère vraiment que d'autres strips de ce grand benêt et de son univers improbable seront édités !

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Pas grand chose à ajouter après lecture du troisième tome: c'est toujours aussi marrant, avec cet humour con et décalé que je trouve très réussi.
Suis-je le seul à lire cette série ?

Nom série  Les Bidochon  posté le 05/11/2012 (dernière MAJ le 28/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
C'est bien connu, on est tous le beauf de quelqu'un, et ce sont toujours les autres qui ont un comportement de beauf.

Binet est arrivé ici (mon avis porte sur les 12 premiers tomes que j'ai lu et que je possède, pas sur les derniers, inconnus de moi), à décrire un archétype, donc le beauf, l'autre en tout cas. Vu que moi, donc...
Bref, ce n'est pas hargneux, méchant, mais le couple Bidochon, à force de labeur, de persévérance, finit par incarner la bêtise simple et sûre d'elle, qui s'épanouit dans l'exaltation du conformisme.

Si Robert en philosophe de comptoir est royal, avec sa propension à toujours errer entre révolte poujadiste et crédulité stupide qui lui donne une bonne tête de vainqueur, Raymonde, en madame Bovary de banlieue, n'est pas mal non plus, en étalant ses petites frustrations en travers du lyrisme pompier de Robert, sans parvenir à retenir son attention.

Mais je l'ai dit, pas de hargne, la caricature est là, mais au travers de ce couple de "Français moyens", c'est aussi toutes nos petitesses qui sont stigmatisées. Le fait que chaque album ait un thème différent permet aussi à Binet d'utiliser Robert et Raymonde comme révélateurs des hypocrisies quotidiennes, des bravades devant le poste de télévision... Il y a donc bien un peu de tout le monde chez eux, à part nous bien sûr...

Et, détail qui a son importance, c'est drôle ! Et donc, si par hasard vous ne l'avez pas encore fait, n'hésitez pas à découvrir ce couple mythique !
Je mets à jour mon avis en haussant ma note, le côté "culte" de la série se comprenant aussi par l'archétype créé par Binet, Bidochon tombant dans le langage courant, dépassant le cadre de la BD: une preuve de l'impact de cette série.

Nom série  Approximativement  posté le 28/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Même si j’avais déjà lu des Trondheim avant, « Approximativement » est je crois le premier album de lui que j’ai acheté. Une nouvelle relecture confirme la première bonne impression datant d’une petite quinzaine d’années.

Trondheim questionne, se pose des questions, fait mine d’hésiter, s’attache à des bouts d’anecdotes, effleure le banal, pour reprendre son élan.

Peut-on faire de la BD quand on ne sait pas dessiner ? se demande-t-il, faussement ingénu, alors qu’il a probablement, malgré les doutes qui le taraudent, déjà dépassé cette question. (D’ailleurs, il sait dessiner, même si son trait s’écarte des canons de la BD franco-belge : la reconnaissance des lecteurs et de ses pairs est passée par là pour le conforter dans ses choix).

On a là un album autobiographique, construit à partir de bouts de ficelle : malgré les risques, aucun ennui ne pointe à l’horizon. Trondheim a bâti un album sur cette fragilité, sur l’observation des « petits riens » pour reprendre le titre de l’une de ses productions suivantes.

Des questionnements, de l’autodérision (voir le long passage décrivant une soirée chez lui, Trondheim ressemblant presque à un parent surveillant ses enfants, avec un côté presque vieux jeu), des collègues de L’Association croqués de manière naturelle ou caricaturale. Trondheim se montre un homme ordinaire – mais un auteur original.

Un album touchant, simple, que les amoureux du bonhomme doivent lire (les autres aussi d’ailleurs…).

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