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... a posté 779 avis et 145 séries (Note moyenne: 3.16)

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Nom série  Love in Vain  posté le 18/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Un album parfait !

Comment ça faut que j'développe ??? Rien à rajouter.

Si ? Bon ok, ok... C'est juste du bonheur en barre, ou plutôt en pages. Enfin, pour ce qui concerne le lecteur... Car pour Robert Johnson ce fut tout autre chose. Un mot qui ne fait malheureusement pas partie de la gamme majeure...
Rien que l'objet pour commencer. Glénat nous gratifie d'un magnifique format à l'italienne, que j'affectionne tant. Papier de qualité, présentation soignée : c'est déjà un plaisir que d'avoir cet album en main.
Ensuite viennent nous sauter à la gueule les magnifiques planches en noir et blanc de Mezzo. C'est juste bluffant. J'avais eu la chance en ce début d'année de voir l'exposition de ces planches lors du Festival d'Angoulême, et j'avais déjà été subjugué par leur force. Moi qui était déjà fan de son travail, je ne peux ici que m'incliner devant la qualité de son trait, de ses cadrages et des compositions, et de sa gestion des noirs. C'est d'une rare expressivité et d'une intensité qui rend hommage de la plus belle des façons à cette légende du blues. On est complètement plongé dans l'univers dur et impitoyable, surtout pour les noirs, de cette Amérique du début du XXe siècle, et l'on comprend aisément d'où le blues a pu tirer ses racines...

Un album envoûtant graphiquement, et parfaitement réglé au niveau de la narration. Pas un instant ne nous traverse l'idée de poser cet album... On le dévore d'un bout à l'autre, jusqu'à cette conclusion bien amenée qui rend tout simplement hommage à la légende qui s'est construite autour de Johnson.

Une perle dans un écrin de velours à ne surtout pas manquer.

Nom série  Orbital  posté le 04/12/2008 (dernière MAJ le 17/04/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Beau, bon et incisif, Orbital est une très bonne série SF !

Ce que j'aime dans la SF c'est sa capacité à poser des questions ou alors mettre le doigt sur ce qui dérange ou risque de déraper. Et quand ce questionnement est en plus tramé dans une histoire épique rondement menée, c'est le must ! Avec Orbital, et bien on peut dire qu’on n’est pas déçu, même si on est loin de sortir des sentiers battus !

Prenez un binôme improbable composé d'un humain et d'un extraterrestre dont les espèces se sont fait la guerre et se sont voués une haine viscérale, secouez et servez deux diplomates fraichement promus ! Nos deux compères rejoignent pour la première fois la Grande Confédération représentant la plupart des espèces connues de la galaxie. Evidemment, pas simple de faire bonne figure quand pendant des lustres, on a appris à haïr celui sur qui il faut maintenant compter et épauler pour mener à bien des missions diplomatiques pour le compte de cette Confédération. Et c'est de la naissance de cette équipe de choc qui pose la question de la haine des peuples, et du racisme de façon plus globale que débute ce diptyque...
Après les péripéties et mésaventures vont s'enchaîner à bon train pour nous proposer un Space Opera de très bonne facture.

Car si le scénario de ce premier diptyque pose l'univers que l'on découvre au travers d'une première mission rondement menée, le dessin n'est pas en manque ! Serge Pellé nous propose un boulot très soigné à la composition dynamique qui sert à merveille l'histoire que nous propose son comparse Sylvain Runberg. C'est beau (dessin ET couleurs) ! C'est bien découpé ! Et ces deux tomes sont très vite avalés et digérés pour notre plus grand bonheur. Reste à attendre la suite de cette série que je mets en place d'honneur parmi les séries SF de ma bibliothèque.

*** Après lecture des 6 tomes parrus à ce jour ***

Rien à redire sur ce que j'avais pu écrire à propos des deux premiers tomes du premier cycle. Ça évolue même de mieux en mieux !

Serge Pellé et Sylvain Runberg continuent de faire évoluer leurs personnages dans un univers qui gagne en complexité et les personnages tant principaux que secondaires voient leur psychologie de plus en plus poussée et travaillée pour nous proposer un tout d'une grande richesse. A travers ces aventures épiques, c'est toute la bêtise humaine qui est ébauchée et dont on nous brosse un portrait qui résonne malheureusement avec l'actualité.

Serge Pellé semble quant à lui prendre de plus en plus ses aises pour nous proposer des planches au dynamisme toujours aussi impressionnant. Cadrages et découpages nous donnent au fil des pages une kyrielle de planches à couper le souffle.

De la SF au souffle épique qui fait plus que plaisir à lire !

Nom série  Rosario  posté le 17/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Moi qui jusqu'ici avait été plutôt convaincu par la grande majorité des titres parus sous le label "Hostile Holster" de chez Ankama, j'avoue avoir trouvé cet album en dessous du reste.

On a pourtant du beau monde derrière cet album avec deux auteurs habitués du genre. Tout d'abord Carlos Sampayo au scénario, le créateur de Alack Sinner, et Claudio Stassi le dessinateur de Chronique d’une Mafia Ordinaire.
Mais malgré ces lettres de noblesse, je suis resté complètement en dehors de cette histoire. Je n'ai ressenti aucune empathie pour le personnage principal, encore moins pour les autres. Son histoire d'amour avec cette femme qu'il va s'efforcer de retrouver par bien des moyens au milieu de cette Argentine qui vient de tomber sous un joug dictatorial ne m'a pas accroché. Le seul personnage intéressant reste pour moi la fille d'un des mafieux local, qui gère elle aussi ses "affaires" de façon énergiques pour une femme, surtout dans ce milieu et à cette période.

J'ai également trouvé la narration lourde et un peu éparpillée. On ne peut pas dire que l'histoire vous prenne par le colbac comme j'aime qu'elle le fasse dans ce genre de récit.
Le dessin de Claudio Stassi plutôt réaliste, avec un trait un peu charbonneux dans les noirs, colle bien au récit et à cette période des années 30' du siècle dernier. Sa colorisation aquarellée à dominante sombre renforce encore cette impression.

Alors, au final, je n'ai vraiment pas été conquis, malgré un dessin intéressant mais qui n'est pas ce que j'apprécie le plus, mais surtout à cause d'un scénario et d'une narration qui manquent d'efficacité.

Nom série  L'Aliéniste  posté le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Oooooooooou la vilaine déception !!!
Moi qui avait vraiment adoré Daytripper (au jour le jour) des frères Gabriel Bá et Fábio Moon, je sors de cette lecture un brin désabusé...

Si je n'ai rien à redire sur le dessin et la mise en couleur qui font honneur à leur talent, je me suis ennuyé très rapidement... C'est d'un bavard ! J'ai trouvé que la reprise du texte d'origine du roman de Joaquim Maria Machado de Assis au fil des pages plombait la narration au point d'en devenir fastidieuse ; j'ai mis 3 jours bien tassés pour me forcer à finir cet album dont l'intérêt s'étiolait comme la raison des habitants de cette bourgade brésilienne au fil des pages.

Alors oui, les idées développées sur la folie, la norme et la fluctuation constante de ses frontières en fonction des époques et des civilisations est intéressante. Mais la narration retenue n'a pas réussi à m'accrocher du tout. Dommage.

Nom série  Sans Pardon  posté le 10/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Moi qui ne suis pas particulièrement un adepte du genre western, je me suis laissé tenter par le dernier Hermann.
Et ça se lit ma foi plutôt bien. J'ai apprécié ce côté dur et abrupt de la violence qui s'impose au fil des pages. J'ai également apprécié ce côté "largage" dès le début de l'album : pas de contexte précis à camper ; on trace ! Enfin, j'ai beaucoup aimé la mise en couleur de cet album ; c'est vraiment une réussite.

Par contre, si le dessin dans sa globalité est lui aussi très réussi, je rejoins un des avis postés sur le côté "tassé" des personnages. Je n'arrivais pas à trouver ce qui me titillait, mais ce terme de "tassé" y répond parfaitement.
Côté scénario, c'est pareil. Le fait d'être balancé en pleine action jusqu'à cette fin sans appel est intéressant... mais aussi très frustrant. Trop de questions restent à mon goût sans réponses.

Alors entre défauts et qualités, le tout se tient, sans donner au final quelque chose d’exceptionnel. On passe juste un bon moment de lecture.

Nom série  Les Foot Maniacs  posté le 30/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bon ba voilà, j'ai fait ma B.A. de l'année en m'attelant à la lecture de cet album... (Non, je n'ai pas lu la série entière -je vous rassure- le premier tome m'aura suffit, c'est vraiment pas mon truc.)

C'est franchement le genre d'album avec lequel je ne pense vraiment pas avoir d'affinité. J'ai fait mon curieux... voilà... je suis fixé.
Je n'aime pas cet humour que je trouve caricatural ressassant et retriturant les poncifs sur le football. Jeux de mots moisis ( le club s'appelle "F.C. Palajoy" ... hahaha ) et chute de gag téléphonée... Je cherche encore où je dois rire... Ah si, peut être que le scénariste à mal placé le "L" dans son pseudo...

Concernant le dessin, bon, c'est simple et efficace... Mais que c'est plat. Décors quasi inexistants, expression des personnages répétitifs dans le trait... Pfff...

Bref, un album que je me suis dépêché de finir...

Nom série  Nancy in Hell  posté le 27/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Amis de la Série B, bonsoir !

Nancy Sinatra chantait "My baby shot me down"... La Nancy d'El Torres s'est aussi faite buter, mais joue maintenant de la scie électrique...
Ici "bain de sang" prend tout son sens, dans sa forme la plus littérale : welcome in hell mes poulots !
Notre barbie girl sapée plus que court pour ses mensurations, rehaussée d'un mèche violette façon poney magique, n'est pas du genre à se la laisser compter et compte bien sortir de ce merdier qu'est l'enfer par tous les moyens possibles, et surtout grâce à sa tronçonneuse ! Elle trouvera un allié plutôt inattendu en la personne de Lucifer. Ange déchu perturbé, notre Lulu est quant à lui plus à la recherche du libre arbitre qu'il n'a jamais trouvé que d'une sortie proprement dite...
C'est ce duo improbable que nous allons suivre à travers le labyrinthe qu'est l'enfer, avec ses pièges et ses créatures infernales...

Tout cela nous est proposé dans un dessin très comics, où Juan José Ryp est très à l'aise. Ce délire d'enfer lui permet de laisser libre cour à son imagination, que ce soit pour les créatures ou pour les décors fantasmagoriques et cauchemardesques que nos protagonistes vont traverser. Certains des personnages secondaires sont assez intéressants même s'ils demanderaient à être plus poussés (Peut-être sera-ce le cas dans la suite prévue). Le dessin est bon, les cadrages et les découpages recherchés. Je regrette juste que nos deux personnages soient à peine assez distinguables dans les gros plans - merci la mèche poney magique pour reconnaître Nancy dans certaines scènes ! ).

Au final, un bon divertissement bien gore, riche en plaquettes et en globules rouges, où l'action et l'horreur se tirent une bourre bien menée pour une premier tome. La conclusion de celui-ci donne plutôt envie de lire la suite, histoire de savoir comment la belle et farouche Nancy va se sortir de là...

Nom série  In God We Trust  posté le 23/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
WWWWWWWWHHHHAaaaaaaaaaaaaah! !!!!! Sans doute la BD la plus drôle et la plus décoiffante que j'ai pu lire depuis une poignée d'années ! Nan mais franchement, j'en ai éclaté de rire derrière mon bureau à l'accueil de la médiathèque - je crois que c'est la première fois que ça m'arrive- !

J'avais découvert le Sieur Winshluss avec son terrifiant Pinocchio (Winshluss) qui m'avait plus qu'interpellé malgré quelques réserves graphiques. Là, pas spécialement inspiré par cette couverture peu attrayante de prime abord (ça me fait penser aux collections des années 70-80 "Tout l'univers" ou des choses du même acabit) j'ai fini par céder à la curiosité en retombant sur ledit album en librairie. Et bien m'en a pris !

Dès les premières pages on sent qu'on va attaquer du lourd et que l'auteur n'est pas là pour nous la jouer pisse froid. Ici pas de fausses promesses, Winshluss va la lui mettre profond ! Que ce soit la Genèse, l'ancien ou le nouveau Testament, jusqu'aux pratiques du catholicisme d'aujourd'hui, rien n'est épargné ! En ces temps où on y réfléchit à deux fois avant de sortir une vanne pourrie sur les religions de peur de finir éparpillé façon puzzle, Winshluss a frappé fort et renoue avec un humour irrévérencieux envers le dogme. Je savais bien qu'il manquait un plat un peu épicé au menu de mes lectures du moment ; sauf que là c'est pas du piment de lopette et qu'on voit rouge par tous les trous, un peu comme Jésus découvrant les "bienfaits" de la tequila frappée grâce aux précieux conseils de Gaby (l'archange, bien sûr).

Pour nous servir sa came Winshluss use de son trait caricatural si particulier et sait aller piocher moultes influences pour servir à bon escient son propos et ses idées. Que ce soit les fausses pages de pubs aux allures des années 60 ou une Madonne très gracieuse façon comics, il vise juste, renforce et assoit son propos par le biais de ses choix graphiques pour composer un album parfait.
S'il y a bien un domaine dans lequel je reste difficile, alors qu'il parait pourtant si simple, c'est bien l'humour. Et me faire marrer et éclater de rire, je crois que ce genre d'album se comptent sur les doigts de la main.

Alors bravo Môssieur Winshluss, longue vie et bonne continuation dans cette verve et ce trait si particulier qui font de vos albums une œuvre unique, du genre coup de pied au cul ou dans la fourmilière, dont je ne suis pas prêt de me lasser.

Nom série  Freak's Squeele - Masiko  posté le 20/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà que Fabien Maudoux remet le couvert pour sortir chez Ankama, fidèle au Label 619, un album regroupant 3 récits sur Masiko, la belle mais ô combien dangereuse mère de "Petit Panda", que certains auront sans doute découvert dans l'excellente série Freaks' Squeele.

Le plus indéniable de cette collection reste sans conteste le soin apporté à l'objet. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Couverture magnifique, le talent de Maudoux se prolongeant sans mauvaise surprise à l'intérieur.

Le seul reproche que l'on pourrait faire tient au fait que deux des récits sont issus de publications antérieures dans la série Doggybags du même éditeur, et que les lecteurs (comme moi ?) qui n'y auraient pas pris garde pourraient être un brin déçu.

Mais ne boudons pas notre plaisir car, le dernier récit, qui tient pratiquement plus de l'illustration puisqu'il s'agit d'un récit composé sur le corps de la belle et des tatouages qui vont nous conter des bribes de sa vie à travers le regard du père de Petit Panda, leur fille.
C'est juste magnifique. Maudoux s'amuse (ou se torture ?) à nous dessiner ce corps dans des cadrages et des angles ambitieux pour nous révéler les tatouages qui vont finir par vêtir ce corps...

Un album qui ne pourra que ravir les amoureux du personnage et du genre.

Nom série  Little Tulip  posté le 19/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un brin perplexe que je sors de la lecture de cette album...
Comment peut-on mettre en place une telle histoire, creuser loin dans la psychologie des personnages principaux, mettre en place des personnages secondaires qui harmonisent et complètent subtilement le récit... et pondre une fin aussi peu crédible ???!!! Non mais franchement ??? Je n'en dirai malheureusement pas plus pour ne pas spoiler la fin, mais là on se fout un peu de notre gueule... (Et c'est pas le côté fantastique qui pointe le bout de son nez au fil du récit qui m'a dérangé, je tiens à le préciser).

J'ai même hésité à mettre 2/5... Mais le dessin de Boucq et le reste du récit m'ont, après réflexion, fait pencher pour 3 étoiles, équivalent bancal d'un 2.5/5.

Car tout partait pourtant très bien et très fort. Le récit que Jérôme Charyn composé en aller-retour d'un New York contemporain à une Sibérie se référant à la jeunesse du personnage principal est prenant. Au fil des pages on découvre le triste destin de notre jeune héros et ce qui a fait ce qu'il est aujourd'hui. Les passages sur le goulag sont d'une cruauté sordide et d'un réalisme implacable qui nous scotchent à la narration. Et le travail graphique de Boucq est juste parfait pour mettre en image cette histoire, tant dans le trait que dans la mise en couleur.

Reste que je trouve ce travail gâché par cette fin peu crédible à mes yeux, ruinant tout le travail de montée en pression qui nous étreint au fil de l'album...
Dommage...

Nom série  Un ocean d'amour  posté le 19/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Va savoir pourquoi, moi qui adore le travail de Lupano et qui ai découvert Gregory Panaccione avec son récent et excellent Match, je n'étais pas attiré par cet album...
Comme quoi, rester sur ses préjugés, c'est vraiment pas ce qui se fait de mieux !

Car "Un océan d'amour" est vraiment un excellent album ! Par sa forme d'abord, chacun appréciera le soin apporté à l'objet et à sa présentation en premier lieu, mais surtout le nouveau tour de force qui consiste à nous servir un récit muet, palpitant, drôle et sensé à la fois. Panaccione à ce don pour faire passer les émotions, les impressions, les idées... Tout transpire et reste limpide dans ce récit sans qu'un mot ne soit nécessaire. Son trait que j'avais déjà trouvé très expressif dans le noir et blanc qu'il a utilisé pour Match est à nouveau parfaitement exploité ici, et l'aquarelle qu'il utilise pour la mise en couleur renforce encore cette impression.

Mais c'est aussi un album tout en subtilité dans le récit. Car réussir à faire passer autant de choses à travers cette relation amoureuse forte et peu banale tient d'un remarquable talent de funambule. Et Lupano s'en tire haut la main, même sans les savoureux dialogues auxquels il nous avait habitué ces derniers temps. Cela ne l'empêche pas d'aborder les thèmes sociétaux qui lui tiennent à cœur en lançant de-ci de-là quelques piques bien senties, mais toujours avec un humour latent qui nous épargne un côté moralisateur qui plomberait le tout. Et son sens de l'épique reste omniprésent pour le plus grand plaisir du lecteur !

Un album qui conjugue donc les talents de deux grands auteurs et qui mérite largement toutes louanges et les prix qu'il continue de recevoir. A lire sans modération !

Nom série  Punk Rock et mobile homes  posté le 18/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai découvert Derf Backderf, l'an dernier avec son album Mon ami Dahmer qui m'avait déjà beaucoup impressionné, tant par son originalité graphique que par son sujet.

C'est à l'occasion du dernier festival d'Angoulême que j'ai eu la chance de le rencontrer par hasard sur le stand des éditions "Ça et Là", car je ne savais pas qu'il venait. Je suis donc content de cette rencontre et d'avoir pu observer le premier auteur à faire ses dédicaces debout ! J'ai même cru qu'il était en train de plier bagages, mais non Grand amateur de musique et de rock, cet album était juste ce qu'il me fallait pour me replonger dans l'univers déjanté de l'auteur.

Et ce fut tout sauf une déception ! Si la mise en place du récit est un peu surprenante au premier abord, avec peut être certaines longueurs, une fois rentré dedans et installé, l'album nous propulse sur un rythme au tempo d'enfer ! Ajoutez à cela des personnages complètement loufoques qui vont croiser des légendes du rock indé des années 80' et vous réalisez alors que vous avez entre les mains un petit bijou qu'on a pas envie de lacher !
Le dessin de Derf Backderf est égal à celui que j'avais découvert dans Mon ami Dahmer ; tout de noir et blanc, avec un style qui pourrait s'apparenter à du Crumb, mais avec une touche toute personnelle qui se reconnaît au premier coup d’œil. En tout cas il colle parfaitement à son histoire déjantée sur le rock de ces années, tout en y instillant un regard acéré sur la société américaine de ces années.

Un album brillant et bien barré qui ne pourra que plaire aux amateurs de ces années de légende pour le rock punk, et qui devrait également toucher un public plus large et curieux.

Nom série  Egon Schiele  posté le 27/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est à Angoulême que j'ai découvert l'existence de cet album (merci mon Polo). Moi qui apprécie depuis des années l’œuvre torturée de cet artiste autrichien, je n'avais jamais vraiment pris le temps de me pencher sur sa vie. Cet album intégralement réalisé par Xavier Coste a été l'occasion de combler de belle manière cette lacune.

Ce que j'ai aimé d'emblée c'est le style de Xavier Coste qui se pose parfaitement avec le récit qu'il construit. La colorisation y est pour beaucoup et je l'ai trouvé vraiment très réussie. Elle se marie pleinement avec ce trait un peu frustre mais efficace qui nous rend l'essentiel. J'ai trouvé qu'il collait bien au personnage compliqué et torturé de Schiele et à cette période également charnière de la fin XIXe. Sans tomber dans le piège de tenter de se rapprocher de son style pictural, Xavier Coste nous en rend l'essentiel avec une patte toute personnelle.

L'histoire fulgurante de cet artiste, qui malgré sa courte existence, laissa une trace profonde dans le monde de l'art m'a vraiment permis de mieux comprendre l'artiste (si faire se peut). Coste nous livre un récit à la narration fluide et efficace, qui même sans rentrer dans les détails, nous dessine les grandes lignes de sa vie et de ses motivations.

Un album que les amateurs de l'artiste apprécieront sûrement, mais pas que. Xavier Coste a du talent à revendre et à partager, ça serait dommage de ne pas en profiter !

Nom série  Hagakure, le code du samouraï  posté le 23/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après Les 47 Ronins, Le Livre des cinq roues et Le Sermon du Tengu sur les arts martiaux, voici venir l'adaptation d'un autre texte classique des arts martiaux en manga : "Hagakure, le code du samouraï".

C'est peut-être celui avec lequel j'aurais eu le plus de mal. L'adaptation de ce texte était-elle plus ardue... En tout cas j'ai eu pas mal de difficultés à trouver un rythme de croisière à ma lecture. J'ai trouvé l'ensemble trop décousu à mon goût ; sans doute la faute à cette succession d'exemples et d'anecdotes, qui, si elles servent le propos développé, n'arrivent pas à s'inscrire dans une fluidité narrative. Dommage pour une ouvrage sur les arts martiaux où cet "allez de soi" fait parti de l'esprit qu'on vise.

Le dessin de Chie Kutsuwada est quant à lui efficace. Ligne claire et composition de planche dynamique insufflent à cet album ce qu'il faut pour illustrer les préceptes qui ont guidé nombres de samouraïs.

C'est donc un peu mitigé que je sors de ma lecture, avec de bons côté graphiques et instructifs quant aux mœurs et valeurs des samouraïs de l'époque, mais la narration un peu poussive m'a franchement gêné dans ma lecture.

Nom série  DUM  posté le 23/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec "DUM", Fabien Grolleau nous prends par la main, tels les grands enfants que nous savons parfois rester, pour nous emmener sur les chemins du conte et du fantastique.

"DUM", c'est un conte presque aussi simple que son personnage principal, Dum, que sa famille qui dirige la ville, gère comme elle peut, surtout en l'éloignant quand c'est possible. Heureusement, Lili veille sur lui, mais surtout lui chante des chansons et lui raconte des histoires... Mais Dum n'est pas le seul à apprécier ses talents de conteuse...

Fabien Grolleau et Abdel de Bruxelles nous proposent donc de replonger dans l'héroïc-fantasy simple et poétique. Si la trame du début de cette histoire peut sembler banale, on sort des caricatures de personnages taillés dans le muscle ou dans le silicone, pour s'attacher à des personnages au départ ordinaires chez qui le destin va s'inviter pour une bonne tranche d'aventure...
Le dessin d'Abdel de Bruxelles est parfait pour coucher sur le papier l'esprit de cette série qui m'a beaucoup plu. On rentre dedans sans vraiment s'en rendre compte, comme un chemin qu'on emprunte sans vraiment y prêter attention jusqu'au moment où... Et c'est là que ça devient vraiment intéressant.

Une série que je vais suivre avec attention.

Nom série  Magic Dream Box  posté le 20/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après Vacadab de Lomig, j'ai poursuivi ma découverte de l'auteur avec cet album "Magic Dream Box".

Fidèle à son noir et blanc qu'il maîtrise très bien, Lomig nous embarque cette fois-ci dans les pantoufles d'un être un peu dérangé. Rien de bien grave... Enfin peut-être... Toujours est-il que cet homme n'aime pas ses congénères, qu'il est méfiant de tout, que cette société où tout n'est que marchandise le rend malade et qu'il consulte pour ça depuis des années un psy...
Sauf, que notre Boris Belaire en a aussi sa claque de ces rendez-vous chez ce psy et qu'il décide de mettre un terme à sa thérapie. Le psy lui donne quand même un dernier contact au cas où il souhaiterait quand même se faire aider...
C'est à partir de là que tout va basculer avec cette "Magic Dream Box"...

Si j'ai trouvé le dessin tout aussi efficace et travaillé que dans Vacadab, j'ai cette fois-ci été davantage emballé par le scénario. Sans rien dévoiler de l'intrigue, on sent que Lomig nous propose une histoire mieux construite et plus aboutie. On ne peut pas dire que l'optimisme soit ici aussi au rendez-vous, mais au moins j'ai trouvé ça plus cohérent.

Un album que je conseille pour découvrir cet auteur dont le talent s'afutte !

Nom série  Vacadab  posté le 20/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Premier constat, Lomig m'a impressionné par son dessin !

Cela semble être son premier album, mais il est déjà empreint d'une grande maturité graphique. Moi qui suis un fan du noir et blanc, j'avoue avoir été bluffé par son coup de patte, qui en plus de sa justesse trouve une veine déjà très personnelle.

"Vacadab" nous met sur le chemin d'une jeune recrue qui plus par dépit que par motivation se retrouve à vendre des aspirateurs en porte à porte. Son "mentor" a tout de la caricature abjecte du commercial prêt à tout du moment qu'il vende... Sauf qu'Etienne, lui, il a un minimum de conscience... et que forcément sa carrière est loin d'être toute tracée... comme le reste de sa vie d'ailleurs.

Lomig qui assure aussi le scénario pose un regard acerbe sur notre société peu reluisante où l'optimisme n'est pas non plus ce qui se vend le mieux. Et si son constat est juste, j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose pour sortir du fatalisme dominant de cette histoire et la faire sortir du lot. Peut-être aurait-il fallu pousser la noirceur plus loin dans ce cas que de construire cette boucle scénaristique ?

Il reste que la grande qualité graphique vaut le détour et ce malgré une petite faiblesse au niveau du scénario, en comparaison de la force de ce dessin.
Un auteur à suivre de près !

Nom série  Muffin  posté le 16/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec Epicerie Fine, les éditions Vide cocagne nous proposent toute une collection de "comics à la française". Petit format souple (16x24) de 32 pages en noir et blanc : on a le droit à du concentré !

Dans "Muffin", Fabien Grolleau assure le dessin et le scénario. Il nous convie à suivre l'histoire que tient à nous raconter Mister Muffin, personnage étrange entre l'ours et le lion habillé d'un costume noir. Et Mister Muffin nous raconte l'histoire de ce petit gâteau qui va tenir une place centrale dans une famille aux liens un peu compliqués...

A la façon d'un petit conte, on se fait embarquer par cette histoire sans trop savoir où l'auteur veut nous mener, mais c'est agréable, riche de relations véritables. Le dessin de Fabien Grolleau est très expressif, et son côté "grossier", s'il surprend de prime abord, est plutôt efficace et colle parfaitement à son récit.

Un premier tome intéressant qui attise la curiosité et dont j'attends de lire la suite avec impatience.

Nom série  Sticky Pants (ça colle et ça moule les bollocks)  posté le 16/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
"Sticky Pants", c'est le genre de BD vite envoyée mais qui vous colle la banane autant que les collants leur moulent les boules !

C'est con... mais qu'est-ce qu'on rit ! Bon, faut apprécier l'humour potache bien tiré vers le cul, mais qu'est-ce que vous voulez, ça fait du bien de temps en temps, même si je ne pourrais me contenter de ce genre de lecture.
En tout cas Tony Emeriau et Xavier s'en donnent à cœur joie et se défoulent sur nos héros de comics préférés pour les mettre en scène dans des strips pas piqués des hannetons ! C'est gore, ça tire (sur) tout ce qui bouge, mais c'est clair que ça vous déride, et pas que la rondelle ! :p

Alors, si vous voulez vous taper une bonne tranche de marade, je vous conseille la lecture de ces 2 petits albums format italienne !

Nom série  Ogoniok  posté le 12/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah ! Retrouver Toppi, c'est toujours un moment d'évasion...
Avec "Ogoniok", cette fois-ci, c'est du côté des contes et des grands espaces russes que nous embarque Sergio Toppi. Fidèle à ses amours pour les légendes et son goût pour l'étrange, il confronte ses personnages principaux aux croyances locales pour y camper des personnages et des situations toujours aussi impressionnants et captivants.

Ici, trois récits s'enchainent et nous font apprécier son coup de crayon et son savoir faire côté encrage. C'est toujours aussi magistral et imposant par la justesse de composition ! Toppi, reconnaissable entre mille continue de m'impressionner par son talent et son style si particulier.

Alors si "Ogoniok" n'est peut-être pas l'album que je préfère parmi les réalisations de l'auteur, sa lecture n'en reste pas moins une véritable évasion, tant à travers ces croyances, ses personnages et la Russie de la fin du XIXe, que pour les yeux.

3.5/5

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