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Nom série  L'anniversaire de Kim Jong-Il  posté le 21/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag signent ici un album fort, touchant et instructif.

C'est à travers le regard du tout jeune Jun Sang, âgé de 8 ans, que l'on va découvrir les coulisses et le quotidien de cette mystérieuse et menaçante Corée du Nord, qui régulièrement fait les gros titres de l'actualité.
Ce jeune garçon, né le même jour que le "père bien aimé" dans le pays où on ne souhaite pas les anniversairses, nous fait découvrir comment la population est dès son plus jeune âge formatée à la "toute-puissance" et "bienveillante" patrie nord-coréenne, face aux "cochons du sud" ou ces "chiens d'américains". Mais la vie de notre jeune Jun Sang qui paraissait toute tracée va finir par sortir de ces rails un brin trop rectilignes pour nous faire découvrir la triste réalité de ce régime, cachée derrière ces images d’Épinal officielles.

Aurélien Ducoudray, armé de sa solide expérience de photographe de presse nous propose encore un album qui fait mouche, appuyé par le trait étonnant de Mélanie Allag que je découvre ici. Son coup de crayon en parfait adéquation avec le point de vue narratif choisit (celui de ce jeune enfant de 8 ans) sait imposer cette touche de légèreté propre à l'innocence de la jeunesse, tout en faisant ressortir de façon très expressive les travers et exactions de cette dictature.
Au fil des pages, l'expressivité des personnages rehaussé d'un jeu sur les couleurs judicieux nous laisse sans voix face à la stupidité sans nom de ce régime qui écrase et affame son peuple. La prise de conscience progressive de cet état de fait par notre jeune "héros" et les événements qui vont pousser sa famille à fuir sont emmenés progressivement dans une narration impeccable jusqu'à la conclusion intelligente et bien trouvée qu'on nous propose.

Un album brillant et subtil qui s'impose comme un incontournable pour entrapercevoir l'autre côté du miroir de ce régime tyrannique nord coréen.

Nom série  La différence invisible  posté le 21/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Voilà une BD qui ne m'a pas laissé indifférent !

"La différence invisible" aborde un sujet trop souvent mis de côté dans notre société normalisée et policée d'une façon simple mais d'une grande efficacité. L'auteure, la première concernée, nous raconte en effet son difficile quotidien jusqu'à la découverte de sa différence, de son mal être : le syndrome d'Asperger.
Cette forme d'autisme est en effet relativement méconnue de par sa faible visibilité et prise en charge, surtout en France. Julie nous narre simplement sa vie quotidienne compliquée, que ce soit au travail, en couple ou pour aller à une simple soirée entre copains. C'est à 27 ans qu'elle va découvrir qu'elle est atteinte de cette forme d'autisme et ENFIN mettre des mots et trouver des explications à sa perception perturbée de son environnement et ses difficultés sociales pour enfin trouver des solutions et adapter sa vie à son état. Reste alors à faire comprendre et accepter sa maladie à son entourage, ce qui, malgré ce diagnostic, est loin d'être une sinécure...

Tout cela est magnifiquement traduit grâce au trait simple et tout en rondeur de Mademoiselle Caroline et à sa colorisation. Ce coup de crayon minimaliste surprend à l'ouverture de cet album, mais il se marie parfaitement au récit de cette tranche de vie et c'est rapidement qu'on se laisse embarquer dans ce parcours du combattant journalier de notre "déviante". Situations cocasses, affligeantes ou incompréhension de l'entourage s'enchainent et nous font appréhender cette existence différente mais pourtant tout à fait possible avec un minimum d'efforts partagés.
J'ai beaucoup apprécié les transpositions graphiques des ressentis de Julie ; Mademoiselle
Caroline a parfaitement su trouver des codes simples mais efficaces pour nous faire partager tout cela et rendre la lecture de cette BD fluide et intelligible.

Ajoutez à cela en fin d'album un petit dossier simple et concis pour nous expliquer ce qu'est l'autisme et plus particulièrement le syndrome d'Asperger, qui n'a rien de rébarbatif, et vous sortez de votre lecture en vous sentant un peu moins con.

Un album parfait pour faire découvrir cette maladie et nous ouvrir un peu plus sur la tolérance et l'acceptation de la différence.

Nom série  Les Dragons de la Cité Rouge  posté le 16/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est sans connaître le roman d’Erik Wietzel que je me suis lancé dans la lecture de son adaptation par le scénariste Nicolas Jarry et le dessinateur David Jouvent.
Si je suis assez difficile avec la fantasy, vu l’étendue de la production et le peu de séries sortant vraiment du lot, c’est plutôt agréablement surpris que je referme cet album.
Le premier point fort tient au dessin de David Jouvent, qui dans un style réaliste donne vraiment corps à cette histoire, grâce à la minutie qu’il accorde à son travail. Décors, personnages, costumes et créatures posent un cadre dans lequel on finit par se laisser bercer malgré la narration un peu éclatée du début de récit qui installe les différents protagonistes.
Ce premier album nous permet de faire la connaissance d’Alec Daraan, un officier tombé en disgrâce et devenu chasseur de prime, aidé d’un succube avec laquelle il a passé un sombre pacte. C’est au cours d’une mission dirigée par un petit seigneur local que son passé va le rattraper…
Si l’intrigue est intéressante et bien menée, je n’ai pu m’empêcher de sentir le travail de coupe nécessaire à cette adaptation en bande dessinée. Je ne pourrais pas comparer n’ayant pas lu le roman, mais c’est le manque d’approfondissement psychologique de certains personnages et certains enchainements rapides qui m’ont donné cette impression.
En tout cas, ce premier tome se laisse lire tranquillement et même agréablement grâce à la qualité du dessin. J’attends donc la suite pour peaufiner ma note.

Nom série  Star Wars - La Menace fantôme  posté le 16/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà une bien triste adaptation du premier opus de la "prélogie" de Star Wars.

En effet, si le dessin très orienté "dessin animé" (qui a dit Disney ???) issu d'un collectif - dont il faut aller chercher la liste en fin d'album pour avoir une idée des auteurs - de ce travail (rien sur la couverture ni sur la page de garde) est correct ; si les cadrages et le découpage sont également très inspirés d'un travail cinématographique et donnent à l'ensemble un rendu assez agréable, c'est dans le travail d'adaptation que ça pêche.

Car, c'est en connaissant plus que bien le scénario que je me suis lancé dans cette lecture, et là les coupes sont plutôt franches, pour ne pas dire drastiques... Et à moins d'avoir déjà vu le film, on est en droit de se demander ce que comprendras un jeune lecteur découvrant cette histoire avec cette BD.
Ok, la narration reprends les points importants de la trame... mais c'est quasi tout ce qu'elle reprends. Ce qui donne un côté un peu décousu à l'ensemble nous donnant l'impression de sauter de points clés en point clés, sans transition aucune ni ce qui étoffe un récit et lui donne de la consistance.

Alors, à mon avis, si vous voulez faire découvrir cet univers à vos enfant, je vous conseille de leur présenter l'original plutôt que cette pale adaptation.

Nom série  Sept Héros  posté le 05/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà sans doute l'album le plus intéressant que j'ai lu dans les dernières parutions de cette collection. Mathieu Salvia (au scénario) nous propose une histoire très agréable et fluide, agrémentée du dessin de Philippe Briones, efficace et en complète adéquation avec le scénario.

Alors oui, certains diront que ces super héros en âge de retraite c'est pas vraiment nouveau et que le sujet a déjà été traité, mais c'est ici fait de façon fort juste avec des personnages intéressants.
Ce que j'ai apprécié également, c'est que ce "7" ne s'impose pas d'emblée. Il faudra attendre une bonne partie de l'album afin de recomposer cette dream team sur le retour. Mathieu Salvia nous évite également la présentation personnage par personnage un peu fastidieuse et surtout gourmande en planches pour un récit qui tient en 62 pages. Tout prend place petit à petit pour nous proposer une histoire bien menée et agréable à lire et ma foi, ces super héros grisonnants sont plutôt attachants.

(3.5/5)

Nom série  Androïdes  posté le 15/07/2016 (dernière MAJ le 02/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et bien en voilà de la bonne SF comme je les aime !

Jean-Luc Istin lâche un peu l'univers fantasy qu'il développe en ce moment avec ses séries comme Nains ou Les Maîtres Inquisiteurs (pour ne citer qu'eux) et s'attaque à une nouvelle série concept (ça, il aime ) avec un duo d'auteurs par tome. Et on peut dire que ça démarre sur les chapeaux de roue !

"Androïdes" nous plonge dans un univers très marqué par les lois de la robotique développées par Asimov et s'inspire des ambiances de Philip K. Dick pour nous lancer sur une enquête qui mènera nos protagonistes bien au delà du simple meurtre qui sert d'ouverture au récit.
C'est prenant, grisant, beau et adroitement mené grâce à une narration percutante et un dessin des plus réussi (chapeau à la colorisation au passage ! ). Le duo Istin/Hervás Millán s'ajuste parfaitement pour nous servir un album franchement très réussi qui met la barre assez haut et nous promet une série à suivre avec attention si la suite relève le défi de maintenir le niveau.

Un très bon moment de lecture alliant un scénario bien ficelé et un dessin magnifique dont je ne peux que fortement conseiller la lecture pour tous les amateurs de SF !

*** Tome 2 ***

Après le démarrage sur les chapeaux de roue proposé par cette série, j'étais curieux de voir ce que le second opus allait donner, surtout que celui-ci, tout en référence à Ulysse, ne pouvait que titiller ma curiosité... Verdict ? Un bon album, mais un ton en dessous du premier.

En effet, le dessin de Geyser est bon, surtout dans ses décors et ses mises en scènes, que ce soit dans l'espace ou sur Terre. J'ai adoré toute la première partie qui se déroule à bord du vaisseau. Par contre j'ai un peu plus de mal avec ses personnages que je trouve un peu trop "dessin animé" dans le style à mon goût.
C'est du côté du scénario que l'album pêche légèrement. Tout se tient, les idées de base qui constituent la trame sont bons et fonctionnent, c'est juste que j'ai trouvé l'ensemble un peu trop linéaire. Trop peu de surprises pour l'amateur d'ovni en papier que je suis.

L'ensemble donne tout de même un album agréable à lire, mais qui à mon sens reste un brin en dessous du premier qui avait mis la barre très haut.

(Je passe ma note à 3.5 arrondie toujours à 4 en attendant de voir ce que donnera la suite de cette série)

Nom série  A marée haute  posté le 29/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ayant longtemps habité à Nantes, c'est avec curiosité que je me suis lancé dans cette lecture. Surtout que j'ai bien connu la transformation de la ville que nous relatent les auteurs.

En effet, Aurélien Boulé nous raconte de façon plus ou moins autobiographique, la transformation du quartier qui abritait les chantiers navals de Nantes, aujourd'hui connu pour ses nefs et son éléphant géant des Machines de l'Île, en faisant le parallèle avec la dégradation de la santé de sa grand mère touchée par la maladie d’Alzheimer.

L'idée est intéressante et se veut plus universelle que le simple cas de la ville de Nantes, et j'ai beaucoup apprécié les cadrages et la narration proposée par Paulette Taecke. Par contre, je n'ai malheureusement pas vraiment aimé le style graphique de cette auteure. Ce côté photo minimaliste repassée sous photoshop c'est pas vraiment ma tasse de thé, même si certaines pages ou cases sortent du lot et sont intéressantes graphiquement. Mais dans l'ensemble j'ai trouvé ça trop froid à mon goût.

Dommage, car l'ensemble est plutôt bien mené ; on sent l'influence du parcours cinématographique d'Aurélien Boulé dans sa façon de nous proposer cette histoire initialement prévue pour un court métrage.

Au final, on se laisse prendre par le récit mais il m'a manqué un petit quelque chose graphiquement pour pleinement rentrer dans cet album.

Nom série  Champs d'honneur  posté le 15/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A l'origine pas spécialement fan du genre historique en BD, j'aime aller faire mon curieux de temps en temps, et par la même occasion aller taquiner la frise dans le sens du poil, histoire de remettre un peu d'ordre dans ce qui est souvent bien trop flou pour moi au niveau Histoire.

Cette nouvelle série reprend donc cinq batailles essentielles de notre Histoire avec pour objectif d'illustrer ce qu'est "être français". Objectif ambitieux je dirais, mais fort louable en ces temps plutôt troubles où patriotisme est trop souvent confondu avec nationalisme.

L'angle du récit choisi par Thierry Gloris est intéressant, car plutôt que de nous jeter tête la première dans la mêlée, il part bien en amont, histoire de nous planter un décor social, politique et intellectuel de cette période en plein chamboulement.
Mais le soucis avec cette approche, c'est que j'ai trouvé la narration un peu hachée. A force de préciser dates, lieux, personnages, le récit manque de souplesse et m'a un peu perdu dans ce torrent d'informations pour le piètre historien que je suis. La bataille finale de Valmy n'en est que l'exemple le plus flagrant, car entre les intrigants de tous bords et les uniformes qui pour moi se ressemblent trop, je ne savais plus qui était qui...

Bref, une lecture un peu laborieuse pour moi due, soit à un trop grand condensé d'informations en trop peu de pages pour permettre une plus grande lisibilité de ces grands moments de l'Histoire de France.

Nom série  Rantanplan  posté le 15/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
ah... Rantanplan...

Autant sa bêtise absolue pouvait me faire sourire dans Lucky Luke, autant là c'est d'un affligeant... Rien à garder.
Les gags (peut-on encore appeler ça comme ça ???) sont d'un convenu, d'une lourdeur et d'une médiocrité assez indescriptibles, ce qui pour un album de courtes histoires et de strips laisse plutôt pantois ! Après avoir parcouru trois ou quatre albums, sans avoir décroché le moindre sourire, je ne vais pas pousser la plaisanterie plus loin, j'ai bien d'autres choses à lire pour passer du bon temps !

Alors franchement, pas la peine de faire le curieux si vous tombez sur ces albums, contentez vous de la série mère si vous aimez le personnage. Celle-ci est juste à la hauteur de la stupidité de son personnage devenu principal...

Nom série  East of West  posté le 13/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Prenez une bonne tranche de Akira, quelques louches de Game of Throne, tassez très fort dans un mortier et pilonnez bien fort pour servir bien chaud et saignant façon Comics et vous commencez à avoir une petite idée de ce que vous réserve East of West.

Car cette série a de sérieux atouts pour me plaire ! Déjà, l’uchronie de départ est intéressante : la Guerre de Sécession américaine n’a pas été gagnée par le Nord, mais interrompue par la chute d’un corps céleste en plein milieu des Etats Unis. Cet événement va forger un nouveau futur et découpage du territoire. Sept Super Etats vont émerger de ce cataclysme et se partager pouvoir et espaces. Sauf que, et oui il faut toujours un « mais », naît au même moment une nouvelle religion annonçant la fin du monde, avec pour « ambassadeurs » les Quatre Chevaliers de l’Apocalypse.

Tout cela peut paraître un brin capilotracté au début et un peu fouillis, mais tout se met en place petit à petit au fil de ces quatre premiers tomes pour donner une solide assise à ce récit. Les différentes sociétés qui ont plus ou moins prospéré dans chaque état ont chacune leurs caractéristiques qui leur confère avantages militaires, économiques ou sociétaux. Mais ce sont surtout les personnages qui sont à la tête de ces états qui m’ont vraiment plu ! Tout comme les Trois Chevaliers de l’Apocalypse d’ailleurs… Oui, on en a perdu un en route ^^ Le scénario accorde la part belle à ces personnages que j’ai trouvé vraiment bien approfondis et qui donne toute la saveur à ce comics.

Nom série  Le Rapport de Brodeck  posté le 13/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Encore une fois, Manu Larcenet place la barre très haute avec cette adaptation du roman de Philippe Claudel. Quelle claque graphique ! Et quelle narration !

Au sortir de « Blast » on aurait pu se dire qu’il allait être très dur de remettre en forme et de coucher sur le papier quelque chose d’aussi efficace et magnifique, mais il faut croire que le texte de Claudel était fait pour Larcenet et son noir et blanc. Car à bien y réfléchir on y retrouve la plupart des thèmes de prédilection traités dans Blast : les exclus, la folie humaine, la survie, la lâcheté, le meurtre, la beauté de la nature, l’art, le mensonge, la vérité…

Tout autant de thèmes qu’on retrouve, par un biais différent, mais toujours avec la même force que lui confère son dessin qui balance entre l’impressionisme et l’hyperréalisme. C’est cette technique particulière qui lui permet d’imposer ces ambiances si singulières : très éthérées, à la limite du magique quand il s’agit de dépeindre cette nature si imposante et majestueuse ; très lourde au contraire dans les relations humaines avec les drames qu’on découvre au fil du récit. Et puis viennent les soldats… Wow ! Quelle force graphique dans cette représentation !!! C’est juste énorme de justesse et de ton. Ce côté monstrueux rendu au final de façon simple mais tellement évocatrice ! L’effroi a un visage… La monstruosité universelle de l’espèce humaine trouve son incarnation dans ces créatures plus proches de l’ogre que de l’homme et nous fait prendre la mesure terrifiante de ce dont nous sommes capables ou justement incapables.

C’est donc encore du très grand Manu Larcenet qui nous sont livrés au travers de ces deux magnifiques tomes, d’autant que la présentation et le format à l’italienne (j’adore ce format) sont un plus non négligeables : deux très beaux objets au contenu non moins puissant, terrifiant et/mais magnifique.

Nom série  Salam toubib  posté le 04/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
"Salam toubib" nous propose de jeter un oeil dans le rétro du côté de l'Algérie et de ses "événements" comme on a longtemps dit.

C'est au cours d'un voyage en train dans les années 80' que Pauline, jeune fille de 18 ans, va découvrir le passé de son père qui l'accompagne. En effet, suite à une agression à la gare avant de monter dans le train, le père de Pauline va mettre en déroute l'agresseur et susciter la curiosité de sa fille quant à ses connaissances en self défense. C'est en faisant son devoir militaire en tant que médecin en Algérie qu'il a appris tout cela. Leur voyage en train sera l'occasion pour Pauline de découvrir un pan longtemps caché de la vie de son père, personnage secret et taciturne.

Ce roman graphique largement inspiré de la vie personnelle de Claire Dallanges a l'intérêt de présenter de façon assez objective les différents points de vue de l'époque. En effet, c'est pour se faire une opinion plus juste que Gilles Tardieu (le père de Pauline) décide de partir au plus près des événements en tant que médecin. Au gré de ses affectations et des rencontres qu'il fera, on nous brosse un panorama plutôt exhaustif de ce que vivent les militaires, les locaux et les pieds noirs.

On se laisse rapidement porter par le quotidien de ce médecin et les situations cocasses ou dramatiques qu'il vit grâce à une narration simple mais très efficace. Le dessin de Marc Védrines assure parfaitement le rendu de cette tranche de vie étalée sur quatre ans. Le seul bémol que je relèverais tient aux visages, et surtout à sa façon de dessiner les yeux de ses personnages. J'ai vraiment du mal avec ces grands yeux qui à mon sens fausse les proportions des visages et qui en plus ne cadrent pas vraiment avec ce côté réaliste et historique du récit.

Mais sorti de cette remarque, le travail de nos deux auteurs est remarquable et nous permet d'appréhender un conflit qui a profondément diviser la société française et algérienne.

3.5/5

Nom série  Veil  posté le 01/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est avec circonspection que je me suis attaqué à la lecture de cet album tant le graphisme de Toni Fejzula est surprenant. Et autant ce n'est pas la couverture, qu'à titre personnel je trouve assez ratée (et qui gâche complètement l'effet de surprise liée à l'histoire qu'on nous propose -celui qui a choisi la couv' devait vraiment pas avoir lu l'album !!! ), que le trait et la colorisation du reste de l'album qui m'a pleinement conquis. Voilà un moment que je n'avais pas été surpris par le travail graphique d'un auteur, et là c'est une très bonne surprise.

"Veil" nous plonge dans une grande cité bien sombre, où nous allons nous réveiller en compagnie d'une jeune femme nue, dans une station de métro désaffectée, entourée de rats. On ne sait pas qui elle est... et elle ne semble pas le savoir non plus... L'intrigue va se construire sur la recherche de qui est cette étrange femme aux pouvoirs dangereux. Si l'ensemble est un peu prévisible (merci la couverture...), c'est rondement mené et efficace et j'ai passé un réel bon moment de lecture.
Et ce plaisir, comme je vous le disais plus haut tient essentiellement au graphisme de Toni Fejzula. Singulier, tant dans la mise en couleur que dans son trait un peu anguleux, il donne le ton et l'ambiance à cette histoire fantastique de la meilleure des manières.

Alors, avis aux amateurs de fantastique, ne vous laissez pas intimider par cette couverture peu vendeuse et laissez vous tenter !

Nom série  Ô vous, frères humains  posté le 30/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec cette adaptation de "Ô vous, frères humains" d'Albert Cohen, Luz nous en met plein la tronche. Car ce texte édité en 1972 nous racontant la très brutale expérience de l'auteur avec l'antisémitisme le jour de ses dix ans, est malheureusement toujours d'actualité...

C'est avec un trait très personnel, tout en noir et blanc, articulé autour d'une mise en page des plus somptueuses que Luz s'approprie le texte d'Albert Cohen. Il le fait si bien qu'il se contente juste de quelques mots de ci, de là, eux aussi déformés graphiquement pour encore mieux accentuer son propos. Plus besoin de texte pour souligner la bêtise, la violence et le mal qui découlent de ce racisme primaire, ils s'imposent d'eux même sur chaque page en écrasant ce pauvre Albert de dix ans qui prend conscience pour la première fois de sa vie de la haine.

Choix audacieux mais judicieux que celui de faire abstraction du texte pour mieux nous talocher et nous faire pleinement ressentir ce que cet enfant vient de subir. Ses compositions de planches arrachant un faux air de Sempé torturé sont d'une efficacité redoutable et accentuent d'autant plus le texte d'Albert Cohen qui clôt cet ouvrage et que reprend pour le coup mot pour mot Luz. C'est simple, mais d'une force singulière.

Je ne peux donc qu'en conseiller fortement la lecture !

Nom série  Manifest destiny  posté le 27/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est en partant d'une des expéditions mythiques et fondatrices des Etats Unis au début du XIXe siècle que va s'inscrire cette histoire. On prend les personnages historiques Lewis et Clark mandatés par le président Jefferson de la toute jeune Amérique, et c'est parti pour une mise en image de cette aventure !

Sauf qu'histoire de pimenter un peu le tout, une grosse dose de fantastique vient s'immiscer dans cette avancée vers l'Ouest et que les "terribles" Indiens de l'époque ne sont au final que le cadet des soucis de notre expédition comparés aux créatures auxquelles ils vont être confrontés, ainsi que cette épidémie qui transforme toute forme vivante en espèce de zombie végétal...
Le pitch est plutôt original et intéressant, même si j'ai au début eu un peu peur de retomber dans un énième "zombie like" gratuit, histoire de surfer sur la mode du moment. Mais heureusement non. On a bien ce côté zombie, mais cette forme végétale maléfique trouve un écho intéressant dans ce Grand Ouest inconnu à défricher.

Après, c'est plus le dessin qui par moment m'aura fait tiquer. Autant j'ai apprécié le talent de Matthew Roberts dans ses décors, le soin accordé aux détails, autant je ne suis pas fan du style de ses personnages ; ou plutôt je le trouve assez irrégulier dans sa façon de les représenter. Mais bon, le tout reste de bonne facture et se lit très bien grâce à une narration efficace épaulée par un découpage en chapitres d'une vingtaine de pages propre à beaucoup de comics.

J'attends donc de lire la suite pour voir comment évolue cette aventure et peaufiner ma note ; en attendant ça sera un 3.5/5

Nom série  Les Maîtres Inquisiteurs  posté le 03/07/2015 (dernière MAJ le 25/06/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà que Jean-Luc Istin repart en selle pour nous proposer un univers complet qui sera développé dans 6 tomes. Chaque tome indépendant confié à un scénariste et à un dessinateur différent nous contera les aventures d'un des Maître Inquisiteur, ces mages guerriers, garants de l'ordre et de la justice dans ces terres tumultueuses et à peine pacifiées d'Oscitan. Le 6e et dernier tome verra le fil conducteur qui traverse chaque opus réunir nos cinq protagonistes dans un tome conclusif.

Et Istin a su réunir du beau monde pour son projet. Le tome 1 voit le retour du duo Olivier Peru au scénario et Pierre-Denis Goux au dessin. Le second, Nicolas Jarry et Paolo Deplano, un autre duo qui se connait bien.

Le premier tome nous raconte l'histoire d'Obeyron, Maître Inquisiteur austère, qui, de par sa droiture et son intransigeance, a su au fil des ans semer les graines d'une haine grandissante à son égard. Il manque y perdre la vie dans une embuscade où il est laissé pour mort. C'est l'enquête sur sa propre "mort" qui nous est ici raconté.
Le dessin de Pierre-Denis Goux m'a complètement séduit. Que ce soit ses architectures ou ses séquences en pleine forêt, ses planches sont d'un rendu impressionnant ! On est rapidement immergé dans cet univers complet et complexe. En même temps, on est pas non plus en terra incognita totale. Les races (elfes, nains, humains, orcs et consorts...) qui le composent ne nous sont pas inconnues, et tout cela est tissé de façon intelligente dans une intrigue qui au delà ce ce seul opus, va nous former une fresque dont on sent les prémices pointer au fil de l'album.

Le second tome s'attache à nous présenter Sasmaël à travers la nouvelle enquête qui vient de lui être confié. Si je préférais le trait de de Pierre-Denis Goux, Paolo Deplano a aussi du talent à revendre. Il est tout aussi à l'aise dans ces grandes citées marchandes ou ces port francs qui ponctuent le parcours de nos enquêteurs, et cela rends la narration agréable et fluide. On retrouve le caractère torturé de ces Inquisiteurs (un comble ^^), ce qui donne une profondeur psychologique intéressante aux personnages.
Espérons par contre que cela ne tourne pas à la marque de fabrique pour les trois autres qui nous restent si on veut espérer un peu d'originalité. Mais vu le très bon départ que nous propose ces deux premiers albums, restons confiants !

C'est donc avec attention que je suivrais la suite de cette série prometteuse et jusqu'ici plutôt bien réussie !

Et voilà le troisième tome !

Jean-Luc Istin garde donc les rennes du scénario de cette série, mais c'est cette fois-ci Augustin Popescu qu'on retrouve au dessin et je découvre son travail avec cet album.

Ce sont cette-fois-ci sur les pas de l'Inquisiteur Nikolaï qu'on va nous lancer. Particularité de ce troisième Inquisiteur, et non des moindres : il est aveugle. J'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer pleinement dans l'histoire à cause de ce postulat... J'ai eu un peu de mal à me faire à l'idée qu'un mage guerrier puisse être aveugle... mais finalement, l'histoire nous expliquera pourquoi et l'intérêt et les avantages de ce handicape. Il permet par ailleurs à Istin de nous proposer un final très intéressant et une résolution d'enquête qui va en plus élargir la trame scénaristique et rebondir sur la suite de la série.

Malgré cela, ce n'est pas le titre que j'ai le plus apprécié de la série. D'une part à cause du manque de personnalité de l'elfe qui l'accompagne. Autant dans les autres albums, j'avais aimé ce côté faire-valoir de ces personnages secondaires, autant là, j'ai trouvé que le personnage de Boldween n'apportait pas grand chose. D'autre part je n'ai pas aimé la mise en couleur de cet album que j'ai trouvé trop informatisée, ce qui ne ne valorise pas le trait et l'encrage d'Augustin Popescu.

Au final, voilà un album qui s'il est plutôt correct dans l'ensemble, réussit à trouver grâce à mes yeux par une résolution d'enquête intéressante et des révélations finales qui permettent de redonner un intérêt à la série dans son ensemble. Je descends donc ma note à 3/5 en attendant de voir ce que donnera la suite que je vais continuer de suivre avec curiosité.


Avec ce tome 5, « Aronn », on remonte le niveau d’un cran. Ce sont Sylvain Cordurié au scénario et Jean-Charles Poupard au dessin qui s’associent pour cet opus. Et ma fois, le duo fonctionne plutôt bien !

D’une part l’intrigue un peu plus poussée que les tomes précédents m’a bien plu, et les personnages tant principaux que secondaires donnent une autre dimension à cet album comparé aux précédents (mention spéciale à l’elfe Eldurin le compagnon de Aronn). Tout cela s’insère tranquillement dans la trame plus générale de la série et donne au final l’album le plus abouti à mon sens de cet univers.

Le dessin de Jean-Charles Poupard appuie pleinement ce ressenti et donne corps de façon très réussie à ce récit, tout en s’inscrivant dans l’univers déjà tracé par les tomes précédents.

Il reste maintenant à attendre le 6e et dernier tome pour donner une note finale à cette série ; en attendant, je passe ma note à 3.5/5

Nom série  Niourk  posté le 24/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est sans doute l'adaptation de Wul de cette collection que j'ai préférée. D'une part parce que j'avais lu ce roman dans ma jeunesse et qu'elle a eu son petit effet madeleine avec sans doute un de mes tous premiers romans de SF ; mais c'est aussi pour sa qualité intrinsèque, tant sur le plan de l'adaptation que de celui du dessin d'Olivier Vatine.

En effet, sans avoir pleinement en mémoire le roman de Wul, les trois tomes qu'on nous propose sont bien équilibrés et assurent une narration très agréable et progressive avec la montée en puissance de notre jeune héros. Surtout que la mise en page et le découpage proposés jouent parfaitement cette partition pour nous assurer un récit très agréable à la lecture et qui a su traverser les ans. Car il ne faut pas oublier que ce roman fut à l'origine publié voilà quasi 60 ans (en 1957) !

Alors, avis aux amateurs de SF, si vous souhaitez redécouvrir ce classique des années 50/60, voilà sans doute l'un des meilleurs titres adaptés dans cette très belle collection de chez Ankama.

Nom série  Le Bourreau  posté le 17/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une série qui s'annonce plutôt bonne et dont j'attends la suite avec une certaine impatience. En effet tous les ingrédients sont là pour faire de celle-ci une série à suivre.
Tout d'abord, des personnages principaux qui s'imposent rapidement ; une trame de fond intéressante, bien maîtrisée et bien rendue : ici, c'est Paris au Moyen-Age ; enfin, un petit cross-over des genres assez original : placer des pseudos super héros dans ce cadre moyenâgeux.
Alors, non, faut pas déconner non plus, c'est pas Batman au Moyen Age, mais il est vrai que les attributs de nos deux personnages principaux ont un peu de ça malgré eux, avec une petite touche de fantastique en prime.

La construction de ce récit de Mathieu Gabella est efficace et rythmée pour poser dans ce premier tome introductif toutes les bases des personnages et de l'intrigue qui va nous accrocher. Les aller-retours entre le présent de notre héros et son passé son bien gérés et dévoilent progressivement l'histoire du personnage.
Notre bourreau, main impartiale de la justice de cette bonne ville de Paris, va alors se retrouver pour la première fois aux prises avec un adversaire mystérieux et à sa mesure. Cette rencontre va aussi susciter chez notre Bourreau un questionnement quant à son rôle et son pouvoir...
Reste à voir où tout cela va aller...

Pour ce qui est du dessin, ce sont trois auteurs qui s'y collent : Julien Carette, Jérôme Benoit, et Jean-Baptiste Hostache. J'ai eu un peu de mal avec le graphisme au début, surtout à cause de la très belle couverture réalisée par Jean Bastide. Si il y a vraiment un truc qui m'énerve en BD ce sont les couvertures réalisées par un/d'autre(s) dessinateur(s) que le reste de l'album. Le trio s'en sort pourtant très bien, mais quand on s'attend à un dessin vendu en couverture, je trouve ça gênant... Reste qu'une fois rentré dans l'histoire, on se laisse prendre par ce récit percutant et bien conduit.

Alors, en attendant la suite voilà un bon 3.5/5 très encourageant pour ce premier tome

Nom série  Piège nuptial  posté le 13/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec Shutter Island, "Piège nuptial" est sans doute une des meilleures adaptations de la collection Rivages Noir de chez Casterman. Mon seul regret concernant cette adaptation du roman de Douglas Kennedy, c'est qu'ils n'aient pas repris le titre d'origine, Cul de sac que je trouvais beaucoup plus pertinent et mystérieux que ce "Piège nuptial" que je trouve ridicule et trop bavard... (En même temps, c’est lié à la réédition du roman sous ce titre, mais ils auraient très bien pu revenir à celui d’origine)

Sorti de cette remarque, l’adaptation est très fidèle. Christian De Metter a parfaitement saisi l’essence de ce polar pour nous en restituer l’ambiance pesante et écrasante. Car entre ce décor du désert australien et les personnages tous plus tarés les uns que les autres cloitrés dans ce trou du cul du monde, on ne sait pas qui est le plus plombant. Et c’est dans ce merdier sans nom que Nick, touriste américain, va venir s’enliser…

Car il est vraiment mal barré notre Nick, et on se demande vraiment comment il va faire pour s’en sortir. C’est toute cette angoisse qui est parfaitement rendue par le dessin et la mise en couleur talentueuse de De Metter. On a mal pour lui, on sue à grosses gouttes pour lui et on s’accroche au récit comme lui à l’infime espoir qui le maintient en vie pour espérer sauver sa peau.

Une très bonne adaptation dont je conseille chaudement, Australie oblige, la lecture, une petite bière à portée de main.

Nom série  Pim Pam Poum  posté le 13/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pim Pam Poum, c'est une des séries qui ont marqué ma jeunesse quand je courais les vides greniers ou les brocantes avec mes parents pour récupérer des Mickey ou autres albums où je pouvais dénicher les aventures de ces joyeux trublions !

Ces Tom-Tom et Nana de l'époque me faisaient bien marrer, toujours au top pour trouver LA bêtise ou la farce à faire, même si cela se terminait inexorablement par une fessée administrée par Tante Pim !
En retombant dessus dernièrement, j'ai inévitablement fait mon curieux et remis le nez dans ces strips pour voir ce que cela donnait avec le temps. Forcément, j'ai depuis plus de bagage côté lecture, et plus le même âge non plus.
Cela ne m'a pas empêché de sourire aux aventures de Pam et Poum, un peu à la façon madeleine de Proust. Si ce n'est certainement pas ce que je préfère aujourd'hui, cela reste pour moi une étape importante dans mon approche de la BD qu'il faut remettre dans son contexte, et c'est surtout l'esprit malin de ces deux garnements qui me plaisait.

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