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Nom série  L'Adoption  posté le 27/04/2016 (dernière MAJ le 28/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voilà une BD que j’attends depuis… très longtemps. Non que je fus au courant du projet depuis ses débuts, mais plutôt par rapport à son sujet facial, l’adoption.

Il s’agit d’un sujet complexe, casse-gueule, et parmi la foule des albums qui s’y sont intéressés de façon frontale, peu peuvent se targuer d’y avoir réussi, à part « Couleur de peau : miel » et « un drôle de père » (sur un registre différent, cependant).

Vous l’aurez compris, le sujet me tient à cœur, et je suis intransigeant quant au traitement que l’on fait de ce genre de sujet. Et Zidrou, comme il l’a prouvé avec Lydie, peut aborder des sujets lourds et graves, même s’il a débuté comme auteur « à gros nez », ceci écrit sans aucun sous-entendu négatif.

J’ai TOUT aimé dans ce premier volet d’un diptyque. Le traitement de l’arrivée de l’enfant, pudique. L’apprivoisement mutuel de Qinaya et sa nouvelle famille, particulièrement ses grands-parents, entre retenue et chaleur. Les dialogues entre Gabriel et ses amis, ainsi qu’avec son épouse, d’un réalisme bluffant. Les situations compliquées entre Gabriel et son fils Alain, laissant entendre que leurs rapports vont être au cœur du tome 2. Les moments de silence, ces regards qui en disent long sur les pensées des protagonistes.

On est à la place de Gabriel, ce bourru qui s’est installé dans une routine active depuis sa retraite et va peu à peu se laisser conquérir par ces grands yeux et ce petit minois venus du Pérou…

Une adoption qui se passe bien, tout va bien madame la Marquise ? Non, parce que l’adoption internationale c’est compliqué (Zidrou ne s’attache d’ailleurs qu’à l’étape après l’arrivée de l’enfant), et derrière une histoire heureuse se cache parfois un drame. Le scénariste ne l’oublie pas, en saupoudre savamment son récit, avant de fermer ce premier volet sur un coup de théâtre fort bien amené.

Le deuxième volet est très différent : Gabriel, dans l'après, est dans une forme de quête personnelle. Il est présent dans quasiment toutes les cases, dans un décor tout à fait différent. Zidrou réussit là encore à nous étonner, à placer son histoire sur des rails inattendus. La fin est encore une fois très émouvante, et finalement très logique, sans verser une seule seconde dans le sentimentalisme.

Je suis le travail d’Arno Monin presque depuis ses débuts, et c’est un bonheur à chaque fois. Pour ce diptyque il a encore varié ses ambiances, musclé son encrage et son style rond et coloré fait des merveilles.

J’aurais aimé écrire cette BD. Mais d’autres l’ont fait et bien fait, avec le respect, le recul et le talent nécessaires. Bravo !

Nom série  Père & Fils  posté le 28/03/2016 (dernière MAJ le 27/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sympathique nouvelle série chez Ki-oon.

Premier manga de Mi Tagawa, Père & Fils met bien sûr cette relation au coeur de son histoire. Elle remet au goût du jour un métier un peu oublié, celui de l'herboriste itinérant. Au travers de ses pérégrinations, de ses relations avec ses clients et de ses rencontres, elle montre ainsi l'importance que revêt ce genre de personnage dans le tissu social nippon. Bien sûr la paternité, mais aussi la douleur intime suite au décès de la mère du petit Shiro servent de moteur au récit, et permettent de nombreux moments émouvants, parfois presque déchirants.

Plusieurs belles scènes, où chacun apporte à l'autre, nous sont donc données, et j'avoue avoir été ému, vraiment, par certaines. Mais ce qui me plaît également, c'est cette nouvelle facette du Japon médiéval et/ou rural, qui nous est dévoilée. Le tome 2 continue sur le même ton, même si les collègues herboristes du père sont un peu plus mis en avant, ce que confirme la fin du tome. Un peu de l'enfance de celui-ci est également présentée, mais on sent que l'autrice se concentre sur le garçonnet. Le tome opère une sorte de pause, lorsque le père et le fils reviennent dans leur village pour les fêtes de fin d'année. l'occasion de voir plus longuement leur famille et leurs amis, et d'en apprendre plus sur la jeunesse de chacun, ainsi que sur la mort tragique de Shiori. Cette pause est donc toute relative, car Mi Tagawa continue à tisser des portraits pétris d'humanité.

Avec les tomes 4 et 5 arrive une période où Shiro commence à grandir et n'est plus un bébé : il ne pleure plus, commence à tenter de se faire des amis... Celui qui va trouver grâce le premier à ses yeux partage certaines choses, et c'est plutôt bien amené. Son père va d'ailleurs devoir évoluer dans son métier, et se poser la question de la garde de Shiro. L'humanité est donc toujours bien présente dans ce manga, d'autant plus qu'une rencontre inattendue va amener le récit dans une nouvelle phase pour la suite.

Le tome 6 constitue une respiration dans le récit, un moment où Tora et sa sœur Tatsumi se remémorent certains moments clés de leur jeunesse. Des moments qui vont les amener à prendre certaines décisions peut-être déterminantes pour leur avenir. Nous allons d'ailleurs faire la connaissance de la famille de Shiori par la suite...

Sur le plan graphique, c'est un trait assez "soft" qui nous est proposé, j'aime bien, même si on sent que Mi Tagawa débute et cherche encore un peu son style. Le trait de l'auteur est très fin, lumineux, et s'accorde bien avec l'atmosphère sensible qui se dégage de l'histoire.

Sympathique et touchant, je lirai la suite sans déplaisir.

Nom série  Monster X Monster  posté le 10/03/2017 (dernière MAJ le 27/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Revoilà un manga de fantasy, avec des monstres et... un anti-héros. Celui-ci semble être un vrai de vrai, du genre à rester chez sa mère à se curer le nez et jouer à des jeux video. Ce qui est sympa, c'est que lorsqu'il semble prendre conscience du côté minable de sa vie, il ne se prend pas en main, et continue à glander. Mais bien sûr il va révéler des ressources insoupçonnées... Dans le deuxième tome nous en apprenons un peu plus sur la passé du héros, et sur sa hantise des monstres. Une explication qui ma foi se tient pas mal, au cœur d'un opus qui laisse un peu plus de respiration à l'histoire.

Nikiichi Tobita a un trait vraiment intéressant, très précis, surtout sur les monstres, ce qui rend la lecture assez agréable, surtout quand on aime le genre.

Curieux de lire la suite et fin, puisque le manga se termine en trois tomes.

Nom série  Les Fleurs du mal  posté le 19/01/2017 (dernière MAJ le 26/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Attention, nous revoilà chez ki-oon avec une série sur la perversion !

Elle raconte en effet les déboires d'un collégien qui se retrouve complètement manipulé par une de ses camarades. Le point de torsion de cette histoire est qu'elle ne va jamais dans la direction qu'on pense, et que le pauvre Takao va tomber de plus en plus bas. J'ai l'impression que l'intention de l'auteur est de montrer que le mal est intrinsèque à l'humain, et qu'il suffit qu'une personne dévie un peu pour qu'elle risque de dériver vers les tréfonds sombres de l'âme. C'est plutôt bien fait, on ne sait jamais comment Sawa va réagir à ses tentatives d'esquive.

Le tome 3 semble marquer la fin d'un chapitre, celui de Takao et Nanako.Les masques tombent, et les adultes entrent dans la danse. Mais la fin du tome laisse entrevoir une suite, qui dans le tome 4 est une sorte d'introduction. Takao, de manipulé, devient acteur, et décide de montrer à Sawa ce qu'il est capable de faire... Et bien sûr, elle va le pousser à aller plus loin...

Côté graphique rien de particulier à dire sur le trait de Suzo Oshimi, il est relativement classique. Mais l'écart est assez grand entre son style rond et la noirceur du récit.

A ne pas mettre entre toutes les mains, même si au final les choses sont suggérées plutôt que montrées au niveau graphique..

Nom série  Urban  posté le 02/10/2011 (dernière MAJ le 18/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La série Urban Games devait tenir à coeur à Luc Brunschwig pour vouloir la reprendre malgré les 12 années passées et l'abandon du dessinateur initial.

La perle rare se nomme donc Roberto Ricci, qui avait fait forte impression dans Les Ames d'Hélios il y a quelques années. Là encore il frappe fort, dans un style, mais surtout des ambiances différentes. Les influences graphiques et narratives sont évidentes, et nul n'est besoin ici de les réitérer. Cependant je suis bluffé par la capacité du dessinateur à passer d'une ambiance intimiste à une scène d'action, par sa mise en scène très inventive ou encore ses couleurs pastel superbes. Il doit également gérer de nombreux paramètres visuels, entre les clins d'oeil, la mise en scène de l'intrigue et les personnages, qui conservent de bout en bout une expressivité aussi optimale que possible. Bref, de la (très) belle ouvrage.

Côté scénario, je ne connais pas la série originale de Brunschwig aux Humanos, mais j'imagine qu'il a dû "épaissir" sa trame, retravailler son récit pour le rendre plus logique, et le résultat est de suite très prenant. Le background, même s'il est proche de récits de SF classiques, me semble tout de même très cohérent. L'intrigue, éclatée sur plusieurs fils narratifs voisins a amené dès le premier tome son lot de situations très intéressantes, amenant à découvrir Monplaisir, l'omniprésence des media, la corruption due au pouvoir.

Les deuxième et troisièmes tomes apportent leur lot d'éléments aussi troublants que surprenants. En effet le récit va prendre une direction franchement inattendue, les personnages secondaires vont voir leur background s'épaissir, leurs postures changer. Et le récit est donc éclaté sur une quinzaine de personnages, dont aucun n'est laissé sur la touche, et tous vont jouer un rôle au fil du récit, qui va s'étaler sur 5 tomes. Le liant de l'histoire semble être Zach, ce colosse au coeur tendre, mais au fur et à mesure j'ai l'impression qu'il s'agit de Monplaisir, cette cité du vice plutôt que du plaisir... Enfin si, il y a une personne qui semble retirer beaucoup de plaisir de tout ça, agissant comme un despote (ce nettoyage des arrière-cours toutes les 5 heures ! Mais quelle idée de fou !) et elle n'a pas encore tout dévoilé de son dessein... Surtout ne suivez pas le lapin blanc.

Le tome 4 est très surprenant, il va revenir sur les "origines" de certains personnages, tandis que Zachary est réduit -momentanément- à l'impuissance... Sans parler d'un évènement qui va remettre en cause l'existence même de Monplaisir...

Plus j'avance dans la série, plus je me rends compte de sa complexité et de sa densité. Les récits, les personnages s'entrecroisent, ne faisant que se frôler parfois. Tous les éléments se mettent en place progressivement pour constituer un puzzle géant, où tout semble trouver une place bien précise. Le tueur de jeunes femmes, la personnalité de Springy Fool, le héros de série qui revit en tant qu'ami imaginaire ou en tant que robot, tout a un sens, RIEN n'est laissé au hasard.

Ebouriffant. Je suis persuadé que dans quelques années on étudiera les BD de Brunschwig, et celle-là en particulier, dans les études de sociologie, car il arrive à interroger notre société actuelle au travers de ses récits d'anticipation...

Nom série  Monument Amour  posté le 17/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, en général je suis assez indulgent avec ce genre de production, mais là je dois avouer que ça ne mérite pas, à mes yeux, la moyenne.

On a donc l'histoire d'un Poilu, sauvé de la mort dans une tranchée par un chien, qui le veille durant sa convalescence (belle histoire, mais à laquelle j'ai du mal à croire) puis pendant et après sa démobilisation. Un homme dont la passion et le métier, la sculpture, vont lui servir de rédemption, de résilience après le traumatisme de la guerre. Un traumatisme pas si fort visiblement, puisqu'à part sa froideur sexuelle envers ses modèles, et que le moment le plus douloureux reste la mort de sa femme, qui elle est nimbée de mystère. Et puis il est difficile de comprendre pourquoi soudain il tente d'abuser d'une femme qu'il a à peine croisée, alors qu'il se tient à carreaux le reste du temps. Bref, le personnage me semble mal cerné, et l'histoire, qui tourne autour de lui, plutôt maladroite.

Côté graphisme, j'avais déjà remarqué la fragilité du trait d'Arnaud Floc'h dans d'autres albums. Laquelle perdure dans celui-ci, qui même s'il est une sorte de reprise après une période d'arrêt de la bande dessinée, est un peu incompréhensible. C'est bien simple, aucun visage n'est correct, et pire, les héros en changent tout le temps, si bien qu'on ne comprend qui sont les protagonistes d'une scène qu'en lisant les dialogues et en observant les circonstances.

Bref, je ne lirai pas la deuxième partie de ce diptyque.

Nom série  De l'autre côté (les Enfants rouges)  posté le 16/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nous suivons donc Hamza, réfugié tunisien qui cherche à rejoindre l'Europe.

L'auteur a choisi de raconter son histoire de façon plutôt romanesque, sans trop s'attacher à la réalité historique, même s'il y a un ancrage temporel avec le nom de Ben Ali. Nous sommes donc après le Printemps arabe, et rien, ou presque, n'est réglé. Ce voyage est une longue errance, faite de larmes, de souffrance, de confessions, de moments uniques, où le désespoir se mêle aux histoires personnelles.

Le trait de Léopold Prudon est fragile, et cette fragilité est le meilleur argument pour parler d'Hamza, dont la vie ne tient qu'à un fil.

Pas mal.

Nom série  Inferni  posté le 16/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon petit coup de coeur du moment...

En effet, même si ça commence un peu classiquement, avec ce pauvre ado qui se retrouve aux soins d'une tante sociopathe, gothique et veuve suite à la mésentente de ses parents, c'est plutôt bien foutu, avec des dialogues plutôt réalistes et des situations -en-dehors de la dimension fantastique- relativement crédibles. Et David Boriau a planqué dans son récit pas mal de petites choses surprenantes, qui demandent des réponses...

Grelin, après avoir participé aux scénarios gentiment érotiques de Jim, revient donc à la BD jeunesse avec ce récit fantastique, peuplé d'ombres et de personnages énigmatiques. Il semble bien s'amuser, et se lâche dans plusieurs pleines pages spectaculaires.

Allez hop, la suite, vite.

Nom série  Les Maîtres de White Plain  posté le 16/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une série qui ne brille pas, pour l'heure, par son originalité.

De par sa trame, une saga de propriétaires esclavagistes du Sud profond, avec des secrets, des trahisons, des coups de théâtre. Des drames intimes qui se mêlent à l'histoire tragique des années 1840 à 1870 dans le sud des Etats-Unis. Néanmoins Edouard Chevais Deighton a su placer au fil de son scénario de nombreuses énigmes, entre ce coup de feu qui retentit à la naissance de l'héritier et la disparition de Moïse, en passant par la relation qu'entretient avec lui la maîtresse de maison... Suffisamment pour avoir envie de lire la suite, malgré un récit qui mériterait plus de fluidité.

Antoine Giner-Belmonte est un petit nouveau dans le monde de la BD. Et c'est curieux car il a un style déjà bien travaillé, fortement inspiré par Christian Rossi, et encore plus par le Jean Giraud de la grande époque de Blueberry, son mentor. Globalement c'est du très bon boulot, qui mériterait de progresser et maturer davantage sur les visages, notamment féminins, qui sont étrangement vides. Attention toutefois à ne pas s'enfermer dans l'bsession graphique, j'espère que ce dessinateur saura s'en émanciper quelque peu.

Bref, c'est à suivre.

Nom série  Faith  posté le 15/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Editions Bliss Comics continuent leur travail de traduction et d'édition de qualité des oeuvres de chez Valiant.

Voic donc Faith, une jeune femme un peu timide et ronde, qui se transforme à son corps défendant en super-héroïne.

C'est plutôt frais, pas vraiment prétentieux, et on passe un bon moment de lecture avec cette anti-héroïne bien de son temps, avec ses soucis sentimentaux et professionnels, un peu à la sauce Peter Parker. Le personnage s'assume totalement, ce qui a fait le succès de la série, dont les premiers numéros ont été réimprimés 5 fois.

Au dessin l'Espagnol Francis Portela et la Française Marguerite Sauvage se partagent le travail, pour un résultat très propre, à la limite de la ligne claire parfois.

Curieux de lire la suite.

Nom série  Bleu pétrole  posté le 15/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Admirable.

C'est ainsi que je qualifierais le maire cette petite ville côtière de Bretagne qui a subi de plein fouet la marée noir qui a suivi l'échouage de l'Amoco Cadiz, en 1978. Je n'ai bien sûr aucun souvenir de cet évènement, j'étais plutôt petit à l'époque. Mais j'en ai beaucoup entendu parler, surtout comme d'un évènement fondateur dans la lutte pour la préservation de l'environnement, et surtout comme celui a fait reconnaître, pour la première fois, les pollueurs comme les responsables, et donc les payeurs.

L'histoire est racontée par Gwénola Morizur, alias Bleu, la petite-fille de cet édile modeste mais fermement campé sur ses valeurs. Au fil de ses entretiens avec Alphonse, elle déroulera le fil de ces 14 années de combat, fait de batailles de prétoires, de milliers d'heures passées à nettoyer les plages, de récoltes des dons de milliers de donateurs. Un évènement qui restera gravé à jamais dans l'esprit de tous les Bretons. Morizur a mêlé un peu de fiction à la vérité historique, pour que la trame narrative soit crédible. Et le résultat est bluffant, touchant, bouleversant.

Côté graphique, Fanny Montgermont apporte son trait fragile et sensible à cette histoire complexe. Son style, qui rappelle par moments celui d'Hermann, permet d'être propulsé dans l'histoire.

Un récit bouleversant.

Nom série  Jazz (Marcel Pagnol)  posté le 15/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu déçu par cette adaptation de Pagnol. Je ne connais pas le texte original, et nul doute que comme il s'agit d'une oeuvre de jeunesse, elle n'avait pas la force ni le charme des titres ultérieurs de l'auteur.

Cependant cela se lit sans déplaisir, grâce au grand sens de la mise en scène du duo d'adaptateurs. Et quant à l'argument fantastique, si peu présent dans l'oeuvre de Pagnol, il n'est ma foi pas inintéressant, même si pas extrèmement bien exploité. La fin, par contre, est vraiment surprenante...

Aux pinceaux A. Dan livre une bande plutôt agréable à l'oeil, peut-être un peu trop décontractée par moments, mais les planches sont bien construites.

Nom série  L'Enfant-fleur  posté le 12/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Domas a fait preuve, au travers de ses albums, d'une sensibilité et d'une fraîcheur quasiment uniques dans la BD adulte. Après quelques illustrations réussies de contes connus, il est logique qu'il s'essaye, en tant qu'auteur complet, à cet exercice tout particulier.

Son dessin est très délicat, expressif, bref, totalement adapté au jeune public.

Très joli conte, une belle parabole sur l'amitié, l'émancipation, la joie de vivre.

Nom série  Planète Gaspard  posté le 10/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alors ça c'est franchement sympa !

Gaspard est en effet un petit garçon qui est cosntamment dans la lune, ce qui lui joue parfois des tours, mais pas des vilains tours. n'oublions pas que c'est une série destinée aux plus jeunes.

Et de ce côté-là, le contrat est largement rempli : les intrigues sont linéaires, facile à comprendre, plutôt mignonnes, sans être pour autant naïves. J'avoue avoir passé du bon temps sur cette elcture, même si je ne suis pas le coeur de cible.

Le dessin de Domas, qui allie poésie et légèreté, est pour beaucoup dans ce plaisir.

Bref, Planète Gaspard, c'est très sympa !

Nom série  Im - Great Priest Imhotep  posté le 10/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On a donc une adolescente un peu (voire même complètement) seule, qui a -curieusement, parce qu'elle semble la seule dans ce cas- un pouvoir un peu chiant. Et puis une semi-divinité de l'Egypte antique, qui lui enlève ça, et lui explique même l'origine du merdier.

Allez savoir pourquoi, j'ai pensé à Yo-kai Watch en termes de fond, puisque tous les soucis -oui, TOUS- semblent dûs à des entités plus ou moins infernales, et souvent venues elles aussi de l'Egypte antique. Sans parler des ennemis historiques d'Imhotep, qui le pourchassent à travers les siècles.

Je n'ai pas senti une grande originalité dans ce script. Ce n'est pas très important. Par contre j'aurais aimé avoir une évocation de l'époque antique, de ses traditions, de sa cosmologie, un peu plus "épaisse". Là, à part les looks des différentes divinités (plutôt réussis, je l'avoue), cela ressemblait plus à un prétexte qu'à un contexte.

Le dessin est plutôt agréable et dynamique, c'est quand même plaisant à regarder. Mais la suite se fera sans moi.

Nom série  Forçats  posté le 14/09/2016 (dernière MAJ le 06/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après L'Homme qui s'évada, c'est la deuxième fois que le livre-reportage d'Albert Londres sur le bagne guyanais est adapté en BD. Pat Perna semble avoir intégré un peu plus Londres à son récit, ses sources semblent être plus diverses que celles de Laurent Maffre, comme la biographie de Londres et l'ouvrage d'Eugène Dieudonné. Cela donne un récit très vivant, avec un point de vue peut-être plus extérieur. Un reportage qui se transforme peu à peu en récit d'aventure, rythmé par les tentatives d'évasion de Dieudonné.

J'avais beaucoup aimé le ton du premier tome, alors que le second est bien différent.

Pat Perna nous propose en effet de suivre encore Albert Londres, dans son combat, après son retour, afin d'améliorer les conditions de vie des forçats à Cayenne. L'action y est moins présente, même si Dieudonné parle de façon plus libérée (et pour cause). Un tome plus calme, mais pas moins intéressant que le premier.

Le dessin de Fabien Bedouel est puissant, presque mégalithique, il se montre à l'aise dans les extérieurs autant qu'avec des décors froids de prison. L'apport aux couleurs de Florence Fantini est essentiel, elle confère des ambiances presque inoubliables à ce récit rondement mené.

Nom série  Ghost & Lady  posté le 05/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Hop, après Springald, voici une nouvelle histoire dans le cadre du Black Museum, ce musée des histoires à dormir debout du folklore britannique...

Nous voici donc dans les pas de Florence Nightingale, personnage emblématique de la société londonienne du XIXème siècle, pionnière de l'utilisation et de la rationalisation des soins apportés aux blessés de guerre. Fujita lui adosse un fantôme, Grey, lequel lui sert de moteur, de repoussoir, booste son activité, afin d 'expliquer, quelque part, l'incroyable énergie dont a fait preuve cette femme remarquable. On ne s'ennuie jamais, on apprend même parfois des choses, on rit, on s'indigne, bref, c'est un récit plutôt pas mal pour l'heure.

Graphiquement je reprends ce que je disais pour Springald, Fujita a un style raffiné qui abonde dans l'imagerie traditionnelle de l'époque victorienne, les costumes et les décors sont réussis. Au niveau des personnages c'est un peu plus "fainéant", les visages des personnages masculins en particulier manquent de maîtrise.

Curieux de lire la fin de ce gros diptyque (330 pages pour le tome 1).

Nom série  Man in the window  posté le 05/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bon, le pitch est relativement classique, avec ce lycéen qui se croise plus vieux, et qui essaie de modifier son futur. On est dans un manga, donc forcément le personnage est tenté d'aller vers des choses négatives, c'est plutôt complexe.

C'est plutôt bien fichu, on a beaucoup de curiosité par rapport au déroulement des évènements. Masatoki gère bien les tenants et les aboutissants, et les actions de Shôhei deviennent de plus en plus complexes au fil de l'histoire.

Une complexité qui contraste pas mal avec le dessin, plutôt rond, un brin naïf, même s'il y a de belles ambiances dans les forêts et en milieu urbain.

Je suis curieux, très curieux, de lire la suite.

Nom série  TER  posté le 05/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon petit coup de coeur du moment.

Il y a chez les Editions Maghen, ce souci de faire de belles bandes dessinées, au sens visuel du terme. Je ne dis pas que les scenarii sont en reste, mais la qualité privilégiée par les membres de l'éditorial de cette maison est celle-là.

C'est bien sûr encore le cas avec TER, qui nous montre un monde apparemment post-apocalyptique relativement classique, des personnages à la psychologie elle aussi relativement classique, même si l'intrus évolue un peu trop vite à mon goût. Je suis assez client de ce genre d'histoire, surtout que la fin de ce premier tome nous dévoile un beau cliffhanger, que je n'ai pas vu venir...

Visuellement, donc, c'est une tuerie, surtout sur les paysages, où Christophe Dubois se montre très intéressant. On respire beaucoup sur ce monde si particulier... Je suis plus réservé sur les visages, qui manquent à mon goût de maturité, et c'est bien dommage, car on aurait eu l'album visuellement presque parfait.

A suivre, avec avidité.

Nom série  Les Années rouge & noir  posté le 11/04/2016 (dernière MAJ le 03/05/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une série chez les Arènes, c'est nouveau, puisque cet éditeur s'était contenté jusque-là de one-shots.

Et celle-ci est ambitieuse, puisqu'elle nous propose de plonger dans les remous de l'Histoire, la tourmente des trente Glorieuses. Laquelle trouve son origine dans la société française sous l'Occupation, où tout n'est ni blanc ni noir, mais bien gris, avec ces collabos qui retournent leurs vestes, les résistants qui se tirent dans les pattes en prévision d'une place dans le futur gouvernement, et même certaines personnes très haut placées qui ne semblent pas franches du collier... Un vrai panier de crabes, où ça se bat à mort, y compris dans le deuxième tome.

On ne présente plus Didier Convard, auteur de multiples séries à succès, qui s'associe pour l'occasion à Pierre Boisserie, lui aussi scénariste de séries historiques et à portée économico-politique. Leur récit est solide, s'attachant à l'histoire d'un quatuor qui cache de nombreux secrets. Au pinceaux, Stéphane Douay, au trait fragile mais qui prend peu à peu -un peu lentement quand même- ses marques. Son travail sur les véhicules et les décors est remarquable, au contraire des personnages, quis emblent changer au fil des pages...

Une série qui se pose un peu dans le même créneau que Il était une fois en France. L'avenir nous dira si le résultat est aussi réussi.

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