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... a posté 51 avis et 0 série (Note moyenne: 3.16)

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Nom série  Rapaces  posté le 30/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ça vole, ça virevolte, ça saute, ça se bagarre, ça explose, ça baise : en bref, c'est vivant. Tout au long de ces quatre tomes, j'ai été retenu par cette action omniprésente, par cette impression qu'il se passait quelque chose, le tout superbement mis en valeur par le dessin de Marini. Ça reste du Marini, donc on retrouve l'éternel jeune barbichu et le non moins déjà-vu moustachu, mais à part cela, il faut reconnaître que le dessin fait preuve d'une belle imagination pour mettre en scène ces personnages haut en couleur et que les mouvements et les impressions de vitesse sont quand même bien rendus. Un dessin sûr et précis, supporté par de belles couleurs qui propose de jolis contrastes, et qui semble présenter le seul véritable intérêt pour cette série.

Parce que, côté scénario, j'ai été plus que déçu. En bref, je n'ai pas compris grand chose et chaque nouveau développement suscite nombre de nouvelles questions auxquelles on ne répondra jamais. Pourquoi et comment la nature des vampires a-t-elle évolué pour leur permettre de vivre le jour, d'accepter l'ail, etc... ? Et surtout, pourquoi, d'un seul coup, fait-elle machine arrière ? Que vient faire Aznar dans cette histoire ? C'est qui, ces enfants perdus ? Il vient d'où, ce prêtre ? Elle sert à quoi, cette croix ? Voici un petit florilège non exhaustive des nombreuses questions que je me suis posées à la lecture de cette série. Et comme les réponses qui auraient permis de légitimer une bonne partie de l'histoire ne sont jamais venues, je trouve que le scénario n'offre pas particulièrement de fonds. Du coup, il apparaît assez rapidement que la surenchère d'actions tente de masquer un manque de scénario. D'autant que ce dernier semble avoir été réécrit en cours de route, nuisant à la cohérence de l'ensemble. Ainsi, au début de série, on intervient dans un monde peuplé d'humains, parmi lesquels, certainement, quelques vampires survivent, s’amusant de temps de temps à se tuer les uns les autres. En fin de série, on a plutôt l'impression que l'humain est une espèce en voie de disparition, maintenu dans une espèce de réserve sans barreau dont les gardiens seraient les vampires.... Je n'ai pas bien compris le propos, à moins bien sûr que je n'ai pas su décoder le sens caché. Il faut dire que j'ai également eu du mal à m'intéresser à cette pauvre Lénore, qui fait preuve d'un charisme tout relatif... Tout cela me donne ce sentiment que l'idée originelle n'a pas été suffisamment exploitée pour donner une cohérence à ce scénario.

De jolis effets spéciaux, du sexe en veux-tu en voilà, du mouvement... tout pour remplir et donner une impression de densité venant combler un scénario vide de sens.

Nom série  Labyrinthes  posté le 30/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
"Labyrinthes" fait partie de ces séries un peu à part qui ne présentent ni une histoire linéaire sur plusieurs tomes, ni une succession de one shot ou de cycles. C'est une espèce de série concept, dans laquelle les tomes sont reliés les uns aux autres par un lien très ténu.
Ici, le fil directeur semble être le professeur Ariane (le fil d'Ariane, en somme, cohérent avec le titre de la série), scientifique de son état qui cherche à théoriser les événements paranormaux ou surnaturels.
Ainsi, le premier tome traitera du spiritisme et des esprits torturés, le second nous emmènera faire l'expérience de la vie après la mort et le troisième permettra de faire la connaissance du vaudou. Le 4ème tome est un peu à part, et nous amène à nous poser la question de la destinée du monde, et de l'existence d'une instance supérieure qui la présiderait, ou du moins, qui l'influencerait. Quatre tomes donc reliés par des événements paranormaux, mais pas par une histoire suivie.
L'impression que l'on garde à la fin de la lecture est une impression de manque : il manque un lien plus fort entre tous ces ouvrages, il manque une direction et une dynamique qui animerait l'ensemble et finalement, sans ce lien, c'est la cohérence de toute la série qui vacille. De ce point de vue, si le fonds peut sembler intéressant, la réalisation sous cette forme ne facilite pas l'immersion du lecteur que je suis dans ce type de production, ayant cette incertitude à chaque tome : dois-je oublier ce que j'ai lu avant ? Si oui, à quoi ça sert, vu qu'il existe bien un lien ? Si non, quelle est la progression de l'histoire ?

Il n'en reste pas moins que certains tomes de cette série sont meilleurs que d'autres. Ainsi, le tome 1 est celui où on fait connaissance d'une myriade de personnages à la recherche d'un esprit. Dans ce groupe de personnages, la personnalité du professeur Ariane a du mal à émerger, et on recherche surtout qui est notre héros. C'est un peu déstabilisant, et si l'alliage entre science et paranormal est suffisamment original pour être intéressant, on se demande bien où cela va nous conduire.
Le tome 3 est quant à lui, le tome le plus réussi à mes yeux. L'expérience du vaudou par le professeur Ariane est très bien mise en valeur, notamment par un découpage ingénieux et des dessins qui permettent de comprendre toute l'évanescence de la situation. S'il y en avait qu'un à retenir, dans cette série, je pense que ce serait celui-là. En revanche, le tome 2 ne présente aucun intérêt, cette expérience de la mort étant trop compliquée à suivre et je n'ai pas succombé aux charmes de cette ambiance bizarre, dérangeante certes, mais qui manque de message...
Enfin, le tome 4 est décevant : dans ce genre de série, ce que j'apprécie, c'est quand le dernier tome permet d'apporter de la cohérence et de la lisibilité à l'ensemble. C'est dans ce dernier tome que je m'attendais à ce que le scénariste fasse la synthèse des tomes précédents afin que l'on puisse comprendre où on voulait en venir. En lieu et place de cela, le mystère s'épaissit encore et je vois mal comment s'articule le rôle du monde d'Argartha avec le spiritisme, la vie après la mort, et le vaudou. L'idée, mi- surnaturelle, mi-philosophique, fait référence à tous ces paradis perdus qui promettent omniscience et immortalité mais on a du mal à voir comment cela prend place dans la série. Le message est flou et, si la personnalité du professeur Ariane, qui s'est étoffée et qui a gagné en profondeur au fil des tomes est intéressante, elle a du mal à s'inscrire dans cet univers assez particulier. Du coup, j'ai l'impression que l'auteur n'est pas allé au bout de son idée, et ne nous présente pas une synthèse qui permettrait de comprendre son propos.

Ce qui permet finalement à cette série de prendre un peu d’envergure, c’est son graphisme. Si les arrière-plans sont parfois un peu trop uniformes, les visages eux, présentent efficacement caractères et sentiment. Les visages s’affinent et s’affirment ainsi tout au long de la série. Et comme pour le scénario, c’est certainement le tome 3 qui est le plus réussi graphiquement.

Voici donc une série qui se présente, du fait de sa construction, comme le Labyrinthe promis en titre. Malheureusement, le manque de synthèse ne permet pas à la série de trouver sa cohérence, et au lecteur, d’en trouver la sortie.

Nom série  La Conjuration de Cluny  posté le 29/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le véritable tour de force de cet album, c'est de savoir développer en un tome seulement (56 planches, OK, mais un seul tome), une histoire complète et qui se tient. C'est relativement rare en ce moment, où lorsque l'on ouvre une nouvelle production, on ne sait pas très bien pour combien de temps on s'est abonné. Et dans cet album, il y a quand même une grande variété : un petit mélange d'époque moderne et médiévale, une petite histoire romantique, une petite enquête, un retour sur les croisades, un message historique. C'est donc une histoire complète, avec beaucoup d'éléments variés qui nous sont présentés de façon linéaire et lisible. J'apprécie cet effort à sa juste valeur.

De nos jours, une équipe d'archéologue découvre une tombe. Dans cette tombe, un corps. Près du corps, un manuscrit. Sur ce manuscrit, un témoignage qui permet de découvrir la vie d'une ancien moine de Cluny, Godefroid, parti pour les croisades et qui à son retour doit mener l'enquête sur d'étranges événements survenu en l'abbaye. Le contexte historique me plaît, le côté mystérieux qu'il convient de dévoiler me plaît, et le message final, bien qu'un peu forcé, est assez bien vu. Dans l'ensemble, l'ouvrage se donne les moyens de ses ambitions et l'intrigue est conduite avec efficacité.

Mais présenter autant de choses en si peu de planches a également ses petits défauts : comme tout doit être condensés, on passe rapidement d'un élément à un autre et on a l'impression que de gros raccourcis ont été pris. De même, on a du mal à s'approprier et à s'attacher à ces personnages. Tout va trop vite et les enchaînements ne laissent pas le temps au lecteur de goûter l'ambiance. Mais le message final, qui consiste à nous révéler les véritables motivations de la quatrième croisade et d'en faire un parallèle avec les événements internationaux de 2002 est finalement bien amené. Un peu trop manichéen, avec le gentil Guillaume et le méchant Giraud, le gentil moine et le méchant marchand, certes, mais l'objectif est atteint.

Côté dessin, je n'ai pas adhéré au style, ultra clair et ultra coloré. Je n'ai pas été transporté de cette abbaye de Cluny médiévale grâce au dessin, qui donne l'impression que les murs de cette abbaye sont faits de carton pâte. C'est dommage car on sent bien qu'il y avait une volonté des auteurs de rendre à cet abbaye toute son aura d'antan. Malheureusement, par manque de travail sur les textures, sur les couleurs, sur les matériau, c'est l'ensemble de l'environnement qui fait toc. Par ailleurs, les visages des protagonistes sont bien lisses et ne font pas passer beaucoup d'émotion.

On retrouve donc un travail plus qu'honnête qui fait un bel effort de synthèse et qui arrive à faire coexister plusieurs petites histoires dans un seul tome, mais auquel il manque un peu de nuance, tant sur le plan du scénario que sur celui du dessin, pour rendre l'ensemble crédible.

Nom série  Légende  posté le 29/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici une petite série qui n'a pas d'autres prétentions que divertir, et elle atteint parfaitement son but. Difficile d'être original en parlant d'une série qui elle, ne l'est pas du tout. Mais la sobriété de ce récit en fait sa force et son efficacité. Finalement, prendre les recettes qui ont marché, les reprendre un petit peu à sa sauce, et les resservir agencées différemment, c'est prendre le risque de ne pas en prendre. Certains pourront reprocher ce manque d'originalité, cette absence d'audace, mais le classicisme est rassurant, et également bien confortable. Moi, en tout cas, je m'y suis retrouvé.

Ce qui est super appréciable, dans cette série, c'est le confort de lecture. Une lecture fluide car tout est assez linéaire, les flash backs n'étant là que pour servir d'amorce aux quatre premiers tomes (le cinquième étant un peu à part dans ce domaine, le passé ayant rejoint le présent). On suit ainsi l'enfance puis la jeunesse d'un homme qui devra se battre pour récupérer le trône qui lui revient de droit et la sœur qu'il n'a jamais (ou presque) connue. Swolfs s'y connaît pour rythmer son récit, présenter les événements clairement, et retenir ainsi l'intérêt du lecteur. Et même si le récit est classique, même si ca sent le déjà-vu, j'ai eu du plaisir à attendre les scènes dont je me doutais qu'elles arriveraient. Un peu comme on regarde son film préféré pour la xème fois : il n'y pas de surprise, ce qui n'empêche pas de prendre du plaisir. Seule le cinquième tome m'a paru moins bien dosé que les précédent, un peu comme si le scénariste s'était dépêché d'en finir : dans le même tome, de nouveaux personnages sont présentés et c'est par eux que la série connaîtra son dénouement. Tout cela donne une impression de précipitation...

Ce que je pourrai reprocher à Swolfs, en revanche, c'est de rester au milieu du gué en matière d'événements surnaturels. Un peu comme s'il n'avait jamais réellement tranché s'il devait ou non insister sur ce point pour donner une couleur un peu ésotérique à son récit. Shaggan en grand prêtre aux pouvoirs peu compréhensibles, l'histoire d'un livre de magie qui apparaît à la va-vite dans le dernier tome, une représentation des forces du mal et du bien et sous forme de dragon, l'espèce de sorcellerie sous-jacentes à deux ou trois personnages dans la série : on sent que Swolfs voulait y aller, dans ce côté surnaturel, mais qu'il s'est retenu, peut-être par peur d'abandonner le confortable petit récit classique qui plaisait bien à tout le monde. Moi ca m'a déçu parce que d'une part, je suis un peu frustré d'être appâté par quelques touches ésotériques desservies à des doses homéopathiques dont on est très vite sevré, et d'autre part parce que je pense que cet aspect ésotérique, poussé un peu plus, aurait pu donner plus de dimension à cette histoire.

Le dessin et les couleurs sont précis, clairs, et participent grandement au confort de lecture évoqué plus haut. Des forêts enneigées ou baignées de soleil, des grottes ou des salles de trône éclairées à la bougie, des châteaux fastueux ou des fermes crasseuses : on évolue avec facilité dans cet univers médiéval dont le dessin, comme le scénario, s'appuie sur des images classiques. Et pourtant, comme c'est bien fait, comme c'est rigoureux, c'est efficace.

Voici donc une belle petite série (5 tomes seulement), menée avec une rigueur presque académique, dans laquelle on sent que le scénariste voulait insuffler une dose de folie qui reste malheureusement trop anecdotique pour pimenter le récit. Mais l'ensemble est construit avec soin et j'ai bien aimé cette chronique médiévale.

Nom série  Chroniques de la lune noire  posté le 29/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une une série qui est très difficile à lire, tant le fonds et la forme sont difficiles d'accès.

Sur le fonds, tout au long des 14 tomes qui composent cette série à rallonge, je n'ai cessé de me poser des questions : qui c'est celui-là ? Qu’est-ce qu'il vient faire là ? Pourquoi celui-là arrive à ce moment là ? Quelles sont ses intentions ?... Que ces questions perdurent pendant les 3-4 premiers tomes, à la rigueur... mais là, il m'a fallu presque 12 tomes pour arriver à saisir et à comprendre un petit peu du message du scénariste. Il faut dire que ce dernier ne donne, dans chacun de ses tomes, qu'une toute petite partie de la trame principale et l'histoire donne, en définitive, une impression de longueur et de langueur. Et comme chaque tome est quand même rempli de plein d'événements autres, tout ce qui fait avancer la trame principale semble perdu dans un amoncellement d'idées des plus variées. C'est donc une série qui ressemble à un gros fouillis, et seule la persévérance m'a permis de finir la série. La lecture de certains passages ou pire, de certains tomes (notamment au début de la série), n'a pas toujours été une partie de plaisir. Il y a bien quelques tomes qui sortent du lot, comme le tome 5, le 10 ou encore le 13, qui présentent des batailles d'envergure et mouvementées. Les quatre tomes qui les précédent ne présentent rien de moins que les préparatifs pour arriver à ces affrontements : autant dire que l'on s'ennuie pas mal au cours de ces tomes, même si certains éléments ont pu relever l'intérêt. Je pense particulièrement au parcours initiatique de Wismerhill qui lui permet de devenir grand prêtre de la lune noire, et je pense également à cet album où Parsifal se révèle. Cette série, c'est un peu une succession de tomes un peu ennuyeux au cours de laquelle, parfois, un élément retient l'intérêt un peu plus que les autres. Ca fait, au final, assez peu d'éléments intéressants sur 14 tomes.

Toujours à propos du scénario, on a un peu l'impression que le scénariste improvise à chaque tome. Du coup, l'ensemble me semble bien décousu. Et surtout, il a recours en de maintes occasions à de la magie, bien pratique pour "réparer" des événements, comme si le scénariste, se rendant compte de ses erreurs, voulait les effacer après coup. Dans ce domaine, je trouve que le coup de la résurrection (individuelle et de masse) est assez parlant. On ne compte plus le nombre de fois où Wismerhill ou l'un de ses copains meurt... pour revenir à la vie. C'est dommage parce que du coup, au bout de la deuxième résurrection, lorsque quelqu'un meurt, on s'en fout un peu car on se doute qu'il va ressusciter. Ainsi, la série se prive de toute la dimension dramatique souvent attachée à la disparition d'un héros ou d'un être qui lui est proche.

Enfin, on sent que le scénariste a du mal à finir son œuvre. Au fil des tomes, Wismerhill est devenu de plus en plus puissant, presque l'égal d'un dieu. Dans ces conditions, on aurait pu s'imaginer que Wismerhill s'installe sur le trône et règne sur un empire pacifié et que la série s'arrête là. Eh bien non, comme si on n'en avait pas encore eu assez, on nous rajoute un 14ème tome avec une idée un peu abracadabrantesque et tirée par les cheveux de fin du monde, dans laquelle je n'ai pas compris grand chose. Et au lieu de conclure, finalement, le scénariste nous propose une fin qui n'en est pas une. Ca en serait presque frustrant.

Que dire sur les dessins ? J'hésite.... D'un côté, c'est brouillon à l'image du scénario, ces grandes double pages où fourmillent mille détails font état de couleurs qui font mal à la tête : ca fait vieux. Pour les premiers tomes, on peut le comprendre compte tenu de leur âge, mais pour le 12ème tome, j'ai toujours un peu de mal à comprendre pourquoi le dessinateur s'est inscrit dans un style qui le dessert. D'un autre côté, on sent un grand travail derrière ces illustrations, et je ne peux que respecter cette masse de travail pour dessiner chaque visage d'une foule, chaque pierre d'un édifice; etc. Malheureusement, les couleurs et l'agencement de ces grandes illustrations n'encouragent pas à s'y plonger totalement. C'est trop désordonné, trop fouillis, trop bordélique pour que je veuille m'y investir. C'est d'autant plus frustrant que les deux derniers tomes de la série sont gratifiés d'un dessin plus sobre, plus clair et plus précis, et que dans ces conditions, j'ai accédé à une certaine majesté dans ces doubles pages que j'ai réellement appréciées. Les dessins psychédéliques (mon correcteur d'orthographe me propose également psychotiques, ca marche aussi) et torturés des premiers (12 sur 14) tomes ont failli avoir raison de ma persévérance. Heureusement, j'ai été récompensé sur la fin (sur le plan graphique uniquement, ne nous emballons pas).

Alors, avec de tels sentiments, pourquoi suis-je prêt à accorder 3/5 à cette série ? Tout simplement parce que malgré l'envie de jeter l'éponge au cours de chaque tome, la dernière page de chacun d'entre eux me poussait à ouvrir la première du suivant. Parce que les trop peu nombreux éléments intéressants sont placés, en revanche, aux endroits stratégiques et permettent de relancer à chaque fois l'histoire. J'ai failli abandonner après le 4ème tome : le 5ème a relancé mon intérêt et a fait germer l'idée que tout cela pouvait s'améliorer. Les tomes 6, 7, 8 sont d'une langueur à peine croyable et là, voilà que l'histoire est reboostée.... Ce rythme déroutant a permis finalement, d'entretenir une certaine curiosité pour cette série et même si j'ai pesté, si je me suis énervé, si j'ai baillé, si je me suis creusé la tête en vain, si j'ai plissé les yeux devant ces couleurs d'un autre âge, finalement, les auteurs ont su me retenir jusqu'à la fin. Je pense que je n'aurais pas tenu 14 tomes si l'histoire n'avait été que "bof, sans plus" (la finesse de cette analyse m'étonne moi-même).

Nom série  Berceuse assassine  posté le 28/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Berceuse et assassine : deux termes qui dans beaucoup d’esprits appartiennent à deux registres différents, celui de l’enfance et de l’innocence et celui de la culpabilité et de la cruauté. Deux termes réunis comme un cadavre exquis qui, porté en titre de cette série, ne peut qu’annoncer quelque chose d’assez contrasté. Le plus fort, c’est que ce n’est pas qu’un effet d’annonce.

On nous présente dans cette série des personnages contrastés, réunis autour d’un même événement. Des personnages que l’on découvre et qui de découvrent au fil des tomes. Je ne vais pas revenir en détail sur les rôles de Joe, Martha et Dillon (vous avez 77 autres avis ci-dessous pour vous faire une idée de qui est qui) mais tout le secret et toute l’originalité de cette série reposent sur l’ingéniosité avec laquelle la présentation de ces personnages est amenée. Un présentation qui ne crée que des surprises, qui ne fait que remettre en cause ce que vous avez déjà lu tout en restant très cohérent, et qui tome après tome, m’a personnellement amené à des sentiments très contrastés sur chacun des personnages. C’est une série qui vous permettra de découvrir les bas fonds de New York et les tréfonds de l’âme des protagonistes, et qui montant en puissance au fil de chaque tome, vous fera partager des problèmes conjugaux, des drames personnels ou des tragédies plus universelles. Dans cette série, tout est histoire de rythme, de dosage, pour que chaque tome respecte une trame générale tout en apportant son lot de révélations, pour que chaque tome présentant une vision différente d’un même événement complète les deux autres et ne vienne pas les contredire. L’exercice est bien mené et le pari est gagné.

Cette série gagne en intensité à chaque tome et le dernier de ce triptyque consacre selon moi l’ensemble de la série. Après deux tomes présentant respectivement les points de vue de Joe et de Martha, couple uni par la haine et non plus par l’amour, je trouve que ce dernier tome permet d’apporter une richesse supplémentaire à ce polar noir. Un plus value de chamanisme, une valeur ajoutée de surnaturel qui viennent donner une nouvelle dimension au récit. Ne venant pas polluer la trame générale, cette dimension se pose comme un nouveau contexte à cette histoire et permet de porter le message final des auteurs : un message un brin démagogique sur ces minorités que l’on préfère ne pas voir (et d’ailleurs, je me suis surpris à vérifier dans les deux premiers tomes que ce personnage était bien présent), une idée un peu philosophique sur le sens de la vie et la destiné, et surtout, dans cet environnement très sombre et très glauque, une vision plutôt optimiste de tout ce qui s’est passé. A chaque tome, à chaque coup, les auteurs ont su faire naître en moi des sentiments différents et je trouve que c’est une très belle performance.

Le dessin est parfaitement maîtrisé et très bien réalisé. Un style réaliste qui verse parfois dans la caricature nous permet de nous vautrer dans cette glauquitude, dans cette noirceur. Il faut dire que le graphisme, qui joue sur les nuances de brun, tout juste réhaussé par des touches de jaune fait forte impression. En feuilletant les albums, j’avais peur que cette colorisation un peu uniforme ne rende le récit monotone. Il n’en est rien, le dessin et les couleurs retranscrivent bien cet univers dans lequel tout notre petit monde évolue ainsi que leurs sentiments. Quelle bonne idée d’avoir choisi cette association brun/marron/jaune (à croire que le coloriste s’est inspiré de la charte graphique de BDThèque) pour faire vivre cette histoire. L’utilisation de la couleur jaune m’a vraiment frappé : elle vient donner de touches de peps ici où là, mais c’est également avec cette couleur que les auteurs font passer leur message : le jaune, utilisé tout d’abord pour désigner les « prisons » des protagonistes (le taxi de Joe, le fauteuil de Martha), pour souligner cet enfermement et cette noirceur responsables de leur haine, est employé dans le dernier tome pour souligner la liberté de Dillon, qui grandit à chaque pas de son voyage quasi initiatique vers les destins de Joe et Martha. En bref, graphiquement, c’est beaucoup plus nuancé, voire contrasté, que ce que pouvait laisser présager un premier coup d’œil rapide. Encore une fois, la série a su créer de la surprise.

Alors, forcément, ce 4/5 fleure bon le 4,5, voire le 5, tant j’ai trouvé la série bien réalisée, bien construite, bien dosée. Tant je l’ai trouvée intéressante par sa mise en image et par son histoire qui ne se résume pas à un polar noir. Mais je reste sur cette note car certains éléments du scénario m’ont semblé plus obscurs et plus difficiles à croire, comme cette histoire avec un malfrat que l’on embauche en intérim de façon bien commode, comme ce message qui verse parfois dans le pathos et dans le démago, comme ces dernières vignettes bien énigmatiques, comme ce mystère autour des jambes de Martha qui n’ont toujours pas, à mon sens, livré tout leur secret. Je trouve que les auteurs ont également essayé de ménager le lecteur en fin d’ouvrage, et une solution plus définitive m’aurait semblé plus appropriée.

Ca reste une très bonne série, pleine de surprises et de tensions, pleine de révélations, qui propose également de prendre un peu de hauteur. Et tout cela en trois tomes seulement. Une belle réussite.

Nom série  Trois Christs  posté le 26/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Le concept avait l'air alléchant et les noms sur la couverture le sont tout autant. On découvre un concept narratif qui veut nous donner trois fois des visions différentes d'un même événement, en nous promettant plus ou moins de faire la preuve, comme c'est indiqué dans une des premières pages de l'ouvrage, qu "avec la même matière, on peut dire tout et son contraire". Exercice périlleux, très intéressant au niveau du scénario et conceptuellement assez intriguant.

Mais la réalisation est catastrophique et finalement, le pari est largement perdu. Tout simplement parce que les règles ne sont pas respectées. En effet, les trois histoires présentées n'utilisent pas véritablement "la même matière". Certains commentaires sont en effet commun aux trois récits mais certains sont tellement communs (cf "Aaaah" et "c'est incroyable !") qu'il n'y a pas grand génie à les réutiliser trois fois. Par ailleurs l'exercice est biaisé puisque ce sont trois contextes différents qui sont présentés et si le protagonistes se ressemblent, les trois situations sont totalement différentes. Dans ces conditions, ce n'est donc pas "la même matière" qui est utilisée. D'autant que sur les citations elles-mêmes, on essaye de nous prouver, au moyen d'un table des matières compliquée à utiliser et en vérité un peu inutile, qu'elles sont reprises d'un récit à l'autre : ce n'est souvent pas exactement le cas, les mots changent parfois et dans ces conditions, c'est un peu facile de dire tout et son contraire, d'autant que pour quelques dialogues repris trois fois, pléthores sont inédit d'un récit à l'autre. C'est un peu comme si les auteurs, se rendant compte de la difficulté de tenir leur promesse, avaient abandonné le projet en cours de route.

Le projet étant abandonné, l'originalité originelle disparaît totalement et le concept initial ne se concrétise pas. Il reste donc trois petites histoires indépendantes, la première étant de mon point de vue la plus réussie, la deuxième étant un peu moins bien maîtrisée (la nécessité de reprendre des éléments des deux autres récits rendant difficile la lecture de l'histoire), la troisième étant quant à elle totalement délirante dans sa forme et je me suis même permis de sauter quelques vignettes de cet indigeste récit. Seules les toutes premières pages et les toutes dernières, en noir et blanc, qui présentent ce que l'on sait effectivement du suaire de Turin sont intéressantes. Le reste n'est qu'une tentative avortée de faire une œuvre originale qui d'ailleurs, n'avait pas forcément besoin de s'intéresser au fameux drap pour remplir son contrat.

Le dessin est particulier et personnellement, je n'aime pas trop ce style, qui rend pénible cette lecture déjà difficile.

La promesse était "à partir de la même matière, on peut tout dire et son contraire" : les auteurs sont juste arrivés à nous prouver qu'en effet, avec tous les mots du dictionnaire, on pouvait dire tout (et surtout n'importe quoi) et qu'en présentant des situations différentes, on avait un message différent (quelle révélation !). Ils ont surtout réussi à nous prouver qu'à partir de trois matières différentes, ils étaient capables de ne rien dire du tout.

Nom série  Vae Victis  posté le 31/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une grande saga, qui se propose de nous faire découvrir la guerre des Gaules au travers de la vie de quelques personnages clés, au nombre desquels Ambre, esclave bretonne à Rome qui deviendra reine de Bretagne, Cloduar, Gaulois de son état et qui deviendra son garde du corps, et enfin Milon, Etrusque aux pouvoirs surprenants qui tombera sous le charme de la belle Ambre, tout en restant très attaché aux ordres de César.

Cette série présente un intérêt historique non négligeable, et m'a conduit à apprendre beaucoup de choses sur l'avancée de César en pays gaulois, sur ses techniques de colonisations, faites notamment de coups de force, d'ingénieries militaires, et d'alliances. On retrouve bon nombre d'éléments plus ou moins connus, depuis les relations au sein du triumvirat romain, jusqu’aux batailles de Gergovie et d'Alésia, en passant par la victoire de César sur les bretons, victoire en demi-teinte. Le tout est enrichi d'une histoire un peu romantique entre Ambre et Millon, qui donne une dimension plus personnelle à l'Histoire. Cela permet également de mettre en scène les personnages historiques, tels que César et Vercingétorix, et de "vivre de l'intérieur" cette guerre, d'en comprendre plus aisément les tenants et aboutissants. Ainsi, les luttes intestines dans le camp gaulois, ou encore les hésitations de Vercingétorix dans la conduite de la guerre, sont présentées comme étant les grandes faiblesses du peuple gaulois, celles qui ont conduit à la défaite alors que les capacités de stratège de César ou la qualité de ses ingénieurs sont les facteurs de la victoire romaine. Voici donc une série qui semble respecter l'Histoire, qui se révèle assez intéressante et que l'on sent assez précisément documentée.

Ce qui dessert un peu cette série, c'est certainement sa longueur. En 15 tomes, l'auteur a du mal à se renouveler et on tombe parfois dans une grande répétition, nous présentant tome après tome, les victoires de César. Et finalement, ces victoires ont du mal à retenir vraiment l'intérêt, les villes prises étant pour le moins méconnues. Finalement, seule la victoire à Gergovie et la défaite d'Alésia sont vraiment attendues dans la mesure, sans doute, où elles sont certainement les plus connues. J'ai également été un peu perdu dans le déroulement des batailles : gaulois, bretons, germains, helvètes viennent des quatre points cardinaux, tout comme les différentes légions de César, un peu éparpillées sur le territoire. J'ai eu du mal à suivre tous ces mouvements de troupe, et à comprendre qui était finalement pris en tenaille. De ce point de vue, seul le cycle se déroulant en Bretagne semble plus compréhensible que les autres. La longueur de la série aurait pourtant dû permettre de prendre le temps d'expliquer ces situations. Enfin, les histoires personnelles de Ambre, de Millon et de Cloduar sont également un peu longues et lassantes au fil des tomes. Ce sempiternel "je t'aime mon non plus" ainsi que l'idée d'un amour impossible sont un peu rébarbatifs et de même, on aurait aimé que les relations soient plus fouillées, que les personnalités soient plus et mieux campées. Ainsi, Ambre devient au fil des tomes une caricatures d'elle-même : la petite pirouette scénaristique qui a permis de la faire passer du statut d'esclave à celui de reine, ainsi que cette idée selon laquelle elle a toujours raison et que les autres, notamment Vercingétorix (qui n'est pas présenté comme le héros de la résistance que retiendra l'Histoire), ont toujours tort est un petit peu lassant.

Ce qui est particuliérement dommage dans cette série, c'est que l'auteur avait pourtant trouvé quelques pistes intéressantes qui auraient pu conduire la série à trouver un nouveau souffle. Malheureusement, ces pistes ne sont pas exploitées et laissent un petit sentiment d'inachevé. En effet, j'ai apprécié que César soit l'un des personnages principaux de l'histoire mais j'aurais préféré que le travail sur sa personnalité, son histoire et ses états d'âmes, à peine évoqués ici ou là dans l'un ou l'autre des tomes de la série, soit approfondi. Parce que là, au fil des tomes, on a l'impression que la guerre des Gaules n'est plus véritablement un enjeu stratégique pour l'homme d'état, mais une poursuite amoureuse de la belle Ambre. C'est un peu réducteur et décevant à la longue. Par ailleurs, je trouve que les intrigues politiques au sein du triumvirat ne sont qu'évoquées et pas suffisamment creusées. Sur un autre plan, Millon semble disposer d'un savoir druidique qui lui confère des pouvoirs fantastiques. Toutefois, au fil des tomes, ces capacités extraordinaires semblent être mises en sourdine et il devient un simple arboriste. Cette partie fantastique, puisqu'elle nous a été présentée dès le premier ou le second tome, puis rappelée par la suite, aurait dû être exploitée pour donner plus de piment à ce récit. Là, ca sent un peu le pétard mouillé, l'auteur ayant introduit une idée pour l'abandonner par la suite. Seul le personnage de Didius semble tirer honorablement son épingle du jeu dans cette histoire, où les personnages principaux sont un peu dénués de charisme et peinent à devenir attachants. Encore une fois, je pense que la longueur de la série joue défavorablement sur la perception que j'ai de ces personnages, qui ont du mal à évoluer tout au long du récit.

Au niveau des dessins, j'ai aimé le trait fin que l'on retrouve dans beaucoup de productions de cette période, même si ce style a assez mal vieilli. L'environnement est très réaliste et les personnages sont assez bien rendus. On notera cependant que les visages sont parfois peu expressifs. Les scènes de batailles ne nous épargnent rien de la violence des combats, faisant parfois un peu trop étalage du sang versé. Mais le dessin est avant tout au service de l'ingénierie militaire et l'ensemble des inventions des ingénieurs de César est véritablement mise à l'honneur. Ainsi, comme le scénario, le dessin manque un peu de force pour donner vie aux personnages issus de l'imagination de l'auteur, mais est très précis en ce qui concerne les éléments historiques.

Ca reste une bonne série historique, qui saura se rendre intéressante par son côté pédagogique et réaliste, mais dont les personnages censés être moteurs de l'histoire manquent cruellement de charisme et sont vite enfermés dans des rôles de peu d'envergure. Sans surprise, la série s'achève sur la bataille d'Alésia en 52 avant JC, date à laquelle Jules César occupe toute la Gaule. Toute ? Non, car un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur, mais cela est une autre histoire...

Nom série  Les Chroniques de Panchrysia  posté le 05/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Voici typiquement le genre de série décalée et déjantée qui a du mal à susciter un semblant d'intérêt chez moi. Et pourtant, ca commençait pas mal. Imaginez plutôt : Sam, un pauvre orphelin et Eline, une petite bourgeoise sont mis sur la voie d'un monde perdu, d'un citée cachée, dans laquelle se serait réfugié le père d'Eline. Panchrysia serait une espèce d'Atlantide revisitée, où la technique, la morale et la richesse, seraient plus grandes que partout ailleurs. Pour preuve un étrange flacon retrouvé par l'oncle d'Eline qui l'a recueillie, source d'immortalité. Un premier album qui lance une intrigue qui fait appel à la poésie et au rêve, qui fait montre d'un rythme saccadé mais original : j'ai été intrigué et je n'ai pas rechigné à accompagner Sam et Eline (ainsi que le brave Angus) dans leur quête de la cité extraordinaire.

Et là patatras ! Catastrophe ! A partir du second tome, c'est à n'y plus rien comprendre, on tombe dans un délire mi philosophique, mi psychologique des plus lourds et gavant. Cette série, c'est avant tout une réflexion sur le sens de la vie et donc de la mort, menée par un intellectuel qui se fait plaisir en balançant concepts et idées plus ou moins recherchées au petit bonheur la chance, en espérant qu'un de ses lecteurs y trouvera un sens. Pour ma part je n'en ai trouvé aucun.

Que ce soit le deuxième album, qui présente une histoire sur 7 jours, ces derniers étant pris au hasard dans une chronologie beaucoup plus longue (ce qui limite quand même l'intérêt) ; que ce soit ce troisième album qui présente une tragédie totalement loufoque, quitte à ce que l'album devienne lui même un véritable drame par manque de fonds et de dynamisme, que ce soit ce quatrième tome, qui présente une histoire racontée par plusieurs personnes différentes mais dont on voit mal l'intérêt (car normalement, ce qui est intéressant, c'est quand plusieurs personnes parlent du même événement, pour voir les différents points de vue), ou que ce soit ce cinquième qui présente enfin un Panchrysia en-deçà de toute les attentes suscitées dans le premier tome ; toute cette série oscille entre l'étrange et l'absurde.

Alors, quand en début de 5ème tome, on nous présente une interview du scénariste (ou plutôt du dessinateur, qui a laissé le scénario à son fils) qui explique que justement, l'absurde et l'étrange sont au cœur de sa démarche (mal assurée) artistique, on a tout compris... ou plutôt, j'ai compris qu'il était normal que je n'ai rien compris à cette série. C'est une belle masturbation intellectuelle, un plaisir solitaire du scénariste, impuissant pour le faire partager à ses lecteurs.

En plus c'est moche, c'est graphiquement triste, et le dessin ne permet pas de se consoler d'un scénario conceptuel totalement hors de ma portée. Sam et Eline n'ont aucun charisme et on a envie d'en prendre un pour taper sur l'autre, pour les réveiller et pour qu'enfin il se passe quelque chose.

Allez, il y a bien une pseudo réflexion sur l'intérêt de la vie éternelle...aucun intérêt pour le lecteur que je suis qui a failli se tirer une balle dès le second tome, devant tant de snobisme et d'inutilité.

A fuir.

Nom série  Les Brumes d'Asceltis  posté le 05/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis assez client de ce genre de production, lorsque c'est bien réalisé, comme c'est le cas ici.

On retrouve dans le scénario tout ce qui fait dans le style héroic fantasy : un monde imaginaire, différents peuples, des héros aux pouvoirs, savoirs et capacités disparates qui se regroupent pour mener une quête, une petite intervention des dieux, un voyage qui emmènera le lecteur sous les tropiques étouffants ou dans les monts enneigés et tout ça pour quoi ? Pour sauver le monde, l'humanité, la morale et la vertu : enfin bref, on connaît le topo. Alors, forcément, cette série ne brille pas par son originalité, ça semble vu et revu et pourtant, j'ai éprouvé une certaine sympathie pour ces héros, et notamment Albian que rien ne prédisposait à un tel voyage. Ses compagnons de voyage le sont par ailleurs tout autant et chacun trouve son utilité, son moyen de devenir indispensable. Peut-être la rigueur dans la réalisation fait-elle oublier le manque d'originalité de cette série.

Pour modérer le propos ci-dessus, l'intrigue se révèle bien vite lancée et finalement on se retrouve on ne sait trop comment dans le second tome avec un groupe de 4 personnages à la recherche d'une tombe perdue. C'est un peu précipité, comme introduction mais on ne s'en rend pas forcément compte, le scénariste ayant glissé des petits effets de scénario, comme par exemple cette histoire dans l'arène, pas véritablement indispensables, mais qui occupent bien. De même les dessins sont quand même dans un style que j'apprécie. Et puis, d'un autre côté, je trouve que le scénariste sait rompre avec le classicisme auquel il est attaché. En effet, au fil des tomes, son groupe de personnages se forme et se déforme et finalement, entre les quatres qui commencent l'aventure et les deux qui la terminent, ce groupe aura été à géométrie variable. C'est sans doute dans ce travail sur les personnages qu'il faut rechercher cette originalité qui semble faire défaut. Enfin, la partie la plus originale de cette histoire, qui se trouve (forcément) dans le dernier tome, aurait pu être mieux mise en valeur. En effet, il est difficile d'en parler sans spoiler l'histoire, mais les révélations finales qui font basculer le récit se retrouvent abordées à demi-mots et dans un certain foullis qui les rend difficilement accessibles. Et pourtant, l'idée finale était assez ingénieuse, dommage qu'elle passe inaperçue.

Le dessin, comme le scénario, est d'un classicisme rassurant. Comme dans toutes les oeuvres d'HF, j'aime lorsqu'un dessinateur m'invente des bestioles improbables et des décors aussi variés que recherchés. J'ai trouvé en l'espèce que le dessinateur avait réussi son pari. Mais c'est Istin, alors, c'est pas du jeu, c'est presque trop facile pour lui et, avec un nom comme celui-là, on aurait pu s'attendre à plus de folie. A noter tout de même qu'il n'a pas son pareil pour dessiner les foules...

En bref, voici une série vraiment sympathique, menée avec rigueur, sans prise de tête et sans prétention aucune, qui m'aura fait passer quelques moments plaisants.

Nom série  Kenya  posté le 04/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le scénario de cette série partait d'une bonne idée et le nom de Léo en bonne place sur la couverture était plutôt séduisant.

Malheureusement, cette série se révèle particulièrement décevante, et pourtant, le début de l'histoire entretient une atmosphère mystérieuse qui retient l'attention : des dinosaures et autres créatures sont aperçues ici ou là, des membres d'un safari disparaissent, des OVNIs traversent le ciel et Katty Austin, des services secrets britanniques, mène l'enquête. Pendant les deux premiers albums, le scénariste développe ainsi une belle petite intrigue, à laquelle on s'intéresse forcément. Mais bien vite, on se retrouve à tourner en rond dans cette histoire car plutôt que de donner des éléments d'explications, le scénario revient encore et toujours sur ces apparitions et disparitions, sans faire avancer l'histoire d'un pouce. Pour meubler, on brode autour de ce déferlement de services secrets qui se donnent rendez-vous au Kenya, sans vraiment réussir à convaincre. Les relations entre les personnages sont des plus superficielles, et frisent parfois le ridicule comme ces agents russes et anglais qui semblent travailler ensemble. Rien n'est véritablement poussé, tout est assez superficiel et finalement l'intérêt de chaque album réside dans la découverte des deux ou trois nouvelles bébêtes que voudra bien nous inventer Léo. C'est vraiment trop peu pour que l'histoire soit intéressante, et finalement, je me suis ennuyé à la lecture de cette série. Les deux premiers tomes permettent de camper la situation, les deux suivants ne servent à rien si ce n'est à revenir sur les mêmes mystères que ceux présentés précédemment, et le dernier présente de façon très abrupte le fin mot de cette histoire. Malheureusement, à ce stade, on est déjà lassé de l'histoire et ce dénouement, c'est plus une délivrance que le point d'orgue d'une histoire de science fiction.

D'autant plus d'ailleurs, que pendant les tomes qui ne servent à rien, si ce n'est faire patienter le lecteur et permettre à la série de compter cinq tomes, comme toute bonne production à laquelle Léo participe, le scénariste a finalement empilé certains mystères qui ne trouveront pas d'explications dans les révélations finales. C'est le cas notamment des apparitions de morts vivants, où encore de grosses bébêtes venues de l'espace (on se demande un peu ce qu'elles viennent faire dans l'histoire car compte tenu des révélations finales, seuls les dinosaures peuvent refaire leur apparition). Enfin, tout le monde s'oblige à oublier cette histoire car il y a plus important à traiter : bref, on se dit que l'on n'y reviendra plus, car après tout, les histoires d'extra-terrestres ne sont pas dignes d'intérêt au regard des problématiques internationales de l'époque. Avec cette construction peu soignée, c'est l'ensemble de la série qui apparaît sans réel fondement.

Les dessins sont assez statiques et Léo n'arrive pas à faire passer la moindre émotion sur le visage des protagonistes. Ces visages baignés de larmes ne sont pas vraiment crédibles, les expressions sont peu naturelles. Bref, on a du mal à s'attacher à ces protagonistes froids et sans charisme.

Malgré une idée initiale qui aurait pu donner de la belle science fiction, on se retrouve avec un ensemble bien maladroit et peu intéressant, qui parfois m'a tout de même arraché un sourire... de dépit.

Nom série  Les Passagers du vent  posté le 30/06/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après la lecture de la série Les Compagnons du Crépuscule, qui m'avait laissé un goût un peu amer, j'ai ouvert le premier tome de cette série un peu à reculons, et finalement, je n'ai pas été déçu. La fresque humaniste que nous propose Bourgeon ici est des plus captivantes, retourne parfois les tripes, et sollicite souvent ce que l'on appelle la conscience. Toutefois, je retiens trois périodes dans les sept tomes qui nous sont présentés.

La première période est composée des deux premiers tomes, permet de nous présenter les personnages que l'on va suivre pendant quelques aventures : Saint-Quentin, Mary, John, Hoel et surtout Isa. Elle nous permet de nous familiariser avec le souci de détail de Bourgeon, qui s'exprime aussi bien dans les textes que dans le dessin. L'environnement de navire, théâtre de la première rencontre entre Hoel et Isa, est ainsi criant de vérité, même si le vocabulaire employé, souvent emprunté à la marine, a pu paraître abscons. Les dessins de tous ces environnements, des salons cossus à la cale d'un navire, d'une cabine d'officier au dortoir commun du Ponton (une prison un peu particulière), nous permet de voyager dans l'espace et dans le temps. Par ailleurs, dans cette première période, Bourgeon nous propose une histoire plutôt classique faisant intervenir un romantisme interdit (entre Isa la bourgeoise et Hoel le matelot), une intrigue autour des origines de l'un des personnages (Isa ou Agnès ?), et surtout une histoire d'évasion rondement menée, qui n'est pas sans rappeler certains feuilletons lus dans notre jeunesse. Cette entrée en matière est donc séduisante, avec ce qu'il faut de rythme et d'ingéniosité, surtout dans le second tome.

Mais c'est certainement dans la seconde période de cette série (tomes 3 à 5) que le récit trouve une dimension un peu différente. Après quelques péripéties, Hoel, Isa, Mary et John (et quelques autres personnages secondaires) empruntent la route du commerce triangulaire de l'époque. Et par les yeux de ces protagonistes, Bourgeon nous offre avant tout un documentaire précis et détaillé de la traites des esclaves qui faisaient la fortune des uns et des autres (sauf des principaux intéressés). Là encore, on s'abandonne... et rien ne semble oublié : de la dénonciation pure et simple de ce commerce à l'invocation des raisons politiques et économiques, sans oublier les relations entre vendeurs et esclaves. Ainsi, Bourgeon évite le piège facile d'une dénonciation simpliste et va plus loin. C'est certainement cet aspect qui m'a séduit, d'autant que les différents messages sont portés par des personnages secondaires attachants et parfaitement étudiés : l'abbé Forrisier, Aouan, Boisbeuf, le roi du Dahomey. Pour supporter ce documentaire, Bourgeon nous propose une petite histoire d'empoisonnement d'Hoel et un lien étrange avec des forces occultes. Cette partie de l'histoire, qui part d'un pari stupide et un peu terre à terre, n'est pas à la hauteur du message humaniste qui est développé par ailleurs. Mais qu'importe, on aura voyagé, on aura découvert, on aura réfléchi. Le dernier tome de cette période amène de plus ce dynamisme et cette action qui manquait certainement un petit peu dans les tomes 3 et 4.

Et puis vint la troisième période, composée des deux derniers tomes, qui présente une rupture avec les cycles précédents. A vrai dire on cherche un peu le lien entre cette histoire, qui présente l'arrière-petite-fille d'Isa qui vient à sa rencontre. C'est un peu particulier à lire car le lien avec l'histoire précédente est des plus ténus (on évoque à peine Hoel !). Après quelques pages assez inutiles où on suit une Zabo qui traverse une partie du Sud en guerre de Sécession, on retrouve la saga d'Isa. Malheureusement, je trouve que Bourgeon ne va pas au bout de son idée : au lieu de nous proposer une véritable saga autour du personnage d'Isa, on présente un ou deux événements de sa vie. Douloureux, certes, malheureux, certainement, mais je m'étonne que cette partie soit un peu dénuée de l'humanisme dont on a fait preuve précédemment. Par ailleurs, je suis surpris et déçu que l'histoire d'Isa depuis son arrivée sur le territoire américain, ne nous soit pas plus détaillée : on sait qu'elle est à la tête d'une grande descendance mais la rencontre avec son mari est un peu expédiée à la va-vite.

Prises séparément, chacune de ces périodes présente des intérêts, et notamment la deuxième. En revanche, avec du recul, je suis un peu déçu du manque de linéarité et de lien entre ces trois périodes, comme si, au fonds, elles étaient indépendantes. Et puis, si je reconnais bien volontiers que le trait de Bourgeon nous fait partager des moments graphiques d'exception en ce qui concerne l'environnement (faune, flore, navires, atmosphères), le graphisme raide des personnages, et particulièrement de leur visage aux expressions peu naturelles (lorsqu'il y en a), m'a un petit peu refroidi.

Cette série reste une série à découvrir, pour l'aventure de la première période, pour le documentaire humaniste de la deuxième, et pour la saga familiale (style que j'apprécie) un peu trop vite expédiée de la troisième.

Nom série  A la recherche de Peter Pan  posté le 11/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La déception que l'on garde en fin de lecture du second tome est à à la mesure de la promesse de qualité que pouvait laisser présager le premier opus.

Le véritable intérêt de cette histoire se situe dans le premier album, où Cosey nous invite et nous transporte dans ce petit village enneigé du Valais au début du siècle. Un environnement tellement prenant que l'on croirait sentir le café qui chauffe dans les arrières-cuisine et que tout d'un coup, nous aussi, on mettrait bien une petite laine. Le rythme de la vie de ce village rural s'accorde à celui des saisons et en hiver, eh bien, il ne se passe pas grand chose. Et pourtant, cela n'empêche pas Cosey de nous faire partager la vie du petit village, de nous transporter dans cette atmosphère cosy des discussions au coin du feu alors que le froid, dehors, est menacant. Pour sûr, Cosey est arrivé à planter un décor pour le moins réaliste.

A l'environnement s'ajoute un récit, celui d'un jeune écrivain , Woodworth, qui est venu au Valais pour retrouver la tombe de son frère disparu. Il y rencontrera un ami et un complice et cette rencontre suscite une véritable attente chez le lecteur, car à ce stade, on ne voit pas très bien ou Cosey veut nous emmener.

Ainsi, dans ce contexte, le second tome a été pour moi une véritable désillusion. Certes, Cosey s'y connaît pour créer des ambiances enneigées mais j'ai été nettement moins charmé par la présentation du village dans ce second opus. Il faut dire que le village est vidé de ces habitants qui faisaient pour moi, une grande part de l'intérêt du récit. Ainsi, l'ambiance en prend un sacré coup et Cosey nous brode une histoire plutôt romantique que policière. Les relations entre le frère de Woodworth, Dragan, et Baptistin, ne sont pas creusées et il s'agit ici d'une course poursuite silencieuse sur un glacier. Si Cosey arrive à créer quelques moments de tensions , je me suis ennuyé dans l'ensemble de cette course poursuite qui n'apporte pas grand chose au récit. Il y a bien cette histoire de fausse monnaie, mais qui tombe un peu à plat compte tenu du manque de développements. Enfin, je m'attendais plus ou moins à une explication du titre de cette série, que je trouve bien énigmatique et qui suscite une attente poétique, explication qui ne viendra finalement pas.

Le dessin fait preuve d'une véritable finesse, que j'apprécie. Il est teinté de cette poésie un peu nostalgique que portent ces ouvrages qui commencent à dater. Malheureusement, la qualité du dessin n'arrivera pas à me faire oublier ma frustration à l'issue du second tome.

Ou alors, je n'ai pas compris ce que Cosey a voulu dire ou faire passer, ce qui est également possible.

Nom série  Bout d'homme  posté le 09/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après la lecture des 5 premiers tomes (soit tous les tomes à ce jour disponible), cette série me laisse un souvenir bien agréable.

On y fait la connaissance de Rémi, 19 ans, qui s'est arrêté de grandir à 10 ans, pour ne pas devenir l'homme violent et scabreux que tous les enfants deviennent à ses yeux, conviction acquise suite au viol de sa mère. Un refus de grandir pour rester insouciant, pour se complaire dans cette innocence de l'enfance, et surtout pour éviter de d'acquérir cette maturité qui semble bien pernicieuse. D'emblée, le ton est donné, le récit prendra une tournure fantastique, tonalité d'autant plus crédible que l'action se déroule dans cette Bretagne mystérieuse à la fin du XIXème siècle, connue et reconnue pour être une terre de légendes. Dès le premier tome, on découvre cette vie dure, cette vie triste de cet enfant hors du commun, de ce Rémi qui va devenir sans famille. J'ai adhéré à ce début d'histoire, atypique et original, et qui pourtant reprend les grands thèmes de tous ces enfants issus des classes les plus laborieuses et les plus silencieuses d'une époque où la vie se méritait durement, d'autant plus, d'ailleurs, lorsque l'on était orphelin ou presque, et doté d'un physique chétif, une particularité dont on pouvait se moquer.

A ce postulat de départ fantastique, on rajoute une couche supplémentaire de féérie terrible, lorsque Rémi rencontre Gaspard, un rat étrange qui semble conférer à Rémi le pouvoir de tuer d'un seul regard. Etrange, et aussi tellement envoûtant. L'objet des trois premiers albums est de nous montrer comment Rémi rencontre le fameux rat, comment il prend conscience petit à petit de son pouvoir, et aussi de la malédiction qu'il représente. L'originalité de ces premiers albums résident certainement dans la relation qu'entretiennent Rémi et Gaspard, duo dans lequel on ne sait plus qui est le maître, mais qui a besoin de d'être réuni pour exercer le pouvoir dévastateur.

Ainsi, le premier tome nous présente Rémi, sa situation, les railleries dont il fait l'objet, ainsi que sa rencontre avec Gaspard. Le second tome, tout aussi réjouissant (si on peut parler ainsi d'un enfant de 10 ans vendu par sa mère à un cirque pour rejoindre la troupe des bizarreries de la nature aux côté, par exemple de la femme à barbe), sera certainement celui qui sera le plus important pour Rémi : c'est à ce moment qu'il comprend quel profit il peut tirer de son regard qui tue, mais également quels dangers pour son intégrité il peut représenter. Dans un univers du cirque d'un autre temps, où la vie semble encore plus dure qu'ailleurs, Rémi fait le douloureux apprentissage de la responsabilité. Et l'auteur, justement, joue sur cette responsabilité et la relation ambigüe entre Rémi et Gaspard, pour entretenir une grande tension. Dans le troisième tome, on comprendra quelques éléments qui permettent d'expliquer cet étrange pouvoir ainsi que la finalité de celui-ci.

Les environnements décrits, de la campagne bretonne à la cale d'un bateau, en passant par l'intérieur d'une roulotte, sont parfaitement crédibles. La dureté de la vie est parfaitement rendue. Entre souffrance physique et souffrance morale, on sent que petit à petit, le récit tourne autour de la folie, folie à laquelle succombe le pauvre Rémi qui perd petit à petit de sa personnalité et de sa conscience au profit de celle de Gaspard. Le travail d'émancipation sera douloureux et sonne comme une tragédie. J'ai beaucoup apprécié ces trois premiers tomes, qui jouent beaucoup sur la relation d'un homme face à un pouvoir qu'il ne maîtrise pas, sur le parcours initiatique qu'il entreprend pour dompter la bête qui sommeille à ses côtés. Le dessin accompagne parfaitement l'état d'esprit des protagonistes, dans un style faussement naïf qui m'a beaucoup étonné.

Après ces trois premiers tomes, toutefois, le quatrième laisse un grand sentiment d'incompréhension. Après un laps de temps relativement long, on retrouve notre Rémi grandi, qui revient dans le village de son enfance et qui semble être allé au bout de son parcours initiatique. Un tome qui m'a paru mal construit et mal préparé et dont j'ai eu du mal à comprendre le propos. Après la fin du 3ème tome, tout indique que Rémi est échoué sur une plage du Canada. Sans transition, on le retrouve de retour en Bretagne. Cette absence d'explications fait naître un fort sentiment de frustration, et on a un peu l'impression que l'auteur bâcle la fin de l'histoire.

Mais ce qui sauve cette série, c'est certainement le 5ème tome, dans lequel on comprend que le précédent n'était pas une fin d'histoire mais une fin de cycle. Ainsi, dans ce derier tome, l'auteur lance un cycle dans lequel il expliquera certainement comment Rémi tirera les leçons de la vie. Avec ce cinquième tome, on retrouve une trame qui semble s'être allégée d'une part de fantastique et qui prend une tournure plus linéaire. A l'image de Rémi, c'est tout le récit qui gagne en maturité après les événements du 3ème tome, et les dessins sont d'une grande qualité (les paysages du Canada sont parfaitement réussis à mon sens).

C'est donc une bien belle série, dont les trois premiers tomes sont poignants, rythmés et forts. Et si le quatrième tome pouvait laisser craindre le pire quant à la conclusion de la série, le cinquième tome annonce un second cycle pour le moins prometteur, qui justifie de maintenir une note de 4/5 malgré un tome plus que décevant.

Nom série  Vinci  posté le 06/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un gros bof que ce diptyque, dont le second tome est au moins aussi décevant que le premier est prometteur.

Car en effet, l'histoire commence bien, avec cette enquête policière sur des meurtres particulièrement sordides en pleine Renaissance, enquête à laquelle le génie Léonard de Vinci va participer L'enquête est bien menée jusqu'à ce que le scénariste fasse deviner au lecteur l'assassin, le faisant complice d'un des personnages. Cette construction du récit, qui suppose que le lecteur connaisse le coupable et devine comment il sera confondu, a déjà fait ses preuves. En gros, c'est uns histoire bien classique qui est proposée, les seuls éléments restant à découvrir sont les motivations du meurtrier d'une part, et si ce dernier sera démasqué d'autre part (mais la réalité historique rattrapera d'une façon ou d'une autre tout effort d'imagination du scénariste). Le premier tome est ainsi d'un classicisme rassurant, et introduire Leonard de Vinci dans cette intrigue apporte le petit côté de folie qui vient réhausser le calme apparent. Les dessins suivent un peu le même régime, avec un style un peu vieillot, un peu figé, qui ne commet pas d'erreur majeure si ce n'est celle de paraître démodé dès la sortie de l'ouvrage.

Dans ces conditions, on se dit que la fin du diptyque viendra conclure de façon honorable cette histoire policière. Malheureusement, les maladresse s'enchainent dans le scénario c'est l'ensemble qui perd en envergure. D'une part, les motivations mêmes de cette série de meurtres sont un petit peu tirées par les cheveux et d'autre part, les révélations finales sont décevantes. L'enquêteur n'aura même pas la satisfaction de mener à bien ses investigations, le meurtrier se dénonçant et dévoilant tout de go ses motivations. Mais comme tout cela viendrait contrarier les biographies des uns et des autres, une petite pirouette permet à tout le monde d'oublier ce qu'il a vu et ce qu'il a entendu. Comme c'est pratique !Comme c'est pauvre ! Comme c'est frustrant ! Et puis, moins intéressé par le scénario, forcément, on prête plus facilement d'attention aux inexactitudes du dessin : ici, c'est un bras qui part de nulle part, là, c'est un regard dans le vide...

Et on finit cet ouvrage sur ce second tome plus que décevant... On m'a appâté avec l'ingéniosité de Léonard de Vinci, on m'a déçu par un récit qui n'est pas à la hauteur de cette ingéniosité.

Nom série  De Briques & de Sang  posté le 05/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce one-shot est équilibré et bien construit, même si l'histoire policière qui est présentée manque un peu de force. En 1913, dans le familistère Godin de Guise, des morts mystérieuses s'enchainent, et un assassin pratique et idéal est trouvé. Mais c'est sans compter sur Ada, une jeune habitante, qui, avec l'aide d'un journaliste, va faire toute la lumière sur cette sombre histoire. L'histoire policière semble classique, mais ne commet pas de faute majeure. Le seul reproche que l'on pourrait formuler est que je ne suis pas tombé de ma chaise en découvrant la vérité : ce n'est pas que j'avais deviné la fin mais celle-ci semble un peu parachutée.

Mais l'intérêt de cet ouvrage se situe ailleurs. D'une part, l'environnement de cette enquête est suffisamment original pour retenir l'attention. En effet, le familistère de Guise est le théâtre de ces agissments. Le familistère créé par Godin est né d'une utopie : celle de rendre l'outil de travail aux ouvriers, en les rendant actionnaires de leur usines. Ces derniers vivent en communauté dans un familistère, ville dans la ville, qui concentre l'usine, les habitations, l'école, le gymnase, la piscine, etc. Un espèce de communisme appliqué à la vie réelle, en somme. Ce côté un peu documentaire est très intéressant, d'autant que c'est présenté avec réalisme, mettant en avant tous les avantages que représente ce genre de société (des ouvriers intéressés aux résultats, mieux traités qu'ailleurs en Europe à cette période, vivant dans un village où tout le monde se connaît), sans mésestimer tous les dangers d'une telle organisation (promiscuité, isolement, repli sur soi et sur le communautarisme, peur de l'étranger extérieur au familistère). C'est donc bien dosé, l'auteur nous propose une situation historique sans prendre parti, mais en exposant uniquement des faits. Dans ce contexte, l'histoire policière passe un peu au second plan, et vient juste ponctuer la présentation de cet environnement.

L'autre élément intéressant est sans aucun doute le traitement graphique. Etant originaire de cette région, le réalisme des bâtiment est saisissant et pourtant le style ne se veut pas trop direct. C'est assez bien fait. En revanche, le graphisme des personnages n'est pas des plus engageant et au premier feuilletage, j'ai failli refermer cet ouvrage à tout jamais : le style me semblait trop confidentiel. Et pourtant, une fois l'histoire en marche, on s'habitue à ces visages taillés à la serpe, que j'ai eu du mal à reconnaître d'une page à l'autre. Pour ma part, un album de temps en temps présentant ce style peu conventionnel ne me dérange pas plus que cela. Toutefois, compte tenu de la particularité, j'aurais du mal à en enchainer plusieurs.

Voici donc un album qui présente un moment d'Histoire riche, mais une histoire policière qui l'est peut-être un peu moins, servi par des dessins peu communs.

Nom série  Le Prince des Ecureuils  posté le 05/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Autant Les Trois cheveux blancs m'avait laissé sur ma faim, autant cet album me laisse une bien meilleure impression, comme si l'histoire proposée était plus aboutie que précédemment. Encore une fois, on retrouve un conte noir, parfois pervers et parfois cruel, teinté d'un fantastique comme seuls les contes peuvent en inventer. On retrouve le sempiternel ''Il était une fois...'', un ogre, un sorcier et des humains se transformant en animaux et vice versa. Mais on est loin du gentil prince et de la gentille princesse des contes de notre enfance. Les auteurs jouent sur la mélancolie, la cruauté, le sentiment de vengeance, dans une atmosphère lourde et sombre. Le traitement du sujet est donc très intéressant, et j'ai été pris par l'histoire, frémissant, détournant parfois les yeux, imaginant même ce que les auteurs ne voulaient pas nous montrer.

L'atmosphère est superbement servie par des dessins d'une grande qualité, détaillés et fins, qui jouent beaucoup sur les contrastes entre le terne propre à l'histoire et le roux éclatant des écureuils. Le graphisme est cohérent avec l'histoire et c'est bien réalisé, on retrouve ce savant mélange d'images fortes servies par des graphismes présentant une certaine innocence.

Un conte noir : cette fois-ci, ça a marché sur moi.

Nom série  Les Trois cheveux blancs  posté le 05/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour tout avouer, je ne sais pas trop quoi en penser. C'est très original, à coup sûr : ca commence comme un conte pour enfants mais finalement ce n'est pas un conte à lire à ses petits bouts pour les endormir. C'est glauque, c'est noir et violent : le parti pris n'est pas inintéressant mais il faut le savoir et l'apprivoiser.

Sur le scénario en lui-même, j'ai toutefois eu du mal à comprendre où les auteurs ont voulu nous emmener. Le scénario est glauque, parfois poignant et parfois ironique, mais j'ai eu du mal à en comprendre les motivations, et surtout, à rester intéressé à l'histoire jusqu'à la fin du récit. J'ai trouvé que l'enchaînement était pour le moins chaotique et j'ai un peu perdu le fil sur la fin.

En revanche les dessins sont parfaitement réalisés et je ne saurais les décrire : c'est un mélange de dessin pour enfant, mignon et tout, et en même temps, on ne s'interdit rien de trash ou de gore. Mélange détonnant et étonnant auquel j'ai adhéré.

Malgré un dessin que j'ai apprécié, cette histoire originale a eu du mal à me toucher et m'embarquer totalement.

Nom série  Troll  posté le 05/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une petite série à laquelle je ne me suis pas vraiment habitué, à laquelle je n'ai pas totalement succombé.

Il y a clairement deux parties distinctes dans cette série, scénaristes et dessinateurs ayant changé à partir du quatrième des six tomes que composent cette série. Les trois premiers albums proposent un univers déjanté et un peu loufoque, présentant un Troll et un Gobelin qui par des moyens peu orthodoxes, mettent au monde une fille humaine Larve, puis, après quelques pérégrinations, un fils, Fidel. Tout au long de ces trois albums, on cherche un petit peu le fil conducteur, qui a vraiment du mal à se dégager, le propos semblant être plus axé sur une parodie d'une série HF, avec bon nombre de clins d'oeil, que sur une trame générale vraiment accessibles. Pour exemple, le second tome propose tout une déclinaison autour de donjons et de dragons. Malheureusement, n'étant que très peu familier avec cet univers, même si je vois bien une référence un peu grosse à l'univers rôliste, j'ai du mal à en apprécier toute les finesse. Et comme l'histoire en elle-même est peu linéaire, faite notamment de sauts dans le temps et de coîcidences heureuses qui permettent aux uns et aux autres de se retrouver à point nommé, c'est bien l'ensemble du récit qui ne me parle pas des masses.

Vient ensuite les trois tomes permettant à un nouveau scénariste et un nouveau dessinateur de reprendre la série. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les repreneurs ne déméritent pas. On retrouve tout notre petit monde que l'on voit grandir et évoluer au fil des decennies, au point que Fidel et Larve se retrouve à la genèse de 6 générations, progéniture nombreuse dont les rangs sont encore grossis par une sombre histoire de clones. Enfin, bref, le parti pris n'est pas inintéressant, l'histoire semble se renouveller. Mais on se retrouve quand même avec triptyque assez mal dosé, où humour et gravité, où décalages et linéarité, ont du mal à s'accorder. Ainsi, si le premier triptyque se complaisait dans une folie à peine contenue et excusable compte tenu du caractère parodique affiché, ce second triptyque semble moins bien construit, dont l'histoire avance par à-coup, alors que l'on sentait que les nouveaux auteurs souhaitaient réinscrire cette série dans plus de linéarité. L'histoire a encore eu du mal à m'intéresser et j'ai trouvé certains passages maladroits, alors qu'ils se voulaient profond. S'acquitter du devoir de mémoire et de respect dans ce monde humoristique et décalé, ca a eu du mal à passer chez moi.

De même, le dessin, très fouilli, voire brouillon dans les premiers tomes, collant ainsi à un univers déjanté assumé, il devient plus consensuel, plus "classique" à partir du quatrième tome. Je le trouve même parfois meilleur en seconde période. Mais encore une fois, j'ai eu du mal à totalement adhérer au style.

C'est donc une histoire en deux temps qui m'a été proposée. Bien que chacun des ces deux temps abordent la série sous des angles différents, proposant un renouvellement en mileu de série, je n'ai été totalement séduit pas aucun des deux.

Nom série  Fabien M.  posté le 21/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'aime le style Stalner, découvert dans La Croix de Cazenac : il a ce petit quelque chose d'académique et de rassurant, sans s'interdire toutefois d'introduire des idées qui donnent du ressort à une histoire qui peut sembler bien fade au premier regard.

"Fabien M." ne déroge pas à la règle, et on commence cette histoire fort classiquement, presque trop. On rencontre Fabien, et son frère ptit Louis, qui viennent grossir les rangs de ces orphelins, héros littéraires ou de BD, qui vivent, de tous temps et en tous lieux, des aventures hors du commun. Ici, c'est à Paris en 1902 que l'on fait la connaissance de ces deux orphelins échappés d'un orphelinat qui doit être sordide, qui se retrouvent sous la coupe d'un logeur-souteneur et sur les plates-bandes d'un caïd local. Rien de vraiment nouveau sous le soleil des laissés-pour-compte donc, et comme bien souvent dans ce type d'histoires, les voici qui se retrouvent accusés d'un crime dont ils ne sont pas vraiment coupables. Le tableau et complet, les jeunes orphelins sont en bien mauvaise posture, on introduit un soupçon de romantisme dans cette histoire : l'Académie est contente.

Eh bien moi, ca me plaît, d'autant que c'est bien fait et soigné, autant sur le plan du scénario que sur celui du graphisme. Ca manque peut-être un peu de folie, mais dans l'ensemble c'est plutôt agréable. Et surtout, très rapidement, l'histoire s'éloigne de l'ennui académique qu'aurait pu susciter ce genre de récit, en introduisant une organisation criminelle, dite de l'échiquier, dont les membres sont tatoués d'une pièce d'un jeu d’échec (du pion au roi, en passant par le cavalier, la tour et la reine, figures que l'on retrouve dans chacun des titres des albums). Fabien, sur un coup du sort, comprend que cette organisation a un lien avec ses propres origines, et entreprend de découvrir ses membres et de mettre fin à ses agissements, toujours en quête de son propre passé. Le récit s'accélère ainsi, les leviers de nouveautés sont introduits et l'auteur se plaît à enrichir son récit. Depuis Paris, Fabien va se rendre en Guyane, en passant par Marseille, pour se retrouver finalement à Venise. C'est donc à un long voyage qu'est invité le lecteur, permettant de varier les paysages et les situations. De plus, Fabien fait des connaissances diverses et variées tout au long de ces aventures, rencontres qui viennent donner du piment et du dynamisme à cette histoire qui promettait un ton presque trop calme.

Par ailleurs, entre le premier et le dernier tome, ce sont plus de 6 années qui se sont écoulées : c'est une période relativement longue qui permet aux différents protagonistes de gagner en maturité, et surtout, d'expliquer pourquoi le Fabien qui apparaît sur chacune des couvertures semble avoir changé de visage. Pendant ces 6 années, beaucoup de choses auront changé, et l'intrigue autour de l'organisation de l’échiquier sera enrichie d'une présentation des Indiens de Guyane et d'un retour de Fabien qui fleure bon l'Edmond Dantès.

One ne manquera pas d'apprécier le réalisme des décors et des paysages, clairs et lumineux, et aussi assez précis. J'ai particulièrement remarqué que de Paris à Venise, de Marseille à la jungle, le dessinateur maîtrise parfaitement les environnements et nous fait partager les ambiances des différents lieux. Encore une fois, c'est rassurant et ca flatte l'œil. Même si parfois les personnages peuvent manquer de charisme ou si les expressions passant sur les visages sont parfois indéchiffrables, le dessin est certainement l'une des grandes forces de cette série.

La fin de cette série peut sembler précipitée, et aussi un peu obscure compte tenu des trahisons et contre-trahisons qui se succèdent. Mais c'est aussi ce qui fait le charme de cette série : ne pas trop trainer en longueur. En 5 tomes uniquement, les auteurs nous proposent une histoire cohérente, propre et soignée, qui apportera son lot d'aventures et de romantisme. Une histoire complète, donc, que j'ai pris plaisir à découvrir.

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