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Nom série  Congo 1905 : Le Rapport Brazza  posté le 21/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le sous-titre de ce "one shot " est "le premier scandale de la France Afrique". Je ne suis par certain que cela corresponde véritablement à la réalité historique ce cette histoire.
La France - Afrique ca reste selon moi, la mainmise conservée par la France sur ses anciennes colonies après que celles ci eurent recouvré leur indépendance.
Or, cette histoire se déroule alors que la France reste le seul maître à bord au Congo.
On découvre en 1905 que certaines entreprises exploiteraient de manière éhontée les populations indigènes avec la complicité ouverte de l'Administration Française. On s'aperçoit que ce qui existait au Congo Belge s'est alors propagé dans la partie française du Congo.
Le parlement décide alors de nommer une Commission présidée par un certain Brazza afin d'éclaircir tout cela. Une fois sur place la Commission ne peut que constater que les populations locales sont réduites en esclavage, que les femmes et les enfants sont prises en otage afin que les maris se soumettent aux compagnies exploitant le caoutchouc.

En réalité l'Administration Française se trouve en sous effectif, et les Compagnies à qui ont a concédé des pans entiers de territoires afin qu'elles réalisent des infrastructures ( ce qu'elles ne feront jamais ou peu), font la pluie et le beau temps sur place. Mais l'Administration coloniale n'est pas seulement passive, elle est également complice, ses agents corrompus. Le scandale est tellement énorme que des condamnations interviendront. Mais a minima, les principaux responsable étant déplacés. D'ailleurs tout est fait pour que la mission ne puisse mener l'enquête. Au final, un rapport circonstancié sera bien rédigé. Mais comme à l'époque contemporaine, celui ci finira dans un placard. Autre temps, même mœurs chez notre classe politique.

Cette histoire tirée d'un livre récent est une véritable réussite, bien écrite, bien charpentée et le dessin de Bailly est toujours aussi agréable. Je remarque toutefois qu'avec le temps il devient moins précis qu'à l'époque de Coupures irlandaises ou d'Un sac de billes, virant souvent à la simple esquisse. Cela n'enlève rien à la qualité de ce récit que les passionnés d'histoire contemporaine apprécieront à sa juste valeur.

Nom série  Marc Jaguar  posté le 03/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La belle réédition de cet album paru dans les années 50 nous permet de nous replonger avec plaisir dans l'œuvre de Tillieux. La recette reste la même qu'avec Felix et Gil Jourdan. Un héros des plus sérieux, totalement dans la veine de l'archétype présent dans les séries lancées par le Journal Spirou ou Tintin à l'époque ( même si Marc Jaguar fut publié dans La revue Risque Tout), accompagné d'un acolyte " gaffeur" chargé d'apporter une touche d'humour dans le récit. Paru en 1978 dans la collection " Pêché de jeunesse", il était indisponible depuis fort longtemps et c'est donc une belle initiative qu'on eue les éditions Dupuis de procéder à cette réédition, accompagnée de textes et d'images inédites, comme le sont en général les intégrales ou les histoires courtes de Spirou et Fantasio parues ces dernières années.
La grande nouvelle est qu'il y aura prochainement un second tome commencé par Tillieux mais abandonné au bout de 8 planches pour se lancer dans l'aventure Gil Jourdan. Cet épisode ne sera donc pas resté sans lendemain et c'est tant mieux!

Nom série  Les Mythes de Cthulhu  posté le 03/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette superbe réédition d'une des œuvres phares d'Alberto Breccia nous permet de nous rappeler combien ce maître argentin du noir et blanc avait du talent.
Comment adapter l'œuvre de HP Lovecraft et restituer l'horreur indescriptible ou indicible contenue dans ses contes fantastiques. En adoptant diverses techniques allant du réalisme à l'abstrait, du collage à l'utilisation d'encres grasses, Breccia parvient à restituer des êtres monstrueux, des masses difformes à peine esquissées qu'il appartiendra au lecteur de définir en fonction de son imaginaire et de son ressenti. Point de phylactère dans cette adaptation, mais des textes bruts et fournis attestant que l'on est bien dans une adaptation d'une œuvre littéraire. Les images sont superbes, et l'effet recherché est réussi. Cette adaptation se lit avec lenteur tant les textes sont denses et le regard accroché par le dessin. Une BD qui a elle seule synthétise tout le travail de Breccia, présente ici dans un superbe écrin.

Nom série  Emma G. Wildford  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album a fait partie de la sélection d'Angoulême pour l'édition 2018 et c'est mérité.
Emma Wilford, est une femme anti conformiste dans l'Angleterre du début du 20e siècle. Elle s'occupe en composant des poèmes et a bien du mal à faire face aux conventions sociales de son époque. Son arme à elle, c'est l'ironie, le trait d'esprit, la remarque mordante. Pour échapper aux carcans sociaux de son époque, elle se met à la recherche de son fiancé parti lors d'une expédition au nord de la Norvège.
Très bien écrit, et joliment dessiné dans un style digne de la ligne claire, cet album se démarque d'abord sur la forme. L'ouvrage se présente sous une forme broché, un peu comme un cahier sur lequel Emma écrirait ses poèmes, qui se referme sous une couverture rigide à l'image de la plupart des bd. A l'image d'un coffret, on trouve aussi différents objets dans cet album: une photo, un ticket de bateau, et aussi une lettre. Une lettre adressé par son fiancé qu'Emma n'a jamais ouvert, de peur d'y lire des choses désagréables. A titre personnel c'est la première fois que je vois une Bd présentée de cette manière.
Tout ceci renforce l'idée qu'Emma est bien un personnage réel, et non pas imaginaire, dont on peu suivre la trace grâce à des objets personnels.
Cet ouvrage m'a fait pensé à "Monsieur Désire", sur un personnage également anti conformiste dans l'Angleterre Victorienne. Cet album est pour moi une véritable réussite, tant sur le fond que sur la forme et j'invite tout un chacun à le lire.

Nom série  Crache trois fois  posté le 09/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Davide Reviati est ce que j'appellerai un auteur social, un chroniqueur d'une jeunesse italienne, qui tourne en rond, sans horizon aucun et qui tue le temps comme elle peut. C'était déjà un peu le cas avec son autre album Etat de veille. Il continue ici, avec cet album présent dans la sélection d'Angoulême 2018.
Nous voilà plongés dans le quotidien d'une bande d'amis au Nord de l'Italie, qui végètent dans un lycée technique. Hormis, les sorties nocturnes, où l'on consomme alcool et cannabis, rien ne vient égayer son quotidien. Aucun horizon radieux ne s'offre à elle.
Et puis, à coté, il y a ce camp de gens du voyage, encore plus marginalisés qu'eux et qui a tant souffert lors de la période nazie. On les méprise autant qu'ils fascinent, surtout lorsque parmi eux apparait une jeune fille, qui ne semble pas des plus farouches.
Une chronique du racisme ordinaire tel qu'il existe dans toutes nos sociétés.
Les lecteurs de ce genre d'histoire, qui s'étale sur près de 550 pages, apprécieront la qualité d'écriture de Davide Reviati, tout comme son trait en noir et blanc, où l'on reste plutôt dans l'esquisse que dans le dessin parfaitement abouti. Son trait m'a fait penser à Cuvelier en certaines circonstances. Une histoire qui n'est pas destinée au grand public, mais les amateurs de récits exigeants apprécieront sans nul doute.

Nom série  Hubert  posté le 03/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bien sur, cette histoire qui est un éloge de la lenteur n'a aucune chance de se retrouver un jour en tête des meilleures ventes de BD, mais on peut malgré tout apprécier la qualité du dessin et l'exercice de style.
Comme l'a dit un autre critique, ce mode de récit s'inspire très clairement d'un Chris Ware ou d'un Jon Mc Naught, avec des cases répétitives qui visent à indiquer au lecteur le temps qui s'écoule lentement.
Ben Gijemans nous raconte la triste existence d'un célibataire, passionné de peinture et de musée, renfermé sur lui même, peu expansif, et qui tente lui même de s'exercer à la peinture.
Peu attiré par sa voisine d'immeuble qui le laisse de marbre, y compris lorsqu'elle se montre à lui dans le plus simple appareil, il s'intéresse en revanche plus à la jeune fille qui habite l'immeuble en face qu'il tente de peindre, et qui deviendra ainsi involontairement sa muse.
Hubert observe les tableaux et a le sentiment d'être lui même observés par les personnages de tableaux célèbres, au point de le rendre mal à l'aise.
L'histoire qui comprend peu de dialogue se lit vite mais on pourra apprécier l'esthétique du dessin et les tons pastels utilisés par ce nouveau venu dans le monde de la BD.

Nom série  Le Joueur d'échecs (David Sala)  posté le 16/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette BD est tout d'abord un choc visuel. Rendez vous dans une librairie et votre œil sera inévitablement attiré par la superbe couverture. Le contenant est à la hauteur du contenu.
A l'intérieur, le lecteur trouvera des planches en couleurs directes qui font penser à des tableaux de Gustav Klimt, d'Egon Schiele. J'ai aussi trouvé des similitudes avec Bill Sienkiewickz pour les dessinateurs BD.

La scène se déroule sur un paquebot en route vers l'Argentine dans la période d'après Seconde Guerre Mondiale. A son bord, un Maître des échecs, qui se laisse défier par un illustre inconnu. Qui est-il ? D'où vient-il ? Comment celui ci parvient-il à tenir tête à ce Maître des échecs ? Au lecteur de le découvrir en lisant cette superbe adaptation du Roman de Stefan Zweig.

J'avoue que je ne connaissais pas David Sala et j'ai vraiment été bluffé par son style de dessin. On a le sentiment de voir se dérouler face à soi une série de tableaux d'une beauté rare, une explosion de lumière qui traverse votre lecture tout au long des 110 pages de cet album.
Une adaptation absolument remarquable. Une réussite totale.

Nom série  Le Temps perdu  posté le 21/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Au retour d'un festival de BD, un dessinateur (tiens, tiens....) quelque peu éreinté, décide de ne pas rentrer chez lui immédiatement et de s'arrêter dans un hôtel trouvé au bord d'une route.
Très bien accueilli par l'hôte des lieux, une sympathique gérante, il décide d'y passer la nuit.
Au moment de s'endormir, il se laisse captiver par une estampe accrochée sur l'un des murs.
Voulant toucher celle-ci, sa main passe au travers et le voilà projeté dans le dessin. Un peu comme dans Alice au pays des merveilles, il se retrouve projeté dans un univers peuplé d'étranges personnages, au comportement souvent absurde.
Et soudain c'est le réveil de notre dessinateur dans sa chambre : a t-il rêvé ou est-il véritablement passé de l'autre coté de la barrière?
Ce dernier reviendra finalement dans cet hôtel, fasciné par ce qu'il a vécu et quelque peu déstabilisé par les sourires que lui adresse la propriétaire des lieux.
Au final on s'apercevra que l'hôtel en question est loin d'être un endroit totalement inconnu pour lui, mais n'en disons pas plus.
J'ai trouvé qu'il s'agissait au final d'une belle histoire où le réel et l'imaginaire s'entremêlent, et ou le dessin de Vink fait une nouvelle fois merveille, avec ses couleurs directes. Et ils sont peu à maîtriser cet art. Voilà un album qui semble faire le lien entre ses albums réalistes et ceux comme Le Passager qui entraînent le dessinateur dans un monde créé de toute pièces.
Une belle réussite selon moi, même si je trouve que l'histoire aurait pu être développée sur quelques pages supplémentaires.

Nom série  Le Cid  posté le 23/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'ESPAGNE DU 11e siècle, envahi par les Maures, ou différents royaumes se
Livrent une guerre sans merci, parfois même en faisant appel à l'ennemi. Parmi eux, on retrouve Sancho, fils du roi de Castille, et son fidèle serviteur Rodrigo, plus connu sous le nom du Cid qui tentent de préserver les positions du royaume Castillan. Ce devait être une saga d'une vingtaine d'albums et qui n'en comptera malheureusement que quatre, Palacios n'ayant pas eu le temps nécessaire pour achever cette série. Et c'est bien dommage lorsqu'on voit la qualité du graphisme et des couleurs qui atteignent leur maturité a partir du Quatrième volet de cette série. Une série réaliste superbe fait de magnifiques scènes de batailles, mais pas dépourvue d'humour également
On ne peut que féliciter les éditions du long bec pour avoir pris l'initiative de se lancer dans l'édition de cette intégrale puisque seuls les deux premiers albums avaient eut droit a une parution en France. Tous les amateurs de récits picaresque trouveront leur compte avec cette intégrale qui ravira bien sur les inconditionnels de Palacios dont je fais évidemment partie avec son style réaliste inimitable.

Nom série  Les Jours de la Merlette  posté le 26/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album reprend une dizaine d'histoires courtes publiées par l'ancien grand prix du festival d'Angouleme. Des histoires d'une à quinze pages, mettant en scène des événements historiques ou culturels parues dans diverses publications Françaises ou Italiennes. Des histoires tout en contraste, ou le banal côtoie le tragique. En lisant certaines d'entre elles on s'aperçoit très bien que certaines d'entre elles ont inspiré des albums de Manuele Fior. On peut ainsi suivre l'évolution de son trait et de sa mise en couleur. Cet album peut donc constituer une bonne introduction a l'œuvre de cet auteur.

Nom série  Proies faciles  posté le 24/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nous sommes en pleine crise du secteur immobilier en Espagne en 2013. Des petits emprunteurs ont effectué des investissements douteux. Leur épargne s'envole, et ne pouvant rembourser leurs emprunts, les maisons sont saisies.
Dans le même temps une série de morts suspectes concerne des cadres de grandes banques; celles la même qui ont conduit à la ruine de ces particuliers. Le lien entre les deux parait évident, et deux inspecteurs de la police espagnole mènent l'enquête avec minutie, un jeune officier et sa supérieure, Olga. On sent d'ailleurs qu'il existe entre eux une attirance larvée, mais à peine effleurée.
Avec ce polar social, en prise avec l'actualité récente, Prado nous livre une enquête de qualité où ceux qui ont commis ces meurtres se retrouvent moins blâmables que leurs victimes.
Un album où l'intérêt ne réside pas tant de savoir qui sont les meurtriers potentiels, que comment ils ont pu commettre ces assassinats.
Je n'en dirai pas plus et je laisse le soin aux lecteurs intéressés de lire cet album.
Le dessin de Prado est comme toujours superbe, tout au long des 90 pages de cet album dépourvu de couleurs puisque seuls le noir, le blanc et le gris sont utilisés. Une belle lecture qui ravira les fans de cet auteur espagnol qui ne choisit jamais la facilité.

Nom série  Pereira prétend  posté le 27/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Je ne me souviens pas avoir lu une Bande Dessinée aussi remarquable depuis bien longtemps, et je comprends pourquoi cette histoire a fait l'objet de critiques aussi positives.
De quoi s'agit-il?
A l'époque de la Dictature du général Salazar au Portugal, le "Doutor Pereira" comme on l'appelle, écrit des articles dans la rubrique culturelle du plus grand journal de Lisbonne.
Bien sur , il est conscient que la censure veille sur ses écrits, et que le pouvoir en place commet des actes bien peu catholiques. Mais il s'en accommode. Sa femme est morte, il n'a pas d'enfant et plus rien ne semble avoir d'importance.
Pourtant il croise un jour le chemin d'un jeune Italien, soutien des troupes républicaines, qui luttent contre Franco dans l'Espagne voisine. Ayant besoin d'argent, il lui propose d'écrire sur des écrivains de son temps. Mais ces écrits très engagés s'avèrent impubliables.
Pereira a bien mauvaise conscience, il aimerait l'aider mais n'ose pas franchir le pas, et rompre avec son petit confort.
Alors qu'il se trouve en soin sur la cote Portugaise, bien loin de Lisbonne, il rencontre alors un médecin qui l'aide à résoudre le conflit entre ses sentiments ambivalents et à enfin prendre une décision de rupture.
Adaptation du livre d'un écrivain Italien que je ne connaissais pas, cette histoire nous décrit un peu le dilemme qui a du se poser à bien des gens pendant l'occupation allemande en France par exemple. Doit-on se soumettre et se compromettre ou doit-on lutter en coulisse ? Si on nous posait cette question aujourd'hui, tout le monde serait résistant bien entendu. Oui mais à l'époque, en aurait -il été de même ?
Cette histoire ravira les amateurs d'histoires contemporaines.
Je ne connaissais pas non plus ce dessinateur dont le trait se rapproche parfois de l'italien Fiore, avec des couleurs pastel qui changent au gré des ambiances. On y voit aussi Pereira converser avec le portrait de son épouse décédée, et avec des petits bonhommes qui représentent ses sentiments contradictoires. Une manière efficace de représenter les contradictions de ce héros qui s'ignore.
Je vous laisse le soin de lire cette histoire pour en connaitre la suite. Vous ne le regretterez pas.

Nom série  Manos Kelly  posté le 10/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour moi, Palacios était synonyme de Mac Coy, le Western auquel il aura consacré presque toute sa carrière. Et bien non, la carrière de Palacios ne se résumé pas à cela. La preuve avec cet excellent Western qu'est " Manos Kelly" qui malheureusement n'aura pas été à son terme, faute de temps ou de succès. La particularité de cette série qui n'aura connue que 4 épisodes complet est de se situer dans la partie Espagnole des États-unis au moment de la conquête de l'Ouest. Elle se situe donc du côté du Texas et de la Californie. Très précise au niveau des références historiques, on y voit comment la présence Espagnole s'est imposée à partir du Mexique, avec l'inévitable luttes contre les tribus Indiennes implantées la depuis l'origine, et l'Avancée des migrants Européens fuyant la misère consécutive à la révolution industrielle.
Manos Kelly est au carrefour de ces croisements de population. Fils d'un Irlandais et d'une Hispanique, il parcourt cette partie du pays, poursuivant notamment un certain Moriarty qui développe un sinistre commerce en expropriant les détenteurs de terres riches en or, et en détroussant certains particuliers, s'appuyant notamment pour ce faire sur une tribu Indienne, les Com manches. Il le traquera jusque dans les montagnes de la Siéra Nevada, la ou cette série s'achèvera brusquement. Et c'est dommage. Si le trait de Palacios est encore hésitant dans les deux premiers épisodes, il s'affirme ensuite ensuite à partir du troisième épisode ou son trait est superbement mis en évidence par de jolies couleurs. À la fois criante de réalisme dans ses scènes de violences, certaines attitudes des personnages feront immanquablement penser au western Spaghettis de Sergio Leone en vogue au début des années 70.
Les éditions du long bec ont eu l'excellente idée de proposer une intégrale comprenant un tome 4 inédit en France de même qu'une histoire courte en Noir et blanc tout aussi inédite.
Un vrai bonheur pour les amateurs du genre !

Nom série  Monsieur désire ?  posté le 11/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Lord Oliver est riche, jeune et beau, très beau même. L'argent n'étant pas un problème, il mène une vie mondaine. Aucune femme ne lui résistant, le vice et la luxure rythment son existence. Jusqu'à l'extrême. Lord Oliver sort beaucoup, un vrai oiseau de nuit. Et il rentre souvent au petit matin, dans un état lamentable car il boit beaucoup, et dans grande retenue.
Et lorsqu'il se réveille enfin après avoir cuvé son vin, ou plutôt son Gin, c'est pour tenir des propos emprunt de cynisme, de provocation et de mépris à ceux qui lui rendent visite.
Car ce Lord la, hait les conventions et la bonne morale Victorienne. Mieux il l'exerce et le fait savoir. Choquer et provoquer semblent être son unique raison d'être. Tout comme repousser toujours plus loin les frontières de l'indécence , et du cynisme.
Mais qui est-il vraiment? Que cache ce comportement " borderline"?
Un jour, il sera récupéré titubant par une de ses servantes, sentant allègrement l'alcool et le vomi. Son nom? Lisbeth. Prenant soin de lui, elle le dévêtira et le mettra dans son lit.
En répétant cet exercice, elle gagnera son respect et il en fera sa confidente. Malgré son physique ingrat, il en viendra même à éprouver des sentiments pour elle.
Mais comment donc, une gravure de mode comme lui, qui peut s'offrir les plus belles filles de Londres peut-il se laisser aller à éprouver des sentiments pour un laideron de basse extraction?
C'est tout l'intérêt de cette très belle histoire. Une superbe plongée dans l'Angleterre Victorienne, à une époque ou Londres était la capitale du Monde.
Hubert dont le scénario est d'une très grande qualité nous livre une superbe étude de mœurs , ou les conventions sociales sont grandement remises en cause par cette relation étrange entre un Maître et sa servante. Le dessin de Virginie Augustin, tout en vivacité et en légèreté sert admirablement cette histoire qui semble être passée totalement inaperçue dans la nuée de BD sorties ces derniers mois. Comme souvent d'ailleurs, car les productions nouvelles de qualité semblent ne pas faire le poids face aux séries déjà connues du grand public et c'est bien dommage. En tous cas je ne saurai que vous conseiller la lecture d'une histoire originale, en tout point reussie.

Nom série  La Loterie  posté le 08/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tout démarre de manière très paisible dans cette histoire. Un petit village perdu des États Unis. Une population rurale qui vaque à ses occupations paysanne. Très peu de dialogues, des scènes de la vie quotidiennes dessinées ou plutôt peintes serais je tente de dire tant on a le sentiment d'avoir sous les yeux des tableaux de Hopper. On a en effet plus le sentiment de contempler de superbes tableaux avec un dessin plutôt figé, et beaucoup moins une succession de cases comme dans une BD classique.
Et puis un événement de prépare, une loterie en occurrence organisée chaque année. On a le sentiment que c'est l'événement majeur dans ce coin perdu des États- Unis.
Le tirage à lieu et curieusement le vainqueur ne semble pas en éprouver la moindre satisfaction.
Et c'est la qu'un véritable coup de théâtre intervient, quelque chose que le lecteur ne peut voir venir. Un basculement dans l'irrationnel, dans l'incompréhensible.
À chacun de se faire son avis.
On ressort de cette lecture avec un vrai sentiment de malaise, mais c'est aussi la force de cette histoire outre la qualité du dessin: surprendre le lecteur, l'obliger à s'interroger sur un final particulièrement dérangeant.
Alors, on aime ou on n'aime pas, mais je ne vous pas comment on pourrait rester indifférent à une telle histoire.

Nom série  Mon père était boxeur  posté le 19/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une jolie histoire sur les difficultés des rapports père/fille, surtout lorsque le père en question (un ancien boxeur) s'avère être violent. Bien sur il est très difficile de parcourir toute une vie faite de douleurs, d'incompréhension, mais aussi de joies malgré tout, en 70 pages. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, Barbara PELLERIN dont s'inspire cette histoire a réalisé un film sur ce père colérique; le film étant joint à l'album. Un album qui passe en revue plusieurs tranches de vie, et qui s'achève au jour ou cette réalisatrice apprend la mort de son père. On pense alors immanquablement à cette chanson poignante de Daniel Guichard Mon vieux, qui raconte cette relation ratée entre un père et son fils, faite d'incompréhensions, de dialogues impossibles et de rendez vous ratés.
Vincent Bailly reste fidèle à son style, ou le dessin n'est jamais totalement abouti, et ressemble plus à un crayonné ou une esquisse, mais avec des couleurs chatoyantes, comme dans ses précédents albums. On notera ici, l'utilisation de la couleur rouge symbole de cette couleur, jamais véritablement montrée, mais toujours suggérée. Cette violence qui au final aura coupé un père des siens, pour le conduire dans une profonde solitude.

Nom série  Lester Cockney  posté le 16/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Relire "Lester Cockney", c'est se replonger dans une des séries emblématique du Journal Tintin des années quatre-vingt. Que dire de ce personnage?
A l'image d'un Corto Maltese, Lester Cockney est un aventurier Irlandais au caractère bien trempé qui parcours le monde, allant, là ou le vent le porte. A la différence d'un Corto dont les terres de prédilection se situaient plutôt en Amérique du sud et en Europe, Lester Cockney parcourra en sus de l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord. Bien sur, Franz n'est pas au niveau de Pratt en ce qui concerne la qualité du scénario, et les histoires formatées en 46 planches ne permettent pas de développer la psychologie du personnage, comme cela pouvait être le cas chez le célèbre héro à la caquette. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si la jeunesse de Lester Cockney racontée par Franz dans la collection "signé" est sans doute le moment le plus abouti de cette série puisqu'elle s'affranchi du format traditionnel des 46 pages.
Autre différence, entre les deux personnages, le rapport aux femmes. Alors que Corto Maltese, malgré son coté séducteur, restait un célibataire invétéré, Lester Cockney partagera longtemps ses aventures entre une Aristocrate Hongroise, Ilona et une Indienne, sans le sous, Tamara, qu'il choisira finalement pour partir finir ses vieux jours aux Etats-Unis.
Le dessin de Franz atteint sans doute son apogée dans les 6 premiers tomes, ou transparait une fois de plus son talent inégalé pour dessiner les chevaux. Les 3 derniers albums ont été dessinés après une longue interruption, et le trait y est moins précis.
Une belle série d'aventure de facture classique, et non dépourvue d'humour, qui a très bien passé le cap des ans.

Nom série  Corentin - Les trois perles de Sa Skya  posté le 19/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Lire cet album, hommage à la célèbre série de Paul Cuvelier, c'est se replonger dans les histoires du journal Tintin qui faisaient le bonheur des lecteurs dans les années 50/60.

Cette histoire, qui a priori n'est pas destinée à être une reprise de la série Corentin, respecte en effet tous les codes de l'époque : une série d'aventure classique, un format de 46 pages, un dessin calqué sur celui du dessinateur de l'époque, des couleurs quasi identiques. Et cela en fait une véritable réussite. Dans l'esprit, cela m'a fait penser à la reprise de Blake et Mortimer par Juillard et Van Hamme.

Ce qui surprend véritablement, c'est la qualité du dessin de Christophe Simon. On est bien loin du dessinateur qui reprenait péniblement des séries de Jacques Martin comme Orion ou Alix. Sa progression dans le domaine du dessin réaliste est vraiment spectaculaire. Il a réussi à se fondre dans le coup de crayon de Cuvelier de manière étonnante. Les planches sont très aérées avec souvent trois bandes, et il se permet même à quelques reprises d'en utiliser une, pour un seul et même dessin comme un René Follet pouvait également le faire à une époque. L'album comprend en outre dans son édition originale quelques crayonnés.

Une belle réussite à mon goût qui ravira les amateurs de récits d'aventure classiques d'antan.

Nom série  Esteban (Le Voyage d'Esteban)  posté le 21/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nous sommes au sud de l'Argentine, au début du siècle dernier. Le jeune Esteban est d'origine indienne et vient de perdre sa mère assassinée sous ses yeux par les troupes gouvernementales. Il est vrai qu'à cette époque, le sort réservé aux Indiens mapuches n'est pas des plus enviables. Comment survivre dans ces conditions ?

Il se souvient alors que sa mère lui avait conseillé de se tourner vers le Capitaine d'un bateau harponneur, qui traque sans relâche les baleines passant à proximité de la terre de feu.

Esteban n'est pas le bienvenu au départ, et suscite la méfiance à la fois du capitaine du bateau, mais aussi de son équipage qui voit d'un mauvais œil la présence d'un enfant dans cet univers réservé aux adultes. Et ce n'est que progressivement que cet enfant, qui prétend parler aux oiseaux, va gagner la confiance des uns et des autres, au point de se rendre indispensable par sa malice et son intelligence.

Le voyage d'Esteban fera incontestablement penser à Moby Dick, mais aussi à des récits d'aventure pure racontés par un Stevenson ou un Jack London. Le cadre choisi est assez original, puisque je n'ai pas vraiment le souvenir d'auteurs de bandes dessinées ayant choisi de raconter des histoires dans l'Argentine de ces années là dans le milieu maritime. Cela m'a fait penser à la série de Gillon "Jérémie des Iles" qui lui aussi traitait de cette thématique d'un enfant embarqué sur les mers, au milieu d'individus assez peu recommandables.

Les 5 premiers tomes forment une seule et même histoire, et on attend à présent le début d'un nouveau cycle, même si Mathieu Bonhomme semble très pris par d'autres projets en ce moment. Son trait est superbe, les couleurs de qualité. "Le voyage d'Esteban" est un récit d'aventure pur, comme la BD nous en offrait beaucoup dans les années 60/70. Pour autant celui-ci se lit très bien et réveillera sans doute chez certains lecteurs, la nostalgie de leurs premières lectures.

Nom série  Colt Frontier  posté le 21/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si Toppi avait été un écrivain, il aurait excellé dans le domaine des nouvelles tant il est vrai qu'il affectionne les récits courts dont chacun lui permettent de livrer une petite morale. "Colt Frontier" est un peu le pendant de Tanka qui contenait une série d'histoires courtes de grande qualité sur le Japon médiéval. Nous voilà ici transportés aux États Unis au moment de la Ruée vers l'or. Ici les protagonistes mènent une existence crasseuse, poussiéreuse. Tous pensent améliorer leur triste quotidien en glanant quelques pépites, peu y parviendront. Il y a aussi ceux qui profitent de cette misère humaine pour faire de belles affaires, et ceux qui dévalisent ces pauvres malheureux.

L'ouest raconté par Toppi, c'est celui d'une période dure de l'histoire des États Unis, celle des "raisins de la colère" de Steinbeck où des hommes en quête d'un avenir meilleurs s'aventurent dans des terres hostiles et inhospitalières.

Quoi de mieux que le trait réaliste et la maîtrise du noir et blanc du grand Sergio Toppi pour nous restituer cette atmosphère?

Cet album réjouira ses fans dont je suis, et constitue une belle porte d'entrée pour son univers vis à vis des lecteurs qui ne le connaîtraient pas.

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