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... a post 171 avis et 36 sries (Note moyenne: 3.4)

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Nom srie  The Fixer  post le 04/06/2009 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Nayant pas bien suivi lactualit au moment de la guerre de Bosnie, voil que je la dcouvre grce Joe Sacco qui est la fois journaliste et auteur de bande dessine travers The fixer , un album gnial tout point de vue.

Ce livre a plusieurs niveaux de lectures.
Dun ct, on en apprend normment sur les dessous du sige de Sarajevo et sur les milices paramilitaires, leur importance stratgique dans la dfense de la ville, le pass criminel de certain de leurs lments, etc. Dun autre, on a lhistoire de Neven, un fixer qui rsout les problmes des journalistes, mais galement un personnage au pass trouble, la fois criminel et hroque.
Serbe de mre Musulmane, Neven incarne louverture historique et la mixit ethnique de Sarajevo. Son parcours pendant la guerre est emblmatique des dbats politiques sur la dfinition de lidentit Bosniaque, devenue progressivement moins multiethnique et plus musulmane.

Mais le gnie de cet album tient surtout au fait que lauteur se met galement en scne et problmatise sa relation avec Neven, en montrant la vulnrabilit des journalistes vis vis de ce genre dindividu pour trouver leur chemin, rsoudre des problmes matriels, et accder de bonnes informations. De son ct, Neven dpend financirement des journalistes comme Sacco et essaye de leur soutirer autant dargent quil le peut. Malgr cette interdpendance malsaine, Neven et Sacco deviennent amis, ce qui ne facilite pas les problmes de crdibilit que rencontre Sacco face aux tmoignages de Neven.

Jai trouv cet album parfait sans conteste une des meilleures BD publies en 2005.
Un chef-doeuvre malheureusement pass inaperu.

Nom srie  Ange-Marie  post le 15/10/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On a l'impression, en lisant cet album, qu'il essaye de copier le succs d'autres BD succs, telles que Zoo (le chteau plein de sculptures hors du temps), les Souvenirs de Toussaint (le beau tnbreux perdu en zone rurale et tombeur de jolies paysannes), et des BD/livres/films ressassant l'histoire du poilu traumatis peinant se rinsrer dans la socit, ou ceux dclinant le thme de la jeune fille qui s'amourache d'un homme beaucoup plus vieux qu'elle, qui rsiste ses avances et attendra patiemment qu'elle devienne adulte et menace de se marier un autre pour finalement succomber ses charmes. Comme s'il suffisait de jeter ces ingrdients en pagaille dans le pot et de faire bouillir pour donner une bonne BD.

Bien entendu, ca ne marche pas comme ca et la sauce ne prend pas. Les dessins en couleurs directes peuvent plaire, mais le scnario oscille entre la comdie, le romantisme et la tragdie, sans avoir une ligne directrice convaincante. Un de ces albums qui confirme la perte d'identit de la collection Aire Libre, qui vit dcidment plus sur sa rputation que sur la qualit des albums publis.

Nom srie  Ferme 54  post le 11/10/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
"Noga, une jeune isralienne ne au dbut des annes 70, vit la Ferme 54, dans une petit village de campagne, non loin de Jrusalem. Trois tapes cls illustrent son passage de l'enfance l'ge adulte, en un triptyque sur les dimensions obscures et drangeantes de l'adolescence. Ferme 54 Evoque les traumatismes qui se dissimulent sous la superficielle tranquillit d'une jeunesse la campagne". Tout est dit dans le 4e de couverture.

Les moments obscurs et drangeants du passage de l'enfance l'ge adulte ont quelque chose qui fait penser aux albums d'Adrian Tomine. On y retrouve le mme dtachement, la mme intriorisation des sentiments. Sauf que les rcits de ferme 54 sont plus violents car ils ont en toile de fond la mort et la destruction, ce qui rend le dtachement encore plus terrible. Ferme 54 est, quelque part, un album sur l'insoutenable lgret de l'tre. Que dire, que faire, face la mort du petit frre? Face au racisme quotidien? Face la violence structurelle d'une socit en guerre? L'album est jonch de comportements d'un calme et d'une trivialit qui, malgr leur ralisme et leur authenticit, ne peuvent qu'apparatre incongrus et en dcalage avec la violence ambiante. A l'instar de cette soldate Isralienne, qui recueille un mignon petit lapin pendant que ses coreligionnaires dynamitent la maison d'une famille Palestinienne.

Les rcits sont bien construits, ne disant pas plus qu'il ne faut et laissant le lecteur puiser dans sa propre exprience du monde pour comprendre ce qu'il se passe. Les dessins sont du mme tonneau, suggrant plus qu'ils ne montrent. Mais c'est l'usage de la bichromie qui est le plus remarquable car il confre aux lumires et aux ombres une vie propre, attirant le regard sur l'avant- ou l'arrire plan, sur un objet, un visage, accentuant un mouvement, donnant le vertige ou faisant passer un sentiment de vide.

Nom srie  Chroniques Birmanes  post le 10/10/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'avais dj t dcu par Shenzhen et Pyongyang qui, mon avis, en disaient beaucoup plus sur l'auteur et ses prjugs que sur les villes qu'il prtendait dcrire. Seul le sujet du prsent album, la Birmanie (dont la situation me tient coeur), a vaincu mes rticences d'achat.

Malheureusement, cet album est sans doute le pire des trois. L'auteur vient en Birmanie pour accompagner sa femme qui y travaille pour Mdecins Sans Frontires et il joue la plupart du temps au baby-sitter. L'album souffre des mmes dfauts que les prcdents : Delisle fraie peu avec les gens du cru; il dcrit des choses qu'il ne comprend pas et qui apparaissent ds lors (faussement) absurdes; il n'arrive pas se dfaire de son regard d'occidental et se contente de renforcer tous les clichs qu'on peut avoir sur ces villes/pays. Mais, surtout, l'album est centr sur la vie de l'auteur plutt que sur le pays visit. Guy Delisles n'aime pas la chaleur et ne peut survivre sans la clim ; Guy Delisle dveloppe une tendinite force de dessiner ; le fils de Guy Delisle s'appelle Louis, Guy Delisle a peur de la grippe aviaire ; Guy Delisle est nerv par le fait que seul son fils reoit les sourires des voisins ; Guy Delisle fait de la pseudo-mditation ; Guy Delisle fait ses courses en Thailande ; Guy Delisle critique les expatris mais en est un lui mme, qui fait des pieds et des mains pour avoir accs leurs clubs de sports, qui met son fils dans une crche Franaise subsidie par Total, etc.

Qu'apprend-on de la Birmanie? Trois fois rien, et srement pas plus que ce qu'on lit dans tous les articles de journaux traitant de ce pays. Que dit-il d'Aung San Suu Kyi, par exemple ? Pas grand chose de neuf, si ce n'est que sa maison est dans le quartier de Guy Delisle, et qu'elle fait face l'Amrican club, situ de l'autre ct du lac. Quoi ? Pas mme un tmoignage d'un ami Birman sur le personnage politique le plus connu du pays ? Pas une seule page relatant sa biographie ? Ben non, rien que les quelques lignes (prix Nobel de la paix en 1999, etc.) que tout le monde connat pour les avoir lues plusieurs fois dans les journaux ou entendues la tl. Il y a bien quelques anecdotes sur la manire dont la dictature emprisonne les opposants sans procs et fait surveiller les e-mails et internet, mais rien l de vraiment neuf non plus, ni de bien document.

Bref, un carnet de voyage tout ce qu'il y a de plus morne, long et inintressant, reprsentant la vie et le point de vue de l'auteur et des expatris, et manquant l'occasion de raconter ce qu'est le quotidien des Birmans en Birmanie. A ceux qui voudront le dfendre en disant qu'on ne peut parler que de sa propre exprience et de ce qu'on connat, je rpondrai que c'est bien la preuve que Guy Delisle, malgr un an pass sur place, ne connat pas grand chose de la Birmanie et des gens qui y vivent.

Nom srie  Presque Sarajevo  post le 09/10/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aim !)
Wazem, un des grands espoirs de la BD Suisse, nous prsente un carnet de voyage fait Sarajevo. Ville emblmatique, au centre du pire conflit ayant secou l'Europe ces dernires annes, on aurait pu s'attendre quelque chose ayant un minimum d'intrt. Surtout que Joe Sacco avait montr avec brio tout ce que la BD pouvait apporter la description, l'analyse et la comprhension du conflit.

Mais Wazem est l'oppos de Joe Sacco. Alors que ce dernier centre ses rcits sur les gens qu'il rencontre, sur leurs tmoignages, leur biographie, leurs contradictions, Wazem, lui, fuit les Bosniaques comme la peste, y compris ses htes. Quand il ne les fuit pas, il passe son temps s'en moquer (un dessinateur de BD avec un ego surdimensionn, une petite vieille qui ne lui lche pas les baskets, etc.). Il prfre marcher dans la ville et se laisser entraner dans les situations qui s'offriront lui, quitte ne parler "que de l'anecdote la plus insignifiante, le dtail le plus banal" (page 15). Et il nous dit cela sans humour, en semblant y croire dur comme fer! Navet? Amateurisme? Toujours est-il que malgr sa conviction d'avoir "vraiment pu toucher le foss qui spare les organisations bien pensantes et bien mdiatises d'une population blesse et dsillusionne" (page 16), la seule chose dont il nous parle, c'est des anecdotes de comptoir, des petites rencontres superficielles, des bouts de chandelles ici et l, pour finir par des vacances classiques ... Dubrovnic !

Bref, "Presque Sarajevo" ne nous prsente presque rien de Sarajevo. L'auteur s'en rend bien compte mais refuse quand mme de se l'avouer. Sa mauvaise conscience et ses tentatives de se ddouaner en disant qu'il n'est "ni journaliste, ni reporter, ni spcialiste, ni politologue, ni engag, ni militant, juste un occidental moyen" (prologue), et que ses htes Bosniaques "ne comprendront sans doute pas non plus ce carnet" (dernire page), sont vritablement pathtiques. Wazem ne se prive pas pour critiquer la superficialit des autres, leur manque d'engagement et de comprhension. Il ne fait pourtant pas mieux qu'eux.

Nom srie  L'Idiot (Kang Full)  post le 14/09/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Je n'aurais jamais achet ce Manwha sans les conseils dithyrambiques de mon libraire. En effet, les dessins, a priori simplistes, ne laissaient en rien prsager de la relle profondeur du rcit. Mais puisqu'il faut bien couter son libraire pour trouver son chemin dans la jungle de la surproduction actuelle, j'ai fini par l'acheter, presqu' contre coeur... et je me suis pris une grande claque !

L'histoire dmarre de manire bien simple. Une jeune pianiste revient en Core aprs avoir rat sa carrire musicale aux Etats-Unis. Ses pas la font se promener dans un parc dans lequel elle se fait aborder par un simple d'esprit. Petit petit, chaque chapitre, l'histoire prend de la profondeur. Chaque protagoniste se trouve tre li aux autres depuis l'enfance. Leur histoire se dvoile et le drame de chacun se rvle. L'idiot est au carrefour de tous ces drames personnels et c'est lui qui, dans toute sa simplicit, dnouera l'existence de son entourage en lui permettant de tourner la page pour aller de l'avant.

Bien qu'il fasse mouche, le message n'a rien de neuf : heureux les simples d'esprits ; la vrit sort de la bouche des enfants ; nous avons oublis les vraies valeurs et il faut les retrouver l o on les attend le moins. Mais ce message est servi par un scnario construit avec la prcision d'une mcanique d'horlogerie. Tous les rouages (je dis bien tous) s'embotent les uns dans les autres la perfection. La structure du rcit est simple et complexe la fois ; elle est parfaite et implacable. La simplicit des dessins donne une lisibilit exemplaire qui permet d'aller l'essentiel, aux motions les plus pures. Oui, j'ai pleur (et pas qu'une fois). Si d'aucuns doutent encore qu'on puisse faire une oeuvre dense et profonde avec un dessin et un scnario en apparence minimaliste, qu'ils lisent l'idiot. Kang Full nous donne une prcieuse leon sur comment crire et dessiner une BD, en plus de nous donner une vritable leon sur les choses de la vie.

A dcouvrir sans s'arrter aux prjugs sur le dessin.

Nom srie  Mano en mano  post le 14/09/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Les tribulations d'un billet de 20 euros, passant entre les mains de toute une srie d'individus en marge de la socit Espagnole. Un scnario des plus tnus et des dessins d'un genre plutt humoristique. Ca change de ce quoi Miralles nous avait habitu, mais ca ne convainc gure.

Nom srie  La Fille de Mendel  post le 14/09/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La 2e guerre mondiale et la Shoah sont trop souvent prsentes en termes Manichens : les mchants nazis d'un ct, les bons rsistants hroques de l'autre, et les pauvres victimes juives au milieu. Il est donc toujours intressant de lire le tmoignage d'un rescap de la Shoah, ne ft-ce que pour se rendre compte que des bons et des mchants, des bourreaux et des victimes, il y en avait dans tous les camps (mme s'il est clair que certains ont beaucoup plus souffert que d'autres).

"La fille de Mendel" est le tmoignage de la mre de l'auteur, qui a grandit en Galicie Ukrainienne et qui a rchapp de justesse la mort qui a fauch la plupart des membres de sa famille. Un tmoignage vivant, dramatique, plein de rebondissements improbables, constituant une importante leon d'histoire et une rflexion sur l'(in)humanit, comme dans toutes les histoires de rescaps.

L o ca coince un peu, c'est dans la manire de reprsenter l'histoire. En gnral : beaucoup de texte illustrs par un ou deux dessins par page. Le texte est traduit du Yiddish de manire assez crue, en gardant la structure des phrases d'origine, ce qui fait qu'il sonne trs mal aux oreilles Francophones et qu'il finit par nerver. Le dessinateur, quant lui, n'est pas trs crdible dans sa reconstitution d'une socit Ukrainienne disparue. Mais le pire est sans doute qu'il n'ait pu rsister au dsir de rajouter une couche d'horreur visuelle un discours sans doute trop sobre son got. Bref, lire plutt pour le tmoignage que pour les textes (mal traduits) ou pour les dessins (peu crdibles et n'ajoutant rien au texte).

Nom srie  Celle que...  post le 14/09/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais bien aim L'immeuble d'en face mais sans plus. Le second tome m'avait mme fait bailler : la vie quotidienne, c'est bien, mais la longue, c'est barbant. Dans "Celle que je ne suis pas", par contre, il y a une vraie histoire qui s'articule autour des moments dcrivant la vie quotidienne de jeunes collgiennes en pleine crise d'identit d'adolescence. Si on fait exception du vocabulaire "jeune" un peu trop clich, c'est vivant, c'est mignon et dur la fois, et ca se laisse lire agrablement.

Nom srie  Jeronimus  post le 14/09/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Aprs Abdallahi, Dabitch et Pendanx remettent le couvert et nous retracent l'histoire du Batavia, un navire de la Compagnie des Indes Orientales qui fit naufrage au large des ctes Australiennes, et qui devint tristement clbre pour les exactions qui furent commises par l'quipage.

Ce premier tome plante les personnages et les ambiances. Les nombreux textes en voix "off" de Dabitch nous prsentent l'histoire avec le regard dtach et critique de notre 21e sicle, tandis que les dessins de Pendanx nous brossent de vritables tableaux qui nous replongent dans l'ambiance des Pays-Bas au 17e sicle et dans les grandes peintures marines de l'poque. Le mlange est des plus russi. Les tons narratifs et picturaux se marient parfaitement et font merveille.

Une belle russite, qui laisse attendre la suite avec impatience.

Nom srie  Effleurs  post le 09/07/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai achet cet album suite aux conseils donns ici et je ne pouvais donc pas ne pas laisser mon avis. Pour ma part, je regrette mon achat. Le dessin m'a trs vite rebut avec ces personnages aux yeux de cabillaud mais cela, je peux passer outre, j'aime bien lire des sries o le dessin ne m'emballe pas plus.

Ce qui m'a le plus dplu reste le scnario. Non pas qu'il soit mauvais en soit et bcl mais parce qu'il me fait penser aux aspirations bobos bien dans l'air du temps. Les personnages semblent sortis d'un congrs de jeunes tudiants socialisto-communistos-anarchiques habills avec des habits certes ngligs mais hors de prix, prnant la rvolution dans un fauteuil en cuir. Je caricature en effet, tout comme l'auteure caricature cette jeunesse pseudo-rebelle intellectualisante. J'ai achev et referm cet ouvrage sur ce constat, je doute fortement d'y revenir un jour.

Nom srie  Le Grand Autre  post le 14/05/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Si Ludovic Debeurme mavait boulevers avec Lucille, Le Grand Autre ma laiss carrment sans voix. Comme dans Lucille, on retrouve deux adolescents mal dans leur peau, en proie aux pires dmons (anorexie, haine de soi, soif de reconnaissance sociale, incomprhension des parents, cruaut, difficults de communiquer avec les autres) qui cherchent la salvation dans une relation amoureuse fusionnelle. Mais alors que Lucille restait dans le domaine rel, Le Grand Autre est narr dans lunivers personnel de Louis et cest travers son regard que lon peroit la ralit et quon touche peut-tre la vritable essence des gens dans toute leur laideur, mal-tre et souffrance. Son handicap, ses phobies, ses angoisses, ses joies, ses rapports sociaux, tout est trait travers le prisme de son monde intrieur. Un monde dans lequel Louis tente de se redfinir par le rve mais qui ne lui permet pourtant pas, malgr tout, dchapper aux violences de la socit, fussent-elle magnifies par une transformation symbolique ou onirique. Le traitement symbolique du sujet permet lauteur de dvoiler dans cet album toute sa crativit et toute sa virtuosit. Les dessins de Debeurme sont des petits bijoux, certains dentre eux dgageant une force inoue.

Le tout donne un album trs personnel, trs drangeant (qui me fait un peu penser Comme un gant de velours pris dans la fonte, de Daniel Clowes, mais en beaucoup plus fort car on sent que lauteur nourrit une grande empathie vis--vis de son personnage), unique en son genre, inclassable, bref, assurment un chef doeuvre. Avec cet album qui confirme ses talents et repousse encore plus loin les limites de son gnie, Ludovic Debeurme entre directement au panthon des plus grands auteurs de BD.

Nom srie  Voies off  post le 18/01/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voies off prsente une srie de courtes histoires dont le point commun est que le texte et le dessin amnent le lecteur se faire une fausse ide de ce qui est en train de se passer. Lhistoire bascule dans les 2 dernires pages et renverse toutes les prsomptions bties au fil des pages prcdentes.

Ca ressemble un plaisant exercice de style, humoristique, assez efficace, mais dont on finit par se lasser. Surtout que le dessin, fait sur ordinateur, nest pas de ceux auxquels on sattache.

Nom srie  Gus  post le 18/01/2008 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Des bandits machos traitent les femmes comme des objets en public. En priv, cependant, ils se rvlent tre de grands romantiques et se font chaque fois mener en bateau par des pimbches Le far-west de Blain joue sur les clichs avec humour.

Lauteur renouvelle son dessin et sa mise en couleurs, mais le rsultat ne me plat gure (gros pifs et couleurs criardes). La narration a un rythme tout fait spcial, trpidant, avec dnormes ellipses. Ca tient le lecteur en haleine, mais on sent que le filon exploit (les histoires de cur dune bande de cons et de salauds) est mince et spuise assez vite.

Nom srie  Nyx  post le 13/05/2006 (dernire MAJ le 05/12/2007) Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis pas fan de BD amricaine. Pourtant, en feuilletant par hasard Nyx dans le rayon comics de ma librairie, je me suis laiss tenter par les dessins hyper-lchs, les couleurs pas trop criardes et une histoire de science fiction qui avait l'air plutt raliste. Rsultat : j'ai t emball par une histoire la Phenomenum mais beaucoup mieux contrle et beaucoup plus crdible. Les personnages centraux sont attachants - la fois extrmement vulnrables et trs puissants, sans vraiment matriser leur pouvoir. Une trs agrable surprise pour un premier tome... Sans doute trop bonne pour durer car il sera difficile de ne pas tre du par le 2e.

Aprs lecture du tome 2 :
Comme je le redoutais aprs la lecture du premier album, j'ai t un peu du par le second tome. Ca reste une bonne BD, bien dessine, au scnario bien ficel et extrmement matris (il le faut pour pouvoir s'y retrouver dans un ballet compliqu de plusieurs personnages principaux qui s'entrecroisent). La lecture est difficile mais reste comprhensible. Les personnages sont toujours aussi attachants, bien qu'on s'arrte moins sur leur dimension psychologique.
L o a pche, c'est surtout au niveau du contenu de l'histoire. Tout l'album annonce et dcrit la fusillade finale, qui me fait un peu penser aux combats dans "crouching tigers...": une tuerie bien trs bien chorgraphie et trs bien mise en scne, mais qui ne reste toujours qu'une simple tuerie.
C'est bien beau mais un peu court.

Nom srie  Les Cits obscures  post le 26/07/2007 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Avis sur "l'ombre d'un homme"

Albert Chamisso est un tre terne, fade, creux, plat, travaillant faire fructifier une compagnie dassurance versant dans lescroquerie. Drang par des cauchemars de mains qui ltouffent, il prend un mdicament 100% chimique qui efface ses rves mais rend son ombre en couleur. Tout le monde commence le regarder de travers. Il perd sa femme, son appartement, son travail (sans indemnits de sa compagnie dassurance, bien entendu). Son petit monde bourgeois scroule et il se retrouve dans une maison insalubre, fuyant tout le monde, fuyant mme son ombre, ne rvant que de redevenir le personnage terne et banal quil tait. Cest alors quil rencontre Minna, une comdienne qui va laimer, lui redonner confiance en lui, et transformer son handicap en atout. Son malheur va faire un malheur sur scne. Mme sa femme va adorer ce qui lavait jadis repousse. Lpreuve ultime arrive le jour o lombre redevient obscure et o Albert doit russir se faire aimer pour ses qualits humaines, pour sa crativit, et non plus pour son apparence extrieure quelle soit terne ou haute en couleurs. Il doit russir dompter ses derniers dmons (les mains qui ltouffaient au dbut) pour pouvoir enfin vivre en harmonie avec lui-mme et avec les autres.

Lombre dun homme est un rcit sur la tolrance de la diffrence, du handicap, sur ltre et le paratre et sur le besoin de reconnaissance sociale, entre autres choses. Les couleurs, si importantes pour lhistoire, sont superbes. Franois Schuiten aime changer de technique en entamant un nouvel album et a, dans ce cas-ci, fait les dessins dabord en couleurs directes puis a finalis les planches ne passant le trait lencre de chine qu la fin, sur les dessins en couleurs. Le rsultat est poustouflant, surtout au regard des albums prcdents domins par le noir et blanc. Comme souvent dans les cits obscures, on retrouve plusieurs niveaux de lectures. Dans le cas prsent, on sent que les auteurs font passer des choses plus personnelles, quil y a beaucoup de vcu , et lon peut se demander quel point il est autobiographique, surtout que Franois Schuiten a pris Benot Peeters comme modle pour dessiner Albert Chamisso. On peut aussi lire dans cet album, en filigrane, une rflexion sur la photographie et la diapositive, avec un hommage direct au pionnier de la photographie que fut Nadar (Ardan, dans lalbum). Un album diffrent sur la diffrence, lire et relire.

Nom srie  Le ciel au-dessus de Bruxelles  post le 23/07/2007 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Tome 1 :

Le ciel au dessus de Bruxelles reprend certains aspects du XXe ciel.com, par exemple en mlangeant images darchives et dessins, en inscrivant lorigine de lalbum dans un camp de concentration, ou en faisant rfrence aux anges et aux toiles. Il existe une certaine filiation entre les deux albums. Mais alors que le XXe ciel faisait le tour des grands vnements du sicle pass, le dernier album dYslaire sinscrit dans lactualit de laprs 11 septembre et raconte la rencontre improbable dun Juif mort dans un camp de concentration et dune beurette qui dbarque Bruxelles pour se faire exploser au milieu dune manifestation contre la guerre en Irak. La relation damour et de haine qui se dveloppe entre les deux protagonistes changera-t-elle le cours de l'histoire? Malgr certains aspects irritants (des policiers Bruxellois un peu trop clichs, un lettrage pseudo-arabe ou cyrillique dont on ne sait pas trs bien sil fait rfrence dautres langues ou des accents, un traitement informatique des images qui nest pas toujours des plus russi, une notion du temps quelque peu farfelue, etc.), lalbum accroche cependant lintrt du lecteur par le thme choisi, et surtout par la manire dont il est trait. Il sagit du premier album de BD dont lhrone est une femme voile, nourrissant des penses terroristes. Une des rares BD francophones traiter des jours qui ont succds au 11 septembre et prcds la guerre en Irak. Yslaire marche sur des ufs mais sen tire admirablement bien, sans trop de clichs ni de mlo, avec un peu de la triste mlancolie qui se dgageait du XXe ciel, et en prime une intrigue qui se dveloppe mine de rien et laisse attendre la suite avec impatience. Il reste souhaiter que le deuxime tome ne dcevra pas les espoirs nourris lors de la lecture du premier.

Tome 2 :

Dans ce second et dernier tome, la provoc entame dans lalbum prcdent est pousse son paroxysme : lobscnit des scnes damour et de sexe rpond celles de mort et de guerre qui stalent sur les crans de TV ; les barbels et les militaires dun checkpoint Israliens referment la BD qui souvrait sur les barbels et les tortionnaires dun camp de concentration. Injustice face au palais de justice, ceinture dexplosifs et ceinture de chastet, larmes contre foutre, mort contre orgasme, Yslaire fait son John Lennon et dcline sa propre version de faites lamour, pas la guerre avec un Romo Juif, une Juliette Musulmane, et une fin toute Shakespearienne. Ce second tome fait beaucoup plus que rpondre aux attentes en refermant les ouvertures du premier tome. Il russit crer la surprise en leur donnant un sens nouveau et en les inscrivant toutes dans une mme ode la paix, lamour et la tolrance. Yslaire choque et provoque, mais avec une impudeur si dcente et un respect si profond de ses personnages quon lui pardonne tout. Il signe ici, mon avis, son meilleur album, et un des albums marquants de 2007.

Nom srie  Voyage en pays Mohawk  post le 19/07/2007 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Hiver 1634. Un commerant Hollandais, Van den Bogaert, sillonne lle de Manhattan pour convaincre les Mohawk de vendre leurs peaux de Castor aux Hollandais plutt quaux Franais. On suit Van de Bogeart et ses deux compagnons de voyage dans leurs prgrinations. La mission est rptitive : le groupe arrive dans un village, mange de la viande dours ou de saumon, reoit des peaux de castors, donne de la ferraille et de la verroterie pour remercier de lhospitalit, tire trois coups de feux pour amuser la galerie, et repart pour le village suivant.

Le dessin est humoristique et essaye dgayer un texte morne et monotone en introduisant certaines surprises en dcalage avec les descriptions ennuyeuses. Jai trouv ce mlange incongru, le foss tant bien trop grand entre le but de Van den Bogaert en crivant son carnet de voyage et celui de OConnor en faisant de lhumour sur son dos pour essayer de faire passer une pilule amre. Dommage, car il est assez rare davoir loccasion de lire un ancien tmoignage des premiers contacts occidentaux avec les Amrindiens.

Ce texte a une grande valeur historique puisquon en apprend beaucoup sur leur mode de vie, leurs rituels, leur gnrosit, et quun lecteur du 20e sicle peut y lire en filigrane la fin annonce de ces peuples dcims par les pidmies de variole importe dEurope, entrans dans lexploitation outrance de leurs ressources naturelles pour tenter de gagner une place marginale dans le commerce mondial, et finalement spolis par la compagnie de Van den Bogaert pour faire place la mgapole de New York. Cest aussi en regard de tout cela que jai trouv lhumour potache du dessinateur plutt dplac.

Nom srie  Les coeurs boudins  post le 17/07/2007 Modifier cet avis Achat conseill ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alors que le premier tome tait vritablement original et dpeignait des femmes fortes, la fois physiquement et psychologiquement, dont le caractre sortait renforc d'annes de moqueries et d'humiliations et leur permettait de remettre leur place hommes vaniteux et fausses amies, le deuxime tome a totalement lch ce filon et se contente de raconter des histoires banales, avec des femmes qui auraient tout aussi bien pu tre minces. Bien qu'amusants, les diffrents pisodes sont relativement quelconques car ils n'ont plus rien voir avec ce qui faisait l'intrt de la srie.

Nom srie  La Sirne des pompiers  post le 17/07/2007 Modifier cet avis Achat conseill ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il est des albums qui rservent des surprises, et la sirne des pompiers fait partie de ceux l. Avec un scnario intelligent, cocasse et trs bien construit, ainsi que des dessins agrables, la sirne des pompiers exploite merveille toutes les possibilits dcoulant de la rencontre dune sirne en qute de beaut et damour et dun peintre pompier en qute dinspiration. La forte personnalit des personnages rend leur rencontre encore plus intressante. Les auteurs auraient difficilement pu faire mieux sauf peut tre la fin de lalbum, qui en rajoute une couche de trop. Un album dguster pour se laisser mener en bateau et dcouvrir de nouvelles saveurs.

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