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... a posté 448 avis et 56 séries (Note moyenne: 3.32)

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Nom série  421  posté le 16/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série repompant sans vergogne tous les codes de James Bond à la sauce franco-belge, ça vous tente ?

Si on y ajoute le joli trait d’Eric Maltaite qui rappelle directement celui de Will (tiens tiens mais ils sont père et fils ces deux là et ça se voit !) et des scénarios gentiment absurdes du prolifique Desberg dont il s’agissait des débuts et on obtient une chouette bd qui se lit sans prises de tête et hautement divertissante.

Car si Jimmy Plant est un agent doué et consciencieux, il n’hésite pas non plus à draguer tout ce qui bouge et ajouter une bonne dose d’humour bien convenu à une époque où personne ne connaissait encore les séries Nicky Larson dont ce 421 est peut être inconsciemment aussi l’un des modèles.

Le seul gros problème c’est qu’à un moment les auteurs ont voulu se distancier du coté humoristique et léger de leur œuvre et de la responsabiliser en voulant toucher un public plus adulte…

Exit le long tarin de notre héros et les situations drôles, le dessin gagne en crédibilité ce qu’il a perdu en fraicheur et nombre de lecteurs y compris moi ont commencé par en décrocher. Trop de sérieux tue le sérieux… Ce qui en faisait le charme et la légèreté s’est dispersé dans la banalité…

C’est pourtant avec nostalgie que j’y repense et je ne serais absolument pas contre le fait d’une jolie réédition de l’intégrale comme la charmante série Sibylline de Macherot en a également bénéficié…

Cher éditeurs, faites tourner vos rotatives mais par pitié qu’on assiste pas à un nouveau reboot de la série ! Ou alors rendez nous notre 421 tel qu’il était prévu à l’origine !

Nom série  Les Femmes en blanc  posté le 16/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici typiquement l’un des meilleurs exemples de la boulimie d’un persévérant Raoul Cauvin qui dispose de bonnes idées mais ne sait jamais s’arrêter à temps.

Les femmes en blanc constituaient pourtant à mon adolescence l’une de mes lectures préférées dans l’hebdomadaire Spirou, des petites histoires drôles de quelques pages sur le monde médical avec un docteur moustachu doué mais narcissique et une flopée d’infirmières confrontés à tout un tas de patients rarement coopératifs.

Le dessin de Bercovici proche d’un Jannin en encore plus brouillon se prête bien à l’exercice, gros nez, courbes féminines avenantes sans être vulgaires, rien de bien folichon mais suffisamment attirant pour passer agréablement les deux minutes que constituent la lecture d’une histoire avec un gag à l’arrivée.

Le problème c’est que c’est assez limité et ce qui pouvait faire sourire dans un conteste eighties ne le fait plus forcément avec du recul. Et la compilation de toutes ces histoires en album fleure bon l’overdose car tous les défauts ressurgissent avec plus d’impact.

Ce qui était autrefois divertissant sans être hilarant ne fait même plus sourire et le trait de Bercovici, autrefois tendre et brouillon, est devenu encore plus improvisé au fil des années sans s’améliorer pour autant.

La situation est toujours identique : un patient se pointe avec une maladie atypique et on se contente de le guérir par diverses méthodes plus débiles que drôles…. Bref un ou deux albums ça va mais il y en a plus d’une trentaine aujourd’hui et je ne connais pas une infirmière, réfractaire ou pas aux bd, qui n’en possède au moins un tome d’où un succès un peu facile auquel je n’adhère plus du tout.

Deux étoiles pour quelques bonnes idées perdues au milieu d’une diversité de médiocrité. Cauvin ne sait jamais s’arrêter à temps hélas…

Nom série  Les Tuniques Bleues  posté le 16/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
D’abord dessinée par Louis Salverius et puis par Lampil suite au décès du premier, cette série sous influence Rintintin à la sauce franco-belge est menée depuis de longues décennies par le prolifique Cauvin, un des gardiens de la maison Dupuis.

Alors que ce même Cauvin s’est dispersé en séries en tous genre dont l’intérêt s’est rapidement émoussé au fil des années, « Les Tuniques Bleues » fait partie des rares exceptions de sa prolifique œuvre.
Il faut dire que si l’on conserve le ton léger et humoristique propre à la plupart des séries de ce monsieur, il ne s’agit pas de vagues histoires gagesques comme l’Agent 212 ou les Femmes en Blanc mais d’une aventure en 44 pages se déroulant pendant la guerre de sécession.

Véritable fracture sociale et fratricide, cette guerre opposant américains a au moins le mérite d’être universelle dans sa démonstration de l’absurdité des conflits et ouvre la porte à de bien nombreuses possibilités.
Le sergent Chesterfield est le prototype même du benêt attachant, bête et discipliné, couard et entêté.
Il est même peu probable qu’une amitié avec le caporal Blutch, petit et malin, éternel candidat à la désertion et aussi lucide que blasé puisse être de la partie. Le fait que ces deux guignols se vouvoient et se défient constamment donne lieu à quelques passages savoureux, entre joutes verbales et bourre-pifs bien assénés.

Et il y a ces hauts militaires, un ramassis d’andouilles qui décident du bon vouloir de leurs soldats entre celui qui sirote constamment une boisson à la paille et l’éternel fanatique qui ne pense qu’à charger lors de batailles sanglantes et improbables.

Le cadre et les personnages étant facilement identifiables et définis, toute cette guerre n’est qu’un prétexte à de légères critiques sociales et politiques au fil des albums. On y parle d’un certain fasciste Nepel, de la cause des indiens, de racisme, tolérance et même d’amourettes sur fond d’un conflit absurde qui n’en finit plus.

Le dessin de Lampil est très clair et de grande qualité dans la tradition de l’école franco-belge, à savoir des gros pifs certes mais des chevaux bien dessinés et une mise en scène très fluide. Si l’ensemble manque peut être un peu d’audace, nul doute qu’il ne manque pas de charme.

Le seul véritable problème déjà évoqué plus bas concerne la trop grande redondance des aventures au bout d’une cinquantaine d’albums publiés. Comme il est souvent de mise avec ce type de série, le succès (mérité) appele le succès et la multiplication des aventures amène trop de scènes répétitives. Il aurait été plus agréable de savoir s’arrêter à temps afin de conserver un label « qualité » au lieu d’épuiser les idées jusqu’à l’écœurement.

Reste néanmoins un joli souffle de nostalgie sur ce western humoristique qui ne vous prendra pas la tête et la lecture est chaudement recommandable sans en recommander l’achat !

Nom série  Arthur et Zoé  posté le 14/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Arthur & Zoé et sa belle appellation « tout en couleurs » me rappellent l’époque des Bonne Soirée de ma grand-mère (ben oui je suis en pleine nostalgie ayant moi-même fêté un âge qui devient avancé récemment) où je me ruais littéralement sur la dernière page de cet hebdomadaire féminin pour en lire la seule page ayant un tant soit peu d’intérêt à mes yeux.

C’est que ça ne date pas d’hier Arthur & Zoé et ça sent bon la naphtaline d’une époque dorée des Etats-Unis d’après guerre…

Car ces strips d’une page sur l’amitié d’une petite gosse de riches (mais vivant chez sa tante comme il était d’usage dans le bien pensant d’alors) et d’un gamin des rues vont donner lieu à un regard naïf sur un certain « American Way of Life ».
La tante est une bombasse brune gaulée comme une Marylin et séduite par un éternel fiancé au physique ingrat mais aux poches bien remplies.
Dans ce contexte bien édulcoré, les deux gamins vont s’allier pour faire un tas de conneries pas possibles mais le tout est un peu cul-cul et nettement moins dynamique que Pim Pam Poum au hasard.

La faute à un graphisme qui semble répétitif voire même informatique et qui est étonnamment froid et à une morale plus que correcte.

Sans méchanceté ni gros éclats de rire, relire quelques pages m’amuserait forcément avec un regard plein de nostalgie mais pas de doutes à avoir, Arthur & Zoé n’est sûrement pas ce que l’on appelle être un indispensable.

Nom série  Pim Pam Poum  posté le 14/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà de vieux souvenirs dignes du Journal de Mickey dont je possédais il fut un temps les exemplaires que ma maman a elle-même lue et cette série était l’une des plus représentées.

S’agissant de strips sur un bandeau ou une pleine page, les situations ne sont que prétextes à diverses catastrophes opposant les frères Pam & Poum du titre aux méchancetés oisives du Capitaine et de l’Astronome (jamais compris pourquoi il portait ce nom là celui-là ?).

Ce joli monde vit sur une île exotique et reprend un peu le principe des Trois Stooges pour enfants. Il faut bien sur reconnaitre que tout est vieillot mais que le principe du « je vais te faire mal ou t’arroser » marche plutôt bien et contrairement à d’autres strips, les garnements finissent parfois en grimaçant suite à une fessée souvent bien méritée et que pour une des toutes premières véritables bandes dessinées, ce n’est pas si manichéen et macho (le beau sexe est représenté par la tante Pim et une éducatrice aux physiques plus roublards qu’apétissants) et les dessins tout en rondeurs sont assez amusants.

Sans en garder un énorme souvenir, voici une bande dessinée bien plus intéressante à lire que Arthur & Zoé dans un registre équivalent et une chouette intégrale avec papier d’époque serait tout à fait envisageable ! Et le coté historique est indéniable puisque les bases seront copiées et recopiées à l’infini par la suite. Comme quoi on n’a rien inventé !

Nom série  La 27ème lettre  posté le 14/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Joli prétexte pour mettre en scène ce léger érotisme abordé dès le Jardin des désirs par le même duo, la 27ème lettre emploie pour autant un cadre moins guilleret pour dépeindre le quotidien d’un jeune Gavroche débrouillard élevé par des filles de joie dans une maison close à une époque bien noire de notre histoire à savoir la montée du nazisme.

Malgré tout Desberg se joue des clichés en utilisant l’histoire comme unique toile de fond, un peu comme si la leçon avait été digérée par son lectorat, ne s’attardant que sur des détails chocs comme la Swastika, une séquence d’autodafés ou la déportation lorsqu’il ne met pas en scène ce maudit chancelier…..

Les auteurs préfèrent se focaliser sur la tendresse dégagée par ces filles admirablement croquées par Will sur leur petit protégé Fred et son éducation d’où quelques pages assez drôles mêlant le talent du « grand pouvoir » du sexe faible à l’apprentissage de la lecture ou d’autres leçons de toute chose.

Le tout est réalisé adroitement et sans grande vulgarité dans une ambiance bon enfant. Malgré tout cela la menace des fanatiques croit et la petite communauté devra redoubler de malice pour continuer tout simplement à vivre.

Voici un récit charmant tranchant radicalement avec les Tif et Tondu de l’auteur qui continue à surprendre dans un registre un peu moins connu de son immense œuvre. Si les demoiselles d’Isabelle et des deux comparses étaient déjà dessinées avec des courbes sensuelles, ici il se lache complètement tout en parvenant à n’être jamais vulgaire ou même hors sujet.

La conclusion est même étonnante et tranche radicalement avec les productions bien pensantes de Dupuis. Dommage que certains dialogues soient un tantinet trop bavards pour m’accrocher complètement mais je reconnais que la tentative n’est pas vaine et retrouve avec plaisir les couleurs pastel qui m’avaient déjà accroché pour le Jardin des désirs.

Encore une belle leçon d’épicurisme dans une période trouble plus qu’un brulant récit érotique, la 27ème lettre est à lire au moins une fois pour tout amateur de bd franco-belge.

Nom série  Pourquoi j'ai voulu détruire ce monde  posté le 14/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Peut être dans mon entourage un des seuls à avoir été épaté par ce fameux tome 0 de Metafukaz mis en scène en grande partie par Bicargo, nul doute que j’attendais sa véritable première œuvre avec impatience.

Il va sans dire qu’avec un titre fleurant bon les films d’auteurs français plus la touche de folie habituelle des éditions Ankama, on ne sait pas réellement à quoi s’attendre avec les pérénigrations de Deirdre, charmante jeune fille vivant sur un satellite artificiel et curieuse de ce monde qu’on appelle La Terre où elle ne rêve que de rencontrer son contact virtuel Karl et de voir à quoi ressemble la mer…

C’est sur un postulat aussi simple que naïf que Bicargo tente avec talent et tendresse de tisser une jolie odyssée sur un postulat de science-fiction qui n’est que prétexte à rêveries et espaces infinis…

Car la terre décrite par Bicargo est étrangement très proche du monde que nous connaissons actuellement, loin des considérations technologiques fantasmées (les voitures ne volent toujours pas dans le ciel déplore l’héroïne) et le cout de la vie anéantit rapidement la touriste devenue pour le coup une immigrée en situation pratiquement irrégulière.

Prétendre rencontrer son mystérieux amoureux va devenir un chemin de croix, il faut se lever, travailler pour financer un voyage qui la mènera de jolies rencontres au détour de la mer et d’une terre polluée et administrative pour lequel seul le fric règne et régit les lois,

Bicargo aurait pu opter pour une méthode aussi cynique que sombre pour dresser une métaphore de notre société actuelle. A contrario, son esthétique lorgne pour l’espoir et la poésie sans écarter pour autant les sujets aussi graves que réalistes comme la fin inattendue qui demeure aussi apaisante que respectueuse.
Pour ce faire, il utilise un graphisme très pop art rappelant autant Andy Warhol et ses Marylin qu’un esthétisme proche des années 50 mêlant graphismes carrés et kitsch mais toujours colorés et dépaysants.

Diverses couvertures et couvertures régalent l’œil et rythment cette aventure légère aux couleurs délicieusement kitsch. Voici un excellent petit bouquin qui se lit peut être trop vite mais qui donne envie de croquer la vie à pleines dents et de profiter du moment présent sans négliger certaines étapes cruciales et cruelles.

Bicargo a l’intelligence de ne pas juger ni de jouer aux moralistes ce qui donne encore plus de saveur au titre de ce joli album à posséder et à offrir. Merci.

Nom série  Le Jardin des désirs  posté le 07/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sir Loverose aime les femmes.
Depuis sa naissance en passant par l'adolescence, il a toujours été subjugué par leur charme et sa principale quête de trouver la femme parfaite en tant qu'adulte devient plus qu'une quête, une obsession.

C'est sous la forme de divers petits chapitres qui peuvent presque se lire de façon indépendante que Will met en oeuvre cette histoire délicieusement rétro, un poil sensuelle et jamais vulgaire.

Les esprits chagrins pourront considérer à juste titre que c'est un rien machiste et ils n'auront pas tort mais dans l'absolu il n'y a rien de méchant et c'est plus charmant et amusant à lire que prévu.

Néanmoins l'histoire reste un peu vieillotte et le héros n'a rien de forcément charismatique. Certains chapitres sont bien en deçà des attentes d'une telle dream team que furent Will et Desberg mais j'ai eu le souffle coupé par la qualité des peintures apposées en direct sur le dessin de Will, méthode révolutionnaire à la fin des années 80.

Une jolie récréation à lire au moins une fois pour se distraire et se régaler de la palette des talents de ce grand monsieur qui nous a offert Tif et Tondu.

Nom série  Notre Dame  posté le 02/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et une adaptation de plus de la célèbre œuvre de Victor Hugo.

Que peut apporter ce regard récent sur l'un des bouquins les plus portés à l'écran ou sur autres médias divers ?

Tout d'abord la couverture interpelle grandement, la bohémienne Esmeralda effectuant une danse endiablée ou enflammée sous la célèbre Cathédrale est un pur régal pour l’œil.

Jean Bastide a du talent et ça se ressent de suite dès les premières pages avec ces personnages ronds et souriants, ces décors détaillés et illuminés et un trait aussi fin que raffiné.

Bref il est impossible de ne pas tomber sous le charme d'une mise en scène élégante pour un contenu classique.

Oui car classique est bien le mot, la relecture de l'histoire dont je ne vais pas vous faire l'injure de répéter ici semble respectée dans les grandes lignes mais on manque clairement de surprises narratives dès que le narrateur nous transporte dans la ville de Paris.

Attention, qu'il s'agisse de l'apparition sensuelle d'une Esmeralda fort séduisante et espiègle ou de Quasimodo dessiné comme un Hulk au regard enfantin, l’œuvre a beaucoup de caractère mais ici ami lecteur point d'audace tu ne trouveras tant le récit semble cousu de fil blanc.

Il est certain qu'en lisant l'adaptation d'un monstre de la littérature, on ne pouvait peut être pas trop s'en écarter mais je me souviens du premier tome de Peter Pan revu et corrigé par Loisel qui s'amusait à brouiller les pistes et cartes de l'amateur du dessin animé Disney de façon assez culottée et remarquable.

C'est presque donc avec regrets que l'on arrive à la fin de ce premier tome qui a réussi à présenter l'ensemble des personnages principaux mais en donne bien trop peu sur l'histoire se contentant presque trop tranquillement d'enfiler les événements comme des perles de façon un peu trop méthodique pour emporter l'adhésion totale.


Reste qu'il ne s'agit que d'un premier tome sur une série qui va en comporter trois et que le meilleur reste sans aucun doutes à venir,la confirmation de bien vouloir compléter l'aventure étant assurée avec d'aussi jolis dessins et un nouveau talent à suivre...

Pour ma part, j'ai hâte d'en lire la suite histoire de palpiter un peu plus vivement car le récit devrait vite devenir dramatique ainsi que de feuilleter d'aussi jolies estampes sur une histoire universelle qu'agréable à relire sous la présente forme.

Ce qui la distingue honorablement d'autres adaptations c'est qu'il n'est pas nécessaire de connaitre le pavé de Victor Hugo pour en comprendre l'histoire et la lecture est plutôt facile à suivre.

Pour peu et d'ici peu nous saurons s'il s'agira de l'adaptation de référence mais à ce jour c'est surement la plus agréable à regarder à l'instar de cette magnifique couverture.

Nom série  Kraken  posté le 30/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un gros bouquin sentant bon l'intégrale !
Une couverture en noir et rouge sentant bon le pulp et une petite étiquette gauche fluo "Par l'auteur de Torpedo" auront réussi à me faire repartir une fois de plus avec un bouquin dont j'ignorais jusqu'à l'existence alors qu'il s'agit d'une des premières oeuvres de Bernet !

Il faut dire que je raffole des histoires de Torpedo depuis plus de 20 ans et plus particulièrement du style délicat de Bernet à mettre en scène des pépettes à la plastique impeccable, des sales gueules burinées et un brin d'humour noir.... et que tout ceci existait déjà avec cette série depuis belles lurettes !

Dès lors ces histoires oscillant entre 6 et 15 pages portant sur une New York semi futuriste pourrie appelée Metropol et surtout ses gigantesques égouts nauséabonts ne dérogent pas à la règle...

Le Kraken, une créature putride égendaire née de la pollution et du vice des hommes sert donc de prétexte à une escouade militaire menée par un baroudeur stéréotype lui vouant une haine absolue.

Ce n'est donc pas un hasard si le bien nommé Dante va s'évertuer en vain d'éradiquer cette bestiole qu'on apercevra peu finalement, Antonio Segura préférant s'attarder sur la racaille utilisant ce labyrinthe puant pour de bien plus sombres desseins....

Le noir et blanc retranscrit à merveille l'architecture etouffante des égouts. Pour peu on se croirait dans un Alien ou The Thing urbain...

Et ça va charcler, de la femme fatale qui finit toujours à poil dans le meilleur des cas au charognard le plus répugnant sans oublier les nombreux sous fifres de Dante, tout le monde va passer à la moulinette du Kraken ou de Dante au choix lorsqu'ils ne choississent tout simplement pas de s'entretuer entre eux.

Ca peut même en devenir très trash et il vaut mieux avoir le coeur bien accroché pour certains passages délicieusement chocs.

Dante est le stéréotype même du blasé buriné à l'éternel cigare qui a tout vu et tout fait et que rien ne surprend.
Curieusement il reste le personnage le plus sympathique de toute cette galerie de monstres en tous genre car il est au moins invariable et ne trahit pas son prochain...

De l'humour noir à la pelle, des gunfights et bons jeux de mot, tout y passe et c'est délicieusement rétro et outrancier. De la bonne bd pour mecs sévèrement burnée que ne gouteront peu ou pas les demoiselles !

Certaines histoires tombent à plat, d'autres amèneront au choix ou en fonction de l'humeur le rire, la surprise ou la consternation. C'est un plat finalement bien plus digeste que le tome 2 de Doggybags dans un univers Grindhouse des plus surprenants et plutôt bien exploité.

La lecture en demeure très divertissante et efficace pour peu qu'on se prête au jeu mais finalement il n'y a rien non plus qui la rend spécialement indispensable...

Louons Drugstore pour avoir eu la bonne idée de compiler l'intégrale en un seul volume alors qu'il s'agissait d'un chemin de croix pour s'en constituer l'équivalent chez les différents éditeurs...

A lire en sachant à quoi s'attendre, dommage néanmoins qu'il n'y a ni réél début ni réélle fin renforçant encore plus le sentiment d'avoir lu un pur produit d'exploitation dans ce que la bande dessinée fait de mieux dans ce genre bien codifié...

Nom série  Les Contes de l'ère du Cobra  posté le 30/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
C’est réellement au hasard des étalages de mon libraire que je suis tombé nez à nez avec cette jolie couverture.

Une fois les quelques pages feuilletées il m’était impossible de me détacher de cet ouvrage et de le reposer, le charme de ses couleurs pastel informatisées et de ses personnages tout en rondeur me rappelant un peu le style d’Arthur des Pins en plus travaillé ayant ensorcelé le rédacteur de cet avis peu objectif car il est inutile d’aller plus loin : ce conte de l’ère du Cobra est une réussite totale !

Par le biais d’un narrateur mystérieux et masqué se déroule en un clin d’œil plusieurs histoires enchevêtrées, celle d’un voleur aussi habile que le Prince de Perse, amoureux et aussi volage que naïf, d’une princesse promise à un rôle de courtisane dont elle ne veut pas et d’un nain banni injustement de son pays et en quète de rédemption.

Pour parfaire le tout, ce conte ne serait pas parfait sans l’intervention d’un méchant charismatique et à l’allure imposante… Le Cobra, tyran incompris en quête d’amour et de reconnaissance et symbole du mal absolu manipulant plus ou moins directement tous ces protagonistes…. L’issue risque d’être fatale et inattendue…

Car en dépit de ses apparences disneyennes rappelant le très joli Aladin par la beauté de ses décors et les caractéristiques physiques de ses personnages, ce conte oriental lorgne très rapidement vers un drame humain et résolument adulte dans sa résolution…

Irvi a tout du héros parfait mais ses infidélités vont lui apporter le courroux de sa douce et sa colère le transformera en démon dévoreur de cœur tel un Vlad Tepes oriental…

La belle Sian se marie par dépit à un sombre prince pédophile qui va l’ignorer royalement pendant qu’elle épanche sa peine avec des amants telle une mante religieuse.

L’homme qui se fait appeler le Cobra a également un passé trouble qui le rendrait presque sympathique sous l’appelation d’autres sobriquets s’il ne répandait pas tristesse et malheur autour de lui…

Finalement le nain comédien reste le personnage le plus sympathique et son apparition tardive dans le récit renverse toute la donne en redonnant une autre ouverture au récit.


N’en déplaise aux esprits chagrins pouvant trouver l’histoire banale, je n’ai ressenti aucun ennui lors de sa lecture et ai été littéralement transporté dans un monde différent et réellement enchanteur malgré son coté très obscur.

Il faut dire que la narration d’Enrique Fernandez est toute aussi naturelle qu’elle suscite la curiosité au fil des pages...

Les scènes d’action succèdent à des tableaux de pure contemplation et procurent un certain plaisir coupable… Les personnages secondaires comme ce mystérieux européen muet ou ce vendeur de potions maléfiques sont riches de détail et le récit pourrait presque se tenir en un seul tome tant il est réussi en bien des points.

On retrouve les épreuves des contes classiques comme l’escalade de la maison des princesses en plusieurs « essais », la légende et les origines du Cobra et même les méfaits du Démon Noir, le tout en quelques pages habilement découpées et modernes dans leur narration…

Cerise sur le gâteau, l’histoire se conclut au second tome qui sera édité en septembre de cette année me laissant bien des espoirs de tenir une histoire culte qui fera peut être même date si tout comme moi vous faites l’erreur d’ouvrir ce premier volume aussi cruel que sensuel….

En tous cas un conte si peu manichéen se doit d'être salué et on est en droit de préférer le Cobra et le nain comme personnages préférés aux décevants amants éconduits !

Une excellente surprise et peut être le véritable premier coup de cœur bd de cette année pour ma part… Merci à Enrique Fernandez pour ce joli trésor de sensations qui devrait plaire aux plus exigeant(e)s !

Nom série  Doggybags  posté le 25/10/2011 (dernière MAJ le 30/04/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quelle belle idée collégiale de la part de Run d’avoir proposé à ses amis du label 619 de réaliser un bouquin Pulp, un recueil compilant de pures histoires d’exploitation comme Tarantino l’a également réalisé pour le diptyque Grindhouse au cinéma.

L’idée maitresse du projet, c’est de proposer des histoires complètement barrées sans s’imposer d’autres limites que celles de l’imagination délurée de ses auteurs et de 30 pages maximum. Le tout doit baigner dans un esprit rock’n’roll digne des séries Z à savoir des tripes, du sang, du mauvais goût et des fesses !

Guillaume Singelin et Florent Maudoux ont répondu présent à l’appel et Run signera la troisième histoire.
Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec un petit bouquin broché bourré d’anecdotes et d’hommages vintage aux douces publications de comics des années 70 avec stickers de logos imaginaires, papier vieilli et publicités douteuses.

Bref un univers que Run affectionne particulièrement déjà dans sa série phare Mutafukaz et dont il en extrait l’essence pour des one shots percutants et trashy…
Ce n’est donc pas une surprise si la meilleure histoire du lot est également la sienne qu’il place à la fin de l’ouvrage en guise de point d’orgue final !!!

Singelin, qui ouvre les hostilités, signe aussi la plus faiblarde de toutes, une simple course poursuite entre bikers loup garous et une jeune victime « innocente ».

Si le découpage et les couleurs sont réussis, le dessin simple mais perpétuellement en mouvement, c’est du coté de l’histoire trop épurée que le bât blesse.
Je me suis même surpris à rechercher une conclusion par défaut qui ne viendra pas.

Soit, passons à Masiko de Maudoux qui se veut une préquelle sur la maman d’un personnage de sa série culte Freak’s Squeele et où on retrouve tout le talent de l’auteur sous testostérone. Auteur qui s’est fait énormément plaisir en récitant ses classiques comme Baby Cart et Lady Snowblood dans ce portrait d’une tueuse et de son bébé traqués par une sombre mafia qui va vite en faire les frais.

C’est drôle, speed, sexy et les girondes prennent une belle revanche sur les anorexiques via un duel de toute beauté.
Un bon point pour ce one-shot décomplexé qui se vit comme une scène d’action et se lit indépendamment de tout le reste sans en pâtir.
Un point de plus pour la colorisation parfaitement inspirée et en harmonie avec la ligne éditoriale de Doggybags. Ce Florent a un talent dingue et ne faillit pas ici à sa réputation !

Enfin at last but not at least, Run boucle ce Doggybags de la plus belle des manières avec un « Mort ou Vif » cynique et complètement réussi.
Cette traque d’un psychopathe dans le désert par un motard flic est complètement aboutie et mérite à elle seule l’acquisition de tout le bouquin.
Liés par un destin commun, les deux ennemis ne sont pas au bout de leurs peines !

C’est d’autant plus excitant qu’on pouvait se demander ce que valait un Run sans ses personnages clés et il est difficile d’en parler sans en révéler l’intrigue mais qu’il s’agisse du dessin ou du découpage, Run a fait mouche en donnant la parole tour à tour à chacun de ses protagonistes ou en morcelant le rythme par un documentaire sur les vautours pas si anodin que cela… Chapeau bas Monsieur Run !

Le tout est enrobé d’un poster inclus, des couvertures et autres goodies plutôt marrants. J’étais parti sur une note de 3/5 mais au final je me rends compte que ce bouquin est aussi inutile que précieux malgré le faux pas de la première histoire.

Tels les contes de la crypte, on nous promet éventuellement d’autres histoires par d’autres dessinateurs dans le même accabit ce qui est plutôt une bonne idée et peut servir à révéler certains talents encore cachés.

Run avait relancé le comics français avec Mutafukaz, Maudoux le manga avec Freak’s Squeele et voici que les deux nous réinventent le serial pulp dans le pays des fromages qui puent.

Belle initiative à lire sans hésitations pour tout amateur d’irrévencieux populaires
Longue vie à Doggybags !



Tome 2 : Hail to the King, Baby ! The King is dead

C’est un peu l’impression finale une fois les pages de ce nouveau numéro refermé…
Grand fan de l’esprit Grindhouse sous toutes ses formes, je raffolais à l’idée de me replonger dans cet univers complètement dingo mais mon enthousiasme s’est ramassé comme un quatre/quarts loupé…

Pour faire simple, aucune des 3 histoires proposées ne m’a plu ou diverti comme le premier tome.
J’ai beau savoir que tout est voulu ou téléphoné d’avance, cette fois seul le talent des dessinateurs bien meilleurs dans leurs oeuvres principales sauvent le tout du naufrage.

Elwood et ses 40 bitches m’a néanmoins révélé le savoir-faire de Tieran que je ne connaissais pas du tout et dont le style m’a enchanté… Moins l’histoire qui est la plus longue des trois et se traine inexorablement jusqu’à un final des plus décevants sans réelle explication.
Il faut dire que Ozanam sait s’entourer des meilleurs pinceaux tout comme Morvan mais à la différence qu’aucune de ses œuvres précédentes ne m’a touché…

La seconde histoire scénarisée par Run et mise en scène par Singelin est beaucoup plus succinte en terme de longueur mais offre une critique sociale des plus réjouissantes sur une équipe de garde-frontières fascistes qui va tomber sur un os… L’histoire est rondement menée mais s’achève au moment où elle commencait à décoller engendrant une certaine frustration pour ma part.

Enfin la dernière histoire dessinée par le très doué Mathieu Bablet dont je vous recommande vivement son ouvrage « La belle mort » reste peut être la plus ironique et la plus choquante lorsqu’on apprend qu’elle est tirée d’une histoire vraie. Les cadrages vertigineux sont toujours de mise ainsi qu’une narration éclatée plus ambitieuse que les autres récits mais on peut arguer qu’au final cela fait beaucoup de bruit pour rien…

En dépit d’un travail éditorial conséquent et bourré de références, ce tome 2 ne restera pas dans les annales. Il faudra un peu plus d’audace et d’originalité pour que le troisième opus se distingue réellement des bacs de nos libraires tant celui-ci peine à convaincre et ne me donne envie d’être relu.

Reste une belle vitrine des talents du label 619 un peu vaine car peu démonstrative de leurs réelles compétences d’où la baisse de ma note de 4 à 3 sans en déconseiller l’achat.

Nom série  Undead  posté le 10/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
- Tiens en vlà une idée qu’elle est bonne : et si on prenait un gugusse blond coiffé comme un super sayen et que des démons de Bleach tuaient sa mère et capturaient son petit frère ?
- Ouais pis les démons on les appellerait les Undead et notre gamin ben il deviendrait un super démon de Undead !
- Voilà on a déjà rempli les trois premières pages parce que c’est tellement vu et revu qu’il y a pas besoin d’en faire davantage !
- Ouais pis on envoie notre zéro dans un bar de chasseurs de démons, le Lovecraft, pour qu’il apprenne à se battre ce petit con, parce que les Undead ben ils sont méchaaaaaaaaaants !
- Ouais on va lui tailler une de ces initiations à ce petit con, un monstre à avaler par chapitre !
- T’en fais quoi de la narration de ce Shonen ?
- Pas la peine, les lecteurs s’en tapent royal, ce qu’ils veulent voir c’est des combats trop stylés où y a tellement de détails que tu piges que dalle à ce qui se passe, mais à la fin ben notre gentil il gagne !
- Du détail ? pourtant y en a pas des masses dans les décors du détail ?
- Ben justement on se rattrape là comme on peut. Faut pas que le lecteur il reprenne son souffle ou qu’il commence à comprendre sinon il va bailler.
- Y a du fan service ?
- Non pas encore mais on va ptet en rajouter sur les 4 tomes de cette fantastique série ! Attends un peu y a plein de trucs à refourguer là dedans !
- Ouais parce que c’est un peu court à lire malgré les 160 pages non ?
- Yep c’est pour ça qu’on a emballé le premier tome sous cellophane avec un super badge « The Undead » made in China, histoire que le lecteur trop dég, il puisse pas revenir une demi-heure plus tard chez son libraire pour se faire rembourser, hé pas con hein ?
- Woué on est trop forts !!! Achetez The Undead, les gens que même bidoile.info y zen disent que du bien en citant du Frank Miller sous acides !
- Euh c’est bon là stop on arrête de déconner !

Nom série  Ghost  posté le 03/04/2012 (dernière MAJ le 07/04/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Légèrement moins dithyrambique que les avis précédents, Ghost a tout du polar désabusé instauré au cinéma par Seven avec cette ambiance poisseuse et un rien glauque.

La couverture déjà surprend avec cet enfant ensanglanté au regard vide qui attire de suite l'attention ou l'en détourne.

On a donc droit à l'affaire classique de l'ex flic en quête de rédemption après une opération qui a foiré et s'est soldée par la mort du jeune innocent de la couverture.
On a également droit au psychopathe et à son rôle de fin stratège tout droit sorti des profileurs des séries de TF1 et qui possède 10 kilomètres constants d'avance sur les enquêteurs.
"Of course", l'ex flic est un as de la criminologie et de son instinct et son ancien collègue va venir le sortir de là et le solliciter pour boucler l'enquête...

Tout ceci ne vous donne t-il pas la sensation d'un déjà vu ?
Ah et j'oubliais : notre bon ex-samaritain revoit constamment le fantôme ou ghost de l'enfant qu'il aurait aimé protéger.
Le comble c'est qu'il s'appelle lui même Ghostman !!! Enfin passons...
Les dessins ne sont peut être pas des plus beaux ni conformes à mes goûts mais ils correspondent assez à l’oeuvre...

Et ? Ben c'est tout hormis quelques passages bien effrayants et un rythme qui ne faiblit pour ainsi dire jamais...

Simplement arrivé à la fin. on se demande pourquoi le scénariste n'a pas été un poil plus ambitieux...
Hormis cela voici un polar très honnête mais qui peine à décoller des autres histoires de ce genre, faute d'ambition ?

A lire pour se distraire tout en faisant abstraction du scénario rêvé qu'on ne lira jamais par ici, un fantôme aussi sans aucun doute...

Étrange que Ankama ait publié un récit aussi commun au sein de sa collection "Hostile Holster" alors qu'on y trouve d'autres perles autrement plus ambitieuses...

Nom série  Sept Dragons  posté le 28/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Oh la jolie surprise que voilà !

Voici enfin LE tome de la seconde saison de la série 7 qui va sauver les autres titres sympathiques mais pas tous indispensables.

Même si l’histoire démarre au quart de tour avec un épique combat d’une petite escouade de 5 aventuriers contre un dragon digne d’un scénario de Donjons & Dragons.

Euh wait a minute ? Pourquoi seulement 5 personnages alors que les couvertures en présentent 7 ????

Voilà déjà la première nouveauté de ce Sept particulier, présenter les différents protagonistes au fur et à mesure comme l’avait si bien fait en son temps 7 Yakuzas.

Portés par des dessins joliment colorés, Sylvain Guinebaud, spécialiste de l’Heroic Fantasy emprunte un style rappelant celui des Lanfeust assez clair et aéré.

La comparaison peut s’arrêter là (puis qui suis-je pour juger alors que je sais à peine écrire et surement pas dessiner ? J) car le récit tend à devenir de plus en plus sombre au fil des pages…

Cette escouade doit éliminer les derniers dragons de la terre pour conjurer une malédiction familiale et proclamer un nouveau roi.

Je ne connais pas les influences ou travaux précédents des auteurs mais j’ai eu le sentiment que leur inspiration était directement issue des jeux video avec ces pages « plein écran » magnifiques relevant la supériorité de chaque dragon comme un « boss » de Shadows of the Colossus sur console Sony.

Malgré le peu de nombre de pages en défi de ce qui y est raconté, on prend son temps, parsème le récit de quelques flashbacks éclairant les origines de cette histoire ou on s’enivre dans une quelconque auberge.
Tout cela pour arriver à une conclusion aussi surprenante que brutale et parfaitement bien illustrée qui va donner quelques sueurs froides et une toute autre orientation digne des meilleurs canevas cinématographiques de Mr. Night Shyamalan !!!

Bravo et merci de relancer la série par un one shot se prétant à plusieurs relectures par un scénario malin et pas si classique qu’il n’y parait !!! J

Nom série  Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)  posté le 27/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici un titre dont on peut saluer la réédition par le tout jeune éditeur Urban Comics en charge de la licence Vertigo entre autres, un label affirmant clairement sa position de proposer des comics adultes et sans la contrainte d’un code ou d’une éthique particulière ce qui nous a offert des petits chefs d’œuvre en marge de la production habituelle comme Preacher ou 100 Bullets d’une part ou des mini-séries compilées en intégrale comme WE3 ou justement ce Pride of Baghdad rebaptisé pour l’occasion « Les Seigneurs de Bagdad ».

Reprenons notre respiration

Pour qui connait ou qui a lu WE3, l’œuvre a beau traiter et mettre au premier plan des animaux domestiques comme un chat, un lapin ou un chien, le public visé n’est certainement pas nos chères têtes blondes de par la cruauté et la violence des propos émaillant les pages du récit…

Pour l’œuvre concernée c’est exactement la même chose mais alors que les animaux domestiques desservaient les propos d’une métaphore sur l’utilisation d’innocents pour servir les intérêts guerriers des humains, ici il s’agit d’animaux sauvages asservis par l’homme car capturés pour être placés dans un zoo et témoins malgré eux d’une guerre d’Irak dont on connait les issues…

La première chose qui interpelle, outre le thème utilisé et une couverture atypique, ce sont les dessins incroyablement aérés et fluides. C’est clair, on n’a jamais l’impression qu’il s’agisse d’un comics mais vraiment d’une œuvre d’illustrations animalières au premier abord.

Les couleurs informatisées semblent déplaire au plus grand nombre pourtant je trouve qu’elles retranscrivent parfaitement le déroulement d’une journée d’une ville orientale sous la coupe d’un soleil écrasant.
Les ambiances passent du jaune lumineux aux tons orangés rougeâtres jusqu’à celles plus apaisées de l’horizon.

Pour autant si la colorimétrie est variée et apaisante l’histoire bien que calme en apparence prend place dans une ville en perpétuel danger.

Une troupe de lions aux caractères bien trempés profite d’un bombardement américain sur la ville de Bagdad et la destruction en partie du zoo dans lequel ils croupissent pour s’enfuir et retourner à la vie sauvage.

Mais malgré de singulières rencontres, qui va subvenir à leurs besoins lorsque l’homme leur servait du lapin tous les jours ? Les rancœurs de la captivité vont-elles faire place à l’espoir ?

Le récit décrit fort bien les tempéraments des protagonistes félins.

On a beau s’imaginer qu’ils sont représentés comme des hommes par leurs dialogues, leurs instincts les plus bas nous rappellent qu’il ne s’agit que d’animaux perdus et sans réel autre but que leur propre survie.

Le décor se fond admirablement dans leurs pérégrinations. Ici on sent l’ombre de la guerre, de la chute d’un dictateur mais aucune réelle présence humaine ne viendra déranger en premier lieu la fuite de ce groupe désorganisé qui ne comprend même pas ce qui arrive réellement.

On peut être à la fois horrifié ou amusé du comportement de ces bêtes qui ne pensent qu’à se reproduire, se nourrir et survivre dans un milieu hostile. Les rencontres avec d’autres animaux familiers ou inhospitaliers ménagent quelques surprises.

Sans prise de position ou quelconque réel manichéisme, l’histoire se dévore à fond les rouleaux et il est impensable de reposer le bouquin sans aller à son terme.

Quelques passages durs parsèment le tout, chaque animal excepté le petit lionceau fort de son innocence possède une part d’ombre à révéler tout au long de cette histoire inspirée selon les auteurs de réels évènements.

En résulte une œuvre coup de poing unique en son genre qui cherche à distraire sans pour autant nous faire de fracassantes découvertes ou leçons de morale.

J’y ai même trouvé à titre personnel certains reflets d’une poésie que j’affectionne d’Arthur Rimbaud, Le dormeur du val pour ne pas la citer, pour la peinture de la nature dans un environnement hostile et propre à la guerre voire à la mort.

Tour à tour surprenant, choquant, utile et futile, Pride of Baghdad mérite plus qu’une simple lecture mais de figurer dignement auprès des autres œuvres Vertigo dont l’éclectisme me séduit de plus en plus…

Nom série  En Mer  posté le 22/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très joli petit recueil d’illustrations sur le quotidien d’un poète improvisé marin, ce petit bouquin n’a qu’un seul véritable défaut : il se lit très voire trop rapidement.

A raison d’une case en noir et blanc par page sur un tout petit format admirablement réalisé, il semblerait que l’auteur dont c’est la première œuvre ici même a écrit et réalisé cette histoire en 5 ans.

Faudrait il prendre son temps afin de savourer de jolis dessins rétros avec un colosse embarqué malgré lui sur un bateau ? Oui et non, la lecture est agréable, plus violente qu’il n’y parait avec un abordage de pirates dont les conséquences vont influencer définitivement sa vie et également son inspiration…

Les quelques bulles laissent place à des silences en mer, à des tâches ingrates et répétitives. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une métaphore du passage à l’âge adulte avec toutes les responsabilités que cela peut incomber dans un milieu aussi beau qu’inhospitalier : la mer…

La seconde partie est ainsi la plus réussie et le plus gros reproche à l’encontre de cette œuvre est qu’elle est trop brève pour s’y attacher réellement.

Quelque part c’est sûrement le souhait de l’auteur. Malgré tout ce n’est pas aussi touchant et bouleversant que j’aurais aimé le ressentir et même si la fin convenue reste jolie, elle arrive bien bien trop vite (la répétition est voulue) à mon humble goût.

Néanmoins la réalisation éditoriale est exemplaire, un tout petit bouquin bleu et doré avec un papier précieux rappelant le carnet de notre poète… Selon la sensibilité de chacun on peut complètement passer au dessus de cette œuvre pas forcément essentielle ou s’en satisfaire et la relire au gré des humeurs, il s’agit peut-être des cinq plus calmes minutes d’une journée pour une vie complète et ça reste le compagnon idéal pour s’endormir les yeux dans les étoiles.

Voici la bd la plus inutile et futile depuis Va et Vient d’Emmanuel Guibert mais également attachante et attractive, elle peut davantage plaire qu'exaspérer donc après tout pourquoi pas ?

Nom série  Gyakushu !  posté le 27/11/2011 (dernière MAJ le 21/03/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
On va de surprise en surprise avec les éditions Ankama qui non seulement nous dégottent de jolis talents bien de chez nous pour leur label 619 mais également quelques figures de proues de la scène indépendante comme Blue Estate de Viktor Kalvachev mais également cet OVNI tout droit sorti de l'imagination débridée de son auteur Dan Hipp.

Gyakushu ! (Vengeance !) ne donne pourtant pas très envie a priori. J'avoue que les pages représentées ici même me donnent plutôt envie de fuir la lecture avec ce style rétro à la Tezuka ainsi que le dessin très (trop ?) épuré.

L'histoire de vengeance à la Kill Bill ou Lady Snowblood dans un monde mi heroic fantasy mi Spawn/Darkman n'a en soi rien de fichtrement original.

Les références de duel à la Sergio Leone sont également légion ainsi l'identité du voleur, principal protagoniste, est soigneusement éludée de la même façon que l'homme sans nom incarné par Clint Eastwood dans la trilogie du dollar.

Ce voleur, sorte de Robin des Bois un rien désinvolte, brave les autorités par jeu afin de dérober moult trésors.
Souhaitant élever son fils à l'abri avec sa compagne dans une contrée lointaine, il va être retrouvé par un sinistre Empereur et laissé pour mort après le massacre de sa propre famille.

Ressuscité sous la forme d'une créature recouverte de bandelettes, il est grand temps de régler les comptes à ses agresseurs 15 ans plus tard dans un pays dévasté par la tyrannie de son principal ennemi....

Avec un tel pitch il y a plusieurs façons d'opérer... Soit on s'y prend très au sérieux sous peine de se vautrer dans le ridicule des plus convenus soit on profite de la minceur du scénario et de sa banalité pour en faire un gros délire propre aux expériences graphiques et narratives des plus variées....

Et Dan Hipp a heureusement choisi la deuxième option en multipliant cadrages nerveux et un usage du noir et blanc à la Scott Pilgrim pour alterner scènes de flashbacks et charcutages bien en règle.

L'utilisation d'un mystérieux narrateur rythmant le récit à sa guise en nous envoyant dans le passé ou le présent du Voleur est plutôt ingénieuse car on évite la linéarité d'un récit convenu tout en ayant droit à quelques pincées d'humour plus que bienvenues.

Il n'a rien de révolutionnaire dans tout cela et les presque 200 pages du premier tome s'avalent trop rapidement mais lire un truc aussi nerveux et divertissant sans grande réflexion a quelque chose de réjouissant que j’appellerai comme de la satisfaction

Seul hic : le cliffhanger final du 1er tome soulève quelques questions en suspens et me rend impatient de lire les mésaventures de ce Voleur charcuteur mais comme le dit si bien le narrateur de cette histoire : Tout va mal finir !

D'ailleurs le 2ème volume éclate davantage l'ordre narratif en virevoltant dans le présent et le passé sans que l'on soit pour autant perdu grâce à l'aide du narrateur.
Une fois de plus, pas de quartier avec trois frères psychopathes complètement allumés du cigare et un commanditaire masqué qui semble bien connaître notre héros...

Quelques amputations plus tard et des révélations qui relancent la mécanique et notre intérêt un rien perturbé par ce mélange pop et indépendant et on arrive déjà à la fin de ce chapitre avec pas mal de réponses mais avec de nouvelles questions en suspens.

Et bien tant mieux pour une fois et pour notre plus grand plaisir !

Enfin le 3ème et dernier tome offre son lot de surprises et résolve toutes les intrigues en cours.
D’ailleurs la lecture seule du dernier acte justifie l’intérêt de toute la série au complet. Grosso modo, ça charcle toujours autant mais avec un soupçon imaginé de tension et d’émotion.

Dan Hipp manipule parfaitement la narration et en joue diaboliquement avec le lecteur pour offrir une digne fin à la hauteur d’une grande saga.

Utilisant les mécanismes d’une narration éclatée et de révélations redonnant une toute autre lecture à Gyakushu, une fois la dernière page tournée le cruel sentiment de relire la totalité des quelques 600 pages se fait cruellement ressentir.

Si l’histoire n’a en soi rien d’original, c’est la recette utilisée avec cette patte graphique simpliste mais non pas simplifiée qui donne toute sa saveur à cet incroyable melting pot d’influences.

D’un intérêt initial plus qu’incertain, Gyakushu entraine et captive jusqu'à rendre le récit haletant jusqu'à la dernière case.

Les personnages ont beau être peu développés, on comprend leurs motivations et ambitions en quelques cases.

Du coup l’ensemble est plus que hautement recommandable et Dan Hipp offre un lot de passages épiques voire bouleversants sans abandonner aucun de ses protagonistes.

C’est bien la caractéristique des grandes œuvres cultes, celles qui n’auront jamais un impact commercial monstrueux mais qui auront touché ou diverti les quelques bonnes âmes courageuses pour les découvrir.

À noter un travail d’édition remarquable de la part d’Ankama. Belle découverte pour ma part.

Nom série  Ranxerox  posté le 16/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
A l’inverse de Spooky, je n’ai pas loupé la période post punk et suis même attiré par certaines œuvres dites trash ou irrévencieuses et Ranx faisait partie d’un quotidien alternatif dans les années 80.
D’abord publiées dans l’Echo des Savanes, l’histoire de ce robot serviable envers Loubna une ado tête à claques et de leurs délires ont même fait l’objet d’un jeu video. Il était de très bon gout pour paraitre « rebelle » à l’époque de dire que Ranx c’est « trop de la balle » et que c’est « pas pour les tapettes ».

Presque 30 ans après il reste quoi de ce vestige né d’une marque de copieurs dont tout le monde a oublié le nom aujourd’hui ?

Et bien pas grand-chose du tout car il faut bien dire que si Liberatore a du talent, son style est devenu archi daté tout autant que les histoires qu’il illustre. De la baston, un peu de cul ou de provoc surtout, de la drogue pour faire « in » et un héros avec une tête de con façon skinhead à lunettes habillé par Jean-Paul Gaultier…

Bref ce qui avait pas ou peu d’intérêt à l’époque n’en a plus du tout aujourd’hui, la faute à des scénarios privilégiant un univers et une ambiance dirons-nous à une histoire qui tienne un tantinet la route ou qui soit divertissante.

Le slogan hurlait « Lisez et vous crierez pitié » et je crois qu’il n’y a pas mieux pour résumer Ranx ce dinosaure du 9ème art !

Nom série  Reanimator  posté le 27/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Grand classique du cinéma gore des années 80, Re-Animator avait tout pour me plaire malgré son petit budget, de la musique empruntée à Bernard Hermann sur Psychose au charisme de Jeffrey Combs interprétant le fameux Docteur West.
Bien sûr, ce fameux film ayant donné lieu à deux séquelles s’inspirait en toute liberté d’une nouvelle de Lovecraft que j’ai lue bien plus tard et qui a eu le don de me procurer de sacrées sueurs froides en un minimum de pages…

Ici l’auteur Calvez, grand fan de Lovecraft et des divinités de Ctulhu, a fait le pari d’adapter l’œuvre originale en étant fidèle à l’auteur. Exit donc le gore et le coté grand guignol de la version cinéma et place à la sobriété et à la suggestion du départ.

Mais au fait ça parle de quoi ce bouquin ?
On revisite le mythe de Frankenstein plus que celui sempiternel des zombies. Ici le Docteur West expérimente une injection révolutionnaire qui ramène tout être vivant à la vie dans des conditions forcément un peu contrariées.

Le fait d’utiliser un dessin presque monochrome, d’utiliser peu de phylactères si ce n’est pour les séquences « choc », un narrateur externe en la présence du fidèle assistant ami et le refus de trop en montrer provoquent un sentiment de malaise presque inconscient pour le lecteur.

En effet il ne faut pas s’attendre à être émerveillé par les dessins et se laisser guider par le rythme lent mais allant crescendo pour mieux s’en imprégner. L’ambiance lourde est bien présente et les dessins sont plutôt réussis dans un style hachuré et crayonné me rappelant un peu From Hell. La réaction des « réanimés » a beau souvent être hors cadre ou brêve, l’effet de malaise est saisissant et en cela Calvez réussit tout à fait le pari de son adaptation.

Le seul souci c’est l’utilité de cette adaptation qui décevra les fans du film mais régalera ceux du bouquin sans pour autant les surprendre… L’expérience est tout à fait dérangeante et fidèle. Reanimator est une œuvre noire et à part dans Lovecraft car n’utilisant aucune divinité de son bestiaire habituel.
Ceux qui s’attendent à une enième bd d’horreur avec moult effets graphiques à la Crossed de Garth Ennis seront sûrement déçus mais les autres qui voudront faire l’expérience d’un récit sobre et flippant devraient en tenter la lecture…

Un 3.5/5 arrondi à 3 car rien ne vaut néanmoins la lecture de la nouvelle originale de Lovecraft.

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