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... a posté 437 avis et 52 séries (Note moyenne: 3.31)

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Nom série  Undead  posté le 10/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
- Tiens en vlà une idée qu’elle est bonne : et si on prenait un gugusse blond coiffé comme un super sayen et que des démons de Bleach tuaient sa mère et capturaient son petit frère ?
- Ouais pis les démons on les appellerait les Undead et notre gamin ben il deviendrait un super démon de Undead !
- Voilà on a déjà rempli les trois premières pages parce que c’est tellement vu et revu qu’il y a pas besoin d’en faire davantage !
- Ouais pis on envoie notre zéro dans un bar de chasseurs de démons, le Lovecraft, pour qu’il apprenne à se battre ce petit con, parce que les Undead ben ils sont méchaaaaaaaaaants !
- Ouais on va lui tailler une de ces initiations à ce petit con, un monstre à avaler par chapitre !
- T’en fais quoi de la narration de ce Shonen ?
- Pas la peine, les lecteurs s’en tapent royal, ce qu’ils veulent voir c’est des combats trop stylés où y a tellement de détails que tu piges que dalle à ce qui se passe, mais à la fin ben notre gentil il gagne !
- Du détail ? pourtant y en a pas des masses dans les décors du détail ?
- Ben justement on se rattrape là comme on peut. Faut pas que le lecteur il reprenne son souffle ou qu’il commence à comprendre sinon il va bailler.
- Y a du fan service ?
- Non pas encore mais on va ptet en rajouter sur les 4 tomes de cette fantastique série ! Attends un peu y a plein de trucs à refourguer là dedans !
- Ouais parce que c’est un peu court à lire malgré les 160 pages non ?
- Yep c’est pour ça qu’on a emballé le premier tome sous cellophane avec un super badge « The Undead » made in China, histoire que le lecteur trop dég, il puisse pas revenir une demi-heure plus tard chez son libraire pour se faire rembourser, hé pas con hein ?
- Woué on est trop forts !!! Achetez The Undead, les gens que même bidoile.info y zen disent que du bien en citant du Frank Miller sous acides !
- Euh c’est bon là stop on arrête de déconner !

Nom série  Ghost  posté le 03/04/2012 (dernière MAJ le 07/04/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Légèrement moins dithyrambique que les avis précédents, Ghost a tout du polar désabusé instauré au cinéma par Seven avec cette ambiance poisseuse et un rien glauque.

La couverture déjà surprend avec cet enfant ensanglanté au regard vide qui attire de suite l'attention ou l'en détourne.

On a donc droit à l'affaire classique de l'ex flic en quête de rédemption après une opération qui a foiré et s'est soldée par la mort du jeune innocent de la couverture.
On a également droit au psychopathe et à son rôle de fin stratège tout droit sorti des profileurs des séries de TF1 et qui possède 10 kilomètres constants d'avance sur les enquêteurs.
"Of course", l'ex flic est un as de la criminologie et de son instinct et son ancien collègue va venir le sortir de là et le solliciter pour boucler l'enquête...

Tout ceci ne vous donne t-il pas la sensation d'un déjà vu ?
Ah et j'oubliais : notre bon ex-samaritain revoit constamment le fantôme ou ghost de l'enfant qu'il aurait aimé protéger.
Le comble c'est qu'il s'appelle lui même Ghostman !!! Enfin passons...
Les dessins ne sont peut être pas des plus beaux ni conformes à mes goûts mais ils correspondent assez à l’oeuvre...

Et ? Ben c'est tout hormis quelques passages bien effrayants et un rythme qui ne faiblit pour ainsi dire jamais...

Simplement arrivé à la fin. on se demande pourquoi le scénariste n'a pas été un poil plus ambitieux...
Hormis cela voici un polar très honnête mais qui peine à décoller des autres histoires de ce genre, faute d'ambition ?

A lire pour se distraire tout en faisant abstraction du scénario rêvé qu'on ne lira jamais par ici, un fantôme aussi sans aucun doute...

Étrange que Ankama ait publié un récit aussi commun au sein de sa collection "Hostile Holster" alors qu'on y trouve d'autres perles autrement plus ambitieuses...

Nom série  Sept Dragons  posté le 28/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Oh la jolie surprise que voilà !

Voici enfin LE tome de la seconde saison de la série 7 qui va sauver les autres titres sympathiques mais pas tous indispensables.

Même si l’histoire démarre au quart de tour avec un épique combat d’une petite escouade de 5 aventuriers contre un dragon digne d’un scénario de Donjons & Dragons.

Euh wait a minute ? Pourquoi seulement 5 personnages alors que les couvertures en présentent 7 ????

Voilà déjà la première nouveauté de ce Sept particulier, présenter les différents protagonistes au fur et à mesure comme l’avait si bien fait en son temps 7 Yakuzas.

Portés par des dessins joliment colorés, Sylvain Guinebaud, spécialiste de l’Heroic Fantasy emprunte un style rappelant celui des Lanfeust assez clair et aéré.

La comparaison peut s’arrêter là (puis qui suis-je pour juger alors que je sais à peine écrire et surement pas dessiner ? J) car le récit tend à devenir de plus en plus sombre au fil des pages…

Cette escouade doit éliminer les derniers dragons de la terre pour conjurer une malédiction familiale et proclamer un nouveau roi.

Je ne connais pas les influences ou travaux précédents des auteurs mais j’ai eu le sentiment que leur inspiration était directement issue des jeux video avec ces pages « plein écran » magnifiques relevant la supériorité de chaque dragon comme un « boss » de Shadows of the Colossus sur console Sony.

Malgré le peu de nombre de pages en défi de ce qui y est raconté, on prend son temps, parsème le récit de quelques flashbacks éclairant les origines de cette histoire ou on s’enivre dans une quelconque auberge.
Tout cela pour arriver à une conclusion aussi surprenante que brutale et parfaitement bien illustrée qui va donner quelques sueurs froides et une toute autre orientation digne des meilleurs canevas cinématographiques de Mr. Night Shyamalan !!!

Bravo et merci de relancer la série par un one shot se prétant à plusieurs relectures par un scénario malin et pas si classique qu’il n’y parait !!! J

Nom série  Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)  posté le 27/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici un titre dont on peut saluer la réédition par le tout jeune éditeur Urban Comics en charge de la licence Vertigo entre autres, un label affirmant clairement sa position de proposer des comics adultes et sans la contrainte d’un code ou d’une éthique particulière ce qui nous a offert des petits chefs d’œuvre en marge de la production habituelle comme Preacher ou 100 Bullets d’une part ou des mini-séries compilées en intégrale comme WE3 ou justement ce Pride of Baghdad rebaptisé pour l’occasion « Les Seigneurs de Bagdad ».

Reprenons notre respiration

Pour qui connait ou qui a lu WE3, l’œuvre a beau traiter et mettre au premier plan des animaux domestiques comme un chat, un lapin ou un chien, le public visé n’est certainement pas nos chères têtes blondes de par la cruauté et la violence des propos émaillant les pages du récit…

Pour l’œuvre concernée c’est exactement la même chose mais alors que les animaux domestiques desservaient les propos d’une métaphore sur l’utilisation d’innocents pour servir les intérêts guerriers des humains, ici il s’agit d’animaux sauvages asservis par l’homme car capturés pour être placés dans un zoo et témoins malgré eux d’une guerre d’Irak dont on connait les issues…

La première chose qui interpelle, outre le thème utilisé et une couverture atypique, ce sont les dessins incroyablement aérés et fluides. C’est clair, on n’a jamais l’impression qu’il s’agisse d’un comics mais vraiment d’une œuvre d’illustrations animalières au premier abord.

Les couleurs informatisées semblent déplaire au plus grand nombre pourtant je trouve qu’elles retranscrivent parfaitement le déroulement d’une journée d’une ville orientale sous la coupe d’un soleil écrasant.
Les ambiances passent du jaune lumineux aux tons orangés rougeâtres jusqu’à celles plus apaisées de l’horizon.

Pour autant si la colorimétrie est variée et apaisante l’histoire bien que calme en apparence prend place dans une ville en perpétuel danger.

Une troupe de lions aux caractères bien trempés profite d’un bombardement américain sur la ville de Bagdad et la destruction en partie du zoo dans lequel ils croupissent pour s’enfuir et retourner à la vie sauvage.

Mais malgré de singulières rencontres, qui va subvenir à leurs besoins lorsque l’homme leur servait du lapin tous les jours ? Les rancœurs de la captivité vont-elles faire place à l’espoir ?

Le récit décrit fort bien les tempéraments des protagonistes félins.

On a beau s’imaginer qu’ils sont représentés comme des hommes par leurs dialogues, leurs instincts les plus bas nous rappellent qu’il ne s’agit que d’animaux perdus et sans réel autre but que leur propre survie.

Le décor se fond admirablement dans leurs pérégrinations. Ici on sent l’ombre de la guerre, de la chute d’un dictateur mais aucune réelle présence humaine ne viendra déranger en premier lieu la fuite de ce groupe désorganisé qui ne comprend même pas ce qui arrive réellement.

On peut être à la fois horrifié ou amusé du comportement de ces bêtes qui ne pensent qu’à se reproduire, se nourrir et survivre dans un milieu hostile. Les rencontres avec d’autres animaux familiers ou inhospitaliers ménagent quelques surprises.

Sans prise de position ou quelconque réel manichéisme, l’histoire se dévore à fond les rouleaux et il est impensable de reposer le bouquin sans aller à son terme.

Quelques passages durs parsèment le tout, chaque animal excepté le petit lionceau fort de son innocence possède une part d’ombre à révéler tout au long de cette histoire inspirée selon les auteurs de réels évènements.

En résulte une œuvre coup de poing unique en son genre qui cherche à distraire sans pour autant nous faire de fracassantes découvertes ou leçons de morale.

J’y ai même trouvé à titre personnel certains reflets d’une poésie que j’affectionne d’Arthur Rimbaud, Le dormeur du val pour ne pas la citer, pour la peinture de la nature dans un environnement hostile et propre à la guerre voire à la mort.

Tour à tour surprenant, choquant, utile et futile, Pride of Baghdad mérite plus qu’une simple lecture mais de figurer dignement auprès des autres œuvres Vertigo dont l’éclectisme me séduit de plus en plus…

Nom série  En Mer  posté le 22/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très joli petit recueil d’illustrations sur le quotidien d’un poète improvisé marin, ce petit bouquin n’a qu’un seul véritable défaut : il se lit très voire trop rapidement.

A raison d’une case en noir et blanc par page sur un tout petit format admirablement réalisé, il semblerait que l’auteur dont c’est la première œuvre ici même a écrit et réalisé cette histoire en 5 ans.

Faudrait il prendre son temps afin de savourer de jolis dessins rétros avec un colosse embarqué malgré lui sur un bateau ? Oui et non, la lecture est agréable, plus violente qu’il n’y parait avec un abordage de pirates dont les conséquences vont influencer définitivement sa vie et également son inspiration…

Les quelques bulles laissent place à des silences en mer, à des tâches ingrates et répétitives. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une métaphore du passage à l’âge adulte avec toutes les responsabilités que cela peut incomber dans un milieu aussi beau qu’inhospitalier : la mer…

La seconde partie est ainsi la plus réussie et le plus gros reproche à l’encontre de cette œuvre est qu’elle est trop brève pour s’y attacher réellement.

Quelque part c’est sûrement le souhait de l’auteur. Malgré tout ce n’est pas aussi touchant et bouleversant que j’aurais aimé le ressentir et même si la fin convenue reste jolie, elle arrive bien bien trop vite (la répétition est voulue) à mon humble goût.

Néanmoins la réalisation éditoriale est exemplaire, un tout petit bouquin bleu et doré avec un papier précieux rappelant le carnet de notre poète… Selon la sensibilité de chacun on peut complètement passer au dessus de cette œuvre pas forcément essentielle ou s’en satisfaire et la relire au gré des humeurs, il s’agit peut-être des cinq plus calmes minutes d’une journée pour une vie complète et ça reste le compagnon idéal pour s’endormir les yeux dans les étoiles.

Voici la bd la plus inutile et futile depuis Va et Vient d’Emmanuel Guibert mais également attachante et attractive, elle peut davantage plaire qu'exaspérer donc après tout pourquoi pas ?

Nom série  Gyakushu !  posté le 27/11/2011 (dernière MAJ le 21/03/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
On va de surprise en surprise avec les éditions Ankama qui non seulement nous dégottent de jolis talents bien de chez nous pour leur label 619 mais également quelques figures de proues de la scène indépendante comme Blue Estate de Viktor Kalvachev mais également cet OVNI tout droit sorti de l'imagination débridée de son auteur Dan Hipp.

Gyakushu ! (Vengeance !) ne donne pourtant pas très envie a priori. J'avoue que les pages représentées ici même me donnent plutôt envie de fuir la lecture avec ce style rétro à la Tezuka ainsi que le dessin très (trop ?) épuré.

L'histoire de vengeance à la Kill Bill ou Lady Snowblood dans un monde mi heroic fantasy mi Spawn/Darkman n'a en soi rien de fichtrement original.

Les références de duel à la Sergio Leone sont également légion ainsi l'identité du voleur, principal protagoniste, est soigneusement éludée de la même façon que l'homme sans nom incarné par Clint Eastwood dans la trilogie du dollar.

Ce voleur, sorte de Robin des Bois un rien désinvolte, brave les autorités par jeu afin de dérober moult trésors.
Souhaitant élever son fils à l'abri avec sa compagne dans une contrée lointaine, il va être retrouvé par un sinistre Empereur et laissé pour mort après le massacre de sa propre famille.

Ressuscité sous la forme d'une créature recouverte de bandelettes, il est grand temps de régler les comptes à ses agresseurs 15 ans plus tard dans un pays dévasté par la tyrannie de son principal ennemi....

Avec un tel pitch il y a plusieurs façons d'opérer... Soit on s'y prend très au sérieux sous peine de se vautrer dans le ridicule des plus convenus soit on profite de la minceur du scénario et de sa banalité pour en faire un gros délire propre aux expériences graphiques et narratives des plus variées....

Et Dan Hipp a heureusement choisi la deuxième option en multipliant cadrages nerveux et un usage du noir et blanc à la Scott Pilgrim pour alterner scènes de flashbacks et charcutages bien en règle.

L'utilisation d'un mystérieux narrateur rythmant le récit à sa guise en nous envoyant dans le passé ou le présent du Voleur est plutôt ingénieuse car on évite la linéarité d'un récit convenu tout en ayant droit à quelques pincées d'humour plus que bienvenues.

Il n'a rien de révolutionnaire dans tout cela et les presque 200 pages du premier tome s'avalent trop rapidement mais lire un truc aussi nerveux et divertissant sans grande réflexion a quelque chose de réjouissant que j’appellerai comme de la satisfaction

Seul hic : le cliffhanger final du 1er tome soulève quelques questions en suspens et me rend impatient de lire les mésaventures de ce Voleur charcuteur mais comme le dit si bien le narrateur de cette histoire : Tout va mal finir !

D'ailleurs le 2ème volume éclate davantage l'ordre narratif en virevoltant dans le présent et le passé sans que l'on soit pour autant perdu grâce à l'aide du narrateur.
Une fois de plus, pas de quartier avec trois frères psychopathes complètement allumés du cigare et un commanditaire masqué qui semble bien connaître notre héros...

Quelques amputations plus tard et des révélations qui relancent la mécanique et notre intérêt un rien perturbé par ce mélange pop et indépendant et on arrive déjà à la fin de ce chapitre avec pas mal de réponses mais avec de nouvelles questions en suspens.

Et bien tant mieux pour une fois et pour notre plus grand plaisir !

Enfin le 3ème et dernier tome offre son lot de surprises et résolve toutes les intrigues en cours.
D’ailleurs la lecture seule du dernier acte justifie l’intérêt de toute la série au complet. Grosso modo, ça charcle toujours autant mais avec un soupçon imaginé de tension et d’émotion.

Dan Hipp manipule parfaitement la narration et en joue diaboliquement avec le lecteur pour offrir une digne fin à la hauteur d’une grande saga.

Utilisant les mécanismes d’une narration éclatée et de révélations redonnant une toute autre lecture à Gyakushu, une fois la dernière page tournée le cruel sentiment de relire la totalité des quelques 600 pages se fait cruellement ressentir.

Si l’histoire n’a en soi rien d’original, c’est la recette utilisée avec cette patte graphique simpliste mais non pas simplifiée qui donne toute sa saveur à cet incroyable melting pot d’influences.

D’un intérêt initial plus qu’incertain, Gyakushu entraine et captive jusqu'à rendre le récit haletant jusqu'à la dernière case.

Les personnages ont beau être peu développés, on comprend leurs motivations et ambitions en quelques cases.

Du coup l’ensemble est plus que hautement recommandable et Dan Hipp offre un lot de passages épiques voire bouleversants sans abandonner aucun de ses protagonistes.

C’est bien la caractéristique des grandes œuvres cultes, celles qui n’auront jamais un impact commercial monstrueux mais qui auront touché ou diverti les quelques bonnes âmes courageuses pour les découvrir.

À noter un travail d’édition remarquable de la part d’Ankama. Belle découverte pour ma part.

Nom série  Ranxerox  posté le 16/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
A l’inverse de Spooky, je n’ai pas loupé la période post punk et suis même attiré par certaines œuvres dites trash ou irrévencieuses et Ranx faisait partie d’un quotidien alternatif dans les années 80.
D’abord publiées dans l’Echo des Savanes, l’histoire de ce robot serviable envers Loubna une ado tête à claques et de leurs délires ont même fait l’objet d’un jeu video. Il était de très bon gout pour paraitre « rebelle » à l’époque de dire que Ranx c’est « trop de la balle » et que c’est « pas pour les tapettes ».

Presque 30 ans après il reste quoi de ce vestige né d’une marque de copieurs dont tout le monde a oublié le nom aujourd’hui ?

Et bien pas grand-chose du tout car il faut bien dire que si Liberatore a du talent, son style est devenu archi daté tout autant que les histoires qu’il illustre. De la baston, un peu de cul ou de provoc surtout, de la drogue pour faire « in » et un héros avec une tête de con façon skinhead à lunettes habillé par Jean-Paul Gaultier…

Bref ce qui avait pas ou peu d’intérêt à l’époque n’en a plus du tout aujourd’hui, la faute à des scénarios privilégiant un univers et une ambiance dirons-nous à une histoire qui tienne un tantinet la route ou qui soit divertissante.

Le slogan hurlait « Lisez et vous crierez pitié » et je crois qu’il n’y a pas mieux pour résumer Ranx ce dinosaure du 9ème art !

Nom série  Reanimator  posté le 27/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Grand classique du cinéma gore des années 80, Re-Animator avait tout pour me plaire malgré son petit budget, de la musique empruntée à Bernard Hermann sur Psychose au charisme de Jeffrey Combs interprétant le fameux Docteur West.
Bien sûr, ce fameux film ayant donné lieu à deux séquelles s’inspirait en toute liberté d’une nouvelle de Lovecraft que j’ai lue bien plus tard et qui a eu le don de me procurer de sacrées sueurs froides en un minimum de pages…

Ici l’auteur Calvez, grand fan de Lovecraft et des divinités de Ctulhu, a fait le pari d’adapter l’œuvre originale en étant fidèle à l’auteur. Exit donc le gore et le coté grand guignol de la version cinéma et place à la sobriété et à la suggestion du départ.

Mais au fait ça parle de quoi ce bouquin ?
On revisite le mythe de Frankenstein plus que celui sempiternel des zombies. Ici le Docteur West expérimente une injection révolutionnaire qui ramène tout être vivant à la vie dans des conditions forcément un peu contrariées.

Le fait d’utiliser un dessin presque monochrome, d’utiliser peu de phylactères si ce n’est pour les séquences « choc », un narrateur externe en la présence du fidèle assistant ami et le refus de trop en montrer provoquent un sentiment de malaise presque inconscient pour le lecteur.

En effet il ne faut pas s’attendre à être émerveillé par les dessins et se laisser guider par le rythme lent mais allant crescendo pour mieux s’en imprégner. L’ambiance lourde est bien présente et les dessins sont plutôt réussis dans un style hachuré et crayonné me rappelant un peu From Hell. La réaction des « réanimés » a beau souvent être hors cadre ou brêve, l’effet de malaise est saisissant et en cela Calvez réussit tout à fait le pari de son adaptation.

Le seul souci c’est l’utilité de cette adaptation qui décevra les fans du film mais régalera ceux du bouquin sans pour autant les surprendre… L’expérience est tout à fait dérangeante et fidèle. Reanimator est une œuvre noire et à part dans Lovecraft car n’utilisant aucune divinité de son bestiaire habituel.
Ceux qui s’attendent à une enième bd d’horreur avec moult effets graphiques à la Crossed de Garth Ennis seront sûrement déçus mais les autres qui voudront faire l’expérience d’un récit sobre et flippant devraient en tenter la lecture…

Un 3.5/5 arrondi à 3 car rien ne vaut néanmoins la lecture de la nouvelle originale de Lovecraft.

Nom série  Troubles fêtes  posté le 23/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bof, tout ça pour ça ????

Ce bouquin qui était un peu devenu ma quête du Graal du fait de ses relatives bonnes critiques et surtout de sa rareté est finalement bien décevant...

Il ne suffit clairement pas de s'appeler Loisel pour offrir un art-book légèrement érotique/pornographique/cochon/émoustillant pour que cela soit de la bonne came. Surtout si les dessins ne sont clairement pas à la hauteur de ce que le "maître" sait faire dans ses 2 oeuvres phare...

Les dessins semblent de surcroit être agrandis ce qui n'arrange rien et ces histoires de cul avec centaure ou bergères fripponnes ou parties fines à la DSK à Venise ne m'ont ni excité ni interpellé...

Comme le souligne Miranda le texte est peut-être encore ce qu'il y a de plus charmant dans ce petit bouquin bien mal rempli et pas du tout homogène...

Comme quoi on peut s'appeler Loisel et se planter royalement !!!! Pas du tout un truc pour moi

Nom série  Le Petit Monde  posté le 17/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Une vraie gifle sortie de nulle part, mais du genre de celles qui vous carressent pour mieux vous surprendre !

De Morvan je ne connaissais rien ou si peu, qu’il est prolifique et apprécié et basta mais j’ai beaucoup apprécié ce qui ressort comme étant surement le meilleur opus de la série 7 à savoir son « 7 Yakusas ».

C’est un peu le Jodorowsky de la culture japonaise, un type à l’imagination débordante sachant s’entourer des meilleures révélations au crayon. Et ce n’est surement pas « Le Petit Monde » qui m’empêchera de prétendre le contraire tant cette œuvre est unique par son style et sa narration débridée…

Imaginez vous l’univers de Peter Pan déclinée en fable futuriste et violente et vous aurez une idée du voyage en apnée que nous offrent sur un plateau JD Morvan et son mystérieux dessinateur chinois Terada.
En effet sans être nécessairement familier à l’univers de J.M Barrie, on en reconnait vite les personnages et l’univers transposé dans une société éclatée en plusieurs strates et dont chacun des 3 tomes de cette œuvre nous y fera descendre tels les niveaux d’un jeu video complètement barré.

Car si l’ensemble se lit vite et de façon particulièrement claire, tout va vite dans ce petit monde dont le titre faussement naïf rappelle celui de Aldous Huxley et de son ironique chef d’œuvre « Le meilleurs des mondes ». Morvan délivre un univers cohérent où les classes sociales se superposent dans les bidonvilles aux accents latins d’Amérique du Sud.

En haut, on se déplace en jet privé ou petite voiture british, les contours sont arrondis et les droides remplacent les devoirs parentaux. La meileure communication ? se plonger dans des rêves virtuels illicites afin de se sortir d’un quotidien trop aseptisé.

En bas dans les « favelas », tout le monde est solidaire, se serre les coudes et la technologie laisse place à des épaves. Les angles se resserent et deviennent anguleux et la violence règne en règle. Les notables « descendent » des beaux quartiers pour y trouver de quoi se shooter ou prendre du plaisir avec des filles faciles… La fée Clochette devient un délire de junkie… Tout n’est qu’une quête à lutter contre la solitude et l’ennui…

Au milieu de tout cela, Kumiko, fille d’un ambassadeur japonais, va tenter de trouver du réconfort avec l’écorché vif Piedra mais le Capitan Gancho, rival manchot de ce dernier, n’hésitera pas à les traquer par pure ambition vénale et/ou sentiment de jalousie…

Le bel univers cruel de J.M. Barrie est un écrin de qualité pour permettre à JD Morvan de se lâcher à toutes berzingues sur les dessins dingues et inspirés de l’inconnu Terada ! Un joli prétexte qui offre des angles et des perspectives de folie avec des séquences d’action voire même d’animation absolument démentes ! Les couleurs pastel sont tout à fait adaptées pour un spectacle visuel qui n’omet pas la poésie et de jolis moments d’accalmie.

Le fait de mixer format franco-belge et dessins d’influence manga est un choix judicieux. Terada ne manque pas de talents ni d’humour dans la façon très particulière de mettre tout ce petit monde en scène sans perdre le lecteur ni le prendre par la main.
Qu’il s’agisse d’une poursuite de véhicules sur autoroute, de gunfights à la Tarantino ou d’un assaut sur les eaux, on est pris à la gorge comme devant un film à grand spectacle.

Au final je me demande si le gamin qui ne veut pas grandir, ce n’est pas un peu moi qui ai pris un pied pas possible à lire une histoire qui a le mérite de rester cohérente de la première à la dernière page… Lire Peter Pan à la sauce Dragonball au rythme d’une séquence d’action à la Matrix, ça n’arrive pas si souvent mais je veux bien me shooter également pour m’y replonger et en redemande encore car le seul véritable défaut de cette série, c’est qu’elle est finie !

Merci à la communauté BDT pour m’avoir fait découvrir presque par erreur cette série qui mérite amplement d’être reconnue à juste titre… Un gros, gros, gros coup de cœur !

Nom série  Sherlock Holmes et les vampires de Londres  posté le 13/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Belle opération de séduction de la part d’un éditeur en pleine rédemption, Sherlock Holmes et les Vampires de Londres avait pourtant tout du projet bancal et casse-gueules mais réunit suffisamment de qualités pour faire passer son scénario hautement peu crédible pour les fans du détective de Baker Street ainsi que les amateurs de vampires dont les codes ont été scrupuleusement respectés.

La collection 1800 dont cette œuvre fait office de baptême du feu pour moi est une excellente méthode pour mixer habilement uchronies et surtout les boucler en deux tomes.

Il ne faut pas croire pour autant que l’histoire est bâclée puisque cette histoire maintient toutes ses promesses en terme d’inventivité et de respect des mondes dont elle s’inspire.

Première bonne idée, on a en effet affaire à un Sherlock Holmes qui relate dans un courrier intime à un Watson absent, mais plus que présent, ses déboires, suite à sa pseudo mort contre son ennemi juré Moriarty et les efforts qu’il consent pour masquer son identité.

Plusieurs attentats d’ordre surnaturels vont le ramener à Londres contre son gré afin de lutter contre une communauté de vampires protégée par la reine Victoria. Faisant fi de ses talents de déduction, c’est dans l’urgence et l’apprentissage de nouvelles règles qu’il va devoir se plier pour contrer une menace politique peut être encore plus importante que les exactions d’un vampire psychopathe…

Si rien ne parait clair à la lecture de ces quelques lignes, je rassure de suite l’amateur en l’incitant à s’immerger pleinement dans cette histoire haletante et relativement bien troussée. Un relent de Jack l’éventreur épaissi de quelques litres de sang à déguster plane sur ces deux tomes que j’ai dévorés pleinement.

Les dessins ne sont pas en reste malgré quelques erreurs parfois grotesques (voir la façon amateur dont la mer est dessinée en plein mouvement !!!), et une fin peut-être un peu trop rapide n’entache en rien un récit tourné vers l’action et le mystère.
Le dessin reste de bien belle facture et reconstitue avec minutie une ville de Londres aussi mystérieuse et ludique qu’un tel récit l’exige.

Bref j’ai adoré et recommande pleinement cette aventure inédite du plus célèbre des détectives, qu’on l’apprécie ou pas. Les amateurs de vampires vont être eux pleinement comblés. Hâte de lire l’incursion de Conan Doyle chez Lovecraft par les mêmes auteurs. !

Nom série  Marvel zombies  posté le 06/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ça faisait déjà longtemps que je tournais autour de ce titre intriguant.

Grand fan de zombies (la révélation s’est effectuée à mon adolescence lors de ce week end béni des dieux où je venais de louer le premier Evil Dead !!!), l’idée d’en proposer une récréation par le Romero de la Bd, Robert Kirkman himself, en s’attaquant aux super héros Marvel n’est pas une mauvaise idée en soi et m’a plutôt émoustillé.

En effet, si on s’en tient à un délire potache uniquement, voir Spidey décomposé avec mâchoire cadavérique et jambe osseuse apparente peut avoir ce quelque chose de réjouissant dans le cadre d’un divertissement pur et dur.

Ces athètes increvables que constituent Hulk, X-Men et autres Vengeurs soumis à une situation dépassant l’entendement et malmenés par l’auteur qui a su si bien en retranscrire les codes par Walking Dead ne pouvait qu’aboutir à un résultat probant.

Et bien non, mille fois non.
L’idée de base, à savoir qu’une météorite zombifie tous ces héros qui ne pensent plus qu’à s’entretuer entre eux pour « bouffer » après avoir nettoyé toute la planète, est une idée morte à la base même de son essence puisque ce postulat ne sera jamais réellement bien exploité au-delà de ce simple pitch.

Déjà, zéro humour : il n’y a rien de marrant ou de poilant dans cette situation. Non pas que ce soit déjà fort hilarant en soi mais les auteurs décident de le traiter à la mode « sérieuse » comme s’il y avait quelque chose de dramatique à défendre alors que ce n’est pas du tout le cas. Aucune tension n’émaille de ce récit fort répétitif où on discute beaucoup pour ne rien dire. On va bouffer un Silver Surfer qui passe par là, on se débarrasse de quelques oripeaux à l’état de putréfaction et c’est reparti comme en 40.

Ridicule. Ridicule d’autant plus qu’on a fait le tour de l’idée en un seul chapitre que l’on s’évertue à répéter inlassablement et sans aucun second degré. Pire encore, les individualités des différents super héros (on parle quand même d’Iron Man, Wolverine ou Spider-Man nom de Dieu !) sont étouffées dans l’œuf et transparentes au possible.

Du coup on se fiche royalement des non-événements leur tombant dessus. Il n’y a aucun trait de caractère initial qui ressort de tout ce gloubi-boulga si indigeste qu’il ennuie plus qu’il n’écoeure ou amuse.
Sean Philips dont j’avais déjà gouté les talents sans enthousiasme dans le pourtant très bon 7 Psychopathes livre ici un pur travail de commande : dessins classiques faits à la va-vite sans talent ni caractère.

Bruce Banner alias Hulk change plusieurs fois d’apparence sous sa forme humaine, les décors se bornent uniquement à représenter des immeubles détruits, plus caricatural que cela tu meurs…. La grande invention du 3ème tome (qui correspond à la suite du premier, cherchez-pas-c’est-normal-et-c’est-l’éditeur-qui-a-fait-ce-choix !!!) c’est que les méchants zombies deviennent bons en pratiquant le jeun ! Whouah la grande invention du siècle !!!

Je pensais que le second tome introduisant Ash d’Evil Dead (que vient il foutre ici d’ailleurs ?) allait arranger le tout mais c’est limite encore plus indigeste malgré l’apport d’un peu d’humour bien au ras des paquerettes et d’un Howard The Duck Zombie bien trop bref pour être marquant…

On est au degré zéro de la tolérance et finir ces trois tomes a été aussi laborieux que pénible. Ou comment faire un bête produit de consommation avec un sujet à la mode….

Allez tout n’est pas si négatif, j’ai économisé mon pognon grâce au pote qui m’a gracieusement prêté sa collection que je vais m’empresser de lui rendre en l’état (ça me ferait bien ch… de les abimer pour devoir les rembourser) et j’envisage très sérieusement de passer tous mes autres avis d’une étoile à deux afin de bien les distinguer de ce ramassis de conneries que constitue ce piètre Marvel Zombies.

A quand Captain America VS. Michael Vendetta ? A ce stade là il n’est pas impossible que ça voit le jour si l’autre crétin accède un jour au succès qu’il revendique et que j’espère il n’aura jamais droit…. Tout comme ce comics de bien piètre facture…

Lamentable de la première à la dernière page...

Nom série  La Caste des Méta-barons  posté le 01/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Petit retour en arrière, Noël 1996 : ma mère s’adjoint les services d’un de mes amis pour m’offrir un ensemble de bandes dessinées qu’il choisira à sa place.

Sur les ouvrages référencés, un curieux coffret de trois volumes avec ce titre curieux qui n’évoque rien pour l’amateur encore novice que j’étais : « La caste des Méta-Barons ».
N’étant pas fan de dessins trop réalistes ni de contes trop historiques, je déchante un peu de ce choix d’autant plus que j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas d’une trilogie achevée…
Le nom de Gimenez m’évoque l’Espagne de Guernica, le nom de Jodorowsky celui d’un écrivain polonais. J’ai tout faux mais à peine 25 ans …

Puis toujours sceptique je me lance dans la lecture et reste stupéfait non pas de la modernité des propos mais de la tournure d’une histoire que je trouvais aussi novatrice que choquante et un certain style unique des dessins et de la mise en couleur toute en teintes bleutées métalliques…

Janvier 2012 : J’ai acheté tous les autres tomes existants dès leur parution, l’hors série « La maison des ancêtres », en ai lu quelques uns mais jamais la caste dans sa totalité… Entretemps j’ai gouté aux joies de L’Incal et des autres séries déviantes de cet auteur atypique chilien et prends le temps de lire enfin la série dans sa totalité. J’ai tout juste et tout juste 40 ans.

N’y allons pas par 4 chemins, le coup de cœur n’y est plus mais l’intérêt de lire une saga qui doit ses origines à un personnage secondaire de l’Incal et aux rêves abrégés par Jodo de réaliser sur grand écran le film Dune et retranscrits ici sont bien présents.

Le Méta-Baron est un être invulnérable qui évolue dans un Space Opera de pacotilles donc où peut-être l’intérêt de raconter des aventures dont il va se sortir indemne à coup sûr ?

Voilà l’astuce, raconter par le biais de ses robots de service Tonto et Lothar la genèse d’une dynastie décidément pas comme les autres qui éduque les enfants à grands coups de mutilation et de sacrifice. De tous ces liens familiaux se tisse un drame de dimension presque antique alternant le merveilleux à la stupéfaction mais jamais l’ennui.

Un peu de cul, d’un vocabulaire tout droit tiré de l’Incal dont l’univers est encore bien présent ici et dont on croise brièvement certains décors ou protagonistes, beaucoup de cruauté et de retournements familiaux au sein d’une famille qui flirte dangereusement avec les codes du bien pensant.

Le tout est emballé par les dessins virtuoses d’un Gimenez qui en profite pour améliorer ses techniques au fil des albums et qu’importe si on frôle parfois le grotesque tant qu’on en détient l’ivresse. Ce qui peut paraître répétitif ne l’est finalement pas. J’apprécie également la conclusion qui met un terme à la caste pour de bonnes raisons.

Pour peu que l’on accroche aux délires de Jodorowsky il y a beaucoup de plaisir à tirer de cette œuvre qui reste parmi les plus accessibles du maître. Vivement recommandé !

Nom série  Les Armes du Méta-Baron  posté le 30/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alors afin de bien comprendre ce qui va suivre, il est peut être utile de préciser la « genèse » de ce projet.

En effet Jodorowsky adore son personnage de Sans-Nom, le dernier Méta-Baron déjà plus qu’aperçu dans « L'Incal » où il n’était qu’un protagoniste secondaire et surtout dans « La Caste des Méta-barons » expliquant la longue et douloureuse histoire de sa dynastie.

D’ailleurs le huitième et ultime tome de la caste s’achevait dans une pirouette purement jodorowskyenne en précisant le retour de notre héros dans de nouvelles aventures…

Était-ce de trop ? A la lecture de ce one-shot, oui mille fois oui hélas…

Jodo a la faculté de s’adjoindre les talents de dessinateurs renommés mettant en images les délires du « maitre ». Ce qui était parti pour être une longue série ambitieuse est devenu un plat sans saveur. Pourtant Travis Charest est surement un des plus doués de sa génération mais les 7 ans nécessaires pour pondre une petite trentaine de pages absolument magnifiques malgré l’emploi de l’informatique ont eu raison de sa collaboration avec Jodorowsky.

Au lieu de laisser tomber un scénario déjà pas foutrement intéressant (en gros le chauve mutilé pète la gueule à tout le monde pour s’octroyer des armes le rendant plus invulnérable qu’il ne l’est déjà !!!), Jodo a poussé le vice en demandant à son âme dévouée Janjetov de compléter le début et la fin de cette aventure en justifiant cette différence graphique par le biais bien pratique du « rêve ».

Janjetov que j’ai connu bien plus inspiré graphiquement notamment sur les Technopères de la même bande rend un travail honnête mais forcément en deçà des planches sublimes de Charest.

Mais là n’est pas le problème. Ici il s’agit clairement de l’œuvre la plus décevante d’un Jodorowsky en panne totale d’inspiration !
C’est même simple, il reprend de nouveau à son compte l’origine de Sans-Nom et du combat mortel qu’il livre à son père-mère alors que cette partie de l’histoire a déjà été largement racontée dans « La Caste des Méta-Barons » d’où un effet répétitif immédiat pour le lecteur aguerri.

Le pire c’est qu’il s’agit en plus de la partie la plus intéressante de cette histoire car le reste n’est que prétexte à délires psycho-narcotiques où on ne comprend rien (ellipses importantes), où rien n’est palpitant (le Méta-Baron est increvable, tout le monde le sait depuis longtemps).

L’intérêt de la Caste était de proposer des embuches, mensonges et trahisons sur le parcours de personnages semi-immortels.
Ici rien de cela, tout est balisé de A à Z et on s’emmerde comme pas permis… La lecture étant de surcroit rapide, le seul plaisir pris a été d’admirer certaines planches des deux auteurs mais très honnêtement la seule satisfaction est de savoir que Les armes du Méta-Baron est un fiasco total et qu’il n’y aura je l’espère plus d’autre rendez-vous avec Sans-Nom dont tout a déjà été dit et fait.

Il aurait été bien plus judicieux d’insérer les planches de Charest en bonus dans l’hors série « La maison des ancêtres » que de prolonger artificiellement la sauce de façon indigeste. Reste un beau bouquin à feuilleter pour en contempler la beauté évidente mais quel gâchis pour une histoire qui n’a ni queue ni tête !

Nom série  Paf et Hencule  posté le 29/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bienvenue dans le monde bouleversant de Paf & Hencule dont les inénarrables aventures initialement parues en blog sont compilées dans ce recueil intégral incluant une préface de Bastien Vives et une aventure inédite de Satin et Miloutre...

Et après ? Est-ce bien cela le merveilleux bouquin trash interdit par la censure que tout le monde s'arrache et qui fait rire les esprits les plus pervers ?

Mouais, si on passe sur le dessin d'une rare laideur et sans aucun intérêt, ces strips de 3 cases peuvent éventuellement prêter à sourire mais pour un truc subversif et se voulant choquant, on repassera !

Quitte à lire du trash de qualité autant se tourner ver les oeuvres de Vuillemin ou de Winshluss avec Pat Boon en mémoire.

Disons que le mérite réside que ça peut se laisser lire pour passer le temps mais ça n'ira guère plus loin.

Ni aussi choquant que prétendu ni aussi drôle que prévu, Pat & Hencule se distingue par un dessin aussi maitrisé que les gravures que je réalisais en 4ème sur mon banc et qui m'ont valu une exclusion d'une journée !!!

La préface de Bastien Vivès m'a surtout donné envie de lire Polina pour son trait si particulier. En dehors de cela, ben tant mieux si ça plait grâce à l'étiquette d’œuvre soi disant censurée !

Bon bref suivant !

Nom série  Medina  posté le 08/05/2011 (dernière MAJ le 18/01/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cela fait déjà un petit bout de temps que je lorgne sur les oeuvres de Yacine Elghorri.
J'avoue ne pas être totalement indifférent à son style de dessins au trait gras légèrement nippon (ni mauvais ) bref on peut ne pas apprécier mais il faut reconnaître que son style est inimitable.
J'ai beau connaître un peu les oeuvres de Moebius et d'Otomo, je n'ai nul besoin d'en faire la comparaison. Pour sur ce jeune dessinateur est peut être loin encore d'en égaler leurs talents respectifs mais c'est plutôt du coté du scénario et des influences que les références science fiction s'accumulent.

Surement un peu trop d'ailleurs... mais Jean Dufaux s'en explique dans sa longue préface, préférant surement prévenir le lecteur abusé que de lui laisser entrevoir une quelconque supercherie ou contrefaçon... Pour lui Medina constitue une récréation où l'action est privilégiée au réalisme ou aux dialogues. Je ne vais pas contrarier ce monsieur d'autant plus que je n'ai à ma connaissance lu aucune des autres bds nées de sa plume...

Car de quoi Medina parle au juste ? De poncifs battus et rabattus dans le petit monde de la SF guerrière... En gros une ville justement nommée Medina représente le fort Alamo des derniers remparts de l'humanité face à l'attaque de Drax, des gros vilains pas beaux pouvant infecter et métamorphoser leurs ennemis...

Une femme enceinte et engrossée par Boso le clown euh Boso 1 pardon le chef des méchants que personne n'a encore vu (peut être même pas les auteurs ) va devenir l'enjeu des deux parties....

Problème : elle est faite prisonnière par les humains dans Medina encerclée de toutes parts par les Drax !

Si ces quelques lignes difficiles à déchiffrer et le dessin de Elghorri vous plaisent, alors foncez ! Voici une oeuvre de pur divertissement qui ne vous décevra pas.

Par contre si vous êtes plutôt du style blasé et que vous cherchez une oeuvre originale, alors il faudra en faire hélas l'impasse... Les clins d'oeil à Starship Troopers sont énormes (l'auteur fait réellement constamment du pied pour nous les faire remarquer) et la filiation graphique entre les Drax et une bestiole célèbre du peintre H.R Giger peuvent décevoir...

J'aurais fortement apprécié une empreinte personnelle un peu plus poussée que l'utilisation systématique de ces deux classiques instantanés du cinéma Dark Sci-Fi comme on dit même si Yacine Elghorri est avant tout un storyboarder de qualité issu du cinéma.

Cela étant, son empreinte graphique n'est pas mal du tout même si les décors sont souvent sacrifiés au profit d'un découpage lisible mais peu audacieux.

Justement, cette bd manque d'audace et si le tout se lit sans aucun déplaisir (bien au contraire), il lui manque une petite intrigue pour que l'ensemble décolle réellement.

Au final on a la sensation d'avoir lu un premier tome qui ne décolle pas vraiment tout en se prenant au sérieux.
J'espère que le second tome va faire décoller l'ensemble de façon significative car la série déjà annoncée en trois tomes préfigure à mon avis (mais je suis un grand naïf à l'aube de mes quarante balais) que les auteurs savent parfaitement où ils vont...

J'espère réviser complètement cette critique par la suite avec les suites mais si suite il y a, ces suites devront faire ensuite une rupture avec les œuvres dont elle s'inspire, vous suivez ?

Pour l'heure et ça me fait de la peine de le constater également mais je ne peux que suivre l'avis de Miranda... Espérons néanmoins que ce premier volume ne restera pas orphelin en cas d'échec commercial mais malgré l'existence d'une édition spéciale enrichie de quelques pages d'essais graphiques, difficile de vous en recommander l'achat mais une lecture par emprunt reste largement envisageable.

Il y a avec Under ou Cryozone bien mieux dans le même genre balisé.

MAJ TOME 2 :

Pour moi aussi la série s'arrête ici. Je n'ai fait que feuilleter ce second tome et ce que je redoutais semble se poursuivre avec un environnement identique et des avis lus ici et là ne me poussant pas à investir dans la suite dont les évènements ont l'air de se répéter inutilement.

Etant donné que l'intérêt initial n'était déjà pas énorme je préfère me tourner vers une série comme Factory du même auteur plutôt que cette bluette peu captivante tout en n'écartant pas un retour vers l'achat si la conclusion du troisième et dernier tome serait à la hauteur mais à priori les miracles n'existent pas...

Nom série  Sang Royal  posté le 16/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sacré Jodo, il vient de nous pondre cette fois un condensé de toute son œuvre, une sorte de Reader’s Digest qui n’aurait conservé que les extrêmes de son écriture à savoir les troubles incestueux de Borgia, les mutilations des Métabarons, la violence trash de Juan Solo tout en laissant de coté également malheureusement l’humour et la poésie de son œuvre principale, L’Incal.

Porté par le dessin sombre et pictural d’un dessinateur qui ne devrait pas rester inconnu, ce dyptique dont la fin laisse néanmoins présager une suite attendue est bancal d’un bout à l’autre.
Et pourtant le bougre arrive encore à captiver son lectorat, au moins le temps d’une première lecture, le laissant stupéfait par tant de talent mélangé avec des facilités étonnantes pour un auteur de ce calibre.

En gros, l’histoire se déroule sur une terre inconnue, dans des contrées inconnues avec des enjeux empiriques inconnus. Le détail qui était parfois trop envahissant dans le monde de l’Incal et de toutes ses séries dérivées est ici réduit à peau de chagrin.

D’ailleurs on ne s’embarrasse pas de détails en allant droit au but. Passé un début de bataille entre deux armées de fantassins et de cavaliers dont la barbarie égale la beauté de certaines cases ressemblant à des tableaux baroques, le roi blessé laisse son armure et son identité à son cousin dans l’attente de se refaire une santé et de porter les troupes vers la victoire. Ce dernier profite de l’occasion pour faire volte face et usurper son identité, son pouvoir ainsi que les faveurs de la reine tout en laissant le véritable sire à l’agonie…

Mais ce dernier va se soigner et recouvrer la mémoire… Tout n’est qu’une question de temps afin de récupérer tout ce qu’il a perdu…. Et bien sur avec Jodorowsky on ne va pas passer au travers de situations scabreuses voire totalement ridicules « Plante ton dard dans mon trou » peut faire office d’une réplique culte et complètement hors contexte dont on se souviendra encore longtemps dans les mémoires de bédéphile !

Ce qui est agaçant par contre c’est la facilité avec laquelle Jodo rend presque légitime toutes ces relations incestueuses mais loin de me choquer comme je le craignais initialement, tout est tellement gros et exagéré que la pilule passe aussi aisément que toutes les autres ficelles d’un scénario chaotique et rapide qui ne s’embarrasse pas des préjugés et défonce tout avec la grâce d’un éléphant sur de la porcelaine.

Le second tome s’affranchit dès lors de toutes les constructions narratives, temporelles et logiques en osant emprunter des raccourcis que même un débutant n’aurait oser imaginer…

Adepte de la planète « Jodo », je dois m’excuser de ce qui va suivre concernant mon avis formel sur cette œuvre complètement à l’ouest et écrite par un vieillard sénile et dépravé qui capitalise essentiellement sur le capital sympathie due à ses anciennes œuvres MAIS j’avoue avoir eu un plaisir coupable à lire tant d’aberrations sur un panel de personnages tous des plus dégueulasses d’un bout à l’autre et portés par des dessins aussi figés que magnifiques et détaillés. Dongzi Liu est donc la vraie découverte mais Jodo a toujours su s’entourer de dessinateurs au talent indiscutable.

Le dessin est réellement le point fort mais il faut reconnaitre un certain talent à Jodo pour maintenir un rythme quasi constant et donner le gout de tourner les pages. C’est paradoxal mais pour peu que l’on soit rompu au style mystico-porno-cradingue de l’auteur alors Sang Royal en est une synthèse courte et pas forcément si désagréable mais mieux vaut en rire et recommander la lecture de L’Incal pour toute personne non initiée…

Nom série  Le Déclic  posté le 13/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bienvenue dans le monde merveilleux de Manara où les femmes sont toutes merveilleusement calibrées, n’ont aucun défaut physique et sont toutes de sacrées salopes.

Bienvenue dans le monde merveilleux du Déclic, proclamé comme le chef-d'œuvre de Manara où l’histoire a priori affriolante et délicatement scandaleuse (un dispositif permet à un homme d’exciter sa bonne femme bonne au doigt et à l’œil) utilise tous les artifices et situations afin de placer la demoiselle principale dans l’embarras…

Ça pourrait être fantastique mais Manara ne sait faire que du Manara, ah oui le bougre dessine bien et il le sait mais ses dessins sont -inversement aux attentes de son lectorat- complètement inexpressifs au possible et il n’y a rien de fichtrement bandant dans cette imagerie datée d’Epinal tant j’ai la sensation de voir deux mannequins d’une vitrine Tati se grimper dessus !

Un comble pour une œuvre qui se veut sensuelle ! Manara semble toujours osciller entre deux pôles, son œuvre ne va pas assez loin dans le délire ou le désir et c’est un récit plutôt timide tel qu’on pouvait le lire en cachette dans l’Echo des Savanes des années 80 « whouah t’as vu le Manara ? Oh viiiii c’est trop bon ses bd de cul ! »

D'ailleurs là est le problème, voici un auteur reconnu davantage par son nom et sa facilité à dessiner des bombes parfaites que tout le monde en oublie jusqu'au nom de ses propres oeuvres !

Youpi ! Sauf qu’à l’époque actuelle les mœurs ont évolué et que d’autres bds érotiques antérieures n’ont pas si mal vieilli que cela (je pense notamment aux 110 pilules de Magnus paru aussi dans l’Echo).

Le Déclic sent terriblement la naphtaline des années 80 et de l’époque du «ticket chic, ticket choc » avec un scénario dont ne voudrait même plus M6 pour ses téléfilms érotiques.

Et on annonce cette série comme étant le chef d’œuvre de cet auteur ? Ce n’est même pas ça le plus drôle dans tout ça, non le plus drôle c’est que Le Déclic a eu droit à trois suites ou plutôt trois photocopies avec le même calque ou fil narratif !

Nul doute que Manara a son public et que ses dessins peuvent plaire mais il ne m’a pas touché. Le monsieur aurait dû en rester à l’illustration plutôt que de faire gesticuler artificiellement ses personnages… Dommage.

Nom série  Green Manor  posté le 13/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Belle initiative au départ que cette idée agréable de vouloir recréer une ambiance victorienne calquée sur les activités traumatisantes de l’inépuisable Jack l’Eventreur.

C’est pourtant sur une ambiance feutrée, celle du club de gentlemen, Green Manor, que des événements sordides vont nous être narrés. Mais qui dit sordide ne veut pas dire malsain pour une fois car Fabien Velhmann prend le parti pris de raconter des petites histoires de meurtre sur un ton léger voire enjoué dans un style pouvant rappeler la Quatrième Dimension, le fantastique en moins.

Ce Green Manor sera donc le point de départ de protagonistes à chaque fois différents et pris au cœur d’une histoire de meurtre au canevas non résolu et dont chaque conclusion constitue le fil d’orgue du mécanisme. On peut à la fois s’en amuser ou rester sur sa faim mais chaque historiette (d’une moyenne de 6 pages environ) se laisse lire sans déplaisir.

Si on rajoute à l’ensemble des dessins sympas et plutôt jolis dans la grande tradition de l’école franco-belge on obtient un résultat élégant qui respecte l’ambiance ciblée à la perfection. Le seul reproche formulé à cette jolie mécanique est que je suis resté parfois sur ma faim avec un résultat panaché, d’histoires inédites à d’autres bien plus banales.


La récente compilation des trois premiers tomes en un ouvrage magnifique permet d’en faire un beau cadeau qui plaira au plus grand nombre et pour un grand public mais cela manque peut être parfois de l’audace nécessaire qui aurait pu en faire un titre culte…

La lecture à la suite provoque davantage l’ennui que l’addiction aussi je vous recommande vivement de savourer ce cadavre exquis à l’anglaise en prenant votre temps telle une friandise dont il ne faut pas abuser afin d’en conserver toutes les arômes.

Nom série  The Grocery  posté le 12/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Curieux des productions Ankama, The Grocery a fait dès sa sortie office d’OLMI, objet littéraire mal identifié.
Car si Singelin ne m’avait guère impressionné avec l’opus le plus faiblard des trois histoires de Doggybags, son cursus et son univers ne m’étaient pas pour autant étrangers.

Le fait de traiter un thème que j’affectionne par ailleurs sur d’autres médias comme le cinéma ou le petit écran par le biais d’une œuvre bigarrée avec des êtres tordus en guise de métaphore sur les guerres de quartiers populaires est suffisamment intriguant pour en faire l’impasse.

Comme rapporté par Spooky dans son excellent avis à lire ci-dessous, il ne faut pas se fier au style faussement naïf et enfantin des dessins qui portent le scénario de cette chronique prévue en 3 tomes sous un éclairage nouveau et inédit.

The Grocery du titre c’est la petite épicerie d’un quartier d’une cité américaine où se côtoient jeunes dealers et clodos spirituels. Un peu le centre d’un nulle part, dernier rempart social d’une communauté en sursis dont Elliott fera le trait d’union sans être non plus forcément le héros unique de cette chronique.

Elliott, c’est le fils de l’épicier justement. Son petit gabarit et sa récente arrivée dans le quartier ne l’empêcheront pas de se créer rapidement des amis grâce à sa gouaille et à sa bonne humeur ambiante, un peu le « boy next door » que tout le monde aimerait avoir comme voisin.

Il est cultivé et pourrait aussi très bien se contenter de ses bons résultats scolaires mais l’appel de la rue et de ses facilités ne le prive pas de quelques magouilles en bande avec Lefty, Sixteen et les autres copains du quartier.

Puis il y a aussi cet ex G.I. revenu de la guerre du Koweït pour y retrouver un monde qu’il ne reconnait pas et à qui les subprimes ont tout volé…

Tout cela pourrait en rester là si un psychopathe ne tenait pas à faire main basse sur le quartier de la façon la plus vile et la plus violente qu’il soit… Tout ce beau monde risque de « collapser » à un moment ou un autre…

The Grocery c’est cela et rien d’autre finalement mais comme toute chronique ce premier tome est passionnant à lire et on ne lâche pas le bouquin jusqu’à sa conclusion. Les dessins ont leur style et il est intéressant que les auteurs aient choisi le parti pris de ne pas représenter les protagonistes par des animaux mais des formes humanoïdes inédites et parfaitement identifiables à la fois.

Les couleurs pastel sont superbes également et semblent faites à la main dans un style faussement amateur qui ravit les pupilles pour peu que l’on ne soit pas réticent à toute cette charte graphique.

Le seul hic pour le moment c’est que l’on ne sait pas vraiment vers quelle orientation le récit va se tourner, c’est à la fois aussi un avantage que seule la suite me permettra de juger.
L’absence de personnage féminin n’évite pas pour autant les bons sentiments par rapport à une amitié indéfectible palpable mais on attend vivement la bombe mécanique ou humaine qui fera éclater le tout dans une mise en scène propre et impeccable.

Cette absence de manichéisme et ce panaché de scènes violentes face à quelques traits d’humour (les clodos et leurs réflexions m’ont rappelé le duo intello des tueurs de Sin City) fait la force de cette épicerie dont j’attends la montée en puissance.

Mais plus qu’une introduction, cette mise en bouche confirme le talent de deux auteurs sur un projet casse gueule dont on devrait entendre parler sur la durée…

Rien à voir avec Mutafukaz mais presque aussi bon, je ne peux que vous en recommander la lecture…

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