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... a posté 433 avis et 50 séries (Note moyenne: 3.31)

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Nom série  Gyakushu !  posté le 27/11/2011 (dernière MAJ le 21/03/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
On va de surprise en surprise avec les éditions Ankama qui non seulement nous dégottent de jolis talents bien de chez nous pour leur label 619 mais également quelques figures de proues de la scène indépendante comme Blue Estate de Viktor Kalvachev mais également cet OVNI tout droit sorti de l'imagination débridée de son auteur Dan Hipp.

Gyakushu ! (Vengeance !) ne donne pourtant pas très envie a priori. J'avoue que les pages représentées ici même me donnent plutôt envie de fuir la lecture avec ce style rétro à la Tezuka ainsi que le dessin très (trop ?) épuré.

L'histoire de vengeance à la Kill Bill ou Lady Snowblood dans un monde mi heroic fantasy mi Spawn/Darkman n'a en soi rien de fichtrement original.

Les références de duel à la Sergio Leone sont également légion ainsi l'identité du voleur, principal protagoniste, est soigneusement éludée de la même façon que l'homme sans nom incarné par Clint Eastwood dans la trilogie du dollar.

Ce voleur, sorte de Robin des Bois un rien désinvolte, brave les autorités par jeu afin de dérober moult trésors.
Souhaitant élever son fils à l'abri avec sa compagne dans une contrée lointaine, il va être retrouvé par un sinistre Empereur et laissé pour mort après le massacre de sa propre famille.

Ressuscité sous la forme d'une créature recouverte de bandelettes, il est grand temps de régler les comptes à ses agresseurs 15 ans plus tard dans un pays dévasté par la tyrannie de son principal ennemi....

Avec un tel pitch il y a plusieurs façons d'opérer... Soit on s'y prend très au sérieux sous peine de se vautrer dans le ridicule des plus convenus soit on profite de la minceur du scénario et de sa banalité pour en faire un gros délire propre aux expériences graphiques et narratives des plus variées....

Et Dan Hipp a heureusement choisi la deuxième option en multipliant cadrages nerveux et un usage du noir et blanc à la Scott Pilgrim pour alterner scènes de flashbacks et charcutages bien en règle.

L'utilisation d'un mystérieux narrateur rythmant le récit à sa guise en nous envoyant dans le passé ou le présent du Voleur est plutôt ingénieuse car on évite la linéarité d'un récit convenu tout en ayant droit à quelques pincées d'humour plus que bienvenues.

Il n'a rien de révolutionnaire dans tout cela et les presque 200 pages du premier tome s'avalent trop rapidement mais lire un truc aussi nerveux et divertissant sans grande réflexion a quelque chose de réjouissant que j’appellerai comme de la satisfaction

Seul hic : le cliffhanger final du 1er tome soulève quelques questions en suspens et me rend impatient de lire les mésaventures de ce Voleur charcuteur mais comme le dit si bien le narrateur de cette histoire : Tout va mal finir !

D'ailleurs le 2ème volume éclate davantage l'ordre narratif en virevoltant dans le présent et le passé sans que l'on soit pour autant perdu grâce à l'aide du narrateur.
Une fois de plus, pas de quartier avec trois frères psychopathes complètement allumés du cigare et un commanditaire masqué qui semble bien connaître notre héros...

Quelques amputations plus tard et des révélations qui relancent la mécanique et notre intérêt un rien perturbé par ce mélange pop et indépendant et on arrive déjà à la fin de ce chapitre avec pas mal de réponses mais avec de nouvelles questions en suspens.

Et bien tant mieux pour une fois et pour notre plus grand plaisir !

Enfin le 3ème et dernier tome offre son lot de surprises et résolve toutes les intrigues en cours.
D’ailleurs la lecture seule du dernier acte justifie l’intérêt de toute la série au complet. Grosso modo, ça charcle toujours autant mais avec un soupçon imaginé de tension et d’émotion.

Dan Hipp manipule parfaitement la narration et en joue diaboliquement avec le lecteur pour offrir une digne fin à la hauteur d’une grande saga.

Utilisant les mécanismes d’une narration éclatée et de révélations redonnant une toute autre lecture à Gyakushu, une fois la dernière page tournée le cruel sentiment de relire la totalité des quelques 600 pages se fait cruellement ressentir.

Si l’histoire n’a en soi rien d’original, c’est la recette utilisée avec cette patte graphique simpliste mais non pas simplifiée qui donne toute sa saveur à cet incroyable melting pot d’influences.

D’un intérêt initial plus qu’incertain, Gyakushu entraine et captive jusqu'à rendre le récit haletant jusqu'à la dernière case.

Les personnages ont beau être peu développés, on comprend leurs motivations et ambitions en quelques cases.

Du coup l’ensemble est plus que hautement recommandable et Dan Hipp offre un lot de passages épiques voire bouleversants sans abandonner aucun de ses protagonistes.

C’est bien la caractéristique des grandes œuvres cultes, celles qui n’auront jamais un impact commercial monstrueux mais qui auront touché ou diverti les quelques bonnes âmes courageuses pour les découvrir.

À noter un travail d’édition remarquable de la part d’Ankama. Belle découverte pour ma part.

Nom série  Ranxerox  posté le 16/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
A l’inverse de Spooky, je n’ai pas loupé la période post punk et suis même attiré par certaines œuvres dites trash ou irrévencieuses et Ranx faisait partie d’un quotidien alternatif dans les années 80.
D’abord publiées dans l’Echo des Savanes, l’histoire de ce robot serviable envers Loubna une ado tête à claques et de leurs délires ont même fait l’objet d’un jeu video. Il était de très bon gout pour paraitre « rebelle » à l’époque de dire que Ranx c’est « trop de la balle » et que c’est « pas pour les tapettes ».

Presque 30 ans après il reste quoi de ce vestige né d’une marque de copieurs dont tout le monde a oublié le nom aujourd’hui ?

Et bien pas grand-chose du tout car il faut bien dire que si Liberatore a du talent, son style est devenu archi daté tout autant que les histoires qu’il illustre. De la baston, un peu de cul ou de provoc surtout, de la drogue pour faire « in » et un héros avec une tête de con façon skinhead à lunettes habillé par Jean-Paul Gaultier…

Bref ce qui avait pas ou peu d’intérêt à l’époque n’en a plus du tout aujourd’hui, la faute à des scénarios privilégiant un univers et une ambiance dirons-nous à une histoire qui tienne un tantinet la route ou qui soit divertissante.

Le slogan hurlait « Lisez et vous crierez pitié » et je crois qu’il n’y a pas mieux pour résumer Ranx ce dinosaure du 9ème art !

Nom série  Reanimator  posté le 27/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Grand classique du cinéma gore des années 80, Re-Animator avait tout pour me plaire malgré son petit budget, de la musique empruntée à Bernard Hermann sur Psychose au charisme de Jeffrey Combs interprétant le fameux Docteur West.
Bien sûr, ce fameux film ayant donné lieu à deux séquelles s’inspirait en toute liberté d’une nouvelle de Lovecraft que j’ai lue bien plus tard et qui a eu le don de me procurer de sacrées sueurs froides en un minimum de pages…

Ici l’auteur Calvez, grand fan de Lovecraft et des divinités de Ctulhu, a fait le pari d’adapter l’œuvre originale en étant fidèle à l’auteur. Exit donc le gore et le coté grand guignol de la version cinéma et place à la sobriété et à la suggestion du départ.

Mais au fait ça parle de quoi ce bouquin ?
On revisite le mythe de Frankenstein plus que celui sempiternel des zombies. Ici le Docteur West expérimente une injection révolutionnaire qui ramène tout être vivant à la vie dans des conditions forcément un peu contrariées.

Le fait d’utiliser un dessin presque monochrome, d’utiliser peu de phylactères si ce n’est pour les séquences « choc », un narrateur externe en la présence du fidèle assistant ami et le refus de trop en montrer provoquent un sentiment de malaise presque inconscient pour le lecteur.

En effet il ne faut pas s’attendre à être émerveillé par les dessins et se laisser guider par le rythme lent mais allant crescendo pour mieux s’en imprégner. L’ambiance lourde est bien présente et les dessins sont plutôt réussis dans un style hachuré et crayonné me rappelant un peu From Hell. La réaction des « réanimés » a beau souvent être hors cadre ou brêve, l’effet de malaise est saisissant et en cela Calvez réussit tout à fait le pari de son adaptation.

Le seul souci c’est l’utilité de cette adaptation qui décevra les fans du film mais régalera ceux du bouquin sans pour autant les surprendre… L’expérience est tout à fait dérangeante et fidèle. Reanimator est une œuvre noire et à part dans Lovecraft car n’utilisant aucune divinité de son bestiaire habituel.
Ceux qui s’attendent à une enième bd d’horreur avec moult effets graphiques à la Crossed de Garth Ennis seront sûrement déçus mais les autres qui voudront faire l’expérience d’un récit sobre et flippant devraient en tenter la lecture…

Un 3.5/5 arrondi à 3 car rien ne vaut néanmoins la lecture de la nouvelle originale de Lovecraft.

Nom série  Troubles fêtes  posté le 23/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bof, tout ça pour ça ????

Ce bouquin qui était un peu devenu ma quête du Graal du fait de ses relatives bonnes critiques et surtout de sa rareté est finalement bien décevant...

Il ne suffit clairement pas de s'appeler Loisel pour offrir un art-book légèrement érotique/pornographique/cochon/émoustillant pour que cela soit de la bonne came. Surtout si les dessins ne sont clairement pas à la hauteur de ce que le "maître" sait faire dans ses 2 oeuvres phare...

Les dessins semblent de surcroit être agrandis ce qui n'arrange rien et ces histoires de cul avec centaure ou bergères fripponnes ou parties fines à la DSK à Venise ne m'ont ni excité ni interpellé...

Comme le souligne Miranda le texte est peut-être encore ce qu'il y a de plus charmant dans ce petit bouquin bien mal rempli et pas du tout homogène...

Comme quoi on peut s'appeler Loisel et se planter royalement !!!! Pas du tout un truc pour moi

Nom série  Le Petit Monde  posté le 17/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Une vraie gifle sortie de nulle part, mais du genre de celles qui vous carressent pour mieux vous surprendre !

De Morvan je ne connaissais rien ou si peu, qu’il est prolifique et apprécié et basta mais j’ai beaucoup apprécié ce qui ressort comme étant surement le meilleur opus de la série 7 à savoir son « 7 Yakusas ».

C’est un peu le Jodorowsky de la culture japonaise, un type à l’imagination débordante sachant s’entourer des meilleures révélations au crayon. Et ce n’est surement pas « Le Petit Monde » qui m’empêchera de prétendre le contraire tant cette œuvre est unique par son style et sa narration débridée…

Imaginez vous l’univers de Peter Pan déclinée en fable futuriste et violente et vous aurez une idée du voyage en apnée que nous offrent sur un plateau JD Morvan et son mystérieux dessinateur chinois Terada.
En effet sans être nécessairement familier à l’univers de J.M Barrie, on en reconnait vite les personnages et l’univers transposé dans une société éclatée en plusieurs strates et dont chacun des 3 tomes de cette œuvre nous y fera descendre tels les niveaux d’un jeu video complètement barré.

Car si l’ensemble se lit vite et de façon particulièrement claire, tout va vite dans ce petit monde dont le titre faussement naïf rappelle celui de Aldous Huxley et de son ironique chef d’œuvre « Le meilleurs des mondes ». Morvan délivre un univers cohérent où les classes sociales se superposent dans les bidonvilles aux accents latins d’Amérique du Sud.

En haut, on se déplace en jet privé ou petite voiture british, les contours sont arrondis et les droides remplacent les devoirs parentaux. La meileure communication ? se plonger dans des rêves virtuels illicites afin de se sortir d’un quotidien trop aseptisé.

En bas dans les « favelas », tout le monde est solidaire, se serre les coudes et la technologie laisse place à des épaves. Les angles se resserent et deviennent anguleux et la violence règne en règle. Les notables « descendent » des beaux quartiers pour y trouver de quoi se shooter ou prendre du plaisir avec des filles faciles… La fée Clochette devient un délire de junkie… Tout n’est qu’une quête à lutter contre la solitude et l’ennui…

Au milieu de tout cela, Kumiko, fille d’un ambassadeur japonais, va tenter de trouver du réconfort avec l’écorché vif Piedra mais le Capitan Gancho, rival manchot de ce dernier, n’hésitera pas à les traquer par pure ambition vénale et/ou sentiment de jalousie…

Le bel univers cruel de J.M. Barrie est un écrin de qualité pour permettre à JD Morvan de se lâcher à toutes berzingues sur les dessins dingues et inspirés de l’inconnu Terada ! Un joli prétexte qui offre des angles et des perspectives de folie avec des séquences d’action voire même d’animation absolument démentes ! Les couleurs pastel sont tout à fait adaptées pour un spectacle visuel qui n’omet pas la poésie et de jolis moments d’accalmie.

Le fait de mixer format franco-belge et dessins d’influence manga est un choix judicieux. Terada ne manque pas de talents ni d’humour dans la façon très particulière de mettre tout ce petit monde en scène sans perdre le lecteur ni le prendre par la main.
Qu’il s’agisse d’une poursuite de véhicules sur autoroute, de gunfights à la Tarantino ou d’un assaut sur les eaux, on est pris à la gorge comme devant un film à grand spectacle.

Au final je me demande si le gamin qui ne veut pas grandir, ce n’est pas un peu moi qui ai pris un pied pas possible à lire une histoire qui a le mérite de rester cohérente de la première à la dernière page… Lire Peter Pan à la sauce Dragonball au rythme d’une séquence d’action à la Matrix, ça n’arrive pas si souvent mais je veux bien me shooter également pour m’y replonger et en redemande encore car le seul véritable défaut de cette série, c’est qu’elle est finie !

Merci à la communauté BDT pour m’avoir fait découvrir presque par erreur cette série qui mérite amplement d’être reconnue à juste titre… Un gros, gros, gros coup de cœur !

Nom série  Sherlock Holmes et les vampires de Londres  posté le 13/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Belle opération de séduction de la part d’un éditeur en pleine rédemption, Sherlock Holmes et les Vampires de Londres avait pourtant tout du projet bancal et casse-gueules mais réunit suffisamment de qualités pour faire passer son scénario hautement peu crédible pour les fans du détective de Baker Street ainsi que les amateurs de vampires dont les codes ont été scrupuleusement respectés.

La collection 1800 dont cette œuvre fait office de baptême du feu pour moi est une excellente méthode pour mixer habilement uchronies et surtout les boucler en deux tomes.

Il ne faut pas croire pour autant que l’histoire est bâclée puisque cette histoire maintient toutes ses promesses en terme d’inventivité et de respect des mondes dont elle s’inspire.

Première bonne idée, on a en effet affaire à un Sherlock Holmes qui relate dans un courrier intime à un Watson absent, mais plus que présent, ses déboires, suite à sa pseudo mort contre son ennemi juré Moriarty et les efforts qu’il consent pour masquer son identité.

Plusieurs attentats d’ordre surnaturels vont le ramener à Londres contre son gré afin de lutter contre une communauté de vampires protégée par la reine Victoria. Faisant fi de ses talents de déduction, c’est dans l’urgence et l’apprentissage de nouvelles règles qu’il va devoir se plier pour contrer une menace politique peut être encore plus importante que les exactions d’un vampire psychopathe…

Si rien ne parait clair à la lecture de ces quelques lignes, je rassure de suite l’amateur en l’incitant à s’immerger pleinement dans cette histoire haletante et relativement bien troussée. Un relent de Jack l’éventreur épaissi de quelques litres de sang à déguster plane sur ces deux tomes que j’ai dévorés pleinement.

Les dessins ne sont pas en reste malgré quelques erreurs parfois grotesques (voir la façon amateur dont la mer est dessinée en plein mouvement !!!), et une fin peut-être un peu trop rapide n’entache en rien un récit tourné vers l’action et le mystère.
Le dessin reste de bien belle facture et reconstitue avec minutie une ville de Londres aussi mystérieuse et ludique qu’un tel récit l’exige.

Bref j’ai adoré et recommande pleinement cette aventure inédite du plus célèbre des détectives, qu’on l’apprécie ou pas. Les amateurs de vampires vont être eux pleinement comblés. Hâte de lire l’incursion de Conan Doyle chez Lovecraft par les mêmes auteurs. !

Nom série  Marvel zombies  posté le 06/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ça faisait déjà longtemps que je tournais autour de ce titre intriguant.

Grand fan de zombies (la révélation s’est effectuée à mon adolescence lors de ce week end béni des dieux où je venais de louer le premier Evil Dead !!!), l’idée d’en proposer une récréation par le Romero de la Bd, Robert Kirkman himself, en s’attaquant aux super héros Marvel n’est pas une mauvaise idée en soi et m’a plutôt émoustillé.

En effet, si on s’en tient à un délire potache uniquement, voir Spidey décomposé avec mâchoire cadavérique et jambe osseuse apparente peut avoir ce quelque chose de réjouissant dans le cadre d’un divertissement pur et dur.

Ces athètes increvables que constituent Hulk, X-Men et autres Vengeurs soumis à une situation dépassant l’entendement et malmenés par l’auteur qui a su si bien en retranscrire les codes par Walking Dead ne pouvait qu’aboutir à un résultat probant.

Et bien non, mille fois non.
L’idée de base, à savoir qu’une météorite zombifie tous ces héros qui ne pensent plus qu’à s’entretuer entre eux pour « bouffer » après avoir nettoyé toute la planète, est une idée morte à la base même de son essence puisque ce postulat ne sera jamais réellement bien exploité au-delà de ce simple pitch.

Déjà, zéro humour : il n’y a rien de marrant ou de poilant dans cette situation. Non pas que ce soit déjà fort hilarant en soi mais les auteurs décident de le traiter à la mode « sérieuse » comme s’il y avait quelque chose de dramatique à défendre alors que ce n’est pas du tout le cas. Aucune tension n’émaille de ce récit fort répétitif où on discute beaucoup pour ne rien dire. On va bouffer un Silver Surfer qui passe par là, on se débarrasse de quelques oripeaux à l’état de putréfaction et c’est reparti comme en 40.

Ridicule. Ridicule d’autant plus qu’on a fait le tour de l’idée en un seul chapitre que l’on s’évertue à répéter inlassablement et sans aucun second degré. Pire encore, les individualités des différents super héros (on parle quand même d’Iron Man, Wolverine ou Spider-Man nom de Dieu !) sont étouffées dans l’œuf et transparentes au possible.

Du coup on se fiche royalement des non-événements leur tombant dessus. Il n’y a aucun trait de caractère initial qui ressort de tout ce gloubi-boulga si indigeste qu’il ennuie plus qu’il n’écoeure ou amuse.
Sean Philips dont j’avais déjà gouté les talents sans enthousiasme dans le pourtant très bon 7 Psychopathes livre ici un pur travail de commande : dessins classiques faits à la va-vite sans talent ni caractère.

Bruce Banner alias Hulk change plusieurs fois d’apparence sous sa forme humaine, les décors se bornent uniquement à représenter des immeubles détruits, plus caricatural que cela tu meurs…. La grande invention du 3ème tome (qui correspond à la suite du premier, cherchez-pas-c’est-normal-et-c’est-l’éditeur-qui-a-fait-ce-choix !!!) c’est que les méchants zombies deviennent bons en pratiquant le jeun ! Whouah la grande invention du siècle !!!

Je pensais que le second tome introduisant Ash d’Evil Dead (que vient il foutre ici d’ailleurs ?) allait arranger le tout mais c’est limite encore plus indigeste malgré l’apport d’un peu d’humour bien au ras des paquerettes et d’un Howard The Duck Zombie bien trop bref pour être marquant…

On est au degré zéro de la tolérance et finir ces trois tomes a été aussi laborieux que pénible. Ou comment faire un bête produit de consommation avec un sujet à la mode….

Allez tout n’est pas si négatif, j’ai économisé mon pognon grâce au pote qui m’a gracieusement prêté sa collection que je vais m’empresser de lui rendre en l’état (ça me ferait bien ch… de les abimer pour devoir les rembourser) et j’envisage très sérieusement de passer tous mes autres avis d’une étoile à deux afin de bien les distinguer de ce ramassis de conneries que constitue ce piètre Marvel Zombies.

A quand Captain America VS. Michael Vendetta ? A ce stade là il n’est pas impossible que ça voit le jour si l’autre crétin accède un jour au succès qu’il revendique et que j’espère il n’aura jamais droit…. Tout comme ce comics de bien piètre facture…

Lamentable de la première à la dernière page...

Nom série  La Caste des Méta-barons  posté le 01/02/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Petit retour en arrière, Noël 1996 : ma mère s’adjoint les services d’un de mes amis pour m’offrir un ensemble de bandes dessinées qu’il choisira à sa place.

Sur les ouvrages référencés, un curieux coffret de trois volumes avec ce titre curieux qui n’évoque rien pour l’amateur encore novice que j’étais : « La caste des Méta-Barons ».
N’étant pas fan de dessins trop réalistes ni de contes trop historiques, je déchante un peu de ce choix d’autant plus que j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas d’une trilogie achevée…
Le nom de Gimenez m’évoque l’Espagne de Guernica, le nom de Jodorowsky celui d’un écrivain polonais. J’ai tout faux mais à peine 25 ans …

Puis toujours sceptique je me lance dans la lecture et reste stupéfait non pas de la modernité des propos mais de la tournure d’une histoire que je trouvais aussi novatrice que choquante et un certain style unique des dessins et de la mise en couleur toute en teintes bleutées métalliques…

Janvier 2012 : J’ai acheté tous les autres tomes existants dès leur parution, l’hors série « La maison des ancêtres », en ai lu quelques uns mais jamais la caste dans sa totalité… Entretemps j’ai gouté aux joies de L’Incal et des autres séries déviantes de cet auteur atypique chilien et prends le temps de lire enfin la série dans sa totalité. J’ai tout juste et tout juste 40 ans.

N’y allons pas par 4 chemins, le coup de cœur n’y est plus mais l’intérêt de lire une saga qui doit ses origines à un personnage secondaire de l’Incal et aux rêves abrégés par Jodo de réaliser sur grand écran le film Dune et retranscrits ici sont bien présents.

Le Méta-Baron est un être invulnérable qui évolue dans un Space Opera de pacotilles donc où peut-être l’intérêt de raconter des aventures dont il va se sortir indemne à coup sûr ?

Voilà l’astuce, raconter par le biais de ses robots de service Tonto et Lothar la genèse d’une dynastie décidément pas comme les autres qui éduque les enfants à grands coups de mutilation et de sacrifice. De tous ces liens familiaux se tisse un drame de dimension presque antique alternant le merveilleux à la stupéfaction mais jamais l’ennui.

Un peu de cul, d’un vocabulaire tout droit tiré de l’Incal dont l’univers est encore bien présent ici et dont on croise brièvement certains décors ou protagonistes, beaucoup de cruauté et de retournements familiaux au sein d’une famille qui flirte dangereusement avec les codes du bien pensant.

Le tout est emballé par les dessins virtuoses d’un Gimenez qui en profite pour améliorer ses techniques au fil des albums et qu’importe si on frôle parfois le grotesque tant qu’on en détient l’ivresse. Ce qui peut paraître répétitif ne l’est finalement pas. J’apprécie également la conclusion qui met un terme à la caste pour de bonnes raisons.

Pour peu que l’on accroche aux délires de Jodorowsky il y a beaucoup de plaisir à tirer de cette œuvre qui reste parmi les plus accessibles du maître. Vivement recommandé !

Nom série  Les Armes du Méta-Baron  posté le 30/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alors afin de bien comprendre ce qui va suivre, il est peut être utile de préciser la « genèse » de ce projet.

En effet Jodorowsky adore son personnage de Sans-Nom, le dernier Méta-Baron déjà plus qu’aperçu dans « L'Incal » où il n’était qu’un protagoniste secondaire et surtout dans « La Caste des Méta-barons » expliquant la longue et douloureuse histoire de sa dynastie.

D’ailleurs le huitième et ultime tome de la caste s’achevait dans une pirouette purement jodorowskyenne en précisant le retour de notre héros dans de nouvelles aventures…

Était-ce de trop ? A la lecture de ce one-shot, oui mille fois oui hélas…

Jodo a la faculté de s’adjoindre les talents de dessinateurs renommés mettant en images les délires du « maitre ». Ce qui était parti pour être une longue série ambitieuse est devenu un plat sans saveur. Pourtant Travis Charest est surement un des plus doués de sa génération mais les 7 ans nécessaires pour pondre une petite trentaine de pages absolument magnifiques malgré l’emploi de l’informatique ont eu raison de sa collaboration avec Jodorowsky.

Au lieu de laisser tomber un scénario déjà pas foutrement intéressant (en gros le chauve mutilé pète la gueule à tout le monde pour s’octroyer des armes le rendant plus invulnérable qu’il ne l’est déjà !!!), Jodo a poussé le vice en demandant à son âme dévouée Janjetov de compléter le début et la fin de cette aventure en justifiant cette différence graphique par le biais bien pratique du « rêve ».

Janjetov que j’ai connu bien plus inspiré graphiquement notamment sur les Technopères de la même bande rend un travail honnête mais forcément en deçà des planches sublimes de Charest.

Mais là n’est pas le problème. Ici il s’agit clairement de l’œuvre la plus décevante d’un Jodorowsky en panne totale d’inspiration !
C’est même simple, il reprend de nouveau à son compte l’origine de Sans-Nom et du combat mortel qu’il livre à son père-mère alors que cette partie de l’histoire a déjà été largement racontée dans « La Caste des Méta-Barons » d’où un effet répétitif immédiat pour le lecteur aguerri.

Le pire c’est qu’il s’agit en plus de la partie la plus intéressante de cette histoire car le reste n’est que prétexte à délires psycho-narcotiques où on ne comprend rien (ellipses importantes), où rien n’est palpitant (le Méta-Baron est increvable, tout le monde le sait depuis longtemps).

L’intérêt de la Caste était de proposer des embuches, mensonges et trahisons sur le parcours de personnages semi-immortels.
Ici rien de cela, tout est balisé de A à Z et on s’emmerde comme pas permis… La lecture étant de surcroit rapide, le seul plaisir pris a été d’admirer certaines planches des deux auteurs mais très honnêtement la seule satisfaction est de savoir que Les armes du Méta-Baron est un fiasco total et qu’il n’y aura je l’espère plus d’autre rendez-vous avec Sans-Nom dont tout a déjà été dit et fait.

Il aurait été bien plus judicieux d’insérer les planches de Charest en bonus dans l’hors série « La maison des ancêtres » que de prolonger artificiellement la sauce de façon indigeste. Reste un beau bouquin à feuilleter pour en contempler la beauté évidente mais quel gâchis pour une histoire qui n’a ni queue ni tête !

Nom série  Paf et Hencule  posté le 29/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bienvenue dans le monde bouleversant de Paf & Hencule dont les inénarrables aventures initialement parues en blog sont compilées dans ce recueil intégral incluant une préface de Bastien Vives et une aventure inédite de Satin et Miloutre...

Et après ? Est-ce bien cela le merveilleux bouquin trash interdit par la censure que tout le monde s'arrache et qui fait rire les esprits les plus pervers ?

Mouais, si on passe sur le dessin d'une rare laideur et sans aucun intérêt, ces strips de 3 cases peuvent éventuellement prêter à sourire mais pour un truc subversif et se voulant choquant, on repassera !

Quitte à lire du trash de qualité autant se tourner ver les oeuvres de Vuillemin ou de Winshluss avec Pat Boon en mémoire.

Disons que le mérite réside que ça peut se laisser lire pour passer le temps mais ça n'ira guère plus loin.

Ni aussi choquant que prétendu ni aussi drôle que prévu, Pat & Hencule se distingue par un dessin aussi maitrisé que les gravures que je réalisais en 4ème sur mon banc et qui m'ont valu une exclusion d'une journée !!!

La préface de Bastien Vivès m'a surtout donné envie de lire Polina pour son trait si particulier. En dehors de cela, ben tant mieux si ça plait grâce à l'étiquette d’œuvre soi disant censurée !

Bon bref suivant !

Nom série  Medina  posté le 08/05/2011 (dernière MAJ le 18/01/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cela fait déjà un petit bout de temps que je lorgne sur les oeuvres de Yacine Elghorri.
J'avoue ne pas être totalement indifférent à son style de dessins au trait gras légèrement nippon (ni mauvais ) bref on peut ne pas apprécier mais il faut reconnaître que son style est inimitable.
J'ai beau connaître un peu les oeuvres de Moebius et d'Otomo, je n'ai nul besoin d'en faire la comparaison. Pour sur ce jeune dessinateur est peut être loin encore d'en égaler leurs talents respectifs mais c'est plutôt du coté du scénario et des influences que les références science fiction s'accumulent.

Surement un peu trop d'ailleurs... mais Jean Dufaux s'en explique dans sa longue préface, préférant surement prévenir le lecteur abusé que de lui laisser entrevoir une quelconque supercherie ou contrefaçon... Pour lui Medina constitue une récréation où l'action est privilégiée au réalisme ou aux dialogues. Je ne vais pas contrarier ce monsieur d'autant plus que je n'ai à ma connaissance lu aucune des autres bds nées de sa plume...

Car de quoi Medina parle au juste ? De poncifs battus et rabattus dans le petit monde de la SF guerrière... En gros une ville justement nommée Medina représente le fort Alamo des derniers remparts de l'humanité face à l'attaque de Drax, des gros vilains pas beaux pouvant infecter et métamorphoser leurs ennemis...

Une femme enceinte et engrossée par Boso le clown euh Boso 1 pardon le chef des méchants que personne n'a encore vu (peut être même pas les auteurs ) va devenir l'enjeu des deux parties....

Problème : elle est faite prisonnière par les humains dans Medina encerclée de toutes parts par les Drax !

Si ces quelques lignes difficiles à déchiffrer et le dessin de Elghorri vous plaisent, alors foncez ! Voici une oeuvre de pur divertissement qui ne vous décevra pas.

Par contre si vous êtes plutôt du style blasé et que vous cherchez une oeuvre originale, alors il faudra en faire hélas l'impasse... Les clins d'oeil à Starship Troopers sont énormes (l'auteur fait réellement constamment du pied pour nous les faire remarquer) et la filiation graphique entre les Drax et une bestiole célèbre du peintre H.R Giger peuvent décevoir...

J'aurais fortement apprécié une empreinte personnelle un peu plus poussée que l'utilisation systématique de ces deux classiques instantanés du cinéma Dark Sci-Fi comme on dit même si Yacine Elghorri est avant tout un storyboarder de qualité issu du cinéma.

Cela étant, son empreinte graphique n'est pas mal du tout même si les décors sont souvent sacrifiés au profit d'un découpage lisible mais peu audacieux.

Justement, cette bd manque d'audace et si le tout se lit sans aucun déplaisir (bien au contraire), il lui manque une petite intrigue pour que l'ensemble décolle réellement.

Au final on a la sensation d'avoir lu un premier tome qui ne décolle pas vraiment tout en se prenant au sérieux.
J'espère que le second tome va faire décoller l'ensemble de façon significative car la série déjà annoncée en trois tomes préfigure à mon avis (mais je suis un grand naïf à l'aube de mes quarante balais) que les auteurs savent parfaitement où ils vont...

J'espère réviser complètement cette critique par la suite avec les suites mais si suite il y a, ces suites devront faire ensuite une rupture avec les œuvres dont elle s'inspire, vous suivez ?

Pour l'heure et ça me fait de la peine de le constater également mais je ne peux que suivre l'avis de Miranda... Espérons néanmoins que ce premier volume ne restera pas orphelin en cas d'échec commercial mais malgré l'existence d'une édition spéciale enrichie de quelques pages d'essais graphiques, difficile de vous en recommander l'achat mais une lecture par emprunt reste largement envisageable.

Il y a avec Under ou Cryozone bien mieux dans le même genre balisé.

MAJ TOME 2 :

Pour moi aussi la série s'arrête ici. Je n'ai fait que feuilleter ce second tome et ce que je redoutais semble se poursuivre avec un environnement identique et des avis lus ici et là ne me poussant pas à investir dans la suite dont les évènements ont l'air de se répéter inutilement.

Etant donné que l'intérêt initial n'était déjà pas énorme je préfère me tourner vers une série comme Factory du même auteur plutôt que cette bluette peu captivante tout en n'écartant pas un retour vers l'achat si la conclusion du troisième et dernier tome serait à la hauteur mais à priori les miracles n'existent pas...

Nom série  Sang Royal  posté le 16/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sacré Jodo, il vient de nous pondre cette fois un condensé de toute son œuvre, une sorte de Reader’s Digest qui n’aurait conservé que les extrêmes de son écriture à savoir les troubles incestueux de Borgia, les mutilations des Métabarons, la violence trash de Juan Solo tout en laissant de coté également malheureusement l’humour et la poésie de son œuvre principale, L’Incal.

Porté par le dessin sombre et pictural d’un dessinateur qui ne devrait pas rester inconnu, ce dyptique dont la fin laisse néanmoins présager une suite attendue est bancal d’un bout à l’autre.
Et pourtant le bougre arrive encore à captiver son lectorat, au moins le temps d’une première lecture, le laissant stupéfait par tant de talent mélangé avec des facilités étonnantes pour un auteur de ce calibre.

En gros, l’histoire se déroule sur une terre inconnue, dans des contrées inconnues avec des enjeux empiriques inconnus. Le détail qui était parfois trop envahissant dans le monde de l’Incal et de toutes ses séries dérivées est ici réduit à peau de chagrin.

D’ailleurs on ne s’embarrasse pas de détails en allant droit au but. Passé un début de bataille entre deux armées de fantassins et de cavaliers dont la barbarie égale la beauté de certaines cases ressemblant à des tableaux baroques, le roi blessé laisse son armure et son identité à son cousin dans l’attente de se refaire une santé et de porter les troupes vers la victoire. Ce dernier profite de l’occasion pour faire volte face et usurper son identité, son pouvoir ainsi que les faveurs de la reine tout en laissant le véritable sire à l’agonie…

Mais ce dernier va se soigner et recouvrer la mémoire… Tout n’est qu’une question de temps afin de récupérer tout ce qu’il a perdu…. Et bien sur avec Jodorowsky on ne va pas passer au travers de situations scabreuses voire totalement ridicules « Plante ton dard dans mon trou » peut faire office d’une réplique culte et complètement hors contexte dont on se souviendra encore longtemps dans les mémoires de bédéphile !

Ce qui est agaçant par contre c’est la facilité avec laquelle Jodo rend presque légitime toutes ces relations incestueuses mais loin de me choquer comme je le craignais initialement, tout est tellement gros et exagéré que la pilule passe aussi aisément que toutes les autres ficelles d’un scénario chaotique et rapide qui ne s’embarrasse pas des préjugés et défonce tout avec la grâce d’un éléphant sur de la porcelaine.

Le second tome s’affranchit dès lors de toutes les constructions narratives, temporelles et logiques en osant emprunter des raccourcis que même un débutant n’aurait oser imaginer…

Adepte de la planète « Jodo », je dois m’excuser de ce qui va suivre concernant mon avis formel sur cette œuvre complètement à l’ouest et écrite par un vieillard sénile et dépravé qui capitalise essentiellement sur le capital sympathie due à ses anciennes œuvres MAIS j’avoue avoir eu un plaisir coupable à lire tant d’aberrations sur un panel de personnages tous des plus dégueulasses d’un bout à l’autre et portés par des dessins aussi figés que magnifiques et détaillés. Dongzi Liu est donc la vraie découverte mais Jodo a toujours su s’entourer de dessinateurs au talent indiscutable.

Le dessin est réellement le point fort mais il faut reconnaitre un certain talent à Jodo pour maintenir un rythme quasi constant et donner le gout de tourner les pages. C’est paradoxal mais pour peu que l’on soit rompu au style mystico-porno-cradingue de l’auteur alors Sang Royal en est une synthèse courte et pas forcément si désagréable mais mieux vaut en rire et recommander la lecture de L’Incal pour toute personne non initiée…

Nom série  Le Déclic  posté le 13/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bienvenue dans le monde merveilleux de Manara où les femmes sont toutes merveilleusement calibrées, n’ont aucun défaut physique et sont toutes de sacrées salopes.

Bienvenue dans le monde merveilleux du Déclic, proclamé comme le chef-d'œuvre de Manara où l’histoire a priori affriolante et délicatement scandaleuse (un dispositif permet à un homme d’exciter sa bonne femme bonne au doigt et à l’œil) utilise tous les artifices et situations afin de placer la demoiselle principale dans l’embarras…

Ça pourrait être fantastique mais Manara ne sait faire que du Manara, ah oui le bougre dessine bien et il le sait mais ses dessins sont -inversement aux attentes de son lectorat- complètement inexpressifs au possible et il n’y a rien de fichtrement bandant dans cette imagerie datée d’Epinal tant j’ai la sensation de voir deux mannequins d’une vitrine Tati se grimper dessus !

Un comble pour une œuvre qui se veut sensuelle ! Manara semble toujours osciller entre deux pôles, son œuvre ne va pas assez loin dans le délire ou le désir et c’est un récit plutôt timide tel qu’on pouvait le lire en cachette dans l’Echo des Savanes des années 80 « whouah t’as vu le Manara ? Oh viiiii c’est trop bon ses bd de cul ! »

D'ailleurs là est le problème, voici un auteur reconnu davantage par son nom et sa facilité à dessiner des bombes parfaites que tout le monde en oublie jusqu'au nom de ses propres oeuvres !

Youpi ! Sauf qu’à l’époque actuelle les mœurs ont évolué et que d’autres bds érotiques antérieures n’ont pas si mal vieilli que cela (je pense notamment aux 110 pilules de Magnus paru aussi dans l’Echo).

Le Déclic sent terriblement la naphtaline des années 80 et de l’époque du «ticket chic, ticket choc » avec un scénario dont ne voudrait même plus M6 pour ses téléfilms érotiques.

Et on annonce cette série comme étant le chef d’œuvre de cet auteur ? Ce n’est même pas ça le plus drôle dans tout ça, non le plus drôle c’est que Le Déclic a eu droit à trois suites ou plutôt trois photocopies avec le même calque ou fil narratif !

Nul doute que Manara a son public et que ses dessins peuvent plaire mais il ne m’a pas touché. Le monsieur aurait dû en rester à l’illustration plutôt que de faire gesticuler artificiellement ses personnages… Dommage.

Nom série  Green Manor  posté le 13/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Belle initiative au départ que cette idée agréable de vouloir recréer une ambiance victorienne calquée sur les activités traumatisantes de l’inépuisable Jack l’Eventreur.

C’est pourtant sur une ambiance feutrée, celle du club de gentlemen, Green Manor, que des événements sordides vont nous être narrés. Mais qui dit sordide ne veut pas dire malsain pour une fois car Fabien Velhmann prend le parti pris de raconter des petites histoires de meurtre sur un ton léger voire enjoué dans un style pouvant rappeler la Quatrième Dimension, le fantastique en moins.

Ce Green Manor sera donc le point de départ de protagonistes à chaque fois différents et pris au cœur d’une histoire de meurtre au canevas non résolu et dont chaque conclusion constitue le fil d’orgue du mécanisme. On peut à la fois s’en amuser ou rester sur sa faim mais chaque historiette (d’une moyenne de 6 pages environ) se laisse lire sans déplaisir.

Si on rajoute à l’ensemble des dessins sympas et plutôt jolis dans la grande tradition de l’école franco-belge on obtient un résultat élégant qui respecte l’ambiance ciblée à la perfection. Le seul reproche formulé à cette jolie mécanique est que je suis resté parfois sur ma faim avec un résultat panaché, d’histoires inédites à d’autres bien plus banales.


La récente compilation des trois premiers tomes en un ouvrage magnifique permet d’en faire un beau cadeau qui plaira au plus grand nombre et pour un grand public mais cela manque peut être parfois de l’audace nécessaire qui aurait pu en faire un titre culte…

La lecture à la suite provoque davantage l’ennui que l’addiction aussi je vous recommande vivement de savourer ce cadavre exquis à l’anglaise en prenant votre temps telle une friandise dont il ne faut pas abuser afin d’en conserver toutes les arômes.

Nom série  The Grocery  posté le 12/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Curieux des productions Ankama, The Grocery a fait dès sa sortie office d’OLMI, objet littéraire mal identifié.
Car si Singelin ne m’avait guère impressionné avec l’opus le plus faiblard des trois histoires de Doggybags, son cursus et son univers ne m’étaient pas pour autant étrangers.

Le fait de traiter un thème que j’affectionne par ailleurs sur d’autres médias comme le cinéma ou le petit écran par le biais d’une œuvre bigarrée avec des êtres tordus en guise de métaphore sur les guerres de quartiers populaires est suffisamment intriguant pour en faire l’impasse.

Comme rapporté par Spooky dans son excellent avis à lire ci-dessous, il ne faut pas se fier au style faussement naïf et enfantin des dessins qui portent le scénario de cette chronique prévue en 3 tomes sous un éclairage nouveau et inédit.

The Grocery du titre c’est la petite épicerie d’un quartier d’une cité américaine où se côtoient jeunes dealers et clodos spirituels. Un peu le centre d’un nulle part, dernier rempart social d’une communauté en sursis dont Elliott fera le trait d’union sans être non plus forcément le héros unique de cette chronique.

Elliott, c’est le fils de l’épicier justement. Son petit gabarit et sa récente arrivée dans le quartier ne l’empêcheront pas de se créer rapidement des amis grâce à sa gouaille et à sa bonne humeur ambiante, un peu le « boy next door » que tout le monde aimerait avoir comme voisin.

Il est cultivé et pourrait aussi très bien se contenter de ses bons résultats scolaires mais l’appel de la rue et de ses facilités ne le prive pas de quelques magouilles en bande avec Lefty, Sixteen et les autres copains du quartier.

Puis il y a aussi cet ex G.I. revenu de la guerre du Koweït pour y retrouver un monde qu’il ne reconnait pas et à qui les subprimes ont tout volé…

Tout cela pourrait en rester là si un psychopathe ne tenait pas à faire main basse sur le quartier de la façon la plus vile et la plus violente qu’il soit… Tout ce beau monde risque de « collapser » à un moment ou un autre…

The Grocery c’est cela et rien d’autre finalement mais comme toute chronique ce premier tome est passionnant à lire et on ne lâche pas le bouquin jusqu’à sa conclusion. Les dessins ont leur style et il est intéressant que les auteurs aient choisi le parti pris de ne pas représenter les protagonistes par des animaux mais des formes humanoïdes inédites et parfaitement identifiables à la fois.

Les couleurs pastel sont superbes également et semblent faites à la main dans un style faussement amateur qui ravit les pupilles pour peu que l’on ne soit pas réticent à toute cette charte graphique.

Le seul hic pour le moment c’est que l’on ne sait pas vraiment vers quelle orientation le récit va se tourner, c’est à la fois aussi un avantage que seule la suite me permettra de juger.
L’absence de personnage féminin n’évite pas pour autant les bons sentiments par rapport à une amitié indéfectible palpable mais on attend vivement la bombe mécanique ou humaine qui fera éclater le tout dans une mise en scène propre et impeccable.

Cette absence de manichéisme et ce panaché de scènes violentes face à quelques traits d’humour (les clodos et leurs réflexions m’ont rappelé le duo intello des tueurs de Sin City) fait la force de cette épicerie dont j’attends la montée en puissance.

Mais plus qu’une introduction, cette mise en bouche confirme le talent de deux auteurs sur un projet casse gueule dont on devrait entendre parler sur la durée…

Rien à voir avec Mutafukaz mais presque aussi bon, je ne peux que vous en recommander la lecture…

Nom série  Fluorescent Black  posté le 10/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ça ne vous a jamais pris comme ça le fait de regarder Blade Runner ou Le Soleil Vert en vous mentionnant que si le monde établi par ces deux pépites du cinéma est tout simplement parfait, que cela manquait parfois cruellement d’action en lieu et place de la réflexion ?

C’est un peu le constat des auteurs de Fluorescent Black, une œuvre qui ressemble à beaucoup d’autres œuvres d’anticipation sans perdre pour autant son âme au diable qui ont voulu balayer d’un grand revers de main, majeur tendu, toute la réflexion vers de l’adrénaline pure et dure et de l’action.

Ici on ne parle pas de Cyberpunk et les robots ne rêvent pas de moutons électriques, d’ailleurs des machines il n’y en a guère. Elles sont remplacées de nouveau par la chair, celle de Cronenberg, sale et putride, sensuelle ou indispensable…
On traite ici de matière vivante, de corps comme une pompe à fric et peut être aussi un peu de l’âme par des émotions qui se veulent teintées de couleurs fluorescentes dans un monde définitivement sombre et mauvais…

Exit le cyberpunk donc et place au biopunk dans un futur toujours pas si éloigné où la santé se négocie par l’argent afin de corriger toute dégénérescence et de devenir un être parfait… Bien sur la frontière séparant les pauvres des riches, les nantis des biens portants est toujours très mince surtout lorsque Max, rouquin malade dealer d’organes et chef de bande croise Nina la femme parfaite, fruit de recherches génétiques et spécimen unique convoitée par tous…

Le mélange est hautement improbable et on est pris dès le départ dans un monde violent et crasseux où des enfants n’hésitent pas à vendre le cadavre de leur mère afin de subsister. On sent énormément l’influence d’un Akira (avec clin d’œil sur un blouson de Max ) dans ce comics hautement jouissif riche en couleurs et dont les cadrages explosent à chaque page ! Le style rappelle énormément celui d’un Paul Pope qui aurait bouffé des ecstasys. Il est juste dommage que certaines actions manquent parfois de lisibilité et que les propos ne soient pas un peu plus mis en avant car ici tout n’est qu’action, violence, sang et rythme…

Quelques pointes de poésie et de finesse émanent quelquefois par une nature trafiquée et omniprésente dans un monde définitivement de brutes où la morale n’est plus sauve… Voici ce qu’on pourrait exiger aujourd’hui d’un Bilal à la ramasse devant ce concentré d’energie pur et étayé par quelques tirades jouissives « Il faut mieux avoir des cicatrices et un passé que de ne rien avoir du tout »….

En dépit d’une fin convenue et peu satisfaisante, le point supplémentaire est attribué à l’édition unique et définitive concoctée par un petit éditeur qui deviendra grand : Milady !!!!

Nom série  Borgia  posté le 03/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Amis du foutre, du malsain et du gore clérical, garde à vous !

Curieux de voir Manara aux commandes d’un véritable « scénario » j’appréhendais cette œuvre sur cette dynastie sulfureuse que furent les Borgia en leur temps avec une certaine hésitation.

Bon à savoir si vous n’avez pas encore fui ce qui va suivre : je n’ai aucune aspiration particulière pour les curetons et ne connaissais les Borgia que de nom vu mon intérêt restreint pour l’histoire papale à scandales ou pas.

N’ayant vu ni série ou film sur le sujet, c’est la baïonnette au canon que je m’empresse prudemment de lire une œuvre empruntée à un ami tombé sous le charme de la (jolie) édition intégrale…

Jodo s’en donne à cœur joie en tirant à boulets rouges sur tout ce qui bouge et porte un titre ecclésiastique ou de pouvoir.

Et le bougre n’y va pas avec le dos de la cuillère en exagérant grossièrement et vulgairement ses propos, desservi par un Manara qui s’amuse à reproduire son style figé et sensuel dans des couleurs dignes de peintures de la Renaissance.

Alors certes toutes les femmes sont des objets et sont bâties comme des clones écervelés du Moulin Rouge, certes la considération historique n’est qu’un prétexte vu comme elle est malmenée et défigurée par l’orgueil des auteurs mais le pire c’est qu’on prend goût à ces escarmouches machiavéliques (dont l’auteur fait une apparition ici par ailleurs) en se demandant jusqu’où une telle escalade de violence gratuite et immorale peut aller.

Dans From Hell, Alan Moore se servait du mythe de Jack l’éventreur afin d’en faire une métaphore sur la naissance du XXème siècle d’une façon étrange et malsaine MAIS documentée.
Ici Jodo utilise la prise de pouvoir d’un pseudo Pape à des fins personnelles pour le comparer à la Mafia et à la dégénérescence de notre siècle. Il y reprend même la fameuse proposition qu’on ne peut refuser propre au Parrain incarné par Marlon Brando.

Mais il n’y a rien qui tient debout et on peut même douter des intentions formelles d’une telle œuvre.
Décapitations, humiliations et sévices corporels sont à l’honneur d’une fresque admirablement réalisée mais vaine car sans réflexion au bout du compte.

Et je ne parle même pas des relations incestueuses qui deviennent un peu la marque de fabrique d’un Jodorowsky sûrement perturbé personnellement par de tels événements.

Il n’y a aucune justification ou attrait. Rien n’est excitant et tout est grotesque voire ubuesque et quitte à choisir mieux vaut lire la saga des Spaghetti Brothers bien plus drôle et inventive...

Oui mais Jodo sait tenir son public en haleine avec une bd qu'on peut dévorer comme un journal de gare. Les couleurs et les dessins méritent largement qu'on s'y attarde et je reconnais avoir lu sans lassitude ou déplaisir les 4 tomes d'une traite.

La conclusion n'est certainement pas à la hauteur mais vu qu'il n'y a rien de réaliste là dedans (ou tout du moins je l'espère) finalement on s'en fiche pas mal mais au moins ça se termine (mal) y compris pour Michelotto l'assassin sanguinaire des Borgia et à contrario peut-être le personnage le moins antipathique de cette oeuvre).

Borderline d'un bout à l'autre et de très mauvais goût, Jodo arrive néanmoins à rendre son oeuvre prenante et rythmée par l'art de sa propre misanthropie.

On peut autant y dégueuler par la cruauté de certains actes que sourire à leur mise en scène grand guignolesque.

Au final je reste circonspect et me demande encore si l'ensemble relève du génie ou de la sénilité, peut-être un peu des deux d'ailleurs...

A ne mettre dans les mains que d'un public très très averti : Canis Canem Edit !

Nom série  Hideout  posté le 26/12/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Hideout jouissant d'une bonne petite réputation dans le domaine du manga horrifique ici et là il n'a pas fallu longtemps pour me laisser tenter par sa lecture d'autant plus qu'il s'agit d'un One-Shot et que l'édition est de qualité comme souvent avec l'éditeur Ki-oon.

Cette histoire est digne d'un épisode des contes de la crypte ou de la 4ème dimension avec cet écrivain raté dont le couple bat de l'aile depuis la mort accidentelle de leur unique gamin.
Bien décidé à laver toutes les accusations dont il fait l'objet et au bord de la folie, éliminer sa femme semble être son dernier recours afin de recommencer une vie vierge de tout remord et l'histoire prend place au moment exact où il traque la malheureuse (?) dans une grotte mystérieuse peuplée d'individus encore plus dangereux que ses plus noires pensées...

C'est sur ce canevas simple que l'auteur Kakizaki va broder son récit alternant scènes de flashback lumineuses aux entrailles d'une grotte aussi sombre que les desseins de ses héros.

J'ai beau me dire que beaucoup de mangas se ressemblent un peu trop au niveau du dessin, je dois reconnaitre ici que le trait utilisé est magnifique avec un encrage très prononcé au sein de cette grotte magnifiant la solitude des protagonistes et leur labyrinthe mental.

Les décors ne sont pas en reste et l'ensemble se tient aisément et la lecture est vive et dynamique, les 200 pages s'enfilant assez rapidement.

Ce qui coince ici justement c'est que l'histoire se tient sur un papier à cigarette, le héros passant du statut de victime à celui de bourreau un peu trop rapidement dans un univers fortement inspiré des films ou remakes de "La Colline a des yeux", classique film de survival yankee avec mutants cannibales à la clé.

Du coup il n'y a ni profondeur ni second degré alors que l'auteur avoue dans sa postface s'inspirer grandement de Stephen King dont il n'atteint au final jamais le degré de terreur qu'on était pourtant en droit d'espérer.

Restent de très jolies pages dans un style macabre amorcé mais aucune consistance dans ce qui apparait comme une oeuvre loin d'être honteuse mais qui ne restera pas dans les annales comme un Duds Hunt beaucoup plus malin dans un registre similaire sans être identique.

A lire une fois au moins pour apprécier le talent graphique de Kakizaki en attendant une oeuvre plus aboutie.

Nom série  Bludzee  posté le 26/12/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La vie ? La mort ? L'amour ?

Vous savez quoi ? Dans Bludzee, on s'en fout !

Parti d'un nouveau délire trondhémien qui a souhaité faire le pari d'une histoire de 365 pages à raison d'une par jour pour une diffusion initiale sur téléphones mobiles, Bludzee a été accouché dans la douleur des aveux de son propre auteur.

Compilé ici dans un gros bouquin élégant édité dans un format à l'italienne, lire la totalité de Bludzee en une traite relève de l'indigestion.

Tout comme pour Lapinot et les Carottes de Patagonie, Trondheim vagabonde son esprit absurde au gré d'une histoire qui n'en est pas une, part de rien et arrive à nulle part.

Histoire de bien synthétiser sa méthode, il réutilise les artifices de son Pays des trois sourires, à savoir découper chaque planche comme un gag unique dont la construction du tout cumulé raconte une quête tour à tour débile, drôle, inspirée ou pathétique selon l'humeur du moment.

Bludzee est un charmant petit chat noir (rappelant curieusement la mascotte d'Angoulème) qui s'emmerde dans son grand appartement abandonné par son maitre Monsieur Fleury.

Du coup Bludzee s'occupe comme il peut, cherchant l'inspiration sur le net ou de quoi remplir ses gamelles.
Malheureusement il s'avère que ce Monsieur Fleury est une crapule de la pire espèce, un voleur criminel fort recherché par les forces de l'ordre comme par d'autres ordures ce que ne va pas tarder à comprendre le petit chat, témoin innocent d'actes absurdes et dont il fait les frais.

Entre un poisson qui prendra la grosse tête, un petit chien mignon frustré voulant la fin du monde et un chat psychopathe et vénal, Bludzee a fort à faire passant d'une case à une autre, d'une situation extrême à une autre ridicule...

La lecture se fait au gré de l'humeur... J'ai pu enchainer une cinquantaine de strips à la suite et passer le jour suivant à n'en lire que cinq... Le fil conducteur n'a aucune logique et ce n'est pas plus mal car on y retrouve tout le sel d'un Trondheim parfois en grande forme, parfois peu inspiré mais toujours présent et fidèle à lui même.

Son style fait toujours mouche à mes yeux et les couleurs respectent la charte de sa compagne Brigitte Findakly.

Ceux qui n'aiment pas Trondheim n'adhéreront pas plus à Bludzee mais les amateurs de son oeuvre éparpillée y trouveront une bonne récréation dans l'attente d'un nouveau Donjon ou Ralph Azham mais on n'est assurément pas dans l'esprit novateur d'un Omni-Visibilis.

Trondheim toujours bon mais il est temps de renouveler un peu les idées !

Nom série  La Légende des nuées écarlates  posté le 25/12/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
La vie, la mort, les remords, les regrets, la vengeance...

Tels sont les thèmes abordés dans cette oeuvre majestueuse qui trouve un souffle épique dans les pinceaux de l'artiste Tenuta qui considère chaque case comme une peinture unique d'un vaste tableau éclaté en guise de mosaïque.

L'histoire n'est guère complexe mais n'est pas simpliste pour autant et revêt de multiples couches de lecture selon la sensibilité de chacun.

Le pari est simple mais très honnête : proposer un véritable melting-pot européen sur les légendes asiatiques tout en conservant une identité unique. Cette légende rassemble les atouts des chambaras japonais sans en ressembler toutefois à un seul spécifiquement.

On pense une fois de plus à la légende du sabreur manchot en ronin solitaire magnifié par l'insurmontable "The Blade" de Tsui Hark mais aussi et surtout par son utilisation de la faune et de la flore à Princesse Mononoke.

Outre le fait d'utiliser des dominantes blanche et rouge pour symboliser par évidence la vie et la mort, Tenuta découpe son histoire de façon fort intelligente avec des combats sanglants et rapides (Je n'avais vu découpage aussi fluide et réussi y compris dans Okko) à une narration ponctuée de scènes d'action d'anthologie (la traque par les loups des premières pages pourrait servir de storyboard) à des flashbacks plus tempérés se greffant au fur et à mesure à l'histoire principale.

Cette quête de mémoire par un ronin mutilé et amnésique ne s'accompagne d'aucune scène inutile. On ressent le désespoir de chacun des personnages qui, au delà de gloire et de pouvoir, a faim de rédemption et d'attention.

J'ai également beaucoup apprécié comme les éléments fantastiques à peine effleurés et sans explication se greffent sans encombres à l'ambiance principale. Qu'il s'agisse de l'évolution physique de l'impératrice ou de son bras droit invulnérable , le lecteur ne sera pas pris par la main pour en deviner leurs origines et ne se sentira jamais pour autant perdu.

La force d'un tel récit ne serait rien sans la maitrise évidente d'un auteur sorti de nulle part et maitrisant les estampes japonaises et leur animation. Car les êtres comme les animaux bougent et se mouvent comme des ombres sans être écrasés par des décors omniprésents.

Le plaisir fut tel que les 4 tomes ont été lus à la suite, peut être trop rapidement et sans temps morts mais avec le sentiment équivoque d'y retourner vite et prochainement. Une claque ébouriffante sur un terrain parallèle et dissociable d'Okko. La récente parution du magnifique coffret ou de l'intégrale devraient achever de vous convaincre de l'utilité publique d'une telle œuvre dans votre bibliothèque.

Je regrette juste de ne pas avoir pris le temps de l'avoir lue plus tôt mais pour des raisons personnelles les Nuées Écarlates sont arrivées à point nommé dans mon évolution pour autant de réflexion comme de distraction...

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