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... a posté 414 avis et 47 séries (Note moyenne: 3.29)

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Nom série  Okko  posté le 21/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Hub, le concepteur de cette série géniale a laissé entendre dans diverses interviews qu’il n’avait jamais été au Japon par phobie de prendre l’avion…

C’est cette anecdote qui fait toute la saveur de ce monde mi-médiéval mi-fantastique car dès la première page le dépaysement est totalement réussi.

La faute à des dessins clairs et chatoyants, un beau style simple permettant une immersion dans un univers riche complet et dont on accepte vite les règles.

La faute également à des scénarios simples en surface et un peu plus complexes en substance.
Okko est un véritable petit bijou appelé à devenir un classique au même titre que des séries comme Tintin ou la quète de l’oiseau du temps auquel il emprunte le souffle épique et enchanteur tout en demeurant unique.

Au premier abord ces histoires de chasseurs de démons menées par un guerrier déchu de tout honneur et antipathique restent d’un abord classique.
Okko pourtant ne se résume pas à cela tant son équipe formée d’un moine alcoolique, d’un géant invulnérable caché sous un masque démoniaque et d’un disciple candide s’attribuent tour à tour une importance conséquente dans les différents cycles.

Les personnages sont difficiles à cerner par un manque voulu d’informations à leur égard ce qui permet d’en développer par petites touches leur passé trouble et différentes origines au gré des albums.

Chaque cycle reprenant les éléments (eau, terre, ciel, feu et le néant) peut se lire presque de façon indépendante par dyptique.
Et même là où on pourrait y cerner certaines facilités comme la ballade parmi les monastères du cycle de la terre avec répétition d’événements banals, j’y retrouve davantage une aisance à poser les ambiances pour mieux les tordre et surprendre son lectorat sans le gratter dans le sens du poil.

Car Hub sait parfaitement où il va et même s’il est encore trop tôt pour poser un certain regard de recul sur les histoires déjà contées, nul doute que la conclusion en sera surprenante.
La force de ces histoires est d’amener un cliffhanger improbable et haletant à la fin de chaque premier tome de cycle pour le conclure par une mélancolie et une certaine forme de poésie n’excluant pas des scènes d’action proprement ébouriffantes par leur montage et mise en scène.

L’œuvre m’a curieusement renvoyé vers Apocalypse Now avec cette lente dérive vers l’inconnu dont on sait qu’on n’en sortira pas indemne.
Hub mixe beaucoup d’éléments issus du jeu de rôle et du cinéma asiatique sans pour autant les copier et c’est très fort. J’ai retrouvé ce qui me plaisait tant dans la défunte série Lotus de Jade en bien plus travaillé…

De même des références comme les films du Sabreur Manchot ou des Baby Cart me paraissent évidentes.
On y parle même des premiers Méchas japonais avec ces armures de guerre fabuleuses et presque plausibles.
Le fantastique est omniprésent mais agit par légères touches car tout n’est que mystères et chuchotement en ces temps troubles.

L’essentiel n’est pas forcément la façon dont chaque enquête ou aventure sera résolue mais plutôt les impacts qu’elle laissera aux principaux protagonistes pour leur honneur et leur vécu.

Il s’agit d’un monde bien sombre mais aux atours bien sensuels comme des décors et des costumes magnifiques ainsi que pas mal de touches humoristiques bienvenues avec les deux moines dont le plus jeune raconte son histoire à la façon du « Nom de la Rose ».

Il y a suffisamment de choses agréables pour lire et relire Okko et je me surprends à en attendre vivement le huitième tome vu comme l’histoire prend un tournant encore inédit avec certains rebondissements et ne peux qu’en conseiller la lecture tout en pestant moi-même pour l’avoir découverte si tardivement.

Epique et magnifique, Okko est bien la preuve que l’on peut manier l’aventure et le dépaysement tout en touchant à la sensibilité de chacun. Merci à Hub pour cette œuvre unique et intemporelle qui touche du doigt la magie des Histoires de Fantômes Chinois avec finesse et talent.

Nom série  Gamer'z : Accros à la manette  posté le 08/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est devenu à la mode, cela fait en effet quelques temps déjà que fleurissent diverses œuvres mettant en scène une profession ou un tic.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas Bamboo à l’origine de cette œuvre de commande sur les jeux video (on y repère une enseigne bien connue des gamers et le dessinateur Baf n’est autre que l’anagramme de Fabien Laouer) mais Jungle davantage spécialisé dans divers chefs d’œuvre directement tirés du petit écran (Bigard, Palmade, Joséphine Ange Gardien bref que des œuvres cultes).

Malgré son sous titre implicite « Accros à la manette », il semblerait qu’il ne s’agisse que d’un one-shot. Bien sûr le succès aidant (mais ce n’est pas gagné, les Geeks et autres séries clones sont déjà passées par là) il n’est pas exclu d’en produire des suites d’autant plus que c’est le propre même de ce genre de séries bornées à optimiser le principe du gag en une page et 8 cases sur un thème récurrent.

Le dessin de Fabien L. euh Baf pardon ! n’est pas à son plus haut niveau en comparaison de ses autres œuvres. Les personnages sont esquissés dans un style européen-manga des plus classiques avec une nette préférence pour dessiner des bimbos à la façon de Bruno Bellamy, artiste essentiellement connu de ma génération qui lisait le magazine « Joystick » au début des années 90 pour ses poupées sexys illustrant le mensuel.

Ce ne sera pas du coté des décors qu’il faudra trouver une inspiration non plus puisqu’ils sont réduits à leur plus simple expression. Et pourtant le style peut séduire par une certaine exagération ainsi qu’une maitrise de tous les accessoires et personnages propres au jeu video. La colorisation informatique n’a par contre aucun charme, dommage.

Quant à Gaston, rompu à cet exercice courant avec ses propres séries, j’ai eu la surprise de le trouver cette fois au scénario et non pas aux pinceaux. Pourquoi pas après tout !

Malgré toute attente ce bouquin remplit parfaitement son rôle de divertissement. Là où on n’aurait droit en temps normal qu’à des banalités, certains gags sont bien vus et décrivent bien un milieu que les auteurs connaissent bien avec ses codes et références.

Il s’agit essentiellement des seconds rôles qui tirent leur épingle du jeu à savoir ceux qui gravitent autour de ces « gamers » : la compagne pulpeuse ne sait plus attirer l’attention de son compagnon accroc au jeu, un père divorcé devient has been face à l’addiction de ses enfants sur une console, un fanatique de jeux de rôle confond monde réel et virtuel bref même si on sourit plus qu’on ne rit réellement il n’y a rien de pathétique ni de forcément honteux si ce n’est que le jeu vidéo nuit à la santé.

Dommage que la couverture particulièrement moche n’ait pas d’autre ambition que d’attirer le puceau de base !

A offrir pour un ado fan de Mario afin de lui emprunter le temps d’une lecture !

Nom série  Commando Torquemada  posté le 07/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme de bien souvent je redécouvre les péchés de jeunesse de certains auteurs à rebours. Et il s’agit bien de péchés de jeunesse dont on peut parler lorsqu’on évoque la première et plus connue des œuvres des auteurs de la récente série Snuff qui m’avait emballé par la qualité de ses dessins, sa colorisation originale et ses répliques à double sens.

Le parti pris ici est plutôt original avec cette équipe similaire aux 12 salopards que l’on réunit ici au service de missions secrètes pour le Vatican.
Douze étant un chiffre trop parfait pour cette équipe de bras cassés, on ramène le commando à trois personnages, trois divinités vouées pour le plus grand bien du Seigneur et dont l’odeur de sainteté n’est plus à prouver

Jugez plutôt, à ma gauche il y a Frère Lamachie qui est le plus dangereux des empoisonneurs à base de drogues diverses malgré son apparence rondouillarde et inoffensive. Feargal est le dandy anglais soucieux de son apparence et entré dans les ordres afin de pouvoir dégommer de l’infidèle en toute impunité. Quant à Sœur Sarah, aaah Sœur Sarah ! Elle aurait pu user de ses charmes vénéneux dans bien d’autres domaines licencieux mais a fait vœu de chasteté pour mettre ses talents de visionnaire sadomasochiste au service de son éminence l’Anaconda qui va réhabiliter ce drôle de trio à des fins ecclésiastiques et personnelles

Qu’il s’agisse d’une Sainte Lance, d’éliminer une nonne chanteuse et cocaïnomane ou de détruire un évangile compromettant , les aventures sont à la fois exotiques ou décalées mais toujours plutôt réjouissantes. Il faut dire que le passage de ces trois là laisse des traces pour leur environnement et notre mémoire car on est tour à tour choqué ou amusé mais diverti !

Peut on rire de tout ? C’est gentiment trash, irrévencieux et blasphématoire mais en aucun cas dangereux pour notre santé même si toucher à la religion catholique voire à toute religion me laisse supposer que cela ne plait pas à tout le monde au vu du récent « incident » des locaux de Charlie Hebdo…

Pour le reste peu de mauvaises surprises, la touche si atypique de Lemmens me rappelle la ligne claire d’un Yves Chaland en plus souple et la palette de couleurs donne majestueusement vie à tout ce beau petit monde avec une palette presque bichromique à tendance jaune, brune et rouge plutôt expressive.

En gros je me suis régalé de ces savoureux jeux de mots autour de chansons de Claude François, d’un culte pour la petite reine et autres « fondements » de la religion. Une mention spéciale pour le personnage de Jipé, minuscule petit pape dont les colères n’ont d’égal que l’ambition d’élever l’Eglise au niveau d’un Clearstream

Il est même dommage que la série s’achève ainsi car il y a moult possibilités de poursuivre un tel délire mais les auteurs gardent leur cartouches pour Snuff et n’ont pas encore l’intention de tirer à blanc

Seul petit bémol, le troisième et dernier tome n’est disponible que dans l’édition intégrale privant les malheureux acquéreurs des deux premiers tomes d’une conclusion digne de ce nom sans repasser pour autant au tiroir caisse. Fluide Glacial joue donc au Tartuffe puisque cet éditeur a depuis lors réitéré cet « exploit » avec Scott Bingers

Pas cool pour les fidèles de Sœur Sarah….

Nom série  La Mutation  posté le 04/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La mutation est un petit bouquin qui ne surprendra personne ayant eu le soin de lire les autres méfaits de Marc-Antoine Matthieu.

On évolue clairement dans le milieu kafkaïen qui lui est propre et dont on serait presque tenté de dire qui lui sied comme un gant.
Ici il ne s’agit à proprement parler pas d’une véritable bd mais plutôt d’un petit livre illustré au format réduit, pattes de mouches oblige de 24 pages avec à chaque fois un texte illustrant et accompagnant le dessin noir et blanc caractéristique de son auteur.

La mutation porte bien son nom car est tout à fait interprétable sous les deux sens. Il s’agit déjà pour commencer de la mutation d’un fonctionnaire des plus hautes strates de sa hierarchie vers des niveaux moins élevés due à ses problèmes croissants de mémoire.

Enfin Monsieur Albert, c’est son nom, subit également une mutation ou plutôt une « mue » puisqu’il s’octroie des espaces de liberté de plus en plus large, n’ayant plus usage de sa mémoire pour en oublier jusque son propre reflet.

La fin de l’ouvrage s’arrête un peu trop brutalement avec une conclusion qui ne porte pas de jugement ou de morale et est laissée à l’appréciation du lecteur.
Outre le format limité imposé par cette collection cette fin est peut être le point le plus regrettable de cette courte lecture de deux minutes qui ne déçoit peut être pas forcément mais coupe net l’herbe sous les pieds.

Les dessins sont dans la tonalité de ce que M-A-M réussit de mieux, un noir et blanc indissociable de son texte juxtaposé malheureusement un peu trop réduit même si chaque dessin est représenté « pleine page » si j’ose m’exprimer dans ce si petit format.

C’est peut être après lecture et à la réflexion lors de la rédaction du présent avis que je me rends compte de son impact comme si joliment résumé dans celui d’Alix. L’écho à des maladies comme Alzheimer ou l’autisme viennent directement en mémoire et si l’environnement d’Albert est dépressif, peut être est il libre dans sa tête et finalement heureux…

Loin d’être indispensable, ce conte cruel prouve néanmoins que M-A-M sait s’adapter avec talent à n’importe quelle situation.

Nom série  Sept yakuzas  posté le 03/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ce qui caractérise la série 7 lancée par David Chauvel c’est qu’il s’agit à chaque fois d’un récit complet dans un genre variable. Leur seul point commun est d’utiliser 7 personnages.

C’est à la fois cette contrainte qui ravit les uns et divise les autres s’imaginant que le développement de sept individus distincts nécessite plus que quelques pages d’une bd au format franco-belge.

Et c’est justement là où 7 Yakuzas tire toute sa force…. Mais pas seulement

En effet chacun de ces 7 protagonistes va intervenir à un moment dans ce long récit ponctué de flash backs sur la trame principale du leader de 95 ans, Kotobuki Ichiro qui cherche à comprendre qui en veut à ce point à sa peau alors qu’il a réussi à se défaire de tous ses ennemis tout au long de son existence comme nous allons le comprendre dans un récit soutenu et intelligent qui dresse parallèlement un portrait sensible et réaliste du Japon du XXème siècle.

Ce sont les yakuzas que Kotobuki va rencontrer au fur et à mesure de son enquete qui vont par après être développés dans des flash backs qui leur sont propres.
On s'éloigne donc des bases de la série qui balance tous les 7 dès le départ au détriment du rythme narratif !

Morvan est très fort dans cette culture qu’il chérit et a su se démarquer du bête récit de violence par ces diverses touches rythmant une histoire simple mais haletante et dont on n’aura de cesse de poursuivre jusqu’au ballet de sang final digne des meilleures scènes de tension des films japonais et asiatiques par extension.

Le vocabulaire japonais utilisé ici n’est pas si compliqué à comprendre dans son contexte même hors lexique de fin d’album (qu’il aurait été plus judicieux d’inclure en bas de chaque page concernée) et contribue au réalisme identitaire d’un pays pas comme les autres.

Hikaru Takahashi dont je ne connais pas d’autre œuvre a réalisé un boulot exemplaire pourtant décrié ici mais qui mixe à merveille les influences du manga tout en conservant de forts repères identitaires de l’école franco-belge avec une excellente palette de couleurs vives et expressives.
Son trait gras sied à merveille à toutes ces figures arrondies et les décors sont plutôt détaillés dans un style réaliste sans être pour autant aussi barbant qu’une fresque historique. J’espère le revoir à l’œuvre bientôt pour le 9ème art.

Combinant à merveille tout ce que je peux apprécier dans une œuvre purement d’exploitation et en déclinant polar noir et vengeance rouge dans un contexte inhabituel, 7 Yakuzas représente à mes yeux le haut du panier de la série 7 dont il aurait pu s’extirper sans peine pour engager une carrière vraiment méritée et estimée.

J'attribue volontiers à ce titre la note maximale et le recommande particulièrement aux détracteurs de la série car voici sans contexte l’album phare que tous les autres portant la mention « 7 » devraient au moins égaler.

Je précise que la seconde lecture est tout aussi agréable…

Nom série  Kickback  posté le 31/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un polar peut il être conventionnel et pour autant réussi ?

La réponse est oui, un petit oui certes mais oui quand même pour ce Kickback conçu par le David Lloyd qui a dessiné V pour Vendetta et dont on retrouve le crayonné unique à l'identique pour dépeindre la lutte d'un petit flic face à son enfance assombrie par un drame et face à des flics corrompus dans une mégalopole américaine terne et sans concessions.

Pour autant Kickback ne se laisse pas lire facilement, déjà parce que les lecteurs de V pour Vendetta savent qu'il faut s'accrocher pour se laisser séduire par des dessins aux couleurs ternes et maussades dans un style pseudo réaliste.

Secundo le découpage narratif est volontairement éclaté tout en laissant apparaitre diverses aspérités qui ne seront pleinement saisies qu'à l'intégralité de la lecture.

Il n'y a pourtant rien de bien compliqué ni d'original dans cette quête de rédemption où les pourris ne sont pas forcément ceux que l'on imagine... Lloyd est parfaitement à l'aise dans cette manipulation des masques tout en y ajoutant un véritable trauma pour son héros le rendant froid et méticuleux, presque dépourvu de toute émotion.

Malgré tout, l'histoire avance rapidement et maintient son intérêt par touches et informations complémentaires.
Il s'agit d'un polar banal certes mais dont tous les codes ont été parfaitement respectés.

Kickback se lit sans plaisir ni déplaisir et captive les amateurs du trait unique de Lloyd.
Tout à fait respectable je déplore néanmoins le petit brin de folie supplémentaire qui aurait pu en faire une œuvre singulière mais son ambiance à la "Copland" n'a strictement rien de déplaisant bien au contraire.

A lire au moins une fois.

Nom série  The Last Days of American Crime  posté le 31/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Brillant, tout simplement brillant.

Voici un comics à part où on ne va pas parler des états d'âme de lopettes en collants, ici pas ou peu d'éléments fantastiques en vue si ce n'est une nouvelle loi américaine qui sert de prétexte au contexte en interdisant par un traitement "radical" l'escalade de la violence dans le pays de l'Oncle Sam en éradiquant purement et simplement toute tentative de crime.

La monnaie va être remplacée par des comptes numériques donc exit les banques et leurs attaques à main armée... Seulement voilà, l'information a filtré dans les masses populaires et le pays est depuis lors soumis à un niveau de chaos et d'anarchie maximal dans l'attente de l'exécution de l'I.P.A. (Initiative de Paix Américaine).

C'est dans ce contexte bien précis que Graham, ancien bourlingueur ayant déjà tâté de la taule, se manifeste avec pour seul désir de réaliser le casse du siècle tant qu'il en est encore temps.

Pour ce faire, il n'a pas d'autre choix que de s'adjoindre à un couple haut en couleurs constitué d'une femme plus que fatale, Shelby et de son petit ami le chien fou Kevin.

Haut en couleurs, c'est un peu ce qui ressort de cette histoire en trois tomes avec les dessins magnifiques de l'inconnu (gageons qu'il ne le restera plus très longtemps) Greg Tocchini. Ses dessins, pardon, ses esquisses usent et abusent de couleurs chaudes aquarelle pour dépeindre un trait nerveux et vif, précis et flou à la fois et débordant des cadres.

Tout ça ne serait rien sans une mise en scène quasi cinématographique avec des plans et un découpage qui imposent un rythme d'enfer à un récit somme toutes banal au demeurant afin que le lecteur ne décroche plus passé une introduction lente mais plutôt aguicheuse (rhaaah Shelby va en faire transpirer plus d'un !!!!).

Le canevas ne va guère plus loin que le schéma classique du casse qui tourne mal avec son lot de violences et d'érotisme à fleur de peau. Pour peu on a presque affaire à un synopsis taillé sur mesure pour un Tony Scott (True Romance) ou consorts et ça se lit même presque trop vite.

Oui mais voilà, pour combien de scénarios ambitieux et alambiqués peut-on éprouver le même plaisir de lecture que pour cette œuvre barrée qui va droit dans le décor ?

Il est tellement rare d'éprouver autant de plaisir à regarder les dessins tout en prenant son pied dans l'accumulation des événements narrés ici que passer à coté des derniers jours du crime américain serait totalement hors de propos.

Dans un registre différent mais similaire je ne vois guère qu'un Mutafukaz pour me procurer autant d'adrénaline.

Il s'agit surement d'une œuvre complaisante pour le mâle que je représente avide de formes girondes et de scènes violentes mais bordel que cela fait du bien !

Après on pourra toujours argumenter que les trois bouquins sont édités à un tarif fort élevé (et ils le sont) mais il est peut être urgent aussi de savoir se contenter de belles couvertures pour un contenu qui en justifie les moyens et zapper d'autres titres plus mineurs mais ce n'est qu'une opinion à parti pris parmi tant d'autres.

Bref, volez-le, empruntez-le ou achetez-le mais ne passez pas à côté tant que cela est encore possible

Allez pour le plaisir une tirade entre Graham et Shelby la fille étoilée juste après une petite sauterie : "Qu'est-ce qu'on a ôté de ta liste ?" La fille : "Baiser un loser !"

Instantanément culte je vous dis !

Nom série  La Légende de Robin des Bois  posté le 25/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Attention, c’est un album test.

Test parce que soit cet album iconoclaste d’un Robin des Bois sujet à Alzheimer dans un univers complètement foutraque et décalé vous fait rire et sourire soit vous êtes réfractaires à l’humour de Manu Larcenet.
Larcenet selon moi c’est deux écoles pas forcément distinctes et différentes mais suffisamment pour être souligné… Il y a d’un coté le poète du combat ordinaire, de Blast et de ses autres publications éditées chez Les Rêveurs dont il est l’artiste phare et il y a le Larcenet de Soyons Fous et Bill Baroud.

C’est clairement dans la dernière catégorie que se situe ce Robin des Bois.
Voyez plutôt, Robin est un vieillard atteint de « l’affection » d’Alzheimer, Petit Jean est le dernier et unique compagnon et son principal mérite est d’asséner un grand coup de gourdin sur la tronche de notre héros dès que ce dernier déraille et entame des chansons de Carlos ou de Bernard Menez !

La forêt de Nottingham n’accueille plus que des touristes franchouillards au bob « Paul Ricard » et le shérif est une pale copie de John Wayne dans la cité avoisinante.

Et avec ce peu d’éléments, Larcenet va réussir à conserver une ligne directrice en usant et abusant de la répétitivité des situations tout en y insufflant quelques idées tantôt hilarantes tantôt juste amusantes.
Bien sur quelques personnages secondaires se greffent à tout ce joyeux foutras qui peut également être un portrait du temps qui passe et du vieil adage « Les vraies légendes ne meurent jamais » à la sauce Larcenet.

Coté dessin on a effectivement le style des premiers Larcenet genre Bill Baroud avec peu de détails dans le décor qui peut ne pas plaire à tout le monde dans des histoires structurées de 5 à 6 pages. Comme toute série humoristique, la lecture est vite entamée mais voilà on passe un agréable moment.

Ce qui est dingue c’est cette opinion comme quoi l’auteur a juste pris ce sujet tel un pari ou un délire à réaliser et qu’au final on en obtienne un album complet ! Comme quoi….

Enfin bref j’ai passé un bon moment mais ce n’est surement pas non plus inoubliable… Dommage surtout que ce soit aussi court et rapide à lire ! A lire si ça vous passe entre les mains !

Nom série  Colt Bingers l'insoumis  posté le 20/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un véritable hasard en librairie m’amène aujourd’hui à parler de Colt Bingers et de sa quête sanguinaire pour retrouver l’unijambiste borgne qui a tué feu son épouse. Et un heureux hasard puisque sans être la bd de l’année, on passe un agréable moment de divertissement sans prise de têtes avec ce héros pas banal.

Par contre c’était une véritable prise de risques que de choper un album Fluide Glacial sachant que l’on atteint rarement les cimes de l’humour même trash avec leurs publications mais le bon souvenir d’un Zumbies chez le même éditeur m’a encouragé à réitérer le risque…

De Zumbies justement, Colt Bingers a conservé une certaine classe dans ses couleurs bi-chromiques datées rappelant le rouge et le bleu d’un drapeau US bien fatigué et délavé. Cette sombre histoire de vengeance sur fond d’humour et de parodies de séries US ne se détourne pas de sa tâche première, divertir et faire sourire. Le rire aux éclats et les surprises ? Inutile d’en chercher par ici ou retournez lire Zumbies car rien de tout cela ici.

Cela fait-il de Colt Bingers une œuvre mineure ? Surement mais son coté sérialesque et feuilletonnesque remplit tout à fait le contrat : nous faire passer un bon moment à condition de ne pas être trop exigeant.

Découpé en plusieurs petites histoires de 5 à 6 pages, l’histoire raconte inlassablement comment cet ancien flic au physique de Clint Eastwood s’en va bourlinguer en rayban et magnum sur sa moto à la recherche de tout borgne unijambiste qui devient un coupable potentiel.

Et faut reconnaitre qu’il n’a pas son pareil pour en rencontrer, pour les dessouder de suite avant de se rendre compte de leurs alibis post mortem. Le tome 1 n’est qu’une succession de ces traques mais Colt n’est pas le seul bras cassé de l’histoire, un couple d’agents du FBI sûrs d’eux et passablement incompétents sont à sa poursuite avec un bon train de retard.

Voir ainsi parodier pêle-mêle des séries comme Le Fugitif, K 2000 ou X Files a un petit coté réjouissant. Tout n’est certes pas hilarant mais le coté absurde des situations ainsi que le grotesque des personnages donne un ensemble sympathique.

Le dessin est assez parodique et évolue dans le bon sens au fur et à mesure de l’histoire. On est proches d’un style lorgnant entre Matt Groening des Simpsons et le Trondheim des Lapinot.

Conscient des limites de leur histoire, les auteurs mettent un terme final à ce road trip funeste et funèbre à l’issue du second tome où les éventuelles zones d’ombre seront levées.

Loin d’être indispensable cette histoire a eu quand même le mérite de me scotcher et je n’avais de hâte que d’arriver à sa conclusion. Malgré son chapitrage mille feuille favorisant la publication dans le mensuel Fluide Glacial, l’évolution reste fluide et agréable.

En conclusion, Colt Bingers est une jolie madeleine de Proust loin d’être indispensable et qui manque parfois peut-être d’audace mais qui reste unique en son genre. Un bon moment de lecture absurde et « no brainer » que je ne regrette pas.



En apparté :

Le seul gros point noir vient de Fluide Glacial, l’éditeur qui se fout éperdument de son lectorat puisqu’après l’expérience Commando Torquemada, il est à noter que le tome 2 n’est disponible qu’avec la belle édition intégrale que je viens de lire et donc les malheureux propriétaires du premier tome devront donc repasser à la caisse s’ils veulent compléter leur collection. Les auteurs s’en excusent dans les bonus que comporte cette intégrale par ailleurs…

Nom série  Sept clones  posté le 20/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La collection 7 se poursuit et contrairement à ce qu’on peut y penser ne se ressemble pas d’un opus à l’autre. Ici on passe allègrement des personnages de Molière à un univers que n’aurait pas renié Jodo et Moebius dans L'Incal avec une société futuriste aussi gangrénée par la propagande que celui de John Difool.

Ces 7 clones ne se connaissent pas et sont dispersés par leur vie, leurs mœurs et leur expérience dans un univers gigantesque à la veille d’une élection présidentielle capitale. Leurs pensées semblent malgré tout parasitées par des messages télépathiques à priori incohérents ordonnés par une « Main » aussi mystérieuse que despotique… A la veille d’une rencontre du 3ème type capitale, leur mission devient de plus en plus claire : se réunir pour un acte terroriste et sauver l’humanité !

La particularité de cet opus réside dans le fait qu’on navigue entre deux strates, la réalité et l’univers virtuel mental qui réunit les avatars sans visage des différents protagonistes. Effectivement rien ne va se dérouler comme prévu et les dernières pages donnent raison à la célèbre chanson des Rage Against The Machine « Killing in the Name » scandant également dans le dernier acte les paroles « Fuck you I won’t do what you tell me ».

La connexion établie est aussi casse-gueule que remarquable car le scénario use et abuse des différents points de vue en enrobant le tout de slogans publicitaires ininterrompus et alourdissant le propos. Le scénariste a plutôt parfaitement atteint son but en proposant une prise de conscience révolutionnaire dans un futur peu reluisant qui ressemble hélas de plus en plus à la réalité.

Ce que j’ai moins apprécié par contre c’est le dessin de Stéphane de Caneva qui sans pour autant démériter ne m’a pas flatté particulièrement les pupilles. Autant les décors et les dessins pleine page sont assez réussis, autant les personnages dans un style pseudo réaliste m’ont laissé de marbre. Le monde virtuel opte pour un style un peu plus cartoon qui m’a davantage plu.

Par contre et même s’il faut reconnaitre qu’il s’agit probablement du scénario le plus astucieux et le plus ambitieux de toute la série 7, l’histoire ne m’a pas plus emballé que cela et j’ai eu toutes les peines du monde pour poursuivre ma lecture. Le plaisir de ma lecture s’en est donc considérablement ressenti car on perd un peu la fraicheur et la candeur de la première saison de cette série.

Dommage pour un récit qui se voulait ludique mais aux règles un peu trop « lourdes » à digérer…

Nom série  Urban  posté le 12/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Urban est une oeuvre qui est dans tous les esprits de ceux qui reviennent de leur libraire. Il faut dire qu’il ne m’a pas fallu davantage que 30 secondes après l’avoir feuilleté pour avoir envie de l’embarquer avec moi. Une bd dont le bouche à oreille s'agrandit au fil des jours, aidé par des critiques quasi unanimes vantant les louanges d’une œuvre revenue de loin (Urban Games avait fait dès lors l’effet d’un pétard mouillé avec abandon du dessinateur dès le premier tome et mésentente avec les Humanos).

Vendu comme un blockbuster de science-fiction tendance Blade Runner, Urban s'avère être une œuvre qui souhaiterait s’affranchir de tout son passé mais repasse tel un hommage les nombreuses références d’une génération élevée aux petits Mickey, Dark Vador, Dragonball et j’en passe si l’on observe attentivement les costumes portés par une population désirant s’abandonner pendant un cours délai dans la cité-parc de loisirs au doux nom évocateur de Monplaisir.

Néanmoins tout n’est pas si rose dans ce monde futuriste à l’instar d’un Soleil Vert où les corps féminins sont réduits à l’état d’objet publicitaire et sexuel et où la violence devient un spectacle télévisé comme dans le Prix du danger d’Yves Boisset.

Une bd pétrie donc d’un propos et d’un fond. Pour autant, ça n'en est pas moins un bouquin saisissant et surtout envoûtant par la beauté des dessins. Je ne sais pas d’où vient ce Roberto Ricci mais j’ai hate de savoir où il va aller tant son talent nous déglingue la rétine par les couleurs, son trait, bref son style !

J’ai pour autant sur l’heure été moins convaincu par un scénario que je trouve conventionnel avec ce flic maladroit dans un environnement futuriste hostile rappelant moult classiques SF.

Nul doute que ce Zach va prendre de l’ampleur dans les prochains tomes d'une série que l'on espère complète cette fois (Mr Luc Brunschwig, ne nous lache pluuuuss ! ) mais sa naiveté ou ses faiblesses ne me touchent pas plus que cela sans compter ce personnage imaginaire (l’est il vraiment ?)

Bref il est encore trop tôt pour ressentir une mélancolie douloureuse ou un rêve pas si idyllique mais « le meilleur des mondes » proposé nous promet moult rebondissements en espérant qu’ils soient à la hauteur de ces prémisses…

On sent très bien que ce tome n’a que la lourde tache de servir d’introduction. Les fils narratifs sont nombreux et le tout n’est pas encore assez développé pour m’embarquer au-delà d’espérances.
Cela part encore un peu trop dans tous les sens mais il est fort possible que tout soit méchamment muri par Luc Brunschwig. Dommage pourtant que l’histoire soit curieusement coupée brutalement en fin de ce premier tome…

Dans tous les cas le pari est réussi, voici un magnifique livre d’images à couper le souffle qui ne demande qu’à être développé.
Je ne peux que vous en conseiller la lecture si ce n’est l’acquisition mais il me tarde de lire la suite afin de savoir vers quelle voie le scénariste nous embarque…

Nom série  Sept personnages  posté le 04/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En étant un bon défenseur de la série 7 que j’apprécie pour son concept, j’entends souvent par ici ou là que pas mal de lecteurs en sont déçus, que le postulat de départ est artificiel, qu’il n’y a pas assez de pages pour développer 7 personnalités et que l’ensemble parait baclé ou peu concluant.

C’est déjà un peu différent pour 7 Personnages car tout le monde est censé connaitre plus ou moins les protagonistes présentés ici puisqu’ils ne sont ni plus ni moins que des êtres de papier créés par le grand Molière lui-même.

Personnellement l’un des seuls trucs positifs du collège a été l’étude de Molière et de certaines de ses pièces, apprises en cours ou lues de mon propre chef, Molière constitue en soi l’un de mes premiers plaisirs de lecture avant d’en voir le résultat sur les planches. L’idée de les retrouver dans une fiction qui emprunte beaucoup au principe de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires avait de quoi me ravir mais l’enchantement initial a laissé place peu ou prou à une petite déception dont je vais m’en expliquer par après…

Néanmoins pas besoin de connaitre l’héritage de Molière pour savourer cette histoire, la plupart des caractères comme celui de Don Juan ou de Tartuffe sont tombés depuis longtemps dans les expressions courantes et un lexique résume succinctement leur origine et caractère.

Molière vient tout juste de mourir et les personnages qu’il a créés pour ses pièces se doivent de résoudre ce crime impuni s’ils souhaitent continuer à vivre et ne pas tomber dans l’oubli. Une alliance inédite lie donc ces feux follets afin de venger leur père spirituel et de mettre fin à de nouveaux complots cherchant à les éliminer.

Quelques bons mot émaillent de cette aventure qui reste sympathique mais ne décolle jamais vraiment. La première partie est non seulement la plus rythmée mais également la plus intéressante puisqu’on y voit quelques courses poursuites et résurrections qui écarquillent le lecteur sans jamais trop le surprendre ou le bouleverser alors que la seconde partie dévoile les fils de l’intrigue en abattant son jeu de façon bien trop sage à mon goût….

Il y avait pourtant un joli potentiel à faire de cette équipe improbable une rencontre inoubliable. La rigidité des dessins fonctionne parfaitement ici dans un pays loin de s’émanciper (la Révolution est encore loin) mais les décors sont d’une banalité affligeante et semblent bâclés comme le souligne le premier commentaire.

Parfaitement divertissant mais pas assez trash, le tout est bien trop lisse et linéaire pour susciter un intérêt autre que le plaisir de la lecture. On tenait une belle équipe française propre à soutenir la comparaison de la Ligue d’Alan Moore et les résolutions sont d’une banalité pesante. Il ne subsiste guère qu’un bon moment de lecture alors que l’on aurait aimé une histoire qui sorte un peu plus des balises.

Voilà un exemplaire pas déplaisant mais qui risque de ne séduire que les complétistes de la série 7, les autres préférant se tourner vers les véritables écrits ou planches de Molière à moins qu’ils ne se jettent sur la Ligue haute en couleurs des êtres littéraires de l’ambitieuse série d’Alan Moore s’ils sont en mal d’aventures…

Une semi déception donc mais rien de bien honteux… La suite au prochain volet de 7

Nom série  Ojingogo  posté le 29/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Peu coutumier des paradis artificiels, peut être que tirer une latte sur un tarpé avant la lecture de Ojingogo comme je le faisais sporadiquement il y a 20 ans m’aurait aidé à comprendre le fil narratif de cet OVNI dont je suis sorti un peu désorienté comme l’ami Spooky.

Il semblerait que ces diverses illustrations soient sortis d’un blog, Matthew Forsythe retranscrit au travers d’une histoire muette pas piquée des hannetons son expérience en Corée du Sud où il aurait séjourné un temps (rappelons que l’auteur est Canadien) retranscrivant peut être son incompréhension face à une langue et des mœurs qu’il ne connait pas.

Ca ne vous rappelle rien ? Moi si, le petit chef d’œuvre de Sofia Coppola « Lost in Translation » où un Bill Murray paumé dans un pays qu’il ne connait pas déambule hagard et crédule.
Mais ici les chemins divergent car point de Scarlett Johansson mais plutôt un croisement hargneux entre Heidi et Pucca à la recherche de son appareil photo kidnappé dans une nature insolite !

Notre héroïne va en profiter pour rencontrer moult animaux insolites et autres bizarreries comme des rectangles sur pattes ou des momies. On passe d’un protagoniste à un autre sans transition mais dans un montage élégant et plutôt bien vu par petites vignettes ou dessins double page. Le souci c’est qu’on se sent un peu distant de ce qui se déroule sous nos yeux puisqu’il n’y aura jamais réellement d’explication claire sur les allers et venues de tous ces protagonistes qui peuvent se résumer en un mouvement vertical pour les personnages rapetissant ou au contraire se décuplant du triple de leur taille et un autre horizontal avec les personnages cherchant à se manger entre eux.

Pourquoi et comment ? Ben j’invite les autres éventuels lecteurs à m’en expliquer les raisons

Ojingogo reste très agréable à lire malgré toutes ses incohérences complètement volontaires et un dessin noir et blanc effectivement très chouette.
Il y a également une touche d’humour absurde et burlesque. J’ai pour ma part adoré la méchante pieuvre cyclope qui devient un animal domestique une fois sa taille diminuée….

A noter que l’édition en petit format est de toute beauté (privilégiez la version anglaise car elle est moins chère et il n’y a pas de texte).

Curieusement et comme on peut le lire sur le dos du bouquin, je ressens le désir de relire cette œuvre peut être pour mieux en comprendre la substance. En l’état l’acquisition est loin d’être indispensable car l’incompréhension du récit ne laisse pour autant pas plus de place non plus à l’émotion ce que je déplore par-dessus tout d’ailleurs.
Mais en tant que bel objet futile et parfaitement inutile, Ojingogo constitue surement un de ses meilleurs ambassadeurs…

Nom série  Nemesis (Millar)  posté le 28/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mark Millar, alors lui je le kiffe.

S’il y en a bien un parmi la jeune génération dont le seul nom éveille à nouveau mes sens avec Garth Ennis depuis que Papy Moore s’est faché avec la terre entière et que Frank Miller s’est facho avec le mondentier dans le joli monde des comics ricains, il s’agit bien de ce monsieur.

Avec Kick-Ass et surtout ses chefs d’œuvre Wanted et Superman - Red Son qui ont pour principe de redessiner complètement le principe des super héros, Millar joue des codes et les déforme pour mieux nous les renvoyer…

Le premier n’a aucun pouvoir et est issue de la génération geek, le second est un super vilain dans un monde qui a éliminé tous les bons et le troisième redéfinit complètement les origines de Superman en l’envoyant œuvrer pour les soviets…

C’est à chaque fois culotté et divertissant et même si l’exercice n’est pas nouveau (les mondes parallèles de DC Comics et Marvel en témoignent), je dois dire que c’est peut être ce décalage incorrect, irrévérencieux et peut être profondément européen qui m’attire le plus dans le monde des comics aujourd’hui, un certain Watchmen étant passé par là lors de mes 20 ans pour mieux balayer la voie….

Alors forcément lorsque Millar annonce sur la toile il y a déjà quelques années son nouveau concept « Que serait le Batman s’il agissait comme le Joker ? », mon cœur ne fait qu’un tour dans l’attente improbable d’un Caped Crusader ayant tourné du mauvais coté de la Force !!!

Le principe ayant déjà bien marché avec l’excellent et improbable Batman soviétique dans Superman Red Son du même auteur ou encore davantage lors de sa mutation en vampire (un des meilleurs Batman alternatifs paradoxalement).

Le marketing ayant à priori bien fait son boulot, on passera rapidement sur le fait que Nemesis n’est pas Batman même s’il s’en inspire fortement… En fait Nemesis semble être le parfait opposé de Batman à l’exception de ses origines. Il est riche et voue une haine intense au sosie de l’Inspecteur Harry qui a conduit à la décadence de ses parents.

Tout de blanc vêtu tel un archange, il dispose de locaux dignes d’une Batcave et d’un véhicule rappelant fortement celui du Dark Knight. Ses attentats dans différents pays à l’encontre de l’ordre établi convergent tous vers la chute du superflic expérimenté qui va vite devenir sa « tête de turc ».

C’est en cela que le récit devient un rien soit peu passionnant car on a de cesse de deviner ou de s’horrifier devant les méfaits et pièges tendus par ce Nemesis cruel et intouchable face à un homme de loi qui voit sa vie personnelle comme sa carrière s’effriter face à ce génie du crime.

Hormis cela, l’ensemble reste bien classique si ce n’est quelques belles planches de McNiven notamment lors de scènes d’action dymamiques. Nemesis pèche néanmoins par un manque d’ambition qui prouve les limites ou la baisse de régime de la machine Millar et pourvu d’une conclusion illogique et bien pratique pour y mettre un point final.
Les ficelles sont cette fois un peu grosses pour tout laisser passer.... Il y a un peu trop d'incohérences dans la "révélation" finale de l'histoire brossée à la Scooby-Doo.

L'histoire va vite à lire, très vite mais pourtant on a la délicate impression que rien d’extraordinaire ne vient bouleverser le récit convenu d’avance face à une confrontation inéluctable. C’est certes violent , un peu dérangeant mais dans le fond terriblement consensuel…

Les deux auteurs ont pourtant travaillé sur une relecture d’un Wolverine vieilli avec plus de succès sur Old Man Logan que je n’ai pas lu et visiblement ici on sent très nettement l’œuvre de commande ou exercice très récréatif.


J’ai eu néanmoins eu beaucoup de plaisir à lire le tout mais n’en retiendrais guère plus qu’un divertissement de seconde zone…
Dans le même style et par le même auteur il y a tellement mieux comme Wanted et Red Son qu’on pourrait presque prendre Nemesis comme un petit apéritif de transition… Il faut juste espérer que Mark Millar va retrouver l’inspiration d’antan qui lui fait cruellement défaut ici.

Nemesis est donc aussi divertissant que dispensable, Le problème c’est que lorsqu’on s’appelle Millar, ca pourrait presque être impardonnable…

Nom série  Blackjack  posté le 21/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Trois réflexions se dégagent comme une évidence une fois tournée la dernière page de cette fresque…

Les deux premières en sont les influences : Il était une fois en Amérique, le chef d’œuvre de Sergio Leone relatant des faits similaires sur une jeunesse baignant dans la mafia dans les rues d’un New York crasseux et gangrené. La seconde concerne Loisel comme cela a déjà été souligné dans les avis précédents.
En effet Steve Cuzor possède un trait non seulement similaire mais également dans la façon de traiter ses personnages, leur donner vie et de l’expression. Or de l’expression, lorsque l’on met en œuvre une fresque sur la mafia, ces 4 tomes n’en manquent pas pour dépeindre ces gamins roublards et abusés par la vénalité de mafieux perpétuellement en colère et il faut reconnaître que c’est plutôt réussi sur ce coté là…

Hélas la troisième réflexion m’amène à ce qui en expliquera la note finale : un immense gâchis de talents… peut-être entaché également par l’édition d’une intégrale ridiculement petite en dimensions qui étouffe les dessins et comprime une œuvre intéressante en produit d’étagère de supermarché….

Il y a pourtant un énorme potentiel à côté duquel je semble être passé car cette intrusion de petits gavroches new-yorkais contrecarrant malgré eux les sombres desseins de la mafia ainsi que le procès d’un certain Al Capone ne pouvait que trouver grâce à mes yeux. De surcroit l’auteur sait parfaitement dynamiser et rythmer son récit par de multiples rebondissements entre les histoires parallèles qu’il développe au sein d’un New York en pleine crise financière.

Les décors sont absolument saisissants, les perspectives sont lointaines et ça grouille d’asticots au sein de la grosse pomme. Il n’est d’ailleurs pas si aisé de s’y retrouver de par cette multitude d’où un reproche de ne pas trouver les personnages émouvants ou attachants. Ils ont pourtant chacun leur personnalité mais l’on passe peut être trop rapidement de l’un à l’autre sans en connaître forcément toutes les origines ou le vécu. On sent l’amour de Cuzor pour le cinéma dont il reprend certaines mécaniques sur le montage par des flash backs, parallèles et autres artifices.

Même si son histoire regorge d’anecdotes j’ai eu la sensation d’être passé à coté de bien des enjeux en survolant d’un œil distrait l’ensemble de l’œuvre. Certaines incohérences m’ont sauté aux yeux et je ne me suis pas attaché à la bande de ces 5 copains malgré leur caractère distinct bien trempé et aux mésaventures qu’ils ne manqueront pas de rencontrer suite à l’acquisition d’une certaine somme dérobée à la barbe d’adultes malfaisants.
Je n’y ai donc pris aucun réel plaisir et ai décroché plusieurs fois par manque d’intérêt général alors que je raffole de ce genre d’histoires en règle générale.

Et comme annoncé en préambule je regrette amèrement d’avoir lu cette œuvre sous sa forme dite d’intégrale qui ne rend pas justice au travail de l’auteur par la réduction de ses planches même s’il n’en est pas directement responsable. Si vous avez donc l’occasion de vous procurer Blackjack sous son édition originale à un format bien plus confortable, n’hésitez pas une seule seconde.

Nom série  Les Belles Histoires de l'Oncle Alix  posté le 19/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout a commencé par un mail de Spooky nous demandant de commenter notre intérêt pour le site marron à l’issue des 10 ans de Bdthèque… Puis plus rien jusqu’à ce terrible coup du 16 septembre 2011 où une couverture inhabituelle d’un Alix en jupette interpelle ma curiosité…
Quelques clics plus tard et après beaucoup de sourires générés à la lecture de ce chef d’œuvre et le mythe était né…

Car il en faut des couilles pour que ces auteurs dont vous connaissiez les méfaits prennent le temps de nous pondre une bd qui parlera à chacun d’entre nous à la mode des histoires de l’oncle Paul personnifié ici par Alix à son insu, le sympathique (et bogosse) créateur des pages que vous lisez actuellement.

La première histoire est la mieux dessinée, celle de Superjé est bien sûr la plus drôle avec chasse à la modération qui ne fera pas rire que les principaux concernés.
La chute de l'histoire de Iannick est tout simplement géniale et lui donne un soufle épique, pas envie d'en connaitre la fin !

Voilà un contenu qui est d’autant plus riche que l'on ne va pas s’attarder sur les dessins mais remercier leur patience et histoires. Je n’aurais jamais osé faire de même, demandez moi plutôt de baisser mon froc que d’encrer ne serait ce qu’un dessin aussi je suis très mal placé pour critiquer une œuvre faite avec les tripes et l’amour évident porté au petit site marron qui régule nos emplois du temps si fréquemment !

Car du talent d’écriture ces messieurs en possèdent, de la volonté également. Vous me direz que cela ne suffit pas pour faire un bon bouquin qui plus est de bande dessinée mais qui ici ne serait pas assez motivé pour voir le personnage le plus caricaturé et le plus sympathique de tout le staff à savoir l’ami Spooky ? Rien que pour cela, un gros coup de cœur mais 3 étoiles simplement pour ma frustration de ne pas avoir eu assez de Ro et de personnages féminins.
Dans tous les cas même si l’ensemble sera hermétique pour un non habitué de notre site, voici un écrin en or pour remercier Alix de toute son énergie communicative…

Ceci est un encouragement les garçons ! Continuez de nous faire rigoler, vous êtes de grands malades et j’adore ça !

Nom série  3 Secondes (3'')  posté le 09/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Joli concept que nous offre le papa de Julius Corentin Acquefacques sur un thème peut-être déjà usité dans d’autres œuvres ou en vidéo, mais l’exercice du miroir grossissant et du regard se projetant sur divers reflets et angles d’une seule et même vision, est particulièrement articulé dans ces 3 secondes qui vont vous paraitre une éternité et riches en évènements.

Qui d’autre que M-A-M pour donner vie sur les bonnes idées d’un Trondheim décidément jamais bien loin lorsqu’on touche à l’Oubapo à un pitch aussi fou ?
Son dessin noir et blanc déjà fort apprécié dans ses autres œuvres (concepts ?) est également adapté à la situation. Sur ces 3 secondes sans onomatopées ou dialogues, une foule d’évènements prend vie car il faudra lire et relire ces petites cases plusieurs fois afin d’en saisir tous les aboutissants, ce qui est loin d’être mon cas, ce qui n’altère en rien mon intérêt ou mon enthousiasme pour la lecture.

Grosso modo il s’agit d’un complot politique et de scandale footballistique avec argent sale et meurtre à la clé qui vont se dérouler sur pas plus de 3 secondes avec un développement et une conclusion… Ou l’infiniment petit et court va se tendre tel un arc dans une ellipse temporelle réduite mais au champ d’action (notre vision) extrêmement vaste, puisque notre regard va se poser d’une scène de meurtre vers un avion pour mieux revenir vers l’issue d’un match en faisant le tour de divers satellites…

Je retrouve la sensation de flottement épurée déjà acquise lors des aventures de Julius. Ces 3 secondes constituent un tour de force ludique où il faudra reconstituer les différents points de vue et protagonistes. L’idée de se placer telle une âme vagabonde rebondissant sur les divers reflets que son champ d’action parcoure est absolument géniale et implique le lecteur dans une lecture différente.

De surcroit les personnages ne sont pas figés et le temps imparti suffira amplement afin d’éclairer certaines révélations et y apporter pas mal de surprises…
L’auteur ne se ménage pas pour simplement grossir ses cases mais déforme, renverse et détourne l’image si nécessaire…

Ce projet devait être uniquement un petit film diffusé sur le net mais il est devenu le présent bouquin dans un format à mi-chemin entre l’édition italienne et classique. On en saisit d’autant plus les détails et c’est bien la version de papier que je préfère…

Je me suis surpris à interrompre ma lecture pour m’extasier de la facilité déconcertante avec laquelle je me suis déplacé d’un point vers un autre en y revenant par un autre angle et d’en apprécier les allers et retours dans l’espace et le temps… C’est fou mais c’est plus excitant que déstabilisant à vivre.

Finalement tout n’est prétexte qu’à s’amuser tout en s’émerveillant… Merci pour ce chouette Cluedo qui prouve que notre support de papier est bien plus interactif que d’autres supports « numériques »…

Si vous n’avez pas encore craqué sur mon avis confus, vous le ferez surement par vous-mêmes piqués par la même curiosité qui m’a animé sous peine de louper une des grosses sorties incontournables de cette rentrée 2011 voire de l’année ?
Je me rends compte que je passe peu de temps à parler de l'intrigue tout simplement parce que je ne l'ai pas éludée et qu'elle m'importe peu en contrepartie de ce que le reste de la lecture m'a inspiré...
3 secondes pour bien plus de minutes de bonheur, soyez prêts pour l’immersion !

Nom série  Les Super Sisters  posté le 08/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mettons les choses tout de suite au clair : à l’heure où je rédige cet avis sur Super Sisters, j’ai tout à fait conscience qu’il s’agit d’une série dérivée de "Sisters" des mêmes auteurs et que je n’ai pas encore eu l’honneur de lire même si j’en connais le pitch.

On peut tout à fait lire cette série indépendamment de la série principale, un peu comme Game Over s’inspire de Kid Paddle dans un registre à peine différent.

Marine et Wendy sont les deux Super Sisters, supers héroïnes tout de rouge vétues et à la combinaison proche de celle des 4 Fantastiques.

Mais attention ici rien de Marvel, on est bien plus proches d’un univers franchouillard découpé en plusieurs petites historiettes de 6 pages environ de leurs exploits.

Même si on reconnait par ci et là les codes propres aux super héros mais également aux jeux video, Cazenove n’utilise ce prétexte-récréation que dans l’objectif de dépeindre un comique de situation représentatif de relations fraternelles dans un univers imaginaire qui peut attirer un jeune lectorat.

L’idée est forcément attractive car cette adaptation ou transposition des sautes d’humeur de Wendy la grande sœur face à la capricieuse Marine dans un univers affranchi de toutes contraintes réalistes est forcément alléchant pour les auteurs ayant déjà bien « rodé » leurs personnages et il n’y a qu’un pas pour rendre l’ensemble accablant ou divertissant et curieusement c’est la seconde option que je choisis après lecture du premier tome.

Ça ne vole peut être pas haut pour le déroulement des historiettes mais on évite les écueils de la vulgarité.
Justement le parler Djeuns et maladroit de la petite Marine aussi tête à claques qu’attachante prête à sourire face à une Wendy plus mure et forcément souvent énervée de trainer son binôme boulet !

Il y a bien sur une construction pour un gag final mais plus encore que la conclusion de chaque récit, ce sont les situations de la petite Marine et de son inconscience ou de sa nonchalance qui m’ont fait marrer face à une grande sœur désemparée !

Dès lors les mises en scène abracadabrantes passent au second plan face aux remarques et dialogues de Super M. qui a le don d’exaspérer tout être humain ou extra terrestre entrant dans son champ d’action !

Le dessin tout en rondeurs rend justice à une lecture pas prise de têtes qui plaira aux jeunes filles préados voire plus jeunes mais j’avoue avoir eu pas mal de plaisir à lire les différents des deux frangines au beau milieu d’un champ de bataille contre aliens ou voyages dans le temps et l’espace !
Les couleurs sont de surcroit bien jolies et les expressions bien rendues malgré une absence de décors détaillés ce qui ne jure pas dans ce genre de bd humoristique.

Tout cela m’a donné logiquement envie de lire l’œuvre principale mais en l’état cette petite série parodique ne dépareille pas et plaira à un public plus étendu que la jeunesse féminine.

C’est surement un peu trop rapide à lire mais la fusion improbable des genres ne déçoit pas et m’a arraché quelques sourires pas du tout forcés. Mignon et sympathique et sans prétentions !
Que demande le peuple ? Que les auteurs n’épuisent pas rapidement le filon tout simplement dans les tomes à venir.

A conseiller pour les rejetonnes et leurs darons (nes) !

Nom série  Vendredi 13  posté le 25/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jason Voorhees, si ce nom n’évoque aucun souvenir ou sourire pour vous alors vous pouvez arrêter de me lire car ce qui va suivre ne risque nullement de vous intéresser ou de vous surprendre.
Pour les autres personnes, impossible d’en avoir fait l’impasse si comme moi vous vous gaviez de vieilles cassettes VHS ou des multiples rediffusions des opus sur Canal + ou feu la Cinq, première chaîne française pour geeks…

Jason Voorhees c’est le personnage le plus muet et rigide du cinéma d’exploitation. Ce qui ne l’a nullement empêché de promener sa silhouette pataude sur près d’une douzaine de films souvent médiocres mais diablement addictifs pour un public constitué de jeunes males en quête de sensations fortes.
Le pitch soulevé principalement dans cette série consiste en ces quelques points : Jason est un tueur invulnérable qui répète inlassablement ce qu’il sait faire de mieux à savoir massacrer les imprudents et libidineux teenagers ayant la mauvaise idée de trainer près de son Crystal Lake où jadis il se noya par l’imprudence de moniteurs trop préoccupés à forniquer.

La même soupe est donc servie avec plus ou moins de réussite depuis plus de trente ans et le succès commercial est invariable : Jason est devenue une icône à part et bien malgré lui grâce à un look de mort vivant caché par un masque de hockey qui aura inspiré pas mal d’ersatz entre le jeu vidéo Splatterhouse et d’autres artifices dans la vie courante : produits dérivés divers, thème musical obsédant… un véritable James Bond sur la durée sans la substance faisant incontestablement partie de la culture américaine décomplexée.

Ne manquait plus à l’appel qu’une adaptation sur support papier respectant le cahier des charges et servant de tremplin au récent décevant remake des équarrissages du mongolo immortel de Crystal Lake ce qui nous amène au présent bouquin…

Personnellement je me faisais une réelle joie de voir une transposition d’un univers résolument comics vers mon média préféré en pensant naïvement que les auteurs pouvaient se lâcher en contournant la censure cinéma habituelle et en développant davantage les origines et aspirations d’un personnage trop effleuré mais après lecture je dois me résoudre de constater qu’il n’en est rien….. hélas

En effet et si on peut se réjouir d’un dessin et de couleurs plutôt bien adaptées à l’univers particulier du monstre de Crystal Lake avec un Jason particulièrement bien croqué et des bimbos aux formes on ne peut plus rebondies, le scénario n’ira jamais guère plus loin que les chapitres pelliculés dont il s’inspire respectueusement à la lettre…

Le tueur est même peu présent dans les 120 pages ce qui rend chacune de ses « apparitions » particulièrement désirables et les meurtres qu’il met en scène respectent l’aspect brut et gore des films dans un silence religieux.

Ce qui est à déplorer par contre c’est le montage quelque fois un peu trop rapide de certaines scènes particulièrement difficiles à appréhender mais rien de grave ! Ce qui l’est davantage est l’ineptie de certains dialogues et conversations de personnages dont on se fiche éperdument de ce qu’ils vont advenir puisqu’on le pressent dès les premières pages.

Plus intéressant est le parcours d’une demoiselle névrosée devenant le pivot de l’histoire et que Jason « choisit » comme disciple involontaire de ses actes ce qui nous permet d’entrevoir certaines explications sur ses éternelles motivations de meurtre. Une surprise également sur certaines orientations sexuelles est de la partie et dénote un peu le caractère propret des protagonistes mais rien de transcendant puisque ces êtres ne sont que les jouets de Jason et finiront tous d’une façon comme d’une autre sur son tableau de chasse.

Au final ce Vendredi 13 pourrait être la meilleure adaptation tous supports confondus des activités du tueur à la machette qui soit mais à vouloir rester trop consensuel, les auteurs loupent la possibilité immense de porter cette légende vers de meilleurs auspices scénaristiquement parlant.

Je garde la nette impression au final d’en avoir eu pour mon argent ni plus ni moins mais ce ne sera surement pas ce bouquin qui donnera tort aux détracteurs (car il y en a autant que de fans) de la série. Le charme opéré n’est ni plus ni moins que celui de la vision d’un film : on est toujours excités à l’idée de revoir ce divertissement crétin et à sa mise en place au départ mais au final pas grand-chose n’en émerge réellement et on a beau se dire que c’est la dernière fois, on sait tous que Jason reviendra et qu’on sera toujours assez cons pour assister à sa résurrection !

Vendredi 13 est donc aussi cucul que culte ce qui est un comble ! C’est donc un achat et une lecture que je conseille à qui se reconnaitra comme moi dans cette critique… et paradoxalement ou ironiquement une œuvre à fuir sans regrets pour tous les autres ! Le cœur a ses raisons que la raison n’explique pas !!!!

Nom série  Quai d'Orsay  posté le 16/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il est fort ce Blain, très très fort….

Non seulement il a réussi à me faire apprécier des bluettes romantiques là où je m’attendais à y lire des gunfights dans son western réapproprié dans Gus, me réconcilier avec les cuisines et le goût des légumes quand je zappe toute émission culinaire avec Alain Passard mais à présent il peut se vanter de rendre le monde politique comestible !

Aidé par les précieux conseils de son scénariste qui a bien connu le milieu semble t-il, Blain va mettre en scène une histoire pas si abracadabrante que cela autour d’un jeune conseiller du ministre des affaires extérieures….

Et c’est là que tout dérape…..
Car Blain a créé un personnage : Alexandre Taillard de Vorms le ministre à savoir l’idée de génie… Taillé à la serpe, mobile, nerveux, prêt à se fondre sur sa proie tel un aigle dont il emprunte la gestuelle…

Et là qu’on soit au cœur de l’actualité politique ou non, lire Quai d’Orsay est un délice où on attend à chaque vignette l’intervention de ce ministre si particulier dont chaque attitude provoque au moins le sourire.

On ne connait pour l’instant ni les tenants ou aboutissants de cette série, j’en reconnais également les limites car malgré toutes les bonnes intentions il y a un certain coté répétitif et redondant qui se fait ressentir.
L’ensemble aurait pu être un peu plus aéré car on étouffe un peu dans cette bureaucratie avec ce discours sans cesse réécrit mais j’en recommande la lecture par plusieurs portions.

Malgré tout si l’histoire stagne un peu, sorti de tout cela, c’est génial de voir comme Blain peut s’amuser et nous amuser sur un sujet aussi peu reluisant.
Sa référence à Star Wars entre maitre et disciple est excellente et bien amenée et je ne parle même pas de l’épisode des stabylos qui est déjà culte à juste titre….

Le dessin est à l’égal de ses œuvre précédentes, on aime ou pas mais on ne peut être qu’unanimement réjoui dès que Villep… euh Taillard de Vorms entre en scène !

J’espère juste que la suite amènera de l’eau au moulin mais il y a tellement à faire et à dire que je ne m’en inquiète même pas… Blain est l’alchimiste français de la bd et a le chic pour transformer un milieu impopulaire en pépite indispensable de nos bibliothèques !

Et puis on devient vite accroc des mimiques de Alexandre Taillard de Vorms… Aucune vulgarité, pas de parti pris, que du bonheur ! Vivement la suite !

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