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... a posté 403 avis et 44 séries (Note moyenne: 3.3)

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Nom série  Sept personnages  posté le 04/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En étant un bon défenseur de la série 7 que j’apprécie pour son concept, j’entends souvent par ici ou là que pas mal de lecteurs en sont déçus, que le postulat de départ est artificiel, qu’il n’y a pas assez de pages pour développer 7 personnalités et que l’ensemble parait baclé ou peu concluant.

C’est déjà un peu différent pour 7 Personnages car tout le monde est censé connaitre plus ou moins les protagonistes présentés ici puisqu’ils ne sont ni plus ni moins que des êtres de papier créés par le grand Molière lui-même.

Personnellement l’un des seuls trucs positifs du collège a été l’étude de Molière et de certaines de ses pièces, apprises en cours ou lues de mon propre chef, Molière constitue en soi l’un de mes premiers plaisirs de lecture avant d’en voir le résultat sur les planches. L’idée de les retrouver dans une fiction qui emprunte beaucoup au principe de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires avait de quoi me ravir mais l’enchantement initial a laissé place peu ou prou à une petite déception dont je vais m’en expliquer par après…

Néanmoins pas besoin de connaitre l’héritage de Molière pour savourer cette histoire, la plupart des caractères comme celui de Don Juan ou de Tartuffe sont tombés depuis longtemps dans les expressions courantes et un lexique résume succinctement leur origine et caractère.

Molière vient tout juste de mourir et les personnages qu’il a créés pour ses pièces se doivent de résoudre ce crime impuni s’ils souhaitent continuer à vivre et ne pas tomber dans l’oubli. Une alliance inédite lie donc ces feux follets afin de venger leur père spirituel et de mettre fin à de nouveaux complots cherchant à les éliminer.

Quelques bons mot émaillent de cette aventure qui reste sympathique mais ne décolle jamais vraiment. La première partie est non seulement la plus rythmée mais également la plus intéressante puisqu’on y voit quelques courses poursuites et résurrections qui écarquillent le lecteur sans jamais trop le surprendre ou le bouleverser alors que la seconde partie dévoile les fils de l’intrigue en abattant son jeu de façon bien trop sage à mon goût….

Il y avait pourtant un joli potentiel à faire de cette équipe improbable une rencontre inoubliable. La rigidité des dessins fonctionne parfaitement ici dans un pays loin de s’émanciper (la Révolution est encore loin) mais les décors sont d’une banalité affligeante et semblent bâclés comme le souligne le premier commentaire.

Parfaitement divertissant mais pas assez trash, le tout est bien trop lisse et linéaire pour susciter un intérêt autre que le plaisir de la lecture. On tenait une belle équipe française propre à soutenir la comparaison de la Ligue d’Alan Moore et les résolutions sont d’une banalité pesante. Il ne subsiste guère qu’un bon moment de lecture alors que l’on aurait aimé une histoire qui sorte un peu plus des balises.

Voilà un exemplaire pas déplaisant mais qui risque de ne séduire que les complétistes de la série 7, les autres préférant se tourner vers les véritables écrits ou planches de Molière à moins qu’ils ne se jettent sur la Ligue haute en couleurs des êtres littéraires de l’ambitieuse série d’Alan Moore s’ils sont en mal d’aventures…

Une semi déception donc mais rien de bien honteux… La suite au prochain volet de 7

Nom série  Ojingogo  posté le 29/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Peu coutumier des paradis artificiels, peut être que tirer une latte sur un tarpé avant la lecture de Ojingogo comme je le faisais sporadiquement il y a 20 ans m’aurait aidé à comprendre le fil narratif de cet OVNI dont je suis sorti un peu désorienté comme l’ami Spooky.

Il semblerait que ces diverses illustrations soient sortis d’un blog, Matthew Forsythe retranscrit au travers d’une histoire muette pas piquée des hannetons son expérience en Corée du Sud où il aurait séjourné un temps (rappelons que l’auteur est Canadien) retranscrivant peut être son incompréhension face à une langue et des mœurs qu’il ne connait pas.

Ca ne vous rappelle rien ? Moi si, le petit chef d’œuvre de Sofia Coppola « Lost in Translation » où un Bill Murray paumé dans un pays qu’il ne connait pas déambule hagard et crédule.
Mais ici les chemins divergent car point de Scarlett Johansson mais plutôt un croisement hargneux entre Heidi et Pucca à la recherche de son appareil photo kidnappé dans une nature insolite !

Notre héroïne va en profiter pour rencontrer moult animaux insolites et autres bizarreries comme des rectangles sur pattes ou des momies. On passe d’un protagoniste à un autre sans transition mais dans un montage élégant et plutôt bien vu par petites vignettes ou dessins double page. Le souci c’est qu’on se sent un peu distant de ce qui se déroule sous nos yeux puisqu’il n’y aura jamais réellement d’explication claire sur les allers et venues de tous ces protagonistes qui peuvent se résumer en un mouvement vertical pour les personnages rapetissant ou au contraire se décuplant du triple de leur taille et un autre horizontal avec les personnages cherchant à se manger entre eux.

Pourquoi et comment ? Ben j’invite les autres éventuels lecteurs à m’en expliquer les raisons

Ojingogo reste très agréable à lire malgré toutes ses incohérences complètement volontaires et un dessin noir et blanc effectivement très chouette.
Il y a également une touche d’humour absurde et burlesque. J’ai pour ma part adoré la méchante pieuvre cyclope qui devient un animal domestique une fois sa taille diminuée….

A noter que l’édition en petit format est de toute beauté (privilégiez la version anglaise car elle est moins chère et il n’y a pas de texte).

Curieusement et comme on peut le lire sur le dos du bouquin, je ressens le désir de relire cette œuvre peut être pour mieux en comprendre la substance. En l’état l’acquisition est loin d’être indispensable car l’incompréhension du récit ne laisse pour autant pas plus de place non plus à l’émotion ce que je déplore par-dessus tout d’ailleurs.
Mais en tant que bel objet futile et parfaitement inutile, Ojingogo constitue surement un de ses meilleurs ambassadeurs…

Nom série  Nemesis (Millar)  posté le 28/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mark Millar, alors lui je le kiffe.

S’il y en a bien un parmi la jeune génération dont le seul nom éveille à nouveau mes sens avec Garth Ennis depuis que Papy Moore s’est faché avec la terre entière et que Frank Miller s’est facho avec le mondentier dans le joli monde des comics ricains, il s’agit bien de ce monsieur.

Avec Kick-Ass et surtout ses chefs d’œuvre Wanted et Superman - Red Son qui ont pour principe de redessiner complètement le principe des super héros, Millar joue des codes et les déforme pour mieux nous les renvoyer…

Le premier n’a aucun pouvoir et est issue de la génération geek, le second est un super vilain dans un monde qui a éliminé tous les bons et le troisième redéfinit complètement les origines de Superman en l’envoyant œuvrer pour les soviets…

C’est à chaque fois culotté et divertissant et même si l’exercice n’est pas nouveau (les mondes parallèles de DC Comics et Marvel en témoignent), je dois dire que c’est peut être ce décalage incorrect, irrévérencieux et peut être profondément européen qui m’attire le plus dans le monde des comics aujourd’hui, un certain Watchmen étant passé par là lors de mes 20 ans pour mieux balayer la voie….

Alors forcément lorsque Millar annonce sur la toile il y a déjà quelques années son nouveau concept « Que serait le Batman s’il agissait comme le Joker ? », mon cœur ne fait qu’un tour dans l’attente improbable d’un Caped Crusader ayant tourné du mauvais coté de la Force !!!

Le principe ayant déjà bien marché avec l’excellent et improbable Batman soviétique dans Superman Red Son du même auteur ou encore davantage lors de sa mutation en vampire (un des meilleurs Batman alternatifs paradoxalement).

Le marketing ayant à priori bien fait son boulot, on passera rapidement sur le fait que Nemesis n’est pas Batman même s’il s’en inspire fortement… En fait Nemesis semble être le parfait opposé de Batman à l’exception de ses origines. Il est riche et voue une haine intense au sosie de l’Inspecteur Harry qui a conduit à la décadence de ses parents.

Tout de blanc vêtu tel un archange, il dispose de locaux dignes d’une Batcave et d’un véhicule rappelant fortement celui du Dark Knight. Ses attentats dans différents pays à l’encontre de l’ordre établi convergent tous vers la chute du superflic expérimenté qui va vite devenir sa « tête de turc ».

C’est en cela que le récit devient un rien soit peu passionnant car on a de cesse de deviner ou de s’horrifier devant les méfaits et pièges tendus par ce Nemesis cruel et intouchable face à un homme de loi qui voit sa vie personnelle comme sa carrière s’effriter face à ce génie du crime.

Hormis cela, l’ensemble reste bien classique si ce n’est quelques belles planches de McNiven notamment lors de scènes d’action dymamiques. Nemesis pèche néanmoins par un manque d’ambition qui prouve les limites ou la baisse de régime de la machine Millar et pourvu d’une conclusion illogique et bien pratique pour y mettre un point final.
Les ficelles sont cette fois un peu grosses pour tout laisser passer.... Il y a un peu trop d'incohérences dans la "révélation" finale de l'histoire brossée à la Scooby-Doo.

L'histoire va vite à lire, très vite mais pourtant on a la délicate impression que rien d’extraordinaire ne vient bouleverser le récit convenu d’avance face à une confrontation inéluctable. C’est certes violent , un peu dérangeant mais dans le fond terriblement consensuel…

Les deux auteurs ont pourtant travaillé sur une relecture d’un Wolverine vieilli avec plus de succès sur Old Man Logan que je n’ai pas lu et visiblement ici on sent très nettement l’œuvre de commande ou exercice très récréatif.


J’ai eu néanmoins eu beaucoup de plaisir à lire le tout mais n’en retiendrais guère plus qu’un divertissement de seconde zone…
Dans le même style et par le même auteur il y a tellement mieux comme Wanted et Red Son qu’on pourrait presque prendre Nemesis comme un petit apéritif de transition… Il faut juste espérer que Mark Millar va retrouver l’inspiration d’antan qui lui fait cruellement défaut ici.

Nemesis est donc aussi divertissant que dispensable, Le problème c’est que lorsqu’on s’appelle Millar, ca pourrait presque être impardonnable…

Nom série  Blackjack  posté le 21/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Trois réflexions se dégagent comme une évidence une fois tournée la dernière page de cette fresque…

Les deux premières en sont les influences : Il était une fois en Amérique, le chef d’œuvre de Sergio Leone relatant des faits similaires sur une jeunesse baignant dans la mafia dans les rues d’un New York crasseux et gangrené. La seconde concerne Loisel comme cela a déjà été souligné dans les avis précédents.
En effet Steve Cuzor possède un trait non seulement similaire mais également dans la façon de traiter ses personnages, leur donner vie et de l’expression. Or de l’expression, lorsque l’on met en œuvre une fresque sur la mafia, ces 4 tomes n’en manquent pas pour dépeindre ces gamins roublards et abusés par la vénalité de mafieux perpétuellement en colère et il faut reconnaître que c’est plutôt réussi sur ce coté là…

Hélas la troisième réflexion m’amène à ce qui en expliquera la note finale : un immense gâchis de talents… peut-être entaché également par l’édition d’une intégrale ridiculement petite en dimensions qui étouffe les dessins et comprime une œuvre intéressante en produit d’étagère de supermarché….

Il y a pourtant un énorme potentiel à côté duquel je semble être passé car cette intrusion de petits gavroches new-yorkais contrecarrant malgré eux les sombres desseins de la mafia ainsi que le procès d’un certain Al Capone ne pouvait que trouver grâce à mes yeux. De surcroit l’auteur sait parfaitement dynamiser et rythmer son récit par de multiples rebondissements entre les histoires parallèles qu’il développe au sein d’un New York en pleine crise financière.

Les décors sont absolument saisissants, les perspectives sont lointaines et ça grouille d’asticots au sein de la grosse pomme. Il n’est d’ailleurs pas si aisé de s’y retrouver de par cette multitude d’où un reproche de ne pas trouver les personnages émouvants ou attachants. Ils ont pourtant chacun leur personnalité mais l’on passe peut être trop rapidement de l’un à l’autre sans en connaître forcément toutes les origines ou le vécu. On sent l’amour de Cuzor pour le cinéma dont il reprend certaines mécaniques sur le montage par des flash backs, parallèles et autres artifices.

Même si son histoire regorge d’anecdotes j’ai eu la sensation d’être passé à coté de bien des enjeux en survolant d’un œil distrait l’ensemble de l’œuvre. Certaines incohérences m’ont sauté aux yeux et je ne me suis pas attaché à la bande de ces 5 copains malgré leur caractère distinct bien trempé et aux mésaventures qu’ils ne manqueront pas de rencontrer suite à l’acquisition d’une certaine somme dérobée à la barbe d’adultes malfaisants.
Je n’y ai donc pris aucun réel plaisir et ai décroché plusieurs fois par manque d’intérêt général alors que je raffole de ce genre d’histoires en règle générale.

Et comme annoncé en préambule je regrette amèrement d’avoir lu cette œuvre sous sa forme dite d’intégrale qui ne rend pas justice au travail de l’auteur par la réduction de ses planches même s’il n’en est pas directement responsable. Si vous avez donc l’occasion de vous procurer Blackjack sous son édition originale à un format bien plus confortable, n’hésitez pas une seule seconde.

Nom série  Les Belles Histoires de l'Oncle Alix  posté le 19/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout a commencé par un mail de Spooky nous demandant de commenter notre intérêt pour le site marron à l’issue des 10 ans de Bdthèque… Puis plus rien jusqu’à ce terrible coup du 16 septembre 2011 où une couverture inhabituelle d’un Alix en jupette interpelle ma curiosité…
Quelques clics plus tard et après beaucoup de sourires générés à la lecture de ce chef d’œuvre et le mythe était né…

Car il en faut des couilles pour que ces auteurs dont vous connaissiez les méfaits prennent le temps de nous pondre une bd qui parlera à chacun d’entre nous à la mode des histoires de l’oncle Paul personnifié ici par Alix à son insu, le sympathique (et bogosse) créateur des pages que vous lisez actuellement.

La première histoire est la mieux dessinée, celle de Superjé est bien sûr la plus drôle avec chasse à la modération qui ne fera pas rire que les principaux concernés.
La chute de l'histoire de Iannick est tout simplement géniale et lui donne un soufle épique, pas envie d'en connaitre la fin !

Voilà un contenu qui est d’autant plus riche que l'on ne va pas s’attarder sur les dessins mais remercier leur patience et histoires. Je n’aurais jamais osé faire de même, demandez moi plutôt de baisser mon froc que d’encrer ne serait ce qu’un dessin aussi je suis très mal placé pour critiquer une œuvre faite avec les tripes et l’amour évident porté au petit site marron qui régule nos emplois du temps si fréquemment !

Car du talent d’écriture ces messieurs en possèdent, de la volonté également. Vous me direz que cela ne suffit pas pour faire un bon bouquin qui plus est de bande dessinée mais qui ici ne serait pas assez motivé pour voir le personnage le plus caricaturé et le plus sympathique de tout le staff à savoir l’ami Spooky ? Rien que pour cela, un gros coup de cœur mais 3 étoiles simplement pour ma frustration de ne pas avoir eu assez de Ro et de personnages féminins.
Dans tous les cas même si l’ensemble sera hermétique pour un non habitué de notre site, voici un écrin en or pour remercier Alix de toute son énergie communicative…

Ceci est un encouragement les garçons ! Continuez de nous faire rigoler, vous êtes de grands malades et j’adore ça !

Nom série  3 Secondes (3'')  posté le 09/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Joli concept que nous offre le papa de Julius Corentin Acquefacques sur un thème peut-être déjà usité dans d’autres œuvres ou en vidéo, mais l’exercice du miroir grossissant et du regard se projetant sur divers reflets et angles d’une seule et même vision, est particulièrement articulé dans ces 3 secondes qui vont vous paraitre une éternité et riches en évènements.

Qui d’autre que M-A-M pour donner vie sur les bonnes idées d’un Trondheim décidément jamais bien loin lorsqu’on touche à l’Oubapo à un pitch aussi fou ?
Son dessin noir et blanc déjà fort apprécié dans ses autres œuvres (concepts ?) est également adapté à la situation. Sur ces 3 secondes sans onomatopées ou dialogues, une foule d’évènements prend vie car il faudra lire et relire ces petites cases plusieurs fois afin d’en saisir tous les aboutissants, ce qui est loin d’être mon cas, ce qui n’altère en rien mon intérêt ou mon enthousiasme pour la lecture.

Grosso modo il s’agit d’un complot politique et de scandale footballistique avec argent sale et meurtre à la clé qui vont se dérouler sur pas plus de 3 secondes avec un développement et une conclusion… Ou l’infiniment petit et court va se tendre tel un arc dans une ellipse temporelle réduite mais au champ d’action (notre vision) extrêmement vaste, puisque notre regard va se poser d’une scène de meurtre vers un avion pour mieux revenir vers l’issue d’un match en faisant le tour de divers satellites…

Je retrouve la sensation de flottement épurée déjà acquise lors des aventures de Julius. Ces 3 secondes constituent un tour de force ludique où il faudra reconstituer les différents points de vue et protagonistes. L’idée de se placer telle une âme vagabonde rebondissant sur les divers reflets que son champ d’action parcoure est absolument géniale et implique le lecteur dans une lecture différente.

De surcroit les personnages ne sont pas figés et le temps imparti suffira amplement afin d’éclairer certaines révélations et y apporter pas mal de surprises…
L’auteur ne se ménage pas pour simplement grossir ses cases mais déforme, renverse et détourne l’image si nécessaire…

Ce projet devait être uniquement un petit film diffusé sur le net mais il est devenu le présent bouquin dans un format à mi-chemin entre l’édition italienne et classique. On en saisit d’autant plus les détails et c’est bien la version de papier que je préfère…

Je me suis surpris à interrompre ma lecture pour m’extasier de la facilité déconcertante avec laquelle je me suis déplacé d’un point vers un autre en y revenant par un autre angle et d’en apprécier les allers et retours dans l’espace et le temps… C’est fou mais c’est plus excitant que déstabilisant à vivre.

Finalement tout n’est prétexte qu’à s’amuser tout en s’émerveillant… Merci pour ce chouette Cluedo qui prouve que notre support de papier est bien plus interactif que d’autres supports « numériques »…

Si vous n’avez pas encore craqué sur mon avis confus, vous le ferez surement par vous-mêmes piqués par la même curiosité qui m’a animé sous peine de louper une des grosses sorties incontournables de cette rentrée 2011 voire de l’année ?
Je me rends compte que je passe peu de temps à parler de l'intrigue tout simplement parce que je ne l'ai pas éludée et qu'elle m'importe peu en contrepartie de ce que le reste de la lecture m'a inspiré...
3 secondes pour bien plus de minutes de bonheur, soyez prêts pour l’immersion !

Nom série  Les Super Sisters  posté le 08/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mettons les choses tout de suite au clair : à l’heure où je rédige cet avis sur Super Sisters, j’ai tout à fait conscience qu’il s’agit d’une série dérivée de "Sisters" des mêmes auteurs et que je n’ai pas encore eu l’honneur de lire même si j’en connais le pitch.

On peut tout à fait lire cette série indépendamment de la série principale, un peu comme Game Over s’inspire de Kid Paddle dans un registre à peine différent.

Marine et Wendy sont les deux Super Sisters, supers héroïnes tout de rouge vétues et à la combinaison proche de celle des 4 Fantastiques.

Mais attention ici rien de Marvel, on est bien plus proches d’un univers franchouillard découpé en plusieurs petites historiettes de 6 pages environ de leurs exploits.

Même si on reconnait par ci et là les codes propres aux super héros mais également aux jeux video, Cazenove n’utilise ce prétexte-récréation que dans l’objectif de dépeindre un comique de situation représentatif de relations fraternelles dans un univers imaginaire qui peut attirer un jeune lectorat.

L’idée est forcément attractive car cette adaptation ou transposition des sautes d’humeur de Wendy la grande sœur face à la capricieuse Marine dans un univers affranchi de toutes contraintes réalistes est forcément alléchant pour les auteurs ayant déjà bien « rodé » leurs personnages et il n’y a qu’un pas pour rendre l’ensemble accablant ou divertissant et curieusement c’est la seconde option que je choisis après lecture du premier tome.

Ça ne vole peut être pas haut pour le déroulement des historiettes mais on évite les écueils de la vulgarité.
Justement le parler Djeuns et maladroit de la petite Marine aussi tête à claques qu’attachante prête à sourire face à une Wendy plus mure et forcément souvent énervée de trainer son binôme boulet !

Il y a bien sur une construction pour un gag final mais plus encore que la conclusion de chaque récit, ce sont les situations de la petite Marine et de son inconscience ou de sa nonchalance qui m’ont fait marrer face à une grande sœur désemparée !

Dès lors les mises en scène abracadabrantes passent au second plan face aux remarques et dialogues de Super M. qui a le don d’exaspérer tout être humain ou extra terrestre entrant dans son champ d’action !

Le dessin tout en rondeurs rend justice à une lecture pas prise de têtes qui plaira aux jeunes filles préados voire plus jeunes mais j’avoue avoir eu pas mal de plaisir à lire les différents des deux frangines au beau milieu d’un champ de bataille contre aliens ou voyages dans le temps et l’espace !
Les couleurs sont de surcroit bien jolies et les expressions bien rendues malgré une absence de décors détaillés ce qui ne jure pas dans ce genre de bd humoristique.

Tout cela m’a donné logiquement envie de lire l’œuvre principale mais en l’état cette petite série parodique ne dépareille pas et plaira à un public plus étendu que la jeunesse féminine.

C’est surement un peu trop rapide à lire mais la fusion improbable des genres ne déçoit pas et m’a arraché quelques sourires pas du tout forcés. Mignon et sympathique et sans prétentions !
Que demande le peuple ? Que les auteurs n’épuisent pas rapidement le filon tout simplement dans les tomes à venir.

A conseiller pour les rejetonnes et leurs darons (nes) !

Nom série  Vendredi 13  posté le 25/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jason Voorhees, si ce nom n’évoque aucun souvenir ou sourire pour vous alors vous pouvez arrêter de me lire car ce qui va suivre ne risque nullement de vous intéresser ou de vous surprendre.
Pour les autres personnes, impossible d’en avoir fait l’impasse si comme moi vous vous gaviez de vieilles cassettes VHS ou des multiples rediffusions des opus sur Canal + ou feu la Cinq, première chaîne française pour geeks…

Jason Voorhees c’est le personnage le plus muet et rigide du cinéma d’exploitation. Ce qui ne l’a nullement empêché de promener sa silhouette pataude sur près d’une douzaine de films souvent médiocres mais diablement addictifs pour un public constitué de jeunes males en quête de sensations fortes.
Le pitch soulevé principalement dans cette série consiste en ces quelques points : Jason est un tueur invulnérable qui répète inlassablement ce qu’il sait faire de mieux à savoir massacrer les imprudents et libidineux teenagers ayant la mauvaise idée de trainer près de son Crystal Lake où jadis il se noya par l’imprudence de moniteurs trop préoccupés à forniquer.

La même soupe est donc servie avec plus ou moins de réussite depuis plus de trente ans et le succès commercial est invariable : Jason est devenue une icône à part et bien malgré lui grâce à un look de mort vivant caché par un masque de hockey qui aura inspiré pas mal d’ersatz entre le jeu vidéo Splatterhouse et d’autres artifices dans la vie courante : produits dérivés divers, thème musical obsédant… un véritable James Bond sur la durée sans la substance faisant incontestablement partie de la culture américaine décomplexée.

Ne manquait plus à l’appel qu’une adaptation sur support papier respectant le cahier des charges et servant de tremplin au récent décevant remake des équarrissages du mongolo immortel de Crystal Lake ce qui nous amène au présent bouquin…

Personnellement je me faisais une réelle joie de voir une transposition d’un univers résolument comics vers mon média préféré en pensant naïvement que les auteurs pouvaient se lâcher en contournant la censure cinéma habituelle et en développant davantage les origines et aspirations d’un personnage trop effleuré mais après lecture je dois me résoudre de constater qu’il n’en est rien….. hélas

En effet et si on peut se réjouir d’un dessin et de couleurs plutôt bien adaptées à l’univers particulier du monstre de Crystal Lake avec un Jason particulièrement bien croqué et des bimbos aux formes on ne peut plus rebondies, le scénario n’ira jamais guère plus loin que les chapitres pelliculés dont il s’inspire respectueusement à la lettre…

Le tueur est même peu présent dans les 120 pages ce qui rend chacune de ses « apparitions » particulièrement désirables et les meurtres qu’il met en scène respectent l’aspect brut et gore des films dans un silence religieux.

Ce qui est à déplorer par contre c’est le montage quelque fois un peu trop rapide de certaines scènes particulièrement difficiles à appréhender mais rien de grave ! Ce qui l’est davantage est l’ineptie de certains dialogues et conversations de personnages dont on se fiche éperdument de ce qu’ils vont advenir puisqu’on le pressent dès les premières pages.

Plus intéressant est le parcours d’une demoiselle névrosée devenant le pivot de l’histoire et que Jason « choisit » comme disciple involontaire de ses actes ce qui nous permet d’entrevoir certaines explications sur ses éternelles motivations de meurtre. Une surprise également sur certaines orientations sexuelles est de la partie et dénote un peu le caractère propret des protagonistes mais rien de transcendant puisque ces êtres ne sont que les jouets de Jason et finiront tous d’une façon comme d’une autre sur son tableau de chasse.

Au final ce Vendredi 13 pourrait être la meilleure adaptation tous supports confondus des activités du tueur à la machette qui soit mais à vouloir rester trop consensuel, les auteurs loupent la possibilité immense de porter cette légende vers de meilleurs auspices scénaristiquement parlant.

Je garde la nette impression au final d’en avoir eu pour mon argent ni plus ni moins mais ce ne sera surement pas ce bouquin qui donnera tort aux détracteurs (car il y en a autant que de fans) de la série. Le charme opéré n’est ni plus ni moins que celui de la vision d’un film : on est toujours excités à l’idée de revoir ce divertissement crétin et à sa mise en place au départ mais au final pas grand-chose n’en émerge réellement et on a beau se dire que c’est la dernière fois, on sait tous que Jason reviendra et qu’on sera toujours assez cons pour assister à sa résurrection !

Vendredi 13 est donc aussi cucul que culte ce qui est un comble ! C’est donc un achat et une lecture que je conseille à qui se reconnaitra comme moi dans cette critique… et paradoxalement ou ironiquement une œuvre à fuir sans regrets pour tous les autres ! Le cœur a ses raisons que la raison n’explique pas !!!!

Nom série  Quai d'Orsay  posté le 16/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il est fort ce Blain, très très fort….

Non seulement il a réussi à me faire apprécier des bluettes romantiques là où je m’attendais à y lire des gunfights dans son western réapproprié dans Gus, me réconcilier avec les cuisines et le goût des légumes quand je zappe toute émission culinaire avec Alain Passard mais à présent il peut se vanter de rendre le monde politique comestible !

Aidé par les précieux conseils de son scénariste qui a bien connu le milieu semble t-il, Blain va mettre en scène une histoire pas si abracadabrante que cela autour d’un jeune conseiller du ministre des affaires extérieures….

Et c’est là que tout dérape…..
Car Blain a créé un personnage : Alexandre Taillard de Vorms le ministre à savoir l’idée de génie… Taillé à la serpe, mobile, nerveux, prêt à se fondre sur sa proie tel un aigle dont il emprunte la gestuelle…

Et là qu’on soit au cœur de l’actualité politique ou non, lire Quai d’Orsay est un délice où on attend à chaque vignette l’intervention de ce ministre si particulier dont chaque attitude provoque au moins le sourire.

On ne connait pour l’instant ni les tenants ou aboutissants de cette série, j’en reconnais également les limites car malgré toutes les bonnes intentions il y a un certain coté répétitif et redondant qui se fait ressentir.
L’ensemble aurait pu être un peu plus aéré car on étouffe un peu dans cette bureaucratie avec ce discours sans cesse réécrit mais j’en recommande la lecture par plusieurs portions.

Malgré tout si l’histoire stagne un peu, sorti de tout cela, c’est génial de voir comme Blain peut s’amuser et nous amuser sur un sujet aussi peu reluisant.
Sa référence à Star Wars entre maitre et disciple est excellente et bien amenée et je ne parle même pas de l’épisode des stabylos qui est déjà culte à juste titre….

Le dessin est à l’égal de ses œuvre précédentes, on aime ou pas mais on ne peut être qu’unanimement réjoui dès que Villep… euh Taillard de Vorms entre en scène !

J’espère juste que la suite amènera de l’eau au moulin mais il y a tellement à faire et à dire que je ne m’en inquiète même pas… Blain est l’alchimiste français de la bd et a le chic pour transformer un milieu impopulaire en pépite indispensable de nos bibliothèques !

Et puis on devient vite accroc des mimiques de Alexandre Taillard de Vorms… Aucune vulgarité, pas de parti pris, que du bonheur ! Vivement la suite !

Nom série  Vieilles Canailles  posté le 16/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Qu’est ce qui pourrait être encore plus enthousiasmant et agréable à lire que Spaghetti Brothers dans le domaine de la comédie féroce et corrosive et ne s’octroyant aucun tabou dans la peinture de cette famille déjantée de déracinés italiens ?

Et bien ni plus ni moins que sa conclusion parue en deux tomes et qui se révèle aussi indispensable que réussie.
Tout comme 20th Century Boys et son épilogue 21st Century Boys paru en deux tomes, ce dytique nécessite la lecture de la série fleuve d’origine pour bien en comprendre toutes les subtilités et toutes les péripéties de cette famille que j’espère pas comme les autres.

Trillo a eu l’idée de génie de se plonger une bonne vingtaine d’années plus tard en mettant à l’honneur un Amerigo vieillissant qui n’a rien perdu de sa « superbe » si je peux m’exprimer en ces termes, car il mérite bien le superlatif employé par Miranda dans son avis précédent pour ses faits d’armes aussi peu glorieux que répugnants.

La bonne idée ne se limite pas à cette ellipse temporelle mais également au fait que les histoires nous sont contées sous forme d’anecdotes et de tranches de vie visant à illustrer un livre de mémoires rédigé par le fils ainé de Carmela.

On passe donc d’une époque à une autre avec une maîtrise narrative tout à fait exemplaire. La « famille » n’a rien perdu de sa superbe et c’est un régal sans égal que de les redécouvrir sous un nouveau jour ainsi que de découvrir l’évolution des différents protagonistes.

Ce serait presque avec regret qu’on arrive à la dernière page malgré le sordide des situations évoquées mais il y a un plaisir coupable de rire et sourire à tous ces excès. En outre, l’auteur a eu le bon goût de trouver une conclusion culottée et satisfaisante en point d’orgue d’une série décidément pas comme les autres.

Rien à redire sur le dessin noir et blanc de Mandrafina qui est toujours aussi bon et inspiré… Je suis vraiment sous le charme de ces dessinateurs sud-américains avec Risso et Bernet qui ont également travaillé avec Trillo, la boucle est bouclée !

Un must absolu d’humour noir et grinçant, à lire absolument dans sa totalité peut-être même encore meilleur que Spaghetti Brothers dont les quelques défauts sont gommés ici !

Nom série  Rémi Gaillard emmerde la télé  posté le 15/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
A la base, j'aime bien Rémi Gaillard, si si je vous assure !

Ce trublion m'a fait passer quelques moments agréables avec ses paris culottés et insensés plutôt "bon enfant" que méchants qui lui ont d'ailleurs valu un succès mérité sur la toile.

Mais par contre se servir d'un média comme la bande dessinée pour balancer sa rancœur et sa haine vis à vis d'un autre média à savoir ici la télévision n'était peut être pas la méthode la plus subtile et réussie... surtout si le talent répond aux abonnés absents...

En effet la plupart des gags présentés ici est d'un niveau affligeant... Ok je ne porte pas spécialement haut dans mon cœur des personnages comme Cauet ou Michael Youn et un opportuniste comme Arthur m'inspire tellement d'amour que je le zappe direct tel un étron dès que je le vois ou l'entends sur les ondes hertziennes, numériques ou terrestres !

Mais quand même si on peut rire de tout, autant le faire avec un minimum de classe plutôt que de détourner sans grand talent les pastiches d'un Rémi Gaillard "tête à claques" (voir pour exemple avec quelle arrogance et suffisance le personnage est dessiné ! La couverture ou case finale de la planche ici dessinée peut suffire à vous en faire une idée...) et c'est bien là que le bat blesse car ces histoires en une ou plusieurs planches sont affligeantes de médiocrité....

Clair qu'on peut rire de tout et je serais toujours l'un des derniers amateurs de ce bastion peu apprécié des honnêtes gens mais y a des limites à tout et cette œuvre a au moins le mérite d'avoir touché le fond de ces limites !

Et encore faudrait il parler du dessin qui n'a strictement aucun intérêt tant il semble impersonnel et emprunté...

On voudrait nous asséner que "c'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui" mais "c'est surtout en publiant n'importe quoi qu'on sombre rapidement dans l'oubli" qui prévaut.

Fais gaffe Rémi, c'est un conseil d'ami, retourne sur le net et ne reviens plus nous emmerder via notre média préféré !

Nom série  Spaghetti Brothers  posté le 10/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Une page en six cases, une histoire en huit pages et il n’en faut pas plus afin de créer l’une des séries mafieuses les plus cruelles, drôles et surtout attractives en bandes dessinées.

Car pour peu que vous jubiliez devant l’humour noir et graveleux de ces drames familiaux italiens sur fond de prohibition il y a de quoi se régaler avec l’immense pavé de près de 800 pages réunies dans une intégrale imposante mais luxueusement.

En effet rien n’est classique ou vertueux dans les mœurs de la famille Centobucchi et de ses cinq frères et sœurs. Caterina est une actrice de cinéma muet de seconde zone au talent aussi démesuré que les moyens qu’elle met en œuvre pour devenir une starlette, Carméla trompe l’ennui de sa vie de femme au foyer en jouant des pistoles et de ses charmes pour des contrats à gage et son jumeau Francesco (le plus sympathique et poilant personnage de cette fratrie) n’a rien à envier de Don Camillo dont il s’inspire par la parole et les poings pour gérer sa paroisse.

N’oublions pas Antonio, le petit cadet en policier raté qui voue une haine sans nom à Amerigo l’ainé et mafioso de métier et dont ils se partagent la même femme !!!

Si on secoue ce cocktail explosif de prohibition, de pas mal de violence et également de sexe, il reste suffisamment de place pour y laisser l’élément le plus important de ces récits qui s’enchainent sans temps mort : l’humour !

Car les histoires ont beau être inégales, la fin devenant même carrément sérieuse et ennuyeuse avec ces leçons de morale sans morale assénées par l’ecclésiastique de la famille, l’ensemble se dévore avec une frugalité effrayante car on n’a de cesse de lire les démêlés et déboires de toute cette famille heureusement atypique. Trillo maitrise complètement son sujet, dépassant de même en intérêt le pourtant excellentissime cousin Torpedo de Bernet dont il emprunte les mêmes ficelles pour le politiquement incorrect tout en y injectant une certaine continuité narrative.

Ce ne serait surement pas aussi réussi sans le trait inspiré de Mandrafina qui croque les deux têtes brulés de la famille Amerigo et Francesco sans nul égal. Il suffit juste d’observer les expressions muettes de ses protagonistes pour déclencher un fou rire mérité. Le trait noir est inspiré et réaliste. Les décors sont un peu plus effacés même s’ils ne sont pas négligés. J’ai juste eu parfois un peu de mal à différencier les deux sœurs.

Pour le reste, et bien il est impossible d’en ressortir déçu si ce n’est qu’il y manque cruellement une conclusion que l’on s’empressera de lire dans l’épilogue de cette série désormais culte à mes yeux : Vieilles Canailles où nos zéros ont pris un peu d’âge et de bouteille mais toujours la même santé pour les embrouilles.

Complètement inutiles et futiles donc carrément indispensables, ces spaghettis là risquent de vous procurer une indigestion de fous rires !

Nom série  Alter Ego  posté le 02/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici un parti pris plutôt intéressant pour une œuvre commerciale : chacun des 6 tomes parus ou à paraître est la pièce d’un complot que l’on est amené à lire dans n’importe quel ordre !

Une belle idée au service d’un projet commercial annoncé sur tous les fronts peut-il pour autant constituer une œuvre solide ?

Ici et contrairement aux idées reçues, la réponse est mille fois oui, OUI !

Pourtant rien de très original ici si ce n’est le traitement ludique et interactif du choix de lecture. Chaque album met en avant un personnage qui pourra devenir secondaire dans un autre bouquin de la série. Les 60 pages racontent donc la même histoire et pratiquement le même déroulement des faits mais par différents cotés de la lorgnette.

Ce n’est pas un procédé nouveau, Berceuse assassine utilise le même procédé tout en respectant l’ordre établi et l’histoire me rappelle SOS Bonheur, autre figure incontournable dont Alter Ego se veut un remix édulcoré mais pas sans saveur…

Que l’on commence par Camille, Fouad ou Darius (ainsi que les 3 autres à venir je suppose), le récit est nerveux, autonome et plonge le lecteur directement au cœur d’une intrigue dont il ne saisit pas tous les enjeux mais dont chaque tome apporte sa pierre et ses réponses à l’édifice.

Le schéma est pourtant basique et inhérent au découpage d’un film d’action : une mise en situation rapide et intrigante suivie d’un flash back puis du déroulement de l’histoire. Il s’agit à chaque fois de personnages à priori banals mais pris de remords qui se posent des questions et vont être confrontés à une organisation médicale louche genre Umbrella pour les connaisseurs de Resident Evil, les zombies en moins car si touche fantastique il y a, elle est discrète et se base plus sur des spéculations scientifiques.

Après les personnages sont plutôt attachants et plus complexes qu’il n’y parait. On évite également la répétition grâce à une variété des caractères et de l’action et un raccrochage des wagons plutôt logique et bien inséré vers la toute fin des 60 pages de chaque volume. Le principe d’ange gardien et de connexion cachée des individus a éveillé toute mon attention. La lecture entamée, on n’a de cesse d’en vouloir davantage, facilité en cela par un découpage quasi parfait et une clarté des dessins somme toute classique mais pas désagréable.
Il y a quelques jolis clins d’œil (Wolverine ou Le Punisher dans Darius ?) à y découvrir…

La cohérence des croisements narratifs épate car on en ressort avec le sentiment d’avoir lu dans l’ordre idéal ce qui n’est pas le moindre des compliments puisqu’il n’y a pas d’ordre établi.
Cerise sur le gâteau, chaque tome peut presque se lire comme une histoire indépendante dont on n’aurait pas tous les aboutissants mais qui reste satisfaisante malgré tout. On sent qu’il y a une belle harmonie d’auteurs derrière tout cela…
Alors certes le dessin peut sembler classique mais il me rappelle la belle époque des bds franco-belges que je lisais avec un plaisir coupable sans nul autre but que de passer un moment agréable et sans prise de tête. Les propos et dialogues restent cependant adultes et n’ont rien à envier à d’autres œuvres. C’est rétro tout en demeurant actuel… Mention spéciale à Darius et Fouad, deux personnages que j’espère retrouver dans les autres pièces du puzzle…

Pourtant Uchronies nageait sur des eaux similaires avec moins de cohérence mais c’est bien à l’œuvre de Van Hamme que je pense en premier lieu. Un septième tome fera le lien et la conclusion de cette chouette collection de pur divertissement dont j’ai lu les 3 premiers tomes à la suite.
Pire, je rêverais presque d’une adaptation pour le petit écran avec le même découpage interactif.

Il est agréable de se faire surprendre dans un série grand public rappelant par son intensité mes premières lectures de bds d’aventure dans le magazine Spirou des années 80 (Jérome K Jérome Bloche, 421, Ginger etc…) et cultivant le coté ludique des jeux vidéo d’aujourd’hui tout en publiant les différentes œuvres dans des délais plus que raisonnables.

Un thriller haletant sur la manipulation ! Encore SVP !!!!

Nom série  Marche ou rêve  posté le 01/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Harold embarque son chat Pelote et débarque une semaine en Bretagne pour ses vacances annuelles chez sa grand-mère…

Mais cette fois-ci le hasard de ses ballades va quelque peu changer la conception de sa vie… passage obligé de l’adolescence vers l’âge adulte…

Je connaissais les talents d’illustration de Laurel mais c’est bien en tant qu’artiste accomplie que je la lis enfin au travers de « Marche ou rêve ». En effet l’artiste nous délivre un petit roman graphique dont les dessins, cadres et couleurs n’ont rien à envier aux plus grands.

Car si l’histoire semble cousue de fil blanc, les auteurs s’affranchissent de tout code moral et compilent des souvenirs d’un certain vécu… avec tout son lot de banalités et de rencontres brèves ou d’événements marquants.

Ici rien n’est laissé au hasard, c’est la vie et elle offre son lot d’injustices et de cruautés dans un décor campagnard des plus naturels. Ainsi tous les faits n’auront pas d’explication. Harold croise une amie d’enfance avec laquelle il n’aura plus les mêmes fous rires complices, il se livrera dans les draps d’une jolie sauvageonne (qui me rappelle curieusement Laurel) Et découvrira sans fards que les liens du sang sont tour à tour complexes, surprenants et décevants…

J’ai particulièrement apprécié le ton de liberté qui plane au dessus de ce récit…
arold ne contrôle jamais vraiment sa destinée, d’ailleurs qui y arrive ?

Et l’absence d’informations voire de conclusion aux diverses affaires exposées permet à nos pensées de vagabonder un peu au dessus de cette belle région où il faut grimper dans les arbres pour téléphoner, où il ne pleut que sur les cons et où les divers chemins employés amènent toujours leur part d’insolite.

Le chat Pelote y amène son humeur… de chat et on passe un très bon moment malgré certains passages tristes ou manifestement trop réalistes.

Cette absence de morale ne pourra pas plaire à tout le monde mais les situations même effleurés du bout des doigts transpirent l’authenticité de leurs actes et on a vite fait de se retrouver en un Harold…

Ce roman graphique n’est clairement pas une œuvre indispensable mais il serait dommage de passer à coté si on a l’opportunité de le lire… Seul le titre induit en erreur car « Marche ET rêve » serait bien plus approprié

Et si on n’y trouve rien de forcément haletant c’est aussi tout simplement parce que la vie d’Harold nous ressemble plus qu’il n’y parait et sans artifices …

Nom série  Gus  posté le 28/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A priori rien ne distinguait réellement cette série franco-française de western humoristique d’une autre.

On va faire très simple, dans ce domaine il y a le western de Dumonthiel plutôt psychédélique avec Big Foot, celui grand public de Morris avec Lucky Luke et à présent Christophe Blain nous a créé celui des états d’âme avec Gus…
S’il y a de quoi être perdu, autant annoncer la sauce de suite : les attaques de diligence, duels au flingue et bagarres de saloon sont si peu présentes qu’on a bien l’impression que Blain s’en fiche royalement.
Et pourtant il s’agit bien d’un Western dont l’époque et les éléments sont juste présents pour rendre un hommage discret mais bien réel à cette époque particulière et surtout pour rendre un coté intemporel réussi aux errances amoureuses de nos trois desperados…

Car outre le fait qu’il faut bien manger pour vivre et pour ce faire, Gus et ses acolytes choisissent le vol ou le poker, ce sont de grands sentimentaux ne cherchant qu’à être heureux tout simplement.

Gus, le héros au grand pif phallique est le cœur d’artichauts de la bande, ses histoires de cul masquent une grande sensibilité… Il y a également le « beau brigand », père de famille qui revit une grande passion avec une maitresse et le petit dernier un peu plus réservé…

Il est saississant de voir qu’avec un dessin à priori peu engageant et un thème non respecté (Non non Gus n’est pas un western), Christophe Blain s’amuse à rendre l’ensemble universel et attachant. On parle surtout de sa facilité à créer le mouvement, j’y vois surtout de longs silences et ellipses strictement masculins car c’est bien connu que les mecs sont de grands sensibles peu bavards et avares de confidences dressant un portrait réaliste des raisons du cœur.

Il n’en oublie pas pour autant certaines pointes d’humour provenant plus de l’absurde ou de la réaction de certaines situations que du comique grand guignol auquel on peut s’attendre.

Le découpage en petites histoires dénuées parfois de conclusion et de morale contribuent à la réflexion… On finit par s’attacher pleinement aux personnages ainsi qu’à la très belle colorisation de l’ouvrage.

Ni interrompue ni réellement conclue, cette série mérite plusieurs lectures pour pleinement s’en satisfaire… Un très joli OVNI qui donne envie de lire d’autres œuvres de Christophe Blain qui n’a pas son pareil pour dessiner le désarroi sentimental avec brio tout comme il l’avait également réussi dans Donjon Potron-minet. A suivre ou à relire avec plaisir…

Nom série  Le Songe de Siwel  posté le 27/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Encore un bel objet surprenant de la part du duo d’Enfin Libre qui reprend à son compte différentes inspirations littéraires pour les compulser dans une œuvre unique et onirique : Le songe de Siwel.

L’hommage n’est pas feint étant donné que les auteurs indiquent clairement leurs références en fin d’ouvrage et dédicacent le leur à deux Lewis : Trondheim et Caroll dont ils empruntent le Lapinot à l’un et Alice aux pays des Merveilles de l’autre. D’ailleurs le prénom de Siwel n’est pas si anodin ….

Comme à leurs habitudes, le livre est édité dans un format à l’italienne plutôt joli comme toujours avec ce genre de bouquins et fort peu pratique à lire (comme toujours avec ce genre de bouquins).

Les habitués du Fluink et de la Rumeur ne n’omettront pas d’y voir une nouveauté purement esthétique d’un premier abord : l’ajout de la couleur et de fort belle manière de surcroit ! L’effet aquarelle est si vivant et si varié qu’il donne presque l’impression d’avoir été appliqué à même le livre…
Les neuf chapitres ont chacun leur propre identité et codes de couleur ce qui rajoute un léger effet d’ambiance et de variété.

Calqué sur le modèle d’Alice, Siwel n’aura de cesse de retrouver un Lapinot pressé d’arriver à l’ambassade des carottes de Patagonie qu’elle aura vite perdu pour traverser d’autres mondes oniriques plus cinglés les uns que les autres. La fin sera convaincante et surprenante…

C’est donc un petit exercice d’humour absurde et de poésie rehaussé par des personnages savoureux dont Virgule la virgule et Puck le lutin. Le trait est toujours aussi vif et même s’il ne semble pas faire l’unanimité ici je reste malgré tout sous son charme…

Alors y a-t-il un hic ? Oui il y en a un…
Le rythme est très décousu et on a parfois l’impression de passer complètement d’un sujet vers un autre. Cela peut être un obstacle pour une lecture et une compréhension fluide sur l’ensemble des neufs chapitres.
Malgré cela et un hommage trop discret selon moi de Lapinot qui fait plus de la figuration qu’un réel rôle, il y a de quoi se réjouir par certains jeux de mots et exercices dignes de l’Oubapo brisant le voile entre le lecteur et le bouquin qu’il tient entre les mains.

Digne successeur d’un Julius Corentin Acquefacques plus qu’on ne puisse l’imaginer et plus malin qu’il n’y parait (Siwel est un personnage bien plus complexe qu’au premier abord), ce petit one-shot mérite toute votre attention et s’affranchit de tout repère afin d’être libre également.

Nom série  Le Dernier Cosmonaute  posté le 26/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est l’avis de Paco qui m’a donné l’envie pressante de dévorer ce petit bouquin dont la réalisation exemplaire et le format à l’italienne interpellent directement le regard et les attentions.
Du coup j’ai remis à plus tard mes lectures en cours pour enchainer directement dès son acquisition sur ce Dernier Cosmonaute qui ne m’a pas laissé indifférent, loin s’en faut.
Il faut dire qu’avec ses dessins rappelant évidemment Chris Ware mais également la ligne claire d’Yves Chaland et un récit proche de Ghost World de Daniel Clowes, l’œuvre d’Aurélien Maury ne peut laisser indifférent pour peu que l’on apprécie ce style de chronique sociale.

Le récit suit au jour le jour le quotidien de deux jeunes adultes paumés, Alice et Larry dans une petite banlieue américaine déserte.
La première trompe son ennui en jouant de l’orgue dans une église pendant que l’autre se noie dans ses rêves de conquête spatiale alors qu’il n’est qu’un simple employé dans un magasin de maintenance.

Et si de tout cet ennui et solitude naissait quelque chose de plus important et beau ?
Aurélien Maury se joue des stéréotypes et ne laisse pas beaucoup de chances à ses personnages : Alice sort avec Larry par dépit plus que par envie et lui n’a pas grand-chose à lui apporter si ce n’est sa passion pour l’espace. Il y a peu de figurants comme pour bien isoler davantage ces personnages qui vont peu à peu se rapprocher et s’apprécier…

Voici une énième illustration du passage de l’adolescence à l’âge adulte dont l’auteur s’affranchit brillamment, rajoutant quelques allégories convenues mais amusantes lors des égarements d’esprit de Larry. Car si ce dernier n’est pas doué pour la communication, il se réfugie derrière Teddy, son ourson de peluche jouant les Jiminy Cricket de circonstance et ses rêves, ce qui nous ouvre quelques belles pages d’évasion (ou de fuite ?) et quelques traits d’humour bienvenus.

Teddy fume, balance quelques crasses ou leçons à Larry et on comprend bien la dualité du personnage tiraillé entre ses responsabilités et rêves … L’auteur en tirera une jolie conclusion en évitant la leçon de morale.

Dommage par contre que les personnages ne soient pas plus esquissés et que le récit survole trop rapidement l’évolution de leur quotidien car on aurait pu tenir un petit chef d’œuvre. Mais j’ai lu d’un trait cette petite chronique sociale sans ennui ou déplaisir et j'ai adoré les dessins ainsi que leur construction par vignettes.

Ne passez pas à coté de cette petite pépite, elle en vaut largement la peine. Aurélien Maury est promis à un bel avenir s’il continue sur cette lancée et j’attends impatiemment la suite de son œuvre.

Nom série  Grandville  posté le 12/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Épatante cette lecture !

Voilà du pur divertissement de grande qualité qui ne va pas révolutionner la machine puisqu'on est par les moult influences en terrain connu et conquis mais les différents éléments et clins d’œil contribuent à faire passer au lecteur un excellent moment !

Imaginez une époque où Napoléon aurait tout déboulonné en Europe afin d'ériger un Empire unique et flamboyant, une époque où la révolution industrielle aurait prodigué machines volantes à vapeur et automates destinés à effectuer les tâches ingrates des humains.

Humains ? Pas vraiment ici car Talbot emprunte de Blacksad la particularité des personnages animaliers, les hommes ou ce qu'il en reste constituent la "pate à pain" et sont prétextes à servir la cause animale, on peut y reconnaître pas mal de personnages célèbres dans ces deux tomes qui peuvent se lire complètement indépendamment l'un de l'autre tout en se complétant.

Les histoires mettent en scène l'inspecteur LeBrock, un blaireau bâti comme un gorille et malin comme son prédécesseur de Baker Street. Pourtant ses méthodes ressemblent plus à celles de l'inspecteur Harry car il n'hésite pas à faire preuve de violence pour arriver à ses fins.

Les enquêtes sont passionnantes car elles tournent toutes autour du pouvoir, de politique et d’événements contemporains comme le terrorisme. On a droit de façon très ludique également à toutes les fausses pistes, trahisons et retournements de circonstance... Un véritable petit régal d'autant plus jouissif que l'auteur n'a pas son pareil pour découper parfaitement les différentes scènes et ambiances.

Le monde ainsi créé et pivotant autour de Grandville (Paris) en devient des plus cohérents pour notre James Bond et la qualité des dessins est impressionnante même si on est encore loin de la maestria de ceux d'un Blacksad.

La colorisation informatique n'est pas du meilleur goût mais n'a rien de choquant en comparaison à ce que j'en lisais ici-même et s'améliore au fil des deux tomes. Certains éclairages sont même tout à fait appropriés et contribuent à donner un style et une ambiance toute particulière à certaines scènes....

Notez également le soin particulier apporté à l'édition de ces deux beaux bouquins dont le premier tome comporte également un cahier explicatif des plus convaincants...

Bref du très bon boulot, Grandville aspire à devenir une série culte au fur et à mesure de sa progression et ce n'est pas le plaisir ressenti à chaque page qui me fera en dire le contraire.

Très vivement recommandé et recommandable !

Nom série  Lydie  posté le 05/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
A vrai dire, vu la qualité du recueil perçue dans La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis, je n'en attendais pas moins de "Lydie" avec toujours un Zidrou aussi doué pour piquer et éclairer le quotidien des gens que l'on côtoie ainsi que des qualités esthétiques évidentes de Jordi Lafèvre qui explose et expose enfin ici...

L’œuvre commence par des mots touchants de Zidrou à l'intention de son défunt père... ça n'a l'air de rien comme ça mais ça a le mérite d'annoncer la couleur, oui ce récit est sensible et touchant sans être larmoyant grâce aux grands talents des auteurs qui forment une parfaite association.

Car le parti pris est de croquer des petits détails de la vie et de son quotidien par petites touches de personnages secondaires...

Le père Tchou-Tchou et ses voisins de l'impasse du bébé à moustaches vont s'associer à la peine de Camille, jeune fille mère un peu simplette, qui a perdu son unique enfant mort-née Lydie en considérant qu'elle revient du ciel et est toujours présente....

Alors forcément c'est un peu tiré par les cheveux et on peut s'étonner ou rire de cette présence invisible (toutes les étapes de la vie d'un enfant sont là du berceau à l'école sauf qu'il n'y a personne) mais c'est aussi la solidarité et la gentillesse de cette population qui rend le récit si attachant.

Personne n'est dupe mais la mise en scène est si jolie que le lecteur s'imagine presque le dessin de cette petite Lydie d'autant plus que certaines petites touches laissent à supposer que........ l'on passe un merveilleux moment en la compagnie de ce bouquin qui croque et sublime chacun de ses personnages comme si tout un chacun avait le rôle principal. La beauté du trait de Jordi Lafèvre et l'humour léger tendent à maintenir agréablement cette situation de flottement dans lequel on se trouve...

Car c'est un sujet malgré tout dur et limite tabou dont on parle ici avec le décès d'un proche et le combat de l'amour plus fort que la mort. Écrit tel quel cela prête surement à rire mais les auteurs ont su trouver le ton juste pour donner une belle leçon de vie bien plus qu'une leçon de morale et j'ai beaucoup apprécié ce fil du rasoir.

"La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit" parait-il...
Avec "La vieille dame..." et "Lydie", Zidrou nous montre le contraire...

Nom série  Wally Doyle et le Passe-Mémoire  posté le 04/07/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un petit bouquin fort étonnant et distrayant !
Comme déjà écrit ici, son format manga risque de le rendre inaperçu pour le commun des mortels qui n'y verra qu'un bouquin de plus. C'est pourtant de ce coté-ci de l'Occident que cette histoire complète a été conçue et réalisée et il serait fort dommage de passer à coté.

Wally Doyle est un jeune garçon blond et à l'épi immédiatement reconnaissable. Son père a quitté le foyer familial pour une autre femme et sa mère s’apprête à se marier avec le riche duc de la région qui rejette notre candide héros vivant chez ses grand parents.

Mais sa rencontre avec Renarde, une habitante espiègle et dégourdie de la forêt va lever le voile sur ces mystères familiaux et créer une nouvelle complicité entre ces deux nouveaux amis.

L'histoire est plantée et les auteurs s'en sortent à merveille avec un conte malin, rythmé faisant la part belle à l'humour et aux rencontres improbables avec des habitants de la forêt tantôt stupides, méchants, effrayants ou attachants mais ce récit est une pure merveille du 9ème art dont certains thèmes comme le rejet de parents pour les enfants, thème déjà abordé maintes et maintes fois comme dans le classique Petit Poucet font merveille par la modernité et l'ingéniosité des propos.

Le dessin de Patrick Le Sourd n'est pas en reste et colle tout à fait aux propos par son style léger et talentueux. La petite Renarde est un personnage aussi mignon que charismatique !

Ce qui est dommage c'est effectivement le format trop réduit de la bd. Il y a certes beaucoup à lire mais la qualité est telle qu'on pourrait se mettre à rêver d'une réédition rendant enfin justice au talent des auteurs.

Le bon coté des choses en ce début de l'été, c'est que voici l'oeuvre idéale à emporter dans toutes les valises de départs en vacances par son faible encombrement sans oublier qu'il s'agira d'une lecture idéale pour parents et enfants ce qui n'est pas si courant.

Wally Doyle et le Passe-Mémoire est un petit chef d'oeuvre de poésie qui peut faire également réfléchir et dont la phrase de conclusion va vous amener le sourire... Evitez de perdre également la mémoire et courez vite le lire !

Un gros merci à Miranda pour ce précieux cadeau et cette belle découverte !

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