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Nom série  Horacio d'Alba  posté le 12/04/2011 (dernière MAJ le 27/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une série qui sent bon.

On apprend des choses d'abord : qu'en Italie, au XVIème siècle, les petits princes décidèrent soudain d'arrêter les bains de sang, confiant le règlement de leurs conflits à des mercenaires duellistes. Cette pratique, discutable à différents niveaux, se propagea visiblement jusqu'aux querelles entre concurrents commerciaux, comme l'illustre la scène de duel qui ouvre l'album. Que certains cardinaux attendaient la fin du pape en place pour avancer leurs pions et favoriser, par tous les moyens y compris les pires, leurs intérêts. Que le jeu des alliances a toujours été très mouvant... Ceci dit ce n'est pas tout à fait un scoop.

Mais au-delà de l'aspect pédagogique, le scénariste propose de suivre la trace de deux personnes, liées par le sang, mais opposées à cause d'un drame intime et ancien. Lequel est le bon, lequel le méchant ? Qui a tort, qui a raison ? Difficile de prendre parti, même si en nous faisant suivre Horacio, Le Gris nous livre plus d'éléments le concernant. Cela permet à son fils de surgir presque sans prévenir pour jouer un rôle déterminant dans le destin d'Horacio. Le tout est finement amené, sans temps morts malgré quelques jolies scènes contemplatives, et l'on ne lâche pas la lecture, du moins dans les deux premiers tomes. Le deuxième prend une dimension à la fois intime et épique, puisqu'un évènement tout "con" prend des proportions inattendues, et va renverser la posture des académies de duellistes par rapport à la République et à ses ennemis. cet échiquier semble très complexe, mais beaucoup de choses s'éclaircissent dans le deuxième tome.

Nicolas Siner est une chouette découverte. Son style réaliste, un peu dans le sillage de celui d'Alex Alice ou de Mathieu Lauffray, est superbe. Sa technique me semble presque sans faille et mature, et même si un petit effort doit être fait sur les cadrages et certains visages, c'est difficile de lui trouver un véritable défaut.

A suivre de près. J'espère qu'on n'attendra pas deux ans avant d'avoir le tome 3, cependant...

Nom série  Terres Lointaines  posté le 31/08/2009 (dernière MAJ le 27/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Eh bien moi j'ai bien aimé le début de cette nouvelle série. Certes, on se retrouve dans un "univers" proche de ce qu'a créé Leo, et du coup les fans ne seront pas vraiment dépaysés. Par contre l'approche scénaristique me semble différente, plus... intime. Je parle bien du point de départ, car l'arrivée dans le récit d'une civilisation extraterrestre disparue va faire changer d'orientation au récit, peut-être dans une option plus "planet opera" ou "planet fantasy". Ce n'est pas pour me déplaire car j'aime bien ces récits où l'Homme est confronté à des énigmes xénobiologiques. Pour tout dire ça me manque depuis les romans d'Arthur C. Clarke...

Mais ce début me botte, avec ce personnage crustacé aussi énigmatique que plaisant et une planète qui renferme de nouveaux secrets. Le dessin d'Icar me semble... étrange, un peu décalé, même si il prouve une belle maîtrise de ce personnage et des designs technologiques.

Alors bien sûr, l'écologie est encore au centre de l'histoire, de façon plus prégnante peut-être que dans d'autres récits de Léo. Mais cette fois-ci il me semble que c'est mieux géré, et même si la fin fait preuve d'un optimisme et même d'une naïveté un peu confondants, ce n'est pas forcément pour me déplaire...

Nom série  Le Chant des Stryges  posté le 18/04/2002 (dernière MAJ le 26/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici donc la dernière-née des séries-culte de la bande dessinée, réalisée par l'un des scénaristes les plus prolifiques de sa génération, Corbeyran, et un des dessinateurs les plus doués, Guérineau ; tous deux avaient fourbi leurs armes avec L'As de Pique, déjà porteur de promesses, mais ils ont atteint avec Le Chant des Stryges un palier difficile à franchir. Fortement en phase avec l'air du temps (notamment la série X-Files, filiation que revendiquent les auteurs) et détonateur de toute une génération de jeunes auteurs, ce grand oeuvre époustoufle par son découpage très Cinéma, ses personnages diablement bien campés (mention spéciale à la vénéneuse et mystérieuse Debrah) et sa trame dont les fils sont noués avec une précision diabolique.

On nous donne (car je ne peux voir ça autrement que comme un don) l'occasion de découvrir un thriller à couper le souffle, des scènes purement jouissives, en même temps qu'une réflexion sur la place de l'homme face à ses démons. Nos peurs ancestrales sont-elles vraiment parties dans l'au-delà ? Un pacte avec le diable permettrait-il de régner sur le monde sans avoir à rendre compte à ses débiteurs ?

Les auteurs, au demeurant fort sympathiques, ne sont pas vraiment étonnés par la lame de fond qu'ils ont suscité, et la suite, qui est finalement longue (3 cycles de 6 tomes), risque de lasser pas mal de lecteurs de la première heure.Les postures, les alliances se font et se défont, et certains personnages secondaires ne sont pas forcément utiles. Mais je pense aller jusqu'au bout de la série tout de même.

Nom série  Yoko Tsuno  posté le 06/05/2002 (dernière MAJ le 26/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il y a 7 ou 8 ans, j'aurais mis un "culte" pour qualifier cette série. Mais depuis 3 ou 4 albums, je trouve qu'elle chute en matière de qualité narrative, ce qui faisait sa force au début. Alors, oui, on a toujours plaisir à retrouver Yoko, femme forte de la fin du XXème siècle, prête à aider son prochain (ou sa prochaine ; ne serait-elle pas l'équivalente féminine d'Alix ?), disposant de connaissances et de matériel sophistiqués pour arriver à ses fins humanistes. Mais depuis quelques temps, la série s'embourbe dans une bouillie temporelle qui n'aide pas à la compréhension, même si le dessin reste somptueux.

Après réflexion, voici un ajout du 19/07/2004 :
Je trouve que la série était mieux à ses débuts et vers les albums 10-12, où elle avait atteint une certaine maturité, une imagination assez large pour pouvoir traiter de nombreux sujets. Bien qu'il y ait en fait deux "Yoko Tsuno" : les aventures extra-terrestres et les aventures terrestres (toutes époques confondues). Certaines histoires reflétaient un humanisme et un côté un peu écologiste dans lequel je me reconnaissais. Malheureusement, par la suite Leloup a recyclé les bonnes idées qu'il a pu avoir, et n'a plus axé sa série que sur l'idée du voyage dans le temps, sous-exploité à mon sens. Le tome 11, "La Spirale du temps", était une vraie surprise pour moi. Malheureusement, toute la déclinaison et les suites qu'il a pu en faire me semblent dénuées d'intérêt. Seul le dessin me semble encore au niveau. Et puis, un peu comme dans Alix (je dis bien "un peu"), il y a un climat d'homosexualité latente et refoulée de Yoko qui a fini par m'énerver un peu.

Alors, si l'on prend du point de vue narratif, c'est vrai que les albums "Les 3 soleils de Vinéa" et "La Lumière d'Ixo" me semblent les meilleurs, mais c'est parce que mon inclination naturelle vers la SF m'y emmène inexorablement.

La lecture du dernier album sorti, le 26ème, m'a fait replonger dans mes plaisirs adolescents lorsque j'ai découvert la série : une fois encore le voyage dans le temps sert de prétexte, cette fois-ci pour faire approcher Yoko et ses amis de personnages historiques. L'histoire est finalement assez simple, et Leloup a chargé l'album en matière de technologie, même si celle-ci date des années 30 : les avions pullulent, et c'est un vrai plaisir. Le dessin est toujours le même, agréable, même si je peux comprendre qu'il ne plaira pas à tous.

Nom série  La grande évasion - Void 01  posté le 26/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce huis-clos carcéral et spatial n'est en effet pas un modèle du genre.

Plus que par l'histoire, c'est le dessin qui m'a déplu dès le départ. très irrégulier, sombre et sans véritable mise en scène, je n'y ai pas accroché. Au niveau de l'histoire, la "surprise" n'en est vraiment pas une, on voit venir l'explication assez vite, et du coup la fin de la lecture n'est qu'une sorte de redite sans grand intérêt. Contrairement à pol, je n'ai pas trouvé les différents passages délirants ridicules, ils collent assez avec l'esprit, du moins je trouve. Mais c'est une piètre satisfaction.

Bof, donc.

Nom série  Ash & Eli  posté le 26/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Par le passé j'avais essayé de lire quelques shônen à la sauce fantasy, avec tours de magie, animaux intelligents, défis impossibles, etc. mais rien n'y fit, ce n'était pas pour moi.

Ki-oon m'a plutôt agréablement surpris avec ses derniers titres, et j'ai tenté ma chance. Hélas, ce n'est toujours pas ma came... Les personnages me semblent totalement creux, les intrigues la plupart du temps ineptes, et l'univers sans grande originalité. De plus le dessin ne me convenait pas trop, le style shônen étant mélangé à des "trucs" issus de la ligne claire. Le résultat manque d'expression à mes yeux. Par contre les paysages sont bien sympas.

Arrivé au bout des 192 pages composant le premier tome (le deuxième ayant été publié simultanément), je savais que je ne continuerai pas l'aventure avec cet adolescent, son cochon de compagnie et son amie pourtant un peu plus épaisse en termes de psychologie... Peut-être suis-je trop âgé, tout simplement... Dommage pour cette création originale de l'éditeur français.

Nom série  Les Archives secrètes de Sherlock Holmes  posté le 17/12/2011 (dernière MAJ le 26/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Décidément l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle ne cesse de les inspirer. Après avoir commencé ensemble la série Les Mystères de Whitechapel (chez Hugo et Desinge et Cie), Chanoinat et Marniquet continuent à explorer les aventures de Sherlock Holmes.

Premier de cordée, la continuation du célébrissime Chien des Baskerville, lorsqu'une nouvelle fois une apparition canine surnaturelle sème la panique sur les landes de Dartmoor... Philippe Chanoinat et Frédéric Marniquet semblent avoir respecté à la lettre l'esprit holmésien, son manque d'humilité, ses relations aigres-douces avec Watson... Et la façon absolument stupéfiante dont il découvre des indices et résout les affaires. Je ne suis pas un grand lecteur de cet univers, mais j'ai l'impression que tout y est, chapeau bas aux auteurs.

Dans le second tome, Holmes va voir revenir dans son sillage son plus vieil ennemi, dans une enquête pleine de faux-semblants et de références historiques. On sent la volonté de Chanoinat de puiser dans l'histoire littéraire et culturelle de l'Angleterre, vaste terrain de jeux. Toutefois j'ai senti une petite perte de rythme vers le milieu de l'album, il m'a fallu m'accrocher un peu pour continuer, jusqu'à la fin qui est assez bien foutue, et appelle bien évidemment d'autres albums.

Par la suite Holmes et Watson s'embarquent pour une sordide histoire en Inde, entre traditions religieuses locales et secrets de famille. C'est assez intéressant, même si le récit n'approfondit pas la culture indienne, s'attachant (et c'est normal) à l'enquête. Nos héros y croiseront un écrivain célèbre, l'impliquant fortement dans l'histoire, ce qui permet de mieux l'ancrer dans la trame temporelle. Ça se tient bien, même si j'ai senti des défaillances en termes de relecture orthographique.

Cette série est tout de même très bavarde et dense. Les albums ne se lisent pas en cinq minutes, et nécessitent la mobilisation de tous les neurones pour bien suivre l'intrigue. On remarquera que parfois les bulles de dialogue prennent plus du tiers de la hauteur d'une case. Cette propension à la logorrhée est peut-être son gros défaut, cela risque de décourager plus d'un lecteur.

Au dessin, si Marniquet reste fidèle au classicisme qui a fait sa carrière, je trouve qu'il y aurait des progrès à faire au niveau des visages, qui manquent parfois de finesse ou sont un peu changeants... Pour le reste il arrive à bien poser les ambiances, et ses décors sont bien travaillés.

Une série à suivre pour les amateurs d'aventures du résident de Baker Street...

Nom série  Mafia Tuno  posté le 02/10/2011 (dernière MAJ le 26/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu inattendue cette série d'humour chez Bamboo...

Ca sort des habituelles séries sur des métiers tournés en dérision ; ici nous suivons le "quotidien" d'une famille de petites frappes italiennes immigrées à New York qui perpétue la tradition de vendetta et d'embrouilles en tout genre. Le côté cliché est bien sûr totalement assumé, et à partir de là Hervé Richez semble bien s'amuser avec sa famille de faux caïds. En particulier avec le fils complètement abruti, c'est un sacré numéro. Mais la présence de la petite soeur et de sa fille dans la famille ouvre déjà d'autres perspectives de gags. Ce n'est donc pas répétitif, ça se lit bien sans être inoubliable, et malgré mon incompréhension d'un ou deux gags, c'est sympathique. Le tome 2 est sur le même rythme, balançant entre vendettas "bétonnées" et gags à base de pizza plus ou moins frelatée.

Stédo, habituel collaborateur des éditions humour chez Bamboo, est arrivé à maturité de son style "à la Janry" sur Le Petit Spirou, et celui-ci convient bien à l'illustration de gags de ce site. C'est très agréable à l'oeil.

Bref, une série d'humour sympathique. Espérons qu'elle saura se renouveler pour éviter la lassitude au lecteur.

Nom série  Marseille, une ville sous influences  posté le 25/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le trio gagnant des BD-enquêtes La Droite ! et La Gauche ! continue ses investigations et se penche cette fois-ci sur la ville la plus dangereuse de France, Marseille.

Le système marseillais est passé en revue, du trafic de drogue aux tractations socio-économico-politiques, en passant par les accords avec les syndicats surpuissants. C'est loin d'être inintéressant, d'autant plus qu'une fois de plus les auteurs se basent sur de nombreux témoignages et peut-être des investigations sur le terrain. Seul hic, ça me semble un peu survolé, et un album de 46 pages me semble un peu court pour véritablement lancer le sujet. Mais il a le mérite d'exister, et de proposer une introduction à ce sujet, aussi complexe que la ville est belle...

Pour les amateurs de ce genre d'enquête.

Nom série  Aama  posté le 22/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n'ai encore lu que très peu des albums de Frederik Peeters, mais je dois avouer que ce qu'il fait ne me laisse pas insensible, même si je n'ai pas forcément été convaincu par tout. Comme le souligne PAco, c'est dans son exploration de l'âme humaine qu'il semble faire ses histoires, et là encore, avec Aâma, il propose un récit de très haut niveau.

Dans Lupus il donnait plutôt l'impression de ne pas y toucher, mais dans cette nouvelle série la science-fiction, et plus précisément la planet fantasy, sert de cadre à sa réflexion. Déployant une faune et une flore réellement enchanteresses, il nous propose donc un voyage aux confins de la galaxie et de l'âme humaine. Avec cette dimension sociale et cette exploration des peurs et des sentiments les plus intimes, il y a là de quoi faire une oeuvre incontournable.

Et force est de dire qu'après deux tomes, le contrat est rempli, ou du moins en passe de l'être. Les personnages gardent un peu leur part d'ombre, le voyage est dépaysant et excitant, et l'Helvète se révèle diabolique dans sa manipulation. La fin de ce second tome me laisse terriblement frustré. A l'heure qu'il est il a probablement terminé le tome 3, mais il me faudra patienter encore 6 mois avant de pouvoir le lire... Frustrant.

Son dessin ne cesse de progresser, il atteint ici un niveau de finesse, de pureté et d'efficacité qui lui font approcher certains maîtres. Jacobs n'est pas loin, et Moebius non plus.

Nom série  King's Game  posté le 21/02/2013 (dernière MAJ le 21/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis preneur de ce genre de récit, avec des personnages qui se font manipuler par une entité secrète. Et les mangas récents en regorgent : Judge, Death Note, Doubt...

Celui-ci utilise les éléments "classiques" : des lycéens, un jeu cruel qui met à mal leurs relations (au minimum), du suspense, et des règles qui sont bien sûr transgressées dès le premier tome. Il y a 32 élèves, mais ça s'élague très vite. Dans le second les élèves essaient de réagir, et de prendre le roi à son propre piège, mais bien sûr la tension va monter crescendo et ce jeu va exacerber certaines tensions entre les élèves...

Les auteurs jouent sur un côté spectaculaire sans trop d'outrance, même si par moments des répliques m'ont semblé un peu "too much". C'est dans l'ensemble plutôt bien construit, et la série se terminant en 5 tomes, la fin ne se fera pas trop attendre.

Le dessin est classique, très lisible, rien à dire de ce côté. L'ensemble est prenant, c'est un bon thriller manipulateur.

A suivre, donc, comme je disais déjà avant qu'on me copie.

Nom série  City Hall  posté le 15/06/2012 (dernière MAJ le 21/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu curieuse cette nouvelle série.

Elle mêle en effet plusieurs genres, du fantastique essentiellement dans un decorum steampunk. On y retrouve des personnages typiques de l'époque victorienne (qui ne feraient pas tache dans la collection 1800 de chez Soleil), avec des biographies fantaisistes (Verne serait ainsi bien plus âgé en 1902, date de l'intrigue). En fait, si on regarde bien, le steampunk le dispute à la dystopie, presque plus rien n'est logique en termes de placement chronologique, mais c'est assumé, donc ce n'est pas un problème . Le principe de la création par l'écriture est intéressant, mais je trouve qu'il n'est pas encore très bien utilisé, ou pas assez. Dans le second tome non plus, du reste, cela n'est utilisé qu'à la fin. A noter que cela place "City hall" dans une parenté avec Death Note.

Dans le second tome de nouveaux personnages célèbres font leur apparition, sans toutefois apparemment rester dans l'entourage de nos trois jeunes enquêteurs... Tout ceci dans le but, j'imagine, de brouiller les pistes concernant la véritable identité de Lord Black Fowl. La révélation survient dans le tome 3, et ma foi c'est pas mal amené, et une dimension supplémentaire s'ouvre, légitimant un second cycle dont le début nous est donné en bonus à la fin de ce tome. Les deux auteurs sont désormais attendus au tournant.

Ainsi Rémi Guérin a-t-il vous lu faire un "manga", et cette série y ressemble fortement, du fait de la pagination élevée, du style de dessin (Guillaume Lapeyre étant l'un des plus dignes représentants de cette mouvance -mais je vais y revenir), de ce côté un peu foutraque dans les éléments historiques. Par contre c'est publié (et probablement réalisé) dans le sens "occidental" de lecture.

Guillaume Lapeyre donc, en plus d'être beau (private joke), prouve ici qu'il est arrivé presque à maturité dans son style shônen, je trouve même qu'il a plus de maîtrise que nombre d'auteurs japonais qui émargent dans le genre. En tous les cas il me semble avoir plus de caractère ; c'est peut-être dû au métissage, car outre une mise en scène qui revient de temps en temps à la franco-belge, j'ai aussi discerné un poil de comics. Vous me direz qu'il y a plus de poils dans le comics que dans le manga, mais c'est un autre débat.

C'est donc un vrai plaisir de lire cette nouvelle série, même si pour l'heure elle est un poil (décidément) hermétique quant à ses visées, ce qui explique mon 3/5. A suivre donc.

Nom série  Le temps est proche  posté le 19/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un peu par hasard que je suis tombé sur cet album, l'empruntant à ma bibliothèque municipale, sans rien en savoir.

le sujet en est simple : raconter l'Histoire de l'Europe occidentale, France en priorité, au long du XIVème siècle. Une centaine d'années en autant de saynètes de longueur variable, allant de la simple vignette à l'histoire d'une quarantaine de pages. Bien sûr la qualité est diverse, mais la plupart des récits sont vraiment prenants, bien foutus, j'ai particulièrement apprécié celui racontant la Peste noire, qui a ravagé l'Europe (en quelques années le tiers de la population a été contaminée et en est morte).

Le dessin de Hittinger est très expressif, terriblement efficace, malgré son aspect un peu "croquis". Je suis curieux de lire d'autres albums du même auteur.

Nom série  La Mouche  posté le 19/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Tiens, c'est bizarre, j'étais persuadé d'avoir lu cette BD de Trondheim il y a longtemps. Et puis finalement, non...

Bref, je suis persuadé qu'il ne faut pas lui accorder une importance plus grande que cela dans l'oeuvre de cet auteur majeur qu'est -ou qu'a pu être- Trondheim. Parce qu'il s'agit d'un opus de jeunesse, peut-être publié plus tard par le Seuil.

En tous les cas il s'agit d'un exercice formel, encore un, où dans un gaufrier muet, Trondheim nous livre une histoire à la limite de l'absurde, à la suite d'une mouche, de sa naissance à...
Ça se lit sans difficulté, y compris lorsqu'on est très jeune à mon sens, mais je trouve qu'il y a pas mal de répétitions dans les séquences, ce qui rend la lecture de cet album un peu longue, malgré son côté muet.

Un bof.

Nom série  Toi au moins tu es mort avant  posté le 19/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu comme Alix, cette lecture ne m'a pas enthousiasmé plus que ça.

La faute en premier lieu au rythme, très lent, où 150 pages retracent 5 ans de la vie du narrateur, avant que celui-ci fasse des bonds dans les années 1960, 70 et 80. C'est bizarre d'ailleurs, on ne sait pas trop ce qu'il a fait après ses différents séjours en prison et sa période militaire. On se doute qu'il a continué à militer au sein de son parti, avec des convictions d'un autre âge...

A côté de cela son histoire est symbolique de la Grèce d'après-guerre, avec des sympathisants communistes mis au pilori, au propre comme au figuré, qui essaient d'instaurer un peu d'humanisme au sein des prisons, tout en subissant les pires humiliations, avant de rentrer dans le rang et de devenir presque à la mode. Pas inintéressant donc, mais peut-être qu'une adaptation un peu plus compacte aurait permis de mieux saisir tous ces éléments, sans renier bien sûr l'esprit du roman original.

Le dessin de Daniel Casanave est un peu inattendu dans ce genre d'exercice, mais il a une énergie et un dynamisme assez étonnants pour être signalés.

Nom série  L'Entrevue  posté le 12/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est le côté anticipation qui m'intéressait le plus dans cet album.

Pas de chance, c'était plus un prétexte qu'un véritable sujet ; car en effet ce qui importait le plus à l'auteur, du moins c'est ce qu'il me semble, c'est cette histoire d'amour, transcendée par les apparitions, et qui a bouleversé la vie de la jeune Dora, jusqu'à en faire... Mais chut, je ne vais pas spoiler.

La narration fait très onirique par moments, comme lorsque Dora erre cette fameuse nuit, ou lorsque Raniero revient sur les lieux de l'entrevue... C'est très particulier, et je pense que les amateurs d'anticipation pure seront déconcertés. Par contre l'aspect roman graphique est bien géré, le jeu des regards, des ombres et des cadrages démontre que Manuele Fior a un fort potentiel.

Il possède en outre un graphisme particulier, on dirait différentes étapes de crayon à papier la plupart du temps, et là encore je pense que tous n'adhèreront pas. pour ma part j'ai trouvé cela intéressant, même si ses personnages me semblent manquer un peu d'expression.

Un album un peu étrange.

Nom série  Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag IIb  posté le 12/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, il est clair que c'est un album qui ne pourra pas forcément plaire à tout le monde, parce que le sujet a déjà été traité mille fois, et de très bonne façon ; mais Jacques Tardi tenait visiblement à mettre en images le journal de son père, et c'est une entreprise de longue haleine, puisque ce premier tome fait presque 200 pages.

J'ai trouvé ce témoignage assez émouvant, dans le sens où il me semble authentique. La colère de René Tardi est palpable, et compréhensible bien sûr, et cet entêtement à décrire tous les aspects de la déportation, ou presque, est tout à fait respectable. Toutefois, comme l'ont relevé certains, des passages sont un peu longs, que ce soit avant comme après sa capture. Ils auraient gagné à être un peu raccourcis, sans trahir l'esprit à mon avis. Les échanges humoristiques entre Jacques et René ne m'ont pas gêné, ils servent de respiration entre de longs passages.

le dessin de Tardi est toujours aussi précis (j'ai été impressionné par son boulot sur les tanks -pardon, les chars), même s'il semble moins "habité" que dans ses récits de la première guerre mondiale par exemple. Je lirai la suite sans déplaisir.

Nom série  Orycteropus  posté le 11/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Lu entre deux albums plus conséquents, ce petit album m'est tombé entre les mains, et tombé de ces mêmes mains. J'ai pourtant tenté de m'accrocher, mais rien n'y fait, c'est pour moi la quintessence du néant.

Admettons qu'on n'est plus du tout dans la réalité, avec cet espèce d'éléphant rose qui se gave -au point d'avoir l'air drogué du pistil des fleurs, qui déambule entre elles, qui parfois lâche des éructations sans queue ni tête (exemple : Patapouf ahuri baby cool frissonne", ou encore :" bubble pawou snirflou..."). L'histoire ne mène strictement nulle part.

Le dessin n'est pas mauvais en soi, mais les couleurs choisies, rose et violet, achèvent la rétine du pauvre lecteur...

Chmourf.

Nom série  Le Nao de Brown  posté le 10/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je dois avouer que j'ai hésité quant à la note à attribuer à cet album. Entre 3 et 4/5.

Parce qu'une fois sa lecture terminée, j'ai eu -comme d'autres- l'impression de ne pas avoir tout saisi. Que la dimension métaphorique m'échappait. Que cette histoire, très intime, recélait des choses qui ne demandaient qu'à sortir. Et puis un petit tour sur les avis de mes camarades et sur le forum m'a éclairé.

Oui, cet album est unique. Car il parle d'une façon unique d'une sale maladie. Qu'on la qualifie de TOC ou de schizophrénie, peu importe après tout. Ce qui compte c'est qu'elle dévorait Nao de l'intérieur, et que pour la décrire Glyn Dillon ait choisi -aussi- de nous livrer un conte orientalisant un peu étrange. Bien sûr c'est une double lecture, et son interprétation est assez aisée à la relecture. Du côté de Nao l'histoire est prenante, touchante sans en rajouter dans le pathos.

Je ne connaissais pas le boulot graphique de Glyn Dillon, mais j'ai été très impressionné. Son style me fait penser à celui de Chris Lamquet, mais en moins typé, en plus souple. Mais c'est la différence notable avec ce qu'il fait dans l'histoire de Pictor qui m'a impressionné : j'adore cette partie...

Le Nao de Brown fait partie de ces oeuvres dessinées qui ne laissent pas indifférent, et qui font réfléchir. Un OVNI à connaître.

Nom série  Tout sauf l'amour  posté le 09/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout sauf l'amour est une nouvelle histoire d'amour impossible, placée dans un cadre contemporain, avec des personnages aux comportements très modernes, dirons-nous.

Ce qui m'a plu en premier lieu, c'est effectivement l'angle choisi par les scénaristes, à savoir une histoire entre un "scientifique" de l'amour -lui-même en état de détresse financière et affective- et une jeune femme qui a décidé de ne vivre aucune histoire d'amour, en guise de résilience.

Après, le récit me semble pas trop mal construit, mais j'ai fini par ne plus vraiment accrocher à celui-ci, car les histoires d'amour, qu'elles soient mièvres ou pas, ont tendance à me faire décrocher plus ou moins rapidement. Celle-ci ne sort donc pas plus que ça du lot.

Graphiquement Frédéric Bihel fait encore une fois un travail fantastique, les planches sont un vrai régal pour les yeux, que ce soit dans les scènes de discussions comme dans les grands espaces. Ce garçon sait décidément tout faire...

Une histoire d'amour au pitch original, bien illustrée, mais finalement assez plate.

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