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Nom série  La Vallée du Diable  posté le 27/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Autant je n’avais pas trop apprécié Le Sentier des Reines, autant cette suite m’a paru de bien meilleure qualité. On quitte le froid des chemins de montagne savoyard pour aller dans la moiteur chaude et humide de la Nouvelle-Calédonie. Les dessins sont d'ailleurs magnifiques.

Nous sommes en effet dans les années 1920 et l’heure est à l’exploitation des terres des canaques en pleine période de colonisation. Il est clair que si on les avait laissés tranquille, cette île serait prospère et assez riche. L’autodétermination est pour bientôt et on verra le résultat dans le futur.

C’est toujours intéressant de découvrir des pans oubliés de notre histoire au travers ces territoires si lointain. Ces 4 savoyards donnent même une note assez exotique à l’ensemble.

Une mention spéciale pour la vieille Blanca qui ne vieillie toujours pas même 20 ans après. Certes, elle conserve ses rides mais bon.

La vallée du diable clos un diptyque assez inégal mais qui promet tout de même de bons moments assez romantiques.

Nom série  Une Métamorphose iranienne  posté le 27/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il existe un tas de pays sur la planète où la liberté d’expression peut conduire des individus bien intentionnés en prison. Même un dessinateur de bd pour enfant ne peut parfois y échapper. Il suffit par exemple de dessiner un cafard et d’employer un mot qui dans un autre langage aurait une connotation négative. En l’occurrence, un groupe ethnique vivant en Iran et ayant des liens culturels avec la Turquie et l’Azerbaïdjan se sont servis d’une méprise pour manifester dans la violence leur mécontentement. En gros, ce sont des gens bien susceptibles qui se sentent persécutés.

Atteinte à la sécurité de l’Etat et voilà notre auteur emprisonné et privé de liberté. S’il faut ajouter un système politique et judiciaire assez corrompu, voilà le triste résultat. Cela me fait penser que même des soutiens modérés à ce régime peuvent être à un moment donné dans leur collimateur. Cela crée un réfugié politique de plus.

A la lecture récente de L'Araignée de Mashhad qui m’avait fort bien séduit, j’avais décidé de découvrir les œuvres antérieures de cet auteur assez étonnant. Après le Petit manuel du parfait réfugié politique, j’ai décidé de lire l’œuvre qui l’a fait connaitre. Il est clair qu’on ne pouvait s’attendre à mieux sur un sujet aussi délicat. C’est également une épreuve personnelle qu’a subi de plein fouet Mana Neyestani aussi bien dans son arrestation, son emprisonnement ou sa fuite dans différents pays pour échapper à la répression du pouvoir des Ayatollahs. Tout est intéressant pour peu qu’on puisse considérer tout cela comme un tout. Compartimenter n’a d’ailleurs aucun sens.

J’aime toujours le trait graphique qui colle à merveille pour ce type de récit. En même temps, c’est très lisible car c’est tout en rondeur. Je n’ai absolument pas eu de mal à rentrer dans cette histoire. C’est agréable à la lecture. Si on ajoute une narration bien réalisée, nous avons une œuvre complète. Certes, cela peut foutre le cafard pour ne pas dire le bordel. Chez nous aussi, il y a des gens susceptibles mais on ne termine pas en prison pour autant.

Nom série  Une Soeur  posté le 25/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est toujours avec un certain plaisir que je suis les oeuvres d'un des auteurs les plus doués de sa génération. Encore une fois, c'est une réussite totale. Pourtant, les thèmes sont assez classiques et ont été maintes fois exploités dans la bd. Toutefois, c'est réalisé avec un certain brio. En effet, la qualité du dessin est remarquable avec cette pureté des traits.

S'il n'y avait que cela, on ne crierais pas au chef d'oeuvre. Il y a également le récit qui est basé sur les moments clefs de l'adolescence mêlés de sentiment de peur, de solitude mais également de rire. Tout sonne vrai dans cette initiation à l'amour de vacances à la sexualité. Il y a une certaine sensibilité du trait et du scénario que j'aime bien. La retranscription est parfaite. On se reconnaît dans Antoine et Hélène si on pouvait remonter le temps. Qui n'a jamais vécu un premier baiser ou étreinte amoureuse avant de se terminer dans une séparation non voulue ?

Un mot pour dire qu'il ne faut jamais emmené ces cartes Pokémon sur une plage: ce n'est pas le lieu.
En conclusion, une bouffée de jeunesse qui fait du bien au-delà de la banalité.

Nom série  Kennel Block Blues  posté le 23/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est une BD qui graphiquement est très belle et qui en met plein la vue. Les personnages sont des chiens et des chats et il y a même un lapin qui sera d’ailleurs assez malade. On va suivre le parcours d’un jeune chien qui entre dans un établissement carcéral. On ne verra jamais les gardiens. On suppose que ce sont des hommes qui emmènent les bêtes au chenil. Il y a également un four crématoire. Cela fait très peur. L’ambiance sera d’ailleurs assez oppressante.

Pour échapper à ces terribles conditions, le chien devient un peu foufou en imaginant être dans un monde féérique où l’on peut pratiquer la comédie musicale et danser sur les tables au milieu de joyeux prisonniers. Les dessins qui marquent cette transition vont devenir cartoonesques. C’est visuellement un vrai prodige. La BD va par la suite nous révéler l’affreuse vérité à savoir ces familles unis qui adoptent un chien puis qui s’en débarrassent dès qu’elles doivent affronter une difficulté. C’est assez triste. C’est également bien pour l’auteur de dénoncer la cruauté dont fait preuve les hommes par rapport à leur animal de compagnie.

J’avoue avoir eu quelque fois du mal dans cette histoire de lutte de clan entre chiens et chats avec des références à des personnages dont les noms ne me disaient rien. Un bon point car les chats sont les méchants. Il faut dire que je préfère très nettement les chiens. Oliver est d’ailleurs un brave chien comme l’est mon Joops.

Sinon, cette oeuvre est assez singulière et plutôt remarquable. Cela ne m’étonnerait pas qu’elle soit couverte de prix. Il y a quelque chose d’unique à découvrir pour les amateurs du genre.

Nom série  Conduite interdite  posté le 23/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est une bd qui a été écrite pour dénoncer le fait que les femmes n’ont pas le droit de conduite en Arabie Saoudite depuis un décret du début des années 1980. L’actualité a rattrapé cette œuvre puisque le royaume a annoncé que les femmes pourront reconduire à partir de juin 2018. Il faut s’attendre à un tsunami de demande de permis de conduire.

Que l’Etat interdise un certain nombre de choses, on l’accepte car cela s’appelle la loi. Maintenant que la religion au nom d’un Dieu dont on suppose l’existence sans preuve matérielle et scientifique interdise, c’est sans doute plus difficile à admettre. C’est dommage de se créer de telles restrictions supplémentaires que ce soit dans l’alimentaire ou dans les actes courantes de la vie de tous les jours.

Les femmes en sont malheureusement les premières victimes. On a le droit de dire qu’on n’est pas d’accord avec de telles restrictions discriminatoires. Cette œuvre y concourt largement en citant d’ailleurs des sourates qui font d’ailleurs froid dans le dos. Je n’ai rien contre cette religion d’amour et de paix mais contre toutes les religions qui asservissent les gens au nom de certaines interprétations des textes sacrés. Finalement, quelle joie d’être libre en ayant aucune croyance. Il n’y aura pas d’erreur d’interprétation. Tout cela, ce ne sont que des chimères, point final.

Cette bd est à pleurer sur le sort de ces pauvres femmes. On va suivre l’évolution d’une jeune fille qui a gouté les espaces de liberté quand le père de famille a travaillé à Londres. C’est certain que l’Occident, cela n’a rien à voir. Le retour dans la monarchie islamiste est difficile surtout avec la présence de la muttawa, la police des mœurs qui veille à ce que le port du voile soit intégral. Les nouvelles technologies sont encadrées, la musique n'est pas autorisée en public, encore moins le théâtre, et la télévision par satellite est également filtrée, tandis que la ségrégation sexuelle est accentuée, et la conduite des femmes interdite. Féminisme et libertés ne font pas bon ménage.

J’ai bien entendu été sensible au message d’espoir apporté par cette bd. Cela va se concrétiser bientôt. Il était sans doute nécessaire d’en parler afin de sensibiliser le public sur ce qui se passe dans une autre partie du monde où les mœurs et coutumes sont différentes. Mais bon, il faut savoir que selon un classement totalement indépendant, l’Arabie Saoudite est l’un des pays qui respecte le moins les droits de l’homme. Les autorités considèrent toute voix dissidente comme du terrorisme. Du coup, on ne peut être qu’admiratif envers ces femmes qui ont décidé de braver le pouvoir en conduisant pendant quelques minutes. Une escapade qu’elles paieront très cher.

Juste un bémol par rapport au dessin sur cette bd qui n'est pas très bien réussi à mon humble avis. C'est un peu dommage. Pour le reste, j'ai assez développé.

Nom série  Tokyo, amour et libertés  posté le 20/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je ne suis pas parvenu à entrer dans ce récit malgré de beaux dessins et une époque intéressante à savoir le Japon avant son entrée en guerre. On découvre le Tokyo de 1926 qui s'adonne à tous les plaisirs loin de l'image traditionnelle que l'on pouvait avoir.

En effet, on suit le vagabondage de deux journalistes qui travaillent dans une revue érotique à la limite d'être censurée par le pouvoir conservateur en place. Tout semble un peu surfait et en avance sur son temps. Je n'ai pas été à l'aise avec des dialogues et des détails historiques qui me semblaient trop éloignés de la réalité.

L'érotisme sera apporté par petites touches mais sera bien présent pour ce récit qui prendra une toute autre tournure vers la fin. Bref, l'auteur ne fait qu'alterner entre le grave et la légèreté ce qui fait qu'on peut très vite être un peu déstabilisé à la lecture.

Nom série  La Bicyclette  posté le 20/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bd est basée sur une anecdote assez intéressante concernant un fait méconnue de la Seconde Guerre Mondiale. Il faut savoir que le Japon avait envahi en 1942 la Malaisie pour prendre le contrôle de la ville de Singapour qui constitue aujourd’hui une cité-Etat très prospère. Pendant près de 3 ans, cette ville a vécu sous la domination japonaise.

Or, les soldats de l’Empire se sont déplacés essentiellement avec des vélos pour conquérir cette ville. La bicyclette prend alors toute son importance. C’est un vieil habitant qui se rappelle son passé lorsqu’il était enfant et qu’un soldat nippon lui avait appris à s’en servir.

L’amitié n’a pas d’âge ou de frontière. C’est un beau message plein d'humanisme. Cependant, l’histoire même anecdotique peut s’avérer tragique. A noter la présence d’un graphisme assez épuré pour la première œuvre de cet auteur qui réussit son entrée. Il est vrai que les auteurs singapouriens sont plutôt rares.

Nom série  L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA  posté le 18/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Zidrou est actuellement l'auteur à la mode et ce qui se fait de mieux pour certaines aventures tendre, hilarante et cosmopolite. Il s'agit de voyager au quatre coins de l'Europe et même de la Libye. Certes, il y a beaucoup d'humour mais également la description du combat que mène les clandestins pour trouver un peu de réconfort loin de la guerre et de la famine. L'auteur reprend en fait un roman à succès de Romain Puertolas en 2013 qui avait enflammé la critique.

On aura également une triste pensée pour les commodes et armoires IKEA qui ont fait tant de victimes parmi nos bambins au quatre coins du monde. On les surnomme à juste titre les armoires tueuses. Cependant, il n'en sera pas question dans cette bd malgré ce titre qui ne fera pas rire les parents de ces enfants innocents. Certes, il fallait les accrocher au mur avec des clous mais encore faut-il que les murs les acceptent...

Pour en revenir au récit plutôt dynamique, il est plutôt bien construit. On ne s'ennuie pas à la lecture. Le dessin assez coloré de Kyung Eun Park colle à merveille à ce type d'histoire un peu fofolle. En effet, je pense que ce fakir n'avait pas besoin de quitter son Inde natale pour venir acheter du mobilier chez IKEA à moins que cette enseigne planétaire soit absente de ce pays.

Comme à chaque fois, derrière l'humour se cache des situations plus pénibles comme le sort des immigrants ou le vol par les taxis ou encore notre consumérisme qui semble déranger. Il y a également l'introduction de certains personnages du show-biz comme Sophie Marceau. Bref, c'est un joyeux melting pot pour une aventure rocambolesque pleine de surprise.

Nom série  Perfect World  posté le 10/09/2017 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est la première oeuvre de la mangaka qui réussit son entrée en la matière sur un sujet très sensible. Il s'agit de la vie amoureuse de personne handicapée. Notre beau héros n'a par exemple plus l'usage de ses jambes suite à un accident de voiture. Le thème est celui d'une certaine forme de sensibilisation sur les personnes handicapée et les obstacles qu'elles doivent rencontrer dans une société qui les ignorent ou pire qui a pitié d'eux.

Je n'ai pas trop aimé l'entrée en matière de ce récit où l'héroïne retrouve son premier amour lors d'une soirée professionnelle. Fort heureusement, la suite sera fortement intéressante. La qualité graphique ne sera pas la première qualité de cette oeuvre bouleversante, poétique et sociale. Cependant, le dessin reste correct même s'il manque de précision notamment dans les décors. J'ai par contre bien apprécié le réalisme des situations car rien n'est occulté ou enjolivé.

En effet, on se prend réellement d'amitié pour le couple qui devra traversé bien des épreuves pour pouvoir vivre leur relation pleinement et sereinement. La belle héroïne qui travaille dans une société de décoration intérieure va t'elle sortir avec un handicapé ? Aura t'elle la force d'affronter avec lui le regard des autres et de la famille ? Pourra t'elle fonder une famille ? Va t'elle le regretter en vieillissant? Bref, de douloureuses questions qui se posent dans cette romance...

En conclusion, une belle série qui va en se bonifiant de tomes en tomes. Cependant, il faudra sortir les mouchoirs. Le public du livre et film Nos étoiles contraires apprécieront. Je voudrais également dédié cet avis à un collègue très sympa qui a malheureusement perdu également l'usage de ses deux jambes. C'est avec de telle lecture qu'on peut retrouver la force de se battre contre les préjugés sur le handicap.

Nom série  L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu  posté le 18/09/2011 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'aime le genre du western spaghetti dont semble s'inspirer ce titre. Il y a déjà une grande maîtrise du scénariste qui nous présente des personnages aux caractères bien trempés et donc différentiables.

On se souvient tous de la magnifique série culte Alim le tanneur. J'ai été agréablement surpris de voir le même auteur abordé un genre différent. Un petit mot également pour le dessinateur Paul Salomone dont c'est la première réalisation à ce niveau pour dire qu'il dessine très bien. La colorisation est également parfaitement réussie. Bref, la qualité est incontestablement au rendez-vous. Maintenant, il reste à savoir si cette aventure va continuer sur cette lancée. On l'espère en attendant le second tome.

Je n’avais pas trop compris la résonnance de ce titre car on voit un homme Byron Peck qui semble prendre son pied avec les armes à feu bien qu’il dit les détester. Le second tome va être une véritable révélation à défaut de révolution mexicaine. On va se pencher sur le passé récent de nos trois protagonistes et surtout découvrir le traumatisme de notre héros qui ne sera pas forcément aussi sympathique qu’on le croyait. J’ai beaucoup aimé le changement progressif de ce personnage avocat de métier. Bref, la psychologie sera de mise après l’humour dévastateur du premier volume.

Et puis, et surtout, il y a l’objet de la quête que l’on comprend. Il s’agit d’une interprétation de l’un des articles les plus litigieux de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique. On aperçoit clairement quels sont les enjeux de ce petit bout de papier qui fut volé malencontreusement. De nos jours encore, le port d’arme est l’objet d’un vif débat dans ce pays pas comme les autres. Les récentes tueries n’ont pas eu raison des marchands d’armes représenté par le puissant lobby la National Rifle Association dont le but est de promouvoir les armes à feu sous couvert de protection des droits civiques. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la boutade de l’auteur au niveau des dédicaces sur la page de garde.

En conclusion, ce second tome aura réussi l’exploit à faire mieux que le premier en prenant un virage inattendu. En effet, on avait été plongé au cœur d’une action tonitruante. Le second a une portée plus philosophique au risque d’un long flashback. Résultat : l’aventure s’éclaire. Pari réussi. Et puis, ce dessin est d’une incroyable vitalité. J’adore véritablement !

Le troisième tome nous offre la suite des aventures de Byron, Tim et Hoggart qui courent toujours après la méchante Margot détentrice des fameux documents pouvant changer la face de l'Amérique et sa législation sur les armes à feu. C'est une véritable course-poursuite avec ses nombreux rebondissements. On est au coeur de l'action sous le soleil de plomb du désert de l'Arizona. A noter que les dialogues sont plus rares pour laisser place à l'action.

Le quatrième et dernier tome marque la conclusion de cette sympathique série. A noter que l'humour sera beaucoup moins présente pour laisser place à une terrible tragédie. Cela ne se terminera pas forcément bien alors que l'on aurait sans doute attendu le contraire. Du coup, cela laisse un goût un peu amer. A chaque tuerie aux Etats-Unis, on ne peut s'empêcher de penser à ce fameux second amendement...

Juste un dernier mot pour dire que j'aimerais bien voir plus de titres dans le genre « western ». Cela me manque de ne plus voir de western à la télé comme dans le temps. Le genre a disparu même si régulièrement on trouve quelques œuvres ici et là.

Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

Nom série  Mattéo  posté le 05/12/2008 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est vrai qu'on se dit qu'il est bien bête ce fier Mattéo de partir à la grande guerre pour épater sa Juliette qui a le coeur qui balance pour un autre homme issu d'une famille bourgeoise. Pourtant, avec un père antimilitariste et anarchiste qui a dû fuir l'Espagne, cela aurait dû le conduire à y réfléchir à deux fois. Même son ami qui revient estropié du front ne le fera pas changer d'avis. Il va vite déchanter notre Mattéo au fin fond des tranchées qui enterrent ses dernières illusions ! On nous promet une épopée époustouflante sur fond de passion romantique.

Ce 1er tome réussit parfaitement à faire son effet car nous avons deux personnages qui d'un premier abord ne sont pas fait pour s'aimer mutuellement. En effet, le beau et vulnérable Mattéo vit seul avec sa mère après la mort de son père braconnier disparu en mer. Juliette est une ravissante jeune fille issue d'un milieu plus aisée qui est vêtue de belles robes jetant un érotisme troublant.

L'auteur Jean-Pierre Gibrat possède une auréole particulière dans le monde de la bande dessinée depuis ses deux chefs d'oeuvre que sont Le Sursis et Le Vol du Corbeau. Ce n'est pas un auteur très prolifique. Du coup, ses productions sont très attendues par les nombreux fans. Graphiquement, c'est que du bonheur ! Une parfaite maîtrise des aquarelles ! Une colorisation qui sublime nos émotions. Il y a de la spontanéité dans son trait qui en fait oublier les petits défauts. Ce dessin est quasi-magnifique ! L'auteur parvient à conférer à ses personnages une véritable force tourmentée.

Je suivrai avec délectation les aventures guerrières de ce coeur perdu. La fin de ce premier tome nous promet une suite bien mouvementée. Et cette suite se produit dans un cadre qu'on n'attendait pas à savoir celui de la Révolution Rouge qui s'abat sur la Russie tsariste alors que l'Occident est toujours en proie à une horrible guerre de tranchée. On est totalement pris par l'ambiance de cette révolution jusque dans son idéologie et ses premières contradictions.

Dans le 2ème tome, Mattéo est en effet devenu un déserteur anarchiste. Il va côtoyer à nouveau l'amour et la mort. On commence à se dire que ce sympathique personnage se fourre toujours dans des conflits qui lui sont étrangers par dépit amoureux. Entre romantisme et échanges idéologiques, cette série offre bien des surprises. Personnellement, ce qui m'a intéressé était de découvrir le conflit qu'il y avait entre les néo-communistes et les anarchistes pour la prise du pouvoir. C'était quelque chose que j'ignorais jusqu'ici car on a souvent évoqué ce qui opposait les blancs aux rouges mais pas les noirs. Le travail de recherche historique apporte une dimension réaliste au récit avec également des personnages plutôt crédibles. Le trait est toujours aussi exceptionnel dans son réalisme grâce à une colorisation qui colle à merveille. Ce second tome est une réussite qui confirme le talent de l'auteur comme un des plus grands maîtres de la bande dessinée.

Le 3ème tome fait un bond dans le temps. On passe à l'année 1936, celle du front populaire alors que l'Allemagne et l'Italie se prépare à la guerre. L'écriture demeure toujours aussi riche. On regrettera cependant de ne pas savoir ce qui s'est passé pendant ces 18 dernières années où notre héros a dû purger sa peine d'emprisonnement dans les bagnes de Cayenne. Il ne semble pas avoir subi le poids des années malgré sans doute de dures conditions. C'est également le temps des ballades sur la plage après avoir traversé la révolution russe et la première guerre mondiale dans les tranchées. Bref, c'est l'album d'une pause sans doute nécessaire.

Dans le 4ème tome, Mattéo combat aux côtés des Républicains contre les Nationalistes lors de la guerre d'Espagne. Il a enfin un peu vieilli car on se retrouve tout de même en 1936 soit 20 ans de plus qu'au commencement du premier tome. Cependant, il est toujours aussi actif au côté d'Amélie, la belle infirmière. Rien à redire sur le dessin toujours aussi sublime de Gibrat. Les couleurs des paysages de la Catalogne (pour ne pas dire l'Espagne) sont très belles et assez marquantes. Au niveau du scénario, cela sera un tome assez lent où le récit prend son temps. D'un autre côté, il y a la qualité des dialogues ainsi qu'une certaine crédibilité de l'histoire.

Au final, une belle saga romantique sur fond de tragédie historique à découvrir de toute urgence !

Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.25/5

Nom série  Murena  posté le 14/02/2007 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Murena est produit par un scénariste très talentueux à savoir Dufaux et un dessinateur hors-paire: Delaby. Murena est un somptueux péplum riche en rebondissement tragiques. L'une de ses grandes forces est de coller scrupuleusement à la réalité historique et de la rendre palpable et émouvante.

Le premier cycle "celui de la mère" raconte l'histoire de la jeunesse de l’empereur Néron dans la Rome antique. L'empereur Claude est tombé amoureux d'une jeune femme, délaissant ainsi la terrible Agrippine et son fils adoptif, le futur empereur Néron. Agrippine n'aura de cesse que de faire reconnaître son fils comme unique héritier de l'empire et s'opposer à Brittannicus. Elle sera prête à tout même à tuer ceux qui barrent la route au chemin du trône.

Néron est un jeune homme écrasé par le poids de sa mère, il se soumet à tout ce qu'elle prévoit pour lui, jusqu'à être complice du plus terrible des actes. Devenu empereur, ce dernier prend conscience des véritables motivations de sa mère au point d'ordonner son assassinat. Mais avant de disparaître, Agrippine élabore une dernière machination: placer Néron entre les griffes de l'inquiétante Poppée.

Le second cycle "celui de l'épouse" explore les années où Néron est enfin parvenu à se soustraire de l'emprise de sa mère et où il règne sans partage sur l'Empire mais où il a succombé aux charmes vénéneux d'une femme encore pire que sa défunte mère. Son meilleur ami Murena apprendra à ses dépens qu'il n'est pas bon de rester près du pouvoir. Néron va sombrer petit à petit dans la folie que lui connaissons attisée par son épouse Popée.

Pour autant, l'auteur ne le considère pas comme un personnage tout noir. Il y a comme une espèce de réhabilitation à un moindre degré que l'on ressent par exemple dans le tome 7 où l'on découvre qu'il a véritablement de la peine après la mort de sa fille unique. On voit également qu'il n'a pas allumer le feu dans Rome ce que je croyais véritablement d'après ce qui en avait été dit jusqu'à présent. Oui, le récit de sa vie réserve quelques surprises de taille !

Le troisième cycle est "celui de la mort" et commence véritablement avec le tome 9 à savoir les épines qui sera le dernier dessiné par le regretté Philippe Delaby. On le regrettera beaucoup car il a porté cette série sur des sommets historiques.

Autant dire que le tome 10 était particulièrement attendu 4 ans après le dernier. Il fallait prendre la relève de l'excellent dessinateur Philippe Delaby. Pas facile vu le niveau graphique de ce dernier qui frisait avec la perfection. Je n'ai pas été déçu par Théo qui a repris le flambeau avec honneur. C'est la série qui en dépendait véritablement. Il apporte une autre touche tout aussi intéressante. Son dessin est certes un peu plus anguleux et sans doute un peu moins perfectionniste. Cependant, il y a une parfaite maîtrise des corps et des décors tout en assurant un cadrage digne de ce nom à cette production. Une bonne idée que cette tête de cochon pour un banquet assez prometteur. Le récit est relancé par la perte de mémoire de Murena qui va se retrouver mêler à un complot visant à tuer l'empereur.

Je considère cette série comme un réel chef d’œuvre tant par le dessin qui frise la perfection que par la psychologie de ses personnages. Les luttes intestines sont montrées dans toute leur dureté. Tous les coups sont permis pour des personnages dévorés par la passion du pouvoir, ce dernier les poussant à accumuler trahisons et crimes!

Une BD « culte » même si le personnage du héros portant le nom de la série pourrait être plus étoffé. Il est vrai que c'est le seul personnage principal de la série à être fictif. Murena est tout à tour témoin et acteur de l'existence mouvementée de Néron.

C’est du grand art! De loin, une des meilleurs BD historique avec un souci du réalisme qui imprègne chaque case des albums jusque dans ses moindres détails. Bref, Murena restitue dans toute sa splendeur, sa violence et son horreur le règne de Néron. Une captivante et prodigieuse leçon d'histoire!

Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.75/5



Nom série  Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor  posté le 04/12/2010 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Thorgal est MA série préférée, celle par qui tout a commencé dans ma passion pour la bande dessinée. C'est donc avec un grand intérêt que j'ai acheté le jour même de sa parution ce spin-off qui va faire la lumière sur différents personnages de la saga Thorgal de la même manière que Jean Van Hamme a procédé sur la série XIII.

On commence tout d'abord par l'un des personnages les plus charismatiques de la bande dessinée, celle qu'on adore détester à savoir la fameuse Kriss de Valnor. Il faut dire qu'on l'avait quittée en une bien mauvaise posture dans la série mère. Elle sacrifiait sa vie pour sauver toute la famille de Thorgal. C'était beau et presque incroyable. Au fond, on devinait que se cachaient de biens lourdes épreuves durant sa jeunesse. Devant le tribunal des Walkyries, nous allons enfin avoir des révélations. Au passage, on remarquera un raccord tout à fait remarquable entre les deux séries.

Je trouve que ce début est plutôt une réussite car nous retrouvons l'esprit même des mondes de Thorgal. Certes, le scénariste Yves Sente n'évite pas certains clichés. Cependant, l'essentiel y est, c'est à dire un scénario efficace, une mise en page intelligente et un dessin respectueux de Rosinski qui intègre ses codes graphiques. Que demander de plus ? Une suite du même acabit !

La seconde partie de ce diptyque est plutôt intéressante car il fait directement le lien avec le tome 9 de la série mère Thorgal à savoir l'album des archers où ce personnage emblématique apparaît pour la première fois. Il y a là une habilité scénaristique qu'on ne pourra que souligner. Pour autant, la fin se devine assez aisément. Qu'importe car les fans seront tout de même ravi !

La troisième partie est celle que je n'attendais pas car je pensais au début que nous avions un diptyque. Celle-ci se révèle très vite de très haut niveau. Le scénario est prenant et fait directement le lien avec le bateau-sabre (tome 33 de Thorgal). On a l'impression que cette série parallèle avance de concert avec la série mère ce qui renforce la cohérence ainsi que l'univers crée. Le dessin est réellement fidèle à l'esprit de Rosinski. L'évolution de Kriss devient assez intéressante car c'est un personnage qui passe du côté du bien et on apprécie qu'elle soit une véritable héroïne. Il est vrai que les puristes pourront crier au scandale. Par ailleurs, j'ai apprécié les méandres du pouvoir ainsi que le jeu politique auxquels se livrent certains protagonistes. On dévore cette aventure avec plaisir. C'est l'un des meilleurs tomes !

Le 4ème tome sera celui des alliances où Kriss tente de s’imposer dans un monde d’homme et de guerre. J’ai bien aimé la surprise de taille qui nous attend. L’intrigue est toujours classique mais parfaitement bien maîtrisée. On en redemande toujours ! Ces intrigues de trône renvoient à la désormais très célèbre série.

On va néanmoins assister à une baisse de régime dans les épisodes 5 et 6 qui ne sont au fond que des aventures transitoires pour allonger la sauce. Pourtant, changement dans l’équipe des scénaristes avec le tome 6. Quant au dessin, rien à redire car il reste conforme à l’univers graphique de Rosinski.

Le tome 7 est assez étrange car il commence en effet avec cette fameuse montagne du temps où les épreuves s'accumulent pour Kriss de Valnor qui souhaite sauver également son fils. La dernière partie de l'album est entièrement consacrée à Jolan qui est confronté à l'empereur Magnus qui ressemble étrangement à Charlemagne. Son intrigue est également assez intéressante mais on se rend compte que cela aurait pu faire l'objet d'une autre série dans les mondes de Thorgal qui lui serait consacré. En l'occurrence, il partage l'affiche avec Kriss pour deux récits totalement différents.

Au final, une bonne utilisation de l’univers des Thorgal.

Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5

Nom série  Prométhée  posté le 15/01/2009 (dernière MAJ le 12/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai beaucoup apprécié cette série qui nous entraîne dans une histoire fantastique aux consonances un peu apocalyptiques tout en renvoyant à la mythologie grecque. Prométhée a défié Zeus pour donner le feu aux hommes. Ce dernier lui a réservé un châtiment pour le moins cruel : avoir son foie dévoré par un aigle tout en étant enchainé sur un mont du Caucase. C’est une métaphore de l’apport de la connaissance aux hommes et de la folie de se mesurer aux Dieux pour s’élever de leur condition. Oui, il faut toujours payer le prix. Et il se comptera en millions de morts.

La scène d’introduction du premier tome avec les conquistadors dans la jungle est d’une formidable réussite. C’est vrai qu’il faut jongler sans cesse avec les nombreux retours en arrière. Il y a également une multiplication de personnages à l’image de films catastrophes où l’on suit les histoires personnelles de chacun tout en sentant qu’ils sont impliqués dans un tout. Parmi ces personnages, le héros prend les traits de Fred Ward, un acteur américain habitué aux seconds rôles dont l’évocation ne dit rien d’un premier abord mais qui a une gueule dont on se rappelle.

Au niveau du dessin, c’est très beau par moment. Je pense notamment à ces gros plans insérés sur deux pages qui donnent une dimension particulière. Cependant, quelquefois c’est moins bien dans le traitement graphique des visages des personnages. Cette irrégularité a d’ailleurs été soulevée par de nombreux lecteurs attentifs aux détails. Et puis, les planches aux couleurs informatisées restent tout de même assez froides. J’ai relevé que Bec a conçu tout seul ses premiers albums pour être rejoint par d’autres dessinateurs à partir du troisième volume dans le but d’augmenter le rythme de parution. Je ne suis pas contre.

Les deux premiers tomes restent purement introductifs. En effet, l’auteur pose à la fois le problème et met en scène les protagonistes. Néanmoins, il est dommage de se limiter aux 46 pages de rigueur. Cela aurait gagné en profondeur de dépasser ce quota absurde pour vraiment installer l’histoire. Maintenant, on va voir si cette série plutôt ambitieuse tiendra ses promesses. Si c’est le cas, cela sera sans nul doute un futur chef d’œuvre du genre.

Avec la lecture du second et du troisième tome, ma première bonne impression se poursuit fort agréablement. On voit que Bec maîtrise parfaitement son scénario. Les différents acteurs jouent leur rôle de composition comme dans un film hollywoodien. C'est d'ailleurs parfaitement assumé par l'auteur. Le suspense monte en créscendo. Pour autant, c'est également le temps des questions. En effet, on s’interroge sur le fait que l’action semble s’éterniser comme ses pendules qui s’arrêtent sur 13h13.

Il faut dire que le quatrième ainsi que le cinquième tome progressent beaucoup trop lentement. On a l’impression que ces chapitres ne servent finalement qu’à meubler l’espace en multipliant les mystères et choses insolites à travers le monde. J’apprends également que la série fera pas moins de 12 tomes et je me rends compte de la supercherie en tant qu’acheteur. Les scènes contemplatives sont légions et paraissent souvent inutiles. Les mini-intrigues morcelées rendent difficile la compréhension de l’ensemble. Cela gâche un peu la progression de l’histoire. Certes, on voit que la théorie des extra-terrestres ne tient pas la route pour expliquer les mystérieux phénomènes observés et que cela serait plutôt celle d’une expérience gouvernementale qui a mal tourné. Bref, la théorie du complot avec la fameuse zone 51 ou l’expérience Philadelphia: tous les clichés du genre réuni ! C’est dommage car le plaisir disparaît petit à petit. Le risque d’un énorme gâchis est réel à ce stade de l’aventure. On gagera que l’auteur puisse donner une nouvelle impulsion à une bonne idée de scénario.

Mon propos sera plus mesuré pour le 7ème tome qui avec la théorie du 100ème singe donne l’explication tant attendue ainsi que les enjeux. Cependant, cela ne veut pas dire pour autant que l’aventure est terminée. Il y a un compte à rebours qui se poursuit. L’avenir de l’humanité semble en jeu. On ne s’ennuie pas à la lecture. J’ai l’impression d’une véritable relance de l’histoire. Bec reste un très bon conteur d’histoire avec un mélange réussi entre science-fiction et fantastique. L’enjeu est de savoir comment va réagir l’homme face à une menace qui le dépasse.

Les auteurs nous disent en postface que le 12ème tome ne sera pas le dernier mais il clôt le récit amorcé dans le premier volume. Il y a une boucle qui se referme. La plupart des mini-intrigues trouvent leur dénouement. Et puis surtout, on a droit à un final apocalyptique qui ne fera pas dans la dentelle. Sur la longueur, j’ai apprécié ce récit de science-fiction qui pourra se révéler crédible dans le futur mais on ne l’espère pas. L’auteur est parvenu à nous rappeler les enjeux, puis la chronologie des faits avant de donner une explication. Il reste encore de nombreuses questions à résoudre. Je n’arrive pas à me satisfaire de l’hypothèse du test et du créateur destructeur. On verra que tout est de la faute des politiques. Le président français en fera les frais alors que le président américain totalement responsable de ce désastre se cachera bien sous un puissant abri antiatomique. La justice divine est très partiale.

Alors qu'on nous avait promis que le 13ème tome serait le dernier de la série, voilà un 14ème tome qui semble marquer un nouveau cycle ce que confirme d'ailleurs un tome 15 et un tome 16 un peu plus constructif et moins passif. Je ne dis pas que c'est mauvais forcément. J'ai plutôt apprécié cette lecture qui semble remettre l'aventure sur d'autres rails. Il est vrai que je n'étais pas entièrement satisfait de la fin de cette saga tout comme de nombreux autres lecteurs. Christophe Bec a visiblement tenu compte des remarques qu'il avait reçues à ce sujet. On va vers la résolution de certains mystères et une progression du récit. Cependant, il faudra accepter un nombre de tomes conséquents ce qui fait assez feuilleton. C'est une série qui se vend autour de 35000 exemplaires chaque tome en moyenne. Bref, cela fonctionne parfaitement car la demande est présente. Pourquoi s'en priver alors ? Il faut sans doute préciser qu'il faut également savoir conclure car toute bonne chose a une fin.

Je me suis également aperçu que c’est une série qu’il faut lire d’un coup pour faire le lien. On ne comprend pas grand-chose si on lit les albums séparément à chaque fois qu’ils paraissent. Il faut tout reprendre depuis le début pour apprécier cette lecture. Au final, on se rend compte que c’est diablement efficace. Bec a beaucoup progressé, c’est incontestable. En ce qui me concerne, une des meilleures séries de science-fiction de l'époque moderne de la BD.

Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5

Nom série  Deux Hollandais à Naples  posté le 11/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je n'ai pas aimé pour plusieurs raisons. Je vais commencer par la forme. C'est une bd sur un tout petit format avec des cases très petites sur une trentaine de pages seulement. Si vous ajoutez une narration pesante et beaucoup de dialogues assommants, cela ne le fait pas. C'est ainsi et on ne peut que le regretter.

A noter que j'aime la Hollande ainsi que Naples mais cette bd ne leur rend pas vraiment hommage. On part sur l'idée que le fameux peintre le Caravage n'est pas mort. Deux hollandais partent à la recherche de la vérité. A noter un dessin qui a de l'attrait mais qui n'est pas bien mis en valeur sur un tel format.

Nom série  Sept macchabées  posté le 11/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C'est un peu dommage que cette série concept autour du chiffre sept se termine avec cette histoire de macchabées hallucinante et très peu convaincante. Cela part par la volonté par les anglais de conquérir le pôle sud avant l'Allemagne du Keiser Guillaume II. Il n'y a rien de mieux qu'envoyer des Frankenstein par sept de préférence.

J'aime bien la critique un peu unanime ici et là pour dire que c'est un chef d'oeuvre irréprochable. Un pur produit marketing oui ! Cela ne trompera pas le lecteur un peu exigeant. Rien à redire par contre sur le dessin qui assure véritablement mais qui n'est pas au service d'une bonne histoire.

Nom série  Quatre jours de descente  posté le 11/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il n'est sans doute pas facile de faire partie d'un jury d'assise qui doit juger un homme pour des actes criminels comme un meurtre par exemple. Chaque citoyen peut être un jour désigné comme juré ce qui permet de rattacher la justice avec la société aussi raciste soit-elle (comme nous le verrons en l'occurrence dans cette France des années 60).

C'est tout le processus d'être membre d'un jury qui nous est proposé. En réalité, l'un d'eux a des visions qui renvoie au meurtre ou à une certaine réalité. Il est persuadé de l'innocence du prévenu et il souhaite le sauver pour des raisons psychologiques liée à la disparition de son fils et de la culpabilité éprouvée.

Il y a eu des imperfections dans le déroulement de ce récit mais je pardonne au vu d'une conclusion un peu déroutante digne de ce nom. Le dessin en noir et blanc colle très bien avec cette ambiance un peu poisseuse à l'image d'ailleurs de la couverture. C'est une véritable descente aux enfers pour ne pas dire aux assises. Cependant, justice et vérité sont parfois contradictoires dans un profond jeu de manipulation...

Nom série  Prends soin de toi  posté le 11/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Grégory Mardon est l'auteur dont j'attends patiemment chacune de ses publications car il m'a bien étonné ces dernières années avec notamment Petite frappe ou encore Madame désire ?. Ces oeuvres sont résolument modernes et surtout elles me parlent. Rares sont ceux qui peuvent y réussir. Par ailleurs, le dessin est rempli de grâce jusque dans les décors ou les mouvements. Les personnages sont particulièrement réussis comme à son habitude.

Prends soin de toi est une sorte de fable morale sur un road-trip d'un homme dont la compagne vient de le quitter pour faire sa vie avec un autre. La rupture est toujours un moment délicat à vivre car on ne voudrait jamais se séparer et continuer à vivre ensemble comme si de rien n'était. la vie est fait également de ces grandes contrariétés.

J'ai bien aimé la mission prétexte que cet homme s'est assigné en voulant rendre une vieille lettre non ouverte à son auteur plus de 40 ans après. La conclusion fait du bien et permets de comprendre qu'il faut continuer à vivre coûte que coûte. C'est certes classique dans l'approche mais c'est une lecture agréable qui fait mouche. Bref, un récit d'introspection admirable et plein d'empathie. A déconseiller bien évidemment à ceux qui sont vieux jeux.

Nom série  Les Enquêtes du limier  posté le 10/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis actuellement très sensible au sujet qui touche la relation entre l’homme et le chien. Cet animal de compagnie est parfois assez surprenant dans ce qu’il peut nous apporter dans notre quotidien. Il est vrai que c’est une véritable relation d’amour.

Notre héros est un détective qui se charge de retrouver les grands chiens de chasse qui se sont malheureusement égarés en forêt montagneuse. C’est un service qu’il rend aux propriétaires de ces bêtes moyennant finance. Par contre, il refuse de vous retrouver le petit chien de compagnie car cela ne l’intéresse pas. Il faut dire qu’il peut se le permettre tant le nombre de chiens égarés dans ce secteur du Japon est impressionnant. Cela le fait vivre, certes pas confortablement car il ne possède pas de magnétophone ce qui peut apparaître comme un comble pour un détective mais le client paye royalement les frais professionnels.

Tout ceci pour dire qu’il fera tout de même une petite exception afin de retrouver le chien d’une jeune fille aveugle qui sombre dans la dépression depuis sa disparition. Cela sera l’occasion pour nous de découvrir l’apprentissage de ces labradors bien braves par des associations et des éleveurs qualifiés. A noter également une proportion non négligeable de yakuzas dans ces coins les plus reculés de la nature. Il y a certainement de la matière pour eux afin de s’oxygéner un peu.

Oui, il faudra passer sur beaucoup de choses pour apprécier cette œuvre de Taniguchi mais comme dit, l’amour des bêtes balaye tout sur son passage.

Nom série  Garôden  posté le 09/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C'est vrai que ce n'est pas ce qu'a fait Taniguchi de plus subtil. Il y a eu également des loupés dans sa carrière ce qui est relativement normal. On pourra reprocher une bestialité un peu trop grande malgré une approche différente des arts martiaux. Toujours rien à redire sur le dessin mais cela ne fait pas tout.

Les combats sont certes dynamiques mais il manque un peu de grâce et de psychologie plus poussé dans les personnages. Le héros n'a pas pu digérer sa défaite et se met dans une quête absolu de revanche. Il n'a toujours pas compris qu'il faut savoir se coucher surtout quand on n'est pas un professionnel face au meilleur du monde dans sa catégorie. On pourrait lui expliquer gentiment qu'il ne comprendrait toujours pas. Du coup, question crédibilité, il faudra repasser.

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