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... a posté 433 avis et 50 séries (Note moyenne: 3.31)

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Nom série  Douce, tiède et parfumée  posté le 24/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée.

Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne.

Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines.

En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence…

C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif.

Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances.

Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.

Nom série  Before Watchmen - Rorschach  posté le 17/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S’il y a bien une des préquelles de l’univers Watchmen que j’attendais le plus parmi la ribambelle publiée et à venir, c’était bien celle mettant au premier plan le personnage de Rorschach à savoir celui par lequel tout arrive dans Watchmen après la mort du Comédien et qui introduit l’univers incroyable de Alan Moore et devient par ses méthodes radicales le personnage le plus emblématique avec son masque actif et son imperméable hérité de l’univers des polars noirs de l’acteur Humphrey Bogart.

Alors que Moore avait détaillé de façon structurée le passé du personnage le plus charismatique des Watchmen et qu’il n’y avait rien à ajouter, le risque de louper le coche était plutôt élevé mais le duo du fantastique Joker a su relever le défi avec brio mais sans trop de risques narratifs…

Impossible de ne pas tomber amoureux des dessins magnifiques de Bermejo qui s’est une fois de plus surpassé pour dépeindre un Times Square version seventies des plus sordides et saisissants.
Aidé par une colorisation mauve des plus adaptées pour une ambiance nocturne digne de l’ère disco, Bermejo était réellement le choix idéal pour mettre en scène de façon iconique Rorschach comme il l’avait déjà fait pour Batman et le Joker.

L’histoire relève de l’anecdotique par contre, Azzarello adapte un de ses fonds de tiroir qui auraient pu se lisser sur n’importe quel vigilante masqué ou pas ce qui constitue un peu le point faible de l’entreprise car l’ensemble n’est qu’un prétexte à des bastons homériques entre un Rorschach débutant mais déjà déterminé qui va s’en prendre plein la gueule et un gang de dealers sans foi ni loi mené par un boss défiguré aussi cruel que ludique et goguenard, son nemesis en puissance !

En parallèle de la vendetta lancée par Rorschach, un serial killer massacre en toute impunité de jeunes femmes et on distingue mal le lien entre cette enquête et les objectifs de Rorschach jusqu’aux toutes dernières pages qui précipitent l’histoire et en tissent le lien….

MAIS le plaisir est là, immédiat, certes artificiel et vain mais on est pris de suite dans cette histoire crasseuse mais limpide, porté par un Bermejo au sommet de son talent et dont l’art du découpage simple et direct offre un récit rapide et bref mais palpable…. La mégalopole évolue, vit, il y a un sens du détail incroyable dans les décors comme les expressions faciales (ce qui est ingénieux pour un héros sans visage) et Azzarello parsème son récit de quelques clins d’œil à la génération seventies avec l’apparition d’un célèbre chauffeur de taxi new yorkais ou d’autres plus discrêts mais réussis comme ces cols pelle à tarte et ces talons outranciers. La frustration c’est peut-être que le récit s’achève aussi rapidement alors qu’on est pris dans un maelstrom de bagarres, de violence dans une narration simple mais percutante…

Rorschach est un merveilleux livre d’images à lire comme une œuvre essentielle de Bermejo mais mineure pour Azzarello dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël et Rorschach auquelle elle ne ternira ni ne rehaussera l’impression qu’on se fait déjà… C’est également l’histoire la plus détachée de tout l’univers Watchmen et peut se lire parfaitement comme un one shot indépendant.

Si vous appréciez les polars noirs et simplistes servies sur un plateau par l’un des meilleurs dessinateurs actuels foncez sinon c’est très dispensable…. Mais pas à mes yeux merde quoi c’est Rorschach dessiné par Lee Bermejo dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël !!!!!

Nom série  Django Unchained  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le carton prévisible du western sanglant et humaniste de Tarantino entraine son adaptation dans la prestigieuse collection Vertigo sous la bienveillance de R.M. Guerra, réputé pour son style crade et inspiré dans Scalped et possède tous les atouts sur le CV pour devenir aussi populaire que son grand frère de pellicule.

Django, ancien esclave et désormais homme libre, est repêché par le Dr. Schultz dans une Amérique nauséabonde dans le but de s’associer avec lui en tant que chasseurs de prime. Les deux hommes que tout oppose vont développer une amitié loyale et tenter d’arracher à leur tour Bromhilda, l’épouse de Django vendu comme esclave à l’un des plus vils « négriers » du Mississippi…

Un vrai bon moment de cinéma alternant violence, fun et autres contrastes dominé par un casting idéal, de Jamie Fox à De Caprio sans oublier le génial et truculent Christoph Waltz.

Pourtant c’est la déception qui pointe au fur et à mesure des 7 chapitres qui constituent ce one-shot. J’avoue avoir beaucoup apprécié le film de Tarantino qui offrait un croisement improbable entre dialogues sans fin, portrait sans fards de l’exploitation des minorités africaines de couleur par des esclavagistes inhumains et clins d’œil appuyés sur le western italien dit également d’exploitation.

Mis en musique et en scène, le grand écran offrait un spectacle à déguster comme une grosse friandise alternant moments potaches et scènes chocs se passant de mots, un écrin idéal pour un comics.

R.M Guerra semble même être le choix idéal pour illustrer un western, lui qui a été choisi pour illustré Scalped grâce à son talent pour dessiner des chevaux de façon réaliste ! L’objectif rêvé étant de transposer le script initial de Tarantino, scènes coupées y comprise, et d’apporter un « Director’s Cut » de papier au film.

Pari tenu mais plaisir limité…

En effet, pour avoir vu et apprécié le film en salles, je me réjouissais à l’idée de prolonger le plaisir par une lecture des plus appropriées. Il aurait seulement fallu que le scénariste puisse se détacher un peu plus du matériel d’origine au lieu d’essayer de le reproduire à l’identique.. Le travail d’adaptation est bien trop scolaire pour pouvoir en espérer soutirer autre chose de ma part que quelques bâillements convenus d’usage.
Où est donc passé le charisme du Docteur Shultz ? La Cool Attitude de Django ? Seul le personnage de Candie garde un peu de son aura maléfique...

J’aurais aimé pouvoir dire quelque chose de réellement positif dans le dessin de R.M. Guerra mais son acharnement à coller au plus près des visages des acteurs du film plutôt que d’en tirer des trognes inédites s’avère pour la plupart des cas raté… A savoir que comme cela se fait souvent dans le milieu du comics, l’auteur cède parfois sa place à 3 autres artistes au style radicalement différent et sans transition aucune ce qui donne un goût hétérogène contrairement à d’autres œuvres où l’ensemble se mélange harmonieusement mais l’effet est raté ici.

Danijel Zezelj joue les intérimaires de qualité. Il est le seul à tirer véritablement l'épingle du jeu en respectant d'abord son style sans chercher à jouer au "copiste".

Dommage que l'encrage remplisse davantage les cases que les décors curieusement absents pour un western...

Concernant les apports du script pour la bd, ils restent agréables sans être essentiels à la compréhension. Il y a bien un flashback inédit sur « l’acquisition » de la femme de Django par l’esclavagiste Candie (joué par Di Caprio) mettant bien en lumière l’esprit passablement dérangé et pervers de ce dernier et quelques menus détails parsemés ici et là mais rien de bien particulier offrant une lecture nouvelle de cette histoire.

Au final et malgré quelques cover arts très chouettes dont un magnifique représentant Django allumant une clope devant Candieland en flammes, ce Django Unchained aurait mérité de n’être que le bout de péloche sans être décliné en support papier. Il serait forcément très intéressant de lire l’avis d’un lecteur « vierge » de la vision du film afin de nuancer mon avis mais pour tous les autres il y a forcément bien mieux à lire qu’une adaptation sans âme.

Dommage est le mot qui revient décidément trop souvent ici…

Nom série  Le Secret  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Secret est l’un de ces petits plaisirs coupables, l’un de ceux que je prenais en allant louer mon petit film d’horreur en VHS fin des années 80 après avoir longtemps bavé dessus sur mon Mad Movies mensuel…. C’était le bon vieux temps, je voyais des films d’un autre âge avec les effets spéciaux bricolés avec de l’amour et du latex et qui n’avaient pas d’autre prétention que de nous faire passer un bon moment.

Le Secret, c’est exactement cela, une œuvre aussi insipide une fois le bouquin refermé qu’efficace pendant sa lecture. Grosso modo, il ne restera aucun souvenir à long terme de ce comics sorti de nulle part et publié il y a déjà quelque temps en VO. Urban nous ressort donc ce one-shot signé du cofondateur du label Dark Horse et d’un auteur qui ne devrait pas rester longtemps méconnu si son style se maintient à ce niveau : Jason Shawn Alexander.

L’histoire est à un niveau ras des pâquerettes comme le veut la tradition du genre, ici on est dans un postulat simple et efficace : d’une simple blague de potaches (des ados lubriques s’adonnant à un jeu ludique, téléphoner à un inconnu en hurlant « Je connais ton secret »), la tension grimpe rapidement dès lors où une sombre voix va y répondre « Comment connais tu mon secret ? ».

Voilà pour le pitch de départ, on arrive au traditionnel « un an plus tard » avec disparition de la petite amie du jeune héros et l’histoire peut commencer…. Mais pour la connaitre, cette histoire, inutile d’en raconter davantage, tout le monde peut se l’imaginer ou en faire une légende urbaine. C’est le côté ludique de ce récit qui ne se prend pas au sérieux mais arrive à imprimer une ambiance anxiogène des plus réussies grâce à la qualité des dessins, en grande partie composées d’aquarelles et d’un montage nerveux.

Lorsqu’on se promène de nuit sur une route abandonnée au seul éclairage d’une torche ou de phares automobiles, c’est toute l’ambiance d’un Silent Hill qui ressurgit d’un coup, le bruit ou non des grillons en bonus.

Qu’importe alors la résolution ou non du mystère, c’est ici toute la démonstration graphique qui impose un rythme soutenu et haletant. Impossible de ne pas lire ce bouquin d’une traite, non seulement parce qu’il est plutôt court mais surtout parce qu’il est diablement prenant ! La fin arrive peut-être même un peu trop rapidement et la conclusion sera téléphonée dans la grande tradition des films pop corn du samedi soir et c’est surement le seul reproche plausible.

Malgré une fin trop facile ou décevante selon l’humeur et pour peu qu’on se prête au jeu, le Secret reste effectivement le genre de bd qu’on regrette peut-être un peu d’avoir acheté mais pas d’avoir lu. Il me tarde donc de revoir ce dessinateur, mélange limpide de Kent Williams et de Templesmith dans une œuvre de plus grande envergure auquel ce Secret ferait figure de joli artbook ou CV. Laissez vous tenter !

Nom série  Fastermarket  posté le 05/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention notez bien ce petit bouquin édité élégamment à l’italienne car il risque de vous passer complètement sous le nez comme ce fut le cas pour moi sans le recours d’un petit encart publicitaire de 4 pages qui m’ont donné envie d’en savoir davantage.

Et ce serait bien dommage car Fastermarket sera à coup sur très recherché dans quelques années lorsque son auteur Jérémy Le Corvaisier dont c’est ici la première œuvre sera enfin reconnu comme un auteur culte…

Remarquez il risque bien de le devenir dès cet intriguant bouquin dont la couverture anxiogène au possible risque d’en décourager certains…. Et pourtant il s’agit d’une de ces découvertes surprise dont on se tape volontiers les épaules d’en être !

Tout commence par le meurtre sordide de Jocelyne Rideau dans des conditions épouvantables derrière le supermarché Fastermarket dans une ville (américaine, européenne ?) bordée de montagnes, d’immeubles et de désert comme la ville d’Albuquerque de Breaking Bad comme pour mieux en situer l’isolement.

Deux flics vont enquêter en portant leurs soupçons sur le personnel de cet antre de la consommation. Attention d’autres meurtres vont être accomplis d’ici peu mais l’auteur semble s’en éloigner assez rapidement pour dresser un portrait sans fards ni équivoque sur les neuf employés et ces deux flics…. Et de nous transporter via des allers-retours impressionnants autour de ces loosers qui semblent tous cacher un peu d’humanité et beaucoup de détresse une fois leur intimité percée….

Un peu d’Albert Dupontel pour le côté glauque et noir et beaucoup de American Beauty de Sam Mendes pour les portraits pris au télescope, chacun des personnages mis en scène autour de ce supermarché va être étoffé, pathétique, drôle et cruellement tragique au final.

Le tour de force de Le Corvaisier est d’offrir un panel inédit de « sales gueules » dans un trait qui rappelle fortement Pierre la Police et des décors dépouillés mais bien présents.
La couleur jaune/marron omniprésente dans du rouge et du noir impose une atmosphère lourde appropriée. Il y a quelques scènes vu du dessus qui m'ont rappelé la charte graphique du premier GTA et des jeux vidéo des années 90...

Le découpage est assez malin et invite à une lecture agréable. L’ensemble est assez subtil pour étoffer rapidement cette joyeuse équipe de bras cassés entre le travesti amoureux de son collègue, la trentenaire seule en quête d’amour et de reconnaissance sociale, le gentil flic limite incestueux avec sa vieille maman étouffante, le manager voyeur ou la vieille acariâtre martyrisant son chien.

Sans oublier le personnage de Marc Poutre qui mériterait presque un spin off tant il m’a éclaté, envoyé de dieu pour expier les femmes en les forniquant et doté d’un look moustache et coupe de cheveux mulet du plus beau genre !

Il y a également ce vieux flic désabusé de tout et à la recherche de mots pour écrire un joli poème à présenter en concours « policier »…

Le ou les meurtres seront résolus de façon surprenante et inédite mais en dire davantage serait dévoiler le chaos régnant sur la dernière partie et laisse le lecteur sur le carreau devant tant d’humour noir et de situations pathétiques.

Jouant sur le même registre de l’incommunicabilité des individus façon « Requiem for a Dream » ou « Le roi des mouches », voici un trip inoubliable et incroyablement maitrisé pour une première œuvre… Ne passez pas à côté de ce diamant noir.

Nom série  Before Watchmen - Compagnon  posté le 03/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir été ébloui contre toute attente sur Before Watchmen - Minutemen, c’est tout naturellement que je me tourne vers le second recueil, le bien nommé « Compagnon ».

Curieux choix éditorial que de publier immédiatement ce recueil puisqu’il s’agit d’une compilation d’épisodes moins marquants mais revenant davantage sur des personnages clés moins présents dans l’univers Watchmen, à savoir la genèse du Minutemen Bill Dollar, celle de Moloch, seul super vilain connu de l’univers Watchmen et le Corsaire Sanglant, récit de pirates dont les pages étaient ingénieusement insérées dans l’œuvre d’origine.

Bill Dollar met en scène la curieuse destinée d’un jeune athlète au destin sportif brisé par une blessure. Son physique avantageux impressionne quelques caricatures du monde financier qui décident d’en faire un objet promotionnel et de propagande pour leur empire monétaire tel un Captain America des débuts et dont les looks sont curieusement voisins. Cette histoire très courte reste relativement agréable à lire grâce au trait vintage et réussi de Steve Rude. Cette histoire aurait du être intégrée en bonus à Minutemen plutôt que dans le présent recueil.
Le récit reste anecdotique et ne changera pas vraiment la donne mais étoffe davantage l’histoire d’un héros au destin ironique.

Moloch est le plus « gros » morceau de ce Compagnon, déjà parce qu’il est mis en page par le fantastique Eduardo Risso dont les collaborations avec Azzarello pour 100 bullets ou ses nombreuses séries avec le regretté Carlos Trillo ne sont plus à remettre en cause. Moloch, cet enfant malheureux né dans l’indifférence la plus totale va noyer son infirmité physique (une tête disgracieuse de chauve-souris humaine) dans le crime et la magie. C’est également à Moloch que l’on doit la très jolie couverture de cet ouvrage et l’utilisation de ce dernier à de sombres desseins contre son gré va rejoindre le complot central mené contre le Docteur Manhattan dans Watchmen.
L’ascension puis la rédemption de Moloch respectent parfaitement le cahier des charges, une bonne dose de mélancolie pour un destin tragique sous un trait inspiré. Il s’agit là encore d’une histoire anecdotique au final mais qui offre le premier plan à un personnage de second plan.
Très divertissant et de bonne facture, la conclusion de Moloch nous amène directement et sans transition à l’histoire la plus controversée de cet ouvrage, celle du Corsaire Sanglant et de sa malédiction.

Ou comment sur quelques pages paraissant être une éternité tant j’ai eu du mal à les lire avec une narration en « off » parfois pénible et déroutante sera conté le destin tragique à nouveau (On rigole peu dans Before Watchmen) du sous officier de marine Gordon McClachlan qui passera de Charybde à Scylla, de trépas à trépas entre actes vaudous, galion fantôme et tortures éprouvantes (joli pléonasme) dans le seul but de reconquérir son âme volée par le Corsaire Sanglant.
La conclusion à la Lovecraft a eu beau me surprendre un tantinet, cette lecture m’a paru bien longuette (la partie Corsaire de Watchmen n’était pas non plus celle que je préférais) mais les dessins de John Higgins sont de véritables estampes éclairées par des couleurs splendides et bien plus subtiles que ce récit exagérément trop violent et éprouvant.

En conclusion, c’est peut être le choix éditorial d’Urban de compiler ensemble ces histoires à la suite qui est peut-être le plus problématique tant leur lecture peut paraître anecdotique. Il s’agit plus volontiers d’un accompagnement ou de bonus (le nom de « compagnon » est judicieusement choisi) qui auraient peut être plus trouvé leur place dans d’autres recueils. Néanmoins la lecture est aisée et on peut tomber sous leur charme (Bill Dollar et Moloch sont très attachants et le Corsaire propose une qualité graphique incroyable) à la condition de les lire indépendamment.

Sans égaler Minutemen, ces trois histoires m’ont surtout donné envie de relire à nouveau Watchmen, ce qui est à la fois leur principale qualité comme leur plus grand défaut. Vous êtes prévenus !

Nom série  Before Watchmen - Minutemen  posté le 30/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici un cas très particulier. A peine avais-je entamé la lecture de ce profane Before Watchmen Minutemen que j’étais pressé d’en finir et d’en connaitre la conclusion.
Était-ce pour oublier le choix « infamous » (comme on pourrait lire dans la langue de Shakespeare ?) de cette lecture a priori incongrue et que tous les fans d’Alan Moore rejettent par fidélité sans y poser un œil ?
Absolument pas, contre toute attente, cette préquelle non autorisée par son cultissime auteur barbu est un « must have » absolu qui prolonge de façon immédiate le plaisir de redécouvrir des personnages célèbres ou juste effleurés par la grâce du talent de Darwyn Cooke qui a dû prendre autant de plaisir à l’écrire et à la mettre en page que moi-même à la lire.

Effectivement tout a déjà été écrit, imaginé, pensé et analysé de façon méticuleuse dans l’œuvre somme d’origine et cette mini-série de 6 épisodes n’a pas pour objectif de la supplanter. Il s’agit d’un récit qui pourrait tout à fait se lire indépendamment de la série mère même si de discrètes références et passerelles sont disséminées ici et là.

Hollis Mason, officiellement flic à la retraite et officieusement premier Hibou décide de rétablir la vérité par la publication controversée de son autobiographie faisant largement référence aux Minutemen, premier groupe historique de superhéros dans l’Amérique uchronique des années 40.

Après une introduction présentant chacun des protagonistes, du sombre Juge Masqué à la Silhouette, le récit décolle par le premier « coup d’éclat » des Minutemen, un fiasco complet qu’on manipule pour en faire un acte héroïque…. Et l’aventure commence pour ce groupe atypique aux intérêts divergeants dans un New-York gangréné par le crime et les non-dits.

Les souvenirs de Mason sont passionnants, les personnages extrêmement travaillés mais l’ensemble était déjà, il est vrai, servi sur un plateau d’argent. Cooke ne trahit pas les intentions d’origine en parsemant son récit de scènes d’action comme tout autant de réflexions. Les « héros » sont faits de chair et de sang et certaines révélations suprenantes sont de mise tissant et reliant le schéma tentaculaire d’une existence éphémère, marquante et terriblement humaine.

Chaque protagoniste profite d’un background riche et intéressant s’insérant au fur et à mesure de façon fort habile. Si on ne comprend pas pourquoi les écrits du Hibou, élément tout aussi charismatique et candide que son successeur, engendrent autant d’hostilité à être publiés par les autres survivants du groupe, la noirceur et l’apreté de certaines situations réalistes destinant la lecture à un public adulte finissent par remporter l’adhésion générale.

La construction n’a forcément plus la folle originalité de son modèle mais Darwyn Cooke s’en dédouane par un trait rétro délicieusement élégant et tout à fait en phase avec son univers rendant la lecture fort agréable et aisée à suivre.
Il subsiste un très joli parfum de tolérance et d’humanisme. Malheureusement certaines manipulations et traitrises feront du chapitre final un choc dont on peut ne pas sortir indemne avec le mystérieux Comédien, pivot central des deux mondes de Watchmen.

Au final et sans en attendre grand chose, ce Before Watchmen Minutemen n’est ni plus ni moins qu’un chef d’œuvre que je ne peux que recommander contre vents et marées. La force du récit est de proposer une histoire intelligente et indépendante ou pas, il n’est nullement nécessaire d’avoir lu Watchmen sur le bout des doigts pour suivre les péripéties de l’Homme Insecte, la Silhouette, Bill Dollar et les autres même si je ne saurais que vous encourager à le faire bien évidemment.

N’en déplaise à son auteur d’origine, la préquelle de Darwyn Cooke ne sera jamais une œuvre culte mais mériterait très sincèrement d’être reconnue pour les valeurs sincères qu’elle véhicule. Conscient que Watchmen est insurmontable, Darwyn Cooke livre non seulement un travail sincère mais honnête et respectueux. Comme quoi l’infidélité se doit d’être parfois récompensée, je lui réserve un statut d’œuvre culte immédiatement à la droite du seul et unique Watchmen en espérant que les autres digressions Before Watchmen soient du même calibre…

Nom série  Midnight Nation  posté le 27/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Midnight Nation est un comics atypique et complet en 12 épisodes (plus un promotionnel inclus dans les diverses éditions) que Delcourt a eu le bon réflexe de rééditer pour la première fois en France en une grosse intégrale bien garnie.
Cette réédition 2014 m’a rappelé que je n’avais jamais chroniqué par ici cette œuvre unique par son thème ainsi que son déroulement puisqu’on abandonne les superhéros et autres récits habituels d’action pour se consacrer à la rédemption d’un flic porté disparu suite à une enquête sur des meurtres sordides et pour cause : happé par des créatures funestes, les « gars », on lui a retiré sa propre âme et plongé dans l’oubli d’un monde parallèle : « l’entre-deux monde », terre de tous les dangers regroupant tous les nantis et oubliés du monde réel….

David Grey dispose dès lors d’un an pour substituer son âme avant de devenir à son tour une créature des enfers et parcourir à pied les Etats Unis d’ouest en est avec une guide mystérieuse, la pulpeuse mais déterminée Laurel lors d’un périple de tous les dangers….

A lire les avis précédents très partagés, je suis effectivement moi aussi resté dans l’entre-deux monde entre le chaud et le froid d’un pitch captivant (le lecteur est mis dans le bain dès les premières pages) et d’un cheminement parfois erratique et chaotique sans grande incidence sur le reste du récit, parfois inutilement bavard et parfois très prenant.

Straczynski use aussi bien de métaphores subtiles que pesantes et c’est surtout ce mélange de chaud et de froid qui déstabilise le lecteur dans un monde dont il ignore les clés comme les règles à l’instar de son héros David Grey.

Soutenu par un dessin expressif aux couleurs peut-être un peu trop artificielles (façon Preacher fin des années 90 mais Midnight Nation date également de cette période), le dessin de Frank reste en tous points remarquables avec une excellente palette d’expressions mélancoliques sur l’ensemble de ses personnages humains comme inhumains (les fameux « gars », créatures verdâtres encapuchonnées censées toute se ressembler).

L’intérêt est tout de même bien présent avec quelques flashbacks sur des personnages secondaires tissant un univers des plus intéressants. Il y a juste le passage des enfers inutilement long (l’explication de tout le récit est savamment distillé sur de très longues tirades) avant d’aboutir à l’une des conclusions les plus émouvantes et belles lues dans ce domaine.

La postface de Straczynski est absolument à lire sur ses errances dans un monde de proscrits à la suite d’un deuil sentimental et achève de faire de Midnight Nation une œuvre émouvante dotée de figures christiques pas déplaisantes (histoire de Lazare et autres folklore) qui mérite une relecture dans la foulée.

J’en verrais également une belle adaptation pour le petit écran, entre scènes d’action imposées et réflexions pacifiques sur notre société, Midnight Nation a tout du joli accident mal torché en apparence pour délivrer un message d’apaisement toute en nuances. J’invite donc les déçus de la première heure à y retourner si le cœur leur en dit toujours, le voyage devrait être plus plaisant s’ils abandonnent peut-être ce qu’ils étaient venus chercher à l’origine (les couvertures sont plutôt trompeuses sur le contenu).

De pas réellement plaisant à loin d’être déplaisant, voici donc un comics pas très long et original qui aurait pu prétendre au chef d’œuvre sans quelques petites maladresses d’ordre narratif mais dont au final on se soucie guère une fois arrivé au terme du voyage.

Nom série  Tom Carbone  posté le 16/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sans un article de Bodoi sur la réédition en intégrale de cette collection, je serais surement passé à côté d’une série certes méconnue mais qui possède d’indéniables qualités.

Prépubliée sous forme de strips divers dans l’hebdo Spirou à la fin des années 80 et au moment où j’arrêtais mon abonnement pour passer à la lecture des Fluide Glacial, un duo belge inédit lançait les aventures d’un drôle de petit bonhomme tout rond prenant un malin plaisir à raconter des bobards gros comme des camions pour mieux entourlouper son entourage.

Le trait est très simple et rappelle un peu celui de Frédéric Jannin ou Bercovici dans un registre gros nez-ligne claire mais permet une lisibilité très claire sans oublier certains détails. C’est en tous cas effectivement typique de l’école Dupuis des années 80 avec une colorisation sans audace mais efficace. On ne peut pas dire qu’il soit beau ou constitue le point fort de l’œuvre car il rend peut être cette série trop générique. En tous cas ce n’est clairement pas ce qui poussera le curieux à feuilleter puis acquérir les bouquins en librairie.

Bon passons car il est évident que l’intérêt se porte ailleurs et sur les histoires loufoques, les deux auteurs ont l’air d’en connaître un rayon et de bien maitriser leur sujet car on passe de situations loufoques à d’autres non sensiques.

La série évolue d’ailleurs pas mal des histoires racontées par Tom Carbone avec ours et lapins dotés de la parole pour la cause des croissants (cherchez pas à comprendre avant de lire) à des voyages interstellaires sur d’autres planètes avec dictateurs à la clé toujours dans un esprit de bonne humeur raffraichissante ! Tom Carbone ne propose rien d’autre que de passer un moment bien agréable et le pari est plutôt réussi de ce côté-là en proposant un univers simple mais non dénué d’attraits !

Un mot enfin sur la qualité des deux tomes constituant l’intégrale, outre le fait qu’elles reprennent 2 histoires complètes jamais parues en album (et dont la seconde a gardé la fraicheur de la colorisation d’origine), un cinquième tome uniquement édité en flamand voit sa place ici, quelques jeux, gags en 3 cases ou en une page complètement inédits et parfois même plus droles et percutants que les strips parus dans Spirou achèvent de compléter dans la plus belle exhaustivité une série qui vaut largement le détour.

Un véritable petit moment de détente sans aucune rêgle si ce n’est de distraire intelligemment en évitant vulgarité ou provocation donc très fréquentable pour un public de 7 à 77 ans. Hautement recommandable sous sa récente et dernière édition compilant tous les matériaux de ce titre honteusement méconnu du grand public !

Nom série  Crossed - Si tu voyais ça  posté le 28/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avatar, éditeur spécialisé dans les couvertures alternatives (si, si en VO, faut voir le nombre d’éditions différentes hallucinantes de leur catalogue un peu comme les Lanfeust chez nous J ) et dans les récits extrêmes a su trouver ou révulser un public amateurs de sensations fortes avec le récit initial de Crossed par Ennis et ses fous furieux cannibales violeurs.

Du coup, les collections se suivent sans forcément se ressembler et Panini ayant repris la franchise à un Milady chancelant, se charge de les éditer à la pelle (Badlands suit et il ne manque plus qu’un Crossed 3D encore inédit dans nos contrées).

L’idée de ce « Si tu voyais ça », curieuse traduction du « Wish you were here » plus approprié d’origine (Si seulement tu étais là), est de publier comme il se fait de plus en plus une aventure continue à la Walking Dead sur un site web gratuit et dédié en prenant le parti pris de ressembler à un journal de survie d’un des rares survivants de l’infection, Shaky ancien écrivain retranché sur une île d’Ecosse avec quelques autres âmes perdues.

Si cet épisode se veut moins trash et violent que les autres récits du monde Crossed, il n’en est pas moins éprouvant avec les interactions du groupe, leurs différentes opinions et bien sur l’attaque de quelques infectés par vagues plus ou moins successives et leurs méthodes dégueulasses et choquantes.

Ce qui en fait un intérêt indéniable, c’est cette faculté à dégager une ambiance pesante sur le long terme entre ennui des protagonistes, avenir plus qu’incertain et défense de leurs propres intérêts personnes ou communs.

Il y a de surcroit une belle part d’ironie notamment sur le choix d’éclaireurs par le hasard ou leurs compétences (en gros envoyer un homme surentrainé dans le tas est soit une chance de succès pour la mission assignée, soit une façon bête et rapide de sacrifier un élément indispensable à la survie du groupe) et les épisodes se succèdent, certains calmes et contemplatifs, d’autres extrêmement perturbants.

Bref c’est Crossed avec une notion supplémentaire de durée dans la continuité et l’ensemble se lit sans déplaisir en se souciant réellement (comme les autres épisodes) du devenir des principaux protagonistes mais sur une durée plus ample…

Les gimmicks de la série sont maintenant connus et on a toujours droit aux traditionnels flashbacks révélant le début de l’Apocalypse dans de larges pages décalées et rythmées au possible sous le signe du blanc et du rouge (je vous laisse répartir à quels fluides correspondent ces couleurs J) et le pari semble tenu car je suis dans l’attente de la suite sans pour autant être frustré par la fin de ce premier épisode plus que concluant.

Les dessins respectent la trame d’origine établie par Jacen Burrows mais sont cette fois-ci dessinées par le débutant Javier Barreno qui s'était déjà fait la main sur le plus scandaleux Crossed - Valeurs Familiales. On aime ou pas le style parfois rigide mais efficace pour inspirer du dégout même si on se situe à des embardées du too much épisode Crossed – Psychopathe.

Simon Spurrier est également un inconnu au bataillon mais semble plutôt bien se débrouiller avec ce style efficace qui alterne les chapitres comme un journal intime avec une bonne dose d’humour noir balancée par Shaky (surnom de Shakespeare).

A lire sans hésitations si vous êtes fans de la série d’origine, pour les autres curieux je ne peux que vous inciter à vous tourner vers les deux tomes de la série d’origine qui forme une histoire complète et vous donnera un aperçu plus que complet de ce qui peut vous attendre dans un sombre futur dominé par des êtres humains désinhibés de toute morale et éthique…

A bien sur réserver à un public plus qu’averti, il est plus qu’utile de le rappeler spécialement pour Crossed !

Nom série  Batman Anthologie  posté le 28/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention, voici un gros appel du pied d’Urban aux fans de Batman qui ne pourront définitivement pas passer à côté de cette gargantuesque compilation d’aventures de Batman depuis ses débuts en 1939 jusqu’à nos jours…

En effet, pour un prix plus qu’abordable sont réunies ici quelques-unes des histoires ayant marqué les lecteurs ou représentatives de l’évolution du contrepoint sombre de Superman à l’icône incontournable d’aujourd’hui.

Il est donc difficile de parler d’un style tant les histoires et leur mode de narration diffèrent sur près de 75 ans d’existence et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y en a pour tous les goûts de sa toute première aventure au récent relaunch par DC Comics…

Les premiers récits offrent un charme désuet par la naïveté des propos qu’ils dégagent, Batman étant un formidable terrain d’expérimentation en tous genres traversant les modes et les décennies en restant à chaque fois inventif.

Le travail éditorial est exemplaire avec une perspective du récit à venir en adéquation avec son contexte et moult références qui raviront néophytes comme les incollables du Caped Crusader.

On perçoit ainsi facilement le besoin de lui adjoindre un complice en la qualité de Robin ou de Batgirl, le changement de look du fameux majordome Alfred ou le tandem créé à l’occasion des affaires à élucider avec Superman par exemple.

Viennent après quelques périodes plus intenses avec une once de fantastique (somptueux dessins de Neal Adams), la première histoire dessinée par Frank Miller sur son Dark Knight, les doutes d’un Bruce Wayne sur sa propre identité ou la façon de gérer sa paternité non désirée….

Avec quelques petits joyaux comme « Permission de Minuit »ou « Prendre l’air » à la colorisation percutante, il subsiste en contrepartie forcément quelques rares récits anecdotiques et de qualité moindre (notamment sur la « renaissance » que je trouve bien moins intéressante personnellement) et certains reprocheront que peu de supervilains célèbres soient présents mais c’est sans compter les futures anthologies à publier (dont une du Joker qui s’annonce effectivement dantesque) et l’utilité de placer Batman au centre de chaque récit.

Voici un bien joli cadeau de Noël que nous fait Urban décidément très (trop ?) prolifique sur ses publications de la chauve-souris mais dont il serait difficile de se passer. Un must dans une batbibliothèque !

Nom série  Hard Boiled  posté le 17/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
De Frank Miller je pensais en avoir fini mais je ne m’étais jamais encore remis de ce Hard Boiled dont il m’était impossible de mettre la main sur l’intégralité de cette mini série en 3 épisodes enfin rééditée par Delcourt en une jolie intégrale aux couleurs remastérisées et éditée ma foi de fort jolie manière….

Hard Boiled, c’est un fantasme, déjà juste pour le nom qui évoque autant pour moi ce comics hardcore complètement barré que le chef d’œuvre du film d’action de John Woo traduit plus naïvement en français par « A toute épreuve » mais cela n’a rien à voir finalement avec le bébé monstrueux de Darrow et de Miller.

Car il est inutile de traduire ce qui est intraduisible ou peut-être incompréhensible ici. Ma patience aura duré 15 ans mais le plaisir que j’aurais à relire cet ovni sera peut-être encore plus long ! Je n’avais décidément rien lu de tel jusqu’à présent et me rends compte à quel point cette œuvre tordue et décidément pas formatée pour le plus grand nombre a pu être marquante et remarquée en son temps mais également à notre époque actuelle.

Nixon est un petit employé de la semaine aux méthodes grandement expéditives pour effectuer comme il se doit sa collecte de taxes à grands coups de gunfights et de destructions tentaculaires dans une métropole futuriste déshumanisée. Exploser de pauvres innocents ou faire irruption dans un bordel gigantesque ou dans une grande surface à heure d’affluence ne l’effraye que nenni. Rien ne l’empêchera d’achever ses adversaires comme le boulot quitte à finir sur les rotules ou boulons car Nixon n’est peut-être pas celui qu’il prétend…

Vous prenez le style graphique de Moebius période Incal à mélanger avec des estampes des livres-jeu « Mais où est Charlie ? », un scénario oscillant entre Blade Runner, Matrix (tiens, tiens) et Terminator, vous mélangez le tout avec du Jack Daniels bien dégueu et cela vous donnera peut-être l’aperçu de ce Hard Boiled tel que je l’entrevois en gardant les yeux écarquillés du début à la fin…

Le style de Darrow est à proprement dire HALLUCINANT ! Ce mec doit passer un temps incroyable à dessiner moult détails des plus variés ou plus infimes tout en utilisant la ligne claire de bien belle manière… De ces tableaux de guérilla post moderne en pleine ville où la taule fracasse objets et où les corps subissent les attaques les plus diverses, Darrow dresse un fabuleux jeu de piste où l’on peut s’extasier 10 secondes comme y rester une heure ! L’action est parfaitement découpée et les instants « clés » ou dessinés sont particulièrement bien léchés ! J’ai rarement ressenti un tel vertige à cette course automobile entre deux véhicules sur de longues pages sans dialogue débordant sur des séquences dignes du bullet time de Matrix…

Encore Matrix ? Darrow a participé à la conception artistique de cette fameuse trilogie dont la fameuse séquence sur autoroute a directement été inspirée par Hard Boiled…

On pourrait croire derrière tout ce fatras de vignettes imprimant fortement la rétine qu’il n’y a rien mais la révolte ou la recherche même de l’identité véritable de ce Nixon reformaté moult fois pour l’occasion par la société qui l’exploite et la fin a beau me laisser perplexe, elle est tout à fait dans la continuité du récit..

Ce mélange métallique, cyberpunk où la chair se mélange au métal n’est pas sans rappeler les univers de Tetsuo ou de Videodrome où le slogan « Welcome to the New Flesh » imprégnait notre inconscient comme rarement…

Si ce comics n’est clairement pas à mettre devant tous les yeux pour sa violence et ses scènes d’orgie subliminales, il est clairement à posséder dans toute bonne bibliothèque de goût qu’on apprécie ou pas Miller. Si je ne partage guère les orientations politiques de ce monsieur, je reste persuadé que son œuvre elle mérite des louanges et de surcroit ce Hard Boiled me fait regretter que l’œuvre de Geof Darrow soit si éparpillée….

Un putain de fist fucking en pleine gueule dont je n’ai de cesse d’y repenser depuis ma lecture et rien que pour ça, ça fait du bien ! Si c'est pas ça qu'on appelle une oeuvre culte, alors je ne réponds plus de rien !

Nom série  Crossed - Psychopathe  posté le 03/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et un opus de plus pour le monde de tarés cannibales et violeurs imaginé par Garth Ennis (Preacher) avec ce nouveau Run complètement indépendant scénarisé à nouveau par David Lapham et mis en œuvre par Raulo Caceres qui s’était déjà illustré sur le Captain Swing de Warren Ellis.

Il est utile de savoir que s’il est possible de commencer et de lire cette mini-série sans connaître au préalable les bouquins d’origine, il serait peut-être malvenu de le recommander non sans précautions…

Car si Crossed – Valeurs Familiales poussait déjà le bouchon plutôt loin avec une famille incestueuse au milieu de l’invasion des infectés à la croix comme on peut bien se l’imaginer, David Lapham monte d’un cran le curseur vers l’insupportable et le trash le plus nauséabond qui soit.

Il faut dire qu’il a trouvé cette fois en la présence de Raulo Caceres un artiste de choix pour mettre en images toute l’horreur graphique (et mentale mais nous y reviendrons plus tard) d’un récit audacieux encore plus barré que les autres ouvrages constituant l’univers Crossed.

En prenant pour décor le monde apocalyptique de dégénérés violant tout et n’importe quoi en trucidant leurs congénères et en vociférant des insultes que la décence m’interdit de reproduire, Ennis avait misé gros sur une vision pessimiste et complètement décalée du classique récit de zombies.

En gros, un merveilleux bac à sable pour tout auteur déviant (il y aurait possibilité également d’en faire un sacré jeu de rôles vulgaire, trash et transgressif par ailleurs) mais David Lapham n’est pas que cela, c’est également un auteur de policiers bien noirs et après s’être fait la main sur un « valeurs familiales » bien malsain, il projette l’épopée d’un psychopathe de la pire espèce, sain physiquement mais peut être pire mentalement que les infectés, dans un groupe de survivants le recueillant dans leur fuite incertaine pour mieux tous les décimer….

Car oui, si vous arrivez au bout des horreurs écrites et dessinés de cet opus, le nom de Harold Lorre risque d’éclipser rapidement ceux de Norman Bates ou de Hannibal Lecter et faire passer Dexter de la série du même nom pour de sombres rigolos destinés au programme jeunesse de TF1 !

En prenant le lecteur comme témoin direct de ses pensées nauséabondes et de ses actes, Lapham dresse le récit éprouvant d’un tueur parfaitement intégré dans le petit groupe de fugitifs qu’il va décimer petit à petit dans le détachement le plus insensé alors que le danger présent des infectés est déjà bien périlleux…

Lorre est surement le personnage le plus pervers, le plus dépravé et insensible de tous les méchants que j’ai pu lire en bd. Pour autant, le récit est assez palpitant car on ne sait réellement jamais vraiment où une telle histoire va nous entrainer… Ça commence assez fort avec le viol d’un rapace par des infectés qui s’entretuent gaiement par ensuite sous les yeux du groupe de fugitifs sains.

Ce mélange assez putride de sexe contraint et de sang peut finir par dégouter et il faut avoir le cœur assez accroché car Caceres est le candidat idéal pour mettre en œuvre toutes ces monstruosités.

Les corps humains sont démembrés comme de vulgaires pièces de boucher et certaines scènes de torture font cligner les yeux. La représentation du corps humain et son utilisation a ceci d’abject que cette fois et contrairement au run initial d’Ennis, aucun détail ne nous est réellement censuré. On ressent autant de souffrance que de dégout et les exactions des infectés sont finalement bien plus timides que les terribles pensées de Harold (avec un cadrage et quelques risques graphiques de qualité) quand ce dernier ne passe subitement pas à l’acte….

Il s’agit donc d’un spectacle extrême dénué d’humour qui nous place dans la tête du tueur. La subtilité est peut-être écartée mais le résultat est là sans concessions aucune aussi je ne peux recommander cette lecture qu’à un public véritablement averti et adepte d’un humour bien noir sous peine de jeter le vil bouquin aux orties voire au feu d’où l’imagination sans limites de David Lapham n’aurait jamais due peut être être exploitée.

Cette ascension dans la douleur constitue le dernier palier de ce que je peux être en mesure moi-même de lire et on peut déceler ce récit comme véritablement unique en son genre d’où ma notation élevée ainsi que la révélation d’un artiste au talent unique qui sera utilisée à de meilleurs escients ailleurs. En tous cas il sera surement plus difficile de faire quelque chose de plus abject et dans un sens, tant mieux.

Crossed Psychopathe propose une curieuse expérience entre le macabre et le grotesque faisant table rase de tous les tabous et dont j’ignore où le prochain chapitre peut entrainer... Il est essentiel à présent de passer à quelque chose de plus léger mais la curiosité étant un vilain défaut, j’ai quand même l’envie de voir vers quels autres noirs desseins le monde atroce de Crossed peut nous emmener…

Trop malsain pour être recommandé, ce one shot reste un must pour tester vos limites d'une part et montre l'aptitude d'un auteur à utiliser le décor d'un autre pour mettre en œuvre la menace humaine la plus terrifiante jamais rencontrée dans le 9ème art...

Nom série  Crossed - Valeurs familiales  posté le 28/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Faut-il être complètement taré ou pervers pour oser lire un tel ouvrage et encore plus l’apprécier ? La réponse est assurément oui à la lecture de ce premier one shot tiré de l’univers sale et malsain créé par Garth Ennis.

En effet David Lapham, scénariste et dessinateur de qualité réputé dans le polar dur et cynique (jetez un œil sur sa bibliographie suffit à s’en rendre compte et j’attends vivement une réédition de qualité de ses Stray Bullets), profite des bases d’un monde apocalyptique peuplé de dégénérés cannibales et violeurs pour appuyer à fond sur la pédale du grotesque, du trash et du répugnant pour nous repeindre une certaine vision décalée d’un American Way of Life puritain et pourri en y ajoutant une bonne dose d’inceste.

Il s’appuie sur les crayons de Javier Barreno dont c’est à priori la première œuvre pour illustrer sa vision de la famille américaine loin d’être idéale mais jugez plutôt…

Les Pratt constituent une famille de dix enfants dont 5 garçons et tout autant de filles dont le père abuse physiquement sous la complicité de toute la famille…. Toute la famille à l’exception de l’ainée des filles, Addy qui essuie les coups par résistance et protestation.

Mais le ranch dans lequel réside cette « jolie » famille va voler en éclats lors du premier assaut des dégénérés à la croix et père et fille devront cohabiter lors de la reconstruction de leur communauté dans un « nouvel Eden » en un seul ennemi commun : les fameux infectés violents. Bien sur, rien ne va se passer comme prévu….

Il fallait oser porter un regard sans complaisance sur ces « valeurs familiales » et y adjoindre un peu tout ce qui peut dégouter de l’espère humaine, qu’elle soit malade ou censée être « saine ». Aucun cliché, aucune compassion ne seront ainsi évitées dans cette escalade tant morale que graphique.

Par chance, si Barreno porte un trait équivalent à celui de Jacen Burrows, le récit passe de l’ambiance anxiogène du premier récit à celle de grandguignolesque pour peu qu’on prenne part aux ébats et débats de viols en tous genre, têtes coupées, langage ordurier et situations des plus grotesques aux plus gores mais dans un rythme bien plus haletant que l’origine.

Je tiens à souligner que je déteste toute violence exercée sur les femmes et enfants mais que les situations sont tellement exagérées que j’ai fini par les trouver aussi funs qu’indigestes et le seul bon gout de ce comics est de ne pas trop s’appesantir sur ces horreurs au-delà d’une case et en priant pour que ça n’arrive jamais dans un monde dit « réél ».

Mais des « cases » et des « cas » aussi extrêmes, on en dénombre une sacrée quantité alors que la réussite du récit de Ennis était de rendre malsaine et pesante une situation qui devient caricaturale façon cinéma bis de seconde zone.

Aucune révélation ne sera faite sur la maladie qui transforme les humains en monstres mais faudrait il pouvoir expliquer déjà pourquoi un homme peut violer ses propres enfants, chose malheureusement encore commune dans notre société de malades. Car au final, Crossed c’est un peu ça, démontrer si besoin était à quel point notre société est malade et court à sa propre perte par l’exagération de nos pires défauts.

Lapham dresse donc un portrait très peu reluisant des monstres qui sommeillent en chacun de nous, tire à boulets rouges sur la religion et ses excès et envoie 10.000 volts au lecteur téméraire d’avoir ouvert et lu ce bouquin si peu reluisant et ragoutant.

Et pourtant on ne s’y ennuie guère et il y a peu de chance de pouvoir relire une autre œuvre aussi sale et immonde mais gardant ce côté exploitation qui plaira aux amateurs de films extrêmes et fauchés mais dont les idées ne manquaient guère…

Une lueur d’espoir ? Il faut parvenir à la dernière case du comics pour le savoir mais en l’état, ce Crossed « Valeurs Familiales » envoie un si gros uppercut qu’on peut en sortir sonné mais ravi car diverti. Une madeleine de Proust pour les adultes avides de sensations fortes qui trouveront Walking Dead plus intelligent sans doute mais aussi bien plus fade..

A réserver à un public bien averti mais comme moi vous pourriez ne pas regretter d’avoir mis le nez dedans tellement parfois ça fait du bien de lire un OVNI et n’oubliez pas que ce n’est qu’un bouquin, bon dieu, ça n’arrive pas dans la réalité ces choses là et encore bien heureusement.

Crossed « Valeurs Famililaes » plaira à peu, voire très peu de gens et je pourrais être considéré comme un grand malade en devenir mais j’assume, je ne peux qu’en recommander la lecture et ai envie de poursuivre les autres arcs parus ou à venir… Jusqu’à l’écœurement final ? Probablement mais la nausée est passée et je veux poursuivre cette série ! Mention spéciale à la maman de Addy qui sera surement repertorié à postérité comme l’un des personnages méchants les plus vilains de toute l’histoire de la bande dessinée !

Au lieu de cracher sur cette série, je préfère la considérer comme un exorcisme de toutes mes peurs les plus ancestrales sublimées par l'exagération des situations. Une façon extrême et divertissante pour éviter peut-être de péter un plomb dans la réalité ? Allez savoir...

Nom série  The Goon  posté le 10/10/2007 (dernière MAJ le 28/11/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alors The Goon me parait être une énigme, en effet je n'arrive pas à déterminer si c'est franchement génial ou très surfait et dispensable...

The Goon est un comics composé de petites histoires qui, mises bout à bout, peuvent constituer un récit complet ou parfaitement dissociable.

The Goon, c'est avant tout un type avec une gueule d'abruti comme c'est pas permis, gros bras et casquette de mise, accompagné d'un petit teigneux aux pupilles vides. Ces deux fiers compagnons déambulent dans une ville américaine que l'on situerait dans les années 30 mais qui n'est pas spécialement datée ! Ah, j'oubliais : ils rackettent leur quartier au nom d'un mystérieux mafieux, le protègent des zombies du quartier voisin et jouent aux cartes avec une araignée géante fumant le cigare et chapeautée !

Alors résumé comme tel, on peut se demander si j'ai abusé de drogues illicites ou si j'ai pété un câble mais non : The Goon c'est tout à fait ça ! Rajoutez un dessin de qualité, un crossover avec Hellboy que l'auteur adore et des situations aussi tarabiscotées qu'inutiles d'un point de vue scénaristique (si ce n'est les flashbacks eux fort réussis), le tout saupoudré d'un esprit serial assez réussi et vous obtenez cet étrange cocktail qu'est The Goon !!!!

La messe est dite, tout est dit, zombies, monstres bizarres et humour bourrin, la trame principale se développe aussi vite que le pitch de "Boule & Bill" et vous obtenez le comics à la mode du moment !

Et pourtant j'aime bien ! Car je passe un bon moment avec The Goon, l'édition est de qualité mais très honnêtement c'est dispensable mais c'est tellement con et bien dessiné qu'on peut aimer y revenir facilement !

EDIT Novembre 2013 : Après avoir tout lu tout comme d’autres posteurs déçus avant moi ici jusqu’au tome 6 « Chinatown » inclus censé être de surcroit « la Pierre Angulaire », je ne peux que raviser mon avis plus enthousiaste.

La déception est d’autant plus grande que j’admire vivement le trait d’Eric Powell qui parvient même à le sublimer davantage par des crayonnés sans couleur que l’on peut voir lors des flashbacks du Goon mais il m’est impossible de m’attacher ni aux personnages ni aux scénarios qui se superposent les uns aux autres sans raviver l’intérêt initial (qui finalement se limite à la découverte de l’univers du Goon). Il y a un tel potentiel dans cette série que le gâchis me semble immense.

Il est grand temps que des scénaristes de qualité ou juste des scénaristes insufflent un peu dans les récits du Goon tout ce qui me semble désormais perdu par avance ou qu’on procède à un reboot complet de cet univers car ça tourne en rond sans aucune saveur…

Et je ne parle même pas des incohérences de l’univers mal ficelé qui mélange gangsters des années 30 à zombies, araignées et autres bestioles sorties de nulle part. C’est terriblement macho et ça a au final autant de saveur qu’une tartiflette réchauffée 4 jours après sa première cuisson lors de la relecture…

Je ne sais au final que dire d’autant plus qu’il existe un nombre considérable de fans y compris dans mon entourage qui piaffent d’impatience à chaque nouvel opus. Les seuls bons points résident dans cet univers bigarré et dans le trait unique et expert de Eric Powell mais tout comme John Smith, qu’on lui trouve un scénariste par pitié, il y a grande urgence à renouveler et repenser complètement The Goon en ne conservant Powell qu’aux pinceaux et en lui interdisant de rédiger tout semblant d’histoire !

Nom série  Crossed  posté le 24/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir longtemps hésité à lire les horreurs que promettait cette série ultra controversée, la très jolie intégrale publiée fin 2013 par Milady m'a aidé à passer le cap et pour cause...

En effet, très grand fan du comics Preacher de Garth Ennis et amateur de zombies, à priori une énième série sur des morts vivants ne pouvait que me faire de l’œil oui mais voilà, je rechigne complètement sur les scènes de viol et l'ultra violence gratuite me dégoute plus qu'elle ne m'attire.

Néanmoins il était impossible de ne pas être au moins attiré, par curiosité maladive ou voyeurisme assumé. cette histoire de fin de monde terriblement pessimiste et où les personnes contaminées deviennent des monstres de perversité malsaine et quasi écœurante.

C'est bien simple, Ennis ne se limite à aucun tabou et accorde peu de crédits à l'origine du mal.
Les quelques survivants apprennent vite à leur dépens qu'il ne faut plus s'attacher au monde comme ils ont pu le connaître et devenir eux mêmes de vils prédateurs quitte à perdre beaucoup d'humanité.

Car il est plutôt question d'inhumanité ici, la maladie pousse n'importe quel être humain contaminé à devenir une bête malsaine et perverse, pouvant proférer les pires blasphèmes, torturer et déchiqueter tout organisme vivant de la plus abjecte des manières (ce récit est assez démonstratif, âmes sensibles s'abstenir) voire sodomiser n'importe quelle partie d'un corps...

Une petite précision s'invite ici : l'éditeur d'origine Avatar Press est bien connu pour ses oeuvres graveleuses mais a le mérite d'assumer complètement ses pitchs de pure exploitation complètement barrées et s'adjoindre de disciples de qualité. A l'instar du Neonomicon de Alan Moore, c'est le servile Jacen Burrows sur laquelle s'appuie la délicate tâche d'illustrer les propos de Crossed. Et le bougre s'en sort plutôt bien quand il faut illustrer sur des pages pleines certaines scènes bien dérangeantes mais fourmillant de détails comme les cases illustrées de Geof Darrow.
Cet artiste n'a pas son pareil pour rendre l'ambiance aussi détaillée que glauque et créér une atmosphère pessimiste et anxyogène des plus convaincantes.

Car même si Ennis cachetonne comme Moore sur un projet mineur mais de consistance, il n'abandonne pas une certaine forme d'humour et quelques critiques plutôt bien senties de notre civilisation.
Ennis arrive également à instaurer une forme de poésie et de réflexion sur notre propre humanité par deux scènes aussi élégamment mises en scène qu'intemporelles, des loups dans une nature enneigée et la lecture du journal de bord d'un militaire.

Le récit s'adjoint également de flashbacks bien souvent nerveux et horribles dans un montage purement cinématographique enrichissant souvent le passé du petit groupe tentant de rejoindre l'Alaska promis comme un Eden immaculé de la violence de leurs contemporains.

Ce qui distingue ce récit d'un Walking Dead ou d'autres récits de zombies et de survie, c'est le danger permanent inculqué en pleine face d'un lecteur complètement perdu face à autant de situations hors normes.

C'est bien simple, on ne sait réellement jamais ou la prochaine page va nous emmener et quel nouveau tabou sera brisé. Quelques surprises et comportements risquent d'en retourner plus d'un, c'est bien simple : on est pris à la gorge comme si on subissait le danger ou la peur de se faire soi-même attrapé et rien que pour cette situation à nulle autre pareille, Crossed mérite amplement d'être lu.

Je n'aurais jamais lu quelque chose d'aussi douloureux et oppressant et en redemanderai presque... Suis je taré ou malade pour autant ? Je ne pense pas mais une seule phrase raisonne au terme de cette lecture : "Ceci n'existe pas, ceci n'existe pas.."

Une expérience peu commune dont il vaut mieux être averti dès le départ, les auteurs ont voulu aller très loin et il semblerait que le pari soit réussi tout en étant moins idiot qu'il n'y pourrait paraitre...

Un regret ? Oui l'idée définitivement perdue que Ennis ne surpassera jamais son Preacher ! Malgré tout, Crossed n'a pas usurpé sa réputation de comics le plus dérangeant pour rien..

Nom série  Biotope  posté le 19/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour qui apprécie le coup de crayon de Brunö et son talent pour dégoter des scénarios originaux, alors Biotope scénarisé par son comparse Apollo est également un indispensable.

Bien sûr, on retrouve dans ce dyptique tout le charme des productions du duo : un gout pour l’aventure et le dépaysement totale (ici une planète inconnue inhospitalière et végétale), des aventuriers d’ethnies différentes (là une influence policière blacksploitation ) et un humour fin et discret au cœur d’un drame résolument humain dans un environnement de science-fiction).

Le premier tome est tout simplement remarquable avec une enquête atypique sur une colonie lointaine. Les interrogations sur les différents suspects garnissent de façon agréable et non linéaire un récit donc l’ambiance reste pesante.
Apollo décrit de façon très aisée un quotidien plausible et on s’attache rapidement au Commissaire Toussaint qui dispose du caractère idéal pour évoluer en sa compagnie dans un environnement hostile. Bougon et un rien désabusé, il possède le physique rondouillard d’un bureaucrate mais se révèle plutôt malin et incisif. Il demeure le seul guide d’une époque désormais révolue et se retrouve tel le héros de « Lost in Translation » dans une société qu’il ne comprend plus et dont il doit s’adapter.

En filigrane on pourrait presque s’imaginer que Biotope est l’ébauche de ce qui deviendra Commando Colonial dans un tout autre contexte mais il n’en est rien. Il y a suffisamment de personnalité et d’originalité dans ce récit pour passer de la résolution d’un meurtre, début de l’intrigue vers un dépaysement total et une remise en question de tous les enjeux d’origine.

Le second tome nous amène complètement hagard vers une autre face de la planète Biotope dont il vaut mieux taire ici les caractéristiques pour préserver un maximum de surprise même s’il reste en deça de son introduction.

Comme l’ont déjà signalé mes petits camarades, la fin est abrupte et aurait mérité un troisième tome. On est certes loin de la fin sèche de Inner City Blues mais j’avoue que l’ensemble est si passionnant qu’un peu de rab n’aurait surement pas été de trop.

Malgré tout cela, je tiens à signaler le travail encore une fois incroyable de Laurence Croix sur des couleurs, à croire qu’elle est indissociable des planches de Brunö en créant des ambiances artificielles pour des nightclubs galactiques avec couleurs agressives comme un plaidoyer à l’écologie pour la chlorophylle de la planète Biotope.

Au final, il subsiste certes beaucoup de mystères ouverts à l’issue de cette aventure que j’aurais aimé prolonger mais aucune frustration ou déception : Biotope est unique et mérite amplement le coup d’œil pour le dépaysement comme le divertissement qu’il procure.

Nom série  Commando colonial  posté le 18/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Encore Brüno ? Encore Apollo ?

Difficile de passer après l’un lorsqu’on adore l’ensemble de ses œuvres et de son style unique aux pinceaux et d’ignorer l’autre lorsqu’on se remémore que les deux auteurs ont livré un Biotope atypique et original…

Commando Colonial c’est un peu comme ces nouvelles séries télévisées que sont « 6 Feet Under » ou « Breaking Bad », vous savez, le genre de trucs dont on regarde sans grande saveur les premiers épisodes en se demandant pourquoi un tel engouement existe et qui vous agrippent pour ne plus vous lâcher….

Premier et non des moindres compliments, Commando Colonial m’a rappelé ce pourquoi j’aimais tant gamin et même encore aujourd’hui les albums de Tintin : le dépaysement géographique et une certaine idée de l’aventure… Des trois tomes actuellement disponibles et lisibles individuellement comme des one-shots complets, le lecteur est transporté d’un pays exotique à un autre avec toute la saveur que peut lui apporter le trait si atypique et racé d’un Brüno qui n’a eu de cesse d’en améliorer le contexte depuis…

Mais de quoi ça peut bien parler ? Malgré le titre qui peut rappeler tristement « la république bananière », il s’agit d’une vision tout à fait décalée mais réaliste de l’action anti-nazie portée par la résistance de De Gaulle à travers deux officiers d’origines différentes mais au service de la France côté résistance ou agents secrets c’est selon.

Si le premier tome reste de facture assez classique permettant d’introduire nos deux protagonistes sur l’ile de Madagascar afin de fédérer les troupes en terre inconnue et encore vierge de tout conflit, il permet également de mesurer la guerre de façon originale vue par Apollo : il peut subsister quelques salauds mais la guerre divise autant qu’elle rapproche. On peut y lire un subtil message sur le comment du pourquoi de la guerre qui sera bien plus développé dans le chef d’œuvre de cette courte série : « Le Loup Gris de la Désolation » qui renvoie autant à Jules Verne avec son Capitaine Nemo allemand qu’à Hergé avec cette île mystérieuse gouvernée par un Portugais exilé.

Le dernier tome qui hélas restera sans séquelles suite au désintérêt injustifié de l’éditeur comme des lecteurs emmène nos héros dans une Eden orientale où le temps ne semble avoir de prise malgré la guerre jusqu’à l’arrivée d’une faction allemande…. Tout aussi savoureux…

Les récits sont rythmés soufflant le chaud comme le froid sur des actions collégiales et ménageant des rythmes apaisés dans le trouble apparent. Le Major Robillard rompu à l’éducation stricte anglaise et aux devoirs militaires contraste agréablement avec le marin Rivière, homme d’action épris de liberté et bons mots d’homme bourru mais éminemment loyal.

Toute l’absurdité de la guerre se tient là dans des récits non seulement d’aventure mais d’introspection résolument philanthropes. L’humour décalé et discret reste très subtil et on ne s’ennuie jamais à lire ces aventures d’un autre temps dans un cadre atypique ce qui rend la lecture de ce fameux commando colonial tout à fait indispensable.

Le point culminant se situe dans les échanges de réflexions entre ennemis courtois sur le sous-marin comme on pourra le lire dans le second tome. Même si on peut considérer l’ensemble comme une trilogie parfaitement aboutie, il est d’autant plus regrettable de s’imaginer que les aventures de ce duo ne se prolongeront pas davantage mais que cela ne vous dissuade pas de lire et acquérir l’ensemble d’une œuvre méconnue mais de grande qualité permettant d’offrir un regard tout à fait juste et moderne sur la Seconde Guerre Mondiale. Une œuvre indispensable de plus au crédit de Brüno appuyé une fois de plus par les couleurs fantastiques de Laurence Croix pour une belle invitation au voyage, entre Tintin et Corto Maltese….

Nom série  Viva pâtàmâch !  posté le 11/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cornélius nous gâte en cette rentrée 2013 avec la réédition d’un récit apprécié mais peu connu et reconnu illustré par l’unique trublion Killofer sur un scénario de Capron, un des fondateurs de la maison Cornélius par ailleurs.
« Viva Patamach » est un peu l’équivalent du film Brazil à l a sauce franchouillarde.
En effet le récit possède quelques relents orwelliens de tout premier ordre avec cette dictature basée sur la consommation du chewing-gum, pardon de la pâte à macher Rosemou en tant que pensée unique. On y traite également de malbouffe façon Tricatel de l’Aile ou la Cuisse et c’est finalement sur ce ton léger et doux-amer que les auteurs tissent leur implacable fable dont la conclusion en guise de boucle y est des plus savoureuses.

Quoi de mieux que le style outrancier et déconneur de Killofer pour illustrer de tel propos ? La satire sociale y est poussée à l’extrême dans un découpage par chapitres aux pages inégales mais des plus sympathiques. On y suggère également plusieurs strates sociales conférant un monde finalement plus crédible qu’il n’y parait. La narration y est réellement agréable et les dessins tout en rondeur gagnent beaucoup de charme avec l’utilisation de 3 couleurs à dominance rose malabar !!! L’ascension de Roger qui voue un culte au Patamach au point d’y perdre lui-même ses propres repères puis surtout sa chute s’effectue sur plusieurs époques distinctes et on sourit souvent à cette histoire hors normes de grande qualité.

Alors pourquoi seulement 3 étoiles (avec coup de cœur) ? Un léger sentiment de déjà vu parsème cette œuvre malgré quelques rebondissements de bon aloi (je pense à l’exil des égouts, passage savoureux dont les tentatives de fuite sont excellentes. Quelques découpages brusques m’ont fait revenir quelques cases en arrière histoire de bien saisir le fil narratif, tout au juste quelques défauts de jeunesse qui n’entament pas le plaisir d’une œuvre fort divertissante et à la réalisation exceptionnelle (merci une fois de plus à Cornélius pour nous offrir un bouquin à la hauteur de sa conception) mais qui ne laissera je le crains peu de souvenirs impérissables.

Dans tous les cas, une œuvre à découvrir ou redécouvrir….

Nom série  Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle  posté le 11/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
En tant que grand fan unique du trait de Brüno, Atar Gull s'est logiquement retrouvé il y a près de deux ans dans mon cabas sans grande conviction de l'intérêt d'une histoire qui ne m'intéressait à vrai dire pas plus que cela.

C'est donc après ma lecture de l'excellent Tyler Cross du même duo d'auteurs que ma curiosité me piqua à ouvrir d'un peu plus près cette adaptation d'un roman d'Eugène Sue que je connaissais davantage pour ses Mystères de Paris que cette sombre histoire de vengeance.

Et pourtant quelle claque monumentale...

Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus lu une oeuvre aussi riche et complète faussement aiguillée par le dessin de Brüno et toujours aussi bien colorée par une Laurence Croix qui magnifie ambiance et climax par sa palette nuancée.

Il s'agit d'un drame terriblement humain en plusieurs actes ou époques à une sombre époque où le bois d'ébène était considéré comme une simple "marchandise" monnayable et convoitée dans des desseins purement lucratifs.

Et on oublie que ces hommes fiers sont simplement les égaux des occidentaux dans leurs qualités comme dans leurs faiblesses.

Un parallèle rapide pourrait être fait entre la destinée d'Atar Gull, qui aurait pu être un roi, et celle du héros de Tarantino, Django.
La différence est que tout aussi cruel soit le film Django Unchained, de larges plages d'humour noir mais néanmoins d'humour traitent de l'esclavage alors que dans cette adaptation rédigée par Fabien Nury, il n'y a pas un seul instant qui prête à rire ou à sourire et la destinée de Atar Gull et des siens, arrachés de leur tribu par des "négriers" ou des pirates, est d'une horreur sans égal qui prête à réfléchir activement sur la montée du racisme actuelle en France. No comment....

Par chance ce n'est pas parce que cette histoire est horriblement triste et mélancolique qu'elle est dénuée de charme comme de poésie, j'étais habitué aux cadrages intelligents de Brüno sur ses oeuvres précèdentes et j'avoue avoir été soufflé par la réalisation purement cinématographique de celle-ci.

Qu'il s'agisse d'une tempête représentée sur deux pages où l'on sent presque l'eau et la houle ruisseler sur nos visages ou d'une scène d'échange de "marchandise", chaque partie contemplant ses acquisitions qu'il s'agisse d'or pour l'un ou d'hommes noirs pour l'autre, le montage en parallèle est d'une rare intelligence.

Je ne sais pas s'il faut féliciter Sue ou Nury mais les dialogues sont également inspirés, faisant clairement passer les esclaves pour de simples objets le plus naturellement du monde, il s'agit d'une horreur peu ordinaire qui le devient aux yeux de ces hommes qui considéraient leurs frères africains comme de simples objets. Tout simplement effarant...

De la traversée des océans aux plantations en Jamaïque, les auteurs insufflent un rythme sans égal se contentant de sublimer leur héros silencieux, Atar Gull d'un charisme sans égal.

Ce personnage restera passif jusqu'à un élément déclencheur qui va réveiller toute sa fureur et sa vengeance sera aussi horrible que féroce et laissera plus d'un lecteur sur le carreau à l'issue de cette histoire complète dont la conclusion formera une boucle subtile avec l'introduction.

Atar Gull deviendra t-il par ses actes réfléchis aussi barbare que les hommes qu'il souhaite condamner ? La réponse sera aussi évidente que la Loi du Thalion d'autant plus que personne n'en sortira indemne avec d'habiles pirouettes scénaristiques que je préfère taire pour en garder toute la saveur.

L'un des derniers aspects non négligeables subsiste par la description des seconds rôles, qu'il s'agisse du terrible Brulard qui mériterait presque un livre à la gloire de ses "méfaits" ou du capitaine du Catherine ainsi que du "brave" maître d'Atar Gull, toutes ces personnes restent dans un recoin même lointain profondément humains.

Rarement touché comme je l'ai été, je ne peux qu'attribuer une note maximale à une oeuvre intelligente sans être manichéenne et que je recommande à tous. Il s'agit peut-être cette fois de la plus belle œuvre à l'heure actuelle de Brüno, en tous cas surement de la plus percutante dans un ensemble qui frôle la perfection.

Fabien Nury ne restera plus longtemps inconnu à mes yeux par la récente acquisition de sa série culte Il était une fois en France dont j'espère ressentir à sa proche lecture le même uppercut.

Il serait d'utilité publique d'enseigner et de prodiguer cette destinée sans faire de leçon de morale dans un monde qui perd ses repères sur les différentes races ou estimes de soi comme d'autrui...

Touchant sans être déprimant, poétique sans être barbant, Atar Gull cumule divertissement et réflexion. Une oeuvre inestimable à ne pas louper.

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