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Nom série  Love in Vain  posté le 15/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
De cette légende du blues Robert Johnson, je ne connaissais rien mais je suis de près l’actualité du dessinateur Mezzo pour qui j’ai une admiration sans limites.

Malgré mes réticences habituelles en termes de biopic (qu’il s’agisse de livres comme de films, les libres interprétations de personnes mortes ou vivantes ne m’ont jamais franchement attiré), j’avoue avoir acquis cet ouvrage sur le seul nom de son auteur.

Et bien m’en a pris puisqu’outre l’élégance inhabituelle de ce joli ouvrage à l’italienne que vous pouvez vous offrir pour moins de 20 euros se cache un récit si prenant qu’il est difficile de lâcher prise avant la dernière page.

Malgré une courte existence, Robert Johnson est connu et reconnu comme étant une des influences majeures des Rolling Stones ou de Led Zeppelin. La légende précise qu’en vagabondant au fil des routes du Mississippi, ce guitariste aurait croisé la route du Diable et lui aurait vendu son âme pour un talent encore aujourd’hui incontestable.

Le rock diabolique serait ainsi né.

Outre la légende, les auteurs dressent un portrait passionnant de l’Amérique des années 1930 proche de l’univers de John Steinbeck que j’affectionne également. En effet l’existence romancée ou pas du jeune Robert est plutôt riche en évènements heureux ou malheureux, d’une enfance ballotée d’un foyer vers un autre à des rencontres artistiques faites des petits hasards de la vie, Robert Johnson se promène tel un poète entre apprentissage et désillusions d’une ville à une autre non sans noyer sa mélancolie dans l’alcool et les couches de femmes mariées et fortunées loin d’être indifférentes au charme de ce séducteur invétéré.

Mezzo est un choix de tout premier ordre pour illustrer par des vignettes de toute beauté cette vie de bohème. On peut s’arrêter devant chaque vignette plusieurs minutes et la détailler (j’aime particulièrement celle où l’artiste gamin joue contre un mur sur une guitare de fortune). Le noir et blanc met particulièrement en valeur le trait charbonneux si caractéristique de l’auteur.

Pour la narration, cela se passe exclusivement en voix off par des vignettes reprenant un peu la trame narrative du « Roi des Mouches », le narrateur ne sera d’ailleurs connu qu’à la toute dernière vignette réservant ou pas une dernière surprise.

Comme déjà indiqué plus haut, il est particulièrement difficile de refermer le livre sans le lire d’une traite. Même si on se doute de l’issue (Robert Johnson meurt dans des conditions mystérieuses assez jeune et après avoir enregistré quelques chansons dont son mythique « Love in Vain » qui donne le titre à cette œuvre), cette vie de bohème est surtout un bel exemple pour représenter la dure vie d’une Amérique du XXème siècle déjà en proie à la crise, au racisme et à une certaine ode à la liberté identitaire.

A noter que le livre dispose de quelques bonus intéressants comme les paroles de quelques-unes de ses chansons (et leur traduction), que la qualité du papier fait honneur aux dessins qui y sont couchés et que cela m’a permis de connaitre une figure emblématique des chansons que j’écoute aujourd’hui et dont on peut percevoir la beauté en les écoutant sur le net ou ailleurs.

Une belle œuvre singulière et probablement une des plus belles découvertes de cette année 2014. Les festivaliers d’Angoulême ne s’y sont pas trompés en sélectionnant cet album pour 2015 et il serait fort injuste que Love in Vain en ressorte sans une ou plusieurs récompenses rendant justice au fantastique travail de Mezzo et Jean-Michel Dupont. En tous cas, primé ou pas ne passez pas à côté de ce petit bijou.

Nom série  Le Grand Pouvoir du Chninkel  posté le 26/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Petit flashback pratiquement 20 ans en arrière….

Le service militaire m’a au moins permis de faire la connaissance de mon frère de sang, Youcef, avec lequel entre autres nous gardons de chouettes moments de solidarité de notre impôt national en Allemagne.
Après avoir repris douloureusement nos études l’un comme l’autre, notre amitié s’est poursuivi bien au-delà des treillis et je me souviens encore comme si c’était hier dans sa chambre d’étudiant quelques bds qui trainaient et que je ne connaissais pas. L’une était Sambre dont il n’existait que 3 volumes dans une édition aujourd’hui disparue et la seconde était cet étrange gros bouquin souple au nom imprononçable : le Grand Pouvoir du Chninkel dont la couverture avec ce petit être boudeur et ce gros monolithe tout droit sorti de 2001, l’odyssée de l’espace ne m’inspiraient guère.

Mal m’en a pris, Youcef m’a prêté ses deux séries, une n’est plus qu’un vague souvenir sur une jolie brune aux yeux rouges dont j’ai arrêté de lire les péripéties après le 4ième tome, l’autre est une claque absolue dont je me plais à relire encore et souvent les tribulations en noir et blanc comme en couleurs.

Il faut dire que le noir et blanc charbonneux mais précis de Rosinski m’a séduit immédiatement avec cette introduction d’une bataille rangée avec trois armées complètement différentes. Le découpage est tel qu’il ne peut laisser indifférent un amateur d’Héroic Fantasy.

Au milieu un petit Chninkel, J’on, va rapidement et malgré lui, devenir l’enjeu d’une quête qui le dépasse. Que va-t-il faire de son « pouvoir » divin, lui qui n’aspire qu’à une vie tranquille et à une paix royale…

Dans un humour des plus salvateurs, Van Hamme va mettre en place une histoire assez noire (Dark Fantasy dites-vous ?) avec une ironie assez mordante et des situations plutôt inattendues.

Le dépaysement est total, la fameuse fin m’a laissé sur le carreau pour de bon et j’avoue sans sourciller n’avoir rien lu de tel depuis et encore à ce jour dans un style équivalent.

Je profite de l’occasion d’une nouvelle édition « anniversaire » pour aviser cette série vraiment spéciale pour moi et dont je possède à ce jour 4 éditions différentes. Souvent copiée, pas mal raillée également pour son coté mystique mais grandement reconnue et appréciée, les deux auteurs ne retrouveront plus cette liberté de ton étonnamment novatrice et toujours d’actualité.

Aujourd’hui Youcef et moi avons bien vieilli, habitons à plus de 1000 km l’un de l’autre et tout le monde ici s’en fout. Et pourtant malgré cela, l’amitié existe toujours ainsi que notre intérêt pour les bières, les contes celtiques, les Pogues et le Chninkel.

Un des rares récits que j’ai aimé lire, prends plaisir à lire encore et prendrai plaisir à relire dans 20 ans.

« Un Chninkel pour les amener tous et dans les ténèbres les lier » (pardon Spooky)

Nom série  David Boring  posté le 23/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme tant d'autres bouquins, cela faisait longtemps qu'un exemplaire de David Boring trônait dans ma collection avec cette même volonté pour ma part de le l'engloutir très rapidement et de le repousser en même temps par peur d'en être déçu ou exclu.

Il faut dire qu'avec un titre pareil évoquant à la fois le leader des Naive New Beaters, celui de David Bowie (dont les consonances orales résonnent comme un miroir) ou tout simplement de l'ennui dont Boring est l'exacte traduction et une couverture peu engageante, je me doutais d'une certaine prise de risques.

Daniel Clowes est un de ces auteurs discrets et ô combien talentueux sachant utiliser l'ordinaire de toute situation pour en faire ressortir quelques souvenirs enfouis en chacun de nous. Reste à percevoir quelle sensibilité remonte le plus à la surface après analyse et ce n'est pas forcément ce qui nous honore le plus.

David Boring c'est exactement cela, une couverture donc représentant le visage du "héros", à la coiffure classique impeccable, moue triste, deux visages de femmes contrariées, deux flingues pointant vers le lecteur et une ombre ou un fantôme nous représentant une inconnue de dos.

Tout est un peu résumé dans cette couverture. Il n'est peut être pas dès lors indispensable d'aller plus loin si elle nous place dans une situation anxiogène car ce sera le cas le long des 3 actes suivants.

Et pourtant j'ai trouvé plutôt plaisant le premier acte nous narrant les déboires amoureux d'un jeune homme maigrelet, pas totalement attirant ni sur de lui et partageant ses expériences sexuelles avec sa colocataire lesbienne Dot, la seule personne qui lui sera fidèle d'un bout à l'autre du récit.

Sa quête de la femme ultime, David Boring, puisque c'est bien de lui dont on suit les traces, va la trouver dans les premières pages de ce premier acte en la présence de Wanda, une jeune fille à la coiffure d'un autre temps et au postérieur jugé trop imposant selon ses dires.

Son départ précipité et sans explications sera donc le point de départ d'une recherche de David Boring, perdu entre une mère trop possessive qu'il fuit et le souvenir d'un père, auteur de sombres comics sans succès, qu'il n'aura pas connu.

Cette recherche d'identité sexuelle et de valeurs familiales trouvera une pause vers le refuge d'une petite île vers le second acte où les protagonistes vont se déchirer tel un récit d'Agatha Christie avant de revenir vers le troisième et dernier acte où nombre de questions trouveront leur réponse, pas nécessairement celles que le lecteur attend mais celles que l'on peut trouver soi même dans notre propre vécu avec une part de réflexion ou d'introspection.

Aucun des personnages n'est réellement attachant ou fascinant. David Boring subit plus qu'il ne contrôle sa propre existence, portant un regard triste et passif sur son vécu. La voix off qu'il anime lui même permet d'introduire une bonne dose d'humour noir et quelques renvois sur des pages précédentes, des personnages apparaissant ici ou là comme des fantômes pour ne revenir que bien des pages plus tardivement comme les hasards de notre propre existence.

La menace d'une invasion terroriste renvoie curieusement à un souffle d'apocalypse. Écrit à la fin des années 1990 et curieusement en avance sur les tristes événements du 11 septembre 2001, Daniel Clowes a simplement posé sur papier les préoccupations toujours légitimes d'ailleurs d'une époque pas si lointaine et d'ailleurs le passage à l'an 2000 se passe bien dans les dernières pages de son David Boring presque comme par défaut sans aucun autre bouleversement.

Daniel Clowes, l'air de rien, maitrise toutes les situations de son récit. Son dessin en noir et blanc, juste magnifique, est une succession de regards fuyants comme sa couverture l'évoquait déjà.
Ses personnages semblent raides et dénués de vie mais ce n'est pas la faute à son coup de crayon. Sa ligne claire est aussi puissante que celle d'un Burns dont il partage également l'hommage au maitre Hergé (l'arrivée sur l'ile est un clin d’œil à la couverture de l'ile mystérieuse sans aucun doute).

On ressort de ce David Boring complètement abasourdi, pas le cœur léger tellement certaines situations renvoient au vécu d'un chacun je suppose. La construction en trois actes complètement différents perturbe un récit se faisant l'hommage de l'ennui, sentiment que je n'ai jamais retrouvé à la lecture tant je m'y suis finalement appliqué à le lire en une seule traite avec plaisir et effectivement il s'agit typiquement d'une lecture pouvant diviser comme rassembler.

Assurément David Boring est une grande œuvre de notre époque malheureusement par ailleurs car ses réponses sont ailleurs.

A ne pas louper pour le meilleur comme pour le pire.

Nom série  Big Man  posté le 22/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A la lecture des précédents avis, je ne peux que me rejoindre complètement sur ce qui a déjà été dit.
Mazzuchelli met en place une fable proche de l'univers de Steinbeck pour son classique Des souris et des hommes dans une campagne américaine sans repère géographique ou chronologique avec l'arrivée d'un géant enchainé sur un radeau et qu'un brave fermier va recueillir dans sa grange.

L'inconnu ne partage ni l'écriture des hommes qui l'entourent et encore moins leur langage mais sa force surhumaine et sa gentillesse vont lui attirer l'amour d'une petite fille attardée ainsi que la sympathie de la bourgade...

Mais lorsque survient quelques hommes de loi, "Big Man" sera considéré comme une menace...

Pétri de bons sentiments et d'une morale appréciable mais téléphonée, le récit de Mazzuchelli se lit d'un bout à l'autre assez rapidement et il n'y aura guère que le grand format adopté par Cornélius pour mettre en évidence ces superbes planches bichromiques avec des effets d'encrage assez réussis.

Par contre peu de surprises, on devine l'issue plus ou moins tragique dès le départ, à aucun moment l'auteur ne mettra le lecteur ainsi que ses personnages dans une situation d'inédit ou de risques ce qui rend la lecture agréable et rapide mais trop classique à mon grand regret.

Reste un joli bouquin qui ne révolutionnera aucun code mais qui garde le mérite de montrer toute l'étendue du talent de Mazzuchelli dans ses premières œuvres.

Voici donc une belle leçon de vie, un bien joli bouquin mais que j'aurais vu davantage compilé avec d'autres récits courts. Par chance ou par dépit pour certains, le "mystère" ne sera jamais complètement dévoilé ce qui laisse un soupçon d'imagination à ceux qui comme moi adorent les fins ouvertes.

Pas indispensable mais pas déplaisant.

Nom série  Barthélémy, l'enfant sans âge  posté le 21/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce qui rend à mes yeux si élégant l'éditeur Cornélius, c'est cette diversité de récits surprenants, pas forcément tous réussis mais éclectiques et souvent originaux.

Le choix éditorial de Cornélius survole un large panel d'histoires savoureuses, des petites perles qui ne méritent que d'être découvertes et appréciées.

Aujourd'hui c'est Barthélémy qui a les honneurs de cette petite maison d'édition que j'affectionne.

Le récit brasse plusieurs thèmes universels et fantastiques déjà croisés dans Highlander pour l'immortalité, l'étrange histoire de Benjamin Button pour la jeunesse éternelle et un jour sans fin pour la boucle temporelle pour mieux s'en affranchir, détenir une identité propre et mettre en relief un fort sentiment humaniste.

Monsieur Barthélémy est au crépuscule de sa vie. Mourant, il échange son dernier souffle devant son fidèle majordome Toussaint pour se réincarner immédiatement dans le corps de ses 11 ans.

Barthélémy en est dépité. Cela fait 3000 ans qu'il vit et meurt indéfiniment pour mieux renaître tout en gardant ses souvenirs... et ses remords.

Car Barthélémy en a assez de cette malédiction et aimerait pouvoir mourir une fois pour toutes et reposer en paix.

Mais avant d'y penser il doit retourner à l'école et subir l'éducation que sa jeune enveloppe charnelle impose.... encore et toujours mais l'attachement à sa camarade Constance ainsi que la rencontre avec un autre immortel, Auguste vont peut être changer la donne...

Que dire et par où commencer...
Publié dans un petit format souple à l'italienne, l'histoire commence sur les chapeaux de roues comme une comédie où l'on suit le quotidien de Barthélémy à l'école puis on glisse vers le récit d'aventures sans jamais basculer d'un thème vers l'autre.

La mélancolie se mélange à l'humour comme des couleurs dans un tableau.
Les couleurs, justement, le vert et le rouge, éternels antagonistes, se mélangent parfaitement dans une ligne claire naïve mais hautement maîtrisée rappelant souvent Hergé mais aussi l'évasion de Hugo Pratt.

Tout comme le rouge cohabite avec le vert, la mort côtoie la vie. Le message est universel et pourrait pencher vers la nostalgie mais l’œuvre de Simon Roussin est unique et s'affranchit de toute autre référence pour en devenir une à elle seule.

Tour à tour romance, farce, conte ou récit d'aventures, Daytripper a trouvé un équivalent francophone avec ce chouette bouquin, aussi joli à regarder qu'à savourer.
De Toussaint à Auguste en passant par Barthélémy et Constance, tous les personnages sont attachants.. ce qui donne à la conclusion une saveur aussi logique que de toute beauté.

J'espère retrouver cette jolie ligne claire car Simon Roussin possède un style et un talent que bien des éditeurs se mordront les doigts d'avoir laissé filer chez Cornélius.

Longue vie à Barthélémy, Simon Roussin et Cornélius !

Nom série  Mesmo Delivery  posté le 21/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Premier défaut et ce sera le seul : ça se lit trop vite, bien trop vite.

Les qualités ? Elles sont nombreuses pour ce mélange improbable de 4ème dimension et de récit tarantinesque, deux qualités complètement requises pour intégrer le Label 619 et notamment une partie d'un Doggybags où ce court mais survitaminé récit aurait trouvé sa place.

Mais Rafael Grampá est un artiste underground qui monte et c'est une excellente surprise que de lire un de ses premiers travaux même si l'oeuvre ne risque pas de plaire à tout le monde.

L'histoire ? On s'en contrefiche ou plutôt elle tient sur du papier à cigarettes : un imitateur raté d'Elvis et un ancien boxeur au look improbable de surhomme blond californien avec casquette vissée sur la tête reconverti en chauffeur sont missionnés par la société Mesmo Delivery de livrer une marchandise dont le contenu reste mystérieux.

Arrêt pipi oblige, le duo s'arrête à une station service perdue sur une route poussiéreuse oubliée des grands axes américains.

Trois autres chauffeurs un poil imbibés narguent le grand malabar blond et c'est le début des bastons et surtout des embrouilles...

Impossible d'en dire davantage sans en dévoiler le sens et surtout le plaisir. L'auteur a juste eu envie également de se faire plaisir en multipliant les références graphiques par un découpage et des cadrages dignes des meilleures séries B et une touche rétro cartoonesque inspirée.

Il faut dire que les dessins ne sont pas en reste avec une colorisation rappelant le site célèbre que vous lisez actuellement (si si) mais également avec une touche de rouge en couleur primaire définissant l'aspect le plus punchy de ce comics : le sang et la violence.

Après quelques scènes d'action assez remarquables (le sens du détail est assez hallucinant), la conclusion arrive bien trop vite mais ne laissera aucun doute sur l'issue du récit.

En un seul mot, il s'agit d'un petit plaisir coupable et remarquable qui pourra en faire tiquer plus d'un mais il est à noter le petit prix de l'éditeur ainsi que la réalisation éditoriale somptueuse comme bien souvent sur le label de Run avec couverture argentée, bonus et croquis, rien ne manque.

Apogée de la violence comme perle d'humour noir (soyez attentifs au "chiffre" évoqué non loin de la conclusion et faites vos comptes ), j'avais vraiment peur d'être déçu (le coup de coeur fut impulsif avec le bouquin entre les mains) mais j'en suis sorti agréablement surpris et satisfait !

Nom série  Scène de crime  posté le 19/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bien avant ces séries géniales que sont Criminal, Incognito ou Gotham Central, en 1999, le trio gagnant Brubaker/Phillips/Lark expérimentait le style de polar noir collant si bien à ses auteurs par cette mini série Scène de Crime qui peut faire office d'introduction à leur travail commun.

Delcourt a eu l'excellente initiative de compiler cette petite perle méconnue en un album que je ne peux que recommander à tous les amoureux de Criminal.

En effet, on retrouve tout le sel des scénarios de Brubaker dans cette histoire de détective privé à la recherche d'une femme disparue et dont le cheminement va s'avérer surprenant, glauque mais toujours palpitant.

Découpé par de petits chapitres courts et utilisant la voix off de Jack Herrigan sur la plupart des cases, cette aventure va s'avérer complexe et relancer le passé de tous les protagonistes y compris celui du héros principal.

Vivant chez son oncle, photographe de scènes de crime de renom, Jack est un jeune détective privé au passé plutôt trouble. Sa profession cherche à enterrer ses vieilles addictions alcoolique et une vie sentimentale désastreuse.
Aussi ne voit-il pas d'un très bon œil de rendre service à Raymonds, un ancien collègue de son père défunt, un flic tombé sous le courroux de la mafia mais il accepte de bonne grâce en mémoire de services rendus.

Retrouver la soeur de la maitresse de Raymonds aurait du être une partie de plaisir mais la mort rapide de cette dernière va le pousser à mettre le doigt dans un engrenage fatal et bien plus complexe que prévu.

Ce qui fait et a toujours fait la force des histoires de Brubaker tient en un seul mot : des personnages de papier extrêmement bien pensés et écrit.
Ce "Scène de crime" ne déroge pas à la règle par la construction de personnages simples mais remarquablement bien pensés et une habileté à rendre l'ordinaire relativement extraordinaire.

Le trait de Phillips et de Lark reste relativement simple mais va droit à l'essentiel. Extrêmement lisible et efficace, l'encrage et la colorisation arrivent à imprégner le décor d'une ambiance pesante et percutante.

Qu'il pleuve ou qu'il fasse nuit, le lecteur ressent les sensations comme s'il s'y trouvait. Les sensations reposent sur celles des grands films noirs et j'ai même ressenti quelques similitudes au "Chinatown" de Polanski avec un Jack Nicholson au nez cassé et une foule d’événements échappant à tout contrôle.

Mais loin d'être un plagiat, ce Scène de Crime est un tout autre hommage, exploitant comme décor les sectes, les mensonges et les secrets enfouis. L'ensemble est original, subtil et se termine par une conclusion réellement réussi levant le voile sur bien des doutes et pas uniquement sur l'intrigue principale.

L'album est complété d'un court récit dit de "Noël" avec les mêmes protagonistes assez anecdotique mais toujours agréable ce qui rend cette édition plus que complète.

Remarquable et habile, loin d'être le brouillon des autres séries de Brubaker, Scène de Crime est un polar divertissant et surprenant pas loin d'être aussi indispensable que les œuvres déjà citées.

Mieux, il ne s'agit pas d'un péché de jeunesse comme j'ai pu le lire ailleurs mais véritablement d'une perle de jeunesse autonome et qui mériterait d'être aussi reconnue que leurs autres travaux. A ne pas louper.

Nom série  Bobby Zombie  posté le 27/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le pari d’écrire et dessiner une série franchement drôle et divertissante sur les aléas d’un jeune zombie amoureux dans une école par strips de 6 cases formant une histoire complète et cohérente dans un format à l’italienne, ça vous dit ?

C’est le pari réussi de Loran avec ce très injustement méconnu mais très chouette Bobby Zombie.

Contrairement aux idées reçues et à quelques dessins gentiment trash, Bobby Zombie peut ne pas plaire aux parents qui s’en détourneront vite le regard pour attraper le dernier Titeuf à la place mais pourtant ce serait involontairement faire l’impasse sur une histoire rigolote aussi simple que maline et habile.

Point de « réalisme » à la Walking Dead, Bobby est simplement un zombie effectuant sa première rentrée scolaire. Forcément il n’est plus très frais, sent le cadavre et a une mine aussi fraiche que qu’un vieux steak oublié sous le soleil de juillet.

Un regard entre la jeune Cindy et lui scellent leur destin : Bobby en tombe aussi éperdument amoureux qu’elle est écœurée juste à l’idée de le voir ! Par chance, François-Xavier, un camarade de classe au QI surdimensionné (c’est lui qui le prétend), va le prendre sous son aile et en faire son ami.

Mais comment faire pour s’intégrer avec les copains, séduire la belle de la classe et passer une après midi à la plage en toute quiétude lorsqu’on est mort ?

Loran part de ce drôle de postulat pour écrire une œuvre unique en son genre, originale et drôle.. C’est effectivement gentiment trash avec quelques démembrements, la tête de Bobby reste rarement sur ses épaules et ses yeux exorbités se promènent un peu partout.

Mais qu’il provoque le dégout (on y vomit souvent) ou l’empathie, Bobby n’oublie pas le principal : nous faire rire et sourire souvent, chacun des strips pouvant se lire indépendamment avec une chute qui lui est propre, le tout formant une histoire complète dont la fin est particulièrement bien trouvée !

La galerie de personnages secondaires est assez sympathique, de Cindy, enfant sage ayant toutes les particularités de la peste tête à claques à son père, savant fou, voulant mettre la main à tout prix sur un zombie pour en déceler l’immortalité sans oublier François-Xavier et Bobby le zombie, pas une minute de répit sur une histoire se lisant relativement rapidement mais sans baisse de rythme notable.

Loran possède un trait tout en rondeurs rappelant un peu le style du fameux jeu vidéo « Plants vs. Zombies », simplifie les décors sans les oublier et colore son gaufrier de couleurs chaudes positives dont seul le vert pourri fade de Bobby contraste avec son environnement !

Le format à l’italienne est tout à fait adapté à la situation et devrait vous inspirer à quelques jours d’Halloween de vite lire et acquérir ce petit bijou sympathique et de lui redonner les lettres de noblesse qu’il mérite !

Du zombie, de l’amour, de la tolérance (si ), des origines de Bobby (si, si) et quelques vomis (si , si , si beuark !), tous en librairie pour Bobby Zombie !

Nom série  Naja  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est étonnant comme JDM ressasse à chaque nouvelle œuvre les mêmes références et les rebrasse à chaque fois pour en proposer un produit tout à fait nouveau et original.

C’est d’autant plus paradoxal que le thème du tueur solitaire et taciturne est un grand classique du polar quel qu’en soit le média utilisé (Le dernier samurai de Jean-Pierre Melville à Nikita de Besson pour le cinéma au Tueur de Matz ou à Soda de Tome pour la bd et j’en oublie....).

En proposant Bengal au dessin pour son graphisme épuré et fortement personnel (mélange réussi d’école franco-belgo-japonais-comics) aux couleurs pastel, le pari est assez audacieux avec des couvertures sobres présentant un personnage clé sur un décor absent.

L’orientation louche clairement vers un récit froid et presque distant sans peu de phylactère, une voix off mystérieuse et non dénuée d’humour détaché prenant les commandes sur des vignettes à forte teneur cinématographique. C’est d’autant plus réussi qu’on est rapidement immergés dans une histoire classique mais non dénuée d’intérêt d’une tueuse silencieuse et insensible à la douleur, la belle Naja.

Afin de bien comprendre tous les composants, JDM va user et abuser de flashbacks fondus avec sa trame principale. Il s’agit d’une histoire de survie. Naja est une tueuse professionnelle en concurrence avec 2 autres tueurs de son organisation qu’elle va devoir éliminer pour sa propre survie.

Qui est à l’origine de ce conflit ? Qui est ce jeune inconnu veillant sur elle et dont elle ignore jusqu’au prénom et motivations tout en étant irrémédiablement attiré par lui ?

Chaque tome se dévore comme un roman, la voix off jouant un rôle prépondérant pour nous expliquer, commenter, s’adressant ludiquement directement au lecteur.. A l’instar du très hautement recommandable Berceuse Assassine, chaque tome se veut représentatif d’un point de vue différent, à savoir les autres tueurs mais garde le fil principal autour de son héroïne.

L’ironie vient que pour une tueuse disposant librement de la vie ou de la mort de chaque personne l’approchant, elle se sent évidemment manipulée par une puissance inconnue et va devoir redoubler d’ingéniosité dans une vie qui a toujours été linéaire mais les règles du jeu ont changé et Naja va devoir s’adapter, voire se muer comme le reptile dont elle porte le nom de code.

Comme souvent à la lecture d’un récit de Morvan, il est impossible de décrocher. Il faut dire qu’il a trouvé un ambassadeur de qualité en la personne de Bengal.

Si tout n’est pas toujours super lisible notamment sur certaines scènes d’action, l’ensemble est de très grande qualité au point de me donner envie de lire Meka du même duo. Le dessin contraste pas mal avec la noirceur des propos. Le seul défaut notable est qu’il est parfois difficile de donner un âge sur les protagonistes qu’on jurerait ne pas voir dépasser 25 ans.
Hormis cela, Bengal a un style qui lui est propre et semble autant à l’aise avec les scènes d’exposition que les nombreuses scènes d’action (une constante chez Morvan qui a du compulser autant de références culturelles que Tarantino).

J’aurais été tenté d’y apposer la note maximale sans ce dernier tome assez déstabilisant sur les nombreuses révélations finales qui risquent de laisser plus d’un lecteur sur le carreau, moi y compris.

J’ai du relire certaines pages, aviser quelques propos sur le net afin de m’y faire mon propre avis.

C’est d’autant plus particulier que finalement je ne suis pas déçu du voyage, bien au contraire, et d’ailleurs on voyage pas mal dans Naja, d’un pays à un autre avec une constante ironique sur les us et coutumes des environnements visités mais j’aurais peut être attendu un peu plus ou mieux de Morvan que de conclure sur une note hautement allégorique.

L’épilogue final et inédit en tomes (je possède la jolie petite intégrale souple éditée en 2013) apporte même davantage de confusion que de résolution mais le trip sensoriel proposé par JDM et Bengal vaut largement qu’on s’y intéresse de plus près et une fois de plus encore avec ce scénariste, j’adorerais en voir une adaptation cinéma tant l’expérience est peu commune. En tous cas je relierais plusieurs fois l’ensemble avec tout autant de plaisir si ce n’est davantage et vous recommande largement d’en faire de même.

Nom série  La Machine Écureuil  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Avant toute chose, je me permets de rappeler ici que je suis plutôt friand de récits barrés et que les films de David Lynch autant que les œuvres de Charles Burns me font saliver dès qu’un nouveau titre de ces messieurs pointe son nez.

La Machine Ecureuil, édité de façon très classieuse par l’éditeur Ici-Même aurait donc du être une madeleine de Proust non négligeable tant les thèmes abordés que le dessin rapportent aux deux monstres cités plus haut.

Un noir et blanc de toute beauté vraiment très maitrisé, des inventions bizarres et loufoques et des portraits de personnages complètement dingues… mais la recette n’a hélas pas pris à mon plus grand désarroi…

Mais au final ça parle de quoi ?

Deux frères vivent en retrait dans une sombre masure, l’un est musicien, l’autre lui invente des machines à base d’animaux.. Forcément à l’image du désormais célèbre guide « Cruelty to Animals » édité par les Requins Marteaux, ça ne plait pas à beaucoup de monde lorsque les frangins exécutent un concert sanglant à l’aide de leurs bestioles… Et puis il y a cette mère omniprésente, cette jolie sauvageonne jumelle de celle du « Nom de la Rose » et ces labyrinthes cachés au fond de leur demeure….

Entre rêves et flashbacks, on perçoit très mal les intentions surement louables de l’auteur.. Il s’agit d’une expérience désagréable où le lecteur perd rapidement pied sans aucune logique et la trame ne va pas en s’améliorant au fil des pages….

Du coup cette succession d’images répugnantes, sensuelles (il y a pas mal de vignettes « freudiennes ») et ces longues pages détaillées où les héros déambulent sans but précis si ce n’est dans l’imaginaire débridé mais glauque de l’auteur ont vite fait de perturber à long terme.

Charles Burns dans son Toxic se permet un exercice similaire tout en permettant à son lecteur de se raccrocher à une référence ou à un intérêt tout comme le fait David Lynch dans ses films.

Sauf qu’ici il n’y a pas de rythme, pas d’attachement et aucune référence visiblement connu de votre rédacteur…

Le pire est que ça peut se lire éventuellement mais avec un détachement de plus en plus important au point même de se contrefoutre royalement de l’issue finale d’autant plus qu’aucune véritable explication ne viendra ponctuer l’ensemble.

C’est bien là où finalement on peut se rendre compte que la maitrise graphique importe peu. « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » affirmait de Musset et ici c’est exactement l’effet contraire.

Était ce voulu par l’auteur ? Probablement car la préface semble également aller dans ce sens prévenant le lecteur de la désagréable aventure sensorielle à venir.

Sauf qu’au final je n’ai rien ressenti de globalement positif tout comme ce fameux livre « Trame : Le poids d'une tête coupée » en un peu moins désagréable grâce au dessin de qualité cette fois-ci mais c’est bien peu de choses finalement par rapport à ce que j’en attendais.

Si quelqu’un peut m’éclairer également sur le pourquoi du comment de la fameuse « Machine Ecureuil » dont je n’ai rien saisi, je serais fort surpris de lire ici même les autres avis (si les gens ne sont pas rebutés pour autant) mais autant dire que je n’en conseille pas réellement l’acquisition.

Une curiosité qu’une seconde lecture permettrait peut-être d’élucider certains mystères mais en ai-je réellement envie ? Non en tous cas pas avant un bon moment.

Nom série  Cinderalla  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Une variante de Cendrillon au pays des Zombies ».

Voilà, avec ceci tout est dit. Il s’agit de l’œuvre à ce jour la plus connue de Junko Mizuno et l’une des plus jubilatoires à ce jour pour peu que cette adaptation loufoque et un rien sexy/macabre vous fasse de l’œil.

Moins accessible et moins sage que « Hansel & Gretel » mais bien plus fun que « La petite sirène », Cinderalla ne peut laisser indifférent : on aime ou on déteste.

Il faut effectivement avoir en tête les univers de Tim Burton et/ou de la comédie musicale « Rocky Horror Picture Show » pour bien avoir une idée de cette Cendrillon s’amourachant d’un crooner zombie.
Evidemment, mieux vaut être également morte pour se faire aimer d’un macchabée et un œil remplacera la traditionnelle chaussure abandonnée !

Les dessins sont pétillants, les dialogues suffisamment naïfs pour provoquer le second degré attendu et les personnages secondaires, de la petite souris condescendante à la demi-sœur morte s’arrachant les seins par souci esthétique, plutôt rigolos.

C’est bien sûr à ne pas mettre dans toutes les mains mais le style rétro de ce manga « kawaï » a de quoi intriguer d’autant plus qu’il a beau être simple et parfois peu détaillé, sa mise en couleurs le rend unique et plutôt joli.

Alors bien sûr, ça ne plaira pas à tout le monde et cet univers bordélique au possible reste assez particulier mais on garde le sourire du début à la fin et tout comme les autres contes mis en scène par l’auteur, on arrive rapidement à la fin d’autant plus que cette Cendrillon-là est surement la plus attachante de toutes les héroïnes mises en scène par Mizuni.

Spooky rappelle justement plus bas qu’il s’agit d’un OVNI sans prétentions que de faire passer un agréable moment et je dois répondre que le pari est largement réussi.

L’édition est une fois de plus des plus réussies avec une interview de l’auteur.

Malgré un léger effet de répétition dans les thèmes abordés, je serais grandement tenté d’en vouloir encore !!!!

Nom série  La Petite Sirène  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La petite sirène est le conte que j’ai le moins apprécié de la trilogie de Junko Mizuno sur le thème sur les récits de notre enfance.

On prend les mêmes et on recommence avec cette fois un univers plus désespéré que pour Cinderella et Hansel & Gretel.

Le décor est assez rapidement planté avec 3 sœurs sirènes dévorant des marins après les avoir entrainé au fond de l’océan et fait subir quelques délicatesses « intimes ».

L’ensemble est assez trash malgré des couleurs oscillant entre le bleu et le rose. On y parle de soumission, de vengeance et de cruauté ainsi que quelques amours contrariées et autres métamorphoses. Disons que si la lecture reste recommandable et hautement divertissante pour peu que le sujet vous intéresse (d’autant plus que la couverture est cette fois-ci ultra trompeuse, certains parents ayant acheté ce livre pour leurs têtes blondes ont dû être surpris et pas de façon agréable), l’auteur loupe un peu le coche en éparpillant son histoire par un découpage parfois des plus confus.

Sans égarer trop le lecteur, l’humour est malgré tout mis en retrait par comparaison à Hansel & Gretel et Cinderella et le destin de Julie, principale sirène héroïne, plutôt surprenant.
Il s’agit au final d’un conte bien trash et surprenant qui risque de désamorcer pas mal de monde et ce n’est pas l’œuvre de Mizuno que je conseillerais pour se familiariser avec son style si particulier.

Malgré tout, il s’agit d’un incontournable pour les initiés et la réalisation de l’édition française est toujours aussi remarquable avec lecture occidentale, quelques bonus sans grand intérêt mais qui ont le mérite d’exister et un trait toujours aussi remarquable… Mais mieux vaut-il être prévenu qu’on ne risque pas d’y retrouver l’enchantement du conte d’Andersen

Nom série  Hansel & Gretel  posté le 16/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il s’agit de la première œuvre avec phylactères que je lis véritablement de Junko Mizuno.

Après être tombé sous le charme du récent « Ravina the Witch ? », conte détourné illustré de grande qualité mais n’entrant pas dans les critères requis par bdtheque pour en publier un avis, j’étais forcément intrigué par ses propres interprétations complètement barrées de nos grands classiques d’Andersen ou des frères Grimm !

Forcément l’exercice n’est pas nouveau ni même follement original. Pourtant la demoiselle développe un univers qui lui est plus personnel qu’universel. Hansel est un petit garçon enveloppé né avec la voix qui porte d’où le port nécessaire d’un cache pour atténuer le timbre de sa voix (voir couverture).
Gretel sa sœur est une fière amazone qui préfère avoir une épée en bois en cadeau d’anniversaire qu’un vélo. Elle est téméraire et se pose peu de questions.

Leurs parents tiennent une petite épicerie où ils revendent des tranches de cochon et des légumes poussant dans les cheveux de bestioles vertes.

On se croirait pour peu dans le pays des Bisounours quand une pénurie de vivres va pousser les habitants de ce joyeux bordel vers un piège tendue par la mystérieuse princesse Marylin… Mais nos héros sont aux aguets !

Vous ne comprenez rien à tout ce charabia qui ressemble autant à un conte de Grimm qu’Eric Zemmour à Alain Decaux ? C’est normal ! Bienvenue dans l’univers complètement foutraque de Junko Mizuno qui sous des dessins naifs et acidulés cache une œuvre unique et très divertissante.

Selon les notes de l’éditeur, cet auteur japonais a même redessiné et réécrit certains dialogues pour la publication française (qui se lit d’ailleurs dans le sens occidental).

C’est très rapide à lire, complètement « what the fuck » et tout simplement délicieusement fun !

Le graphisme pop art un brin vintage n’est pas des plus impressionnants mais il possède un côté rafraichissant rehaussé par des couleurs warholiennes et un découpage plutôt sympa.

Si on est déconcerté pendant les 10 premières pages, le temps de se remettre de nos émotions permet d’adhérer (ou pas) complètement à cet univers. Pour ma part, lisant très peu de mangas, j’ai beaucoup apprécié.

En dépit de quelques cases gentiment trash ou dénudées, ce n’est quand même pas la version que je proposerais à des ados et encore moins des enfants mais ça reste un chouette petit délire coupable que je relirais bien facilement et avec plaisir !

Nom série  Abélard  posté le 07/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Plutôt déçu de ma première rencontre avec l’univers de Renaud Dillies avec Betty Blues, je ne pensais pas un jour revenir sur une de ses œuvres.
Sa spécialité de la bd animalière mélancolique rencontre un certain succès que je reconnais comme mérité (son trait simple est particulièrement approprié pour les thèmes évoqués) mais qui m’avait laissé de marbre.

Cependant, me voici à nouveau en train de chroniquer un album de cet auteur. La différence est qu’il s’est passé quelques années, que Betty Blues était sa toute première œuvre et qu’il est ici appuyé par un scénariste connu et reconnu en la personne de Régis Hautière.

Les différents retours sur Abélard ont commencé à porter leurs fruits et finalement emporté sur ma curiosité tout comme le joli recueil en guise d’intégrale assorti d’un format sympa et d’une belle mise en page.

Premier bon point, une fois l’histoire entamée, on n’a de cesse de vouloir en connaître la fin d’où une lecture continue intéressante jusqu’aux tous derniers moments du récit.
Second bon point, le dessin de Dillies s’est nettement amélioré avec un style faussement « gentillet » et rehaussé de hachures du plus bel effet. Les couleurs sont toujours aussi jolies.

Quant à l’histoire, elle ne détonera pas particulièrement. Cela a déjà été dit ici ou là mais cette transposition du Candide de Voltaire dans un monde inadapté pour un sempiternel rêveur optimiste est un thème déjà abordé.

Abélard est donc un petit moineau romantique qui vit avec ses amis essentiellement masculins de pêche et de parties de carte dans une oisiveté que j’envie mais qui perturbera notre oiseau dès lors qu’il sera confronté au mal absolu : l’attirance d’une personne de sexe opposé « venant » de la ville.

Convaincu qu’il lui faut décrocher la lune pour la séduire et que seuls les Américains peuvent l’aider avec leurs machines volantes, Abélard s’enfuit de son marais dans l’espoir de rapporter la lune à sa belle.

Cette quête initiatique sera ponctuée bien sûr de rencontres en tous genre, on oscille entre Pinocchio, l’innocence en plus (Abélard ne ment pas et ne voit le mal nulle part) et voyage doux amer.

Ce voyage sera surtout pour lui l’occasion de mettre en lumière les absurdités de notre quotidien par le racisme, la tolérance mais aussi de belles choses comme l’amitié ou le rêve.

C’est par ce curieux équilibre entre images douces et propos parfois cruels sans jamais tomber dans la facilité que les deux auteurs nous entrainent dans une histoire d’une banalité confondante mais aussi riche qu’une plongée dans des univers comme « Easy Rider » ou « Into the Wild » pour raccrocher les wagons à une substance cinématographique.

Le récit manque peut être parfois d’audaces mais multiplie intelligemment les personnages croisées. Il y a certains qu’on pensait revoir sur la fin et d’autres qui ne font que passer tout en imprégnant le récit de leur substance ou de leur présence. C’est en cela que le récit est finalement intelligent et mélancolique. Une part de poésie et de mystère est également de la partie avec ces proverbes tombés du chapeau d’Abélard ce qui peut contraster avec certains propos bien violents.

Abélard a beau être con et complètement à côté de la plaque, il reste touchant. On ne sait rien de l’issue de son « odyssée » mais certains indices glanés en cours de route ne devraient pas non plus trop surprendre les lecteurs attentifs ou rompus aux précédents ouvrages de Dillies.

On pourra être touché ou pas en fonction de l’humeur mais le voyage et la compagnie d’Abélard et de son compagnon grognon de route n’est pas désagréable grâce à une lecture rapide et un dessin vraiment sympa.

C’est également en écrivant cet avis que je vais passer ma note initiale de 3 à 4. Preuve également que l’univers d’Abélard ne m’a pas laissé si indifférent que cela.

Nom série  Beauté  posté le 29/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ne vous fiez pas aux apparences, derrière ses allures de conte délicat, Beauté cache en son sein intérieur bien plus de trésors que les apparats auxquels son titre et son trait naïf se prêtent.

Il faut dire que du duo Kerascoêt dont je connaissais déjà le travail sur deux tomes (de mémoire) de Donjon Crépuscule et surtout le cruel et surprenant « Jolies ténèbres », je ne pouvais guère m’attendre à un récit aseptisé.

C’est cette fois sous la bonne inspiration de Hubert que ce duo prête son talent à une histoire à l’apparence enfantine mais bien sombre…

Hubert connait ses classiques pour mieux les détourner. On n’échappe pas ainsi à la destinée morose de Morue, ainsi nommée pour sa laideur et surtout ses forts relents d’écailleuse de poissons.

Exploitée par sa vilaine marraine, elle aspire à une destinée toute autre, simplement être appréciée et trouver un amoureux.

Ce vœu va être en partie exaucé lorsque Morue délivrera une fée d’un sort funeste.

Elle va devenir belle tout simplement mais attention son physique ne change pas, c’est le regard de tout autre être masculin comme féminin qui va être modifié et la considérer comme la plus belle femme suscitant convoitise et jalousie.

Dès lors, l’astuce géniale des auteurs est d’alterner entre les deux apparences de Morue (rebaptisée Beauté par la même occasion) selon le point de vue adopté pour n’en faire qu’une seule et même personne pour le lecteur. Le procédé est bluffant et sert une histoire qui ne va pas manquer de bouleversements (les hommes la désirent au point d’en devenir fous et les femmes veulent sa mort).

Contrairement à certains avis lus ici et là, j’ai trouvé le pitch sur la relativité de la beauté intéressant à plus d’un égard. Non seulement Hubert truffe son récit de rebondissements incessants mais il offre une réflexion sur les apparences tout à fait habile. Les personnages secondaires entre la princesse Claudine, Eudes et le fameux Roi Sanglier sont détaillés au-delà des stéréotypes et plutôt bien construits. Il y a un véritable souffle sur l’ensemble de ce récit qui n’hésite pas à faire évoluer son personnage principal sur plusieurs époques.

La bonne fée ayant accordé la beauté à Morue est loin des clichés des films de Disney car son but avoué est de semer le chaos parmi les hommes par pure vengeance personnelle ! Aucun doute d’être déçu sur l’issue de son projet !

Le dessin est juste magnifique. Si le découpage est parfois abrupt, la voix off apporte un peu d’ironie (la sexualité trouble du conseiller du Roi Sanglier par exemple), on passe d’une époque à une autre, d’un environnement à un autre avec une belle aisance.

Je dois dire être plutôt impressionné par le trait de ce duo. Il s’agit de vignettes expressives au trait rond et avec un sens du détail pas forcément perceptible au premier abord.

Les couleurs employés sont flamboyantes tout en rappelant une utilisation similaire sur les œuvres de Trondheim et de Bruno, deux écoles que j’apprécie fortement.

Reste le cruel choix pour déguster ce chaos : en tomes séparés et en couleur ou en intégrale bichromique (noir et bronze), chacune des versions possède son charme indéniable et je n’ai su trancher, me repaissant des deux éditions.

A noter que l’édition intégrale dispose également d’un épilogue inédit de 4 pages pas forcément indispensable mais complétant bien de façon ironique la morale pas si manichéenne de ce récit indispensable !

Néanmoins et quel que soit votre choix, peu de chance d’en sortir déçu !

Nom série  Zombies (Soleil)  posté le 01/07/2010 (dernière MAJ le 26/09/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une nième série sur les zombies éditée par Soleil cette fois et dont le titre principal et la couverture du premier tome ne peuvent tromper sur le contenu. On pense tout de suite refermer l’ouvrage tant le sujet convenu a été rabâché jusqu’au dégoût sur tous les médias.

De ma première claque dans le genre par le film "Zombie – Dawn of the Dead" de Romero à la saga Walking Dead qui n’ont, à ce jour selon moi, pas été surpassés.

Sachant que ces deux monuments ont été copiés, remakés, voire adaptés, que peut-on attendre de cette nouvelle œuvre ? Et bien déjà une approche un peu plus européenne que ce soit dans le traitement du dessin, fort joli et bien mis en scène ou dans le traitement de l’histoire par voix off et qui rappelle à juste titre cet autre chef d’œuvre que je vous recommande en nouvelle : "Je suis une Légende" par Richard Matheson. Le héros ici n’en est pas un et on peut douter de sa santé morale. Bel exemple contemporain de la réussite professionnelle et familiale (il est gros, séparé et promu gérant de son Mac Donalds !!!), cet homme va rapidement s’adapter à son environnement que l’on devine hostile et immoral, évoluant seul tel un pion dans l’échiquier et tour à tour traqueur et fugitif.

Sa rencontre avec un enfant de 12 ans va lui redonner un sens à une vie qu’il sent condamnée, mu par l’espoir de retrouver sa propre fille et un semblant d’espoir dans une existence dont il a oublié les règles.

Pour le coup on ne sait trop vers quelle issue fatale ou pas les auteurs vont nous amener et c’est ce qui maintient un intérêt qu’on devine croissant malgré le peu de pages et son cliffhanger inattendu. C’est également ce qui caractérise ce thème populaire : les histoires de zombies sont forcément cruelles et celle-ci ne déroge pas à la règle.

Les reproches à faire sont que la progression de l’intrigue est à la fois trop rapide et pas assez détaillée mais l’excellente utilisation de la voix off permet de s’attacher et c’est un excellent compromis entre un Walking Dead de plus haut niveau immersif certes, mais à la fois à la narration beaucoup plus lente car développée sur plus de 100 chapitres…

Difficile de savoir si la qualité sera encore au rendez-vous (en espérant également que Soleil n’abandonnera pas cette belle série) mais pour une fois qu’une œuvre portant sur les zombies peut intéresser un lectorat étendu et est aussi bien réalisée, il serait difficile de bouder son plaisir de lecture et le pari de coexister dans ce registre particulier sans en dénaturer les originies ni sans copier trop d’œuvres américaines vaut aisément un coup de cœur agrémenté d’un 3/5 qui ne demande qu’à être augmenté.

EDIT : A présent que le premier cycle de cette série est achevée, il est enfin temps d’éditer cet avis qui ne concernait que le premier tome et s’est vu compléter par un tome 0 et 2 autres albums sans tenir compte du spin-off « "Zombies Néchrologies" ».

Le dessin de Sophian Cholet s’est amplement amélioré, l’auteur mettant un soin particulier à affiner les détails et à multiplier les vignettes comme les plans amples. La couleur en pastel orangée rappelle littéralement un lever ou coucher de soleil constant (référence à la traduction littérale de « Dawn of the Dead » de Romero ?) faisant baigner l’ensemble dans une palette bien plus chaude que l’univers putride décrit.

Et voici à la fois le point faible et fort de cette série. D’un côté l’ensemble est très prenant mais d’un autre, une certaine noirceur inhérente à ce genre de récit post apocalyptique fait défaut. Ici on a l’impression que la plupart des personnages sont pétris de bonnes intentions. On passe aussi rapidement d’un groupe à un autre. Plusieurs groupes ? Oui ici les humains s’entendent « presque » tous ensemble et aiment porter des t-shirts de groupes ou de films connus. Autant dire qu’on est aux antipodes d’une série comme Walking Dead.

Par contre, Olivier Péru n’oublie pas qu’on évolue dans une série pessimiste… C’est en effet la grande force de cette série. Alors que tout pourrait paraître confortable et finalement peu stressant, il n’a pas son pareil pour redistribuer les cartes et bouleverser les rôles de personnages que l’on aurait pu croire comme étant « protégés ». Il y a également une belle part d’humour noir qui arrive toujours au moment le plus inattendu comme si Péru annihilait tout espoir.

L’ensemble forme donc un tout cohérent de grande qualité dont il ne faudrait pas se priver tant cette série a un potentiel de relecture bien plus important que d’un Walking Dead dont on finit invraisemblablement par se lasser.

A noter que le tome 0 peut se lire comme un one shot à part entière en relatant le début de l’apocalypse par un des personnages clés de cette aventure. Sophian Cholet laisse volontiers sa place au profit d’un Léoni tout aussi convaincant si ce n’est davantage pour les scènes d’action et de tension. C'est d'ailleurs mon tome préféré à ce jour !

Très divertissant à défaut d’être révolutionnaire et inspiré, si vous êtes fans de zombies, ruez-vous sur cette collection.

Nom série  La Nuit des morts-vivants  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Des deux auteurs pourtant connus je ne connaissais aucune des œuvres réalisées auparavant. Si le nom de Jean-Luc Istin ne m’est pas étranger, j’avoue ne pas être un trop grand spécialiste des œuvres d’héroic fantasy et encore moins de ses scénarios. Quant à Elia Bonetti, je ne connais rien.

Par contre, en grand fan de la sous culture zombie et ce depuis près de 30 ans et bien avant le renouveau actuel, ce bon classique de George Romero, La nuit des morts-vivants, qui a défini les bases de ce sous genre (huis-clos, paranoïa, message politique et horreur pure et dure), il était bien probable que ce bouquin finisse par tomber entre mes mains, attiré par la curiosité d’une relecture contemporaine de ce classique et la promesse d’un récit en 3 tomes.

Et là je dois confesser être agréablement surpris et à plus d’un titre.

Gommons de suite les aspects négatifs, alors oui le format à l’école franco-belge est surprenant. Oui s’attaquer à un récit aussi connu et qui a connu nombre de remakes audacieux (celui de Tom Savini en 1990 est somptueux alors que tous les autres sont incroyablement ratés) est assez culotté et je ne suis pas un fan absolu du trait rigide et appliqué de Bonetti.

En contrepoint, Jean-Luc Istin a su éviter les pièges du remake prétentieux et inutile en y apportant toute son expérience et ses souvenirs et en ne gardant que les grandes lignes du récit d’origine de façon assez subtile.

Rappelons que le film narre l’escapade d’un frère et de sa sœur partis rendre visite sur la tombe de leurs parents comme d’accoutumée une fois par an avant d’être attaqués par un mort vivant.
Seule survivante de cette confrontation, la jeune fille se réfugie dans une maison perdue au milieu de la campagne avec d’autres fugitifs inconnus afin d’y survivre contre les assaillants devenus au fur et à mesure de la nuit bien plus nombreux.

Jean-Luc Istin garde la trame du frère et de la sœur dans le cimetière, remplace la bicoque par un gigantesque hôtel rappelant l’Overlook Hotel de Shining et multiplie clins d’oeils (dont un évident à 28 jours plus tard dès l’introduction) et scènes d’exposition musclées. Il en profite pour modifier les prénoms, changer la destinée des personnages, complexifier leur background et appaire un tout nouvel habillage pour en sortir une œuvre complètement inédite.

Cet improbable gloubi-boulga aurait pu être indigeste mais relève l’intérêt du lecteur blasé que je suis par des scènes d’action assez vives et un très joli sens du découpage par vignettes donnant un cachet cinématographique des plus nerveux tout en rendant l’ensemble extrêmement aisé à suivre.

On peut rapprocher cette adaptation du travail de Péru et Cholet sur leur « Zombies » davantage d’un Walking Dead sans que le présent récit empiète à la fois sur cette œuvre voisine ni sur le film dont on s’inspire.

L’exploration de l’hôtel dans le derniers tiers de ce premier tome a su recréer le stress des premières parties de Resident Evil dans son manoir délabré. Pour sûr, Istin a bien compris la mécanique et rend une œuvre joliment nostalgique et innovante de ses passions pour le genre.

Belle synthèse divertissante, cette nuit des morts vivants devrait plaire et rencontrer son public sans abuser de scènes trop dérangeantes, les auteurs sachant ménager leur suspens par quelques touches subtiles ménageant notre curiosité et appeler à un tome 2 très attendu, qui je l’espère, transformera les espoirs de cette jolie introduction.

A noter une très jolie couverture de Ronan Toulhoat pour emballer le tout !

Nom série  The Cape 1969  posté le 21/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
1969 : une escouade de soldats US est faite prisonnier par un cruel officier vietnamien dans une jungle vietcong… Le capitaine Chase, pilote d’hélicoptère va y faire la plus surprenante des rencontres…

Difficile de croire par un tel pitch le rapport existant entre ce « The Cape 1969 » et le one shot au même nom de Joe Hill.

Et pourtant il ne faudra guère plus d’une case pour comprendre le rapport évident entre Eric Chase, héros malfaisant de l’œuvre d’origine et ce pilote qui n’est autre que son père…

Même si le tout peut se lire sans connaissance des méfaits de la fameuse cape, il subsiste quelques interconnections évidentes et un rythme tout à fait similaire.

Car The Cape 1969 se lit comme on regarde une bonne vieille série B un dimanche après-midi. Ça ne manque ni de rythme ni d’efficacité mais le postulat ne dépasse guère les ambitions d’origine.

Grosso modo et sans trop dévoiler d’une histoire bien trop mince à mon goût, les pouvoirs volants d’Eric vont trouver leurs origines mystiques dans la jungle vietnamienne. Si l’ensemble est bien trop succinct pour évoquer autre chose que la revanche de Chase sur son tortionnaire vietcong, il convient néanmoins de trouver ça foutrement efficace.

On va donc s’en prendre plein la gueule sur les 4 chapitres d’un récit évoquant le schéma classique des sévices subis puis du retournement de situation. Effectivement voler confère de nouvelles possibilités à Chase qui va s’en donner à cœur joie dans une seconde partie spectaculaire.

Joe Hill n’aurait pas participé à ce développement mais on ne sent aucune trahison dans l’écriture de cette histoire portée par un dessin toujours aussi dynamique et lisible. La boucle est bouclée pour ce récit aux allures de montagnes russes mais dont on ne gardera malheureusement pas un énorme souvenir par après.

Un bon gros divertissement aussi fun que dispensable pour les amateurs de bastons surréalistes (situer l’action au cœur d’une guerre comme celle du Vietnam est un pari inédit).

Nom série  Vacuum  posté le 21/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’adolescence est un vaste débat. Déjà parce qu’il s’agit d’une période particulière que tout le monde vit de façon très brutale ou effacée mais toujours très personnelle.

Après parce qu’on n’en sort jamais réellement de ce douloureux passage de l’enfance à l’age adulte (j’en suis un bel exemple ).

Enfin parce que toutes les œuvres consacrées à l’adolescence sont toujours passionnantes à mes yeux et riches d’instructions.

Après avoir refermé Vacuum du méconnu mais talentueux Lukas Jüliger, on se remémore forcément certaines images imprimées à vie sur nos rétines de Virgin Suicides, Donnie Darko (encore et toujours ce film) sans oublier Elephant de Gus Van Sant.

Malgré les nombreuses références évoquées (Vacuum pourrait être effectivement une adaptation littéraire de Donnie Darko et de son apocalypse en compte à rebours), le présent bouquin n’est pas un plagiat de plus mais possède sa propre identité s’affranchissant tour à tour de ses références par un univers qui lui est propre et distinct.

Aidé par un dessin tout en substances et en douceurs tirant vers le beige et le gris, on nous prend par la main sans brusquer les choses, aidé il est vrai par un rythme calme et précédant la tempête qu’on nous promet en fin d’ouvrage (il s’agit de relater la dernière semaine avant la fin du monde chapitrée par les jours). Quelques vignettes sont tout à fait sublimes et évoquent autant la contemplation que la mélancolie qui habite chaque page comme chaque cœur de nos jeunes protagonistes.

Car l’auteur n’a pas son pareil pour dépeindre une révolte passive mais bien présente. Les « héros » déjà n’ont pas de prénom afin de mieux s’en identifier à part Sho qui a trop abusé de drogues et s’invente un monde alternatif dont lui seul possède les clés d’entrée comme de sortie.

A côté de cela une histoire d’amour perturbée et complexe s’installe entre le narrateur et la « girl next door » qui lui ouvrira certaines voix de perception rajoutant un peu de fantastique et surtout de poésie par petites touches là où Charles Burns cherchait à installer un électrochoc « cronenbergien » avec les mutants isolés de Black Hole.

Ici les actes violents sont évoqués et effleurés là où le duo Mezzo/Pirus usait et abusait d’ironie et de provocation dans le Roi des Mouches.

On peut trouver l’histoire immobile mais son côté figé amène une véritable progression sur l’ensemble des personnages dont on pourra comprendre leur passé dans une narration complètement maîtrisée de l’auteur.

Les ellipses peuvent paraître brutales mais l’ensemble est d’une telle cohérence et évidence au final qu’il est difficile de ne pas y adhérer pour peu que l’on soit sensible au sujet.

Le choc ressenti à la fin de l’ouvrage découle même d’une logique implacable là où tout parait flotter et donne envie de s’y replonger plus tard, le cœur un peu plus vide des sensations évoquées.

Il s’agit surement d’un des plus beaux romans graphiques que Rackham nous fait l’honneur d’éditer dans un format approprié sur un papier de qualité. Difficile de résister à ces jolis dessins au contenu finalement pas si anodin.

Nom série  Petites cervelles  posté le 30/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ici l’enthousiasme des comics de zombies laisse place à une déception toute relative…
Après l’adolescence et les zombies titulaires d’un DEUG, voici les cours de récré envahies par des hordes de zombies ! Où allons-nous ?

De très bonnes critiques récoltées sur la toile ne résument pas tout, dans un esprit très MAD (le magazine anglais, pas Mad Movies), Bob Fingerman dresse un petit portrait de ces sales petits moutards qui cherchent rien que des emmerdes en se battant dans la cour d’école, se mettent les doigts dans le nez et matent des bouquins pornos. Un peu comme vous et moi il y a 30 ans (pour ma part) voire moins pour les plus jeunes d’entre nous.

La morale ne sera pas sauve puisqu’un charmant professeur aidé de deux têtes à claques intellos (vous savez, ces garçons boutonneux à lunettes qui font rien que d’étudier et qui ne vous intéressent pas et qu’on trouve dans tout récit se passant dans un collège US) fait quelques expériences à base d’une curieuse fumée mauve nauséabonde, prétexte à réanimer certaines cellules mortes sauf que là le résultat va être tout autre avec recrudescence de cadavres dans toute l’école !
Une petite chance subsiste : on ne devient zombie que si l’on est mordu ou trop jeune pour la puberté ! Une chance pour nos petits moutards décrits plus haut qui vont devoir s’armer de tout ce qui leur passe sous la main et découper du zomblard pour notre plus grand plaisir !

La couverture est plutôt prometteuse, de belles couleurs chatoyantes, des petits corps bien dessinés avec des grosses têtes et de la tripaille au bout de 30 pages sur les 100 que compte ce petit bouquin cartonné.

Et pourtant la mayonnaise ne prend pas pour un problème à la fois de culture et de souhait de faire de l’indépendant coute que coute j’imagine. C’est très bavard et ça se veut drôle sans l'être souvent.
Passe encore, c’est le gros avantage d’un comics par rapport à un roman. Mais le souci c’est que c’est BEAUCOUP trop bavard, les scènes sont plutôt mal découpées et le dessin si charmant du début commence sérieusement à gonfler au bout de quelques pages…

Le plus drôle c’est plutôt le contraste amené par ces charmants dessins avec les scènes gores car la fin du livre passe d’une scène de tripaille à une autre mais l’effet escompté n’est plus du tout le même. Nos petits mouflets survivants arrivent à sortir de leur école et … c’est la fin ! Une suite est-elle prévue ? même pas mais au vu des nombreuses critiques de ce Recess Pieces sur le net, a priori c’est un comics apprécié outre-Atlantique mais absolument pas de moi.

Un achat complètement superflu surfant sur le succès de Minimum Wage mais agaçant au possible. A fuir comme la peste, les curieux comme moi en seront pour leurs frais.

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