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Nom série  Mickey's Craziest Adventures  posté le 06/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Rapide flashback : même si j'en ai très peu parlé ici et là, j'ai lu beaucoup d'aventures des personnages de Mickey ou de Donald dans ma jeunesse.
Le journal de Mickey, Mickey Parade et compagnie font partie de mes classiques.
Malgré une nette préférence pour les aventures de Donald et de ses neveux ou du célébrissime Picsou, l'univers de Mickey, souvent moins drôle, n'avait aucun secret pour moi....

Puis paf on grandit, on oublie et, et, et.... Quelle ne fut pas ma surprise de voir Trondheim au scénario d'une commande et d'un partenariat de 4 albums Glénat sur la souris la plus célèbre de Disney !

Avec Keramidas aux commandes qui a fait ses armes dans un studio Disney section animation avant de voler de ses propres ailes, c'était déjà l'assurance d'un joli duo pour réanimer la souris au short rouge dans un univers déjanté... Pari tenu car ce joli album toilé est non seulement une madeleine de Proust incontestable mais une oeuvre culte de plus pour les papas de Lapinot et de l'excellente trilogie Alice au pays des Singes !!!

Jouant des contraintes imposées par Disney (pas d'alcool ou armes à feu entres autres), Trondheim a du se régaler en concoctant un scénario rythmé et complètement déjanté s'affranchissant même des transitions désuètes puisque son histoire est entrecoupée de pans béants dans sa narration.

Une histoire incomplète, comment cela ? Très simple, les auteurs ont fait mine de retrouver un récit incomplet et jamais publié en français qu'ils auraient traduit et réhabilité...

En fait chaque planche est numérotée et il en manque pas mal volontairement, libre au lecteur de se constituer lui même les transitions nécessaires.

Vous êtes perdu ? Pas du tout ! Il ne faut pas oublier que Trondheim est passé maitre dans le style Oubapo et que l'ensemble n'est que prétexte à une succession de gags de haute volée en une page et dont il est facile de relier les pages manquantes.

Sur base d'un traditionnel vol de Picsou par Pat Hibulaire et les Rapetou, Trondheim et Keramidas nous basculent en 44 pages dans l'univers complet, drôle et absurde de Mickeyville ! Ainsi Donald et Mickey forment un sacré duo, toujours en mouvement. Qu'ils soient rapetissés, explorent un temple inca ou aillent même sur la lune, leurs péripéties vont vous rappeler votre jeunesse et vous faire marrer car oui on rit des codes Disney détournés par les auteurs de façon non seulement respectueuse mais référentielle.

Pour ma part, Mickey n'aura jamais été aussi drôle sur papier que dans cette aventure où il sera affublé d'un Donald fidèle à lui-même.

Keramidas est un auteur complet dont le style dynamique et cartoon s'adapte parfaitement au style rétro et vintage de Mickey.

Il faut également souligner le travail exemplaire de Brigitte Findakly aux couleurs "restaurées" et aux nombreuses taches et effets vieillis de la bd (n'oubliez pas qu'il s'agit d'un trésor perdu puis retrouvé) lui donnant un effet "Grindhouse" des plus réussis.

Bref, la réussite est totale. On lit d'abord par curiosité forcément puis on tombe sous le charme en à peine 3 pages....

Merci Trondheim et Keramidas de nous offrir un tel bijou sur un univers aussi éculé et balisé que celui de Mickey et de Donald ! Ruez vous vite dessus, vous ne le regretterez pas d'autant plus que le prix de 15 euros est tout à fait inhabituel pour un album de cette qualité éditoriale.

Nom série  L'Intégrale du Meilleur du moins Pire  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Même constat !

Soyons francs : sans l'apport d'une rencontre, d'une conversation et d'une dédicace avec Fred Coconut, ce genre d'albums n'a guère d'intérêt. Et pourtant cela a beau s'être déroulé il y a plus de 20 ans pour l'album "Le Monde est Dingue", je me souviens avec plaisir du moment passé avec un personnage loufoque et éminemment sympathique.

Il s'agit d'une succession de gags plus ou moins bien réalisés (mais avec très peu de décors) sur des thèmes des plus variables. Le thème voire le titre même est sans importance car il s'agit d'une immense compilation.

L'apport d'une préface par Fred Metayer n'y changera rien, c'est typiquement le genre de livres qu'on peut lire dans une salle d'attentes, qui fera peut être sourire mais dont on ne se souviendra pas une heure plus tard. Pourtant Coconut a un véritable don pour la caricature (ses dédicaces sont effectivement superbes) mais il serait malhonnête de recommander un livre à strips vus et revus sans ce petit plus.

Nom série  Roger et ses humains  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On va tout de suite faire taire le sujet qui fâche à propos de cette oeuvre que j'ai vue maltraitée ici et là sur le net par des gens qui n'ont même pas pris la peine de la feuilleter voire mieux : de la lire.

Pourquoi un tel sujet de discorde ? L'auteur Cyprien Lov est connu et reconnu par toute une génération comme étant le "Youtubeur" à la mode pour nos têtes blondes.
Dupuis l'a bien compris en y ajoutant un gros sticker à l'effigie du jeune homme qui n'aurait jamais eu droit à sa "bd" sans le succès commercial qu'il peut inspirer ce qui lui a attiré les foudres des "bienpensants" de la bd franco-belge, vous savez tous ces gens qui ne jurent que par Spirou et Largo Winch et estiment, à tort, que personne d'autre n'a le droit de publier son oeuvre.

Légitime pourtant, "Roger et ses humains", l'est car Cyprien a du talent. Ce n'est certes pas du niveau des plus grands mais pour une première œuvre, ce Roger vaut bien d'autres ouvrages à strips bien moins inspirées.

Le petit couple qui se fâche sur la couverture reçoit un robot intelligent et "pisse-sans-rire" venu de nulle part. Incapable de mentir, ce dernier est en fait une arme massive planquée par le père du jeune branleur.
Justement Hugo est un geek chômeur qui passe son temps à glander sur les jeux vidéo. Sa copine travaille et doit supporter l'oisiveté de son compagnon.

Le robot baptisé Roger va donc bouleverser tout ce petit monde tel un chien dans un jeu de quilles ce qui donne quelques situations cocasses dont Hugo sera la tête de turc désignée en permanence.

Ces petits strips de 3 ou 4 cases formant un tout ne sont pas tous à proprement parler hilarants mais restent relativement divertissants en dépit de leur caractère répétitif et d'expressions parfois ouvertement vulgaires car calquées pour parler "djeuns".

Cyprien se prend un peu plus les pieds dans le paillasson lorsqu'il cherche à raconter une véritable histoire avec militaires, espions et complot mais ça reste malgré tout agréable. N'oublions pas qu'il s'agit d'une histoire à destination d'un public ado avant tout et que je n'aurais jamais ouvert ce livre s'il n'appartenait pas à ma propre fille de 15ans.

Là où le bas blesse c'est d'un point de vue graphique. Paka est issu aussi des blogs geek mais n'a pas les reins assez solides pour dépasser le stade de l'illustration. Son style manga-franco-belge est sans subtilité, les pupilles sont aussi vides que les décors réduits à leur plus simple expression.

Mais ça reste lisible et comme le dessin passe au second plan dans une oeuvre comique, on peut en faire rapidement abstraction.

Une suite est prévue mais je pense que le procédé ainsi que le pitch n'iront pas au delà d'un ou de deux tomes.

En attendant, bravo pour Cyprien et ce premier album pas aussi honteux qu'on voudrait bien le supposer et euh rien pour Paka car pas envie de tirer sur l'ambulance !

Un livre qui plaira à vos ados et que vous pourrez leur emprunter sans honte !

Nom série  The Golden Boy  posté le 16/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir rédigé pour Doggybags 2 le très perturbant ElWood & the 40 freak bitches, le duo Ozanam/Kieran revient développer cet univers barré avec le demi-frère du psychopathe à la pelle dans ce Golden Boy !

La particularité de Jake Wood ? Trader talentueux à New-York mais fortement dérangé et en proie à diverses hallucinations de son environnement dont je vous laisse la surprise pour une introduction qui dépote, cet employé modèle en apparence extérieure dresse un portrait cynique mais très drôle de la société actuelle par l'intermédiaire d'une voix off constante et inspirée,

Aidé en cela par le trait anguleux et dynamique de Kieran, Antoine Ozanam se plaît à raconter le quotidien d'un taré en puissance dont les effets secondaires ne vont pas tarder à se révéler avec l'arrivée inopinée du Papa, ange rédempteur déchu et allumé.

Que ce soit par les métaphores ou nombreux flashbacks, ce conte cruel et glauque demeure un régal d'écriture et de mise en scène. Les références sont nombreuses et il est impossible de ne pas penser à des œuvres comme Taxi Driver, Fight Club ou American Psycho.

Ozanam a eu l'intelligence de rendre son Golden Boy tout à fait indépendant de son récit d'origine avec le demi-frère Elwood et la copie serait proche de la perfection sans un dernier acte qui se veut « vengeur » volontairement perturbant mais que j'ai trouvé confus et vain.

Dommage mais il n'est pas exclus qu'une fausse suite arrive par après en « one shot » de cet univers dans lequel les auteurs semblent prendre beaucoup de plaisir ; ça tombe plutôt bien car nous aussi même si au final il ne s'y passe pas grand chose.

Nom série  L'Amour toujours !  posté le 15/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Effectivement, sans l'avis de Noirdésir sur cet album, je ne me serais jamais remémoré cet album de Fred Coconut dont je garde un plus beau souvenir de ma rencontre avec lui lors d'une séance dédicace qui doit bien remonter à plus de 20 ans !

C'est ce qui justifie la présence de cet ouvrage dans ma collection car honnêtement il est effectivement plus doué pour les caricatures !

L'artiste étant toujours d'actualité mais par diffusion confidentielle, je serais effectivement bien tenté de feuilleter sa progression par curiosité (L' Amour toujours ! étant l'une de ses premières oeuvres) mais pour cela j'attends de le revoir à nouveau en salon car le personnage est plus drôle que le contenu du présent ouvrage !

Nom série  Sept naufragés  posté le 12/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Aïe aïe aïe....

Allons droit au but : sans l'apport de ce tome dans la série des "Sept", je n'aurais jamais lorgné vers ce bouquin qui ne doit sa légitimité que dans cette collection et n'aurait surement jamais été publié tel quel en one shot indépendant.
Alors que je suis d'habitude très clément sur cette série, celui-ci est l'exemple parfait pour TOUS ce qu'il ne faut pas y reproduire au sein de la thématique comme en général par ailleurs...

Le thème est éculé et reprend exactement la trame d'une certaine série télévisée bien connue (avec une fin identique d'ailleurs) que je ne vais pas citer mais que vous pouvez trouver facilement en quelques secondes de réflexion de par les thèmes... D'ailleurs les indices sont tellement grossiers jusqu'au nom d'un personnage "clé" et certains flashbacks qu'il faut probablement avoir le niveau d'un enfant de 4 ans ou lire cette bd complètement bourré pour ne pas se douter de l'issue...

Il s'agit en fait d'une petite communauté vivant sur une île de façon particulièrement insouciante. 6 enfants sont rejoints par un 7ème venant de s'échouer et cherchant "la vérité" sur leurs conditions de cette île. En effet tous les enfants vivent avec des parents adoptifs sans se douter véritablement du pourquoi et comment ils sont arrivés aussi.

Seul le mystérieux phare placé de l'autre côté de l'ile et qu'il ne faut surtout pas éteindre leur fournira les réponses à leurs questions existentielles mais selon les habitants adultes de l'ile, il ne faut SURTOUT pas éteindre ce phare et la prophétie de malédiction s'abattant dès que 7 enfants sont réunis risque de s'abattre à nouveau sur leur village...

Voilà donc à l'exception d'une jolie ellipse temporelle complètement voulue, le reste n'est qu'une accumulation de clichés et de dialogues sans intérêt. Pire les 7 enfants ne sont absolument pas attachants ou charismatiques et leurs prénoms à coucher dehors n'aide pas à l'identification.

On retrouve hélas le même principe d'une "bonne" idée qui aurait pu se tenir sur une vingtaine de pages tout au plus mais est étalée vulgairement sur plus de 60 pages qu'il va falloir remplir de la façon la plus absurde et grotesque : par du remplissage insipide et des dialogues inintéressants.

Effectivement lorsque le seul but de poursuivre cette lecture laborieuse (lu en 4 ou 5 fois, c'est dire) est de vérifier si on avait vu juste et non seulement c'est le cas mais il n'a guère d'émotion ou de plaisir à en tirer...

Tony Semedo s'en sort mieux avec ses dessins au style très manga européen façon Winx ou Elfées calibré pour les gosses avec une colorisation rose bonbon pastel qui loupe le coche de l'ambiance anxiogène pourtant nécessaire pour créer un suspense ou une tension qui n'apparaitront réellement jamais.

Je n'aime pas son style mais ce serait être d'une mauvaise foi absolu que de prétendre qu'il ne sait pas dessiner bien au contraire.
C'est d'ailleurs lui qui sauve les meubles et auquel j'évite la note rédhibitoire minimale par son talent et certains décors fort jolis. Mais le design de ses personnages est trop lisse et je n'ai guère apprécié la mise en page des phylactères un rien frigide.

C'est donc un beau gachis et tout ce qu'il ne faut pas faire. Je ne connais pas Andoryss et commence à craindre pour sa trilogie du Cercle que je possède mais n'ai toujours pas lu avec le talentueux Nesskain aux dessins mais cet essai non transformé ne me rassure guère.

Un petit deux d'encouragement pour inciter David Chauvel à choisir de bien plus chouettes scénarios pour sa série concept que j'apprécie beaucoup et également pour Tony Semedo qui a surement beaucoup de talent à revendre et que j'espère revoir dans de bien meilleures dispositions que le présent album qui aurait du s'appeler "C'est un Naufrage".

Nom série  Santiago  posté le 11/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les Westerns pour de rire comme on dit par ici, je suis grand fan.

Le sujet n'est pas si étrange que cela car on en dénombre pas mal en franco-belge couramment comme le décevant Al Crane (à mes yeux) et le très chouette Z comme don Diego.

Ici c'était pourtant mal parti dès le départ. N'étant pas un grand fan du dessin de B-Gnet que je trouve parfois réussi comme brouillon, j'ai eu du mal à lire cette grande histoire à déguster par tranches de tortillas ou petites scénettes de 2 à 6 pages mais il y a une certaine consistance dans le déroulement certes classique de cette bande de desperados bien "cassos" et puis et puis....

C'est venu d'un coup comme ça et ça ne m'a plus lâché du reste de toute cette BD....

Quoi donc ? L'avais je oublié depuis les œuvres de Fabcaro et Fabrice Erre mais c'est le rire tout simplement !!!!

Parce qu'autant vous le dire tout de suite, Santiago ce n'est pas très intello mais c'est franchement tellement absurde que je me suis surpris de sourire et de rire des situations improbables et des bons jeux de mots.

Le talent de B-Gnet est d'avoir écrit un scénario simple et éculé avec une bande de desperados qui accumulent les gaffes sous la tutelle du terrrrrrrrible Santiago peu aidé par un sosie du sergent Garcia qui va vous exploser les côtes, le bien nommé Pablo.

Quelques références hilarantes sur la Petite Maison dans la Prairie, les codes des films de Sergio Leone un peu chamboulés et l'introduction de Chico euh pardon Jessica soit une demoiselle dans la bande achèveront ces 96 pages qui connaissent peu de baisses de régime vers un final anthologique en guise de miroir....

On ajoute au tout une jolie colorisation et on emballe le tout dans un chouette petit livre bien réalisé comme souvent chez cet éditeur et c'est parti pour 96 pages hilarantes dont vous vous féliciterez l'acquisition ! D'ors et déjà culte !

Il me fallait bien une œuvre d'exception pour mon 500ème avis sur le site marron ! <3

Nom série  L'Arabe du futur  posté le 17/08/2015 (dernière MAJ le 09/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles.
Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80...
Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité.

En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes.

Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage).

A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée.

Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse !

Bravo et vivement la suite !

Avis sur le tome 2 : L'effet de surprise étant passé, j'ai trouvé ce second tome bien moins percutant et bien plus répétitif. Attention cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon mais le côté redondant de ce looooong récit n'apporte finalement pas beaucoup plus à la verve et la fraicheur du premier. Cela reste néanmoins très très bon en espérant que le 3ème tome retrouve un peu la spontanéité du début et qu'il me surprenne à nouveau ! Riad Sattouf a un tel niveau d'écriture que j'en deviens exigeant ! Ce qui n'est pas forcément négatif finalement.

Nom série  Sept frères  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cela faisait longtemps que je n'avais plus rien lu de Didier Convard dont l'attachement aux Francs-Maçons n'est plus à démontrer et dont j'attends encore et toujours la fin hypothétique de sa saga Neige. Mais bon passons.
"Sept" est une série concept qui aura fait couler pas mal d'encre, en bien comme en mal.
Jonchée de petits chefs d’œuvre comme "Sept Yakusas" et également d'autres bien moins inspirées comme Sept guerrières.

Néanmoins, impossible de s'y ennuyer tant le concept me parait intéressant avec ses qualités comme ses défauts.

Justement, à propos de défauts, Convard ne déroge pas à la règle en présentant ses sept personnages tour à tour dans deux époques distinctes.

Époques distinctes ? Tiens tiens.... En effet le sujet mérite un peu plus d'attention avant de poursuivre....

En effet sept anciens résistants impliqués dans la franc-maçonnerie et tous arrêtés en 1943 après avoir été balancés par l'un d'entre eux sont mystérieusement convoqués par un Corbeau à une nouvelle séance...
C'est le moment pour tous de se remémorer des souvenirs douloureux pour la plupart et de faire ressortir des plaies qui ne seront jamais cicatrisées...mais également de régler leur compte une fois pour toutes avec ce passé malmené.

Outre l'intrigue et les nombreux flashbacks entre 1943 et 1951, le récit est passionnant à lire, le portrait dressé de ces 7 fantômes et de la France sous occupation est magnifiée par le trait précis et inspiré du trop rare Hervé Boivin dont le style change radicalement de Pretty Little Nightmares.

Alors certes l'image "angélique" allouée à la Franc-Maçonnerie ne me plait guère n'étant pas du tout fan de ce genre de communautés et l'intrigue à la "Dix Petits Nègres" est d'autant plus palpitante que sa conclusion sera plutôt décevante par manque d'intérêt pour la résolution de l'énigme....

Mais revenir sans cesse en arrière pour "combler" les flashbacks, tenter d'y lire des indices et relever les "énormités" du traitre forcément menteur est sacrément ludique et prenant.

Le sombre visage de notre Histoire est également raconté de façon réaliste, touchant et pas forcément manichéen.

L'exercice peut paraître vain et l'avis de eric2vzoul tout à fait respectable mais voilà, j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture avec l'envie probable de relire tout ceci...

Un très bon cru de la série Sept.

Nom série  Le Grand Méchant Renard  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Revisiter les contes de notre enfance pour mieux les détourner reste un exercice souvent périlleux et casse-gueule.
Casse-gueule parce que le résultat peut être catastrophique s'il en devient trop référentiel et parodique par contre Benjamin Renner s'en sort admirablement avec ce petit bijou d'humour et de tendresse en utilisant les codes classiques (les grands méchants loup et renard face aux gentils poussins) dans un rythme effréné digne des meilleurs cartoons de la Warner.

Par un dessin simple et affranchi de bordures, les couleurs pastel renvoient inconsciemment au procédé d'illustration. Elles apportent surtout un confort nécessaire pour une lecture rapide et survoltée sur les mésaventures d'un Renard qui se voudrait méchant en élevant des poussins volés dans le but de les dévorer avec son mentor le Loup. Mais rien ne va se passer comme prévu...

Riche en péripéties et en galeries de personnages tous aussi loufoques les uns que les autres avec une poule « stallonisée », un chien aussi actif qu'un préposé communal le vendredi à 15h ou un cochon et un lapin réduits au rôle de Laurel & Hardy, pas le temps de s'ennuyer dans ce récit génial que je recommande aussi bien aux petits qu'aux grands !

P.S : à noter que mon édition contient également un récit supplémentaire plus court sur Noël avec des animaux tout aussi loufoques, certes pas aussi drôle mais tout aussi agréable et fun à lire !

Nom série  Les Intrus  posté le 02/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour ma première incursion dans l'univers d'Adrian Tomine, je dois avouer que cet essai est en tous points réussi.

Proche des récits de Daniel Clowes et en particulier David Boring que j'affectionne particulièrement, Tomine utilise des techniques similaires pour dépeindre un quotidien morne et banal dans une Amérique d'aujourd'hui avec des dons de cartoonistes vraiment épatants, mélangeant gaufriers et couleurs, noir et blanc et découpage en strips selon l'humeur.

Ce recueil de 6 histoires n'est pas réellement pour tout le monde tant la mélancolie qui s'en détache devient rapidement perceptible et malgré de jolis dialogues ajoutant ici et là de l'humour ou du malaise. Bref la vie dans toute sa subtilité...

Les histoires qui forment ce recueil sont toutes à la fois différentes et épatantes. Que Tomine décrive la passion envahissante d'un jardinier pour un concept de sculptures végétales affreuses ou le quotidien pas évident d'une étudiante dont son sosie est une star du porno, ses récits font mouche.

Et lorsqu'il habille ses récits d'une touche d'émotion avec ce court monologue d'une mère à son fils justifiant son abandon ou d'une gamine bègue se découvrant une nouvelle passion pour les stands ups et au coeur d'une famille brisée par la maladie, c'est réellement le coeur serré que l'on peut comprendre la portée de ces relations humaines si simples et si touchantes à la fois.

L'histoire d'un vétéran militaire essayant en vain de renouer avec son passé perdu dans son ancien appartement ou la vie de couple d'une loser et d'un dealer quadra m'ont laissé un peu plus de marbre mais uniquement parce qu'elles sont légèrement en dessous du niveau de qualité des autres récits.

Finalement les intrus c'est vous, eux, moi... Tous ces gens qui passent et essayent un peu de vivre en harmonie avec leur quotidien... Ce livre n'est effectivement pas une ode à la joie de vivre mais peut aider à mieux digérer la pilule et se révèle finalement en tous points exemplaire.

Nom série  Roger Fringant (Les aventures de)  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Roger Fringant est une de ces séries pastiches dont je rafole, à savoir combiner des histoires hyper connues dans un décalage des plus salvateurs !

Pour cette histoire c'est Hergé et E-P Jacobs qui en font les frais avec des hommages plus qu'évidents aux albums cultes "On a marché sur la lune" pour le premier et "Le rayon diabolique" pour le second.

Mais attention, Jacques Lob ne se contente pas de moquer les univers suscités mais au contraire de leur rendre hommage par une science-fiction à la Papa plutôt bien documentée et riche en retournements. C'est un peu le Rayon U du toujours même E-P Jacobs revu et corrigé pour l'occasion par un sens du feuilleton (chaque "épisode" est constitué de deux pages avec bandeau et cliffhanger à la clé).

Roger Fringant va rendre visite à sa fiancée Marinette qui est également la fille d'un savant particulièrement inspiré puisqu'il invente coup sur coup une machine à voyager dans le futur puis une navette pour aller conquérir la lune rien que ça !

Roger est de la partie, voyage dans le futur, déjoue les pièges de l'ennemi jaune (et hop un coup de colonialisme à la Bob Morane) et part explorer une lune inhospitalière.

Bien sûr on se marre des anachronismes et des situations incongrues, des droïdes bien vintages et des espions bien louches, le tout dans une bonne humeur qui vous arrachera quelques rires et sourires.

L’œuvre de Jacques Lob qui officie également en tant que dessinateur est également la plus accomplie graphiquement. Son trait simple use et abuse de hachures du plus bel effet notamment sur la partie lunaire soit la majorité de ce récit.

La fin est facile mais franchement poilante et j'ai passé un agréable moment avec Roger Fringant que je recommande dans la chouette intégrale de Lob éditée par Cornélius qui comprend quelques autres pépites incontournables.

Nom série  Batmax  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
En tant que scénariste et dessinateur, le regretté Jacques Lob a publié certaines petites histoires caustiques dont la plus célèbre reste L'homme au landau.
Batmax est construit de la même manière par petits épisodes.
Surement amateur des séries radiophoniques ou télévisuelles, Lob s'amuse à déconstruire le mythe du super héros avec le jeune Maxime vivant seul avec sa mère, une créature plantureuse comme la malheureuse ouvrière Léa de l'homme au landau.

La jeune divorcée (ou veuve ce n'est pas précisé) s'attire la convoitise d'un essaim de mâles en rut ce qui n'est pas pour plaire au jeune Maxime soucieux de garder l'amour maternel et diverses attentions juste pour lui.
Il se confectionne un déguisement de Batman avec oreilles de Mickey et devient Batmax.
Batmax va donc regorger d'ingéniosité pour pourrir la vie sentimentale de sa mère en livrant bourres-pifs et mettre en fuite les amants éventuels de sa maman.

Le dessin reste délicieusement underground avec des traits en noir et blanc très simples mais parfaitement lisibles. On rit ou on pleure des déboires de cette famille décidément pas comme les autres puisqu'en partant d'une bonne intention : défendre sa mère, le jeune Maxime va devenir son pire cauchemar également !

L'histoire complète termine un cycle avec la révélation de la double identité de Batmax à la meilleure amie de la mère de Maxime qui compte bien profiter de la situation mais le tout restera sans suite. Dans un sens ce n'est pas plus mal car les évènements auraient pu tourner rapidement en rond par leur répétitivité.

Agréable à lire sans être transcendant, je vous recommande éventuellement l'achat de Batmax mais principalement dans l'intégrale de L'homme au landau où elle figure également avec d'autres histoires dont le chouette Roger Fringant.

Nom série  L'Homme au landau  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jacques Lob que je connais et reconnais surtout pour être l'un des co-auteurs du classique Transperceneige a également beaucoup oeuvré pour d'autres séries célèbres comme scénariste de Blanche Epiphanie et Superdupont.

L'éditeur Cornélius a eu la bonne initiative de réaliser cette première intégrale de cet auteur disparu en tant qu'artiste complet : scénariste ET dessinateur.

Si la jolie préface nous laisse présage d'un humour à la Sempé avec un aspect presque trash, on rentre vif dans le plat principal avec l'homme au landau qui constitue la principale histoire...

Petit, moustachu et profiteur, cet homme séduit les femmes dans l'unique dessein de continuer sa vie oisive dans un landau qu'il ne quitte jamais et d'en faire ses propres esclaves sexuels.
Annoncé comme tel, je me doute bien que ce n'est ni attirant ni drôle. Pourtant ces petites histoires qui se suivent à la suite ont je ne sais quoi de féroce et de réjouissant face à la naïveté et à la dévotion de la plantureuse Léa qui va subir tous les outrages possibles de son "homme".

Quelques gags parus dans l'Echo des Savanes et autres périodiques des années 70/80 suivent avec un particulier Batmax avant de laisser place à la deuxième grosse histoire : Roger Fringant.

Calqué sur les sérials avec cliffhanger à la clé sur des épisodes de 2 pages se lisant à la suite, Roger Fringant capitalise sur le succès de Tintin spécialement son passage sur la lune et surtout de Blake et Mortimer dont il reprend les tartines de texte un rien décalés et les situations grotesques (passage dans le temps, science-fiction désuète).

L'ensemble a un charme fou et on croirait presque lire une adaptation "suédé" du Rayon U de Jacobs bien plus décontractée.

Jacques Lob n'était pas le meilleur dessinateur de sa génération. Son style underground rappelle pourtant beaucoup les crayonnés de Robert Crumb et ajoute unee touche indépendante supplémentaire. En tous cas le trait est suffisamment aéré pour rester complètement lisible et les dessins gagnent en efficacité sur les paysages lunaires de Roger Fringant.

Drôle et caustique, cette intégrale est une belle alternative à la morosité ambiante et constitue dans tous les cas et malgré une couverture "particulière" une lecture hautement recommandable et pas uniquement historiquement.

Nom série  Histoire de l'art macaque  posté le 30/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici un vieux projet laissé en jachère selon les aveux de l'auteur lui-même et enfin publié sous sa forme définitive : des dessins très épurés au trait vert pour faire une jolie métaphore sur le monde de l'art par des singes aux prénoms évocateurs (Yannick, Romuald ou Cyril entre autres).

Tout débute simplement avec deux copains défoncés aux champignons hallucinogènes découvrant par le plus grand des hasards le dessin comme les premiers hommes découvrirent l'usage du feu.

Yannick commence à développer cet art sous l'oeil "bienveillant" de son "nègre" Romuald qui n'entend pas rester anonyme pour le succès d'un autre et commence à développer un autre style pour le concurrencer.

Dès lors plusieurs rivalités, concurrences se mettent en place pour profiter de l'intérêt certain de ces peintures quitte à en faire de l'abstraction et à surenchérir sur le voisin constamment.

On reconnait bien le message subtil et réussi de Benoit Preteseille sur l'art en général et la bêtise du monde cultivé dit bourgeois propice à aimer tout et n'importe quoi si cela permet de les distinguer du commun des mortels.

Au public l'attirance pour des oeuvres absurdes ou ridicules et aux artistes de devenir vaniteux et prétentieux dans le seul but d'avoir du succès.

Dans le fond, le récit est très bien découpé. Chaque page considéré comme un "gag" à part entière possède un titre et le tout se laisse lire sans déplaisir.

Malheureusement c'est très répétitif et pas forcément drôle. De surcroit je ne suis pas trop fan de ce dessin très simple et direct et pas forcément moche mais sans grande personnalité là où j'aurais aimé y trouver un peu plus de caractère. Tous les goûts sont suggestifs et vieillir me donne peut-être des propos bobos mais c'est ainsi.
Si l'Histoire de l'Art Macaque est à lire, surligne pas mal de propos sur la surestimation de certains artistes (Sérieusement vous trouvez que tous les Picasso difformes sont beaux et ont une signification ?) et dépeint une réalité par métaphore, c'est également dommage que ce ne soit pas plus qu'anecdotique d'où une note sévère pour une oeuvre que je ne relirais probablement pas.

Oui, dommage car le thème et la méthode développées auraient mérité un peu plus d'humour absurde à la Trondheim par exemple.

Nom série  All You Need is Kill  posté le 29/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On va commencer directement par la motivation de cet achat étant donné que je n'ai jamais été un grand fan de mangas et encore moins des formats réduits imprimés sur papier chiotte mais l'intégrale grand format cartonnée est vraiment magnifique et de très belle facture.

Secundo, j'avais plutôt bien apprécié le film "Edge of Tomorrow" avec Tom Cruise et la sculpturale Emily Blunt rhaaaah mais je m'égare oups excusez-moi !

Tertio, j'ai toujours apprécié les séries courtes et le fait de savoir que l'histoire était complète en une intégrale ou deux tomes est un plus indéniable...

Mais un bon film ne fait pas nécessairement un bon manga même s'il en est inspiré. On se doute que les scénaristes ont du bien retravailler le scénario de base pour faire de Kenji, jeune militaire aspirant d'une vingtaine d'années le personnage de Tom Cruise qui affiche plus de 50 printemps malgré une apparence plus jeune que notre Spooky !

Partant sur le même postulat que le film "Un jour sans fin" dans un contexte militaire futuriste, Kenji est une bleusaille qui s'est engagée dans l'armée suite à une déception militaire et qui doit maintenant affronter des aliens hostiles dans une armure futuriste digne du jeu Halo.

Inexpérimenté face à un ennemi invulnérable, Kenji ne tarde pas à mourir dans d'atroces souffrances mais se réveille presque immédiatement après dans la journée précédant sa mort.

Tout d'abord complètement abasourdi, il ne tarde pas à réagir et profiter de cette astuce temporelle pour apprendre et jouer de sa mémoire comme d'un jeu vidéo.

Ludique mais répétitif (tout comme l'était le film), le récit prend une certaine ampleur en distillant ce qu'il faut d'informations et de scènes d'action dantesques lors des assauts et tient le lecteur éveillé.
L'approche du personnage de Rita, une mystérieuse guerrière américaine d'allure frêle mais sanguinaire pour l'ennemi va donner un nouveau sens à la guerre sans fin de Kenji.

Porté par des dessins magnifiques et malgré un découpage parfois incertain sur les scènes de batailles, "All you need is kill" est à prendre pour un divertissement de qualité et que je conseillerais volontiers également aux amateurs de comics.

Nom série  Un Père vertueux  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce livre est un accident.

Accident de parcours puisqu'il se veut le début, la suite et la fin de Trois fils du même auteur.
Pourquoi donc le dissocier de la série dite d'origine ? C'est bien simple, Trois fils était conçu comme le premier tome d'une trilogie qui n'aura jamais lieu. Ce n'est pas pour autant une série abandonnée puisque le présent ouvrage fait effectivement office de séquelle et de préquelle MAIS qu'il peut se lire complètement indépendamment du livre d'origine.

Ce tour de force, suffisamment rare pour être souligné, on le doit à Ludovic Debeurme qui a déjà fait ses armes chez le même éditeur mais également chez Futuropolis avec Lucille et Renée.

Parti timidement de "3 Fils" en aquarelle et avec un style peu bavard mais peu avare en poésie, Debeurme renoue avec son style d'origine essentiellement constituée de traits de crayons de couleur (comme ne le laisse pas supposer l'austère couverture) et le résultat me laisse pantois : c'est simplement magnifique.

On passe à 160 pages pour un résultat qui prend aux tripes et qu'il est difficile de reposer sans en arriver à l'ultime page.

Le tour de force est effectivement de revenir sur les origines de ces trois fils, de garder le fil même pour quiconque n'aura pas lu son oeuvre précédente et d'en trouver une unité parfaite.

Après il faut aimer les récits un peu barrés avec moult références de fratrie, de stigmates et de spiritualité déviante rappelant l'inoubliable prédicateur Bliss Blister de Charles Burns dans son recueil Fleur de peau.

Il s'agit surtout du portrait de trois adolescents et de la peur d'un Père effrayant et imprévisible, de leurs états d’âme, de leur propre identité et de leur éveil à la sexualité dans un univers pas forcément clément mais suffisamment mystérieux pour en lire davantage.

Debeurme use de styles différents passant de la bande dessinée à l'illustration avec un sens du découpage qui frôle le respect absolu.

Macabre, beau et moderne, le récit use de métaphores et de pertes de repères sans jamais abandonner le lecteur grâce à une construction adroite.

C'est un véritable coup de cœur dont la réalisation éditoriale est juste magnifique. Les trois frères deviennent des symboles dissociables d'une jeunesse en totale rupture avec une éducation pieuse.

Les mots me manquent pour décrire un tel univers que Ludovic Debeurme a su synthétiser et rendre accessible pour tous les curieux sensibles au charme latent de ses dessins maitrisés à la perfection.

Voici une œuvre indépendante dont vous risquez vite de devenir dépendant qu'il ne faudrait pas louper !

Nom série  Trois fils  posté le 15/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Conte des temps modernes, Debeurme délivre avec ce qui a été pensé comme une trilogie une drôle d’histoire d’abandon et d’errances autour de 3 frères difformes et de leur père.

Utilisant de nombreuses métaphores par l’aquarelle, l’histoire débute par l’abandon du père, un homme massif et barbu par ses enfants sur une ile déserte, ce dernier finira par revenir hanter ses enfants pris au dépourvu et devant élaborer un nouveau plan pour se défendre et contrer ce qui leur semble être une menace.

Un flashback va revenir aux origines du malaise avec cette famille sans mère exilée dans un pays lointain où les trois enfants devront se débrouiller pour se nourrir pendant l’absence de leur père parti chercher un travail et un logement.

En dire plus serait maladroit. Debeurme arrive avec peu de dialogues mais des illustrations aux contours simples mais stupéfiants de couleur et de beauté à rendre poétique chaque situation grotesque ou inconfortable.

Beaucoup de points sont mis volontairement en suspens. On se demande à quelle sauce le lecteur va être mangé mais Debeurme garde ses cartes en main….

Le style naïf en rebutera plus d’un mais l’œuvre reste incroyablement sensitive. L’un des 3 frères voit son père revenir et se liquéfie sur place, caractérisé par les traits vides et non colorés du personnage. Plus efficace que cela, tu meurs…

Je ne sais pas si considérer Ludovic Debeurme comme un Charles Burns français est une bonne idée tant ce récit peut s’apparenter à son « Black Hole » dont certains points (difformités et cruauté de l’enfance) se rejoignent mais il est certain que cet artiste mérite un peu plus de reconnaissance que la frange indépendante. Laissez vous donc happer par cet univers bizarre mais terriblement cohérent.

Nom série  Mongo est un troll  posté le 15/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Attention OVNI.
Qu'il s'agisse de la série culte Donjon à Spoogue et avant de m'intéresser d'ici peu au récent Traquemage, j'ai toujours apprécié de voir les univers d'Héroic Fantasy détournés de leurs codes initiaux pour des histoires finalement bien plus emballantes que classiques.

Mongo est un Troll est un livre forcément intriguant à mes yeux, un joli format pas si courant de la part de Delcourt, un titre "original" et une couverture fort éloignée de celles des Lanfeust de Troy par exemple .

Et le dessin de Philippe Squarzoni joue énormément côté réussite graphique... Une ligne claire épurée plutôt joli malgré parfois de petites erreurs de proportion, des couleurs limitées et variées donnant une sensation de bichromie bref tout était relativement bien parti pour me faire vivre un bon moment de lecture...

Mais hélas il n'en fut rien.

Si cette longue quête sans autre but précis que de retrouver la mère d'un des deux protagonistes aurait du être palpitante, on se retrouve avec deux vieux grincheux aigris vociférant sans cesse sur leur environnement, picolant par ci, pillant des tombes par là et tombant nez à nez dans leurs vagabondages sur une sorcière dont on ne sait (et ne saura) rien si ce n'est qu'elle est jolie, possède plusieurs vies et apparait et disparait comme par magie.

Le problème n'est pas tant cette balade mais bien la mise en scène utilisée par l'auteur qui use et abuse d'ellipses tant et si bien qu'on est paumé au bout de 4 pages !
Impossible dès lors de s'attacher aux personnages, on passe d'une historiette à une autre sans véritable chute ou continuité. Parfois c'est le décor même qui change radicalement !

J'aurais aimé pouvoir apprécier les bons mots et réflexions sur la mort ou le temps qui passe au travers de ces errances, rire de situations grotesques mais je n'ai rencontré que de l'incompréhension et ai du forcer un peu la lecture jusqu'à sa conclusion plutôt ouverte (on cherche en vain le mot "fin").

C'est particulièrement dommage car l'univers semble foisonnant mais j'ai eu plus l'impression de lire une sélection du "Reader's digest" qu'à une véritable histoire de 96 pages dont la plupart du récit semble tronquée.

Ainsi ces petits bouts d'histoires incomplètes et sans réel fil conducteur sont peut être la fierté de cet auteur (que je ne connaissais pas du tout) pour son récit dont il doit conserver l'intégralité dans un bout de sa mémoire mais on en aurait aimé tellement plus et on en conserve tellement peu que la déception est encore plus amère et de mise ici.

Je me fous royalement de savoir qui est Mongo (même si je peux effectivement confirmer qu'il s'agit d'un troll) mais dans un récit qui m'évoquait davantage une adaptation Heroic Fantasy du roman de Samuel Beckett "En attendant Godot" que les références Buckowskiennes et flamandes revendiquées en préface par l'auteur mais dans l'attente de son "director's cut" et des autres 96 pages absentes pour y comprendre quelque chose, je ne peux que maintenir cette note punitive, et ô combien regrettable de ma part.

Nom série  S.A.M.  posté le 11/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est surtout par la beauté des couvertures que cette série m’a fait de l’œil ainsi que la promesse que la série complète le sera en 4 tomes. Sur un scénario convenu mais intriguant de Richard Marazano qui mélange pèle-mêle les grands classiques que sont Terminator, Matrix, Je suis une Légende mais aussi le Character Design de Iron Giant pour l’allure générale et familière du robot SAM justement, on ne pourra pas dire que le récit est d’une grande originalité mais curieusement tous les ingrédients s’intègrent plutôt bien pour délivrer un récit d’anticipation et d’aventure rythmé et intriguant.

Les dessins de Xiao Shang contribuent pas mal au charme par des dessins mi-européens mi-japonais mi-comics avec de larges décors des ruines d’une mégalopole sans horizon et des personnages immédiatement reconnaissables. Tout au plus pourrait-on pester contre la couleur informatique mais elle sert davantage les propos qu’elle ne les ruine en délivrant une couleur crépusculaire saisissante lors des sorties en surface ainsi qu’un éclairage amoindri et profondément sombre lors des séquences dans les refuges en égouts.

Dans un futur plus ou moins proche où les adultes ont, semble t-il, tous été éradiqués par une révolte des machines, seuls les enfants survivent comme ils peuvent en cherchant furtivement vivres et médicaments en journée en se faufilant entre des robots belliqueux et se réfugient la nuit dans des abris de fortune terrés comme des rats sous les fondations.

Yann se lie « d’amitié » par une rencontre impromptue avec S.A.M, un robot humanoïde de 10 m de haut qui semble le défendre et le suivre tel un toutou. Le petit groupe dont il est issu ne voit pas la chose d’un bon œil avant d’y trouver un espoir pour éradiquer toute menace.

L’histoire est très simple à lire et laisse la part belle aux scènes d’action. Parfois un peu trop car on laisse volontiers la réflexion au vestiaire pour un récit plutôt destiné aux adolescents. Sans atteindre les énigmes de la série parallèle « Seuls » dont on peut y retrouver quelques similarités, il subsiste quelques scènes perturbantes et issues du film d’horreur comme un guet-apens macabre ou le cauchemar d’un protagoniste. Il y a suffisamment de pistes pour avoir envie d’y aller au bout même si j’aurais souhaité une narration un peu plus complexe.

Voici une bonne série qui devrait s’achever avec un 4ème tome que j’espère dense (honnêtement, les 3 premiers tomes auraient pu être presque condensés en un seul) et qui n’a d’autre but que de divertir. Du bel ouvrage comme on dit malgré la frustration qu’on aurait pu faire un récit un peu plus ambitieux à mon sens. Wait and see.

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