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Nom série  Histoire de l'art macaque  posté le 30/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici un vieux projet laissé en jachère selon les aveux de l'auteur lui-même et enfin publié sous sa forme définitive : des dessins très épurés au trait vert pour faire une jolie métaphore sur le monde de l'art par des singes aux prénoms évocateurs (Yannick, Romuald ou Cyril entre autres).

Tout débute simplement avec deux copains défoncés aux champignons hallucinogènes découvrant par le plus grand des hasards le dessin comme les premiers hommes découvrirent l'usage du feu.

Yannick commence à développer cet art sous l'oeil "bienveillant" de son "nègre" Romuald qui n'entend pas rester anonyme pour le succès d'un autre et commence à développer un autre style pour le concurrencer.

Dès lors plusieurs rivalités, concurrences se mettent en place pour profiter de l'intérêt certain de ces peintures quitte à en faire de l'abstraction et à surenchérir sur le voisin constamment.

On reconnait bien le message subtil et réussi de Benoit Preteseille sur l'art en général et la bêtise du monde cultivé dit bourgeois propice à aimer tout et n'importe quoi si cela permet de les distinguer du commun des mortels.

Au public l'attirance pour des oeuvres absurdes ou ridicules et aux artistes de devenir vaniteux et prétentieux dans le seul but d'avoir du succès.

Dans le fond, le récit est très bien découpé. Chaque page considéré comme un "gag" à part entière possède un titre et le tout se laisse lire sans déplaisir.

Malheureusement c'est très répétitif et pas forcément drôle. De surcroit je ne suis pas trop fan de ce dessin très simple et direct et pas forcément moche mais sans grande personnalité là où j'aurais aimé y trouver un peu plus de caractère. Tous les goûts sont suggestifs et vieillir me donne peut-être des propos bobos mais c'est ainsi.
Si l'Histoire de l'Art Macaque est à lire, surligne pas mal de propos sur la surestimation de certains artistes (Sérieusement vous trouvez que tous les Picasso difformes sont beaux et ont une signification ?) et dépeint une réalité par métaphore, c'est également dommage que ce ne soit pas plus qu'anecdotique d'où une note sévère pour une oeuvre que je ne relirais probablement pas.

Oui, dommage car le thème et la méthode développées auraient mérité un peu plus d'humour absurde à la Trondheim par exemple.

Nom série  All You Need is Kill  posté le 29/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On va commencer directement par la motivation de cet achat étant donné que je n'ai jamais été un grand fan de mangas et encore moins des formats réduits imprimés sur papier chiotte mais l'intégrale grand format cartonnée est vraiment magnifique et de très belle facture.

Secundo, j'avais plutôt bien apprécié le film "Edge of Tomorrow" avec Tom Cruise et la sculpturale Emily Blunt rhaaaah mais je m'égare oups excusez-moi !

Tertio, j'ai toujours apprécié les séries courtes et le fait de savoir que l'histoire était complète en une intégrale ou deux tomes est un plus indéniable...

Mais un bon film ne fait pas nécessairement un bon manga même s'il en est inspiré. On se doute que les scénaristes ont du bien retravailler le scénario de base pour faire de Kenji, jeune militaire aspirant d'une vingtaine d'années le personnage de Tom Cruise qui affiche plus de 50 printemps malgré une apparence plus jeune que notre Spooky !

Partant sur le même postulat que le film "Un jour sans fin" dans un contexte militaire futuriste, Kenji est une bleusaille qui s'est engagée dans l'armée suite à une déception militaire et qui doit maintenant affronter des aliens hostiles dans une armure futuriste digne du jeu Halo.

Inexpérimenté face à un ennemi invulnérable, Kenji ne tarde pas à mourir dans d'atroces souffrances mais se réveille presque immédiatement après dans la journée précédant sa mort.

Tout d'abord complètement abasourdi, il ne tarde pas à réagir et profiter de cette astuce temporelle pour apprendre et jouer de sa mémoire comme d'un jeu vidéo.

Ludique mais répétitif (tout comme l'était le film), le récit prend une certaine ampleur en distillant ce qu'il faut d'informations et de scènes d'action dantesques lors des assauts et tient le lecteur éveillé.
L'approche du personnage de Rita, une mystérieuse guerrière américaine d'allure frêle mais sanguinaire pour l'ennemi va donner un nouveau sens à la guerre sans fin de Kenji.

Porté par des dessins magnifiques et malgré un découpage parfois incertain sur les scènes de batailles, "All you need is kill" est à prendre pour un divertissement de qualité et que je conseillerais volontiers également aux amateurs de comics.

Nom série  Un Père vertueux  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce livre est un accident.

Accident de parcours puisqu'il se veut le début, la suite et la fin de Trois fils du même auteur.
Pourquoi donc le dissocier de la série dite d'origine ? C'est bien simple, Trois fils était conçu comme le premier tome d'une trilogie qui n'aura jamais lieu. Ce n'est pas pour autant une série abandonnée puisque le présent ouvrage fait effectivement office de séquelle et de préquelle MAIS qu'il peut se lire complètement indépendamment du livre d'origine.

Ce tour de force, suffisamment rare pour être souligné, on le doit à Ludovic Debeurme qui a déjà fait ses armes chez le même éditeur mais également chez Futuropolis avec Lucille et Renée.

Parti timidement de "3 Fils" en aquarelle et avec un style peu bavard mais peu avare en poésie, Debeurme renoue avec son style d'origine essentiellement constituée de traits de crayons de couleur (comme ne le laisse pas supposer l'austère couverture) et le résultat me laisse pantois : c'est simplement magnifique.

On passe à 160 pages pour un résultat qui prend aux tripes et qu'il est difficile de reposer sans en arriver à l'ultime page.

Le tour de force est effectivement de revenir sur les origines de ces trois fils, de garder le fil même pour quiconque n'aura pas lu son oeuvre précédente et d'en trouver une unité parfaite.

Après il faut aimer les récits un peu barrés avec moult références de fratrie, de stigmates et de spiritualité déviante rappelant l'inoubliable prédicateur Bliss Blister de Charles Burns dans son recueil Fleur de peau.

Il s'agit surtout du portrait de trois adolescents et de la peur d'un Père effrayant et imprévisible, de leurs états d’âme, de leur propre identité et de leur éveil à la sexualité dans un univers pas forcément clément mais suffisamment mystérieux pour en lire davantage.

Debeurme use de styles différents passant de la bande dessinée à l'illustration avec un sens du découpage qui frôle le respect absolu.

Macabre, beau et moderne, le récit use de métaphores et de pertes de repères sans jamais abandonner le lecteur grâce à une construction adroite.

C'est un véritable coup de cœur dont la réalisation éditoriale est juste magnifique. Les trois frères deviennent des symboles dissociables d'une jeunesse en totale rupture avec une éducation pieuse.

Les mots me manquent pour décrire un tel univers que Ludovic Debeurme a su synthétiser et rendre accessible pour tous les curieux sensibles au charme latent de ses dessins maitrisés à la perfection.

Voici une œuvre indépendante dont vous risquez vite de devenir dépendant qu'il ne faudrait pas louper !

Nom série  Trois fils  posté le 15/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Conte des temps modernes, Debeurme délivre avec ce qui a été pensé comme une trilogie une drôle d’histoire d’abandon et d’errances autour de 3 frères difformes et de leur père.

Utilisant de nombreuses métaphores par l’aquarelle, l’histoire débute par l’abandon du père, un homme massif et barbu par ses enfants sur une ile déserte, ce dernier finira par revenir hanter ses enfants pris au dépourvu et devant élaborer un nouveau plan pour se défendre et contrer ce qui leur semble être une menace.

Un flashback va revenir aux origines du malaise avec cette famille sans mère exilée dans un pays lointain où les trois enfants devront se débrouiller pour se nourrir pendant l’absence de leur père parti chercher un travail et un logement.

En dire plus serait maladroit. Debeurme arrive avec peu de dialogues mais des illustrations aux contours simples mais stupéfiants de couleur et de beauté à rendre poétique chaque situation grotesque ou inconfortable.

Beaucoup de points sont mis volontairement en suspens. On se demande à quelle sauce le lecteur va être mangé mais Debeurme garde ses cartes en main….

Le style naïf en rebutera plus d’un mais l’œuvre reste incroyablement sensitive. L’un des 3 frères voit son père revenir et se liquéfie sur place, caractérisé par les traits vides et non colorés du personnage. Plus efficace que cela, tu meurs…

Je ne sais pas si considérer Ludovic Debeurme comme un Charles Burns français est une bonne idée tant ce récit peut s’apparenter à son « Black Hole » dont certains points (difformités et cruauté de l’enfance) se rejoignent mais il est certain que cet artiste mérite un peu plus de reconnaissance que la frange indépendante. Laissez vous donc happer par cet univers bizarre mais terriblement cohérent.

Nom série  Mongo est un troll  posté le 15/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Attention OVNI.
Qu'il s'agisse de la série culte Donjon à Spoogue et avant de m'intéresser d'ici peu au récent Traquemage, j'ai toujours apprécié de voir les univers d'Héroic Fantasy détournés de leurs codes initiaux pour des histoires finalement bien plus emballantes que classiques.

Mongo est un Troll est un livre forcément intriguant à mes yeux, un joli format pas si courant de la part de Delcourt, un titre "original" et une couverture fort éloignée de celles des Lanfeust de Troy par exemple .

Et le dessin de Philippe Squarzoni joue énormément côté réussite graphique... Une ligne claire épurée plutôt joli malgré parfois de petites erreurs de proportion, des couleurs limitées et variées donnant une sensation de bichromie bref tout était relativement bien parti pour me faire vivre un bon moment de lecture...

Mais hélas il n'en fut rien.

Si cette longue quête sans autre but précis que de retrouver la mère d'un des deux protagonistes aurait du être palpitante, on se retrouve avec deux vieux grincheux aigris vociférant sans cesse sur leur environnement, picolant par ci, pillant des tombes par là et tombant nez à nez dans leurs vagabondages sur une sorcière dont on ne sait (et ne saura) rien si ce n'est qu'elle est jolie, possède plusieurs vies et apparait et disparait comme par magie.

Le problème n'est pas tant cette balade mais bien la mise en scène utilisée par l'auteur qui use et abuse d'ellipses tant et si bien qu'on est paumé au bout de 4 pages !
Impossible dès lors de s'attacher aux personnages, on passe d'une historiette à une autre sans véritable chute ou continuité. Parfois c'est le décor même qui change radicalement !

J'aurais aimé pouvoir apprécier les bons mots et réflexions sur la mort ou le temps qui passe au travers de ces errances, rire de situations grotesques mais je n'ai rencontré que de l'incompréhension et ai du forcer un peu la lecture jusqu'à sa conclusion plutôt ouverte (on cherche en vain le mot "fin").

C'est particulièrement dommage car l'univers semble foisonnant mais j'ai eu plus l'impression de lire une sélection du "Reader's digest" qu'à une véritable histoire de 96 pages dont la plupart du récit semble tronquée.

Ainsi ces petits bouts d'histoires incomplètes et sans réel fil conducteur sont peut être la fierté de cet auteur (que je ne connaissais pas du tout) pour son récit dont il doit conserver l'intégralité dans un bout de sa mémoire mais on en aurait aimé tellement plus et on en conserve tellement peu que la déception est encore plus amère et de mise ici.

Je me fous royalement de savoir qui est Mongo (même si je peux effectivement confirmer qu'il s'agit d'un troll) mais dans un récit qui m'évoquait davantage une adaptation Heroic Fantasy du roman de Samuel Beckett "En attendant Godot" que les références Buckowskiennes et flamandes revendiquées en préface par l'auteur mais dans l'attente de son "director's cut" et des autres 96 pages absentes pour y comprendre quelque chose, je ne peux que maintenir cette note punitive, et ô combien regrettable de ma part.

Nom série  S.A.M.  posté le 11/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est surtout par la beauté des couvertures que cette série m’a fait de l’œil ainsi que la promesse que la série complète le sera en 4 tomes. Sur un scénario convenu mais intriguant de Richard Marazano qui mélange pèle-mêle les grands classiques que sont Terminator, Matrix, Je suis une Légende mais aussi le Character Design de Iron Giant pour l’allure générale et familière du robot SAM justement, on ne pourra pas dire que le récit est d’une grande originalité mais curieusement tous les ingrédients s’intègrent plutôt bien pour délivrer un récit d’anticipation et d’aventure rythmé et intriguant.

Les dessins de Xiao Shang contribuent pas mal au charme par des dessins mi-européens mi-japonais mi-comics avec de larges décors des ruines d’une mégalopole sans horizon et des personnages immédiatement reconnaissables. Tout au plus pourrait-on pester contre la couleur informatique mais elle sert davantage les propos qu’elle ne les ruine en délivrant une couleur crépusculaire saisissante lors des sorties en surface ainsi qu’un éclairage amoindri et profondément sombre lors des séquences dans les refuges en égouts.

Dans un futur plus ou moins proche où les adultes ont, semble t-il, tous été éradiqués par une révolte des machines, seuls les enfants survivent comme ils peuvent en cherchant furtivement vivres et médicaments en journée en se faufilant entre des robots belliqueux et se réfugient la nuit dans des abris de fortune terrés comme des rats sous les fondations.

Yann se lie « d’amitié » par une rencontre impromptue avec S.A.M, un robot humanoïde de 10 m de haut qui semble le défendre et le suivre tel un toutou. Le petit groupe dont il est issu ne voit pas la chose d’un bon œil avant d’y trouver un espoir pour éradiquer toute menace.

L’histoire est très simple à lire et laisse la part belle aux scènes d’action. Parfois un peu trop car on laisse volontiers la réflexion au vestiaire pour un récit plutôt destiné aux adolescents. Sans atteindre les énigmes de la série parallèle « Seuls » dont on peut y retrouver quelques similarités, il subsiste quelques scènes perturbantes et issues du film d’horreur comme un guet-apens macabre ou le cauchemar d’un protagoniste. Il y a suffisamment de pistes pour avoir envie d’y aller au bout même si j’aurais souhaité une narration un peu plus complexe.

Voici une bonne série qui devrait s’achever avec un 4ème tome que j’espère dense (honnêtement, les 3 premiers tomes auraient pu être presque condensés en un seul) et qui n’a d’autre but que de divertir. Du bel ouvrage comme on dit malgré la frustration qu’on aurait pu faire un récit un peu plus ambitieux à mon sens. Wait and see.

Nom série  Trou de mémoire  posté le 10/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’histoire de l’amnésique ensanglanté se réveillant auprès d’un cadavre qu’il ne connait ou ne reconnait pas est un pitch vu et revu un nombre incalculable.

Le reste de l’histoire de ce polar pur et dur, s’il ne surprendra pas, a le mérite de se dérouler de façon tout à fait agréable avec différents points de vue, de la voix off caractérisant les états d’âme de l’infortuné suspect menant l’enquête afin de comprendre qui il est ou les investigations de la police en parallèle sur ce meurtre.

Mais ce qui l’est moins, c’est la maitrise graphique de Pascal Regnauld qui instaure une ambiance bichromique des plus réussies avec un style ligne claire de toute beauté. Du bleu à l’ocre jaune, la partie graphique est flatteuse et attise l’œil rompu à un exercice convenu mais de toute beauté.

On peut surement gloser longuement sur une histoire convenue et peu surprenante mais elle est entrainée avec une telle mise en scène et des dessins d’une élégance fifties proche du style atome cher à Chaland ou Antonio Lapone qu’on arrive bien vite à la conclusion de ce premier tome en maugréant de ne pas avoir encore le second tome entre les mimines.

Un seul regret : peu de personnages féminins dans ce premier tome mais le drapeau est planté pour la suite et fin de cette aventure mafieuse palpitante dans un second et dernier tome.

Nom série  Bedlam  posté le 02/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Alléchant sur le papier sans non plus être d’une folle originalité, le pitch de Bedlam intrigue suffisamment pour motiver une lecture éprouvante.
Eprouvante par son sujet plutôt sombre et violent, la lecture l’est également par une narration loin d’être suffisamment maitrisée pour devenir attractive (il m’a bien fallu 3 lectures successives pour la compréhension globale du début, les auteurs usant de flashbacks maladroits ainsi que de longues pages de blabla sans grand intérêt.
Nick Spencer et Riley Rossmo parviennent néanmoins à distiller un sentiment de malaise très palpable dans le choix des couleurs (rouge et noir pour le passé par exemple) et du dessin très haché et pas toujours très constant.
La collaboration entre Madder Red devenu un citoyen lambda mais perturbé et la jolie fliquette devient intéressant à partir de la seconde moitié du premier tome bien dense avec une enquête digne de Seven ou des aventures de Dexter avec quelques clins d’œil assez visibles.

Le second tome pourrait presque se lire de façon indépendante avec un nouvel arc plus classique sur un autre psychopathe et l’intronisation définitive de l’ancien psychopathe au sein de la police. Plus banale et plus facile à lire, cette seconde aventure ne perd pas tant en qualité graphique par le changement de dessinateur pour un Ryan Browne guère plus inspiré que son prédécesseur mais omet de boucler tous les points en suspens du premier tome (on ne saura jamais qui est vraiment cette équipe chirurgicale à l’origine de la mutation du « héros ») tout en laissant une fin ouverte mystérieuse qui va en laisser plusieurs sur la touche.

Tantôt maladroit, tantôt intelligent (les éléments de la fin me laissent supposer une conclusion bien sombre et cohérente mais chuuut), Bedlam laisse un gout amer d’inachevé sur un univers qui aurait mérité d’être un peu plus approfondi. La narration pompeuse du début ainsi que les dessins pas vraiment folichons en font clairement une œuvre dont on peut se passer aisément mais dont une lecture n’est pas forcément déconseillée. Mon avis est très mitigé et je regrette mon achat dans tous les cas car l’ensemble n’est guère séduisant mais je peux tout à fait comprendre que cela puisse plaire.

Nom série  Venezia  posté le 30/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je peux encore remercier notre site marron pour avoir mis en évidence cette série méconnue de Trondheim que je pourrais à présent classifier de perle méconnue. Merci également à Dargaud de l’avoir réédité car pour une raison qui m’échappe, le tome 2 n’était visiblement plus disponible dans un budget raisonnable. Cette courte série de 2 tomes (et qui est bien achevée, lire à ce sujet l’émouvante postface de Fabrice Parme dans le présent recueil) dispose pourtant de plus d’une corde à son arc.
D’un côté, on y trouve les fabuleux dessins cartoonesques du dessinateur qui rend chaque case aussi savoureuse que truculente (ça ne veut peut-être rien dire au final mais j’ai trouvé l’association de ces deux mots amusante) avec des personnages vifs et dynamiques et une représentation ludique d’une ville de Venise dont on observe les canaux, les toits mais également les pigeons !
De l’autre côté, ce sont les bons jeux de mots de Trondheim au service de joutes verbales dignes du film « Ridicule » de Patrice Leconte… Cette association de chic et de choc met en place l’affrontement de deux espions au temps de la Renaissance que tout oppose et qui se détestent cordialement. Mais sous leurs habits d’apparats et d’espions, on assiste à un jeu de la séduction digne de la romance entre Batman et Catwoman.

Action, dérision sont au programme. On peut à la fois regretter que la série n’ait pas plus de tomes comme s’en réjouir paradoxalement : le filon aurait peut-être tourné à court sur du long terme et dans un sens, l’histoire est belle et bien achevée sans laisser de frustration donc oubliez donc les revivals mérités ou non d’Astérix et Corto Maltese et ruez vous vers ce petit livre qui vous extirpera bien plus de sourires !!!

Nom série  Nous, les morts  posté le 16/04/2015 (dernière MAJ le 01/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Audacieux, culotté, atypique, commercialement suicidaire….. Les mots me manquent au final pour décrire la sensation après avoir lu ce qui restera surement l’un des livres les moins attractifs de ce début d’année tant les auteurs prennent un malin plaisir à prendre le lecteur à contrepied et à lui proposer exactement tout l’inverse de ce qu’un amateur d’histoires zombiesques lambda est en droit d’attendre…

Nous sommes en 2015 et cela fait à présent un petit bout de temps que les histoires de zombies envahissent les étals de nos librairies avec plus ou moins de qualité (Walking Dead et Zombies de Péru et Cholet sont directement dans le haut du panier et presque tout le reste flirte avec le médiocre ou le convenu) aussi il est franchement encourageant de voir et lire un tel OVNI sorti de nulle part….

Nulle part ? Les auteurs ne sont pas des inconnus, à ma gauche, Igor Kordey bien connu des amateurs de comics comme de bd franco-belge avec un trait que je n’aime pas des masses initialement mais que j’ai réussi à apprivoiser à l’issue de cette lecture et à ma droite (pas celle des futurs Républicains ) Darko Macan à l’écriture d’un scénario bien malin et déstabilisant dont je suis encore surpris que Guy Delcourt en ait accepté les conditions tant je doute fortement du succès commercial pour cette tétralogie…

Et pourtant l’ensemble ne manque pas de qualités et encore moins d’audace. Pensez donc à un univers contemporain où l’Europe serait peuplée de zombies doté de parole et d’un appétit féroce pour la chair humaine mais qui n’aurait pas évolué d’un pouce et serait encore sous l’ère du Moyen-Âge.

A l’origine de tout cela, la Peste Noire empêcherait donc les humains de gouter à une mort bien mérité un peu à la manière de Zorn et Dirna de JDM.
Après une remarquable introduction sur ce fléau, on change d’univers et de couleurs pour embrasser le soleil d’Amérique du Sud et du peuple inca qui a su lui évoluer techniquement (par des dirigeables volants) mais pas vraiment moralement (ça fornique allègrement façon Game of Thrones la série et ça complote tout aussi allègrement).

Ce bon peuple inca qui n’a pas pu se faire exterminer par les zombies européens reste avide de pouvoir et a eu vent d’une fontaine de jouvence en Europe. Une expédition (volante donc, la mer c’est trop ringard) est mise en place pour trouver ce « secret » de la vie éternelle à des fins politiques…

La lecture du bien nommé « Nous, les morts » risque d’en déstabiliser plus d’un. J’ai du m’y reprendre à deux fois pour bien suivre et comprendre cette géniale leçon d’humour noir sur la cupidité de l’homme et en saisir les règles tout comme les enjeux. Il n’y a pas un seul personnage sympathique à sortir du lot, c’est un peu l’équivalent du film classique italien « Affreux, sales et méchants » où les « zombies » ou plutôt les ressuscités gourmands sont relégués au second plan en tant que prétexte pour cette uchronie bien couillue !

A partir du moment où on accepte un tel postulat, ce n’est que du plaisir car il s’en passe des choses pour un tome introductif qui illustre parfaitement son thème : la série B et une farce sincère de la condition humaine qui, morte ou vivante, reste toujours aussi cupide. Le découpage est juste parfait, il ne manque rien finalement après une courte déception (je ne m’attendais vraiment pas à cela) pour faire de cette œuvre audacieuse un futur petit chef d’œuvre en devenir si Macan poursuit son rythme et ses idées originales.

Pensez donc ! Pas de zombies façon Walking Dead, les Incas envahissent l’Europe et éradiquent les Aztèques ! La reconstitution de ce monde fictif est juste parfaite avec quelques planches magnifiques dont une église détruite par un atterrissage forcé et une attaque de dirigeables digne d’un film de pirates ! Bref vous aurez bien compris que j’ai pris un pied pas possible avec cette gourmandise qu’il ne faut absolument pas classer en parodie mais bien en grand fleuron d’humour noir subtil. Très très fort et la suite arrive déjà en juin ! J’en serais donc car une telle audace se doit d’être récompensée !

Tome 2 : Consécration ! Tous les bons espoirs fondés dans cette série sont non seulement renouvelés mais décuplés avec un tome 2 passionnant posant pour de bon les bases et les enjeux de toute l'histoire !

Entre un humour noir des plus salvateurs avec ce peuple Inca observant le peuple européen putréfié comme s'il s'agissait de bons sauvages (tout est inversé !), la "création" du grand méchant qui risque de dominer les deux dernières oeuvres et la reconstitution d'une sinistre ville de Londres abandonnée des vivants, ce titre regorge suffisamment de trouvailles et de rebondissements pour en garantir la pérennité sur les deux derniers tomes que j'attends à présent avec une impatience difficile à cacher.

Rajouter à cela une intrigue secondaire mais pas inintéressante sur base de complots en terre maya à fortes connotation de "Game of Thrones" et vous tenez clairement la nouveauté 2015 la plus innovante, surprenante et rafraîchissante qui soit !

Tome 3 : Curieusement ce nouveau chapitre, sobrement intitulé "Le Céleste Empire" pour sa référence au peuple des Hans, adopte un rythme beaucoup plus calme là où les événements se précipitaient pour les deux premiers tomes.
C'est toujours aussi agréable à lire mais à un tome de la conclusion, je me demande bien comment en sera la conclusion que j'attends du coup peut-être avec plus d'impatience à présent. A l'instar d'une halte hivernale, Macan prend son temps pour jouer avec ses personnages quitte à reléguer les fameux morts-vivants à de rares mais toujours aussi jouissives interventions.
Suite et fin dans le tome 4 donc...


Marre des zombies ? Essayez "Nous, les morts", dépaysement garanti avec un Igor Kordey en pleine possession de ses moyens et reconstituant des décors imposants sur base de cranes fracassés !

Un bijou d'humour noir appelé d'ors et déjà à devenir culte pour tout amateur d'art déviant mais vivifiant !

Nom série  Shadowslayer  posté le 29/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Shadowslayer dispose d’un statut particulier.
Il s’agit d’une œuvre unique en son genre, la perle méconnue des années 1990 que l’on ne citera jamais comme un classique et pour cause, presque tout le monde en a oublié jusqu’à l’existence car ce tome ne connaîtra jamais de suite endeuillé par la tragique disparition de son talentueux dessinateur Eric Larnoy.
L’association rare d’un auteur issu du comics britannique underground (Pat Mills est à l’origine Marshal Law et du Judge Dredd, excusez du peu) et d’un auteur français était un événement. Préfigurer des univers sombres et gothiques dans une ambiance poisseuse était un fait peu commun et nul doute que ce style si particulier d’hommes en noir inquiétants et au style rétro a pu influencer des œuvres majeures au cinéma comme le classique Dark City d’Alex Proyas.

Mais revenons en à l’essentiel avec ce curieux anti héros effrayant qui choisit ses victimes et les élimine avant que leur action ne soit irrémédiable pour l’humanité. Cette variation du Judge Dredd (traquer et juger) s’accompagne d’une mise en scène audacieuse avec cadrages et découpages complexes pouvant rebuter.
Néanmoins les dessins sont esquissés comme de véritables peintures torturées et font d’autant plus regretter une suite qui ne viendra jamais d’autant plus que pas mal de points restaient effectivement à éclaircir.

Un bon achat pour le côté historique de la chose, le plaisir d’une première lecture si on tombe sur cet ovni dont la couverture semble vous dévorer l’esprit dans un bac à soldes mais en l’état, je peux comprendre la frustration de ne jamais en connaître hélas la suite. Shadowslayer portait en lui tous les prémisses d’une série à longue haleine pouvant tenir la dragée haute à des œuvres équivalentes du label américain Vertigo.

Nom série  Freak Island  posté le 23/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Dès l’introduction, le décor est planté. Le redoutable tueur arborant tête de cochon et costard-cravate rappelle non seulement Leatherface de la série « Massacre à la Tronçonneuse » mais en garde les pratiques barbares par la mise à nue viscérale d’une fugitive sur sa mystérieuse ile.

Le temps de se délecter de quelques doigts humains, l’attention de notre assassin cannibale silencieux est détournée par une petite embarcation rempli d’étudiants venus explorer cette ile non répertoriée sur les cartes…

Contraints d’y débarquer, les voici embarqués sur le terrain de jeu d’un être violent et sanguinaire qui va les prendre en chasse…
Masaya Hokazono plante le décor intriguant en quelques pages bien violentes et malsaines.
L’ambiance malsaine et craspec ne va faire que s’amplifier au fur et à mesure de la découverte de ce nouvel environnement hostile.
Les personnages sont tous stéréotypés et détestables au possible avec l’intello malade, le gros gentil qui sait tout (et en profite pour commenter tout ce qui se déroule comme si on écoutait un match de foot à la radio), l’amoureux éperdu qui se soucie de plaire à la jolie rebelle esseulée pendant que tout le monde se fait massacrer. L’arrivée fortuite d’un nouveau personnage ne va rien changer à tout cela. Constamment on nous prend par la main afin de deviner avec une dizaine de pages d’avances ce qui va se dérouler sous nos yeux ébahis par tant de niaiseries sans grand intérêt.
Les dessins ne sont pas vilains, loin s’en faut, mais n’offrent aucune originalité et restent dans la lignée de ce qu’on peut trouver dans le style Seinen. La végétation de l’île est réussie et est bien plus travaillée que les traits des personnages, à l’exception du psychopathe à tête de porc, massif, effrayant et emblématique.
Le « cliffhanger » final de ce premier tome n’est pas vraiment une surprise tant le lecteur dispose de longueurs d’avance sur les 6 étudiants et c’est sans regret qu’on referme ce premier tome classique et laborieux avec l’infini sentiment qu’on ne m’y reprendra plus et que je me fous éperdument de la suite ainsi que de la destinée de cette bande de blaireaux.

De la violence gratuite pas drôle, pas fun et pas intéressante. A oublier sans regret au plus vite !

Nom série  Gold of the Dead  posté le 23/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après avoir commis un assassinat sordide pour dérober un mystérieux colis en Amérique du Sud, trois têtes brulées envisagent de retourner en Europe par voie maritime avec leur embarrassant larcin.
Le périple ne va pas se passer sans incidents puisque le « colis » est porteur d’une malédiction inca qui va transformer petit à petit les passagers du paquebot en zombies assoiffés de chair et de sang…

Pas un mois ne se déroule désormais sans au moins un titre sur le thème rabattu du zombie.
Fort du succès du comics à rallonge Walking Dead, la classique école franco-belge propose aussi de nombreux titres , de « Zombies » à « Alice Matheson » chez Soleil mais également « Apocalypse sur Carson City » chez Akileos.
Les éditions Paquet ont également voulu tirer leur épingle du jeu et ce one-shot « Gold of The Dead », complet en un seul tome, n’a aucune autre ambition que de proposer un récit pulp, dans un style que n’aurait pas renié l’équipe du label 619 pour ses « Doggybags ».

L’ensemble se laisse lire sans déplaisir avec une histoire classique qui aurait pu servir de base à un film de série B. Le souci c’est qu’il y a 64 pages à nourrir d’une histoire résumée en 3 mots et qu’il faut les combler avec de trop nombreuses scènes d’exposition sans grande saveur ni intérêt étant donné que chaque personnage, des marins blasés à la riche héritière prétentieuse, est tout au mieux inintéressant, voire antipathique.
On se fout donc éperdument des états d’âme de personnages uniquement là pour desservir le « body count » des zombies aztèques, attaque qui tarde d’ailleurs à venir malgré un climax oppressant croissant et qui n’occupera au final que le dernier tiers du bouquin.

Les dessins de Yan le Pon ne sont ni loupés ni réussis et ne garderont qu’un brin d’intérêt que par leur style « cartoon » sur une colorisation des plus honnêtes, voire même largement plus inspirée sur les scènes se déroulant à la tombée de la nuit.
Pourvu d’une jolie couverture annonçant la couleur et de quelques pages de croquis à la fin, Gold of The Dead fait aisément partie de ces BDs dont on attendait rien et qui finalement réussissent bien cet objectif.

Parfois creux et vain, parfois inspiré et rythmé notamment sur la fin, « Golf of the Dead « fait partie de ces titres pas forcément désagréables mais dont on se demande le véritable intérêt si ce n’est de lire une œuvre futile et sans prétentions.
Manquant spécialement de mordant et de références là où Carson City aligne les répliques et les scènes cultes par exemple, l’effort alloué par les auteurs se termine en un essai sympathique mais tout à fait dispensable, dans la catégorie « je lis et puis j’oublie » où ce Gold of the Dead peut postuler pour en devenir un digne ambassadeur.

Nom série  Jim Curious  posté le 23/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Allons y joyeusement et sans détours : ce livre jeunesse est tout simplement la plus jolie expérience en 3D anaglyphe que je connaisse.
Anaglyphe ? Kézaco ? Tout simplement ce procédé « vintage » de lunettes 3D en rouge et bleu comme on peut le deviner dès la couverture de ce beau livre qui séduira aussi les grands.
Sommairement il s’agit d’une aventure toute bête et sans paroles d’un scaphandrier aux formes arrondies allant faire un petit tour dans les profondeurs de l’océan. Ses péripéties nous placent au cœur des abysses dans un noir d’encre (le principe de carte à gratter avec son noir si puissant confère un sentiment de solitude et d’infiniment petit des plus spectaculaires)… Attendez-vous donc à être émerveillé par ces grandes pages de toute beauté (Matthias Picard offre des fresques de toute beauté avec une faune aquatique étonnante et quelques surprises….)
L’histoire se termine par un encart de 4 pages et une jolie conclusion. Facile et déjà vue certes mais qui donne envie de vite s’y replonger … sous-entendu que votre vue est reposée car oui, les dessins sont superbes mais bonjour les migraines au-delà de 5 minutes de lecture…

Par ailleurs l’album se lit très très vite, trop vite mais suffisamment néanmoins pour justifier le prix élevé mais conséquent de ces quelques minutes de bonheur.

Je déplore simplement que l’éditeur n’ait pas opté pour un rangement optimal des 2 paires accompagnant ce livre (il s’agit de lunettes collées dans leur logement plastique simplement en fin d’ouvrage) afin d’en faire l’objet exceptionnel que ce livre mérite.

C’est en tous cas une très chouette expérience et un livre à retenir pour faire un cadeau qui plaira à coup sûr, de 7 à 77 ans !

Nom série  Je l'appelle monsieur Bonnard  posté le 08/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le touche à tout Joann Sfar est partout et surtout là où on ne l’attend pas.

Présenté dans un très joli écrin sous scellé, l’idée cette fois était de rendre hommage au peintre Pierre Bonnard reconnu pour ses aquarelles de nus et de natures mortes.
Si on s’en tient à ce seul postulat alors on pourra trouver un grand intérêt à lire le présent ouvrage qui ne se contente pas de copier ses œuvres mais d’en offrir une lecture toute personnelle mais vaine…
À mi-chemin entre la bd pour une narration très simple (en gros une jolie demoiselle attend la visite « coquine ? » de Mr. Bonnard chez elle et va prendre un bain pour se prélasser tout en nous faisant part de ses réflexions à haute voix) et le recueil de tableaux (alternant le chaud et le froid avec des aquarelles très jolies jusqu’à certains croquis pas très élaborés), l’appréciation de ce livre sera sujette de nombreuses controverses selon la façon dont on l’appréhende justement.

En tant qu’artbook ce ne sera sûrement pas la plus belle des réalisations de Sfar (sa récente couverture du tome 6 du Chat du Rabbin montre que le monsieur en a encore sous le crayon lorsqu’il s’applique) et en tant que bd pure et dure, le public va être très déçu par la sobriété et même la vulgarité de certaines répliques vulgaires de la demoiselle tête à claques qui se demande ce que « branle » Monsieur Bonnard tout en minaudant et en déambulant à moitié nue dans l’unique cadre de l’action : son appartement dont principalement sa salle de bains.

Prétexte à une exposition du musée d’Orsay sur le peintre, ce livre est à prendre comme une récréation, un bel objet s’apparentant à une bd mais surtout prétexte aux vignettes de l’auteur. On l’attend forcément sur des projets plus ambitieux dans la bande dessinée mais après les douches froides que furent ses derniers albums, ce petit livre élégant fera office d’une récréation sympathique si on passe outre mesure le caractère tête à claques de sa principale et unique héroïne d’autant plus que le prix de vente n’est pas exagéré. Ce n’est déjà pas si mal finalement !

Nom série  Les Elfées  posté le 07/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Sans l’avis de Ro, je n’aurais surement plus prêté attention à cette série dont j’avoue ne pas avoir passé le cap des 3 premiers albums.

Lue par ma gamine qui a depuis tout bazardé au profit d’autres œuvres pas forcément recommandables mais plus de son âge, je ne peux nier le fait qu’il s’agisse d’une œuvre mineure se contentant de marcher sur le succès d’une série comme Winx déjà pas très folichonne.

Le résultat ressemble à ces films français, inspiration et budget en retrait, se contentant de singer les succès hollywoodiens sans peur du ridicule (Productions Besson ?) c’est-à-dire que c’est la cata ni plus ni moins.

Les dessins restent « corrects » pour un résultat sans âme mais qui attirera pas ses jolies couleurs et son lettrage tout en rondeurs le public ciblé à savoir les gamines de 7-8 ans.

Pour les autres c’est du très convenu et il est d’ailleurs limite scandaleux de voir qu’une telle série en soit déjà à 8 tomes lorsque l’audacieuse série Maïa (parue chez le même éditeur) en soit restée à l’état de 3 tomes uniquement bien plus jolis et audacieux.

Après si les Elfées peuvent donner le goût de lecture à des petites filles, ce serait déjà ça de pris d’où cette seconde étoile accordée par indulgence mais pour les amateurs de bds, il y a bien plus joli et moins con à leur conseiller comme la série précitée plus haut ainsi que quelques pépites comme Lou ! ou Aristide broie du noir ou la trilogie Alice au pays des Singes, voire même Witch.

Rajoutez au fait que les dessins sont quand même plus jolis que l’adaptation bâclée en bd de Winx Club et que l’Averna bu ce midi me rend d’une clémence dont je suis le premier surpris et vous tenez une bd complètement dispensable mais qui trouvera son public.

Nom série  Tyler Cross  posté le 04/11/2013 (dernière MAJ le 01/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Brüno a cette capacité évidente à me charmer par son trait si caractéristique et il a beau trifouiller tous les thèmes possibles et rebattus comme Lorna ou Jun ou des scénarios plus originaux comme Biotope ou Atar Gull, je ne peux que me plier et acquiescer au charme évident de ses créations.

Ici avec Fabien Nury au scénario, on balance méchamment dans la première catégorie, section polars bien noirs. Il ne faut que quelques minutes pour replonger dans un univers à la fois immédiat rappelant les films de Sidney Lumet (12 hommes en colère) comme ceux plus récents par exemple d’Oliver Stone (U-Turn) ou de John Dahl (Red Rock West) où un paria se retrouve dans un village de ploucs inhospitaliers.

Le schéma est bien connu et Tyler Cross, mélange taciturne et classieux de Lee Marvin et de Clint Eastwood n’y échappe pas. Ce qui distingue ce polar d’un autre outre ses qualités graphiques évidentes à admirer aussi bien sous les couleurs de Laurence Croix que d’un noir et blanc approprié selon le choix de l’édition, c’est avant tout le traitement narratif utilisé. On n’échappe pas à la voix off qui passe d’un personnage à un autre en y dévoilant moult points de vue, y compris celui d’un crotale ! Quelques flashbacks viennent étayer également ce joyeux bordel organisé autour de réglements de compte dans une ville gangrénée par une famille pourrie et autres rancoeurs.

Tyler Cross n’a rien d’un saint, il est méthodique et appliqué et se comporte la plupart du temps pour satisfaire uniquement ses propres intérêts. Les personnages gravitant autour de lui ne manquent pas de saveur entre avocat véreux, flics corrompus et tyrans sadiques. Tous les clichés se concentrent en plusieurs points et les morts violentes mais jouissives se succèdent dans une époque rétro où porter un chapeau était signe d’élégance et où ces foutus gsm n’existaient pas.

A Nury et Brüno la lourde charge de parsemer leur récit conventionnel par un humour noir et distingué de bon aloi. On ne s’ennuie pas une seule minute dans ce récit à la fois simple et définitif.
Le style de Brüno s’est encore amélioré avec quelques cadrages arrogants et de superbes scènes de pose pour son héros qu’il affectionne et cela se ressent.

Cela se ressent d’ailleurs tellement qu’une suite ou préquelle est d’ors et déjà prévue. Tout le plaisir des deux auteurs suinte chaque page de ce pur divertissement pour adultes et on en redemande avec plaisir puisque l’histoire se conclut tel un one-shot mais bien trop rapidement.

Une œuvre indispensable de plus pour ce duo doué que je relirais avec un grand plaisir coupable ! Sans aucun doute le polar le plus recommandable de cette année 2013 !

Tome 2 : Angola

2 ans se sont déroulés depuis la première aventure de Tyler Cross et je viens seulement de m'en rendre compte. Le premier tome m'avait tellement plu que ses aventures étaient encore fraîches dans ma mémoire.
C'est donc avec un plaisir et une confiance totale en ces deux auteurs que je me suis rué sur Angola dès sa sortie.
Cette préquelle/séquelle (biffez la mention inutile) peut d'ailleurs se lire comme un one shot étant complètement détaché de l'autre récit.
Tyler Cross se retrouve en très mauvaise posture dès le début du tome en purgeant une peine incompressible dans un pénitencier suite à un casse qui a mal tourné.
Les conditions sont insoutenables, la mafia veut sa peau et Tyler Crosse la poudre d'escampette et la vengeance.
C'est la poudre de gunshots qui va donc parler dans un milieu carcéral pourri et bien glauque avec une évasion et une vengeance à façonner.

Encore un sans fautes pour le couple Brüno/Nury avec ce nouvel opus qui fait définitivement rentrer le personnage de Tyler Cross plus charismatique et iconique que jamais dans le monde de la bd franco-belge !!!

Indispensable.

Nom série  Rahan  posté le 25/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Rahan le fils des âges farouches est une bd que je lisais à l’époque quotidiennement dans Pif Gadget avant d’en lire de nombreux albums par la suite. Il y a forcément beaucoup à en dire, que c’est une madeleine de Proust, que les scénarios sont simples et manichéens mais justement… À se replonger dans le contexte similaire, quelle jolie fenêtre vers l’extérieur pour des histoires courtes et concises et, osons le dire, pédagogiques et éducatives.
Le dessin réaliste, ne me plaisait pas plus que cela à un âge où les gros nez avaient ma préférence. Pourtant le style de Chéret était relativement élaboré et travaillé, avec ce petit côté « comics » bien de chez nous lui donnant un style particulier. On peut considérer Rahan comme notre Conan européen, de l’héroic fantasy à une époque des premiers hommes et tout un bestiaire et un décor impressionnant, un immense bac à sables pour des idées simples mais franchement haletantes puisqu’aujourd’hui encore, je peux en lire sans déplaisir dans le seul but de me divertir.
Le côté « Système D » et le vocabulaire de Rahan peuvent lasser mais la résolution bien souvent par la non violence est toujours bien amenée, une constante sur autant de récits.

Impossible de savoir si cette œuvre est susceptible de plaire encore aujourd’hui pour un public aguerri mais très honnêtement Rahan n’a jamais eu la place qu’il méritait en dépit d’une longévité phénoménale sur des idées peut-être répétitives mais sans panne d’inspiration de Lécureux.

À savourer de préférence en terrasse et dans l’édition noir & blanc pour mieux apprécier le travail dantesque de son dessinateur. Le fils de Crao mérite amplement la reconnaissance et à siéger auprès du patrimoine culturel entre Tintin et Astérix.

Nom série  Crueler than dead  posté le 25/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une jeune Japonaise se réveille hagarde et à moitié nue avec un gamin qu’elle ne connait pas dans un entrepôt rempli de cadavres. Ils n’ont aucun souvenir de leur présence ici…
Surgit un militaire salement amoché lui révélant qu’ils sont les fruits d’une expérience visant à les « dézombifier » grâce à un vaccin. Il est maintenant temps de fuir et de rejoindre le dernier bastion de l’humanité au cœur de Tokyo pour tenter de la sauver de l’apocalypse zombie qui a tout anéanti….

Encore un récit sur les zombies ? Oui mais ce manga n’est pas dépourvu de qualités… Prévu en seulement deux tomes, on ne perd guère de temps en palabres et le tamdem Takahashi/Saimura va droit au but quitte à rendre certains découpages et ellipses incohérents au détriment d’un scénario vu et revu piochant ses idées post-apo dans l’héritage du cinéma (28 jours plus tard) comme du jeu vidéo (The Last of Us).
Pourtant, grâce à un savant dosage de scènes d’action et d’exposition, on suit cette aventure mouvementée avec plaisir comme un trip de montagnes russes. Les dessins réalistes et dynamiques contribuent grandement à l’ensemble surtout que les décors ne sont pas sacrifiés et sont plutôt jolis et détaillés (principal reproche personnel aux mangas).
Malgré le petit souci de mise en scène évoqué plus haut, le lecteur est vite immergé et le trip est plutôt agréable… Le prologue exposant le début de l’apocalypse zombie est presque plus intéressant tant on se rend compte de l’impuissance des forces humaines face à un évènement non contrôlable qui dépasse tout entendement et le twist final fait le lien intelligemment avec le début du récit principal.

Pour être tout à fait honnête, cette œuvre est parfaitement dispensable parmi l’énorme proposition en librairie sur ce thème rebattu mais la grande qualité des dessins, le rythme soutenu et la promesse que tout sera parachevé en deux tomes en fait une expérience idéale pour qui souhaite se frotter à la présence putréfiée des morts-vivants sur un cycle court !

Crueler Than Dead remplace donc habilement son absence d'originalité par une efficacité et un rythme effréné !

Nom série  Pretty Little Nightmares (Lili & Winker)  posté le 25/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est par la réédition de Lili & Winker en une somptueuse intégrale et sous le nom de « Pretty Little Nightmares » que j’ai découvert cette œuvre, une des plus méconnues de David Chauvel, un auteur que j’affectionne particulièrement pour la constance de son travail. Amateur de bd nonsensiques comme celles de Foerster dont le trait de Boivin peut se rapprocher dans un noir et blanc impeccable, rien ne m’avait préparé au choc particulier de cette œuvre vraiment à part et qui n’est décidément pas conçue pour plaire au plus grand nombre.

En effet Lili & Winker ne sont pas à proprement parler les héros de ces histoires flirtant avec l’absurde et l’horreur mais les trublions à l’origine d'événements déclencheurs de situations paranormales. Chauvel exploite intelligemment ses histoires à tiroirs avec sketches à l’intérieur d’une trame principale dont on peut perdre néanmoins rapidement le fil comme ce fut le cas avec l’histoire du labo pour ma part.
Le trait dynamique de Hervé Boivin dans un noir & blanc impeccable illustre parfaitement ces histoires que n’aurait pas renié David Lynch. Le titre de « nightmares » finalement sied davantage à cette série curieuse que je relirais probablement avec curiosité mais ne recommanderais pas à tout le monde.

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