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Nom série
Grise Mine
posté le
23/10/2003
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Vraiment pas aimé !) |
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Alors là par contre, j'ai vraiment eu du mal avec la lecture de cet album! C'est bien simple, je me suis littéralement endormi dessus! Car cette histoire est laborieuse, mais laborieuse ! C'est confus, autant dans le propos que dans les personnages, on ne comprend pas vraiment où veulent en venir les auteurs, bref, c'est le prototype de la BD dont je suis complètement passé à côté.
Dommage car il y a quand même des éléments plutôt bien pensés notamment dans la création de ce monde qui nous est présenté (ou tout au moins des embryons intéressants d'idées qui pourraient être pertinentes, illuminées, originales...)
Le plus troublant c'est qu'à aucun moment je n'ai réussi à m'accaparer ou à me rapprocher d'un quelconque personnage. Il faut dire que le héros comme tous les autres personnages centraux de ce premier tome sont d'une froideur qui confère à la rigidité post mortem.
Ajoutez à cela des dessins certes bien réalisés mais qui ne cadrent pas du tout avec ce que j'aime en matière de BD… Sans oublier des éléments carrément loufoques qui plombent toute crédibilité sur les personnages (je suis d'accord que ça relève du détail mais des ongles d'une longueur de 4 cm pour un ouvrier censé poser des briques, ça me pousse pas à trouver le personnage en question très réaliste…)
Bref, je passe mon tour ! |
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Nom série
Spaghetti Brothers
posté le
23/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Ouh là, attention, là ça fait pas rire ! Trillo et son compère Mandrafina se lâchent sur une parodie musclée et délicieuse des familles italiennes mafieuses des années 50. Bâties sur un scénario sans faille et sur un dessin brillant, ces différentes aventures sont particulièrement réussies. On se plonge littéralement dans les pérégrinations de la famille Centobucchi qui nous offre de superbes aventures à la fois comiques et tragiques. Le grand-guignolesque un brin déjanté de Trillo n'est jamais très loin et les dessins très proches de la caricature signés de la main de Mandrafina secondent efficacement ces récits courts.
On pourra certes reprocher à ces albums de raconter encore et toujours la même chose mais il suffit de ne pas enchaîner la lecture de tous les tomes pour éviter cet écueil. Car il serait bien dommage de passer à côté de ce monument du polar mafieux déjanté. Et puis dans le tome 3, Trillo prend plus de distance avec le monde criminel pour s'intéresser aux autres personnages de la famille comme notamment le curé et l'actrice. Au-delà du polar, c'est surtout le traitement de la famille qui me paraît intéressant dans cette série. Le curé prend une réelle importance et les liens de sang prennent une nouvelle dimension.
Et un dernier élément au sujet de la nouvelle édition qui vient de sortir chez Vents d'ouest : il s'agit d'une authentique et sombre arnaque ! Déjà, oser foutre des couleurs sur un dessin pareil, il faut vraiment être criminel. Et puis réduire l'épaisseur des tomes en gardant le même prix, c'est du vol qualifié. |
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Voilà une BD bien insolite. Petit format de la collection Paquet, Le montreur de fantasmes est un album frais et rempli d'idées séduisantes. L'encrage noir est plutôt bien fichu même s'il ne révolutionne pas le genre. Il permet en tous cas de seconder un dessin de très bonne tenue en offrant des planches curieuses, alambiquées, bref, très axées sur le fantasme et le rêve. On sent peut-être par moments (sur les faciès des personnages secondaires) une influence du côté de chez Tardi, mais ce serait alors un Tardi sous acide qui aurait pu dessiner certaines de ses planches.
Le scénario de ce petit album est lui peu banal, et si la voix du narrateur est l'unique texte qui accompagne la lecture, elle devient parfois un peu trop présente.
Aucun dialogue, pas de phylactère, juste cette voix comme en sourdine, qui se déverse sur toutes les planches, au milieu des pages parfois, partout où cela est possible. L'effet est au rendez-vous, l'efficacité peut-être pas autant que ne l'aurait souhaité l'auteur.
Quoi qu'il en soit, cet album trop vite lu reste très original et très bien ficelé. |
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Nom série
Propeller Man
posté le
20/10/2003
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Vraiment pas aimé !) |
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Matthias Schultheiss se fend d'une série en deux tomes qui n'apportera pas grand chose au monde de la BD. Sur une idée bateau, il développe un scénario ultra classique et poussif qui s'étire sur deux tomes qui deviennent très vite pénibles à lire.
Car en plus d'être un scénario très limité, les personnages ne sont que de pâles photocopies des personnages que l'on trouve habituellement dans ce genre d'aventures. Les dialogues sont risibles de mièvrerie ou carrément à côté de la plaque selon le contexte.
Enfin, les dessins sont franchement très moyens : on sait bien que Schultheiss est un dessinateur assez baroque mais là ça atteint parfois des proportions délirantes sur les visages des personnages. Car pour les bâtiments vus de haut, le dessin et l'effet restent assez réussis (peut-être la seule chose positive de cette série ?). Mais les couleurs sont dans l'ensemble aggressives et laides, impersonnelles, froides...
Bref, une série à fuir. |
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L'afrique, ou plutôt l'Afrique, avec un grand A… Ses grands fauves, sa brousse, ses baobabs, ses rivières dangereuses et leurs traversées périlleuses. L'Afrique… Sa chaleur, ses guides, son immensité, ses mystères, ses croyances… Avec La tendresse des crocodiles, Bernard nous offre une invitation au voyage qui s'ouvre sur un moment d'évasion et de rêve, une parenthèse d'oxygène dépaysante.
Pourtant les héros n'ont rien de révolutionnaire, avec une Jeanne Picquigny lancée à la recherche de son père dans un pays qui la fascine et qui l'effraye, et Eugène Love Peacock, un guide arrogant, machiste et porté sur la bouteille. Cette confrontation présente des airs de maintes fois vu et revu. Pourtant, Bernard ne cherche pas à aller dans la surenchère, il se laisse porter par son histoire et à défaut d'originalité, les personnages sont vrais et crédibles.
En revanche, Bernard parvient à installer une ambiance superbe grâce à des parfums d'Afrique qu'il distille à bon escient. Pas trop de clichés, mais juste un peu pour que les béotiens (moi le premier) se sentent ailleurs, pas trop de mystères et d'allusions aux croyances locales pour ne pas obscurcir le récit, mais suffisamment pour entretenir le mystère, pas trop de planches de paysages pour ne pas verser dans le dépliant touristique, mais juste assez pour faire rêver. Jusqu'au bout, on ignore bien ce qu'il va se passer et surtout on ignore ce qui explique la disparition du professeur Modeste Picquigny.
Quant aux dessins, ils sont vivants et jamais figés, ils m'ont donné l'impression de varier selon les situations, ce qui donne vraiment une âme à ces personnages. Certaines planches pleine page sont en plus carrément splendides, avec un contraste noir et blanc simple mais qui permet bien des effets (la traversée d'une mare dans laquelle se reflètent les troncs d'arbres m'a enchanté).
Bon, il y a toutefois une ombre au tableau (oui, quand même). C'est très long à se mettre à place, très long à venir, et une fois le nœud de l'histoire atteint, tout se désagrège un peu trop rapidement à mon goût. On arrive alors sur un tableau final qui laisse une impression mitigée, comme si on venait de passer à côté d'une très grande bande dessinée, juste pour quelques détails parmi lesquels un déséquilibre narratif. Trop lent au début, magnifiquement conduit sur la suite et trop désuni sur la fin.
Mais que cela ne vienne pas nous faire bouder notre plaisir car La tendresse des crocodiles n'est pas simplement un titre inspiré, c'est un excellent album ! |
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Tome 1 : 
Comme c’est souvent le cas avec les anthologies, ce premier tome est assez irrégulier. Néanmoins j'ai été très heureux de retrouver le tandem Azzarello/Risso dans ce qui est peut-être la meilleure histoire du lot. Il faut dire que le dessin de Risso est toujours aussi spectaculaire. Les effets d’ombre et de lumière qu’évoque le titre de l’anthologie prennent tout leur sens dans cette histoire. Risso démontre une fois de plus qu’il est un très grand dessinateur, particulièrement doué et inspiré lorsqu’il s’agit de jouer avec le noir et blanc. Retrouver une petite histoire signé de Paul Pope est un autre aspect positif car découvert avec Escapo, Pope reste un auteur dont le travail m'attire beaucoup.
Après, il y a à prendre et à laisser : certaines histoires sont vraiment légères au niveau du scénario. On retrouvera toutefois avec (bonne) surprise une histoire signée de Walter Simonson et associé au dessin à John Paul Leon pour une histoire mêlant le monde de Batman à celui de Lewis Carroll et d’Alice.
En ce qui concerne les dessins, on a également un peu de tout au programme avec certaines planches superbes (Risso en tête, Lee), très dynamiques (Salmons) et d’autres qui m’ont laissé plus indifférent.
Au final un panel particulièrement instructif puisque très vaste même si mis à part les deux ou trois histoires qui sortent du lot, le reste n’est peut être pas indispensable.
Tome 2 : 
Même principe que dans le tome 1 avec des histoires de qualité variée et des styles de dessins très différents. Dans ce registre toutefois ce tome 2 m’a paru plus déséquilibré que le tome 1. Car on retrouve des dessins superbes qui s’accordent avec des histoires bien ficelées et à côté, juste après ou avant, des dessins nettement moins réussis collés à des histoires… comment dire… limite pré pubères…
Très réussie à mon goût est l’association Alan Grant / Enrique Breccia ( fils de Alberto ) sur une histoire très originale, bien maniée au scénario et dessinée de main de maître par Breccia junior. On pourra également retenir les étonnantes planches réalisées au lavis par Wiesenfeld sur une histoire (un peu obscure) scénarisée par Joe Kelly.
Enfin côté "classique", histoire réussie signée par Gibbons, à la plume et au dessin avec un scénario qui tourne autour du noir et du blanc et de l’absence de couleur. C’est réussi.
A noter également le dessin étonnant, très parodique, de Mike McMahon associé à Gibbons.
En revanche j’ai nettement moins aimé le dessin et l’histoire que nous livrent Ronnie Del Carmen et Paul Dini (à cet égard certainement la plus mauvaise des deux tomes). De même une des premières de ce tome 2, signée par Bob Kaniger et Kyle Baker est parfaitement inutile et presque ridicule…
Encore une fois donc un ensemble très irrégulier à réserver peut être aux fans, même si les trois dernières histoires sont particulièrement fortes, sans oublier celle de Gibbons au début(« Bandit en noir et blanc »). |
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Tome 1 :
Ah le dessin de Larcenet… Il n'y a pas si longtemps de cela, je n'aurais pas imaginé qu'il justifierait à lui seul l'achat d'une BD. D'autant plus d'une BD scénarisée par Trondheim, pour lequel je reste très méfiant (je n'accroche pas vraiment à son type d'humour).
Dans ce premier tome ce dessin est fantastique et regorge de détails croustillants (le poster de l'éléphant dans l'école, la peluche façon Lapinot dans la chambre d'enfant…) dont l'éclat est renforcé par des couleurs bien choisies. Le ton est léger, et on retrouve bien la patte Trondheim dans les scènes de vie des deux gamins.
Le décalage entre l'imaginaire enfantin et la réalité (ou ce qui nous est présenté comme étant la réalité) est ce qui fait tout le charme de cet album. Le début est un peu poussif, mais après l'histoire est partie sur de bons rails et donne lieu à des répliques parfois très inspirées. Le tandem de Martina et de Gildas fonctionne bien, et il faut bien reconnaître que Trondheim sait très bien capter les attitudes enfantines pour les transposer sur cette aventure. Cela donne lieu à des conversations inspirées, et à des situations distrayantes qui donnent une lecture très agréable. Les personnages des enfants sont attachants et évoqueront certainement des souvenirs à pas mal de lecteurs.
Voilà un "poisson-pilote" gai, frais et enjoué, pas de quoi se relever la nuit ni se taper la tête contre les murs mais c'est bien quand même hein…
Tome 2 :
Ouh là là… Bon alors sur ce second tome je vais sortir un gros joker hein… Parce que franchement je n'ai rien, mais alors rien retrouvé de ce qui faisait le charme du tome 1. Mis à part les dessins de Larcenet et encore, je trouve qu'ils ne sont pas aussi personnels que dans le précédent opus, j'ai trouvé cet album d'une qualité très moyenne.
En premier lieu, le décalage entre réalité et imaginaire enfantin n'est ici plus aussi marqué, par la force des choses certes mais quand même c'est dommage, c'était l'élément le mieux maîtrisé dans le premier album. Les dialogues ne sont plus aussi drôles, l'effet de surprise qui n'y est plus y fait certainement beaucoup mais c'est avec une grosse déception que j'ai refermé ce second tome… sans aucune envie de connaître la suite.
Car Martina et Gildas ne m'ont pas fait rire, même pas sourire, et les clins d'œil cinématographiques m'ont paru servir de superbes cache-misère pour masquer l'absence totale de scénario rigoureux et bien ficelé. L'histoire part dans des directions qui se rapprochent du "grand n'importe quoi" avec accumulation de clichés du genre, trop grossiers pour être parodiques, trop voyants pour être pris pour de la dérision. Ce n'est pas drôle, c'est même enquiquinant à lire. |
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Nom série
100 bullets
posté le
13/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Feuilleté dans un coin de la librairie, cet album ne m'attirait pas vraiment, il faut bien l'avouer. Mais encouragé par les avis enthousiastes des lecteurs, je l'ai finalement rajouté à ma petite liste et emporté chez moi. Et il faut bien reconnaître que j'ai bien fait…
Le dessin de Risso est bien ce qui m'avait fait hésiter… Enfin non, pas le dessin car le trait est vraiment très bien foutu, j'aime vraiment le travail de Risso. Mais les couleurs par contre… quelle catastrophe! Alors oui ça passe dans le fil de l'histoire, on est absorbés par les personnages et par le scénario mais pardon, ces couleurs m'ont littéralement fichu la nausée. Trop de nuances de beige et de marron à mon goût, trop de couleurs proches, pas assez d'éclats ni de teintes vives… C'est pour moi le plus gros point faible de cet album, très bon à tous les autres points de vue.
Car l'idée de départ qui nous parle de vengeance, de totale impunité, de meurtres, de balles… est une idée drôlement séduisante pour un scénario de BD. Et Brian Azzarello nous propose ici une histoire efficace dans laquelle on plonge très vite, avec un étonnement que semblent partager certains des protagonistes. Car le personnage de Graves n'est pas commun, et son rôle est tout à la fois celui de la main armée et du rédempteur : avec une arme et une sacoche contenant des preuves, il donne à ceux qu'on a roulé la possibilité de se venger, ou d'oublier…
100 bullets s'appuie vraiment sur une idée qui véhicule une question de fond très forte et qui donne toute sa dimension à ce comics.
Les personnages sont peut-être parfois un peu trop jusqu'au-boutistes, mais ils restent dans la droite ligne des situations extrêmes auxquelles ils sont confrontés. C'est surprenant, bien fichu, inattendu et c'est fait avec intelligence.
Bref, c'est à lire. |
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Nom série
Ghost World
posté le
13/10/2003
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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Petite déception. Non pas que Ghost World soit foncièrement un mauvais album, mais après les éloges que j'avais pu entendre à son endroit, je n'ai pas retrouvé toutes les attentes que j'avais placées en sa lecture.
Le dessin d'abord : plutôt réussi même si ces teintes bleues qui bouffent parfois les phylactères donnent parfois une impression de "pas net" et en tous cas finissent par procurer un sentiment d'overdose de bleu. Ceci dit, il faut reconnaître que cette sur-utilisation de bleu permet de créer une ambiance vraiment particulière qui, paradoxe, participe au charme de Ghost World.
L'histoire d'Enid et Rebecca est ultra classique mais la façon dont Clowes relate leur quotidien est particulièrement brillante et originale. Les mots et les attitudes qu'utilisent les deux adolescentes sont en complet décalage avec ce qu'on pourrait attendre d'elles et c'est ce qui donne son piment au scénario. De plus, même si on a parfois l'impression de voir devant nous des caricatures comportementales d'adolescentes en pleine crise, Clowes parvient à nous intéresser jusqu'au bout. Entre tendresse et ironie, le lecteur voit son rapport aux deux héroïnes changer tout au long de la lecture. C'est assez étrange, de même que ces enchaînements qui manquent de liant entre les scènes. Là encore, c'est un découpage et une façon de faire qui donnent son charme à l'album mais bon, je ne suis pas fan du genre.
Difficile donc de donner un avis tranché sur Ghost World. Le sujet ultra classique est traité de façon personnelle et originale. Les personnages suivent cette ligne paradoxale de déjà-vu et d'interprétation réussie. Toutefois l'histoire ne me passionne pas suffisamment pour en conseiller coûte que coûte la lecture. |
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Nom série
Human Target
posté le
12/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Encore une fois, voilà une idée très intéressante que celle de la double personnalité, développée par Peter Milligan dans cet album. Cela donne lieu à un scénario particulièrement musclé qui est le gros point fort de ce Human Target. Car en plus d’être diablement efficace, il est également très subtil et pose des questions qui dépassent le cadre du simple album. On pourra peut-être parfois lui reprocher d’en faire justement trop (avec les éternelles questions sur le couple, la condition de père etc…) mais on sent bien que c’est par souci de donner à ses personnages une véritable authenticité. Et si Milligan doit garder ses propres convictions pour lui, ou alors les distiller noyées au milieu d’un véritable ouragan de notions symboliques plus ou moins (bien) entremêlées (la justice, la vengeance, la rédemption, etc. ) tant pis, Human Target est dynamique.
Le dessin de Biukovic n’est d’ailleurs pas en reste sur ce dernier point avec des mouvements omniprésents, des couleurs vives et bien accordées, des visages expressifs, des caractères qui transpirent dans leur description graphique.
L’association des deux auteurs nous donne un polar qui joue avec les canons du genre, en jetant les bases d’interrogations intéressantes mais qui se perd parfois dans un flou né de ces questions. A trop vouloir bien faire, Milligan ne se piège t-il pas lui même parfois ? Une deuxième lecture s’impose car cet album le vaut bien… |
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Premier tome d’une série visiblement prévue en trois, ces Equilibres meurtriers ne m’ont pas vraiment convaincu. Vouloir marier polar et science fiction est une noble intention quand on sait le nombre de récits de qualité qu’une telle association ont pu nous apporter dans le passé (dans les domaines de la bande dessinée comme du roman ou du cinéma). Mais c’est une tentative à double tranchant car justement on a souvent en tête les ambiances ou les images d’une histoire qui nous a particulièrement marqué. Et parvenir à nous enchanter en nous montrant quelque chose de bien fait, bien pensé et de différent, n’est pas une tache aisée.
Ptoma s’y emploie quand même avec une évidente bonne volonté et parfois même des idées intéressantes mais la plupart du temps il m’a semblé se perdre dans des lieux communs et des impressions de déjà-vu persistantes et parfois agaçantes. Je passerai sur la liste de toutes ces références, conscientes ou non, qui me sont apparues en lisant cet album car après tout elles sont peut-être personnelles, mais elles m’ont gâché cette lecture.
La première partie est plutôt réussie pourtant. A mi chemin entre le polar classique et le récit d’investigation hardcore qui met en scène le serial killer un brin gore, les personnages à défaut d’originalité, faisaient montre de réalisme. Je m’étais préparé à la suite, impatient de voir comment les deux personnages qui mènent l’enquête s’en sortent. Hélas la suite dégringole en partant dans des directions avec lesquelles je n’ai jamais accroché. En voulant corser son scénario et l’étoffer avec des personnages complexes, des situations fantastiques, des allusions ésotériques ou religieuses, Ptoma m’a perdu. On ne tarde d’ailleurs pas à tomber dans le grand n’importe quoi et tous les mystères amenés pour inciter à la lecture de la suite ne m’ont jamais convaincu. Bref, je n’ai trouvé aucune envie à attendre la suite de ce premier tome.
Car le dessin ne sauve pas ce scénario maladroit et trop impersonnel. Au contraire même puisque si le trait n’est pas forcément laid, ces couleurs artificielles donnent lieu à des ambiances froides, fades, sans âme. Du reste l’abus de plans rapprochés et de portraits écrase les perspectives et on a un réel manque de retrait (à tous points de vue) en lisant cet album. Tout cela manque singulièrement de liant, de personnalité, et c’est bien dommage, certaines idées auraient mérité un traitement différent, de scénario et de dessin… |
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Nom série
Attends
posté le
10/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Culte !) |
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Attends… est disponible chez Atrabile, dans la collection "Flegme" et ça tombe plutôt bien parce que du flegme il va en falloir au lecteur pour arriver à refermer ce chef d’œuvre sans être bouleversé. Résumer cet album me semblerait bien vain tant l’ambiance qui règne tout au long de ces pages est prenante et impossible à retracer par des mots qui puissent être aussi forts.
Jason signe ici un récit d’une force incroyable qui prend encore plus de relief grâce à un dessin minimaliste qui colle parfaitement au rythme, au ton, et au propos de l’album. Le découpage classique en gaufrier de 6 cases donne une dimension implacable au rythme du récit et illustre à merveille le message de Jason. Car c’est bien de temps qui passe dont il est question dans Attends…. Chaque page est une merveille de poésie et de tendresse, avec deux parties bien distinctes mais complémentaires, dont chacune prend vraiment tout son sens avec la lecture de l’autre. Jon et Bjorn sont des amis adolescents, insouciants, qui s’intéressent aux choses de leur âge (à Batman notamment) mais qui n’en oublient pas le reste. Et parmi le reste, il y a –déjà- l’ombre de la mort qui plane et l’ombre du temps qui passe…
Avec une économie d’effets et de mots, Jason parvient à planter le décor et à faire évoluer ses personnages sur une ligne conductrice dont il ne dévie jamais. Son scénario est parfaitement huilé et les destins de Jon et Bjron se mettent en place avec une implacable logique qui nous renvoie nos propres destins. L’intrusion du monde des adultes dans la première partie où les héros sont encore enfants est particulièrement bien emmenée, discrète mais déjà pesante, dans toute cette insouciance on sent poindre la menace de l’âge adulte, et du temps qui passe… Quant à la deuxième partie, elle pose les questions évidentes sur la famille, le célibat, le travail, bref, le quotidien tel que tant de gens le vivent chaque jour : sans fard ni fioriture, une fois que la porte se referme chez soi : qui est-on vraiment ? qu’attend-on réellement du lendemain, et pourquoi ce clic-clac infernal de la trotteuse de notre montre résonne t-il si fort ?
Impossible de rester insensible devant cette réflexion sur la vie, cynique, sombre mais tellement juste… Ajoutez à cela des dessins véritablement superbes avec des personnages très expressifs malgré une économie visuelle à tous les niveaux, et vous obtenez Attends… un album dont je suis tombé littéralement amoureux. |
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Plusieurs récits composent de recueil de Dupuy & Berbérian dont la première édition remonte déjà à 1991. Et leur qualité est très inégale… Autant les premières histoires ne m’ont pas emballé (dessin impersonnel, gags pas du tout amusants, situations très banales et parfois même très bancales, tout cela reste d’un niveau très très modeste) malgré quelques pointes délicieusement cyniques, autant la suite m’a nettement plus convaincu.
Mais la seconde partie qui présente plusieurs petites aventures mettant en scène le héros Wagner est nettement plus réussie. Le dessin est plus sûr, plus personnel (ça ressemble à ce qu’on connaît de Dupuy & Berbérian vu de l’extérieur) et surtout la mayonnaise humoristique prend bien avec le duo ennemi classique du savant fou et de l’agent secret. Les gags sont nombreux, diversifiés, inventifs, bref, on ne s’ennuie pas une seconde et le plaisir de lecture est réellement présent sur ces 3 aventures de l’agent Wagner.
Deux autres histoires participent à mon sens également à la bonne tenue finale de ce recueil ; il s’agit de "Meurtre à la Mano Negra" et de "Au théâtre ce soir … espoir". Dans la première, l’influence de l’incontournable Marcel Gotlib apparaît au grand jour pour une enquête à l’humour digne du maître lui même. Le personnage du commissaire Moifort est parfaitement décalé et génère plusieurs gags fort bien trouvés qui s’appuient sur un comique de situation bien maîtrisé. La seconde est à la fois drôle et merveilleusement originale, avec une chute étonnante et très bien amenée. |
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Nom série
Dracula
posté le
08/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Dracula… Un personnage mythique qui en aura inspiré des artistes… Hippolyte nous livre sa contribution avec ce premier tome à la couverture splendide et réellement attirante. Et même si c’est une véritable plaie à ranger dans les bibliothèques, les livres de la collection "Carrément BD" de Glénat sont magnifiques. Celui-ci ne déroge pas à la règle avec un Dracula sombre et inquiétant à la fois icône de toutes les versions déjà vues et vision très personnelle de l’auteur.
L’album en lui même offre tout d’abord un graphisme absolument superbe, avec dès les premières pages des planches très belles, qui laissent toute sa place à la technique édifiante qu’utilise Hippolyte. Les effets sont saisissants d’efficacité avec des transitions qui se fondent d’une scène à l’autre et des jeux de lumière et d’obscurité qui permettent de jongler avec la narration. Ce découpage original m’a réellement convaincu sur le plan dynamique et du dessin pur mais nettement moins sur le plan narratif, ce pour quoi il est fait, au fond. Sur les trois premiers quarts de l’album, il se laisse apprivoiser sans problème et on entre vraiment dans l’histoire facilement. J’ai passé de longs moments à détailler et à détailler encore toutes ces planches, leurs couleurs, c’est franchement très beau.
Grâce en plus à certains petits effets discrets, l’ambiance est sublime : un nuage et un clair de lune peuvent être déchiffrés comme la gueule d’un loup (avec ses crocs qui sont alors les cimes affûtées des arbres). L’ambiance… Voilà incontestablement la plus grande réussite de cet album, avec son graphisme. L’ambiance de cet album est prenante, elle est omniprésente, à chaque page, grâce au talent d’Hippolyte à la carte à gratter.
Mais le dernier quart de l’album m’a nettement moins convaincu, avec une réelle difficulté de compréhension, j’ai du revenir plusieurs fois sur ma lecture, en arrière, pour tout saisir. Les coupures de journaux sont certes intéressantes mais peut-être un peu trop longues ? Sincèrement ça ne m’a pas tant gêné que ça mais il est une chose certaine : ce Dracula ne se lit pas en quatrième vitesse, il faut prendre le temps, et c’est une bonne chose. On sent en tous les cas Hippolyte peut être pas encore complètement à l’aise sur de la BD (lui qui vient de l’illustration je crois bien ?) au niveau de la narration. Et cette dernière partie de l’album est un peu maladroite, en tous les cas elle est confuse et trop différente du restant : elle semble vraiment artificielle. C’est très dommage mais pas suffisant pour m’empêcher d’attendre la suite… |
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Le génial scénariste Trillo s’associe une nouvelle fois avec son compère Mandrafina pour une histoire reprenant le décor et les personnages de "Spaghetti Brothers". N’ayant pas encore lu cette dernière série, j’ai abordé les deux tomes de "Vieilles Canailles" sans attente particulière. L’ambiance de ces deux albums est pesante, mais cède parfois un peu trop facilement la place à un étalage gratuit de violence de mœurs. La famille Centobucchi apparaît alors comme complètement déjantée, trop déjantée pour être crédible, et on bascule très vite dans la parodie, encore faut-il être prêt à la lire (se mettre dans l’état d’esprit nécessaire).
Le personnage d’Amerigo qui soutient une bonne partie de la trame narrative de ces deux albums est à l’image du ton adopté par Trillo : grandiloquent, caricatural à outrance. D’ailleurs Mandrafina ne se fait pas prier pour le croquer dans des expressions terribles, avec plusieurs dessins où Amerigo est représenté dans des postures très marquantes, et à chaque fois des faciès expressifs à l’extrême. Amerigo est le symbole de cette famille, il en est le plus turbulent représentant et à ce titre il est au centre des deux albums. Les auteurs prennent beaucoup de plaisir à le croquer, à le présenter dans tous ses travers de jeunesse dans le tome 1 comme dans toute sa folie et son abnégation, comme un leitmotiv infernal, dans le tome 2.
Et ce qui fait la force de ces histoires en est aussi la faiblesse : à trop vouloir en faire, à trop vouloir se centrer sur Amerigo, les autres personnages pourtant très intéressants (les tantes du narrateur) sont un peu transparentes en comparaison. C’est fort dommage car elles avaient une authenticité dramatique réelle et de vraies histoires de femmes à raconter, de manière peut être plus intimiste, plus introvertie. Trillo a choisit de faire de ses "Vieilles Canailles" une parodie un peu burlesque, tragi-comique, avec ses relents d’exagération à l’extrême… |
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1er tome
Belle surprise que ce premier tome de "La nuit de l’inca". Rien de révolutionnaire en soit ni au niveau du dessin qu’au niveau du scénario mais tout y est bien fait, avec humour et même pas mal d’originalité finalement.
Le dessin est très agréable, haché avec très peu de fioritures, des visages renfermés et sombres, et des couleurs bien adaptées par l’incontournable Walter. Je ne connaissais pas le trait de Duchazeau et j’ai aimé cette découverte, même si tous les visages se ressemblent forcément, sans vraiment dégager de caractère : ce sont des faciès inexpressifs et seuls quelques regards donnent une idée de leurs sentiments à un instant précis.
Vehlmann saupoudre son récit de quelques belles passes d’armes entre croyance religieuse, athéisme et même agnosticisme parfois. Ce n’est pas le but premier de l’histoire mais j’ai trouvé ces petites guéguerres discrètes très bienvenues, sans prétention et amusantes. Du reste, Vehlmann déploie sur tout l’album un humour constant, discret mais efficace, qui n’entache en rien le côté dramatique (ou tout au moins la trame principale) de l’album.
Le personnage de Maki, le personnage central, est un peu trop caricatural à mon avis : il est l’estropié du village, donc celui que personne n’aime, les enfants lui jettent des cailloux, il est rejeté, et son seul ami est un enfant pas comme les autres. J’ai trouvé cet aspect des choses un peu réchauffé…
A part ça c’est une histoire qui part bien, avec une fin qui appelle à la lecture de la suite, on se laisse vraiment emmener là où le veulent les auteurs, c’est très agréable. Bref une lecture plaisir dont on attend déjà impatiemment la suite, c’est déjà quelque chose de bien !
2ème tome
Un ton en dessous du tome 1, ce second album reste malgré tout de très bonne facture, avec toujours ce dessin et ces couleurs vives et très agréables à l'oeil. L'histoire devient plus classique mais reste inspirée et parfois même poétique.
Confirmation donc d'une bien sympathique petite série. |
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Nom série
Je suis un vampire
posté le
05/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Tome 1 : Résurrection
- Une histoire de vampire…
- Encore ?
- Non !
Parce que Trillo a bâti avec ce premier tome une grande maîtrise sur le scénario : à partir d’une trame archi classique il parvient à créer une histoire prenante et passionnante. Sur le thème du vampire, il injecte des idées délicieusement partagées entre le mythe et l’imaginaire qui accompagnent le sujet (malédiction, origine de celle-ci, manifestation qu’elle prend, source astrale, point de départ historique qui s’appuie sur une époque faisant la part belle aux croyances mystiques comme celle des pharaons de l’ancienne Egypte…). Par dessus ce décor et cet environnement propice à toutes les rencontres avec des personnages hauts en couleur, Trillo ajoute une autre trame de fond classique : le combat entre deux ennemis jurés. Mais lorsqu’il s’agit de vampires, d’êtres immortels, ce combat ne semble jamais devoir prendre fin et les luttes terribles se poursuivent depuis 5000 ans dans le cas des deux personnages centraux de ce premier tome.
Enfin, autre pan important de l’histoire et qui lui donne peut-être toute sa légitimité et son originalité (en lui offrant une dimension sociale inhabituelle dans le domaine du 100% fantastique), le retour à la vie du héros, son réveil après un sommeil de 50 ans et son arrivée dans une ville qu’il ne connaît pas, au milieu d’un monde qui a bien changé.
Et toutes les clés de cet incroyable scénario sont plutôt bien ficelées, certaines passent peut être mieux (plus fouillées, plus mûries ? plus abouties en tous cas) que d’autres, reléguées au second plan dans ce maelström d’idées et de situations que Trillo a réservé à son héros fils de pharaon… C’est parfois un peu frustrant, cette impression de ne pas aller plus loin dans l’intimiste, dans la direction complètement opposée aux lois du genre. Mais tout le reste est tellement bien (et tout se tient si bien) que finalement ça ne gâche pas le plaisir de lecture. Car le plus important est là : on est dans une histoire bien construite et originale qui évite plutôt bien les clichés et ne sombre jamais dans le grandiloquent.
Risso seconde parfaitement son compère Trillo en apportant à cette histoire un dessin superbe en noir et blanc avec des personnages dotés d’une véritable personnalité. Avec un simple trait un peu différent, Risso crée un sourire, une ambiance, un sentiment. Il en fait de même avec des regards et des moues très expressives, ces clichés instantanés des visages constituent une des grandes réussites de ce premier tome. |
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Nom série
Black hole
posté le
05/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Tome 1 : 3/5
Comme tout premier tome qui se respecte, "Sciences naturelles" est une introduction à cette série du très talentueux Burns. On y retrouve avec plaisir son trait si particulier et notamment son noir et blanc inspiré, avec des personnages aux faciès pas toujours beaux mais toujours expressifs et personnels.
L'univers des teenagers américains des années 50 est bel et bien rendue, avec ses icônes et ses témoins emblématiques (on imagine très bien l'empreinte d'Elvis, les cadillac, et les bars avec banquettes en skaï rouge et carrelages noir et blanc). L'histoire démarre très lentement toutefois, et l'arrivée de la peste adolescente ("la crève") est longue à venir. Du coup, une bonne partie de l'album n'est qu'une description des préoccupations des héros, ce qui se résume à quelques cours, à des virées en bagnole et à la découverte des filles. A défaut d'originalité ou d'ingéniosité, Burns mène sa barque avec nonchalance, s'amusant à dépeindre un monde particulier en saupoudrant le tout d'une intrigue qui grossit peu à peu.
Tome 2 : 3/5
"Métamorphoses" est la suite immédiate du tome 1 et nous plonge un peu plus au cœur de cette épidémie qui touche les adolescents du récit. Le mystère s'épaissit, l'ambiance devient un peu plus étrange encore, parfois même glauque mais pas trop, juste ce qu'il faut pour tenir le lecteur en haleine et lui mettre l'eau à la bouche pour la suite. Les personnages sont plutôt réussis, pas forcément des phénomènes de créativité de scénariste mais en tous les cas on se laisse prendre à l'histoire et à l'ambiance.
Le dessin de Burns est toujours présent, impeccable, qui soutient très bien l'histoire, et qui parfois même fait bien plus que la soutenir, prend le relais d'une narration classique pour la tirer vers le haut. Les personnages principaux Rob et la fille munie d'une queue d'animal sont tout de même les mieux exploités du lot et à eux seuls ils participent à la création d'un univers fantastique ou le cauchemar n'est jamais très loin. Burns utilise toute l'ambiguïté de l'adolescence de ses héros pour concocter une histoire au rythme parfois un peu déroutant mais toujours efficace car l'objectif est atteint en ce qui me concerne : je vais me procurer la suite.
Tome 3 : 3/5
Ce tome 3 m'a paru un peu en dessous des deux albums précédents de la série, certainement à cause d'un léger ralentissement dans l'intrigue. Le côté fantastique et un brin dérangeant est un peu effacé pour se concentrer sur la psychologie des personnages principaux. On découvre la planque des adolescents contaminés par la "crève" et on suit leurs fuites sans vraiment comprendre pourquoi ni comment ils se sentent obligés de fuir. En réalité, ce qui m'a le plus gêné c'est la façon dont ils le font, sans donner l'impression de bien se rendre compte de la gravité de la chose, avec une bonne dose de fatalisme peu en accord avec leur âge.
Il est également dommage que les reclus qui vivent dans la forêt ne soient pas plus en contact avec les phénomènes bizarres qui les entourent (les poupées découpées et fixées aux arbres). Là, c'est à peine suggéré, comme ça avait déjà été le cas dans les tomes précédents, sans que l'on s'en approche de trop près. Peut-être que mon impatience a eut raison du scénario un peu lent de ce tome 3 ? Certainement un peu oui… Il reste tout de même les encrages toujours percutants de Burns, ces dessins très réussis, glauques et inquiétants, qui portent véritablement l'histoire.
Tome 4 : 4/5
Avec "La reine des lézards", le scénario progresse enfin de manière significative. Le couple symbolique de Chris et Rob se retrouve et les deux tourtereaux profitent de leur jeunesse en oubliant un peu leur maladie. Cette démonstration d'amourette d'adolescence est à la fois sympathique et un peu surannée, un peu à leur image, on hésite entre l'apaisement et l'ennui.
Mais heureusement Charles Burns ne s'arrête pas là et prépare des passages plus forts, comme notamment celui mettant en scène l'intrigante Eliza qui trouble Keith dans une scène sombre et glauque très réussie. On suit donc plusieurs personnages en parallèle, comme c'est devenu une habitude dans cette série et la décision que prend Chris vis à vis de sa maladie permet à l'histoire de véritablement avancer. De plus, Burns n'abandonne pas le côté obscur de son histoire en continuant de distiller une ambiance menaçante où les rares scènes de joie innocente entre Chris et Rob paraissent d'autant plus rares et promises à une fin rapide.
Du reste les dernières planches sont parfaitement emmenées, et Burns termine ce tome 4 sur un tempo enlevé, avec un scénario qui devient excitant. Le lecteur achève sa lecture au beau milieu d'une scène très forte, en rageant de devoir attendre le mois d'octobre 2003 pour la sortie du Tome 5…
Tome 5 : 2/5
Alors que le tome 4 “La reine des lézards” m’avait laissé sur une belle impression et une fin qui appelait à une suite palpitante ou du moins progressant vers un peu plus de fantastique, "Grandes Vacances" est une petite déception.
Il s’agit peut-être d’un album de transition, c’est en tous cas ainsi que je l’ai ressenti, avec une histoire qui n’avance pas aussi efficacement que dans le tome 4. Chris est perdue, elle se réfugie (inconsciemment plus que par réelle envie) dans une maison laissée à la garde de Keith. Là, elle évolue dans une ambiance bizarre au milieu des autres atteints de "la crève", un peu perdue.
On ignore si elle sait où est Rob, ce qu’il lui est arrivé… On s’étonne donc de ne pas la voir se mettre à le chercher, on la sent étrangement passive…
D’une manière plus générale tous les protagonistes de ce récit semblent subir les choses et attendre que quelque chose arrive enfin. Et nous aussi …
Reste le dessin de Burns, toujours aussi maîtrisé, toujours aussi efficace mais le scénario bien pauvre plombe véritablement le plaisir de lecture… En attendant la suite qu’on espère plus enlevée… |
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Nom série
Banana fight
posté le
05/10/2003
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Vraiment pas aimé !) |
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Après la première lecture de "Banana Fight" et à chaud, ma première réaction est une vraie grosse déception. Je m’étais souvent tâté pour acheter cet album depuis sa sortie et au bout d’un an, de passage à Paname j’ai profité de l’ex-libris commercialisé par Fantasmagorie pour enfin acheter la BD.
Il faut dire que les couleurs et le dessin sont franchement attirants. Quand on ouvre la BD dans les allées de notre librairie préférée tout au moins. Car une fois chez soi bien tranquillement installé avec un bon café pendant qu’il pleut dehors*, la magie n’opère pas. Le dessin apparaît finalement certes très coloré mais pas vraiment beau. Pire même, les visages n’expriment rien, à l’image des personnages eux mêmes, au mieux fades, au pire inutiles.
Car le scénario est bien le très gros point faible de ce premier tome : l’histoire est totalement décousue, les auteurs ouvrent de nombreuses portes sans jamais aller plus loin. C’est donc une histoire très superficielle qui nous est proposée, avec des références qui n’ont aucune explication, aucun but bref, qui tombent complètement à plat. Les personnages n’ont pas d’âme, ils sortent de nulle part et franchement l’histoire ne donne pas envie de savoir où ils vont aller dans le futur tome 2. Le trio de gamins emmené par Banana n’a aucune dimension dramatique, aucune légitimité héroïque ou anti-héroïque, ils sont des personnages sans intérêt, plats, sans saveur, trop niais pour être adultes et trop peu innocents pour être des enfants. Bref, ils ont une personnalité bâtarde qui leur donne bien peu de relief. Le fou et Mariscal n’ont pas plus d’intérêt et sont eux aussi très transparents, et à part le Kanadian, monstre classique mais efficace dans son rôle de gros bourrin repenti, les personnages de ce récit m’ont énormément déçu. Enfin l’arrivée du nouveau personnage féminin à la fin du récit m’est apparue grandiloquente et ridicule.
Bref, un album à oublier.
*c’est la mode de la BD autobiographique alors pourquoi pas une chronique autobiographique hein ? |
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Nom série
Là-bas
posté le
05/10/2003
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Je ne suis pas du tout fan du dessin de Didier Tronchet, et c’est ce qui m’a retenu longtemps avant de me décider à me lancer dans la lecture de "Là-bas". Mais une BD ne se résume heureusement pas à son dessin (sinon on passerait à côté de pas mal de petits bijoux) et devant la collection d’avis unanimes drainés à gauche à droite chez les libraires et sur le web, j’ai sauté le pas.
Première constatation : le trait gras (et non pas le très gras :o)) de Tronchet ne me fait toujours pas fantasmer. Mais ce n’est pas non plus rédhibitoire, notamment grâce à des couleurs chaudes qui participent à l’ambiance douce-amère de cet album.
En fait le véritable point fort de cette BD est bel et bien l’histoire et plus encore la voix off, la voix de Sibran qui nous raconte cette tranche de vie de famille. Au-delà des nécessaires allusions aux déchirements politiques qu’a traversé l’Algérie dans les années 60, "Là-bas" est une très belle histoire qui parlera à tous, et pas nécessairement qu’aux déracinés. Chacun y trouvera une allégorie sur son propre déracinement, car consciemment ou non, chaque lecteur a son propre "là-bas".
La narratrice nous parle avec une émotion palpable de son père, et les sentiments sont complexes, intenses et vrais. Tout en évitant de trop en faire, de sombrer dans le nombrilisme ou l’apitoiement, Sibran adopte un ton égal et juste. Pudique et intime, la narration de cet album est vraiment un bon moment de lecture, de découverte et d’évasion.
Le dessin de Tronchet qui pourrait apparaître comme un paradoxe se révèle finalement bien complémentaire du scénario et de cette voix. Ne pas se fier aux apparences, ne pas rester sur ses positions, ne pas condamner ce qui nous paraît étranger à nos propres convictions, sur le fond comme sur la forme, "Là-bas" est une double réussite. |
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