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... a posté 403 avis et 44 séries (Note moyenne: 3.3)

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Nom série  Nécron  posté le 01/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avis à toutes les personnes qui vont lire mon avis par envie ou par ennui : tout ce que vous disent les autres posteurs plus bas est strictement véridique et je partage leurs opinions sans même en discuter le moindre mot.
Mais Necron possède également un charme indéfinissable qui s’appelle aussi nostalgie. C’est également cette même nostalgie qui vous saisit lors de votre premier Blake et Mortimer, ce charme kitsch qui rend les dialogues légèrement décalés et pompeux et les cartouches temporels d’un autre âge « Pendant ce temps » et consorts..

Sauf que Necron n’est pas une œuvre tous publics et fait partie de ces fameuses séries italiennes bis qui plaisent tant à Jean-Pierre Dionnet et que l’on qualifierait élégamment ici de « romans de gare », ici la ligne claire et aux superbes contrastes par Magnus.

Ok l’histoire est complètement cliché avec cette doctoresse teutonne nécrophile qui réanime sa créature de Frankenstein au sexe surdimensionné dans le seul but de la satisfaire puisque cette charmante demoiselle n’obtient que des orgasmes avec les morts !

Forcément le Necron en question comme elle le baptise est un parfait abruti au visage rigolo et dont le cœur mort ne bat que pour sa cruelle maitresse. Problème : il est doté d’une force surhumaine, n’est pas spécialement attirant et est un brin cannibale !

Sur ces quelques bases, on va parler de conquète du monde, de sexe (plutôt explicite) et de têtes ratatinées et de cervelles explosées. Croyez-le ou non mais l’ensemble se laisse lire sans déplaisir grâce à un rythme soutenu et des situations aussi exagérées que plaisantes à lire.

Cela aurait pu être plus drôle (second degré et sérieux des situations ridicules assumées), cela aurait pu être plus sexy (imaginez du porno entre une nana SM et un cadavre sorti de Reanimator), cela aurait pu être plus gore (le noir et blanc atténue les scènes violentes) mais franchement on se marre, on bande et on se délecte du gore tellement tout est décalé et barré dans cette œuvre.

Certaines situations pourraient être malsaines car elles vont très loin dans le trash et le politiquement incorrect mais cela reste très fun grâce à la tronche de ce Necron qui m'a arraché plusieurs fois le sourire. Cela contraste pas mal avec le visage de sa maitresse Frida qui a un corps superbe mais un regard aussi dur et cruel qu'elle ne l'est également dans ses propos et actes.

Mais cela reste vraiment suffisamment divertissant et différent pour peu que vous soyez un tant soit peu intéressés. En tous cas et même si mon principal reproche porte sur les décors vraiment au second plan, je me suis régalé à lire l’édition Cornelius qui respecte le découpage d’origine dans de superbes éditions au format poche.

Magnus c’est le grand oublié de la bande dessinée italienne par un trait de crayon superbe aux contrastes profonds qui ne marquera hélas que les lecteurs des œuvres érotiques et autres fumetti de la belle époque.

Pour tous les amateurs de bizarreries dans un esprit pur d’exploitation comme le furent au cinéma les Street Fighter de Sonny Chiba et les pantalonnades déviantes des nanards italiens des années 70/80, Necron constitue un must absolu !

Nom série  Trame : Le poids d'une tête coupée  posté le 28/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Séduit par le format particulier de ce petit livre et sa couverture muette représentant une tête féminine perturbée et perturbante et son 4ème de couverture avec le titre du livre et une silhouette fantomatique, j’étais fort enthousiaste à l’idée de lire un ovni flirtant entre les univers de Charles Burns et de Mezzo & Pirus sur un dessin proche de ceux de Brüno.

Hélas trois fois hélas et bien plus encore, je n’ai retrouvé aucun des univers cités et encore moins le trait bichromatique si particulier de l’auteur de Lorna…

Trame use pourtant d’artifices des plus singuliers rendant la lecture extrêmement aisée tout en y injectant un sentiment de malaise constant dès l’arrivée de ce nain couvert de boue sorti de nulle part et menaçant d’un trident un jeune couple de yuppies défoncés pour se rendre à leur soirée de jeunes bourgeois friqués…

Si d’ors et déjà ce pitch improbable vous déplait, ce qui suit ne vous plaira pas davantage… On comprend surtout qu’on est dans un mauvais trip complètement barré où le jeune couple va fuir son agresseur pour retomber dans les pattes de routiers méga chelous avant d’être recueillis par un ermite un peu cinglé et philosophe qui vit dans une demeure immense etc etc….

Si l’explication du mot « Trame » est évidente avec un découpage en début de récit annonçant les quelques pages en « négatif » qui esquissent le futur de nos « héros » par des phylactères incomplets (lisez et vous comprendrez mieux le sens), le sous titre « Le poids d’une tête coupée » m’échappe complètement et au plus haut point…

La conclusion de cette histoire perdue entre une séquence de Mulholland Drive n’apporte rien ni satisfaction ni explication au bout de la centaine de pages se lisant en moins de 10 minutes et le dessin est finalement bien peu inspiré et par trop carré pour être aussi séduisant que les auteurs cités plus haut…

Une immense déception pour ma part concernant ce livre pourtant bien défendu par ailleurs et qui possédait sur le papier nombre d’arguments pour me plaire mais c’est en fait tout à fait le genre d’œuvre qui donne envie de se replonger dans un bon vieux Boule et Bill ou Léonard histoire de constater que les produits mainstream ne sont finalement pas si mauvais.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté mais je n’ai vraiment pas aimé du tout. Un livre à fuir sans queue ni tête ou alors je suis complètement passé à côté ! Dommage...

Nom série  Fuzz & Pluck  posté le 28/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il est peut-être davantage difficile de présenter Fuzz & Pluck que de signaler comment les deux ouvrages de cette série me sont tombés entre les mains aussi laissez-moi une chance de vous démontrer en quoi ces deux jolis bouquins à la réalisation luxueuse avec dorures et étuis comme souvent chez le remarquable éditeur Cornelius peuvent agréablement vous distraire le temps de leur lecture…

Ted Stearn est un obscur cartooniste de la scène alternative connu pour avoir collaboré avec Matt Groenig le papa des Simpsons.
De son illustre mentor, Stearn partage la dérision et l’absurde pour décrire le quotidien d’une société américaine en constante détérioration. Moins le rire et le talent mais nous y reviendrons car sous ses défauts évidents (dessins pas toujours maitrisés lorsque l’auteur crayonne un être humain, rythme lent voire mou et propos pas toujours aussi percutants que voulus), Fuzz & Pluck (à lire très vite pour y trouver l’injure la plus répandue de la langue de Shakespeare) gagne en patine et en intérêt au fur et au mesure de la lecture en proposant un premier volume brouillon mais attachant et un second volume qui mérite selon moi sans autres suffrages son acquisition dans les plus brefs délais.

Les couvertures sobres nous exposent rapidement cette quête de l’absurde que constitue simplement la survie par un duo des plus improbables et mal assortis qu’il soit : Fuzz est un ours en peluche malmené par son propriétaire d’origine alors qu’il est sensible et ne demandait qu’un peu d’affection.
Apeuré par son expérience mais très naïf voire innocent sur les aléas de la vie, il finit tout naturellement dans une benne à ordure où il rencontre Pluck qui deviendra par défaut son meilleur ami et sa plus belle rencontre.
Pluck est un fier gallinacé reproducteur aussi malin et téméraire qui échappe de peu au rayon volailles du supermarché du coin en s’enfuyant dans cette benne à ordures.
Au passage il y perdra définitivement ses plumes et son « mojo « mais pas son appétit à la survie.

Ce duo s’en va donc arpenter une société américaine absurde déformée par la bêtise et l’orgueil qui les mènera de la justice à l’esclavage et de la philosophie à deux balles d’un moine passif à la gérance d’un fast food consacré au lard sous tous ses états.

La lecture se fait en douceur mais l’ensemble manque un peu de piquant dans les propos malgré un dessin crayonné aussi joli que les personnages humains sont ratés.
Cela reste dans une école très indépendante rappelant le style de Robert Crumb en plus épuré mais ce n’est pas si désagréable que cela.

Le bien nommé « Splitsville » qui constitue le second tome et qui en constitue autant la suite que le remake (la lecture du premier tome n’est même pas si indispensable car Stearn profite d’un procédé malin pour rappeler rapidement les origines de nos deux zéros) s’affranchit rapidement des faiblesses du premier pour devenir parfaitement autonome en « splittant » le binôme suite à un incident et en les confrontant en parallèle à de nouvelles métaphores bien plus réussies et drôles cette fois.

Buzz va se retrouver dans une version cynique de Toy Story avant d’être recueilli par un illuminé l’impliquant dans une ridicule histoire de passage sur berge qui rappelle l’attaque des moulins par Don Quichotte et dont je vous garantis quelques fous rires inattendus pendant que Pluck se livre à une insensée lutte de gladiateurs avec bourres pifs et complots orchestrés par un mystérieux citron coupé !!!!

Les métaphores sont nombreuses et les situations improbables renvoient l’image d’un miroir à peine déformé de notre société actuelle sans jamais non plus être aussi méchant ou ironique que peuvent l’être les Simpsons mais le second volume rachète intégralement les errances du premier et je ne peux que vous recommander la lecture si ce n’est l’acquisition tout en gardant bien en mémoire qu’il s’agit d’une œuvre totalement artisanale dans l’esprit et la conception même si les deux livres sont réalisés avec autant de soin que nombre d’autres éditions se voulant ou se prétendant être de « luxe ».

Fuzz & Pluck mérite d’être amplement découvert ou redécouvert pour les déçus du premier tome qui ne s’impose que sous l’angle d’une longue introduction…

Un bon 3.5/5 pour ma part et surtout après la lecture de "Splitsville".

Nom série  Je suis un vampire  posté le 18/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ça faisait longtemps que je lorgnais sur une œuvre commune de Trillo et Risso.
Le premier m’avait enchanté pour ses Spaghetti Brothers et Vieilles Canailles dans un style de mafia blues trash et le second pour ses traits contrastés si particuliers de 100 bullets.

Malheureusement cette série avait aussi bonne réputation qu’elle était difficile à compléter dans son intégralité aussi quelle ne fut pas mon soulagement de voir sur les étalages il y a quelques années déjà une réédition complète en deux tomes et à prix tout doux…

D’ailleurs pour taire directement les mauvaises langues à ce sujet, le format plus petit et compact ne gêne en rien à la lecture et les noirs si profonds et caractéristiques de l’œuvre sont tout à fait conservés.
On se retrouve donc avec une œuvre de près de 400 pages dont le titre principal peut laisser supposer à une déclinaison du roman à succès de Anne Ryce « Entretien avec un Vampire » mais le duel entre cet cet enfant fils de pharaon et la courtisane maléfique m’a davantage rapproché du premier film de la sage Highlander avec ce slogan classique : « Il ne peut en rester un ».

Car il s’agit bien d’une malédiction d’immortels détournant les codes classiques du vampire (ici c’est le soleil qui est à l’origine de leur « mutation » et qui leur insuffle la régénération constante de leurs cellules) mais on reste en terrain connu avec la soif de sang et une fringale gargantuesque constante.

Trillo dresse le portrait émouvant d’un être de quelques 5000 années qui n’a jamais aspiré d’autre qu’à une vie normale mais reste coincé dans le corps d’un enfant de 11 ans, se sentant incomplet et devant renoncer aux plaisirs de la chair que sa rivale Ahmasi, superbe prêtresse paraissant 26 ans, n’hésite pas à utiliser pour contrôler et mener le monde à sa baguette.
Perverse et manipulatrice, on a peut être rarement vu un être aussi sensuel que maléfique, la belle se servant constamment de ses formes comme d’une arme de guerre.

Ces deux êtres vont s’opposer une guerre sans fin parcourant les âges et les civilisations, croisant des personnalités de l’histoire ou participant eux-mêmes chaque fois sous une identité différente aux évènements de notre civilisation jusqu’à ce prologue dans l’âge contemporain jusqu’à ce que l’un des deux meurt sous les coups de l’autre pour un réveil provoqué par les rayons du soleil quelques décennies plus tard et rebelote !

Le récit se dévore comme un roman de gare avec une narration fluide et simple qui permet de ne jamais être perdu entre les flashbacks et les points de vue des deux immortels.
Le noir et blanc est complètement justifié ici avec des ombres menaçantes permettant de dégager une palette d’expressions assez incroyable… La peur et la solitude pour le gamin, la mesquinerie et l’effroi pour l’intrépide rivale, changeant de toilette et de perruque à chaque page ce qui en fait un cruel objet du désir comme de dégout.

Il existe une belle notion de suspens et les auteurs s’attardent également sur les personnages secondaires rendant l’ensemble un brin poétique, ralentissant la tension (Ahmassi est une méchante comme on en voit rarement pour ce média) pour repartir de plus belle jusqu’à un final peut être trop rapide et prévisible mais néanmoins émouvant…

Les seuls défauts résident peut-être dans la répétitivité de certaines scènes parfois un peu trop étirées pour avoir un autre effet que du remplissage alors qu’il aurait peut être été plus audacieux de développer certaines autres parties dans les flashbacks des époques traversées qui restent intéressantes mais trop succinctes.

Reste une lecture de qualité qui en fait un « pageturner » dont on n’aura de cesse d’arriver à la conclusion.
Le contraste entre les scènes de violence et les bons sentiments sont à réserver pour un public averti mais je le répète, j’ai rarement trouvé un personnage aussi machiavélique que cette Ahmassi qui décroche sans souci le premier rôle de super vilaine haut la main ! Sa séquence d’assassinat dans un hôpital reflète tout le talent d’un récit oscillant sans faillir constamment de l’horreur vers l’action et vice-versa. Vivement recommandable !

Nom série  Batman - Noël  posté le 12/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
N’étant pas spécialement un fan de la fête de Noël et malgré le talent que je reconnais au merveilleux illustrateur Lee Bermejo, ce conte de Dickens remis au gout du jour par le chevalier noir n’avait rien d’essentiel à mes yeux et je serais surement passé à côté si on ne me l’avait pas prêté avec la mention « c’est très joli mais je suis déçu de l’histoire ».

Bien, c’est donc avec ces « à priori » plutôt négatifs que j’entamais rapidement la lecture de ce one-shot du « Caped Crusader » et passé une narration en voix off assez décousue au départ, ce fut encore plus rapidement une excellente surprise.

L’introduction en impose dès les premiers plans et cadrages décrivant un Gotham City enneigé et calme à peine effleuré par les pas massifs du Batman en traque d’une petite frappe à la merci du Joker.
On a affaire avec un Bruce Wayne plus sombre et intransigeant que d’accoutumée comme meurtri par sa soif insatiable de justice et dont l’évolution high tech de son costume n’est que le reflet de ses espoirs déçus…

L’action se porte sur une seule nuit où le protecteur de Gotham va devoir se remettre en question face à ses vieux démons, de la nostalgie et de l’ivresse de ses premières aventures avec Robin et Catwoman à ce qui l’a conduit à devenir lui-même aussi aigri…

L’erreur qui aurait pu être facilement faite aurait été de transcrire exactement le personnage de Scrooge à la lettre vers un Batman à l’identique mais Lee Bermejo ne se contente pas d’être un fabuleux dessinateur comme j’avais pu déjà le constater dans « Joker » mais également un bon conteur. Car oui ce récit est un conte de Noël mais qui sert bien plus les propos de Batman tout en faisant ressurgir quelques personnages mythiques de sa légende que de ressortir une énième resucée d’un conte de Dickens déjà adapté à toutes les sauces depuis belles lurettes.

Les dessins restent le point fort avec des peintures vivantes aux couleurs et aux cadrages dynamiques qui régalent les mirettes. La lecture s’enchaine sans temps mort ni niaiserie et s’il est convenu qu’il ne s’agit pas de l’aventure la plus forte ou marquante de la chauve-souris, nul doute que ce livre reste un must absolu en la matière tant le tout s’harmonise parfaitement et sans accrocs.

Une excellente surprise qui peut plaire autant au néophyte qu’au fan passionné et cerise sur le gâteau je conserve ce précieux bouquin contre une série moins emballante « Absolution » mais qui a fait le bonheur de son acquéreur. Tout le monde est content et c’est finalement chouette d’avoir un cadeau de Noël en février.

Nom série  Crimechien  posté le 30/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Blexbolex me pose un cas de figure assez conséquent.

Grosso modo, j’apprécie beaucoup son style épuré sans traits et généralement en 3 ou 4 couleurs maxi ainsi que le style rétro mais Crimechien est surement le plus gros mystère des rares œuvres que je viens de lire de ce monsieur.

On peut résumer cela comme tel : j’aime mais je ne sais pas pourquoi. Est-ce la réalisation de la collection Pierre chez Cornelius qui soigne autant la forme ?
La trame suit un peu la construction de Destination : Abécédéria avec des dessins aussi simples que des formes géométriques aux couleurs volontairement réstreintes et un texte de quelques phrases en guise de légende.

Le personnage ressemble trait pour trait à celui de « l’œil privé » que je vous recommande en premier lieu pour vous habituer à ce style pour peu qu’il vous intéresse et à la fluidité plus évidente.

On suit passivement une histoire de détective privé mandaté sur l’enlèvement d’une « amichienne » qui n’est pas venu à sa visite hebdomadaire de non promenade à la baballe et se rend compte qu’il s’agit d’un « Crimechien » odieux, une dégueulasserie inédite selon ses propres dires mais quelle issue est possible dans un monde en pleine déconstruction et où l’ordre établi est clairement devenu inhumain ?

Vous n’avez rien compris ? Je vous rassure moi non plus. Ça se lit de surcroit très rapidement et se conclut d’une façon impromptue dont les clés m’échappent totalement. Hors-Zone reprend Crimechien à l’endroit exact où le premier s’arrête mais combien de personnes auront l’envie de poursuivre cette expérience sensorielle qui mixe argot et jolies phrases dont la compréhension m’échappe clairement.

Reste un très joli bouquin d’illustrations incomplet sans sa conclusion Hors-Zone mais se faisant un malin plaisir à écarter les courageux en excluant les curieux, les fous ou les imprudents. Ça tombe bien car je suis de toutes ces catégories et je serais du voyage final de Hors-Zone mais reste très prudemment les deux pieds et neurones qui me restent en dehors de ce trip bien trop personnel.

Nom série  Destination : Abécédéria  posté le 29/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le croirez-vous ou non ? Je suis con.

Oui vraiment car figurez-vous que ce petit bouquin de Blexbolex ne m’a pas interpellé par son titre. Bien au contraire, les quelques trente pages le constituant ont été assez vite digérées en essayant de comprendre la trame de l’histoire principale.
Pour peu que l’on accroche aux univers de David Lynch, Mezzo et Pirus, Charles Burns et consorts, nul doute que ce que vous y trouverez vous emplira de joie mais pour le plus rationnel des lecteurs reste un beau passage dans l’absurde avec cette cavale de deux frères gangsters n’ayant pour autre issue que de se réfugier dans une contrée inconnue des forces de l’ordre, la bien nommée Abecederia.

Et pourtant ce pays étrange ressemble plus à un état oscillant entre l’île du docteur Moreau pour ses créatures étranges et les camps de concentration pour sa rigueur proche du nazisme…

Vous n’avez toujours rien compris ? C’est normal moi également ! Pourtant le format me plait, l’histoire m’a distrait et les dessins m’ont attiré l’œil… Il s’agit d’une œuvre avec un style bien rétro avec une illustration par page et quelques lignes de texte en dessous.

L’effet est réussi avec une trichromie simple mais qui possède un style et un charme indéniable. Certes tout le monde n’aimera pas, très peu se sentiront concernés mais pour peu que l’on soit attiré par la patte graphique de Blexbolex il est fort possible qu’on ne soit pas indifférent à une lecture proposant une galerie de personnages des plus timbrés et dont le contraste entre le dessin et son texte tout en argots et jolis jeux de mots fait mouche.

Le tout a un prix, plutôt élevé pour les 10 minutes à le lire en prenant bien son temps et pour une histoire dont les pages de garde constituent pour une fois un complément idéal.
Je pense que Blexbolex et même les Requins Marteaux se foutent royalement du succès ou pas de ce livre presque anecdotique et dont le challenge est de proposer un abécédaire sur lequel se greffe une histoire.

Quoi ? Mais oui voilà je suis con parce que je n’en avais même pas fait le rapprochement à ma lecture alors que chaque page illustre de façon détournée et angulaire chaque lettre de notre alphabet, et bien souvent avec malice (le M suivi du N m’ont bien éclaté ) ce qui en fait un bel exercice Oubapo dont je recommande la lecture mais pas forcément l’acquisition car le prix reste élevé pour un si petit livre…

Nom série  Soldat inconnu  posté le 29/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Difficile d’aborder cette œuvre objectivement et de l’apprécier comme je l’aurais voulu car Soldat Inconnu m’a déplu plus qu’il ne m’a déçu.
En lisant le commentaire précèdent de Spooky je ne m’attendais surement pas à une partie de plaisir car il est difficile d’appréhender cette terrible guerre civile en Ouganda et d'en sortir indemne pour peu que ce soit réaliste.
Catalogué dans un registre comics, rien ne prête à rire dans cette peinture réaliste des horreurs exercées sur cette terre africaine et je ne m’attendais surement pas à en tirer une satisfaction personnelle et aurais davantage voulu en saisir l’essence.
Malheureusement si le fond est intéressant, la forme l’est beaucoup moins avec ce docteur connu et reconnu dans le monde occidental et qui a souhaité prêter main forte aux populations de ses origines par le soin et qui se révèle devenir une arme de guerre mutilée et sans aucun discernement…

La montée en puissance de la violence renfermée chez ce bon docteur s’avère bien trop rapide et abrupte à mes yeux et surtout bien trop injustifiée pour être crédible. Le personnage devient complètement fou en se mutilant le visage d’où cette marque de « fabrique » du personnage avec ces fameux bandeaux qui me rappellent le Darkman de Sam Raimi.
S’ensuivent des scènes de règlement de compte plutôt violentes et parfois dénuées de toute logique. On tombe en plein survival basique où rien ne prête à une décompression. La jungle et les villages deviennent rapidement étouffants, ce qui est surement l’objectif du scénariste qui s’en justifie dans les pages de bonus concluant chaque tome mais quitte à traiter d’un fait d’actualité aussi grave il aurait peut-être été plus intéressant de s’en tenir à l’observateur plutôt que d’y prendre parti en décimant des enfants sous contrôle de despotes illuminés.

Le dessin oscille invariablement du bon au médiocre avec des scènes de découpage très fluides mais inconstants sur les corps. Corps qui sont malmenés et réduits à l’expression de simples pantins, si aucune mort n’est réellement gratuite, dessiner de grosses têtes sur de petits corps et rajouter presque « artificiellement » des éclaboussures de sang comme un artifice permet de se détacher un peu mais si peu de cette exposition constante de sévices humains.

Il fallait oser créer une telle œuvre et détourner le soldat inconnu, personnage déjà utilisé par Ennis et d’autres pour ouvrir les yeux sur tant d’absurdité mais cette loi du Thalion oscillant entre réalisme et sensationnel n’a finalement réussi qu’à me détourner de l’essentiel et en abréger la lecture. Une relecture pourrait me permettre de réévaluer l’ensemble mais sur l’heure je n’en ressens absolument pas le besoin.

Nom série  Bad Ass  posté le 28/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Putain de bordel de merde, qu’est-ce que c’est bon !

Mes propos vous paraissent vulgaires et déplacés ? Mais ils le sont et j’en assume complètement la responsabilité parce que c’est exactement le genre d’exclamation que j’aurais aimé faire plus souvent à la lecture de ce titre aussi décomplexé que fun !

Bad Ass c’est tout d’abord la création d’un nouveau label chez Delcourt qui envisage de créer du comics avec supers slips et collants 100% français. Pas de méprise ici, il ne s’agit pas de singer ce que nos lointains cousins d’outre Atlantique répètent inlassablement avec Batman et les X-Men mais de prouver s’il en était encore besoin que les auteurs ont digéré et assimilé suffisamment de références et d’expérience pour nous apporter leurs propres visions et délires à partager.

Et là on frise le coup de maître absolu pour un premier coup d’essai… Il faut dire que l’on est immédiatement pris dans le train en marche et que le rythme ne redescendra jamais tout au long de ces pages mettant en scène Dead End, un mystérieux super vilain aux pouvoirs mal définis au cynisme aiguisé et se jouant de toutes les situations…

Pourtant tout n’a pas été si rose pour ce playboy insolent qui se joue de ses anciens comparses par une pichenette digne d’un Trondheim pour envoyer sa Lucky Strike allumée comme le Tireur des Marvel comme une arme absolue avec un effet comique des plus rafraichissants. En effet ses « origines » nous sont relatés par une succession de flash backs percutants insérés régulièrement dans la ligne narrative sans que jamais le lecteur ne perde le fil de la trame principale.

Trame principale qui reste effectivement bien mince mais qui peut rappeler par bien des égards les déambulations d’un Preacher ou du héro de Wanted sans prises de têtes. Ici on va droit à l’essentiel sans oublier les nuances comme dans une attraction foraine.

Ce qui me semble tellement déplacé dans les bds dites pour ados est complètement mis de côté et si on garde une harmonie potache ce n’est pas non plus pour tomber dans les travers de la vulgarité ou de la facilité car les dialogues échangés sont souvent percutants et vraiment drôles ! Qu’il s’agisse de projectiles divers ou des réflexions de la « dead-mobile » et de tous ces héros qui font furieusement penser à d’autres tout en gardant leur identité propre, Bad Ass amène de l’eau au moulin en recréant un univers crédible sous un regard amusé en évitant le blabla et la scatologie récurrente d’un « The Boys » qui prend un sacré coup de vieux sans le vouloir.

La série est prévue en 4 tomes et il m’est impossible de savoir si toute cette fraicheur et ce plaisir seront renouvelés mais quelque part on s’en fout car ce premier tome peut se lire tel quel et il ne faut pas surtout pas se priver d’un truc aussi réjouissant que cette œuvre immédiatement accessible !!! DC Comics et Marvel, tremblez car Comics Fabric arrive pour vous foutre un magistral pied dans le cul ! Cocorico !

Nom série  The Boys  posté le 22/08/2012 (dernière MAJ le 22/01/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne vais pas me mentir, un bon gros récit trash et vulgaire de temps en temps, ça m’éclate. Voir des situations absurdes, complètement décalées et vulgaires avec une bonne pincée de sexe et/ou de gore a quelque chose de diablement exaltant pour l’ado attardé que je prétends être et rester.

Je pourrais même prétendre que plus mes artères se bouchent avec l’âge et le tabac, plus je recherche ce genre de lecture décomplexée.

N’en déplaisent à mon entourage et libraires, il va sans dire que Preacher de Garth Ennis était devenue mon arme de prédilection dans ce genre si cloisonné, le récit irrévencieux au possible, l’utilisation de la religion comme un blasphème permanent et un coup de pied bien placé dans tout ce qui peut déranger dans nos sociétés se voulant si « propres » pour en devenir une œuvre culte avec l’amitié et l’amour en point d’orgue.

Soit une belle démonstration que la plus belle fleur peut pousser sur un tas d’ordures… Si, si j’insiste, lisez Preacher pour une expérience unique

Depuis ce succès et quelques autres, Garth Ennis fait le pari de proposer selon ses propres termes une nouvelle série « out-Preacher than Preacher » ce qui pourrait se traduire par un sobre « Plus Preacher que Preacher » faisant référence à l’humour décalé, l’hyper violence et les situations sexuelles équivoques.

Au vu de ce qu’il a déjà osé publier, on ne peut pas être plus averti donc c’est avec un sourire sadique clairement non dissimulé que je me décida enfin d’entamer ce gros run sur une bande d’agents complètement timbrés censés surveiller et botter le cul des super-héros lubriques.

Et bien oui ma bonne dame, car une fois rangé la cape et le masque, à quoi pensent donc tous ces super héros dès que la caméra s’éloigne de leur destinées ? Et bien à se défoncer la gueule comme de gros junkies ou à enfiler tout ce qui bouge et rassasier leurs pulsions sexuelles avec les facilités de leurs conditions surnaturelles !

Difficile de faire plus explicite avec cette équipe de bras cassés destinés à nous arracher quelques sourires génés et finalement assez libérateurs car tout comme Preacher, il faut le voir pour y croire !

Rien d’étonnant dès lors que DC Comics abandonne la série dès les premiers numéros au profit d’un plus petit éditeur bien content de tirer les marrons du feu à son tour !

Seul hic, Garth Ennis a peut-être voulu voir grand, très grand en proposant une série pas encore achevée mais aux ambitions plus démesurées que son chef d’œuvre Preacher auquel The Boys fait forcément écho à chaque page.

Avec son pitch improbable, The Boys annonce clairement la couleur dès le départ : vouloir choquer l’amateur de Marvelleries ou de Batmaneries quitte à en perdre un peu de souffle et de rythme sur la longueur car oui The Boys c’est long, c’est même très très long !

Si on rigole comme un tordu dès les premières pages, ce serait de mentir tel un judas que de préciser que l’intérêt reste constant au fil des multiples petits épisodes qui se succèdent.

Heureusement tout ce recyclage a quand même du bon comme une longue série télévisée car la lecture est facile malgré de longues lignes de dialogue mais il faut prendre son temps et savoir apprécier par petites doses ou arc.

Le trait de Robertson est plutôt intéressant à plus d'un titre avec beaucoup d’encrage et de détails tout en sachant ménager aussi bien les nombreuses scènes d’action que d’humour car on rigole quand même pas mal avec cette équipe complètement atypique.

Sans compter ces superhéros bien plus répugnants que leur statut ne laisse à supposer. C'est d'ailleurs assez marrant de voir les nombreuses références à d'autres personnages fictionnels... ou pas !

De nombreux arcs détaillent les origines de chaque personnage principal mais Ennis a su montrer qu’il ne perdait pas le fil et arrive toujours tel un équilibriste surdoué à raccrocher tous les wagons ensemble.

Cet amateur de démonstrations de violence a choisi d’ériger le mauvais gout à tous les étages sans égaler selon moi son œuvre de référence.

Une fois l’effet de surprise passée, il manque un petit supplément d’âme pour emporter l’adhésion totale et je me suis même posé la question de savoir si je n’étais pas blasé de toutes ces irrévérences.

Malgré tout, on passe un excellent moment en compagnie de ces Boys et je commence à comprendre suffisamment les techniques du bonhomme pour savoir qu’il va conclure de façon honorable son bébé (dont la publication aux USA approche de la fin).

Sans être aussi indispensable que Preacher (mais combien de fois en aurais-je donc parlé dans cet avis ?), The Boys mérite bien d’être connu et reconnu et de se faire une place au soleil afin d’y pourrir bien sagement parmi votre collection de Martine

EDIT après avoir lu les 7 premiers chapitres :

Je descends ma note d’un point car je n’ai pas reconnu le même plaisir de lecture que celui rencontré avec Preacher mais soyons clair dès le départ : je ne m’attendais pas à une œuvre aussi marquante et fun car l’exercice est difficile à reproduire.

Néanmoins les chapitres se succèdent en dent de scie comme cela a déjà été évoqué. Il y a un nombre assez consistant de pages qui ralentissent considérablement le rythme et le fil narratif n’est pas toujours des plus clairs. En gros il y a pas mal de passages où l’on se fait clairement « chier » et qui n’apportent rien de plus à l’histoire tout en restant confus avec des dialogues loin d’être aussi mémorables que je ne l’aurais souhaité.

Et pourtant certaines scènes relancent admirablement la machine en étant grotesques, inattendues ou surprenantes quand elles ne sont pas tout simplement hilarantes ! La vision toute personnelle d’Ennis du 11 septembre et l’intervention des « héros » pour résoudre la prise d’otages en avion est bien partie pour devenir « culte ».
Simplement dommage que le dessinateur intérimaire de certains épisodes n’ait pas le talent de celui d’origine et que Ennis prenne un certain plaisir à étaler son histoire alors que la raccourcir n’aurait été que plus profitable.

Mais comme je passe malgré tout un très bon moment à la lecture et qu’il ne soit pas exclu que l’histoire retourne dans les rails si prometteurs du début, je reste confiant et poursuis ma collection avec autant d’appréhension que d’intérêt ! Après tout, n’est pas Ennis qui veut !

Nom série  Le Régulateur  posté le 21/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici surement l'une des séries franco-belges les plus mal aimées que je connaisse !

La réputation du Régulateur est une des plus intrigantes de notre milieu : certains chantent les louanges des deux premiers tomes et la trahison du dessinateur dès le troisième pour une baisse de qualité tandis que d'autres se morfondent sur les possibilités offertes du premier tome en les jugeant inexploitées par la suite...

C'est par le biais de mon attachement pour Le Réseau Bombyce qui partage le même scénariste et un univers steampunk équivalent quoique bien différent que je me suis enfin décidé à sauter le cap, repoussé également par les mauvais échos de cette série maudite que tout le monde aurait aimé adorer...

Mais je ne suis pas tout le monde !

Une fois de plus Corbeyran impose visuellement un décor rétro-futuriste étouffant et dont les origines nous échappent complètement au premiers abords... Cette société privilégie les coups bas politiques et règle ses "sales affaires" par le biais de sociétés secrètes d'assassins que l'on nomme élégamment les régulateurs.
Aristide est l'un de ces tueurs, et même un des meilleurs du marché malgré un handicap cardiaque.
C'est également un être solitaire mélancolique qui a beaucoup de comptes à rendre sur son propre passé et n'attend guère de l'avenir... Bien sur une mystérieuse tueuse œuvrant en parallèle et dont les routes vont rapidement se croiser va lui redonner quelques réponses...

Le pitch semble simple et il l'est mais il est remarquablement mis en scène dans un premier album qui aurait valu selon moi la note maximale agrémentée d'un coup de cœur.

Car outre une narration intelligente et sachant relancer la mécanique par quelques flashbacks savamment orchestrées, que dire du travail de Moreno sur des dessins froids et métalliques où les détails foisonnent à chaque case avec un découpage précis comme cette fameuse course poursuite de véhicules entre une fugitive et des forces de l'ordre.

Les couleurs rouges et sang ne font que magnifier une ville aussi inhumaine que sensuelle et le mélange d'une mode XIXème siècle dans un univers futuriste mais aux codes immédiatement identifiables demeurent un régal sans égal...

Malheureusement le scénario s’essouffle et perd de sa superbe dès le second tome qui resserre les liens et les personnages pas si nombreux que cela.
Et malgré le fait que certaines scènes peuvent être dures voire très violentes j'étais bien obligé d'admettre que l’œuvre d'anticipation que j'attendais a laissé très rapidement place à un bon gros blockbuster bourré d'action aux dialogues épurés.

A partir de ce constat et d'une légère baisse de qualité au niveau des dessins dès que les auteurs enferment leurs personnages en huis-clos étouffant (détails des visages pas toujours précis) le récit s'envole vers une trame beaucoup plus simpliste mais non dénué d'intérêt lorsque Moreno retrouve cette ville qu'il aime tant, à l'architecture si anxiogène et si belle que je me suis repris à détailler chaque courbe avec gourmandise...

Peut-être pas la claque initiale attendue mais surement pas la déception annoncée, le régulateur se lit et se déguste comme un bon apéritif dont la conclusion ne saurait plus trop se faire attendre pour tout amateur de science-fiction et d'action ne souhaitant pas se prendre trop les neurones avec un scénario basique mais pas si prévisible qu'on pourrait le croire.

Une belle découverte donc pour un rendu visuel unique.

Nom série  L'Oeil privé  posté le 14/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un titre atypique qui ne m’aurait surement jamais interpellé sans les récentes publications des éditions Cornelius et du design de leur site par Blexbolex et son graphisme étrange qui rappelle le fauvisme de Matisse dont il se veut un héritier direct.

Mais pour l’heure il s’agit d’un livre publié il y a quelques années déjà par les Requins Marteaux et le bouquin interpelle dès que j’ai eu le malheur d’y mettre les mains dessus…

Cartonné, pages jaunies, vraiment une belle réalisation avec des dessins et une couverture rappelant fortement les dépliants publicitaires des années 50, ce bel objet attire et attise directement les regards…

Pourtant l’histoire de ce privé dont on ne saura jamais véritablement le nom embauché pour retrouver une employée disparue mystérieusement pour le compte d’un industriel milliardaire est d’une affligeante banalité.
Ce qui l’est moins c’est le découpage en chapitres de 4 pages dont une faisant office de couverture avec légende en bas de page et le graphisme atypique de Blexbolex qui n’hésite pas à déformer et découper des graphismes ronds et allongés de 4 couleurs maximum.

Sans jamais perdre le lecteur, ce sont les réflexions absurdes de ce privé décidément pas très doué et au fort relent d’un looser désorganisé qui subit les évènements plus qu’il ne les contrôle.

Ce qui laisse entrevoir quelques gags de bon aléa dans cet univers dont on ne saisit pas toutes les clés mais dont le décalage des dialogues procure quelques moments de pure grâce…

Après je veux bien croire que le graphisme soit plus proche d’illustrations arty que d’une véritable bande dessinée mais le résultat est imparable : la bichromie ou trichromie a du charme et on peut y trouver beaucoup de plaisir.

Il est difficile d’analyser ce bouquin tant il peut attirer ou au contraire révulser le lecteur qui sera soit amusé soit hagard mais le style si atypique de Blexbolex a le mérite d’être unique et me donne envie de prolonger l’expérience au-delà de la fin de ce bouquin OVNI.

Le découpage en chapitres sérialesques ne fait qu’accroitre le plaisir mais l’échange de conversations en langage fleuri des protagonistes vaut son pesant d’or également. Un petit bouquin à redécouvrir pour ceux qui aiment se promener en terre inconnue.

Nom série  Highschool of the dead  posté le 08/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Tout d’abord je dois préciser que je ne suis pas un fan actif des mangas où mon expérience personnelle se porte essentiellement sur des œuvres phares comme Akira ou Dragonball que tout le monde connait et que j’ai appréciées.
Je reste donc un novice dans ce domaine, ce qui ne m’empêche pas d’avoir quelques avis objectifs ou non mais ce n’est pas avec Highschool of the Dead que je vais me rabibocher avec le genre…

Pourtant tout porte à croire que je suis le public idéal pour cette histoire ! Pensez donc, une bd avec des zombies et des filles super sexy rentre tout à fait dans des mes critères de sélection et je ne rechigne pas à voir s’envoler une jeune demoiselle tous arguments en avant pourfendre à coup de lame ou de shotgun bien sentis un mort-vivant qui aurait eu le courage inconscient de venir s’y frotter.

Mais là ça ne passe pas pour les raisons que je vais tenter d’expliquer dans ce qui suit….
Cette fois la classique invasion zombie a lieu au Japon et les principaux protagonistes sont des lycéens qui subissent les premiers assauts à l’intérieur même de leur enceinte d’enseignement.
Tout de suite ça coince avec les protagonistes, il y a le jeune cancre rebelle sans avenir prédéfini et épris de son amie d’enfance parfaite sous toutes les coutures, la belle guerrière solitaire et taciturne experte en kendo, le gros puceau à lunettes expert en armes à feu (ça peut toujours servir) et l’intello de base hystérique et colérique et héritière d’un clan mafieux…

Bref tous les stéréotypes sont réunis et encore je ne vous ai pas parlé de l’horrible infirmière blonde nunuche complètement à la ramasse et en décalage total avec la réalité mais dotée de poumons mammaires défiant les lois de la physique….

Tout ce joli monde va se réunir pour s’unir contre les zombies qui apparaissent ici et là à la carte quand il faut faire une pause baston (dont le découpage est assez réussi) parce que dessouder du zombie ben c’est cool et ça donne même une raison de vivre, un objectif charmant en somme ! En tous cas l’ambiance est parfois malsaine et bien gore…

Et pourtant il n’y a rien de bien sérieux et l’œuvre pourrait être un divertissement bourrin et bien bis des plus appréciables mais ces CONSTANTES allusions aux formes féminines que l’on pourra observer sous toutes les formes deviennent gonflantes et très misogynes à la longue.

Les poses sont tout savamment calculées pour mettre en valeur les poitrines toutes surdimensionnées de ces demoiselles ainsi que leur popotin et leurs dessous. Le comble du ridicule est atteint lorsque les dites représentantes du beau sexe ne trouvent rien de mieux que de prendre toutes ensemble un bain et de se tripoter dans un appartement alors que la menace zombie gronde au dehors !

Dessiner de telles poitrines a au moins un avantage : ça remplit les décors parce qu’ils sont désespérément vides ! A croire que l’apocalypse zombie a balayé d’un trait toute forme de vie et d’architecture, mais non, on préfère se concentrer sur des dessins ma foi assez classiques mais sans charme et si ce n’était le rythme nerveux des combats, le lecteur aurait vite fait de bailler à cette succession de réflexions sans grand intérêt et d’exposition de nib… ah pardon on me souffle à l’oreille que c’est du « fan service » ! C’est cool le fan service mais ça justifie vraiment pas l’achat d’une série qui surfe sur la vague et qui devrait être livrée avec un paquet de Kleenex pouvant convenir à tous : ceux qui vont les utiliser en se paluchant devant ces cases de haute vertu ou ceux qui vont pleurer en lisant cette histoire d’une rare bêtise !

Je suis peut-être trop vieux pour ces conneries mais en termes de zombies et d’érotisme je pense qu’il y a bien, bien mieux ce qui n’est en soi pas si compliqué !

Nom série  Weird Science  posté le 02/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après avoir mis le nez dans la réédition Akileos de Tales from the crypt et de son équivalent policier Crime Suspenstories, il m’a fallu quelques temps avant de vouloir me délecter d’une collection parallèle également exhumée des archives des publications EC Comics…

Et bien mal m’en a pris car ce Weird Science est le pendant science-fiction des deux autres collections dont on retrouve les mêmes auteurs et la même ligne éditoriale à savoir de courtes histoires de 7 à 8 pages environ avec à la clé une conclusion bien souvent ironique ou faisant preuve d’un humour noir pince sans rires totalement rafraichissant au regard de l’époque où ces récits ont été écrits.

Car oui il faut se replonger dans le contexte des années 50 américaines d’après-guerre où le contexte était fort différent de la situation sociale et de crise économique de notre triste époque contemporaine…
A l’époque, les barbecues Weber et le rockabilly enflammaient les banlieues middle class américaines qui profitaient sereinement d’«happy days » et d’un contexte social favorable.
Le vernis serait parfaitement lisse sans cette peur de l’envahisseur russe et la guerre froide qui fustigent les deux mondes est/ouest ainsi que la chasse aux sorcières inventée de toutes parts par le bien tristement célèbre sénateur Mac Carthy…

Heureusement une équipe de joyeux drilles va utiliser ces codes pour mieux les détourner dans ces contes macabres sur fond d’invasion extra-terrestre, de futur pas si certain et de sciences loin d’être maitrisées..

Weird Science pose donc les bases de ce qui sera par après repris dans la fameuse série « La Quatrième Dimension » avec ces histoires de martiens, de savants fous et de menace atomique.
Ca commence très fort avec l’histoire d’un homme qui rétrécit à l’infini ou cette menace d’invasion extra-terrestre sous couvert de blague digne d’Orson Welles…

Les histoires sont inégales mais dans l’ensemble on passe un excellent moment à lire ces contes noirs par portion ou à la suite. Je me suis délecté de ces dessins noir et blanc plutôt détaillés et bien ancrés dans leur époque avec les postures raides des personnages, leurs nœuds papillons ou leur addiction au tabac ! Cela confère un charme fou à l’ensemble qui se lit avec plaisir…

Tranchant avec le politiquement correct, le fameux Comics Code va censurer et avoir raison de ces publications mais la courte période pendant laquelle cette série et les autres seront éditées marqueront l’histoire du comics de façon durable et serviront de base à bien des lecteurs des générations fifties jusqu’aux notres sans oublier d’imprimer de façon durable les auteurs contemporains de Tim Burton à

Au terme des 240 pages de cet épais volume, je n’avais qu’un seul mot en bouche : encore !

Mon seul regret est l’oubli des couvertures en couleur d’origine que l’on retrouve au verso mais en miniature. Pour le reste l’édition est comme souvent chez Akileos en un seul mot : parfaite !

Ce premier volume sur 4 ou 5 prévus est une belle entrée en matière pour illustrer donc le célèbre proverbe : C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes !

Nom série  Amour à mort  posté le 31/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bluffé par la qualité des dessins de la série Zaya menée par les deux mêmes auteurs, c'est naturellement que mes mains se sont rapidement posées sur ce one-shot complètement différent et non dénué d'intérêt.

Qu'il s'agisse du titre ou du résumé de l'éditeur, le pitch est très clairement posé..

Dans une civilisation asiatique ou indéterminée, une jeune princesse assiste impuissante au massacre de tout son peuple ainsi que de son père par une armée belliqueuse.

Après avoir juré serment de se venger et de tuer un après l'autre chacun des responsables, la belle Mianne se voit proposer d'épouser l'homme qui a retiré la vie de son propre père... Mais qui de l'amour ou de la soif de vengeance aura le dernier mot ?

Proposant un canevas somme toute classique mais toujours ingénieux, Morvan se joue des codes en proposant un récit très court et nerveux relatant la cérémonie de mariage vue par quelques convives se faisant à la fois narrateurs et spectateurs. Il inclut de façon plutôt fluide les flashbacks (en atténuant les couleurs) permettant de mieux comprendre le passé trouble et violent de la jeune fiancée et est servi par les planches superbes dont on se surprend à passer les détails en revue !

L'histoire est classique et ça se lit honnêtement très voire trop rapidement pour une conclusion dont je vous laisse la surprise mais qui ne va pas bouleverser vos existences.

De beaux dessins, une chouette narration et une héroïne belle à vous glacer les sens. Que demander de plus si ce n'est un peu plus de consistance, ce qui lui coûte finalement la 4ème étoile initialement prévue.

Nom série  Le Réseau Bombyce  posté le 20/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
1h40 en semaine, la nuit… CETTE nuit… Plus un bruit dans ma rue, tout le monde semble endormi…

Alors que je devrais l’être également depuis longtemps, la curiosité d’ouvrir la belle intégrale du Réseau Bombyce obsède mes pensées…
J’y trouve beaucoup de similitudes… Dans ce Bordeaux intemporel aux accents industriels de début de XXème siècle, Eustache et Mouche, deux montes-en-l ’air discrets et doués, profitent de la sérénité de leur ville pour y commettre des larcins via un système de câblage unique reliant les bâtiments entre eux.

Malheureusement ce qu’ils sont sur le point de trouver va leur ramener plus d’ennuis que de monnaie trébuchante en poche.. Un film interdit où de respectables notables s’adonnent au viol collectif sur des demoiselles d’une autre classe sociale avant de les achever dans la plus vaine cruauté…

Dès lors les deux compagnons n’auront de cesse d’échapper à un complot tentaculaire qui va bouleverser leurs vies respectives. Le réseau Bombyce, comme la « rousse », cette police locale les surnomme, va devoir jouer serré pour déjouer les pièges tendus par un nombre incalculable de prédateurs quitte à faire ressurgir le passé et remettre leurs propres convictions en jeu …

Difficile d’en dire davantage sans déflorer un scénario original mais clairement basé sur le désespoir d’une lutte inégale. Ce qu’il faut retenir de cette aventure concocté par le doué Cecil adoubé par un Corbeyran pas encore très connu et reconnu pour l’époque de sa parution initiale, c’est la force d’un récit qui vous happe dans un univers inédit, imaginaire et merveilleux mais qui s’effrite dès qu’on en relève les porosités et autres vices cachés.

Le duo inhabituel du grand farfadet romantique, Eustache et du petit nain mutilé, Mouche fait justement… mouche. Les dialogues sont ciselés au couteau pour nous faire apprécier un énième buddy movie avec des personnages charismatiques auquel tout peut arriver, l’action comme l’inattendu sous des relents de violence mal maitrisés. On peut ressortir éprouvé de cette lecture qui ne laisse peu de chance au hasard tout comme au destin inéluctable de cette guerre sociale et sombre.

Ce mélange de sentiments, d’action et de vengeance s’articule dans un univers steampunk suggéré et omniprésent mais jamais pesant pour le lecteur. Corbeyran ayant quitté l’aventure à l’issue du second tome pour des divergences diverses avec Cecil, ce dernier rectifie le tir d’une histoire partie pour s’étaler en offrant un dernier opus qui règle les comptes, soulève quelques surprises et en profite pour parfaire ses dessins, ses couleurs et une histoire qu’il inscrit dans le marbre.

Car il est impossible de refermer le bouquin sans y repenser un seul moment, charmé ou horrifié de tant de péripéties qui sont finalement uniques au 9ème art. Œuvre malade ou amputée pour certains ou parfait coup de cœur graphique et narratif, le réseau Bombyce ne laisse personne indifférent et c’est bien là tout sa force. Un bel ouvrage définitif que j’aurais pu facilement zapper et qui peut rester dispensable mais qui a tout à fait sa place dans ma collection et que je ne regrette pas un moment d’avoir lu. Une seconde lecture approfondira ce ressenti, un ressenti digne du Peter Pan de Loisel et qui en fait une œuvre contrariée, peut-être, vivante et cruelle surement. A recommander sans hésitations, il est grand temps pour moi de me coucher dans l’espoir de retrouver un peu de la magie et de la poésie macabre du réseau Bombyce dans des ouvrages de cette qualité…
Finalement terriblement humain et pas formaté…

Nom série  Drakka  posté le 29/06/2011 (dernière MAJ le 11/12/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attiré par les bonnes critiques lues ici et là, il n’y a pas fallu beaucoup d’hésitation avant d’embarquer ce petit bouquin aux apparats de comics francophone après l’avoir feuilleté, séduit tant par la qualité des dessins que par la réalisation toujours aussi bonne des éditions Ankama.

La couverture plutôt étonnante est bien plus jolie en réalité que sur la vignette que l’ont peut voir ici desservant davantage ses propos. Brrémaud le scénariste n’y va pas par 4 chemins pour présenter cette histoire plutôt curieuse se situant dans un futur proche et alternatif et où des créatures diverses et monstrueuses côtoient le plus naturellement possible les humains.

En effet la trame de l’histoire est expédiée en quelques pages : un mafieux new yorkais mourant convie son fils légitime à défier Drakka, son autre fils illégitime et caché pour désigner lequel des deux lui succèdera.
Problème : aucun des deux frères n’a connaissance de l’autre et le fameux Drakka porte en lui quelques origines vampiriques qu’il doit à sa maman.

Passée cette introduction, l’action se porte directement dans une mégalopole d’Europe de l’Est gangrénée par la pollution et la famine et où nous faisons connaissance de Drakka et de son quotidien pour survivre…
Le premier affrontement avec la Hyène, le frère sans scrupules américain, sera le point d’orgue de ce premier tome d’une trilogie annoncée…

Lorenzo di Felice aux pinceaux n’a pas son pareil pour mettre en scène de façon excessivement rythmée la course poursuite de Drakka dans les ruines de sa cité…
Fuite de pillards, défense contre la Hyène et son équipe de tueurs, on a à peine le temps de souffler quelques pages pour introduire des personnages secondaires comme cette bande déclinante de vampires ou cette rencontre impromptue avec une jeune survivante et son frère.

Les dessins sont beaux, très beaux dans un style mixant école européenne, japonaise et américaine que les couleurs informatiques ne dénaturent pas. Là où le bât blesse c’est que les dialogues sont d’une extrême pauvreté entre insultes de tous genre et vocabulaire réduit à sa portion congrue.

Le parler « Djeuns » ne me dérange pas outre mesure mais ici il dessert davantage les dialogues qu’il ne les équilibre !
Ce qui est rageant par contre c’est que le scénariste nous impose son monde dont il nous manque pas mal de bases afin d’en distinguer toutes les subtilités.
D’où viennent aussi tous ces personnages inhumains ? On a du mal à croire que l’environnement puisse être aussi riche pour uniquement soulever une querelle familiale à base de coups de poings et d’explosions en tous genre.

Le scénario tient sur un bout de ficelle mais certaines zones d’ombre nous sont ménagées dans l’espoir que les deux prochains tomes vont rééquilibrer un peu plus tout ce fatras car l’ensemble est encore bien mince pour être conseillé là où un premier tome de Mutafukaz jouait dans le même registre avec beaucoup plus de jubilation !
En effet un marginal dans un monde hostile pseudo futuriste à qui l'on cherche des noises et qui est promis à un grand avenir, ça ne vous rappelle rien ? Moi si...

Le tout s’adresse néanmoins à un public mi adulte car les scènes sont plutôt violentes et même si l’ensemble peut se targuer d’être bien découpé, certaines cases peuvent être difficiles à déchiffrer par l’anatomie inconnue de ces mercenaires verts muets.

Le tout n’est pas forcément déplaisant et réserve aux amateurs d’action de jolies scènes d’action mais il me faudra en lire la suite pour savoir si Drakka va devenir une trilogie incontournable ou seulement une lecture divertissante dont on aura vite oublié une fois les bouquins terminés.

En l’état on a un peu l'impression d'être en face d'une belle démo de jeu vidéo aux caractéristiques techniques impressionnantes mais dont on se lasse vite par manque d'interactivité donc un peu de patience avec les tomes suivants car le meilleur est surement à venir … tout du moins je l’espère vivement.

EDIT APRES LECTURE TOME 2 :
Ce qui pouvait constituer une semi-déception après avoir appris que la série serait achevée en deux tomes à la place des trois prévus initialement en constitue en fait un redoutable avantage…
Le récit démarre sur les chapeaux de roues en déplaçant rapidement l’action de l’Europe au siège du grand méchant de l’histoire La Hyène.
Les personnages, menaces et enjeux se développent sur de jolies pages très colorées entre nuances rouges et bleutées du plus bel effet à l’égal d’une couverture bien plus réussie que la première avec un joli pied de nez que l’on pourra apprécier ou pas !

Entre monstres surpuissants et la création d’une super-vilaine aussi mystérieuse que fulgurante, Brrémaud et di Felice entrent définitivement dans la cour des grands avec une récréation jouissive de toute beauté dont le final en laissera plus d’un pantois…

Ne vous méprenez pas sur le contenu ainsi que le premier tome qui constitue à la fois un acte et, Drakka c’est de la bonne grosse lecture divertissante et légèrement déviante pour tout amateur de série B à la mécanique bien huilée ce qui rend ce dyptique tout simplement indispensable, la ultima cena laisse sur le cul et donne immédiatement envie d’en lire davantage. Du bestiaire aux flashback et aux scènes d’action furibondes, j’ai hâte de lire une nouvelle œuvre de cette association dont ce Drakka constitue un baptême de feu dont il serait indélicat de se priver.

Nom série  Agapê  posté le 11/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Pour se faire une idée bien précise de Agape et si vous avez lu HK du même Trantkat c’est très simple de vous présenter cette bd…

Vous voyez les scènes de cul dans HK qui ne sont juste là que pour combler le vide et certains fantasmes de geeks masculins ? Ben il suffit de les reprendre telles quelles et de les compiler à la suite comme une longue suite sans queue ni tête…

Pour peu on pourrait croire qu’il s’agisse d’un Art Book condescendant mais ça manque cruellement de bon goût. Pour autant je ne condamne pas l’auteur qui a dû partir d’un sacré délire et se faire plaisir tout seul en couchant ses obsessions ou fantasmes tout en y ajoutant quelques idées intéressantes comme de tenter de recréer une bd d’animation avec du mouvement mais l’effet est vite vain et constitue simplement un caprice supplémentaire.
De surcroit les décors ne sont pas encore ce que l’on peut y trouver dans les récentes rééditions de HK au profit de corps tout droits sortis de cartoons mais au final ce qui me dérange le plus ce sont les couleurs criardes et hors propos ainsi que la mise en scène horriblement froide et détachée ce qui rend le récit complet ni excitant ni chaleureux, un comble ! Beurk…

Après tout reste histoire de gouts et de couleurs, ceux qui apprécient HK vont se régaler en considérant Agape comme une friandise supplémentaire, les autres comme moi vont sourire et surtout soupirer pour un talent indéniable gâché par trop d’excès… Bref je ne regrette pas l’emprunt mais ai définitivement renoncé à apprécier une œuvre de Trantkat.

Nom série  Al Crane  posté le 10/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ça faisait longtemps que je désirais mettre la main sur Al Crane dont la diversité des avis précédents avait achevé de me mettre l’eau à la bouche.
Aussi la récente réédition de l’intégralité de cette série avortée par le décès de son dessinateur Alexis a fait mon bonheur (la réédition hein, pas la mort trop jeune de cet auteur talentueux !).

Malheureusement si je joue à la cigale concernant mon budget sur les bd, je suis plutôt une fourmi quand il s’agit de les lire aussi c’est en fouillant méticuleusement mon coin bd à la recherche d’une autre œuvre que je suis retombé sur ce bouquin et me suis enfin décidé à le lire.

Les westerns déjantés se prêtent curieusement bien à l’exercice de la bande dessinée. Si aujourd’hui je ne cherche plus à comprendre pourquoi, je profite des libertés permises pour ce support afin de revisiter l’ouest sous un œil iconoclaste et curieux.

Al Crane ne déroge pas à la règle en proposant des dessins rappelant dans une moindre mesure le style de Moebius/Jean Giraud sur Blueberry et également les Tex ou autres fumetti des années 70.

Justement, Al Crane date également de cette période et s’il faut bien reconnaître que certaines situations ont changé, j’ose à peine imaginer la réaction des lecteurs de l’époque à l’issue d’une histoire de ce cowboy pourri, raciste, misogyne et vénal loin des images d’épinal renvoyées par un John Wayne.

Les histoires sont plutôt trash entre une amitié qui tourne Brokeback Mountain ou des règlements de compte sur fond de litiges amoureux et/ou financiers, Al Crane est le parfait exemple du salaud d’un Ouest qui est rempli de figures toutes plus patibulaires les unes que les autres. L’avantage de ces histoires c’est qu’elles sont courtes et déclenchent le sourire vu le ridicule de certaines situations, l’inconvénient c’est qu’elles sont, ma foi, bien inégales sur un intérêt qui va en s’émoussant.

C’est presque un heureux hasard que cette série ne soit pas si longue qu’elle n’aurait dû peut-être l’être. Le trait d’Alexis est vraiment bien foutu mais le découpage est parfois un peu bordélique. Il y a parfois des petits bonhommes « collés » en plein milieu d’une case pour censurer certains des actes les plus « éprouvants » ou impolitiquement corrects mais c’est plutôt le sens aiguisé des dialogues de Lauzier qui crée un décalage avec le réalisme des dessins.

Au final et même si comme Michelmichel j’aurais préféré un ton bien plus noir et trash et surtout une meilleure régularité sur la qualité des histoires, les « aventures » d’Al Crane possèdent un certain charme indéniable qui méritent au moins d’être lues une fois pour le côté historique et patrimonial de l’œuvre mais également pour les zigomatiques.

Nom série  Gulliveriana  posté le 14/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ce qu'il y a de bien chez cet auteur c'est que les oeuvres se suivent et se ressemblent mais pour la dernière histoire que j'aurais lue de Manara (en trouver une satisfaisante et pas forcément érotique me ferait sûrement plaisir néanmoins), le fait d'avoir repris à son compte et sur un versant féminin la célèbre histoire de Gulliver permet de trouver un "mince" intérêt scénaristique.

Ben oui le titre annonce la couleur tout comme le triste Pinocchia de Francis Leroi : on prend un héros célèbre, on le rend attrayant en lui donnant le beau sexe et comme il s'agit d'une adaptation, le matériel est déjà là et on peut le pimenter de prestations érotiques.

Voilà le "pitch" est là, pour les plus courageux, rappelons que Gulliver narre les aventures d'un marin devenu géant dans un monde de lilliputiens et qu’il s’agira d’un prétexte pour voir la demoiselle en gros plan et de façon dénudée sous tous les angles….

Et sinon ? Ben je préfère cet univers à celui des années chic et choc et surtout kitschissimes des années 80 du Déclic ou du Parfum de l’invisible mais sorti de là, pas d’érection ni d’intérêt plus que le temps de la lecture qui doit approximativement approcher des 15 minutes en prenant mon temps ou mon mal en patience….

Euh un point positif ? Oui : Manara dessine bien les femmes et son héroïne en particulier mais bâcle encore plus les décors qu’à l’accoutumée.

Une anecdote ? La couverture de la récente réédition intégrale de Borgia du même auteur ressemble curieusement à cette vieille édition des Humanos que j’ai actuellement en mains et qui va finir d’ici peu chez mon beau-frère peu regardant sur le contenu mais sur les formes. Au moins Gulliveriana fera un heureux dans mon entourage.

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