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... a posté 424 avis et 47 séries (Note moyenne: 3.29)

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Nom série  Fernand the polar beer  posté le 09/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne saurais dire si je suis quelqu’un de parfaitement équilibré ou non, Spooky aurait déjà sa réponse à ce sujet brulant mais toujours est-il que je suis particulièrement friand d’humour noir voire trash où rien n’est respecté selon les règles bien établies de la bienveillance.

En cela, ce très méconnu petit bouquin, issu d’un blog dont vous pouvez vous faire une très nette opinion du contenu en suivant le lien web de la fiche ici présente, répond tout à fait à mes attentes avec Fernand, cet ours polaire dont la bonhomie sympathique cache un sombre psychopathe alcoolique porté sur les plaisirs de la sodomie lorsqu’il ne se contente pas de dévorer la population de la banquise arctique…

Tout un charmant programme rehaussé par des gags d’une page sans paroles sous forme de gaufrier et à la ligne informatique claire. Le côté « trichromie » donne un aspect bien séduisant à des images pourtant explicites dans la plupart des cas.

Ce petit album se laisse lire sans aucun déplaisir et fait souvent mouche sur des possibilités plutôt restreintes : enculer, picoler et bouffer pouvant déplaire et à ne clairement pas mettre entre les mains de tout le monde. Mon principal reproche est que ça se lit une fois de plus bien vite et que l’ensemble ne laisse pas un souvenir impérissable même si je compte ce genre d’œuvres sur les doigts d’une main malheureusement.

Le décalage entre l’aspect graphique soigné et les situations incongrues prête néanmoins bien plus à sourire qu’à choquer et cet album se glissera sans aucun doute bien facilement avec le récent « Bang et son gang » sur un registre similaire mais pourtant pas redondant. Vivement conseillé !

Nom série  Batman (DC Renaissance)  posté le 03/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Passions déchainées.

Et pour cause, il ne s’agit ni plus ni moins que de sang neuf injecté dans un mythe qui n’est pas prêt de s’écrouler mais dont les ouvrages classiques commencent gentiment à dater.

Quid donc de ce nouveau Batman ?

Ce qui saute immédiatement aux yeux outre le fait que les dessins sont de toute beauté, une constante graphique dans l’univers sombre de Gotham City, c’est que Bruce Wayne a désormais le look d’un jeune trentenaire dynamique en lieu et place du quadra playboy mur et aigri tel qu’on le connait depuis de nombreuses années.
Soit, le second pari réussi de cet album c’est de proposer un univers bien rodé à de nouveaux lecteurs avec des repères immédiatement identifiables… Si on assimile le fait que Bruce Wayne est le Batman, qu’il est riche, secondé par Dick Grayson, ancien Robin devenu Nightwing et que ses principaux interlocuteurs se prénomment respectivement Alfred et le commissaire Gordon, alors on dispose de suffisamment d’éléments pour naviguer dans les eaux troubles avec un nouvel ennemi inédit et mystérieux.

La lecture est du coup plutôt aisée et ne se perd pas dans les méandres de la « Nouvelle Aube » ou les dédales d’un Grant Morrison. Et pourtant il subsiste pas mal de dédales dans cette version qui joue avec le support même du comics mais je vous en laisse la surprise au fil de la lecture….

Si le récit est parsemé d’artifices et de leurres (voire les premières pages faussement déstabilisantes par un jeu de masques très réussi, il n’est pas exempt de défauts avec une action rondement menée mais non dénuée d’invraisemblances comme la chute de Wayne dans le vide…. Dans un Batman on n’est pas à quelques exagérations de plus ou de moins et je suis bon public mais les « pirouettes » scénaristiques dont parlent les autres posteurs sautent effectivement aux yeux… Dommage…

L’autre souci, c’est qu’il y a finalement peu de nouveautés et qu’on rentre assez rapidement dans les rangs… Ce qui m’a toujours le plus attiré dans les enquêtes du Caped Crusader, c’est le côté mélancolique du personnage ou même de la ville que l’on perçoit plus facilement ailleurs..
Ok le coté « déjà vu » du personnage est désormais incontournable après autant d’années de bons et loyaux services et je déplore peut-être une lassitude vis-à-vis d’un personnage qui devrait prendre enfin la retraite qu’il mérite mais l’ensemble est de très bonne facture et se laisse agréablement lire comme le sérial de luxe qu’il prétend être (à juste titre).

Je n’en recommande pas spécialement l’acquisition car ne le trouve nullement indispensable mais la lecture est très agréable donc pourquoi pas mais la série risque d’être longue, très longue…

Nom série  Batman - La Nouvelle Aube  posté le 02/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je dois bien le concéder dès le début de cet avis, j’étais relativement bien parti pour noter ce « one shot » de Batman par 3 étoiles mais après réflexion je vais rejoindre la majorité de mes petits camarades…

Pourtant avec une aussi jolie couverture et la promesse par l’éditeur d’une aventure complète (dixit le 4ème de couverture et les nombreuses informations filtrant sur ce mystérieux titre lors de sa parution), tout partait sous les meilleures auspices avec un début prometteur, une aventure policière avec le Pingouin et Killer Croc et l’entrée par la grande porte d’un joli amour de jeunesse de Bruce Wayne dans son enquète actuelle…

Finch a également de l’or entre ses doigts avec un trait presque gothique qui sied à merveille l’univers du Caped Crusader tout comme ses personnages à la fois familiers et également terriblement expressifs mais boum patatras la seconde partie s’embarquant vers des enjeux qui n’en sont plus rééllement et avec des créatures fantastiques pouvant trouver leur place dans le Bat-univers mais aux desseins si rapidement expédiés qu’on se contrefiche complètement de l’issue finale rapidement envoyée alors que d’autres questions restent en suspens (la petite voleuse de la batmobile et l’avenir professionnel de Gordon remis en cause par un jeune officier pénible)….

Alors « What the Fuck ? » que s’est-il passé ? Et bien ce n’est pas si compliqué à comprendre car ce « Nouvelle Aube » n’est pas rééllement un One-Shot mais le prologue de la série « The Dark Knight » dont on nous invite clairement à lire les publications en lieu et place du traditionnel mot « fin » censé s’inscrire à la dernière page….

Mais même sans cela et malgré quelques pages que je trouve tout simplement superbes (voir l’attaque du Batman par une horde de créatures de la nuit escaladant un immeuble dans une ambiance toute burtonienne) et une clémence de ma lecture du moment (on n’aime guère trouver de défauts aux livres qu’on a chouchoutés sans les lire depuis longtemps dans sa bibliothèque), il m’est impossible d’y laisser un avis favorable tant l’ensemble me parait aussi déséquilibré qu’anecdotique…

Batman a beau être toujours un peu rengaine avec Alfred lui faisant la morale ou les évènements qui le dépassent un temps pour mieux les résoudre par après, il convient à un moment de lui donner un minimum de cohérence dans ses pérénigrations.

Et là ce n’est clairement pas le cas. Quitte à lire un Batman clairement surnaturel mais novateur, je vous recommande vivement de lire la trilogie Batman contre Dracula bien plus fun et cohérente que ce prologue qui vous laissera peu de souvenirs positifs en tête….

Au moins ce « one-shot » m’évitera de me lancer dans « The Dark Knight » du même Finch et rien que pour cette mise en garde je lui laisse les deux étoiles que seul son joli graphisme sauve du marasme total.

Nom série  Bang et son gang  posté le 02/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur ce joli petit album cartonné à l’italienne dont les couleurs rose bonbon m’ont immédiatement interpellé et plus encore que son titre sous forme de calembour, c’est le joli cartouche parental qui a encore plus attisé ma curiosité….

Sorti d’un blog soit de nulle part pour ma part comme je ne lis jamais d’œuvre numérique et par des auteurs au pseudos japonisants bien rigolos comme Kikoo-lol ou Takaro, il s’agit bien d’un produit bien de chez nous qui passera surement inaperçu et retombera vite dans l’ombre des Lanfeust, Blake et Mortimer ou autres Blacksad d’autant plus que peu de libraires prendront peu de risques à le mettre bien en vue.

Et pour cause ! Un peu construit comme un Squeak the Mouse qui s’amusait à reprendre l’illustre poursuite entre un chat et une souris façon cartoon pour mieux la détourner vers des fantasmes gores et pornos, on est loin du monde des bisounours dans cette parodie bien trash et mettant en scène un lapin qui n’en est pas un, un chien adepte de l’onanisme, un nounours pédophile et fan de poussins ainsi que mon personnage préféré : le petit éléphant naïf qui découvre les joies du plaisir anal !

Effectivement il faut adhérer à ce style d’humour mais j’en suis très friand et si tous les gags construits en une page gaufrier de 6 cases ne m’ont pas fait tous rire, je suis rapidement tombé sous le charme de cette drôle de troupe d’obsédés obnubilés par leur propre petite personne (le personnage de Bang est détestable).

Les décors sont minimalistes et les dessins semblent presque dessinés par ordinateur mais le décalage opéré par les paroles et la représentation graphique fait bien plus mouche qu’un Al Crane par exemple. Au moins on va droit à l’essentiel et l’ensemble forme une histoire cohérente, complète et qui trouve même une jolie conclusion.

Plus bête que véritablement méchant ou choquante, j’ai eu un gros coup de cœur pour ce petit bouquin qui part complètement à l’ouest et ne plaira pas forcément aux culs bénis mais comme on peut rire de tout et que tout est enfin permis ici, je pense qu’on aurait tort de s’en priver et je trouve que le monde de la bd manque cruellement de bouquins de ce style…

Donc s’il ne vous en faut qu’un seul, ne faites pas comme Gaz l’éléphant, ne vous trompez pas et ruez-vous là-dessus histoire d’avoir un bel ouvrage scato dans votre bibliothèque. En somme un bien bel ouvrage de fin d’été comme il me fallait !

Nom série  Locke & Key  posté le 24/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Il est parfaitement difficile de faire ressentir le plaisir qu’une lecture comme Locke and Key provoque chez un lecteur. Si difficile d’ailleurs que cela fait plus de deux semaines que beaucoup d’idées bouillonnent pour tâcher d’en donner également l’envie car Locke & Key est assurément le comics le plus novateur et accrocheur pour un public adulte avide de sensations fortes et nouvelles.

On pensait être en terrain connu à l’annonce de certaines infos évidentes, Lovecraft, un tour sur la toile permet de vérifier que Joe Hill est le fils de Stephen King plus un thème récurrent sur la maison hantée que les couvertures ne peuvent dissimuler bien longtemps et des clés….

Ce sont justement ces clés qui vont être au cœur d’un complot fantastique entre une famille devant se reconstruire suite à un drame et leur récent déménagement dans l’immense et mystérieuse bâtisse paternelle qui recèle de nombreux secrets inavouables et dépassant l’entendement.

En effet de nombreuses clés y sont cachées, toutes possédant un pouvoir bien distinct comme de dissocier l’âme hors de l’enveloppe charnelle, se téléporter, inspecter le fond de sa mémoire etc… Le tout est judicieusement et subtilement évoqué pour créer un sentiment malsain de curiosité aussi fort pour le lecteur que les protagonistes qui en développent les facultés.

Par ailleurs, un lourd secret familial fait se télescoper sur un rythme et une narration infernale les membres survivants ainsi que de mauvaises fréquentations entre le manipulateur Dodge et le psychopathe Sam…

Jamais ennuyeux, toujours palpitant, le récit fonce tête baissée vers des retournements inattendus et soutenus par un dessin de qualité très agréable par Gabriel Rodriguez qui utilise de subtils cadrages avec une clarté évidente pour une narration parfois casse-gueule et pourtant accessible car limpide et évidente.

Il serait facile de comparer le fils prodigue au père et la filiation entre King et Hill mais le rejeton s’en sort plutôt bien en proposant une histoire au concept original et séduisant. Je me suis même pris au jeu au point de frissonner devant certaines scènes surprenantes ou de frémir par la tension dégagée par certaines autres.

Au bout de 4 tomes il est clair qu’on est en face d’un récit exceptionnel et qui n’a nul pareil en littérature fantastique. Les évènements commencent à se bousculer et le cliffhanger du 4ème tome est somme toutes insupportable…. Je ne peux que vous en recommander la lecture et attendre avidement la suite !

J’ai rarement lu quelque chose d’aussi intelligent et aux rouages aussi bien écrits que je me plais même à me demander si je trouverais un récit aussi fort dans un style équivalent. Une chose est sure : le challenge sera ardu à relever !

Nom série  Creepy  posté le 17/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Grand amateur de petites histoires fantastiques/horreur, j’avoue ne pas avoir eu un coup de cœur pour la série Creepy lors de sa réédition. Il faut dire qu’en 2012 le marché était déjà saturé de ce genre de récits avec la réédition du mythique Creepshow ou des non moins mythiques séries EC Comics dont Tales of the Crypt représente la « cream of the cream » dans ce domaine.

Le plus amusant c’est que cette compilation de récits courts de 8 pages maxi et présentée à chaque fois par le cynique oncle Creepy doit tout à Tales of The Crypt dont il est le digne successeur 10 ans plus tard dans les années 60 et par quasiment la même équipe inchangée aux pinceaux comme à l’écriture de chaque scénario.

Le pitch même semble invariable : une histoire plutôt noire et dont l’issue dévoilée à la case finale est à chaque fois fatale pour les principaux protagonistes…
Creepy a un statut d’œuvre culte au même titre que les Tales of the Crypt : peu diffusée, censurée, maudite, introuvable et réveillant beaucoup de nostalgie à ses lecteurs.

Soyons honnêtes, si les dessins de Frazetta et consorts sont superbes dans un noir et blanc éclatant, les scénarios presque tous écrits de la main de Archie Goodwin ont pris une belle claque 40 ans après.
Ce qui faisait tellement le charme dans Tales of the Crypt fonctionne moins ici mais gageons que les scénarios vont s’améliorer au fur et à mesure de cette anthologie à la qualité éditoriale d’excellente qualité.
Certaines histoires fonctionnent bien mieux que d’autres et on prend malgré tout un sacré plaisir à lire ces petites histoires dont je reproche simplement le manque d’audace mais il faut remettre l’ensemble dans le contexte.
Creepy c’est un peu comme un paquet de chips sous la main, on replonge volontairement la main dans le paquet par grignotages successifs sans s’en rendre compte et avec un petit gout de reviens-y pas désagréable ni transcendant. L’envie de poursuivre la série est quand même là même si je préfère les publications EC Comics sans pouvoir rééllement vous en expliquer pourquoi. A suivre donc…

Nom série  Eerie  posté le 17/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les éditions Delirium poursuivent leur exhumation des œuvres de Jim Warren qui bravant les codes de censure des comics américains des années 60/70 ne trouve rien de mieux pour concurrencer son titre culte Creepy que de publier lui-même son clone avec la même bande de dessinateurs et scénaristes, le bien nommé Eerie.

Riche de quelques années d’expérience avec sa série mère, Eerie a beau être moins connu et réputé que son ainé, la qualité passe dès ce premier recueil à la vitesse supérieure avec des histoires similaires sur fond de bestiaire fantastique et d’humour noir dont la fin est souvent tragique et surprenante.

Exit l’oncle Creepy et bonjour au cousin Eerie tout aussi laid et cynique, la formule reste inchangée et se calque sur les récits de Tales of The Crypt par sa présentation tout comme.
Que dire des dessins noir et blanc particulièrement bien mis en valeur dans une édition d’une qualité rare et dont les grandes pages mettent particulièrement en valeur les contrastes ?

Il n’y a guère à rajouter de plus sur cette collection d’anthologie de titres recherchés depuis des lustres par les nostalgiques et entièrement dédiés pour eux.
Sans que ce soit particulièrement indispensable ou mémorable, Eerie n’aura aucun mal à rejoindre les bibliothèques pour les amateurs nostalgiques de séries fantastiques et iconoclastes sans problème… Les autres passeront leur chemin…

Nom série  Les Gouttes de Dieu  posté le 13/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On me l’aura bien vendu ce manga « extraordinaire » cité en exemple de nombreuses revues littéraires sur le vin et soutenu par les préfaces de nombreux sommeliers réputés français. Soit.
Amateur de la bonne chère mais au budget limité (lisez : je préfère dépenser en bd plutôt qu’en alcool), c’est par le biais d’un ami dont deux des plus grandes passions s’avèrent être One Piece et les bonnes bouteilles que j’ai dû me soumettre à la lecture de cette longue série et qu’une vingtaine de tomes plus tard je me décide enfin à en appréhender et rédiger le présent avis.

Pour résumer je n’aime pas du tout « Les gouttes de Dieu » mais je lui reconnais certaines qualités… On navigue ici en plein Soap Opera nippon ou aurais-je du parler de Wine Opera car le sujet principal est bien la présentation de vins prestigieux fort appréciés du public japonais.

Ici il s’agit de l'histoire de deux frères qui s'affrontent pour l'héritage œnologique de leur père, Issei est un trés grand critique de vins, riche, froid, prétentieux et hautain, il ne boit que des grands cru s d'exceptions dans les plus grandes réceptions, le vin est une sorte de quête du Graal sans fin.

Alors que l’autre, Shizuku , un jeune employé de bureau souvent fauché, lui, est amateur de vins conviviaux à partager entre amis, des petits vins sympas, souvent français ou italiens pas trop chers, Sa connaissance du vin lui permet de rendre service aux gens dont il croise la route.

Ce sont deux conceptions de l'œnologie qui s'affrontent, mais Issei est malheureux et n'arrive pas à s'ouvrir aux autres alors que Shizuku fait le bien autour de lui.
D’ailleurs comme le dit Jésus: le vin est fait pour être partager tout comme cette lecture dont je ne regrette pas l’acquisition. C’est plaisant, un rien cucul mais instructif, parfois fun parfois ennuyeux et bien trop long comme la majorité des mangas. La façon même de faire ressentir le plaisir d’une bouteille qu’on n’a pas en bouche est assez excitante même si le procédé est vu et revu (métaphores dessinées).

A emprunter à un ami (plus inspiré quand il me fit lire 20th Century Boys) ou en médiathèque mais beaucoup moins à acheter car la relecture me semble un peu superficielle. Les dessins ne sont ni beaux ni moches comme dans la plupart des mangas que je peux lire avec ce style si impersonnel qui simplifie à outrance les décors qui me donne toujours l’impression que c’est la même personne qui dessine mais les bouteilles sont magnifiques et fidèles aux vraies.

Le souci est que ça s’éternise et que ça tourne bien en rond sans que l’histoire ne progresse réellement.
Voici une œuvre pas globalement mauvaise bien au contraire mais dont je ne fais pas parti du public ciblé, préférant boire mon Baron de Lestac en famille ou avec des amis que de saliver sur du papier journal mal imprimé.

Nom série  Space Chef Caisar  posté le 10/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Aaaaaaaah j’aurai pu commencer cet avis par « Je n’ai jamais lu une merde pareille » ou « Spooky me doit un verre pour m’avoir fait acheter un tel truc aussi pourri grâce à son avis » mais je vais être beaucoup plus respectueux que cela car après tout qui suis-je pour critiquer une « œuvre » ou même tenter de reproduire ne serait-ce qu’un dessin de cette trempe.

Pourtant les filles avec des gros nichons et de l’humour bien lourdingue, je n’ai jamais été contre. Les quelques personnes malheureuses de ce site me connaissant un tant soit peu le savent : ce genre de truc d’un gout aussi délicat qu’un sketch sur les pets enrobés par Jean-Marie Bigard m’est clairement destiné.

Et pourtant… et pourtant c’est bien simple, il n’y a rien à sauver de ce machin immonde, baclé et sans intérêt. Il y avait pourtant matière à développer un minimum d’intérêt autour de ces aventures farfelues de chef cuisinier se livrant à des duels culinaires autour de la galaxie avec ses 3 chasseuses de prime super sexyes mais rien ne colle.

Le dessin reste dans un style kawaii la plupart du temps, vous savez ce genre typiquement japonais où les personnages sont déformés et grotesques pour bien prévenir le lecteur qu’on est en mode absurde et qu’il faut rire ? Sauf qu’ici comme tout est grotesque constamment ben on est dans ce style également constamment.
Secundo un personnage qui devient grand, beau, doué etc… uniquement lorsqu’il porte sa toque de cuisinier aurait pu être marrant si c’était bien exploité mais ce n’est pas le cas non plus ici. Les 3 filles insipides au possible et dessinées comme des poupées gonflables (gros seins, gros attributs et visages grossièrement simplifiés) s’amusent à lui « cacher » cette fameuse hotte pour le garder en esclave culinaire ( ???? ) dans les endroits les plus improbables, chaussette, string etc…
Les duels auraient pu être un minimum droles mais les dialogues ne sont à aucun moment drôles ou pertinents et les chapitres sont tellement courts qu’on y sacrifie l’essentiel de la narration pour un rendu bordélique que le découpage chaotique des dessins n’arrange rien.

Le summum c’est que l’auteur Boichi déclare s’être amuser comme un fou à faire cette succession d’histoires courtes et dont il n’y a pas de fin. Il aimerait poursuivre ce chef d’œuvre de la littérature coréenne/japonaise ? Mais par pitié ce monsieur doit se faire assister par un VRAI scénariste afin qu’il y subsiste au moins un minimum de consistance.

A priori ce bouquin amuse et fait rire beaucoup de monde si j’en crois ce que j’en ai lu sur le net donc je dois être vraiment devenu un vieux con débile et has been mais je n’en ai tiré aucun plaisir.. Bref c’est le degré zéro du manga/manhuan ou appelez ce machin comme vous le voulez mais je pense que Hotel du même auteur doit être bien plus intéressant que ce pot pourri bien pourri sans intérêt.

Si un lecteur mosellan est éventuellement intéressé par la lecture et l’acquisition de ce Space Chef Caisar, je suis bien disposé à lui remettre mon exemplaire en parfait état et en mains propres à mon domicile ou dans un bar contre une bière, un expresso ou même juste un sourire, me dire merci serait superflu tellement cette personne risque d’être déçue à son tour après l’avoir lu.
Faites suivre votre offre à la modération qui transmettra !

Profitez en avant que je ne l’utilise comme allume barbecue ! Par chance et vu le climat actuel dehors, il risque encore de prendre un peu la poussière…

Nom série  Lucien  posté le 22/05/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Frank Margerin est un produit typique des années 80 tout comme pouvait l’être Renaud Séchan dans le domaine musical.
Sur des voies parallèles, ces deux artistes offraient un regard tendre et tout en dérision sur le banlieusard parisien et son quotidien, de la pétrolette bricolée à l’indispensable peigne pour houppettes ou cheveux gras, perfectos noirs et santiags pointus, bref tout un programme…

Mais la principale caractéristique est surtout de recréer de façon dérisoire et souvent percutante des dialogues au verbiage coloré typique.

Les histoires ne tiennent guère la route et ont pris un sacré coup de vieux mais l’ensemble reste éminemment sympathique d’autant plus que Margerin a un style rond bien personnel et immédiatement accrocheur.
A la manière du livre-jeu « Où est Charlie ? » il dispose nombre de clins d’œil dans les décors et arrières plans et cela reste hautement réjouissant. Cette bande de copains a fort à faire entre des concerts qui tombent à l’eau, des conquêtes féminines perdues d’avance et quelques bastons bref c’était le bon vieux temps et il faut un œil nostalgique pour apprécier le tout de nos jours comme si les années 80 avaient définitivement emporté avec elles une bonne part d’indulgence, la même qu’il me faudrait éminemment aujourd’hui pour avoir envie de relire l’ensemble depuis le début.

Un beau souvenir d’ado mais rien de plus finalement, dommage.

Nom série  Adrastée  posté le 21/05/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Largement surpris et satisfait par la première œuvre de Mathieu Bablet qui présentait une œuvre singulière et originale « La Belle Mort » et dont les contours d’une ville industrialisée me donnaient le vertige, c’est donc avec beaucoup d’impatience que j’attendais l’édition de ce diptyque totalement différent.

Différent ? Oui et non car Adrastée reprend de son aîné ce trait torturé et magnifique qui étire les décors sur l’infini ainsi que l’isolement de ses personnages, enfin de « son » personnage.

Reprenant la mythologie grecque pour mieux la réécrire, Bablet parsème son univers de références obligées et connues pour nous présenter un récit conçu comme un conte dramatique avec un roi immortel se retrouvant tout seul dans son imposante cité vide au bout de 1000 années de règne.

Ayant perdu depuis longtemps une partie de sa mémoire et tous les êtres qu’il a aimés, il n’a d’autre objectif que de partir rencontrer son créateur afin de connaître les raisons de son funeste et inébranlable destin.

Son odyssée pédestre va bien sûr le faire rencontrer quelques créatures divines ou mal intentionnées au milieu de décors fourmillant de mille détails et couleurs. On en prend vraiment plein la « gueule » en observant chaque case et ces paysages muets mais étincelant de milles feux et cela m’a rappelé énormément la mélancolie du jeu video culte « Shadow of the Colossus » d’autant plus que certaines entités muettes et agressives en rappellent chaque facette.

Je dois confesser que j’ai passé bien plus de temps à m’extasier sur l’ambiance graphique que sur le scénario dont la finalité m’échappe. Les différents passages sont d’autant plus distincts par leur bestiaire que leurs couleurs qui leur sont propres et j’ai beaucoup de mal à distinguer le scénario à mi-parcours de cette aventure.

Mais l’immensité de cet homme face à l’incroyable diversité des environnements qu’il traverse ne peut laisser de marbre. Tout juste certains dialogues tombent à plat car peu travaillés alors que la phrase « Enjoy The Silence » raisonne d’autant plus qu’on pourrait imaginer qu’il s’agit d’une adaptation dessinée du fameux clip de Depeche Mode.

Tout comme Spooky j’ose croire que le second et dernier tome éclaircira certains points tout en relançant d’autres réflexions et si l’histoire pèche encore par manque de précisions, nul doute qu’il s’agit d’un des plus jolis livres d’images féeriques de ces derniers mois. Nul doute que Mathieu Bablet va en s’améliorant et qu’il s’agit d’un auteur à suivre de près… Pour l’heure vivement la suite pour qu’elle vienne confirmer les bonnes impressions de cette quête de l’absurde.

Nom série  Junk  posté le 21/05/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Vu le beau temps de cet après-midi (La Lorraine c'est sympa souvent en septembre, fin de l'hiver chez nous), j'avais le choix en ce très joli lundi de pentecôte 2013 entre ranger mes bds ou lire ce Junk qui squatte ma table de chevet depuis une semaine ben ni une ni deux le choix était vite fait et sans regret car les deux tomes que regroupe cette intégrale ont été avalé d'un coup !

Alors Bruno j'ai toujours adoré son trait mais alors avec Pothier au scénario, je crois ni plus ni loin qu’il s’agit probablement de son meilleur bouquin !
L’ensemble est génial et prenant tout simplement pour qui apprécie les westerns crépusculaires !!!

Difficile de produire un scénario original, pourtant celui-ci propose une intrigue des plus simples mais des plus réjouissantes avec une intrigue à la clé dont seulement les toutes dernières pages proposeront une explication des plus surprenantes à mon sens : séparé depuis plus de 15 ans, un gang d’hors la loi se réunit pour retrouver le trésor d’un officier confédéré qui est à l’origine de leur séparation.
Seuls hics : ce trésor n’est qu’un leurre permettant de révéler un traitre et les « héros » au caractère bien embouché ont vieilli d’où leur surnom de « junk » qu’on peut qualifier ici péjorativement d’ « antiquités ».

Le premier tome base les retrouvailles d’une bande atypique qui n’aurait pas dépareillé dans la série « Sept » de David Chauvel à l’exception qu’ils ne correspondent pas à ce chiffre mais le graphisme élégant de Bruno assisté de couleurs froides mais inspirées de Laurence Croix sied particulièrement à recréer un cadre neigeux digne du « Grand Silence » de Corbucci.

Et c’est tout à fait réussi car cette ode au passé et à l’amitié contient tout ce qu’il faut d’intrigues et de parenthèses du quotidien pour entretenir la curiosité du lecteur.

L’ensemble prend un ton drastiquement dramatique dès la fin du premier tome pour recentrer l’action sur le supposé traitre et un autre gang perfide et avide du même butin. De larges scènes de gunfights comme il se doit achèvent de relier le tout avec cohérence et un plaisir jubilatoire constant sur toute la lecture.

Les dessins de Bruno changent radicalement avec le style pseudo-réaliste généralement adopté pour les westerns de bande dessinée et ce n’est pas pour me déplaire. Je connaissais l’auteur pour avoir su imprimer un ton afro-américain constant et juste sur ses œuvres précèdentes mais je reconnais qu’il a habilement relevé le défi sur Junk.

Ce ne serait rien sans le scénario de Nicolas Pothier suffisamment malin pour tenir en haleine le lecteur par des dialogues subtils rendant l’ensemble des desperados attachants et réalistes.

Et la fin est loin d'être décevante, tout juste un peu intrigante et boucle de façon satisfaisante ce joli diptyque dont l'édition au grand format est juste parfaite avec cette excellente idée que d'avoir repris les couvertures des 2 tomes (initiative qui se perd lors des intégrales hélas).

Bref un gros coup de coeur pour moi ! Et les couleurs de Laurence Croix sont toujours aussi belles !!! Dire que j'étais passé complètement à côté pour je ne sais quelle raison et que l'indisponibilité du tome 2 (tout du moins dans mes contrées) me privait du plaisir de cette oeuvre donc cette intégrale est tombée à point nommée !

Fans de westerns ou de Bruno, si vous ne connaissez pas ce joli bouquin, il n'y a plus d'excuses ! Chapeau bas aux auteurs !

Nom série  Notre seul ami commun  posté le 22/03/2013 (dernière MAJ le 15/05/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Il y a des choses qui vous prennent à la gorge et ne vous quittent plus pendant longtemps, cela fait partie du quotidien à tous, de notre quotidien.

Boris Mirroir, un auteur que je ne connaissais pas a souhaité exorciser le sien en couchant de façon pudique mais sans fards non pas son mal être mais son vécu, « son » histoire. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique, c’est tout simplement une tranche de vie terriblement humaine, banale et cruelle à la fois que je ne peux qu’être touché par l’humanité que l’on rencontre au travers des trois tomes de « notre seul ami commun » dont chaque partie foutrement bien chapitrée (les couvertures ainsi que les sous-titres ont leur importance…) se développe à l’aide d’une narration sans paroles ou presque mais avec une mise en scène incroyablement expressive.

Si Boris utilise un univers coloré et presque muet avec ce peuple animalier vivant les affres d’un quotidien à peine romancé, c’est pour mieux ouvrir la perception du lecteur à l’univers d’un jeune étudiant introverti préférant se réfugier dans l’alcool et les jeux video afin de s’exprimer et de surmonter la maladie de sa mère.

Au hasard d’une lecture limpide et agréable se tisse un drame d’une banalité sans égal mais pourtant bien réaliste. Boris rencontre l’amour charnel, trouve en Mouss un ami qui lui pardonnera tous ses excès, s’amuse, vit mais ne se lamente jamais…

Il me faut remonter jusqu’au chef d’œuvre de Darren Aronofsky, « Requiem for a Dream » pour retrouver un récit aussi poignant sur l’incommunicabilité des sentiments et le fossé qu’il engendre. Mieux, « Notre seul ami commun » se débarrasse de tout débordement trash ou malsain par des cases poétiques et des dessins expressifs pour finalement mieux coller à la réalité… Le découpage est à ce titre exemplaire, qu’il s’agisse des différents chapitres avec lexique d’un objet, de ces prologues colorés façon aquarelle ou de l’histoire parallèle du cochon dépanneur dont les seules dernières pages de la conclusion ne laissent aucun doute sur les destins croisés des différents protagonistes…

Les diverses références musicales (album Substance de Joy Division), jeux video (Super Nes permettant de « dater » le récit) ou cinéma (j’ai cru reconnaitre des dialogues anglais de Fight Club) ne laissent aucun doute sur l’uppercut que cette œuvre nécessaire et purement indispensable a opéré sur moi.

Merci à Spooky d’avoir fait la lumière sur ce récit sorti de nulle part et surtout à l’auteur d’avoir couché une œuvre aussi intime qui réussit pleinement le challenge de distraire autant que d’émouvoir. Un trésor caché que je ne peux que vous inviter à vous imprégner… Tout simplement indispensable et nécessaire.

Nom série  Batman - Un deuil dans la famille  posté le 13/05/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée.

Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable…

Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique.

Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle.

L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight.

Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque.

De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais.

Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement.

Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive.

L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence.

Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs.

J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.

Nom série  Le Roi des Mouches  posté le 05/11/2008 (dernière MAJ le 29/04/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le roi des mouches, difficile de parler d'une œuvre qui dépasse le cadre de la simple BD se jouant des règles de la narration, des cadres figés et des phylactères pour employer le recours plus subtil de la mise en scène cinématographique.

Mais attention, il n'est pas question d'une histoire linéaire, ni de scènes d'action ou d'un découpage emprunté au média des salles obscures... Il s'agit d'une sensation de flottement, de jeux de mots, de situations brutes et abruptes de films sensoriels et cyniques comme Donnie Darko, Lost Highway ou effectivement des Lois de l'Attraction...

On y parle d'une banlieue aisée mais paumée de l'Allemagne ressemblant curieusement aux vignettes figées des années 50 américaines, de personnages humains avec leurs piètres qualités et leurs défauts ou plutôt devrais je dire vices tant la recherche désespérée de l'amour et de l'American Way of Life est structurée autour du sexe par absence de sentiments, de recours à l'alcool ou d'ectasy pour oublier l'ennui du quotidien.

Tout s'axe autour de Eric Klein, vieil ado ou jeune adulte ne sachant par où mener sa vie reposant sur des magouilles, des plans cul et le gain de l'argent... Ses errements l'amènent à croiser la route de personnes tout aussi dérangées que ceux de Blue Velvet de David Lynch, un beau père appâté par le gain de sa mère, Ringo, joueur de bowling violent et névrosé, Sal, la belle plante qui se joue de son physique et Marie, seule lueur d'espoir et de fulgurance vite ternie par son entourage...

Tout ce beau monde se déchire, baise, se déteste, bref vit violemment et de façon négative mais évolue au travers différentes petites histoires ou le narrateur change, où l'on se croise dans le passé, le présent, le futur et même au travers du point de vue d'un personnage squelette mort et contemplatif complice du lecteur de tout cette micro-société hardcore.

Noir, c'est noir il n'y a guère d'espoir mais on se plait à suivre le quotidien de tous ces personnages paumés dont une tragique fête d'Halloween racontée en début de tome va scier tous les destins...

Le dessin est magnifique, les couleurs sublimes et si on se sent aussi bien à l'aise malgré la noirceur ambiante c'est qu'on y retrouve une part de soi-même dans cette vie rêvée des Anges qui choque et s'entrechoque...

Rares sont les ouvrages d'une telle ampleur raisonnant encore une fois les pages refermées. Une fois les histoires assemblées et imbriquées l'une dans l'autre, on y retrouve un kaléidoscope d'une cohérence exemplaire et pertinente parfaitement maitrisée. On sent bien que les auteurs savent exactement là où nous amener et sans faute de style.

Pour public averti mais réellement indispensable. Il est certain que ça ne plaira pas à tout le monde mais une fois passé la surprise de la narration par cartouches et la mécanique de la lecture adoptée, il est difficile de s'en remettre ni de lâcher le bouquin.

J'ose espérer qu'il ne faudra pas attendre 4 ans supplémentaires pour connaitre la suite et j'applaudis vivement une telle audace littéraire. Tous les amoureux de Ghost World et de Donnie Darko dont pas mal de clins d'oeil discrets sont adressés devraient se plonger sans plus attendre dans ces deux bouquins aux couvertures sobres et magnifiques.

Update 2013 :

Le troisième et dernier tome attendu de la série sur laquelle j’ai jeté tant de superlatifs est enfin arrivé entre mes mains fébriles un samedi frileux de janvier… Histoire de bien m’y replonger et de ne perdre aucune subtilité du récit, je me suis replongé à nouveau dans ce récit noir, telle une immersion dans un étang boueux et sans fond sans véritable appréhension.
Chaque aspérité initiale m’apportant à nouveau l’ivresse que j’étais venu quérir a parcouru mon échine le temps de cette redécouverte en terrain connue, la surprise en moins, la délectation en plus…

En plus… tout du moins pour les deux premiers tomes… car le troisième, s’il comporte toujours d’aussi jolis dessins et de passages oniriques, a failli me noyer… Me noyer sous des torrents de boue constituée de mots lourds et parfois même vides de sens… Un comble… Eric Klein est toujours ce pantin bouffé par sa famille, sa libido et les drogues qu’il ingère…
Son état végétatif nous est ainsi balancé sous une forme quasi imbuvable, ne distinguant plus la réalité de son imagination…. Ce qui rend la lecture parfois hautement risquée et casse-gueules…
La conclusion n’est pas non plus à la hauteur de mes attentes et croyez-moi j’en suis le premier véritablement déçu car au final j’ai eu l’impression de ne pas avoir tout compris sans en avoir pris le même plaisir manifeste qu’aux deux premiers tomes….

Et pourtant, je m’y étais préparé, lisant et relisant Hallorave et l’Origine du Monde et en espérant la bible manquante pour recréer ma sainte Trinité pour au final me faire balancer comme le pantin que je suis, le lecteur passif qui a eu toutes les peines du monde à achever cette lecture dans la douleur…

Finalement je baisse ma note d’un point dans l’attente d’une relecture ou d’une explication un tant soit plus rationnelle. J’ai l’impression d’être passé au travers, la délectation en moins et la surprise ou plutôt l’incompréhension en plus…

Cette œuvre est toujours aussi belle mais elle est devenue exigeante avec le temps, preuve de toute évidence qu’il fallait bien en finir un jour mais j’aurais aimé que cela soit par la plus grande des portes de sortie. Le Roi des Mouches conserve finalement une grande partie de ses mystères…. J’ose vraiment croire que ce troisième tome de conclusion ne reste pas hermétique longtemps que je puisse redonner la plus belle des notes comme initialement, celle du grand coup de cœur de la bd franco-belge que Messieurs Pirus et Mezzo m’ont offert…. C'est aussi avec ses défauts qu’il se faut d’accepter cette œuvre unique et insaisissable… Un trip inoubliable dans tous les cas...

Nom série  Comix Remix  posté le 15/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Sans la récente lecture de l’excellent Cycloman réédité par Cornélius sur un sujet à priori similaire (les superhéros à la french touch) et la présence intriguée de cette grosse intégrale aux accents comics (les annotations Comics sont reprises dessus comme sur un bon vieux Strange), il y a de fortes chances que je serais passé complètement à côté de l’œuvre de Hervé Bourhis et quelle grave erreur ça aurait été !

Car si Cycloman est aussi rafraichissant et drôle dans notre paysage franco-belge, Comix Remix emprunte une voix bien plus sombre que ses dessins épurés et colorés et rappelle davantage Watchmen et Donjon avec une ambition plutôt impressionnante pour une œuvre passé aussi inaperçue…

Petit retour en arrière : dans une mégalopole aussi industrielle qu’étouffante se cotoyent êtres humains et monstres… Parmi cette population se distinguent les superhéros eux même retranchés en deux partis : la « Corporation », entité officielle garni d’êtres parfaits physiquement mais cachant de sombres desseins politiques et vendant ses attributs aux plus généreux et le clan des Clandestins, reclus de tous genres et de toute origine condamnés à exercer des actes dits terroristes pour lutter contre la suprématie de Miss Honolulu, mystérieuse femme à l’aura tentaculaire….

Le récit commence avec l’assassinat de Mister Mercure, le superhéros le plus adulé de la « Corporation » et la convoitise de son fils John-John et de sa veuve par tous les bords. Tout ceci va mettre le feu au poudre au sens propre comme au figuré et permettre à Hervé Bourhis de déployer un bestiaire des plus atypiques et riches rarement vus dans un récit de ce genre en confrontant monstres roses charismatiques et super collants fascistes sans oublier attaques de monstres géants dans un final apocalyptique des plus délétères !

Ne vous fiez pas au dessin enfantin ni au titre représentant davantage l’hommage de Bourhis aux lectures de son enfance, si le début du récit est âpre et déstabilisant avec cette exposition de personnages multiples et complexes, la narration se fait plus prenante et bien structurée, multipliant les points de vue et les actions de tout bord… Il n’existe de surcroit nul personnage véritablement vertueux, chacun possède ses failles et l’auteur utilise beaucoup de subtilités dont une seconde lecture permet de cerner certaines réponses à des énigmes sans pour autant les surligner d’un fluo.

Habile récit sur les différences raciales ou sociales, les dangers d’une politique manipulée par le profit et tout en s’appuyant sur des propos terriblement humains, Bourhis construit un récit rythmé et poignant dont le pessimisme transpire à chaque page sans pour autant négliger quelques pages d’humour avec le regard émouvant ou naïf d’enfants dépassés par leurs responsabilités ou des histoires d’amour inavouées aux destinées tragiques quand il n’y insuffle pas un peu de poésie noire dissimulée dans les bas-fonds d’une ville gagnrénée par l’incommucabilité de ses citoyens.

En finalement si peu de pages et sur 3 tomes au contenu incroyablement riche et doté d’une galerie de monstres exceptionnels s’affrontant pour un idéal perdu (voir le charismatique Epominodas, homme chewing-gum affronter le ténébreux Mister Spice est un pur régal), Comix Remix se dote des plus beaux atouts pour offrir un récit aussi riche qu’un Donjon et complexe qu’un Watchmen sur des bases totalement différentes.

Dans les quelques bonus de cette intégrale, l’auteur se réjouit du nouveau format plus adapté de cette intégrale en espérant qu’elle aura plus de lisibilité et d’impact en librairie et à la conclusion de cette jolie saga, c’est également tout le mal que je lui souhaite… Ne vous fiez pas au titre faussement parodique et imprégnez vous de l’univers unique et ambitieux de Hervé Bourhis, lisez Comix Remix, joli coup de cœur injustement passé inaperçu.

Nom série  Taxista  posté le 09/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Marti est un dessinateur espagnol inconnu du grand public francophone que Cornelius a souhaité remettre au gout du jour en publiant l’intégralité des mésaventures d’un chauffeur de taxi aussi trouble que les individus qu’il croise.

Le bonhomme profite des libertés d’une Espagne libérée de Franco et soumise à elle-même dans les années 80 pour livrer un feuilleton aussi bizarre qu’attachant avec quelques traits de caractère rappelant le Taxi Driver de Scorcese.

Pourtant c’est plutôt dans un milieu encore plus crasseux que nous plonge l’auteur avec ce personnage blond pas très finaud, persuadé d’être dans le droit chemin et qui pourtant n’hésite pas à devenir aussi glauque que la famille de dépravés qu’il poursuit à l’issue d’une vengeance bien macabre….

Le trait en noir et blanc caractéristique d’une ligne claire que n’aurait pas renié Yves Chaland joue sur de profonds contrastes comme on pouvait les admirer sur les premiers récits de Charles Burns.

L’essentiel se déroule principalement de nuit ou dans des recoins bien sombres dans un découpage en petites vignettes et sur de grandes silhouettes désarticulées volontairement.

La mise en scène volontairement rétro et kitsch pourrait en effrayer plus d’un mais le contraste entre les dessins et la teneur des propos plutôt adultes ou exagérément choquants crée une sorte d’humour british par des dialogues complètement hors propos dans leur construction et leur sérieux d’un autre âge.

On ne sait absolument pas où Marti nous entraine avec cette peinture sociale des plus grotesques d’une famille de dégénérés sortis tout droit du film « affreux, sales et méchants » d’Ettore Scola et ce quidam rigide et ridicule se prenant pour un vigilante exemplaire alors qu’il ne court finalement qu’après l’oseille planquée de son défunt père !

Taxista consiste dès lors en une course poursuite ou l’absurde côtoie le grotesque dans un rythme finalement assez jouissif. On peut le voir comme une critique de la société et de l’abolition des repères les plus symboliques d’autant plus que chaque personnage s’en prend plein la tronche dans un style rappelant les strips des séries à suivre des hebdomadaires d’antan. C’est un peu comme si Dick Tracy (une des autres influences majeures de l’auteur) avait dépassé la frontière du correctement bien pensant pour aller asticoter ce que les séries américaines se font un plaisir de nous cacher.

Les deux histoires qui constituent l’intégrale des aventures de ce chauffeur de taxi ont beau nous emmener dans un univers glauque et déplaisant, la lecture, elle, ne l’est jamais réellement grâce à un découpage bien nerveux et finalement une intrigue qui se tient. On y parle de vendetta, de vengeance et de complots et on pourrait compatir au mauvais sort qui accompagne notre « héros » s’il n’était aussi propre, prétentieux et vain car finalement c’est surtout un brave type bien con et pas si clean que cela…

Mon principal reproche serait la conclusion bien rapide et bien sèche de la seconde histoire alors que la première nous réservait un épilogue mais il s’agit bien de l’intégrale de ce personnage trouble et troublé qui mérite d’être redécouvert car à ma connaissance il n’existe pas une œuvre semblable mettant en scène un chauffeur de taxi aussi peu à ses affaires que Mario est plombier ou Tintin reporter.

Une suite existerait sous le nom de Calvario Hills mais ne l’ayant pas lu, je ne suis pas certain que Taxista y soit à nouveau le protagoniste principal. En tous cas l’œuvre de Marti mérite d’être connue et je vous engage à aborder ce pan méconnu de la bande dessinée espagnole alternative.

Nom série  Codeflesh  posté le 09/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans le système fédéral américain, il est courant que de dangereux criminels bénéficient de leur liberté sous caution.

Ces sommes étant souvent élevées, de véritables petites entreprises se sont créées afin de subvenir aux besoins des personnes innocentes ou coupables avec la conséquence d'être arrêté pour avoir refusé de se présenter au tribunal où la somme doit leur être remise.

Une vieille série TV illustrait parfaitement ce principe « L’homme qui tombe à pic » où un chasseur de primes s’engage à ramener au procès tout personne voulant s’y substituer en disparaissant dans la nature…

C’est un peu le principe ici de « Codeflesh », un sympathique one-shot introduisant Cameron Daltrey qui prête l’argent et va également recueillir les malfrats par jeu ou passion.

Le souci c’est qu’il n’est pas censé cumuler ses deux activités. Il agit donc dans l’ombre et de préférence de nuit à l’aide d’un masque intégral avec code-barre rappelant un peu le look de Rorschach des Watchmen dans le Los Angeles crasseux et craspec de la série Criminal.

Ah oui il est peut-être utile de préciser que la plupart des malfaiteurs sont pourvus de pouvoirs télékinésiques ou surpuissants et sont dotés d’une tronche d’affreux jojos pas possibles dont on ne connaitra jamais réellement l’origine surnaturelle ou pas.

Pas grave, Cam est dévoué à sa tâche et passe le peu de temps libre qui lui reste à s’entrainer physiquement quitte à délaisser la jolie stripteaseuse qui partage son existence…

Le pitch est original, le pitch est simple, le pitch est direct. On ne s’embarrasse guère d’oripeaux pour décrire le quotidien d’un superhéros de la rue ordinaire qui agit pour son propre compte.

Ce n’est pas un justicier, Cameron roule pour sa bosse malgré le fait que son associé lui rappelle sans cesse de prendre du bon temps et de vivre sa relation au grand jour et de tout dévoiler à sa petite amie de sa double vie.

Décor planté, narration rapide et un Charles Adlard en grande forme avec un trait plus travaillé que sur sa série phare Walking Dead. Les couleurs sont aussi poisseuses que dans Criminal et le côté fantastique fait partie intégrante du décor dans un univers néanmoins contemporain et sans gadgets.

Le coté fantastique est parfaitement intégré à la narration et les personnages sont bien plus fins qu'il n'y parait, une gageure réussie pour un récit au final si rapide à lire.

Le récit est découpé en chapitres se succédant en autant de traques se finissant en bagarres aux poings entre le Codeflesh et ses malheureuses victimes… Et c’est relativement jouissif car le découpage privilégie l’action en illustrant la difficulté de mener une identité cachée.

On pourrait considérer ce one-shot comme l’épisode pilote d’une série à venir mais l’essentiel et la particularité de ce superhéros particulier est parfaitement abouti sur les 110 pages du présent récit et je ne vois pas quelle évolution lui apporter. Il y a également un chapitre entier, le neuvième pour être précis qui possède une narration innovante sur une lettre d’aveux en parallèle avec une journée « type » mais je ne peux en dire davantage pour ne pas dévoiler le plaisir de lecture…

En résumé Codeflesh confirme le talent conjugué de deux auteurs reconnus pour d’autres œuvres majeures qu’ils auront réalisé séparément mais dont l’union sincère permet ici un récit différent et savoureux et à mi-chemin entre le polar et le buddy movie. Très divertissant.

Nom série  Lastman  posté le 25/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le saviez-vous ?

Pendant que Gérard Vives canonisait l’audience crétine de TF1 sur ses performances de coach musclé efféminé des « filles d’à côté », son jeune neveu Bastien attendait le créneau horaire du Club Dorothée pour s’imprégner de Dragonball et autres Ken le Survivant sur la même chaîne.

C’était le bon vieux temps des années 90. Depuis Gérard Vives officie toujours en second couteau pour éclabousser l’audimat de médiocrité par Splash pendant que son neveu qui a bien grandi manifeste un peu plus d’ambition dans le monde de la bande dessinée avec quelques succès critiques et publics avec un trait particulier et un style qui lui est propre.

De ce jeune homme je ne connais que « Pour l’Empire », une réalisation atypique à 4 mains qui avait grandement retenu mon attention.

L’expérience se poursuit à nouveau avec un nouveau projet choral avec démarrage en fanfare avec Balak et Salanville en sortant l’artillerie lourde : faux making of, présentoirs, éditions collector clinquantes à la Pokemon, lecture gratuite en ligne pour le teasing et format manga accrocheur !

N’en jetez plus !

Après avoir lu une vingtaine de pages sur le net, je n’en pouvais plus et souhaitais avoir mon exemplaire personnel afin de me plonger dedans. Je ne sais si c’est le contexte mais je ne garde de cette lecture qu’un petit souvenir plaisant…

Gros délire référentiel en guise de manga mais sous fort taux caustique français, LastMan part à toute blinde et ne s’accompagne que de peu de superflu. Sur base d’un tournoi d’arts martiaux dans un pays et une époque aussi floue que celui de Sengoku, une brute épaisse au look de Ken doit s’accompagner du fébrile mais courageux Adrian pour remporter le premier titre tant convoité.

Sur base de références multiples au manga, aux oeuvre populaires franchouillardes (si, si !) et à un délire personnel me rappelant grandement que ces auteurs sont davantage de la génération Trondheim que cette génération Goldmann honteuse dont on nous abreuve les oreilles, LastMan se laisse lire sans déplaisir.

Même s'il n'est pas tout seul aux pinceaux, le style de dessin rappelle énormément celui des autres oeuvres de Bastien Vives. Rapide, brouillon mais pas déplaisant et rudement efficace, on va droit à l'essentiel et les gags sont légion (dont un fameux avec un couple de frères jumeaux connus des ondes).

Le seul souci, c'est que je vois très mal ce genre de récit se poursuivre sur les 12 ou 54 tomes prévus de la série (selon les auteurs toujours) et que je ne sais du tout si je poursuivrais l'aventure à terme tant j'ai peur d'un essoufflement assez conséquent mais comme cela va se poursuivre sur un rythme soutenu, tout le monde sera assez vite fixé.

Mais il ne faut guère bouder son plaisir et même si les ficelles restent assez grosses et ne surprendront pas les amateurs d'humour décalé, ce LastMan a un je ne sais quoi de "reviens-y-vite" tout à fait rafraichissant en ce début de printemps morose !

A suivre et à surveiller et pour les indécis il est toujours possible de s'en faire une bonne approche sur le site suivant où on peut lire les aventures de ces bras cassés directement en ligne :

http://www.delitoon.com/serie-webtoon/episode/lastman/1.html

En tous cas il est certain qu'un Vives en cache un autre et qu'aujourd'hui on soit bien plus passionné par les aventures du neveu que les Splash de l'oncle

Nom série  Cycloman  posté le 25/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’éditeur Cornelius a eu la bonne initiative de rééditer en 2012 cet ouvrage de superhéros à la française passé malheureusement inaperçu lors de sa publication initiale en 2002.

En gros c’est l’occasion rêvée de réévaluer une œuvre plus que sympathique et à destination de tous, du grand public de la bd franco-belge comme de l’amateur éclairé de comics en mélangeant une jolie chronique sociale et sentimentale à une histoire respectant tous les codes du comics avec un respect et quelques trouvailles des plus pertinentes.

Le fait de vouloir transposer l’ensemble sur un contexte contemporain des plus classiques renforce complètement le récit en se resserrant sur une histoire d’amour toute simple entre deux étudiants des plus attachants : Emile, grand myope casanier et maladroit et surtout Géraldine, sa petite amie protectrice et délurée.

Emile passe plus de temps devant sa télé dans son studio dans l’attente de boucler ses études que la vie étudiante festive que sa petite amie Géraldine lui préfère.
Après avoir fait l’acquisition bien malgré lui d’une panoplie de superhéros ressemblant à s’y méprendre à un Iron Man de pacotille pour une soirée déguisée, la vie de ce dernier va basculer quand il va se trouver dans l’incapacité de retirer ce costume plus « vivant » et imprévisible qu’une simple défroque de carnaval…

C’est en mélangeant les genres sur un dessin noir et blanc nerveux et inspiré que Cycloman trouve toute sa force et sa poésie dans un quotidien malmené par l’absurdité d’une armure militaire surhumaine.

Tout ce qui fait la saveur d’un épisode de comics est habilement reproduit avec intelligence comme la dualité mal/bien, les scènes de dévastation et les pouvoirs incontrôlables que l’on retrouve dans nombre de récits équivalents sur les origines. Rajoutez quelques particularités bien européennes comme le fait de devoir uriner ou faire l’amour avec une armure tentaculaire et pleine de surprises et je me suis surpris à sourire autant que sur l’origine même du « méchant » de l’histoire, le bien nommé « Gore » juste là pour rendre Cycloman plus crédible que cette tantouse de Superman

L’ensemble se lit à la vitesse de la lumière, non pas que le récit soit court sur ses 150 pages mais parce qu’on a de cesse d’aller vers sa conclusion classique et efficace comme transporté par un joli blockbuster sorti de nulle part et dont les traits hachurés de de Mardon sont aussi agréables dans l’expression des personnages que dans les scènes d’action brèves mais efficaces.

Me rappelant aussi bien Goldorak que le Géant de Fer en animation que Spider-Man et Iron Man dans le rayon Comics, il serait vraiment dommage de passer à côté de cette œuvre singulière dont j’invite les posteurs précédents aux avis mitigés de lui redonner une seconde chance en relisant ce chouette one-shot qui est aussi agréable que futile à lire et par là même hautement recommandable.

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