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Nom série  12 rue Royale, ou les sept défis gourmands  posté le 21/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C'est curieux comme parfois les BD peuvent naître. Ici il semblerait que Richez ait eu envie d'inclure un chef de ses amis dans un one-shot dédié à sa gloire. Que peut-il dont arriver de surprenant à un cuisinier hors pair ? Se faire défier par un voisin dont il convoite les locaux, bien sûr !

Passons sur cette incroyable crédibilité pour nous en tenir à l'album, qui est une suite de saynètes se déroulant -surtout- au sein du restaurant la Mère Brazier, table lyonnaise renommée, et qui met le chef Mathieu Viannay en scène à chaque scène. L'intérêt retombe vite, lesdits défis, pour émouvants qu'ils puissent être (pour deux d'entre eux), n'en sont vraiment pas. J'avoue que l'émission de TV Top Chef me laisse totalement de glace.

Il reste le dessin d'Efix, lui-même lyonnais, qui s'amuse visiblement à croquer Viannay comme une sorte d'hyper-actif qui est -heureusement- passionné par son métier. Mais c'est bien peu pour rattraper un album "de niche". Signalons tout de même des bonus qui comportent l'histoire du restaurant La Mère Brazier, ainsi que quelques recettes de Mathieu Viannay.

Nom série  De beaux moments  posté le 21/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un album qui est dans la droite ligne des derniers albums de Jim, qui semble regrouper des idées, des amorces de récits, peut-être trop fugaces pour composer des histoires complètes.

Des récits qui jouent sur la nostalgie, sur des beaux moments passés ou à venir, qui ressemblent à des redites des albums précédents de l'auteur, qui du coup se pose en quelque sorte en passeur de bons sentiments. Comme si on avait besoin d'avoir autant d'histoires pour se sentir heureux. Je n'adhère pas toujours aux histoires que je lis, mais là ça commence à m'agacer, d'autant plus que je ressens une grande vacuité derrière les récits.

C'est dommage parce que son dessin est franchement bon, dans un style de plus en plus réaliste et presque sensuel.

Bof, finalement.

Nom série  Facteur pour femmes  posté le 18/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le duo de Papeete 1914 s'est reformé pour nous livrer un nouveau récit pour nous parler de la grande Guerre par le petit bout de la lorgnette, à savoir au travers du prisme de ceux, ou plutôt celle (en majorité) qui sont restés, et qui doivent remplacer ceux qui sont partis.

Mais parmi ces femmes, qui bientôt se sentent un peu seules et en manque d'affection, il y a un personnage marquant, le facteur remplaçant, rôle pris par un pauvre gars au pied bot. lequel va se révéler diablement malin et surtout opportuniste sur le plan sexuel.

Je vous laisse donc imaginer ce que va devenir la vie de Maêl, qui jongle entre sa fonction de facteur et ses talents d'amant de ces dames. Il joue un jeu de plus en plus dangereux, et le scénariste nous montre son sens de la narration avec éclat. pas de complaisance pour Maël, pas forcément de pitié ou de voyeurisme pour ces dames et demoiselles, l'ensemble est raconté sur un ton ma foi relativement sobre, avec un goût pour la comédie, mais cela réussit à rester digne.

Il faut dire qu'avec un dessinateur de la trempe de Sébastien Morice, difficile de faire dans le vulgaire, tant son trait, avec la délicatesse et la grâce qui le caractérisent, se montre encore une fois parfait, accompagné d'ambiances colorées vraiment exceptionnelle, à l'instar de la lumière bretonne. Nous sommes dans une histoire fictive, dans un lieu qui est un assemblage d'endroits existants, mais tout cela a la facture du vrai.

Encore une belle lecture.

Nom série  Axolot  posté le 15/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nous amuser avec de l'insolite, c'est le pari de Patrick Baud depuis plusieurs années avec son site Axolot, qui est devenu une chaîne de documentaires, et à présent une série de courts récits en BD.

Déjà très populaire auparavant, son travail bénéficie donc de l'apport graphique de nombreux talents de la BD d'aujourd'hui, pour un résultat on ne peut plus enthousiasmant. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de retrouver des gens comme Boulet ou Marion Montaigne parmi ces auteurs, tant leur travail semble nourri par celui de Baud.

Le rythme choisi, celui de courts récits entrecoupés de notes explicatives et d'autres sketches intercalaires, me semble vraiment adapté au sujet, et permet au lecteur de prendre son temps et de s'offrir des respirations ou des temps de réflexion entre chaque récit court.

Vraiment chouette.

Nom série  Your lie in April  posté le 19/04/2015 (dernière MAJ le 15/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une nouvelle série enthousiasmante.

Elle prend pied dans le monde de la musique, et plus particulièrement celui de son apprentissage, puisque les deux protagonistes principaux sont de jeunes prodiges que le hasard -ou plutôt des amis communs- a réunis. Alors, comme indiqué, ils ont une approche différente de la musique, entre respect total, presque religieux, et goût de la transgression, de l'interdit.

C'est bien sûr ce contraste, mais aussi le traumatisme d'enfance de Kôsei qui vont servir de moteur au récit. Au bout de deux tomes, cela fonctionne plutôt pas mal, on est pris dans cette histoire pas bien spectaculaire, mais avec des personnages au caractère bien trempé. C'est assez prenant.

Le troisième tome est un tome de transition, il ne se passe pas grand-chose, on a droit à des saynètes à l'intérêt mitigé. La fin est plus intéressante avec le début des auditions du concours Maiho, et l'apparition de deux personnages secondaires qui vont venir chambouler le train-train des héros...

Dans les tomes 4 et 5 l'action avance lentement, le long de ce même concours, et on a des redites sur l'enfance de Kôsei. L'émotion relative à la musique est quant à elle toujours présente et bien représentée. Une pause dans le récit.

La fin du tome 6 semble marquer une rupture, un changement de rythme, avec la prise de conscience de Kôsei d'un certain nombre de choses. Plus rien ne sera peut-être comme avant...

Par contre, la série fera au final au moins 10 tomes, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d'étirer le récit. A voir.

Sur le plan graphique c'est très agréable, Arakawa a un trait gracieux et dynamique, même si j'ai un peu de mal avec les triangles qui figurent les nez des personnages.

A noter, parmi les bonus des tomes, des petites notes sur les morceaux "joués" dans le manga, ainsi que la possibilité, via des QR Code, d'écouter et regarder des videos musicales correspondantes... sympa.

C'est frais, c'est printanier, c'est touchant.

Nom série  Poison City  posté le 18/03/2015 (dernière MAJ le 15/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tetsuya Tsutsui a toujours été un auteur un peu particulier. Ses mangas, que d'aucuns qualifieront de violents, ne laissent pas indifférent. C'est ainsi qu'il a appris, un peu par hasard, que sa série Manhole avait été frappée de censure dans un département japonais il y a 5 ans. Une censure qui se prononce sur l'aspect visuel, et donc une évaluation tronquée des ouvrages passés sur le grill.

Choqué et furieux de cette procédure, il décide d'en faire le sujet de sa nouvelle série, "Poison City". On suit donc les aventures d'un jeune mangaka dont le travail est lui aussi frappé de censure. Un souci qui impacte toute la chaîne de production du manga, au niveau du magazine de prépublication. Tsutsui met donc en scène les différents niveaux (éditeur, responsable éditorial, auteurs) qui vont voir leur travail touchés par une telle mesure, totalement abusive et aberrante, mais bien réelle. C'est plutôt instructif, je pensais que ce genre de censure n'existait pas ou plus au Japon, qui a vu passer bien des choses dans les pages de ses mangas... L'histoire se tient bien, avec en récit enchâssé le manga sur lequel travaille Mikio Hibino, comme un miroir, une deuxième mise en abyme de l'évolution de la société japonaise... Intéressant, même si, dans son souci de nous montrer les différentes facettes de la chose, Tsutsui me semble aller un peu vite en besogne. Une impression confirmée dans le second tome, lu un peu vite à mon goût, et qui aurait eu besoin, à mon goût, d'une écriture un peu plus approfondie.

Au niveau graphique c'est toujours aussi efficace, aussi bien dans les scènes d'action -présentes dans le manga d'Hibino- que dans les discussions entre le mangaka et ses partenaires éditoriaux.

Un diptyque intéressant sur l'industrie du manga, et la censure dont elle semble encore faire l'objet...

Nom série  Complainte des landes perdues - Les Sorcières  posté le 10/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bon, j'étais curieux de voir ce qu'allait fait Béatrice Tillier dans cet univers graphique pour lequel elle semblait totalement faite, après le travail de Rosinski et Philippe Delaby (et un intérim formidable de Jérémy).

Le résultat, sur le plan graphique, est tout simplement merveilleux. La plume élégante de la dessinatrice semble se délecter de ces costumes médiévaux, ces décors somptueux, ces palais mirifiques. Je n'ai pu m'empêcher d'admirer une fois de plus son travail fantastique sur les visages de ses personnages, délicatement sculptés. Il n'y a que la couverture que je trouve singulièrement ratée ; c'est peu face au reste, mais cela risque de rebuter des lecteurs potentiels.

Bien sûr il fallait un scénario solide pour que la rencontre soit belle. Dufaux nous propose donc une nouvelle variation de l'un de ses plus beaux univers, avec des intrigues de palais somme toute assez classiques, mais vraiment plaisantes à suivre.

J'attends la suite avant de me prononcer plus longuement, mais pour l'heure c'est du tout bon.

Nom série  S.O.S. Lusitania  posté le 26/03/2014 (dernière MAJ le 09/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Trois ans après le Titanic, il y eut le Lusitania, fleuron de l'industrie de croisière britannique... Nous sommes en 1915, et les Allemands ont clairement indiqué qu'ils considèreraient tout navire britannique ou faisant partie de ses alliés comme un ennemi. Le Lusitania, géant de fer, s'apprête à partir de New York pour joindre les côtes anglaises, avec plus de 2 000 personnes à son bord, parmi lesquels des industriels et... des espions...

On se rend rapidement compte, en lisant le premier tome, que la composition de l'équipage et des passagers, mais aussi sa cargaison, sont beaucoup plus complexes qu'on aurait pu le croire. Bien sûr, tout n'est pas vrai, il y a certainement des ajouts, comme cet apprenti matelot gallois et la jeune chinoise qui essaie de cacher son sexe, et peut-être aussi parmi les espions... Ce qui est glaçant, quelque part, c'est le caractère d'inéluctabilité du destin du navire. Tous les personnages de l'histoire, ou presque, sont ainsi convaincus que celui-ci va sombrer corps et biens en plein Atlantique nord... Cette inéluctabilité se vérifie dans le second tome, et les conséquences et les suites du naufrage sont aussi nombreuses que surprenantes... Un véritable exercice d'Histoire, mais aussi de prospective au passé, qui emmène le récit sur des chemins inattendus... le troisième tome, qui clôt l'histoire et a été réalisé par Jack Manini, sert essentiellement à fermer les histoires des différents personnages. Pas forcément utile, sauf en ce qui concerne le sort du responsable du naufrage du Lusitania.

Les deux co-scénaristes font avancer leur machine à pleine vapeur, rien ne semble laissé au hasard, et on se demande bien ce qu'il va se passer dans l'intervalle, mais aussi qui va survivre... C'est intéressant car dans cette petite ville flottante l'atmosphère de guerre en Europe est aussi sur toutes les lèvres.

C'est Jack Manini qui officie aux crayons, et son boulot est ma foi assez intéressant et plaisant, on sent un effort particulier sur les visages mais aussi sur le bateau, majestueux et presque inquiétant.

Nom série  Dérangés  posté le 08/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Etrange bouquin...

Il semble nous parler de l'influence de l'art sur les personnes, au travers de l'histoire de trois personnages très différents, mais dont le destin est lié à l'art, et au musée où ils se croisent.

Dérangés parle donc de l'esprit quelque peu chahuté de ces trois personnages, jusqu'à basculer dans la folie, mais aussi, pour l'un d'entre eux, d'objets de son quotidien qui semblent prendre vie pendant son absence et sont donc dérangés à chaque fois qu'il rentre chez lui en revenant du travail.

Ce genre de récit n'est pas trop ma tasse de thé. je me sens oppressé, mal à l'aise par ce kaléidoscope de sensations, de textures, de formes, de situations, qui m'échappent. C'est cet état de sidération qui caractérise aussi ces personnage, mais lorsqu'un récit me perd, je ne trouve pas de quoi me raccrocher aux branches, et je glisse dans des abymes d'incompréhension...

Il y a peu de dialogues dans cet album pourtant très dense dans son propos, mais cela ne suffit pas à mes yeux, malgré la recherche esthétique de l'auteure qui évoque immanquablement l'onirisme.

Je suis passé à côté.

Nom série  Don Quichotte (Rob Davis)  posté le 22/03/2015 (dernière MAJ le 08/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Rob Davis s’attaque à son tour à ce monument de la littérature mondiale qu’est le roman de Cervantes. Le résultat est plus que satisfaisant, puisque je l’avoue, je n’ai pas vu passer les 160 pages de ce premier tome, ni les 130 du second.

J’en avais lu une version abrégée, ou plutôt une autre version il y a pas mal d’années, et mon impression est que Davis en propose une vision assez fidèle, laissant toute la place nécessaire au récit principal, mais aussi aux histoires enchâssées, qui en font aussi le sel du récit picaresque. La deuxième partie, qui reprend l'intrigue du deuxième Livre de Cervantès, est tout aussi prenant, avec les personnages du Duc et de la Duchesse qui ajoutent un sel inattendu avec leur goût de la manipulation. Tandis que Don Quichotte s'interroge sur le personnage qu'il est devenu... J'ai beaucoup ri.

Le dessin de Rob Davis est un peu inclassable, oscillant entre de la caricature au pointillisme à la Duhamel, s’autorisant même quelques digressions graphiques lorsque le récit prend lui aussi des détours. Une belle prouesse, qui est à saluer.

Un must.

Nom série  Un homme de joie  posté le 07/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
je ne serai peut-être pas aussi flatteur que mes illustres devanciers, mais c'est vrai que ce premier album est plutôt enthousiasmant.

En premier lieu de par son graphisme. je n'en suis pas spécialement fan, mais il y dans la façon dont David François traite ses silhouettes quelque chose d'assez fascinant, de troublant. Ce côté coulant, fluide, est troublant. Et à côté de cela, une grande maîtrise de l'encrage sur les visages très expressifs des personnages, qui donne un plaisir tout particulier à la lecture. Mais cette ambiance étrange est renforcée par la dernière séquence, dont je ne dirai pas grand-chose, si ce n'est que j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour comprendre<:I< que je voyais bien ce que je voyais sur la dernière case.

bravo donc aux deux auteurs pour ce nouveau premier tome intrigant et prometteur. Je suis impatient de lire la suite.

Nom série  Matsumoto  posté le 07/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour la France, il y eut les attentats de 1995 dans le RER, puis en 2015, Charlie hebdo, le bataclan, le Stade de France, les terrasses. Pour les Etats-Unis, il y eut le 11 septembre. Pour le Japon, l'entrée dans le XXIème siècle et le terrorisme de masse eut lieu en 1995, avec l'attentat au gaz sarin dans le métro tokyoïte...

Excellente lecture, et presque inattendue, tant ces évènements semblent éloignés en Occident.

Après Terra Australis, le duo Bollée/Nicloux reprend du service pour nous raconter l'histoire de l'attentat ayant touché la ville de Matsumoto, dans la préfecture de Nagano. C'est cette ville qu'a choisi un certain... Matsumoto, alias Shoko Asahara, industriel richissime mais surtout gourou de la secte Aum Shinrkyo, pour faire une répétition de son projet dément : empoisonner la population par le biais d'un gaz déjà expérimenté par les Nazis durant la seconde guerre mondiale.

cela commence de manière presque banale, par l'arrivée en plein bush australien d'un étrange personnage, un Japonais mutique qu'un taxi dépose devant un entrepôt mystérieux. On poursuit par la "formation" d'un adepte de la secte, à qui on propose de rencontrer le gourou. Malgré ses doutes, il va se faire laver le cerveau et rentrer dans le moule pour préparer une étrange opération dans la campagne japonaise. Et même si tout ne se passe pas comme prévu, le résultat de l'opération va conforter Asahara et ses adeptes dans leur démence. parallèlement nous suivons plusieurs personnages habitant Matsumoto, des gens au quotidien banal ou particulier, qui vont voir leur vie bouleversée par cet évènement particulier. On se doute qu'ils vont être impactés par l'attentat en préparation, mais si l'on ne s'intéresse pas de près à cette histoire, on ne s'en doute absolument pas...

Bollée tisse sa toile de façon très habile, la montée en puissance est remarquable, avec déjà des scènes forts dans la première partie lors de l'embrigadement du jeune adepte. Et on comprend ainsi l'enchaînement qui a amené à cette folie dans le métro en 1995, faisant 12 morts et 5 500 blessés... Une folie qui aurait pu être évitée si la police locale avait regardé au-delà du bout de son nez, si elle avait tenu compte de l'alerte donnée par un de ses agents concernant la secte Aum...

Je ne suis pas spécialement fan du trait de Nicloux, que je trouve un peu déformé, trop changeant dans son style semi-réaliste. cependant sa mise en scène le plus souvent froide, et une mise en couleurs aux tons maladifs contribuent à installer une atmosphère de malaise totalement crédible.

A lire, absolument. Encore une excellent titre chez 1000 feuilles, LA collection de cette année 2015.

Nom série  Héros sur canapé (Psychanalyse des héros...)  posté le 04/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai lu ces gags, sous la forme de leur réédition chez Vraoum, maison d'édition soeur de Warum, et en recueil relié reprenant les dix premiers fascicules originaux, le deuxième tome comportant des inédits.

C'est donc Wandrille qui fait joujou avec des héros, toutes sortes de héros, qu'ils soient issus de la Bd, de la télévision, de l'Histoire, de la mythologie... Et qui confie ses délires sur le plan graphique à différents auteurs francophones, aux styles bien différents. Alors forcément, comme dans toutes les séries humoristiques ou presque, il y a boire et à manger. On peut ne pas être réceptif au style de Wandrille, un brin bavard dans ses préfaces et postfaces, mais plutôt efficaces dans ses gags. On sent qu'il a acquis un certain savoir-faire dans la gestion de ceux-ci, même si pour ma part je ne suis pas forcément sensible à certaines références. mais dans l'ensemble, c'est quand même assez marrant, on reconnaît la quasi-totalité des personnages sans grande difficulté.

Difficile de donner un avis sur le dessin, le premier tome comptant une dizaine d'auteurs différents, et le second... une cinquantaine. On aura tout de même le plaisir de retrouver des gens comme Pochep, Gilles Rochier, Fabcaro, Jean-Luc Cornette, Fred Salsedo, Boris Mirroir, James, Cyrielle...

Nom série  Napalm Fever  posté le 04/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Allan Barte s'est servi de ses origines vietnamiennes (enfin, sa moitié vietnamienne, pour la moitié bretonne, je pense que ce sera dans un autre album) pour se projeter, au travers du personnage d'André, dans le conflit qui a ensanglanté le Vietnam dans les années 1960 et 70.

Nous suivons donc ce voyage au bout de l'enfer d'André, photographe né sur place mais totalement intégré à la culture européenne, qui tente de donner un sens à son engagement pacifique et communiste en allant exercer son métier de photographe du côté du viêt-cong. Mais bien sûr ce voyage va le bouleverser, et même radicalement le transformer.

Au-delà de la lecture, plutôt agréable dans l'ensemble, j'ai eu un peu de mal avec ces raccourcis narratifs, ces virages à 180°. Un procédé qui, s'il passe bien dans Allan Barte contre les zombies, est un peu plus problématique dans ce récit qui ne comporte pas trop de second degré.

Pour le dessin, c'est du Barte, donc dans un registre naïf et animalier, mais qui n'a pas besoin d'aller plus loin pour soutenir efficacement le récit.

Sympathique, mais un poil léger.

Nom série  Joker (Benjamin Adam)  posté le 04/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais découvert l'auteur grâce à Lartigues et Prévert, qui m'avait intrigué, surtout par sa forme, une construction complexe et habile autour d'une fuite.

Cet album n'est pas sans présenter quelques similitudes avec le précédent, puisque nous avons encore le récit d'une fuite après non pas un, mais trois assassinats, enfin quatre dont trois. Et ce ne sont pas deux fugitifs que nous suivons, mais une douzaine, puisqu'il s'agit des épouses de deux des trépassés, et de leurs multiples enfants... il y a en effet à nouveau un jeu intéressant autour de la réaction en chaîne, avec des interludes nombreux proposant des saynètes des notables de la petite ville d'origine de tous les personnages, des coupures de journaux relatant le drame mais aussi ses conséquences économiques entre autres.

Une nouvelle fois Benjamin Adam se montre inventif et habile dans sa capacité à gérer une intrigue plus complexe qu'elle n'en a l'air. Son dessin, très précis et à mi-chemin entre le réalisme et la caricature, fonctionne bien sur ce récit.

Sympathique et stimulant.

Nom série  La Favorite  posté le 29/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis va rejoindre ce concert de louanges.

Ce nouvel album de Mathias Lehmann est vraiment un bel objet. Non pas parce qu'il est beau visuellement parlant, mais bel et bien par sa qualité d'écriture. Car en effet la maltraitance des enfants est un sujet casse-gueule, et il n'est vraiment pas évident d'en parler sans tomber dans le pathos, la complaisance ou même le malsain. Lehmann réussit à éviter tous ces écueils, et à nous livrer un album à la fois profond et presque passionnant, qui montre une montée en puissance loin d'être négligeable, avec une première révélation -que personnellement je n'ai pas senti venir- puis une suite d'explications qui permettent de "comprendre" l'histoire de cette petite Constance.


Son dessin, réalisé à la carte à gratter se montre d'une sobriété remarquable, presque en retrait par rapport au sujet.

Vraiment un très bon album.

Nom série  Robin des Bois (Robin)  posté le 29/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
cette série était passée presque inaperçue lors de sa sortie chez 12bis il y a déjà quelques années. Mais le rachat du catalogue par Glénat et la ressortie en intégrale permettant une nouvelle visibilité à ce Robin des Bois.

Pierre Boisserie s'est attachée à remettre dans le bon sens les bribes de légende, et à combler certains trous avec son talent d'auteur. Si l'on est bien sûr dans de la fiction à 99%, cette nouvelle sauce permet de mieux comprendre les antagonismes et les jeux de pouvoir entre les personnages, qu'ils soient -presque- anonymes ou promis à un avenir royal. Tous les acteurs sont donc là, et même leurs entourages, oubliés par la légende mais dont l'action permet de bien ceinturer l'histoire.

Côté dessin je trouve le boulot d'Héloret de bonne qualité, dans une veine semi-réaliste propre et sans bavure. Je suis un peu plus réservé sur les visages, de Robin et Marianne en particulier, que je trouve un peu... difformes.

Bref, un triptyque de qualité, plaisant à suivre et bien écrit. Un petit bémol aux Editions Glénat, qui auraient pu profiter de cette réédition pour corriger les petites pétouilles orthographiques et grammaticales qui persistaient dans le troisième tome en particulier.

Nom série  Walking Dead  posté le 05/09/2011 (dernière MAJ le 28/11/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce qui me plaît, sur Walking Dead, c'est l'ambiance. Une ambiance paranoïaque, de fin du monde (et pour cause), qui prend le lecteur aux tripes.

Le sous-genre du survival horror est aussi l'un de mes préférés ; voir comment un petit groupe arrive à s'organiser, dans une situation exceptionnelle et mortelle, avec peu de chances d'obtenir de l'aide de l'extérieur, voilà un schéma qui n'a de cesse de m'intéresser. Robert Kirkman n'est peut-être pas le plus retors des scénaristes, mais il en fait vraiment baver à ses personnages. J'ai trouvé les tomes 6 à 8 vraiment très forts de ce point de vue. Et j'ai l'impression que cela ne va pas aller en s'améliorant pour Rick et ses compagnons d'infortune. Des compagnons qui d'ailleurs évoluent et se découvrent véritablement au fil de cette histoire. C'est à ça que l'on reconnaît un survival horror de qualité : à l'écriture des personnages.

Au tome 22 le récit contient une vraie rupture, un basculement en termes de personnages, une impression renforcée par la suite. Mais ces "nouveaux" héros feront-ils les mêmes erreurs que leurs devanciers ? Les tomes 23 et 24 viennent installer de nouveaux positionnements des uns et des autres. La paix semble revenue, mais pour combien de temps ? La fin du tome 24 semble justement marquer la fin de cette période...

Le dessinateur de la série n'est plus le même depuis le tome 2, mais je n'ai pas vu beaucoup de différences. Peut-être Tony Moore est-il plus précis dans les traits de ses personnages, plus efficace dans les scènes d'action que Charles Adlard ? En tous les cas, j'aime beaucoup, même si je trouve parfois les scènes un peu statiques... Au 23 Gaudiano vient épauler Adlard, sans évolution visible, à part peut-être un encrage plus net, plus précis.

Une très bonne série, qui marque déjà l'histoire du genre.

Nom série  Wonderland  posté le 27/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Difficile de passer après Blue Boy sur ce titre, tant il a su en tirer la substantifique moëlle et rendre compte fidèlement de son impression de lecture. Mais on va quand même essayer.

En effet Tom Tirabosco se livre longuement sur son enfance dans cet album, qui met en lumière toute la complexité d'une famille helvète dans les années 1970. Une famille avec trois enfants, tous différents et un avec en particulier un handicap lourd qui l'a obligé à se battre pour trouver une place et surmonter cette différence. C'est touchant mais Tirabosco ne joue pas sur la fibre empathique à l'envi, préférant se montrer réaliste et bienveillant par rapport à ces années pas toujours faciles. Des années qui l'ont aussi amené à développer sa fibre artistique, son imagination, la combativité de son frère l'inspirant un peu. de prime abord la couple formé par ses parents paraît déséquilibré, presque caricatural, mais petit à petit, par petites touches, l'auteur réussit à nuancer tout cela.

C'est très subtil, plutôt bien raconté, et le trait sensible de l'auteur permet au lecteur d'entrer sans honte dans ce récit intime.

Vraiment bien.

Nom série  Darker than Black  posté le 17/03/2015 (dernière MAJ le 20/11/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, je ne suis pas très enthousiaste devant cette nouvelle série, qui nous raconte une nouvelle histoire de mutants et de personnages troubles dans une Tokyo un peu post-apocalyptique.

Cependant, et malgré le fait que l'on soit dans un univers balisé car déjà développé dans un animé à succès, le scénariste a su proposer une intrigue qui se suffit à elle-même, avec des personnages qui se dévoilent peu à peu, tout en gardant une part de mystère. Dans le tome 2 l'intrigue s'épaissit. J'ai eu peur au début de perdre le fil, mais cela s'est rétabli en cours de route. Avec le tome 4 vient la conclusion de l'intrigue, une conclusion qui me semble refermer à peu près tous questionnements qui ont pu surgir au fil de l'intrigue, même si une suite est envisageable. Les personnages sont nombreux et plutôt intéressants.

Le dessin de Yuji Iwahara, que j'aime bien sur Dimension W, est une nouvelle fois à la hauteur, entre dynamisme de son découpage et efficacité de ses personnages.

Je suis curieux de lire la suite et fin, puisque 4 tomes suffiront pour boucler la série.

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