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Nom série  Minimum Wage  posté le 28/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tiens, voilà mon coup de coeur inattendu du moment !

Précédé d'une réputation flatteuse et jouissant d'une préface dithyrambique de Robert Kirkman, créateur de Walking Dead, ce récit complet m'a très vite accroché.

Il raconte la vie de Rob, obscur dessinateur pornographe, qui essaie de construire sa vie avec Sylvia, standardiste et coiffeuse. Ça n'a l'air de rien, mais leurs vies m'ont vraiment plu, entre Rob qui se détache peu à peu de sa vie de potache avec ses copains et Sylvia dont le corps splendide affole de nombreux coeurs... Beaucoup de situations m'ont semblé terriblement authentiques, à tel point que je me suis demandé s'il n'y avait pas des morceaux d'autobiographie dans le récit. C'est fort probable, mais au final cela n'a aucune importance. Ce qui compte c'est la qualité de l'écriture, indéniable, qui explose lors d'un épisode se déroulant au cours d'une convention de comics (l'équivalent de nos festivals ou de la Japan Expo), avec des personnages pittoresques au possible... On rapproche Fingerman de Joe Matt ou Chester Brown, et il y a du vrai tant la peinture sociale est saisissante, sans verser dans le pathos.

Graphiquement j'aime bien ce que fait Fingerman, ce trait rond (et parfois très rond lorsque des courbes s'imposent) avec un encrage assez épais ; on sent une petite influence de Robert Crumb, par ailleurs.

Bref, un très bon moment de lecture, que je vous recommande.

Nom série  Gladiatorus  posté le 27/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Curieux de voir ce que pouvait donner une série d'humour sur les gladiateurs, j'ai essayé cette "nouvelle" série chez Bamboo.

Le résultat, s'il n'est pas folichon, n'en est pas moins sympathique. On a évidemment quelques personnages récurrents, comme ce gladiateur maigrichon qui se fait régulièrement aplatir, ou le l'anis ta, sorte d'entraîneur, qui fait n'importe quoi, tandis que César assiste éberlué à des combats sans queue ni tête. Certains gags sont surprenants, mais au bout de deux tomes cela commence à tourner en rond dans l'arène mise en œuvre par Cazenove et Amouriq.

Un petit mot du dessin, tiens, c'est assez typique du gros nez franco-belge, même si parfois le look de certains personnages sort du lot.

Nom série  S.O.S. Lusitania  posté le 26/03/2014 (dernière MAJ le 26/04/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Trois ans après le Titanic, il y eut le Lusitania, fleuron de l'industrie de croisière britannique... Nous sommes en 1915, et les Allemands ont clairement indiqué qu'ils considèreraient tout navire britannique ou faisant partie de ses alliés comme un ennemi. Le Lusitania, géant de fer, s'apprête à partir de New York pour joindre les côtes anglaises, avec plus de 2 000 personnes à son bord, parmi lesquels des industriels et... des espions...

On se rend rapidement compte, en lisant le premier tome, que la composition de l'équipage et des passagers, mais aussi sa cargaison, sont beaucoup plus complexes qu'on aurait pu le croire. Bien sûr, tout n'est pas vrai, il y a certainement des ajouts, comme cet apprenti matelot gallois et la jeune chinoise qui essaie de cacher son sexe, et peut-être aussi parmi les espions... Ce qui est glaçant, quelque part, c'est le caractère d'inéluctabilité du destin du navire. Tous les personnages de l'histoire, ou presque, sont ainsi convaincus que celui-ci va sombrer corps et biens en plein Atlantique nord... Cette inéluctabilité se vérifie dans le second tome, et les conséquences et les suites du naufrage sont aussi nombreuses que surprenantes... Un véritable exercice d'Histoire, mais aussi de prospective au passé, qui emmène le récit sur des chemins inattendus... Je me demande bien ce qui va composer le troisième et dernier tome, prévu pour mai 2015...

Les deux co-scénaristes font avancer leur machine à pleine vapeur, rien ne semble laissé au hasard, et on se demande bien ce qu'il va se passer dans l'intervalle, mais aussi qui va survivre... C'est intéressant car dans cette petite ville flottante l'atmosphère de guerre en Europe est aussi sur toutes les lèvres.

C'est Jack Manini qui officie aux crayons, et son boulot est ma foi assez intéressant et plaisant, on sent un effort particulier sur les visages mais aussi sur le bateau, majestueux et presque inquiétant.

Nom série  Passe-passe  posté le 26/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après La Belle et la Bête (Pouss' de Bamboo), Dawid redevient très présent en tant que dessinateur après avoir beaucoup bossé comme coloriste.

Il travaille donc ici sur une sorte de conte destiné à la jeunesse, dont le thème central est la disparition d'une grand-mère, au travers de sa relation avec sa petite-fille. Je n'avais pas trop fait attention au thème jusqu'à ce que la disparition proprement dite commence, et devienne évidente. Une force des images que je salue ici, car ce n'est pas évident de faire passer un tel évènement uniquement au niveau visuel, l'album étant muet.

Mais au-delà des images, il y a l'intertexte. Et c'est là que Delphine Cuveele, la scénariste, prouve tout son savoir-faire, elle qui a aidé Cécil à finir Le Réseau Bombyce. La mise en scène est remarquable, et pertinente.

Je reviens tout de même sur le boulot graphique de Dawid, vraiment très agréable dans un style à rapprocher de celui de Marc Lizano ou Mickaël Roux, réhaussé -par ses soins bien sûr- par des couleurs vives, appuyant l'atmosphère de joie de vivre et d'amour qui transpire de l'album.

Un vrai coup de coeur.

Nom série  Sienna  posté le 08/09/2008 (dernière MAJ le 26/04/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis relativement méfiant quand on me présente "la nouvelle série de [grand nom de la BD]". Je n'ai pas été transporté par les séries de Stephen Desberg. Pourtant il fait partie des auteurs bankables, figurant dans le top 5 du segment adultes franco-belges (infos sur le site Grand angle).

Bref, je n'avais aucune attente particulière à la lecture de cette nouvelle série, et j'ai passé un bon moment. Ca tire (des coups de feu) dans tous les coins, il y a un petit peu d'érotisme, et l'histoire est ma foi bien construite, même si un élément a priori incompréhensible m'a fait tiquer aux deux tiers de l'album. Ce que j'ai apprécié également c'est le fait qu'il y ait deux héroïnes en haut de l'affiche, ce qui est assez rare en BD. J'ai eu la chance de lire une interview des deux frangins co-scénaristes, et visiblement ils ne se sont pas fait de cadeaux lors de l'écriture. Finalement c'est son frère Filmore qui achève le premier diptyque. Un diptyque un peu mi-figue mi-raisin, car il me semble que les scénaristes ne vont pas au fond des choses, privilégiant un peu trop l'action. Je pense qu'en fait un triptyque aurait été une meilleure cadence pour que cette histoire soit réellement complète.

Dans le second diptyque, Filmore est seul au scénario, repartant sur une double intrigue qui met aux affaires les deux soeurs. En effet nous avons d'un côté le procès d'un militaire américain soupçonné de torture en Afghanistan, et de l'autre un leader djihadiste qui poursuit une vengeance aveugle (si j'ose l'écrire, vu qu'il a perdu la vue...) envers certains militaires américains... Les deux affaires sont liées, mais c'est seulement dans le deuxième tome que l'on comprend comment. L'occasion pour les auteurs (qu'a renforcé Hervé Richez) d'évoquer une affaire peu connue, à savoir le pillage des oeuvres d'art en Irak. L'occasion de rajouter une nouvelle dimension à l'histoire. Par contre la partie "financière" de l'histoire m'a laissé plutôt de glace, je n'y ai pas vraiment vu d'intérêt...

Le dessin de Chetville, qui a repris Sam Lawry, est très agréable, presque maîtrisé même si certains bustes m'ont semblé un peu ratés au début. Dans le second diptyque il a franchi un palier, et le dessin me semble impeccable sur 90% des dessins.

Cela donne un thriller d'espionnage relativement vitaminé, plaisant à lire à défaut d'être passionnant. Attention tout de même au délai entre deux tomes : 18 mois, c'est un peu long. J'attends de voir Filmore sur d'autres projets.

Nom série  La Collectionneuse  posté le 25/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette BD propose en effet de suivre un épisode particulier de la vie de Pascal Girard, celle où il fait la connaissance d'une collectionneuse un peu particulière...

Un peu à la manière d'un Fabcaro, mais en moins grinçant, Pascal Girard est un loser, ou plutôt une sorte de bohème qui vit chez des copains après une rupture, et semble ne pas s'inquiéter pour sa vie professionnelle, un peu chaotique. Bon, c'est un peu n'importe quoi par moments, mais on sourit quand même pour ces gentilles mésaventures.

Le style graphique est sans complexe, semi-réaliste et sympathique. Il n'y a pas de cases, simplement des dessins les uns à côté des autres.

Sympathique, donc ; un petit 3,5/5.

Nom série  Antarctica  posté le 21/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, c'est bizarre l'ami pol, pour moi ce qui prédomine dans cet album, le premier d'un triptyque, c'est justement l'aspect documentaire. Car Jean-Claude Bartoll s'est longuement et soigneusement documenté pour retranscrire ce qui deviendra l'une des plus belles pages de l'exploration polaire du début du XXème siècle.

La romance ne permet en fait, et ce n'est que mon avis, d'ajouter un peu de piment à l'histoire, largement connue, mais aussi, quelque part, de proposer une deuxième vision de cette course, de l'extérieur cette fois. Ce premier tome est en outre assez dense en termes d'information, peut-être aurait-il fallu élaguer un peu plus.

Au dessin Bartoll retrouve son complice de Diamants, le Slovène Bernard Köllé, dont le style est une sorte de condensé de la franco-belge des années 1980-90, puisque j'ai cru y voir des parentés avec ceux de Jean-Yves Delitte, François Denayer ou encore Jean Giraud. J'ai eu un peu de mal avec la séquence du début, se déroulant dans le brouillard, mais dès que le récit prend le large, cela passe mieux

Pour ma part j'ai tout de même trouvé cela plutôt intéressant, même si un peu dense. Je suis curieux de lire la suite.

Nom série  Les Mondes de Thorgal - Louve  posté le 31/12/2011 (dernière MAJ le 05/04/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne saurais dire si je suis un fan hardcore de l'univers Thorgal, mais je l'apprécie grandement. A ce titre je suis curieux de tout nouvel avatar qui y a trait.

Et je n'ai pas boudé mon plaisir lors de cette lecture. Sur le plan graphique, Surzhenko se montre très respectueux du Rosinski de la grande époque. Les couleurs de Graza aident aussi beaucoup à la cohérence de l'ensemble, bien qu'elles soient vieillottes sur les loups, où le dessin me semble écrasé. Du joli boulot tout de même. Un détail qui m'a un peu gêné est l'aspect du château d'Azzalepstön, qui m'a semblé tardif par rapport à l'époque. Mais Thorgal étant une série où les paradoxes temporels sont présents c'est peut-être voulu.

Sur le plan du scénario, je comprends les critiques de mes camarades et les rejoins en partie. Oui, c'est un peu niais, mais je rappelle que Louve est une gamine, et qu'à cet âge-là ce genre de comportement est crédible. La séquence de dialogue avec les loups est bavarde et un peu trop élaborée, un mauvais point pour le scénariste. Les péripéties s'enchaînent et on perd un peu de vue la trame principale, avant que la séquence finale rattrape un peu le coup.

Le deuxième tome me semble être un tome de transition, car il ne s'y passe pas grand-chose. De plus les sauts incessants entre les différentes trames ET dans le temps n'aident pas à une bonne compréhension, on s'y perd un peu avant que -bien sûr- les deux trames principales se rejoignent. La fin du premier triptyque est quant à elle assez intéressante, puisqu'elle montre deux évènements importants dans la famille de Thorgal...

Le tome 4 démarre de façon assez molle, avant de s'affoler un peu dans la seconde partie, avec l'apparition de deux nouveaux personnages auprès de Louve, et la résurgence d'une vieille ennemie...

A suivre...

Nom série  Chroniques de la vigne  posté le 04/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, ça se confirme, le vin est le nouvel eldorado pour les éditeurs en perte d'originalité. Et puisqu'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, dans la foulée du succès (mérité) de Châteaux Bordeaux, Glénat propose un one-shot, réalisé par Fred Bernard, dans une optique différente, à rapprocher plutôt du bouquin de Davodeau, Les Ignorants.

Fred Bernard est né dans une famille de vignerons, et même s'il a embrassé une carrière d'auteur BD, le vin tient une place à part dans son coeur, une place étroitement associée à son grand-père, qui à 80 ans passé a toujours la patate pour parler de l'or rouge (ou blanc). L'album est donc, pour l'essentiel, la retranscription de discussions entre les deux hommes, avec sans doute de l'enrobage pour rendre ça plus dynamique et plus drôle parfois. Si au début, je l'avoue, ce fut plutôt sympathique, ma patience a atteint ses limites à la moitié du bouquin. Car c'est très verbeux, il y a parfois beaucoup plus de textes que de dessins, et on se perd un peu.

Et puis il faut bien le dire, je trouve le dessin de Bernard trop léger. Alors certes, parler d'un nectar capiteux est toujours difficile en BD, mais contrebalancer ça par un dessin qui ressemble à celui de Sfar, dans véritable maturité, ça m'a déçu. Enfin disons que lorsque j'en avais marre de lire les souvenirs de cave du papi, je n'avais pas de beaux dessins pour m'occuper l'esprit et les yeux...

Et puis au final, moi qui ne connais rien au sujet, je n'ai pas eu l'impression d'apprendre grand-chose sur la culture de la vigne...

Nom série  Le Petit Garçon qui criait au loup  posté le 04/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette histoire est l'un des contes que je préfère. Peut-être pour la morale qu'il contient.

Pourtant il a été peu adapté en BD ; personnellement je ne connais que le fort sympathique Le Cochon qui crie au loup. Cette version est plus "réaliste", dans la mesure où elle reprend le personnage principal, un jeune berger qui pour tromper son ennui, n'a de cesse d'alerter le village voisin sur l'intrusion d'un loup, provoquant ainsi, à force, un dédain chez ses concitoyens.

C'est Domas, le responsable de la collection, qui met en dessin les textes d'Hélène Beney, apportant toujours son trait rond et très fin à ce conte classique. Lequel est extrêmement simple, ce qui permet une lecture, même sans l'aide d'adultes, fort aisée pour les plus jeunes. Le côté comique des situations répétitives est bien là, mais j'ai trouvé le dessinateur un peu moins à l'aise que sur Jack et le Haricot Magique, par exemple.

Fort sympathique cependant.

Nom série  La Belle et la Bête (Pouss' de Bamboo)  posté le 04/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc une nouvelle adaptation de ce conte classique, cette fois-ci à destination des plus jeunes. Comme d'habitude Helène Beney s'est chargée de transférer le conte en texte, et c'est Dawid, plutôt connu pour son boulot de coloriste, qui s'est attelé à la tâche graphique.

Il a un style moins enfantin qu'on aurait pu le penser, et qui s'éloigne un peu des canons habituels de cette collection, d'ordinaire plus ronds. mais qu'à cela ne tienne, c'est très agréable à l'oeil, grâce aussi à une colorisation plutôt vive et une mise en scène assez inventive.

Je trouve que le récit, par contre, n'est pas trop clair. Les dialogues sont représentés par des petits dessins dans les bulles, mais ne sont pas forcément explicatifs. une bonne connaissance du conte classique est une aide pour pallier ce petit défaut. Pour le reste, c'est plutôt agréble, et comme à l'accoutumée le texte intégral est présent en fin de tome.

Nom série  Snapshot  posté le 03/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le pitch de ce comic semblait alléchant, c'est pourquoi je l'ai lu...

Et finalement le cheminement est assez classique ; le pauvre loser qui entrave que dalle à ce qui lui arrive va se retrouver allié à la fille du gars qui se fait manipuler, avec des tueurs sanguinaires aux trousses... Bon, il y a quand même quelques passages un peu crades et un peu dérangeants, mais seulement un peu.

Jock, vieux complice d'Andy Diggle (tous les deux britanniques), propose une noir et blanc qui oscille entre puissance et mollesse au fil des pages. Et puis le jour où ses personnages auront la même tête d'une case sur l'autre, je pense que les poules auront des dents. C'est étrange, car il ne semble pas y avoir de logique dans cette dichotomie qualitative. C'en est même déroutant.

Pas désagréable, mais loin d'être inoubliable.

Nom série  Abraham Stone  posté le 02/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Abraham Stone, ou la série-charnière dans la carrière de Joe Kubert...

D'abord connu surtout pour ses oeuvres fortement testostéronées (mais non moins de qualité) ou il met en scène des soldats ou des super-héros, il prend, au début des années 1990 (après presque 50 ans de carrière, et alors qu'il lui en reste encore une vingtaine), un virage décisif, abordant des thèmes plus adultes, plus complexes.

Il y eut Fax de Sarajevo, Yossel, mais aussi, avant ces titres incontournables, cet Abraham Stone, qui lui permet de plonger dans les Etats-Unis des années 1910, dans le sillage d'un jeune homme marqué par la cruauté du destin, et décidé à faire quelque chose de sa vie au sein d'une société en pleine mutation : les avions, les automobiles, le cinéma... Il va connaître le labeur de petite frappe, de recouvreur de créances, avant d'essayer de voler de ses propres ailes après avoir assouvi sa vengeance. Cela promettait beaucoup, d'autant plus que Kubert abordait, en filigrane, de nombreux thèmes de société : les mafias, la pédophilie, la prostitution. Heureusement ce premier tome peut se lire comme un one shot.

Auteur complet, Joe Kubert a eu jusqu'à la fin de sa vie un trait élégant et typé. A la lecture de ses albums, on se rend compte qu'il a influencé ou été influencé par des gens comme Will Eisner, Jean Giraud (mais oui, j'ose !) ou encore Carlos Gimenez (Dani Futuro). On retrouve tout ça dans son style, et sa carrière est tellement longue aux côtés de ces grands noms qu'il est bien difficile de démêler l'écheveau des influences. Mais dans cet album il fait preuve d'une grande souplesse dans le trait, avec des personnages très expressifs, le tout mis en scène de façon tour à tour classique, tour à tour audacieuse, avec des cases prenant toute la hauteur de la planche ou avec un sens de lecture parfois très inhabituel. Bref, un découpage au service du récit.

Hélas, Glénat n'a pas jugé bon, pour des raisons que je ne connais pas, de poursuivre la traduction et la publication de la suite (il y avait apparemment deux autres aventures de 48 pages, la série ayant été réalisée à l'époque pour un éditeur européen, Strip Art Features). Espérons qu'un jour on pourra lire la suite en français...

Nom série  Black Lord  posté le 02/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, la piraterie moderne au large de la Somalie...

Un thème encore peu traité en BD jusqu'à présent. Et ce sont les frères Dorison, l'un très connu et l'autre un peu moins mais qui commence à prendre de la bouteille (voir les BD signées Izu) qui prennent d'assaut le sujet, en plaçant leur histoire dans une contemporanéité très efficace, même si aucun ancrage temporel n'est donné.

On a un peu de mal à s'y retrouver dans les différents pirates au début, leurs relations sont un peu troubles. Mais comme dans tout système mafieux, les codes sont faits pour être sabordés, et la fin du premier tome est déjà dans une situation de crise... Il va y avoir du tangage au prochain tome, je le sens...

c'est l'ultra rapide Jean-Michel Ponzio (oui, il a sorti un album chez Ankama il y a moins de trois mois) qui est chargé d'illustrer cette histoire très nerveuse, et comme dans Expérience mort, on peut constater que son style a bien évolué, s'éloignant un peu du photo-réalisme pour aller vers quelque chose de moins artificiel, et plus lisible.

Curieux de lire la suite.

Nom série  Zoo  posté le 02/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Quelle splendeur !

S'il n'y avait pas de scénario, pas de dialogues, je pense que j'achèterais tout de même cette série, car Frank Pé y met tout ce qui lui fait plaisir : le dessin animalier, la sensualité, la sculpture... Les ambiances sont incroyablement belles... C'est tout bonnement magnifique, je n'ai pas pu m'empêcher de baver devant presque toutes les cases...

Mais pour soutenir ce dessin, il y a un scénario, tout de même, et là encore je pense que Bonifay est à son sommet ; il livre un mélange incroyable de naturalisme, d'Histoire (par le petit bout de la lorgnette, si j'ose dire), mais aussi un récit à hauteur d'hommes, avec ses personnages comportant des fêlures, dont les moments forts son soulignés, souvent, par es scènes muettes d'une efficacité redoutable...

Les mots me manquent...

Nom série  La Faute au Midi  posté le 01/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Grande Histoire de France recèle de drôles de petites histoires... Enfin ici il n'y a rien de drôle, puisque c'est l'histoire de quelques soldats dont l'origine géographique est la seule raison pour être montrés du doigt, incarcérés, puis finalement, pour deux d'entre eux, condamnés à l'exécution...

Il s'agit d'une histoire implacable, insoutenable même, tant l'injustice y est présente. Car les soldats ainsi cloués au pilori n'ont vraiment rien fait de mal, ils n'ont même pas fait acte de lâcheté... Seule leur origine et des "preuves" hâtivement récoltées en font des coupables idéaux, des exemples pour galvaniser les troupes... ou au contraire leur vriller encore plus la peur dans le ventre...

Le récit est impeccablement mené, du départ d'Auguste Odde de Marseille aux séquelles de l'incurie militaire sur sa famille...

A. Dan apporte son trait réaliste à cette histoire dramatique. s'il assure au niveau de la mise en scène et des ambiances, je trouve qu'il est un peu léger au niveau des visages...

Pour le reste, c'est vraiment très intéressant.

Nom série  Le Sixième Soleil  posté le 12/12/2011 (dernière MAJ le 01/04/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec cette série, Nicolas Otéro déploie et enrichit son répertoire graphique, en s'orientant vers les ruines précolombiennes ou encore les grandes espaces de la frontière américano-mexicaine.

Nous sommes dans une époque charnière, lorsque les Etats-Unis s'apprêtent à entrer dans le premier conflit (qui deviendra alors mondial) ; les Allemands cherchent un allié, qui pourrait donc être le Mexique, dont les relations avec leur puissant voisin du nord ne sont pas encore stabilisées. Laurent Moënard montre donc la politique, ou plutôt la géopolitique, et le fragile jeu des alliances aux moments cruciaux. Si le propos est clair, l'expression ne l'est pas toujours, le récit s'engluant parfois dans de grandes discussions un peu redondantes. A ce titre le tome 2 est même carrément verbeux sur ses deux premiers tiers, avant de finir sur pas mal d'action.

Le tome 3 change radicalement de lieu et d'époque ; nous sommes en 1927, à New York, et Kreuz devient une sort d'agent secret pour le FBI.ce n'est pas inintéressant en soi, d'autant plus que cela permet de boucler certaines choses ouvertes lors des deux premiers tomes, mais pas toutes : quid du fils de Kreuz et Marina ? La série est-elle vraiment terminée au bout de ces trois tomes ? Il semble que la porte soit toujours ouverte en lisant la dernière planche...

Le dessin d'Otéro est toujours aussi expressif, et c'est un plaisir de le retrouver là, même s'il semble avoir du mal avec le dessin des chevaux. Les couleurs de Svart le complètent bien, c'est indéniablement du bon boulot.

Nom série  Le Cercle  posté le 30/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'attendais d'avoir lu l'ensemble du triptyque avant de donner mon avis sur cette série...

Les autres BDs écrites par Andoryss m'avaient fait forte impression, et ce "Cercle" m'a aussi beaucoup plu. Nous voilà dans une drôle d'histoire, avec des personnages ayant des pouvoirs hors du commun, lesquels les emmènent dans un autre monde, et même entre les deux... Ici au final il s'agit de vengeances au sein d'une famille, et de personnes au coeur pur, comme Pia, qui vont se retrouver en pleine tourmente. Les enjeux sont clairement posés, mais le cheminement de l'histoire m'a semblé un peu brouillon par moments, même si on comprenait globalement ce qu'il se passait. Pa conter l'écriture est très inspiré, lyrique, sans toutefois verser dans la dérive ; Andoryss a du talent, c'est sûr.

Et son dessinateur, Nesskain, n'est pas en reste. Son style combinant de nombreuses influences est très clair, très lisible, presque mature, incroyable pour un débutant ! Ok, il a eu 240 pages pour se roder, mais dès les premières, on sent un trait globalement maîtrisé. Et les couleurs, bien qu'un peu froides par moments, sont elles aussi réussies.

Je suis moins admiratif que pour Soufflevent, mais voilà un triptyque loin d'être désagréable.

Nom série  Le Siècle des Ombres  posté le 09/06/2009 (dernière MAJ le 30/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je m’attendais à une bonne BD avec cette nouvelle série du duo du Clan des chimères, mais j’ai été surpris.

Surpris tout d’abord par les qualités graphiques de l’album. On a pu le voir tout au long de la série précédente, Michel Suro n’a cessé de progresser. Avec cette nouvelle époque (mais dans le même univers), il a encore fait un petit bond, et il a visiblement pris du plaisir à illustrer cette histoire. Le premier témoignage, évident, est la couverture, en rupture avec la construction précédente série, toutes construites selon un schéma presque immuable : un personnage au premier plan, et derrière lui des créatures ailées. Ici la couverture est de facture plus classique, assez proche de ce que pourrait la couverture d’une bande dessinée sur la piraterie, par exemple. Elle est proprement superbe, et nous indique d’emblée certains cadres où se situera l’histoire : ambiance maritime, donc peut-être voyage, exotisme… Ca donne envie. Le dessin de Suro est accompagné d’un traitement des couleurs très réussi, avec une gamme chromatique très large. Luca Malisan, par ailleurs dessinateur de La Croisade des enfants (Edition Soleil), a su magnifiquement s’adapter au style de facture classique de Michel Suro. Il a su créer des ambiances très diversifiées, même si parfois ses Européens du XVIIIème siècle ont un teint un peu bronzé. Par ailleurs Suro, qui a fait évoluer physiquement Abeau et Cylinia de façon assez crédible (même si Abeau me semble un peu moins réussi), nous propose un Weltman très proche physiquement de celui de Guérineau dans la série-mère.

Le Siècle des Ombres prend pied au XVIIIème siècle, celui des… Lumières. Le contre-pied pris par Corbeyran dans le choix du titre de la série est clair : alors que de nombreuses connaissances et découvertes se font jour un peu partout en Europe, il y a pourtant des choses qui restent obscures, des créatures qui œuvrent à l’abri des regards. Et une fois de plus, les Stryges n’y sont pas étrangères… Cette nouvelle série, la cinquième de l’univers, met en vedette non seulement Abeau et Cylinia, mais aussi Sandor Weltman. Trois êtres qui, si vous suivez la trame de l’univers des stryges, ont des pouvoirs très particuliers. Trois êtres très particuliers dont la première apparition avait laissé de fausses impressions sur leurs motivations exactes. Mais avec la fin du Clan des chimères et celle du second cycle du Chant des Stryges, les enjeux et les positionnements ont changé. Weltman est-il un dangereux manipulateur ? Pas sûr. Abeau et Cylinia œuvrent-ils pour le bien du monde ? Les cartes sont brouillées en 1751. Nous nous retrouvons avec deux factions rivales, qui courent cette fois après un météorite qui pourrait être lié aux créatures ailées que l’on nomme stryges… Et qui n’apparaissent pas de façon réelle dans ce premier épisode. Weltman devrait en être le personnage central, et il apparaît déjà avec une forte présence, sous les traits de Paul Henry Thiry, Baron d’Holbach. Si je ne m’abuse, c’est la première fois qu’un personnage historique réel apparaît et joue un rôle prépondérant dans cet univers. En 1751, celui-ci, né Allemand, vient d’obtenir la nationalité française, et s’apprête à participer à l’Encyclopédie, dirigée par Diderot et d’Alembert. C’est un personnage haut en couleurs, ouvertement anticlérical, athée, matérialiste et fataliste. Il dût parfois écrire sous des pseudonymes pour voir ses idées publiées. Il tenait une place centrale dans le microcosme des philosophes et des savants de cette époque bouillonnante. C’est donc un personnage symbolique, sans doute inspirateur de la Révolution (et à mon avis ce fait va être traité par la suite dans la série), qui prend les traits de Weltman, un homme qui se veut libre, libre penseur, qui est avide de connaissances et de bien d’autres choses. Weltman, qui, je l’ai dit, nous présente un visage très différent de ce qu’on savait de lui jusqu’à présent (enfin, sauf dans la fin du second cycle du Chant des Stryges).

La lecture des second et troisième tomes apporte également son lot de satisfaction pour l'amateur lambda de l'univers des stryges. La nature de Cylinia nous est, sinon expliquée, du moins révélée ; les relations des frère et soeur entre eux, mais aussi avec Weltman, franchissent un nouveau palier, permettant de complexifier l'intrigue, d'autant plus que la fin du tome 3 -mystérieusement ponctué par une "fin de l'épisode"- laisse sur une révélation qui, si elle n'est pas forcément surprenante, n'en est pas moins énorme. La lecture du tome 5 me semble un peu plus décevante que les précédents, il ne s'y passe pas grand-chose, hormis une scène de bataille impeccablement exécutée par Michel Suro, comme en témoigne une superbe double page.

C'est une série réellement prenante, aux ambiances réussies et au découpage impeccable.

Nom série  La Terre des vampires  posté le 16/06/2013 (dernière MAJ le 30/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais plus lu une nouvelle série vampirique qui démarrait bien. Ici les augures sont favorables : David Muñoz a prouvé son savoir-faire avec Le Manoir des Murmures, et il s'est adjoint les services graphiques de Manuel Garcia, qui a une certaine expérience dans les comics de super-héros.

Le cadre cependant est classique : une catastrophe qui plonge le monde dans une semi-pénombre, du coup les vampires règnent en maître, et nous suivons un petit groupe de réfugiés avec un protecteur mystérieux. On ne s'ennuie pas une seconde, avec une action très présente et bien dosée, des courtes périodes de calme où le groupe évolue, et des personnages qui gardent encore pas mal de mystères... Dans le second tome on rentre nettement plus dans le passé de Nil, cela permet de comprendre à la fois ses motivations et son comportement. Un passé qui va bien sûr ressurgir et poser de sacrés problèmes au groupe de Nil et d'Elena...

Le trait de Manuel Garcia est de qualité, son boulot sur la mise en scène aussi. L'ensemble règne dans une atmosphère grise et morne, normale par rapport à la lumière à moitié éteinte. Je trouve que les personnages manquent peut-être de régularité dans leurs traits, mais pour le reste c'est du bon travail.

Je suis curieux de lire la suite. Dans un an la fin arrivera.

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