|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Lunes birmanes
posté le
15/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
Je tiens à préciser que c’est la première fois que je poste une œuvre comme celle-ci à la fois époustouflante et remarquable. Mon ambition cachée serait de faire découvrir celle-ci au plus grand nombre de lecteurs. Je suis assez déconcerté du quasi-anonymat qui règne autour de cette série. Elle ne mérite absolument pas d’être oubliée dans un coin car elle se présente d’une qualité indéniable. Il faut lui laisser une chance. C’est pour moi une belle révélation qui prend aux tripes. On ne sortira pas indemne d'une telle lecture.
Tout d’abord, une narration assez dynamique nous permet d’entrer directement dans l’histoire d’un petit garçon élevé par son grand-père dans un village reculé de Birmanie. Le graphisme littéralement très expressif nous engloutit littéralement dans une atmosphère tropicale moite et inquiétante.
La Birmanie est un très beau pays de par ses paysages et de par la diversité de ses habitants en différentes ethnies. Cependant, ce pays n’a pas eu de chance car la dictature militaire se succède au pouvoir depuis 1962. De 1988 à 2011, la Birmanie a été officiellement dirigée par une junte militaire, considérée comme une des pires dictatures de la planète. Cette œuvre de près de 208 pages est une dénonciation des pratiques utilisées par les militaires pour asseoir leur pouvoir. On va avoir une terrible impression d’impuissance face à la fatalité du sort d’un peuple. Superbement déprimant !
On découvre ainsi que le travail forcé est une pratique courante qui va concerner des milliers de Birmans. La liberté de la presse n’existe pas. Les droits de l’homme sont bafoués. Le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant. Les partis d’opposition sont interdits. La population est surveillée et tout opposant au Conseil d’état pour la restauration de la loi et de l’ordre (nom officiel et sans rire de la junte) est emprisonné à vie.
En1990 suite à un fort mouvement contestataire de la population, ils organisent des élections libres, remportées à plus de 80 % par la Ligue nationale pour la Démocratie d' Aung San Suu Kyi, fille d'Aung San et accessoirement prix Nobel de la paix. Les élections sont annulées et Aung San Suu Kyi est assignée à résidence ; elle n'a été libérée que le 13 novembre 2010. Bizarrement, les auteurs ont choisi de ne pas trop en parler mais de se concentrer sur les habitants qui vivent un calvaire. J’ai apprécié ce choix loin de toute fainéantise intellectuelle.
Je ne pourrais pas dire cette fois-ci que j’ai passé un agréable moment de lecture. Les pires ignominies de ce régime seront montrées via le récit des habitants d’un paisible village d’une province assez lointaine de Rangoon. Le récit ne sera pas drôle et il y aura des moments fort éprouvants. J’ai dû arrêter plusieurs fois ma lecture afin de reprendre mon souffle. Cela se présente certes comme un récit fictionnel mais à la fin de l’ouvrage, il y a des photographies commentées et l’on se rend compte que c’est bien le destin réel de certains protagonistes dont les noms ont été légèrement modifiés. Ainsi, on va voir qu’un petit garçon de 10 ans va mourir d’une balle dans les bras de sa mère et qu’on jettera son corps dans la nature tout en emmenant de force la mère au loin. Bref, des moments insupportables et qui témoignent que ce que se passe dans ce pays est intolérable. On ne peut pas être le chantre de valeurs universelles et ne rien faire…
Les mots du grand-père résonnent encore en moi: "La force qui sommeille en toi fera céder toutes les cages. Pense autrement. Pense l'impensable. Pense au souffle qui traverse les barreaux de ta cellule. Observe, imprègne-toi, pénètre l'esprit des hommes les plus vils. Trouve les failles. Creuse-les. Tous les empires s'écroulent un jour s'ils reposent sur des fondations rongées par la vermine. Le soleil rebrillera sur la Birmanie et ce jour-là tu seras un homme libre". C'est plein d'espoir et on pense alors à Nelson Mandela et à son destin.
C’est une œuvre extrême dans la violence et dans l’esthétisme qui s’en dégage. J’en suis ressorti totalement secoué. Peu de lecture ont provoqué chez moi ce genre de sentiment. La haine, la colère, la compassion, l’envie de croire à une cause juste… J’ai ressenti cette bande dessinée comme une tentative de réveil de nos consciences. Bref, une déferlante d’émotion qui m’a emporté avec force et conviction. Une œuvre à découvrir absolument ! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Il y a deux ans, l’auteur nous annonçait sur un forum de ce site la sortie de sa BD par ces mots : « De jeunes Elfes doivent accomplir leur rite d’initiation pour devenir adultes. Cette année, le fils du roi est parmi les jeunes aspirants, mais de vieilles rancœurs et le goût du pouvoir vont réveiller de bas instincts. Le rite va se transformer en une lutte pour survivre et protéger l’équilibre du royaume. »
Visiblement, il ne s’est rien passé depuis. La BD n’a même pas été postée comme si on n’avait pas accordé toute l’attention nécessaire en guise de respect. Bon, il faut dire qu'il y a une grande masse de BD qui paraissent sur le marché. Toutes ne se valent pas et c’est l’une des raisons de ce présent site. Je dois avouer que je suis tombé totalement par hasard sur cette œuvre dont la couverture est plutôt commune dans sa composition avec des histoires du même genre.
Cette BD est malheureusement une compilation des clichés qui intéressera un public jeune ou ado aimant bien l’univers d’un Lanfeust De Troy. Cela commence par une scène digne d’une trame de Shakespeare. Le frère félon du roi qui tente de s’emparer de la couronne par tous les moyens. Passé l’introduction plutôt réussie, nous voilà plongés dans les fameuses épreuves elfiques qui malheureusement n’en sont pas. Par ailleurs, les personnages ne ressemblent pas à des elfes ce qui est un comble.
D’ailleurs, ces personnages semblent totalement désincarnés. Ainsi même notre héros, qui entend la voix de sa défunte mère qu'il n’a jamais connue, semble dénué de sentiments profonds. Lorsqu'il perdra son père, cela sera suivi de la fête au village pour son couronnement. Bref, c’est de la BD beaucoup trop légère.
Alors, c’est plutôt bien dessiné et cela nous divertit si on n’est pas exigent. La toute dernière image semble laisser une ouverture pour une suite éventuelle en cas de succès des ventes. Bref, j’avais l’impression que ce one-shot était trop court et que l’auteur n’avait pas pu approfondir son histoire. Il n’apporte malheureusement aucune originalité mise à part l’introduction de technologie steampunk dans un univers héroïc fantasy moyenâgeux. J’accorde tout de même de justesse trois étoiles en guise d’encouragement car c’est une BD plutôt agréable dans l’ensemble malgré de lourds défauts. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Pourquoi j'ai tué Pierre
posté le
04/03/2007
(dernière MAJ le 13/02/2013)
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
Le sujet est grave. Je pense sincèrement que la BD peut également traiter de sujet difficile et donc moins "léger" que ce que l'on a l'habitude de lire généralement. En règle générale, la BD est faite pour divertir. Ici, on a l'impression que c'est pour expier un mauvais souvenir du passé qui a rongé son auteur subitement à l'âge adulte bien des années plus tard après les faits délictueux.
Le problème dans cette BD autobiographique c'est que l'on ressent non seulement un réel malaise dans la lecture mais on perçoit véritablement la haine de l'auteur comme un effet auto-destructeur sans espoir. Bien que je comprenne les sentiments de l'auteur et son regard acerbe sur le monde après un tel drame , je m'interroge sur cette démarche sans trop vouloir polémiquer. Après tout, cela regarde son intimité. Oui, mais nous "lecteurs"? Je crois qu'au delà du sujet abordé, c'est la trahison d'un ami qui nous émeut le plus. Ce sujet étant plus vaste, on peut se sentir concerné.
Une BD sans concession auquel il faut laisser le temps d'infuser ou une BD qui cherche à justifier son existence mais ne parvient qu'à prouver sa désuétude? Enfin, l'émotion peut-être recherchée n'a pas eu lieu (comme dans les oeuvres de Tanaguchi où je dois chercher à chaque fois un mouchoir). J'ai été un peu déçu car en lieu et place de l'émotion, j'ai éprouvé un certain malaise pas très salutaire. Pour autant, quelques années après, les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique vont mettre cet ouvrage au sein de l'actualité. Bref, on se rend compte que ce n'était pas si anodin.
Le dessin académique à tout crin ne me plaît guère (c'est général à tous ces dessinateurs de l'Ecole "simpliste" dans la lignée de Larcenet). Les traits sont également trop gras. Cependant, ils traduisent assez correctement l'ensemble du propos d'autant que je trouve le découpage assez réussi ce qui rend la lecture agréable.
"Pourquoi j'ai tué Pierre" est le récit autobiographique d'une manipulation, d'une enfance trahie et des conséquences d'un tel traumatisme racontées avec gravité et pudeur. Un ouvrage qui se veut choc! Un ouvrage que j'avais mal jugé. Sans doute me fallait 'il digérer et avoir un certain recul.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
L'Irlandaise
posté le
13/02/2013
|
Achat conseillé ?
Non
|
Note
(Pas mal) |
|
|
L'irlandaise est un western avec pour fond la guerre de sécession ainsi qu'une belle jeune femme aventurière d'origine irlandaise.
On est d'abord assez intrigué par le début de ce récit dans le saloon : bref une ouverture assez réussie. Par la suite, il y a un flash-back du genre un mois en arrière. On se dit qu'une femme n'a pas pu changer en si peu de temps. En effet, on passe d'une jolie lady issue d'une bonne famille en bad girl genre Calamity Janes. Je pense qu'il doit y a voir une grossière erreur de datation car cela commence en 1861 alors qu'elle est censée avoir débarqué sur le sol américain en 1862. C'est le genre de choses qui me fait un peu bondir.
Sinon, malgré un graphisme assez sombre, j'ai apprécié cette lecture dans l'Ouest sanglant. J'ai d'ailleurs remarqué des différences dans le dessin entre le début et la fin qui s'améliore. Certaines planches sont magnifiques avec un jeu de couleurs étonnant (voir le duel ou la bataille de Bull Run).
Par ailleurs, il aura fallu 4 ans entre le premier et le second tome. Là encore, ce n'est pas un bon point. Bon, il faut dire que le précédent éditeur (édition du point d'exclamation: cela ne s'invente pas) a déposé le bilan. Bon, on attend le tome 3 de l'irlandaise... |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Le capitaine Bertaux est le prototype même de chef qui ne croit pas en la cause pour laquelle il est envoyé. Il était communiste dans le maquis en 1942. En 1947, il est envoyé en Indochine pour chasser les communistes. Cherchez l'erreur ! C'est ce qu'on pourrait nommer une contradiction.
Le début m'a un peu rebuté par son académisme. Fort heureusement, la narration devient plus fluide tout le long du récit. Quant au graphisme un peu figé, je ne peux pas dire que je suis fan. J'ai cependant bien aimé l'encrage qui produit des effets parfois étonnants rouge et ocre. Bref, l'esthétisme semble soigné.
On ne nous épargnera guère les scènes de torture que pratiquait également l'armée française contre un ennemi souvent invisible dans cette Indochine exotique. Le fond de l'histoire n'est guère original mais on se laissera volontiers transporter par cette mise en images dans cette atmosphère chaude et moite. C'est traité avec finesse et intelligence loin de tout dogme ou de moralisation. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
De Talbot Bryan, j'avais surtout retenu la série Grandville. En l'espèce, on est loin de cet univers mi-uchronique. C'est une bd qui traite d'un sujet assez tabou à savoir l'inceste sur un mode résolument réaliste.
Cette bd semble basée sur des témoignages réels d'enfants abusés sexuellement, l'album est une dénonciation intelligente de l'inceste et des comportements psychologiques qui y sont associés.
L'illustration est hyper réaliste, sans que jamais les agressions du père ne soient explicitement montrées. Bryan Talbot a fait le choix d'ancrer son histoire dans la réalité puisqu'il s'est inspiré de modèles vivants et a effectué de nombreux repérages des lieux. Après un chapitre londonien, le récit va se poursuivre dans la campagne et plus précisément à Lake District, la région anglaise des lacs.
Un album très personnel qui véhicule un message résolument positif. Notons qu'en Angleterre et aux Etats-Unis, cette bd sert d'outil aux services sociaux et judiciaires pour engager les victimes à ouvrir le dialogue. On estime qu'une fille sur trois serait agressée avant ses 18 ans.
Environ 90% des violences sexuelles sont commises, non par le stéréotypes de l'étranger à l'imperméable qui hante les cours des écoles, mais par un parent proche de sexe masculin. Un tel sujet est beaucoup trop important pour rester en marge. Plus on en parlera dans la société, dans les fictions, plus les victimes auront de chance de réaliser que c'est chose fréquente, qu'elles peuvent en parler, qu'on les croira et que cela cessera. Bref, une démarche de l'auteur que je soutiens pleinement. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Je poursuis la découverte de cette saison 2 des mondes d'Uchronie(s). Il s'agit de visiter la Russie des Tsars sous le règne de l'impératrice Katerine III. La Russie n'a pas sombré dans la Révolution communiste. Elle a survécu en s'appropriant les bienfaits de la fusion noire.
On voit tout de suite le lien direct avec New Beijing: Ludmilla Gontchareva qui a disparu de ce monde (et pour cause). On découvre également un nouveau personnage: le professeur Paskevitch. Celui-ci se révèle assez intéressant avec une psychologie propre qui le rend très crédible dans son histoire de trio amoureux.
Le rendu graphique me paraît moins réussi que sur New Beijing. Cependant, le dessin n'est pas franchement désagréable. Et puis, côté scénario, Corbeyran assure une belle histoire pleine de rebondissements. A la fin, on découvre un concept qui a l'air d'être une piste tout à fait intéressante. En conclusion, cela promet ! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Je ne voulais pas lire cette seconde saison de l'univers d'Uchronie, un peu par rage de savoir que l'épilogue n'en n'était pas un et que tout allait recommencer. Il est vrai que le thème des univers parallèles peut donner lieu à différentes déclinaisons qui seront pour le moins intéressantes. C'est l'Empire du milieu qui va donner le tempo à un nouveau monde oppressant.
Je dois bien avouer que c'est plutôt réussi et efficace. Corbeyran a réussi à gommer tous les défauts des précédentes séries de cet univers. On voit qu'il maîtrise de mieux en mieux son sujet. Ce premier tome est une réussite car il règle en tout cas le mystère de la double apparition du père de notre héros. Pour autant, d'autres questions vont se poser. Mais bon, j'ai eu l'impression de véritablement avancer dans l'histoire. Et puis, il y a cette histoire d'amour naissante concernant notre héros. Bref, le concept est amélioré et la donne est relancée. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
J'aime bien quand la bd sort des sentiers battus pour s'intéresser au politique ou à l'économique. J'aime bien également quand un auteur a le courage d'exposer ses idées. Ici, elles sont dans l'air du temps et rencontrent généralement la sympathie du plus grand nombre.
Par contre, je suis sans concession quand il y a de la malhonnêteté intellectuelle ou que cela se transforme en une espèce de manifeste pour une nouvelle idéologie ou plutôt pour combattre un système. Bref, les informations données dans ce documentaire sont orientées donc pas très équilibrées.
De tout temps, riches et pauvres ont toujours coexisté sur notre planète. Le capitalisme a permis au plus grand nombre d'accéder aux richesses que procure la société de consommation. Le modèle communiste n'a pas vraiment été une réussite. Les inégalités se creusent non seulement à l'intérieur d'un même état mais également avec les pays les plus pauvres. On ne peut que dénoncer cette inégalité. Faut-il diaboliser pour autant la mondialisation ? Faut-il punir les plus fortunés ? etc...
Pour ma part, je pense que pour garantir la prospérité, on doit combattre la pauvreté avec détermination dans les autres pays et à l'intérieur. C'est une question de solidarité et de fraternité. En 10 ans, la mondialisation a apporté par exemple à l'Inde des bienfaits matériels innombrables. De la mondialisation, nous pouvons dire qu’elle a apporté une hausse du niveau de vie global des populations de la planète. Tout est une question de point de vue.
L'interdépendance via les échanges est inévitable et irréversible. Il faut cependant encadrer ce processus. Est-ce mal en soi ? Favoriser les échanges culturels et technologiques n'est pas une tare à moins d'être protectionniste. Juste un chiffre que j'aurais opposé à l'auteur : au XXème siècle, le PIB mondial par habitant a été multiplié par 15. Que faut-il en déduire ? Manipulation quand tu nous tiens !!!
Pour modérer un peu mon propos, je reconnais également qu'il y a bien entendu des inconvénients qu'il faut corriger (mais sans remettre en cause le système). J'avoue également que si j'avais 10 ans de moins, j'aurais sans doute applaudi jusqu'à boire la démonstration faite par l'auteur.
Il est vrai que le terme "mondialisation" possède déjà une forte charge émotive. Je comprends la charge de l'auteur qui redoute l'accroissement des inégalités, le chômage et la baisse du niveau de vie. Je ne partage pas ses idées. J'estime qu'il faut au contraire encourager la croissance et le progrès. Or, le meilleur moyen est de lutter contre la pauvreté. Qu'il y ait des riches ne me dérange pas. Tant mieux pour eux ! Mais il ne faut plus qu'il y ait de pauvres ! Il faut tirer le plus grand nombre vers le haut. J'ai conscience en écrivant ces lignes que ma pensée à contre-courant est ultra-minoritaire parmi les jeunes. La mondialisation est une source d'inquiétude. Il faut sortir des analyses trop simplistes et pousser plus loin la réflexion. La schématisation n'est jamais bonne même si le processus est compliqué.
Par ailleurs, certains faits et certaines statistiques présentés dans cet ouvrage ne sont pas tout à fait corrects. D'autres comparatifs qui sont opérés m'ont paru révoltant dans le procédé utilisé. Cela s'apparente presque à de la propagande que je sanctionne car je n'approuve pas. Si on ajoute un dessin qui est franchement mauvais, cela a eu raison de ma patience. Je ne vais quand même pas me forcer à aimer.
Cependant, cette bd a au moins le mérite de soulever un débat intéressant sur les bienfaits ou les inconvénients de la mondialisation. Même si je ne partage pas toutes les idées de l'auteur et malgré mes critiques les plus cinglantes, j'accorde un trois étoiles à une oeuvre engagée. On sort des sentiers battus et on prend des risques. Objectivement, c'est mérité. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Une épaisse couche de sentiment est une bd qui pastiche le monde des DRH des entreprises. On y découvre des êtres dénués de tout sentiment humain qui s'amusent à licencier le plus de monde possible pour faire plaisir aux actionnaires.
Est-ce que cela reflète la réalité des DRH des sociétés en général ? C'est un peu facile de leur attribuer le mauvais rôle avec une telle dose de mauvaise foi entre méchanceté et immoralité. Souvent, ceux qui sont recrutés pour effectuer ce travail délicat sont justement dotés de qualités humaines irréprochables. Pour autant, force est de constater que la réalité dépasse souvent la fiction...
Certes, ils embauchent et ils licencient pour des motifs valables. De nos jours, l'arsenal législatif à travers le Code du Travail est plutôt contraignant pour les entreprises. Bien sûr, il y aura toujours l'exception qui confirme la règle et des brebis galeuses ici et là.
Le monde inhumain des ressources humaines est assez bien retranscrit. Il y a effectivement une épaisse couche de sentiments. On fait croire qu'on est sensible à l'autre mais en réalité , on ne regarde que sa propre carrière pour progresser. On tire à vue avec du sang sur les mains. Cependant, le milieu est feutré et tout est dans l'art du langage et des justifications stériles.
Le portrait de l'entreprise est caricatural et manichéen. Cependant, il s'agit pour les auteurs de faire passer un message même s'il est cruel. Il sera entendu. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Niourk
posté le
10/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
Je l'avoue. Je ne connais pas vraiment bien l'univers de Stephan Wul. Lorsque j'étais plus jeune, je lisais surtout la collection "Les conquérants de l'impossible" de Philippe Ebly dans la collection bibliothèque verte. C'était également un univers de science-fiction d'anticipation, sans doute dans un autre genre. Bon, j'ai tout de même vu la planète sauvage en dessin animée.
C'est donc avec un grand plaisir que j'ai suivi le récit de cet enfant noir qui tente de survivre dans une tribu tout à fait hostile. On découvre un monde apocalyptique plusieurs siècles après une catastrophe écologique. Il est dommage que l'ouverture ne soit pas située dans le temps pour se donner un repère. On se demande quelles sont les créatures sous-marines appelés "nos amis" qui doivent s'occuper des déchets nucléaires. Et qu'est-ce qu'a pu faire notre espèce pour courir à sa perte ? Bref, autant de questions qui se posent au lecteur.
Vatine a un incontestable savoir-faire pour la mise en image de ce roman. C'est une très bonne adaptation avec une maîtrise également narrative. Cela donne réellement envie de connaître la suite. Et puis, dès que j'aurais l'occasion, je lirai également Oms en série. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Là encore, le célèbre détective privée Sherlock Holmes a déjà donné lieu à de multiples séries et une vraie littérature. Il est alors toujours intéressant de voir comment est la vision de différents auteurs. Il est vrai que le récent film à succès sur le personnage a sérieusement modifié son image de gentleman. Ce nouveau diptyque ferait suite à un autre où il a affronté des vampires (Sherlock Holmes et les vampires de Londres). Oui, le registre est clairement celui du fantastique. Fini les énigmes qui étaient résolues grâce à l'intelligence du maître. Place à l'ésotérisme avec toute les facilités que cela procure au scénario !
Les auteurs vont se servir de la disparition de Sherlock Holmes dans le roman de Conan Doyle après sa lutte avec le professeur Moriarty dans les chutes de Reichenbach. le dessin et la colorisation remplissent leur rôle. On regrettera sans doute ce déchaînement de forces occultes sans la moindre explication rationnelle. Personnellement, je suis plutôt adepte de la version de Luc Brunschwig à savoir Holmes. C'est nettement deux crans au-dessus. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Baron Rouge
posté le
10/02/2013
|
Achat conseillé ?
Non
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
J'aime bien le travail que font Pierre Veys et Carlos Puerta. Leur association fonctionne à merveille comme l'a prouvé l'excellente série Adamson. Cependant, les lecteurs ont été furieux d'apprendre l'arrêt de cette dernière série au profit de celle-ci chez un autre éditeur, il est vrai. Je ne conseillerais pas l'achat tant que la série ne sera pas terminée car je n'ai plus trop confiance. Ces séries qui commencent en fanfare et que l'on voit abandonnée en cours de route.
Le baron rouge est l'évocation de la vie romancée de l'as de l'aviation allemande à savoir Manfred Von Richthofen. J'ai rarement vu d'aussi belles images en bande dessinée. C'est presque une oeuvre d'art photographique. Je dois dire que leur technique de reconstitution est réellement bien au point. On va survoler la campagne et les villes prussienne durant cette Première Guerre Mondiale à travers des planches magnifiques. C'est un vrai régal pour les yeux. Et c'est surtout quelque chose d'unique dans la bande dessinée. Ils sont précurseurs de quelque chose qui se vulgarisera avec le temps.
Le scénario est un peu moins mystérieux que la fameuse série Adamson car elle s'inscrit dans une réalité historique bien précise. Toutefois, il y aura tout de même une introduction du fantastique avec le fameux don de voyance qu'acquiert notre futur baron rouge. Cette prédisposition l'aidera incontestablement dans ses victoires aériennes futures. Un bon début mais qui se lit malheureusement trop vite à cause de scènes trop descriptives à moins de s'attarder sur la qualité des images. Bref, le baron rouge nous entraîne très vite vers le 7ème ciel ! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
C'est la troisième fois en quelques mois seulement que je retombe sur Jeanne d'Arc. C'est fou comme elle inspire les auteurs de bande dessinée. Bien sûr, on va avoir droit en ouverture à la fameuse scène du bûcher. J'avais également lu la série "Garou" et je n'avais pas fait le rapprochement qu'il s'agissait d'une suite
Je n'ai pas aimé les nombreux flash-back qui font perdre le fil d'un récit déjà assez compliqué comme cela. De bons passages s'alternent avec de plus commun. Le rythme est très lourd avec des dialogues parfois très pesants. C'est beaucoup trop bavard et cela plombe cette oeuvre.
Par contre, le dessin sera de grande qualité avec un réel souci du détail du monde médiéval. Il est dommage que le scénario manque cruellement de cette chose qui fait qu'on a envie de continuer l'aventure. Cela sera sans moi sans cette fois-ci. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Amère patrie
posté le
10/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
J'aime bien ce genre d'histoire de destin croisé. On suit le parcours de deux hommes géographiquement assez éloignés l'un de l'autre. Jean Gadoix vit en Haute-Loire dans un petit village et va devenir paysan pour subvenir aux besoins de sa famille. Au Sénégal, on va suivre la vie de Ousmane, jeune noir qui part à la chasse. L'histoire commence en 1900 et va se poursuivre jusqu'à la première guerre mondiale où les tranchées du chemin des Dames seront malheureusement le lieu de leur rencontre.
Le premier tome conte l'enfance et l'adolescence de nos deux héros afin qu'on s'empreigne de leur environnement respectif. Le second tome est bien plus tragique. J'ai bien aimé le dessin assez expressif et détaillé du dessinateur.
Je conseille l'achat mais je tiens à préciser que les maniaques seront déçus car les maquettes de dos entre les deux tomes auront changé. Visiblement, certains Editeurs se foutent complètement de l'uniformité des collections même pour un diptyque ce qui témoigne de leur respect. Je mets un conseil d'achat car intrinsèquement, c'est une belle oeuvre de qualité. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Sidi Bouzid Kids
posté le
10/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
La révolution tunisienne est encore dans toute les mémoires puisqu'elle a commencé vers la mi-Décembre pour se terminer vers la Mi-Janvier. Ce récit reste une fiction qui s'inspire et gravite autour d'évènements et de personnages réels ayant participé à la révolution tunisienne qui allait devenir le point de départ de ce qu'on va appelé communément le Printemps arabe. Après Ben Ali, des dictateurs tel que Kadhafi ou Moubarak sont tombés. Il en manque encore un mais avec le temps, on pense qu'il va tomber. Il faut savoir que ces dictateurs ont réellement du sang entre les mains car les policiers n'hésitent pas à tirer sur le peuple et de ter des enfants, des bébés, des vieillards. Je ne pensais pas que cette révolution tunisienne avait été aussi dure. Les images ne nous seront pas épargnées.
Tout a commencé avec l'acte désespéré d'un jeune kid de la ville de Sidi Bouzid qui s'est immolé par le feu. Pour faire subsister sa mère et ses six frères, il vendait depuis plusieurs années des fruits et légumes dans la rue, avec sa petite charrette, sans autorisation, se mettant ainsi à la merci du harcèlement et du racket de la police et de l'administration ce qu'ils ne manqueront pas de faire en lui confisquant son matériel. Cette immolation allait déclencher à travers tout le pays une vague de protestation. Encore une fois, il y a ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien. Ceux qui ont tout possède une puissante police pour les protéger et matraquer le peuple.
Il est fait référence à cette fameuse scène où une ministre française des affaires étrangères anciennement à l'intérieur, venue passé des vacances dans une station balnéaire dans un pays en crise grave, propose le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier des forces de sécurité pour régler des situations sécuritaire. Le manque de clairvoyance de ce gouvernement a fait honte à notre pays. Bon, il s'est rattrapé par la suite en Libye. Cependant, l'auteur de cette bd n'a pas oublié et raconte en détail les faits.
La scène qui m'a le plus marqué est celle de la visite du président dans l'hôpital où était soigné celui qui s'était immolé par désespoir. Devant les caméras de TV et les médias, il a fait un beau discours plein de compassion. Le médecin-chef est tellement ému qu'il lui dira en aparté à la fin de sa visite qu'il fera tout pour le sauver. Réponse cinglante du président à vie: "qu'il crève !". On est quelque fois beaucoup trop naïf !
J'admire pour ma part le courage du peuple tunisien qui s'est soulevé contre l'injustice en prenant les armes. Il n'y a de toute façon que ce langage qui est possible face à des régimes de terreur et de privation de liberté. J'ai moi-même été dans ce pays alors que j'avais 18 ans et j'en ai gardé de précieux souvenirs avec des habitants très gentils. La question maintenant est de savoir si la révolution n'a pas été volée par des gens qui sont pareilles au fond. Bref, j'ai beaucoup aimé cette bd qui a le courage de montrer les choses telles qu'elles sont ou qu'elles auraient pu être avec toute la crédibilité qui soit. C'est une oeuvre à lire absolument ! Bravo à l'auteur ! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Docteur Du Ming
posté le
04/02/2013
|
Achat conseillé ?
Non
|
Note
(Pas mal) |
|
|
La couverture de ce manhua assez morbide annonce la couleur. Lorsque Du Ming, médiocre étudiant en médecine, rencontre la superbe Zhang Qian, sa réputation de fille facile la précède. La jeune femme est immédiatement fascinée par la pureté qui semble émaner de Du Ming. Alors que ce dernier obtient son diplôme à la surprise générale, Zhang Qian arrête ses études pour devenir l'assistante d'un professeur peu aimé. Quelque temps après, Du Ming, devenu médecin anesthésiste, apprend le suicide de Zhang Qian. Il va enquêter pour connaître les raisons de cette mort qui l'affecte tout particulièrement.
Ce manga est un thriller dans le milieu médical chinois. Le trait du dessin est assez réaliste mais assez inégal sur l'ensemble de l'oeuvre. C'est assez morbide car on va apprendre que personne n'est pure, loin de là ! On ressort de cette lecture avec une amère impression de mal-être. Je n'ai pas été conquis par ce récit. Pour autant, je ne peux affirmer que c'est un mauvais travail. J'ai bien aimé la trame de l'histoire mais pas la fin. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Furioso
posté le
03/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Pas mal) |
|
|
Furioso nous plonge dans les batailles des grandes croisades. On va suivre une histoire plutôt intéressante. L'originalité provient du fait que nous sommes aussi bien plongés du point de vue des chrétiens que celui des musulmans. Les séquences s'alternent et les protagonistes des deux camps ne se rencontreront jamais.
Je constate avec effroi que l'image papale était encore celle d'un vieillard ayant du mal à faire le moindre geste. 1000 ans après, je n'ai pas l'impression d'assister à un progrès de ce côté là. Pour le reste, ce récit semble décrire des situations inédites. C'est traité avec une certaine intelligence. Le fait divers est traité comme un signe de dieu : c'est le postulat de cette histoire qu'on suivra jusqu'au dénouement final.
En vérité, c'est bien une dénonciation du pouvoir religieux que l'on se situe d'un côté ou de l'autre. Que de guerre et de mort au nom de la religion à travers le monde... |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Les sauvages
posté le
03/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Franchement bien) |
|
|
L'auteure Lucie Lomova consacre cette oeuvre à une histoire vraie, celle de l’amitié entre Alberto Vojtech Fric, botaniste et ethnographe originaire de Prague, et Tcherwuish, un Indien de la tribu Chamacoco, rencontré en 1908 sur les rives du fleuve Paraguay. Fric découvre alors une tribu décimée par un mal inconnu et décide de tout faire pour la sauver. Il prend alors un jeune indien de son âge sous son aile et le ramène en Europe à Prague.
Fric se lance alors dans une série de conférence dans son pays en présentant son jeune ami à la curiosité. Celui-ci est totalement déracinée dans une autre culture qu'il découvre. C'est un véritable choc de civilisation. Les choses ne seront pas toujours facile mais naît une véritable amitié. Il est dommage que celle-ci se termine avec le retour de l'indien au pays.
"Les sauvages" ne désigne pas simplement un indien de la jungle amazonienne déracinée mais également un explorateur botaniste et ethnographe totalement incompris dans son pays. Il va réunir à Prague l'une des plus riches collections de plantes exotiques et en devient un spécialiste reconnu. Cependant, par son refus du mensonge, de la dissimulation et du dilettantisme scientifique, il s'attira l'inimitié de nombreuses personnalités influentes dans les milieux scientifiques et politiques.
Il s'engagea en effet en faveur du droit des indiens et de la préservation de leur culture d'origine dans un contexte colonialiste peu propice à ce genre d'idées. Sa réputation d'aventurier turbulent perdura encore, propagée par ses concurrents jaloux. Cet ouvrage reconstitue son parcours. Il est devenu un sauvage à son tour car incompris par les siens.
Que dire également de Tcherwuish, le jeune indien qui n'a pas hésité à braver un long voyage jusqu'en Europe. C'est le récit d'un audacieux chasseur d'expériences libre par l'esprit mais aussi par ses actes (car bagarreur). Il y aura d'ailleurs des situations rocambolesques pleines de drôlerie que l'auteure s'amusera à nous décrire. Cela apporte un vent de fraîcheur à ce récit.
J'ai bien aimé cette oeuvre qui constitue pour moi une ode au droit à la différence. L'histoire ne s'arrêtera pas là car 100 ans après, les descendants de ces deux hommes vont se rencontrer quelque part dans un village d'Amérique du Sud. J'ai aimé cette tranche de vie de ces deux êtres que tout opposait et que tout a rapproché. une satire sociale et philosophique dont on tire forcément des leçons pour peu qu'on soit ouvert. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Nom série
Aïr
posté le
03/02/2013
|
Achat conseillé ?
Oui
|
Note
(Pas mal) |
|
|
La thématique est intéressante surtout à l'heure du contexte actuel de la guerre au Mali.
J'ai bien aimé le dessin bien que la couleur soit omniprésente en jouant surtout sur cet effet. Cela met en valeur l'habit porté par les Touaregs.
On en apprend un peu plus sur cette peuplade qui s'étend à travers plusieurs pays du Sahara (Algérie, Libye) et du Sahel (Niger, Mali, Burkina Faso). Persécutés par les pays voisins, menacés par le désert qui s'étend sans cesse et une économie précaire en raison de l'exploitation de leurs ressources naturelles, une question s'impose : comment sont-ils censés survivre ? Cette histoire en deux albums propose un aperçu éclairé et provocant sur les difficultés rencontrées par le peuple de l'Aïr, la plus vaste chaîne de montagnes du Niger.
Il est dommage que cette bd soit passée totalement inaperçue en 2012. Elle n'a pas trouvé son public. Il est vrai que le scénario souffre de quelques faiblesses. Cependant, c'est très intéressant de découvrir cette culture. Au début du XXième siècle, les Touaregs furent le dernier peuple d'Afrique de l'Ouest soumis par les Français. J'aime ce côté résistance pour préserver leurs valeurs. Ces dernières années, les Touareg du Niger et du Mali se sont révoltés. C'est leur histoire qui fait l'objet de cette bd à découvrir. |
|
|
|
|
|
| |
|