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... a posté 277 avis et 124 séries (Note moyenne: 3.15)

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Nom série  Le Privé de Hawaii  posté le 16/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Privé débute comme un polar conventionnel et dévie petit à petit vers le surnaturel, ce qui pimente l'intrigue et convient tout à fait à l'ambiance.

Magnifiquement dépeinte l'ambiance justement, en grande partie grâce au dessinateur Steven Griffin, qui emplit les cases de voitures rutilantes, de chemises hawaïennes, de jolies filles, de gangsters... Et les teintes chaudes font monter la température.
Visuellement c'est très réussi.

D'un point de vue scénaristique, on ne peut pas dire que ce soit d'une grande originalité mais c'est rondement mené. Ce type d'histoire axée sur le divertissement pur, véhicule bien évidemment son lot de spécificités propre au genre.

Cette BD se lit sans déplaisir, sans réel intérêt non plus d'ailleurs... Byrd est un personnage bourré de clichés mais sympathique, ses compagnons Kahami et Kalama ne sont pas totalement exploités mais ils font illusion...
A lire si cela vous passe par hasard entre les mains, même si pour se décontracter le cerveau je pense qu'il vaut mieux se revisionner un bon vieil épisode de Magnum.

JJJ

Nom série  The Quitter  posté le 16/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le courant intimiste prenant pour cadre la vie quotidienne est souvent visité depuis quelques années, de nombreux auteurs reconnus ont suivi cette vague, de nouveaux venus ont laissé éclater leur talent en exploitant cette voie.
Ce mouvement est aujourd'hui un genre à part entière à mes yeux (1).
J'ai abordé The Quitter avec circonspection, car si j'aime ce genre, je pensais benoîtement en avoir perçu la plupart des facettes... Quelle grossière erreur... Comme tout genre qui se respecte, il sait se renouveler, se laisser transcender, il suffit que les auteurs sachent se l'approprier avec talent.

Harvey Pekar, l'auteur de American Splendor (2) en a du talent, du courage aussi. Son histoire respire tant l'honnêteté qu'elle en devient parfois crue, Pekar se définit comme un dégonflé, un homme qui, depuis l'enfance, préfère fuir les difficultés plutôt que de les affronter. Un homme qui pour attirer l'attention sombre souvent dans la facilité et la violence... Combien sommes-nous à avoir agi de la sorte dans nos vies ? A avoir souvent préféré exutoire et échappatoire devant les obstacles de l'existence ?
The Quitter ne se limite pas à ces questions, finalement personnelles. The Quitter est aussi un livre remarquablement bien écrit, l'histoire est claire et plaisante, instructive sur certaines manières de vivre, révélatrices de moeurs des époques évoquées.
Et surtout, Pekar et Haspiel ne tombent jamais dans la complaisance, il n'y a aucune gratuité, tout est simple et intelligent, la lecture semble couler.
Les meilleures BD pour adultes n'exploitent pas forcément le sexe et la violence, The Quitter le démontre plutôt bien, et attention ! Ne vous attendez à un délire mou du genou, The Quitter est un choc, une bombe.

Les dessins d'Haspiel sont excellents. Si on est loin du réalisme, les personnages ont littéralement l'air de prendre vie dans les cases, il y a du mouvement et de la force dans ces traits. Il faut voir le regard d'Harvey dans la dernière case, c'est beau à en pleurer...

J'ai adoré cette BD et son histoire toute en simplicité, je la conseille à tout le monde, à ceux qui lisent ces lignes, à mes amis, à mon frère, aux gens que je sais passionnés et même aux autres... Je la conseille particulièrement à ceux qui sont désintéressés par les comics, ceux qui pensent que les comics véhiculent bien trop souvent l'esprit d'une Amérique WASP et sont superficiels.
The Quitter est à lire.

JJJ

(1) J'entends par là une des orientations fortes du Roman graphique, que l'on peut qualifier de sous-genre.

(2) Inédite à ce jour en France, l'oeuvre a fait l'objet d'une adaptation cinématographique. Certains chapitres ont été illustrés par le légendaire Robert Crumb, ou encore Richard Corben, qui est à mes yeux l'un des plus grands dessinateurs de BD.

Nom série  Superman - Lex Luthor  posté le 11/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Lex Luthor est l'un des personnages les plus fascinant de l'univers DC à mes yeux. Selon les époques il a été présenté de différentes manières, si pendant le Golden age Lex était présenté comme un savant fou à l'intelligence ultra développée, il en va autrement aujourd'hui. Au même titre que les héros DC, Lex Luthor a lui aussi bénéficié d'une évolution au fil du temps, c'est toujours un salaud mais il a gagné en complexité, c'est un personnage plus nuancé qu'autrefois (voir Superman - For All Seasons par exemple).

C'est Brian Azzarello et Lee Bermejo qui rendent aujourd'hui hommage à Luthor. Un Luthor se battant de toutes ses forces, luttant de toute son âme, contre un Superman plus présenté comme une entité supérieure que comme une personne, ce qui est finalement logique. En tant que fan de Superman, on peut toutefois regretter qu'il semble si distant dans cette histoire, il en est presque absent, et même si il apparaît physiquement - de façon toujours très impressionnante - il ne prononcera que deux phrases en tout et pour tout dans l'histoire.

Si il est loin d'être nouveau, le point de vue des auteurs est intéressant, c'est Luthor qui narre cette histoire, nous voyons donc Superman à travers les yeux de son pire ennemi. Lex Luthor paraît donc sans doute plus grand et plus noble que ce qu'il est. Que serait-il sans Superman?
Ce livre nous présente un Luthor moins froid, plus humain que l'on ne l'a sans doute jamais vu, un personnage décrit avec autant de finesse qu'il impose naturellement son charisme au lecteur. Cependant, Lex Luthor même si il a des qualités, reste un homme passionné, emporté, très absolu, il est indéniablement dangereux, il n'est en aucun cas montré comme un Bon dans cette histoire, il n'y a aucune complaisance à son égard de la part des auteurs.

D'un niveau purement scénaristique, il faut bien reconnaître que cette histoire n'est pas des plus renversantes, Pour abattre son ennemi juré, Luthor recycle un des ses plans déja utilisé des milliers de fois sous diverses formes, cela ne veut pas dire pour autant que le fond est creux. Ce qui est intéressant ici est cette espèce d'opposition entre "hommes", induite en partie par les personnalités de Luthor et Superman. C'est aussi cette obsession folle qu'entretient Lex Luthor envers Superman qui fascine. Une obsession tellement forte qu'elle détourne les yeux de Luthor d'autres choses importantes.
D'un point de vue narratif, cette BD est parfaitement réussie, Les pensées exprimées pouvant quasiment tout le temps être attribuées soit à Lex soit à Superman, ce qui mine de rien donne une force différente à certains propos.

Il y a aussi un invité de marque dans cette BD, un personnage important: Batman, le Croquemitaine de Gotham. Il n'est pas là pour faire de la figuration, son rôle a beaucoup de saveur. Ses rencontres avec Lex Luthor et Superman sont présentées en parallèle et c'est du pur bonheur! Un chapitre tout simplement dantesque, pas simplement dans cette histoire mais qui s'inscrit également dans la mythologie des personnages.

Les dessins sont de Lee Bermejo, un habitué de Batman, qui nous offre un Superman tout en beauté. Le style de Lee Bermejo est très travaillé, très moderne aussi. Si il n'est pas forcément du goût de tous, son travail sur les costumes est d'une grande originalité.

Cet album est pour moi une petite réussite, de plus facilement accessible, même si l'on ne connaît que très peu Superman, l'histoire étant plus basée sur des relations que des faits héroïques.
J'en conseille donc chaudement la lecture.
Ah! J'ai failli oublier, ça peut en intéresser certains... Le même duo d'auteur est train de plancher sur un projet similaire pour... le Joker, affaire à suivre donc.

JJJ

Nom série  Royal Space Force (Ministère de l'Espace)  posté le 10/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'attendais pas grand chose d'autre qu'une histoire de conquête spatiale et de péripéties qui vont avec en lisant cet album... je me suis trompé!

Avec le cynisme qui le caractérise Warren Ellis nous conte une histoire critique sur la conquête spatiale certes, mais surtout sur ses dessous les moins glorieux: Les financements occultes, le sacrifice volontaire d'êtres humains, les manoeuvres politiques peu reluisantes...

En trois épisodes seulement, Warren Ellis réussi à créer une histoire crédible et cohérente. Le déroulement du récit saute d'une époque à une autre, la conquête de l'espace étant liée de très prés au destin d'un homme, John Dashwood, et des étapes importantes de sa vie.
La fin de l'histoire nous prend au dépourvu, d'une lucidité brutale, c'est une fin que l'on n'oublie pas...

Ministère de l'Espace est illustré avec soin par Chris Weston, visiblement le dessinateur est très à l'aise pour créer toutes sortes d'engins volants variés, de plus il donne une touche légèrement rétro au design général, ce qui confère à l'ambiance une identité graphique originale du plus bel effet.

Ministère de l'Espace est à mes yeux un album qui mérite d'être découvert pour sa valeur intrinsèque, et, non pas comme étant uniquement une des oeuvres mineures de son célèbre auteur. A lire.

JJJ

Nom série  Texarkana  posté le 10/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Pour le concept original, il faudra repasser.
L'univers présenté sent légèrement le moisi. Dans un monde dévasté après une guerre civile... Blablabla... Après la bombe... Blablabla... Post nucléaire.... Blablabla... Si on n'a pas vu un tel univers cent fois...

Quant au concept de flic dispensant la justice de façon immédiate, ce n'est pas plus nouveau. Nous sommes nombreux, je pense, à avoir au moins une fois entendu parler de Judge Dredd, ou vu le film (HaHaHa ! J'imagine le choc reçu par ceux qui n'ont pas lu la BD mais vu le film en voyant Sly hurler : "La Loi c'est MOI !").

Certes ici c'est un peu différent, le concept est plus évolué, plus intelligent, plus réfléchi... car c'est un tribunal en entier qui patrouille, ce qui devient vite incongru lors de certaines séquences d'action. Difficile par exemple d'imaginer que l'avocat échange des coups de feu avec son client tout en dispensant sa plaidoirie.
Mais Texarkana est avant tout une BD d'action, peu importe l'originalité du concept si celui-ci est bien traité.
Cela n'est malheureusement pas le cas, le scénario est bien trop classique et prévisible, l'intrigue prend un temps fou à se mettre en place, cela devient vite soporifique. Et ce n'est pas les quelques scènes de nu, sciemment placées ça et là à des moments clés, qui vont empêcher le lecteur de décrocher complètement...

Ce qui sauve cette BD du désintérêt total c'est la partie graphique, aux dessins Donny Hawiwidjaja a la pêche et sait retranscrire les émotions, son style est vraiment dynamique. Le découpage est lui aussi très maîtrisé, du tout bon pour les scènes d'action qui sont toujours parfaitement lisibles.

Ce premier tome de Texarkana ne m'a pas du tout convaincu, je m'abstiendrai donc logiquement, d'en conseiller la lecture.

JJJ

Nom série  Mort@17  posté le 10/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mort@17 est la première BD à paraître dans la collection Colors chez Akileos.
L'inauguration est plutôt réussie.
Mort@17 est une oeuvre de pur divertissement, sans prétention philosophique. Une BD qui n'hésite pas à donner dans la complaisance pour satisfaire le lecteur, tout en évitant adroitement de sombrer dans la facilité gratuite. Il y a du sang et de l'action, des revirements de situations, des surprises, des monstres bizarres, des méchants sadiques, des jolies filles, des personnages de l'ombre mystérieux...
L'action démarre à un rythme soutenu, et, si quelques passages semblent manquer de cohérence narrative, cela ne nuit pas à l'ensemble du déroulement scénaristique. La lecture de ce premier tome de Mort@17 reste agréable quoi qu'il arrive.

Au niveau pictural c'est très cartoon, étrange pour une BD que l'on peut assimiler volontiers au genre horrifique... Mais c'est très bien réalisé. Graphiquement Josh Howard assure, son style est maîtrisé. Les amateurs d'écolières sexy porteuses de haches ensanglantées apprécieront (si tant-est que pareilles personnes puissent exister!)

Mort@17 est une série à découvrir pour les fans d'horreur... tendance gentillette - On est plus proche de "Buffy" que de "La Dernière Maison sur la Gauche" - c'est d'ailleurs une des seules choses que je reproche à cette BD, d'être un tout petit peu trop sage.

JJJ

Nom série  Au Coeur de l'Empire - L'Héritage de Luther Arkwright  posté le 09/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bien qu'étant une nouvelle série, Au Coeur de l'Empire est la suite de Les Aventures de Luther Arkwright. Autant dire tout de suite qu'il est inutile d'espérer l'apprécier à sa juste valeur sans avoir lu Les Aventures de Luther Arkwright.

Voilà un point important que je souhaitais très vite éclaircir avant d'entrer dans le vif du sujet. Et pour que l'on me comprenne mieux je vais un peu parler de Luther Arkwright, la BD originelle. Les Aventures de Luther Arkwright est un chef-d'oeuvre absolu que tout fan de SF se doit d'avoir lu au moins une fois. Avec son multivers riche, ses dessins en noir et blanc d'une beauté et d'une profondeur sans équivalent et son histoire d'un niveau d'intelligence rare - La liste n'est pas exhaustive - cette BD reste toujours aussi fascinante presque trente ans après sa parution. Et n'ayez pas peur d'être perdu durant les cinquante premières pages, le plaisir de lecture est parfois à ce prix. Pour conclure avec Les Aventures de Luther Arkwright, je précise que l'oeuvre est bien entendu totalement indépendante et complète, elle n'avait pas besoin d'un supplément ou d'une suite pour être totalement aboutie.

Dans ces conditions, il est bien entendu tentant pour moi de dire que Au Coeur de l'Empire risque de ne pas être à la hauteur, que Bryan Talbot en réalisant cette suite a pris un risque... Et bien non, sans atteindre le niveau de son illustre prédécesseur Luther Arkwright, Au Coeur de l'Empire ne déçoit pas.

Bryan Talbot est un excellent dessinateur, il n'y a qu'à voir un Batman illustré par ses soins pour très vite s'en convaincre. Les dessins de Au Coeur de l'Empire sont d'une beauté à la hauteur du talent de l'artiste, c'est élégant, très recherché, très détaillé. En ce qui concerne le style, c'est très proche de l'univers fantaisiste aux touches steampunk qu'avait créé Bryan Talbot pour Luther Arkwright. Il y a néanmoins une nouveauté majeure, c'est la couleur. Si la couleur apporte une certaine clarté à l'ensemble, le sens du détail de Bryan Talbot semble en revanche en pâtir un peu, l'effet vertigineux provoqué par le magnifique noir et blanc de Luther ne se fait pas sentir ici. Rien de grave cependant, on est bien loin d'une déception, certaines planches sont de purs délires de représentation baroque, un vrai bonheur.

Quand à l'intrigue, elle avance déjà beaucoup dans ce premier tome, l'univers est déjà installé depuis Les Aventures de Luther Arkwright et si les règles régissant ce monde ont un peu changé, on reste tout de même en terrain connu. Le scénario s'annonce solide et parfaitement construit, inutile d'attendre un tome supplémentaire pour en être convaincu, de même manière qu'il est inutile d'espérer atteindre les sommets de la série des origines. L'histoire s'annonce, moins riche, moins fouillée, moins verbeuse aussi... Bryan Talbot laisse de côté certains de ses délires mystiques sans pour autant devenir complètement rationnel mais cela reste de haut niveau, la magie opère toujours.

Au Coeur de l'Empire est une excellente BD, qui ne souffre de défauts que si l'on la compare à la série de laquelle elle découle. En même temps (j'insiste!) il est difficile l'aborder sans connaître Les Aventures de Luther Arkwright.

Dans cet album vous aurez le plaisir de découvrir un bonus des plus agréables, une introduction totalement décalée et déjantée concoctée par l'éditeur et présentant l'auteur, l'exercice est assez réussi à mes yeux pour mériter d'être souligné.
A lire.

JJJ

Nom série  Kiki de Montparnasse  posté le 09/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand j'ai vu cet album j'ai été immédiatement séduit. Avec cette illustration de couverture à la fois sobre et sensuelle... la petite phrase explicite inscrite sur le quatrième plat...
Je n'ai pas eu besoin de tourner et retourner l'objet longuement entre mes mains pour me laisser tenter.

Je ne connaissais aucune des muses ou égéries de cette époque, je n'avais jamais entendu parler de Kiki, ce livre m'a fait découvrir son histoire. Evidemment je suppose que les auteurs nous livrent ici une vision romantique de Kiki et du Montparnasse de cette belle époque.
J'ai apprécié la lecture dans son ensemble, même si je lui trouve certains défauts.
Tout d'abord je déplore que l'on passe si peu de temps sur la première jeunesse de Kiki, bien que ce chapitre soit riche d'une cinquantaine de page, la transition entre l'enfance et l'age "adulte" du personnage principal est assez abrupte. Evidemment on peut, à juste titre, penser que trois cent cinquante pages représentent bien peu de choses en regard d'une vie entière, pourtant cet ouvrage souffre de longueurs. L'histoire se déroule principalement sur les années relativement faste de la vie de Kiki, sur la période que l'on pourrait qualifier "d'age d'or" de son existence. Cette tranche de vie pleine d'émotions porte Kiki à son apogée. Bien qu'il y ait plus de bas que de hauts, elle est au faîte de sa vie et cela ne l'empêche pas de sembler heureuse. On n'évite pas ici certaines situations similaires, certaines répétitions... Tout cela est sans doute vrai, mais l'effet de redite se fait sentir à la lecture.

Et Kiki après une enfance frustre, une vie de bohème tourmentée deviendra très vite vieille et sombrera petit à petit dans l'anonymat... Je regrette là, encore plus que pour l'enfance, que les auteurs ne se soient pas plus attardés sur la fin de vie de Kiki, sa vieillesse. Sans vouloir absolument voir tomber cette oeuvre dans le pathos, j'aurai tout de même aimé en savoir un peu plus sur cette période.
Les autres personnages que l'on croise dans ces pages sont tous assez atypiques, artistes ayant plus ou moins de succès, ils sont montrés sous leurs bons jours et de ce fait, sont tous plutôt attachants. Même Man Ray, qui parfois peut paraître odieux.

Les dessins de Catel sont simples, son trait est plutôt agréable à l'oeil, mais ne m'enchante pas. Personnellement cela m'a laissé dans l'ensemble assez froid.

Je conseille tout de même la lecture de ce livre. Un livre qui offre de nombreux avantages. A ma connaissance c'est l'une des rares BD dont l'action se situe au coeur de cette "Bohème". L'attention portée au personnage principal de la part des auteurs est forte, on sent beaucoup d'amour de leur part pour le sujet, cela fait toujours plaisir quand on est lecteur. Enfin, pour les amateurs de documents, il y a aussi en fin d'ouvrage un cahier de biographies des personnages (tous existants ou ayant existés) que l'on trouve dans les pages de la BD, mine de rien c'est un plus pour les néophytes tels que moi.
Globalement cet album m'a donc plutôt satisfait.

JJJ

Nom série  Batman - Secrets  posté le 04/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il y a longtemps que je n'avais pas lu un si bon Batman. Sam Keith est un artiste de renom et il ne démérite pas sur cette oeuvre.

Graphiquement tout d'abord, c'est très réussi, le style torturé de Keith noircit l'ambiance à souhait, sa représentation des personnages, flirtant avec le grotesque est idéale pour exprimer les sentiments venimeux que tentent de cacher les personnages, que ce soit sous un masque, ou derrière la folie...
Visuellement, le contraste entre le Batman et le Joker est saisissant, Batman est une masse de muscles, un être inquiétant et monstrueux. Le Joker n'est pas moins effrayant avec son visage acéré, flanqué d'yeux complètements fous.

L'histoire est digne de la confrontation de ces deux personnages, l'intrigue principale est une machination diabolique du Joker pour déstabiliser et discréditer son pire ennemi, c'est conté de façon minutieuse. Une sous intrigue des plus intéressantes enfonce le clou en dévoilant des éléments importants du passé du Dark Knight. Une petite surprise des plus agréables.

Les dialogues sont à la hauteur, les joutes verbales entre les deux entités les plus sombres de Gotham sont réjouissantes. Un clin d'oeil appuyé au Batman - Rire et Mourir apparaît fort à propos à un moment clé de l'histoire et ne gâte rien, bien au contraire!

Même si j'aime bien voir le Caped Crusader patrouiller dans Gotham, de plus en plus parano au fil de ses aventures, cela faisait un moment que j'attendais de lire une histoire un peu plus intime, voir intimiste, le mettant en scène. C'est aujourd'hui chose faite et c'est tant mieux.

Fans de Batman, je ne vous conseille pas de passer à côté de cet album.

JJJ

Nom série  Billy Wild  posté le 04/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A lire, essentiellement pour le travail de Griffon aux dessins. Ce gars-là en a dans la plume !
Son style est très travaillé, très personnel, c'est souvent beau, parfois carrément à tomber !
La séquence "comptée" est d'anthologie.

Au niveau du scénario cela tombe un peu à plat, il faut bien l'avouer ; même si elle n'est pas mal construite, l'intrigue est d'une banalité que l'on peut qualifier d'affligeante. Les thèmes visités sont autant de lieux communs et la touche de fantastique ne parvient pas complètement à relever le niveau. Avec seulement un tome pour boucler l'histoire, il est difficile de s'attendre à un miracle.

Je me languis tout de même de lire la suite de cette courte série, plus pour profiter du dynamisme de Griffon que pour connaître le fin mot de cette aventure, vous l'aurez compris.
A lire tout de même, les qualités l'emportent sur les faiblesses.

JJJ

Nom série  Gus  posté le 04/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jusqu'à ce que je découvre Gus, le style de Christophe Blain m'a toujours laissé plutôt froid... Idiot et aveugle que je suis ! Comment ai-je pu passer à côté de cette énergie, ce sens de la mise en scène... Et quelles couleurs ! La luminosité qui se dégage des planches est assez impressionnante.

Au niveau de l'histoire, Gus démarre plutôt fort, et, malgré le nombre de pages, on ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce premier tome. L'intrigue sait se faire discrète, laissant aux personnages le soin d'exister pleinement, ce qui est bien souvent une très bonne chose.

J'ai donc eu une très bonne surprise avec Gus. Pour l'anecdote j'ai acheté cette BD à quelques jours d'intervalle du Big Foot de Nicolas Dumontheuil et contrairement a ce que je pensais, la claque n'est pas venue d'où je l'attendais...

Je conseille cette BD sans la moindre ambiguïté, Gus offre un vrai beau moment de lecture. Far West !

JJJ

Nom série  Al Crane  posté le 04/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Récemment j'ai lu Big Foot et Gus (une excellente BD soit dit en passant, que je recommande chaudement.), deux albums atypiques qui ont le courage de présenter de façon nouvelle un genre devenu bien trop codifié. Je suis un fan de western, j'aime quand les conventions sont intelligemment bousculées, j'aime les oeuvres libérées de tout carcan... comme pas mal de lecteurs... j'aime les surprises.

Al Crane est à mes yeux le plus spaghetti des westerns dessinés, une série qui marie habilement humour et cruauté et ne ménage pas sa peine pour divertir le lecteur.
J'ai pensé aux belles heures du cinéma transalpin en lisant Al Crane, une BD flamboyante et furieuse.
Il serait néanmoins réducteur de dire qu'Al Crane se contente de s'inspirer de l'école Italienne pour pasticher le western, au delà de son côté crasseux cette BD nous offre de grands espaces et d'adroites intrigues. Bien que courtes, les histoires sont souvent passionnantes. On est bien loin de se limiter à de la complaisance.

Graphiquement c'est classique et bien réalisé, agréable à lire.
J'aime cette BD, je la conseille, si vous voulez lire un western, un vrai.

JJJ

Nom série  Beautiful Killer  posté le 27/02/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Brigit Cole, tueuse impitoyable aux yeux vairons, aux capacités phénoménales décide de venger la mort de ses parents. Face à elle, une industrie puissante Meditek qui cherche à dominer le monde de l'industrie pharmaceutique et militaire.
Voilà un pitch digne de toute bonne série Z cinématographique qui se respecte, Julie Strain a du tenir au moins vingt rôles dans des films ayant un scénario identique.

Malgré tout cette BD de pur divertissement décérébré n'est pas mauvaise, le lot de scène d'action est convenable, les rebondissements arrivent au bon moment, il n'y a pas d'abus facile de grosse poitrine et prises au second degré certaines phrases sont carrément fendardes.
Le style graphique employé par le dessinateur est assez audacieux pour changer radicalement de ce que l'on à l'habitude de voir dans ce genre.

Beautiful Killer ou comment se divertir sans trop réfléchir, à un tel niveau d'exagération dans l'histoire tout en étant lisible que ça force le respect!

JJJ

Nom série  Lignes de fuite  posté le 27/02/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La couverture est très jolie, sobre, poétique, une première approche qui donne envie d'ouvrir ce bouquin, d'aller plus loin...

Passons vite sur le style graphique assez vif de l'auteur, mais peu marquant, un dessin en noir et blanc correctement réalisé, sans plus ni moins.
En lisant, on constate tout d'abord une représentation de Hawaii assez inattendue, mis à part quelques scènes fleurant bon l'exotisme des lieux, l'ensemble de l'aventure se déroule de nuit, on y voit de nombreux endroits crasseux et pas mal de sites industrialisés. Loin des images d'Epinal, cela correspond plus sans doute à une certaine réalité qu'aux cartes postales...

L'intrigue proprement dite est correctement écrite, mais d'une banalité presque affligeante, le schéma est classique: Des jeunes un peu perdus, une bande de petites frappes, des remises en question pas toujours évidentes... Rien de neuf là dedans... L'aspect romantique et sentimental prédomine, le côté thriller qui aurait pu sortir cette oeuvre du lot se retrouve étouffé, Ligne de fuite est donc un roman graphique parmi tant d'autres, n'ayant guère plus d'ambition que d'offrir un cadre inédit.

Cet album n'est pas mauvais, il peut même se laisser lire si l'on y tombe dessus par hasard, de là à aller le chercher, c'est une autre histoire.

JJJ

Nom série  Alec  posté le 27/02/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'autobiographie, en Bande dessinée est un thème assez couru de nos jours, un peu moins en 1984 quand était paru en Angleterre le premier volume d'Alec.

Dans Alec, Eddie Campbell se met donc en scène sous le nom d'Alec Mac Garry, un jeune homme de vingt ans, travaillant dans une aciérie et passant le plus clair de son temps libre dans un pub perdu en pleine campagne, le King Kanute. On le voit souvent en compagnie de Danny Grey, un homme plus vieux de quelques années et de ses autres amis. On suit cette bande de jeunes dans leur quotidien ordinaire, composé d'aventures, de beuveries et de toutes sortes de tribulations.
Ce qui risque de heurter dans cette BD, est sa forme, cela paraît souvent décousu, pas forcément raconté de manières structuré, ce sont plusieurs histoires, d'une ou quelques pages, n'ayant pas forcément un lien direct évident, mises simplement l'une derrière l'autre. Des scènes sans forcément un début ni une fin, simplement retranscrites sur le papier. Même si l'ensemble parait assemblé de façon anarchique (surtout au début), les dialogues sont tout de même construits avec beaucoup de soin, ce qui apporte un plus non négligeable au plaisir de lecture, le ton employé est très moderne.

Les aventures sont très "anglaises", ce qui implique qu'il n'est pas facile de tout cerner pour le lecteur français, ces histoires se déroulent à la fin des années 1970, dans un contexte politique et culturel différent de ce qu'il est aujourd'hui, mais c'est aussi l'un des avantages de cette BD, d'être un témoin d'une certaine façon de vivre du monde ouvrier à une période qui n'est pas loin d'appartenir à l'Histoire.
Cependant en restant très premier degré, cette lecture peut aussi s'avérer plaisante, quel que soit l'endroit où l'on se trouve, pas mal d'entre nous peuvent avoir l'impression légitime d'avoir connu des moments similaires de ceux d'Alec et ses potes.
A noter dans ce premier volume, un passage au Touquet pour nos valeureux piliers de pub, qu'Alec n'a pas oublié à ce jour, en raison de sa mésaventure...

Ceux qui ont lu From Hell savent que les dessins d'Eddie Campbell ne sont pas forcément accessibles d'emblée, c'est du noir et blanc plutôt "brut", fortement encré, même si ici le style est à la fois moins travaillé et moins sombre que dans From Hell.

Eddie Campbell est surtout connu en France aujourd'hui comme étant "le dessinateur de From Hell, la BD d'Alan Moore". Avec la publication d'Alec il va peut-être pouvoir être reconnu comme étant un auteur complet, même si je doute qu'Alec, malgré ses qualités emporte totalement l'adhésion.
Quoi qu'il en soit, J'ai apprécié le premier tome. Je lirai la suite avec intérêt. En attendant, je conseille la lecture de ce premier Alec.

JJJ

Nom série  Djinn Djinn  posté le 27/02/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ralf König nous entraîne dans une histoire passant des délices orientaux des Milles et Une Nuit à un univers contemporain... en prenant bien soin au passage d'écorcher gentiment intégristes et autres fondamentalistes de tous poils...

Les thèmes qu'aborde l'auteur ne lui sont pas inconnus, les principaux sont l'homosexualité et la sexualité, le tout emballé dans un humour que ne peux pas vraiment qualifier de conventionnel. L'ensemble peut sembler sulfureux, pourtant on est tout de même plus dans la légèreté que la provocation.
L'aspect érotique de l'histoire se ressent plus dans la crudité des propos que par l'utilisation de scènes de sexe, qui ne sont finalement pas très nombreuses.

Les dessins de Ralf König sont simples, nez et visages ronds, les expressions des personnages sont assez fendardes. Les dessins sont au service de l'histoire, on lit plus qu'on ne contemple.

Djinn Djinn n'est clairement pas le chef-d’œuvre de l'année, mais c'est une BD que j'aurai presque classé en humour tant elle sait parfois faire rire. Un moment de lecture sympathique.

JJJ

Nom série  L'Invention de Morel  posté le 27/02/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai pas lu le roman original d'Adolfo Bioy Casares, une oeuvre fameuse si l'on croit ce qu'en dit Michel Lafon dans la préface du présent album. Je ne suis pas capable de dire si cette adaptation en est fidèle, mais qu'importe après tout, Jean Pierre Mourey nous offre ici sa vision personnelle de cette oeuvre, et, c'est bien évidemment de cette BD que je vais parler en quelques lignes.

Le thème central de cette histoire est l'amour démesuré qu'éprouve un homme pour une femme qui hélas ne semble pas le remarquer. Pour servir ce thème, lui donner une dimension supplémentaire et une originalité certaine, l'auteur se sert d'une incroyable machine, élément capital de l'histoire, dont je ne dirai rien sur le fonctionnement.
Le scénario est aussi complexe que l'architecture de la machinerie, lors de la première lecture, j'ai bien ressenti l'ambiance particulière qui se détache du récit, mais je n'ai pas réussi à comprendre complètement l'histoire. Une deuxième lecture m'a été nécessaire pour bien la cerner. Un point qui s'avère rebutant à mes yeux. Je n'ai rien contre le fait de relire par plaisir, mais je n'aime pas du tout le faire en ayant l'impression de chercher une pièce manquante.
Le style très littéraire de Jean Pierre Mourey, associé au ton que l'on sent très monocorde, employé par les personnages, sont des facteurs qui n'aident pas à l'immersion immédiate, un autre point qui me semble gênant.
Quand on est enfin éclairé sur tous les points -un petit cahier en fin de volume, revenant sur certains évènements clés, apporte une aide supplémentaire en ce sens- la passion que l'on pourrait ressentir pour les personnages, semble bien secondaire en regard de la complexité de l'ensemble...

Bien sûr quand l'on sait quelle est la fonction exacte de la machine, les zones d'ombres disparaissent, mais quand on est confronté à une énigme dans laquelle, ni passion, ni action, ni suspense ne viennent relancer l'intérêt il est difficile de s'accrocher et d'attendre la révélation finale.
Au risque de passer pour un schizophrène, je vais dire que ce scénario est à la fois intelligent et fort peu passionnant.

Les dessins sont agréables, très détaillés pour ce qui est de l'environnement et des décors. Les visages semblent un peu figés, mais c'est l'histoire qui veut ça. Cette BD est entièrement réalisée en bichromie, en variant les couleurs selon les chapitres afin de bien souligner la segmentation de l'histoire.

L'Invention de Morel est une BD qui ne manque pas de qualités sans parvenir pour autant à pleinement séduire. Ceux qui affectionnent le roman original trouveront peut-être du plaisir à la lire... pour les autres, je suis moins sûr.

JJJ

Nom série  Guilty  posté le 27/02/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette BD bien qu'offrant une histoire assez simple, se démarque par l'originalité dont bénéficie sa construction, tant sur le plan graphique que narratif.

Les dessins en noir et blanc d'un trait fouillé et frappant de réalisme de Karl Stevens sont admirables. Karl Stevens a fait poser ses amis pour réaliser cette oeuvre, l'ensemble fait très naturel, de nombreux petits détails rendent les illustrations très expressives, c'est vivant.
Ce parti pris graphique supporte à merveille la narration. Une narration basée sur ce que les personnages disent et pensent. Les bulles exprimant les paroles des personnages sont très souvent accompagnées de bulles de pensées qui contredisent les propos. Une contradiction qui montre que bien souvent ce qui semble être, ce l'on semble ressentir n'est pas toujours vérité, les pensées servent bien souvent à s'évader, se libérer de ce que l'on est obligé de dire.
Au passage les dialogues sonnent juste et sont excellents, dénués de toute forme inutile de cosmétique.

L'histoire n'en est pas vraiment une, ni romantisme, ni même petite aventure, il s'agit en fait d'une photo prise sur le vif de quelques moment de vie des personnages. Des personnages qui ne sont pas très nombreux dans cette BD, mais ils sont décrits avec un tel soin qu'ils semblent réellement exister.

Guilty est par essence un pur roman graphique, un vrai, à lire par les amateurs du genre.

JJJ

Nom série  Le King  posté le 22/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un mythe peut-il mourir?
Ce livre propose un postulat des plus intéressant et pose des questions non moins intéressantes.
Dans cette histoire un journaliste de seconde zone à l'imagination fertile, le très désabusé Paul Erfurt, va être confronté à un personnage mystérieux et charismatique, affublé d'une étrange coiffe, se faisant appeler "le King".
Qui se cache derrière ce casque d'or? Quel est cet homme adulé? Ce personnage à la présence si forte, qu'il parvient à redonner la foi à ceux qui ont renoncé à croire?

Elvis Presley, le dieu du Rock semble être de retour. Entouré de ses fidèles, la star renaissante et dissimulée parle, Erfurt l'écoute avec attention. Le King parle par énigme, Erfurt fouine avec passion. Deux personnages s'opposent, entre faux-semblants et réalités, la frontière s'amenuise au fil de l'histoire, mais le mystère reste entier.
On est pris par ce récit, intelligent et original, on s'y trouve embarqué malgré nous. Je ne suis pas spécialement fan d'Elvis, pourtant je tournais les pages avec frénésie, j'étais impatient de savoir ou me mènerait cette étrange aventure.

Rich Koslowski est doué, il arrive à maintenir le lecteur dans le flou sur plus de deux cent pages, sans jamais user de facilité, sans jamais se contredire ni se répéter inutilement.
L'idée en plus d'être originale, réussissant telle quelle à capter l'attention, se paye le luxe de sortir de son cadre, et, nous pousse à nous questionner sur la capacité de nos convictions et la force de nos croyances.

Et même si l'on ne parvient pas à être touché par tout ça, ce livre offre quand même une histoire magnifique et émouvante, se suffisant amplement à elle-même.
Les dessins sont bons et soignés, le style de Rich Koslowski est très net, la couleur, distillée par petites touches, fluctue légèrement selon l'ambiance, cela colle très bien au ton surréaliste de l'ensemble.

Ce livre est l'une des meilleures surprises que j'ai eue depuis longtemps, une BD inclassable et inventive, une oeuvre qui a amplement mérité son Eisner Eward.
Une Perle!

JJJ

Nom série  Big Foot  posté le 22/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'aime le Western... Quand je vois un Western écrit et dessiné par Nicolas Dumontheuil, je suis donc plutôt emballé.

Pourtant Big Foot m'a un peu déçu, cet univers est peut-être un peu trop codifié pour que Nicolas Dumontheuil laisse libre cours à ses délires habituels. L'auteur m'avait surpris avec sa fable rurale autant décalée que débridée qu'est Qui a tué l'idiot ?, là son Big Foot me séduit beaucoup moins, comme si Nicolas Dumontheuil avait tempéré ses ardeurs.

Attention, cette BD n'est pas mauvaise pour autant, l'univers est magnifiquement retranscrit, le trait si particulier de l'auteur fait honneur aux dessins, les situations sont loufoques... Mais l'histoire peine à décoller, les personnages principaux sont peu attachants, les dialogues -habituellement hilarant de la part de Nicolas Dumontheuil- me semblent moins bien fonctionner... Par exemple son utilisation, certes excessivement typique dans le genre, du mot "négro", fait sourire au début puis ne surprend plus du tout au bout de quelques pages.

Sur l'ensemble de la lecture j'ai eu l'impression que l'excès de facilité avait remplacé l'originalité. Mon premier sentiment est donc mitigé, j'attendrai donc de lire la suite avant de conseiller cette BD.

JJJ

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