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Attention, ceux qui s'attendent à un manga dans le style de "Perfect Blue" seront déçus.
"Kaikisen" sort complètement du genre roman graphique pour s'orienter plutôt vers l'action et le fantastique. Vers l'opposition entre tradition et modernité aussi, d'une manière qui n'est pas sans rappeler Tajikarao, l'esprit de mon village. Les trois générations de personnages (le grand-père, le fils et le petit-fils -- le "héros") incarnent des visions, des époques différentes. Le grand-père est très lié aux traditions, au respect quasi-inconditionnel de la nature. Le père, lui, est résolument moderne : l'homme et le progrès avant tout, qu'elles qu'en soient les conséquences. Le petit-fils enfin, est partagé (déchiré ?) entre ces deux visions, et il va devoir choisir son camp.
Cet aspect n'occupe cependant pas la majorité du livre. Bien que présent, l'histoire est majoritairement plus premier degré, avec une course poursuite à la narration très fluide et dynamique après l'oeuf de l'Ondine (la créature marine qui a passé un pacte avec les humains), entre les partisans du traditionnel et les (méchants) promoteurs assoiffés d'argent... Le résultat est plutôt pas mal et se laisse lire, mais est vraiment sans surprise aucune.
Encore une fois, le dessin et l'ambiance sont forts, mais cela seul risque de peiner à satisfaire un lecteur exigeant... |
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Nom série
Blue
posté le
07/10/2004
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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De loin le meilleur album de la collection paru jusqu'à présent, "Blue" met en scène deux lycéennes -- Endô Masami et Kirishima Kayako -- sur le point de passer le bac [1] et leurs émois... disons amoureux. Car ici la frontière entre l'amitié et l'amour s'estompe, laissant la place à un sentiment de partage, de bonheur, qui emprunte largement à ces deux autres sentiments.
L'exploration de ce sentiment est assez confondante de justesse. De vérité également. Sa profondeur et ses contradictions sont très bien montrés, là encore avec une incroyable justesse, avec une grande intelligence. Et la manière de le décrire est parfois époustouflante.
Car le graphisme de Nananan a beau être d'une sobriété assez extrême, d'un dépouillement parfois total (certaines cases entièrement noires ou blanches), il est aussi d'une efficacité exemplaire et d'une adéquation totale. Les gros plans sur les visages sont nombreux mais aussi et surtout sur les parties du corps : mains, bouches, pieds... et ils véhiculent une vraie signification. L'"interruption" par des cases noires ou blanches est elle aussi pleine de sens et utilisée de façon magistrale... un peu de la même façon que ces grandes cases verticales ou horizontales qui "coupent" le récit, qui induisent un temps d'arrêt dans le regard du lecteur.
En toute sincérité, ce graphisme est très dépouillé, c'est vrai. Il peut rebuter, c'est sûr. Mais il est si bien maîtrisé, en si parfaite adéquation avec ce que l'auteur veut exprimer, qu'il est absolument sublime. Et il se révèle en fait sobre, d'une beauté pure.
Le point noir de cet album par contre, c'est les personnages... Ils se ressemblent fortement et ne varient guère que par leur coupe de cheveux, ce qui induit une certaine confusion... d'autant plus qu'ils s'adressent tantôt par leur nom tantôt par leur prénom. Alors mémorisez les bien dès le tout début, sinon comme moi vous serez obligés de relire l'album.
[1] plus précisément de finir leur dernière année de lycée. Elle s'apprêtent donc à entrer en fac, si elles réussissent le concours d'entrée. |
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Je l'attendais avec impatience, et pourtant en lisant ce tome je lui ai trouvé de gros défauts. Mais pas de petites choses, non, des défauts dans sa conception même.
Déjà il s'agit d'une biographie, et non d'une autobiographie. Celle-ci est réalisée par Tezuka Productions. Graphiquement ça ressemble beaucoup à du Tezuka, y compris au niveau des cadrages parfois étonnants et du découpage souvent vivant. Oui, mais ça ne fait qu'y ressembler. Car en y regardant bien, l'adéquation découpage / récit est franchement médiocre. Là où Tezuka réussissait avec une économie de moyen paradoxalement alliée à des choses étonnament novatrices, ici on n'a qu'une copie assez pâle, sans le génie qui va avec.
Ensuite, cette biographie justement, est à peu près le pire de ce qu'on peut faire dans le genre. Si vous la lisez, vous ne pourrez qu'imaginer tout le personnel de Tezuka Productions en larmes et à genoux devant la statue de leur dieu. Car en effet cette biographie est désespérément admirative. Même les rédactions de sixième du petit Tezuka y sont décrites avec un commentaire du style "déjà on devinait son génie". Et c'est comme ça tout le long de ce tome. 
Enfin, la narration assurée par l'Oncle Moustache (toujours le sourire aux lèvres) impose une distance énorme entre le lecteur et le récit. Il est en particulier impossible de s'identifier un tant soit peu à Tezuka.
En plus les épisodes courts s'entassent les uns sur les autres, et paraissent parfois très peu significatifs. Bon, c'est à double tranchant, car -- et là on en vient aux deux points positifs -- ce tome est très riche en informations (heureusement), et on apprend pas mal de choses sur l'origine de certains personnages, thèmes et idées récurrents dans l'oeuvre de Tezuka.
Le dernier tiers de l'album laisse espérer (pas trop quand même) que le ton des tomes suivants sera moins mièvre. Croisons les doigts, parce que 4 tomes comme celui-ci, ce serait insupportable ! Intéressant donc, mais vraiment trop mièvre. |
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Nom série
Gilgamesh
posté le
05/10/2004
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Ah.
Après La nuit de l'inca, les deux compères poursuivent dans l'Antiquité avec cette fois le plus célèbre des mythes sumériens (vous me direz fort à propos qu'on n'en connaît pas forcément beaucoup d'autres... et non, Conan le Barbare ne compte pas !).
N'ayant pas connaissance autrement que par la plus grande des généralités du mythe de Gilgamesh, discuter de son adaptation m'est impossible. Mais à la lecture on ne peut que sentir que l'histoire, le rythme, la narration, sont inhabituels. La part aux songes prophétiques ou symboliques est belle. Les personnages sont d'abord bien campés dans leur rôle, mais loin d'être monolithiques c'est leur évolution qui représente une part importante du récit, dont les aventures (au goût souvent très archaïque) ne sont que la surface. Et les choix, les actions des personnages restent parfois assez mystérieux. L'ensemble donne une impression de densité agréable : les péripéties (scènes, aventures, etc.) sont nombreuses, et l'album conserve tout de même une excellente lisibilité. Il faut croire que le travail d'adaptation est réussi. En tout cas le résultat est bon.
Le dessin de Duchazeau donne à l'ensemble un aspect farouche, intransigeant, et adopte des couleurs discrètes, presque ternes.
L'album en tout cas donne envie d'en savoir plus sur ce mythe, et entraîne, envoûte. Le tome 2 devrait donner tout son sens à cette série, si j'en crois les résumés du mythe "Gilgamesh" que j'ai pu lire. |
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Nom série
La tragédie de P.
posté le
03/10/2004
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Rumiko Takahashi, l’auteur de Ranma 1/2, signe ici un recueil de nouvelles absolument délicieux, dans la même veine que Le chien de mon patron. Les différentes histoires ont pour point commun une grande fraîcheur et jouent toutes sur les apparences, qui finissent toujours par dévoiler une histoire différente de celle qui paraissait pourtant si évidente.
Entre quotidien et fantastique, l’album fourmille de détails et de références à la vie courante et aux us et coutumes japonais. Pour autant, ils sont si bien intégrés et paraissent si clairs qu’au lieu de gêner la compréhension, ils viennent au contraire l’enrichir.
La touche d’humour et de recul omniprésente de l’auteur confère à ce qu’on pourrait autrement qualifier de roman graphique une légèreté formidable, rappelant sans cesse le statut de fiction de l’ensemble. Le résultat est frais, léger, drôle, surprenant, varié, et vraiment, vraiment agréable à lire. |
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Nom série
ALIEEN
posté le
02/10/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus) |
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A.L.I.E.E.N. (Anthologie de Littérature Infantile Extraterrestre Egarée Négligemment) est le dernier album de Trondheim en tant que dessinateur, puisqu’il abandonne cette activité jusqu’à nouvel ordre.
L’idée et la présentation sont intéressantes, et on pouvait s’attendre de la part d’un auteur qui a pas mal expérimenté à quelque chose d’original. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Certes, le dessin change de ce à quoi il nous a habitués (avec en particulier des couleurs et une impression rappelant fortement des magazines très bas de gamme). Certes, le découpage des chapitres est plutôt bien réussi, avec des histoires qui se croisent et qui au fur et à mesure de la lecture bâtissent un tout cohérent (un peu à la façon de "Pulp Fiction"). Certes les aventures sont parfois drôles, parfois cruelles, souvent étranges et mélancoliques.
Mais il n’y a là rien de révolutionnaire, et de loin. On peut en particulier regretter la stricte conformité de cette bande dessinée qui se veut pourtant extraterrestre aux codes de notre bande dessinée terrestre. Il y aurait pourtant eu de quoi se laisser aller, imaginer, déstructurer et éclater les codes [1], révolutionner, bref, faire une grosse orgie sur la façon de raconter…
Alors même si effectivement j’ai parfois ri (l’avant-dernier chapitre, en particulier !), même si l’émotion passe parfois, et même s’il s’agit là du dernier album de Trondheim, LE auteur qui m’a redonné goût à la bande dessinée il y a quelques années, il faut bien reconnaître que cet album est très dispensable.
[1] Je plaisante, mais vous comprenez l’idée. |
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Nom série
Forget Me Not
posté le
02/10/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus) |
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"Spirit of Wonder" (du même auteur, bien sûr) déjà me laissait un peu dubitatif. Quoique plaisant, l’ambiance créée était un élément majeur de l’appréciation qu’on pouvait avoir sur cet album. Tellement majeure même, qu’on pourrait presque penser qu’elle est développée au détriment de l’histoire. Ici c’est pire, car l’ambiance est encore plus primordiale. Certes, cette Venise imaginaire a ses charmes. Certes aussi, le graphisme de l’auteur est très séduisant (on dirait d’ailleurs bien que la collection s’articule particulièrement autour de cet axe-là). Mais outre le fait que les aventures de Mariel Imari, détective en instance d’héritage luxueux, ne représentent que quelques tranches de vie très partielles, ce qui a surtout handicapé ma lecture c’est la narration : c’est bien simple, on a vraiment du mal à suivre. Le passage de scène a scène est souvent très peu clair, et certaines séquences sont assez incompréhensibles. Ajoutons à cela que les histoires ne sont pas franchement passionnantes, qu’elles finissent parfois un peu en eau de boudin ; saupoudrons de quelques fautes de conjugaison assez énormes (pour une collection qui se veut intimiste et bien faite, ça ne fait pas vraiment sérieux), et on obtient un ouvrage dont on se passe très bien. |
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Nom série
Zed
posté le
01/10/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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Bon, je l'avoue, je prends un certain plaisir à dénicher ces vieux mangas de chez Casterman ou Glénat, désormais presque complètement inconnus.
En l'occurence, un one shot scénarisé par Katsuhiro Otomo, il y avait de quoi avoir l'eau à la bouche, d'autant plus qu'il a donné lieu à un anime assez connu, Roujin Z. L'histoire commence bien, avec une proposition pour faire face au problème du nombre grandissant de personnes âgées en besoin constant de soins : un lit robotisé, ordinatorisé et complètement autonome, à même de faire face à toute situation. Sauf que l'aspect humain est complètement gommé. Le cobaye qui subit ce test donc, se révolte... et son lit avec. Car en fait de lit, c'est un robot évolutif, qui peut se modifier de façon presque organique, intégrer d'autres matériaux, bref un blob robotique.
Jusque là c'est plutôt bien traité. L'opposition chaleur humaine / froideur robotique (et au-delà, d'un sytème très peu humain que l'on veut mettre en place), quoique très classique et criticable, fonctionne, et les personnages sont plutôt attachants (aaah, le vieux hacker, ça c'est un beau portrait !). Le problème, c'est que tout cela perd rapidement en "profondeur" pour ne plus garder que le côté superficiel de la chose, et on en vient à... deux robots qui se tapent sur la gueule. 
Tout ça pour ça, c'est un peu dommage. Alors même si l'album n'est pas déplaisant, ne pas le lire n'est pas une grosse perte. |
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Nom série
Un été andalou
posté le
01/10/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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Me voilà bien embêté pour dire quelque chose sur cet album... Les différentes histoires qui le composent sont en effet très particulières, montrant des Tranches de vie et finissant donc souvent en queue de poisson, laissant une sensation d'inachevé, d'interrompu, parfois tout simplement frustrante. En plus les aubergines ne sont qu'un prétexte, la plupart du temps complètement anecdotique (on est donc bien loin d'une quelconque unité).
Malgré cela, le graphisme est vraiment très séduisant et la narration très adaptée aux situations relatées. Je ne regrette donc pas son achat, mais je peux difficilement le conseiller, sauf si vous êtes féru du genre. :o|
Petit mot sur les albums de la collection Saka : grand format (15 x 21 cm), assez lourd, avec jaquette, et couverture de l'album d'un bleu intense. Papier, impression et adaptation de bonne qualité. Par contre on a parfois un peu de mal à savoir qui dit quoi, du fait d'une orientation particulière des bulles. |
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Après un Pourquoi Pete Duel s'est-il suicidé ? assez glauque, à la limite du déprimant, mais très bien rendu et très efficace dans son genre, on pouvait s'attendre à un album assez désespérant. Et effectivement, "Mariée par correspondance" ce n'est pas un roman à l'eau de rose ni la description d'une intégration réussie.
Les deux personnages principaux se sont mariés par correspondance et ne se connaissent donc pas. Une gène se fait donc sentir. Mais la gène en question ne va pas s'estomper. Les personnages ne vont pas apprendre à se découvrir. Ils ne vont pas composer. Au contraire, leurs différences vont se montrer de plus en plus clairement, et apparaître de plus en plus fondamentales aux yeux du lecteur. Qu'on pense à "La guerre des Rose", et on verra un peu le genre de mécanisme infernal qui se met en place. Divergence des intérêts qui deviennent divergence des personnalités. Désir de s'envoler mais pieds pris dans le ciment...
Mais si cet aspect occupe la majeure partie de l'album, c'est bien la fin qui m'a convaincu, puisqu'elle échappe justement à ce mécanisme. Elle rappelle un peu certains films asiatiques (Old Boy, par exemple, puisqu'il vient de sortir) où les personnages ne sont pas exactement ce qu'ils paraissent à première vue et où les personnalités se brouillent de façon étonnante.
C'est noir, oui, mais c'est tellement vrai. |
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Nom série
Alim le tanneur
posté le
13/09/2004
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Derrière une couverture qui non seulement passe complètement inaperçue mais en plus n'est pas des plus jolies, se cache un petit bijou (c'est en gras pour qu'on le voit).
Le dessin de Virginie Augustin (issue de la célèbre école des Gobelins -- où on dirait que Delcourt a installé un bureau de recrutement -- et du monde de l'animation et dont c'est le premier album) est en effet absolument magnifique, dans la lignée des Morgana, Le jour des magiciens et autres Sky Doll. C'est rond, c'est joli à un point tel que c'est superbe, et comme si ça ne suffisait pas, les couleurs sont à se taper le cul par terre. Euh, enfin elles sont magnifiques, quoi. ^__^
La crainte pour ce genre d'album est évidemment le scénario. Parce qu'une histoire toute pourrie très joliment illustrée restera une histoire toute pourrie.
Eh bien "Alim le tanneur", ce n'est pas tout pourri ! Au contraire, Lupano est parti sur l'idée d'opposer la religion en tant que croyance avec la religion en tant qu'instrument de pouvoir, ce qui confère une substance plutôt agréable à l'histoire. En outre, le fait d'avoir placé le récit (assez fantasy dans l'esprit) dans un décor oriental lui donne une saveur vraiment sympathique, qui change un peu des stéréotypes du genre.
Alors ce tome 1 est un véritable régal pour les yeux et l'histoire est à la fois légère (mais pas dénuée de substance !), un peu ironique, et prenante. Une excellente surprise.
Bonus : Interview de Wilfrid LUPANO & Virginie AUGUSTIN par Delcourt. |
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Ah. Pourqoi Pete Duel s'est-il suicidé ? Peut-être parce qu'il a lu un bouquin comme celui-ci...
Cet album est une succession de toutes petites scènes, de courtes "tranches de vie", mais dans ce qu'elles peuvent avoir de plus sombre. Elles construisent au fur et à mesure un désespoir absolu, irrémédiable... et sans aucun espoir, tout simplement. La première histoire donne d'ailleurs parfaitement le ton du reste de l'album. Le pire, c'est quand une histoire fait résonner certains échos dans le vécu du lecteur, là on commence à flipper. O_o
Alors à lire, oui, en gardant à l'esprit que c'est vraiment un album particulier et qu'on ne va certainement pas le lire pour passer un bon moment, maintenant l'acheter, même s'il est très fort dans sa catégorie... |
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J'ai lu le tome 1 immédiatement avant le tome 2, mais même sans ça mon impression aurait été moins bonne que la plupart de celle des posteurs ici.
En effet, le tome 1 en question joue quand même sur d'assez grosses ficelles : rejet des étrangers, peur et haine de l'autre avec des conséquences violentes, amitié des enfants malgré cela, le tout saupoudré d'un soupçon de mystère. Alors oui, ça se lit très bien, mais bon, ça n'est pas transcendant pour autant. Mais le dessin (et les couleurs !) sont superbes, et sont un vrai plaisir à l'oeil.
Le tome 2 par contre, place le tome 1 sous un jour étrange. C'est bien simple, on se demande à quoi il a servi ? Ô_Ô
Il "reprend" assez mollement quelques souvenirs, mais si le tome 1 avait été remplacé par quelques pages insérées dans ce tome 2, le résultat au niveau du scénario aurait été le même. L'impression de rupture est vraiment forte, et c'est en fait le tome 2 qui donne son sens au tome 1 : c'est lui qui fait comprendre ce que voulaient faire les auteurs. Car on aurait pu sans problème imaginer plein de suites très différentes de celle-ci, qui n'est pas exactement celle à laquelle on pouvait s'attendre.
On tombe donc dans une histoire beaucoup moins charmante, et au final (une fois que le fin mot de l'histoire est révélé) un peu terne, assez "banale", aurais-je envie de dire, dans le sens où le côté fantastique est présenté de manière très factuelle. En plus l'histoire connaît quelques longueurs et manque un peu de rythme.
Bref, c'est beau, c'est pas mal du tout, ça mérite certainement le détour, mais je n'ai trouvé ça ni exceptionnel ni superbe. Et puis les quelques pages de la fin m'ont vraiment parues superflues...
Et félicitations aux auteurs qui ont tenu à ce que cette histoire soit publiée en seulement deux volumes (96 pages chacun, tout de même), c'est assez rare pour être signalé. |
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Nom série
Concrete
posté le
06/09/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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Sur un autre site moins brun et plus bleu, un dossier sur "Concrete" m'avait donné envie de le lire. Du coup, la lecture de cet album m'a permis de mesurer les zones d'ombre du dossier en question... et m'a un peu déçu.
Ce tome 1 de l'édition française n'est en effet pas le tome 1 original, et de loin. Il s'agit de la mini série "Etrange armure", qui relate la genèse de Concrete. Pour diverses raisons (voir le dossier), ce choix semble très cohérent. Par contre, la narration semble souffrir pas mal de cela. Sans avoir lu les autres tomes (et donc sans pouvoir comparer), il me semble que l'histoire ici est condensée, un peu comme si l'on racontait des souvenirs connus. Cela créé un rythme un peu bizarre, et ne permet pas vraiment de s'attacher aux personnages dont on perçoit mal le caractère, l'état d'esprit... à part Concrete, bien sûr.
Comme en plus ce livre fait 120 pages, l'impression de densité atteint le point critique et on a du mal à le finir. Enfin en tout cas vous en aurez pour votre argent en terme de temps de lecture ! O_o
Sinon le dessin ne me plaît vraiment pas plus que ça. Autant la couverture est superbe et les illustrations de débuts de chapitres magnifiques, autant le dessin est relativement quelconque et les couleurs assez ternes. Enfin bon, les goûts et les couleurs (ternes), hein...
Dernier point, le thème de l'emprisonnement dans un corps étranger, de l'altérité, de la condition humaine, qui paraissaient prometteurs... eh bien à vrai dire j'y ai été aussi insensible que Ron Lithgow. :o|
Bref, je suis assez déçu par ce premier tome, qui malgré tout ceci se lit bien. Je devrais sûrement regarder les véritables premiers épisodes de la série... |
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Nom série
V pour Vendetta
posté le
03/09/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus) |
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Aïe aïe aïe. Une si mauvaise note pour ce qui est considéré comme un des trois chefs d'oeuvre (avec Watchmen et From Hell pour ceux qui auraient un doute) d'Alan Moore ? Eh bien oui, et ce n'est même pas à cause du dessin (suffisamment repoussant pour avoir gêné ma lecture) ou des couleurs (hideuses, finalement la mise en couleurs du tome 2 de "Trop de bonheur" n'est pas si mal que ça).
Non, il s'agit vraiment de l'histoire. Certes, l'idée de départ est aussi intéressante qu'ambitieuse, et cette dictature à la 1984 bénéficie d'un contexte historique agréablement travaillé. Sa solidité est loin d'être à toute épreuve et le personnage de "V" s'engouffre dans ses failles, la faisant vaciller d'une manière qui peut paraître artificielle, mais qui démontre ses limites.
Ce qui m'a véritablement rebuté en fait, c'est que tout cela est d'une épouvantable théâtralité. Autant Moore est magistral dans la construction d'une biographie imaginaire d'un Jack l'éventreur, autant il est sublime dans son analyse de notre monde à travers les Watchmen, autant il en fait beaucoup trop ici. Les ficelles sont grosses, elles sont usées, et en plus il en rajoute : le personnage de "V" est proprement insupportable, on dirait presque le Arsène Lupin de Maurice Leblanc ! Son histoire également est dénuée de subtilité, et on voit effectivement venir la fin (même si elle est bien mise en scène) de loin.
Finir cet album a été pour moi un véritable calvaire. Autant je relirai les autres oeuvres d'Alan Moore avec plaisir (y compris ses séries plus "mineures"), autant là ce livre risque de rester fermé longtemps. Ceci étant dit, la célébrité et la renommée de cet album en font une bd culte de facto. A lire donc, ne serait-ce que pour la connaître.
PS : Ah oui, et Alix a raison dans son PS. Lire cet album en VO est vraiment difficile, voire carrément pénible pour les différents accents. |
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Bonne surprise ! Les petites scènes d'une, deux, trois pages, se multiplient, montrant différents personnages et tissant au fur et à mesure des tranches de vie, établissant des liens, dressant des portraits qui gagnent agréablement en complexité. "Pulp Fiction" serait presque simple en comparaison. ^__^
Attention, c'est du roman graphique ! Ca ne va nulle part, ça se contente de développer des personnages, de montrer des relations, d'explorer des sentiments. Mais dans le genre c'est une franche réussite. |
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Nom série
Shaolin Moussaka
posté le
03/09/2004
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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Comment tuer un album avant de le publier ? Facile : il suffit de faire paraître une seule page par mois dans un magazine. Le résultat est nettement plus indigeste que la pire moussaka. 
L'album entier par contre est bien plus sympa. C'est du grand n'importe quoi, un gros délire joliment illustré qui peut certes facilement gaver, mais qui m'a plutôt plu. Par contre, publier ça dans une version avec jaquette à 15 euros c'est déjà fort, mais l'acheter, ça ça serait n'importe quoi. Ils sont pas bien chez Delcourt, eh oh, faut arrêter le délire... Ô_ô |
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Graphiquement superbe, ce premier tome est malheureusement très confus. Les auteurs multiplient les pistes qu'ils n'exploitent pour l'instant pas du tout, donnant l'impression (plutôt artificielle ici) de "vouloir entretenir un lourd mystère". Et puis les personnages sont un peu trop adolescents et me font furieusement penser que cette série est destinée à un public lui aussi adolescent. Non que ça soit un mal, et d'ailleurs le ton et le rythme peuvent rappeler certains bons animes, mais bon, cela reste trop confus, trop classique pour le moment.
Si c'était un manga, ça passerait sûrement très bien, puisqu'on aurait 200 ou 300 pages et que la mise en place serait probablement plus développée, mais là on aurait plutôt tendance à voir venir la série en 6 tomes où il ne se passe finalement pas grand chose (même si c'est très beau). 
A lire, oui, pourquoi pas, mais à acheter, euh, pas pour moi, merci. |
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Tout petit album (format, nombre de pages et prix) dans la même veine que le "Portrait inédit de Arthur Cravan", "Portrait inconnu de John Hume Ross" paraît bien austère. Couverture peu attirante, graphisme plutôt rébarbatif, récit qui semble décousu, presque pas construit et auquel on ne comprend pas grand chose, autant d'éléments qui ne pèsent pas en sa faveur.
Sauf que...
Sauf qu'au fil des pages et d'une ambiance bien mystérieuse et prenante, on commence à comprendre où Squarzoni veut en venir. Dans mon cas ça a fait "tilt !" vers les 3/4 de l'album et c'est avec un grand plaisir que je l'ai fini, me remémorant les images d'un célèbre film auquel vous ne pourrez manquer de penser si vous lisez cet album.
Achat conseillé pour faire un 3+, mais l'effet de surprise ne marche évidemment que la première fois. A vous de voir si ce genre d'ouvrages doit se trouver dans votre bdthèque. |
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"Pas mal" est un bon qualificatif pour ce manga d'horreur. Sans égaler Spirale qui reste pour moi à ce jour la référence du genre en France, il faut reconnaître que certaines scènes sont un peu flippantes. Il faut malgré tout mettre de la bonne volonté pour entrer dans l'histoire, qui même si elle fait montre d'une gradation sympathique (un petit incident qui va peu à peu dégénérer en une situation grotesque et affreuse), présente divers aspects un peu rebutants ; principalement les codes et clichés du genre qui pour un européen paraissent légèrement décalés, comme le visage horiblement allongé de la femme, qu'on retrouve par exemple dans La Femme Défigurée, certaines situations, quelques "trucs" graphiques...
Album qui fait plutôt dans l'angoisse que l'horreur, il se lit très bien, reste plaisant, mais ne laisse pas un souvenir inoubliable. |
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