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Nom série  Entre les lignes  posté le 07/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après avoir fait de Notre Mère la Guerre, avec Kris, un classique incontournable du récit de guerre mâtiné d'enquête policière, Maël revient, malgré ses réserves, au genre et à l'époque et nous propose un album à part.

A part car il s'agit d'une fiction, inspirée par les photos, l'herbier, le carnet de notes et les cartes qui appartenaient à Julien dit Marceau Lafougère, instituteur enrôlé dans la tourment de la première guerre mondiale, et mort au champ d'honneur quelque part dans la vallée de l'Ourcq en août 1918... Des souvenirs, des témoignages, dont a hérité son arrière-petit-fils, Vincent Odin, qui souhaitait que la mémoire de son bisaïeul perdure sous une forme ou sous une autre. Alors Maël a repris son bâton de pèlerin, qui ressemble furieusement à des pinceaux d'aquarelle, pour se replonger dans l'horreur sans nom, les odeurs putrides, les tranchées fangeuses...

Marceau Lafougère était instituteur, et il avait une sainte horreur des armes, préférant prélever un brin de verdure pour alimenter son herbier plutôt que tirer sur ses adversaires. Nonobstant, il mit un point d'honneur à étudier ses "outils", tels que les grenades citron ou la mitrailleuse qu'il fut amener à manipuler... Ses carnets sont remplis de croquis, de cartes, de notes concernant tout cela et son environnement, et Vincent Odin proposa à Maël d'insérer ces précieuses pages dans l'album sur lequel il travaillait. Il s'agit donc d'un objet hybride, majoritairement composé de bande dessinée, racontant des instants d'une véracité troublante, mais faux, comme l'indique Maël. Ses pages, toujours aussi saisissantes, sont entrecoupées d'illustrations de son oeuvre, se référant parfois à "Notre Dame la Guerre", mais aussi des reproductions des notes de Marceau, ses croquis... Il y a même un extrait d'un manuel d'infanterie et la lettre d'un camarade annonçant sa mort à ses proches.

Forcément et fortement émouvant. Magnifique ouvrage.

Nom série  Sampiero Corso  posté le 08/03/2013 (dernière MAJ le 04/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Frédéric Bertocchini continue à explorer l'histoire corse au travers de ses figures emblématiques. Il nous parle donc ici de Sampiero di Bastergà, dit Sampiero Corso, qui vivra à l'époque de François 1er et se rendra célèbre par de hauts faits d'armes.

Son personnage est marqué par une fidélité sans faille à la Corse, son île natale, aux Medicis, contre les Génois (dans cet ordre de priorité). Ce qui le rendra légendaire. Le premier tome s'attache à ses 45 ou 50 premières années, lorsqu'il acquiert et accroît ses appétences pour les armes. Je trouve que l'on passe un peu vite sur tout ça, Sampiero rencontre le fils Medicis, prouve sa valeur dans un combat, devient son meilleur ami, puis une sorte de légende militaire. Le tout en quelques pages qui retracent une vingtaine d'années. Un peu trop rapide...

Le second revient sans doute sur ses années de résistance sur l'Ile de Beauté. Une période nettement plus courte, avec beaucoup d'action, de combats, de scènes intimes avec ses proches. C'est plus agréable à lire, et l'on prend mieux la mesure de la stature du vieux lion corse.

Le dessin d'Eric Ruckstuhl est... particulier. Ses personnages semblent ne jamais avoir la même tête, la mise en couleurs paraît datée, et parfois les cadrages sont étranges, sans justification. Par contre sa reconstitution des décors et des costumes d'époque semble reposer sur une solide documentation, et du coup vaut le coup d'oeil.

L'histoire sera bouclée en deux tomes, ce qui me paraît un peu trop rapide pour évoquer de façon totalement intéressante une figure qui semble très riche. Mais les amateurs d'épopée et de l'époque de la Renaissance y trouveront sans doute leur compte.

Nom série  Le Ventre de la Hyène  posté le 02/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très bel album.

Je pense que l'éclatement du cadre historique et géographique a permis au scénariste de laisser libre cours à son imagination, son envie de raconter des choses plus fortes, plus rageuses que ce qu'il avait fait jusque-là. Un récit sans concession donc, empli de haine et de violence, et dont les images, sans être insoutenables, sont quand même assez fortes.

Le travail de Christophe Alliel semble exploser sur cet album. Il s'attache à rendre de façon aussi réaliste que possible, avec quelques détours en termes de mise en scène, les situations à la limite de la rupture écrites par Clément Baloup. Un très beau boulot, qui prouve qu'on peut le voir sur autre chose que sur Spynest, où il est déjà très bon.

Nom série  Coluche : une vie d'enfoiré  posté le 02/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Juste après Johnny, François Dimberton et les Editions Jungle rendent hommage à une autre vedette populaire : Michel Colucci, dit Coluche.

On ne présente plus, ou presque, celui qui eut une carrière de comique fulgurante, eut une parenthèse politique courte mais intense et éclairante sur les moeurs du milieu, et finit sa vie, après avoir marqué à jamais la société française, de façon tragique. Bien sûr, on connaît les grandes lignes de tout cela, mais savait-on que Miou-Miou fut sa petite amie ? Que sa passion secrète était de fabriquer des chaussures ? Qu'en tant que postier, il refusait de distribuer les télégrammes porteurs de mauvaises nouvelles ? Tout cela, et bien plus encore, on le trouve dans ce gros one-shot de 80 pages. Ainsi le scénariste a pu prendre son temps et bien raconter son histoire, sélectionner les moments forts, mais aussi montrer quelques parties plus intimes avec sa femme, ses enfants, dont le départ a failli le faire plonger dans les noirceurs de l'âme. Un personnage controversé, à qui François Dimberton rend un bel hommage.

Il est accompagné de Rémi Torregrossa, qui venait de finir Triskell, et qui met son style très agréable et propre au service de l'histoire d'une figure française des années 1970 et 80.

Un bel hommage, donc, très éclairant.

Nom série  Daytripper (au jour le jour)  posté le 02/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent album.

La vie, la mort, l'amour, l'amitié, et tout ce qui les entoure... Il faut prendre cet album non comme une histoire linéaire, mais plutôt comme une infinité de possibilités, de variations autour d'une vie. J'avoue, je n'ai compris qu'au bout de trois chapitres ce principe, mais cela m'a ensuite aidé à comprendre, et donc à apprécier ce récit à tiroirs, l'histoire de Bras avec tous les tournants qu'elle prend, tous ces instants de vie qui auraient pu être le dernier, entre 0 et 76 ans.

La finesse du récit n'aurait pas eu autant d'impact sans un dessin puissant, comme l'indique Craig Thompson en postface ; c'est bien évidemment le cas, il y a une véritable osmose entre les deux pour ce récit réalisé entièrement à quatre mains par deux jumeaux. Il y a des envolées lyriques dans cette mise an abyme de l'histoire d'un homme dont le métier est d'écrire des nécrologies, dont le talent d'écrivain ne demandait qu'à éclore avec l'extinction de centaines de vies... Une coïncidence qui n'en est pas une, bien sûr, et qui rajoute une nouvelle dimension au récit, qui gagne encore en qualité.

Incontournable.

Nom série  Steve Lumour, l'art de la winne  posté le 01/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah, l'humour... Un genre artistique, et même un métier pour certains... À mes yeux Fabcaro en est l'un des plus dignes représentants en BD.

Une fois encore il fait mouche avec cette mise en abyme, cette biographie d'un humoriste pathétique. On pourrait presque y voir une peinture au vitriol de certains "comiques" connus, même si le vitriol est un peu périmé ici. En effet, tout comme Solange, j'ai trouvé que l'auteur n'allait pas assez loin dans le méchanceté, c'est aussi un peu court pour être vraiment efficace.

En tous les cas, de Fabcaro pur jus. À lire !

Nom série  Johnny  posté le 30/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici donc l'adaptation de l'une des biographies autorisées de l'idole des jeunes. Bien que je ne sois pas vraiment fan de l'artiste, j'étais curieux de lire cette histoire, afin de comprendre un peu mieux sa trajectoire.

Ce premier tome retrace en fait la jeunesse de Jean-Philippe Smet, de la rencontre de ses parents pendant la guerre, jusqu'à sa rencontre, à l'âge de 19 ans, avec la première femme de sa vie, Sylvie Vartan. Un parcours non dénué d'embûches, entre l'abandon de son père, la vie de bohême dans une famille élargie et recomposée, puis un cap dès qu'il sait, vers l'âge de 12 ans, qu'il veut faire carrière dans la musique. Ce n'est pas inintéressant, les auteurs, comme souvent dans des biographies, s'attachant à des moments marquants de l'existence du sujet.

Côté dessin, c'est Jean-Claude Bauer, qui travaille aussi sur Spyware, qui réalise les planches. Avec toujours ce souci dans les morphologies, les visages... D'autant plus difficile qu'il doit sans doute composer avec une iconographie existante, qui l'empêche de véritablement composer ses personnages.

Ce n'est pour l'heure pas palpitant, et le dessin mérite d'être mieux maîtrisé. Je lirai la suite par curiosité.

Nom série  Jan Karski, l'homme qui a découvert l'Holocauste  posté le 23/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'horreur, la nausée, le dégoût encore une fois face au spectacle des camps d'extermination nazis, du ghetto de Varsovie...

Marco Rizzo a choisi de nous conter tout cela du point de vue de Jan Kozielewski, jeune Polonais de Varsovie, qui va jouer les espions pour le compte des Alliés au coeur de la barbarie du centre de l'Europe. Une mission pour laquelle il n'était pas forcément fait, mais qui le serait ? Le jeune homme aura presque tout vécu, entre les arrestations, la torture, l'exil, il est passé dans le ghetto de Varsovie et un camp d'extermination (on ne sait pas lequel, mais peu importe, finalement). le personnage n'est pas idéalisé, il s'agit simplement d'un jeune homme intelligent, courageux, sensible et déterminé, qui a traversé la tourmente et l'Europe pour faire connaître au monde l'horreur.

Comme il l'indique lui-même en postface, Marco Rizzo a pris quelques libertés avec la réalité historique, et en particulier celle de Karski lui-même, puisqu'il a raconté son histoire dans un ouvrage. Sélection de certains passages, compressions de moments-clés, expansion d'autres, petits arrangements géographiques ou biographiques (notamment sur certains personnages secondaires). Mais qu'importe finalement, l'essentiel est là, faire connaître ce héros méconnu.

Le choix de confier le dessin à Lelio Bonaccorso était risqué, car son style élégant, un peu épuré à la manière de Tony Sandoval, semblait trop décalé par rapport aux horreurs traversées par Karski. mais il sait s'adapter, et ses planches du ghetto de Varsovie, plus que celles d'Auschwitz (ou quel que soit le camp que visite l'espion polonais) sont glaçantes dans leur crudité, leur dénuement et leur chaos.

Sans jouer la carte de l'apitoiement ni celle de l'idéalisation, il s'agit d'un one-shot tétanisant et inoubliable. Un vrai devoir de mémoire.

Nom série  Ultime Frontière  posté le 22/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est vrai qu'avec Leo les séries se suivent... et se ressemblent. Même lorsqu'il ne les dessine pas.

Une fois encore, une planète extérieure, une faune et une flore débridées, la lutte contre une société injuste. Les personnages sont une fois de plus caricaturaux, mais le scénario, qui rappelle un peu la série X-Files avec son côté "le monstre de la semaine", est assez plaisant.

Comme l'a signalé Mac Arthur, cet homme de goût en plus d'être imposant, ce qui change (un peu) par rapport aux séries précédentes, c'est le cadre ''western'', qui propose une variation pas inintéressante.

Le dessin d'Icar a un peu évolué depuis Terres Lointaines, mais il reste encore un peu raide, notamment sur les personnages.

A suivre, par curiosité.

Nom série  Universal War Two  posté le 12/11/2013 (dernière MAJ le 22/10/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On l'attendait ce premier tome du second cycle, depuis 7 ans. Denis Bajram a alors affirmé qu'il avait toujours été question de trois cycles de 6 tomes, et du coup la magnifique réussite d'Universal War One prend une nouvelle dimension, une nouvelle saveur, d'autant plus que l'auteur a su rebondir sur l'actualité en adaptant son script d'origine.

D'entrée de jeu, ce nouveau tome, s'il ne comble pas les attentes (il faudra attendre les 5 suivants pour en être sûr), ravira les fans du premier cycle. On y retrouve beaucoup d'éléments connus, comme le voyage dans le temps (ici juste évoqué) la soif de liberté des personnages et le discours humaniste qui imprègne toute l'histoire. Difficile pour l'heure d'en dire beaucoup plus, mais l'essentiel est déjà là.

Dans le deuxième, l'action s'accélère déjà, dans une sorte de furieux remake de ce qu'il s'est passé de plus grave dans le premier cycle. La tension est insoutenable, et nous amène jusqu'à la fin du tome sans temps mort. Et puis de nombreuses questions sont encore sans réponse, comme ce mystérieux vaisseau laissé à lui-même sur Japet... Serait-ce encore une rencontre spatio-temporelle plus ou moins ratée par ses protagonistes ?

Graphiquement j'ai l'impression que Bajram a passé un cran. Je n'ai pas lu les albums réalisés entre les deux cycles, mais il y a une maîtrise énorme dans les décors, la mise en scène, mais aussi les personnages. Et toujours ce traitement des couleurs si particulier.

C'est enthousiasmant, au bas mot.

Nom série  L'Ombre de Shanghai  posté le 22/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et si on racontait une histoire de triangle adolescent amoureux dans la Shanghai des années 30 ? Voici peut-être l'idée de départ de Patrick Marty et Williams Crépin, amoureux de la Chine et scénaristes pour la BD et la télévision. Une convergence de goût et d'idées qui leur a permis de livrer un scénario assez sympathique, qui laisse une large part à ce triangle amoureux (qui est un carré, finalement) entre lycéens.

Mais au-delà de ce côté midinette, l'occasion est belle pour les auteurs pour nous montrer un cadre historico-géographique bien particulier, une Shanghai de la concession française, qui côtoie la misère côté chinois, et une considération de l'une vers l'autre pas forcément reluisante. Un dédain incarné par Gaspard, qui revient d'un long séjour à Paris complètement changé, en particulier par rapport à Lila, sa soeur adoptive. Et puis il y a, pour épaissir un peu l'histoire, cette ombre qui semblé émaner de Lila lorsqu'elle est contrariée ou en colère...

Je trouve que les personnages manquent un peu de subtilité par moments, mais n'oublions pas qu'il s'agit d'une histoire pour ados...

Côté dessin, Li Lu se montre d'entrée de jeu très douée, son trait est très élégant, hérité sans doute d'une double tradition puisqu'elle étudie la BD en France depuis une douzaine d'années. Je suis plus réservé sur certains choix de mise en scène, qui prouvent une envie d'essayer plein de choses sans que cela soit justifié, mais globalement c'est très agréable.

A suivre.

Nom série  Coffee Time  posté le 21/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Undercurrent et Goggles, Ki-oon continue à publier le boulot de Tetsuya Toyoda.

Cette fois-ci il s'agit d'un recueil de récits courts ayant comme point commun le café. Pourquoi pas, cette boisson étant un vecteur de sociabilisation qui a fait ses preuves...

Comme pour ses albums précédents, un charme indéniable se détache de ses histoires... Des instants suspendus, des parenthèses enchantées, des bulles de temps touchées par la grâce. On parcourt ces histoires le sourire aux lèvres, qu'elles soient légères ou mélancoliques, farfelues ou graves. Par contre j'avoue que ces histoires ne m'ont pas transcendé autant que ses deux albums précédents. Il s'agit vraiment d'histoires courtes, de destins survolés le temps d'un café. Il y en a même une que je n'ai clairement pas compris.

Et puis toujours ce dessin aéré, simple, élégant, qui confère une lisibilité maximale à ses récits...

Toyoda, à mon sens, est en train de doucement rejoindre Taniguchi au panthéon des auteurs de manga singuliers...

Nom série  Assassin's Creed Awakening  posté le 04/07/2014 (dernière MAJ le 20/10/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette nouvelle série nous propose de nous replonger dans l'univers de la série de jeux à succès des Assassin's Creed, en adaptant son quatrième volet, placé dans l'univers des pirates du XVIIIème siècle.

Mais pas seulement, puisque nous avons en filigrane l'histoire d'un jeune homme un peu frondeur qui se retrouve -on ne sait pas trop comment, d'ailleurs- à tester une nouvelle forme de jeu en ligne... Ce qu'il va découvrir va peut-être faire chavirer sa raison. A la fin du premier tome, cela reste un peu confus, car on ne comprend pas trop comment le "jeu" peut influer sur la vie et le corps du jeune homme dans le présent... Mais qu'importe, finalement, la partie consacrée à l'assassin devenu pirate (à moins que ce soit l'inverse) est elle plutôt plaisante et parsemée d'énigmes, lesquelles trouvent leur explication, au moins en partie, dans le deuxième volet du diptyque. Par contre j'ai trouvé cette deuxième partie précipités, il me semble que pas mal d'éléments sont simplement effleurés, sans doute parce que l'univers d'Assassin's Creed est largement connu.

Côté dessin, j'ai été un peu étonné du style de Kenzi Oiwa dans les premières planches, il me semblait plus proche de ce que l'on fait en franco-belge qu'en manga traditionnel, avec un encrage "sale", un peu irrégulier. Mais je m'y suis vite habitué, et l'ensemble est plutôt agréable

Un peu trop rapide à mon goût, même si l'univers présenté est intéressant.

Nom série  Poulbots  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après les superbes Canoë Bay, Frenchman et Pawnee, Patrick Prugne nous emmène dans un cadre inattendu, celui de la capitale française d'il y a un siècle, et plus précisément sur la butte Montmartre.

C'est l'époque où le peintre Francisque Poulbot, natif du quartier, déambulait dans ses rues en pente, et croquait en particulier les enfants livrés à eux-mêmes, que l'on appellera par la suite des poulbots. C'est eux qui sont au centre de l'intrigue, une petite chronique douce-amère sur la société de l'époque, entre petits-bourgeois prêts à tout pour développer l'immobilier, et extrême pauvreté qui ne rime pas forcément avec malheur. On se prend vite d'affection pour ces poulbots, ces titis parisiens à la gouaille inimitable et aux bouilles inoubliables qui vivent de petites rapines et de menus larcins. Une chronique gentillette, qui semble avoir moins d'ampleur que dans ses précédents albums, mais qui s'attache à raconter par le petit bout de la lorgnette une période méconnue de la ville de Paris.

Quant au dessin, c'est toujours aussi beau. Les aquarelles de Prugne ne sont bien sûr pas dans les mêmes tons que dans Frenchman et Pawnee, mais je vous invite à bien observer les différentes ambiances proposées par l'auteur, c'est assez incroyable.

Encore un bel album de 60 pages, + 20 pages de croquis.

Nom série  Oms en série  posté le 25/12/2012 (dernière MAJ le 18/10/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deuxième adaptation d'un roman de Stefan Wul, et deuxième réussite.

J'ai été moins marqué par ce roman que par Niourk, mais il n'empêche que là encore, les thèmes brassés par l'auteur sont très intéressants, et même encore d'actualite quarante ou cinquante ans après. L'esclavage, ou plutôt la domestication d'une autre espèce, est ainsi au cœur du récit. Au-delà de cette réflexion, l'histoire en elle-même est très plaisante. Cependant comme mes camarades je regrette la rapidité avec laquelle Terr devient le chef de ses congénères, même si cette promotion était le fait d'un concours de circonstances. On sent le souci de JD Morvan de s'attacher à la psychologie des personnages, comme par exemple avec Terr et son frère.

Je trouve le boulot de Mike Hawthorne très intéressant, surtout sur les Draags, et sur les humains depuis le tome 2, où ils sont plus "classiques".

Curieux de lire la suite.

Nom série  Piège sur Zarkass  posté le 23/03/2013 (dernière MAJ le 18/10/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est d'accord, cette adaptation de Wul est un ton en-dessous des deux précédemment sorties chez Ankama. Il n'empêche qu'elle est vraiment très agréable, je vais en détailler les raisons.

Yann est un joyeux luron, roi du détournement et une fois encore il nous le prouve ici. Les héros du roman original sont devenues des héroïnes, mais qui gardent des prénoms masculins. pourquoi pas, après tout ? Il a glissé dans son récit nombre de clins d'oeil à notre société actuelle ainsi qu'à des personnalités de la BD, ça ne me choque pas outre mesure, je pense que cela modernise un peu le propos.

Ensuite la nature et la faune décrites sont un vrai plaisir à contempler. Didier Cassegrain semble s'être défoulé avec toute cette chatoyance. Par contre je suis moins convaincu par ses personnages humanoïdes, ces filles aux seins au niveau des genoux et les autochtones sans véritable caractère physique, leur caractère mental étant lui très précis puisqu'ils sont particulièrement cons.

Le récit ne manque pas de surprises, la suite le prouve avec un changement de décor et une situation qui a bien évolué pour les deux héroïnes. Le tome 2 s'achève même sur un cliffhanger assez bien vu. Le tome 3 est quant à lui un peu décevant, malgré la verve de Yann.

Le boulot de Cassegrain, que je trouvais un peu caricatural, un peu "figé" au premier tome, se fluidifie un peu par la suite, et je le trouve globalement assez agréable, avec une mise en couleur qui s'améliore au fil des tomes.

Au final, un triptyque sympathique, mais pas inoubliable...

Nom série  Ogrest  posté le 17/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ogrest est visiblement un personnage très apprécié de l'univers Dofus/Wakfu.

Mig s'est donc attaché à raconter une partie des origines d'Ogrest, mais aussi à l'embarquer dans une aventure inédite, qui a aussi sa place dans l'univers partagé. Le résultat est ma foi très agréable, avec une constante que j'ai pu remarquer au niveau des albums se situant dans cet univers, l'habitude de raconter l'histoire d'un personnage ou d'un petit groupe, et celle d'un autre groupe, plus grand ou plus complexe, qui interagira plus tard. Cela ravira les fans de l'univers, mais aussi les novices, qui ne sont pas laissés au bord du chemin, puisque les dofus et wakfu sont expliqués dès ce premier tome.

Côté dessin, j'aime beaucoup le trait de Mig ; il est élégant, maîtrisé et son sens de la mise en scène et du découpage est bien présent.

Curieux de lire la suite

Nom série  L'Intrépide  posté le 16/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah mais c'est carrément sympa, ça ! Initialement créé par Marcus, plus connu pour ses vannes et son côté animateur sur les chaînes manga et No Life, l'Intrépide, suite à un grand engouement sur internet, renaît de ses cendres au bout de 37 ans et connaît la grâce d'une publication en albums.

C'est le duo gagnant de City Hall, Rémi Guérin et Guillaume lapeyre, qui se chargent de la réalisation. Il faut dire que l'esprit de l'Intrépide est proche de celui de leur série star, même si pour l'occasion ils abandonnent le format manga pour des albums souples, un peu comme des comics Marvel des années 1980. Une reprise en fanfare, avec un héros un brin foutraque face à un méchant un peu couillon.

Comment, en effet, résister à cette scène, où revenu chez sa mémé après 37 ans de disparition, et face à l'irruption de son ennemi fétiche, le Voleur Vert, l'Intrépide pose le pied sur la table, et, poseur, déclame : "Halte-là ! Tu n'aurais jamais dû venir ici, gredin !"

L'humour potache est omniprésent, mais je trouve qu'il aurait pu être encore plus poussé, histoire d'être franchement dans la parodie.

Côté dessin, Guillaume Lapeyre semble bien s'amuser dans cette récréation après des centaines de pages de cyberpunk et d'uchronie délicieusement verniens. Ses pages sont pétantes de santé, son Intrépide virevolte, saute, esquive, mais toujours de belle façon. La mise en scène et le découpage sont inventifs, sans être désordonnés. les couleurs de Julien Nido, plutôt nuancées, apportent un complément fort agréable.

Très sympathique. Le prix, par contre, est nettement exagéré par rapport à un gros fascicule.

Nom série  Les Visiteurs  posté le 13/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etrange cet album. Réalisé par un Néerlandais visiblement très connu dans son pays, il nous propose une sorte de quête initiatique comme seuls le cinéma social anglais ou des gens comme Gustave de Kervern et Benoît Delépine savent en faire.

Une quête un peu hallucinée, un peu clopin-clopant, entre drogues douces, alcool à bas prix et prostituées généreusement pourvues. Deux petits anglais, des gars ordinaires, sur les traces du frère de l'un des deux. Une quête un peu un zigzag, qui va leur permettre de se révéler, de faire des rencontres, parfois furtives, entrecoupée de flashes-backs qui vont nous expliquer le pourquoi du comment. Une succession de moments banals, rien de bien spectaculaire, mais un montage au cordeau, surprenant, jusqu'à la dernière page ou presque.

L'auteur a un trait vraiment particulier, avec une technique se rapprochant d ela carte à gratter, mais en couleurs. Un style fragile, mais non exempt de charme, je serais curieux de lire d'autres albums de son cru.

Un album singulier.

Nom série  Album de famille  posté le 11/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais beaucoup aimé le premier roman graphique d'Asa Grennvall, 7ème étage. la revoilà avec un album un peu dans la même veine, qui cette fois-ci ne raconte -a priori- pas son histoire.

Après l'éclatement d'une famille, l'album nous met dans la tête des différents membres, et nous révèle ainsi comment chacun et chacune vit cet éclatement. Pas bien, pas bien du tout pour certain(e)s... C'était prévisible bien sûr, mais ce qui est notable c'est la finesse de l'analyse, la complexité des sentiments des protagonistes. Il ne se passe quasiment rien dans cet album de famille, mais pourtant les pages sont denses, il y a un maximum de charge psychologique.

Côté dessin Asa Grennvall a toujours un style enfantin, elle cadre sur les visages de ses personnages mais n'oublie pas de mettre du décor, ce qui fait que les cases ne paraissent jamais vides.

Malgré ces qualités, j'ai moins adhéré à cet album qu'à son premier. peut-être le fait qu'on soit moins dans l'autobiographie. Cependant la qualité de la psychologie vaut quand même la lecture.

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