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Nom série  Super-sourde  posté le 04/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cece Bell, à la suite d'une méningite, perd l'ouïe à l'âge de 4 ans. Dès lors, sa vie est bien sûr chamboulée. Chez elle, toute la famille a dû s'adapter à son handicap pour l'aider, sans toutefois verser dans la surprotection. Mais c'est à l'école que ça se complique, surtout en primaire. Cece ne peut s'empêcher de penser que tout le monde l'observe en cachette, qu'on se moque d'elle, alors qu'elle ne veut rien d'autre qu'on la traite comme une personne normale. Ce qui l'énerve le plus ? Les gens qui parlent fort, alors qu'il suffit qu'ils parlent en face d'elle (elle sait lire sur les lèvres), ainsi que ceux qui s'adressent à elle en langage des signes, qu'elle refuse d'apprendre.

Tout ce qu'elle veut, c'est avoir des amis et une vie normale avec eux. Cece Bell l'explique très bien dans ce roman graphique un peu long (240 pages), au fil de ses mésaventures, mésententes et quiproquos avec ses camarades d'école. C'est gentil, un peu trop même par moments, mais le lectorat jeune saura y trouver une bonne explication de ce que peut être la vie d'un enfant handicapé.

Bell se représente, ainsi que son entourage, avec une tête d'animal, ce qui facilite l'appropriation par le jeune public. La mise en couleurs, signée par David Lasky, est très agréable. L'album a été élu "meilleur livre jeunesse" aux Etats-Unis et a figuré dans la liste des best-sellers du New York Times.

Nom série  Niourk  posté le 25/12/2012 (dernière MAJ le 04/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Niourk est un roman que j’ai lu étant adolescent ; je m’en souviens encore, c’était en Folio Junior, et la couverture était verte. L’atmosphère post-apocalyptique, l’histoire de l’enfant noir et les mystérieux « monstres » ont durablement marqué ma mémoire.

Lorsque j’ai appris qu’Olivier Vatine, un dessinateur dont j’apprécie par ailleurs le travail, bûchait sur une adaptation en BD, je m’y suis tout de suite intéressé.

Et le résultat est, sans conteste après consultation avec moi-même, franchement bon. Tout d’abord dans les ambiances et les cadrages, un domaine où Vatine excelle. On a un peu l’impression qu’il n’attendait que ce projet pour s’exprimer pleinement. Il n’hésite pas à faire sauter son découpage pour mieux exprimer les différents rythmes imprimés au récit. Et les couleurs, préparées par Isabelle Rabarot, sont également remarquables.

Quant au récit… Je me suis également régalé, j’ai l’impression que Vatine a été marqué par les mêmes scènes que moi, puisqu’il les met en exergue, proposant deux fils narratifs parallèles. Dans le deuxième tome le récit semble moins dense, mais le savoir-faire est toujours là, au service du récit et des ambiances. Certaines pages sont somptueuses, je me régale, surtout dans le tome 3, avec plus de passages contemplatifs que Vatine transforme en pages de toute beauté.

En résumé, de l’excellent boulot, sur un bouquin devenu culte. De bout en bout.

Nom série  Le Cas Alan Turing  posté le 03/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alan Turing a récemment ressurgi en pleine lumière, grâce au film The Imitation Game, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal.

Mais qui est Alan Turing ? La question est complexe. Certes, l'Histoire retiendra que c'est lui, aidé par une équipe de mathématiciens et de cruciverbistes, qui a réussi à craquer le code Enigma, du nom de cette machine qui transmettait les ordres des Nazis pendant la seconde guerre mondiale. Mais cette activité devait rester secrète, même après la guerre, surtout que la Guerre Froide s'amorçait... C'est aussi lui, à la suite d'autres savants, qui jette les bases théoriques de ce qu'on appellera plus tard l'intelligence artificielle. Sur un plan plus intime, Turing était tourmenté par ses passions amoureuses alors interdites (et pénalement punissables), lui qui allait plutôt vers d'autres hommes.

Secret, mensonge, dissimulation : tels sont les maîtres mots du cas Alan Turing.

Arnaud Delalande, auteur de séries historiques réussies, telles qu'"Aliénor, la reine noire", ou Le Dernier Cathare, s'attaque à une figure plus proche de nous, avec cette rigueur et ce talent déjà connus. Il se concentre sur les années 1938 à 54, entre l'arrivée de Turing au GC&CS (le Chiffre britannique) et son suicide à l'âge de 41 ans, en pleine crise existentielle, après avoir été condamné à la castration chimique. Delalande n'extrapole pas trop sur la vie de Turing, tout juste a-t-on droit à quelques scènes intimes (il faut dire que l'homme restait secret sur sa vie privée, et pour cause...), le "corps" de son récit se concentre sur ses différentes tentatives (et celles de son équipe) pour déchiffrer les transmisions ennemies. Tout juste peut-on regretter que sa carrière d'athlète de haut niveau soit presque passée sous silence. J'ai bien aimé la dernière page, qui fait un lien vers l'informatique moderne. A noter la présence, en bonus, de quelques pages expliquant les bases du codage des transmissions. Fort éclairant.

Sur le plan graphique, c'est le polymorphe Eric Liberge qui s'est attaqué à cette légende, avec -visiblement- enthousiasme et respect. Les scènes d'action sont bien sûr peu nombreuses, nous sommes la plupart du temps dans un laboratoire avec des têtes d'ampoule et un gars à l'allure lunaire comme principaux protagonistes. Le dessin est impeccable, tout juste regretterai-je cette mise en couleurs qui tend vers les dégradés de rouille, palette que je n'apprécie pas particulièrement mais qui fait partie de la "patte" du dessinateur.

Du très très beau boulot, qui rend plutôt justice à la complexité du bonhomme. Fortement recommandé à qui s'intéresse à la période (et son arrière-boutique), ainsi qu'aux prémices de l'informatique.

Nom série  Tungstène  posté le 20/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est surprenant. C'est d'abord la couverture que je trouve sublime, et interpellante. deux personnages, l'un visiblement une femme, l'autre un homma rmé, matchent dans une eau transparente, avec une belle plage en fond.

Une scène qui n'est pas dans l'album, même si tous les éléments y sont. La plge, c'est celle de Salvador de Bahia, sur la côte brésilienne, théâtre d'un fait divers qui va constituer l'essentiel de l'hisoire. Deux pêcheurs attrapent des poissons à proximité d'un fort à la dynamite. Un vieil homme, militaire retraité, discute avec un petit delaer, constate le délit, et le persuade d'appeler les autorités. C'est richard, flic en civil, qui hérite de l'histoire et se lance dans l'appréhension des contrevenants. On bascule ensuite dans une sorte de clip musical, un vaudeville à la brésilienne avec une petite dizaine de personnages. Car pendant ce temps le couple de Richard est en train de badsculer, avec Keira qui se pose des questions.

J'ai été littéralement soufflé. 150 pages sur les 180 que compte l'album content des scènes simultanées se déroulant sur 5 minutes de temps. C'est un montage ultra-serré, entrecoupé de flashes-bacs très fort (sur les aptitudes de Richard, mais aussi sa vie de couple minable). Un instant avec de multiples tensions, entre arrestation musclée, dilemnes personnels et petits trafics.

Les personnages sont très subtils, on n'a pas de bons angéliques et de mauvais démoniaques, simplement plusieurs personnes qui essaient de vivre dans le Brésil d'aujourd'hui.

Le style de Quintanilha est clairement ibérique, c'est une ligne claire mâtinée de comics un peu figée, mais cela se justifie vue le point de vue narratif (des instantanés, des arrêts sur image en pagaille).

Vraie belle surprise, surtout au niveau narratif, même si le propos est un peu banal.

Nom série  Gainsbourg (Jungle)  posté le 18/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après s'être attaqué à Coluche et Johnny Hallyday chez le même éditeur, François Dimberton nous retrace l'histoire d'un autre génie populaire des Trente Glorieuses, à savoir Serge Gainsbourg.

De son enfance chez ses parents émigrés ukrainiens à sa mort due aux ravages de l'alcool et du tabac, le tour d'horizon dure 80 pages. Mais curieusement j'ai eu l'impression que la complexité du personnage n'était que survolée. Pourtant il y a de la matière : ses conquêtes féminines, sa reconversion artistique, ses succès divers, ses scandales médiatiques... Mais ses affres personnelles ne sont qu'effleurées, on n'approfondit pas assez le personnage. Sa vie privée est seulement évoquée, en deux pages par-ci par-là. Certes, sa vie et sa carrière furent moins longue que celles de Johnny hallyday, qui nous enterrera tous, mais il me semble que le personnage a nettement plus de profondeur...

Et puis, désolé de dire ça, mais le dessin d'Alexis Chabert ne me plaît pas. Il se base parfois sur des clichés, ou bien ses cases en pied sont bizarrement composées, avec des personnages un peu difformes... Il reste cependant quelques illustrations pleine page (ou même double page) que j'ai trouvées fort jolies. Son sens de la mise en scène est quand même bien présent, un peu écorné par une mise en couleurs un peu maladive, sombre parfois. je ne demande pas une explosion de couleurs pétantes, mais un peu plus de joie aurait pu être injectée dans ce traitement des couleurs.

Pas inintéressant, mais trop court, je pense que deux albums de 54 pages auraient mieux convenu au personnage.

Nom série  Cesare  posté le 21/03/2013 (dernière MAJ le 13/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ceux qui sont attentifs à l'évolution de l'édition manga en France ne laisseront sans doute pas passer ce qui est en cours chez Ki-oon ; au sein d'une production shôjô/shônen assez passe-partout au début, seules les productions de Tsutsui permettaient à cette petite maison d'édition de s'adresser à un lectorat plus mature. Puis vinrent Tonogai et Sanbe, avec des récits qui lorgnaient franchement vers l'horrifique. Puis vint l'OVNI Bride Stories, il y a déjà quelques années, qui ouvrit une nouvelle brèche, des mangas plus "cérébraux", plus tournés vers le souci de véracité historique. Cesare est l'une des dernières traductions dans cette mouvance.

Tout d'abord on remarque la maquette, très soignée, marquant ce souci de qualité vers lequel l'éditeur, peu à peu, tend. Ici le sujet est la vie d'un jeune représentant de cette famille de dignitaires italiens d'origine espagnole qui s'appelèrent les Borgia. En plein coeur de la Renaissance transalpine, cette dynastie oeuvra pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir local, c'est à dire le pontificat. Mais plutôt que de nous parler de celui qui lorgne le Saint-Siège, l'auteure a choisi de nous en parler par le biais de son fils, brillant étudiant de l'université de Pise. Ou plutôt -et c'est là une excellente idée, même si un peu éculée- au travers des yeux et de l'expérience d'un novice dans cette université, un jeune homme peu au fait des usages et des situations politiques, Angelo. Procédé malin, disais-je, car ainsi on découvre tous les rouages de ces intrigues de boudoirs, les conspirations diverses entre et contre les familles rivales.

C'est habilement mené, malgré le côté Dallas un peu trop présent, on ne s'ennuie quasiment pas, et on apprend beaucoup de choses. Il est intéressant de noter, par exemple, qu'en un peu plus de 500 ans, la Curie romaine n'a pas vraiment changé : corrompue, cupide, concupiscente et n'hésitant pas à se servir des services de spadassins, elle semble trouver d'étranges échos dans l'Eglise des années 2000... Point positif, la période choisie est au coeur de pas mal de révolutions sur le plan artistique ou celui des voyages ; l'occasion pour nos protagonistes de rencontrer... Mais chut, ne déflorons pas cette partie... Fuyumi Soryo introduit petit à petit différents personnages historiques, et la jeune Lucrezia fait ainsi son apparition dans le tome 4 ; on aurait pu penser que la relation avec son père va être au coeur de turpitudes ultérieures, mais après lecture du tome 6 Lucrezia reste encore pas mal en retrait. Mais l'auteure ne déflore pas son histoire, elle prend son temps. C'est aussi ça qui est intéressant : la psychologie des personnages évolue, et les masques tombent ou s'installent au fil de l'histoire.

Sur le plan technique, Fuyumi Soryo semble combiner deux visages : celui, classieux, d'une admiratrice du decorum de la renaissance italienne : ses décors, les costumes sont somptueux, c'est un vrai plaisir de regarder certains plans larges ou des personnages en tenues ecclésiastiques. Dans les bonus du tome 6 elle décortique sa façon de travailler sur les décors, en particulier un palais Renaissance. Par contre, sur le plan anatomique, c'est plus laborieux : certains visages manquent de rigueur, semblent un peu déformés. Certes, esthétiquement parlant, ils ressemblent aux canons de l'époque ; mais un peu plus de réalisme n'eût pas nui. Mais ce souci s'estompe par la suite. Elle a aussi des soucis avec les chevaux. Ils sont également vraiment difformes, et c'est bien dommage quand l'une des scènes tourne autour d'eux. Ce souci me semble gommé par la suite, car dans le tome 5 une longue scène montre des chevaux, cette fois-ci nettement mieux réalisés.

Parlons-en un peu de ce tome 5, dont la scène centrale est une fête de l'école matérialisée par la reconstitution (moyennement fidèle) d'une célèbre bataille des croisades. C'est l'occasion pour les étudiants d'y montrer leur valeur en tant que guerriers -alors qu'ils n'auraient probablement jamais l'occasion de le faire en vrai- mais aussi, pour certains, d'évacuer leur stress, leur énergie, ou même... les frustrations accumulées face à leurs condisciples. Un évènement aux sous-tensions troublantes donc.

Dans le tome 6 on passe à un autre temps fort, le dévoilement d'une partie du mystère de l'incendie. Le tome 7 est sur un autre tempo, on laisse reposer l'intrigue principale pour un cours d'Histoire concernant le dualisme entre l'Empereur et le Pape, ainsi que quelques éléments sur la ville de Pise, qui joua un rôle très important à une époque. De nouveaux angles de vue qui enrichissent la connaissance du sujet, fort complexe. Et encore une fois, quelques personnages emblématiques passent faire un coucou... La révolte des Pazzi, évènement sanglant de l'histoire de Florence, est évoquée dans le tome 8, car une quinzaine d'années après, les résonances sont encore là ; on apprend beaucoup de choses sur l'Histoire et la politique de l'époque, c'est vraiment très intéressant.

Dans le tome 9 le tempo est plus calme, Cesare et Angelo disparaissent même un peu de la scène pendant la moitié du tome, tandis que nous est exposée la délicate, fragile et complexe situation géopolitique de l'Italie, alors éclatée en plusieurs Etats. Je n'ai pas tout compris, mais encore une fois cela me semble bien présenté, et surtout complété par des annexes documentaires fort intéressantes, un autre plus qui maintient cette série sur une qualité élevée. Dans le tome 10, conclusif du premier cycle, nous avons droit à un évènement majeur dans l'histoire d'Angelo, Giovanni et Cesare ; c'est peut-être le plus calme de la série, mais il fallait cela pour conclure en beauté, sur un rythme qui fleure bon la Toscane et sa douceur de vivre. De plus les personnages tombent un peu le masque, et l'entité un peu froide que représentait jusque-là Cesare apparaît plus humaine.

Le second cycle s'ouvre sur un évènement qui remet en question l'alliance tripartite qui liait Naples, Milan et Florence. Et se conclue sur un autre évènement, ou son imminence, qui va bouleverser la Curie romaine. Cela promet encore de beaux moments de diplomatie et d'intrigues de palais.

L'auteure (ou l'éditeur) a pensé à nous proposer une sorte de tableau synoptique des relations entre les personnages, car je dois avouer qu'entre les Medicis, les Borgia et les Della Rovere, il y a de quoi s'y perdre, même si chaque famille n'est représentée que par deux ou trois personnages. Dans le tome 3 de nombreuses notes permettent de replacer l'ensemble de l'histoire dans un contexte socio-politique précis. Dans le cinquième un entretien avec un spécialiste japonais de l'époque nous permet de mieux comprendre le fonctionnement des universités de la renaissance. C'est très intéressant, et permet de comprendre pas mal de subtilités présentes dans le manga...

Le lectorat du manga traditionnel risque de ne pas adhérer, mais tant pis, j'encourage Ki-oon à persévérer dans cette voie, car c'est vraiment très intéressant, et franchement bien fait. Ma note globale est de 4/5. C'est excellent de bout en bout.

Nom série  C'est grave docteur ? (Jungle)  posté le 12/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il fallait bien que ça ressorte.

Comme de nombreux médecins, Michel Guilbert en a entendu des vertes et des pas mûres dans son cabinet de médecin généraliste. Il en a fait un bouquin, qui s'est très bien vendu, et se trouve adapté à son tour en BD. Mais plutôt que de faire dans le répétitif, son adaptateur Alan a varié les mises en scène, les conditions de discussion des personnages. Ainsi le médecin n'est-il pas présent sur toutes les planches.

Soyons clairs, il y en a de tous les niveaux, du bon et du moins bon, mais cet effort de mise en scène évite la lassitude dans un album de gags.

Côté dessin, Bob Bergé fait du gros nez un peu à la Larbier, mais il agrémente ses planches de décors, saluons là encore l'effort.

Nom série  Le Temple du passé  posté le 29/05/2014 (dernière MAJ le 12/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nouvelle adaptation, cette fois-ci par Hubert et le Roux. Il s'agit cette fois d'une sorte de planet fantasy, avec un huis-clos à la clé. Le récit oscille entre présent, un survival sous haute tension, et passé, lorsque Massir doit lutter contre des carcans sociétaux très particuliers... Massir, responsable des survivants de ce crash surprenant, doit donc trouver des solutions pour que lui et ses deux compagnons s'en sortent... Ça ne va pas être facile, et d'ailleurs c'est très peu crédible, mais après tout, c'est de la SF un peu à l'ancienne, donc pourquoi pas... Le second tome, conclusif, confirme ces belles promesses, avec un rythme comparable. Comme le signale Pasukare, la fin est plutôt bien foutue, j'adhère, c'est typique du cynisme de Wul.

Etienne Le Roux semble un peu hésitant au début de son album ; il semble plus à l'aise dans le monde futuro-héllénique que dans les designs tourmentés de l'épave du vaisseau, puis les parties organiques lui permettent de se chauffer un peu et se trouver sur un style de croisière aux deux tiers du premier tome. C'est efficace, très beau même par moments, bref, visuellement ça fonctionne bien.

Sympathique, même si moins puissant que Niourk.

Nom série  Aïvali  posté le 12/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Soloup, de son vrai nom Antonis Nikolopoulos, est un caricaturiste et spécialiste de la bande dessinée grecque. Grec lui-même, il tente, au travers de divers récits et de sa propre expérience, de parler de l'histoire étroitement mêlée des peuples grec et turc.

Symboliquement, il choisit la ville d'Aïvali, sorte d'enclave grecque en Asie Mineure (la Turquie côté asiatique), en face de l'île de Lesbos. Il faut dire qu'elle a une histoire chargée : en 1934, après le Traité de Lausanne, 1, 5 million de Grecs ottomans et 500 000 Turs de Grèce doivent passer d'un territoire à l'autre. c'est ainsi que les maisons vides d'Aïvali (auparavant occupées par les Grecs) furent habitées par des Turcs chassés de Crète...

L'album est découpé en six histoires, racontant des histoires particulières dans ce contexte, des deux côtés. Il est intéressant de noter que malgré l'antagonisme séculaire des deux peuples, Soloup les traite à peu près à égalité, ne montrant du doigt ni l'un ni l'autre, simplement des hommes, des femmes et des enfants, pris dans la tourmente de l'Histoire. Cependant je n'ai aps trouvé ces récits palpitants. Je ne demande pas du sang, mais peut-être qu'une petite compression de certains passages auraient aidé à une meilleure rythmique.

Son style semi-réaliste rend son récit accessible à tous, et même si je le trouve un peu léger par moments, il a le mérite de s'inscrire dans une imagerie traditionnelle commune des deux pays. A noter, en fin d'album, la biographie des personnes ayant alimenté les différents récits par leurs propres écrits.

La maquette de ce gros album (près de 400 pages) est très soignée, ce qui en fera un album élégant et intéressant dans votre bdthèque.

Nom série  Le Galop du silence  posté le 10/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Derib a un peu délaissé le monde de la BD classique depuis quelques années déjà, même s'il livre encore du Yakari à intervalles réguliers. Du fond de sa semi-retraite il travaille pour son plaisir, et en profite pour parler de ses différentes passions. Au premier rang desquelles se trouve le cheval.

Cet album y est donc entièrement consacré, au travers du destin de Manon, jeune femme qui avait quitté le haras familial après la mort accidentelle de son cheval, mais qui y revient quelques années plus tard pour cause de soucis financiers de ladite famille. Et bien sûr, le virus la reprend, la peur va disparaître...

Au travers de ce récit classique c'est l'occasion pour Derib de parler du dépassement de soi, de la lutte contre l'adversité, mais aussi, bien sûr, de l'amour pour les chevaux. Pas de surprise dans ce récit, mais l'occasion est trop belle de revoir l'auteur toucher au style réaliste qui a fait une partie de son succès.

Sympathique, à réserver aux amoureux des chevaux.

Nom série  Drones  posté le 10/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne peux que réitérer ce qu'a écrit Mac Arthur, tant son analyse est fine et pertinente.

Sylvain Runberg est l'un des scénaristes les plus fins et talentueux du moment, et "Drones" n'en est qu'une illustration éclatante de plus. Effectivement, au travers de cette histoire de pilotes déshumanisés se cache, en creux, certaines dérives de notre société actuelle. L'histoire se déroule en 2037, mais tout cela pourrait bien arriver un peu plus tôt. Guerre propre, prédominance des media, propagande, banalisation des conflits... Et nous avons, pour une fois, des personnages auxquels il est difficile de s'attacher. Et bien sûr, la dernière case du tome 1 est à prendre avec beaucoup de recul...

Côté dessin Louis revient en partie au genre qui a fait sa réputation, mais le script à tiroirs de Runberg lui permet d'élargir sa palette (une fois de plus, après Martin Bonheur) et de faire aussi du quotidien, de l'intimiste. Son trait continue à évoluer, à s'enrichir, à s'adapter.

Curieux de lire la deuxième partie de ce diptyque.

Nom série  Martin Milan  posté le 10/07/2002 (dernière MAJ le 09/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, encore une vieille série que j'avais presque oubliée ! Fou ça !

Martin Milan, c'est de l'aventure exotique, avec des petites incursions du fantastique, ce qui est loin de me déplaire... Les premiers albums sont un peu légers au niveau du scénario, même si Christian Godard faisait preuve de pas mal d'inventivité. Mais par la suite, ça gagne en profondeur, en cohérence. J'aime bien, par exemple, "Les Hommes de la Boue", ou "L'Ange et le surdoué".
J'apprécie également le héros, blasé, un peu fataliste, qui devient assez amer sur la fin... Une évolution à laquelle on peut adhérer, ou pas, mais qui a le mérite d'exister

Un héros singulier.

Nom série  Antarès  posté le 21/04/2007 (dernière MAJ le 08/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Leo est revenu à ce qui a fait la qualité et le succès d'Aldébaran : le départ vers une destination inconnue, un climat d'angoisse savamment dosé, des personnages redevenus plus épais...

Antarès est donc une nouvelle planète susceptible d'être colonisée. Mais elle recèle bien des secrets, et surtout des dangers. Et c'est Kim, devenue une sorte de phénomène médiatique après ses exploits sur Bételgeuse, qui redevient le centre de l'attraction. Kim, qui n'a rien perdu de son caractère très fort, malgré une certaine lassitude par rapport à toute cette vie aventureuse. Kim, qui a eu un enfant de sa relation avec un extra-terrestre (faits relatés dans Bételgeuse), qui va être le second moteur de l'histoire après celui de cette nouvelle expédition.

Léo récupère bien des éléments ayant composé ses 10 albums précédents pour permettre à l'action de se développer lentement, mais sûrement. Il y a bien sûr la question de l'écologie, avec la colonisation agressive de la planète tournant autour d'Antarès. Mais aussi le fondamentalisme religieux, qui préside malheureusement à l'expédition et qui va amener nombre d'ennuis...

Ce cycle est plus long que les précédents, ce qui n'empêche pas l'auteur de le rendre très dense, surtout sur le tome 4, où il se passe beaucoup de choses. A noter d'ailleurs que si Kim reste le fil conducteur, d'autres personnages prennent de l'ampleur, comme Alexa. Et ce cycle s'achève avec un certain nombre de réponses, mais de nouveaux questionnements, qui seront traités dans un futur cycle. Leo peut tenir longtemps comme ça.

Le dessin de Leo est toujours aussi bon, avec une mention spéciale -comme toujours- aux créatures d'Antarès.

Un troisième cycle qui se lit bien, qui est dense est plaisant.

Nom série  Supers  posté le 31/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Supers, c'est d'abord une couverture, superbe, qui nous montre trois enfants à la chevelure flamboyante qui semble isolés, perdus au milieu d'une foule aussi compacte qu'uniforme. Grâce au vernis sélectif on comprend d'un coup d'oeil que la vie de ces trois gamins n'est pas simple mais que leur destin peut être grand.

C'est le jour de la rentrée, le plus grand se fait balader dans le collège qu'il vient d'intégrer et si ses premiers pas sont compliqués, il arrive tout de même à lier quelques connaissances. A la fin de la journée il retrouve son frère et sa soeur, plus petits, qui eux aussi ont dû s'intégrer à un nouvel établissement.

En quelques séquences aussi simples que finement écrites, Frédéric Maupomé (auteur du sympathique Anuki) brosse donc une ambiance de collège comme on en a tous connu, entre professeurs qui oscillent entre indifférence et agressivité, camarades parfois sympathiques, parfois gratuitement méchants, et débuts d'amourettes.

Les trois gamins essaient de cacher leur étrangeté, mais les évènements vont les obliger à sortir de leur réserve, pas forcément pourun lendemain meilleur. Les dialogues sont finement ciselés, entre les gamins extra-terrestres dont l'intelligence est trop importante et leurs camarades aux développements divers. Il y a aussi des flashes-backs, qui permettent de savoir le minimum pour comprendre que l'histoire de ces enfants est entachée de drame. Plusieurs pistes sont lancées dans ce premier tome sur les relations entre les uns et les autres, et c'est une fois encore chez cet auteur un régal, d'autant plus que c'est Dawid (Passe-passe) qui est aux crayons.

Là encore, c'est un régal pour les yeux, bien que je trouve certaines cases un peu chargées. A suivre.

Nom série  Temudjin  posté le 20/10/2013 (dernière MAJ le 29/08/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les steppes de l'Asie centrale, des secrets chamaniques, une histoire de réincarnation...

Ce n'est pas forcément ma tasse de thé, mais lorsque le duo de L'Ombre blanche est aux commandes, je m'y intéresse de plus près. Qui plus est chez les Editions Maghen dont l'exigence, au niveau graphique notamment, est reconnue, j'y regarde à deux fois.

Le résultat est à la hauteur de l'espérance. Je me suis retrouvé emporté dans cette épopée aux résonances magiques, ésotériques, dans ces rêves, ces légendes, dans cette initiation à nulle autre pareille, cette histoire d'amour entre un fils et son père adoptif, ce naturalisme ineffable, cette histoire d'amour entre humain et esprit... Il y a plusieurs niveaux de lecture dans cette série, et je pense qu'il faudra plusieurs passages pour véritablement l'appréhender. Mais la première approche est tout de même bluffante. Bien joué Ozanam.

Côté graphisme, je garde ma petite réserve quant à la maîtrise d'Antoine Carrion sur les visages, un défaut gommé lorsqu'il épure son trait et dans le second tome, ce défaut n'existe quasiment plus. Les ambiances sont alors magnifiques, et il est difficile de se détacher de ses pages envoûtantes.

Belle réussite, qu'il faut prendre comme une version onirique, symbolique et allégorique de l'histoire d'un personnage emblématique de l'Asie centrale.

Nom série  Bride Stories  posté le 14/08/2011 (dernière MAJ le 27/08/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Qui aurait cru qu'un manga sur les traditions nuptiales de l'Asie centrale au XIXème siècle m'intéresserait ? Pas moi au premier chef.

C'est le dessin qui m'a attiré dans cette nouveauté des éditions Ki-oon. Elégant, fin, il me semble reproduire à merveille la finesse des vêtements et du travail sur bois du grand-père de la famille. Dans le second nous découvrons de très belles broderies, et le troisième propose quelques passages sur la gastronomie d'Asie centrale. Les deux premiers tiers du premier tome se dirigeaient gentiment vers une chronique conjugale certes sympathique (d'autres seront moins cléments que moi et utiliseront l'adjectif "mièvre"), mais qui peut se révéler un peu ennuyeuse, malgré de jolies scènes où la jeune Amir chasse des lièvres.

Simplement l'auteur nous propose un petit rebondissement avec la délégation de la famille de la jeune épouse, venue la reprendre ; l'occasion pour sa nouvelle famille de faire valoir ses droits, mais aussi pour l'aïeule, passée inaperçue jusque-là, de se montrer pleine de ressources. Pas mal, et la série évolue dans les tomes suivants ; Kaoru Mori déplace le centre de gravité vers Smith, le jeune érudit venu étudier les moeurs locales. J'aime bien Amir et son jeune mari, mais l'auteure a fait le choix -malin, a priori- d'en faire des "invités", en particulier sur le troisième tome. Avec toujours cette idée de nous faire découvrir une culture exotique et ancienne. Il y a un peu d'action, surtout dans le second tome, mais l'ensemble de la série (du moins sur les trois premiers tomes) reste assez calme. Dans le troisième tome les différents fils narratifs se croisent, et l'auteure joue à merveille de l'interaction entre les personnages, dont la vie va être chamboulée...

Le tome 5 me semble assez typique du travail de Kaoru Mori. On assiste à un évènement sérieux (en l'occurrence le mariage de deux jumelles... avec deux frères), mais pour ne pas ennuyer le lecteur avec les festivités (chants, danses, processions, et cérémonie religieuse), elle préfère en faire une suite de saynètes cocasses qui désacralisent mais ne dévalorisent pas le processus. Chapeau bas. Et encore une fois les cases sont somptueuses... Dans le tome 6 l'action s'accélère, les tensions latentes entre deux clans éclatent au grand jour, et il me semble que le récit prend une tournure un peu inattendue ; mais encore une fois Kaoru Mori se montre très à l'aise, et même ses chevaux sont réussis...

Le tome 7 constitue une respiration, une parenthèse dans l'intrigue principale ; sur les pas de M. Smith, nous arrivons dans une demeure richement dotée, où vit un couple heureux et aisé. Cependant l'épouse subit une certaine mélancolie, du fait de sa solitude... Elle se rend au hammam, où elle rencontre une autre jeune maman, issue d'un milieu plus modeste, avec laquelle elle se lie d'amitié, et même plus. l'occasion pour Kaoru Mori de parler d'une pratique relativement courante en perse jusqu'au XIXème siècle, celui des soeurs conjointes, mais aussi de nous faire profiter de son trait de çon plus sensuelle, avec des femmes dévêtues. Ce n'est pas gratuit, rarement avec cette auteure, même si on sent son plaisir de dénuder les courbes de ses héroïnes. Une belle image de la femme est alors donnée, généreuse, désintéressée, naturelle...

Après s'être intéressée aux soubrettes anglaises, Kaoru Mori change de décor -mais pas forcément d'époque- pour nous livrer une chronique caucasienne pas mal foutue, diversifiant ses points de vue et même certains de ses points d'intérêt, pour nous faire voyager.

Nom série  Griffe blanche  posté le 06/04/2013 (dernière MAJ le 27/08/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc la nouvelle série de Serge Le Tendre et Olivier TaDuc, le duo gagnant de Chinaman.

Celle-ci prend pied dans une Chine médiévale fantasmée, avec une ambiance de fantasy assez marquée : magie, dragons, animaux humanisés, de nombreux éléments typiques parsèment le récit. Celui-ci nous conte les aventures d'un trio, mis en place à la fin de ce premier tome, dont Griffe blanche n'est qu'un élément. En effet ce premier tome s'ouvre sur Taho et se termine sur lui, jeune spécialiste des dragons dont le destin va connaître un virage surprenant. On ne sait pas grand-chose sur Griffe Blanche, sinon qu'elle est étrangère, adepte des arts martiaux et disciple d'un maître mystérieux (ce qui me rappelle un peu Le Moine fou, de Vink), et qu'elle est accompagnée par un animal légendaire... Dans le deuxième tome les personnages se placent les uns par rapport aux autres, il se passe pas mal de choses... Le récit est assez linéaire, même s'il me semble qu'il y a un ou deux petits raccourcis. Le tome trois voit l'aboutissement du récit, avec un recentrage sur Griffe blanche, mêlant épopée et drame intimiste. Le Tendre connaît son affaire, toutefois, et nous livre un récit très divertissant.

Le boulot graphique d'Oliver TaDuc est de grande qualité, son trait clair et maîtrisé s'adapte tout à fait à cette intrigue alternant action et (petites) séquences de discussion. Le travail sur les couleurs est impressionnant aussi, étant réalisé en couleurs directes, art dans lequel TaDuc est passé maître. Ses paysages sont magnifiques.

Une série où souffle presque en permanence l'épopée, somptueusement dessinée.

Nom série  Le Soufflevent  posté le 17/03/2014 (dernière MAJ le 27/08/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis sous le charme...

Je suis le parcours d'Andoryss, jeune scénariste, depuis ses débuts ou presque, et j'avoue que, même si je n'ai pas encore tout lu, ou plutôt tout fini, les univers qu'elle invente me parlent.

C'est le cas ici encore, avec cette histoire de convoyage d'une arme qui ne doit pas tomber entre de mauvaises mains, et qui est sous la responsabilité de personnages aussi attachants que fragiles. Certes, me direz-vous, rien de nouveau sous le soleil, mais la demoiselle a le don de bien composer ses histoires, sous la houlette une nouvelle fois de David Chauvel, incubateur patenté de talents et lui-même franchement pas maladroit en tant que scénariste. Bref, ici la traque a de la classe, et même si l'on sent venir le pot-aux-roses concernant Coline un peu avant que cela soit révélé, on a envie de connaître la suite. Le tome 2 est un tome de transition, il se déroule essentiellement chez les pirates mais il propose quand même un intéressant jeu de renversement des postures... Concernant le look du chat volant, bizarrement j'ai pensé au dragon du film... Dragons en le voyant. Peut-être une référence implicite ?

Je dois dire que le dessinateur est aussi pour beaucoup dans l'enchantement ressenti. Avec un trait plus adouci que dans Alice au pays des merveilles (Drugstore), scénarisé par le susdit citoyen Chauvel, ses planches sont tout simplement somptueuses. Dans un style combinant franco-belge et manga, et des effets de mise en scène affranchis de tout complexe, c'est d'une lisibilité extraordinaire. La mise en couleurs, tout en pastels, concourt à en faire un régal pour les yeux.

Bref, bravo.

Nom série  Charles de Gaulle  posté le 27/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah tiens, pour ceux qui, comme moi, ne connaissent du personnage que les images d'Epinal, les "Je vous ai compris", l'appel du 18 juin et le quarteron de généraux, voici une biographie en images qui peut s'avérer intéressante.

Au-delà d el'image que l'on veut donner de lui, de son "héritage" politique dont se réclament les deux bords principaux, je m'étais fait l'image d'un homme hautain, farouchement attaché à sa patrie, au point d'en devenir ridicule. Ce premier tome n'entame pas vraiment cette conviction : l'homme tient au prestige de sa condition d'officier (lequel lui confère un certain confort, voire un confort certain dans les geôles allemandes), qui met sa patrie avant tout le reste. J'ai du mal avec ce genre de personne, mais ceci n'est pas une tribune pour parler de ma vie.

A côté de celà, il y a son opiniâtreté à vouloir s'échapper, le sérieux de son apprentissage (De Gaulle améliorera son allemand en prison, en vue justement de son vasion), mais aussi son intelligence tactique sur les théâtres d'opération (il est apparemment l'un des premiers à croire à la supériorité du mécanique sur l'humain en temps de guerre) et son imagination pour s'échapper. Mais il y a quand même un truc qui m'étonne, c'est que les Allemands regroupent les spécialistes de l'évasion, lesquels forment l'"escaping club", comme ils se surnomment eux-mêmes... Personne ne réfléchit dans leur administration pénitentiaire ?

Le récit est linéaire, facile à suivre (même si l'incident du drapeau m'a semblé nébuleux, même avec l'explication en bonus), en cela on sent que Jean-Yves Le Naour adopte une approche pédagogique alliée à un sens du romanesque certain. Le travail graphique de Claude Plumail est de qualité, assez sobre, bien secondé aux couleurs par Albertine Ralenti.

Du boulot sérieux.

Nom série  Joueur du Grenier  posté le 27/10/2012 (dernière MAJ le 27/08/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de voir quelques-unes des petites émissions du Joueur du Grenier sur internet. Le capital sympathie du personnage est tel qu'il a déclenché une sorte de mini-émeute lors de son passage lors de la Japan Expo de l'été 2012. Cependant, décliner le personnage en BD, ça me laisse circonspect.

Pourtant le résultat est loin d'être inintéressant. Premièrement l'humour un peu geek est conservé, ce qui va plaire à ses fans ; ensuite les auteurs ont fait en sorte de justement ne pas en rajouter dans ce registre, du moins dans le premier tome, car la plupart des gags, pour ne pas dire tous, sont accessibles même à celles et ceux qui n'ont jamais touché une console de jeu de leur vie. Dans les deuxième et troisième tomes on continue sur le même tempo, entre gags référencés geek années 1990 et humour bon enfant sur la pré-adolescence. En fait, plutôt qu'une série sur le personnage, c'est une sorte de série d'humour sur une génération, la première à être branchée, mais de façon plus individuelle qu'à présent (les réseaux sociaux s'appelaient alors Relais Descartes). La série doit bien marcher, car un quatrième tome est sorti, toujours dans le même esprit sympathique. A noter en bonus un courrier des lecteurs, où les fans peuvent poser leurs questions à leur "idole", et même envoyer des fanarts...

Troisièmement le mécanisme du gag est bien utilisé, avec des chutes amenées logiquement. Certains sont franchement bons. Même si tous ne sont pas excellents, c'est assez bon, et de nombreux hommes ayant entre 30 et 45 ans devraient se reconnaître un peu.

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