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Nom série  Paul dans le Nord  posté le 17/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Michel Rabagliati continue son autobiographie plus ou moins romancée avec ce nouvel album, qui retrace deux ou trois années d'adolescence, entre virée hasardeuse, premiers émois sexuels et autres découvertes.

On retrouve les mêmes caractéristiques qui font le sel de l'oeuvre de l'auteur québécois : une narration fluide, la pudeur dans le récit, l'humour très fin distillé au fil des pages... Petit à petit Paul devient un adulte, mais ce n'est pas toujours simple... On en apprend plus, en creux, sur l'organisation des Jeux Olympiques de 1976 à Montréal, et leur perception par les Québécois... C'est vraiment prenant, je n'ai pas décroché avant d'avoir terminé les 180 pages de ce nouvel opus...


Le dessin est vraiment très agréable, une ligne claire très expressive. C'est un régal.

Et il y a toujours la langue québécoise, si chantante, si inventive...

Nom série  Bob Morane Renaissance  posté le 16/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ma lecture de Bob Morane se résume à quelques albums dispersés dans la tomaison et dans le temps, pour un souvenir à la fois flou et partiel. Par contre, l’annonce d’un reboot par deux scénaristes que j’apprécie beaucoup, à savoir Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray, avait de quoi m’intéresser, surtout par le souci de modernisme et de réalisme qui émaillent leurs scripts, à mille lieues, quelque part, du personnage de Morane.

C’est donc sans a priori que j’ai entamé ma lecture. Très vite elle a confirmé ce que je pensais : il ne s’agit a priori pas d’une nouvelle adaptation d’un roman d’Henri Vernes (qui en a écrit 200 pour son héros fétiche), mais c'est bel et bien du Morane. Pour l’occasion on en apprend un peu plus sur Bill Ballantine, leur rencontre est très différente de celle décrite par Vernes. Il garde par contre le caractère un peu bourrin, très dépendant de sa condition de soldat. Et on ne fait pas table rase de l’univers créé par Vernes, car trois personnages majeurs, en plus de Morane et Ballantine, sont d’ores et déjà présents.

Au-delà de la rigueur narrative, cet album fait preuve d’une belle documentation en termes de docu-fiction, puisqu’on nous parle d’action humanitaire, de nouvelles technologies et de « retour de la Françafrique ». Il est aussi fait mention d’un certain « discours de Dakar » d’il y a quelques années, où un chef d’Etat français (suivez mon regard… non, plus bas, genre 1,60 m) a fustigé l’absence de l’Homme africain dans l’Histoire. La patte de Ducoudray, ancien grand reporter, est posée. Ce premier tome est bien sûr, quelque part, un tome d’exposition, mais les auteurs ont le bon goût de ne pas s’appesantir sur les origines « remasterisées » de l’un ou de l’autre, et de nous faire entrer dans le dur plutôt vite, avec des scènes fortes, une situation déjà compliquée et intrigante à la fin du premier tome.

Côté dessin, Dimitri Armand est un peu inattendu dans ce style, puisqu’il passe du semi-réalisme qui fait merveille en fantasy à quelque chose de plus nerveux et puissant, dans la parenté de ce que fait Ralph Meyer, par exemple. Le résultat est globalement convaincant, même si j’ai trouvé une ou deux pages un peu plus légères, au niveau des visages surtout. Le travail de Facio sur les couleurs est de qualité.

Je suivrai ces nouvelles aventures avec plaisir.

Nom série  La Mélancolie de Sumiré  posté le 15/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je savais dès le départ ne pas faire partie du public cible pour ce manga. Mais sait-on jamais, on tombe parfois sur de belles surprises, regardez Emma (Mori)...

L'avantage c'est que la lecture de cette histoire ne m'a pas pris longtemps ; deux volumes de manga de taille moyenne, un tiers des cases sans paroles... Pour tout dire je me serais presque passé des dialogues, tant ils sont mièvres. Alors certes nous sommes dans la tête d'adolescents japonais qui hésitent quant à leurs sentiments, mais c'est quand même assez cucul... Faire 300 à 350 pages sur des hésitations comme ça, c'est osé. Parce qu'au final il ne se passe quasiment rien, le tout pourrait se résumer à 4 ou 5 scènes. A la limite, l'histoire courte qui sert de prequel (et située à la fin du tome 2), est la plus intéressante, exposant plus clairement les relations entre certains des personnages.

Quant au dessin... Rien de particulier, si ce n'est ce regard de merlan frit qu'ont les personnages en permanence, leur conférant une expressivité de poisson mort.

Bref, très très anecdotique.

Nom série  Le Téléporteur du Pr. Schmitt...  posté le 14/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très très sympa cette suite de gags.

Sur un point de départ simple (et qui se rapproche un peu de la série TV Code Quantum, pour ceux qui s'en souviennent), Peb et Fox nous proposent donc une série de saynètes en gaufrier (2x3 cases) à l'italienne où le Pr. Schmitt doit se sortir de situations parfois très délicates dans lesquelles l'emmène son téléporteur...

J'avoue, je me suis bien marré, les situations sont très diverses, aussi bien dans le temps que dans l'espace, et parfois la pauvre tête d'ampoule tombe de Charybde en Scylla... Le mécanisme du gag est bien maîtrisé par les deux auteurs, qui ont opté (enfin surtout Fox, qui assure le dessin) pour un dessin caricatural très efficace, et mis en couleurs de façon fort agréable.

Sympathique.

Nom série  Coraline  posté le 12/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bien aimé cet album, moi.

Pourtant je n'ai pas lu le roman original, et l'approche que j'ai pu avoir avec l'oeuvre romanesque de Gaiman n'a pour l'heure pas été couronnée de succès.

Mais il règne dans ce one-shot une atmosphère particulière, confinant au conte, aux rêves, à la magie... j'étais vraiment intrigué par ce qu'il y avait derrière la porte, et comme Coraline, à un moment, je me suis demandé comment en sortir... Le personnage principal est fort, plein de caractère, volontaire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre d'histoire. C'est peut-être ce qui m'a plu le plus, car pour le reste, et malgré le fait que le roman -et donc, le comic- eût été écrit pour un public jeune, je n'étais pas forcément rassuré par rapport à ce monde étrange...

Le dessin de P. Craig Russell participe aussi à cet émerveillement : réalisé dans une veine semi-réaliste, il est très expressif et participe donc à l'immersion du lecteur dans l'histoire.

Vraiment très sympa, je recommande.

Nom série  Les Godillots  posté le 14/05/2011 (dernière MAJ le 12/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me suis demandé par quel bout prendre cette BD.

D'un côté elle est éditée sous le label "humour" des Editions Bamboo ; de l'autre, le cadre, le front nord-est de la première guerre mondiale. Au centre, un album dessiné par Marko sur un scénario d'Olier, le duo de Agence Barbare. Une série sympa, orientée humour, même si le tome 2 lorgne un peu plus vers des côtés plus triviaux de la Grande Guerre.

Cette nouvelle série oscille entre les deux genres ; le côté humour est assuré par un duo de personnages ma foi assez sympathiques, et -ouf !- relativement crédibles, pas caricaturaux pour un sou. Mais aussi par un personnage de petit singe (!) qui sert de moteur à certains moments de l'histoire, pour lequel je suis plus réservé. Et le contexte sérieux des tranchées, de la mort qui rôde... Il ne manque que les miasmes, les maladies, et un côté plus "crade" du dessin. Dans le tome 3 c'est un aspect méconnu de la Grande Guerre, à savoir la starisation des pilotes d'avions mitrailleurs, qui est traité, avec ce décalage un peu inattendu.

Car le trait de Marko est assez rond, enlevant la tension dramatique des circonstances ; l'album s'achemine telle une comédie gentillette jusqu'aux deux tiers du récit, où ça bouge un peu, et c'est tant pis.

Une série assez sympathique, qui aborde la première guerre mondiale sous un aspect rarement utilisé, celui de l'humour.

Nom série  Z comme don Diego  posté le 01/08/2012 (dernière MAJ le 12/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etant fan de Fabcaro, je ne pouvais passer à côté de cette série...

Pour une BD où il ne se met pas en scène, il s'en sort plutôt pas mal, revenant à cet humour absurde qui fait mouche sur Amour, passion et CX diesel. Il est surprenant d'ailleurs qu'un personnage comme Zorro, au potentiel comique très fort, n'ait pas été utilisé plus tôt. Fabcaro nous propose donc des gags en six cases, un format où il est vraiment à l'aise, pour des gags qui ne sont pas répétitifs. Dans le second tome il parvient même à se renouveler, très fort.

Fabcaro a confié le dessin à Fabrice Erre, au trait rond, proche du cartoon, pour appuyer le côté burlesque de certaines scènes. Ce n'est pas forcément ma tasse de thé, mais je dois avouer que c'est assez agréable et adapté au propos, même si je trouve que les personnages manquent de diversité.

J'aime bien, même si ce n'est pas le top de ce que fait Fabcaro.

Nom série  Golden City  posté le 19/04/2002 (dernière MAJ le 09/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A sa sortie cette série a fait grand bruit : un environnement à la fois futuriste et très contemporain, un graphisme novateur et nerveux, et une histoire plutôt prenante, sur la quête d'identité et les jeux de pouvoirs, sur fond d'écologie.

Il semblait au départ que Harrison Banks était le héros, et au fil des tomes la bande d'adolescents a pris de l'ampleur, avec son pélican dressé. Un second cycle commence avec le tome 10, et la reconstruction de Golden City dans l'espace au lieu de la haute mer. Une partie des personnages a survécu, et le positionnement de certains a changé. La série est bien relancée, même si je trouve le graphisme de Malfin un peu maladroit par moments.

Nom série  Soucoupes  posté le 09/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu déçu par cet album quand même.

J'en avais lu quelques louanges par ailleurs, je m'attendais à lire un petit bijou, et...

Au final ce n'est rien de plus qu'un album sympathique, un de plus au crédit de ses deux auteurs. Il y a un côté loufoque indéniable, avec ce personnage dépressif et grognon qui se laisse peu à peu attendrir par celui qui est le moins bien placé pour y arriver, à savoir un sociologue extra-terrestre. Une poésie sous-jacente aussi, avec ces petits bonheurs qui transfigurent le quotidien de l'un et de l'autre. Je me suis même demandé si les deux personnages n'allaient pas franchir le pas et faire des cochonneries ensemble, ce qui aurait été too much, convenons-en. Mais malgré cette sagesse toute relative, je n'ai pas ressenti un plaisir extrême en lisant cette BD.

Pourtant le dessin d'Obion est vraiment sympa, très expressif et chargé d'émotion, mais ça n'a pas suffi à emmener cette histoire sur les sommets promis.

Sympathique, tout de même.

Nom série  Traits et regards sur la fin de vie  posté le 09/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En collaboration avec l'association Chrysalide, les Editions Hélice Hélas ont édité trois tomes contenant des histoires courtes relatives à la fin de vie.

Je m'attendais à lire surtout des histoires parlant de soins palliatifs, mais ce n'est pas le cas, tous les "genres" de fin de vie y sont présents, qu'elles soient accidentelles, du fait d'un suicide ou d'accompagnement... Tous les auteurs, a priori, sont helvètes, et quelques noms connus émergent, comme Kalonji (qui signe une histoire dans chaque volume), Goerg, Baladi, Tirabosco ou Wazem. Bien sûr, les styles sont diversifiés, et on n'est pas forcément sensibles à tous, mais le sérieux du travail est palpable.

Tous les récits dégagent une implication maximale des auteurs, la plupart sont touchantes ou provoquent le questionnement, ce qui, je l'imagine, est le but de la collection. Les tomes bénéficient d'une maquette soignée, il s'agit de vraies BD qui ne manqueront pas d'attirer le regard.

Je recommande, même si je n'ai pas accroché à tous les récits.

Nom série  Hallow  posté le 06/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Christophe Cazenove, avec une trentaine d'albums, est le prince incontesté de l'humour chez Bamboo. "Hollow" est sa troisième tentative de sortie du genre, après "Gullia" (au succès plus que mitigé, me semble-t-il) et Le Livre de Piik. Son premier album aussi long sur une seule histoire, il me semble, puisqu'il comporte 80 pages en version BD, et 144 en version manga.

Ce qu'on peut dire, c'est que Cazenove progresse. Il n'a plus cette propension à rythmer son récit sur des gimmicks humoristiques, comme sur Le Livre de Piik, son histoire se tient de façon plus constante. Mais du coup, on se retrouve avec un récit inutilement verbeux, qui se perd dans certaines redites alors qu'il faudrait un peu plus d'action, ou une intrigue plus resserrée. 80 pages, c'est carrément long pour des jeunes lecteurs, fussent-ils adolescents.

Clairement le point fort est le dessin d'Ood Serrière. Après des débuts remarqués sur Sweety Sorcellery, la mise en veilleuse (définitive ?) de Thalulaa, la jeune dessinatrice semble plutôt s'éclater sur cet univers éclatant de couleurs (bravo à Pascal Nino, le Booba de la couleur), où son dessin tout en rondeurs fait merveille. Elle semble d'ailleurs plus à l'aise avec les différents monstres du monde d'Hallow (j'aime bien Jack O'Lantern) qu'avec ses humains. Le personnage central est d'ailleurs une véritable endive, tant physiquement qu'au niveau du caractère.

Bref, c'est sympathique, plutôt joli, mais il faudra faire plus efficace dans la suite.

Nom série  Masqué  posté le 16/01/2012 (dernière MAJ le 04/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Moi j'aime quand un grand auteur comme Serge Lehman se met à la bande dessinée. mais pas pour faire comme certains autres, prouver qu'ils n'ont aucun talent et au final appauvrir le media... Non, les gens comme Serge Lehman apportent un vrai plus. Dans une bande dessinée de SF un peu sclérosée qui n'avait plus sorti grand-chose de remarquable depuis Acriboréa ou Orbital (laissons Urban de côté), ça fait du bien de voir des récits qui prennent d'entrée le chemin des classiques du genre.

Reprenant le thème du super-héros européen (et même français) qu'il avait déjà utilisé pour La Brigade Chimérique, l'auteur-scénariste nous emmène sur les pas d'un ancien combattant qui va se retrouver confronté à un phénomène qui le dépasse. On se sent tout de suite très proche du personnage, de ses doutes, et l'on se demande bien où ça va le mener... Je suis particulièrement curieux de ces "Anomalies", qui tendraient à prouver que Paris est un être vivant, et que ceux-ci sont des anticorps, les Hommes étant le microbe à éradiquer...
Le scénario monte en puissance, on retrouve certains motifs chers à Lehman, qui se sert de la mythologie urbaine parisienne pour étoffer son récit. Un petit goût d'inachevé, puisque le tome 4 clôt un premier cycle, avec de nouveaux questionnements, et du coup on attend la suite...

Stéphane Créty me semble être le dessinateur presque rêvé pour un récit de ce genre. Son style nerveux, son découpage à l'américaine et son énergie font plaisir à voir, même s'il ne faut pas minimiser le travail d'encrage de Julien Hugonnard-Bert (qui a travaillé pour Marvel UK) et de coloriste de Gaëtan Georges. Visiblement ces trois-là sont en phase. Tout juste ergoterai-je sur les visages de certains personnages, que je trouve insuffisants.

Une nouvelle série courte, à publication accélérée, dont le pitch est excitant et la réalisation efficace. Lehman construit patiemment sa mythologie du super-héros européen.

Nom série  Super-sourde  posté le 04/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cece Bell, à la suite d'une méningite, perd l'ouïe à l'âge de 4 ans. Dès lors, sa vie est bien sûr chamboulée. Chez elle, toute la famille a dû s'adapter à son handicap pour l'aider, sans toutefois verser dans la surprotection. Mais c'est à l'école que ça se complique, surtout en primaire. Cece ne peut s'empêcher de penser que tout le monde l'observe en cachette, qu'on se moque d'elle, alors qu'elle ne veut rien d'autre qu'on la traite comme une personne normale. Ce qui l'énerve le plus ? Les gens qui parlent fort, alors qu'il suffit qu'ils parlent en face d'elle (elle sait lire sur les lèvres), ainsi que ceux qui s'adressent à elle en langage des signes, qu'elle refuse d'apprendre.

Tout ce qu'elle veut, c'est avoir des amis et une vie normale avec eux. Cece Bell l'explique très bien dans ce roman graphique un peu long (240 pages), au fil de ses mésaventures, mésententes et quiproquos avec ses camarades d'école. C'est gentil, un peu trop même par moments, mais le lectorat jeune saura y trouver une bonne explication de ce que peut être la vie d'un enfant handicapé.

Bell se représente, ainsi que son entourage, avec une tête d'animal, ce qui facilite l'appropriation par le jeune public. La mise en couleurs, signée par David Lasky, est très agréable. L'album a été élu "meilleur livre jeunesse" aux Etats-Unis et a figuré dans la liste des best-sellers du New York Times.

Nom série  Niourk  posté le 25/12/2012 (dernière MAJ le 04/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Niourk est un roman que j’ai lu étant adolescent ; je m’en souviens encore, c’était en Folio Junior, et la couverture était verte. L’atmosphère post-apocalyptique, l’histoire de l’enfant noir et les mystérieux « monstres » ont durablement marqué ma mémoire.

Lorsque j’ai appris qu’Olivier Vatine, un dessinateur dont j’apprécie par ailleurs le travail, bûchait sur une adaptation en BD, je m’y suis tout de suite intéressé.

Et le résultat est, sans conteste après consultation avec moi-même, franchement bon. Tout d’abord dans les ambiances et les cadrages, un domaine où Vatine excelle. On a un peu l’impression qu’il n’attendait que ce projet pour s’exprimer pleinement. Il n’hésite pas à faire sauter son découpage pour mieux exprimer les différents rythmes imprimés au récit. Et les couleurs, préparées par Isabelle Rabarot, sont également remarquables.

Quant au récit… Je me suis également régalé, j’ai l’impression que Vatine a été marqué par les mêmes scènes que moi, puisqu’il les met en exergue, proposant deux fils narratifs parallèles. Dans le deuxième tome le récit semble moins dense, mais le savoir-faire est toujours là, au service du récit et des ambiances. Certaines pages sont somptueuses, je me régale, surtout dans le tome 3, avec plus de passages contemplatifs que Vatine transforme en pages de toute beauté.

En résumé, de l’excellent boulot, sur un bouquin devenu culte. De bout en bout.

Nom série  Le Cas Alan Turing  posté le 03/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alan Turing a récemment ressurgi en pleine lumière, grâce au film The Imitation Game, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal.

Mais qui est Alan Turing ? La question est complexe. Certes, l'Histoire retiendra que c'est lui, aidé par une équipe de mathématiciens et de cruciverbistes, qui a réussi à craquer le code Enigma, du nom de cette machine qui transmettait les ordres des Nazis pendant la seconde guerre mondiale. Mais cette activité devait rester secrète, même après la guerre, surtout que la Guerre Froide s'amorçait... C'est aussi lui, à la suite d'autres savants, qui jette les bases théoriques de ce qu'on appellera plus tard l'intelligence artificielle. Sur un plan plus intime, Turing était tourmenté par ses passions amoureuses alors interdites (et pénalement punissables), lui qui allait plutôt vers d'autres hommes.

Secret, mensonge, dissimulation : tels sont les maîtres mots du cas Alan Turing.

Arnaud Delalande, auteur de séries historiques réussies, telles qu'Aliénor, la légende noire, ou Le Dernier Cathare, s'attaque à une figure plus proche de nous, avec cette rigueur et ce talent déjà connus. Il se concentre sur les années 1938 à 54, entre l'arrivée de Turing au GC&CS (le Chiffre britannique) et son suicide à l'âge de 41 ans, en pleine crise existentielle, après avoir été condamné à la castration chimique. Delalande n'extrapole pas trop sur la vie de Turing, tout juste a-t-on droit à quelques scènes intimes (il faut dire que l'homme restait secret sur sa vie privée, et pour cause...), le "corps" de son récit se concentre sur ses différentes tentatives (et celles de son équipe) pour déchiffrer les transmissions ennemies. Tout juste peut-on regretter que sa carrière d'athlète de haut niveau soit presque passée sous silence. J'ai bien aimé la dernière page, qui fait un lien vers l'informatique moderne. A noter la présence, en bonus, de quelques pages expliquant les bases du codage des transmissions. Fort éclairant.

Sur le plan graphique, c'est le polymorphe Eric Liberge qui s'est attaqué à cette légende, avec -visiblement- enthousiasme et respect. Les scènes d'action sont bien sûr peu nombreuses, nous sommes la plupart du temps dans un laboratoire avec des têtes d'ampoule et un gars à l'allure lunaire comme principaux protagonistes. Le dessin est impeccable, tout juste regretterai-je cette mise en couleurs qui tend vers les dégradés de rouille, palette que je n'apprécie pas particulièrement mais qui fait partie de la "patte" du dessinateur.

Du très très beau boulot, qui rend plutôt justice à la complexité du bonhomme. Fortement recommandé à qui s'intéresse à la période (et son arrière-boutique), ainsi qu'aux prémices de l'informatique.

Nom série  Tungstène  posté le 20/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est surprenant. C'est d'abord la couverture que je trouve sublime, et interpellante. deux personnages, l'un visiblement une femme, l'autre un homma rmé, matchent dans une eau transparente, avec une belle plage en fond.

Une scène qui n'est pas dans l'album, même si tous les éléments y sont. La plge, c'est celle de Salvador de Bahia, sur la côte brésilienne, théâtre d'un fait divers qui va constituer l'essentiel de l'hisoire. Deux pêcheurs attrapent des poissons à proximité d'un fort à la dynamite. Un vieil homme, militaire retraité, discute avec un petit delaer, constate le délit, et le persuade d'appeler les autorités. C'est richard, flic en civil, qui hérite de l'histoire et se lance dans l'appréhension des contrevenants. On bascule ensuite dans une sorte de clip musical, un vaudeville à la brésilienne avec une petite dizaine de personnages. Car pendant ce temps le couple de Richard est en train de badsculer, avec Keira qui se pose des questions.

J'ai été littéralement soufflé. 150 pages sur les 180 que compte l'album content des scènes simultanées se déroulant sur 5 minutes de temps. C'est un montage ultra-serré, entrecoupé de flashes-bacs très fort (sur les aptitudes de Richard, mais aussi sa vie de couple minable). Un instant avec de multiples tensions, entre arrestation musclée, dilemnes personnels et petits trafics.

Les personnages sont très subtils, on n'a pas de bons angéliques et de mauvais démoniaques, simplement plusieurs personnes qui essaient de vivre dans le Brésil d'aujourd'hui.

Le style de Quintanilha est clairement ibérique, c'est une ligne claire mâtinée de comics un peu figée, mais cela se justifie vue le point de vue narratif (des instantanés, des arrêts sur image en pagaille).

Vraie belle surprise, surtout au niveau narratif, même si le propos est un peu banal.

Nom série  Gainsbourg (Jungle)  posté le 18/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après s'être attaqué à Coluche et Johnny Hallyday chez le même éditeur, François Dimberton nous retrace l'histoire d'un autre génie populaire des Trente Glorieuses, à savoir Serge Gainsbourg.

De son enfance chez ses parents émigrés ukrainiens à sa mort due aux ravages de l'alcool et du tabac, le tour d'horizon dure 80 pages. Mais curieusement j'ai eu l'impression que la complexité du personnage n'était que survolée. Pourtant il y a de la matière : ses conquêtes féminines, sa reconversion artistique, ses succès divers, ses scandales médiatiques... Mais ses affres personnelles ne sont qu'effleurées, on n'approfondit pas assez le personnage. Sa vie privée est seulement évoquée, en deux pages par-ci par-là. Certes, sa vie et sa carrière furent moins longue que celles de Johnny hallyday, qui nous enterrera tous, mais il me semble que le personnage a nettement plus de profondeur...

Et puis, désolé de dire ça, mais le dessin d'Alexis Chabert ne me plaît pas. Il se base parfois sur des clichés, ou bien ses cases en pied sont bizarrement composées, avec des personnages un peu difformes... Il reste cependant quelques illustrations pleine page (ou même double page) que j'ai trouvées fort jolies. Son sens de la mise en scène est quand même bien présent, un peu écorné par une mise en couleurs un peu maladive, sombre parfois. je ne demande pas une explosion de couleurs pétantes, mais un peu plus de joie aurait pu être injectée dans ce traitement des couleurs.

Pas inintéressant, mais trop court, je pense que deux albums de 54 pages auraient mieux convenu au personnage.

Nom série  Cesare  posté le 21/03/2013 (dernière MAJ le 13/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ceux qui sont attentifs à l'évolution de l'édition manga en France ne laisseront sans doute pas passer ce qui est en cours chez Ki-oon ; au sein d'une production shôjô/shônen assez passe-partout au début, seules les productions de Tsutsui permettaient à cette petite maison d'édition de s'adresser à un lectorat plus mature. Puis vinrent Tonogai et Sanbe, avec des récits qui lorgnaient franchement vers l'horrifique. Puis vint l'OVNI Bride Stories, il y a déjà quelques années, qui ouvrit une nouvelle brèche, des mangas plus "cérébraux", plus tournés vers le souci de véracité historique. Cesare est l'une des dernières traductions dans cette mouvance.

Tout d'abord on remarque la maquette, très soignée, marquant ce souci de qualité vers lequel l'éditeur, peu à peu, tend. Ici le sujet est la vie d'un jeune représentant de cette famille de dignitaires italiens d'origine espagnole qui s'appelèrent les Borgia. En plein coeur de la Renaissance transalpine, cette dynastie oeuvra pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir local, c'est à dire le pontificat. Mais plutôt que de nous parler de celui qui lorgne le Saint-Siège, l'auteure a choisi de nous en parler par le biais de son fils, brillant étudiant de l'université de Pise. Ou plutôt -et c'est là une excellente idée, même si un peu éculée- au travers des yeux et de l'expérience d'un novice dans cette université, un jeune homme peu au fait des usages et des situations politiques, Angelo. Procédé malin, disais-je, car ainsi on découvre tous les rouages de ces intrigues de boudoirs, les conspirations diverses entre et contre les familles rivales.

C'est habilement mené, malgré le côté Dallas un peu trop présent, on ne s'ennuie quasiment pas, et on apprend beaucoup de choses. Il est intéressant de noter, par exemple, qu'en un peu plus de 500 ans, la Curie romaine n'a pas vraiment changé : corrompue, cupide, concupiscente et n'hésitant pas à se servir des services de spadassins, elle semble trouver d'étranges échos dans l'Eglise des années 2000... Point positif, la période choisie est au coeur de pas mal de révolutions sur le plan artistique ou celui des voyages ; l'occasion pour nos protagonistes de rencontrer... Mais chut, ne déflorons pas cette partie... Fuyumi Soryo introduit petit à petit différents personnages historiques, et la jeune Lucrezia fait ainsi son apparition dans le tome 4 ; on aurait pu penser que la relation avec son père va être au coeur de turpitudes ultérieures, mais après lecture du tome 6 Lucrezia reste encore pas mal en retrait. Mais l'auteure ne déflore pas son histoire, elle prend son temps. C'est aussi ça qui est intéressant : la psychologie des personnages évolue, et les masques tombent ou s'installent au fil de l'histoire.

Sur le plan technique, Fuyumi Soryo semble combiner deux visages : celui, classieux, d'une admiratrice du decorum de la renaissance italienne : ses décors, les costumes sont somptueux, c'est un vrai plaisir de regarder certains plans larges ou des personnages en tenues ecclésiastiques. Dans les bonus du tome 6 elle décortique sa façon de travailler sur les décors, en particulier un palais Renaissance. Par contre, sur le plan anatomique, c'est plus laborieux : certains visages manquent de rigueur, semblent un peu déformés. Certes, esthétiquement parlant, ils ressemblent aux canons de l'époque ; mais un peu plus de réalisme n'eût pas nui. Mais ce souci s'estompe par la suite. Elle a aussi des soucis avec les chevaux. Ils sont également vraiment difformes, et c'est bien dommage quand l'une des scènes tourne autour d'eux. Ce souci me semble gommé par la suite, car dans le tome 5 une longue scène montre des chevaux, cette fois-ci nettement mieux réalisés.

Parlons-en un peu de ce tome 5, dont la scène centrale est une fête de l'école matérialisée par la reconstitution (moyennement fidèle) d'une célèbre bataille des croisades. C'est l'occasion pour les étudiants d'y montrer leur valeur en tant que guerriers -alors qu'ils n'auraient probablement jamais l'occasion de le faire en vrai- mais aussi, pour certains, d'évacuer leur stress, leur énergie, ou même... les frustrations accumulées face à leurs condisciples. Un évènement aux sous-tensions troublantes donc.

Dans le tome 6 on passe à un autre temps fort, le dévoilement d'une partie du mystère de l'incendie. Le tome 7 est sur un autre tempo, on laisse reposer l'intrigue principale pour un cours d'Histoire concernant le dualisme entre l'Empereur et le Pape, ainsi que quelques éléments sur la ville de Pise, qui joua un rôle très important à une époque. De nouveaux angles de vue qui enrichissent la connaissance du sujet, fort complexe. Et encore une fois, quelques personnages emblématiques passent faire un coucou... La révolte des Pazzi, évènement sanglant de l'histoire de Florence, est évoquée dans le tome 8, car une quinzaine d'années après, les résonances sont encore là ; on apprend beaucoup de choses sur l'Histoire et la politique de l'époque, c'est vraiment très intéressant.

Dans le tome 9 le tempo est plus calme, Cesare et Angelo disparaissent même un peu de la scène pendant la moitié du tome, tandis que nous est exposée la délicate, fragile et complexe situation géopolitique de l'Italie, alors éclatée en plusieurs Etats. Je n'ai pas tout compris, mais encore une fois cela me semble bien présenté, et surtout complété par des annexes documentaires fort intéressantes, un autre plus qui maintient cette série sur une qualité élevée. Dans le tome 10, conclusif du premier cycle, nous avons droit à un évènement majeur dans l'histoire d'Angelo, Giovanni et Cesare ; c'est peut-être le plus calme de la série, mais il fallait cela pour conclure en beauté, sur un rythme qui fleure bon la Toscane et sa douceur de vivre. De plus les personnages tombent un peu le masque, et l'entité un peu froide que représentait jusque-là Cesare apparaît plus humaine.

Le second cycle s'ouvre sur un évènement qui remet en question l'alliance tripartite qui liait Naples, Milan et Florence. Et se conclue sur un autre évènement, ou son imminence, qui va bouleverser la Curie romaine. Cela promet encore de beaux moments de diplomatie et d'intrigues de palais.

L'auteure (ou l'éditeur) a pensé à nous proposer une sorte de tableau synoptique des relations entre les personnages, car je dois avouer qu'entre les Medicis, les Borgia et les Della Rovere, il y a de quoi s'y perdre, même si chaque famille n'est représentée que par deux ou trois personnages. Dans le tome 3 de nombreuses notes permettent de replacer l'ensemble de l'histoire dans un contexte socio-politique précis. Dans le cinquième un entretien avec un spécialiste japonais de l'époque nous permet de mieux comprendre le fonctionnement des universités de la renaissance. C'est très intéressant, et permet de comprendre pas mal de subtilités présentes dans le manga...

Le lectorat du manga traditionnel risque de ne pas adhérer, mais tant pis, j'encourage Ki-oon à persévérer dans cette voie, car c'est vraiment très intéressant, et franchement bien fait. Ma note globale est de 4/5. C'est excellent de bout en bout.

Nom série  C'est grave docteur ? (Jungle)  posté le 12/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il fallait bien que ça ressorte.

Comme de nombreux médecins, Michel Guilbert en a entendu des vertes et des pas mûres dans son cabinet de médecin généraliste. Il en a fait un bouquin, qui s'est très bien vendu, et se trouve adapté à son tour en BD. Mais plutôt que de faire dans le répétitif, son adaptateur Alan a varié les mises en scène, les conditions de discussion des personnages. Ainsi le médecin n'est-il pas présent sur toutes les planches.

Soyons clairs, il y en a de tous les niveaux, du bon et du moins bon, mais cet effort de mise en scène évite la lassitude dans un album de gags.

Côté dessin, Bob Bergé fait du gros nez un peu à la Larbier, mais il agrémente ses planches de décors, saluons là encore l'effort.

Nom série  Le Temple du passé  posté le 29/05/2014 (dernière MAJ le 12/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nouvelle adaptation, cette fois-ci par Hubert et le Roux. Il s'agit cette fois d'une sorte de planet fantasy, avec un huis-clos à la clé. Le récit oscille entre présent, un survival sous haute tension, et passé, lorsque Massir doit lutter contre des carcans sociétaux très particuliers... Massir, responsable des survivants de ce crash surprenant, doit donc trouver des solutions pour que lui et ses deux compagnons s'en sortent... Ça ne va pas être facile, et d'ailleurs c'est très peu crédible, mais après tout, c'est de la SF un peu à l'ancienne, donc pourquoi pas... Le second tome, conclusif, confirme ces belles promesses, avec un rythme comparable. Comme le signale Pasukare, la fin est plutôt bien foutue, j'adhère, c'est typique du cynisme de Wul.

Etienne Le Roux semble un peu hésitant au début de son album ; il semble plus à l'aise dans le monde futuro-héllénique que dans les designs tourmentés de l'épave du vaisseau, puis les parties organiques lui permettent de se chauffer un peu et se trouver sur un style de croisière aux deux tiers du premier tome. C'est efficace, très beau même par moments, bref, visuellement ça fonctionne bien.

Sympathique, même si moins puissant que Niourk.

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