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Nom série  Toupoil  posté le 23/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série bien sympathique que celle qui porte le nom du chien qui en est le héros...

Toupoil est en effet une série consacrée à la nature, avec ce chien qui se lie d'amitié avec les espèces qu'il croise. Monfort se réclame de l'influence de Raymond Macherot, lequel avait en particulier, au travers de sa série « En promenade avec le Père Mathieu », dans le journal Tintin, essayé de réhabiliter de nombreuses espèces considérées comme nuisibles. Un grand nombre de valeurs traversent les aventures de Toupoil : entraide, respect de la différence, protection de la nature... Ce n'est pas pour rien que le premeir tome, dans sa rrédition, comporte une préface de Derib, auteur de Yakari, autre splendide série du genre.

Au-delà de son aspect écolo assumé (notons que les albums sont imprimés sur de papier issu de forêts gérées durablement), l'autre élément dont se réclame la série est sa cible de lecteurs, les moins de 7 ans... Or les aventures du petit épagneul (enfin il me semble que c'en est un) me semblent trop complexes pour être pleinement comprises par des primo-lecteurs, même accompagnés d'un adulte.

Côté dessin, c'est un vrai régal pour un amateur de franco-belge. réalisées au crayon gras, il s'agit d'aventures très lisibles, dans un style semi-réaliste sans complexe, plus porté sur la nature (forcément) que sur les architectures.

Chaque album comporte 5 pages de bonus sur l'habitat et l'écologie des animaux rencontrés par Toupoil : les loutres, les ours, les lynx... Précieux pour les plus jeunes. A noter que le tome 2 a obtenu l'Alph-Art jeunesse pour la catégorie des 7-8 ans à Angoulême 1996.

Nom série  Pleine Lune (Dargaud)  posté le 07/12/2012 (dernière MAJ le 23/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est vrai qu'on est clairement dans le "Twilight-like" avec cette nouvelle série.

Visiblement Isabelle Bauthian se sent plus à l'aise dans ce genre, et après la réussite de Havre, elle persiste et signe avec cette BD éditée grâce au soutien des édinautes. La narration est fluide, linéaire, avec en contrepoint le journal intime de Koline, qui nous place encore plus dans le monde adolescent. J'ai eu un peu de mal au début, les personnages féminins se ressemblaient beaucoup. L'intrigue est quand même pas mal resserrée, ce qui est utile pour la compréhension. Dans la deuxième parti le récit se perd un peu dans une narration confuse, on a l'impression qu'il en manque des parties.

Côté dessin, Luca Saponti a déjà une belle technique, son trait est dynamique, il apporte un surplus de crédibilité à l'histoire grâce à ces qualités, malgré des visages qui à mon goût, manquent de maîtrise.

Nom série  Un Caillou dans la chaussure  posté le 21/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est sympa tous ces albums qui sortent et qui parlent du handicap de façon décomplexée, sans tabou...

Ici c'est Ulric (dont c'est le premier album BD, visiblement il est illustrateur de métier) qui raconte son expérience un peu étrange, ayant accepté de remplacer un prof d'arts plastiques dans un établissement pour handicapés mentaux...

Son regard est candide, il ne connaissait visiblement rien au monde du handicap, mais sa bonne humeur et sa patience ont vite fait de le faire entrer dans le monde de ces résidents si particuliers. Le ton d'Ulric n'est pas condescendant, ni méprisant, ni moqueur. Ce n'est pas toujours à son honneur, mais au moins il est honnête, et du coup cela permet d'apprécier cet album. Un seul souci, qu'il ne parle pas plus du fonctionnement de l'établissement, s'intéressant finalement qu'à son activité d'enseignant/animateur, même si par moments il met la main à la pâte sur d'autres tâches.

Son trait est très clair, typiquement franco-belge, aussi dynamique que classique. Sympathique

Nom série  Hindenburg  posté le 19/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le tour pris par cette série m'a surpris.

Je m'attendais à un récit d'aventure ayant pour cadre les prémices de la seconde guerre mondiale, et au bout de deux tomes le récit brasse plus large, mêlant bien sûr cadre historique, avec cette guerre qui est imminente en Europe, saga familiale avec cette recherche de ces descendants sur les différents théâtres de tensions dans le Vieux Continent, et même ésotérisme avec ces 'Chevaliers' recrutés par les nazis, les "pouvoirs" des descendants en question, et cette créature mi-ours mi-loup, aux étonnantes facultés, qui accompagne Diane.

Mais curieusement tout cela se marie bien par les deux co-scénaristes, l'un historien et l'autre touche-à-tout chevronné, comme en témoignent leurs déjà nombreuses collaborations chez Bamboo. On ne s'ennuie pas, le récit reste relativement fluide malgré ces nombreux éléments à intégrer. Tout juste relèverai-je des scènes de nudité féminine qui ne se justifient pas vraiment, et quelques facilités scénaristiques qui permettent au récit d'aller dans la direction voulue pas les scénaristes.

Le dessinateur, TieKo, commence à avoir des heures de vol après avoir travaillé pour Assor BD et pour le studio réalisant l'adaptation en BD de La Compagnie des Glaces. pourtant il y a encore quelques petits défauts dans son dessin ; comme de la raideur dans les attitudes ou des visages qui manquent de caractère et de déterminisme, comme dans ce tome 2 où j'ai eu du mal à différencier les compagnons de Diane, tous bruns et jeunes.

Pour le reste c'est une série vraiment plaisante, qui fait des allers-retours fréquents avec l'Histoire réelle, ce qui permet un ancrage plus fort dans la réalité.

Nom série  Graines de sapiens  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une nouvelle BD d'humour sur la Préhistoire...

Cette fois-ci c'est Olis, créateur du Garage Isidore qui officie en tant qu'acteur complet, et nous propose les aventures de Tahrn et Garoun, deux adolescents que l'on presse de faire leurs preuves pour passer à l'âge adulte. mais les deux loustics, qui doivent faire à de nombreux obstacles ainsi qu'à leur condition pas toujours facile d'adolescents, ne sont pas très pressés...

C'est rigolo, sans être hilarant. la plupart des gags sont pour l'heure relativement différents, ce qui évite la lassitude chez le lecteur. Olis a un dessin typique du "gros nez" aussi expressif qu'efficace, et cela suffit amplement à passer un bon moment de lecture.

A noter en bonus, un cahier pédagogique de 8 pages sur la vie et l'habitat de l'homo sapiens.

Nom série  L'Affaire OIL  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cet album, sorti en 2007, ne connaîtra probablement pas de suite. Passé complètement inaperçu, il n'est en effet vraiment pas terrible.

Parlons déjà de l'histoire, avec un récit où s'entremêlent complots, sociétés secrètes, détournements de fonds publics, corruption, et bien sûr barbouzes aux prises avec les media assoiffés de scoops. C'est très confus, on a du mal à comprendre quel est l'objet de l'histoire, les personnages ne sont pas clairement définis, apparaissent brièvement sans que leur identité, ou leur appartenance, soit clairement définie... Alors bien sûr, je sais que dans la réalité, c'est probablement ainsi, mais il n'y a rien de tel pour perdre des lecteurs en route. Au bout de 25 pages j'en avais déjà marre, d'autant plus que des détails idiots m'ont fait tiquer : la jeune femme agressée qui est reçue directement par un commissaire pour déposer plainte (plainte qui ne sera d'ailleurs jamais déposée), les places de parking devant les portes cochères, les barbouzes incapables de trouver des documents alors qu'ils retournent un appartement... Sans parler des fautes d'orthographe, des polices de tailles différentes... Bref, l'impression qu'il n'y a eu aucun travail éditorial sur ce titre est forte.

Il faut dire aussi que le dessin n'est pas des plus réussis. Pendant ces 25 premières pages, c'est déformé bizarrement, la mise en scène est très maladroite, et le trait fait abominablement daté, sans élégance. Et puis ça s'améliore un peu, le dessinateur semble trouver son rythme, avec un style qui rappelle un peu celui de Nicolas Otero (Amerikkka). Mais lorsque le script est indigent, cela ne suffit vraiment pas, et on est presque soulagé d'arriver à la fin de l'album. :/

C'est confus au possible, pas très agréable à regarder sur la moitié du parcours, bref, l'abandon probable n'est peut-être pas un mal.

Nom série  Soufflevent  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis sous le charme...

Je suis le parcours d'Andoryss, jeune scénariste, depuis ses débuts ou presque, et j'avoue que, même si je n'ai pas encore tout lu, ou plutôt tout fini, les univers qu'elle invente me parlent.

C'est le cas ici encore, avec cette histoire de convoyage d'une arme qui ne doit pas tomber entre de mauvaises mains, et qui est sous la responsabilité de personnages aussi attachants que fragiles. Certes, me direz-vous, rien de nouveau sous le soleil, mais la demoiselle a le don de bien composer ses histoires, sous la houlette une nouvelle fois de David Chauvel, incubateur patenté de talents et lui-même franchement pas maladroit en tant que scénariste. Bref, ici la traque a de la classe, et même si l'on sent venir le pot-aux-roses concernant Coline un peu avant que cela soit révélé, on a envie de connaître la suite. Concernant le chat volant, bizarrement j'ai pensé au dragon du film... Dragons en le voyant. peut-être une référence implicite ?

Je dois dire que le dessinateur est aussi pour beaucoup dans l'enchantement ressenti. Avec un trait plus adouci que dans Alice au pays des merveilles (Drugstore), scénarisé par le susdit citoyen Chauvel, ses planches sont tout simplement somptueuses. Dans un style combinant franco-belge et manga, et des effets de mise en scène affranchis de tout complexe, c'est d'une lisibilité extraordinaire. La mise en couleurs, tout en pastels, concourt à en faire un régal pour les yeux.

Bref, bravo.

Nom série  Siberia 56  posté le 14/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est d'abord la couverture qui m'a tapé dans l'oeil. Ensuite le nom des deux auteurs ; d'abord Christophe Bec, parce qu'il brasse des sujets qui me parlent, et qui me font dire qu'on a peut-être les mêmes références. Ensuite Alexis Sentenac, dont j'ai vu les premiers pas de dessinateur (ou presque) et que j'apprécie beaucoup.

Ici la trame est très classique : un vaisseau s'écrase sur une planète encore en partie inconnue et les survivants doivent rallier une base très éloignée dans une nature fortement hostile. On est dans le survival couplé au planet fantasy, et ça me parle bien. Pas vraiment de surprise dans ce premier tome, mais des péripéties qui s'enchaînent pas trop mal, malgré certains passages un peu difficiles à accepter (la spationaute qui n'est pas consciente du danger d'une pluie de cailloux sur son casque ?). La fin du premier tome est tout de même plus radicale que ce à quoi je m'attendais, un bon point donc.

Côté dessin là encore on est un peu surpris par certaines ambiances, Alexis Sentenac s'y montre aussi aventureux qu'exigeant. Il y a de très chouettes cases. Un peu plus de travail sur les expressions des personnages ne serait pas du luxe cependant

Je lirai la suite avec curiosité, et probablement un certain plaisir.

Nom série  Ragemoor  posté le 13/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un Corben... Le revoilà, en pleine forme, illustrant un scénario barré de son vieux complice Jan Strnad (en voilà un qui n'a pas sacrifié à la mode des pseudos).

Cette fois-ci c'est l'histoire d'un lieu hors du commun, un château vivant, qui nous est contée. En effet Ragemoor, vieux domaine, est une sorte de créature vivante, qui peu à peu vampirise ses occupants et dévore ses visiteurs (comme en témoigne la couverture de fou). Il n'y a pas vraiment de scénario, si ce n'est une descente vers la folie, un glissement dans l'inéluctabilité de l'horreur, de la métamorphose... Un franc côté lovecraftien dans le récit, donc, d'autant plus que l'histoire de Ragemoor remonte à des temps immémoriaux. L'humour noir rappelle également les récits d'Edgar Allan Poe... en pire.

Pour cette histoire démente, difficile de trouver plus investi et plus compétent que Richard Corben, le chantre du monstre, de la turgescence, de la boursouflure, des monstres sortis des murs... Ici encore son trait si étrange fait merveille, et on peut voir en bonus quelques croquis de recherche de ses personnages.

En bonus également une interview des deux auteurs sur la genèse de Ragemoor ainsi que les couvertures originales des différents épisodes. On y apprend par exemple que Corben a réalisé une modélisation en 3D du château avant de le dessiner, et qu'il s'y référait souvent...

Nom série  Le Dernier Voyage d’Alexandre de Humboldt  posté le 22/02/2010 (dernière MAJ le 09/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Joli projet que ce "Dernier voyage d'Alexandre de Humboldt"...

Etienne le Roux s'essaye pour la première fois à l'écriture pour un autre. C'est son compère d'atelier Vincent Froissard qui est l'heureux élu, lui qui a un style si particulier. Pour réaliser leur histoire, les deux auteurs se sont saisis de la méthode Stan Lee/Jack Kirby, dite "Marvel way" : le scénariste raconte à voix haute, avec minutie, la séquence, et le dessinateur jette sur le papier ce qu'il en a retenu. C'est donc un travail d'écriture mutuel, entre conception et interprétation, qui s'enrichissent mutuellement. Et cela permet à Vincent Froissard, qui oscille merveilleusement entre réalisme, onirisme et caricature, de livrer des images incroyables, à la puissance d'évocation quasi hypnotique par endroits. Le dessinateur prend tout le temps nécessaire pour construire son imaginaire et ses ambiances, du coup il y a de temps en temps des pleines pages et même des doubles pages magnifiques. Le Roux lui-même dit avoir été régulièrement scotché par les planches de son dessinateur. Il y a un petit côté Winsor Mc Cay aussi dans cette histoire, tant les atmosphères oniriques y sont présentes.

Il faut dire que le récit s'y prête. A l'instar d'un Au Coeur des ténèbres de Conrad, c'est une sorte de périple initiatique dans des contrées sauvages, sombres, touffues... Mais pour enrichir ce récit, le Roux nous met dans la peau de trois narrateurs différents, chacun des discours étant identifié par une mise en scène différente. Cette subtilité ne se remarque pas tout de suite, mais au fil du récit elle permet de ne pas provoquer de rupture. Un ouvrage magnifique donc, à recommander totalement.

Ce dernier voyage risque de me marquer durablement...

Nom série  Wolfsmund  posté le 10/07/2012 (dernière MAJ le 08/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce manga est étrange...

Sa base est historique, puisqu'il raconte l'histoire (à un moment donné) d'un col reliant ce qui deviendra le sud de la Suisse à la région du Tessin, en Italie. Une route dangereuse, ponctuée par une forteresse tenue par une garnison qui a pour ordre de ne pas laisser passer les personnes suspectes, c'est à dire susceptibles d'appartenir à la résistance locale, qui s'oppose à l'hégémonie des Habsbourg.

Pour obtenir des renseignement, l'Amman qui commande la garnison n'hésite pas à user de tous les moyens, même les plus abjects, comme dans le tome 2... Une scène dérangeante, qui place le manga dans la catégorie "à ne pas mettre entre toutes les mains", mais aussi dans le "se méfier". Car jusque-là on se contentait de nous narrer différentes tentatives de personnages souvent liés à la résistance de passer le col.

Le tome 3 continue dans cette direction, nous présentant une seule intrigue, avec un peu de flashes-backs. A présent que la cruauté de l'Amman est bien installée dans l'esprit du lecteur, on nous montre une révolte majeure ayant eu lieu en 1315 pour renverser la garnison qui tient le Saint-Gothard. Evolution bienvenue. Le mélange d'action et d'Histoire est vraiment prenant, j'ai hâte de lire la suite.

Dans le tome 4 et 5 l'assaut (final ?) est donné sur la barrière de l'octroi. On comprend bien ce qu'il se passe, et cet épisode est l'occasion de nous montrer des innovations techniques, en termes d'art de la guerre (si je puis m'exprimer ainsi, bien sûr, car je suis un pacifiste forcené), ce n'est pas inintéressant. Les scènes d'action, nombreuses, sont vraiment bien foutues, c'est fluide. Cela dure un peu longtemps, mais visiblement les assaillants ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Par contre je doute de la véracité de la présence d'éléments féminins parmi les belligérants... Idem avec le personnage de Walter qui devient une sorte de Superman capable de prouesses insensées...

Sur le plan graphique, c'est un mélange surprenant, avec du seinen assez nerveux (témoin les scènes de combat), puis, lorsque des femmes se retrouvent dénudées, l'auteur semble s'inspirer de Tezuka, un style qui a tout de même un peu vieilli...

Un manga pas inintéressant, à ne pas mettre entre toutes les mains.

Nom série  Charly 9  posté le 08/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un coup de poignard.

Sans mauvais jeu de mots, cet album, qui raconte la Saint-Barthélémy et ses conséquences, est tout simplement une oeuvre de très haut niveau. Adaptant l'oeuvre de Jean Teulé, Richard Guérineau est arrivé au sommet de sa carrière, avec cet album en tous points remarquable.

Il nous propose ainsi un récit qui prend très vite à la gorge, avec cette scène d'ouverture où Charles IX, alors jeune roi, subit la pression de son entourage pour autoriser un massacre de grande ampleur dans les rangs des Protestants de France... Au début réticent, on le voit, à la fin de l'entretien, basculer dans une certaine démence, laquelle ne le quittera plus et s'aggravera tout en évoluant en une affection physique qui finit par l'emporter, à même pas 24 ans. Durant son court règne, alors que la France ne va pas bien, ce massacre de la Saint-Barthélémy marquera à tout jamais cet adepte de chasse à courre et de poésie. Teulé et Guérineau parsèment leur récit principal d'anecdotes sur des traditions qui perdurent encore, relâchant un peu la tension, mais le destin du Roi est en marche, et il est implacable et cruel.

Guérineau est tout simplement parfait. On connaissait déjà son perfectionnisme sur les architectures, il y rajoute une précision des costumes et de l'étiquette assez bluffants. Le traitement des couleurs, déjà relevé par mes camarades, est un plus qui confirme encore cette recherche.

On frôle la note maximale de très près.

Nom série  Les Mondes de Thorgal - La jeunesse de Thorgal  posté le 13/02/2013 (dernière MAJ le 08/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On retrouve le duo qui oeuvre sur Les Mondes de Thorgal - Louve, avec un bonheur inégal. Mais il semblerait que Yann soit plus inspiré par la jeunesse de Thorgal que par celle de sa fille... En effet j'ai retrouvé dans cette série le souffle épique et l'esprit si particulier qui régnaient sur le Thorgal de la grande époque. Mieux que ça, j'y ai retrouvé des résonances, d'autant plus que j'ai récemment lu un roman adapté de ces albums sur la jeunesse du héros.

D'entrée de jeu nous n'avons pas une histoire par tome, mais bel et bien une intrigue complexe, qui va courir sur deux ou trois tomes, comprenant une interaction forte avec la série-mère (une certaine magicienne apparaissant furtivement)... Et c'est là que Yann réussit son défi : apposer sa patte avec de nouvelles histoires, mais aussi les intercaler de façon habile dans la trame générale des aventures de Thorgal.

C'est réellement prenant, même si au départ j'étais peu convaincu d'une histoire avec des baleines. Le travail graphique de Roman Surzhenko y est pour beaucoup, lui qui se rapproche de plus en plus de celui de Rosinski, qui signe la couverture. Cette fois-ci Graza n'assure pas les couleurs, sans doute très occupée par les autres séries du même univers, mais Surzhenko se débrouille très bien. Il y a encore des raideurs dans ses loups, mais à part ça, peu de remarques, c'est de la belle ouvrage.

Ce premier diptyque, qui combine aventure et rencontres mythologiques, est vraiment très prenant. La suite, vite !

Nom série  Docteur Cymes  posté le 08/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le Dr Michel Cymes (car oui, c'est un véritable médecin) anime plusieurs émissions consacrées à la santé sur le service public français. Et sa compétence n'a d'égal que son humour, qu'il met à contribution à la moindre occasion, parfois au grand dam de sa co-animatrice préférée, Marina Carrère d'Encausse.

Un vrai personnage du PAF, donc, que le scénariste Sébastien mao a choisi de faire devenir le héros d'une série d'humour à son nom, en imaginant qu'après une vanne de trop, il se retrouve à ouvrir un véritable cabinet. Tout est faux, bien sûr, sauf que Cymes est spécialiste (et non généraliste), et qu'il officie (certains diront "sévit") toujours à la télé

J'ai été agréablement surpris par ces gags ; le personnage ne me gêne pas plus que ça, il sait rester dans les limites du respect, et son jumeau de papier, lui, cède parfois à la tentation de la blague vacharde, ou même de l'appel de la chair. On est clairement dans la caricature, avec ces "fans" qui demandent un toucher rectal en pleine rue à la star, les patientes ultra-sexy ou l'assistante aussi gironde que décomplexée. En prime Bamboo a édité une sorte de mini-journal à scandale racontant la fausse déchéance de la star.
Aux pinceaux Duvigan est un bon artisan du gros nez franco-belge comme Bamboo en compte désormais pas mal, et son boulot est expressif et efficace.

Rigolo, pas répétitif malgré les running gags, agréable à lire, c'est une série d'humour de qualité

Nom série  Les Idées fixes  posté le 07/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais découvert Gabrielle Piquet avec Trois fois un, il y a (déjà) plus de six ans. Après deux albums chez Casterman, la revoici chez Futuro, avec un projet personnel, qui raconte une étrange histoire de fratrie, de fantômes et de mer...

J'ai l'impression qu'il y a toute la genèse de l'oeuvre de la jeune auteure dans cet album : une poésie décalée, une envie d'universalité, un récit simple, des envolées lyriques et du soleil dans le noir et blanc (il faut le faire !). Car derrière le récit de prime abord très verbeux, se cache une histoire avec des thèmes essentiels : la fratrie, les relations entre les gens, la jeunesse et la perception du temps qui passe. Le pot aux roses est tellement évident, qu'on s'en veut de ne pas l'avoir découvert plus tôt ; il y avait pourtant des signes qui...

Malgré ce quasi-envoûtement, je ne peux donner la note maximale à cet album ; car il risque de passer très au-dessus de nombreux lecteurs. la faute à une couverture à mon sens pas trop réussie, à un style graphique qui ressemble à du croquis mais est en fait extrêmement travaillé pour peu qu'on le regarde de plus près, la faute aussi, sans doute, à un rythme narratif languissant, onirique, aux portes de la perception, même si Gabrielle Piquet n'abuse pas des figures graphiques étranges.

A découvrir cependant.

Nom série  S.H.A.R.K.  posté le 07/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc le dernier-né de l'univers de Block 109, qui étend cette fois-ci ses méandres jusqu'à l'Australie, au sein d'un centre de détention de nazis.

L'histoire est celle d'une infiltration, dans le but de... eh bien je n'en dirai rien, mais sachez que presque jusqu'au bout on se demande bien quel peut être le but de Worth, pour le compte de qui il agit, et pourquoi il se comporte ainsi. Mais Vincent Brugeas commence à avoir de la bouteille, et à bien maîtriser les rouages des récits manipulateurs, et tout se met finalement bien en place dans le dernier tiers.

Ryan Lovelock, qui comme son nom ne l'indique pas, est italien, succède donc à Ronan Toulhoat dans l'univers de Block 109, et on sent bien l'influence du jeune maître dans la mise en scène de l'élève. Normal, il a réalisé le storyboard de ce one-shot. Cependant je trouve qu'il manque encore de maîtrise, ou hésite à se lâcher sur certaines scènes, notamment celles où l'action est forte. Peut-être que son prochain album (dans le même univers ?) lui permettra de prendre son envol.

Un album plutôt bien foutu, qui se démarque pas mal des autres, à découvrir donc.

Nom série  Légendes de Troy - Ploneïs l'incertain  posté le 06/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ma lecture d'un album de l'univers de Troy commence à dater, mais c'est le nom de Jean-Luc Sala au générique qui m'a décidé.

En effet, connaissant son humour ébouriffant et son goût des petites pépées (en tant qu'auteur, bien sûr), son incursion dans cet univers coule de source. il nous emmène, avec la bénédiction d'Arleston, sur les pas de deux aventuriers un brin crétins, dans un bordel où les hôtesses ont eu certaine particularité... C'est rigolo, sur le plan narratif, ça se tient pas mal, et comme le souligne PAco (qui a déjà presque tout dit), il y a en prime un soupçon de clin d'oeil a des faits de société qui ancrent l'album dans notre époque, même si on est dans la pure fantasy humoristique.

Côté dessin, Eric Hübsch semble s'être régalé avec cette jungle et ces croupes exubérantes, bien aidé à la couleur par Cyril Vincent qui donne libre cours à sa palette joyeuse.

Vraiment sympa.

Nom série  Yanaka  posté le 21/11/2013 (dernière MAJ le 06/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah, voilà un manga atypique.

Sous ses dehors de récits kawaii ayant pour héros une bande de chats tout craquants qui vivent une vie tranquille au coeur de la capitale nipponne, il propose en effet une initiation assez subtile à la culture ancestrale japonaise. Beaucoup de choses affleurent dans les déambulations de Yanyaka, le chaton abandonné : la religion, l'amour de la nature (notamment au travers des cerisiers en fleurs), l'architecture, l'art urbain, les marchés du livre... Dans le second tome Yanyaka passe du débutant au grand frère avec l'arrivée d'un nouveau chaton perdu, et revit donc une partie de son expérience, mais de l'autre côté de la barrière, celui des grands. Bonne idée pour faire passer le message de la transmission de relais et de savoir aux plus jeunes quand on grandit. Le quartier du cimetière Yanaka en devient presque fascinant, on a envie d'aller le voir de plus près.

L'auteure raconte d'ailleurs dans une postface ses différentes expériences relatives à cet endroit. Bon, attention, le ton général est très simpliste, donc vraiment adapté à la jeunesse très jeune, hein. Un adolescent lâchera l'affaire en deux pages.

Graphiquement, c'est très orienté jeunesse, donc assez dépouillé, même s'il y a des bâtiments assez souvent, et dessinés de belle façon. Une lecture idéale pour les primo-lecteurs qui se mettent au manga, une mignonne petite curiosité pour les autres.

Nom série  Radiant  posté le 16/07/2013 (dernière MAJ le 04/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
"Radiant" est présenté comme le premier "manga québécois" ; cela est dû, bien sûr, à la nationalité de son auteur. Mais avant de s'attaquer à cette série, Tony Valente avait déjà oeuvré dans le global manga avec Hana Attori ; ici le format est celui d'un manga traditionnel, avec le sens de lecture correspondant.

Le schéma narratif est assez classique : un jeune sorcier, surgi de nulle part, dont les pouvoirs s'affirment au fil de ses pérégrinations, qui rencontre nombre de partenaires et d'ennemis (enfin, assez peu dans le premier tome). Des méprises, des complots, des méchants tapis dans l'ombre, toute la panoplie est présente. Valente y ajoute une certaine rigueur (héritée du comics ? du franco-belge ? on s'en fout !) qui lui permet de placer la série un cran au-dessus de pas mal de manga du genre (pas trop d'artefacts, des personnages avec une véritable épaisseur), tout en gardant une certaine fraîcheur et un petit côté foutraque qui risquent de pas mal plaire aux lecteurs biberonnés au manga. Dans le second tome l'intrigue s'épaissit avec un allié inattendu et un ennemi qui semble ne pas avoir encore révélé son potentiel et ses véritables intentions. Avec en prime une mise en abîme sociale qui fait directement écho à la société française. Du fond et de la forme donc.

Graphiquement rien à redire, c'est de la belle ouvrage, même si on sent la culture européenne sous le vernis mangaïsant. Les cadrages sont variés, mais toujours dans un souci de lisibilité. Et ça, c'est essentiel.

Nom série  Cross Fire  posté le 03/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour moi c'est très sympa Cross Fire.

Certes, on peut dire que le sujet est convenu, qu'on a déjà lu des tas de fois ce genre de récit mêlant espionnage et ésotérisme. Jean-Luc Sala, chantre du pur divertissement, y ajoute des explosions et des jolies filles. Ça pète dans tous les coins, il y a des clins d'oeil de temps en temps, mais qu'est-ce que c'est jouissif quand même !

Le dessin de Pierre Mony n'est pas étranger à ce plaisir de lecture. On sent qu'il passe un niveau au cours du tome 2, ses personnages sont plus expressifs, ses cadrages plus diversifiés et la mise en couleurs est vraiment remarquables par moments.

Bref, c'est cool, c'est frais, et on n'en demande pas plus.

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