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... a posté 277 avis et 124 séries (Note moyenne: 3.15)

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Nom série  Rosangella  posté le 22/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un modèle de couverture assez souvent utilisé, le portrait en gros plan du visage d'un personnage. Ici une femme, Rosangella, représentée de face, une belle femme au regard lointain. Une image forte et idéale pour un premier contact avec cette héroïne ordinaire, Rosangella, mère courage.

Les beaux dessins d'Olivier Berlion, aux traits fins, à la couleur directe, font la part belle à la couleur justement, une couleur qui varie selon les circonstances. Ces dessins nous plongent immédiatement dans l'ambiance, il n'y a qu'à ouvrir le livre, parcourir les deux pages muettes faisant office de prologue, pour s'en trouver convaincu. Du point de vue purement pictural, Rosangella est une franche réussite.
Le scénario est simple, sans artifice, sans vrai rebondissement il se déroule tranquillement mais sans temps mort, on est évidemment en droit de lui reprocher sa forme trop classique, en même temps cela semble idéal pour conter cette histoire, une histoire dramatique, mettant en scène une famille face aux bouleversements occasionnés par un personnage issu du passé.

Mais ce récit, plutôt que de s'étendre sur une histoire, s'attarde sur les personnages, et particulièrement sur Rosangella. Rosangella, une femme comme il en existe beaucoup, comme je l'ai écrit un peu plus haut, une héroïne ordinaire. Rosangella, un personnage raconté avec assez de retenue et de justesse pour que l'on s'y attache.
La narration utilise la "voix", issue du journal intime de la fille de Rosangella pour conter cette histoire, et c'est sur une lettre de Rosangella à sa fille que se clôt le récit, bouclant ainsi la boucle pourrait-on dire...

Il y a quelques longueurs, des bavardages parfois un peu inutiles et un manque certain d'originalité... pourtant cette histoire est touchante, en fermant le livre c'est cet aspect que j'en ai retenu. Cet album mérite d'être lu.

JJJ

Nom série  Le Bataillon des lâches  posté le 15/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Etrange choix que cette couverture qui semble annoncer une histoire guerrière plutôt banale.
Pourtant il serait injuste de s'arrêter sur ce point car cet album mérite vraiment d'être découvert.

L'histoire est magistrale, cela se ressent dés le court prologue qui nous offre un total contrepoint de ce que l'on attendait. C'est l'histoire de cinq âmes qui décident de se faire la belle, de ne pas participer à ce qui s'annonce comme étant une boucherie sans nom.
Le long du récit, les atrocités que peuvent provoquer les guerres nous sont présentés d'un point de vue décalé, au travers des actions désespérées qu'entreprend le petit groupe que nous suivons, ce traitement est original et peut-être plus parlant que de simples images de circonstances.
Quelques pages offrent des passages d'anthologie, je pense notamment au fameux passage de l'abeille ou encore à la rencontre impromptue du groupe avec le Krell... Des scènes simplement magnifiques.
La narration, prenant souvent le lecteur à contre-pied, est extraordinaire.

Le dessin est idéal pour cette histoire. Je trouve ce dessin plein d'expressivité, bien loin de toute forme de froideur. Le parti pris pour l'utilisation des couleurs m'a séduit, cela renforce l'étouffement que l'on peut ressentir face à un bon huis-clos. Les dessins parviennent vraiment à nous immerger dans cette ambiance apocalyptique.

Cette lecture fut vraiment une bonne surprise, ce livre prouve qu'il est possible de profiter d'un superbe scénario en seulement quelques pages, de plus le final est sublime.
A lire !

JJJ

Nom série  Anticyclone  posté le 15/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'aime bien les dessins de Davodeau, c'est à peu près tout ce qui m'a séduit dans cette BD.

Les personnages accusent tous un peu trop de poncifs, ils sont dépeints avec une certaine sensibilité mais ne parviennent pas à être crédibles. Le directeur des ressources humaines débonnaire, obligé de composer avec un patron salaud et des employés butés et remontés par la misère, la gentille Lucie qui se retrouve embringuée sans broncher dans une situation abracadabrante... Un ensemble bien trop foutraque pour convaincre.

L'histoire ne parvient pas à convaincre, il est difficile d'imaginer qu'une situation dégénère à ce point. Les gens qui nous sont ici présentés comme des personnes n'ayant plus rien à perdre, vont aller au delà de ce qui est imaginable pour sauver une "vie" pourtant gangrenée par la précarité. L'auteur en fait peut-être énormément pour mieux souligner la gravité de son propos... mais à trop enfoncer le clou on finit par ne plus rien y accrocher. Ce drame social ne fonctionne pas, le thème étant finalement peu visible, étouffé par un traitement trop caricatural.

A mon sens cet album passe à côté avec ses grosses ficelles... mais il saura peut-être en émouvoir certains...

JJJ

Nom série  Strange Girl  posté le 10/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Tout d'abord, il n'y a aucune résonance d'ordre théologique dans cette BD, le postulat utilisé ici, sert juste à mettre en place un univers.

Un univers dévasté, où subsistent quelques vestiges de la civilisation des hommes, où diables et démons règnent sur le monde. Les femmes et hommes encore présents sur Terre sont devenus une population de rang inférieur, certains sont des esclaves, d'autres s'en sortent par des talents utiles rendant service aux démons, d'autres se cachent... très peu résistent. Un monde qui rappelle vaguement celui de la Planète des Singes.

Il y a deux castes de démons, les rouges et les bleus. Bien évidemment ils sont séparés en deux factions ennemies...

Dans ce monde vit Beth la Stange Girl (et non ce n'est pas Jean Grey des X-Men...), depuis dix ans elle s'en sort plutôt bien grâce aux sortilèges démoniaques, qu'elle a vite réussit à maîtriser, son acolyte est un démon bâtard nommé Bouffi.
L'héroïne, Beth, est une bonne fille en enfer, ses parents avaient beaux être des salauds, ils ont eu droit au ciel... De ce fait on ressent de la sympathie pour Beth, jeune orpheline abandonnée à la désolation. Bouffi, lui, est le Sidekick idéal, il est plein de ressources, il sert d'élément comique et il respecte infiniment Bethany. Rien de bien original la dedans.

Les tribulations de Beth vont commencer quand, suite à un désaccord avec son maître, le puissant Belial, elle va prendre la fuite avec Bouffi. Le duo sera logiquement poursuivi par toutes sortes de monstres jusqu'à la frontière ennemie...
Les aventures sont assez décalées, le langage cru, il y a un petit côté Tank Girl dans cette BD, le côté trash en moins.
Les dessins ont du caractère, ils ne me déplaisent pas... Pour ce qui est de la couleur c'est un peu plus discutable, l'emploi de tons saturés, sur des planches entières lors de certains passages, n'est pas toujours très agréable.

Ce premier tome commence fort... puis au fil des pages il accuse tout de même certaines longueurs avant de trouver son rythme... sans vraiment décoller.
Strange Girl est une BD correcte sans plus, c'est bien fait mais les lieux sont finalement communs, les situations assez convenues. J'ai du mal à imaginer que la suite puisse changer la donne... Décevant.

JJJ

Nom série  Hack Slash  posté le 03/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un album assez original. Ce tome de Hack Slash offre les deux couvertures, une par face. Entre les deux histoires quelques suppléments: Un peu de réclame mais aussi quelques photos délirantes, des crayonnés, et des croquis relatifs à l'univers d'Hack Slash.

L'histoire ne va pas chercher bien loin, après un prologue faussement surprenant, les origines de Cassie ainsi que sa rencontre avec Vlad sont contées en quelques vignettes, en deux petites pages le décor est planté. Dans chacune de leurs aventures, les deux héros aux allures de croquemitaines, Cass et Vlad, vont se retrouver aux prises avec un Slasher retors, que ce soit un zombi, ou un démon aux pouvoirs étranges. Aucun problème que nos deux compères ne puissent surmonter à grand renfort de pistolets, couteaux ou autres battes de base ball.
Vous l'aurez compris, on nage ici en plein second degré, si l'on peut sans problème qualifier cette BD d'horrifique, elle n'en est pas moins volontairement humoristique. Une constante pour l'éditeur américain Devil's Due Publishing.

Les deux aventures proposées ici suivent à peu prés le même schéma. Les Slashers, qu'ils soient d'anciens vétérinaires sévissant en ville de campagne ou prêtres revenus d'entre les morts pour trucider de jeunes adolescents délurés en camp de vacances, cumulent les poncifs du genre. Il n'y a rien de bien sérieux, le ton est décalé et l'ensemble fonctionne plutôt bien. Les histoires sont illustrées par différents dessinateurs et si les styles varient, l'univers reste le même.

Hack Slash est un divertissement qui s'apprécie uniquement si l'on aime le genre, cette ambiance particulière et ce petit côté crétin mais fun.

JJJ

Nom série  Kaamelott  posté le 03/01/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis généralement peu enthousiaste face à cette vague d'adaptations en BD de programmes vus à la télévision, d'univers de chanteurs ou de comiques... Même si il y a dans le lot quelques albums qui valent le coup, je suis loin d'être client de ce genre de produit... j'emploie le mot client et non lecteur car il me semble mieux correspondre aux attentes de ces marchands de mauvaises images que sont Jungle et consorts.
Je préfère -et de loin- une histoire originale, je ne connais pas la série Kaamelott, néanmoins ici c'est Casterman qui édite... un gage de qualité à mes yeux et le buzz autour de cette BD est plutôt positif. J'ai donc décidé de la lire tout en l'abordant avec retenue.

Après lecture, une question me vient à l'esprit : Pourquoi cette BD n'est pas parue sous le label Jungle ? Elle y aurait sa place à mes yeux.

Passons vite sur le dessin joli, propre, sans force ni caractère, mais tout à fait idéal pour satisfaire le client occasionnel, et, voyons ce que l'histoire nous propose. Alexandre Astier choisi de scénariser lui-même cette aventure, son bébé est sans doute trop précieux pour qu'il le confie à un exécutant comme il l'a fait pour le dessin. Une attitude noble qui donne un mauvais résultat. Belle initiative que de créer une histoire complète plutôt que de se contenter de gags ou d'histoires courtes, dommage cependant que l'auteur ait du mal à tenir le rythme, l'humour ne fonctionnant pas vraiment, on est vite dans une impasse. L'histoire étant assez classique elle n'est jamais sublimée car la mise en scène demeure plate et terne.
Les dialogues envahissants n'aident pas vraiment non plus pour la progression de l'intrigue, c'est un peu trop lourd. Peut-être sonneront-ils mieux à l'oreille des fans de la série dont je ne fait pas partie. Seul l'univers assez décalé m'a plu.

A mon avis cette BD a été réalisée pour les gens qui apprécient la série télé d'où elle est tirée.
Et même si il y a un réel effort pour que cet album ressemble à un produit apte à capter l'intérêt d'une clientèle d'initiés cela ne prend pas, cette BD reste une opportunité commerciale de plus pour une franchise qui cartonne.
Pour moi ce livre trouve plus sa place dans les rayons des grandes surfaces que sur les étagères de nos bonnes vieilles librairies.

JJJ

Nom série  Missy  posté le 29/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un titre qui sonne bien, une jolie couverture, un album séduisant...
L'histoire est simple, c'est l'histoire tragique d'une femme admirée qui désire juste être aimée. Missy est cette femme, une femme à la fois simple et hors norme, une femme sensuelle et sensible qui saura vous émouvoir si vous lisez cet album.

De par sa conception cette BD détonne et étonne, les dialogues sont réduits au strict minimum, c'est de part son illustration particulière que cette BD est racontée. Des dessins tout en rondeurs harmonieuses, des couleurs choisies avec soin selon les lieux: chaudes au cabaret, fades chez Missy, froides dans cette maudite salle de bain...
Les personnages sont représentés sans visages mais sont très expressifs de par la gestuelle. Les gens n'ont pas de visages mais présentent tout de même une figure, dans cette BD paradoxalement la figure des uns et des autres et très visible, sans traits pour la masquer cette figure apparaît sans fard ni artifice, cette représentation qui semble simpliste s'avère en fait très vivante.

Missy est une BD intéressante, au delà de l'audace graphique dont elle fait preuve, cette BD offre une jolie histoire pleines de forts sentiments. Missy est une femme intéressante au delà de ses formes généreuses, elle offre son coeur plein de purs sentiments.
Un album à lire.

JJJ

Nom série  Tout doit disparaître  posté le 29/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout doit disparaître raconte les tribulations d'un groupe d'adolescents dans une petite ville provinciale.
Cet album a de nombreuses qualités, à commencer par son graphisme. Les traits en courbes élégantes forment des dessins qui flattent l'oeil. Des dessins teintés de rose aux tons variés, plus ou moins sombres, l'ensemble est clair, c'est agréable à regarder.
L'histoire est dramatique et pessimiste, en la lisant, on sent petit à petit se profiler l'aspect sombre du récit, cela contraste magnifiquement avec les illustrations.
La fin est originale,assez inhabituelle et surtout très réussie, même si l'on peut légitimement la trouver un peu frustrante, je pense que c'est une conclusion idéale.

Des choses m'ont moins plu... comme le cadre, une petite ville calme et isolée, pas assez rustique pour être qualifiée de campagnarde mais néanmoins rurale. Je trouve que la description des lieux que donne l'auteur est assez étriquée. Pour ce qui est des modes de vie ou des mentalités, cet endroit cumule les pires clichés que l'on attribue un peu vite aux provinces, c'est une vision des choses qui me parait sous sa forme, un peu trop simple, un peu trop "parisienne" oserait-je dire. Cela sert peut-être l'histoire... malheureusement cela nuit un peu à la crédibilité.
Les longueurs qui parsèment le récit m'ont un peu dérangé aussi. L'auteur insiste lourdement sur la description des personnages, parfois on sent poindre la redondance, c'est bien dommage. Je pense que cette histoire aurait gagnée à être un peu condensée, que l'histoire aurait pu s'étaler un peu plus sur les évènements et moins s'alanguir sur les gens.

Tout doit disparaître est globalement une bonne lecture, j'hésite cependant à en recommander l'achat car personnellement je ne pense pas relire cet album de sitôt...
UN petit détail et non des moindres, cet album saura plaire aux amateurs de beaux objets, cet ouvrage a été conçu avec soin, le papier utilisé est de bonne qualité.

JJJ

Nom série  La Nuit des Chats bottés  posté le 22/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La Nuit des Chats Bottés frappe fort. Adaptation par Boris Beuzelin du roman au même titre de Frédéric H. Fajardie, cette histoire brutale brosse le portrait de deux hommes à la volonté absolument implacables, deux hommes qui programment sur Paris, l'organisation d'une série d'attentats toujours plus spectaculaires et destructeurs.

Stephan et Paul ne sont pas des personnages que l'on peut qualifier de héros, ni même d'anarchistes, ce sont deux révolutionnaires, deux terroristes utilisant armes et bombes, non pas pour défendre une cause idéologique quelconque, mais tout simplement pour détruire ce qui à leurs yeux apparaît comme un symbole de dominance relative au pouvoir en place. Leur mobile est Jeanne, une femme qu'ils aiment mais ne partagent pas, si elle entretient une relation complice, presque tendre avec Paul, elle est la compagne de Stephan. Ce dernier décide de faire payer à la société toutes les formes de brimades qu'a subie par le passé le père de Jeanne... et Paul va suivre son ami.
Stephan et Paul se sont connus dans l'armée, du fait de leur formation militaire, le lien qui les unit est particulier. Ils agissent avec une détermination déconcertante, épurée de toute forme de romantisme. Leur combat, semble ne pas avoir de but précis et nous gifle de sa froideur, apparaissant au passage de cette manière, comme une des formes les plus absolues du terrorisme.
Ce point de vue qui se révèle à la lecture est indéniablement un des points forts du récit, il n'y a pas ici d'héroïsme caché derrière les exactions des personnages, c'est juste effrayant de réalisme.

Le contexte des années 70 est très bien retranscrit, la construction en est parfaite, que ce soit au niveau vestimentaire, comportemental et même idéologique.
La vision des choses qu'ont les flics de ces actes, est à ce sujet éloquente, selon leur appartenance politique supposée, ils réagissent et raisonnent différemment face aux évènements.
Cette vague d'attentats, trop proche des élections législatives pour que le pouvoir en place ne la prenne pas au sérieux, vas créer du remous. Devant la fantaisie et l'audace des terroristes, l'impuissance de la police, l'immobilisme du ministère de l'intérieur et le déchaînement passionnel de la presse pour l'affaire, les barbouzes entrent en scène... ce qui aura pour conséquence dramatique de faire couler le sang au milieu de ce qui était jusqu'à ce moment du récit, "juste" une destruction massive de biens matériaux et immobiliers...

L'atmosphère prenante du récit, son intrigue intelligente, son histoire passionnante offre une ambiance digne des meilleurs livres noirs, sublimée par des dessins sombres mais très lisibles. L'auteur, Boris Beuzelin, signe ici un très bel ouvrage sans concessions.
Je ne connais pas le roman original, mais cette BD qui en est tirée est vraiment réussie. Assurément un album à lire.

JJJ

Nom série  Shang-Chi, Maître du Kung-Fu  posté le 19/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Shang-Chi, je me souviens de ce héros, arborant kimono rouge et bandeau dans les cheveux, à l'époque il faisait partie d'un groupe d'agents secrets enquêtant sur les phénomènes étranges.
Compte tenu de ses capacités martiales, Shang, à la fois combattant émérite et homme discret, était le héros du groupe. Ses partenaires, malgré leurs efforts étaient réduits au rang de simple faire valoir collectif, l'intérêt du groupe était de créer en parallèle des aventures, un triangle amoureux classique entre Shang, la belle Leiko et Clive Reston. Ce personnage surfait sur la vague du succès des films de Kung-Fu des années 1970, quand cette mode s'est essoufflée, Leiko a épousé Clive et Shang s'est discrètement retiré de la scène.

Si vous lisiez les publications Lug/Semic des années 1980, vous devez vous souvenir de Shang, il a souvent fait office de guest star dans les aventures d'autres personnages réguliers, comme par exemple Rom de Galador, le Chevalier de l'espace dans les pages de la fabuleuse revue Strange...
Il y a plus de vingt ans c'était déjà Doug Moench et Paul Gulacy qui ont réalisés la majeures partie des épisodes de Shang, en 2002 c'est les même Doug Moench et Paul Gulacy qui ressortent leur personnage fétiche des cartons, et le dépoussièrent à l'occasion de cette maxi-série. Le héros a troqué son Kimono rouge contre une tenue noire plus actuelle et son bandeau rouge à disparu. Regardez la couverture, on sent bien une influence "matrixienne" en vogue au moment où cette série à été écrite et déjà bien ringarde, du moins à mes yeux, aujourd'hui...

On peut qualifier le scénario de Doug Moench de bien ficelé, intrigue basique sans surprise et très facile à suivre, aventure divertissante et exotisme, le même triangle amoureux qu'à la grande époque pour la romance, un peu d'espionnage, un peu de fantastique... Un bon mélange de tout ce qu'il faut pour divertir sans pour autant forcer pour atteindre une vraie originalité. L'intrigue que je qualifierai comme étant très "James Bondienne" est fatalement classique.
J'aime bien les dessins de Paul Gulacy, je trouve qu'il réussi à donner de bonnes expressions aux personnages tout en les détaillant assez bien, ce qui n'est pas simple. Le spectacle dans les scènes d'action est assuré, Gulacy a tellement dessiné de scènes de combat dans les Shang-Chi qu'il maîtrise plutôt bien le sujet.

Un retour sur le devant de la scène plutôt réussi, pas bien éloigné de la série originelle ce qui est plutôt logique, mais je me demande bien qui ce type de héros peut intéresser de nos jours à part quelques nostalgiques... Shang-Chi est une BD d'aventure correctement réalisée parmi des millions d'autres du même genre, je serais surpris que Shang trouve public aujourd'hui...

JJJ

Nom série  Batman - Hong Kong  posté le 19/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant de commencer la lecture de cet album, souvenez-vous de la musique mythique du film Opération Dragon avec Bruce Lee... Vous êtes dans l'ambiance?

Vous l'aurez deviné en lisant le titre, cette aventure explosive se déroule à Hong Kong. En ouvrant ce livre on est tout de suite frappé par son graphisme, c'est assez particulier. Aux dires de l'éditeur, le dessinateur est le "king du comics hong-kongais", son nom est Tony Wong. Un homme qui travaille dans la BD depuis plus de trente-cinq ans tout de même! Son style est très vif, très coloré, c'est d'un dynamisme rarement atteint habituellement dans le comics, attendez-vous à une avalanche d'effets spéciaux en tout genre. Tout dans le dessin est fait pour privilégier l'action, quitte à ne respecter aucune logique proportionnelle pour accentuer la rapidité des mouvements. Ce qui peut être considéré comme un défaut flagrant et énervant n'en est pas vraiment un... je pense que c'est la manière de dessiner de Tony Wong qui veut cela, et il faut bien reconnaître qu'il sait parfaitement illustrer de spectaculaires séquences de combats ou autres gunfights.
Fort heureusement néanmoins, Semic a eu la bonne idée d'imprimer cette BD de façon à ce que le rendu soit mat, je n'ose imaginer le délire flashant indigeste que cela aurait été sur du papier glacé.

L'avantage de ce style de dessin venu est qu'il arrive très bien à servir le scénario survolté qu'offre cette aventure, une histoire mouvementée écrite par Doug Moench, un auteur qui a pas mal roulé ses stylos un peu partout dans le monde des comics depuis les années 1970. Pour l'anecdote Doug Moench doit être assez attiré par les artistes martiaux et leur philosophie, pendant des années il a écrit la série Shang-Chi, Maître du Kung-Fu" chez Marvel. Il a déja écrit quelques scénarios de Batman, c'est donc un personnage qu'il connaît.

Dans cette histoire, Batman est plongé dans la gigantesque ville de Hong Kong, aussi tentaculaire que Gotham mais bien plus lumineuse, ce qui oblige notre héros de l'ombre à opérer sous le feux des néons. L'aventure commence de façon classique, on y voit un Batman détective comme on l'aime, puis l'intrigue ne cesse de s'intensifier avec un lot toujours plus important de scènes d'action, le rythme reste très soutenu jusqu'au dénouement explosif final.

Dans cette aventure, le personnage qu'est Batman se pare d'une aura légèrement mystique, un aspect qu'il doit au point de vue qu'ont de lui, les personnes qui le rencontrent, les gens de Hong Kong éprouvent diverses émotions face à cette étrange créature vaguement humaine. Batman quant à lui est assez fidèle à lui-même, toujours aussi absolu, en revanche la paranoïa grandissante qui le ronge toujours plus depuis une vingtaine d'année est absente, un trait de caractère devenu capital au fil du temps chez le héros, qu'il a du laisser pour l'occasion à Gotham.
L'autre personnage important du récit, Night Dragon, se pare d'un costume car il s'inspire du Batman, l'idée est plutôt bonne, Night Dragon n'est pas un simple clone coloré, sa philosophie est d'ailleurs assez éloignée de celle du Dark Knight.
Qui est Night Dragon? Un adversaire? Un allié? Un sidekick comme Robin? C'est peut-être plus compliqué que cela.

Je reviens sur une des choses amusantes de cette fameuse perception qu'ont les hong-kongais de Batman. Cela fait songer si l'on lit cette BD sous un autre angle, que les auteurs suggèreraient avec cette histoire que c'est le Dark Knight lui même qui introduirait les super héros à Hong Kong, implicitement il serait donc le premier du genre à fouler cette terre nouvelle, marquant tellement les esprits au passage, que grâce à lui plus rien ne serait comme avant... Bienvenue les héros de comics! Ceci est une idée très personnelle uniquement fondée sur mon avis, elle vaut ce qu'elle vaut, mais je tenais à la partager.

Bien qu'elle soit fort originale, cette aventure de Batman est à réserver à ses plus grands fans... qu'ils soient contents ou déçus du contexte dans lequel se retrouve plongé le héros.
A proscrire totalement si le personnage ne vous intéresse que vaguement... et pour ceux qui veulent découvrir Batman, pour un premier contact, rien ne vaut la lecture de Batman - Année 1.

JJJ

Nom série  Crush  posté le 18/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce récit est une belle métaphore sur la transformation de soi que l'on peut ressentir à la période adolescente. Le titre de cette BD, le mot "Crush" est à lui seul lourd de sens.
Le monstre rageur et destructeur qu'est Crush est représentatif de la colère contenue et ravalée qui habite Liz, une adolescente se cachant derrière son look gothique par peur d'exister... En libérant Crush, Liz évacue ses frustrations, elle se libère, d'une certaine manière elle grandit, et de nouveaux obstacles vont surgir devant elle.

Jason Hall traite un thème délicat avec brio, le passage parfois difficile, de l'adolescence à l'age adulte montré au travers d'une histoire teintée de surnaturel et de fantastique. Le ton reste tout de même léger et nous rappelle que l'on est dans le domaine du divertissement, il n'y a rien de dramatique.
Cette histoire qu'est Crush, lue au premier degré se révèle bien construite et agréable à lire, le rapport entre Liz et Jen, les deux filles que l'on va suivre dans le récit, est intéressant. Ce sont deux personnages que tout oppose, Liz est renfermée, peu sure d'elle, Jen est forte exubérante et protège Liz comme si c'était sa petite soeur. L'arrivée brutale de Crush va sensiblement modifier le lien qui unit Liz et Jen... Encore une métaphore réussie...
Quand Liz se transforme elle ne se contente pas d'avoir les pouvoirs de Crush, elle "est" Crush, elle devient une autre entité tout en restant la même personne, cela semble compliqué mais c'est très bien retranscrit.

Le dessin de Sean Murphy lorgne vers le cartoon et emprunte pas mal, il me semble au manga, le rendu est bon, Crush est un monstre sexy en diable si j'ose dire. Ce qui est plus gênant est l'aspect assez caricatural qu'ont les personnages plus "humains", même si je reconnais que Liz a une frimousse plutôt sympathique.

Crush est une BD que j'ai bien aimé, dommage que la suite risque de se faire un tout petit peu attendre, Crush ressemble à un one-Shot, pas mal d'éléments sont donnés dans ses pages, mais il faut impérativement une suite à cette histoire, j'espère que le jour où elle arrivera elle sera à la hauteur.

JJJ

Nom série  Dirty Comics  posté le 18/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une curiosité, ces Dirty Comics.
Il n'y a aucun scénario un tant soit peu élaboré, le but ici étant de montrer un maximum de sexe en un minimum de cases. Pas mal de personnalités connues sont ici représentées (parfois de façon assez fidèle pour que l'on les reconnaisse bien d'ailleurs). C'est très cru, loin du simple érotisme on est bel et bien en présence de pure et dure pornographie, il n'y aucune censure dans les Dirty Comics, rien d'étonnant vu le caractère clandestin de ces oeuvres. Même si c'est assez rare et toujours enrobé d'humour, il y a certains actes qu'il est impensable de représenter aujourd'hui...

Les dialogues sont d'une vulgarité absolue, parfois presque sans rapport avec la situation, ils donnent dans l'exagération la plus totale et n'ont d'autres buts que d'exciter bêtement le chaland... Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, cela fait parfois rire tant c'est incongru et direct.

Les dessins sont de piètre facture, oscillant entre le mauvais et le médiocre. Les Dirty Comics ont été réalisés par des centaines de personnes différentes, que ce soient des professionnels ou non, pourtant on n'a pas l'impression qu'il y ait une grande variété de style, il n'y a tout simplement pas de style d'ailleurs. La catastrophique qualité d'impression n'arrange rien.

Néanmoins, malgré les défauts énormes qu'ils contiennent, ces Dirty Comics sont d'une certaine manière intéressants...
Les Dirty Comics reflètent d'une certaine façon l'époque durant laquelle ils ont existés, pendant environ trente ans ces BD de sexe ont été en circulation. Au milieu d'un contenu général assez creux, certaines histoires montrent un contexte historique réel, présenté de façon originale et assez inattendue, le communisme est passé au crible, l'industrie cinématographique également, le mode de vie de l'américain moyen, les politiques... Les points de vue sont bien différents... Que cela soit voulu ou pas c'est un fait, au delà de l'humour lourdingue et de la sexualité graveleuse qu'ils contiennent, les Dirty Comics ont aussi fait office d'espace de liberté en leur temps, même si cet espace était inconscient il a existé, je n'irai pas jusqu'à dire que cela a été salutaire, mais ça a permis à certaines idées d'être ainsi véhiculées. C'est cet aspect des Dirty Comics qui importe.

Il m'est impossible de conseiller ce genre de BD, compte tenu de la faiblesse de leur intérêt artistique, Il m'est aussi très difficile d'attribuer une note aux Dirty Comics.
Les albums parus en France n'offrent qu'une infime partie de tout ce qui a du être réalisé... Ces albums originaux sont d'ailleurs quasiment introuvables, mais il est toujours possible de lire des Dirty Comics, les éditions Allia ont publié au moins deux recueils en petit format très récemment (j'ignore si le contenu est identique aux albums Transit).
Une lecture qui n'intéressera probablement que très peu de monde, si l'on excepte quelques curieux avides d'étrangetés.

JJJ

Nom série  Planètes pas Nettes  posté le 18/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'adore ce style de BD, des histoires courtes de SF ou de Fantastique, présentant toutes plus ou moins le même schéma: Une aventure au scénario des plus basiques, souvent empreint d'une nanardise décomplexée et à la chute se voulant surprenante.

Ce n'est pas bien recherché mais quand c'est bien fait, cela a tendance à me faire sourire. Lorsque j'écris les résumés de ces histoires, je dois me faire violence pour ne pas être trop ironique.

Il existe beaucoup d'albums de ce type, énormément d'entre eux sont peu dignes d'intérêt aujourd'hui, très peu sont des chefs-d’œuvre, certains sont corrects et font passer un agréable moment de lecture, à condition bien sur d'aimer la science-fiction et l'humour noir assez doux.

Planètes pas Nettes fait partie des albums plutôt sympathiques du genre. Les scénarios tiennent la route malgré leur brièveté et parviennent même parfois à surprendre, l'humour fonctionne. Les histoires qui composent ce recueil sont toutes différentes, assez différentes pour que l'on puisse dire du menu qu'il réussit à être varié tout en restant homogène.

L'aspect visuel compte beaucoup pour ce genre d'histoire à mes yeux, Planètes pas Nettes est une réussite de ce point de vue. Rand Holmes dessine les créatures tentaculaires les plus improbables dans des environnements bien pensés. Il sait aussi dessiner de forts jolies donzelles laissant de temps en temps apparaître de belles courbes... avec assez de parcimonie cependant pour que l'aspect érotique pimente l'action sans pour autant l'occulter.
Dommage que les couleurs soient complètement ratées dans certaines histoires, trop saturés ou baveuses, elles nuisent parfois aux dessins.

Je pense que je ne suis pas le seul public de ce type de BD zedarde, si vous êtes fans du genre, Planètes pas Nettes ne vous décevra pas, sans être un chef-d’œuvre cette BD se lit plutôt bien.

JJJ

Nom série  Slow News Day  posté le 18/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le thème abordé est plutôt original, la rencontre de deux personnages qui s'aiment bien mais qu'une différence de culture et d'éducation oppose, vu qu'ils sont tout deux originaires de pays "amis" qui peuvent paraître proches mais sont bien éloignés...

J'ai eu vraiment peur en débutant cette lecture, les poncifs accumulés étaient si visibles que le traitement de l'auteur m'a semblé balourd, heureusement au bout d'une petite trentaine de pages, l'histoire commence à trouver ses marques et un humour subtil, presque pince sans rire se fait sentir, la lecture commence à couler agréablement. Au delà des clichés volontairement et brutalement insérés au récit par Andy Watson, il y a une belle et intelligente histoire racontée de façon simple et linéaire. Slow News Day est un livre qui se lit tranquillement, un sourire constant au coin des lèvres, un vrai petit moment de bonheur.

Les lieux et situations présentés paraissent vivants tant le trait de l'auteur, à l'image de son style narratif, est simple et dynamique, juste quelques lignes qui vont à l'essentiel.
Slow News Day est un album sympathique, je regrette juste que sa fin paraisse un peu trop innocente et abrupte mais après tout c'est en accord avec le ton de l'histoire...
A lire.

JJJ

Ps: Je pense également que la Bud n'est pas de la bière...

Nom série  Lucky Luke  posté le 15/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Lucky Luke est une belle et grande série.
Lucky Luke est une BD aux personnages extraordinaires et attachants, une BD qui présente une histoire par tome, bien souvent amusante et divertissante, une BD qui parvient à allier avec brio humour et aventure. Une BD qui réussit à offrir une grande majorité de très bons albums sur son ensemble.
Il y a même quelques vrais chefs-d'oeuvre comme: Le Juge, Les rivaux de Painful Gulch, Calamity Jane, En remontant le Mississipi, La Dilligence, Dalton city, Le pied Tendre, Billy the Kid, Des Barbelés sur la Prairie, L'Empereur Smith, Jesse James... La liste n'est pas exhaustive, j'en ai peut-être oublié un ou deux mais c'est mes titres préférés.
Je trouve aussi que même les tous premiers albums ne sont pas déplaisants, certains sont même très bons, comme Lucky Luke contre Joss Jamon, Hors la loi, Phil Defer ou l'Elixir du Docteur Doxey entre autres.

Evidemment j'ai une nette préférence pour l'age d'or de Lucky Luke, la période scénarisée par le grand René Goscinny, il me semble inutile d'expliquer pourquoi.
J'adore Lucky Luke, j'en possède tous les albums de: Sous le ciel de l'ouest au Daily Star... Je les relis toujours avec le même plaisir depuis ma petite enfance.
Lucky Luke est une série formidable, à découvrir particulièrement par tous les enfants qui s'intéressent un tant soi peu à la BD.
I'm poor lonesome cow boy...
And a long long way from home...
I'm poor lonesome cow boy...

JJJ

Nom série  Mémoires d'un incapable  posté le 15/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n'ai pas été séduit outre mesure par cet album.
J'aime les dessins à la fois soignés et démesurés, ces visages exagérément déformés illustrant parfaitement la folie présente dans l'esprit d'Albert Laforge. Malheureusement c'est à peu prés tout ce qui m'a plu...

L'histoire est simple, ce qui n'est pas un défaut, mais c'est en ce qui concerne son déroulement que ça coince, c'est beaucoup trop prévisible, il n'y a aucune surprise et quand arrive l'inexorable dénouement on s'en trouve un peu déçu... de plus la fin est assez plate émotionnellement parlant, ce qui est assez dommage à mes yeux. Néanmoins une fin attendue n'est pas non plus un défaut, ce qui m'a le plus gêné dans cette BD est l'abondance de poncifs connus dont elle abuse. Le parcours de Laforge, sa soeurette gentillette... Et que viennent faire dans cette galère les horripilants voisins? Des personnages creux, dépeints de façon si simpliste qu'ils paraissent irréels, leur apparition m'a presque semblé anachronique, leurs réactions face aux évènements sont aussi absurdes que peu crédibles. Ces personnages sont hors de propos.

Je ne veux pas jouer le trouble fête qui fait chuter la moyenne mais j'ai été sincèrement déçu par cet album, trop de choses m'ont empêché de m'impliquer dans cette lecture, je suis passé à côté...

JJJ

Nom série  Zoé  posté le 15/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est l'histoire de Zoé, une histoire sombre et désespérée comme Chabouté sait si bien les conter.
C'est dans un univers rural, que l'auteur creuse une fois de plus son noir sillon, le drame qu'est Zoé se déroule à la campagne, loin de la ville et son agitation.
L'intrigue suante de pessimisme se déroule de façon simple, une histoire tragique et émouvante de laquelle toute forme d'humour est exclue. L'ambiance est tendue, il est inutile d'attendre une séquence douce désamorçant un peu la tristesse qui se dégage de ces pages car elle ne viendra pas. Zoé garde sa noirceur d'un bout à l'autre du récit, forçant le lecteur à rester sur le fil du rasoir du début à la fin, Zoé est une lecture éprouvante.
Les dessins de Chabouté, d'un pur noir et blanc éclatant et sans nuances, subliment cette histoire. C'est tout simplement magnifique.

Zoé est une lecture marquante, une lecture qui donne froid... Un de ces albums puissants que l'on n'oublie pas de sitôt quand on l'a lu.
Mon Chabouté préféré.

JJJ

Nom série  Fun Home : Une tragicomédie familiale  posté le 14/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette histoire présente certains évènements de la vie d'Alison Bechdel mais ce n'est pas vraiment autobiographique, en fait, au travers de moments de sa vie familiale sclérosée, l'auteur raconte surtout la relation qu'elle entretient avec son père.
Une relation spéciale et assez ambivalente, même si il y a quelques points d'accord entre ces deux personnages.

Le ton employé sur l'ensemble du récit est froid, comme si l'auteur voulait retranscrire les faits avec une certaine distance, un parti pris qui rend l'ensemble monotone. Ce livre semble interminable, il y a de nombreuses répétitions. Le style narratif se révèle aussi sophistiqué que soporifique. De nombreux détails inutiles sont donnés, beaucoup de préoccupations humaines banales sont étalées sur des pages entières, cela renforce peut-être l'authenticité, mais pour ce qui est de susciter un peu de passion chez le lecteur, on repassera...

Au fil des pages l'intérêt pour cette histoire ne cesse de faiblir, de plus le thème abordé n'est pas vraiment nouveau, ce récit s'avère finalement n'être qu'un exercice nombriliste un peu vain.

Pour ce qui est des dessins, il n'y a pas grand chose à en dire, le trait est clair sans être trop travaillé.
Fun Home est pour moi une BD bien décevante, au propos mou et superficiel que l'on peut ignorer sans problème.

JJJ

Nom série  Originals  posté le 12/12/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un bien bel objet cet album, carré, en rouge et noir, un livre qui a ce que l'on pourrait appeler du caractère. Que réserve donc le contenu de cet ouvrage à la fois classieux et clinquant?

Mon avis est plutôt mitigé... Graphiquement c'est réussi, je trouve que les dessins sont très élégants, Dave Gibbons s'est surpassé, on voit tout le soin qu'il a apporté à cette oeuvre, tant au niveau de la pureté de son trait que pour son extraordinaire représentation du monde que nous offre Originals. Originals est visuellement original.

Pour ce qui est de l'histoire que nous raconte Dave Gibbons, je suis un peu déçu, hormis le traitement particulier je ne vois rien de bien particulier, cette histoire est basée sur l'amitié, la différence, les difficultés que l'on peut rencontrer quand l'on grandit, quand on change de monde... C'est justement écrit mais il n'y a aucune fantaisie ni originalité, c'est un peu plat, un peu trop classique.
On sent qu'un verni autobiographique recouvre légèrement cette histoire, avec ses Originals Dave Gibbons nous parle peut-être des skins ou des mods, d'une certaine jeunesse, d'un état d'esprit.

Originals, n'est pas une mauvaise BD, de manière formelle elle est même carrément très bonne, malheureusement cela me semble un peu trop sage pour convaincre, un peu trop bouffé de nostalgie sans doute.

JJJ

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