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Nom série  L'Homme sans rêve  posté le 28/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Sur le papier, le sujet pouvait être alléchant : un présentateur de télé sans scrupules tente de donner du sens à sa vie, en redécouvrant des plaisirs simples.

Mais dans la pratique, la déception est présente. On comprend vite l'objectif de Joseph Safieddine, montrer les ravages des media. Mais très vite j'ai trouvé le récit brouillon, peu ambitieux, inutilement torturé, alors que l'idée était elle très simple.

Le dessinateur, olivier Bonhomme, a un style très particulier, fait de déformations, d'exagérations, en même temps qu'une fragilité qui donne une sorte de poésie à son trait. Il m'a fait penser aux débuts d'Alfred, de l'époque de La Digue, par exemple... La mise en couleurs est elle aussi vraiment particulière, oscillant entre deux grandes couleurs, le bleu et l'orangé... pas facile à regarder...

Un album qui me semble un peu passer à coté de son sujet...

Nom série  La Jeunesse d'Achille  posté le 27/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Voilà un drôle d'album.

Alternant des planches typiquement bandes dessinées et doubles pages d'illustrations avec un texte dans un coin (mais avec une nette majorité pour le premier type), il est censé nous raconter les premières années du personnage d'Achille, combattant émérite qui n'a qu'une faiblesse.

J'ai rarement lu quelque chose d'aussi mal conçu, surtout à destination de la jeunesse. Le récit, s'il porte sur plusieurs années, est complètement décousu ; on passe d'un personnage à l'autre de la mythologie grecque sans aucune transition, et le plus souvent sans aucune présentation. Et ne parlons pas, donc, de cette alternance entre planches et illustrations, qui altère encore plus la lecture.

Le seul point positif, si j'ose dire, est le dessin de Jean-Marie Ruffieux. Très classique, à la manière d'un Jacques Martin, il propose de belles images, même si parfois c'est carrément figé ou que des proportions morphologiques posent question. Pour le reste c'est véritablement insupportable, indigne d'être publié.

Malgré sa publication récente (2000), cet album a tout de la BD moisie.

Nom série  9/11  posté le 06/09/2010 (dernière MAJ le 27/11/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Attention, sans faux jeu de mots, cette série est une bombe ! Bartoll et Corbeyran, deux des scénaristes les plus en vue du moment, ont décidé de nous conter les tenants et les aboutissants du 11 septembre 2001. Le récit débute bien sûr par cet attentat, mais la suite va nous plonger dans les coulisses politico-militaro-financières qui y ont mené. Fondé en partie sur des archives, le récit se concentre sur plusieurs personnages, dont un riche banquier français converti à l’Islam et bailleur financier des talibans. C’est d’emblée très intéressant, puisque les mécanismes sont bien détaillés. La narration est fluide, les dialogues ciselés, on sent le savoir-faire des auteurs.

Il est intéressant de voir comment on en est arrivé là, au 11 septembre 2001. Le second tome rentre encore plus dans l'arrière-boutique de l'organisation de Ben Laden, notamment cette opération Bojinka qui a finalement servi de canevas pour ce qui se passera en 2001. Par la suite l'opération Bojinka prend une autre tournure, qui sera décisive dans l'optique du 11 septembre... Tant mieux parce que mis à part deux attentats vite expédiés, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome, c'est plus une phase de transition entre deux temps forts dans la série. Tout n'est pas à prendre pour argent comptant, les scénaristes ont certainement tenté de combler les blancs, mais toujours de façon crédible, rendant la série passionnante, bien qu'un chouïa bavarde par moments. Une information intéressante survient dans le tome 4, c'est qu'au départ Ben Laden et le mollah Omar, alors plus ou moins président de l'Afghanistan, qui se détestaient cordialement, mais ayant besoin l'un de l'autre, réussissaient à cohabiter. Il faut croire que cela s'est amélioré par la suite... Le tome 5 est plutôt une phase d'attente, il ne s'y passe pas grand-chose, on sent que les auteurs ont dû rajouter quelques passages pour boucler la série en 6 tomes, et non 5 comme prévu initialement.

Les deux co-scénaristes se sont adjoints les services graphiques d’un dessinateur en la personne de Jean-François Martinez, dessinateur d’une Balle dans la tête. Ici il se montre une fois encore à l’aise dans les scènes d’action, mais aussi dans des moments plus calmes. Par contre j’ai ressenti un drôle de décalage entre l’encrage de premier plan et les décors sur certaines cases, c’était un peu étrange. Sur le tome 4, certains visages semblent moins fignolés, également...

Une série très ambitieuse, qui tente de nous montrer le dessous des cartes de l’évènement majeur qui a fait basculer le monde dans le XXIème siècle.

Nom série  Westfront : Berlin  posté le 26/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Ostfront : Stalingrad qui nous racontait la bataille de Stalingrad, on retrouve le soldat Steiner à Berlin pour les derniers jours, les dernières heures, du régime nazi. A l'heure où l'Armée rouge fonce sur Berlin, une division américaine fait main basse sur un groupe de soldats composé de... français. C'est leur histoire qui nous est racontée ici.

Comme dans Ostfront : Stalingrad, le boulot documentaire de Fabrice Le Hénanff m'a impressionné. Ses personnages ont des expressions extrêmement fortes, ses reconstitutions de décors et de véhicules sont impeccables, et sa mise en scène de grande valeur. Cependant il y a deux petits soucis ; d'une part les faciès des personnages, justement, pas assez différenciés. Et d'autre part une narration un peu étrange, qui semble sauter dans le passé, puis revenir sur le présent, sans prévenir. Du coup on est perdu par moments...

Mais à côté de ça, le boulot de recherche et d'exécution visuelle est véritablement de qualité.

Nom série  Turf  posté le 25/04/2012 (dernière MAJ le 25/11/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu bizarre ce comic...

Réussir à mettre ensemble une guerre des gangs dans le New York de la Prohibition, des vampires ET des extraterrestres, ça ressemble à un pari de fou, un peu casse-gueule. Et pourtant Jonathan Ross s'en sort pas trop mal, menant de front deux ou trois fils narratifs, et les faisant bientôt se rejoindre. En effet, pourquoi n'y aurait-il pas un naufrage extraterrestre dans le NY que les vampires essaient de s'approprier, qui plus est en 1929 ?

Le découpage en chapitres, précédés de cliffhangers en split-screen permet d'avoir plusieurs climax dans ce premier tome. Oui, je m'exprime avec mes maigres notions de cinéma, si je veux. L'avantage c'est que le talent de Tommy Lee Edwards le justifie amplement, lui qui utilise des cadrages cinématographiques. J'ai cependant un peu de mal avec les visages de ses personnages, que je trouve un peu inutilement chargés. Mais au fil de la lecture j'en ai fait abstraction, ne m'attachant qu'à l'efficacité de l'ensemble.

Le second tome, qui clôt cette mini-série, voit bien sûr les choses s'accélérer, et les différentes factions s'affronter dans un final vraiment impressionnant. Il va y avoir pas mal de personnages tués, mais je trouve que c'est bien amené, même si le dénouement amène un goût amer dans la bouche. La toute fin par contre m'a semblé too much.

Au final c'est un diptyque un peu étrange, donc, mais qui se laisse lire sans déplaisir, avec des personnages assez forts, bénéficiant d'un graphisme vraiment détonnant. A découvrir, donc.

Nom série  La Cordillère des Âmes  posté le 25/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Fred Bertocchini est courageux de raconter ce fait divers qui a défrayé la chronique il y a 40 ans. Beaucoup en ont entendu parler, mais peu savent ce qu'il s'est réellement passé... Après plusieurs livres, des téléfilms, c'est donc au tour de la BD nous raconter, par le menu, ce qu'il s'est passé sur la Cordillère des Andes après le crash d'un avion transportant une équipe de rugby uruguayenne...

Se basant sur les récits des survivants, le scénariste prend le temps de nous raconter son histoire, nous montrant un peu les personnages avant la catastrophe, puis le cheminement de leurs pensées après celle-ci. Je trouve étonnant que le capitaine de l'équipe soit monté au créneau aussi vite, même si par la suite d'autre leaders, notamment le narrateur, se sont dévoilés. Ce qui m'a plu le plus est l'absence de jugement sur le comportement des uns et des autres. Oh, bien sûr, les choix de certains sont décriés par d'autres, mais cela ne va pas plus loin, car ils sont tellement désemparés, leur situation est tellement désespérée que l'on peut se demander ce que l'on ferait à leur place. Et puis vient l'évènement qui a emmené ce fait divers dans une autre dimension, celle de la morale, puisque les survivants vont être amenés à manger des morceaux de leurs morts. Et c'est ce qui les a sauvés, il faut bien le dire, même si à la fin du premier volet leur situation reste très critique. Bertocchini en fait presque une péripétie comme les autres, mais il montre toutefois que cette décision n'a pas été facile à prendre. Le récit comprend bien sûr, en creux, la question de la nature humaine, de la frontière entre la raison et la barbarie, du respect dû aux morts, etc.

Graphiquement il y a également beaucoup à dire. Thierry Diette est, à ma connaissance, un débutant. C'est son style qui l'a élu à cette adaptation, lui qui a un style très typé "comics". Ses personnages ont des traits anguleux, un peu trop pour des rugbymen, même s'ils vont être amenés à fondre (sans mauvais jeux de mots) par la suite. Curieusement ils ne comportent aucune ombre, comme la ligne claire franco-belge. Et autre point qui peut faire débat, les couleurs... Ce sont uniquement des aplats, et là, je ne suis pas fan. Aucune nuance, aucun dégradé. Alors bien sûr, on est dans les montagnes, la nature est cruelle, brute, mais je trouve dommage que les teints des personnages soient aussi peu contrastés...

Du point de vue graphique, on se sent bien en Argentine, avec ce style nerveux, sans nuance, sans contraste. Par contre l'histoire est vraiment bien retransposée, on a envie de savoir ce qu'il va se passer par la suite pour ces naufragés de l'air...

Nom série  Kirsten  posté le 25/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une chouette adaptation, d'un conte classsique d'Andersen. On y vit les derniers moments, la dernière journée en fait, d'une petite fille pauvre du Copenhague des années 1850.

Le récit est entrecoupé entre bons et mauvais moments, entre témoignages de bonté et brimades des plus aisés mais aussi de son père. C'est un récit à portée universelle, qui est un peu passé de mode, mais qui reste d'une terrible actualité... Le récit est très linéaire, nous sommes dans les pas et l'esprit de Kirsten, qui essaie tant bien que mal de vendre des boîtes d'allumettes... La morale n'est pas franchement donnée, elle est sous-jacente, et l'histoire dramatique de cette pauvre enfant marquera sans doute nombre de lecteurs.

Accompagnant Frédéric Bertocchini dans son adaptation, Sandro et Marko donnent au récit une tonalité très douce, avec ces personnages aux grands yeux et ce style un peu naïf. Je suis un peu moins convaincu par les couleurs de Sayago, que je trouve un peu fades, même si des changements d'ambiance sont bien présents dans les planches.

Une belle adaptation.

Nom série  3 grammes  posté le 25/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les récits autobiographiques sur le cancer commencent à se multiplier ces dernières années, mettant fin à un long tabou.

Ici c'est au sein de la société coréenne que l'on a un exemple de ce type de témoignage. L'auteure raconte son combat victorieux contre un cancer de l'ovaire. A la fois digne et pleine d'humour, son récit est centré sur son séjour à l'hôpital, avec les visites des proches, la cohabitation avec les autres malades, les rapports avec les médecins. Rien d'inoubliable, si ce n'est, au coeur de l'ouvrage, un autre petit livre, reproduisant celui que Jisue lit pendant sa convalescence, celui qui lui a redonné courage. Un petit plus remarquable.

Son trait fin, naïf, allié à des dialogues bien placées, permet toutefois de faire passer beaucoup d'émotions, rendant cet ouvrage réellement touchant.

Nom série  Skraeling  posté le 09/02/2011 (dernière MAJ le 25/11/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme Miranda, l'idéologie sous-jacente au monde décrit dans cette nouvelle série me fait vomir.

Maintenant, la violence décrite ne m'a pas rebuté plus que ça, il s'agit clairement d'une représentation, pas du réel, même si de nombreux conflits du siècle passé ont pu ressembler, voire surpasser cette représentation dans la barbarie. Au contraire, et même si je suppose que Thierry Lamy n'a pas souhaité charger la mule pour éviter la caricature, je trouve qu'il n'est pas allé assez loin. En effet la description de cette idéologie s'arrête pour l'heure à ses aspects militaires, ce qui est tout de même réducteur.

Le second tome nous laisse imaginer d'autres "couches" dans l'intrigue, mais j'avoue que le début du tome 2 m'a semblé un peu brouillon. Il est fort probable que la suite expliquera certaines situations un peu nébuleuses. la fin de ce deuxième tome repart sur de l'action assez forte, ça permet de se réveiller un peu.

Le cheminement de pensée de Köstler est intéressant, même si un peu chaotique par moments ; ceci dit nous ne sommes pas forcément toujours logiques dans nos pensées... C'est donc relativement cohérent et crédible, suffisamment en tous les cas pour que l'on ait envie de connaître la suite.

Le dessin de Damien Venzi n'est pas, à l'origine, ce que je préfère. Un style figé, des visages inexpressifs, j'aurais du mal, je pense, avec ses planches en noir et blanc. Mais le travail de peaufinage est tellement monstrueux que je ne peux que m'incliner face à cette qualité. Certaines planches, qui nous ramènent au style d'affiches de propagande nazies ou pro-nazies, sont d'une beauté à couper le souffle. Et quelle couverture ! Vraiment un beau travail, qu'Ankama réussit à rendre très attractif grâce à une maquette de qualité.

A suivre donc.

Nom série  Drakka  posté le 08/06/2011 (dernière MAJ le 22/11/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Frédéric Brrémaud, que l'on a connu avec des séries un peu déjantées chez Soleil et Paquet (entre autres), revient chez Ankama avec un récit hybride, mêlant quête familiale et histoire de vampires.

Le cocktail est plutôt explosif, très dynamique. Par contre je suis plus réservé sur l'histoire, qui me semble finalement très basique. L'essentiel du récit est quand même basé sur l'action, portée avec talent par Lorenzo de Felici. Je suis un peu déçu par le personnage de Drakka, qui manque carrément de profondeur.
Lorenzo di Felici est un dessinateur au style plutôt dynamique, semi-réaliste en diable mais très efficace. Et quelles couvertures, du joli boulot...

Nom série  Mon copain secret  posté le 22/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après "Petite souris... grosse bêtise", le duo gagnant Dauvillier/Kokor nous propose une nouvelle BD sur les peurs/jeux de l'enfance.

Cette fois-ci c'est le thème du copain imaginaire, ce substitut onirique lorsque la solitude est trop grande pour l'enfant... Manon subit son antagonisme quotidien avec son frère jumeau, et s'invente donc un ami, un éléphant blanc, qui loge dans son placard. elle le retrouve lorsqu'elle se sent mal, seule, un peu mise à l'écart. Ensemble ils discutent, ils jouent, ils se font des mamours. Ce n'est pas gnangnan, accessible à tous, et comme d'habitude, superbement écrit.

Après nous avoir enchantés lors de leur première collaboration, Kokor en remet une couche dans l'illustration de cette petite histoire, dans un style qui rappelle celui de divers livres illustrés pour enfants, avec une mise en scène aérée en trois bandes.

Fortement recommandé pour les parents et leurs enfants à l'imagination fertile...

Nom série  Le Tueur du Bois Mesdames  posté le 20/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce polar nous plonge au coeur de la manipulation médiatique, de la fascination qu'exercent les tueurs en série sur le public et sur le bénéfice qu'en tirent les media...

Dans un théâtre d'ombres et de faux-semblants, Sébastien Viozat nous emmène dans la peau d'un tueur... Et bien sûr on n'en sort pas indemne, d'autant plus qu'une question va planer sur toute l'histoire : le tueur est-il celui que l'on croit ? c'est plutôt habile, et on suit sans problème le scénariste dans la progression du récit.

Au dessin, Cédrick le Bihan, dont c'est à ma connaissance le premier album, a un style réaliste assez maîtrisé, j'aime beaucoup. Sa technique semble être du crayonné extrêmement poussé, donc pas d'encrage, mais la finesse de celui-ci lui permet sans problème de s'en passer.

Un bon petit thriller.

Nom série  Les Enfants de l'ombre  posté le 18/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La collection Geo BD nous emmène cette fois en pays miao, dans la campagne chinoise, sur les pas d'un peintre-calligraphe qui s'installe dans un village. Mais bientôt il va se rendre compte qu'il s'y passe de drôles choses : ainsi périodiquement de nombreux enfants du village partent se cacher dans la montagne, à l'approche d'étranges visiteurs...

Cette fois-ci ce récit est ancré dans notre époque, par le biais des agents de l'Etat-civil chinois qui viennent régulièrement visiter les villages reculés pour vérifier que les couples locaux n'ont pas dérogé à la règle de l'enfant unique institué par le régime communiste. Et nous découvrons cette histoire par le biais d'esprits, ce qui est totalement inattendu... Il y a aussi des allusions discrètes à la culture miao, et un soupçon d'humour avec un mainate trop bavard... ou pas assez ! Mais encore une fois c'est bien inséré dans le récit, et on n'est pas gêné par ses saillies intellectuelles.

Le boulot de Marko, même si c'est de la commande, est de grande qualité. J'ai remarqué son souci du détail, sa mise en scène inspirée et ses ambiances diversifiées, grâce à l'apport de Maëla Cosson aux couleurs.

Un excellent album !

Nom série  La Conteuse des glaces  posté le 18/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La collection Geo BD a pour vocation de nous faire voyager dans le monde entier à travers les traditions locales. Cet album nous emmène donc en pays inuit, avec une jeune fille, Buniq, qui se destine à devenir conteuse, et qui pour cela décide de quitter son habitat natal en compagnie de son grand-père, qui se sent en fin de vie, et de Taq, jeune apprenti chasseur.

Le récit est très agréable, il nous permet de découvrir les traditions et la région inuit. l'humour n'est pas absent, et permet à toutes les générations de suivre le récit, même s'il est plus accessible aux pré-adolescents. On a droit aussi à une petite incursion dans les légendes locales, ma foi abordées de façon assez adroite.

Marko prête son graphisme à la fois riche et épuré à ce récit, avec l'aide de Maëla Cosson aux couleurs.

Nettement recommandé.

Nom série  Arme XL  posté le 18/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Plus je lis des parodies d'Enrique Vegas, plus je le trouve léger dans ses parodies.

Ici c'est encore plus short que d'habitude. Wolverine se fait assommer, se réveille à l'hôpital, dézingue tout sur son passage, et se rend à l'école du Pr Xavier. Fin. Le tout parsemé de quelques vannes plus ou moins drôles ; j'imagine que le traducteur adapte au public français, mais ce n'est pas vraiment suffisant, ça se lit en 5 minutes à peine.

A côté de ça, le dessin de Vegas est toujours sympa, dans ce côté "super-deformed" qui le caractérise, et la mise en scène pas désagréable.

Bof.

Nom série  Papeete 1914  posté le 04/11/2011 (dernière MAJ le 18/11/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
D'abord, les couvertures.

Pour moi un chef-d'oeuvre d'épure, avec ce corps féminin meurtri sur fond de cocotiers sur la plage, et ce personnage étrange, habillé de façon ancienne. Une place réduite réservée aux éléments bibliographiques, pour laisser respirer au maximum cette superbe illustration. La couverture du second tome continue sur le même tempo, avec ce corps féminin somptueux en train de tomber... Un package original (aspect "abîmé", bonus dont on va reparler en fin d'album...) qui va aussi, du moins je l'espère, contribuer à faire sortir cette série du lot.

L'histoire est originale ; elle début avec l'arrivée d'un personnage (flic ou privé) sur l'île de Tahiti, où les traditions séculaires cohabitent avec l'administration française (présente depuis moins de 40 ans) et la présence d'un missionnaire catholique au fort caractère et à la foi à géométrie variable. Il semble s'intéresser à une histoire vieille de plusieurs années, mais la fougue sensuelle d'une jeune maorie va quelque peu ralentir ses investigations. Et puis surviennent simultanément deux évènements qui vont troubler la quiétude ilienne : d'abord la mort inexpliquée, a priori accidentelle, d'une jeune fille, puis de deux. Et ensuite, conséquence de la guerre qui vient de se déclarer en Europe, l'attaque de Papeete par deux croiseurs allemands. La petite histoire et la grande entremêlées, c'est toujours un cocktail détonnant, pour peu que le scénariste sache où il va.

Et c'est le cas de Didier Quella-Guyot, qui distille avec bonheur ses éléments, ne révélant pas tous ses plans mais faisant tout de même avancer le récit, entre moments de quiétude et crise. Dans le second tome, tandis qu'une pluie de feu s'abat sur Papeete, Combaud avance dans son enquête est découvre les tenants et les aboutissants de l'affaire qui l'amène sur l'île, mais aussi le fin mot des meurtres commis sur place.

Il s'est adjoint les services de Sébastien Morice, avec lequel il avait réalisé l'année dernière Le Café des Colonies ; ici le dessinateur se révèle très à son aise, limite prodigieux. Ses couleurs ont quelque chose d'envoûtant, de sensuel, de chaud. Elles s'accordent parfaitement avec un dessin dont la ligne claire atteint une sorte de sommet dans l'épure, avec des cadrages variés, allant plus qu'à leur tour au ras du sol pour montrer des pieds qui fuient, éloignant sa caméra pour nous montrer une vue de l'île ou d'un bateau militaire en maraude, bref, je suis charmé. Tout juste râlerai-je à propos de quelques cases aux tons trop sombres par rapport au sujet. Le deuxième petit point négatif est la taille réduite des lettrages reprenant les lettres des personnages. Un défaut qui a d'ailleurs été corrigé pour le second tome. A noter un bonus sur le second tome, consacré aux véritables acteurs de l'histoire, le commandant militaire, le gouverneur et le responsable de la Poste locale.

Après la lecture enchaînée des deux tomes, c'est un petit pincement au coeur. Car en effet j'ai eu l'impression que les affaires se résolvaient de manière un peu précipitée (et qu'un troisième tome n'aurait en fait pas été de trop). Autre regret de quitter l'archipel enchanteur de Tahiti, qui le temps de deux albums, étend son envoûtement sur les lecteurs... Un goût de trop peu, donc, en partie compensé par la promesse des deux auteurs de nous livrer prochainement un autre récit aux antipodes.

Nom série  Camomille et les chevaux  posté le 17/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les chevaux sont très à la mode chez les filles de 5 à 12 ans... Cette série surfe sur la même vague que quelques autres, mais elle a tout de même quelques atouts...

En effet, elle fait le choix de ne pas se cantonner à l'exercice ultra-codé (mais aussi parfois ultra difficile) du gag par page. Ici les histoires prennent le temps nécessaire pour se développer, du coup elles peuvent compter une demie-page, une page entière, ou trois pages, c'est assez diversifié. Le but recherché est souvent l'humour, mais la plupart du temps cela se teinte de pédagogie, même s'il y a des situations et des personnages un peu grotesques. Mais clairement l'objectif n'est pas de faire rire à tout crin (hin hin), plutôt de donner envie à des fillettes de faire du cheval, et d'en faire dans le respect de l'animal, de ne pas y voir un jouet. Résultat on est quelquefois désarçonné (ho ho) par la chute de certaines historiettes, qui ne sont pas drôles. Frédéric Brémaud, euh pardon Lili Mésange, puisque c'est son nom ici, propose donc une série à recommander pour les filles de 8 à 10 ans, je dirais.

Au dessin, Stefano Turconi est un habitué des séries françaises, puisque ce collaborateur régulier à Topolino, le Journal de Mickey transalpin, a travaillé sur Akameshi et Wondercity. ici il apporte son dessin dynamique et fluide aux historiettes du sieur Brémaud. A noter, et c'est un autre plus, les cahiers de croquis à la fin de chaque album, permettant de redessiner "facilement" des chevaux ou d'en savoir plus sur les différentes races...

Nom série  Venise hantée  posté le 17/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, un auteur un peu à la Agatha Christie que je ne connaissais pas...

Ici l'époque est plus ancienne (1877), mais l'enquête est menée par un gentilhomme de la bonne société anglaise, Wilkie Collins. Une mort semble-t-il à cause de la maladie, une disparition, et d'autres choses étranges... Une sombre histoire d'assurance-vie semble être derrière tout ça...

La lecture de ce premier tome laisse un goût d'inachevé, d'autant plus qu'il se termine sur une scène assez confuse, où la veuve se retrouve dans une situation difficile à comprendre. J'imagine que cela va s'éclairer avec la fin du diptyque ; pour l'heure je suis sceptique... et curieux.

Au dessin je découvre Vincent Wagner, qui collabore avec Seiter depuis de nombreuses années sur d'autres séries. Je suis partagé, car je trouve que parfois ses visages manquent de constance, et à d'autres moments je n'ai rien à redire. peut-être un manque d'expressivité. Sa mise en scène me semble parfois maladroites, comme s'il n'avait pas une vision globale de sa planche, c'est étrange. Sur le plan des architectures, notamment celles de Venise (car Londres est aussi présente), il s'éclate nettement plus, et j'avoue avoir pris du plaisir à regarder ces façades plonger leurs fondations dans l'eau.

A suivre, par curiosité.

Nom série  L'Enfant sans visage  posté le 17/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, sympathique cet album de Mickael Roux... Je crois que c'est la première fois qu'il publie chez l'éditeur genévois La Joie de lire.

Ici un récit à consonance fantastique, puisqu'un enfant, à la suite d'un éternuement, perd tous les éléments de son visage. Avec l'aide de ses amis, des créatures indéfinissables, il va essayer de les retrouver dans la maison. Dans un style un peu plus "torturé" qu'à l'accoutumé, Roux explore l'une des peurs de l'enfance, la perte de ses traits (rigolez pas, ça me faisait flipper). C'est très sympathique, on ne s'ennuie pas une seconde même si l'album m'a semblé un chouïa long pour un album jeunesse. Le trait est donc un peu plus torturé qu'à l'accoutumée, mais reste vraiment lisible, et au final, on n'a plus peur de perdre ses yeux, son nez, sa bouche et ses oreilles.

Nom série  Le Mange-Couleurs  posté le 17/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est plus ou moins la suite de Coloriage, avec le même personnage principal. Cette fois-ci Dawid est seul à bord, et c'est tout aussi sympathique que l'album scénarisé par Mickael Roux.

Muet, l'album se lit très facilement de par son découpage fluide et son scénario linéaire. Dawid y apporte son trait tout en rondeur, plein... de couleurs sauf lorsqu'elles viennent à manquer, et c'est vraiment très agréable à regarder, avec à la clé une morale toute simple.

Sympathique.

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