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... a posté 1203 avis et 478 séries (Note moyenne: 2.79)

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Les coups de coeur de Miranda

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Nom série  Chambres Noires  posté le 16/06/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici un style graphique dont je raffole, très proche de celui de Karascoët dans Miss Pas Touche, sauf qu’ici Yomgui Dumont pousse le souci du détail nettement plus loin et nous offre des planches de toute beauté. L’équilibre entre les couleurs, les détails, les décors et les expressions des personnages est parfait, tourner les pages est un vrai bonheur. Un autre point commun aux deux séries… leur noirceur.

« Chambres Noires » raconte une histoire que l’on pourrait presque qualifier de déjà-vue, sans apporter de véritable originalité au genre, c’est un récurrent récit de fantômes. En guise de préface, l‘histoire commence par une présentation de la maisonnée, de ses habitants et de leurs activités, façon petite chronique assez drôle par ailleurs. Mais c’est surtout dans son traitement qu’elle accroche, Olivier Bleys sait distiller les informations nécessaires au bon moment pour maintenir un excellent suspense. Il y a aussi une grande richesse au niveau des personnages qui sont très nombreux et suffisamment développés pour que l’on s’attache à eux. Une petite touche humoristique vient se glisser de-ci de-là, et elle tombe toujours pile poil quand il faut et surtout quand on ne s’y attend pas. J’ai eu un coup de cœur pour Bertille et ce pauvre Erratum…

Suite et fin
Celle-ci ne fait que confirmer mes premières impressions, toutes les qualités du premier opus sont présentes, avec en plus un déroulement de l’histoire on ne peut plus prenant, le suspense étant maintenu jusqu'au final. La qualité du graphisme est constante, avec ses innombrables détails et des expressions pleines de vie ; j'aime aussi la manière dont Yomgui Dumont joue sur les contrastes, notamment avec les yeux des personnages.
Cette série est surtout un véritable coup de cœur avec un attachement inconditionnel aux personnages, charismatiques, drôles et attendrissants ; par ailleurs les méchants sont vraiment odieux ce qui par opposition les rend intéressants.

Autre point important, moi qui n'aime pas des masses les histoires de fantômes, j'ai été enchantée par celle-ci et tout cela vaut bien la note maximale.

Nom série  Pizza Roadtrip  posté le 20/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note 3,5/5

Une bonne tranche de polar instantané, une histoire se déroulant sur quelques heures et en quelques pages, qui alterne le moment présent avec des scènes du passé tout proche et qui expliquent bien des choses… je ne vais pas m’attarder sur le fond du récit qui n’est pas super alambiqué car je ne voudrais pas vous gâcher sa découverte, ça me juste penser à ce petit avertissement bien connu : un train peu en cacher un autre. C’est mené tambour battant et les personnages sont très bien campés. Le dessin soutient l’histoire à merveille avec des trognes super expressives et des couleurs mises par touches en fonction de chaque situation.

J’ai hésité entre trois et quatre étoiles, car au début j’ai trouvé l’humour un petit peu plus présent et même si j’ai passé un très bon moment de lecture, cela reste un poil classique, bien que la manière de développer l’intrique et le dessin soient réussis, il y a comme une petit frustration, un manque de surprise générale peut-être. Par contre je n'ai pas vu venir la chute finale, d’ailleurs, un tome 2 un peu plus tordu qui reprendrait juste à la dernière planche, ferait bien mon bonheur.

J'ai finalement opté pour le 3,5 et le coup de cœur, à cause les personnages malgré tout super attachants qui méritent bien toute notre attention à défaut de notre bienveillance.

Et que viennent faire les pizzas là-dedans ? Vous le saurez en lisant la B.D. pardi ! (si pizza y'a).

Nom série  Le Singe de Hartlepool  posté le 06/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce récit basé sur des faits réels surgit d'une anecdote historique ayant pris de l’ampleur au fil du temps, les auteurs nous la restituent ici à son point culminant, et encore qu’en y réfléchissant bien, la bêtise des gens peut atteindre des sommets parfois phénoménaux, et plus rien ne devrait plus nous paraître excessif ou même étrange.

« Le singe de Hartlepool », c’est l’histoire d’une pauvre bête sans défense et d’une flopée d’ignorants comme il y en a tant aujourd’hui, mais bien plus encore il y a un siècle et demi. J’ai entamé ma lecture comme ces derniers, ignorant tout de son contenu, seuls le superbe graphisme de Jérémie Moreau et le nom de Lupano m’ont fait sauter sur cet ouvrage, et ce dernier fait encore une fois hommage à son talent de conteur.
Le scénario est très bien mené d’autant qu’il y a tout de même pas mal de personnages et qu’à aucun moment on ne ressent une quelconque lourdeur ou confusion. Il y a de l’humour et une jolie dose de cruauté aussi, le tout encore une fois dosé au poil.
Ce que j’ai le plus aimé c’est ce que je déteste habituellement dans mes lectures, la morale de l’histoire ! Lupano nous la sert de façon très détachée, dans une espèce de résignation décevante de la nature humaine.
L’introduction d’un personnage historique, que je ne citerai pas évidemment, apporte le petit clin d’œil qui fait qu’on s’attache encore plus à certains personnages.

Les trognes des personnages sont excellentes d’expressivité, les couleurs sont douces et reposantes, le cadrage reste classique mais le format proche du comics lui va à ravir, c’est une très jolie petite bête qu’il serait impensable de ne pas posséder. Maintenant j’attends avec impatience la prochaine B.D. du dessinateur, qui pour une première fait montre d’un talent bien assuré.

Le prix est tout doux aussi avec ses 92 planches !

Nom série  Little Alice in Wonderland  posté le 24/08/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis sans doute la lectrice la moins encline à lire cette B.D. car rien ne m’agace plus que les femmes à peine habillées, croupes légères, seins tapageurs et regards de salopes affamées, et il y en a un beau spécimen dans ce premier opus, prénommée Tikky Big Bang. Par opposition, les univers de conte m’attirent irrésistiblement et je veux bien tenter l’expérience de ce mix pour le moins improbable à mes yeux, d’autant que l’auteur est venu exposer son projet sur le site et a su attiser ma curiosité.

Pour enchaîner dans le même thème, tous les comportements inhérents à la pimbêche écervelée dans toute sa splendeur sont ici tournés en dérision, présentés au énième degré et toujours de façon humoristique, du coup exit toute ma répulsion envers ce spécimen féminin et place au décalage délirant. En passant tout le monde en prend pour son grade, c’est un fourre-tout sans nom aux références de tous bords, réelles comme imaginaires. C’est parfois juste une petite remarque déposée ici et là, mine de rien et toujours bien amenée.
Il y a beaucoup d’humour, même si le but n’est pas de peaufiner nos abdominaux d’une case à l’autre en un rire incontrôlable, on est plutôt dans le genre sourire permanent avec une explosion de rires à certains moments, c’est de la détente à l’état pur. Avis aux déprimés : ceci est pour vous.

Le suspense aussi est omniprésent, on ne cesse de se demander quelle sera la prochaine scène et comment va-t-il sauver son petit Wonderland ? L’auteur s’adresse parfois au lecteur à quelques rares occasions et il fait aussi parler ses personnages de la B.D. elle-même, des procédés à double tranchant qui peuvent parfois ne pas passer, mais qu’il met en place de façon intelligente et drôle, et surtout avec beaucoup de parcimonie, le dosage est parfait.

Le dessin est fastueux de détails, pharaonique devrais-je dire, les couleurs pètent, le bestiaire et les monstres sont expressifs et variés. A l’image du conte original, on change de décors souvent et c’est purement jouissif. Seul petit bémol à mes yeux, les personnages humains sont parfois un peu raides, mais c’est sans gravité et ça ne gêne absolument pas la lecture ni le plaisir visuel global.

Le récit qui comprendra 5 tomes fait une entrée fracassante avec ce premier opus et je suis déjà sous tension car j’aimerais dès à présent avoir la suite entre les mains.

Ah putain ! J’ai envie de dire, excellent !

Nom série  Big Foot  posté le 28/07/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nicolas Dumontheuil j’adore et je ne m’en lasse pas, ses scénarios barrés juste à point sans jamais dépasser la limite de l’excentricité acceptable ; son humour subtil et coquin sans jamais tomber dans le gras ou le lourdingue ; son dessin qui semble être passé entre les vagues pour en ressortir rond et gondolé ; ses couleurs… ses couleurs directes splendides dont j‘aurais aimé qu‘il gratifie toutes ses séries, mais c‘est peut-être beaucoup trop de travail, surtout pour un auteur qui offre des B.D. avec un nombre de planches jouissif pour un prix plus que modéré au regard d'autres séries ; et puis peu importe que ses couleurs soient informatisées car elles sont bien choisies et reposantes.

Cette intro pourrait s’appliquer à toutes ses séries et résume bien le plaisir de lecture que procure son travail. « Big Foot » est tout pareil aux autres, amusant et captivant, posant son intrigue dont on ne sait pas où elle nous mènera et présentant ses personnages avec un bon travail psychologique, d’ailleurs je les ai tous apprécié, même les plus cons d‘entre eux. Les termes racistes perdent toute connotation péjorative, j’ai adoré la relique de l’indien qui parlant de Zeb, dit : « Le blanc qu’est noir », évidemment sorti du contexte ça paraît moins drôle. Dumontheuil a un sacré sens de la répartie.

L’histoire est captivante et m’a surprise car elle n’a pas pris la tournure que j’attendais, ce qui a rendu ma lecture encore plus divertissante. J‘ai aussi beaucoup aimé l‘épilogue qui met un terme au récit et qui raconte ce que deviennent les personnages par la suite, ça ôte toute frustration et clôt le récit de façon complète et non frustrante.
De plus l’auteur en profite pour jeter, mine de rien, un petit message écologique qui normalement est le genre de propos qui me gonfle passablement, mais c’est fait avec doigté et humour, et surtout sans lourdeur aucune.

Je n’ai trouvé qu’un seul petit défaut, le premier tome met un peu de temps à tout mettre en place et j’en ai ressenti quelques longueurs, mais je peux aussi dire que c’est un mal pour un bien, car à présent que je connais tout de ce petit monde ma relecture ne souffrira pas de ce petit désagrément, car passer du temps avec Zeb et Ned est purement jouissif.

Nom série  Les Melons de la colère  posté le 25/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La seule chose qui ne m’a pas plu dans cette B.D. ce sont les images de début et fin d’album que je trouve inappropriées, qu’elles soient fades ou juste vulgaires, elles ne sont pas du tout en adéquation avec le récit que propose Vivès, et j’irai même jusqu’à dire que ça le gâche un peu, lui donnant des airs de porno crade qu’il n’est absolument pas.
Le titre est foutrement bien trouvé et en totale adéquation avec le récit.

Je suis tombée sous le charme presque instantanément du dessin de Vivès, réduit au minimum à tous les niveaux, c’est un style généralement que je n’apprécie guère habituellement, mais il donne vie à ses personnages de manière totalement déconcertante, allant même jusqu’à ne pas dessiner les yeux mais leur gardant leurs expressions faciales.

Concernant le scénario je n’ai pas vraiment ressenti les choses comme les autres lecteurs, mis à part le fait qu’on est un peu dans l’exagération avec une pointe de burlesque.
Cette histoire pointe du doigt avant tout l’ignorance et la souffrance qui en découle. Tout d’abord, Magalie peut se faire réduire gratuitement la poitrine mais malheureusement pour elle sa famille ne le sait pas ; ensuite le recours à la justice dont ils semblent ignorer la procédure s’engageant dans une vengeance saignante qui aurait pu mener le père en prison ; la confiance absolue accordée aux médecins et autre cravatés qui profitent de la situation ; et pour finir la bêtise et l’égoïsme du vendeur de Darty trop occupé à faire du chiffre pour accorder ne serait-ce qu’un instant d‘attention à ces personnes qui semblent désespérées.
Tout ceci est certes traité de façon un peu désinvolte, ou en donne l'impression, mais ce sont des situations qui ne sont pas si éloignées de notre réalité.

Pour ce qui est du côté pornographique, je ne suis pas choquée par les relations entre Magalie et son petit frère, ce ne sont que deux jeunes qui découvrent leur sexualité, dont personne d’ailleurs ne leur a parlé, de plus, ces relations fraternelles arrivent bien plus souvent qu’on ne le pense. Est-ce que c’est excitant ? Tout dépendra des a priori de chacun, mais ce n’est pas le but premier de la B.D., tout comme dans les scènes de viol, il faut aimer les gros seins et les toutes jeunes filles.

Ce que je retiens avant tout de cette lecture c’est la grande sensibilité de cette famille si attachante et la touche finale humoristique offrant une fille qui ayant vécu le pire y fait face et se montre bien plus couillue que la majorité des hommes de l’histoire, lâches, profiteurs et pervers.

Nom série  Toby mon Ami  posté le 21/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Toby mon ami » ou la vie heureuse d’un chien heureux, ça fait plaisir, un peu de douceur dans ce monde où la grande majorité des animaux domestiques ne vivent que pour remplir des ventres et faire plaisir à des bouches trop gourmandes, certes c‘est hors sujet, mais il faut bien le rappeler de temps en temps, c’est l’occasion.

Donc, Toby est un chien qui vit sa vie de chien avec son maître qu’il adore et qui l’aime en retour. Les expressions et attitudes canines sont extrêmement bien rendues et la manière dont Gregory Panaccione fait « s’exprimer » le toutou est bien pensée et souvent drôle. L’histoire est d’une grande simplicité, une vie de chien n’est pas bien compliquée en soi, mais c‘est prenant et d’une grande douceur, pourvu qu’on aime les bêtes à poils.

Toby comme son nom l’indique est un petit gars, je serais curieuse de voir le même genre d’histoire mais avec une petite femelle, une « Sally ma copine » par exemple, car les deux sexes n’ont pas les mêmes attitudes dans beaucoup de situations.

Le dessin met bien en valeur les petites aventures de Toby, même si la planche de la galerie n’est pas des plus parlantes. Par contre, la couverture souple n’est pas très solide, mais bon, cela vaut bien cet instant de pure détente duquel on ressort joyeux et totalement détendus.

J'ai oublié de dire que c'est une B.D. muette, certainement parce que les "discours" de Toby ont été largement suffisants.

Nom série  Requiem, Chevalier Vampire  posté le 21/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Après avoir lu cette série j’ai eu quelques difficultés avec la plupart de mes autres lectures, les visuels me paraissant toujours pauvres, les décors inexistants et les couleurs fades, soupirant sans cesse car rien ou presque ne trouvait grâce à mes yeux. J’ai même été obligée de relire certaines B.D. qui m’avaient laissée totalement indifférente, incapable de rentrer dans les histoires tant les visuels étaient insignifiants comparativement à celui de Requiem.
Sans jouer l‘amoureuse transie d‘Olivier Ledroit, il faut bien admettre que peu d’auteurs peuvent rivaliser avec cette bête du pinceau, ce demi-fou des couleurs éclatantes et envoûtantes, ce découpeur de cases à l’arrache, que vous croyez, mais qui sont minutieusement millimétrées. Unique en son genre, Requiem ça ne se lit pas mais se regarde avant tout, car c’est le graphisme qui dicte le sens de lecture des planches.

Toute série, même culte, comportera toujours quelques défauts, ne serait-ce dû qu’à la subjectivité de chacun. Le principal défaut de cette série étant et de loin le plus gros, presque l’unique, que seuls trois tomes ont été édités en tirage de tête très grand format, alors que moi je les veux tous !

Ensuite, il est vrai que comme certains l’ont dit sur le tome 6 ou 7, il faudrait que je me replonge dedans pour être précise, apparaît un certain humour un peu malvenu et surtout trop décalé par rapport aux tomes précédents, il surprend et fait un peu tache, heureusement ça ne concerne qu’un seul tome, même si une vague de légèreté souffle sur les tomes suivants.

Il est vrai aussi, les auteurs l’ont confirmé eux-mêmes en interview, qu’aimant tant cette série ils ont eu tendance à vouloir développer trop de personnages, et ont été obligés de limiter leurs désirs. Effectivement parfois j’aurais bien aimé retourner aux sources de l’histoire, mais les nouveaux venus sont tout aussi intéressants, moi je prends tout, je ne suis pas difficile. D’autant que j’adore le monde créé par Mills avec, comme dit ironiquement Pasukare dans son avis : « les gentils méchants, les méchants pas beaux, les méchants sans honneur, les méchants avec honneur et les méchants méchants qui trahissent les méchants gentils », tout cela dans un monde ultra gothique où tout est inversé, où la cruauté est de rigueur et la pitié une tare interdite.
Les personnages fourmillent et le rôle donné aux personnages historiques est judicieux et intéressant. De plus, les femmes ne sont pas que des potiches, elles ont aussi des rôles principaux et du caractère, ce qui est tout à fait jouissif.

Requiem c’est une série à tenter, même si ce n’est a priori pas dans vos goûts, il serait dommage de se priver d’un tel délice.

Tome 11
Je suis un peu déçue du visuel qui perd de façon significative en qualité sur de nombreuses cases, surtout les plus petites. Globalement je trouve la colorisation un peu moins travaillée que sur les tomes précédents, ça m'a un peu gâchée ma lecture, car pour moi Requiem c'est à 70 % du plaisir visuel.

L'histoire elle avance et reprend la trame principale.
Je laisse tout de même la note de culte en espérant que la suite sera à la hauteur de mes espérances.

Nom série  Manioka  posté le 09/07/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nkodem vient du milieu de la musique, du rap et des slameurs ; il se lance dans la bd avec ce petit bijou, une étonnante première production tout à fait réussie. Le graphisme est parfait, le découpage des cases original, les couleurs suaves sont belles ; des dégradés de gris, marron, jaune et vert, déclinés tout en douceur. Visuel en opposition totale avec ce monde où la violence et la pauvreté ont une place prépondérante, mais dont l'alliance est une pure merveille. La bd est chapitrée et le lettrage est fort joli.

Concernant le scénario, on est immergé dans une société futuriste, bien que toute proche de la nôtre et essentiellement dans la tête du personnage principal, le dénommé Manioka. Celui-ci décortique cette société, sans aucun tabou et de son point de vue de dealer. J'ai beaucoup apprécié ce côté intimiste du récit et le ton désabusé des textes.
Dans cette société un réseau organise des combats pour recruter des tueurs de dealers, ils sont considérés comme des super-héros. Manioka devient leur cible, mais lui n'a pas l'intention de laisser écraser comme un vulgaire puceron. Il y a une touche de fantastique savamment dosée et tout à fait surprenante. Quelques touches d'humour viennent se greffer par-ci, par-là, et font mouche à chaque fois. Une histoire relativement inclassable.

Le seul reproche que je ferai concerne le tout début du récit, que j'ai trouvé un poil moralisateur, qui met trop en avant les magouilles politiciennes et la misère des gens, mais ce n'est finalement qu'une petite introduction qui nous introduit dans le monde de Manioka.
J'ai aussi eu la chance d'avoir le CD offert lors d'une séance de dédicaces, et même si ce n'est pas spécialement mon genre de musique, j'ai su tout de même l'apprécier.
Le monde de Nkodem est forcément à découvrir et à suivre…

Tome 2
Ma grande joie a été de découvrir un second tome à cette série, car si le premier tome peut se lire tel quel, celui-ci répond à toutes nos questions et clôt l'histoire comme toute histoire devrait l'être. Par ailleurs, j'avais imputé certaines choses inexpliquées à du fantastique, mais c’est bel et bien de la S.-F.
Cette suite est peut-être un poil plus légère que le premier opus car un peu moins bavarde, mais l'équilibre entre les deux est sauf.
Les personnages sont toujours aussi attachants, et même si l’histoire est finie j'aurais aimé savoir ce que devient la gamine, avec un récit bien à elle dans ce monde décadent.

Graphiquement le travail de l'auteur est exactement le même que précédemment, beau et foutrement immersif. Avec cette belle réussite je suis maintenant curieuse de voir de qu'il nous offrira à l'avenir.

Nom série  Sin City  posté le 13/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ayant attrapé un genre d’allergie aggravée envers les polars dont les scénarios ont du mal dorénavant à me surprendre, la note maximale se justifie amplement pour « Sin City » car je n’ai pas pu lâcher la série avant la fin, et même si au détail je ne pourrai mettre la note culte à chacun, c’est un tout indissociable (ou presque). J’ai adoré cet univers à l’air épais et lourd, peuplé de gonzesses fabuleuses et de mâles couillus ou minables, quand ils ne sont pas mentalement défaillants.

Frank Miller nous présente des nanas bouillonnantes, débordantes de classe, aux corps divins et au caractère bien trempé (gare aux cons et à leurs couilles), là où la plupart des B.D. dans le même exercice n’arrivent qu’à verser dans une vulgarité consternante. Les mecs ne sont pas en reste, Marv ! (putain Marv j’adore !), Dwight ou encore Le Chevelu, sont charmants, attachants et très agréables à regarder dans ce noir et blanc qui les met en valeur, malgré leurs cicatrices ou leurs gueules bosselées après une bonne bastonnade.

Les histoires en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires mais leur narration désabusée et acide, la façon dont-elles sont menées à grands coups poings, de mitraille ou de savants coups de sabre, l’originalité de cette ville décadente, le bagout des personnages et le graphisme tout simplement fabuleux, donnent à ce polar une ambiance glauque et paradoxalement apaisante, tout comme la violence qui s’y trouve telle une règle du jeu indispensable et un élément fort du récit. On est dans la surenchère à bien des niveaux, mais c'est foutrement bon.


Tome 1 : « Sin City », un premier tome parfait à tous les niveaux, où l’on fait la connaissance de Marv, dommage qu’il ne soit pas plus présent dans les autres tomes.

Tome 2 : « J’ai tué pour elle », un peu classique côté scénario mais les personnages font toute la différence.

Tome 3 : « Le grand carnage », le tome où l’on côtoie le plus la vieille ville et ses habitantes, une pure délectation, comme sont titre l’indique c'est une véritable tuerie, un tome jouissif tout à fait dans mes goûts.

Tome 4 : « Cet enfant de salaud » ne m’a pas du tout touchée, l’histoire tarde à se mettre en place, l’apparition d’une mioche qui risque de ce faire violer mais qui est sauvée in extremis, m’agace. L’ambiance est là, mais c’est le seul tome que personnellement j’exclue de la série. Et puis l’apport de ce jaune cocu, quelles horreur !

Tome 5 : « Valeurs familiale », un peu moins bon niveau scénario mais le personnage de Miho a fait mon bonheur.

Tome 6 : « Des filles et des flingues » étant composé d’histoires courtes, on y trouve de tout du bon et du moins bon et n'est pas vraiment indispensable, par contre j’ai adoré les scènes enneigées, sublimes de beauté.

Tome 7 : « L’enfer du retour », un très bon dernier tome, presque un peu à part au niveau de l’histoire, étant moins reliée aux autres, les personnages sont tout aussi intéressants à suivre que ceux des premiers tomes et l’ajout d’une touche de couleur est intéressante.

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