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... a posté 35 avis et 1 série (Note moyenne: 3.71)

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Les coups de coeur de Scram

Nom série  La Guerre Eternelle  posté le 27/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais lu le roman de Joe Haldeman avant de lire l'adaptation faite par l'auteur lui-même et cela se sent. La BD est très fidèle au livre et c'est tant mieux car le roman m'avait beaucoup plu, il m'avait laissé essoufflé et dérangé mais dans le bon sens du terme. Le livre parvenait à faire sentir toute l'horreur de la guerre avec en plus tous les dangers de l'espace. Les deux mélangés donnaient une atmosphère pesante, sombre et menaçante. La moindre inattention et c'est une mort atroce et inéluctable dans les secondes qui suivent sous les yeux de vos camarades qui de toute façon ne pourront rien faire pour vous aider. Cette impression de danger permanent est également bien rendue dans la BD même s'il est plus difficile de la faire ressentir avec des dessins. La guerre n'est déjà pas une sinécure, mais si en plus vous le faites dans un milieu hostile, alors l'angoisse monte encore d'un cran. La force de cette série est que l'on ne peut jamais se reposer avec le héros car l'ennemi est partout et il se présente sous plusieurs formes : les extra-terrestres, le vide spatial et la hiérarchie militaire...

J'ai découvert en lisant le dossier à la fin de l'intégrale que Joe Haldeman avait fait la guerre du Vietnam. Cette expérience a nourri son histoire et la guerre est présentée comme ce qu'elle est : une boucherie insensée. L'ennemi est ici une race extra-terrestre que nous ne connaissons pas et qui justifie donc qu'on essaie de l'exterminer. La force de la BD (et du roman) est que l'on perçoit le désarroi des soldats qui sentent l'absurdité de certaines missions qui les obligent à partir pendant des décennies, voire des siècles (à cause de la durée du voyage) pour un gain dérisoire. Le comble étant qu'à leur retour, la société a tellement changé qu'ils n'y ont plus aucuns repères. Ils sont à leur tour des étrangers sur leur propre planète (sentiment que doivent ressentir de nombreux vétérans après être allés au front). Leur seule porte de sortie, se réengager. C'est un cercle sans fin. On sent réellement le pessimisme de l'auteur, on ne peut pas lutter contre la société. Soit vous suivez le mouvement, soit elle vous broie. Le fait que vous vous soyez battu pour elle ne change rien, bien évidemment (l'image de la mère du héros est assez révélatrice). La fin tempère un peu ce bilan mais dans l'ensemble, ce qui ressort de cette BD, ce n'est pas la joie de vivre et la beauté des balades dans l'espace.

Bref, c'est aussi fort que le roman (qu'il faut lire), c'est plutôt bien dessiné, on rentre très vite dans cet univers sombre et sans pitié mais on en sort un peu secoué.

Nom série  Holmes  posté le 02/01/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le grand intérêt de ce genre de site où l'on peut lire des avis de lecteurs, c'est qu'on vous montre du doigt des BD vers lesquelles on ne serait sans doute jamais allé. C'est le cas pour Holmes. N'étant pas un fan des aventures du plus grand des détectives, j'aurais même eu plutôt tendance à ne pas l'ouvrir.

Premier choc, les dessins sont magnifiques. L'ambiance de l'Angleterre du siècle dernier est superbement rendue et le choix de ces teintes est une excellente idée, on rentre encore plus facilement dans l'histoire.
Deuxième choc, le scénario ! Je n'aurais jamais cru que je pourrais me passionner pour une histoire basée sur la vie de Sherlock Holmes. C'est là la grande idée de cette série : Sherlock est mort aux chutes de Reisenbach et on suit ce cher Watson sur les traces des derniers jours de son ami. Cela l'amène à se poser des questions sur la vie du détective, sa santé mentale. Il patauge le pauvre et ne sait plus à quel saint se vouer (et nous aussi). Et si Holmes avait perdu la raison ? Et si Moriarty n'était pas la personne que l'on croit. Pour l'instant (j'ai lu les deux premiers tomes), l'intrigue est menée de main de maître. Quand le héros pense avoir une réponse, un élément vient jeter le doute dans l'esprit de Watson (et dans le nôtre bien entendu).

Si les auteurs tiennent le bon cap jusqu'au bout, cette série fera sans nul doute partie de mes préférées et elle méritera une cinquième étoile. Ma seule crainte, c'est que l'intrigue s'enlise. Pour l'instant, tout laisse à penser que Cécil et Brunschwig savent très bien où ils veulent aller. Vivement la suite.

Nom série  Le Dérisoire  posté le 21/05/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est une BD que j'ai achetée sur un coup de cœur au salon de la BD de Montreuil-Bellay. La couverture a attiré mon œil. J'ai alors commencé à la feuilleter et là je dois reconnaître que j'ai été scotché par les magnifiques dessins d'Olivier Supiot. D'ailleurs il était présent au festival et il m'a fait un dessin magnifique, avec des couleurs splendides. Il a vraiment un sacré coup de crayon !

Dans cette BD, les dessins vous plongent vraiment au cœur d'un vieux bateau. On ressent vraiment toute la lourdeur du navire, la crasse et surtout la rouille. L'équipage est lui aussi vieux et usé (tellement vieux que ce sont des morts) à l'image du cargo et de son capitaine. C'est une atmosphère très prenante qui nous est proposée. Puis tout à coup, le héros rencontre d'autres personnages et on passe à un univers différent. D'un vieux cargo rouillé, on passe à un paquebot luxueux des années folles, avec ses riches passagers insupportables et excentriques. Ce qui me rend encore plus admiratif du travail du dessinateur, ce sont toutes ces ambiances qui s'enchaînent. De la salle des machines à la salle de bal, du pont du paquebot à la passerelle du cargo, chaque planche a son atmosphère et cela se ressent rien qu'en feuilletant l'ouvrage, notamment dans le choix des couleurs. D'après la discussion que j'ai pu avoir avec l'auteur, c'était un de ses buts, créé des univers bien marqués. Personnellement, je trouve l'effet réussi.

Le scénario maintenant (signé Eric Omond). Le bateau est ici une métaphore de la vie de son capitaine. Le cargo n'est pas terminé et il n'a pas de destination. Il est immobile au milieu de nulle part. Les marins sont morts et errent sans but en se moquant de leur supérieur, sans relief, sans ambition et surtout sans volonté. Il n'arrive même plus à se tromper lui-même. C'est une rencontre avec une femme dans une partie du cargo transformée en paquebot qui va lui donner l'illusion qu'il peut s'en sortir. Dit comme ça, ça a l'air incompréhensible. Il faut lire la BD pour saisir la transformation de l'embarcation et ce que cela implique pour le héros.
Cette BD est un voyage intérieur, dans les tourments d'un homme. En tout cas c'est comme ça que je l'ai comprise. O. Supiot m'a dit lors de la dédicace que beaucoup de gens avaient réagi de manières différentes. Un lecteur lui a dit un jour que cette BD lui avait rappelé la période de sa vie où il était alcoolique (ce qui peut se comprendre quand on réfléchit après lecture de la BD). J'ai l'impression que chacun peut trouver dans ce vieux rafiot des éléments de son passé, pour peu qu'il rentre dans l'histoire. C'est là je pense le principal problème. Si on ne rentre pas dans l'univers des auteurs, on passera à côté de ce qui fait la force de la BD.

Pour conclure, je dirais que cette BD mérite que l'on y jette un coup d'œil. Laissez-vous embarquer par ce pauvre hère, vous verrez que l'on ressent son impuissance puis son espoir. Les dessins vous plongent au plus profond de son mal-être, ce cargo est vraiment captivant. Le passage dans l'univers de la femme risque d'en rebuter plus d'un, mais prise dans son ensemble, l'histoire se tient bien. Il est malheureusement assez facile de passer à côté de la BD. Laissez-lui une chance, relisez la. Si vous restez insensible aux souffrances de ce capitaine, il vous restera malgré tout un bel objet, avec des très beaux dessins.

Allez, faites tourner les machines, cap vers...

Nom série  Murena  posté le 10/01/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ancien étudiant en fac d'histoire, j'ai toujours été attiré par l'Antiquité. Aussi quand j'ai découvert une série sur le règne de Néron je ne me suis pas posé de questions. Les couvertures étaient en plus magnifiques.

Premier constat : c'est beau. Il y a un vrai souci de documentation de la part des auteurs, du coup, comme dans la série télévisée "Rome", on est transporté dans l'univers de la Rome du début de l'Empire : les armes, les vêtements, l'architecture, tout nous plonge dans le 1er siècle après J.-C.
Deuxième constat : le parti pris des auteurs de mélanger faits historiques et fiction fonctionne à merveille. On apprend énormément de choses dans cette série notamment grâce à des notes en fin de tome. L'histoire est bien sûr romancée mais avec beaucoup de talent : il n'y a rien de larmoyant ou de pesant. Les parties inventées s'intègrent très bien à la grande Histoire et on a même du mal parfois à voir la frontière entre les deux. Un grand bravo aux auteurs qui ont réussi un véritable tour de force.

En conclusion, il n'y a rien à jeter pour moi dans cette série. Amateurs d'histoire, jetez-vous sur elle. Si l'histoire vous rebute, ce n'est pas un problème. L'intrigue est passionnante et suffisamment bien racontée pour que l'on puisse la suivre même sans connaissances préalables sur la Rome antique.
Et là j'avais prévu un jeu de mots sur Rome antique mais François Feldman me l'a piqué dans son oeuvre majeure : Les valses de Vienne ! Quel fumier ce François Feldman !

Nom série  Cromwell Stone  posté le 15/04/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ayant moi-même beaucoup aimé les ouvrages de Lovecraft, je me suis lancé dans cette série avec un a priori très positif et je n'ai pas été déçu. On retrouve toute la noirceur et la complexité des nouvelles de l'auteur américain : les créatures très anciennes et malveillantes tapies dans les recoins les plus sombres de notre planète. Il ne s'agit pas d'une adaptation mais la filiation est évidente. Ici le héros est confronté, sans qu'il l'ait cherché, à un de ces grands anciens. Il est mêlé à la quête d'une clé qui permettrait de réveiller cette créature.

Toute la BD est oppressante : le noir et blanc est superbe, le graphisme avec des personnages torturés (c'est dû au style d'Andreas mais cela va à merveille avec son univers) et surtout le scénario. Le héros est dépassé par les évènements mais la curiosité et l'envie de comprendre ce qu'il lui arrive le poussent à poursuivre son enquête. On sent que des choses obscures gravitent autour de lui mais ni lui ni nous n'arrivons à définir ce que c'est : phénomènes normaux ayant une explication rationnelle ou créatures irréelles cherchant à nous faire du mal. On aurait envie de lui crier de partir en courant se réfugier là où la lumière est vive et rassurante. J'adore cette ambiance, je retrouve vraiment ce qui fait la force des récits de Lovecraft (une fois encore ce n'est pas une adaptation d'une de ses nouvelles). Le lecteur est lui aussi dépassé par l'ampleur de ce qu'il commence à découvrir.

L'histoire est très complexe, deux lectures semblent nécessaires pour bien saisir toute la subtilité du scénario. C'est très riche, les indices ne semblent pas avoir de lien entre eux et jusqu'à la fin on n'a pas l'impression que l'auteur parviendra à boucler son récit. C'est là la force d'Andreas, tout se met en place et on entrevoit alors la richesse et l'inventivité de cet auteur. Je dis que l'on entrevoit car on continue de découvrir des éléments de l'histoire à la quatrième ou cinquième lecture.

Certains auront peut-être lâché avant, lassés par les méandres de l'histoire, avec la désagréable impression de n'aller nulle part. A ceux-là je ne peux que conseiller de s'accrocher. Il est vrai que certaines cases sont déstabilisantes, on a du mal à bien voir ce que font les personnages (surtout quand il y a du mouvement et de l'action). Sachant que l'histoire est complexe, cela n'aide pas à suivre. Mais quand on fait l'effort de rentrer dans la BD, de la relire, on en ressort en ayant fait le plein d'émotions. Ce sentiment d'oppression, de peurs et de craintes du héros sont très bien retranscrites.

Pourquoi pas un 5/5 ? Je pense que mon avis n'est pas des plus objectifs sur cette série. J'adore Lovecraft et je pense que l'on peut passer complètement à côté de la BD (voire même se demander ce que c'est que cette série). Ensuite, certaines planches sont très difficiles à suivre (même si en les détaillant bien on comprend ce qu'il se passe mais en lisant sans s'arrêter on passe à côté de certains éléments). Enfin je trouve que le troisième tome ne s'imposait pas. Les deux premiers suffisaient, le premier étant pour moi le meilleur car on ne sait pas encore à quoi est confronté Cromwell Stone et du coup le côté inquiétant de la série y est le plus fort. Ce troisième tome est bon mais à la fin de la lecture j'ai tout de même été déçu. Mais quoi qu'il arrive, le premier tome justifie à lui seul l'achat de cette série, le deuxième l'éclairant et le rendant encore plus intéressant (on prend pleinement conscience de la force du récit). Du très très bon, je conseille vivement cette série. Andreas est vraiment un auteur plein de talents.

Nom série  Quartier lointain  posté le 10/09/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n'ai pas une grande culture du manga. La preuve, ce n'est que le deuxième manga dans ma collection. J'ai toujours préféré éviter les séries à rallonge qui caractérisent pas mal de séries nippones. De plus j'avais une image du manga un peu tronquée (les histoires de combats et autres romances sur 40 tomes pour obtenir, Ô effroi, un baiser sur la joue). Ce sont toutes les critiques élogieuses de cette oeuvre qui m'ont décidé à tenter l'expérience (en passant merci à ce site).

Je suis donc parti en voyage avec l'auteur et son héros. Première chose, j'aime beaucoup les dessins. On retrouve dans les visages des personnages toute la nostalgie que l'auteur a voulu faire passer dans son oeuvre. En fait l'auteur fait passer beaucoup d'émotions à travers ses dessins : la tristesse mais aussi les joies enfantines (j'aime particulièrement l'insouciance de la petite soeur d'Hiroshi), l'amour etc. Cela tombe bien puisque c'est vraiment les émotions qui sont au coeur de l'histoire.

Parlons-en de l'histoire. Ici, pas de combats épiques, de rebondissements incessants, d'explosions. C'est simplement la vie d'un homme de 48 ans qui se retrouve mystérieusement plongé 30 ans en arrière. Il revit donc les évènements qui ont marqué son adolescence, certains traumatisant (le départ de son père) et d'autres plus heureux (il revoit des amis perdus de vue par exemple). Ce qui m'a plu c'est le rythme de la narration. L'auteur prend le temps de nous présenter la vie d'Hiroshi, ses craintes et sa joie de retrouver ses 14 ans. Il profite pleinement de sa jeunesse retrouvée à travers l'expérience d'un homme d'âge mûr. Il ose faire des choses impensables pour lui à l'époque (comme parler à une fille qui lui plaisait). La force de l'histoire est que tous les moments heureux ne peuvent pas être vécus pleinement. Hiroshi est confronté au futur départ de son père et il essaie de comprendre pourquoi un homme qui a l'air heureux a-t-il pu quitter sa famille du jour au lendemain. Il va donc apprendre des secrets de famille et finalement se rendre compte qu'il a beaucoup de points communs avec son père et que lui aussi s'éloigne peu à peu de sa femme et ses filles.

C'est donc un excellent manga, une histoire très belle, tendre et émouvante. Un grand bravo et un grand merci à Jiro Taniguchi qui est parvenu à faire passer de la mélancolie dans ses pages. Et rien que pour ça, ça vaut le coup de le lire.

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