Dès les premières pages, on se sent embarqué. La narration en voix off est ultra-efficace, et tout le côté "film noir/comédie policière des années 50" est plutôt bien fait (jusqu'au logo Delcourt sur la 1re page qui parodie le logo Gaumont de 1948). Il y a de jolies punchlines, les personnages sont bien brossés, et les prémisses du récit extrêmement intrigantes. Sans compter que le nombre réduit de cases par planche fait de cette bande dessinée un tourne-pages digne de ce nom !
Bref, la magie opère indéniablement. On est pris et on n'a qu'une envie, arriver au fin mot de l'histoire, surtout que les avis qu'on trouve ici et là nous vendent tous un twist impossible à prévoir !
Et de fait, ils ont globalement raison. Seulement, c'est là que tout s'effondre... Sans être une catastrophe absolue, le twist est d'une facilité que n'égale que son manque total de vraisemblance (sans parler d'une assez forte chute dans le mauvais goût). Je n'arrive pas du tout à y croire. Alors certes, on serait dans une pure comédie parodique qui jouerait la carte de l'absurde, ça aurait pu très bien passer. Peut-être les plus cinéphiles se souviendraient-ils de l'hilarant Un Cadavre au dessert (avec rien de moins que Truman Capote, David Niven, Maggie Smith, Alec Guinness, Peter Sellers, Elsa Lanchester et James Cromwell !), qui s'amusait à abattre les cartes les plus délirantes pour finir par nous emmener dans un festival de grand n'importe quoi absolument réjouissant.
Ici, le twist m'a vraiment fait penser à ce film, sauf que le ton n'y est pas assez absurde pour nous faire accepter n'importe quel twist. Ou alors il aurait fallu l'étoffer pour le rendre plus crédible...
Cela ne signifie pas que La Cage aux cons soit une mauvaise bande dessinée. Mais je dois bien avouer qu'elle n'est pas du tout aussi marquante que je l'aurais souhaité. Reste le souvenir d'une lecture plaisante, très bien écrite et assez bien menée, mais dont, à la réflexion, j'aurais préféré ne pas lire la fin.
Trondheim nous propose une nouvelle série estampillée jeunesse mais dont l'humour peut être lu comme tout public. Avec beaucoup d'humour et d'intelligence l'auteur réunit deux mondes que tout devrait opposer mais qui se rejoignent plus que l'on croit sur la thématique de la violence. Les deux héros font des aller-retour entre le monde policé d'une école primaire et la sauvagerie de l'héroïc Fantasy d'une guerre éternelle entre Elfes et Orcs. L'auteur crée un premier décalage en rendant le petit Orc attachant grâce à un discours de présentation et d'accueil à l'école de type pauvre réfugié de zone de combats. Une lecture plus adulte (ce qui est usuel chez Trondheim) fait immédiatement penser à la thématique des enfants soldats qui véhiculent avec eux la dangerosité de leurs traumas. Paradoxalement Aurore est la seule a s'en rendre compte mais aussi la seule à vraiment se rapprocher de Orc. Le tome 1 se calque sur des série comme Mortelle Adèle avec des gags d'une page et une violence apportée par Orc; La comparaison s'arrête là car j'ai trouver la narration d'un bien meilleur niveau chez Trondheim qui joue tout de même avec le scato.
Toutefois le texte propose des situations subtiles qui m'ont fait souvent rire ou sourire. Le "total respect" de Orc pour les 60 millions de morts de notre seconde guerre mondiale est la preuve que les deux mondes ne sont pas aussi éloignés.
La thématique de la violence est donc centrale dans la série. L'auteur est trop expérimenté pour se contenter d'une approche commerciale et démagogique sur un tel sujet. A travers son humour décalé on sent qu'il propose une réflexion plus profonde sur nos comportements et doucement on glisse de plus en plus sur la vision des bons et des méchants. Le tome 2 dans le monde Fantasy en guerre nos deux personnages passent d'un monde "paisible" à un monde hostile avec une facilité déconcertante comme on franchit une porte sans s'en rendre compte. Revenir au monde paisible n'est pas aussi simple que l'on aimerait. Ainsi le tome 2 abandonne petit à petit la structure discontinue des gags pour former un récit de plus en plus suivi autour d'une expérience initiatique classique .
Le graphisme de l'auteur abandonne les animaux ce qui rend son récit très réaliste. L'auteur est un maître de l'expression humoristique qu'il est capable de faire ressentir grâce à un minuscule trait d'une formidable efficacité. C'est particulièrement vrai pour le personnage de Orc véritable bloc de granite aux subtiles expressions comiques.
Le T3 conclut le cycle d'une façon imprévue et originale qui laisse la porte ouverte à de nouveaux développements comiques. Je laisse la découverte.
Une lecture avec beaucoup de créativité qui m'a plu et que je vais m'empresser de proposer et de partager avec mes préados.
Noirdésir a eu tort dans son avis: il ne sera pas le seul à aviser cette série quasi inconnue comme son auteur et sa maison d'édition. C'est en lisant son avis avec amusement que je me suis jeté à l'eau pour lire 2 opus ( le minotaure et le calife ). Dans l'ensemble je suis d'accord avec ses remarques même si je tempère un peu car c'est une série jeunesse qui utilise des ressorts classiques pour des enfants de 8 ans. Il faut noter que cette série a produit 5 opus plus un album sur la jeunesse de Mekaly, ce qui n'est pas rien.
Ce qui m'a le plus troublé c'est que j'ai eu le sentiment que Behem avait recopié les idées et le graphisme de série des années 60/70 sans y ajouter une touche d'originalité. Le village de résistants, Mekaly doué d'une force prodigieuse , personnage toujours torse nu, des bagarres à pif paf pouf sans une goutte de sang , on se croirai dans une version Z d'Astérix, la population uniformément blanche, sapée à la mode 60's dans un village aux pavillons de banlieue des mêmes années me font penser à certains épisodes de Tif et Tondu. La seule touche que je vois de l'auteur est cette mise en place quasi politique d'une population autosuffisante avec uniquement des "productifs" sans technocrates inutiles. C'est d'ailleurs une des contradictions du scénario puisque Mekaly est plus de l'ordre du régalien ( Défense ou diplomatie) que du productif.
Une lecture pas méchante mais sans originalité avec un graphisme vieillot et mal maitrisé.
Quelle ne fut pas ma déception quand je me suis aperçu que la thématique de l'ouvrage était centrée sur un concepteur et marchand de canons. J'aurais préféré une top model québécoise.
En effet j'ai de nombreuses réserves sur l'ouvrage. L'auteur et l'éditeur sont libres de proposer un tel sujet mais est ce vraiment nécessaire de mettre en lumière douce ce type d'individu. Ces artisans de morts peuvent rester dans les poubelles de l'histoire que cela ne me dérange absolument pas.
Ensuite je trouve ridicule la tentative de l'auteur d'humaniser le personnage en en faisant un doux rêveur idéaliste en conversations avec Jules Vernes pour atteindre une utopie de gosse. Je ne sais pas si le personnage a laissé ses glorieuses mémoires mais comme l'ensemble de ses activités étaient secrètes ont peut en déduire que la narration textuelle est pure fantaisie. On a même parfois droit à de la psychologie de comptoir du type j'ai perdu deux mères dans mon enfance donc je construis des canons et des obus pour me protéger (et tant pis pour les mamans qui en "profitent")... Tout au long du scénario je me suis demandé où l'auteur voulait nous promener? Gerry génie incompris manipulé et lâché par les services secrets? Hypocrisie et duplicité des états commanditaires ? Innocence du scientifique sans conscience politique, qui fournit mais n'utilise pas? Tout cela est tellement convenu que je me suis très vite lassé de ma lecture.
Je retrouve le graphisme au trait un peu vintage que j'avais découvert dans l'ouvrage sur Saint-Exupéry. Si cela fonctionnait pour un épisode de trois semaines à Québec en 1942, c'est beaucoup moins convaincant pour un personnage qui voyage à travers le monde sur une durée de soixante ans. Les extérieurs sont pauvres, les personnages ont tous des costumes ou robes uniformisés sans recherche quelque soit l'année et surtout notre Gerry qui garde sa bonne bouille de jeune ingénieur tout au long du récit.
Une lecture dont j'aurais pu me passer.
Il y a parfois un peu des documentaires de Delisle dans ce récit, dans lequel l’auteur se place au centre, et pointe, l’air de rien – et sans forcer les jugements trop faciles – quelques petites désillusions après observation de sociétés éloignées de la sienne.
L’auteur a été attiré – le mot est faible pour parler d’une passion et d’une forte attente – par le bouddhisme, au point d’envisager de devenir moine. Déçu par ses rencontres dans son Canada natal, il s’envole pour un long périple au Népal, puis au Tibet, pensant y trouver les réponses aux nombreuses questions qu’ils se posent.
Si le bouddhisme en tant que tel ne le déçoit pas, il en est autrement de certains bouddhistes, et de ce qu’il découvre des sociétés tibétaines et népalaises (on a aussi droit à quelques témoignages du contrôle jusqu’à l’absurde – voir les multiples contrôles de visa lorsqu’il franchit la frontière tibétaine – exercé par la Chine dans cette région annexée qu’est le Tibet). Les observations de Bérubé désacralisent cet Orient fantasmé par des milliers d’occidentaux (les Hippies bien sûr, mais aussi de nos jours par une idéalisation du bouddhisme et des habitants de l’Himalaya).
Le récit est une expérience humaine intéressante, racontée de façon simple, plutôt réaliste et impartial. Au final, si l’auteur n’est pas devenu moine, et si sa vision des bouddhistes tibétain a sans doute parfois souffert de la réalité observée, Bérubé semble être sorti grandi et rasséréné par ce long voyage et ces rencontres.
En tout cas c’est une lecture plaisante, agréable et fluide, avec un dessin lui aussi simple mais efficace.
Si le début du récit est un peu lent et « mollasson », dès que l’on part dans la mémoire de la mère de l’auteure, dans un long flash-back, ça devient vraiment prenant.
Au travers du témoignage de plusieurs personnes (sa mère bien sûr, mais aussi deux autres, comme elle le présente en fin d’album), l’auteure a condensé un pan important et douloureux de son histoire familiale, mais aussi de l’histoire bouleversée de la Corée.
On découvre ainsi de l’intérieure la brutalité de l’occupation japonaise durant la guerre (même si c’est ici traité rapidement et presque de façon transversale – on ne voit pas les soldats japonais, mais sont évoqués les réquisitions, les enrôlements forcés, les enlèvements des « femmes de réconfort », etc.). Mais aussi et surtout la brutalité de la « guerre de Corée », poussant des centaines de milliers de personnes dans un exode m’ayant fait penser à celui qu’a connu la France au printemps 1940.
Quelques scènes hallucinantes, comme ces bombardements de l’aviation américaine sur des civils, ou les nombreuses familles séparées durant ce long reflux – comme la mère de l’auteure, qui perd de vue – définitivement hélas son mari et son fils.
Soixante ans plus tard, on retrouve la mère de l’auteure et d’autres qui attendent d’être « tirés au sort » pour avoir la chance de revoir, furtivement et sous haute surveillance et censure, des membres de leur famille vivant en Corée du Nord. Ces épisodes douloureux et presque ubuesques sont bouleversants.
Au final, on a un récit circonstancié et bien mené, qui mêle petite et grande histoire, qui ne surjoue pas le pathos, mais qui rend sensible de l’extérieur la douleur, les cicatrices qui ne peuvent se refermer, de ces familles séparées depuis des décennies.
J'avais adoré ''Nymphéas noirs'' alors j'étais bien partant pour voir la même équipe refaire l'adaptation d'un roman du même écrivain.
Ce one-shot est un peu moins bon que le premier, notamment parce que l'intrigue est un peu plus classique, mais il reste efficace. J'ai trouvé le scénario bien prenant et du début jusqu'à la fin je voulais savoir comment cela allait se terminer, surtout qu'encore une fois le scénario est bien tordu avec plein de surprises. Avec Michel Bussi, il semblerait qu'il ne faut jamais se fier à ce que l'on voit jusqu'aux révélations finales. Bien sûr, cela s'adresse avant tout au fan de polar. Ceux qui sont allergiques au genre risquent de ne pas trop accrocher au scénario qui possèdes les défauts du genre : les personnages qui semblent capables de tout faire et pleins de coïncidences qui aident bien à avancer l'intrigue. En tant que fan de polar, ces éléments ne me dérangent pas du moment que c'est bien fait, mais je peux comprendre que d'autres lecteurs risquent de s'énerver à la lecture de quelques scènes.
J'ai bien aimé le dessin. Un bon cru pour les fans de polars vraiment tordus.
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La Cage aux cons
Dès les premières pages, on se sent embarqué. La narration en voix off est ultra-efficace, et tout le côté "film noir/comédie policière des années 50" est plutôt bien fait (jusqu'au logo Delcourt sur la 1re page qui parodie le logo Gaumont de 1948). Il y a de jolies punchlines, les personnages sont bien brossés, et les prémisses du récit extrêmement intrigantes. Sans compter que le nombre réduit de cases par planche fait de cette bande dessinée un tourne-pages digne de ce nom ! Bref, la magie opère indéniablement. On est pris et on n'a qu'une envie, arriver au fin mot de l'histoire, surtout que les avis qu'on trouve ici et là nous vendent tous un twist impossible à prévoir ! Et de fait, ils ont globalement raison. Seulement, c'est là que tout s'effondre... Sans être une catastrophe absolue, le twist est d'une facilité que n'égale que son manque total de vraisemblance (sans parler d'une assez forte chute dans le mauvais goût). Je n'arrive pas du tout à y croire. Alors certes, on serait dans une pure comédie parodique qui jouerait la carte de l'absurde, ça aurait pu très bien passer. Peut-être les plus cinéphiles se souviendraient-ils de l'hilarant Un Cadavre au dessert (avec rien de moins que Truman Capote, David Niven, Maggie Smith, Alec Guinness, Peter Sellers, Elsa Lanchester et James Cromwell !), qui s'amusait à abattre les cartes les plus délirantes pour finir par nous emmener dans un festival de grand n'importe quoi absolument réjouissant. Ici, le twist m'a vraiment fait penser à ce film, sauf que le ton n'y est pas assez absurde pour nous faire accepter n'importe quel twist. Ou alors il aurait fallu l'étoffer pour le rendre plus crédible... Cela ne signifie pas que La Cage aux cons soit une mauvaise bande dessinée. Mais je dois bien avouer qu'elle n'est pas du tout aussi marquante que je l'aurais souhaité. Reste le souvenir d'une lecture plaisante, très bien écrite et assez bien menée, mais dont, à la réflexion, j'aurais préféré ne pas lire la fin.
Aurore et l'Orc
Trondheim nous propose une nouvelle série estampillée jeunesse mais dont l'humour peut être lu comme tout public. Avec beaucoup d'humour et d'intelligence l'auteur réunit deux mondes que tout devrait opposer mais qui se rejoignent plus que l'on croit sur la thématique de la violence. Les deux héros font des aller-retour entre le monde policé d'une école primaire et la sauvagerie de l'héroïc Fantasy d'une guerre éternelle entre Elfes et Orcs. L'auteur crée un premier décalage en rendant le petit Orc attachant grâce à un discours de présentation et d'accueil à l'école de type pauvre réfugié de zone de combats. Une lecture plus adulte (ce qui est usuel chez Trondheim) fait immédiatement penser à la thématique des enfants soldats qui véhiculent avec eux la dangerosité de leurs traumas. Paradoxalement Aurore est la seule a s'en rendre compte mais aussi la seule à vraiment se rapprocher de Orc. Le tome 1 se calque sur des série comme Mortelle Adèle avec des gags d'une page et une violence apportée par Orc; La comparaison s'arrête là car j'ai trouver la narration d'un bien meilleur niveau chez Trondheim qui joue tout de même avec le scato. Toutefois le texte propose des situations subtiles qui m'ont fait souvent rire ou sourire. Le "total respect" de Orc pour les 60 millions de morts de notre seconde guerre mondiale est la preuve que les deux mondes ne sont pas aussi éloignés. La thématique de la violence est donc centrale dans la série. L'auteur est trop expérimenté pour se contenter d'une approche commerciale et démagogique sur un tel sujet. A travers son humour décalé on sent qu'il propose une réflexion plus profonde sur nos comportements et doucement on glisse de plus en plus sur la vision des bons et des méchants. Le tome 2 dans le monde Fantasy en guerre nos deux personnages passent d'un monde "paisible" à un monde hostile avec une facilité déconcertante comme on franchit une porte sans s'en rendre compte. Revenir au monde paisible n'est pas aussi simple que l'on aimerait. Ainsi le tome 2 abandonne petit à petit la structure discontinue des gags pour former un récit de plus en plus suivi autour d'une expérience initiatique classique . Le graphisme de l'auteur abandonne les animaux ce qui rend son récit très réaliste. L'auteur est un maître de l'expression humoristique qu'il est capable de faire ressentir grâce à un minuscule trait d'une formidable efficacité. C'est particulièrement vrai pour le personnage de Orc véritable bloc de granite aux subtiles expressions comiques. Le T3 conclut le cycle d'une façon imprévue et originale qui laisse la porte ouverte à de nouveaux développements comiques. Je laisse la découverte. Une lecture avec beaucoup de créativité qui m'a plu et que je vais m'empresser de proposer et de partager avec mes préados.
Les Aventures de Mékaly
Noirdésir a eu tort dans son avis: il ne sera pas le seul à aviser cette série quasi inconnue comme son auteur et sa maison d'édition. C'est en lisant son avis avec amusement que je me suis jeté à l'eau pour lire 2 opus ( le minotaure et le calife ). Dans l'ensemble je suis d'accord avec ses remarques même si je tempère un peu car c'est une série jeunesse qui utilise des ressorts classiques pour des enfants de 8 ans. Il faut noter que cette série a produit 5 opus plus un album sur la jeunesse de Mekaly, ce qui n'est pas rien. Ce qui m'a le plus troublé c'est que j'ai eu le sentiment que Behem avait recopié les idées et le graphisme de série des années 60/70 sans y ajouter une touche d'originalité. Le village de résistants, Mekaly doué d'une force prodigieuse , personnage toujours torse nu, des bagarres à pif paf pouf sans une goutte de sang , on se croirai dans une version Z d'Astérix, la population uniformément blanche, sapée à la mode 60's dans un village aux pavillons de banlieue des mêmes années me font penser à certains épisodes de Tif et Tondu. La seule touche que je vois de l'auteur est cette mise en place quasi politique d'une population autosuffisante avec uniquement des "productifs" sans technocrates inutiles. C'est d'ailleurs une des contradictions du scénario puisque Mekaly est plus de l'ordre du régalien ( Défense ou diplomatie) que du productif. Une lecture pas méchante mais sans originalité avec un graphisme vieillot et mal maitrisé.
Supercanon ! - Le marchand d'armes qui visait les étoiles
Quelle ne fut pas ma déception quand je me suis aperçu que la thématique de l'ouvrage était centrée sur un concepteur et marchand de canons. J'aurais préféré une top model québécoise. En effet j'ai de nombreuses réserves sur l'ouvrage. L'auteur et l'éditeur sont libres de proposer un tel sujet mais est ce vraiment nécessaire de mettre en lumière douce ce type d'individu. Ces artisans de morts peuvent rester dans les poubelles de l'histoire que cela ne me dérange absolument pas. Ensuite je trouve ridicule la tentative de l'auteur d'humaniser le personnage en en faisant un doux rêveur idéaliste en conversations avec Jules Vernes pour atteindre une utopie de gosse. Je ne sais pas si le personnage a laissé ses glorieuses mémoires mais comme l'ensemble de ses activités étaient secrètes ont peut en déduire que la narration textuelle est pure fantaisie. On a même parfois droit à de la psychologie de comptoir du type j'ai perdu deux mères dans mon enfance donc je construis des canons et des obus pour me protéger (et tant pis pour les mamans qui en "profitent")... Tout au long du scénario je me suis demandé où l'auteur voulait nous promener? Gerry génie incompris manipulé et lâché par les services secrets? Hypocrisie et duplicité des états commanditaires ? Innocence du scientifique sans conscience politique, qui fournit mais n'utilise pas? Tout cela est tellement convenu que je me suis très vite lassé de ma lecture. Je retrouve le graphisme au trait un peu vintage que j'avais découvert dans l'ouvrage sur Saint-Exupéry. Si cela fonctionnait pour un épisode de trois semaines à Québec en 1942, c'est beaucoup moins convaincant pour un personnage qui voyage à travers le monde sur une durée de soixante ans. Les extérieurs sont pauvres, les personnages ont tous des costumes ou robes uniformisés sans recherche quelque soit l'année et surtout notre Gerry qui garde sa bonne bouille de jeune ingénieur tout au long du récit. Une lecture dont j'aurais pu me passer.
Comment je ne suis pas devenu moine
Il y a parfois un peu des documentaires de Delisle dans ce récit, dans lequel l’auteur se place au centre, et pointe, l’air de rien – et sans forcer les jugements trop faciles – quelques petites désillusions après observation de sociétés éloignées de la sienne. L’auteur a été attiré – le mot est faible pour parler d’une passion et d’une forte attente – par le bouddhisme, au point d’envisager de devenir moine. Déçu par ses rencontres dans son Canada natal, il s’envole pour un long périple au Népal, puis au Tibet, pensant y trouver les réponses aux nombreuses questions qu’ils se posent. Si le bouddhisme en tant que tel ne le déçoit pas, il en est autrement de certains bouddhistes, et de ce qu’il découvre des sociétés tibétaines et népalaises (on a aussi droit à quelques témoignages du contrôle jusqu’à l’absurde – voir les multiples contrôles de visa lorsqu’il franchit la frontière tibétaine – exercé par la Chine dans cette région annexée qu’est le Tibet). Les observations de Bérubé désacralisent cet Orient fantasmé par des milliers d’occidentaux (les Hippies bien sûr, mais aussi de nos jours par une idéalisation du bouddhisme et des habitants de l’Himalaya). Le récit est une expérience humaine intéressante, racontée de façon simple, plutôt réaliste et impartial. Au final, si l’auteur n’est pas devenu moine, et si sa vision des bouddhistes tibétain a sans doute parfois souffert de la réalité observée, Bérubé semble être sorti grandi et rasséréné par ce long voyage et ces rencontres. En tout cas c’est une lecture plaisante, agréable et fluide, avec un dessin lui aussi simple mais efficace.
L'Attente
Si le début du récit est un peu lent et « mollasson », dès que l’on part dans la mémoire de la mère de l’auteure, dans un long flash-back, ça devient vraiment prenant. Au travers du témoignage de plusieurs personnes (sa mère bien sûr, mais aussi deux autres, comme elle le présente en fin d’album), l’auteure a condensé un pan important et douloureux de son histoire familiale, mais aussi de l’histoire bouleversée de la Corée. On découvre ainsi de l’intérieure la brutalité de l’occupation japonaise durant la guerre (même si c’est ici traité rapidement et presque de façon transversale – on ne voit pas les soldats japonais, mais sont évoqués les réquisitions, les enrôlements forcés, les enlèvements des « femmes de réconfort », etc.). Mais aussi et surtout la brutalité de la « guerre de Corée », poussant des centaines de milliers de personnes dans un exode m’ayant fait penser à celui qu’a connu la France au printemps 1940. Quelques scènes hallucinantes, comme ces bombardements de l’aviation américaine sur des civils, ou les nombreuses familles séparées durant ce long reflux – comme la mère de l’auteure, qui perd de vue – définitivement hélas son mari et son fils. Soixante ans plus tard, on retrouve la mère de l’auteure et d’autres qui attendent d’être « tirés au sort » pour avoir la chance de revoir, furtivement et sous haute surveillance et censure, des membres de leur famille vivant en Corée du Nord. Ces épisodes douloureux et presque ubuesques sont bouleversants. Au final, on a un récit circonstancié et bien mené, qui mêle petite et grande histoire, qui ne surjoue pas le pathos, mais qui rend sensible de l’extérieur la douleur, les cicatrices qui ne peuvent se refermer, de ces familles séparées depuis des décennies.
Ne lâche pas ma main
J'avais adoré ''Nymphéas noirs'' alors j'étais bien partant pour voir la même équipe refaire l'adaptation d'un roman du même écrivain. Ce one-shot est un peu moins bon que le premier, notamment parce que l'intrigue est un peu plus classique, mais il reste efficace. J'ai trouvé le scénario bien prenant et du début jusqu'à la fin je voulais savoir comment cela allait se terminer, surtout qu'encore une fois le scénario est bien tordu avec plein de surprises. Avec Michel Bussi, il semblerait qu'il ne faut jamais se fier à ce que l'on voit jusqu'aux révélations finales. Bien sûr, cela s'adresse avant tout au fan de polar. Ceux qui sont allergiques au genre risquent de ne pas trop accrocher au scénario qui possèdes les défauts du genre : les personnages qui semblent capables de tout faire et pleins de coïncidences qui aident bien à avancer l'intrigue. En tant que fan de polar, ces éléments ne me dérangent pas du moment que c'est bien fait, mais je peux comprendre que d'autres lecteurs risquent de s'énerver à la lecture de quelques scènes. J'ai bien aimé le dessin. Un bon cru pour les fans de polars vraiment tordus.