Les « romans durs » forment la part qui m’intéresse le plus dans l’œuvre de Simenon (du moins ceux que j’ai eu l’occasion de lire – pas encore adaptés en BD d’ailleurs). Mais ici, je suis largement resté sur ma faim.
Le dessin très moderne de Mattiussi est agréable, sans être trop fouillé. Il habille plaisamment l’intrigue en tout cas. C'est ce qui m'a le plus contenté dans l'album.
Mais cette intrigue m’est apparu bien trop terne, mollassonne. Langoureuse, illustrant une sorte de fin d’empire (même si l’on est après l’effondrement de l’Empire ottoman). Les relations étonnantes nouées entre un Français employé de l’ambassade en Turquie et une jeune danseuse hongroise cherchant le gros poisson lui garantissant une belle vie ne m’ont pas passionné.
Simenon semble bien connaître Istamboul, et les rouages de la bonne société stambouliote, mais les décors ne suffisent pas à dynamiser une histoire dans laquelle je ne suis pas entré.
La biographie d'une ado qui fait le choix de parler de tout sauf des premiers amours, bizarrement.
Lecture sympa, le dessin de Sattouf est toujours aussi agréable, mais il manque quelque chose du coup.
Les éditions Même Pas Mal ont déjà publié quelques petits bijoux d’humour noir et ou trash (Paf & Hencule pour ne citer que les plus extrêmes du genre), et je ne suis pas étonné de les retrouver à la manœuvre avec cette « Ernestine ».
« L’emballage » fait penser à un livre pour très jeune lecteur, avec cette couverture cartonnée très épaisse et ce dessin un peu figé, naïf. Mais dès les premières pages, lorsqu’Ernestine commence à s’exprimer, c’est d’emblée très vulgairement qu’elle le fait (elle crache à la figure d’une gamine qui l’emmerde dans la cour de récréation). Elle use volontiers d’un langage grossier, parfois ordurier, fume, rackette le pharmacien du coin en médocs et pognons le jour d’Halloween, etc. La dernière case lui donne un peu plus « d’humanité », une certaine « normalité » qui contraste avec ce qui a précédé.
Son père est dépassé et immature, sa mère un peu aussi – mais est aussi vulgaire lorsqu’elle parle. On est ici dans de l’humour grossier, un peu noir. Un style que j’apprécie, mais que j’aurais volontiers vu poussé un peu plus dans le trash.
Mais bon, c’est quand même amusant, un peu défouloir (c’est sûr qu’au bout d’un moment la surprise joue moins, on est comme anesthésié).
Une lecture sympathique.
Note réelle 3,5/5.
Hervé Bourhis a signé pas mal de bandes dessinées autour de la musique, du rock et des Beatles. Il consacre ce nouvel album à Paul McCartney, le génial bassiste du groupe. Il fait plus précisément un focus sur la période 1969 - 1973, celle qui correspond à la fin du groupe et les premières années qui suivent cette séparation. Et si aujourd'hui McCartney est une légende incontestée, il est très interessant de se plonger sur cette période, pour voir à quel point Paul a connu une traversée du désert post Beatles.
La construction de l'album est assez simple, les faits sont racontés de manière chronologique. L'accent est mis sur les choses significatives et les évènements majeurs qui permettent de comprendre ce qui s'est passé à l'époque. Tout cela est rudement bien documenté, certains faits clés sont datés avec précisions. Mais il n'y a absolument pas la lourdeur que peuvent avoir certains documentaires très factuels. Le rythme auquel avance le récit est parfait, et tout ce qui est raconté est interessant et fait sens.
On découvre un McCartney pas en forme, et on comprend aisément son ressenti et son état d'esprit. L'album illustre bien quelle a été sa vie pendant cette période délicate. Entre conflit ouvert avec ses ex compagnons, bataille juridique par avocats interposés contre leur ancien manager, et désintérêt des fans pour son nouveau groupe, on peut dire qu'il a traversé une bonne grosse dépression. C'est juste incroyable de lire que pour la première tournée des Wings, il a collé les affiches à la main lui même, et qu'à 40 centimes la place de concert, il ne réussissait même pas à jouer dans une salle pleine. True story...
On voit aussi dans quel état d'esprit ont évolué les autres membres du groupe, les querelles, les tentatives de conciliation... Même si on sait comment s'est passé la suite de l'histoire, on ne peut pas s'empêcher d'espérer les voir se réconcilier...
Le trait de Bourhis, sans fioriture, est parfaitement adapté et finit de nous plonger dans l'ambiance. On voyage dans les années 70 pendant 90 pages. Une lecture très plaisante, un album clairement recommandé, si on aime un minimum la musique et les Beatles évidemment.
J'avais bien aimé Fun Home - Une tragicomédie familiale, alors dans ma volonté de lire d'autres œuvres de Bechdel j'ai logiquement décidé de poursuivre avec l'album qui m'apparaissait comme une suite directe.
Je ne vais pas tourner autour du pot : je n'ai absolument pas aimé.
L'album possède une construction narrative similaire à Fun Home, à savoir une succession d'anecdotes peignant petit à petit le portrait complexe d'un parent de l'autrice et sa relation avec iel, nous racontant le récit dans un désordre chronologique ne prenant sens que thématiquement. Sauf que là où Fun Home parvenait à rendre le tout fluide et prenant, ici tout est lourd, trop lent, trop impersonnel. Oui, je sais, paradoxal de traiter d'impersonnel un album qui, par définition, est un récit on ne peut plus personnel et intime. Ce que je veux dire par "impersonnel" c'est que, bien que je sois persuadée que cet album a été tout aussi important à écrire pour l'autrice que Fun Home, ce dernier restait parfaitement intéressant à lire pour quiconque n'était pas concerné de près ou de loin par sa condition familiale. Fun Home traitait du sujet de l'homosexualité refoulée, des familles si chaotiques que leurs membres se nécrosent en silence, de l'identification et de l'individualisation de l'enfant, de la maturité, de la mort (du suicide même), … Ici, je vois bien que l'on parle aussi du sujet féminin, des injonctions féminines, du poids des mères, d'une relation houleuse et complexe entre une fille et sa mère, le tout saupoudré d'analyse et psychanalyse, mais pourtant tout cela me semble si creux, si éloigné. Alors que de par ma situation familiale c'est bien cet album qui aurait dû plus me parler. Pourtant, ici, rien.
Bon, voilà, je n'ai pas aimé l'album. La lecture s'est faite dans la douleur, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs reprises pour en venir à bout, j'ai même dû tenir des notes en parallèles pour tenter de suivre certains propos (notes que j'ai rapidement abandonnées d'ailleurs, signe que j'étais également à deux doigts d'abandonner la lecture de l'album en elle-même). Sur la fin, j'ai même fini par sauter certaines citations, parce que je n'en pouvais plus. J'ai honte de le dire, j'aime bien donné sa chance à une œuvre dans son entièreté, mais là c'était vraiment indigeste. J'ai même mis plusieurs jours à rédiger cet avis.
Et pourtant, bien que je sois sûre de n'avoir pas du tout apprécier cet album, je me retrouve bien embêtée pour ce qui est de le noter. Devrais-je le noter selon mon appréciation personnelle de la narration et mon désintérêt total pour les aventures psychothérapeutiques d'Alison Bechdel (et donc ne lui donner qu'une étoile), ou bien devrais-je reconnaître que cette œuvre très personnelle par sa nature, sans doute écrite comme un exutoire pour l'autrice, ne m'était tout simplement pas destinée (et dans ce cas lui donner une étoile et demi, ce que j'aurais arrondi à deux).
Je pense finalement partir sur une étoile, pas car l'œuvre serait scandaleuse, nocive ou même abyssalement idiote, mais juste parce que je me suis profondément faite chier (bim, je me retenais de le lâcher depuis le début celui-là).
Un bon album mais j’avoue que je regrette un peu mon achat compulsif. Ma faute aussi, je me suis jeté dessus dès que j’ai vu le nom de l’auteur sans chercher à en connaître davantage sur le fond du récit … et finalement c’est là où ça coince un peu.
La partie graphique est conforme à mes attentes. J’apprécie toujours autant le découpage de Thierry Robin, on trouve souvent de chouettes trouvailles ou double pages. Cependant (et personnellement) je trouve que ce n’est pas son meilleur travail. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que c’était parfois trop sage ici, les couleurs ternes (la plupart du temps) n’aident sans doute pas non plus, et les personnages non pas un gros charisme (exception faite de Satan). On reconnaît quand même bien son style et le voyage pictural reste très agréable.
Par contre, ça a été moins le cas pour cette balade aux enfers. Il faut dire que tous les trucs autour des religions sont loin de me titiller et j’imaginais une adaptation « plus libre » de la part de l’auteur. Ici et à mon goût, ça manque clairement de fantaisie, l’auteur ne s’éloigne pas (trop) du texte « officiel » (même si ce dernier dénote déjà un peu des classiques, le clergé ne se pressant pas pour mettre en avant ce passage).
Le récit démarre donc par la crucifixion de Jésus et se termine par son ascension. L’entre-deux fera la part belle à ces 3 jours aux enfers.
J’ai vraiment mis du temps à rentrer ou à trouver quelque chose aux péripéties de notre héros. Le début est un peu chiant (hormis le passage avec Abaddon où Jésus se la joue limite super-héros), c’est la rencontre avec de nombreux personnages bloqués dans le Shéol : Jean, David (de Goliath), Moïse, Noé … jusqu’à Adam et Ève que Jésus libèrera pour les amener aux cieux. Bref cette partie est loin d’être ma came, en plus c’est ponctué de nombreux passages de la bible pour appuyer (psaumes, actes …) ou donner du crédit.
Mon intérêt est réellement venu à l’arrivée de Satan et des joutes avec notre héros où l’on sent l’auteur plus libre, il présente même quelques idées intéressantes autour de Judas, l’histoire Juive avant le Christianisme ou de rédemptions. Cependant ça ne vient pas chambouler notre vision, ça reste juste à l’état d’idées. Dommage que ça manque un peu de force, j’aurais bien plus adhéré si le ton ou la fin étaient plus iconoclastes.
Un résultat mi-figue mi-raisin pour moi donc, j’espérais autre chose qu’une transposition « fidèle » d’un événement méconnu. La réalisation est bonne mais le fond peut vraiment vous laisser dubitatif (ou non) en fonction de votre sensibilité ou tolérance aux écrits religieux.
Du gros boulot de la part de Thierry Robin mais j’aurais souhaité plus de trahison.
Fauve Navarre est exorciste pour le musée du Louvre. Elle utilise sa capacité à communiquer avec les œuvres d'art pour aider ces dernières a maîtriser leurs émotions, causées par leur auteur ou les visiteurs. Chapitre après chapitre, elle règle les problèmes qui se présentent à elle, et nous (re)fait découvrir l'histoire derrière une création.
Sous couvert de fantastique, Paula Andrade nous donne un petit cours d'histoire de l'art et nous permet de mieux connaître les œuvres "classiques", en nous racontant pourquoi ou comment elles ont été créées. L'exorciste calme les tableaux ou sculptures, et avec des anecdotes nous explique pourquoi ils génèrent de si grandes émotions. Chaque "problème" à traiter est court, réglé en 1 ou 2 chapitres, et c'est à nous ensuite d'approfondir si on le souhaite avec d'autres lectures, ou tout simplement, une visite au musée ! Cela peut être frustrant, mais on évite aussi un trop-plein d'informations qui pourrait nous sortir de la lecture plaisir, et cette manière de faire rend le manga plus accessible aux petits lecteurs. (je me tâte d'ailleurs à le proposer pour un prix des lecteurs lycéens)
Les personnages ont des personnalités bien marquées (fantasque, blasé, sauvage, et tous passionnées par l'art), et les touches d'humour allègent le ton. En espérant que l'autrice n'en abusera pas à l'avenir, pour garder l'histoire centrée sur les œuvres plus que sur la vie des personnages.
Un début de série qui donne envie d'en lire plus !
Je crois que c'est le premier volume de cette collection L'Homme de l'année" que je lis. Je ne connais donc pas trop le concept, mais je dois dire que j'ai été surpris qu'au final cet "homme de l'année" mis en avant dans le titre et le sous-titre ne soit au final qu'à peine abordé. Le robot Maria n'apparaît en effet que dans une poignée de cases. Je pense que Pécau s'est servi du prétexte de la collection pour écrire une histoire qui lui tenait plus à cœur, celle de la création de Metropolis dans une Allemagne en proie à la montée du nazisme, tout en montrant l'aspect visionnaire de celle-ci.
Sur ce plan l'histoire est assez plaisante, même si on a du mal à saisir les intentions réelles du scénariste au fil du récit. J'ai trouvé intéressante l'ambigüité de Théa von Harbou, à la fois autrice du script original et sympathisante nazie, qui presse son compagnon Lang sur plusieurs sujets, alors que lui-même essaie de tourner la page du suicide de son ancienne compagne. Le scénario aurait peut-être pu gagner en clarté sur ces enjeux.
Le travail des deux dessinateurs serbes est plaisant, sans plus, je trouve qu'on a un peu trop recours à ces stakhanovistes du dessin, au mépris de la qualité. La mise en couleurs par contre est vraiment bonne, elle contribue au plaisir de lecture.
Sympa, sans plus, au final, même si on apprend des choses sur cette époque troublée.
Il m'a été très difficile de me lancer enfin dans ces albums de Díaz Canalès et Pellejero. Car Corto Maltese est pour moi un monument de la BD mais surtout une œuvre très personnelle de Hugo Pratt, et la voir ainsi reprise tant d'années après sa mort me hérissait tant le poil qu'après avoir vaguement feuilleté le premier album au moment de sa sortie, j'ai mis près de 10 ans à enfin lire l'ensemble. Et malgré toutes mes réticences, tous mes a priori négatifs et mon envie de les détester, je dois admettre que c'est une très bonne reprise.
Oh, ce n'est pas parfait, il n'y a plus exactement le même esprit indéfinissable de Pratt, et scénarios et dessins ont ce petit quelque chose d'un peu raide, de dirigé, de fabriqué pour coller au moule de l'œuvre originale. Mais en même temps le travail est de si bonne qualité qu'on peut facilement passer outre et se laisser porter comme s'il s'agissait vraiment de nouvelles œuvres de l'auteur, de nouvelles aventures d'un personnage qu'on aime.
Le dessin de Ruben Pellejero est impeccable. Il se fond parfaitement dans le style de Pratt de la majorité de la série. Il n'a pas le côté lâché du trait de ses derniers albums, il est plus net et précis, et cela le rend aussi plus lisible. Il est dans la veine du dessin de mes albums préférés de la série originelle. Il lui manque un je ne sais quoi de cette liberté que Pratt s'autorisait ici et là, mais cela me va très bien comme ça.
Tous les albums ne m'ont pas autant plu, mais c'était déjà le cas pour la série de Pratt.
Le premier, Sous le soleil de Minuit, mêle les esprit de Pratt et de Jack London pour une aventure dans le Grand Nord. J'ai aimé le voyage et les thématiques originales qu'il aborde, j'ai aimé la densité et le sens de l'aventure de son récit. J'ai moins aimé la profusion de personnages qu'on finit par confondre et ne plus suivre.
Le second, Equatoria, nous ramène dans l'esprit des chasses au trésor sous les Tropiques (l'Equateur ici pour être précis) rappelant l'esprit des albums Sous le signe du Capricorne et Corto Toujours un peu plus loin. Ca tombe bien, ils font partie de mes préférés et là encore j'ai pris plaisir à cette invitation au voyage et à l'aventure, même si je commençais à me dire que les auteurs aimaient décidément beaucoup emmener leur personnage dans beaucoup d'endroits successifs.
Le troisième, Le Jour de Tarowean, est osé puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du prequel à la Ballade de la Mer Salée, le pur récit d'aventure dans les mers du Sud qui a créé le personnage de Corto. C'est un récit bien mené, respectueux des personnages et qui fait bien le raccord avec le premier tome de Corto. Encore une fois, j'ai bien aimé.
Le quatrième album, Nocturnes berlinois m'a moins plu, de la même manière que les albums Helvétiques ou Tango m'avaient moins plu. On y est dans une ambiance plus réaliste, plus moderne et plus proche de l'historique et même du politique. Je m'y suis un peu ennuyé car je n'aime pas ces thématiques.
Et retour à l'aventure exotique avec le cinquième album, La Ligne de vie, qui encore une fois m'a bien plu même si là encore on sent un côté un peu forcé des auteurs dans leur manière de ramener des personnages du passé (Bouche dorée, Raspoutine encore, et là en particulier Banshee de l'album Fables Celtiques), pour bien rappeler que leurs aventures s'inscrivent dans la continuité de celles de Pratt.
Donc tout n'est pas parfait, c'est parfois un peu guindé, un peu forcé ou bien confus, et j'aurais pu rester dans mon refus de les lire par respect pour Hugo Pratt et son œuvre si personnelle, mais la reprise est objectivement très réussie et fidèle à l'esprit de son auteur, tant dans le dessin que dans la forme des intrigues et dans l'esprit des personnages et de la narration.
Une inattendue déception !
Beaucoup d'attente à l'égard de cette BD et une véritable envie de découvrir comment les auteurs du très sympathique polar RIP pouvaient rendre compte de l'ambiance et la culture hippie du New-York des seventies. Le problème vient peut-être du roman initial : les tics de langage, ce running gag étonnant sur un ventilo, l'extravagance de Horse Badorties et cette difficulté à l'appréhender globalement : pourquoi il séduit, fascine, quels sont ses revenus... ? De trop nombreuses interrogations nous empêchent de croire en ce bien iconoclaste gourou à la Vernon Subutex !
Cette BD déjantée demeure sympathique par ses illustrations caricaturales, rondes et très chaleureuses, mais l'univers proposé est souvent trop obscurément référencé pour nous laisser véritablement entrer. L'on se réjouit d'occasionnellement s'amuser dans cet absurde univers, mais la perplexité demeure majoritaire, si bien que le concert final n'apparaît aucunement comme une apothéose impossible, jubilatoire ou mélancolique, au contraire du rendez-vous manqué du roman de Prudhomme "Par les routes" ou de sa tendre équivalence dans Loire de Davodeau.
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Les « romans durs » forment la part qui m’intéresse le plus dans l’œuvre de Simenon (du moins ceux que j’ai eu l’occasion de lire – pas encore adaptés en BD d’ailleurs). Mais ici, je suis largement resté sur ma faim. Le dessin très moderne de Mattiussi est agréable, sans être trop fouillé. Il habille plaisamment l’intrigue en tout cas. C'est ce qui m'a le plus contenté dans l'album. Mais cette intrigue m’est apparu bien trop terne, mollassonne. Langoureuse, illustrant une sorte de fin d’empire (même si l’on est après l’effondrement de l’Empire ottoman). Les relations étonnantes nouées entre un Français employé de l’ambassade en Turquie et une jeune danseuse hongroise cherchant le gros poisson lui garantissant une belle vie ne m’ont pas passionné. Simenon semble bien connaître Istamboul, et les rouages de la bonne société stambouliote, mais les décors ne suffisent pas à dynamiser une histoire dans laquelle je ne suis pas entré.
Les Cahiers d'Esther
La biographie d'une ado qui fait le choix de parler de tout sauf des premiers amours, bizarrement. Lecture sympa, le dessin de Sattouf est toujours aussi agréable, mais il manque quelque chose du coup.
Ernestine
Les éditions Même Pas Mal ont déjà publié quelques petits bijoux d’humour noir et ou trash (Paf & Hencule pour ne citer que les plus extrêmes du genre), et je ne suis pas étonné de les retrouver à la manœuvre avec cette « Ernestine ». « L’emballage » fait penser à un livre pour très jeune lecteur, avec cette couverture cartonnée très épaisse et ce dessin un peu figé, naïf. Mais dès les premières pages, lorsqu’Ernestine commence à s’exprimer, c’est d’emblée très vulgairement qu’elle le fait (elle crache à la figure d’une gamine qui l’emmerde dans la cour de récréation). Elle use volontiers d’un langage grossier, parfois ordurier, fume, rackette le pharmacien du coin en médocs et pognons le jour d’Halloween, etc. La dernière case lui donne un peu plus « d’humanité », une certaine « normalité » qui contraste avec ce qui a précédé. Son père est dépassé et immature, sa mère un peu aussi – mais est aussi vulgaire lorsqu’elle parle. On est ici dans de l’humour grossier, un peu noir. Un style que j’apprécie, mais que j’aurais volontiers vu poussé un peu plus dans le trash. Mais bon, c’est quand même amusant, un peu défouloir (c’est sûr qu’au bout d’un moment la surprise joue moins, on est comme anesthésié). Une lecture sympathique. Note réelle 3,5/5.
Paul
Hervé Bourhis a signé pas mal de bandes dessinées autour de la musique, du rock et des Beatles. Il consacre ce nouvel album à Paul McCartney, le génial bassiste du groupe. Il fait plus précisément un focus sur la période 1969 - 1973, celle qui correspond à la fin du groupe et les premières années qui suivent cette séparation. Et si aujourd'hui McCartney est une légende incontestée, il est très interessant de se plonger sur cette période, pour voir à quel point Paul a connu une traversée du désert post Beatles. La construction de l'album est assez simple, les faits sont racontés de manière chronologique. L'accent est mis sur les choses significatives et les évènements majeurs qui permettent de comprendre ce qui s'est passé à l'époque. Tout cela est rudement bien documenté, certains faits clés sont datés avec précisions. Mais il n'y a absolument pas la lourdeur que peuvent avoir certains documentaires très factuels. Le rythme auquel avance le récit est parfait, et tout ce qui est raconté est interessant et fait sens. On découvre un McCartney pas en forme, et on comprend aisément son ressenti et son état d'esprit. L'album illustre bien quelle a été sa vie pendant cette période délicate. Entre conflit ouvert avec ses ex compagnons, bataille juridique par avocats interposés contre leur ancien manager, et désintérêt des fans pour son nouveau groupe, on peut dire qu'il a traversé une bonne grosse dépression. C'est juste incroyable de lire que pour la première tournée des Wings, il a collé les affiches à la main lui même, et qu'à 40 centimes la place de concert, il ne réussissait même pas à jouer dans une salle pleine. True story... On voit aussi dans quel état d'esprit ont évolué les autres membres du groupe, les querelles, les tentatives de conciliation... Même si on sait comment s'est passé la suite de l'histoire, on ne peut pas s'empêcher d'espérer les voir se réconcilier... Le trait de Bourhis, sans fioriture, est parfaitement adapté et finit de nous plonger dans l'ambiance. On voyage dans les années 70 pendant 90 pages. Une lecture très plaisante, un album clairement recommandé, si on aime un minimum la musique et les Beatles évidemment.
C'est toi ma maman ?
J'avais bien aimé Fun Home - Une tragicomédie familiale, alors dans ma volonté de lire d'autres œuvres de Bechdel j'ai logiquement décidé de poursuivre avec l'album qui m'apparaissait comme une suite directe. Je ne vais pas tourner autour du pot : je n'ai absolument pas aimé. L'album possède une construction narrative similaire à Fun Home, à savoir une succession d'anecdotes peignant petit à petit le portrait complexe d'un parent de l'autrice et sa relation avec iel, nous racontant le récit dans un désordre chronologique ne prenant sens que thématiquement. Sauf que là où Fun Home parvenait à rendre le tout fluide et prenant, ici tout est lourd, trop lent, trop impersonnel. Oui, je sais, paradoxal de traiter d'impersonnel un album qui, par définition, est un récit on ne peut plus personnel et intime. Ce que je veux dire par "impersonnel" c'est que, bien que je sois persuadée que cet album a été tout aussi important à écrire pour l'autrice que Fun Home, ce dernier restait parfaitement intéressant à lire pour quiconque n'était pas concerné de près ou de loin par sa condition familiale. Fun Home traitait du sujet de l'homosexualité refoulée, des familles si chaotiques que leurs membres se nécrosent en silence, de l'identification et de l'individualisation de l'enfant, de la maturité, de la mort (du suicide même), … Ici, je vois bien que l'on parle aussi du sujet féminin, des injonctions féminines, du poids des mères, d'une relation houleuse et complexe entre une fille et sa mère, le tout saupoudré d'analyse et psychanalyse, mais pourtant tout cela me semble si creux, si éloigné. Alors que de par ma situation familiale c'est bien cet album qui aurait dû plus me parler. Pourtant, ici, rien. Bon, voilà, je n'ai pas aimé l'album. La lecture s'est faite dans la douleur, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs reprises pour en venir à bout, j'ai même dû tenir des notes en parallèles pour tenter de suivre certains propos (notes que j'ai rapidement abandonnées d'ailleurs, signe que j'étais également à deux doigts d'abandonner la lecture de l'album en elle-même). Sur la fin, j'ai même fini par sauter certaines citations, parce que je n'en pouvais plus. J'ai honte de le dire, j'aime bien donné sa chance à une œuvre dans son entièreté, mais là c'était vraiment indigeste. J'ai même mis plusieurs jours à rédiger cet avis. Et pourtant, bien que je sois sûre de n'avoir pas du tout apprécier cet album, je me retrouve bien embêtée pour ce qui est de le noter. Devrais-je le noter selon mon appréciation personnelle de la narration et mon désintérêt total pour les aventures psychothérapeutiques d'Alison Bechdel (et donc ne lui donner qu'une étoile), ou bien devrais-je reconnaître que cette œuvre très personnelle par sa nature, sans doute écrite comme un exutoire pour l'autrice, ne m'était tout simplement pas destinée (et dans ce cas lui donner une étoile et demi, ce que j'aurais arrondi à deux). Je pense finalement partir sur une étoile, pas car l'œuvre serait scandaleuse, nocive ou même abyssalement idiote, mais juste parce que je me suis profondément faite chier (bim, je me retenais de le lâcher depuis le début celui-là).
Jésus aux Enfers
Un bon album mais j’avoue que je regrette un peu mon achat compulsif. Ma faute aussi, je me suis jeté dessus dès que j’ai vu le nom de l’auteur sans chercher à en connaître davantage sur le fond du récit … et finalement c’est là où ça coince un peu. La partie graphique est conforme à mes attentes. J’apprécie toujours autant le découpage de Thierry Robin, on trouve souvent de chouettes trouvailles ou double pages. Cependant (et personnellement) je trouve que ce n’est pas son meilleur travail. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que c’était parfois trop sage ici, les couleurs ternes (la plupart du temps) n’aident sans doute pas non plus, et les personnages non pas un gros charisme (exception faite de Satan). On reconnaît quand même bien son style et le voyage pictural reste très agréable. Par contre, ça a été moins le cas pour cette balade aux enfers. Il faut dire que tous les trucs autour des religions sont loin de me titiller et j’imaginais une adaptation « plus libre » de la part de l’auteur. Ici et à mon goût, ça manque clairement de fantaisie, l’auteur ne s’éloigne pas (trop) du texte « officiel » (même si ce dernier dénote déjà un peu des classiques, le clergé ne se pressant pas pour mettre en avant ce passage). Le récit démarre donc par la crucifixion de Jésus et se termine par son ascension. L’entre-deux fera la part belle à ces 3 jours aux enfers. J’ai vraiment mis du temps à rentrer ou à trouver quelque chose aux péripéties de notre héros. Le début est un peu chiant (hormis le passage avec Abaddon où Jésus se la joue limite super-héros), c’est la rencontre avec de nombreux personnages bloqués dans le Shéol : Jean, David (de Goliath), Moïse, Noé … jusqu’à Adam et Ève que Jésus libèrera pour les amener aux cieux. Bref cette partie est loin d’être ma came, en plus c’est ponctué de nombreux passages de la bible pour appuyer (psaumes, actes …) ou donner du crédit. Mon intérêt est réellement venu à l’arrivée de Satan et des joutes avec notre héros où l’on sent l’auteur plus libre, il présente même quelques idées intéressantes autour de Judas, l’histoire Juive avant le Christianisme ou de rédemptions. Cependant ça ne vient pas chambouler notre vision, ça reste juste à l’état d’idées. Dommage que ça manque un peu de force, j’aurais bien plus adhéré si le ton ou la fin étaient plus iconoclastes. Un résultat mi-figue mi-raisin pour moi donc, j’espérais autre chose qu’une transposition « fidèle » d’un événement méconnu. La réalisation est bonne mais le fond peut vraiment vous laisser dubitatif (ou non) en fonction de votre sensibilité ou tolérance aux écrits religieux. Du gros boulot de la part de Thierry Robin mais j’aurais souhaité plus de trahison.
Fauve - L'Exorciste du Louvre
Fauve Navarre est exorciste pour le musée du Louvre. Elle utilise sa capacité à communiquer avec les œuvres d'art pour aider ces dernières a maîtriser leurs émotions, causées par leur auteur ou les visiteurs. Chapitre après chapitre, elle règle les problèmes qui se présentent à elle, et nous (re)fait découvrir l'histoire derrière une création. Sous couvert de fantastique, Paula Andrade nous donne un petit cours d'histoire de l'art et nous permet de mieux connaître les œuvres "classiques", en nous racontant pourquoi ou comment elles ont été créées. L'exorciste calme les tableaux ou sculptures, et avec des anecdotes nous explique pourquoi ils génèrent de si grandes émotions. Chaque "problème" à traiter est court, réglé en 1 ou 2 chapitres, et c'est à nous ensuite d'approfondir si on le souhaite avec d'autres lectures, ou tout simplement, une visite au musée ! Cela peut être frustrant, mais on évite aussi un trop-plein d'informations qui pourrait nous sortir de la lecture plaisir, et cette manière de faire rend le manga plus accessible aux petits lecteurs. (je me tâte d'ailleurs à le proposer pour un prix des lecteurs lycéens) Les personnages ont des personnalités bien marquées (fantasque, blasé, sauvage, et tous passionnées par l'art), et les touches d'humour allègent le ton. En espérant que l'autrice n'en abusera pas à l'avenir, pour garder l'histoire centrée sur les œuvres plus que sur la vie des personnages. Un début de série qui donne envie d'en lire plus !
L'Homme de l'année - 1927
Je crois que c'est le premier volume de cette collection L'Homme de l'année" que je lis. Je ne connais donc pas trop le concept, mais je dois dire que j'ai été surpris qu'au final cet "homme de l'année" mis en avant dans le titre et le sous-titre ne soit au final qu'à peine abordé. Le robot Maria n'apparaît en effet que dans une poignée de cases. Je pense que Pécau s'est servi du prétexte de la collection pour écrire une histoire qui lui tenait plus à cœur, celle de la création de Metropolis dans une Allemagne en proie à la montée du nazisme, tout en montrant l'aspect visionnaire de celle-ci. Sur ce plan l'histoire est assez plaisante, même si on a du mal à saisir les intentions réelles du scénariste au fil du récit. J'ai trouvé intéressante l'ambigüité de Théa von Harbou, à la fois autrice du script original et sympathisante nazie, qui presse son compagnon Lang sur plusieurs sujets, alors que lui-même essaie de tourner la page du suicide de son ancienne compagne. Le scénario aurait peut-être pu gagner en clarté sur ces enjeux. Le travail des deux dessinateurs serbes est plaisant, sans plus, je trouve qu'on a un peu trop recours à ces stakhanovistes du dessin, au mépris de la qualité. La mise en couleurs par contre est vraiment bonne, elle contribue au plaisir de lecture. Sympa, sans plus, au final, même si on apprend des choses sur cette époque troublée.
Corto Maltese (Diaz Canalès & Pellejero)
Il m'a été très difficile de me lancer enfin dans ces albums de Díaz Canalès et Pellejero. Car Corto Maltese est pour moi un monument de la BD mais surtout une œuvre très personnelle de Hugo Pratt, et la voir ainsi reprise tant d'années après sa mort me hérissait tant le poil qu'après avoir vaguement feuilleté le premier album au moment de sa sortie, j'ai mis près de 10 ans à enfin lire l'ensemble. Et malgré toutes mes réticences, tous mes a priori négatifs et mon envie de les détester, je dois admettre que c'est une très bonne reprise. Oh, ce n'est pas parfait, il n'y a plus exactement le même esprit indéfinissable de Pratt, et scénarios et dessins ont ce petit quelque chose d'un peu raide, de dirigé, de fabriqué pour coller au moule de l'œuvre originale. Mais en même temps le travail est de si bonne qualité qu'on peut facilement passer outre et se laisser porter comme s'il s'agissait vraiment de nouvelles œuvres de l'auteur, de nouvelles aventures d'un personnage qu'on aime. Le dessin de Ruben Pellejero est impeccable. Il se fond parfaitement dans le style de Pratt de la majorité de la série. Il n'a pas le côté lâché du trait de ses derniers albums, il est plus net et précis, et cela le rend aussi plus lisible. Il est dans la veine du dessin de mes albums préférés de la série originelle. Il lui manque un je ne sais quoi de cette liberté que Pratt s'autorisait ici et là, mais cela me va très bien comme ça. Tous les albums ne m'ont pas autant plu, mais c'était déjà le cas pour la série de Pratt. Le premier, Sous le soleil de Minuit, mêle les esprit de Pratt et de Jack London pour une aventure dans le Grand Nord. J'ai aimé le voyage et les thématiques originales qu'il aborde, j'ai aimé la densité et le sens de l'aventure de son récit. J'ai moins aimé la profusion de personnages qu'on finit par confondre et ne plus suivre. Le second, Equatoria, nous ramène dans l'esprit des chasses au trésor sous les Tropiques (l'Equateur ici pour être précis) rappelant l'esprit des albums Sous le signe du Capricorne et Corto Toujours un peu plus loin. Ca tombe bien, ils font partie de mes préférés et là encore j'ai pris plaisir à cette invitation au voyage et à l'aventure, même si je commençais à me dire que les auteurs aimaient décidément beaucoup emmener leur personnage dans beaucoup d'endroits successifs. Le troisième, Le Jour de Tarowean, est osé puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du prequel à la Ballade de la Mer Salée, le pur récit d'aventure dans les mers du Sud qui a créé le personnage de Corto. C'est un récit bien mené, respectueux des personnages et qui fait bien le raccord avec le premier tome de Corto. Encore une fois, j'ai bien aimé. Le quatrième album, Nocturnes berlinois m'a moins plu, de la même manière que les albums Helvétiques ou Tango m'avaient moins plu. On y est dans une ambiance plus réaliste, plus moderne et plus proche de l'historique et même du politique. Je m'y suis un peu ennuyé car je n'aime pas ces thématiques. Et retour à l'aventure exotique avec le cinquième album, La Ligne de vie, qui encore une fois m'a bien plu même si là encore on sent un côté un peu forcé des auteurs dans leur manière de ramener des personnages du passé (Bouche dorée, Raspoutine encore, et là en particulier Banshee de l'album Fables Celtiques), pour bien rappeler que leurs aventures s'inscrivent dans la continuité de celles de Pratt. Donc tout n'est pas parfait, c'est parfois un peu guindé, un peu forcé ou bien confus, et j'aurais pu rester dans mon refus de les lire par respect pour Hugo Pratt et son œuvre si personnelle, mais la reprise est objectivement très réussie et fidèle à l'esprit de son auteur, tant dans le dessin que dans la forme des intrigues et dans l'esprit des personnages et de la narration.
Fan Man - L'homme au ventilo
Une inattendue déception ! Beaucoup d'attente à l'égard de cette BD et une véritable envie de découvrir comment les auteurs du très sympathique polar RIP pouvaient rendre compte de l'ambiance et la culture hippie du New-York des seventies. Le problème vient peut-être du roman initial : les tics de langage, ce running gag étonnant sur un ventilo, l'extravagance de Horse Badorties et cette difficulté à l'appréhender globalement : pourquoi il séduit, fascine, quels sont ses revenus... ? De trop nombreuses interrogations nous empêchent de croire en ce bien iconoclaste gourou à la Vernon Subutex ! Cette BD déjantée demeure sympathique par ses illustrations caricaturales, rondes et très chaleureuses, mais l'univers proposé est souvent trop obscurément référencé pour nous laisser véritablement entrer. L'on se réjouit d'occasionnellement s'amuser dans cet absurde univers, mais la perplexité demeure majoritaire, si bien que le concert final n'apparaît aucunement comme une apothéose impossible, jubilatoire ou mélancolique, au contraire du rendez-vous manqué du roman de Prudhomme "Par les routes" ou de sa tendre équivalence dans Loire de Davodeau.