Cette lecture m'a fait penser aux récits de Bilal (Mémoires d'outre-espace) ou de Comès (Ergün l'errant) parus à la même époque au beau milieu des 70's. C'est dire si la thématique du voyage dans un monde parallèle était en vogue. Cette fois j'ai moins aimé ma lecture à cause d'un scénario vraiment trop linéaire et superficiel. Les deux personnages principaux manquent singulièrement de charismes pour porter un récit bien trop sage et plat.
Je possède la version Nathan de 75 en N&B. Cela m'évite une mise en couleur aléatoire mais je trouve le graphisme de Poïvet assez inégal et parfois un peu chargé dans ses hachurages et ses ombrages. D'autre fois, j'ai eu l'impression de rester dans l'esquisse. Cela donne du dynamisme mais diminue la précision. Toutefois il y a une belle recherche dans le bestiaire des énormes "insectes" ou les costumes.
Une lecture qui a beaucoup vieilli à mon goût.
Je suis totalement sur la même ligne que les deux avis précédents. Pourtant j'aime bien cette collection Glénat qui revisite les aventures de Mickey. L'univers Disney peut-il correspondre à celui d'hugo Pratt ? Difficile d'être convaincu après la lecture de cette série. J'ai trouvé que la plupart des situations sonnaient faux. Mickey fait un piètre Corto trop entier et naïf pour incarner le ténébreux et énigmatique marin maltais. Les discours entre Pat/Ras et Mickey/Corto manquent du piquant donné par la gestuelle cynique et sèche du pirate russe. On est aux antipodes de la gestuelle du débonnaire et adipeux Pat. Quant à Minnie en Bouche Dorée on s'attend à chaque page de la retrouver avec son amie Clarabelle portant des cupcakes sortis du four.
Le graphisme avec cette ligne claire bien sage et bien ronde est presque une insulte aux traits épurés de Pratt.
Une grosse déception.
Mouais.
Je n’ai pas été convaincu outre mesure par cette série. Affaire de goûts sans doute. J’ai trouvé intrigue et narration un peu vieillottes. Et je n’ai pas été captivé par ces aventures plus ou moins militaires et viriles.
En fait, j’ai surtout été gêné par la construction des albums. En effet, il y a quasiment deux intrigues développées dans chaque album. L’une serait de l’aventure classique, l’autre de l’action militaire (les deux peuvent se rejoindre – comme lorsqu’il s’agit, dans le deuxième tome, de faire sortir de Chine deux anciens pilotes américains échoués là durant la seconde guerre mondiale).
Cette construction implique de très nombreux flash-backs, et j’ai trouvé que ça hachait beaucoup trop la lecture. L’autre conséquence est que chacune des époques est traitée trop rapidement. A vouloir ainsi densifier l’intrigue et la découper en deux, on aboutit finalement au résultat décevant qu’aucune des deux n’a assez d’espace pour être suffisamment développée.
J’ajoute que le héros, Decker, et ses potes, s’en tirent vraiment miraculeusement à plusieurs reprises, évitant les balles. Pas mal de facilités scénaristiques donc, auxquelles s’ajoute la faculté linguistique improbable de ces aviateurs américains qui arrivent sans problème à communiquer avec des paysans chinois.
Le dessin de Staller, avec un trait classique, est correct. Efficace, mais un peu raide parfois. La colorisation est un peu plus inégale (franchement trop terne je trouve dans le troisième tome).
Bref, j’avais emprunté la série, mais j’ai abandonné ma lecture avant la fin, après le troisième tome.
A la vue du duo annoncé et de la présence de Van Hamme dont j'apprécie assez souvent les scénarios, je dois dire que je sors assez déçu de ma lecture.
Cette Lune de guerre qui aurait du tourner normalement au miel est en effet peu crédible. L'idée de départ était pourtant bonne. Comme indiqué dans la préface, en partant d'un fait divers, raconté lors d'un diner mondain, le duo d'auteurs s'est amusé à imaginer ce qu'aurait été l'issue si les événements s'étaient envenimés.
Comme certains autres avis, le premier reproche concerne la présentation des trente personnages en début d'ouvrage. Si l'idée est louable au vu du nombre important de convives, pourquoi ne pas s'être contenté de présenter un arbre généalogique avec les futurs mariés en place centrale plutôt que de divulguer les 3/4 de l'intrigue avant que le lecteur n'ait lu la moindre page ? Dans ce cas, il aurait été plus judicieux de le positionner en fin d'ouvrage afin que le lecteur y accède au besoin à mesure qu'il lit l'histoire. Étrange choix éditorial.
De plus, comme indiqué précédemment, les auteurs ont tellement poussé loin ce vaudeville que les personnages sont trop tranchés et deviennent de véritables caricatures d'eux-mêmes : le patriarche violent qui se tape la belle-mère, le papy déjanté et vicieux, la cousine qui ne dit jamais non, le raciste, la serveuse gentillette, etc. L'enchainement des événements parait en outre vraiment peu réaliste, le summum étant atteint quand le papy arrive avec ses grenades de la guerre 39-45 pour une histoire de crevettes pas fraîches... Peu crédible on a dit ?
Au niveau du dessin, j'ai trouvé les visages, et particulièrement ceux du genre féminin, plutôt laids mais c'est peut être volontaires. Les ombrages sont trop prononcés à mon goût. La mise en couleur, avec des teintes très douces reste toutefois agréable à l’œil.
Un 2,5 que je ramène à 2/5 compte-tenu de ma déception.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5/10
NOTE GLOBALE : 10/20
Je me retrouve pas dans cette BD, mais il faut dire que je commence à avoir un sérieux problème avec l'esthétisation des tueurs en série dont les crimes innombrables sont mis en valeur par la violence de ceux qu'ils tuent. Je dois être trop fragile, peut-être, mais j'ai vraiment l'idée que tuer c'est pas bien.
Si je dis ça, c'est qu'au-delà du pitch de base, j'ai vraiment un problème avec ce personnage du comte Zaroff. Certes, il est présenté comme un chasseur avant tout, et sa cruauté n'est pas mise en avant, mais son esthétique, son [removed]citant Marc Aurèle à tout bout de champ), ses manières le présentent comme quelqu'un de raffiné, et l'histoire du premier volume le met finalement en avant comme le héros (anti-héros, on est bien d'accord). Et j'ai franchement un problème avec ça, cette surexposition de violence, confinant parfois au grotesque. Le deuxième volume mettant en scène la Seconde guerre mondiale a les mêmes défauts ajoutés à cette utilisation des nazis comme méchant universel facile, rendant Zaroff "moins" dangereux que ces gens-là. Sauf que c'est vraiment difficile pour moi à accepter.
Pour beaucoup sans doute, je tire trop de choses et j'extrapole beaucoup d'une BD qui se veut simplement un défouloir, une histoire jouant sur les codes du genre et mettant en scène un anti-héros qu'on adore malgré sa part sombre. Et je suis bien d'accord : c'est tout à fait dommage pour moi. Mais je n'arrive plus à me réjouir de cette violence gratuite, décomplexée et de ce qu'elle dit de nos sociétés aussi. Finalement, je suis assez d'accord avec cette vision pessimiste de l'humain et de notre envie de violence, de spectacle et de moments de frisson. Mais je n'aime pas cette exaltation de ces sentiments.
Je ne parle quasiment pas de la BD, parce que je ne pense pas être le mieux placé pour ça. Simplement je n'aime pas ce qu'elle dit.
Civilisations - Égypte est un album qui reprend le même principe que Civilisations - Crète et qui lui succède dans cette série concept. Les auteurs nous racontent des évènements ayant marqué une civilisation ancienne, entre histoire et mythologie. Il sera question ici de la destinée d'Im-Hotep, et de l'aide qu'il apportera à un prince déchu pour retrouver sa place sur le trône.
Au final mon ressenti est très similaire à celui du premier opus. C'est un peu fastidieux à lire car le vocabulaire employé utilise énormément de termes antiques, qui revoient via une astérisque à un lexique en fin d'album. Il faut jongler pour suivre. Ensuite, autre aspect un peu perturbant, c'est qu'on ne sait pas exactement ce qui rentre dans le domaine de l'Histoire et ce qui est imaginaire et qui a été inventé pour les besoins du récit. Les lieux et les personnages sont bien connus, mais pour autant j'ai du mal à dire si ce livre propose un récit historique ou une réinterprétation à partir d'une basé avérée. C'est un peu frustrant.
Mais surtout l'aspect qui me dérange le plus c'est que c'est trop dense. Personnages nombreux, rébellion et combats fréquents, rapidement on ne sait plus qui se bat contre qui, ni dans quel but et pourquoi. Entre les partisans de tel dieu, tel roi, tel prince, tel autre personnage, qui en plus à changé de nom au cours du récit, il y a une impression de trop et un manque de clarté dans l'intrigue. Si on ajoute que le dessin, plutôt réussi pour nous offrir des vues de paysages égyptiens, ne permet pas par contre de distinguer qui est qui dès qu'il y a 20 personnes dans une scène, on ajoute encore un peu d'eau au moulin de la confusion.
J'espérais trouver dans ces albums des aventures épiques basés sur de la mythologie, je voulais de l'aventure, du suspens, un complot ou une intrigue avec par exemple des énigmes liées aux pyramides. Tout ça manque cruellement. Je pense que cet album est en fait destiné à un autre public, amateur chevronné d'Histoire.
Bon, ça n’est pas moi qui vais faire remonter la cote de cet album. Il faut dire que j’ai du mal avec cet auteur. Les quelques séries que j’ai lues de lui ne m’ont pas forcément enthousiasmé.
Pourtant il y a des points positifs, qui m’ont plutôt attiré. En commençant par le dessin. Dans un style de crayonné plus ou moins amélioré, avec une colorisation qui m’a plu, j’ai trouvé original, simple mais plaisant ce travail.
Je n’ai par contre pas vraiment accroché aux petites histoires développées dans cet album, autour d’un commissaire de police flegmatique, qui résout toutes les affaires qui se présentent à lui. Et ce pour plusieurs raisons.
D’abord parce que ces « affaires » justement ne sont pas très emballantes ! Des voleurs, fétichistes ou criminels à la petite semaine. J’ai été intrigué au départ avec cette collectionneuse de chaises. Mais par la suite ça m’a lassé. Même quand je trouvais des choses qui me titillaient, comme cette romancière qui veut écrire le plus gros livre du monde à partir de lettres de panneaux dérobés sur la voie publique, des longueurs et un manque d’allant m’ont rebuté.
Il faut dire que, si la construction est plutôt originale, elle est aussi et surtout bordélique.
Bref, c’est vite lu eu égard à la pagination assez importante, mais j’ai fini l’album en survolant certains passages. Peut-être Matt Kindt n’est-il pas fait pour moi.
Je suis bien embêté lorsque je note cette BD. Encore une fois (et comme souvent) il me faut distinguer plusieurs choses : ce que cette BD est, en tant qu'objet culturel, ce qu'elle propose et comment je l'ai reçu.
Et la difficulté est là, puisque cette BD est un objet très étrange, singulier et franchement assez peu vu dans le paysage de la BD. Une lecture atypique, qui peut déjà décontenancer rien que par son existence.
Ensuite la BD propose une lecture apocalyptique inspirée de divers récits, mettant en scène le grandiose de paysages, la déchéance d'une humanité dévastée et la folie de l'humain qui se déchire sans cesse. Le tout dans une atmosphère un peu rétro mais bien campée.
Et enfin, il y a la réception que j'en ai eu. Et elle est simple : je me suis ennuyé.
Voilà, maintenant comment en parler, comment la noter ? Au vu des autres avis, je suis clairement en minorité dans le camp de ceux qui ne sont pas rentrés dans la BD. Le texte m'a peu intéressé, la mise en page franchement originale (même si j'ai déjà vu des planches à déplier dans Altamont par exemple, où je l'ai trouvé plus efficace) et le ton grave de chaque histoire qui s'entrecroise sans en tisser une grande m'a vite lassé. C'est beau, je suis le premier à le reconnaitre, c'est grandiose, c'est travaillé, mais je ne suis jamais rentré dedans. La deuxième histoire est celle qui m'a fait comprendre que je resterais sur le carreau et je n'ai vraiment pas réussi à trouver l'intérêt à mes yeux.
C'est surtout que n'ayant pas réussi à m'immerger dedans aux premières planches, j'ai vite eu plus de questions que de réponses dans la BD. De façon terre-à-terre je me demandais comment ils pouvaient oublier leur Histoire mais garder la mémoire de l'utilisation des drones, de l’électricité ou des dates de péremption. De même, la question de la nourriture et de l'eau me semblait disparaitre ou presque, la question du chauffage (ça a l'air de cailler) ou ces vêtements impeccables lorsque les structures en bétons semblent vieilles de plusieurs centaines d'années. Bref, des questions que je ne devrais pas me poser mais qui me venaient parce que je n'arrivais pas à intégrer la BD.
Sauf qu'en même temps je comprends tout l'intérêt de cette BD, je vois ce qui a plu aux autres lecteurs et aux autres lectrices. Et je suis bien embêté : comment noter ? Pour ma part, c'est un pas mal qui tire vers le bof, tandis qu'en tant que tel la BD est dans le pas mal rehaussé vers le franchement bien. Je pense rester sur ma note telle que présentée ici pour faire contrepoint des autres avis qui sont bien plus enthousiastes, mais ce n'est qu'une note et comprenez bien que je ne déconseille pas cette BD. C'est juste qu'elle n'a pas été faite pour moi.
Voici un album qui me paraissait bien prometteur, mais qui n'aura pas su me convaincre au final. Dommage.
Car si l'esthétique de ce oneshot de SF est plus que plaisante, c'est au niveau du scénario que ça pêche sérieusement au bout de quelques chapitres.
Abi, notre jeune protagoniste de 13 ans (sur)vit sur une planète paumée dans l'espace. Son rêve, comme tant d'autre, s'en échapper pour un ailleurs rêver. C'est finalement par accident qu’elle va y parvenir pour se retrouver cachée dans les entrailles d'un immense vaisseau de croisière pour riches. Mais elle n'est pas seule et une équipe de rebelles tente de saboter le vaisseau...
Pour le coup, cette partie du récit qui se fait dans les entrailles du vaisseau m'a rapidement paru peu crédible. La narration n'est pas des plus simple à suivre par moment, et j'ai petit à petit perdu l'intérêt qu'avait soulevé le début de cette histoire.
Dommage car le trait et la colorisation de Jock sont plaisants et certaines planches très réussies. Malheureusement l'histoire ne tient pas ses promesses et déçoit par son développement.
J'ai déjà déclaré plusieurs fois que le style du western n'est pas mon préféré, de très loin. Et ce western très classique dans son déroulé ne m'a absolument pas satisfait ...
Déjà on est dans les clichés du genre : mecs (une seule femme apparait dans le récit et se fait traiter de pute ...) qui sont violents et se flinguent la gueule, créant de la violence qui va se déchainer encore plus. L'un est trop fort et tue tout le monde, son fils qui a vécu un enfer hésite à le tuer. Violence, meurtre, violence, meurtre et à la fin ils sont tous morts.
Je suis un peu dur avec ce récit, mais autant j'aime les polars hard-boiled, autant là c'est presque de la surenchère trop forte, qui amène une histoire classique au point d'en être presque risible. Et il manque tout le contexte, pourquoi l'un est cherché, pourquoi l'autre s'obstine, etc ... C'est franchement le genre que je déteste.
Maintenant, il y a le trait d'Hermann et il est franchement très beau. J'ai beaucoup aimé, même si je trouve que ses visages ont quelque chose de monstrueux à chaque fois que je les regarde. Et au final, je pense que le dessin d'Hermann est la seule chose que je veux garder en tête de la BD.
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Tiriel - Héritier d'un monde
Cette lecture m'a fait penser aux récits de Bilal (Mémoires d'outre-espace) ou de Comès (Ergün l'errant) parus à la même époque au beau milieu des 70's. C'est dire si la thématique du voyage dans un monde parallèle était en vogue. Cette fois j'ai moins aimé ma lecture à cause d'un scénario vraiment trop linéaire et superficiel. Les deux personnages principaux manquent singulièrement de charismes pour porter un récit bien trop sage et plat. Je possède la version Nathan de 75 en N&B. Cela m'évite une mise en couleur aléatoire mais je trouve le graphisme de Poïvet assez inégal et parfois un peu chargé dans ses hachurages et ses ombrages. D'autre fois, j'ai eu l'impression de rester dans l'esquisse. Cela donne du dynamisme mais diminue la précision. Toutefois il y a une belle recherche dans le bestiaire des énormes "insectes" ou les costumes. Une lecture qui a beaucoup vieilli à mon goût.
Mickey Maltese
Je suis totalement sur la même ligne que les deux avis précédents. Pourtant j'aime bien cette collection Glénat qui revisite les aventures de Mickey. L'univers Disney peut-il correspondre à celui d'hugo Pratt ? Difficile d'être convaincu après la lecture de cette série. J'ai trouvé que la plupart des situations sonnaient faux. Mickey fait un piètre Corto trop entier et naïf pour incarner le ténébreux et énigmatique marin maltais. Les discours entre Pat/Ras et Mickey/Corto manquent du piquant donné par la gestuelle cynique et sèche du pirate russe. On est aux antipodes de la gestuelle du débonnaire et adipeux Pat. Quant à Minnie en Bouche Dorée on s'attend à chaque page de la retrouver avec son amie Clarabelle portant des cupcakes sortis du four. Le graphisme avec cette ligne claire bien sage et bien ronde est presque une insulte aux traits épurés de Pratt. Une grosse déception.
The Black Hawk Line
Mouais. Je n’ai pas été convaincu outre mesure par cette série. Affaire de goûts sans doute. J’ai trouvé intrigue et narration un peu vieillottes. Et je n’ai pas été captivé par ces aventures plus ou moins militaires et viriles. En fait, j’ai surtout été gêné par la construction des albums. En effet, il y a quasiment deux intrigues développées dans chaque album. L’une serait de l’aventure classique, l’autre de l’action militaire (les deux peuvent se rejoindre – comme lorsqu’il s’agit, dans le deuxième tome, de faire sortir de Chine deux anciens pilotes américains échoués là durant la seconde guerre mondiale). Cette construction implique de très nombreux flash-backs, et j’ai trouvé que ça hachait beaucoup trop la lecture. L’autre conséquence est que chacune des époques est traitée trop rapidement. A vouloir ainsi densifier l’intrigue et la découper en deux, on aboutit finalement au résultat décevant qu’aucune des deux n’a assez d’espace pour être suffisamment développée. J’ajoute que le héros, Decker, et ses potes, s’en tirent vraiment miraculeusement à plusieurs reprises, évitant les balles. Pas mal de facilités scénaristiques donc, auxquelles s’ajoute la faculté linguistique improbable de ces aviateurs américains qui arrivent sans problème à communiquer avec des paysans chinois. Le dessin de Staller, avec un trait classique, est correct. Efficace, mais un peu raide parfois. La colorisation est un peu plus inégale (franchement trop terne je trouve dans le troisième tome). Bref, j’avais emprunté la série, mais j’ai abandonné ma lecture avant la fin, après le troisième tome.
Lune de guerre
A la vue du duo annoncé et de la présence de Van Hamme dont j'apprécie assez souvent les scénarios, je dois dire que je sors assez déçu de ma lecture. Cette Lune de guerre qui aurait du tourner normalement au miel est en effet peu crédible. L'idée de départ était pourtant bonne. Comme indiqué dans la préface, en partant d'un fait divers, raconté lors d'un diner mondain, le duo d'auteurs s'est amusé à imaginer ce qu'aurait été l'issue si les événements s'étaient envenimés. Comme certains autres avis, le premier reproche concerne la présentation des trente personnages en début d'ouvrage. Si l'idée est louable au vu du nombre important de convives, pourquoi ne pas s'être contenté de présenter un arbre généalogique avec les futurs mariés en place centrale plutôt que de divulguer les 3/4 de l'intrigue avant que le lecteur n'ait lu la moindre page ? Dans ce cas, il aurait été plus judicieux de le positionner en fin d'ouvrage afin que le lecteur y accède au besoin à mesure qu'il lit l'histoire. Étrange choix éditorial. De plus, comme indiqué précédemment, les auteurs ont tellement poussé loin ce vaudeville que les personnages sont trop tranchés et deviennent de véritables caricatures d'eux-mêmes : le patriarche violent qui se tape la belle-mère, le papy déjanté et vicieux, la cousine qui ne dit jamais non, le raciste, la serveuse gentillette, etc. L'enchainement des événements parait en outre vraiment peu réaliste, le summum étant atteint quand le papy arrive avec ses grenades de la guerre 39-45 pour une histoire de crevettes pas fraîches... Peu crédible on a dit ? Au niveau du dessin, j'ai trouvé les visages, et particulièrement ceux du genre féminin, plutôt laids mais c'est peut être volontaires. Les ombrages sont trop prononcés à mon goût. La mise en couleur, avec des teintes très douces reste toutefois agréable à l’œil. Un 2,5 que je ramène à 2/5 compte-tenu de ma déception. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5/10 NOTE GLOBALE : 10/20
Zaroff
Je me retrouve pas dans cette BD, mais il faut dire que je commence à avoir un sérieux problème avec l'esthétisation des tueurs en série dont les crimes innombrables sont mis en valeur par la violence de ceux qu'ils tuent. Je dois être trop fragile, peut-être, mais j'ai vraiment l'idée que tuer c'est pas bien. Si je dis ça, c'est qu'au-delà du pitch de base, j'ai vraiment un problème avec ce personnage du comte Zaroff. Certes, il est présenté comme un chasseur avant tout, et sa cruauté n'est pas mise en avant, mais son esthétique, son [removed]citant Marc Aurèle à tout bout de champ), ses manières le présentent comme quelqu'un de raffiné, et l'histoire du premier volume le met finalement en avant comme le héros (anti-héros, on est bien d'accord). Et j'ai franchement un problème avec ça, cette surexposition de violence, confinant parfois au grotesque. Le deuxième volume mettant en scène la Seconde guerre mondiale a les mêmes défauts ajoutés à cette utilisation des nazis comme méchant universel facile, rendant Zaroff "moins" dangereux que ces gens-là. Sauf que c'est vraiment difficile pour moi à accepter. Pour beaucoup sans doute, je tire trop de choses et j'extrapole beaucoup d'une BD qui se veut simplement un défouloir, une histoire jouant sur les codes du genre et mettant en scène un anti-héros qu'on adore malgré sa part sombre. Et je suis bien d'accord : c'est tout à fait dommage pour moi. Mais je n'arrive plus à me réjouir de cette violence gratuite, décomplexée et de ce qu'elle dit de nos sociétés aussi. Finalement, je suis assez d'accord avec cette vision pessimiste de l'humain et de notre envie de violence, de spectacle et de moments de frisson. Mais je n'aime pas cette exaltation de ces sentiments. Je ne parle quasiment pas de la BD, parce que je ne pense pas être le mieux placé pour ça. Simplement je n'aime pas ce qu'elle dit.
Civilisations - Égypte
Civilisations - Égypte est un album qui reprend le même principe que Civilisations - Crète et qui lui succède dans cette série concept. Les auteurs nous racontent des évènements ayant marqué une civilisation ancienne, entre histoire et mythologie. Il sera question ici de la destinée d'Im-Hotep, et de l'aide qu'il apportera à un prince déchu pour retrouver sa place sur le trône. Au final mon ressenti est très similaire à celui du premier opus. C'est un peu fastidieux à lire car le vocabulaire employé utilise énormément de termes antiques, qui revoient via une astérisque à un lexique en fin d'album. Il faut jongler pour suivre. Ensuite, autre aspect un peu perturbant, c'est qu'on ne sait pas exactement ce qui rentre dans le domaine de l'Histoire et ce qui est imaginaire et qui a été inventé pour les besoins du récit. Les lieux et les personnages sont bien connus, mais pour autant j'ai du mal à dire si ce livre propose un récit historique ou une réinterprétation à partir d'une basé avérée. C'est un peu frustrant. Mais surtout l'aspect qui me dérange le plus c'est que c'est trop dense. Personnages nombreux, rébellion et combats fréquents, rapidement on ne sait plus qui se bat contre qui, ni dans quel but et pourquoi. Entre les partisans de tel dieu, tel roi, tel prince, tel autre personnage, qui en plus à changé de nom au cours du récit, il y a une impression de trop et un manque de clarté dans l'intrigue. Si on ajoute que le dessin, plutôt réussi pour nous offrir des vues de paysages égyptiens, ne permet pas par contre de distinguer qui est qui dès qu'il y a 20 personnes dans une scène, on ajoute encore un peu d'eau au moulin de la confusion. J'espérais trouver dans ces albums des aventures épiques basés sur de la mythologie, je voulais de l'aventure, du suspens, un complot ou une intrigue avec par exemple des énigmes liées aux pyramides. Tout ça manque cruellement. Je pense que cet album est en fait destiné à un autre public, amateur chevronné d'Histoire.
Du sang sur les mains
Bon, ça n’est pas moi qui vais faire remonter la cote de cet album. Il faut dire que j’ai du mal avec cet auteur. Les quelques séries que j’ai lues de lui ne m’ont pas forcément enthousiasmé. Pourtant il y a des points positifs, qui m’ont plutôt attiré. En commençant par le dessin. Dans un style de crayonné plus ou moins amélioré, avec une colorisation qui m’a plu, j’ai trouvé original, simple mais plaisant ce travail. Je n’ai par contre pas vraiment accroché aux petites histoires développées dans cet album, autour d’un commissaire de police flegmatique, qui résout toutes les affaires qui se présentent à lui. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce que ces « affaires » justement ne sont pas très emballantes ! Des voleurs, fétichistes ou criminels à la petite semaine. J’ai été intrigué au départ avec cette collectionneuse de chaises. Mais par la suite ça m’a lassé. Même quand je trouvais des choses qui me titillaient, comme cette romancière qui veut écrire le plus gros livre du monde à partir de lettres de panneaux dérobés sur la voie publique, des longueurs et un manque d’allant m’ont rebuté. Il faut dire que, si la construction est plutôt originale, elle est aussi et surtout bordélique. Bref, c’est vite lu eu égard à la pagination assez importante, mais j’ai fini l’album en survolant certains passages. Peut-être Matt Kindt n’est-il pas fait pour moi.
Inexistences
Je suis bien embêté lorsque je note cette BD. Encore une fois (et comme souvent) il me faut distinguer plusieurs choses : ce que cette BD est, en tant qu'objet culturel, ce qu'elle propose et comment je l'ai reçu. Et la difficulté est là, puisque cette BD est un objet très étrange, singulier et franchement assez peu vu dans le paysage de la BD. Une lecture atypique, qui peut déjà décontenancer rien que par son existence. Ensuite la BD propose une lecture apocalyptique inspirée de divers récits, mettant en scène le grandiose de paysages, la déchéance d'une humanité dévastée et la folie de l'humain qui se déchire sans cesse. Le tout dans une atmosphère un peu rétro mais bien campée. Et enfin, il y a la réception que j'en ai eu. Et elle est simple : je me suis ennuyé. Voilà, maintenant comment en parler, comment la noter ? Au vu des autres avis, je suis clairement en minorité dans le camp de ceux qui ne sont pas rentrés dans la BD. Le texte m'a peu intéressé, la mise en page franchement originale (même si j'ai déjà vu des planches à déplier dans Altamont par exemple, où je l'ai trouvé plus efficace) et le ton grave de chaque histoire qui s'entrecroise sans en tisser une grande m'a vite lassé. C'est beau, je suis le premier à le reconnaitre, c'est grandiose, c'est travaillé, mais je ne suis jamais rentré dedans. La deuxième histoire est celle qui m'a fait comprendre que je resterais sur le carreau et je n'ai vraiment pas réussi à trouver l'intérêt à mes yeux. C'est surtout que n'ayant pas réussi à m'immerger dedans aux premières planches, j'ai vite eu plus de questions que de réponses dans la BD. De façon terre-à-terre je me demandais comment ils pouvaient oublier leur Histoire mais garder la mémoire de l'utilisation des drones, de l’électricité ou des dates de péremption. De même, la question de la nourriture et de l'eau me semblait disparaitre ou presque, la question du chauffage (ça a l'air de cailler) ou ces vêtements impeccables lorsque les structures en bétons semblent vieilles de plusieurs centaines d'années. Bref, des questions que je ne devrais pas me poser mais qui me venaient parce que je n'arrivais pas à intégrer la BD. Sauf qu'en même temps je comprends tout l'intérêt de cette BD, je vois ce qui a plu aux autres lecteurs et aux autres lectrices. Et je suis bien embêté : comment noter ? Pour ma part, c'est un pas mal qui tire vers le bof, tandis qu'en tant que tel la BD est dans le pas mal rehaussé vers le franchement bien. Je pense rester sur ma note telle que présentée ici pour faire contrepoint des autres avis qui sont bien plus enthousiastes, mais ce n'est qu'une note et comprenez bien que je ne déconseille pas cette BD. C'est juste qu'elle n'a pas été faite pour moi.
Gone
Voici un album qui me paraissait bien prometteur, mais qui n'aura pas su me convaincre au final. Dommage. Car si l'esthétique de ce oneshot de SF est plus que plaisante, c'est au niveau du scénario que ça pêche sérieusement au bout de quelques chapitres. Abi, notre jeune protagoniste de 13 ans (sur)vit sur une planète paumée dans l'espace. Son rêve, comme tant d'autre, s'en échapper pour un ailleurs rêver. C'est finalement par accident qu’elle va y parvenir pour se retrouver cachée dans les entrailles d'un immense vaisseau de croisière pour riches. Mais elle n'est pas seule et une équipe de rebelles tente de saboter le vaisseau... Pour le coup, cette partie du récit qui se fait dans les entrailles du vaisseau m'a rapidement paru peu crédible. La narration n'est pas des plus simple à suivre par moment, et j'ai petit à petit perdu l'intérêt qu'avait soulevé le début de cette histoire. Dommage car le trait et la colorisation de Jock sont plaisants et certaines planches très réussies. Malheureusement l'histoire ne tient pas ses promesses et déçoit par son développement.
Sans Pardon
J'ai déjà déclaré plusieurs fois que le style du western n'est pas mon préféré, de très loin. Et ce western très classique dans son déroulé ne m'a absolument pas satisfait ... Déjà on est dans les clichés du genre : mecs (une seule femme apparait dans le récit et se fait traiter de pute ...) qui sont violents et se flinguent la gueule, créant de la violence qui va se déchainer encore plus. L'un est trop fort et tue tout le monde, son fils qui a vécu un enfer hésite à le tuer. Violence, meurtre, violence, meurtre et à la fin ils sont tous morts. Je suis un peu dur avec ce récit, mais autant j'aime les polars hard-boiled, autant là c'est presque de la surenchère trop forte, qui amène une histoire classique au point d'en être presque risible. Et il manque tout le contexte, pourquoi l'un est cherché, pourquoi l'autre s'obstine, etc ... C'est franchement le genre que je déteste. Maintenant, il y a le trait d'Hermann et il est franchement très beau. J'ai beaucoup aimé, même si je trouve que ses visages ont quelque chose de monstrueux à chaque fois que je les regarde. Et au final, je pense que le dessin d'Hermann est la seule chose que je veux garder en tête de la BD.