Bon, je vais être nettement moins enthousiaste que mon prédécesseur !
Le pitch est relativement intriguant, surfant sur pas mal de thèmes d’actualité. Les catastrophes naturelles s’enchainent, aggravées par l’action humaine. Les sociétés s’effondrent, les villes et régions côtières sont submergées (ce qui donne quelques images saisissantes de villes connues à moitié englouties par la mer, sur laquelle vogue notre navire errant).
Au milieu de cet Armageddon en action, nous suivons donc un navire, le Kapital, et son équipage. Ce sont des activistes écologistes, qui ont mis en veilleuse leur action, pour partir à la recherche d’un autre navire de leur organisation, Le « Massive » donc, qui semble émettre régulièrement mais n’apparait jamais.
Cette quête singulière alimente sans cesse péripéties et dialogues, mais ça a fini par ma lasser. C’est bien trop long, sans qu’on ne lâche du lest en matière d’intérêt. D’autant plus que cette quête s’arrête brusquement après le troisième album (qui d’ailleurs n’y faisait presque plus allusion !).
Pour meubler l’errance du Kapital, les scénaristes usent de quelques trucs classiques. Flash-backs présentant certains membres importants de l’équipage. Forcément plusieurs anciens mercenaires et membres des forces spéciales américaines (ça aide pour maîtriser les pirates qui tentent de s’emparer du Kapital !), mais aussi une femme, aux pouvoirs étranges (elle semble pouvoir nager longtemps sous l’eau !).
Une intrigue qui s’étiole donc, et quelques facilités : l’un des membres du Kapital s’empare d’un sous-marin nucléaire et le pilote seul (en étant capable de tirer les ogives nucléaires !!!). Et tous les problèmes se résolvent trop vite – moyennant la perte anecdotique de quelques membres d’équipage.
Le long passage avec les requins blancs et le mégalodon dans le deuxième tome est parfaitement inutile, et ajoute un énorme cliché !
Enfin, je ne suis pas fan du changement de dessinateur et de coloriste au sein d’une même série. C’est le cas ici, et en plus ceux qui oeuvrent dans le troisième tome – par ailleurs le moins intéressant avec ce délire autour de Norvégiens retournant à l’âge des Vikings – sont clairement ceux dont j’ai le moins aimé le travail.
Un peu frustré (ayant lu trois tomes, j’aurais quand même voulu savoir ce que c’était que ce Massive !), mais pas trop chagriné par l’abandon de cette série, qui ne m’a pas convaincu.
Toujours cette espèce de nostalgie mêlée à de la curiosité sur les oeuvres de Léo autour des mondes d'Aldébaran. Bellatrix est une nouvelle planète qui suit les mêmes recettes que les précédentes avec quelques nouvelles bestioles, sinon Kim et Manon sont toujours super fortes, indépendantes et bien gaulées. Cela tombe mal sur cette planète et sa société façon far west du XIXème siècle, mais avec déjà des avions, où tous les hommes sont des violeurs en puissance qui ne contrôlent pas leurs ardeurs.
C'est une société patriarcale à l'excès où les femmes ne peuvent pas se promener sans leur mari sans susciter de soupçon de la part d'un mouvement religieux intégriste, sinon cela ressemble beaucoup trop à notre planète Terre. La civilisation extra-terrestre avancée qui chapeaute toute cette mission aussi, des humanoïdes gris ou aux yeux noirs de taille légèrement différente. Bref pas grande originalité.
Dans chacun des 2 premiers tomes, Kim et Manon prennent leur bain ensemble en toute décontraction. C'est comme un vieux nanar ou une comédie française éculée, on sait déjà à quoi s'attendre mais on regarde quand même, mi-sidéré mi-amusé.
Crète, 1600 avant JC. Cette nouvelle série nous emmène dans le berceau de la Mythologie. On s'attend à trouver un récit qui mêle fiction, Histoire et une revisite librement inspirée de la mythologie. Le début part bien dans cette voie, mais plus l'intrigue avance, plus on en met, et moins on s'y retrouve.
Car en effet il se passe beaucoup de chose. Pas mal de personnages, des complots, des flash-backs, la partie mythologie se fait un peu attendre. Il y a également une part du background qui décrit une société matriarcale et questionne sur la place des femmes dans cette société, en essayant de renverser un peu les rôles. C'est la reine qui semble tirer les ficelles, tout en laissant son roi, Minos, croire que c'est lui. Du coup il y aura plusieurs femmes dans les rôles principaux et malheureusement toutes sont brunes, frisées, cheveux long, ce qui représente un inconvénient non négligeable à la lecture.
On passe des aventures de Barsabas sur l'ile de Théra, à celle de la reine de Crète, à l'éducation d'un jeune garçon, pour enchainer ensuite à la préparation des Jeux, en passant par des flash back sur la jeunesse de certains personnages, pour revenir à un drame qui se prépare sur Théra. ... beaucoup de choses, Trop en fait. Ca se tient mais il faut un peu s'accrocher, les recoupements ne sont pas toujours limpides, et on n'a beau avoir un personnage qui s'appelle Dédale, un autre qui s'appelle Minos, un taureau (le Minotaure), ça manque quand même de croustillant niveau revisite de la mythologie. On a l'impression que certains des personnages ont hérité d'un patronyme connu, et qu'ils sont là juste en forme de clin d'oeil, mais pour l'histoire, si ils n'avaient pas été présents c'était pareil.
L'album est un bel objet, grand format, avec un joli dos toilé. L'intrigue se laisse lire mais, au final, elle n'est pas vraiment convainquante. Disons 2,5/5.
Bizarre, bizarre. Je commence à comprendre le concept de cette collection "Les Grands Peintres" mais je ne suis pas convaincu pour le moment.
La ligne éditoriale s'éloigne de la biographie scolaire pour placer un grand maître dans une fiction anecdotique censée nous le faire découvrir via son environnement social, politique et culturel à son époque.
J'avais déjà émis des doutes sur la pertinence du scénario dans l'ouvrage concernant Edouard Manet et Berthe Morisot. Je suis encore plus dubitatif sur les propositions d'Olivier Bleys! Positionner Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge, La Goulue ou Oscar Wilde au centre d'une sordide histoire de traite des blanches pour l'émir du" Gaddar" est plus que paradoxale.
Sous un aspect humoristique facile , "le Gaddar"!!! hum! c'est surtout faire de Toulouse-Lautrec et ses compagnons des criminels peu reluisants. C'est en complète contradiction avec le dossier sur le peintre qui nous décrit un artiste attachant, moderne et novateur.
Pour finir je fais mienne la remarque d'Agecanonix sur la 4eme de couverture qui fait vraiment amateurisme ridicule voire inculte ( un autre paradoxe !).
Le graphisme de Dumont colle à l'esprit humoristique de la série. Je le trouve plutôt bon dans les scènes de cabarets ( à la manière du peintre) mais moins pertinent pour la partie enquête.
Je ne suis pas déçu d'avoir lu cette série même si je lui trouve beaucoup de faiblesses. Je continuerai à explorer cette collection malgré un début hésitant car j'aime cette thématique des grands peintres et je trouve le concept original mais celui-ci demande une grande maitrise.
Je n'ai pas trouvé cette maitrise pour le moment.
Je suis désolé de donner une note aussi basse car je suis un grand fan de Michel Bussi et j'aime bien le travail de Gaet's. "Mourir sur Seine" est un des premiers romans de Bussi. Je ne l'ai pas lu et l'adaptation qu'en propose Gaet's ne me donne pas envie de le comparer aux formidables créations ultérieures de Bussi.
On trouve dans cette série les prémices de ce qui fera la patte de Bussi, une histoire en trompe-l'œil, une implication historique et géographique de la Normandie, un récit impliquant plusieurs époques qui se répondent avec leurs secrets. Malheureusement j'ai trouvé cela assez classique et convenu dans la moyenne des scénarii de polars classiques.
L'originalité ou l'émotion d'un Nymphéas noirs ou d'un Gravé dans le sable ,entre autre, n'est pas encore là.
Le côté historique est plutôt bien mis en valeur grâce à la construction en docu-BD chère aux éditions petit à petit et dont Gaet's est un spécialiste. C'est inhabituel pour une série policière mais le découpage est suffisamment bien fait pour ne pas nuire à la fluidité et au dynamisme du récit.
Le vrai souci pour moi est le graphisme de Salvo. Si je le trouve tout juste correct au T1, je n'ai vraiment pas du tout aimé son T2. C'est au point que j'ai vérifié qu'il s'agissait bien du même dessinateur. Certaines planches sont loin d'être finalisées avec des cases imprécises et brouillonnes. Est-ce un manque de temps? Toujours est-il que je ne trouve cela pas du tout au niveau.
Pour finir je trouve que le T2 souffre d'un final très …. bateau ( ok ok je ne la ferai plus).
Une copie moyenne par rapport aux talents des auteurs et un graphisme pas au niveau. Bof
Je lis les cycles d’Aldébaran depuis leur début mais je pense que ça fait très longtemps que la source est tarie. Je suis accro à Kim et à sa bande et j’achète et je lis religieusement tout ce qui apparait. Mais il faut convenir que Leo se répète trop et il tombe dans les pires des topiques. Il affiche un discours prétendument féministe en dénonçant la soumission « talibanesque » de la femme mais c’est un sujet qui se répète dans TOUS les cycles, jusqu’à devenir caricatural. Il tombe aussi dans les mêmes erreurs qu’il prétend dénoncer : les femmes sont belles et bien roulées, ce qui répond aux fantasmes de tout homme hétéro (dont moi) et les garçons (Marc, Alex, Hector, etc.) sont tous beaux et grands (sauf qu’ils se déshabillent moins qu’elles dans les albums). Pourquoi ne pas avoir créé une héroïne petite, à la poitrine plate et à un visage sans spécial charme ?
Le premier cycle était magistral et le début de Bételgeuse sublime : la description des canyons était magnifique, les iums originaux et l’histoire des deux groupes confrontés crédible. Mais tout déraille quand l’extraterrestre Sven tombe du ciel avec sa nageoire dorsale ! Car où Leo excelle pour créer un bestiaire original et plausible il rate complètement ses extraterrestres humanoïdes : on dirait les aliens des films et des BD de science fiction des années 50 de série B. Et ils prolifèrent de cycle en cycle ! à la fin il ne se dérange même pas et les dessine complètement humains dans Retour à Aldébaran et dans Bellatrix. Au moins, dans Survivants on trouvait plus de variations : il y avait des extraterrestres félins et reptiles (mais toujours bipèdes et humanoïdes). On est loin de la « crevette » des Terres lointaines.
Quant à Bellatrix, le mélange de Far West et de science-fiction détonne complètement. Kim et Manon utilisent des traducteurs implantés mais les écriteaux sont en… anglais ! La faune et la flore ont eu leur évolution particulière mais les êtres intelligents sont parfaitement humains, voire dans leur accoutrement, leurs armes et leur architecture.
Mais, comme je disais au début, je suis inconditionnel de Kim et j’attends vivement le prochain volet. En espérant (en vain) toujours la bonne surprise et le redressement de la série
Je suis ton père.
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Cette histoire est parue sous la forme d'un tome sans prépublication en épisode, en 2015. Elle est écrite par Rick Remender avec des dessins et un encrage de Jerome Opeña, aidé par Pepe Larraz pour les dessins, et Mark Morales pour l'encrage. La mise en couleurs a été réalisée par Dean White, assisté par Rachelle Rosenberg et Dono Sanchez Almara.
L'histoire commence il y a de cela quelques années en arrière, alors que les Avengers sont en plein combat contre Ultron, au cœur de Manhattan. L'équipe se compose de Captain America (Steve Rogers), Thor (Odinson), Wasp (Janet van Dyne), Yellowjacket (Hank Pym), Vision, Scarlet Witch (Wanda Maximoff), Beast (Hank McCoy), Hawkeye (Clint Barton), et Iron Man (Tony Stark). Ce combat dure 23 pages. Puis l'histoire passe au temps présent. L'équipe se compose alors de Catpain America (Sam Wilson), Thor (version féminine), Wasp (Janet van Dyne), Giant-Man (Hank Pym), Vision, Scarlet Witch (Wanda Maximoff), Sabretooth, Quicksilver (Pietro Maximoff), Spider-Man (Peter Parker) et Steve Rogers. Ultron est de retour et il a décidé de s'installer sur Titan, le satellite de Jupiter, qui abrite une colonie d'Éternels.
Pour la deuxième fois, Rick Remender effectue un travail de commande. La première fois, il s'agissait de concevoir, développer et écrire un événement fédérateur pour l'univers partagé Marvel, voir Axis (2014). Cette fois-ci il s'agit de ramener sur le devant de la scène le personnage d'Ultron, pour créer une synergie avec le deuxième film des Avengers réalisé (2015) par Joss Whedon.
Dans un premier temps, le lecteur part confiant car Rick Remender a prouvé ses compétences de scénariste sur deux excellentes séries comme Uncanny X-Force et Uncanny Avengers. Jerome Opeña et Dean White ont également déjà collaboré ensemble pour les premiers épisodes de Uncanny X-Force, avec des pages d'une beauté à couper le souffle. Le lecteur tique un peu quand il se rend compte qu'Opeña n'a pas tout dessiné et que White n'a pas réalisé l'intégralité de la mise en couleurs. Néanmoins confiant, le lecteur se plonge dans le récit et commence par ce premier combat de 23 pages dans le passé. Sans grande surprise, il se rend compte que les civils sont absents de cette partie, que les Avengers échangent des coups contre Ultron, sans grand espoir, jusqu'au retournement de situation final. Ça pète de partout, dans de très jolies explosions de couleurs. Les personnages sont bien détaillés, et leur positionnement permet de tous les distinguer sans qu'ils ne se marchent sur les pieds.
En revanche, le lecteur à l'impression étrange que chaque corps à corps se déroule dans un environnement à ciel ouvert, dans des endroits spacieux, ce qui ne correspond pas tout à fait à un combat dans un milieu urbain dense. Sans surprise, cette impression découle d'une absence régulière d'arrière-plan, remplacé par des camaïeux de couleurs, très jolis soit dit en passant. Cette première confrontation se termine avec un face-à-face entre Ultron et son père, avec énoncé des quatre vérités de l'un et de l'autre, des répliques cinglantes et pénétrantes, sans toutefois aller beaucoup plus loin que les précédentes rencontres de ce genre. Après ce prologue un peu long, le lecteur se dit que l'histoire va rentrer dans sa phase de développement, dans l'exposé de l'intrigue.
Le lecteur découvre une séquence de huit pages dédiée aux Descendants que tout le monde semble identifier sans difficulté. À l'évidence, il ne s'agit pas d'une partie pour néophytes en comics, car ce groupe est déjà apparu dans des épisodes d'une autre série écrite par le même scénariste, Secret Avengers. Il s'agit donc d'une utilisation pointue d'un élément de continuité de l'univers partagé Marvel. Il est possible de comprendre ce passage sans avoir lu le tome évoqué, car Remender fait l'effort d'être intelligible, mais alors il arrive comme un cheveu sur la soupe, uniquement destiné à introduire (de manière assez artificielle) un dispositif dans l'intrigue, essentiel pour la suite. Séquence suivante, le lecteur apprend où s'est installé Ultron, et voit le retour d'un ancien Avenger au pouvoir très controversé (son pouvoir avait été pointé du doigt dans la série She-Hulk de Dan Slott) que Remender met en avant dès le départ, à nouveau de manière assez massive pour que le lecteur comprenne sur le champ à quoi il va servir, désamorçant une partie du suspense. Et puis, c'est reparti pour une longue séquence de combat entre l'équipe actuelle d'Avengers (en 2015) et Ultron. À nouveau le lecteur doit être au fait de la continuité de début 2015 pour comprendre pourquoi Captain America a des ailes, et pourquoi Thor est une femme (sans parler des changements intervenus chez Sabretooth dans Axis).
Du coup, le lecteur se dit que ce récit s'adresse à un public bien au fait de l'actualité de l'univers partagé Marvel au premier trimestre 2015. Toutefois, il y a cette réapparition d'Ultron, en direct de sa neutralisation à la fin de la première partie, qui fait totalement l'impasse sur la majeure partie de ses apparitions dans la continuité ayant eu lieu entretemps. Étrange approche de la continuité. De la même manière, la composition de l'équipe des Avengers est un compromis entre les Mighty Avengers de 2015 (la série alors écrite par Al Ewing), avec un soupçon d'Avengers de Jonathan Hickman (qui sont pourtant occupés ailleurs à cette époque). Étrange manière de se réclamer de la continuité tout en affichant ne pas pouvoir la respecter.
Au total, le lecteur a droit à 85 pages de combat sur un récit qui compte environ 110 pages. Encore une fois, comme il est d'habitude dans ces Événements à l'échelle de la planète, les civils normaux brillent par leur absence, et même les supercriminels semblent avoir tous été à la pêche pendant ce déchaînement d'Ultron. Tout aussi bizarre, Ultron semble contraint de conserver sa personnalité dans un corps robotique unique, sans possibilité de de se répartir dans plusieurs, de fonctionner en réseau.
Même si le choix d'un tel pourcentage de pages dévolues au combat peut surprendre, il peut se comprendre sous réserve que le spectacle soit époustouflant. Les premières pages font preuve d'une précision chirurgicale dans l'encrage, de compositions chromatiques époustouflantes, et déjà de la disparition des arrière-plans au profit de jolies couleurs. Le lecteur doit donc s'attendre à se passer de décors plusieurs pages durant, de manière chronique. Ce n'est pas tellement surprenant si l'on songe que les délais de production ont contraint Jerome Opeña à se faire assister par un autre dessinateur et un autre encreur (sans parler de Dean White assisté par deux autres metteurs en couleurs).
Durant certaines séquences, le lecteur remarque également que les traits deviennent trop fins, se brisant dans les contours des formes, produisant une étrange impression d'encrage trop fragile, en opposition par rapport à la nature des combats brutaux et massifs qui sont représentés. S'il n'est pas possible de repérer quand Mark Morales (un vraiment bon encreur) se substitue à Opeña, il est possible d'identifier les cases et les pages réalisées par Pepe Larraz qui n'est pas au même niveau qu'Opeña. À certains moments, le lecteur se lasse également de voir les personnages se taper dessus comme des sourds, sans avancée lisible dans le combat.
À d'autres moments, le lecteur est époustouflé par une case ou une page d'une force inouïe, d'une beauté surnaturelle. La première fois qu'Ultron surgit de Terre (deuxième planche de bande dessinée), sa force est incroyable, le lecteur ressent l'onde de choc. Par contre il a du mal à comprendre comment le bouclier de Captain America peut couper la tête d'Ultron en deux, 2 pages plus loin, car il me semblait être en un métal aussi résistant que le bouclier (sûrement une mauvaise copie). Quelques pages plus loin, Ultron se retrouve enserré dans un poing géant, et Dean White effectue un incroyable travail avec les couleurs pour donner l'impression d'une quantité infinie de fils venant former ce poing. Lorsqu'Ultron arrive à proximité de la Terre, Opeña compose une magnifique case occupant les deux tiers d'une double page, mettant en évidence le caractère massif de cette arrivée (du coup le lecteur se demande comment fait un objet céleste aussi massif pour ne pas provoquer des raz-de-marée).
Ainsi de séquence en séquence, entre deux suites de cases dépourvues de décors, le lecteur tombe en pâmoison devant une case parfaite, ou une situation magnifique. Malgré tout, il reste une impression de long tunnel de combat pas très bien mis en scène, pas toujours intéressants visuellement. Effectivement du point de vue de l'intrigue, le récit se compose essentiellement des deux très longs combats, et d'un plus court entre les deux.
Heureusement l'intrigue ne se limite pas à ces affrontements physiques, il y a également un questionnement sur le sentiment paternel et l'amour filial. Alors que le lecteur s'attend à un jeu de miroir entre père et fils (d'un côté Hank Pym & Ultron, de l'autre Ultron & Vision), le scénario se concentre essentiellement sur la relation Hank Pym / Ulton. Rick Remender a l'idée pertinente de s'interroger sur l'amour paternel quand le fiston (Ultron) a mal tourné.
A priori, quand Marvel a créé cette ligne et ce format de Original Graphic Novel (OGN), c'était pour disposer d'une collection de prestige, afin de mettre en valeur des personnages au faîte de leur gloire. Au fil des albums, le lecteur constate que les impératifs éditoriaux priment sur le contenu et la qualité. C'était déjà vrai pour Endless Wartime où Warren Elllis avait hérité d'un dessinateur moyen, c'est aussi vrai ici aussi où Rick Remender a dû boucler son scénario rapidement, et où Jerome Opeña a été prié d'accélérer pour rendre son travail à temps (c'est-à-dire avant la sortie du deuxième film Avengers). Certes, les pages sont jolies et le scénario remue le couteau dans la plaie béante de la relation père / fils. De ce point de vue, le lecteur en attente de combats homériques et de tragédie y trouvera son content, 4 étoiles.
Mais d'un autre côté, le lecteur maîtrisant sa continuité aura bien du mal à passer outre le rapiéçage malhabile avec les événements courants de l'époque (rapiéçage inutile, pour coller à une continuité, sans raison apparente), et parfois incohérent, telle l'absence d'Ultron sur Terre entre les deux combats principaux (alors qu'il s'est manifesté à de nombreuses reprises, encore pas plus tard que dans Age of Ultron qui finalement était meilleur dans le genre blockbuster que le présent récit). Il se lassera de ces pages interminables de combats qui n'avancent pas, et de la diminution des capacités technologiques et informatiques d'Ultron. 2 étoiles.
La Chiâle est une autofiction où Claire Braud met en scène son avatar qui a fini par craquer et ne peut plus s'empêcher de pleurer des torrents de larmes suite à l'accumulation de visions d'horreur et d'un monde en perdition. Incapable de s'exprimer face à ceux qui cherchent à comprendre pourquoi elle se liquéfie à ce point, elle amène le lecteur à revoir ses jours précédents où elle a vu sa campagne natale être défigurée par les hommes, sa ville d'adoption être frappée par des attentats meurtriers et enfin son voyage de reportage au Sri Lanka sur les traces des massacres de la population Tamoule par les autorités gouvernementales. Mais tout cela, elle le masque sous des noms de populations et de lieux légèrement déformés, comme pour les différencier de la réalité, sans qu'on comprenne bien pourquoi.
Du coup, la question se pose aussi pour mon avis envers cette BD : est-il un constat objectif ou une opinion subjective ? Car mon ressenti, c'est que cet album manque sa cible et frappe à côté.
Pour commencer, je n'apprécie vraiment pas le graphisme de Claire Braud. Faussement amateur, il offre des planches laides et approximatives, comme le brouillon de quelqu'un qui ne veut pas se donner la peine de faire plus soigné car c'est plus artistique ainsi.
Du coup, il faut se rabattre sur l'histoire et son message. Sauf que le message que j'ai reçu pour ma part, c'est celui de quelqu'un qui dit "Regardez-moi comme je pleure, regardez l'empathie que j'éprouve, n'est-ce pas ce que chacun devrait ressentir devant notre monde pourri et ses horreurs ?". Claire Braud le fait certes avec une grande dose d'autodérision, mais on sent aussi qu'il y a un message qui veut être transmis, sauf que ce message m'est resté lettre morte. Les trop longues premières pages se contentent de montrer l'héroïne dans toute l'exagération de son traumatisme et de ses larmes jaillissantes. Puis elle tente d'expliquer par l'image et les mots l'origine du trop plein de ses émotions. On survole brièvement sa peur ressentie lors des attentats de 2015 dont elle n'a été que lointaine témoin, sa perte de répères quand ses parents fermiers ont vendu leur troupeau pour partir à la retraite, ou quand elle a découvert que les lieux campagnards qu'elle aimait dans sa jeunesse avaient été dénaturés. Et on arrive enfin à son séjour au Sri Lanka qui est visiblement l'élément clé de son histoire et le déclencheur de sa fameuse chiâle. Sauf que là encore les choses semblent survolées, aucune clé de ce qui s'y est déroulé n'est expliquée, on a juste quelques brefs témoignages, quelques réactions de personnes rencontrées, l'évocation d'un massacre dont elle ne verra que des restes délaissés, l'affirmation qu'il y a des monstres d'un côté et des victimes de l'autre, et aucun moyen de ressentir pour de bon le traumatisme et l'horreur qu'elle dénonce. Et toujours cette incompréhension de pourquoi ne pas vouloir donner les vrais noms de ces lieux et populations ? Comme si l'autofiction et la mise en scène du propre avatar de l'artiste comptait plus que la transmission de la réalité et d'informations claires sur ce drame de la guerre civile au Sri Lanka.
On comprendra donc à me lire que je n'ai pas été touché par cet album malgré l'intensité avec laquelle il semble essayer de me dire que la situation est terrible...
Un album qui m’a clairement laissé sur ma faim.
Découpé en courts chapitres, il se lit vite. Hélas en grande partie parce que l’intrigue, et la psychologie des personnages, ne sont pas suffisamment fouillées.
Il pouvait y avoir de bonnes idées, pour faire monter la tension, en laissant le lecteur sur de fausses pistes. Mais c’est trop léger, et la fin de l’histoire est encore plus expédiée.
Le dessin est très simple, avare de détails et de décors. Mais je l’ai plutôt apprécié, c’est aéré et fluide, globalement agréable. C’est à l’histoire que j’ai moins accroché.
Une série qui m'a déçu.
Je me demandais ce que cela donnerait de voir Quasimodo survivre et devenir un instrument de vengeance, mais la plupart du temps j'ai eu l'impression qu'il était un personnage secondaire dans une série dont le titre le mets pourtant en avant. Je retiens sa relation avec Jeanne la Boiteuse qui est touchante et la seule chose que j'ai vraiment aimée dans ses deux tomes.
L'action se passe dans une période historique française que je ne connaissais pas et cela a attiré ma curiosité sauf que là encore j'ai été déçu. On saute souvent des années et le déroulement de l'intrigue n'est pas toujours. On dirait presqu'il fallait déjà connaitre cette période pour bien comprendre l'histoire ce qui n'est pas mon cas. J'ai souvent du revenir à la présentation des personnages présent en début d'album pour bien me rappeler qui était qui et qui était lié à qui.
Au final, une série qui accumule les problèmes récurrent de la collection Vécu de Glénat: dessin réaliste moyen, scénario trop accès vers l'action, personnages inintéressants même les personnages historiques qui ont vécu des choses intéressantes dans la vraie vie et de la nudité gratuite pas du tout émoustillant.
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The Massive
Bon, je vais être nettement moins enthousiaste que mon prédécesseur ! Le pitch est relativement intriguant, surfant sur pas mal de thèmes d’actualité. Les catastrophes naturelles s’enchainent, aggravées par l’action humaine. Les sociétés s’effondrent, les villes et régions côtières sont submergées (ce qui donne quelques images saisissantes de villes connues à moitié englouties par la mer, sur laquelle vogue notre navire errant). Au milieu de cet Armageddon en action, nous suivons donc un navire, le Kapital, et son équipage. Ce sont des activistes écologistes, qui ont mis en veilleuse leur action, pour partir à la recherche d’un autre navire de leur organisation, Le « Massive » donc, qui semble émettre régulièrement mais n’apparait jamais. Cette quête singulière alimente sans cesse péripéties et dialogues, mais ça a fini par ma lasser. C’est bien trop long, sans qu’on ne lâche du lest en matière d’intérêt. D’autant plus que cette quête s’arrête brusquement après le troisième album (qui d’ailleurs n’y faisait presque plus allusion !). Pour meubler l’errance du Kapital, les scénaristes usent de quelques trucs classiques. Flash-backs présentant certains membres importants de l’équipage. Forcément plusieurs anciens mercenaires et membres des forces spéciales américaines (ça aide pour maîtriser les pirates qui tentent de s’emparer du Kapital !), mais aussi une femme, aux pouvoirs étranges (elle semble pouvoir nager longtemps sous l’eau !). Une intrigue qui s’étiole donc, et quelques facilités : l’un des membres du Kapital s’empare d’un sous-marin nucléaire et le pilote seul (en étant capable de tirer les ogives nucléaires !!!). Et tous les problèmes se résolvent trop vite – moyennant la perte anecdotique de quelques membres d’équipage. Le long passage avec les requins blancs et le mégalodon dans le deuxième tome est parfaitement inutile, et ajoute un énorme cliché ! Enfin, je ne suis pas fan du changement de dessinateur et de coloriste au sein d’une même série. C’est le cas ici, et en plus ceux qui oeuvrent dans le troisième tome – par ailleurs le moins intéressant avec ce délire autour de Norvégiens retournant à l’âge des Vikings – sont clairement ceux dont j’ai le moins aimé le travail. Un peu frustré (ayant lu trois tomes, j’aurais quand même voulu savoir ce que c’était que ce Massive !), mais pas trop chagriné par l’abandon de cette série, qui ne m’a pas convaincu.
Bellatrix
Toujours cette espèce de nostalgie mêlée à de la curiosité sur les oeuvres de Léo autour des mondes d'Aldébaran. Bellatrix est une nouvelle planète qui suit les mêmes recettes que les précédentes avec quelques nouvelles bestioles, sinon Kim et Manon sont toujours super fortes, indépendantes et bien gaulées. Cela tombe mal sur cette planète et sa société façon far west du XIXème siècle, mais avec déjà des avions, où tous les hommes sont des violeurs en puissance qui ne contrôlent pas leurs ardeurs. C'est une société patriarcale à l'excès où les femmes ne peuvent pas se promener sans leur mari sans susciter de soupçon de la part d'un mouvement religieux intégriste, sinon cela ressemble beaucoup trop à notre planète Terre. La civilisation extra-terrestre avancée qui chapeaute toute cette mission aussi, des humanoïdes gris ou aux yeux noirs de taille légèrement différente. Bref pas grande originalité. Dans chacun des 2 premiers tomes, Kim et Manon prennent leur bain ensemble en toute décontraction. C'est comme un vieux nanar ou une comédie française éculée, on sait déjà à quoi s'attendre mais on regarde quand même, mi-sidéré mi-amusé.
Civilisations - Crète
Crète, 1600 avant JC. Cette nouvelle série nous emmène dans le berceau de la Mythologie. On s'attend à trouver un récit qui mêle fiction, Histoire et une revisite librement inspirée de la mythologie. Le début part bien dans cette voie, mais plus l'intrigue avance, plus on en met, et moins on s'y retrouve. Car en effet il se passe beaucoup de chose. Pas mal de personnages, des complots, des flash-backs, la partie mythologie se fait un peu attendre. Il y a également une part du background qui décrit une société matriarcale et questionne sur la place des femmes dans cette société, en essayant de renverser un peu les rôles. C'est la reine qui semble tirer les ficelles, tout en laissant son roi, Minos, croire que c'est lui. Du coup il y aura plusieurs femmes dans les rôles principaux et malheureusement toutes sont brunes, frisées, cheveux long, ce qui représente un inconvénient non négligeable à la lecture. On passe des aventures de Barsabas sur l'ile de Théra, à celle de la reine de Crète, à l'éducation d'un jeune garçon, pour enchainer ensuite à la préparation des Jeux, en passant par des flash back sur la jeunesse de certains personnages, pour revenir à un drame qui se prépare sur Théra. ... beaucoup de choses, Trop en fait. Ca se tient mais il faut un peu s'accrocher, les recoupements ne sont pas toujours limpides, et on n'a beau avoir un personnage qui s'appelle Dédale, un autre qui s'appelle Minos, un taureau (le Minotaure), ça manque quand même de croustillant niveau revisite de la mythologie. On a l'impression que certains des personnages ont hérité d'un patronyme connu, et qu'ils sont là juste en forme de clin d'oeil, mais pour l'histoire, si ils n'avaient pas été présents c'était pareil. L'album est un bel objet, grand format, avec un joli dos toilé. L'intrigue se laisse lire mais, au final, elle n'est pas vraiment convainquante. Disons 2,5/5.
Toulouse-Lautrec
Bizarre, bizarre. Je commence à comprendre le concept de cette collection "Les Grands Peintres" mais je ne suis pas convaincu pour le moment. La ligne éditoriale s'éloigne de la biographie scolaire pour placer un grand maître dans une fiction anecdotique censée nous le faire découvrir via son environnement social, politique et culturel à son époque. J'avais déjà émis des doutes sur la pertinence du scénario dans l'ouvrage concernant Edouard Manet et Berthe Morisot. Je suis encore plus dubitatif sur les propositions d'Olivier Bleys! Positionner Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge, La Goulue ou Oscar Wilde au centre d'une sordide histoire de traite des blanches pour l'émir du" Gaddar" est plus que paradoxale. Sous un aspect humoristique facile , "le Gaddar"!!! hum! c'est surtout faire de Toulouse-Lautrec et ses compagnons des criminels peu reluisants. C'est en complète contradiction avec le dossier sur le peintre qui nous décrit un artiste attachant, moderne et novateur. Pour finir je fais mienne la remarque d'Agecanonix sur la 4eme de couverture qui fait vraiment amateurisme ridicule voire inculte ( un autre paradoxe !). Le graphisme de Dumont colle à l'esprit humoristique de la série. Je le trouve plutôt bon dans les scènes de cabarets ( à la manière du peintre) mais moins pertinent pour la partie enquête. Je ne suis pas déçu d'avoir lu cette série même si je lui trouve beaucoup de faiblesses. Je continuerai à explorer cette collection malgré un début hésitant car j'aime cette thématique des grands peintres et je trouve le concept original mais celui-ci demande une grande maitrise. Je n'ai pas trouvé cette maitrise pour le moment.
Mourir sur Seine
Je suis désolé de donner une note aussi basse car je suis un grand fan de Michel Bussi et j'aime bien le travail de Gaet's. "Mourir sur Seine" est un des premiers romans de Bussi. Je ne l'ai pas lu et l'adaptation qu'en propose Gaet's ne me donne pas envie de le comparer aux formidables créations ultérieures de Bussi. On trouve dans cette série les prémices de ce qui fera la patte de Bussi, une histoire en trompe-l'œil, une implication historique et géographique de la Normandie, un récit impliquant plusieurs époques qui se répondent avec leurs secrets. Malheureusement j'ai trouvé cela assez classique et convenu dans la moyenne des scénarii de polars classiques. L'originalité ou l'émotion d'un Nymphéas noirs ou d'un Gravé dans le sable ,entre autre, n'est pas encore là. Le côté historique est plutôt bien mis en valeur grâce à la construction en docu-BD chère aux éditions petit à petit et dont Gaet's est un spécialiste. C'est inhabituel pour une série policière mais le découpage est suffisamment bien fait pour ne pas nuire à la fluidité et au dynamisme du récit. Le vrai souci pour moi est le graphisme de Salvo. Si je le trouve tout juste correct au T1, je n'ai vraiment pas du tout aimé son T2. C'est au point que j'ai vérifié qu'il s'agissait bien du même dessinateur. Certaines planches sont loin d'être finalisées avec des cases imprécises et brouillonnes. Est-ce un manque de temps? Toujours est-il que je ne trouve cela pas du tout au niveau. Pour finir je trouve que le T2 souffre d'un final très …. bateau ( ok ok je ne la ferai plus). Une copie moyenne par rapport aux talents des auteurs et un graphisme pas au niveau. Bof
Bellatrix
Je lis les cycles d’Aldébaran depuis leur début mais je pense que ça fait très longtemps que la source est tarie. Je suis accro à Kim et à sa bande et j’achète et je lis religieusement tout ce qui apparait. Mais il faut convenir que Leo se répète trop et il tombe dans les pires des topiques. Il affiche un discours prétendument féministe en dénonçant la soumission « talibanesque » de la femme mais c’est un sujet qui se répète dans TOUS les cycles, jusqu’à devenir caricatural. Il tombe aussi dans les mêmes erreurs qu’il prétend dénoncer : les femmes sont belles et bien roulées, ce qui répond aux fantasmes de tout homme hétéro (dont moi) et les garçons (Marc, Alex, Hector, etc.) sont tous beaux et grands (sauf qu’ils se déshabillent moins qu’elles dans les albums). Pourquoi ne pas avoir créé une héroïne petite, à la poitrine plate et à un visage sans spécial charme ? Le premier cycle était magistral et le début de Bételgeuse sublime : la description des canyons était magnifique, les iums originaux et l’histoire des deux groupes confrontés crédible. Mais tout déraille quand l’extraterrestre Sven tombe du ciel avec sa nageoire dorsale ! Car où Leo excelle pour créer un bestiaire original et plausible il rate complètement ses extraterrestres humanoïdes : on dirait les aliens des films et des BD de science fiction des années 50 de série B. Et ils prolifèrent de cycle en cycle ! à la fin il ne se dérange même pas et les dessine complètement humains dans Retour à Aldébaran et dans Bellatrix. Au moins, dans Survivants on trouvait plus de variations : il y avait des extraterrestres félins et reptiles (mais toujours bipèdes et humanoïdes). On est loin de la « crevette » des Terres lointaines. Quant à Bellatrix, le mélange de Far West et de science-fiction détonne complètement. Kim et Manon utilisent des traducteurs implantés mais les écriteaux sont en… anglais ! La faune et la flore ont eu leur évolution particulière mais les êtres intelligents sont parfaitement humains, voire dans leur accoutrement, leurs armes et leur architecture. Mais, comme je disais au début, je suis inconditionnel de Kim et j’attends vivement le prochain volet. En espérant (en vain) toujours la bonne surprise et le redressement de la série
Avengers - La Rage d'Ultron
Je suis ton père. - Cette histoire est parue sous la forme d'un tome sans prépublication en épisode, en 2015. Elle est écrite par Rick Remender avec des dessins et un encrage de Jerome Opeña, aidé par Pepe Larraz pour les dessins, et Mark Morales pour l'encrage. La mise en couleurs a été réalisée par Dean White, assisté par Rachelle Rosenberg et Dono Sanchez Almara. L'histoire commence il y a de cela quelques années en arrière, alors que les Avengers sont en plein combat contre Ultron, au cœur de Manhattan. L'équipe se compose de Captain America (Steve Rogers), Thor (Odinson), Wasp (Janet van Dyne), Yellowjacket (Hank Pym), Vision, Scarlet Witch (Wanda Maximoff), Beast (Hank McCoy), Hawkeye (Clint Barton), et Iron Man (Tony Stark). Ce combat dure 23 pages. Puis l'histoire passe au temps présent. L'équipe se compose alors de Catpain America (Sam Wilson), Thor (version féminine), Wasp (Janet van Dyne), Giant-Man (Hank Pym), Vision, Scarlet Witch (Wanda Maximoff), Sabretooth, Quicksilver (Pietro Maximoff), Spider-Man (Peter Parker) et Steve Rogers. Ultron est de retour et il a décidé de s'installer sur Titan, le satellite de Jupiter, qui abrite une colonie d'Éternels. Pour la deuxième fois, Rick Remender effectue un travail de commande. La première fois, il s'agissait de concevoir, développer et écrire un événement fédérateur pour l'univers partagé Marvel, voir Axis (2014). Cette fois-ci il s'agit de ramener sur le devant de la scène le personnage d'Ultron, pour créer une synergie avec le deuxième film des Avengers réalisé (2015) par Joss Whedon. Dans un premier temps, le lecteur part confiant car Rick Remender a prouvé ses compétences de scénariste sur deux excellentes séries comme Uncanny X-Force et Uncanny Avengers. Jerome Opeña et Dean White ont également déjà collaboré ensemble pour les premiers épisodes de Uncanny X-Force, avec des pages d'une beauté à couper le souffle. Le lecteur tique un peu quand il se rend compte qu'Opeña n'a pas tout dessiné et que White n'a pas réalisé l'intégralité de la mise en couleurs. Néanmoins confiant, le lecteur se plonge dans le récit et commence par ce premier combat de 23 pages dans le passé. Sans grande surprise, il se rend compte que les civils sont absents de cette partie, que les Avengers échangent des coups contre Ultron, sans grand espoir, jusqu'au retournement de situation final. Ça pète de partout, dans de très jolies explosions de couleurs. Les personnages sont bien détaillés, et leur positionnement permet de tous les distinguer sans qu'ils ne se marchent sur les pieds. En revanche, le lecteur à l'impression étrange que chaque corps à corps se déroule dans un environnement à ciel ouvert, dans des endroits spacieux, ce qui ne correspond pas tout à fait à un combat dans un milieu urbain dense. Sans surprise, cette impression découle d'une absence régulière d'arrière-plan, remplacé par des camaïeux de couleurs, très jolis soit dit en passant. Cette première confrontation se termine avec un face-à-face entre Ultron et son père, avec énoncé des quatre vérités de l'un et de l'autre, des répliques cinglantes et pénétrantes, sans toutefois aller beaucoup plus loin que les précédentes rencontres de ce genre. Après ce prologue un peu long, le lecteur se dit que l'histoire va rentrer dans sa phase de développement, dans l'exposé de l'intrigue. Le lecteur découvre une séquence de huit pages dédiée aux Descendants que tout le monde semble identifier sans difficulté. À l'évidence, il ne s'agit pas d'une partie pour néophytes en comics, car ce groupe est déjà apparu dans des épisodes d'une autre série écrite par le même scénariste, Secret Avengers. Il s'agit donc d'une utilisation pointue d'un élément de continuité de l'univers partagé Marvel. Il est possible de comprendre ce passage sans avoir lu le tome évoqué, car Remender fait l'effort d'être intelligible, mais alors il arrive comme un cheveu sur la soupe, uniquement destiné à introduire (de manière assez artificielle) un dispositif dans l'intrigue, essentiel pour la suite. Séquence suivante, le lecteur apprend où s'est installé Ultron, et voit le retour d'un ancien Avenger au pouvoir très controversé (son pouvoir avait été pointé du doigt dans la série She-Hulk de Dan Slott) que Remender met en avant dès le départ, à nouveau de manière assez massive pour que le lecteur comprenne sur le champ à quoi il va servir, désamorçant une partie du suspense. Et puis, c'est reparti pour une longue séquence de combat entre l'équipe actuelle d'Avengers (en 2015) et Ultron. À nouveau le lecteur doit être au fait de la continuité de début 2015 pour comprendre pourquoi Captain America a des ailes, et pourquoi Thor est une femme (sans parler des changements intervenus chez Sabretooth dans Axis). Du coup, le lecteur se dit que ce récit s'adresse à un public bien au fait de l'actualité de l'univers partagé Marvel au premier trimestre 2015. Toutefois, il y a cette réapparition d'Ultron, en direct de sa neutralisation à la fin de la première partie, qui fait totalement l'impasse sur la majeure partie de ses apparitions dans la continuité ayant eu lieu entretemps. Étrange approche de la continuité. De la même manière, la composition de l'équipe des Avengers est un compromis entre les Mighty Avengers de 2015 (la série alors écrite par Al Ewing), avec un soupçon d'Avengers de Jonathan Hickman (qui sont pourtant occupés ailleurs à cette époque). Étrange manière de se réclamer de la continuité tout en affichant ne pas pouvoir la respecter. Au total, le lecteur a droit à 85 pages de combat sur un récit qui compte environ 110 pages. Encore une fois, comme il est d'habitude dans ces Événements à l'échelle de la planète, les civils normaux brillent par leur absence, et même les supercriminels semblent avoir tous été à la pêche pendant ce déchaînement d'Ultron. Tout aussi bizarre, Ultron semble contraint de conserver sa personnalité dans un corps robotique unique, sans possibilité de de se répartir dans plusieurs, de fonctionner en réseau. Même si le choix d'un tel pourcentage de pages dévolues au combat peut surprendre, il peut se comprendre sous réserve que le spectacle soit époustouflant. Les premières pages font preuve d'une précision chirurgicale dans l'encrage, de compositions chromatiques époustouflantes, et déjà de la disparition des arrière-plans au profit de jolies couleurs. Le lecteur doit donc s'attendre à se passer de décors plusieurs pages durant, de manière chronique. Ce n'est pas tellement surprenant si l'on songe que les délais de production ont contraint Jerome Opeña à se faire assister par un autre dessinateur et un autre encreur (sans parler de Dean White assisté par deux autres metteurs en couleurs). Durant certaines séquences, le lecteur remarque également que les traits deviennent trop fins, se brisant dans les contours des formes, produisant une étrange impression d'encrage trop fragile, en opposition par rapport à la nature des combats brutaux et massifs qui sont représentés. S'il n'est pas possible de repérer quand Mark Morales (un vraiment bon encreur) se substitue à Opeña, il est possible d'identifier les cases et les pages réalisées par Pepe Larraz qui n'est pas au même niveau qu'Opeña. À certains moments, le lecteur se lasse également de voir les personnages se taper dessus comme des sourds, sans avancée lisible dans le combat. À d'autres moments, le lecteur est époustouflé par une case ou une page d'une force inouïe, d'une beauté surnaturelle. La première fois qu'Ultron surgit de Terre (deuxième planche de bande dessinée), sa force est incroyable, le lecteur ressent l'onde de choc. Par contre il a du mal à comprendre comment le bouclier de Captain America peut couper la tête d'Ultron en deux, 2 pages plus loin, car il me semblait être en un métal aussi résistant que le bouclier (sûrement une mauvaise copie). Quelques pages plus loin, Ultron se retrouve enserré dans un poing géant, et Dean White effectue un incroyable travail avec les couleurs pour donner l'impression d'une quantité infinie de fils venant former ce poing. Lorsqu'Ultron arrive à proximité de la Terre, Opeña compose une magnifique case occupant les deux tiers d'une double page, mettant en évidence le caractère massif de cette arrivée (du coup le lecteur se demande comment fait un objet céleste aussi massif pour ne pas provoquer des raz-de-marée). Ainsi de séquence en séquence, entre deux suites de cases dépourvues de décors, le lecteur tombe en pâmoison devant une case parfaite, ou une situation magnifique. Malgré tout, il reste une impression de long tunnel de combat pas très bien mis en scène, pas toujours intéressants visuellement. Effectivement du point de vue de l'intrigue, le récit se compose essentiellement des deux très longs combats, et d'un plus court entre les deux. Heureusement l'intrigue ne se limite pas à ces affrontements physiques, il y a également un questionnement sur le sentiment paternel et l'amour filial. Alors que le lecteur s'attend à un jeu de miroir entre père et fils (d'un côté Hank Pym & Ultron, de l'autre Ultron & Vision), le scénario se concentre essentiellement sur la relation Hank Pym / Ulton. Rick Remender a l'idée pertinente de s'interroger sur l'amour paternel quand le fiston (Ultron) a mal tourné. A priori, quand Marvel a créé cette ligne et ce format de Original Graphic Novel (OGN), c'était pour disposer d'une collection de prestige, afin de mettre en valeur des personnages au faîte de leur gloire. Au fil des albums, le lecteur constate que les impératifs éditoriaux priment sur le contenu et la qualité. C'était déjà vrai pour Endless Wartime où Warren Elllis avait hérité d'un dessinateur moyen, c'est aussi vrai ici aussi où Rick Remender a dû boucler son scénario rapidement, et où Jerome Opeña a été prié d'accélérer pour rendre son travail à temps (c'est-à-dire avant la sortie du deuxième film Avengers). Certes, les pages sont jolies et le scénario remue le couteau dans la plaie béante de la relation père / fils. De ce point de vue, le lecteur en attente de combats homériques et de tragédie y trouvera son content, 4 étoiles. Mais d'un autre côté, le lecteur maîtrisant sa continuité aura bien du mal à passer outre le rapiéçage malhabile avec les événements courants de l'époque (rapiéçage inutile, pour coller à une continuité, sans raison apparente), et parfois incohérent, telle l'absence d'Ultron sur Terre entre les deux combats principaux (alors qu'il s'est manifesté à de nombreuses reprises, encore pas plus tard que dans Age of Ultron qui finalement était meilleur dans le genre blockbuster que le présent récit). Il se lassera de ces pages interminables de combats qui n'avancent pas, et de la diminution des capacités technologiques et informatiques d'Ultron. 2 étoiles.
La Chiâle
La Chiâle est une autofiction où Claire Braud met en scène son avatar qui a fini par craquer et ne peut plus s'empêcher de pleurer des torrents de larmes suite à l'accumulation de visions d'horreur et d'un monde en perdition. Incapable de s'exprimer face à ceux qui cherchent à comprendre pourquoi elle se liquéfie à ce point, elle amène le lecteur à revoir ses jours précédents où elle a vu sa campagne natale être défigurée par les hommes, sa ville d'adoption être frappée par des attentats meurtriers et enfin son voyage de reportage au Sri Lanka sur les traces des massacres de la population Tamoule par les autorités gouvernementales. Mais tout cela, elle le masque sous des noms de populations et de lieux légèrement déformés, comme pour les différencier de la réalité, sans qu'on comprenne bien pourquoi. Du coup, la question se pose aussi pour mon avis envers cette BD : est-il un constat objectif ou une opinion subjective ? Car mon ressenti, c'est que cet album manque sa cible et frappe à côté. Pour commencer, je n'apprécie vraiment pas le graphisme de Claire Braud. Faussement amateur, il offre des planches laides et approximatives, comme le brouillon de quelqu'un qui ne veut pas se donner la peine de faire plus soigné car c'est plus artistique ainsi. Du coup, il faut se rabattre sur l'histoire et son message. Sauf que le message que j'ai reçu pour ma part, c'est celui de quelqu'un qui dit "Regardez-moi comme je pleure, regardez l'empathie que j'éprouve, n'est-ce pas ce que chacun devrait ressentir devant notre monde pourri et ses horreurs ?". Claire Braud le fait certes avec une grande dose d'autodérision, mais on sent aussi qu'il y a un message qui veut être transmis, sauf que ce message m'est resté lettre morte. Les trop longues premières pages se contentent de montrer l'héroïne dans toute l'exagération de son traumatisme et de ses larmes jaillissantes. Puis elle tente d'expliquer par l'image et les mots l'origine du trop plein de ses émotions. On survole brièvement sa peur ressentie lors des attentats de 2015 dont elle n'a été que lointaine témoin, sa perte de répères quand ses parents fermiers ont vendu leur troupeau pour partir à la retraite, ou quand elle a découvert que les lieux campagnards qu'elle aimait dans sa jeunesse avaient été dénaturés. Et on arrive enfin à son séjour au Sri Lanka qui est visiblement l'élément clé de son histoire et le déclencheur de sa fameuse chiâle. Sauf que là encore les choses semblent survolées, aucune clé de ce qui s'y est déroulé n'est expliquée, on a juste quelques brefs témoignages, quelques réactions de personnes rencontrées, l'évocation d'un massacre dont elle ne verra que des restes délaissés, l'affirmation qu'il y a des monstres d'un côté et des victimes de l'autre, et aucun moyen de ressentir pour de bon le traumatisme et l'horreur qu'elle dénonce. Et toujours cette incompréhension de pourquoi ne pas vouloir donner les vrais noms de ces lieux et populations ? Comme si l'autofiction et la mise en scène du propre avatar de l'artiste comptait plus que la transmission de la réalité et d'informations claires sur ce drame de la guerre civile au Sri Lanka. On comprendra donc à me lire que je n'ai pas été touché par cet album malgré l'intensité avec laquelle il semble essayer de me dire que la situation est terrible...
Keires
Un album qui m’a clairement laissé sur ma faim. Découpé en courts chapitres, il se lit vite. Hélas en grande partie parce que l’intrigue, et la psychologie des personnages, ne sont pas suffisamment fouillées. Il pouvait y avoir de bonnes idées, pour faire monter la tension, en laissant le lecteur sur de fausses pistes. Mais c’est trop léger, et la fin de l’histoire est encore plus expédiée. Le dessin est très simple, avare de détails et de décors. Mais je l’ai plutôt apprécié, c’est aéré et fluide, globalement agréable. C’est à l’histoire que j’ai moins accroché.
Le Bossu de Montfaucon
Une série qui m'a déçu. Je me demandais ce que cela donnerait de voir Quasimodo survivre et devenir un instrument de vengeance, mais la plupart du temps j'ai eu l'impression qu'il était un personnage secondaire dans une série dont le titre le mets pourtant en avant. Je retiens sa relation avec Jeanne la Boiteuse qui est touchante et la seule chose que j'ai vraiment aimée dans ses deux tomes. L'action se passe dans une période historique française que je ne connaissais pas et cela a attiré ma curiosité sauf que là encore j'ai été déçu. On saute souvent des années et le déroulement de l'intrigue n'est pas toujours. On dirait presqu'il fallait déjà connaitre cette période pour bien comprendre l'histoire ce qui n'est pas mon cas. J'ai souvent du revenir à la présentation des personnages présent en début d'album pour bien me rappeler qui était qui et qui était lié à qui. Au final, une série qui accumule les problèmes récurrent de la collection Vécu de Glénat: dessin réaliste moyen, scénario trop accès vers l'action, personnages inintéressants même les personnages historiques qui ont vécu des choses intéressantes dans la vraie vie et de la nudité gratuite pas du tout émoustillant.