Pas assez loufoque ni absurde
-
Ce tome comprend un récit complet qui ne nécessite pas de connaissance particulière du personnage de Batman. Il est initialement paru sous la forme de deux épisodes de 44 pages, en 2007, écrits, dessinés et encrés par Sam Kieth, mis en couleurs par Alex Sinclair.
De manière imprévu, une voix se fait entendre dans la tête de Batman, le prévenant qu'il va être transporté dans une base spatiale située à 7,2 années-lumière de la Terre pour accomplir une mystérieuse mission. Il y est accueilli par une femme appelée Sophie qui lui explique qu'il a sûrement dû être contacté par Astrella pour endiguer une épidémie qui ne touche que les femmes, les transformant en véritable furie. Alors qu'ils arrivent à proximité du cadavre d'une victime, Lobo se matérialise devant eux clamant son innocence quant au cadavre. Batman n'en croit pas un mot et ils commencent à se battre entre eux, Sophie s'éloignant, éprouvant des chaleurs, finissant par se mettre dans une tenue plus détendue, s'emparant d'une arme à feu et tirant sur tout ce qui bouge.
Au moins, Sam Kieth l'annonce dès le début : ce récit relève de la farce, que ce soit avec le personnage outré de Lobo, ou avec ce mystérieux virus qui transforme les femmes en foldingue (Kieth ne pousse pas le bouchon jusqu'à évoquer un symptôme prémenstruel, mais on n'en est pas loin), évoquant vaguement une forme de libération par rapport à leur condition. Pour ce récit, Sam Kieth a construit une intrigue plus linéaire et plus directe, l'infection passant par plusieurs femmes successives (dont une énorme surprise pour l'avant dernière), les transformant en de dangereuses tueuses l'une après l'autre, suivie par le duo Batman & Lobo. Le lecteur se rend compte que l'auteur est plus intéressé par Batman que par Lobo qui ne sert que de faire-valoir comique. Il continue à réaliser des dessins plus expressionnistes que descriptifs, avec une exagération parodique bien adaptée à un individu qui s'habille en chauve-souris et un autre qui est l'incarnation vivante du machisme dans tous ses excès. En plus, il bénéficie d'une mise en couleurs un peu vive, réalisée par Alex Sinclair qui trouve le bon équilibre entre préserver les ténèbres souhaitées par Kieth, habiller des fonds de case de plus en plus vides, et apporter un peu de vie par le biais de couleurs plus vives. Le lecteur se laisse emporter par une aventure décomplexée, vaguement féministe, vaguement provocatrice, avec une fin aussi dramatique que grotesque.
Le lecteur ne se trompe pas sur les intentions de l'auteur, raconter une farce évoquant la condition féminine avec une touche de dérision. Les dessins restent dans une exagération présente dans chaque case, pour des visuels impressionnants et totalement sarcastiques. L'intrigue n'est pas épaisse, et il est impossible de croire aux personnages ne serait-ce qu'un seul instant. Finalement Sam Kieth aurait dû se lâcher encore plus dans l'absurde pour pouvoir rivaliser avec d'autres histoires de Lobo, comme celles d'Alan Grant, Keith Giffen et Simon Bisley dans La balade de Lobo.
Ça fait très longtemps que j'avais cette BD mais j'ai oublié de l'aviser, tout simplement parce que j'avais oublié l'histoire après lecture. Et à la relecture, ben je suis pas sur d'avoir très bien compris ce qu'il s'y passe.
C'est clairement de la BD X à l'ancienne, avec des chapitres courts qui devaient surement paraitre en magazine, et le dessin de Fretet qui marche franchement bien. Il a son trait crayonné qui joue sur l'ambiance polar noir, collant au récit.
Maintenant, faut bien avouer que j'ai pas tout compris au scénario qui part dans tout les sens sans vraiment se conclure. Les deux petites histoires finales sont sympathiques mais la bonne idée qu'elle contient à chaque fois ne suffit pas à la faire vraiment décoller. C'est du bof, disons qu'on est pas dans le cul sans scénario, mais que ça vole pas très haut non plus. Je dois dire qu'après lecture d'autres BD du genre de bien meilleures qualités, ça reste bien trop modeste niveau qualités. Fretet a fait mieux, mais son dessin est toujours autant agréable.
Ce que j'ai pris initialement pour une BD non pas vraiment documentaire mais au moins basée sur des observations et constats objectifs s'est révélé trop rapidement prendre la forme d'un discours politique très marqué et ça m'a vite gonflé.
Sur la base de chapitres de quelques pages au graphisme très moyen, avec souvent plus de texte que de dessin, l'autrice réagit à des sujets d'actualité qu'il s'agisse d'informations momentanées mais aussi de thèmes d'époque plus globaux. Elle étaie ses paroles de résultats d'études, de pourcentages et de rapports d'enquête, mais elle les interprète le plus souvent comme elle l'entend, pour appuyer son schéma de pensée anticapitaliste, avec beaucoup de généralisations et de sauts aux conclusions. De fait, si le fondement de ses observations est correct, son interprétation est souvent biaisée, avec régulièrement comme conclusion des solutions toutes faites assenées comme évidentes sans plus étayer leurs possibilités et conséquences. Du style, tout irait mieux dans le meilleur des mondes si tous les citoyens avaient le même revenu garanti quelque soit leur travail.
Le sujet qui m'a le plus agacé à titre personnel est dans l'album sur la Charge Emotionnelle qui traite en grande partie des violences faites aux femmes et de la charge de travail qu'une femme au foyer accepte sans sourciller. J'ai eu l'impression de voir un discours daté, montrant comme une évidence une France rétrograde où les hommes sont au boulot tandis que les femmes sont au foyer ou s'occupent de toutes les tâches de maison en plus de leur boulot, alors que la majorité des gens que je connais partagent les tâches équitablement, et même parfois l'inverse. Et la solution assenée par l'autrice traite les symptômes plutôt que la cause : elle propose un salaire payé par l'état aux femmes au foyer (encore une fois sans étayer davantage les sources et conséquences de cette solution), plutôt que de prôner l'éducation des enfants pour qu'il soit clair dans leur tête qu'hommes et femmes sont égaux devant les tâches tant professionnelles que domestiques.
Un album qui m’a laissé un peu perplexe. Je ne sais pas trop quoi en penser ou en dire, si ce n’est que je n’y reviendrai pas.
Quasiment pas de dialogues – et peu de textes en définitive. Nous suivons un homme, fabriquant de tapis de son état, qui part vendre sa production au marché de la ville la plus proche (nous sommes dans l’Europe centrale du début du XXème siècle, dans une communauté juive d’avant les pogroms). Ce sont ses réflexions, ses pensées, qui accompagnent ses pas.
Le ton est fataliste et le rythme est lent. Notre vendeur de tapis ne trouve pas d’acheteur, ses maigres certitudes, son train-train quotidien s’estompent, il n’est fait ni pour le changement ni pour la modernité.
Bref, un personnage quelconque et peu attachant, et une histoire qui manque singulièrement d’aspérité – et qui se finit de façon abrupte, sans réelle fin. Ça n’est pas une bouse, mais ça n’est pas non plus ma came.
Mouais ! Bof bof.
Ça partait bien pourtant. Le dessin me plaisait assez, même si je ne suis en général pas très fana des représentations infographiquées. Mais là, il faut reconnaître que ça a de la tenue quand même.
Ce qui pour moi plombe cette BD, c'est d'une part une histoire vite expédiée et vite lue (alors qu'il y avait largement moyen de proposer un truc ô combien plus étoffé), et d'autre part des raccourcis dans le scénarios qui confinent à des lacunes. J'ai refermé Kaya avec le sentiment gêné et gênant que les auteurs eux-mêmes ne savaient pas où ils allaient. Vers le sud ?
C'était bien la peine de s'y mettre à six si c'était pour faire ce qui passerait tout juste pour un préambule.
J'ai dit six auteurs ? Il faut ajouter ceux qui ont conçu les sons. Parce que oui, cette BD est accompagnée par une bande originale... que je n'ai malheureusement pas pu écouter, ne possédant pas de smartphone. Mais là, déjà, j'entrevois le côté gadget. Est-ce que c'était une bonne idée de créer une vraie BO ? Pas certain du tout. Je pense à Alex W. Inker qui, pour sa BD Colorado Train, avait fourni des propositions musicales avec chacune de ses têtes de chapitre. Il aurait pu fournir un support CD, mais en fait, le lecteur est autonome. S'il veut écouter Weezer, Fugazi ou bien Sonic Youth en lisant sa BD, et bien libre à lui. Dans le cas présent aussi me direz-vous, on peut très bien ne pas scanner le QR code, mais la chose fait dans Kaya intégralement partie du projet : on a écrit de la musique exprès pour l'occasion, rendez-vous compte ! Toutefois, je n'en pense pas moins : mouais, c'est une fausse bonne idée, et à mon sens, ça reste un gadget. Mais certes, je le reconnais volontiers : j'aurais dû l'écouter pour me prononcer.
Si l'on veut bien laisser de cîoté cette affaire de bande son, le gros écueil de Kaya, c'est bel et bien son scénario décousu, apocalyptique et sans aucun espoir (super ! On n'avait pas trop besoin de ça en ce moment), mais fin comme un papier à cigarette. Vite lu, vite oublié, ce récit supporte bien trop de non-dits, et les raccourcis, pour ne pas dire les coupes franches, trop nombreux, privent le lecteur de toutes chances de "rentrer dedans". On vol de juxtapositions en juxtapositions. C'est dommage car il me semble qu'il y avait largement moyen de moyenner !
PS : j'ai depuis eu l'occasion d'écouter la BO de cette BD (j'ai des amis qui ont des smartphones, hi hi). C'est bien ce que je pensais : hormis la bonne tenue des musiques et le travail que cela a du demandé, c'est pour moi bel et bien un gadget qui n'apporte rien.
J'ai trouvé cet album très particulier. J'ai l'impression que Dominique Monféry construit ses scénarii sur la base d'une œuvre célèbre existante. J'avais déjà remarqué cela dans son Evil Road qui reprenait le Duel de Spielberg de façon humoristique.
Ici le cœur du récit de Monféry nous renvoie à l'univers de Jack London ( Californie, Klondike) avec pour seule indication sur l'album une citation de l'auteur américain assez banale. Ce qui m'a fait tiquer est que toute la partie centrale du face à face avec les loups est un copier/coller de la scène d'introduction de "Croc Blanc". Tout y est: le cadavre transporté, la louve en chaleur, le nombre de cartouches, jusqu'au sauvetage in extrémiste.
A ce niveau je me demande si on reste dans l'hommage? Le reste du scénario me semble être un habillage assez habile autour de ce cœur de tension dramatique. Il faut dire que l'auteur avait choisi une route compliquée avec une femme de type mannequin au milieu de nul part dans un monde de rudes mineurs. C'est assez improbable et périlleux ainsi que le débat sur la légitimité de rendre soi-même justice pour savoir quoi faire du prisonnier.
J'ai senti la narration enfermée sur elle même et finalement choisissant une pirouette pour se sortir de ce mauvais débat.
Le graphisme est assez paradoxale. Le trait est soigné, c'est expressif et dynamique mais... nous sommes en hiver au Klondike! Là je trouve que l'ambiance n'y est pas du tout; Il fait facilement -20 le jour et -40 la nuit. Dans ce type de récit le Froid est forcément un personnage principal de la narration. Ici Edith et Hans se promènent sans rien sur la tête, ne se protègent ni oreilles ni nez et Edith porte un simple châle comme pour faire sa promenade du soir.
En voulant créer du dynamisme de mouvements, l'auteur tue la crédibilité de l'ambiance de grand froid. Je ne m'y suis jamais cru. Enfin le final style happy end ne m'a pas convaincu du tout.
Une lecture qui m'interroge sur de nombreux passages. Décevant
Ilenter est donc le nom de cette communauté, coincée dans un territoire par un hiver sans fin, une faille sans fond et sous la coupe de deux patriarches aux visées nébuleuses. C'est en son sein que la jeune Ilia décide de bousculer l'ordre établi, de changer sa destinée. Mais bien sûr, son entourage va tout faire (assez peu, au final) pour l'en dissuader.
J'ai eu l'impression, en analysant l'univers et les enjeux, de lire une redite d'un certain nombre de pitchs de séries de fantasy young adults. Vous voyez, ces romans aux couvertures colorées interchangeables qui ont un peu pris le pas sur les rayons traditionnels de l'imaginaire en librairie. Un système de castes, une rebelle, des pionniers dont on cherche à retrouver la trace. Rien de bien original sur le papier, mais ça peut faire une bd pour ados sympathique.
Sauf que.
Sauf que là, c'est compressé dans un album de 96 pages qui en paraissent 52, que l'histoire se concentre sur Ilia, et que tout le background est expédié en quelques répliques. Trop rapide. Trop frustrant. J'aurais aimé comprendre comment Harang et Bagar ont vraiment pris le pouvoir. Voir Fira, malgré ses années d'exil, douter face aux certitudes de sa fille. En savoir plus sur les a-reflets, etc. J'ai finalement lu l'album en très peu de temps, et la certitude en le refermant c'est que je vais vite l'oublier, à cause de ce rythme narratif.
Le dessin de Moon Li est plus naïf que sur Zoya, un peu trop simplifié peut-être. Les couleurs informatiques ne sont pas désagréables, mais manquent peut-être d'un peu d'âme.
Sur la foi du nom des auteurs ( surtout Conrad) et un peu des avis élogieux, je me suis offert les intégrales des cinq cycles , tout beau tout neuf ! Hélas j'ai vraiment été dérouté et déçu par ma lecture du cycle zéro.
Outre le fait que le dessin de Conrad est encore en gestation avec un trait hésitant et imprécis, c'est surtout la construction scénaristique qui m'a désorienté. J'ai trouvé cela vieillot, décousu avec un humour de gamin usé jusqu'à la corde.
Iconoclaste et novateur à l'époque me répondront les afficionados de la série. Mouais peut être dans le monde de la BD franco belge mais MASH avait déjà dix ans d'âge et la moquerie de l'armée US en 1980 ressemble plus à un tir facile sur une ambulance qu'un vrai défi éditorial.
Ensuite les gags et les dialogues partent dans tous les sens sans réelle cohérence dans l'humour. On a vraiment l'impression d'un brainstorming recopié.
Iconoclaste ? Pour l'utilisation abusive du nu féminin ?
J'ai ensuite essayé le cycle coréen sans plus de succès. On se retrouve avec des super modèles asiatiques T34 (un fantasme ?) sur presque toutes les planches. C'est du niveau du moindre vendeur de pubs automobiles. Une recette vieille comme le monde.
Bien sûr plus tard, le trait de Conrad s'affermit et devient ce que j'aime beaucoup mais le mal est fait je trouve cette série complétement "has been".
Pas à mon goût.
Cet album n’est pas très courant, et il se révèle relativement inclassable. Certes, un certain humour domine, mais le cadre historique est aussi très présent.
L’intrigue se déroule à Grenade en 1492, au moment où les rois catholiques vont s’emparer du dernier bastion musulman (et accessoirement refuge pour les juifs) et forcer tout le monde à se convertir (le fameux "jambon pour tout le monde" donc). Dans ce cadre historique bien cerné, Olive s’intéresse surtout à quelques habitants de Grenade, jusqu’à la défaite finale, qui amènera certains à fuir vers l’Afrique (amusant contrepied de la situation actuelle au passage !).
Le ton est globalement à l’humour, Olive utilisant certains anachronismes, surtout au niveau du langage, les personnages usant de termes et d’un phrasé issu des cités de banlieues actuelles (l’auteur est semble-t-il amateur de graffiti et a publié dans plusieurs fanzines hip-hop). Ce décalage aurait pu être amusant, mais ça ne m’a pas souvent convaincu.
Le dessin est très simple, rondouillard, proche de ce que pouvait faire Farid Boudjellal.
Au final, j’ai trouvé cet album original (sujet et ton employé pour le traiter), mais il m’a laissé sur ma faim. Pas assez caustique sans doute.
Note réelle 2,5/5.
Une série concept qui pouvait avoir quelques potentiels, mais qui m’a souvent laissé sur ma faim. En tout cas qui s’est révélée inégale. Et cet album fait partie de ceux qui m’ont déçu.
J’ai trouvé l’histoire creuse, manquant de surprise, trop linéaire, et finalement sans grand intérêt. L’apport de cet « homme » à la grande Histoire – en l’occurrence à la « découverte » des Amériques par Christophe Colomb – m’est apparu ici à la fois mince et artificiel.
Enfin, le dessin, s’il fait le travail et est lisible, n’est pas non plus transcendant. C’est franchement très très quelconque !
Vite lu, aussi vite oublié.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Batman / Lobo (Bisley)
Pas assez loufoque ni absurde - Ce tome comprend un récit complet qui ne nécessite pas de connaissance particulière du personnage de Batman. Il est initialement paru sous la forme de deux épisodes de 44 pages, en 2007, écrits, dessinés et encrés par Sam Kieth, mis en couleurs par Alex Sinclair. De manière imprévu, une voix se fait entendre dans la tête de Batman, le prévenant qu'il va être transporté dans une base spatiale située à 7,2 années-lumière de la Terre pour accomplir une mystérieuse mission. Il y est accueilli par une femme appelée Sophie qui lui explique qu'il a sûrement dû être contacté par Astrella pour endiguer une épidémie qui ne touche que les femmes, les transformant en véritable furie. Alors qu'ils arrivent à proximité du cadavre d'une victime, Lobo se matérialise devant eux clamant son innocence quant au cadavre. Batman n'en croit pas un mot et ils commencent à se battre entre eux, Sophie s'éloignant, éprouvant des chaleurs, finissant par se mettre dans une tenue plus détendue, s'emparant d'une arme à feu et tirant sur tout ce qui bouge. Au moins, Sam Kieth l'annonce dès le début : ce récit relève de la farce, que ce soit avec le personnage outré de Lobo, ou avec ce mystérieux virus qui transforme les femmes en foldingue (Kieth ne pousse pas le bouchon jusqu'à évoquer un symptôme prémenstruel, mais on n'en est pas loin), évoquant vaguement une forme de libération par rapport à leur condition. Pour ce récit, Sam Kieth a construit une intrigue plus linéaire et plus directe, l'infection passant par plusieurs femmes successives (dont une énorme surprise pour l'avant dernière), les transformant en de dangereuses tueuses l'une après l'autre, suivie par le duo Batman & Lobo. Le lecteur se rend compte que l'auteur est plus intéressé par Batman que par Lobo qui ne sert que de faire-valoir comique. Il continue à réaliser des dessins plus expressionnistes que descriptifs, avec une exagération parodique bien adaptée à un individu qui s'habille en chauve-souris et un autre qui est l'incarnation vivante du machisme dans tous ses excès. En plus, il bénéficie d'une mise en couleurs un peu vive, réalisée par Alex Sinclair qui trouve le bon équilibre entre préserver les ténèbres souhaitées par Kieth, habiller des fonds de case de plus en plus vides, et apporter un peu de vie par le biais de couleurs plus vives. Le lecteur se laisse emporter par une aventure décomplexée, vaguement féministe, vaguement provocatrice, avec une fin aussi dramatique que grotesque. Le lecteur ne se trompe pas sur les intentions de l'auteur, raconter une farce évoquant la condition féminine avec une touche de dérision. Les dessins restent dans une exagération présente dans chaque case, pour des visuels impressionnants et totalement sarcastiques. L'intrigue n'est pas épaisse, et il est impossible de croire aux personnages ne serait-ce qu'un seul instant. Finalement Sam Kieth aurait dû se lâcher encore plus dans l'absurde pour pouvoir rivaliser avec d'autres histoires de Lobo, comme celles d'Alan Grant, Keith Giffen et Simon Bisley dans La balade de Lobo.
Sex Addict Story
Ça fait très longtemps que j'avais cette BD mais j'ai oublié de l'aviser, tout simplement parce que j'avais oublié l'histoire après lecture. Et à la relecture, ben je suis pas sur d'avoir très bien compris ce qu'il s'y passe. C'est clairement de la BD X à l'ancienne, avec des chapitres courts qui devaient surement paraitre en magazine, et le dessin de Fretet qui marche franchement bien. Il a son trait crayonné qui joue sur l'ambiance polar noir, collant au récit. Maintenant, faut bien avouer que j'ai pas tout compris au scénario qui part dans tout les sens sans vraiment se conclure. Les deux petites histoires finales sont sympathiques mais la bonne idée qu'elle contient à chaque fois ne suffit pas à la faire vraiment décoller. C'est du bof, disons qu'on est pas dans le cul sans scénario, mais que ça vole pas très haut non plus. Je dois dire qu'après lecture d'autres BD du genre de bien meilleures qualités, ça reste bien trop modeste niveau qualités. Fretet a fait mieux, mais son dessin est toujours autant agréable.
Un Autre Regard
Ce que j'ai pris initialement pour une BD non pas vraiment documentaire mais au moins basée sur des observations et constats objectifs s'est révélé trop rapidement prendre la forme d'un discours politique très marqué et ça m'a vite gonflé. Sur la base de chapitres de quelques pages au graphisme très moyen, avec souvent plus de texte que de dessin, l'autrice réagit à des sujets d'actualité qu'il s'agisse d'informations momentanées mais aussi de thèmes d'époque plus globaux. Elle étaie ses paroles de résultats d'études, de pourcentages et de rapports d'enquête, mais elle les interprète le plus souvent comme elle l'entend, pour appuyer son schéma de pensée anticapitaliste, avec beaucoup de généralisations et de sauts aux conclusions. De fait, si le fondement de ses observations est correct, son interprétation est souvent biaisée, avec régulièrement comme conclusion des solutions toutes faites assenées comme évidentes sans plus étayer leurs possibilités et conséquences. Du style, tout irait mieux dans le meilleur des mondes si tous les citoyens avaient le même revenu garanti quelque soit leur travail. Le sujet qui m'a le plus agacé à titre personnel est dans l'album sur la Charge Emotionnelle qui traite en grande partie des violences faites aux femmes et de la charge de travail qu'une femme au foyer accepte sans sourciller. J'ai eu l'impression de voir un discours daté, montrant comme une évidence une France rétrograde où les hommes sont au boulot tandis que les femmes sont au foyer ou s'occupent de toutes les tâches de maison en plus de leur boulot, alors que la majorité des gens que je connais partagent les tâches équitablement, et même parfois l'inverse. Et la solution assenée par l'autrice traite les symptômes plutôt que la cause : elle propose un salaire payé par l'état aux femmes au foyer (encore une fois sans étayer davantage les sources et conséquences de cette solution), plutôt que de prôner l'éducation des enfants pour qu'il soit clair dans leur tête qu'hommes et femmes sont égaux devant les tâches tant professionnelles que domestiques.
Le Jour du Marché
Un album qui m’a laissé un peu perplexe. Je ne sais pas trop quoi en penser ou en dire, si ce n’est que je n’y reviendrai pas. Quasiment pas de dialogues – et peu de textes en définitive. Nous suivons un homme, fabriquant de tapis de son état, qui part vendre sa production au marché de la ville la plus proche (nous sommes dans l’Europe centrale du début du XXème siècle, dans une communauté juive d’avant les pogroms). Ce sont ses réflexions, ses pensées, qui accompagnent ses pas. Le ton est fataliste et le rythme est lent. Notre vendeur de tapis ne trouve pas d’acheteur, ses maigres certitudes, son train-train quotidien s’estompent, il n’est fait ni pour le changement ni pour la modernité. Bref, un personnage quelconque et peu attachant, et une histoire qui manque singulièrement d’aspérité – et qui se finit de façon abrupte, sans réelle fin. Ça n’est pas une bouse, mais ça n’est pas non plus ma came.
Kaya
Mouais ! Bof bof. Ça partait bien pourtant. Le dessin me plaisait assez, même si je ne suis en général pas très fana des représentations infographiquées. Mais là, il faut reconnaître que ça a de la tenue quand même. Ce qui pour moi plombe cette BD, c'est d'une part une histoire vite expédiée et vite lue (alors qu'il y avait largement moyen de proposer un truc ô combien plus étoffé), et d'autre part des raccourcis dans le scénarios qui confinent à des lacunes. J'ai refermé Kaya avec le sentiment gêné et gênant que les auteurs eux-mêmes ne savaient pas où ils allaient. Vers le sud ? C'était bien la peine de s'y mettre à six si c'était pour faire ce qui passerait tout juste pour un préambule. J'ai dit six auteurs ? Il faut ajouter ceux qui ont conçu les sons. Parce que oui, cette BD est accompagnée par une bande originale... que je n'ai malheureusement pas pu écouter, ne possédant pas de smartphone. Mais là, déjà, j'entrevois le côté gadget. Est-ce que c'était une bonne idée de créer une vraie BO ? Pas certain du tout. Je pense à Alex W. Inker qui, pour sa BD Colorado Train, avait fourni des propositions musicales avec chacune de ses têtes de chapitre. Il aurait pu fournir un support CD, mais en fait, le lecteur est autonome. S'il veut écouter Weezer, Fugazi ou bien Sonic Youth en lisant sa BD, et bien libre à lui. Dans le cas présent aussi me direz-vous, on peut très bien ne pas scanner le QR code, mais la chose fait dans Kaya intégralement partie du projet : on a écrit de la musique exprès pour l'occasion, rendez-vous compte ! Toutefois, je n'en pense pas moins : mouais, c'est une fausse bonne idée, et à mon sens, ça reste un gadget. Mais certes, je le reconnais volontiers : j'aurais dû l'écouter pour me prononcer. Si l'on veut bien laisser de cîoté cette affaire de bande son, le gros écueil de Kaya, c'est bel et bien son scénario décousu, apocalyptique et sans aucun espoir (super ! On n'avait pas trop besoin de ça en ce moment), mais fin comme un papier à cigarette. Vite lu, vite oublié, ce récit supporte bien trop de non-dits, et les raccourcis, pour ne pas dire les coupes franches, trop nombreux, privent le lecteur de toutes chances de "rentrer dedans". On vol de juxtapositions en juxtapositions. C'est dommage car il me semble qu'il y avait largement moyen de moyenner ! PS : j'ai depuis eu l'occasion d'écouter la BO de cette BD (j'ai des amis qui ont des smartphones, hi hi). C'est bien ce que je pensais : hormis la bonne tenue des musiques et le travail que cela a du demandé, c'est pour moi bel et bien un gadget qui n'apporte rien.
Mortel Imprévu
J'ai trouvé cet album très particulier. J'ai l'impression que Dominique Monféry construit ses scénarii sur la base d'une œuvre célèbre existante. J'avais déjà remarqué cela dans son Evil Road qui reprenait le Duel de Spielberg de façon humoristique. Ici le cœur du récit de Monféry nous renvoie à l'univers de Jack London ( Californie, Klondike) avec pour seule indication sur l'album une citation de l'auteur américain assez banale. Ce qui m'a fait tiquer est que toute la partie centrale du face à face avec les loups est un copier/coller de la scène d'introduction de "Croc Blanc". Tout y est: le cadavre transporté, la louve en chaleur, le nombre de cartouches, jusqu'au sauvetage in extrémiste. A ce niveau je me demande si on reste dans l'hommage? Le reste du scénario me semble être un habillage assez habile autour de ce cœur de tension dramatique. Il faut dire que l'auteur avait choisi une route compliquée avec une femme de type mannequin au milieu de nul part dans un monde de rudes mineurs. C'est assez improbable et périlleux ainsi que le débat sur la légitimité de rendre soi-même justice pour savoir quoi faire du prisonnier. J'ai senti la narration enfermée sur elle même et finalement choisissant une pirouette pour se sortir de ce mauvais débat. Le graphisme est assez paradoxale. Le trait est soigné, c'est expressif et dynamique mais... nous sommes en hiver au Klondike! Là je trouve que l'ambiance n'y est pas du tout; Il fait facilement -20 le jour et -40 la nuit. Dans ce type de récit le Froid est forcément un personnage principal de la narration. Ici Edith et Hans se promènent sans rien sur la tête, ne se protègent ni oreilles ni nez et Edith porte un simple châle comme pour faire sa promenade du soir. En voulant créer du dynamisme de mouvements, l'auteur tue la crédibilité de l'ambiance de grand froid. Je ne m'y suis jamais cru. Enfin le final style happy end ne m'a pas convaincu du tout. Une lecture qui m'interroge sur de nombreux passages. Décevant
Ilenter
Ilenter est donc le nom de cette communauté, coincée dans un territoire par un hiver sans fin, une faille sans fond et sous la coupe de deux patriarches aux visées nébuleuses. C'est en son sein que la jeune Ilia décide de bousculer l'ordre établi, de changer sa destinée. Mais bien sûr, son entourage va tout faire (assez peu, au final) pour l'en dissuader. J'ai eu l'impression, en analysant l'univers et les enjeux, de lire une redite d'un certain nombre de pitchs de séries de fantasy young adults. Vous voyez, ces romans aux couvertures colorées interchangeables qui ont un peu pris le pas sur les rayons traditionnels de l'imaginaire en librairie. Un système de castes, une rebelle, des pionniers dont on cherche à retrouver la trace. Rien de bien original sur le papier, mais ça peut faire une bd pour ados sympathique. Sauf que. Sauf que là, c'est compressé dans un album de 96 pages qui en paraissent 52, que l'histoire se concentre sur Ilia, et que tout le background est expédié en quelques répliques. Trop rapide. Trop frustrant. J'aurais aimé comprendre comment Harang et Bagar ont vraiment pris le pouvoir. Voir Fira, malgré ses années d'exil, douter face aux certitudes de sa fille. En savoir plus sur les a-reflets, etc. J'ai finalement lu l'album en très peu de temps, et la certitude en le refermant c'est que je vais vite l'oublier, à cause de ce rythme narratif. Le dessin de Moon Li est plus naïf que sur Zoya, un peu trop simplifié peut-être. Les couleurs informatiques ne sont pas désagréables, mais manquent peut-être d'un peu d'âme.
Les Innommables
Sur la foi du nom des auteurs ( surtout Conrad) et un peu des avis élogieux, je me suis offert les intégrales des cinq cycles , tout beau tout neuf ! Hélas j'ai vraiment été dérouté et déçu par ma lecture du cycle zéro. Outre le fait que le dessin de Conrad est encore en gestation avec un trait hésitant et imprécis, c'est surtout la construction scénaristique qui m'a désorienté. J'ai trouvé cela vieillot, décousu avec un humour de gamin usé jusqu'à la corde. Iconoclaste et novateur à l'époque me répondront les afficionados de la série. Mouais peut être dans le monde de la BD franco belge mais MASH avait déjà dix ans d'âge et la moquerie de l'armée US en 1980 ressemble plus à un tir facile sur une ambulance qu'un vrai défi éditorial. Ensuite les gags et les dialogues partent dans tous les sens sans réelle cohérence dans l'humour. On a vraiment l'impression d'un brainstorming recopié. Iconoclaste ? Pour l'utilisation abusive du nu féminin ? J'ai ensuite essayé le cycle coréen sans plus de succès. On se retrouve avec des super modèles asiatiques T34 (un fantasme ?) sur presque toutes les planches. C'est du niveau du moindre vendeur de pubs automobiles. Une recette vieille comme le monde. Bien sûr plus tard, le trait de Conrad s'affermit et devient ce que j'aime beaucoup mais le mal est fait je trouve cette série complétement "has been". Pas à mon goût.
Jambon pour tout le monde
Cet album n’est pas très courant, et il se révèle relativement inclassable. Certes, un certain humour domine, mais le cadre historique est aussi très présent. L’intrigue se déroule à Grenade en 1492, au moment où les rois catholiques vont s’emparer du dernier bastion musulman (et accessoirement refuge pour les juifs) et forcer tout le monde à se convertir (le fameux "jambon pour tout le monde" donc). Dans ce cadre historique bien cerné, Olive s’intéresse surtout à quelques habitants de Grenade, jusqu’à la défaite finale, qui amènera certains à fuir vers l’Afrique (amusant contrepied de la situation actuelle au passage !). Le ton est globalement à l’humour, Olive utilisant certains anachronismes, surtout au niveau du langage, les personnages usant de termes et d’un phrasé issu des cités de banlieues actuelles (l’auteur est semble-t-il amateur de graffiti et a publié dans plusieurs fanzines hip-hop). Ce décalage aurait pu être amusant, mais ça ne m’a pas souvent convaincu. Le dessin est très simple, rondouillard, proche de ce que pouvait faire Farid Boudjellal. Au final, j’ai trouvé cet album original (sujet et ton employé pour le traiter), mais il m’a laissé sur ma faim. Pas assez caustique sans doute. Note réelle 2,5/5.
L'Homme de l'Année - 1492
Une série concept qui pouvait avoir quelques potentiels, mais qui m’a souvent laissé sur ma faim. En tout cas qui s’est révélée inégale. Et cet album fait partie de ceux qui m’ont déçu. J’ai trouvé l’histoire creuse, manquant de surprise, trop linéaire, et finalement sans grand intérêt. L’apport de cet « homme » à la grande Histoire – en l’occurrence à la « découverte » des Amériques par Christophe Colomb – m’est apparu ici à la fois mince et artificiel. Enfin, le dessin, s’il fait le travail et est lisible, n’est pas non plus transcendant. C’est franchement très très quelconque ! Vite lu, aussi vite oublié.