Les derniers avis (19948 avis)

Par Présence
Note: 2/5
Couverture de la série Secret War
Secret War

Belles planches - Ce recueil regroupe les 5 épisodes de la minisérie (rien à voir avec Secret Wars de Jim Shooter & Mike Zeck, ou Secret Wars II de Jim Shooter & Al Milgrom) parue en 2004, ainsi que le numéro spécial From the files of Nick Fury (composé de fiches de type Who's who sur les personnages de l'histoire). Brian Michael Bendis a déclaré à plusieurs reprises que cette histoire contient les prémices de Secret Invasion . L'histoire commence par une agression perpétrée à l'encontre de Luke Cage qui termine à l'hôpital où les médecins ne savent pas comment l'opérer du fait de sa peau impénétrable. Cette situation est la conséquence d'une opération secrète commanditée et dirigée par Nick Fury contre l'avis du président des États Unis. Le chef du SHIELD a découvert qu'une organisation terroriste fournissait des armes à des supercriminels opérant sur le sol américain. Il mène son enquête qui le conduit à Lucia von Bardas, à l'époque première ministre de la Latvérie. Nick Fury réunit officieusement Natalia Romanova (Black Widow), Steve Rogers (Captain America), Matt Murdock (Daredevil), Luke Cage, Peter Parker (Spider-Man), James Howlett (Wolverine) et Daisy Johnson dans un commando secret ayant pour mission de pénétrer en Latvérie pour mettre un terme à ces agissements de nature terroriste. Bendis raconte son histoire en retours en arrières. Chaque épisode est composé de 22 pages peintes par Gabriele Dell'Otto (un illustrateur italien) et complété par de 6 à 12 pages de textes qui sont soit des interrogatoires des criminels par des agents du SHIELD tels que Jimmy Woo (ancien et futur membre des Agents of Atlas, cf. Agents of Atlas ) ou Jasper Sitwell, ou par des fiches de type Who's who. Comme d'habitude, chaque conversation entre héros est l'occasion de déguster les dialogues toujours sophistiqués de Bendis. Les illustrations sont agréables à l'œil, mais rapidement, il apparaît que la narration séquentielle n'est pas le fort de Dell'Otto et que sa vision de l'esthétique des différents personnages n'a rien de franchement originale. Les dessins sont donc d'un niveau supérieur à la moyenne, sans être pour autant un enchantement visuel ou une merveille de fluidité narrative. Si vous recherchez une bonne histoire de Bendis, celle-ci ne figure pas parmi les meilleures (essayez plutôt House of M) ; soit vous êtes un accro de la continuité Marvel et vous saurez comment Nick Fury a été destitué de son poste de commandement du SHIELD (point de départ de ses enquêtes jusqu'à la découverte de l'infiltration des skrulls) et d'où vient Daisy Johnson.

10/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 2/5
Couverture de la série Joker
Joker

Un simple psychopathe - J'avais bien aimé ce qu'Azzarello et Bermejo avaient fait de Lex Luthor dans Lex Luthor, homme d'acier et c'est donc avec impatience que je me suis plongé dans la découverte de leur vision du Joker. L'histoire commence avec Jonny Frost qui hérite de la tâche peu enviable d'aller chercher le Joker à sa sortie de l'asile d'Arkham. L'histoire est racontée avec son point de vue de chauffeur (et un peu plus) du Joker. Ce dernier a été libéré d'Arkham pour des motifs qui resteront inconnus et ce tome le suit en train de reconquérir la place qui est la sienne dans la pègre de Gotham. Il va ainsi reprendre contact avec Harley Quinn, Killer Croc, le Penguin et Two-face, avant de devoir faire face à Batman en toute fin de volume. Brian Azzarello a pris le parti de dépeindre le Joker comme un criminel fou qui évolue au sein de la pègre pour reprendre ce qui lui appartenait. Les actions du Joker se partagent donc entre des machinations pour prendre le dessus sur les personnes qu'il conçoit comme des obstacles et les actions qu'il entreprend soit pour intimider les uns et les autres, soit simplement soit l'impulsion d'un moment de folie. Azzarello évacue donc toutes les références qui pourraient faire penser à une histoire de superhéros pour préférer tous les codes du polar tendance voyou urbain. Bien sûr tous les crimes sont atroces, les exécutions sadiques et sanglantes, les actes de folie meurtrière dérangeants et gratuits. le point de vue du chauffeur permet de percevoir à la fois l'aspect malsain et l'aspect maladie mentale du personnage principal. Mais passé les premiers instants de choc, le scénario reste en panne faute de Batman, faute de vraie folie obsessionnelle, faute de philosophie réellement nihiliste, faute d'une fin intéressante, faute de superhéros. Tous les personnages ont été sacrifiés au nom du réalisme et de la crédibilité. le Penguin est devenu un comptable de la pègre, Killer Croc n'est plus qu'un rappeur dopé aux amphétamines et à la gonflette, Two-Face est affligé d'un dédoublement de la personnalité qui le rend pitoyable, Riddler est un infirme qui vend des informations et Harley Quinn n'est plus qu'une stripteaseuse surdouée. Les illustrations de Bermejo sont travaillées et illustrent parfaitement le parti pris d'Azzarello. le rictus du Joker est une horrible cicatrice, les crimes sadiques sont révoltants, le joker n'est plus qu'un petit criminel sadique très humain et pathétique. le travail de mise en couleur est exceptionnel : on jurerait que Bermejo a peint lui-même ses planches. Au final cette histoire est victime du talent de ses auteurs : ils ont trop bien réussi à dépeindre le Joker comme un simple criminel au sadisme imprévisible. Toute la mystique du personnage s'est envolée, il n'a plus rien de surnaturel, il n'est plus surréel, il est juste humain, vicieux et ordinaire. Si vous voulez lire une bonne histoire du Joker (violente et sadique), je vous recommande plutôt Killing Joke qui est bien plus dérangeant et qui joue avec les codes des superhéros au lieu de les ignorer.

09/08/2024 (modifier)
Couverture de la série La Route
La Route

Mouais, je vais aller contre la doxa mais je n'ai pas été convaincu par cette série. Elle a beau être l'adaptation d'un prix Pulitzer et d'un film à succès je suis sorti de ma lecture sans beaucoup d'émotion. Je ne suis pas fan du genre post apocalyptique très en vogue il y a une trentaine d'années. Mac Carthy l'a remis au goût du jour dans une version road trip très noir. Larcenet s'en empare avec un graphisme de très haut niveau mais avec un scénario qui m'a laissé insensible. Je rejoins ainsi les remarques de Jeannette sur la répétitivité de nombreuses scènes, l'abus voire le voyeurisme excessif sur le cannibalisme ou les corps mutilés et suppliciés. Personnellement je trouve que l'on navigue dans la fourniture d'angoisse facile et malsaine. Comme le texte est très rare et banal, on reste captif d'un visuel paradoxal si on se réfère à la 4ème de couverture "Réfléchis à ce que tu mets dans ta tête, parce que ça y restera pour toujours." Perso pas pour cette lecture.

09/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Red Stone
Red Stone

Le western a de nouveau le vent en poupe depuis quelques années, et pas mal d’auteurs ont su faire preuve d’originalité pour renouveler quelque peu un genre assez balisé et sortir des sentiers un peu trop battus. Ça n’est hélas pas le cas de cet album, que j’ai trouvé très décevant. Le dessin tout d’abord. S’il est lisible, je l’ai trouvé inégal, manquant très souvent de détails, et parfois carrément mauvais, avec une colorisation qui manque de nuances. Mais c’est surtout l’histoire qui m’a laissé sur ma faim. J’ai trouvé l’intrigue un peu creuse, et son déroulé téléphoné, sans surprise, avec trop de facilités et peu d’intérêt. Les Indiens (d’on ne sait quelle tribu, ils sont nommés « les Indiens » et n’interviennent qu’artificiellement je trouve), les « méchants », voire même la « gentille », aucun personnage ne m’a convaincu. Certains passages sont peu crédibles (l’arrivée de la Gatling dans le bled alors qu’aucun convoi ne passe, son utilisation face aux Indiens – ils sont bien les seuls à ne pas la voir ! – ainsi que la façon dont la jeune femme et le photographe se jouent des méchants sur la fin). Bref, un western dispensable.

09/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Contrebande (La Région)
Contrebande (La Région)

Une grosse farce. Qui m’a amusé sur le premier tome, puis qui a fini par me lasser, tant manquaient les surprises, les ruptures de ton : bref, c’était un peu trop répétitif à mon goût. Au travers de cette « région » et de cette « nation », on se moque ici ouvertement – et à très gros trait – des mouvement régionalistes, voire indépendantistes, mais aussi des politiques de tous bords, adeptes de la langue de bois et de la défense médiatique de tout et son contraire. Plusieurs aspects font penser à la Corse – mais après tout d’autres sont puisés dans d’autres contrées « typées » du même ordre, on s’en fiche. Les dialogues et les situations sont outranciers et caricaturaux, et un certain nombre font mouche, sont drôles et/ou bien sentis dans la critique sous-jacente. Mais ça traine en longueur faute de se renouveler (trois tomes étaient-ils nécessaires ?). En tout cas la farce prend largement le pas sur toute critique. Pourquoi pas ? Mais si le départ m’avait plu, j’en suis globalement sorti un peu déçu. Le dessin de Jouvray est lui aussi très gras. Je l’ai connu plus fin et meilleur ailleurs, mais il fait le travail. Une lecture d’emprunt, mais qui aurait gagné à être plus féroce et resserrée je pense. Note réelle 2,5/5.

09/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Clan des Poe
Le Clan des Poe

Décidément ce n'est pas mon truc. J'ai emprunté ce pavé Manga sur le nom de Poe mais j'ai vite réalisé mon erreur. Voilà une compilation d'histoires courtes parues entre 72 et 76 dans des journaux japonais. Comme souvent le passage du feuilleton séquencé à la série suivie est difficile. On se retrouve avec un trio Edgar/Allan et Mary Belle (la sœur d'Edgar) qui tourne en rond affectivement et dans l'action. Edgar et sa sœur sont des vampires (pardon des vampanella) qui se cachent sans se cacher. La sœur tombe constamment dans les pommes par manque de sang que doit lui fournir son frère en suçant (le sang lol) des pauvres humains. Sauf qu'ici pas de grandes dents ni rien d'autre. Tous les éléments de la mythologie et de la symbolique de lutte Bien/Mal disparait au profit d'une esthétique fleurie et évanescente. Les récits sont d'un intérêt mineur et sont souvent redondants, il faut se tourner vers le graphisme de Moto Hagio. Comme souvent on se retrouve avec des femmes poupées potiches, lisses au possible et qui passent leur temp à se pâmer. Elles se ressemblent toutes et sont sans caractères. Les hommes androgynes imberbes sont plus dynamiques mais sont d'une effrayante superficialité. Le graphisme est souple et élégant dans les mouvements des planches soignées qui abusent de détails dans les costumes ou les arabesques fleuries. Les décors sont rares et bien moins travaillés. Une lecture qui m'a vite ennuyé.

08/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Jenny Finn
Jenny Finn

Quel bordel cette histoire ! Du début à la fin j’ai eu du mal à vraiment saisir où les scénaristes voulaient m’emmener. Ils puisent des idées un peu partout (le Londres des bas-fonds avec une sorte de Jack l’éventreur, un peu de Jules Verne – même si le steampunk que j’espérais n’est pas au rendez-vous, du fantastique un peu poétique avec ces personnages se transformant en poissons ou céphalopodes, etc.). Mais toutes ces sources ne font au final qu’embrouiller le lecteur, tant l’intrigue censée les liée est obscure – en tout cas pour moi. Du coup, j’ai traversé cette histoire en finissant par la survoler, et je suis incapable d’en dresser un bilan, un résumé clair. Même les moments vaguement humoristiques, en tout cas absurdes/loufoques ne m’ont pas convaincu. Du foutraque qui m’a laissé de côté.

08/08/2024 (modifier)
Couverture de la série The Moon
The Moon

Je pourrais presque faire un copier-coller de l’avis de Pasukare, tant mon ressenti est – hélas – identique. J’arrondis juste à l’étoile supérieure pour le dessin (pourtant pas mon truc, mais il y a quand même quelque chose d’intéressant sur ce plan. J’avoue n’avoir fait que survoler la dernière partie de l’album, tant celui-ci m’a d’emblée mis de côté. J’avais emprunté l’album au hasard, pensant lire quelque chose de médiéval-fantastique onirique (la couverture m’y faisait penser), et comme c’était un one-shot, j'y trouvais une occasion de parfaire ma culture manga. Las, j’ai rapidement déchanté. En effet, l’histoire n’est pas claire (c'est un euphémisme), que ce soit dans les grandes lignes ou dans les détails, dialogues ou monologues ne sont pas toujours faciles à relier à un personnage précis. Et le peu que j’ai compris de l’histoire ne m’a pas passionné. Quant au dessin, si je lui reconnais des qualités esthétiques, il est franchement trop kitsch parfois. Une préciosité qui vire à l’illustration mais qui n’est pas mon truc (le cahier graphique en couleurs en fin d’album accentue ce travers, mais le fait que l’album soit en Noir et Blanc l’atténue un peu). Bref, une histoire que j’ai déjà en grande partie oubliée alors que je l’ai lue hier ! Note réelle 1,5/5.

07/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Oxygène
Oxygène

Cette ancienne série est un peu l'exemple type des nombreuses séries qui font plouf. Toutes les remarques de Ro sont fondées à mes yeux. Le plus rédhibitoire étant la faible qualité du graphisme. La mise en couleur n'est vraiment pas du tout maîtrisée et le personnage central de Miya manque beaucoup de tonicité dans ses attitudes pour être attirante. Les personnages secondaires sont souvent simplement ébauchés au strict minimum. Mon ressenti est que cette série s'adresse à un public 8/10 ce qui rend les défauts évoqués quasi rédhibitoires. En effet, il y a une quasi-absence de violence malgré un scénario de type rébellion contre une tyrannie et les "supplices" infligés aux miliciens maladroits (peinturlurés) sont de l'ordre de la blague d'enfants. Les auteurs sont probablement passés à côté de quelque chose par manque de maîtrise et mauvais choix de la cible des lecteurs, c'est dommage. En effet, la thématique du manque d'oxygène, de la disparition des arbres, le fait de présenter une société très multi ethnique (contrairement à beaucoup de récit de SF) et cette absence de violence sont des points intéressants. Malheureusement ces bonnes idées n'ont pas suffi à créer une série dynamique et attractive. 2.5

07/08/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Amours nocturnes
Amours nocturnes

Le titre de ce manga n'a pas grand chose à voir avec son contenu (s'il doit bien y avoir une ou deux scènes de nuit, elles sont complètement anecdotiques dans l'album) et même le résumé officiel de Soleil est complètement faux : c'est visiblement celui d'un autre manga. Il s'agit en réalité d'un recueil d'histoires courtes romantiques et homosexuelles. Chacune porte sur un couple différent mais on y retrouve presque toujours la même configuration : un gars bougon et guindé d'un côté, et un autre gars mignon, souriant et plus entreprenant de l'autre. Ça peut être deux collègues de bureau, deux tenanciers d'un restaurant, des étudiants ou encore de simples inconnus. Ils sont parfois déjà en couple, viennent de se rencontrer ou se connaissent depuis longtemps sans avoir osé s'approcher plus intimement. Chaque histoire dure entre 20 et 30 pages laissant le temps de s'installer une petite atmosphère mais celle-ci est ensuite abandonnée dès le chapitre suivant puisqu'on change alors d'histoire et de protagonistes, hormis une même unité de lieu pour les 2e et 3e histoires. Le graphisme est correct à première vue mais il révèle très vite ses limites. Les garçons s'y ressemblent tous tellement qu'il m'a fallu parfois quelques pages pour réaliser qu'on ne parlait plus du même personnage. Certaines histoires sont mignonnes, avec une fin plutôt touchante. D'autres sont moins bonnes, notamment la dernière qui m'a sincèrement ennuyé. Et surtout c'est agaçant de rompre complètement l'attachement qu'on aurait pu commencer à avoir pour un couple pour passer à un autre à chaque chapitre : cette structure en histoires courtes indépendantes empêche tout développement et donne l'impression de n'avoir que le début de quelque chose puis des ruptures brutales pour passer à autre chose. A noter quelques passages très légèrement érotiques mais on n'y voit strictement rien et cela s'insère en fait dans une simple relation romantique naturelle donc pas de quoi crier au manga de cul ni de quoi choquer qui que ce soit.

07/08/2024 (modifier)