Un one-shot qui représente tout ce que je n'aime pas dans le genre Documentaire. Le sujet est intéressant, mais c'est présenté de manière peu passionnante.
Tout d'abord, le dessin est vraiment moyen, mais au moins c'est lisible. Ensuite, la mise en scène est vraiment plate. Von Braun est une personnalité intéressante parce qu'on parle quand même d'un nazi qui a fini par bosser à la NASA et est en grande partie responsable du fait qu'on a envoyé des hommes sur la lune. Comme Thepatrick, j'aurais aimé qu'on ait plusieurs intervenants qui posent le pour et le contre de la vie de Von Braun, ça aurait été plus passionnant que la bête biographie sans saveur que constitue au final l'album. En quatrième de couverture, on fait mention de la part d'ombre du personnage (notamment le fait que les prisonniers ont construit ses machines de guerre) et j'ai pas eu l'impression que c'était bien développé dans l'album lui-même.
Un one-shot dispensable.
Adaptations plus ou moins convaincantes
-
Ce tome regroupe les 4 numéros parus en 1990/1991. Il comprend 7 histoires ayant comme personnages principaux Fafrhd et le Souricier Gris, créés par Fritz Leiber et héros du Cycle des Épées (à commencer par Épées et Démons). Ces 7 histoires sont des adaptations de récits écrits par Fritz Leiber. Les scénarios sont d'Howard Chaykin, les dessins de Mike Mignola, l'encrage d'Al Williamson et la mise en couleurs de Sherlyn van Valkenburg.
Deux membres de la Guilde des Voleurs de la cité de Lankhmar ramènent à la Maison des Voleurs un important butin. Ils sont attaqués par deux malandrins qui ne s'étaient pas coordonnés. C'est ainsi que se rencontrent Gray Mouser et Fafhrd. Dans la première histoire, leurs dulcinées respectives ainsi que le vol des bijoux les amènent à devoir investir la Maison de la Guilde des Voleurs. Dans l'aventure suivante, ils parcourent le territoire de ce pays à la recherche d'aventures intéressantes. Ils croisent pour la première fois le chemin de Sheelba, un sorcier. Par la suite ils pénètrent dans une tour où vit un sorcier reclus immortel ayant peur des loups. Ils dérobent ensuite un charmant pavillon de marbre ce qui les oblige à demander l'aide de Sheelba et Nigauble (un autre sorcier). Ils ont encore à visiter un incroyable magasin dans le quartier le plus louche de Lankhmar. Puis Fafhrd rejoint un mystique prêchant la foi en Issek, alors que Gray Mouser sert de collecteur de fonds pour un caïd. Enfin une vieille légende les amène sous l'eau dans le royaume du Roi des Mers, en son absence, pour aller taquiner les femmes de son harem.
La première histoire mettant en scène Fafhrd et le Souricier Gris date de 1936, et Fritz Leiber écrira leurs aventures jusqu'en 1983, l'équivalent de sept tomes. Ils sont braves et courageux, mais ils sont aussi capable d'apprécier les liqueurs et ils courent volontiers la gueuse. Dans la préface de Chaykin et la postface de Mignola, ces auteurs expliquent que Fafhrd et le Souricier Gris ont eu un aussi grand impact sur eux que les héros de Robert E. Howard, ou ceux de Michael Moorcock. C'est la raison pour laquelle ils ont souhaité y rendre hommage au travers de cette adaptation. Si ces épisodes ont connu les honneurs d'une réédition, c'est surtout parce qu'ils ont été dessinés par Mike Mignola, peu de temps avant qu'il ne crée Hellboy, son propre personnage en 1993. À la même époque, il travaillait concomitamment sur Ironwolf, également avec Howard Chaykin.
Cette époque de la carrière de Mike Mignola correspond à l'époque charnière pendant laquelle il expérimente de plus en plus avec les aplats de noir, leur placement et leur forme, tout en s'éloignant des dessins réalistes, en particulier en ce qui concerne les silhouettes et les traits des visages. Il s'agit d'une époque où il travaille encore avec un encreur, ici un vétéran talentueux, à savoir Al Williamson. Il est visible qu'au fil des épisodes Mignola affine son style pour aller plus vers l'épure et que Williamson adapte petit à petit son travail pour mieux transcrire les crayonnés de Mignola.
Pour le premier épisode, Mignola et Williamson s'appliquent à créer un urbanisme particulier pour la cité de Lankhmar, ainsi qu'une mode vestimentaire originale. le lecteur a le plaisir de déambuler dans des quartiers exotiques, habités d'individus singuliers. Il découvre un sorcier articulant des incantations très visuelles. L'histoire est très classique et réserve peu de surprises. le dessin des visages peut fortement déconcerter si vous n'êtes pas familier du style de Mignola avec des sortes de gros pâtés en lieu et place des lèvres. le deuxième épisode permet à Mignola de s'essayer à l'évocation de différents styles de cités de part le monde de Newhon. Mais à nouveau, l'intrigue est bien mince et beaucoup trop classique. Chaykin n'arrive pas à faire passer la personnalité des deux héros. Mignola commence à se lâcher dans la troisième histoire pour favoriser l'ambiance aux détails, toujours sur une trame trop facile.
Avec la quatrième histoire, Chaykin, Mignola et Williamson ont enfin trouvé un équilibre satisfaisant pour que l'histoire dans son ensemble présente un potentiel de divertissement satisfaisant. le second degré pointe son nez, ainsi qu'une forme douce d'autodérision. Mignola prend visiblement un grand plaisir à concevoir des aménagements intérieurs qui mélangent plusieurs styles improbables tels qu'une vieille bibliothèque avec des meubles de type empire.
À partir de la cinquième histoire, Chaykin trouve un peu de verve (il faut dire que l'histoire s'y prête plus), même s'il fait encore trop reposer l'avancement du récit sur les dialogues d'exposition, et pas assez sur les images. Mais l'histoire originale de Leiber est une charge claire et transparente contre le consumérisme, parfaitement intégrée à ce monde moyenâgeux baigné de sorcellerie. Mignola conçoit des visuels baroques enchanteurs et dépaysants. Williamson a trouvé la technique d'encrage adaptée pour ne pas être en conflit avec le style de Mignola. La mise en couleurs trahit un peu son âge, et surtout une volonté trop visible de se démarquer des palettes habituelles pour faire un peu artistique. La sixième histoire est tout aussi piquante et baroque. La dernière est un peu plus convenue en ce qui concerne l'intrigue, mais toujours aussi inventive et envoutante pour les images.
Ces adaptations de Fritz Leiber ne sont pas toutes de même niveau. Il faut un peu de temps (la moitié de l'ouvrage à peu près) pour que Mignola se sente à l'aise et que Williamson travaille à l'unisson des crayonnés. Howard Chaykin se révèle peu adroit à transposer ces histoires en bandes dessinées, à la fois par la part trop importante dévolue aux dialogues d'exposition, et à la fois par son incapacité à faire passer la personnalité de Fafhrd et du Souricier Gris. Il est vraisemblable également que le choix des histoires adaptées n'ait pas été le plus judicieux.
Ce n'est qu'en cours de lecture, en cherchant la recette du Diabolo Menthe, que j'ai appris que cette BD était l'adaptation d'un film des années 70, lui-même basé sur les souvenirs de jeunesse de sa réalisatrice.
J'ai apprécié d'y découvrir la vie adolescente pré-Mai 68. La vie dans les lycées pour filles, en tout cas celui des héroïnes à Paris, avait l'air franchement pénible avec un personnel aussi désagréable que détestable, ces règlements d'un autre âge et ces tabous hypocrites. Tout semble y être fait pour démotiver et infantiliser les jeunes filles, d'une manière qui aurait pu rappeler le puritanisme de l'Angleterre Victorienne. Dans un tel contexte, il n'est pas difficile de comprendre ce qui a poussé la jeunesse à se révolter quelques années plus tard.
Et du coup, j'ai plutôt bien aimé l'idée d'y suivre deux sœurs très humaines, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs soutiens, leurs coups de griffes, leurs mesquineries et leurs engueulades.
Sauf que j'ai trouvé cette BD mal racontée. La narration est hachée, donnant l'impression de sauter d'une scène à la suivante sans réel suivi. Le dessin est très moyen, pas désagréable mais plusieurs fois j'ai confondu les deux sœurs. Et assez rapidement, j'ai abandonné l'idée de reconnaitre qui était qui parmi leurs amies.
Il n'y a pas de rythme, pas d'accroche. Et surtout, à plusieurs occasions, il m'a semblé manquer d'éléments pour bien capter ce qu'on me racontait, comme s'il avait fallu avoir vu le film pour tout comprendre. Du coup, il est aussi difficile de finir par s'attacher aux héroïnes que d'apprécier pleinement leur histoire car on a l'impression régulière d'en être écarté, comme si on en voyait des bouts mais que l'intégralité n'était pas pour vous.
Après avoir pas mal décroché des aventures des mondes d'Aldébaran, j'ai lu dans la foulée Neptune et sa suite Bellatrix. On y retrouve le duo qui s'était formé dans Neptune, à savoir Kim, l'héroïne d'Aldébaran et Manon, l'héroïne de Survivants. Celles-ci sont envoyées en mission par leurs amis extraterrestres explorer une nouvelle planète et sa population qui a le côté bien pratique d'être physiquement similaire aux humains. Leur civilisation est restée dans un drôle de mélange de Terre du 19e siècle, plus précisément de l'ouest américain, avec quelques technologies plus modernes comme des avions qui paraissent du coup un peu incongrus.
C'est donc dans une ambiance Far West que nous sommes plongés, le même genre que Leo nous avait déjà offert dans Ultime Frontière.
L'aspect Planet-Fantasy est peu exploité et laisse la place à pas mal d'action et des intrigues très humaines. On y retrouve en particulier ce concept trop répétitif chez Leo d'un groupe de fanatiques rétrogrades qui veulent imposer leur loi et rabaisser les femmes. Cette partie de l'intrigue se révèle très manichéenne, avec de vrais connards d'un côté, et les gentils héros qui essaient de leur échapper afin que la justice et la fraternité humaine s'en sortent victorieux à la fin. C'est trop simpliste, trop stéréotypé et sans surprise. Il y a juste le ressort habituel de Leo d'introduire une part de mystère : ici des êtres probablement extraterrestres qu'on aperçoit à peine et qui intriguent les héroïnes et leurs alliés.
Dans l'ensemble, j'ai ressenti l'impression d'avoir déjà lu ça de trop nombreuses fois dans les albums de Leo. Il n'a pas su se renouveler et ses ficelles se révèlent bien trop usées.
Au rayon des qualités, j'ai trouvé le dessin un peu meilleur ici que dans Neptune. Leo y retrouve son plaisir de représenter une nouvelle planète et sa faune étrange. Et les personnages, quoique toujours guindés, y sont un petit plus dynamiques et naturels.
Mais ça n'a pas suffi à me motiver à lire la suite de cette histoire beaucoup trop convenue dans un univers de Far-West sans saveur.
J'ai pas mal décroché des aventures des mondes d'Aldébaran, je les mélange tellement que je ne me souviens plus si j'ai terminé le cycle de Retour sur Aldébaran et je n'avais même pas vu que deux nouveaux cycles étaient sortis après celui-là. Neptune est le premier d'entre eux avec la bonne idée de se terminer en 2 tomes seulement, d'une pagination toutefois un peu plus élevée que les albums habituels de cet univers.
Cela commence mal avec un dessin de Léo que je trouve paresseux et presque une caricature de son style. Les vaisseaux spatiaux sont laids et plats, les personnages raides et leurs expressions crispées. J'ai toujours cette impression d'y voir la mise en scène d'un roman-photo, sans aucun dynamisme ni naturel. Je ne sais même pas comment des humains peuvent rester ainsi debout bras ballants en quasi permanence.
L'intrigue par contre m'a plutôt accroché car elle rappelle par plusieurs aspects Rendez-vous avec Rama de A.C. Clarke, qui reste l'un de mes romans de SF préférés. Un vaisseau monde cylindrique mystérieux qui pénètre le système solaire et s'approche de la Terre et le besoin de pénétrer à bord pour découvrir ce qu'il cache... Avec comme originalité de regrouper les personnages des différentes séries précédentes de Léo, humains comme alliés extra-terrestres, avec les héros d'Aldébaran ainsi que ceux de Survivants, comme une manière de nouer les différentes trames des histoires précédentes.
Et si la tactique de nos héros pour s'y infiltrer est un peu bancale (pourquoi utiliser si peu de robots alors que nos héros ont largement le temps d'en rassembler davantage plutôt que de risquer des vies humaines ?), l'intrigue du premier tome est assez prenante. Celle du second s'accélère un peu et m'a légèrement déçu. En effet, il s'avère finalement qu'il ne se passe pas grand chose lors de ce cycle et qu'après une scène d'action centrale, tout finit par se résoudre bien facilement. Sans parler de la naïveté un peu mièvre de cette idée de fameux "Martiens".
Ce cycle m'a un peu moins agacé que les précédents des Mondes d'Aldebaran (à part le tout premier, Aldébaran qui avait l'attrait de la nouveauté) : moins de passages racoleurs, moins de romance à l'eau de rose, moins de manichéisme... Mais je trouve que le dessin y est moins bon et l'intrigue moyennement convaincante.
Note : 2,5/5
Mouais. J’ai lu les deux tomes, mais cette lecture a vraiment été poussive, j’en suis sorti clairement sur ma faim.
Le dessin est dans un style moderne cher à la collection Poisson Pilote. C’est lisible et dynamique, mais je n’en suis vraiment pas fan.
Il y a des aspects intéressants dans ces deux albums. Surtout lorsque ça tourne sur un quotidien ordinaire un peu amusant (lorsque Clara entraine dans ses emmerdes sa copine Ariane, ou lorsqu’elle écoute les jérémiades de madame Populo dont elle est censée écrire la biographie sans intérêt).
Mais bon, c’est vite lassant. Et surtout l’humour tombe à plat (jeux de mots sur les marques ou sur des personnes connues). Et je n’ai pas du tout accroché au deuxième tome, vaguement polar.
Gros bof en ce qui me concerne.
Je suis très preneuse des initiatives d'Ovidie, d'abord actrice porno, puis réalisatrice, qui ne cesse de se poser des questions sur la place de la sexualité dans nos vies et dans le capitalisme par la même occasion. Elle a en particulier fait des petites capsules animées avec Arte appelées "les vieux pots" qui mettent en scène nos rapports quotidiens à la sexualité et la manière dont ils sont formatés.. Bref, je me reconnais de plus en plus dans son cheminement, bien que le mien soit parti d'une situation diamétralement opposée. Par ailleurs intéressée par le roman-photo après ma rencontre avec un auteur à Angoulême, j'ai vu cet album dans ma librairie de campagne et je l'ai pris, plutôt pour l'offrir à l'un de mes fils dans l'idée de discuter avec eux de leur vision des choses (l'un rural et conventionnel et l'autre citadin et presque androgyne)
Il s'agit de pages complètes de roman-photo des années 70 (qui ne sont pas créditées d'ailleurs par l'éditeur : qui les a prises, quels en sont les "acteurs", nous n'en savons rien) mais les bulles évidemment ont été modifiées et utilisent tous les vocabulaires post #metoo (mettons une centaine de mots "nouveaux" ) touchant aux genres et à la sexualité. Pas d'images hot, cela reste sur deux ridicules qui sont confrontés : les images d'hommes et de femmes brillantinés façon Dallas qui emploient des termes de filles à cheveux bleus et piercing d'aujourd'hui. Le caractère stéréotypé et figé des phrases comme des attitudes (sourires, coiffures, vêtement, intérieurs) n'a pas réussi à me faire rire, j'avoue que je suis trop jeune pour avoir lu les "Nous-deux" originaux et trop vieille pour avoir pensé, voire même dans certains cas compris, les termes utilisés.
Je me suis sentie en dehors de la cible de bout en bout et je n'ai pas compris qui était la cible ; mon fils citadin m'a traduit les mots que j'ignorais mais n'a pas non plus été ni emballé ni indigné.
Je ne connaissais pas la co-autrice Marie-Sophie Larrouy, mais après avoir lu l'album, j'ai entendu une émission radio où elle parlait de ses lectures et de son cheminement : elle m'a paru très rigolote et sympathique. Néanmoins je ne conseille ni l'achat, ni l'emprunt de cette expérience éditoriale...
J'ai la même sensation en sortant de cette BD que celle que j'ai eu en lisant Une année sans Cthulhu, à savoir une histoire qui fait surtout dans l'hommage et un mélange de nombreuses choses sans que l'ensemble ne soit réellement mémorable.
L'histoire est assez emmêlée surtout au début, où j'ai passé un petit moment à comprendre tout ce qu'il se passait, tandis qu'on voit différentes périodes et plusieurs personnages qui parlent de leur vies dans tout les sens. La morale de l'histoire, présente directement au début, est aussi surprenante avec son lien à la science-fiction et l'espace. Mais j'avoue que si elle est bien trouvée, le dévoilement dès le début m'a paru étrange. D'autant que la remontée des souvenirs ensuite est assez mal faite, je me perdais dans ce qui se passait et surtout je n'ai pas bien compris plein de séquences.
C'est là qu'est l'os à mon avis, puisque je pense que plusieurs moments de la BD sont des moments hommages à quelque chose (j'ai reconnu celui à Zorglub même si je n'ai jamais lu ses albums de Spirou) sauf que ne les reconnaissant pas, je ne voyais pas l'hommage et je ne comprenais pas l'étrangeté de chaque moment. Les séquences se sont donc enchainées sans que je ne parvienne à trouver l'intérêt et la chute de la BD m'a assez déplu. Elle est un peu facile, un peu rapide et je ne vois pas ce que je dois en tirer. C'est un hommage clair aux années 50-60, la science-fiction de l'époque et son esthétisme faisant aujourd'hui rétro. Sauf que n'ayant pas les clés de compréhension, je me suis juste retrouvé rapidement perdu dans une histoire au style travaillé mais qui m'a laissé sur le carreau. Impossible de comprendre ce à quoi les auteurs voulaient arriver par ce final, en dehors de la morale clairement énoncée.
Je pense que, comme pour Une année sans Cthulhu, je suis juste pas dans le coup.
Yoko Tsuno est encore un cas d'école d'une BD franco-belge innovante à sa sortie, et qu'il aurait fallu abandonner après 20 ans, ou bien la confier à un nouvel auteur pour lui offrir un redémarrage complet.
Au départ l'intention est louable : mettre une scène un personnage féminin, d'origine étrangère qui plus est (une japonaise), dans des aventures fleurant bon la science-fiction (la technologie joue toujours un rôle important dans plus ou moins chaque aventure). Le tout avec des véhicules souvent extrêmement bien dessinés il faut le reconnaître.
La série est née dans Spirou au début des années 70. Les traits des personnages, qui rappelaient beaucoup Walthéry à leurs débuts, iront en se bonifiant jusqu'à atteindre une certaine forme de perfection au tome 6.
C'est hélas à partir du tome 11 que les choses vont commencer à se gâter sérieusement : les scénarios vont commencer à tourner en rond, voire devenir franchement ennuyeux et tirés par les cheveux. Certains éléments pour faire avancer l'intrigue sont franchement ubuesques (un personnage qui n'avait rien d'anormal décide par exemple tout à coup d'incendier la hutte où dort Yoko, la forçant à... utiliser une machine à remonter dans le temps...).
Plus problématique encore : le regard des personnages devient plus ou moins identique et inexpressif, avec cette marotte de Leloup de faire toujours tourner complètement leurs yeux d'un côté, je me demande parfois comment ils font pour ne pas de prendre des portes à force de ne jamais regarder devant eux. Aucun sentiment ne se dégage, on a l'impression d'avoir affaire à des robots sans âme.
Plus gênant : Yoko dessinée avec une peau jaunâtres plus ou moins du début à la fin... Bon c'était un lieu commun dans la BD franco-belge par le passé, mais c'est un peu comme les grosses lèvres rouges des personnages noirs par le passé.... Le colonialisme c'est fini. D'autant plus triste que Leloup n'est clairement pas raciste à mon sens.
La série aurait dû faire un redémarrage au plus tard au tome 13. Hélas elle continue et ressemble davantage à un fossile dépassé qu'autre chose... La note globale prend donc en compte la série dans son ensemble. Si on jugeait uniquement sur les 10 premiers opus, ce serait un 4/5 cash !
Alors que l’album possède objectivement des qualités, je vais être vache avec ce dernier. Je n’en retiendrai pas grand-chose.
Pourtant la partie graphique reste agréable, un trait lisible et une narration maîtrisée. Une lecture fluide et relativement rapide malgré les plus de 300 pages.
C’est vraiment l’histoire qui ne m’a pas passionné. Grossièrement résumé on a affaire à une bluette d’ados qui entrent dans l’âge adulte. L’orientation de nos protagonistes principaux ne me gêne absolument pas mais qu’est ce que c’est plat … je me suis ennuyé.
C’est sans surprises, trop mignon, Ari m’a énervé, les autres thématiques développées ne m’ont pas touché, aucun moments d’émotions …
Bref pas pour moi.
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Von Braun
Un one-shot qui représente tout ce que je n'aime pas dans le genre Documentaire. Le sujet est intéressant, mais c'est présenté de manière peu passionnante. Tout d'abord, le dessin est vraiment moyen, mais au moins c'est lisible. Ensuite, la mise en scène est vraiment plate. Von Braun est une personnalité intéressante parce qu'on parle quand même d'un nazi qui a fini par bosser à la NASA et est en grande partie responsable du fait qu'on a envoyé des hommes sur la lune. Comme Thepatrick, j'aurais aimé qu'on ait plusieurs intervenants qui posent le pour et le contre de la vie de Von Braun, ça aurait été plus passionnant que la bête biographie sans saveur que constitue au final l'album. En quatrième de couverture, on fait mention de la part d'ombre du personnage (notamment le fait que les prisonniers ont construit ses machines de guerre) et j'ai pas eu l'impression que c'était bien développé dans l'album lui-même. Un one-shot dispensable.
Le Cycle des Epées
Adaptations plus ou moins convaincantes - Ce tome regroupe les 4 numéros parus en 1990/1991. Il comprend 7 histoires ayant comme personnages principaux Fafrhd et le Souricier Gris, créés par Fritz Leiber et héros du Cycle des Épées (à commencer par Épées et Démons). Ces 7 histoires sont des adaptations de récits écrits par Fritz Leiber. Les scénarios sont d'Howard Chaykin, les dessins de Mike Mignola, l'encrage d'Al Williamson et la mise en couleurs de Sherlyn van Valkenburg. Deux membres de la Guilde des Voleurs de la cité de Lankhmar ramènent à la Maison des Voleurs un important butin. Ils sont attaqués par deux malandrins qui ne s'étaient pas coordonnés. C'est ainsi que se rencontrent Gray Mouser et Fafhrd. Dans la première histoire, leurs dulcinées respectives ainsi que le vol des bijoux les amènent à devoir investir la Maison de la Guilde des Voleurs. Dans l'aventure suivante, ils parcourent le territoire de ce pays à la recherche d'aventures intéressantes. Ils croisent pour la première fois le chemin de Sheelba, un sorcier. Par la suite ils pénètrent dans une tour où vit un sorcier reclus immortel ayant peur des loups. Ils dérobent ensuite un charmant pavillon de marbre ce qui les oblige à demander l'aide de Sheelba et Nigauble (un autre sorcier). Ils ont encore à visiter un incroyable magasin dans le quartier le plus louche de Lankhmar. Puis Fafhrd rejoint un mystique prêchant la foi en Issek, alors que Gray Mouser sert de collecteur de fonds pour un caïd. Enfin une vieille légende les amène sous l'eau dans le royaume du Roi des Mers, en son absence, pour aller taquiner les femmes de son harem. La première histoire mettant en scène Fafhrd et le Souricier Gris date de 1936, et Fritz Leiber écrira leurs aventures jusqu'en 1983, l'équivalent de sept tomes. Ils sont braves et courageux, mais ils sont aussi capable d'apprécier les liqueurs et ils courent volontiers la gueuse. Dans la préface de Chaykin et la postface de Mignola, ces auteurs expliquent que Fafhrd et le Souricier Gris ont eu un aussi grand impact sur eux que les héros de Robert E. Howard, ou ceux de Michael Moorcock. C'est la raison pour laquelle ils ont souhaité y rendre hommage au travers de cette adaptation. Si ces épisodes ont connu les honneurs d'une réédition, c'est surtout parce qu'ils ont été dessinés par Mike Mignola, peu de temps avant qu'il ne crée Hellboy, son propre personnage en 1993. À la même époque, il travaillait concomitamment sur Ironwolf, également avec Howard Chaykin. Cette époque de la carrière de Mike Mignola correspond à l'époque charnière pendant laquelle il expérimente de plus en plus avec les aplats de noir, leur placement et leur forme, tout en s'éloignant des dessins réalistes, en particulier en ce qui concerne les silhouettes et les traits des visages. Il s'agit d'une époque où il travaille encore avec un encreur, ici un vétéran talentueux, à savoir Al Williamson. Il est visible qu'au fil des épisodes Mignola affine son style pour aller plus vers l'épure et que Williamson adapte petit à petit son travail pour mieux transcrire les crayonnés de Mignola. Pour le premier épisode, Mignola et Williamson s'appliquent à créer un urbanisme particulier pour la cité de Lankhmar, ainsi qu'une mode vestimentaire originale. le lecteur a le plaisir de déambuler dans des quartiers exotiques, habités d'individus singuliers. Il découvre un sorcier articulant des incantations très visuelles. L'histoire est très classique et réserve peu de surprises. le dessin des visages peut fortement déconcerter si vous n'êtes pas familier du style de Mignola avec des sortes de gros pâtés en lieu et place des lèvres. le deuxième épisode permet à Mignola de s'essayer à l'évocation de différents styles de cités de part le monde de Newhon. Mais à nouveau, l'intrigue est bien mince et beaucoup trop classique. Chaykin n'arrive pas à faire passer la personnalité des deux héros. Mignola commence à se lâcher dans la troisième histoire pour favoriser l'ambiance aux détails, toujours sur une trame trop facile. Avec la quatrième histoire, Chaykin, Mignola et Williamson ont enfin trouvé un équilibre satisfaisant pour que l'histoire dans son ensemble présente un potentiel de divertissement satisfaisant. le second degré pointe son nez, ainsi qu'une forme douce d'autodérision. Mignola prend visiblement un grand plaisir à concevoir des aménagements intérieurs qui mélangent plusieurs styles improbables tels qu'une vieille bibliothèque avec des meubles de type empire. À partir de la cinquième histoire, Chaykin trouve un peu de verve (il faut dire que l'histoire s'y prête plus), même s'il fait encore trop reposer l'avancement du récit sur les dialogues d'exposition, et pas assez sur les images. Mais l'histoire originale de Leiber est une charge claire et transparente contre le consumérisme, parfaitement intégrée à ce monde moyenâgeux baigné de sorcellerie. Mignola conçoit des visuels baroques enchanteurs et dépaysants. Williamson a trouvé la technique d'encrage adaptée pour ne pas être en conflit avec le style de Mignola. La mise en couleurs trahit un peu son âge, et surtout une volonté trop visible de se démarquer des palettes habituelles pour faire un peu artistique. La sixième histoire est tout aussi piquante et baroque. La dernière est un peu plus convenue en ce qui concerne l'intrigue, mais toujours aussi inventive et envoutante pour les images. Ces adaptations de Fritz Leiber ne sont pas toutes de même niveau. Il faut un peu de temps (la moitié de l'ouvrage à peu près) pour que Mignola se sente à l'aise et que Williamson travaille à l'unisson des crayonnés. Howard Chaykin se révèle peu adroit à transposer ces histoires en bandes dessinées, à la fois par la part trop importante dévolue aux dialogues d'exposition, et à la fois par son incapacité à faire passer la personnalité de Fafhrd et du Souricier Gris. Il est vraisemblable également que le choix des histoires adaptées n'ait pas été le plus judicieux.
Diabolo Menthe
Ce n'est qu'en cours de lecture, en cherchant la recette du Diabolo Menthe, que j'ai appris que cette BD était l'adaptation d'un film des années 70, lui-même basé sur les souvenirs de jeunesse de sa réalisatrice. J'ai apprécié d'y découvrir la vie adolescente pré-Mai 68. La vie dans les lycées pour filles, en tout cas celui des héroïnes à Paris, avait l'air franchement pénible avec un personnel aussi désagréable que détestable, ces règlements d'un autre âge et ces tabous hypocrites. Tout semble y être fait pour démotiver et infantiliser les jeunes filles, d'une manière qui aurait pu rappeler le puritanisme de l'Angleterre Victorienne. Dans un tel contexte, il n'est pas difficile de comprendre ce qui a poussé la jeunesse à se révolter quelques années plus tard. Et du coup, j'ai plutôt bien aimé l'idée d'y suivre deux sœurs très humaines, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs soutiens, leurs coups de griffes, leurs mesquineries et leurs engueulades. Sauf que j'ai trouvé cette BD mal racontée. La narration est hachée, donnant l'impression de sauter d'une scène à la suivante sans réel suivi. Le dessin est très moyen, pas désagréable mais plusieurs fois j'ai confondu les deux sœurs. Et assez rapidement, j'ai abandonné l'idée de reconnaitre qui était qui parmi leurs amies. Il n'y a pas de rythme, pas d'accroche. Et surtout, à plusieurs occasions, il m'a semblé manquer d'éléments pour bien capter ce qu'on me racontait, comme s'il avait fallu avoir vu le film pour tout comprendre. Du coup, il est aussi difficile de finir par s'attacher aux héroïnes que d'apprécier pleinement leur histoire car on a l'impression régulière d'en être écarté, comme si on en voyait des bouts mais que l'intégralité n'était pas pour vous.
Bellatrix
Après avoir pas mal décroché des aventures des mondes d'Aldébaran, j'ai lu dans la foulée Neptune et sa suite Bellatrix. On y retrouve le duo qui s'était formé dans Neptune, à savoir Kim, l'héroïne d'Aldébaran et Manon, l'héroïne de Survivants. Celles-ci sont envoyées en mission par leurs amis extraterrestres explorer une nouvelle planète et sa population qui a le côté bien pratique d'être physiquement similaire aux humains. Leur civilisation est restée dans un drôle de mélange de Terre du 19e siècle, plus précisément de l'ouest américain, avec quelques technologies plus modernes comme des avions qui paraissent du coup un peu incongrus. C'est donc dans une ambiance Far West que nous sommes plongés, le même genre que Leo nous avait déjà offert dans Ultime Frontière. L'aspect Planet-Fantasy est peu exploité et laisse la place à pas mal d'action et des intrigues très humaines. On y retrouve en particulier ce concept trop répétitif chez Leo d'un groupe de fanatiques rétrogrades qui veulent imposer leur loi et rabaisser les femmes. Cette partie de l'intrigue se révèle très manichéenne, avec de vrais connards d'un côté, et les gentils héros qui essaient de leur échapper afin que la justice et la fraternité humaine s'en sortent victorieux à la fin. C'est trop simpliste, trop stéréotypé et sans surprise. Il y a juste le ressort habituel de Leo d'introduire une part de mystère : ici des êtres probablement extraterrestres qu'on aperçoit à peine et qui intriguent les héroïnes et leurs alliés. Dans l'ensemble, j'ai ressenti l'impression d'avoir déjà lu ça de trop nombreuses fois dans les albums de Leo. Il n'a pas su se renouveler et ses ficelles se révèlent bien trop usées. Au rayon des qualités, j'ai trouvé le dessin un peu meilleur ici que dans Neptune. Leo y retrouve son plaisir de représenter une nouvelle planète et sa faune étrange. Et les personnages, quoique toujours guindés, y sont un petit plus dynamiques et naturels. Mais ça n'a pas suffi à me motiver à lire la suite de cette histoire beaucoup trop convenue dans un univers de Far-West sans saveur.
Neptune
J'ai pas mal décroché des aventures des mondes d'Aldébaran, je les mélange tellement que je ne me souviens plus si j'ai terminé le cycle de Retour sur Aldébaran et je n'avais même pas vu que deux nouveaux cycles étaient sortis après celui-là. Neptune est le premier d'entre eux avec la bonne idée de se terminer en 2 tomes seulement, d'une pagination toutefois un peu plus élevée que les albums habituels de cet univers. Cela commence mal avec un dessin de Léo que je trouve paresseux et presque une caricature de son style. Les vaisseaux spatiaux sont laids et plats, les personnages raides et leurs expressions crispées. J'ai toujours cette impression d'y voir la mise en scène d'un roman-photo, sans aucun dynamisme ni naturel. Je ne sais même pas comment des humains peuvent rester ainsi debout bras ballants en quasi permanence. L'intrigue par contre m'a plutôt accroché car elle rappelle par plusieurs aspects Rendez-vous avec Rama de A.C. Clarke, qui reste l'un de mes romans de SF préférés. Un vaisseau monde cylindrique mystérieux qui pénètre le système solaire et s'approche de la Terre et le besoin de pénétrer à bord pour découvrir ce qu'il cache... Avec comme originalité de regrouper les personnages des différentes séries précédentes de Léo, humains comme alliés extra-terrestres, avec les héros d'Aldébaran ainsi que ceux de Survivants, comme une manière de nouer les différentes trames des histoires précédentes. Et si la tactique de nos héros pour s'y infiltrer est un peu bancale (pourquoi utiliser si peu de robots alors que nos héros ont largement le temps d'en rassembler davantage plutôt que de risquer des vies humaines ?), l'intrigue du premier tome est assez prenante. Celle du second s'accélère un peu et m'a légèrement déçu. En effet, il s'avère finalement qu'il ne se passe pas grand chose lors de ce cycle et qu'après une scène d'action centrale, tout finit par se résoudre bien facilement. Sans parler de la naïveté un peu mièvre de cette idée de fameux "Martiens". Ce cycle m'a un peu moins agacé que les précédents des Mondes d'Aldebaran (à part le tout premier, Aldébaran qui avait l'attrait de la nouveauté) : moins de passages racoleurs, moins de romance à l'eau de rose, moins de manichéisme... Mais je trouve que le dessin y est moins bon et l'intrigue moyennement convaincante. Note : 2,5/5
Les Petites Prouesses de Clara Pilpoile
Mouais. J’ai lu les deux tomes, mais cette lecture a vraiment été poussive, j’en suis sorti clairement sur ma faim. Le dessin est dans un style moderne cher à la collection Poisson Pilote. C’est lisible et dynamique, mais je n’en suis vraiment pas fan. Il y a des aspects intéressants dans ces deux albums. Surtout lorsque ça tourne sur un quotidien ordinaire un peu amusant (lorsque Clara entraine dans ses emmerdes sa copine Ariane, ou lorsqu’elle écoute les jérémiades de madame Populo dont elle est censée écrire la biographie sans intérêt). Mais bon, c’est vite lassant. Et surtout l’humour tombe à plat (jeux de mots sur les marques ou sur des personnes connues). Et je n’ai pas du tout accroché au deuxième tome, vaguement polar. Gros bof en ce qui me concerne.
La Fabrique du prince charmant
Je suis très preneuse des initiatives d'Ovidie, d'abord actrice porno, puis réalisatrice, qui ne cesse de se poser des questions sur la place de la sexualité dans nos vies et dans le capitalisme par la même occasion. Elle a en particulier fait des petites capsules animées avec Arte appelées "les vieux pots" qui mettent en scène nos rapports quotidiens à la sexualité et la manière dont ils sont formatés.. Bref, je me reconnais de plus en plus dans son cheminement, bien que le mien soit parti d'une situation diamétralement opposée. Par ailleurs intéressée par le roman-photo après ma rencontre avec un auteur à Angoulême, j'ai vu cet album dans ma librairie de campagne et je l'ai pris, plutôt pour l'offrir à l'un de mes fils dans l'idée de discuter avec eux de leur vision des choses (l'un rural et conventionnel et l'autre citadin et presque androgyne) Il s'agit de pages complètes de roman-photo des années 70 (qui ne sont pas créditées d'ailleurs par l'éditeur : qui les a prises, quels en sont les "acteurs", nous n'en savons rien) mais les bulles évidemment ont été modifiées et utilisent tous les vocabulaires post #metoo (mettons une centaine de mots "nouveaux" ) touchant aux genres et à la sexualité. Pas d'images hot, cela reste sur deux ridicules qui sont confrontés : les images d'hommes et de femmes brillantinés façon Dallas qui emploient des termes de filles à cheveux bleus et piercing d'aujourd'hui. Le caractère stéréotypé et figé des phrases comme des attitudes (sourires, coiffures, vêtement, intérieurs) n'a pas réussi à me faire rire, j'avoue que je suis trop jeune pour avoir lu les "Nous-deux" originaux et trop vieille pour avoir pensé, voire même dans certains cas compris, les termes utilisés. Je me suis sentie en dehors de la cible de bout en bout et je n'ai pas compris qui était la cible ; mon fils citadin m'a traduit les mots que j'ignorais mais n'a pas non plus été ni emballé ni indigné. Je ne connaissais pas la co-autrice Marie-Sophie Larrouy, mais après avoir lu l'album, j'ai entendu une émission radio où elle parlait de ses lectures et de son cheminement : elle m'a paru très rigolote et sympathique. Néanmoins je ne conseille ni l'achat, ni l'emprunt de cette expérience éditoriale...
Souvenirs de l'empire de l'atome
J'ai la même sensation en sortant de cette BD que celle que j'ai eu en lisant Une année sans Cthulhu, à savoir une histoire qui fait surtout dans l'hommage et un mélange de nombreuses choses sans que l'ensemble ne soit réellement mémorable. L'histoire est assez emmêlée surtout au début, où j'ai passé un petit moment à comprendre tout ce qu'il se passait, tandis qu'on voit différentes périodes et plusieurs personnages qui parlent de leur vies dans tout les sens. La morale de l'histoire, présente directement au début, est aussi surprenante avec son lien à la science-fiction et l'espace. Mais j'avoue que si elle est bien trouvée, le dévoilement dès le début m'a paru étrange. D'autant que la remontée des souvenirs ensuite est assez mal faite, je me perdais dans ce qui se passait et surtout je n'ai pas bien compris plein de séquences. C'est là qu'est l'os à mon avis, puisque je pense que plusieurs moments de la BD sont des moments hommages à quelque chose (j'ai reconnu celui à Zorglub même si je n'ai jamais lu ses albums de Spirou) sauf que ne les reconnaissant pas, je ne voyais pas l'hommage et je ne comprenais pas l'étrangeté de chaque moment. Les séquences se sont donc enchainées sans que je ne parvienne à trouver l'intérêt et la chute de la BD m'a assez déplu. Elle est un peu facile, un peu rapide et je ne vois pas ce que je dois en tirer. C'est un hommage clair aux années 50-60, la science-fiction de l'époque et son esthétisme faisant aujourd'hui rétro. Sauf que n'ayant pas les clés de compréhension, je me suis juste retrouvé rapidement perdu dans une histoire au style travaillé mais qui m'a laissé sur le carreau. Impossible de comprendre ce à quoi les auteurs voulaient arriver par ce final, en dehors de la morale clairement énoncée. Je pense que, comme pour Une année sans Cthulhu, je suis juste pas dans le coup.
Yoko Tsuno
Yoko Tsuno est encore un cas d'école d'une BD franco-belge innovante à sa sortie, et qu'il aurait fallu abandonner après 20 ans, ou bien la confier à un nouvel auteur pour lui offrir un redémarrage complet. Au départ l'intention est louable : mettre une scène un personnage féminin, d'origine étrangère qui plus est (une japonaise), dans des aventures fleurant bon la science-fiction (la technologie joue toujours un rôle important dans plus ou moins chaque aventure). Le tout avec des véhicules souvent extrêmement bien dessinés il faut le reconnaître. La série est née dans Spirou au début des années 70. Les traits des personnages, qui rappelaient beaucoup Walthéry à leurs débuts, iront en se bonifiant jusqu'à atteindre une certaine forme de perfection au tome 6. C'est hélas à partir du tome 11 que les choses vont commencer à se gâter sérieusement : les scénarios vont commencer à tourner en rond, voire devenir franchement ennuyeux et tirés par les cheveux. Certains éléments pour faire avancer l'intrigue sont franchement ubuesques (un personnage qui n'avait rien d'anormal décide par exemple tout à coup d'incendier la hutte où dort Yoko, la forçant à... utiliser une machine à remonter dans le temps...). Plus problématique encore : le regard des personnages devient plus ou moins identique et inexpressif, avec cette marotte de Leloup de faire toujours tourner complètement leurs yeux d'un côté, je me demande parfois comment ils font pour ne pas de prendre des portes à force de ne jamais regarder devant eux. Aucun sentiment ne se dégage, on a l'impression d'avoir affaire à des robots sans âme. Plus gênant : Yoko dessinée avec une peau jaunâtres plus ou moins du début à la fin... Bon c'était un lieu commun dans la BD franco-belge par le passé, mais c'est un peu comme les grosses lèvres rouges des personnages noirs par le passé.... Le colonialisme c'est fini. D'autant plus triste que Leloup n'est clairement pas raciste à mon sens. La série aurait dû faire un redémarrage au plus tard au tome 13. Hélas elle continue et ressemble davantage à un fossile dépassé qu'autre chose... La note globale prend donc en compte la série dans son ensemble. Si on jugeait uniquement sur les 10 premiers opus, ce serait un 4/5 cash !
La Saveur du Printemps
Alors que l’album possède objectivement des qualités, je vais être vache avec ce dernier. Je n’en retiendrai pas grand-chose. Pourtant la partie graphique reste agréable, un trait lisible et une narration maîtrisée. Une lecture fluide et relativement rapide malgré les plus de 300 pages. C’est vraiment l’histoire qui ne m’a pas passionné. Grossièrement résumé on a affaire à une bluette d’ados qui entrent dans l’âge adulte. L’orientation de nos protagonistes principaux ne me gêne absolument pas mais qu’est ce que c’est plat … je me suis ennuyé. C’est sans surprises, trop mignon, Ari m’a énervé, les autres thématiques développées ne m’ont pas touché, aucun moments d’émotions … Bref pas pour moi.