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Couverture de la série Hamlet (les classiques en manga)
Hamlet (les classiques en manga)

Bon, la collection des classiques en manga des éditions Nobi nobi ne m'a jamais attirée. Mais là, il s'agit d'Hamlet, la figure de proue du genre théâtral à l'international, sans doute l'une des pièces les plus citées, parodiées et référencées de l'histoire, alors en tant que bonne amatrice de théâtre et ayant joué plusieurs scènes d'Hamlet dans ma vie, j'ai décidé de tenter cette adaptation. Pour les personnes ne connaissant pas l'histoire d'origine, nous suivons Hamlet (ou "Jambon laissé" pour les puristes francophones), fils de l'ancien roi du Danemark et neveu de l'actuel, qui reçoit un beau jour la visite de son fantôme de paternel lui annonçant que sa mort n'était pas accidentelle : son propre frère l'a empoisonné. La pièce est donc la quête de vengeance d'Hamlet qui feindra la folie pour mieux observer et confondre son oncle. Hamlet n'est pas vraiment ma pièce préférée de Shakespeare (dans le genre "tragédie, folie et jeux de pouvoirs" je lui préfère "Le Roi Lear") et est loin d'être l'une de mes pièces du cœur en général. Je lui porte tout de même une petite affection, ne serait-ce que pour l'avoir énormément étudiée et l'avoir jouée quelque fois (jamais en entier, je tiens à ma vie). L'histoire est intéressante, de nombreuses scènes sont prenantes, mais le texte lourd et le rythme lent m'ont toujours refroidis dans mon appréciation de la pièce. Ici, on prend les mêmes défauts et on en rajoute deux/trois autres pour la forme. Déjà, ce qui frappe : le look manga. Oui, je sais, choquant pour une adaptation s'inscrivant dans une collection intitulée "les classiques en manga". Ce que je veux dire en désignant le style manga comme un défaut, c'est qu'à plusieurs reprise les clichés graphiques du genre m'ont semblés parasiter l'illustration du récit. La quasi-totalité des personnages ont une apparence trop juvénile (la reine qui a l'air d'avoir dans la vingtaine, soit l'âge de son propre fils, je trouve ça bizarre), les expressions des corps et des visages sont trop rigides, les traits sont trop fins, et, comble du malheur, Ophélia a une apparence de protagoniste de Shojo romantique. Alors, je sais que quelques adaptations ont tendance à effacer ce personnage davantage encore que dans l'œuvre de base, mais Ophélia mérite mieux. Là où l'on est censé voir et plaindre cette pauvre jeune fille progressivement perdre la raison de par les manigances de son père et la cruelle froideur de son promis, nous voyons à la place une jeune fille timide ne sachant que faire de tout ce qu'il se passe autour d'elle et puis perdant soudainement, comme ça, sans raison ou amorce, l'esprit au détour d'une scène. Bon, techniquement Ophélia est justement supposée être une fleur bleue, trop pure et innocente pour la cruauté de ce qui se joue face à elle, le dommage collatéral par excellence de cette vengeance, mais elle mérite justement d'être davantage étoffée, rendue plus vivante avant sa tragique chute, pas plus effacée. La folie de ce personnage est fascinante, comme souvent dans les pièces de Shakespeare, les fous et les folles se montrent en réalité plus censé-e-s dans leur paroles que les "sain-e-s d'esprit", et là où sa fameuse scène finale avec ses chants et ses fleurs auraient dû être un beau et terrifiant passage de cette adaptation, on n'en garde que l'impression d'un craquage nerveux (la représentation du personnage lors de cette scène m'a bien plu, mais je maintiens que l'absence d'amorce dans la mise en scène a grandement amoindri l'impact selon moi). Après, je reconnais que certaines scènes d'action comme le combat final gagnent en dynamisme avec ce style mangaesque. Mais bon, le dessin ici présent n'est vraiment pas ma tasse de thé alors ce petit aspect positif pèse bien peu dans mon ressenti. Ensuite, deuxième défaut : c'est long. Hamlet a toujours été une pièce très longue (5h en moyenne pour la jouer de bout en bout) et redoutablement verbeuse. Le texte est beau mais le verbe et lourd, beaucoup de moments longs, qui noient malgré eux les moments de génie de cette tragédie. C'est justement ce qui a toujours un peu freiné mon appréciation pour la pièce malgré mon attache à son histoire. Mais ici, alors que l'on pourrait penser qu'une mise en scène plus vive avec le medium de la bande-dessinée aurait pu donner un vent de fraîcheur à tout cela, je réalise en fait que ce texte a bel et bien besoin de respirer, d'être incarné. Là, les tirades, les soliloques et autres monologues m'ont semblé-e-s bien long-ue-s, les phylactères bien trop fournis. Alors j'applaudis la volonté de reprendre le texte d'origine (j'ai même pu réaliser que bons nombres de répliques m'étaient restées en tête mot pour mot depuis toutes ces années), mais je trouve la forme indigeste. Sans les respiration et les variations de rythme que donneraient des acteur-ice-s, les phrases me semblent étouffantes, alors quand on ajoute à ça le fait que, désirant reprendre scène par scène la pièce, l'adaptation ne se permet pas l'ajout de courts instants de respirations, de silences ou même de contemplation (alors que tout cela aurait été bienvenu et dans le ton de la pièce), le tout devient vraiment indigeste. Bon, allons tout de suite au but, je n'ai pas aimé cette adaptation. Je lui reconnais d'avoir bien illustré certains passages qui auraient pu être difficilement compréhensibles pour de non-initié-e-s au phrasé de jadis (bim, j'me la raconte, kestuvafer), j'apprécie que la mise en scène n'ait pas oublié de souligner les jeux de mots graveleux si chers à Shakespeare (tout poète qu'il était, il aimait l'humour grivois autant que l'humour fin) et je ne peux encore une fois qu'encourager la démarche de vouloir rendre accessible des classiques littéraires dont la forme marquée par le temps empêche souvent de nouvelles générations de s'y intéresser, mais là c'est un échec. A part des gens qui, comme moi, connaissent déjà l'œuvre, qui donc tenteraient la lecture jusqu'au bout sans se risquer un seul instant à sauter des lignes pour tenter d'abréger un énième soliloque d'Hamlet ? En vérité, même moi je n'ai pu aller jusqu'au bout, j'ai fini par aller directement aux scènes clés (je commençais littéralement à avoir l'esprit qui papillonnait toutes les deux pages, ce qui est généralement mauvais signe). Je suis sans doute trop dure, mais je ne pense pas conseiller cette lecture à quiconque souhaiterait s'essayer à ce classique de la tragédie shakespearienne. On ne m'ôtera pas l'idée qu'il y a quelque chose de pourri dans cette adaptation !

08/03/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

Ouh, je tombe de haut à la lecture de cette BD ! Je ne pensais pas que j'allais être celui qui note si mal une BD autant appréciée par les lecteurs de BDthèque avec lesquels je suis très souvent en accord ! Mais je dois être honnête, et l'emprunt des trois premiers tomes disponibles dans la bibliothèque ont été suivis par une lecture pénible, ralentie et finalement abandonnée après avoir finie de feuilleter les tomes. Je ne pensais pas que j'allais être écœuré de l'histoire si vite. Il faut dire que j'ai été bloqué presque immédiatement par le dessin. Certes, il est impressionnant : travaillé, fouillé, détaillé, inventif ! On peut mettre nombre de superlatifs, sans pour autant que je le trouve bon pour une BD. Parce que chaque planche est travaillée, mais trop pour une lecture fluide. Parce que tout les traits sont égaux, diluant les traits principaux nécessaire à une bonne compréhension des scènes dans l'ensemble. Parce que la surcharge d'élément du décor n'aide jamais à comprendre ce qui est important. En toute honnêteté, ça a été laborieux de lire le début, cherchant à comprendre ce qui était important ou non dans chaque planche, le tout accentué avec les bulles pas toujours très claire et parfois même un peu cachées. En dehors de ce problème de dessin qui est carrément rédhibitoire pour moi, le scénario est un mélange de genres, avec du fantastique d'un monde déjanté mélangé avec les pirates et l'univers de l'enfance, avec une sorte d'Alice qui s'égare dans un monde onirique. C'est chouette, mais je dois avouer que j'ai été assez peu attentif à l'histoire lorsqu'elle est aussi dure à lire. Au final, j'ai assez peu suivi la gamine qui vadrouille en tout sens, tentant vainement de me concentrer pour arriver à rester dans le récit. Peine perdue et je me suis retrouvé assommé, décidant de ne pas poursuivre l'aventure qui est d'ailleurs en suspens depuis 4 ans. C'est le genre de BD où je fais un blocage complet du dessin. Il a toutes les qualités que vous voulez, mais il lui manque la plus importante selon moi dans le cas d'une lecture : la lisibilité. Et lorsque je galère à trouver l'intérêt de ma lecture, c'est clair que je ne peux pas mieux le noter.

08/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Rémina
Rémina

Junji Ito est l’un des rares mangakas dont je veuille lire la quasi-totalité des productions. En effet, il a développé une œuvre originale, qui explore le fantastique horrifique de façon plaisante, avec un travail graphique qui me convient généralement (ce qui est rare en manga me concernant). Ici, seul ce dessin m’a convenu. Avec son trait fin habituel, Ito nous propose quelque chose de fluide et agréable à l’œil. Mais cette histoire de Remina ne m’a pas du tout convaincu, ni convenu. C’est une longue histoire, orientée SF – presque rétro d’ailleurs – avec quelques traits d’horreurs, mais finalement un peu en retrait. L’intrigue, une fois « lancée », m’a laissé de côté, peu intéressante. Surtout, son développement est souvent ridicule, avec cette foule qui poursuit la jeune femme accusée d’être liée à cette planète menaçante s’approchant de la Terre. Ces hystériques – avec des scènes répétitives – sont grotesques. Et des scènes de baston, elles aussi récurrentes, amènent Ito vers un dessin surjouant les expressions, ce que je n’aime pas. J’ai fini péniblement cette trop longue histoire. Pour compléter l’album, Tonkam a ajouté une histoire très courte – que je connaissais déjà, car lue dans un autre recueil. C’est du Ito plus classique, avec une ambiance faisant monter la tension, et des scènes d’horreur (des personnes « cousues » les unes avec les autres). Sur cette seule histoire, j’aurais mis trois étoiles à l’album. Mais elle ne suffit pas hélas à compenser le mauvais ressenti de « Remina ».

08/03/2025 (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
Couverture de la série Si vous lisez ça, je suis déjà morte...
Si vous lisez ça, je suis déjà morte...

Un concept de départ intéressant, Robin est une journaliste de guerre aguerrie, elle va accompagner une petite troupe de soldats sur une planète hostile. Elle sera la première à réaliser un reportage sur ce monde inconnu. Le voyage jusqu'à cette planète se fait par une faille spatio-temporelle, mais dès leur arrivée sur place rien ne va se passer comme prévu. Je disais donc un concept de départ intéressant, mais j'ai vite déchanté. En effet, Robin va vite se retrouver la seule survivante de cette expédition et devoir apprendre à survivre en se cachant au milieu d'extraterrestres. Un récit qui va reprendre les codes du survivalisme avec une touche féministe (mal exploitée). J'ai eu du mal à adhérer à ce scénario qui évolue vers l'action, le gore et de la pseudo réflexion. En outre, la relation entre cette planète vivante et Robin pour faire triompher le bien m'a laissé plus que perplexe. Tout va trop vite et ça manque de crédibilité. La narration n'est pas toujours maîtrisée et la voix off de Robin est bien trop présente. J'ai plutôt apprécié le dessin de Daniel McDaid, un style rétro sympa à regarder même s'il est un peu brouillon par moment. Des couleurs au diapason et une mise en page réussie. Du bon boulot. En conclusion, ça se laisse lire mais c'est loin d'être mémorable. Note réelle : 2,5.

07/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Les Orangers de Versailles
Les Orangers de Versailles

Le cadre idéalisé de la cour du Roi Soleil, la protagoniste de basse condition qui termine (relativement) anoblie, le scénario qui ne prend pas le temps de respirer et part à toute berzingue, et surtout le complot à base d'empoisonnement : tout cela me rappelle fortement Complots à Versailles ! Je rassure, ici cela reste quand-même d'un peu meilleure facture que l'autre série. Le personnage principal est un peu plus intéressant (pas en terme de personnalité mais surtout en sa qualité assez originale de nez, de créatrice de parfum), même si le cadre est un peu idéalisé on traite quand-même des conditions d'hygiènes catastrophiques de l'époque (préparez-vous à entendre parler des mauvaises odeurs et des défections), le complot et ses enjeux sont relativement crédibles et même si le rythme est rapide on parvient tout de même à bien expliquer les enjeux. En cela, cet album est supérieur à Complots à Versailles. Mais mieux ne veut pas dire bon. J'ai vraiment trouvé ça plat, peu engageant et le final se fait vraiment par dessus la jambe (sorte de super happy ending avec un pseudo "que sont-ils devenus ?" en prime). C'est mou et trop peu original, que voulez-vous que j'ajoute ? Si, je pourrais dire que les dessins ne sont pas laids. Maigre consolation.

06/03/2025 (modifier)
Couverture de la série La Vie sans portable
La Vie sans portable

Difficile pour moi de vraiment définir un ressenti après cette lecture. Pourquoi ces difficultés ? Eh bien car j'adhère techniquement à l'idée derrière l'album mais que le message passé dans son exécution me semble être au mieux un message naïf et maladroit de la génération pré-portables à la génération post-portables, au pire la retranscription ampoulée des pensées pédante d'une génération à une autre. Je m'explique : l'histoire est celle de Sonia, accro à son portable (comme tous-tes les jeunes !), qui va découvrir après s'être fait confisquer ledit appareil en classe qu'il existe un monde au delà du petit écran, un monde de lecture et d'écriture (et v'là t'y pas que Sonia nous pond un recueil de poésie après avoir lâché cet outil du démon, comme quoi l'appareil l'empêchait de révéler son vrai potentiel). Je suis sarcastique dans ma retranscription, je sais, mais c'est parce que j'ai vraiment cru voir de la mauvaise foi dans l'album. Je suis moi-même contre la sur-utilisation des technologies dans notre quotidien et je ne peux qu'encourager toute personne de tout âge à s'essayer à l'écriture et/ou à la lecture. Seulement voilà, je vais peut-être briser des illusions en disant ça, mais la génération portable lit davantage que les générations précédentes. Alors, je sais que ma dernière phrase vient de faire lever moult sourcils mais j'insiste : les générations et populations ayant accès à des portables et/ou ordinateurs lisent beaucoup plus au quotidien que les autres. Comment ? Bah les SMS, les mails, les recherches internet, les forums, la programmation, l'écriture et la littérature-même, tout ça sont des écrits accessibles par portables et visionnés au quotidien. Bon sang, vous savez que vous-même qui êtes en train de lire cet avis... lisez ? Sur un écran (peut-être même un portable) ? Alors oui, c'est sûr, ça ne règle pas la question de la "qualité" de ce qui est lu, mais ça, je vais être honnête, ça a toujours été le cas. Dès l'instant où tout le monde peut s'exprimer (artistiquement, scientifiquement ou politiquement), il faut se préparer à ce que les écrits de qualités se noient dans les plus classiques voire les mauvais. Mais ça c'est le lot de la liberté d'expression, ce fut vrai de tout temps et la qualité des écrits peut elle-même être très subjective, alors bon les remarques préconstruites... Autre détail de mauvaise fois ici : l'écriture SMS. Alors, je veux bien que lorsqu'on écrit un SMS on va souvent vite et on fait souvent des fautes (même moi qui me fais souvent chier quand j'écris mes SMS j'en fais régulièrement), mais il ne faut pas exagérer. Là on sent bien que le texte a été écrit par quelqu'un vraiment loin de la génération SMS, parce que qui (je dis bien "QUI") dans les générations récentes utilise encore des perles de langage comme "C tro port nawak" ?! Tiens, justement, il est bien de rappeler que le langage évolue. Alors oui on observe une grosse chute de rigueur et de qualité orthographique en ligne, oui écrire en langage SMS (comprenez par-là "abréger au plus court") n'aide pas à apprendre ou consolider ses connaissances orthographiques, mais il faut quand-même aussi savoir raison garder. Le langage évolue, il l'a toujours fait et il le fera toujours, et ce sans l'aval d'un comité décisionnel ou d'un conseil des ancêtres. Aujourd'hui les jeunes utilisent des phrases qui peuvent paraître étranges aux oreilles des générations passées, mais devinez quoi : la totalité des mots, phrases et expressions que vous employez au quotidien (quel que soit votre milieu, vos origines ou votre langue) ont été inventés à un moment donné, ont remplacé d'anciens mots ou d'anciennes expressions désignant les même choses, ou que sais-je encore. Le langage évolue et personne n'y peut rien. Ou plutôt si, c'est un peu par tout le monde qu'il change, puisqu'il évolue avec les us et coutumes. Alors oui, moi aussi je ne comprendrai sans doute pas les expressions à venir, mais devinez quoi : tout langage n'a pas pour but d'être universel. Tant que la personne assemblant les mots et la personne les recevant se comprennent et comprennent les mêmes idées à travers ces mots, cela s'appelle un langage. Alors bon, les comparaisons à la mord-moi-le-nœud entre les écrits dits "téléphoniques" et les "vrais" écrits approuvés par les pairs et la langue de Molière, je trouve ça un peu de mauvaise foi. Eh, je suis de la génération internet, et croyez-moi que de la lecture de fiction, d'essais ou d'études ça se fait aussi sur portable. In fine ce sont des outils, alors même si mauvaise utilisation il y a, ne diabolisons pas l'outil mais la main (ou les habitudes sociétales). Je suis à ça de vous sortir la vieille métaphore du couteau ! Après, c'est sûr, encore une fois, l'addiction aux écrans, le doom scrolling, l'apathie ou même l'anonymat publique restent des dangers liés aux écrans et à la sur-connection que nous vivons aujourd'hui. Mais tout de même, pas besoin de ressortir les vieilles comparaisons dignes de vieux memes facebook comparant les jeunes "abrutis facent à leurs écrans" face aux adultes et leur "vrai savoir littéraire". Entre un-e jeune qui lit des fanfictions et qui comprend par là-même le concepts de réappropriation d'univers de fiction et s'ouvre à tout un champs de possibilités narratives et un-e adulte qui ne lit que du Marc Levy, je ferais personnellement plus confiance en matière de connaissance littéraire à la première personne qu'à la deuxième (et pourtant, notez que tous-tes deux lisent). L'album n'est pas non plus affligeant, il y a une tentative de prose et des dessins plutôt jolis, l'envie de traiter des problèmes causés par l'addiction au portable est plus que louable, mais le fond de l'histoire me laisse un goût amer (en tout cas un peu malhonnête).

05/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Erectus
Erectus

Erik Juszezak signe un album bigrement intéressant avec cet Erectus adapté d'un roman de Xavier Müller paru en 2018. Le dénouement "ouvert" laisse présager d'épisodes à suivre (tout comme ce fut le cas pour les romans de Müller). Un virus inconnu infecte les animaux et les fait régresser à un stade de l'évolution très antérieur. Ainsi un éléphanteau d'un parc africain se métamorphose en gomphothérium, l'ancêtre de nos mammouths et éléphants, une bestiole qui vivait il y a plusieurs millions d'années et dont nos musées conservent quelques défenses et même squelettes. Après différents animaux, le virus Kruger (du nom du parc africain) finit évidemment par se transmettre à l'homme : les victimes se retrouvent en Homo Erectus, notre ancêtre très futé qui s'est levé debout et a sans doute inventé le feu et les prémices du langage. Notre société se retrouve vite partagée entre ceux qui voudraient apporter des "soins" à nos congénères, les partisans d'une incarcération en réserve et ceux d'une éradication plus définitive de ces monstres. • On aime bien le soin apporté à la vraisemblance du scénario avec une mise en place progressive qui rappelle un peu celle de la série tv Zoo ou le film Le règne animal. Xavier Müller est un scientifique et peaufine la genèse de toute cette histoire. • Le bouquin a été écrit en 2018 bien avant la pandémie de Covid mais l'album est plus récent. Ce qui explique sans doute que l'histoire se focalise un moment sur un mystérieux labo P4 d'où se serait échappé le fameux virus Kruger. Et depuis le Covid, on n'a plus trop envie de railler ces élucubrations. • On apprécie aussi beaucoup le clin d’œil intelligent au zoo de Vincennes (où sont parqués les Erectus français), zoo qui de sinistre mémoire avait "accueilli" quelques étranges spécimens au temps béni des colonies : on se souvient du remarquable petit bouquin de Didier Daeninckx, Cannibale. • On trouve sujet et scénario tout à fait passionnants mais l'adaptation, peut-être trop fidèle au bouquin original, manque de caractère : l'album a un goût de trop ou de trop peu et le dessin, clair et agréable mais très classique, manque un peu de punch ou de modernité.

05/03/2025 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série La Fabrique du prince charmant
La Fabrique du prince charmant

Clairement une déception pour ce roman-photo qui a priori devrait se classer en humour. Pourtant il me semble le voir assez régulièrement mis en avant en boutique. On ne sait pas trop qui fait quoi des 2 autrices. Car certes il n'y a pas de dessin mais il y a un choix des photos, du montage et séquençage etc. Malgré l'imagerie vintage, c'est globalement très peu drôle à mon sens. Ajoutons à cela qu'il y a quasi un mot par planche que je ne connaissais pas (j'ai "pegger" qui me reste en tête...), je n'ai pas toujours fait l'effort de chercher leur signification. Les textes sont du langage plutôt moderne et argotique avec certaines expressions qui sont en décalage avec le côté ringard des images. Ni savoureux, ni hilarant.

04/03/2025 (modifier)
Par Simili
Note: 2/5
Couverture de la série Caméra café
Caméra café

Mon avis porte après lecture des 3 premiers tomes. Caméra café valait surtout pour le duo Solo-Le Bolloch, on aimait voir à l'écran leur mauvaise foi et leur péripéties. Mais en BD ça le fait pas comme cela ne semble pas le faire pour Scènes de ménages également. Les BD n'arrivent pas à retranscrire l'interprétation des acteurs Cela sent beaucoup trop le merchandising, la volonté de surfer sur un effet de mode sans mettre la même qualité que sur les séries originales On notera également le changement de style graphique du tome 6 qui j'imagine a du laisser les amateurs décontenancés Je ne conseille pas, tout comme les adaptations cinématographiques, et encore moins aux amateurs de la série

04/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Les Filles de Salem
Les Filles de Salem

Comme gruizzli, je pense que j'aurais également mis une note plus élevée si l'auteur n'avait pas repris un événement qui a existé pour le travestir et en faire un hymne féministe et anticlérical très stéréotypé. Je n'ai rien contre l'histoire qui permet de critiquer de manière assez vive la misogynie et l'intégrisme religieux des temps passés (ou actuels) mais le fait de se servir de personnages et d'un fait ayant existé me gêne quelque peu aux entournures. Pourquoi dans ce cas, ne pas avoir repris les faits incontestables (par exemple 19 pendaisons ont eu lieu dont 5 hommes) pour ensuite intégrer quelques arcs narratifs fictifs sur des thèmes tenant à cœur à l'auteur ? Par ailleurs, Abigail Hobbs est présentée comme une jeune fille intègre et résistante alors que dans la réalité, selon le rapport du procès, elle a dénoncé plusieurs personnes d'autres familles. L'histoire de Salem, selon les écrits, relève en effet plus d'une histoire de délation entre clans familiaux rivaux sur fonds de pratiques ésotériques de jeunes filles guidées par la servante d'origine étrangère. De la même façon, je trouve le propos quelque peu caricatural avec les amérindiens présentés comme de gentils voisins vivant de manière pacifique aux côtés des colons, les femmes comme de parfaites victimes sans jugeote et le pasteur pervers abusant au sens propre comme au figuré des habitant(e)s de Salem. Côté dessin, le trait de Thomas Gilbert n'est pas celui que je préfère mais il faut reconnaitre qu'il excelle dans l'art d'illustrer certains passages parfois en grossissant de manière démesurée certains personnages ou encore en ajoutant à l'horreur de certaines situations que je ne divulguerai pas ici. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 11/20

03/03/2025 (modifier)