Comme les autres posteurs ci-dessous, c'est un album collectif sans cohérence et sans ambition. OK les auteurs n'ont qu'une page mais ça suffit largement pour Frnaquin, De Groot, Roba etc. En plus, l'univers est riche et connu de tous, pas besoin de préambules.
Bref, je suis frustré comme la plupart.
Mais j'ai quand même pris du plaisir à la lire avec mon garçon car chaque dessinateur croque le personnage différemment, parfois de manière stylisée ou de manière sophistiquée. Et il y a une belle brochette d'artistes qui savent manier leurs outils compilés ici. Et j'ai été surpris de voir les différentes facettes de Mickey, l'aventureuse évidemment mais aussi la fleur bleue pique-niquant avec Minnie (on s'attend à une chute second degré mais non, bel hommage.)
En résumé, pas à acheter mais à lire pour voir une palette de styles et découvrir quelques auteurs qu'on ne connaissais pas forcéement.
Un manga qui a un coté intéressant, mais malgré cela après avoir lu 7 tomes je n'ai pas trop envie de continuer.
Le manga met donc en vedette un avocat talentueux et un peu particulier qui prennent des cas complexes et qui fait tout pour sauver ses clients. C'est d'ailleurs ce que j'ai le plus apprécié dans cette série: comment il fait pour aider ses clients. Les meilleurs moments sont lorsqu'il explique les procédés légaux et autres truc du genre pour sortir les gens du pétrin. Durant les différentes histoires, on va aussi voir le coté sombre de la société japonaise ce qui est aussi quelque chose qui m'intéresse.
Malheureusement, c'est un peu plat au niveau du rythme. Certaines histoires sont un peu trop long (celui qui parle de la prostitution et de l'industrie de la pornographie par exemple) et par moment c'est tellement contemplatif qu'on dirait plus un roman graphique qu'une série thriller. Je ne dis pas que l'avocat devrait se mettre à combattre des méchants dans des scènes d'actions, mais j'aurais aimé ressentir un peu de tension par moment, notamment lorsqu'un personnage était dans une situation dangereuse. Il y a toujours eu un mur entre moi et cette série et je ne suis jamais totalement rentré. Je n'ai pas ressenti de l'empathie pour les victimes et le seul personnage qui a mon attention est le personnage principal.
Ce qui n'aide pas est que je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les visages.
Si j’avais lu il y a longtemps maintenant plusieurs albums de la série, c’est en fait via la parodie des personnages principaux proposée par ses potes Goscinny et Uderzo dans « Astérix » que j’avais découvert Barbe Rouge et son équipage créés par Charlier.
J’ai emprunté récemment les deux premiers tomes de la réédition en intégrale (qui reprennent les 5 premiers albums publiés), pour me remettre en tête une série qui ne m’avais pas marqué plus que ça.
Charlier est un très bon scénariste, en tout cas il a produit certains des scénarios les plus solides de la grande époque Pilote. Je suis toujours embarqué par ses Blueberry.
Mais ici ressortent quand même un peu plus certains défauts – en partie inhérents à l’époque. A savoir un texte surabondant. Si on n’atteint pas l’overdose des Jacobs/Martin/Hergé de l’équipe Tintin, ça reste quand même trop verbeux, et ça passe sans doute moins avec les jeunes lecteurs d’aujourd’hui (je ne sais pas pourquoi, mais ce « défaut » me gêne moins sur « Blueberry » : sans doute le dessin magnifique de Giraud y est-il pour quelque chose).
Quant au dessin d’Hubinon justement, ça reste du réaliste très classique, assez daté, un peu rigide, mais lisible.
Une série d’aventure old school, mais qui fait mieux que résister au temps. Charlier a su donner du coffre à ses intrigues, qui sont rythmées (même si sa façon d’entretenir le suspens est parfois maladroite). J’ai juste dû passer outre quelques facilités : si Barbe Rouge est rapidement décrit comme un pirate sanguinaire et sans pitié (il ne fait pas de prisonnier – même si on ne voit quasiment jamais ses « mises à mort »), j’ai eu du mal à accepter l’adoption du jeune Eric, par un papa poule surprenant. Aussi surprenante d’ailleurs que le recrutement des professeurs de son nouvel héritier !
Pour vieux lecteurs nostalgiques. Mais pas que…
On ne sait pas ce qui nous attire en premier avec cet album : le nom des auteurs, deux valeurs sures du 9e art ? L'édition particulièrement soignée ? Le très grand format et la pagination élevée de l'album ? Un peu de tout ça inévitablement. Cette terre verte est une pièce de théâtre moyenâgeuse, satire de la soif de pouvoir et de la mégalomanie d'un roi déchu qui ne rêve que d'une chose : un nouveau trône.
Comme toujours avec Ayrolles aux commandes, c'est bien écrit. Le choix de l'époque est particulièrement propice à ses tournures de phrases si particulière. On reconnait bien sa patte ici. De plus le cadre du Groenland est tout à fait original. Et c'est aussi farfelu qu'amusant d'avoir choisi cette terre froide et hostile comme terrain de jeu à ce roi Richard. Ca fonctionne car le décalage est immense et malin. D'un coté des autochtones qui vivent en petits clans auto géré, peinards sur leur ile glacière et qui n'ont rien demandé à personne. De l'autre ce héros avide de pouvoir qui va leur apporter la chrétienté, puis la royauté, alors qu'ils n'avaient rien demander.
Il va manigancer un plan en plusieurs bandes pour devenir le monarque des lieux. La réussite du scénario réside dans ce plan déluré qui consiste à mettre au pouvoir, les uns après les autres, tous les rivaux qui pourraient lui faire de l'ombre. En ainsi les éliminer tour à tour pour qu'il ne reste que lui à la fin. Il n'hésitera à trahir personne pour arriver à ses fins.
C'est amusant, et assez malin à la fois. La satire de la monarchie et de ce système est plutôt acerbe et bien vue. Pourtant je ne partage pas l'enthousiasme de mes prédécesseurs ci-dessous. La pagination élevée permet de vraiment développer l'histoire sans être amené à faire d'ellipse. Mais tous les chapitres ne se valent pas. Certains sont assez intenses, notamment lorsque Richard finalise l'élimination de ses rivaux, ou lorsque la folie des hommes est mise en évidence. C'est encore plus vrai avec le climat géopolitique actuel. Par contre d'autres chapitres souffrent parfois de quelques longueurs. La tournure des phrases ne fait pas mouche à chaque fois et certains dialogues sont un peu fastidieux à lire (peut être par l'utilisation régulière d'un vocabulaire scandinave / nordique).
Un bel album que je n'ai pas trouvé aussi marquant que je l'aurais espéré. Mais plusieurs jours après la lecture terminée, c'est principalement les aspects positifs de l'album qui me reviennent à l'esprit. C'est assurément une bonne chose.
Une série initialement publiée sur le blog de Pacco entamée il y a presque une vingtaine d'années où il mettait tout d'abord en scène la naissance et les premières années de sa fille (partie reprise en albums dans la série Maé) puis finalement ici la vie avec elle suite au divorce d'avec sa mère et où il la récupère une semaine sur deux. C'est donc le quotidien d'un jeune père célibataire, au caractère de post-ado surfeur et un peu geek, avec sa fille de moins de dix ans, très énergique et au caractère bien prononcé.
Le dessin de Pacco m'attire toujours vers ses BD. J'aime la souplesse et l'efficacité de son trait, l'expressivité de ses personnages, ses décors simples mais tout aussi soignés, et sa mise en scène de manière générale.
Ses histoires, gags et strips, typiques de l'esprit blog BD, m'amusent aussi par l'autodérision légèrement cynique dont ils font preuve.
Il faut admettre toutefois que sa mise en scène du quotidien avec sa fille, aussi tendre et souriante soit-elle, est un peu banale. Elle se démarque par le côté légèrement immature du père, amateur de surf entre copains et d'une vie d'auteur de BD bien différente du métro boulot dodo. Et elle se démarque par le caractère légèrement autoritaire, en tout cas bien affirmé, de sa fille qui ne s'en laisse pas compter quand elle a envie de quelque chose. Mais au-delà de ça, ces saynètes sont très classiques, avec un humour assez peu relevé et peu de surprise. Le personnage du père est ici un peu trop taciturne, moyennement attachant. Et la fille a des expressions braillardes un peu trop récurrentes. Il y a également peu d'évolution car tout au long de la série on a du mal à évaluer l'âge de Maé et donc de voir si quelque chose change dans leur vie, hormis ce déménagement au pays basque dont on ne sait même pas s'il a eu lieu avant ou après le début de la série, puis l'apparition discrète à un moment donné de la nouvelle compagne de Pacco, Margaux Motin.
Bref, c'est sympa, mais sans plus.
Cette histoire m’a fait penser au film « Mes meilleurs copains » où, là aussi, une bande de vieux potes se remémorent à coup de flash-backs leur période « rock », mais aussi ce qui avait bien pu finalement les diviser, puis les séparer.
C’est un peu la même histoire ici, Bétaucourt en profitant pour nous plonger dans quelques tubes et autres références des années 1980. Ça m’a en tout cas rappelé des souvenirs (je suis un peu de cette génération), même si mes goûts musicaux n’étaient pas forcément les mêmes.
La narration est plutôt fluide, et globalement agréable, ménageant quelques petites surprises, jusqu’au final, un peu happy-end.
Le dessin moderne de Bouüaert colle assez bien à l’ambiance générale.
Pas inoubliable, mais une lecture sympathique.
A l’image d’un Marco Polo à la cour du Khan (comme lui il a d’ailleurs suivi son père pour ses affaires à l’autre bout du monde) ou d’un Ibn Battuta sur toute l’étendue du monde musulman, Carletti a effectué un véritable périple, traversant quasiment tout le monde connu et dominé par les Espagnols et Portugais vers la fin du XVIème et le début du XVIIème siècles, allant même au-delà aux extrêmes de l’Orient, après avoir traversé l’Amérique.
Le personnage est intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que son voyage se déroule en un temps où les colonisateurs n’avaient sans doute pas encore complètement « fermé » leurs espaces coloniaux (Carletti est italien, et non Ibérique). Ensuite parce que Carletti développe un sens de l’observation assez fin. Et surtout il se permet des observations et critiques (sur l’esclavagisme en train de se mettre en place – et auquel il participe un temps – par exemple) qui donnent à ce récit de voyage un éclairage original.
L’auteur s’est inspiré du récit de Carletti, et ce qu’il en a ajouté – pour le peu que je puisse en juger (je n’ai pas lu le récit d’origine, et ne connaissais pas ce voyageur) – est crédible et donne juste plus de vie à ce périple. Un voyage se déroulant au moment où une première « mondialisation » (très bien étudiée par Gruzinski) se met en place.
Le dessin moderne est agréable et accompagne très bien le récit, où l’on ne s’ennuie jamais, pour le peu que l’on soit curieux.
Une lecture plaisante et intéressante.
Une BD sur les sorcières par une sorcière.
En effet, la scénariste Lindsay Squire est une tarologue professionnelle, conseillère spirituelle et l'égérie du compte Instagram à succès The Witch of the Forest, dédié à aider et à responsabiliser ceux qui débutent leur parcours de sorcellerie pour forger leur propre chemin. Elle est aussi une autrice, elle a écrit de nombreux livres sur ces différents sujets. Et là, sa première incursion dans le neuvième art.
Une BD qui met en lumière Biddy Early, une sorcière irlandaise ayant vécu de 1798 à 1874, et Lindsay Squire nous offre une biographie romancée de cette femme. Romancée, puisque la jeune fille qui sera son apprentie dans ce comics n'est autre que Lindsay Squire elle-même.
Je suis mitigé après ma lecture, l'histoire de Biddy Early ne m'a pas passionné plus que ça, c'est trop gentillet. Une œuvre qui se veut un plaidoyer pour la sorcellerie, ici pas de magie noire, que des bons sentiments. Une lecture sans surprises, on a un étalage des connaissances de l'autrice sur le monde de la sorcellerie, elle met en avant la connexion avec la nature et le pouvoir des plantes. Mais cet étalage de connaissances manque de fluidité.
Le dessin de Lisa Salsi dans une ligne claire, un peu figé, est plaisant à regarder. De jolies couleurs. Une mise en page classique.
Un 3 étoiles généreux pour ma part, mais une BD qui devrait satisfaire un jeune public.
Je découvre l’auteur avec cet album et j’explorerai sa bibliographie de bon cœur.
Sous le Paradis est un recueil d’histoires courtes coquines. Si les récits ne se valent pas tous, ils m’ont tout de même semblé au dessus de la moyenne du genre. L’auteur essaie de développer autre chose que du tac tac badaboum primaire.
La partie graphique accompagne de bien belle manière le fond. J’étais persuadé d’avoir affaire à l’école espagnole mais l’auteur est italien. Son trait m’a vraiment plu, comme la construction de ses planches, Di Caro arrive à se démarquer, il fait preuve d’une belle élégance et finesse dans la production. La couverture est réussie.
Alors c’est sûr, le résultat est loin d’être indispensable mais reste tout à fait recommandable. Malgré le côté anecdotique ou trivial, j’ai trouvé qu’il s’en dégageait un certain charme voir de la sensualité.
Un album sympathique.
BD policière proposant de littéralement suivre le cheminement de la pensée logique du célèbre Sherlock Holmes.
Visuellement, le parti-pris est spectaculaire, intéressant, intrigant, ludique aussi, avec cette linéarité bousculée, ce fil rouge de la pensée, ces transparences occasionnelles, cette découpe sur la couverture, ces cases enchevêtrées dans le décor ou en épousant la forme pour visualiser la réflexion, etc.
Mais la réussite est bien moindre côté intrigue policière. Comme l'annonce sans le moindre ombrage le titre de la série, celle-ci est secondaire et la BD se présente avant tout comme formaliste, ce qui pour une œuvre quasi à destination des ados, est étonnant sinon osé. Mais cela n'empêchait pas de la traiter finement ou tout du moins d'en distiller suffisamment de sel pour la rendre spectaculaire et attrayante. En l'état, on s'étonne qu'elle intéresse de prime abord notre célèbre détective ; le machiavélisme et l'ampleur arrivent ensuite, mais sans engendrer le moindre vertige, le moindre suspense, la moindre passion : l'absence de peps initiale ne fut jamais compensée (délicat sans doute du fait de cette primauté visuelle). Pas de stimulation possible non plus via les personnages, ceux-ci demeurant par nécessité plutôt antipathiques, respectant en cela le cahier des charges et leur description par Conan Doyle. Et puis, même s'il est délicat de critiquer l'alléchant formalisme, certaines idées apparaissent moins bonnes que d'autres, et ces numérotations d'indices notamment ont un côté froidement scolaire.
Une BD amusante, indispensable d'une certaine manière tant sa construction formelle est originale et pertinente, mais qui aurait mérité bien davantage de dynamisme et de puissance du côté de son intrigue policière.
J'encourage rarement les séries à se prolonger, mais resservir le couvert pour un diptyque véritablement prenant, serait dans le cas présent une fort belle idée.
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Mickey All Stars
Comme les autres posteurs ci-dessous, c'est un album collectif sans cohérence et sans ambition. OK les auteurs n'ont qu'une page mais ça suffit largement pour Frnaquin, De Groot, Roba etc. En plus, l'univers est riche et connu de tous, pas besoin de préambules. Bref, je suis frustré comme la plupart. Mais j'ai quand même pris du plaisir à la lire avec mon garçon car chaque dessinateur croque le personnage différemment, parfois de manière stylisée ou de manière sophistiquée. Et il y a une belle brochette d'artistes qui savent manier leurs outils compilés ici. Et j'ai été surpris de voir les différentes facettes de Mickey, l'aventureuse évidemment mais aussi la fleur bleue pique-niquant avec Minnie (on s'attend à une chute second degré mais non, bel hommage.) En résumé, pas à acheter mais à lire pour voir une palette de styles et découvrir quelques auteurs qu'on ne connaissais pas forcéement.
Kujô l'Implacable
Un manga qui a un coté intéressant, mais malgré cela après avoir lu 7 tomes je n'ai pas trop envie de continuer. Le manga met donc en vedette un avocat talentueux et un peu particulier qui prennent des cas complexes et qui fait tout pour sauver ses clients. C'est d'ailleurs ce que j'ai le plus apprécié dans cette série: comment il fait pour aider ses clients. Les meilleurs moments sont lorsqu'il explique les procédés légaux et autres truc du genre pour sortir les gens du pétrin. Durant les différentes histoires, on va aussi voir le coté sombre de la société japonaise ce qui est aussi quelque chose qui m'intéresse. Malheureusement, c'est un peu plat au niveau du rythme. Certaines histoires sont un peu trop long (celui qui parle de la prostitution et de l'industrie de la pornographie par exemple) et par moment c'est tellement contemplatif qu'on dirait plus un roman graphique qu'une série thriller. Je ne dis pas que l'avocat devrait se mettre à combattre des méchants dans des scènes d'actions, mais j'aurais aimé ressentir un peu de tension par moment, notamment lorsqu'un personnage était dans une situation dangereuse. Il y a toujours eu un mur entre moi et cette série et je ne suis jamais totalement rentré. Je n'ai pas ressenti de l'empathie pour les victimes et le seul personnage qui a mon attention est le personnage principal. Ce qui n'aide pas est que je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les visages.
Barbe-Rouge
Si j’avais lu il y a longtemps maintenant plusieurs albums de la série, c’est en fait via la parodie des personnages principaux proposée par ses potes Goscinny et Uderzo dans « Astérix » que j’avais découvert Barbe Rouge et son équipage créés par Charlier. J’ai emprunté récemment les deux premiers tomes de la réédition en intégrale (qui reprennent les 5 premiers albums publiés), pour me remettre en tête une série qui ne m’avais pas marqué plus que ça. Charlier est un très bon scénariste, en tout cas il a produit certains des scénarios les plus solides de la grande époque Pilote. Je suis toujours embarqué par ses Blueberry. Mais ici ressortent quand même un peu plus certains défauts – en partie inhérents à l’époque. A savoir un texte surabondant. Si on n’atteint pas l’overdose des Jacobs/Martin/Hergé de l’équipe Tintin, ça reste quand même trop verbeux, et ça passe sans doute moins avec les jeunes lecteurs d’aujourd’hui (je ne sais pas pourquoi, mais ce « défaut » me gêne moins sur « Blueberry » : sans doute le dessin magnifique de Giraud y est-il pour quelque chose). Quant au dessin d’Hubinon justement, ça reste du réaliste très classique, assez daté, un peu rigide, mais lisible. Une série d’aventure old school, mais qui fait mieux que résister au temps. Charlier a su donner du coffre à ses intrigues, qui sont rythmées (même si sa façon d’entretenir le suspens est parfois maladroite). J’ai juste dû passer outre quelques facilités : si Barbe Rouge est rapidement décrit comme un pirate sanguinaire et sans pitié (il ne fait pas de prisonnier – même si on ne voit quasiment jamais ses « mises à mort »), j’ai eu du mal à accepter l’adoption du jeune Eric, par un papa poule surprenant. Aussi surprenante d’ailleurs que le recrutement des professeurs de son nouvel héritier ! Pour vieux lecteurs nostalgiques. Mais pas que…
La Terre verte
On ne sait pas ce qui nous attire en premier avec cet album : le nom des auteurs, deux valeurs sures du 9e art ? L'édition particulièrement soignée ? Le très grand format et la pagination élevée de l'album ? Un peu de tout ça inévitablement. Cette terre verte est une pièce de théâtre moyenâgeuse, satire de la soif de pouvoir et de la mégalomanie d'un roi déchu qui ne rêve que d'une chose : un nouveau trône. Comme toujours avec Ayrolles aux commandes, c'est bien écrit. Le choix de l'époque est particulièrement propice à ses tournures de phrases si particulière. On reconnait bien sa patte ici. De plus le cadre du Groenland est tout à fait original. Et c'est aussi farfelu qu'amusant d'avoir choisi cette terre froide et hostile comme terrain de jeu à ce roi Richard. Ca fonctionne car le décalage est immense et malin. D'un coté des autochtones qui vivent en petits clans auto géré, peinards sur leur ile glacière et qui n'ont rien demandé à personne. De l'autre ce héros avide de pouvoir qui va leur apporter la chrétienté, puis la royauté, alors qu'ils n'avaient rien demander. Il va manigancer un plan en plusieurs bandes pour devenir le monarque des lieux. La réussite du scénario réside dans ce plan déluré qui consiste à mettre au pouvoir, les uns après les autres, tous les rivaux qui pourraient lui faire de l'ombre. En ainsi les éliminer tour à tour pour qu'il ne reste que lui à la fin. Il n'hésitera à trahir personne pour arriver à ses fins. C'est amusant, et assez malin à la fois. La satire de la monarchie et de ce système est plutôt acerbe et bien vue. Pourtant je ne partage pas l'enthousiasme de mes prédécesseurs ci-dessous. La pagination élevée permet de vraiment développer l'histoire sans être amené à faire d'ellipse. Mais tous les chapitres ne se valent pas. Certains sont assez intenses, notamment lorsque Richard finalise l'élimination de ses rivaux, ou lorsque la folie des hommes est mise en évidence. C'est encore plus vrai avec le climat géopolitique actuel. Par contre d'autres chapitres souffrent parfois de quelques longueurs. La tournure des phrases ne fait pas mouche à chaque fois et certains dialogues sont un peu fastidieux à lire (peut être par l'utilisation régulière d'un vocabulaire scandinave / nordique). Un bel album que je n'ai pas trouvé aussi marquant que je l'aurais espéré. Mais plusieurs jours après la lecture terminée, c'est principalement les aspects positifs de l'album qui me reviennent à l'esprit. C'est assurément une bonne chose.
Une semaine sur deux
Une série initialement publiée sur le blog de Pacco entamée il y a presque une vingtaine d'années où il mettait tout d'abord en scène la naissance et les premières années de sa fille (partie reprise en albums dans la série Maé) puis finalement ici la vie avec elle suite au divorce d'avec sa mère et où il la récupère une semaine sur deux. C'est donc le quotidien d'un jeune père célibataire, au caractère de post-ado surfeur et un peu geek, avec sa fille de moins de dix ans, très énergique et au caractère bien prononcé. Le dessin de Pacco m'attire toujours vers ses BD. J'aime la souplesse et l'efficacité de son trait, l'expressivité de ses personnages, ses décors simples mais tout aussi soignés, et sa mise en scène de manière générale. Ses histoires, gags et strips, typiques de l'esprit blog BD, m'amusent aussi par l'autodérision légèrement cynique dont ils font preuve. Il faut admettre toutefois que sa mise en scène du quotidien avec sa fille, aussi tendre et souriante soit-elle, est un peu banale. Elle se démarque par le côté légèrement immature du père, amateur de surf entre copains et d'une vie d'auteur de BD bien différente du métro boulot dodo. Et elle se démarque par le caractère légèrement autoritaire, en tout cas bien affirmé, de sa fille qui ne s'en laisse pas compter quand elle a envie de quelque chose. Mais au-delà de ça, ces saynètes sont très classiques, avec un humour assez peu relevé et peu de surprise. Le personnage du père est ici un peu trop taciturne, moyennement attachant. Et la fille a des expressions braillardes un peu trop récurrentes. Il y a également peu d'évolution car tout au long de la série on a du mal à évaluer l'âge de Maé et donc de voir si quelque chose change dans leur vie, hormis ce déménagement au pays basque dont on ne sait même pas s'il a eu lieu avant ou après le début de la série, puis l'apparition discrète à un moment donné de la nouvelle compagne de Pacco, Margaux Motin. Bref, c'est sympa, mais sans plus.
Le Ferry
Cette histoire m’a fait penser au film « Mes meilleurs copains » où, là aussi, une bande de vieux potes se remémorent à coup de flash-backs leur période « rock », mais aussi ce qui avait bien pu finalement les diviser, puis les séparer. C’est un peu la même histoire ici, Bétaucourt en profitant pour nous plonger dans quelques tubes et autres références des années 1980. Ça m’a en tout cas rappelé des souvenirs (je suis un peu de cette génération), même si mes goûts musicaux n’étaient pas forcément les mêmes. La narration est plutôt fluide, et globalement agréable, ménageant quelques petites surprises, jusqu’au final, un peu happy-end. Le dessin moderne de Bouüaert colle assez bien à l’ambiance générale. Pas inoubliable, mais une lecture sympathique.
Carletti - Un voyageur moderne
A l’image d’un Marco Polo à la cour du Khan (comme lui il a d’ailleurs suivi son père pour ses affaires à l’autre bout du monde) ou d’un Ibn Battuta sur toute l’étendue du monde musulman, Carletti a effectué un véritable périple, traversant quasiment tout le monde connu et dominé par les Espagnols et Portugais vers la fin du XVIème et le début du XVIIème siècles, allant même au-delà aux extrêmes de l’Orient, après avoir traversé l’Amérique. Le personnage est intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que son voyage se déroule en un temps où les colonisateurs n’avaient sans doute pas encore complètement « fermé » leurs espaces coloniaux (Carletti est italien, et non Ibérique). Ensuite parce que Carletti développe un sens de l’observation assez fin. Et surtout il se permet des observations et critiques (sur l’esclavagisme en train de se mettre en place – et auquel il participe un temps – par exemple) qui donnent à ce récit de voyage un éclairage original. L’auteur s’est inspiré du récit de Carletti, et ce qu’il en a ajouté – pour le peu que je puisse en juger (je n’ai pas lu le récit d’origine, et ne connaissais pas ce voyageur) – est crédible et donne juste plus de vie à ce périple. Un voyage se déroulant au moment où une première « mondialisation » (très bien étudiée par Gruzinski) se met en place. Le dessin moderne est agréable et accompagne très bien le récit, où l’on ne s’ennuie jamais, pour le peu que l’on soit curieux. Une lecture plaisante et intéressante.
Sorcières - Une histoire de femmes guérisseuses et de magie
Une BD sur les sorcières par une sorcière. En effet, la scénariste Lindsay Squire est une tarologue professionnelle, conseillère spirituelle et l'égérie du compte Instagram à succès The Witch of the Forest, dédié à aider et à responsabiliser ceux qui débutent leur parcours de sorcellerie pour forger leur propre chemin. Elle est aussi une autrice, elle a écrit de nombreux livres sur ces différents sujets. Et là, sa première incursion dans le neuvième art. Une BD qui met en lumière Biddy Early, une sorcière irlandaise ayant vécu de 1798 à 1874, et Lindsay Squire nous offre une biographie romancée de cette femme. Romancée, puisque la jeune fille qui sera son apprentie dans ce comics n'est autre que Lindsay Squire elle-même. Je suis mitigé après ma lecture, l'histoire de Biddy Early ne m'a pas passionné plus que ça, c'est trop gentillet. Une œuvre qui se veut un plaidoyer pour la sorcellerie, ici pas de magie noire, que des bons sentiments. Une lecture sans surprises, on a un étalage des connaissances de l'autrice sur le monde de la sorcellerie, elle met en avant la connexion avec la nature et le pouvoir des plantes. Mais cet étalage de connaissances manque de fluidité. Le dessin de Lisa Salsi dans une ligne claire, un peu figé, est plaisant à regarder. De jolies couleurs. Une mise en page classique. Un 3 étoiles généreux pour ma part, mais une BD qui devrait satisfaire un jeune public.
Sous le Paradis
Je découvre l’auteur avec cet album et j’explorerai sa bibliographie de bon cœur. Sous le Paradis est un recueil d’histoires courtes coquines. Si les récits ne se valent pas tous, ils m’ont tout de même semblé au dessus de la moyenne du genre. L’auteur essaie de développer autre chose que du tac tac badaboum primaire. La partie graphique accompagne de bien belle manière le fond. J’étais persuadé d’avoir affaire à l’école espagnole mais l’auteur est italien. Son trait m’a vraiment plu, comme la construction de ses planches, Di Caro arrive à se démarquer, il fait preuve d’une belle élégance et finesse dans la production. La couverture est réussie. Alors c’est sûr, le résultat est loin d’être indispensable mais reste tout à fait recommandable. Malgré le côté anecdotique ou trivial, j’ai trouvé qu’il s’en dégageait un certain charme voir de la sensualité. Un album sympathique.
Dans la tête de Sherlock Holmes
BD policière proposant de littéralement suivre le cheminement de la pensée logique du célèbre Sherlock Holmes. Visuellement, le parti-pris est spectaculaire, intéressant, intrigant, ludique aussi, avec cette linéarité bousculée, ce fil rouge de la pensée, ces transparences occasionnelles, cette découpe sur la couverture, ces cases enchevêtrées dans le décor ou en épousant la forme pour visualiser la réflexion, etc. Mais la réussite est bien moindre côté intrigue policière. Comme l'annonce sans le moindre ombrage le titre de la série, celle-ci est secondaire et la BD se présente avant tout comme formaliste, ce qui pour une œuvre quasi à destination des ados, est étonnant sinon osé. Mais cela n'empêchait pas de la traiter finement ou tout du moins d'en distiller suffisamment de sel pour la rendre spectaculaire et attrayante. En l'état, on s'étonne qu'elle intéresse de prime abord notre célèbre détective ; le machiavélisme et l'ampleur arrivent ensuite, mais sans engendrer le moindre vertige, le moindre suspense, la moindre passion : l'absence de peps initiale ne fut jamais compensée (délicat sans doute du fait de cette primauté visuelle). Pas de stimulation possible non plus via les personnages, ceux-ci demeurant par nécessité plutôt antipathiques, respectant en cela le cahier des charges et leur description par Conan Doyle. Et puis, même s'il est délicat de critiquer l'alléchant formalisme, certaines idées apparaissent moins bonnes que d'autres, et ces numérotations d'indices notamment ont un côté froidement scolaire. Une BD amusante, indispensable d'une certaine manière tant sa construction formelle est originale et pertinente, mais qui aurait mérité bien davantage de dynamisme et de puissance du côté de son intrigue policière. J'encourage rarement les séries à se prolonger, mais resservir le couvert pour un diptyque véritablement prenant, serait dans le cas présent une fort belle idée.