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Couverture de la série Douze
Douze

Une intrigue qui m’a fait penser à celle des « Dix petits nègres » d’Agatha Christie, ou, pour rester dans la BD, à certains passages de L'Executeur. S’il lui manque clairement une certaine profondeur, cet album se révèle d’une lecture agréable. C’est un gros défouloir, puisque des tueurs et agents spéciaux en tous genres sont réunis dans un manoir « privatisé », tous surarmés et entrainés, tous plus ou moins liés (ces liens sont en partie révélés au compte-gouttes), dans une sorte d’escape game assez radical : ils doivent s’entretuer, dans un struggle for life brutal. La mise en place et rapide, le décor minimaliste bien planté. L’essentiel est basé sur une action sanglante, tous les moyens – et tous les lieux de l’hôtel de luxe où sont rassemblés les « participants » - étant utilisés. En arrière-plan une lutte entre plusieurs organisations criminelles, et le mystérieux personnage de l’Hydre, organisateur de la réunion, supposé grand maître du crime, dont la vraie identité alimente un certain suspens. C’est rythmé donc, et le dessin de Boivin – une belle ligne claire – est agréable. Avec pas mal de plans très cinématographiques pour dynamiser ce huis-clos sanglant. J’ai juste eu du mal à comprendre le sens – et surtout la faisabilité – des tatouages dans la dernière scène.

23/02/2025 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série La Petite Souriante
La Petite Souriante

Tu n'as pas honte de dire des cochonneries pareilles ? - Ce tome contient une histoire complète et indépendante de toute autre. La première édition date de 2018. Le scénario a été réalisé par Zidrou (Benoît Drousie), dessiné, encré et mis en couleurs par Benoît Springer, avec l'aide de Séverine Lambour pour la colorisation. Le tome se termine avec un cahier graphique de 14 pages, comprenant des études de personnages et de composition de page, ainsi que le texte intégral de la chanson Elle était souriante, paroles d'Edmond Bouchaud (dit Dufleuve), musique de Raoul Georges. Quelque part en France, vraisemblablement dans le Sud, une nuit, non loin d'un troupeau d'autruches, un homme est en train de manier une lourde masse ensanglantée. Il s'agit de Josep Pla (Pep), et il vient d'écrabouiller le visage de sa femme Dora, la tuant sur le coup. Il charge le corps de sa femme et la masse, sur le plateau de son pickup. Il conduit jusqu'à un puits isolé et prend le cadavre de son épouse par les épaules. Contre toute attente, elle reprend connaissance et lui demande le beurre. Il se dégage d'elle, reprend la masse et abat la masse jusqu'à avoir une certitude. Alors qu'il traîne le cadavre jusqu'au puits, il lui revient en mémoire une chanson qu'il appelle La petite souriante (en fait Elle était souriante). Il jette le corps dans le puits asséché, retourne vers le plateau pour y déposer la masse, et ramasse trois dents restées dessus, qu'il met dans sa poche. La pluie se met à tomber, lavant le plateau. Pep monte dans la cabine et commence à se déshabiller pour enlever ses vêtements pleins de sang. Son téléphone portable sonne. Il décroche et indique qu'il a fait le travail à son interlocutrice, son amante. Il conclut sur le fait qu'avec la mort de Dora, il va y avoir plus de boulot avec les autruches. Il rentre chez lui avec son pickup et après s'être changé. Il se gare, entre dans la maison, et accroche sa casquette à la patère. Il entend la voix de sa femme qui l'accueille. Il pénètre dans la cuisine et se retrouve face à Dora avec des bigoudis sur la tête, toute souriante. Il réussit à conserver sa contenance. Il ressort pour téléphoner depuis le bâtiment où les autruches sont abattues. Il rappelle son amante pour la mettre au courant de ce fait inexplicable : Dora est encore en vie. Il brule ses vêtements dans la chaudière. Il retrouve les trois dents dans sa poche. Le lendemain, Isabela, la fille de Dora, revient du pensionnat, déposée par Ruben, le vétérinaire. Elle explique à sa mère que des cours ont été annulés, suite à des restrictions budgétaires et qu'elle est bien contente d'être là pour fêter l'anniversaire de ses dix-huit ans le lendemain. Dès que sa mère commence à évoquer la possibilité d'aider Pep, son beau-père, au magasin, Isabela se lance dans une colère expliquant qu'elle ne peut pas supporter ce rustre sans éducation. Avec la couverture, le lecteur découvre un ouvrage intriguant : une image minimaliste annonçant un meurtre (une autruche en train de picorer un cadavre), une touche d'horreur corporelle, un récit de sous-genre derrière cette couverture artificiellement fatiguée, une forme d'absurdité existentielle avec ces animaux regardant la mort d'un humain avec indifférence pour la mort humaine. Les auteurs ne perdent pas de temps avec, d'entrée de jeu, la description d'un meurtre sauvage (à la masse), et la manière de faire disparaître le corps. Le lecteur observe des dessins très efficaces, descriptifs, avec des tracés de contour assouplis pour rendre compte de l'immédiateté de ce qui est montré sans affèterie. Il regarde les gestes fermes et brutaux de Pep, en notant que son visage exprime dans le même temps une forme de dégout, de tension et d'inquiétude. Il note la manière dont Benoît Springer accole les plans différents pour augmenter l'impact de la scène (l'alternance du visage et de la masse en page 6). Il apprécie le niveau de détails lorsque Pep se change dans la voiture, lui permettant de s'y projeter, ainsi que la manière dont le dessinateur donne à voir l'environnement pour que le lecteur dispose d'une vue d'ensemble. Les auteurs sont en phase pour montrer l'aspect très pragmatique du meurtre, la nécessité de devoir remettre des coups de masse parce que le travail n'a pas été bien fait du premier coup, le poids du cadavre à traîner jusqu'au puits, l'absence d'élégance pour le jeter dedans. Les auteurs décrivent une réalité très concrète et pragmatique, sans fioritures. La mise en couleurs de Springer et Séverine Lambour renforce le parti pris descriptif. Les artistes définissent une teinte dominante par séquence : un bleu gris pour la nuit de la scène d'ouverture, un marron acajou pour l'incinération des vêtements, un marron tabac pour le petit déjeuner entre Isabela et Dora, un orange roux pour la visite des pensionnaires de l'hospice. Ils équilibrent savamment les zones traitées avec des aplats, et celles traitées avec un discret dégradé. Cette approche a pour premier effet d'établir une ambiance tranchée pour chaque séquence, mais aussi comme conséquence d'aplatir un peu les dessins pourtant riches en détails et en volume. Il faut donc que le lecteur conserve une attention suffisante pour pouvoir apprécier la narration visuelle. À cette condition, il observe que le dessinateur sait croquer des visages très expressifs, sans avoir besoin de les exagérer. Au vu de la nature du récit (un crime sordide avec préméditation), il ne fait pas de doute que les personnages ont un grain, que leur vie émotionnelle est perturbée par des conflits intérieurs pour lesquels ils ne disposent pas de stratégie de gestion. Le regard du lecteur étant ainsi orienté, il voit effectivement passer des émotions assez crues sur les visages, bousculant sa tranquillité, plus par leur justesse que par leur intensité. Zidrou ne se livre pas à une étude de caractère, mais les dessins montrent des personnages habités par des conflits. La séquence d'ouverture atteste de la maîtrise de la mise en scène, du cadrage et du découpage par Benoît Springer. Le comportement des personnages fait ressortir ses qualités de directeur d'acteur. Au fil des séquences, le lecteur peut aussi observer, s'il s'en donne la peine, ses qualités de chef décorateur. Il y a donc pour commencer cette zone semi naturelle avec les puits et les clôtures, puis la maison bon marché de Pep, avec une cuisine fonctionnelle, une chambre simple et agréable à vivre. Le lecteur peut ensuite observer l'intérieur de la construction qui sert d'abattoir, à la fois dans sa géométrie, et dans ses installations techniques, les enclos des autruches, la zone naturelle autour de l'exploitation. Il bénéficie même d'une vue du ciel de l'exploitation (page 38) permettant de voir la disposition des bâtiments, le chemin d'accès et son d'isolation. Finalement sous des dehors un peu fades, la narration visuelle du récit s'avère très riche, avec des lieux bien campés, et des acteurs habitant leur rôle avec une conviction épatante. Zidrou a choisi de montrer toute l'horreur brutale du meurtre dès la séquence d'ouverture, avec même la nécessité de se remettre à frapper sauvagement le corps parce que la victime n'était pas si morte que ça. Benoît Springer dose ses effets avec doigté : des grosses tâches de sang, mais sans giclement à plusieurs mètres de distance, dans des quantités réalistes, dans des teintes à nouveau impressionnistes. Il montre aussi le corps déformé par l'impact des coups, mais sans gros plan, laissant le libre choix au lecteur de s'y attarder ou non. En dix pages, le scénariste a posé la dynamique du récit : Pep a-t-il bien assassiné sa femme et son retour en fait une créature surnaturelle, ou bien a-t-il tout imaginé du fait d'un cerveau dérangé ? Disposant de cinquante-quatre planches, l'auteur a choisi un axe narratif auquel il se tient pour que le récit présente une réelle consistance : la réalité du meurtre. Il s'installe donc un jeu avec le lecteur qui se demande ce qui s'est vraiment passé, s'il est dans un simple polar avec enquête et individus pas très bien dans leur tête, ou s'il s'agit d'un récit de type horreur surnaturelle. Il regarde donc les personnages en notant les bizarreries comportementales, en leur supposant des intentions. Zidrou révèle vite l'instigateur du meurtre, ainsi que la motivation pour le commettre. Le lecteur plonge dans un drame de la jalousie, reposant sur les conventions du polar, mais sans dimension sociale, sans utiliser ces conventions comme révélateur d'un milieu, ou d'une pathologie psychiatrique. Le lecteur apprécie la maîtrise des conventions narratives du genre polar, mais peut rester un peu sur sa faim du fait du manque d'enjeu autre que découvrir la réalité des faits. En effet il ne développe pas d'empathie pour ces individus qu'il ne côtoie pas très longtemps, et il se doute bien qu'il n'y aura pas de fin heureuse. S'il se pose encore des questions après la dernière page, il lui suffit de réfléchir au lien avec la chanson Elle était souriante, pour éclaircir l'intention de l'auteur dans son esprit. La lecture de cette bande dessinée laisse le lecteur sur une étrange impression. Il a pu apprécier la capacité du scénariste à mettre en œuvre les conventions du polar, et la facilité de lecture des planches. Au fil des séquences, il s'est rendu compte de la richesse de de la narration visuelle avec des performances d'acteur épatantes, tout en appréciant les moments inattendus comme la visite de la ferme. D'un autre côté, il peut ressentir une sorte de manque, la personnalité des protagonistes n'étant pas approfondies, l'intrigue étant très linéaire, le récit ne se prêtant pas à une lecture au deuxième degré sous un angle moqueur ou sarcastique.

23/02/2025 (modifier)
Couverture de la série A l'Ouest de l'Eden
A l'Ouest de l'Eden

Cette série m'a rappelé ma lecture de "Jésuite Jo" par son hermétisme et les thèmes abordés. Il faut d'ailleurs peut-être lire les deux ouvrages pour apprécier l'universalité du message de Pratt sur la fraternité brisée génératrice de mort, la légitimité de la violence ou l'universalité des situations sous tous les climats. C'est dans le silence des déserts glacés ou arides que les héros de Pratt nourrissent leurs réflexions. Ce sont donc des lectures qui demandent une certaine réceptivité au message mystique voire ésotérique de l'auteur. Comme pour "Jésuite Jo" Pratt ne s'encombre ni de paroles superflues ni de détails graphiques en abondance. Pratt fait du lecteur un ermite confronté à l'infini du sable et à l'incompréhension de sa situation sur terre. Une lecture qui reste actuelle assez hermétique mais qui permet d'approcher la pensée de l'artiste. Un bon 3

23/02/2025 (modifier)
Couverture de la série La Tête dans les étoiles
La Tête dans les étoiles

Je ne suis pas fan du petit macaron jaune sur la couverture qui renvoie au succès de Jen Wang pour Le Prince et la Couturière. Je trouve cela ambigu et il faut bien lire pour se rendre compte que ce petit fauve renvoie à un autre ouvrage. Cela présente aussi un effet pervers car au bout de quelques pages je me suis vite demandé ce qui avait pu distinguer cette série. En effet cette histoire d'amitié entre deux jeunes américaines de la diaspora chinoise en Californie est assez banale. Les thèmes intéressants proposés par l'autrice comme l'ambiance communautaire, la double culture, le passage de l'enfance (Christine) à l'adolescence (Moon) sur cet âge charnière de onze ans ne sont pas très approfondis et il faut un œil averti pour les faire ressortir. Seule une narration graphique très tonique permet de rester bien dans le fil du récit sans trop s'ennuyer. Il faut noter que Wang n'utilise aucun stéréotype pour décrire les enfants ce qui rend ses personnages sans particularité physique asiatique ou wasp. J'ai bien aimé que l'autrice centre l'intérêt des jeunes filles sur la danse et la K-pop plus que sur des histoires sentimentales prématurées à onze ans. Par contre j'ai bien aimé la fin de l'histoire basée sur un élément autobiographique et qui apporte une vraie valeur d'humanité au récit. Une lecture dont on comprend mieux la finalité grâce à ce bon final. J'ai aussi apprécié la postface de l'autrice. Un 3 sans rougir.

23/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Les petits philosophes
Les petits philosophes

Pourquoi certaines remarques blessent ? Pourquoi des fois on est triste ? Est-ce que l'on est obligé-e de faire comme tout le monde ? Le but de cette série de courtes histoires (très courtes, deux à trois pages maximum) est d'illustrer des situations de la vie quotidienne entre quatre ami-e-s se questionnant sur telle ou telle chose. Le but est d'aborder des sujets, de donner des points de vue sages, de valider la simple envie des enfants de se poser des questions sur le monde. Ici, on vise la base même de la philosophie : la remise en question, le questionnement pur. Les enfants, de toute origine, c'est bien connu, c'est très curieux-ses, ça pose des questions à tout va, ça se construit en absorbant ce qui les entourent. Je trouve donc cela très sain de non seulement les valider dans le simple exercice de s'interroger, de remettre en question ce qui peut leur sembler évident ou implicite (car à mon grand regret c'est bien souvent quelque chose que l'on force les jeunes à oublier), mais également de leur montrer de bons exemples de communications entre ami-e-s. Personnellement, je ne trouverais comme défaut que le fait que le phrasé des personnages m'a parfois semblé trop artificiel, en tout cas il m'a fallu un temps d'adaptation. Ce n'est même pas que ces enfants auraient un langage trop adulte pour leur âge, non, je n'ai juste sincèrement jamais entendu qui que ce soit de manière aussi détachée (en tout cas c'est le ressenti que j'ai eu). Les personnages passent quelques fois d'un ton affecté à un ton parfaitement neutre, la courte durée des histoires donne ainsi au tout presque hyperactif aux évolutions de points de vue des personnages. Sans doute un parti-pris qui m'échappe, sans doute aussi que je serais la seule à voir ça comme un "défaut", en tout cas il m'a un peu fait tiquer. Des histoires très simples pour les touts-tes petit-e-s mais une bonne porte ouverte aux mondes des idées et de la métaphysique.

23/02/2025 (modifier)
Par Mashiro
Note: 3/5
Couverture de la série Rouge Cardinal
Rouge Cardinal

Petit ouvrage d’une trentaine de pages qui compile une histoire extravagante de Luz, publiée de manière hebdomadaire entre 2004 et 2005 ; Rouge Cardinal retrace l’histoire d’un nouveau soldat du Vatican qui assiste au différents travers d’histoires saugrenues, entre jeux de pouvoir pour succéder à Jean-Paul 2 qui ressemble à un Bouteflika croulant et nonnes totalement obsédées ; comme toujours j’aime bien ce genre d’œuvre anti-cléricales, et le fait qu’il s’agisse de l’époque de Jean Paul 2 est assez amusant, c’est un autre temps ; ajouté à cela le style de Luz qui n’a pas beaucoup changé au fil des décennies, Rouge Cardinal est une chouette BD à lire d’une traite !

23/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Thorgal Saga - Adieu Aaricia
Thorgal Saga - Adieu Aaricia

Il y a une idée intéressante dans cette album. En tout cas, personnellement, j'aime les problèmes logiques, émotionnels et moraux amenées par le concept du voyage dans le temps. Ici, on se pose une question vieille comme le monde : si on vous donnait la possibilité de retourner dans le passé afin de revivre une période qui vous manque ou revoir un être cher aujourd'hui disparu, le feriez-vous ? Thorgal, lui, se voit offrir le pouvoir de concrétiser cette théorie par le perfide Nidhogg. On se doute dès le début que l'offre du serpent est un cadeau empoisonné, que la situation est très faustienne, mais évidemment que poussé par le désespoir et les regrets notre héros accepte et nous ne pouvons qu'observer les conséquences de son choix. J'aime les voyages dans le temps, j'aime les pactes faustiens et les ironies tragiques, j'ai donc apprécié ma lecture. Cependant, j'avoue que mon appréciation reste toute relative. Déjà, je n'ai pas une grande attache à Thorgal ; sûr, j'ai lu toute la série jusqu'à la saga d'Aniel, ainsi que la plupart des spin-offs, mais je suis loin d'aduler cette série (pour tout dire, à part pour son mélange audacieux de la fantaisie mythologique et de la science fiction et quelques albums et scènes vraiment prenant-e-s, je trouve la série assez surfaite). Ensuite, l'album ici présent a un rythme que j'ai trouvé assez mou, et bien que le récit m'a plu, j'avoue avoir été surtout marquée par le début et la fin de l'album, le milieu m'ayant vraiment paru long. Donc bon, bonne lecture, je suis sûre qu'un-e fan de Thorgal trouvera l'album très bon, je peux conseiller l'emprunt comme l'achat, mais personnellement je ne pense pas relire l'album après ça.

22/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Mortes saisons
Mortes saisons

Ces deux nouvelles fantastiques se lisent très vite (20 min). Ce n'est pas pour cela qu'elles sont dénuées de qualités. Andreas et Berthet rendent un vibrant hommage aux séries fantastiques américaines des années 50/60. Cela exploite les sentiments d'angoisses qui parcouraient la société américaine en ces années de questionnements idéologiques : peur du Rouge, du Jaune, du Martien vert et si on y ajoute les droits civiques c'est tout un arc en ciel d'angoisses qui venait troubler la prospérité d'une société Wasp unicolore bien représentée par le dessin dans l'album. Andreas pose bien les ambiances d'un univers incompréhensible qui se réduit à grande vitesse avec des scenarii vifs et sans temps morts. Ce dynamisme sied bien à l'esprit BD mais peut être une réserve pour le la thématique du héros qui bute sur des voies sans issue à chacune de ses tentatives de compréhension. J'aime bien le dessin ligne claire de Berthet même si ici il n'est pas encore abouti. De plus le manque de personnages féminins ne m'a pas permis d'apprécier le point où il excelle à savoir ses femmes pleines de grâce et d'élégance. Une lecture agréable d'une œuvre intelligemment construite. Un bon 3.

22/02/2025 (modifier)
Couverture de la série La Dernière Reine (Rochette)
La Dernière Reine (Rochette)

Je n'ai pas été transporté par la lecture de cette série. J'ai tout d'abord eu du mal à accrocher au récit. L'auteur nous propose une première partie avec de nombreux thèmes importants mais traités en passant. Les nombreux flash back sur l'histoire d'Edmond rendent le récit compréhensible sans pour autant m'attirer particulièrement tellement cette charge contre la société a déjà été de nombreuses fois utilisée. L'apparition de Jeanne Sauvage donne un autre élan au récit. Toutefois j'ai trouvé cette dramatisation souvent excessive et un partage des personnalités bien manichéen. Le graphisme est très maitrisé pour souligner l'ambiance d'un Vercors que Rochette connait très bien. Une bonne lecture qui a eu du mal à me toucher par excès de procédés émotifs et convenus.

22/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Les Incroyables Aventures de l'enfant plume
Les Incroyables Aventures de l'enfant plume

Hmm, mitigée. J'aime bien l'idée de base, c'est fantasque sur un fond de triste réalité, c'est du fantastique enrobé de lutte des classes, le dessin anguleux me plait (même si les visages et poses souvent un peu trop figé-e-s m'ont refroidie dans mon appréciation des traits), ... Sur le papier, j'aurais dû passer un bon moment. Dans les faits, j'ai trouvé cette lecture très... moyenne. Je n'aurais pas mieux à dire sur le ressenti final (en ça, je rejoins définitivement l'avis de bamiléké et de sa fille). Idée de base intéressante, histoire rendue au final assez peu engageante, rythme en dent de scie, c'est très convenu et, comble du malheur, c'est une fin ouverte qui m'a personnellement laissée sur ma faim. Nous terminons cette aventure fantastique, mêlant lutte des classes, meurtrier des bas-fonds et divinités aviaires, sans aucune réponse concrète apportées. : le labyrinthe est toujours livré à lui-même, la Cité est toujours oisive entre ses quatre murs, on devine ce que symbolise les deux "divinités" grâce aux dialogues de ces dernières mais on ne sait même pas si elles sont réelles, on nous laisse poindre que les changements à venir seront lents et peu sûrs, ... mais pas grand chose à vraiment se mettre sous la dent. Je ne sais pas, personnellement il m'a vraiment manqué quelque chose. Bon, en tout cas, l'intrigue des enlèvements, elle, a bien une conclusion (même si on ne nous explique pas le comment, si ce n'est le pourquoi). Bref, ça se lit mais ça reste un peu décevant. (Note réelle 2,5)

22/02/2025 (modifier)