J’avais découverte cette héroïne de fumetti avec l’intégrale publiée il y a quelques années par Dynamite.
Tabou a décidé de relancer en France les aventures de cette tueuse à gages très spéciale. Aventures toujours scénarisées par Marco Delizia. Mais ici je trouve qu’il introduit un peu plus d’humour, d’autodérision – ce qui n’est pas plus mal. Ça accentue le côté un peu déjanté de certains passages, et justifie certaines scènes de « transition » entre les scènes de cul.
Mais que les amateurs se rassurent, le cul reste central dans l’histoire, comme dans la vie de Ramba, qui a un appétit insatiable, et qui n’hésite toujours pas à prendre du plaisir avec ceux qu’elle est chargée d’éliminer.
Delizia est ici accompagné par un nouveau dessinateur (que je découvre). Son style est beaucoup plus caricatural – ce qui accentue l’aspect un peu comique de certaines situations. L’autre changement concerne la colorisation. On est passé du Noir et Blanc à une colorisation plutôt tapante. Le rendu n’est pas désagréable en tout cas.
Les amateurs du genre – et de la motarde tueuse – y trouveront sans doute leur compte. Personnellement, je verrais d’un bon œil l’humour se développer davantage à l’avenir si Ramba acceptait d’autres contrat (pour le moment, après une longue période sans tuer, elle est devenue shampouineuse dans un salon de coiffure !).
A peine ont-ils fini leur série Thrace, que Trifogli (scénario et dessin) et Celestini (couleurs) remettent le couvert, pour une autre série historique. Mais cette fois-ci on a quitté la Rome antique, pour la France du XVIIIème siècle. Plutôt emballé par « Thrace », c’est avec beaucoup d’envie que je me suis plongé dans cette nouvelle série, elle aussi prévue en trois tomes. Je ne sais par contre pas encore si, comme pour « Thrace », il y aura une version plus hard publiée en parallèle chez Tabou – même si l’on peut aisément deviner où des scènes plus scabreuses pourraient se loger.
Le dessin de Trifogli est toujours aussi élégant. Efficace, fluide et agréable à l’œil. Et son compère Celestini à la colorisation sait lui aussi bien y faire.
Quant à l’intrigue, si elle n’est pas follement originale, elle est bien menée. Ce tome inaugural plante bien le décor, présente bien les personnages qui vont animer la suite, avec des intrigues et quiproquos mêlés. La vengeance préparée par l’héroïne Françoise, qui se déguise en homme et prend des leçons d’escrime pour se venger de l’homme qui a tué son père en duel, rappelle un peu en les renouvelant, quelques films de cape et d’épée.
Pour le moment la narration est plaisante, et on accepte de bonne grâce quelques facilités (c’est fou les hasards qui vont faire se croiser Françoise, sa sœur, et le tueur de leur père (ainsi que sa maîtresse et son fils). Ledit fils incognito, prend des leçons d’escrime au même endroit que Françoise, qui elle se grime en homme… Du déjà-vu mais ici c’est bien amené.
A voir donc pour la suite. Mais pour le moment, Trifogli réussit bien à passer des intrigues de la Rome antique au Paris de Louis XV.
S'il faut retenir une chose de cet album de Perna et Bedouel, c'est indéniablement sa beauté graphique ! Comme beaucoup de pages sont sans dialogues, on a tout le loisir d'admirer la vision de l'espace et de la lune proposée par Fabien Bedouel, c'est particulièrement élégant, et de ce fait, très immersif.
C'est le principal intérêt qu'on en retirera car, finalement, sur le fond, Kosmos n'a pas grand-chose à nous proposer. On comprend bien l'idée de la réflexion sur les fake news et les théories du complot, c'est d'ailleurs une bonne idée, mais on comprend moins l'intérêt d'inventer une nouvelle théorie montée (à ma connaissance) de toute pièce pour aborder le sujet. Ce sera moins pertinent de partir en guerre contre les complotistes, après ça...
Ce qui m'a plus accroché, en revanche, c'est la réflexion intéressante sur le patriotisme et la propagande, qui finissent par écraser les vies d'hommes ou de femmes avec leur consentement. Une terrible réalité effleurée ici, de manière toutefois assez profonde. Cela donne une vraie force aux personnages principaux, et c'est plutôt un bien.
Et même si, à la fin de l'album, j'avais un peu envie de dire : "Tout ça pour ça ?", je ne peux pas bouder le réel plaisir que j'ai eu à tourner les pages de ce récit spatial pseudo-historique, qui se lit fort agréablement.
Julien Hervieux continue de faire découvrir des anecdotes étonnantes qui se sont produit pendant les guerres (surtout les deux mondiales, mais pas que) et de faire le portrait de gens exceptionnelles.
Ici, c'est un spin-off mettant en avant des figures féminines qui sont loin des stéréotypes sexistes que l'on porte sur le sexe supposément faible. Les histoires sont dessinées logiquement par une dessinatrice et j'aime bien son trait. C'est du dessin humoristique comme je l'aime.
Bon question humour, les gags ne fonctionnent pas trop, mais les histoires restent intéressantes à lire et j'en ai appris des choses incroyables. Une lecture agréable si on est friands d'anecdotes qui sortent de l'ordinaire.
Une série humoristique qui mets en vedette le quotidien d'un homme ordinaire qui possède une imagination extraordinaire.
Le ton de cette série est assez différent de ce qu'il se fait habituellement chez Fluide Glacial. Déjà, l'humour se retrouve souvent dans la chute alors que les meilleurs auteurs de ce magazine pouvaient déconner pratiquement à chaque cases, mais aussi parce qu'il y a un coté poétique qui m'a un peu surpris.
C'est vraiment le coté tendre de plusieurs de ses histoires courtes qui m'a charmé parce que ce qui est de l'humour, il y a des fois où j'ai souris, mais ce n'est pas de la grande rigolade comme aux grandes heures de Fluide Glacial. Je trouve même mignon la relation entre Léon et la femme qu'il aime. Le dessin du fils Solé est très bon comme d'habitude, dommage que jusqu'à présent il n'a pas réussi à illustrer des histoires que je trouve aussi extraordinaire que son coup de crayon.
Une série à emprunter à la bibliothèque.
Je me retrouve dans les avis de Emka et du Grand A : je ne trouve pas le personnage très attirant. Ce faisant j'ai été séduit par la fluidité de la narration qui ne laisse pas le temps de souffler ni de se poser pour prendre du recul sur certaines situations. En effet d'un côté le récit ne cache pas certaines actions très sombres ( 2 meurtres, de la piraterie impitoyable) mais l'auteur les met sous le tapis à une vitesse affolante. Ensuite ce côté hagiographique me gêne car on est toujours le parasite de quelqu'un. Il reste que la première partie est instructive sur le rappel de courants de pensée qui existaient au début du XXème siècle. L'ouvrage est bien documenté et s'appuie sur de nombreuses biographies.
Le graphisme est moderne et agréable. Il aide beaucoup à la fluidité de la narration et travaille beaucoup sur l'émotionnel.
C'est ce déséquilibre vers l'émotion qui m'empêche d'adhérer plus à ma lecture.
J'attendais bien plus d'auteurs comme Vehlmann et Yoann que j'apprécie. Je suis fan de Spirou mais cela ne me dérange pas que l'on retravaille le personnage pour le contextualiser dans une époque donnée. J'ai, d'ailleurs bien aimé le T1 de ce "diptyque". Un Spirou au langage emprunté du dernier rapport du GIEC et culpabilisé par son empreinte carbone dans ses moindres actes. J'ai bien aimé cette réflexion en filigrane de Velhmann sur la difficulté à se dégager d'un héritage historique basé sur la consommation d'énergie. Un premier tome dynamique avec des personnages intéressants qui rentrent bien dans l'univers de Spirou. Las j'ai trouvé le T2 largement en dessous. En premier lieu, il n'y a pas vraiment de continuité entre les deux opus. Ensuite le scénario sur la base d'un jeu par éliminations plus ou moins mortelles avec un Spirou looser est si prévisible que cela en devient ennuyeux. Enfin je trouve que Velhmann a du mal a bien gérer les contradictions induites par ses thématiques ( sobriété/technologie). C'est particulièrement vrai pour la problématique violence et non violence comme on le voit dans l'épisode Spip.
Le final revient dans du classique mais je me demande où Vehlmann veut nous conduire. Je ne demande qu'à être surpris et je sais que l'auteur possède le talent pour.
Le graphisme de Yoann fait très bien le travail avec ce Spirou au look moderne et assez décalé dans son profil de looser qui en prend plein la tête mais qui au final reste indestructible.
Un diptyque qui manque de continuité et qui a du mal à avoir un cap précis à mes yeux.
L’histoire est assez linéaire et manque d’aspérités ou d’originalité (même si ça me fait bizarre d’écrire ça sur ce sujet sensible et scandaleux). Il y a juste cet homme qui spontanément offre son aide à la femme battue, puis propose de tuer son mari qui est un personnage singulier. Pour le reste, nous suivons le calvaire de Mélanie, régulièrement battue par son mari dans une relation toxique, sous les yeux de leur fille, jusqu’à ce que Mélanie, ayant eu la chance de croiser les bonnes personnes, parviennent à fuir son bourreau (ça s’arrête un peu brutalement, et on ne sait pas s’il y a eu des « rechutes »).
Reste que le sujet mérite qu’on s’y intéresse – le nombre de femmes violentées, voire tuées par leur conjoint restant très important. Et le dessin de Pierre Lorenzi, pas très détaillé, est pourtant agréable, avec une colorisation douce. Un style que j’ai plutôt aimé.
Une série post-apocalypse assez classique. Le format moyen des albums, les couvertures – et en partie le dessin de Damour – donnent une image un peu rétro à cette histoire. Mais disons que, sur un canevas déjà pas mal vu ailleurs, cette série se laisse lire.
Sur l’arrière-plan post-apocalypse (une catastrophe pour le moment inexpliquée, mais dont on nous livre quelques bribes des conséquences lors de plusieurs flash-backs), les scénaristes ont greffé une histoire un peu polar, puisqu’une ancienne flic enquête sur plusieurs meurtres ayant eu lieu dans la petite communauté (surnommée « La Source ») au sein de laquelle elle vit.
Différents clans cohabitent dans cette communauté, et surtout une autre communauté, celle des « Cheminots » plus violente (une violence brute et presque caricaturale) apparait à partir du deuxième tome, pour dynamiser l’intrigue et créer une menace latente (jusqu’ici finalement on avait presque l’impression que ce monde post-apocalypse était un petit paradis champêtre).
La fin de ce deuxième tome voit la communauté de La Source se diviser, les dangers menacer. Un cycle prend fin (avec la fin de l’enquête policière). Mais cette fin très ouverte appelle clairement une suite. A voir ce que donneront les cycles suivants. En l’état, c’est une série qui se laisse lire, et où les auteurs ont semé suffisamment de petits détails qui leur permettront de développer l’histoire globale.
Quant au dessin de Damour, je le trouve parfois un peu trop gras. Mais il est lisible et dynamique, et mes remarques sont essentiellement affaire de goût, il fait très bien le boulot.
Je n'ai jamais été un grand fan de la série télé, bien que la regarder au second ou au troisième degré peut être amusant, avec ses bonhommes en mousse, ses pyrotechnies et ses trampolines :)
Pierre Frisano est un dessinateur que j'aime beaucoup, il a son style à lui, reconnaissable du 1er coup d'œil. Parfois, ses planches sont un peu confuses, on dirait qu'il expérimente des trucs, surtout qu'il aime déborder de ses cases, voire de ses planches. Un bon noir et blanc auquel la couleur n'apporte souvent pas grand chose. Les pinailleurs râleront sur des tics de dessin, des décors à la limite de l'abstrait, mais ce dessinateur est au dessus du lot, bien que méconnu, hélas pour lui.
Claude Moliterni est peut-être un bon expert de la BD, mais ses scénarios sont raplapla, peut importe la série. Parfois, il peut y avoir quelques bonnes idées, mais ce ne fut pas le cas pour San Ku Kai. En lisant certaines planches, je me demande si Moliterni n'a pas dit à Frisano : fais-toi plaisir, je trouverai bien quelque chose à raconter. Si on a du talent, ça peut donner quelque chose de très bon, mais ce ne fut pas le cas ici.
Nous avons d'un côté un bon dessinateur ayant son style, et de l'autre un scénariste que je qualifierai d'amateur, même si l'homme est favorablement connu dans le monde de la BD. Un bon critique ne fait pas forcément un bon scénariste. Bref, tout ceci donne la moyenne, arrondi à 3, bicoz j'aime le dessin.
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Ramba (Delizia)
J’avais découverte cette héroïne de fumetti avec l’intégrale publiée il y a quelques années par Dynamite. Tabou a décidé de relancer en France les aventures de cette tueuse à gages très spéciale. Aventures toujours scénarisées par Marco Delizia. Mais ici je trouve qu’il introduit un peu plus d’humour, d’autodérision – ce qui n’est pas plus mal. Ça accentue le côté un peu déjanté de certains passages, et justifie certaines scènes de « transition » entre les scènes de cul. Mais que les amateurs se rassurent, le cul reste central dans l’histoire, comme dans la vie de Ramba, qui a un appétit insatiable, et qui n’hésite toujours pas à prendre du plaisir avec ceux qu’elle est chargée d’éliminer. Delizia est ici accompagné par un nouveau dessinateur (que je découvre). Son style est beaucoup plus caricatural – ce qui accentue l’aspect un peu comique de certaines situations. L’autre changement concerne la colorisation. On est passé du Noir et Blanc à une colorisation plutôt tapante. Le rendu n’est pas désagréable en tout cas. Les amateurs du genre – et de la motarde tueuse – y trouveront sans doute leur compte. Personnellement, je verrais d’un bon œil l’humour se développer davantage à l’avenir si Ramba acceptait d’autres contrat (pour le moment, après une longue période sans tuer, elle est devenue shampouineuse dans un salon de coiffure !).
La Duelliste
A peine ont-ils fini leur série Thrace, que Trifogli (scénario et dessin) et Celestini (couleurs) remettent le couvert, pour une autre série historique. Mais cette fois-ci on a quitté la Rome antique, pour la France du XVIIIème siècle. Plutôt emballé par « Thrace », c’est avec beaucoup d’envie que je me suis plongé dans cette nouvelle série, elle aussi prévue en trois tomes. Je ne sais par contre pas encore si, comme pour « Thrace », il y aura une version plus hard publiée en parallèle chez Tabou – même si l’on peut aisément deviner où des scènes plus scabreuses pourraient se loger. Le dessin de Trifogli est toujours aussi élégant. Efficace, fluide et agréable à l’œil. Et son compère Celestini à la colorisation sait lui aussi bien y faire. Quant à l’intrigue, si elle n’est pas follement originale, elle est bien menée. Ce tome inaugural plante bien le décor, présente bien les personnages qui vont animer la suite, avec des intrigues et quiproquos mêlés. La vengeance préparée par l’héroïne Françoise, qui se déguise en homme et prend des leçons d’escrime pour se venger de l’homme qui a tué son père en duel, rappelle un peu en les renouvelant, quelques films de cape et d’épée. Pour le moment la narration est plaisante, et on accepte de bonne grâce quelques facilités (c’est fou les hasards qui vont faire se croiser Françoise, sa sœur, et le tueur de leur père (ainsi que sa maîtresse et son fils). Ledit fils incognito, prend des leçons d’escrime au même endroit que Françoise, qui elle se grime en homme… Du déjà-vu mais ici c’est bien amené. A voir donc pour la suite. Mais pour le moment, Trifogli réussit bien à passer des intrigues de la Rome antique au Paris de Louis XV.
Kosmos
S'il faut retenir une chose de cet album de Perna et Bedouel, c'est indéniablement sa beauté graphique ! Comme beaucoup de pages sont sans dialogues, on a tout le loisir d'admirer la vision de l'espace et de la lune proposée par Fabien Bedouel, c'est particulièrement élégant, et de ce fait, très immersif. C'est le principal intérêt qu'on en retirera car, finalement, sur le fond, Kosmos n'a pas grand-chose à nous proposer. On comprend bien l'idée de la réflexion sur les fake news et les théories du complot, c'est d'ailleurs une bonne idée, mais on comprend moins l'intérêt d'inventer une nouvelle théorie montée (à ma connaissance) de toute pièce pour aborder le sujet. Ce sera moins pertinent de partir en guerre contre les complotistes, après ça... Ce qui m'a plus accroché, en revanche, c'est la réflexion intéressante sur le patriotisme et la propagande, qui finissent par écraser les vies d'hommes ou de femmes avec leur consentement. Une terrible réalité effleurée ici, de manière toutefois assez profonde. Cela donne une vraie force aux personnages principaux, et c'est plutôt un bien. Et même si, à la fin de l'album, j'avais un peu envie de dire : "Tout ça pour ça ?", je ne peux pas bouder le réel plaisir que j'ai eu à tourner les pages de ce récit spatial pseudo-historique, qui se lit fort agréablement.
Le Petit Théâtre des opérations - Toujours prêtes !
Julien Hervieux continue de faire découvrir des anecdotes étonnantes qui se sont produit pendant les guerres (surtout les deux mondiales, mais pas que) et de faire le portrait de gens exceptionnelles. Ici, c'est un spin-off mettant en avant des figures féminines qui sont loin des stéréotypes sexistes que l'on porte sur le sexe supposément faible. Les histoires sont dessinées logiquement par une dessinatrice et j'aime bien son trait. C'est du dessin humoristique comme je l'aime. Bon question humour, les gags ne fonctionnent pas trop, mais les histoires restent intéressantes à lire et j'en ai appris des choses incroyables. Une lecture agréable si on est friands d'anecdotes qui sortent de l'ordinaire.
Monsieur Léon
Une série humoristique qui mets en vedette le quotidien d'un homme ordinaire qui possède une imagination extraordinaire. Le ton de cette série est assez différent de ce qu'il se fait habituellement chez Fluide Glacial. Déjà, l'humour se retrouve souvent dans la chute alors que les meilleurs auteurs de ce magazine pouvaient déconner pratiquement à chaque cases, mais aussi parce qu'il y a un coté poétique qui m'a un peu surpris. C'est vraiment le coté tendre de plusieurs de ses histoires courtes qui m'a charmé parce que ce qui est de l'humour, il y a des fois où j'ai souris, mais ce n'est pas de la grande rigolade comme aux grandes heures de Fluide Glacial. Je trouve même mignon la relation entre Léon et la femme qu'il aime. Le dessin du fils Solé est très bon comme d'habitude, dommage que jusqu'à présent il n'a pas réussi à illustrer des histoires que je trouve aussi extraordinaire que son coup de crayon. Une série à emprunter à la bibliothèque.
Le Travailleur de la nuit
Je me retrouve dans les avis de Emka et du Grand A : je ne trouve pas le personnage très attirant. Ce faisant j'ai été séduit par la fluidité de la narration qui ne laisse pas le temps de souffler ni de se poser pour prendre du recul sur certaines situations. En effet d'un côté le récit ne cache pas certaines actions très sombres ( 2 meurtres, de la piraterie impitoyable) mais l'auteur les met sous le tapis à une vitesse affolante. Ensuite ce côté hagiographique me gêne car on est toujours le parasite de quelqu'un. Il reste que la première partie est instructive sur le rappel de courants de pensée qui existaient au début du XXème siècle. L'ouvrage est bien documenté et s'appuie sur de nombreuses biographies. Le graphisme est moderne et agréable. Il aide beaucoup à la fluidité de la narration et travaille beaucoup sur l'émotionnel. C'est ce déséquilibre vers l'émotion qui m'empêche d'adhérer plus à ma lecture.
Supergroom
J'attendais bien plus d'auteurs comme Vehlmann et Yoann que j'apprécie. Je suis fan de Spirou mais cela ne me dérange pas que l'on retravaille le personnage pour le contextualiser dans une époque donnée. J'ai, d'ailleurs bien aimé le T1 de ce "diptyque". Un Spirou au langage emprunté du dernier rapport du GIEC et culpabilisé par son empreinte carbone dans ses moindres actes. J'ai bien aimé cette réflexion en filigrane de Velhmann sur la difficulté à se dégager d'un héritage historique basé sur la consommation d'énergie. Un premier tome dynamique avec des personnages intéressants qui rentrent bien dans l'univers de Spirou. Las j'ai trouvé le T2 largement en dessous. En premier lieu, il n'y a pas vraiment de continuité entre les deux opus. Ensuite le scénario sur la base d'un jeu par éliminations plus ou moins mortelles avec un Spirou looser est si prévisible que cela en devient ennuyeux. Enfin je trouve que Velhmann a du mal a bien gérer les contradictions induites par ses thématiques ( sobriété/technologie). C'est particulièrement vrai pour la problématique violence et non violence comme on le voit dans l'épisode Spip. Le final revient dans du classique mais je me demande où Vehlmann veut nous conduire. Je ne demande qu'à être surpris et je sais que l'auteur possède le talent pour. Le graphisme de Yoann fait très bien le travail avec ce Spirou au look moderne et assez décalé dans son profil de looser qui en prend plein la tête mais qui au final reste indestructible. Un diptyque qui manque de continuité et qui a du mal à avoir un cap précis à mes yeux.
Une place au paradis
L’histoire est assez linéaire et manque d’aspérités ou d’originalité (même si ça me fait bizarre d’écrire ça sur ce sujet sensible et scandaleux). Il y a juste cet homme qui spontanément offre son aide à la femme battue, puis propose de tuer son mari qui est un personnage singulier. Pour le reste, nous suivons le calvaire de Mélanie, régulièrement battue par son mari dans une relation toxique, sous les yeux de leur fille, jusqu’à ce que Mélanie, ayant eu la chance de croiser les bonnes personnes, parviennent à fuir son bourreau (ça s’arrête un peu brutalement, et on ne sait pas s’il y a eu des « rechutes »). Reste que le sujet mérite qu’on s’y intéresse – le nombre de femmes violentées, voire tuées par leur conjoint restant très important. Et le dessin de Pierre Lorenzi, pas très détaillé, est pourtant agréable, avec une colorisation douce. Un style que j’ai plutôt aimé.
La Source
Une série post-apocalypse assez classique. Le format moyen des albums, les couvertures – et en partie le dessin de Damour – donnent une image un peu rétro à cette histoire. Mais disons que, sur un canevas déjà pas mal vu ailleurs, cette série se laisse lire. Sur l’arrière-plan post-apocalypse (une catastrophe pour le moment inexpliquée, mais dont on nous livre quelques bribes des conséquences lors de plusieurs flash-backs), les scénaristes ont greffé une histoire un peu polar, puisqu’une ancienne flic enquête sur plusieurs meurtres ayant eu lieu dans la petite communauté (surnommée « La Source ») au sein de laquelle elle vit. Différents clans cohabitent dans cette communauté, et surtout une autre communauté, celle des « Cheminots » plus violente (une violence brute et presque caricaturale) apparait à partir du deuxième tome, pour dynamiser l’intrigue et créer une menace latente (jusqu’ici finalement on avait presque l’impression que ce monde post-apocalypse était un petit paradis champêtre). La fin de ce deuxième tome voit la communauté de La Source se diviser, les dangers menacer. Un cycle prend fin (avec la fin de l’enquête policière). Mais cette fin très ouverte appelle clairement une suite. A voir ce que donneront les cycles suivants. En l’état, c’est une série qui se laisse lire, et où les auteurs ont semé suffisamment de petits détails qui leur permettront de développer l’histoire globale. Quant au dessin de Damour, je le trouve parfois un peu trop gras. Mais il est lisible et dynamique, et mes remarques sont essentiellement affaire de goût, il fait très bien le boulot.
San Ku Kai
Je n'ai jamais été un grand fan de la série télé, bien que la regarder au second ou au troisième degré peut être amusant, avec ses bonhommes en mousse, ses pyrotechnies et ses trampolines :) Pierre Frisano est un dessinateur que j'aime beaucoup, il a son style à lui, reconnaissable du 1er coup d'œil. Parfois, ses planches sont un peu confuses, on dirait qu'il expérimente des trucs, surtout qu'il aime déborder de ses cases, voire de ses planches. Un bon noir et blanc auquel la couleur n'apporte souvent pas grand chose. Les pinailleurs râleront sur des tics de dessin, des décors à la limite de l'abstrait, mais ce dessinateur est au dessus du lot, bien que méconnu, hélas pour lui. Claude Moliterni est peut-être un bon expert de la BD, mais ses scénarios sont raplapla, peut importe la série. Parfois, il peut y avoir quelques bonnes idées, mais ce ne fut pas le cas pour San Ku Kai. En lisant certaines planches, je me demande si Moliterni n'a pas dit à Frisano : fais-toi plaisir, je trouverai bien quelque chose à raconter. Si on a du talent, ça peut donner quelque chose de très bon, mais ce ne fut pas le cas ici. Nous avons d'un côté un bon dessinateur ayant son style, et de l'autre un scénariste que je qualifierai d'amateur, même si l'homme est favorablement connu dans le monde de la BD. Un bon critique ne fait pas forcément un bon scénariste. Bref, tout ceci donne la moyenne, arrondi à 3, bicoz j'aime le dessin.