Jolis décors, jolies tenues et jolies formes, à regarder c'est très reposant. Le scénario est sans prétention mais pas mal, et les chamailleries entre la pimbèche narcissique (l'héroïne) et les autres personnages sont attachants... Ca n'a rien d'une bd culte, mais ca se laisse lire gentiment.
Sans prétention, l'enquête policière est médiocre, les personnages caricaturaux (que ce soit la mère paumée, le méchant vraiment méchant, le gentil papa ou le flic baroudeur), mais le personnage de l'enfant est très travaillé, le dessin magnifique et la petite histoire émouvante. En plus le parti pris de la narration qui mêle la vision fantasmée de la réalité de la gamine avec le déroulement de l'enquête vaut le détour.
Cette série a surtout l'avantage d'être très instructive. Elle est très réaliste et on apprend énormément de choses sur une période et un continent dont on parle très rarement dans les livres d'histoire. Le scénario, surtout si on imagine que c'est une histoire vraie, est captivant et un peu déroutant par son final qui se révèle tellement vain.
Néanmoins, le dessin n'est pas fameux. Et surtout, il est difficile d'accrocher aux personnages. Le réalisme historique apporte un tel détachement par rapport aux personnages et à ce qui leur arrive qu'on observe tout ça en spectateur distant et qu'on est peu touché par tous les heurs et malheurs qui leur tombent dessus à tout bout de champ.
C'est joli, c'est bien fait.
Le scénario tourne bien (mais il est un peu prévisible). La fin laisse le sourire. Les personnages sont plus que sympathiques.
Cette série est une sorte de mélange entre "Premier de Cordée" de Frison-Roche (les amputations de pied en moins) et "Heidi" (le côté tarte en moins).
Bref, c'est sympa, ça fait passer un bon moment quand on a plus rien à lire, mais c'est pas non plus la BD du siècle.
A lire si ça vous tombe sous la main...
Dans le même style graphique que "Presque", je trouve "L’artiste de la famille" moins réussi ou en tout cas moins fort même si très (trop) personnel. L’auteur lui-même ne destinait pas forcément au départ ce travail d’introspective à la publication. Il livre ses angoisses, ses peurs, ses envies, avec une certaine pudeur mais sans faux semblant, ce que je trouve extrêmement courageux. Car, à la différence du "Combat ordinaire", on est là totalement dans l’autobiographie. C’est relativement intéressant mais vraiment décousu (forcément). Un Larcenet touchant cependant.
Labiano fait parler de lui en ce moment avec Mr Georges des célèbres scénaristes Rodolphe et Le Tendre. Mais avant cela et avant Dixie Road avec Dufaux, il a dessiné Matador, une assez belle réussite graphique surtout pour ses pages pleines de lumière qui transcrivent à merveille cette Espagne de "campos", de l’Andalousie à la Castille en passant par les terres desséchées d’Extremadura.
Cette Espagne des années 30, sa misère, ses tensions exacerbées d’avant-guerre, sont bien rendues, même si le contexte historique est parfois un peu sommaire, et l’on découvre l’ascenseur social que pouvait représenter alors la corrida
On voit de plus que Jakupi connaît l’univers de la tauromachie, ses rites, ses coutumes, ses lois. Tout cela donne une plongée saisissante dans ce monde à travers l’ascension, la chute et la rédemption du plus doué des matadors de son époque, qui n’est pas sans rappeler le célèbre Manolete.
Un 3 limite 2. Les dessins sont plutôt réussis mais la moitié des scénarios est vraiment limite tant c'est convenu. A l'inverse l'autre moitié (histoires 1, 2, 6 et 7) est plutôt originale et les histoires assez coquines. M'enfin bon, rien d'extraordinaire même pour de la BD érotique.
Je suis malheureusement un peu moins enthousiaste que les posteurs ici-bas et ce, principalement à cause du dessin auquel je n'accroche pas du tout. Il est extrêmement original, maîtrisé mais je trouve l'ensemble assez moche: clairement une question de goût donc.
Concernant l'histoire proprement dite, j'apprécie le fait que cette série soit prévue en seulement 3 tomes, Morvan a pas mal tendance à s'embarquer dans des séries assez longues. Le canevas de départ est original car inversé par rapport à d'autres BD exploitant le même thème et la psychologie de l'héroine est bien cernée; on partage avec elle ses doutes, ses angoisses et ses questions.
Merde, je vais être un des seuls avec Cassidy à mettre seulement 3, ça me perturbe. J'ai l'impression d'être un intrus dans ce concert de louanges : non, je n'ai pas trouvé "V pour Vendetta" extraordinaire. Je ne suis pas un fan transi de "Watchmen" mais il n'y a, à mon avis, pas photo entre les deux.
Premièrement, "V pour Vendetta" est affreusement moche. Je ne sais pas si la couleur a été rajoutée à la demande de l'éditeur mais c'est un carnage. OK, une BD c'est aussi un scénario, mais à ce moment-là, je lis un bouquin. Ce que j'aime dans la bande dessinée, c'est justement l'adjonction d'un dessin de qualité à une histoire de qualité, pas l'un ou l'autre (on devrait peut-être proposer à Alan Moore de bosser avec Frezatto, ils se compléteraient bien tous les deux, lol). Ce dessin m'a été pénible durant toute la lecture, à aucun moment je n'ai réussi à l'oublier tant il est confus et sale.
Il faut dire que j'ai trouvé le scénario général juste bien, ça ne m'a surement pas aidé à me plonger corps et âme dans cette aventure. Pour tout dire, j'ai trouvé les deux premiers tomes (oui, je l'ai lu en tomes séparés, ça existe encore) purement géniaux : le Royaume-Uni post-WW3, mené par un gouvernement fasciste, est bien défini. Moore explique que ce gouvernement s'est installé pour mettre fin au chaos régnant et j'aime assez ce côté ambigu ou le choléra a été introduit pour chasser la peste.
Malheureusement, à partir du 4ème tome, j'ai parfois été saisi d'un profond ennui. Je n'ai pas du tout accroché à la relation entre V et la jeune prostituée qu'il prend sous son aile ni à son "éducation" (on se demande pourquoi elle reste après) ou aux intrigues politiques des différentes entités gouvernementales.
Au final Moore livre tout de même une réflexion intéressante sur le monde (mais ce n'est pas le seul). Il ne défend pas vraiment l'anarchie à mon sens (ou alors en accord avec la définition selon laquelle l'anarchie, c'est l'ordre sans le pouvoir) même si son héros nous est infiniment plus sympathique que le gouvernement; il nous montre juste comment un homme s'élève contre un système. A t-il tous les droits pour autant si sa cause est juste, la réponse n'appartient finalement qu'à nous-même.
L'histoire de Thorgal est intelligente et intéressante. L'aventure, le fantastique, la science-fiction y trouvent leur part juste et créent une trame très agréable à la lecture et à la découverte des aventures de Thorgal, tout en gardant en permanence une dimension humaine qui rend le héros et ses proches très attachants.
Cependant, chacun le dira, la série va en péréclitant, devenant de plus en plus répétitive et vide de contenu. Seuls les 10 ou 15 premiers tomes ont vraiment de la valeur à mes yeux.
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L'Elixir d'éternité
Jolis décors, jolies tenues et jolies formes, à regarder c'est très reposant. Le scénario est sans prétention mais pas mal, et les chamailleries entre la pimbèche narcissique (l'héroïne) et les autres personnages sont attachants... Ca n'a rien d'une bd culte, mais ca se laisse lire gentiment.
Elsa
Sans prétention, l'enquête policière est médiocre, les personnages caricaturaux (que ce soit la mère paumée, le méchant vraiment méchant, le gentil papa ou le flic baroudeur), mais le personnage de l'enfant est très travaillé, le dessin magnifique et la petite histoire émouvante. En plus le parti pris de la narration qui mêle la vision fantasmée de la réalité de la gamine avec le déroulement de l'enquête vaut le détour.
A la recherche de la Licorne
Cette série a surtout l'avantage d'être très instructive. Elle est très réaliste et on apprend énormément de choses sur une période et un continent dont on parle très rarement dans les livres d'histoire. Le scénario, surtout si on imagine que c'est une histoire vraie, est captivant et un peu déroutant par son final qui se révèle tellement vain. Néanmoins, le dessin n'est pas fameux. Et surtout, il est difficile d'accrocher aux personnages. Le réalisme historique apporte un tel détachement par rapport aux personnages et à ce qui leur arrive qu'on observe tout ça en spectateur distant et qu'on est peu touché par tous les heurs et malheurs qui leur tombent dessus à tout bout de champ.
A la recherche de Peter Pan
C'est joli, c'est bien fait. Le scénario tourne bien (mais il est un peu prévisible). La fin laisse le sourire. Les personnages sont plus que sympathiques. Cette série est une sorte de mélange entre "Premier de Cordée" de Frison-Roche (les amputations de pied en moins) et "Heidi" (le côté tarte en moins). Bref, c'est sympa, ça fait passer un bon moment quand on a plus rien à lire, mais c'est pas non plus la BD du siècle. A lire si ça vous tombe sous la main...
L'artiste de la famille
Dans le même style graphique que "Presque", je trouve "L’artiste de la famille" moins réussi ou en tout cas moins fort même si très (trop) personnel. L’auteur lui-même ne destinait pas forcément au départ ce travail d’introspective à la publication. Il livre ses angoisses, ses peurs, ses envies, avec une certaine pudeur mais sans faux semblant, ce que je trouve extrêmement courageux. Car, à la différence du "Combat ordinaire", on est là totalement dans l’autobiographie. C’est relativement intéressant mais vraiment décousu (forcément). Un Larcenet touchant cependant.
Matador
Labiano fait parler de lui en ce moment avec Mr Georges des célèbres scénaristes Rodolphe et Le Tendre. Mais avant cela et avant Dixie Road avec Dufaux, il a dessiné Matador, une assez belle réussite graphique surtout pour ses pages pleines de lumière qui transcrivent à merveille cette Espagne de "campos", de l’Andalousie à la Castille en passant par les terres desséchées d’Extremadura. Cette Espagne des années 30, sa misère, ses tensions exacerbées d’avant-guerre, sont bien rendues, même si le contexte historique est parfois un peu sommaire, et l’on découvre l’ascenseur social que pouvait représenter alors la corrida On voit de plus que Jakupi connaît l’univers de la tauromachie, ses rites, ses coutumes, ses lois. Tout cela donne une plongée saisissante dans ce monde à travers l’ascension, la chute et la rédemption du plus doué des matadors de son époque, qui n’est pas sans rappeler le célèbre Manolete.
Les Rendez-vous du plaisir
Un 3 limite 2. Les dessins sont plutôt réussis mais la moitié des scénarios est vraiment limite tant c'est convenu. A l'inverse l'autre moitié (histoires 1, 2, 6 et 7) est plutôt originale et les histoires assez coquines. M'enfin bon, rien d'extraordinaire même pour de la BD érotique.
Je suis morte
Je suis malheureusement un peu moins enthousiaste que les posteurs ici-bas et ce, principalement à cause du dessin auquel je n'accroche pas du tout. Il est extrêmement original, maîtrisé mais je trouve l'ensemble assez moche: clairement une question de goût donc. Concernant l'histoire proprement dite, j'apprécie le fait que cette série soit prévue en seulement 3 tomes, Morvan a pas mal tendance à s'embarquer dans des séries assez longues. Le canevas de départ est original car inversé par rapport à d'autres BD exploitant le même thème et la psychologie de l'héroine est bien cernée; on partage avec elle ses doutes, ses angoisses et ses questions.
V pour Vendetta
Merde, je vais être un des seuls avec Cassidy à mettre seulement 3, ça me perturbe. J'ai l'impression d'être un intrus dans ce concert de louanges : non, je n'ai pas trouvé "V pour Vendetta" extraordinaire. Je ne suis pas un fan transi de "Watchmen" mais il n'y a, à mon avis, pas photo entre les deux. Premièrement, "V pour Vendetta" est affreusement moche. Je ne sais pas si la couleur a été rajoutée à la demande de l'éditeur mais c'est un carnage. OK, une BD c'est aussi un scénario, mais à ce moment-là, je lis un bouquin. Ce que j'aime dans la bande dessinée, c'est justement l'adjonction d'un dessin de qualité à une histoire de qualité, pas l'un ou l'autre (on devrait peut-être proposer à Alan Moore de bosser avec Frezatto, ils se compléteraient bien tous les deux, lol). Ce dessin m'a été pénible durant toute la lecture, à aucun moment je n'ai réussi à l'oublier tant il est confus et sale. Il faut dire que j'ai trouvé le scénario général juste bien, ça ne m'a surement pas aidé à me plonger corps et âme dans cette aventure. Pour tout dire, j'ai trouvé les deux premiers tomes (oui, je l'ai lu en tomes séparés, ça existe encore) purement géniaux : le Royaume-Uni post-WW3, mené par un gouvernement fasciste, est bien défini. Moore explique que ce gouvernement s'est installé pour mettre fin au chaos régnant et j'aime assez ce côté ambigu ou le choléra a été introduit pour chasser la peste. Malheureusement, à partir du 4ème tome, j'ai parfois été saisi d'un profond ennui. Je n'ai pas du tout accroché à la relation entre V et la jeune prostituée qu'il prend sous son aile ni à son "éducation" (on se demande pourquoi elle reste après) ou aux intrigues politiques des différentes entités gouvernementales. Au final Moore livre tout de même une réflexion intéressante sur le monde (mais ce n'est pas le seul). Il ne défend pas vraiment l'anarchie à mon sens (ou alors en accord avec la définition selon laquelle l'anarchie, c'est l'ordre sans le pouvoir) même si son héros nous est infiniment plus sympathique que le gouvernement; il nous montre juste comment un homme s'élève contre un système. A t-il tous les droits pour autant si sa cause est juste, la réponse n'appartient finalement qu'à nous-même.
Thorgal
L'histoire de Thorgal est intelligente et intéressante. L'aventure, le fantastique, la science-fiction y trouvent leur part juste et créent une trame très agréable à la lecture et à la découverte des aventures de Thorgal, tout en gardant en permanence une dimension humaine qui rend le héros et ses proches très attachants. Cependant, chacun le dira, la série va en péréclitant, devenant de plus en plus répétitive et vide de contenu. Seuls les 10 ou 15 premiers tomes ont vraiment de la valeur à mes yeux.