« L’as de pique », édition intégrale dans la collection Encrages, c’est quoi ? C’est Corbeyran au scénario, et Guérineau au dessin, ça ne peut donc être que bien. C’est aussi trois histoires indépendantes mettant en scène le même personnage central : Arthur de la Gravière, heureux et riche possesseur d’un vignoble réputé, ancien pilote de l’armée de l’air, aviateur acrobate à ses heures, quelque peu détective non parce qu’il le recherche, mais parce qu’il est embarqué dans des histoires compliquées, et enfin bellâtre moustachu qui malgré son gros nez a quand même une magnifique gueule de héros.
Ces trois histoires sont en fait autant de one shots, assez différents les uns des autres. Pour résumer, le premier traite des cauchemars de notre héros et des problèmes de son inventeur fou d’oncle ; le deuxième de fantômes liés à une sombre et tragique histoire ; et le troisième enfin relate une affaire de vengeance dans le milieu du cinéma hollywoodien. Le tout se déroule aux environs de 1930.
Trois histoires, trois saveurs. La première m’a beaucoup plu. Le ton est légèrement humoristique, et vire parfois très soudainement au burlesque. Le contraste créé avec l’apparent sérieux du personnage est très intéressant et rafraîchissant. On remarquera que forcément s’il y a une jolie jeune femme dans l’histoire, elle va bien finir dans le lit d’Arthur : utilisation sympa et ironique d’un énorme cliché.
La deuxième présente une forte saveur fantastique, puisqu’elle traite de fantômes. Elle joue sur un ton un peu plus sérieux, et le dévoilement de l’intrigue demandera de nombreuses explications de la part des protagonistes… C’est parfois un peu longuet.
La troisième enfin est celle que j’aime le moins : Arthur se retrouve à Hollywood, il se rase la moustache (certes, ce détail est utilisé à bon escient), ce qui lui enlève une grande part de son charisme (comme quoi ça tient parfois à pas grand-chose…), et est confronté à de mystérieuses menaces à l’encontre d’un producteur. Le ton est encore plus sérieux que précédemment (le personnage de Stanley Burrough est sensé être amusant, je le trouve plutôt agaçant ; et les quelques dessins d’acteurs de l’époque n’apportent guère qu’une ombre de sourire), et surtout l’intrigue m’a vraiment lassé, d’autant plus que les dialogues m’ont paru très verbeux…
Le dessin de Guérineau est assez excellent, et on ne pourra que remarquer son évolution au fil des histoires.
L’ensemble est assez hétérogène mais très plaisant à lire (excepté le troisième tome que j’ai nettement moins apprécié), et le ton légèrement décalé et la difficulté de classifier ces aventures et le héros ajoutent encore à son charme.
Tiens, voilà une série sympa !
Un peu plus "aventures" que "Cubitus", voici une alternative que Dupa n'a pas trop explorée, faute de succès... L'ambiance des camionneurs est vraisemblable (je ne suis pas un spécialiste), le dessin de Dupa est très agréable à l'oeil (mais pas révolutionnaire), et les histoires, sans être palpitantes, sont distrayantes.
Ces trois petites histoires qui se déroulent en Bretagne (probablement au début du siècle, ou à la fin du siècle dernier), ont une saveur étrange.
La première en particulier (celle de Pas d'Bol), finit d'une manière qui laisse une foule de choses en suspens, qui laisse la voie libre à de nombreuses interprétations ; elle contient également de nombreuses "morales" possibles, si toutefois l'auteur a eu l'intention de les y glisser.
Ces histoires, j'ai envie de les qualifier d'adultes. Elles sont en effet quelque peu atypiques, exemptes d'un déroulement classique. Elles raconteraient plutôt un morceau de vie, inachevé(es) par nature. C'est bien sûr à double tranchant : autant cela crée un côté poétique et suscite des questions, laisse libre cours à l'imagination, autant cela surprend et on se prend à regretter une "bonne histoire classique bien formatée début/développement/fin".
Le dessin quant à lui me plaît assez modérément : les larges aplats utilisés le rendent un peu vide (peu de détails), à l'image de l'horizon lorsqu'on regarde l'océan. Il manque de plus de contraste, c'est un peu dommage. On constatera cependant une utilisation marquée du sans parole, largement bienvenue pour un tel album.
Je suis donc quelque peu mitigé... Certes, cet album est plaisant à lire, mais à mon avis pas à mettre en priorité sur la liste de ses achats. Reste le triste espoir de le trouver d'occasion, la collection Encrages se retrouvant souvent à moitié prix.
"La teigne" c'est un album sans paroles (à part "Ah ah ah !" et autres onomatopées teigneuses) qui raconte la petite histoire d'un personnage dont le seul plaisir est de tout détruire. Bien sûr, il s'ennuie quand même un peu, mais rien d'autre ne le satisfait... Que voulez-vous, à chacun sa nature...
Si le sujet me paraît sympathique, la mise en oeuvre me rebute sur quelques points.
Le premier, c'est les ellipses. Entendez par là l'intervalle de temps séparant deux cases. Il est en effet variable, ce qui à la lecture, loin de donner une impression de fluidité, accroche : on se prend à réfléchir sur l'enchaînement entre les cases et à revenir en arrière... On a parfois des séquences de type manga, très décomposées, très lentes, montrant un même mouvement sur quatre cases successives, et parfois une succession beaucoup plus bd, rapide et dynamique. Autant dire que ça déboussole un peu...
Le second, c'est les longueurs dans l'histoire... Certains passages me semblent assez inutiles, plus présents pour "la beauté générale" que pour faire progresser l'histoire.
Le troisième enfin, c'est le côté un peu cucul de l'ensemble, qui donne l'impression de lire un livre pour enfants. Oui, bien sûr, ceci n'engage que moi, n'empêche je trouve l'histoire singulièrement peu développée pour un tel nombre de pages.
A part ces quelques points, le dessin de Robin est très sympathique (quoique assez minimaliste ici) : les personnages -- le gros truc indestructible au sourire niais en particulier -- très bien faits et très sympathiques (oui, même la teigne :)). L'histoire, sans être exceptionnelle, est rigolote, rappelant les grands classiques du cartoon, comme certains Bugs Bunny ou Bip Bip, et certains passages carrément géniaux (le rêve de la teigne, par exemple).
Je n'en conseille pas l'achat uniquement en raison de son prix (12,50 euros), mais si vous le trouvez d'occasion, n'hésitez pas.
Une adaptation sympathique tant pour ceux qui connaissent le conte que pour ceux qui souhaitent le découvrir sur ce support.
Le dessin est simple et caustique à la fois, assez éloigné des illustrations de Jarry, mais il convient assez bien à l'histoire.
En outre, l'éditeur a choisi de publier cette adaptation sur papier vélin, ce qui ajoute au plaisir de la lecture.
J'encourage vivement ceux qui ont aimé "La nef des fous" à plonger dans l'univers absurde de Jarry que ce soit par cette BD ou mieux, par son livre.
Ayant découvert Bruno Bazile avec Les Faussaires, et ayant eu l'occasion de le rencontrer en festival, j'en ai logiquement profité pour découvrir "Les avatars".
Le bonhomme est très intéressant, et travaille dans le métier depuis longtemps déjà malgré une grosse interruption. En dédicace, ses gestes sont petits, tout petits, mais rapides, et très précis. Il semble assez perfectionniste... et ses dédicaces sont véritablement superbes.
"Les avatars" par contre, ne bénéficient pas exactement de ce traitement. Le dessin (trait) semble inachevé, et les couleurs ne comblent malheureusement pas cette impression de manque.
Mais ce qui pêche surtout dans cet album, c'est le rythme... L'idée de base est en effet intéressante ; mettre en scène deux équipes concurentes est un grand classique ; l'abondance de références, de clins d'oeil plus ou moins tordus (avec lexique à la fin) est également une recette éprouvée... Mais voilà, tout n'est pas utilisé à bon escient... L'alternance du point de vue entre les deux équipes est fait à l'avenant et on en vient rapidement à se demander l'intérêt de la chose. Aucun, à vrai dire : il aurait mieux valu se concentrer sur un point de vue et développer une histoire mieux bâtie plutôt que d'alterner ainsi, créant quelque chose de bancal.
Les clins d'oeil sont très nombreux, peu facilement compréhensibles pour qui n'a pas la culture des années 60. Les visages connus (Louis de Funès, Roger Moore, Bertrand Blier...) n'apportent pas grand chose au récit, même si le personnage incarné portant les traits de Roger Moore en est une parodie intéressante.
Sinon, je vous rassure, on n'en sait pas plus sur les avatars à la fin de l'album qu'au début.
D'une manière générale, cet album me semble mal construit, faisant plus "collection de scènes" que véritable histoire. C'est bien dommage, mais il reste quand même quelques passages très drôles et très savoureux. Et bon point pour les tomes déjà parus en quatrième de couverture. :)
India Dreams est avant tout une invitation à un merveilleux voyage qui vous conduira aux Indes à l'époque coloniale. Oui, vous l'aurez compris, ici, le dépaysement est garanti.
Le scénario de Maryse Charles nous immerge lentement dans une ambiance aux saveurs exotiques et aux parfums subtils.
L'histoire est un peu présentée en crescendo. C'est-à-dire que les différents éléments sont dévoilés au fur et à mesure que l'on avance dans le récit. Loin des fresques historiques qui peuvent s'avèrer parfois ennuyeuses, les aventures de cette jeune anglais (Emilie), sont avant tout axées sur le romantisme. Ceci-dit, j'ai parfois eu l'impression d'être dans un remake-bd du film de David Lean: " La Route des Indes ". Ce n'est pas un reproche car j'aime beaucoup ce contexte et m'y replonger fût un réel plaisir.
Le dessin de J-F Charles est vraiment superbe. Chaque case est un vrai petit bijou graphique. L'Inde est un pays envoutant et l'auteur l'a très bien compris. Il donne une vrai dimension à sa description de ce pays. Les décors naturels dessinés sur certaines pages me font parfois penser à des tableaux et les jeunes filles sont, elles, décrites avec passion. Bref, un régal !
Cette série placée sous le signe de l'aventure et l'exotisme est donc à conseiller. Tout d'abord pour sa beauté visuelle et puis pour son scénario tout à fait agréable à lire. Sympa !
Ce petit ouvrage met en pratique le principe de l'itération iconique partielle. Le nom peut paraître barbare, mais l'idée est très simple : reprendre un élément d'un dessin, et le reproduire dans un autre dessin.
François Ayroles, dont le rôle au sein de l'OuBaPo n'est plus à démontrer (voir les trois oupus de "L'OuBaPo") s'en tire plutôt bien, créant grâce à cette méthode quelques contrastes saisissants.
Ceci étant dit, l'album ne comporte aucun dialogue et se lit -- ou plutôt se regarde -- donc vraiment très vite.
Joli petit exercice de style, je ne le recommanderai qu'aux amateurs de l'OuBaPo, il est en effet largement dispensable pour les autres.
Grand amoureux du dessin de Tirabosco depuis que j'ai découvert "Le colporteur", cet album-ci ne me déçoit pas au niveau du graphisme. Apparemment travaillé à la craie sur du carton, tout en rondeurs assez enfantines mais très adulte et très bien maîtrisé, la présence de couleurs lui ajoute un plus certain au niveau de l'ambiance glauque, sombre et inquiétante qu'il crée.
C'est l'histoire qui me chagrine un peu... Si le début est en effet assez inquiétant, si le mystère plane lourdement, si l'ambiance est sombre et oppressante, tout cela se révèle rapidement être de la poudre aux yeux, et le fond d'une terrible banalité. En tout cas vraiment pas de quoi susciter chez moi un quelconque enthousiasme.
La rupture est très marquée, y compris au niveau des personnages, qui d'une impression de profondeur et de secret qu'ils ont, donnent ensuite la sensation de creux, de banalité, voire d'un manque de crédibilité. :(
Bref, à lire si vous pouvez, mais achat très dispensable.
C'est une bd qui est trés plaisante à lire car le scénario n'est pas trop compliqué et le graphisme est quand à lui pas mal (surtout pour ce qui est de l'architecture de la cité).
A mon avis, on voit arriver la fin ( un peu baclée, il faut dire) à grands pas.
Pour ce qui de mon achat conseillé, il est non pas pour sa propre collection mais plutôt pour faire un p'tit cadeau sympa (4 tomes, ça va).
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L'As de Pique
« L’as de pique », édition intégrale dans la collection Encrages, c’est quoi ? C’est Corbeyran au scénario, et Guérineau au dessin, ça ne peut donc être que bien. C’est aussi trois histoires indépendantes mettant en scène le même personnage central : Arthur de la Gravière, heureux et riche possesseur d’un vignoble réputé, ancien pilote de l’armée de l’air, aviateur acrobate à ses heures, quelque peu détective non parce qu’il le recherche, mais parce qu’il est embarqué dans des histoires compliquées, et enfin bellâtre moustachu qui malgré son gros nez a quand même une magnifique gueule de héros. Ces trois histoires sont en fait autant de one shots, assez différents les uns des autres. Pour résumer, le premier traite des cauchemars de notre héros et des problèmes de son inventeur fou d’oncle ; le deuxième de fantômes liés à une sombre et tragique histoire ; et le troisième enfin relate une affaire de vengeance dans le milieu du cinéma hollywoodien. Le tout se déroule aux environs de 1930. Trois histoires, trois saveurs. La première m’a beaucoup plu. Le ton est légèrement humoristique, et vire parfois très soudainement au burlesque. Le contraste créé avec l’apparent sérieux du personnage est très intéressant et rafraîchissant. On remarquera que forcément s’il y a une jolie jeune femme dans l’histoire, elle va bien finir dans le lit d’Arthur : utilisation sympa et ironique d’un énorme cliché. La deuxième présente une forte saveur fantastique, puisqu’elle traite de fantômes. Elle joue sur un ton un peu plus sérieux, et le dévoilement de l’intrigue demandera de nombreuses explications de la part des protagonistes… C’est parfois un peu longuet. La troisième enfin est celle que j’aime le moins : Arthur se retrouve à Hollywood, il se rase la moustache (certes, ce détail est utilisé à bon escient), ce qui lui enlève une grande part de son charisme (comme quoi ça tient parfois à pas grand-chose…), et est confronté à de mystérieuses menaces à l’encontre d’un producteur. Le ton est encore plus sérieux que précédemment (le personnage de Stanley Burrough est sensé être amusant, je le trouve plutôt agaçant ; et les quelques dessins d’acteurs de l’époque n’apportent guère qu’une ombre de sourire), et surtout l’intrigue m’a vraiment lassé, d’autant plus que les dialogues m’ont paru très verbeux… Le dessin de Guérineau est assez excellent, et on ne pourra que remarquer son évolution au fil des histoires. L’ensemble est assez hétérogène mais très plaisant à lire (excepté le troisième tome que j’ai nettement moins apprécié), et le ton légèrement décalé et la difficulté de classifier ces aventures et le héros ajoutent encore à son charme.
Niky
Tiens, voilà une série sympa ! Un peu plus "aventures" que "Cubitus", voici une alternative que Dupa n'a pas trop explorée, faute de succès... L'ambiance des camionneurs est vraisemblable (je ne suis pas un spécialiste), le dessin de Dupa est très agréable à l'oeil (mais pas révolutionnaire), et les histoires, sans être palpitantes, sont distrayantes.
Au bord du monde
Ces trois petites histoires qui se déroulent en Bretagne (probablement au début du siècle, ou à la fin du siècle dernier), ont une saveur étrange. La première en particulier (celle de Pas d'Bol), finit d'une manière qui laisse une foule de choses en suspens, qui laisse la voie libre à de nombreuses interprétations ; elle contient également de nombreuses "morales" possibles, si toutefois l'auteur a eu l'intention de les y glisser. Ces histoires, j'ai envie de les qualifier d'adultes. Elles sont en effet quelque peu atypiques, exemptes d'un déroulement classique. Elles raconteraient plutôt un morceau de vie, inachevé(es) par nature. C'est bien sûr à double tranchant : autant cela crée un côté poétique et suscite des questions, laisse libre cours à l'imagination, autant cela surprend et on se prend à regretter une "bonne histoire classique bien formatée début/développement/fin". Le dessin quant à lui me plaît assez modérément : les larges aplats utilisés le rendent un peu vide (peu de détails), à l'image de l'horizon lorsqu'on regarde l'océan. Il manque de plus de contraste, c'est un peu dommage. On constatera cependant une utilisation marquée du sans parole, largement bienvenue pour un tel album. Je suis donc quelque peu mitigé... Certes, cet album est plaisant à lire, mais à mon avis pas à mettre en priorité sur la liste de ses achats. Reste le triste espoir de le trouver d'occasion, la collection Encrages se retrouvant souvent à moitié prix.
La Teigne
"La teigne" c'est un album sans paroles (à part "Ah ah ah !" et autres onomatopées teigneuses) qui raconte la petite histoire d'un personnage dont le seul plaisir est de tout détruire. Bien sûr, il s'ennuie quand même un peu, mais rien d'autre ne le satisfait... Que voulez-vous, à chacun sa nature... Si le sujet me paraît sympathique, la mise en oeuvre me rebute sur quelques points. Le premier, c'est les ellipses. Entendez par là l'intervalle de temps séparant deux cases. Il est en effet variable, ce qui à la lecture, loin de donner une impression de fluidité, accroche : on se prend à réfléchir sur l'enchaînement entre les cases et à revenir en arrière... On a parfois des séquences de type manga, très décomposées, très lentes, montrant un même mouvement sur quatre cases successives, et parfois une succession beaucoup plus bd, rapide et dynamique. Autant dire que ça déboussole un peu... Le second, c'est les longueurs dans l'histoire... Certains passages me semblent assez inutiles, plus présents pour "la beauté générale" que pour faire progresser l'histoire. Le troisième enfin, c'est le côté un peu cucul de l'ensemble, qui donne l'impression de lire un livre pour enfants. Oui, bien sûr, ceci n'engage que moi, n'empêche je trouve l'histoire singulièrement peu développée pour un tel nombre de pages. A part ces quelques points, le dessin de Robin est très sympathique (quoique assez minimaliste ici) : les personnages -- le gros truc indestructible au sourire niais en particulier -- très bien faits et très sympathiques (oui, même la teigne :)). L'histoire, sans être exceptionnelle, est rigolote, rappelant les grands classiques du cartoon, comme certains Bugs Bunny ou Bip Bip, et certains passages carrément géniaux (le rêve de la teigne, par exemple). Je n'en conseille pas l'achat uniquement en raison de son prix (12,50 euros), mais si vous le trouvez d'occasion, n'hésitez pas.
Ubu Roi
Une adaptation sympathique tant pour ceux qui connaissent le conte que pour ceux qui souhaitent le découvrir sur ce support. Le dessin est simple et caustique à la fois, assez éloigné des illustrations de Jarry, mais il convient assez bien à l'histoire. En outre, l'éditeur a choisi de publier cette adaptation sur papier vélin, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. J'encourage vivement ceux qui ont aimé "La nef des fous" à plonger dans l'univers absurde de Jarry que ce soit par cette BD ou mieux, par son livre.
Les Avatars
India Dreams
India Dreams est avant tout une invitation à un merveilleux voyage qui vous conduira aux Indes à l'époque coloniale. Oui, vous l'aurez compris, ici, le dépaysement est garanti. Le scénario de Maryse Charles nous immerge lentement dans une ambiance aux saveurs exotiques et aux parfums subtils. L'histoire est un peu présentée en crescendo. C'est-à-dire que les différents éléments sont dévoilés au fur et à mesure que l'on avance dans le récit. Loin des fresques historiques qui peuvent s'avèrer parfois ennuyeuses, les aventures de cette jeune anglais (Emilie), sont avant tout axées sur le romantisme. Ceci-dit, j'ai parfois eu l'impression d'être dans un remake-bd du film de David Lean: " La Route des Indes ". Ce n'est pas un reproche car j'aime beaucoup ce contexte et m'y replonger fût un réel plaisir. Le dessin de J-F Charles est vraiment superbe. Chaque case est un vrai petit bijou graphique. L'Inde est un pays envoutant et l'auteur l'a très bien compris. Il donne une vrai dimension à sa description de ce pays. Les décors naturels dessinés sur certaines pages me font parfois penser à des tableaux et les jeunes filles sont, elles, décrites avec passion. Bref, un régal ! Cette série placée sous le signe de l'aventure et l'exotisme est donc à conseiller. Tout d'abord pour sa beauté visuelle et puis pour son scénario tout à fait agréable à lire. Sympa !
Jean qui rit et Jean qui pleure
Ce petit ouvrage met en pratique le principe de l'itération iconique partielle. Le nom peut paraître barbare, mais l'idée est très simple : reprendre un élément d'un dessin, et le reproduire dans un autre dessin. François Ayroles, dont le rôle au sein de l'OuBaPo n'est plus à démontrer (voir les trois oupus de "L'OuBaPo") s'en tire plutôt bien, créant grâce à cette méthode quelques contrastes saisissants. Ceci étant dit, l'album ne comporte aucun dialogue et se lit -- ou plutôt se regarde -- donc vraiment très vite. Joli petit exercice de style, je ne le recommanderai qu'aux amateurs de l'OuBaPo, il est en effet largement dispensable pour les autres.
L'Oeil de la Forêt
Grand amoureux du dessin de Tirabosco depuis que j'ai découvert "Le colporteur", cet album-ci ne me déçoit pas au niveau du graphisme. Apparemment travaillé à la craie sur du carton, tout en rondeurs assez enfantines mais très adulte et très bien maîtrisé, la présence de couleurs lui ajoute un plus certain au niveau de l'ambiance glauque, sombre et inquiétante qu'il crée. C'est l'histoire qui me chagrine un peu... Si le début est en effet assez inquiétant, si le mystère plane lourdement, si l'ambiance est sombre et oppressante, tout cela se révèle rapidement être de la poudre aux yeux, et le fond d'une terrible banalité. En tout cas vraiment pas de quoi susciter chez moi un quelconque enthousiasme. La rupture est très marquée, y compris au niveau des personnages, qui d'une impression de profondeur et de secret qu'ils ont, donnent ensuite la sensation de creux, de banalité, voire d'un manque de crédibilité. :( Bref, à lire si vous pouvez, mais achat très dispensable.
Anahire
C'est une bd qui est trés plaisante à lire car le scénario n'est pas trop compliqué et le graphisme est quand à lui pas mal (surtout pour ce qui est de l'architecture de la cité). A mon avis, on voit arriver la fin ( un peu baclée, il faut dire) à grands pas. Pour ce qui de mon achat conseillé, il est non pas pour sa propre collection mais plutôt pour faire un p'tit cadeau sympa (4 tomes, ça va).