L'histoire de cette BD est tirée d'une histoire vraie, celle d'Olive Oatman. En 1851 elle fut enlevée à 14 ans, avec sa jeune sœur, par la tribu des Yavapais qui ont exterminé toutes les autres personnes du convoi qui devait les mener à Yuma. Les sœurs vivront un an chez cette tribu en tant qu'esclaves avant d'être troquées contre des chevaux et de s'établir dans un village Mohave.
Le récit s'appuie sur le peu que l'on sait sur cette femme, surtout qu'elle ne fit jamais un récit véritablement exhaustif de sa vie chez les amérindiens (5 ans). Mais le peu que l'on sait est bien présent dans ce récit.
Rodolphe nous raconte son histoire au travers le parcours d'un cow-boy, il a pour mission de trouver et détruire tous les livres qui racontent l'histoire d'Olive Oatman chez les amérindiens. Il veut en savoir plus sur le pourquoi de cette étrange mission, Il va donc se mettre à lire ce fameux bouquin et en relate le contenu à son compagnon de voyage. Une narration basée sur ces allers-retours entre présent et passé, et cela rend la lecture agréable, à défaut d'être passionnante. Deux parcours qui vont finir par se rencontrer pour un beau final.
Rodolphe nous dévoile deux cultures amérindiennes très différentes, en particulier celle des Mohaves où les deux sœurs se feront tatouées le corps et le visage à l'encre bleue.
Le dessin de Pierre-Emmanuel Dequet ne fait pas partie de ceux qui m'attire au premier regard, mais au fil des pages j'ai apprécié le soin apporté aux détails pour être au plus proche de ce Far West et particulièrement des peuplades autochtones. La colorisation dans des tons chauds est superbe.
Du bon boulot et mention spéciale pour les grands espaces.
L'album se termine sur une photo d'Olive Oatman prise en 1863.
Pour les curieux.
Note réelle : 3,5.
Le principe de Zéropedia est simple mais efficace : une question scientifique en page de gauche, et une planche de gags en page de droite qui tente d'y répondre entre rigueur apparente et dérapage comique. Ce mélange de sérieux et d'absurde fonctionne souvent très bien, surtout quand les auteurs tournent en dérision des sujets rarement abordés sous cet angle. On apprend parfois une bribe de savoir réel, mais ce n'est clairement pas l'objectif principal : le but est avant tout de s'amuser face à des trouvailles délicieusement délirantes.
Le dessin de Julien Solé m'a toujours plu, et il s'épanouit parfaitement ici. Son trait fluide, expressif et légèrement caricatural évoque aussitôt l'esprit Fluide Glacial, avec le même goût pour la dérision et l'humour potache. Il excelle à illustrer les situations absurdes sans jamais en faire trop, gardant un dessin lisible, vif et dynamique même au cœur du gag le plus frénétique.
Sur le plan de l'humour, la série m'a paru toutefois un peu inégale. Certains gags m'ont réellement fait rire, mais d'autres manquent d'inspiration ou paraissent trop mécaniques. On sent parfois que la formule s'essouffle, même si quelques sursauts d'inventivité viennent relancer l'intérêt, y compris dans le second tome, preuve que la qualité dépend surtout des thèmes abordés plutôt que d'une fatigue des auteurs. Ce n'est jamais désagréable à lire, mais la fraîcheur du début s'estompe au fil des pages.
Zéropedia reste une lecture plaisante, légère et souvent drôle, à savourer par petites doses. J'en retiens surtout le plaisir du dessin de Solé, qui porte l'ensemble avec talent, et plusieurs éclats d'humour vraiment réussis. Il ne manque qu'un peu de renouvellement pour que la série garde toute sa vivacité sur la durée.
Ce type de récit à base de combats de mechas n’est a priori pas trop mon truc. Mais je dois dire que cette histoire se laisse lire.
L’entame est intrigante, et le récit est très rythmé. L’humanité est depuis longtemps sous la menace des Tetzas, des monstres surgissant d’une « trouée dans l’espace. Le lieu où ils apparaissent est entouré de rempart, et des super pilotes conduisant des mechas tentent d’éliminer ces Tetzas. Le tout sous la houlette de consortiums industriels construisant les mechas, alors que ces affrontements sont retransmis en mode « Jeux du cirque » sur tous les écrans. La meilleure des pilote, Anita, se voit alors dotée d’un nouveau prototype, Dawnrunner.
Quelques questionnements tiennent en haleine le lecteur : jusqu’où la fusion entre le super mecha Dawrunner et sa pilote Anita va-t-elle aller ? Qui est l’homme dont le cerveau et la mémoire ont été greffés sur Dawnrunner, Anita parvenant de plus en plus à entrer en contact avec lui ?
Intrigant, rythmé donc. Mais plusieurs choses m’ont quand même chiffonné. D’abord les scènes de combats entre mechas et Tetzas ne sont pas toujours très lisibles (visuellement, ça en jette, avec une profusion de couleurs, d’explosions, de tôle froissée, de corps déchiquetés, mais ça n’est pas aisé à déchiffrer). Ensuite la fin m’est apparu trop vite expédiée. Restent en suspens quelques questions, autour de l’homme « habitant » la mémoire de Dawrunner. Autour du super-monstre arrivant sur la fin. Il y a certes des explications, dans un texte final, mais ça ne m’a qu’à moitié satisfait, comme si le soufflé retombait trop brutalement.
J’ai lu les trois premiers tomes de cette série, qui m’ont permis de découvrir un personnage historique - que je ne connaissais pas, mais qui semble d’après les textes de présentation être une célébrité admirée en Chine.
Et il faut dire que ce personnage a de quoi attiser cette admiration. En effet, c’est un juge incorruptible, qui a le sens de l’État et de la Justice (dans tous les sens du terme). Dans une époque où la stabilité politique et la croissance économique aiguise les appétits en Province, il incarne la droiture.
Accompagné de gardes du corps et de quelques collaborateurs, il arpente le territoire impérial. Dans chaque album il traite une affaire différente.
Sans être palpitante, la narration est plutôt fluide, et le cadre historique est intéressant.
Comme l’est le dessin, dans un style réaliste très classique, un beau Noir et Blanc. Les décors sont un peu escamotés, au profit de gros plans sur les personnages. Le réalisme des visages est tel que parfois on dirait une photo retravaillée.
Pas forcément ma came, mais une série intéressante, dépaysante, avec un dessin accrocheur.
Un one-shot qui raconte l'histoire du premier whisky japonais.
Je ne savais pas que c'était basé sur une histoire vraie parce que la vie de Masataka Taketsuru ressemble vraiment à ce que l'on retrouve dans les œuvres de fictions: héritier d'une famille qui fait des affaires depuis des décennies, il veut changer les choses et à le rêve fou de faire du whisky à la place du saké, son père traditionaliste est furieux, les européens se moquent de l'idée qu'un japonais peut faire du whisky... et à force de patience et de persévérance il réussit ! Vu qu'on est présente dans une période de l'histoire où on dirait que tout va mal, cela fait du bien de voir que parfois l'optimiste paie.
J'ai trouvé le scénario sympathique, mais pas vraiment marquant. Il faut dire que l'alcool en général me laisse indifférent. Il y a aussi quelques longueurs et je ne suis pas particulièrement fan du dessin que je trouve froid et sans âme tout en faisant le job (au moins c'est lisible). C'est pas un album que j'ai envie de relire, mais il a le mérite de parler d'une histoire peu connue et de montrer que les échanges culturels ça date de bien longtemps !
Je confesse avoir été un peu fatigué du tueur dans cette série, déçu également. Les images restent excellentes, l'intrigue n'est pas sans intérêt. Mais, à partir d'un certain moment, les sentiments et les émotions semblent l'emporter. Les enfants sont-ils responsables de ce changement ? Peut-être... on conclue: le tueur est humain!
P.S. les auteurs: il faut le tuer! Le personnage, bien sûr...J'aime bien Matz et Jacamon!
Parue en pleine période COVID, l'idée de départ de cette BD ressemble furieusement à celle de Seuls, la poésie en plus : deux enfants, Héli et Selen, qui ne se connaissent encore pas, se réveillent un matin seuls, leurs familles et tous les habitants de leur ville ayant mystérieusement disparu. De grandes tours blanches, énigmatiques, sont visibles au loin.
Ce qui frappe d'emblée dans cette œuvre, c'est la qualité et le côté très personnel du dessin. Le trait de Timothée Leman, tout en rondeur et en douceur est vraiment magnifique et très différent des productions habituelles. Il donne en outre une ambiance très douce, presque cotonneuse, à l'ensemble malgré la noirceur du scénario. La colorisation faite de nuances de gris rehaussées de quelques touches de couleurs ça et là, renforce l'impression de froideur et de fin du monde qui entoure nos deux héros.
Je ne serai en revanche pas aussi dithyrambique sur le scénario. En effet, bien que je reconnaisse l'indéniable poésie qui se dégage de cette œuvre, je suis ressorti très frustré par le manque d'un minimum d'explications sur les phénomènes observés (animaux chimériques, plantes cotonneuses sortant du sol, etc) et sur cette fin abrupte, un peu trop facile à mon goût. En refermant ce livre, j'ai eu l'impression que l'auteur ne savait pas vraiment comment conclure son histoire. Mais peut-être suis-je trop cartésien pour ce type d’œuvre onirique...
Une BD qui sort tout de même du lot et dont je conseille la lecture.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation, mise en page) : 7,5/10
NOTE GLOBALE : 12,5/20
Un album qui se laisse lire, même si je ne pense pas forcément être le cœur de cible. En effet, le récit est plutôt adapté à un lectorat adolescent – de mon point de vue en tout cas – et le dessin, pas hyper détaillé, n’est pas trop ma came.
Mais l’univers créé autour de ce duo (un chasseur de primes s’attaquant aux « monstres » et un moine l’accompagnant et rédigeant sa légende) a un certain potentiel. Potentiel qui n’est qu’en partie exploité, tant les deux aventures regroupées ici semblent manquer de fond, de piment.
Je n’ai pas non plus tout compris sur la fin, en particulier comment les deux héros, transpercés par des lames, pouvaient se déplacer ensuite comme si de rien n’était.
Au final, c’est vite lu et je suis resté sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Une série plutôt orientée jeunesse mais qui conviendra aussi à un public plus adulte.
Un postulat de départ qui n'est pas nouveau, un monde post-apocalyptique où les humains vivent sous la surface de la terre, celle-ci étant recouverte par la banquise.
Joël Hemberg (que je découvre) nous propose un univers riche, certes pas innovant, où les règles sont strictes. Elles sont numérotées, tabou n°1 : Dehors, interdiction de prononcer ce mot (le titre prend tout son sens), tabou n°24 : Jamais tu ne voleras ton prochain (un taquet à la religion). Un monde dystopique !
Un récit qui pointe le dérèglement climatique et ses conséquences (accès à la nourriture, déplacement des populations...) sous la gouvernance d'un régime totalitaire.
Une lecture plaisante, la narration est bien dosée, elle prend le temps de développer ce monde et les personnages qui seront au centre du récit et d'accélérer le rythme quand c'est nécessaire. Ça reste très classique, mais c'est efficace.
Le dessin et les couleurs de Dan Verlinden sont une agréable surprise. De superbes planches aux décors soignés, ils sont bien mis en valeur par son coup de crayon précis aux formes géométriques. A l'inverse, un trait tout en rondeur pour des personnages aux bouilles sympathiques et expressives.
L'immersion dans cette communauté souterraine se fait naturellement.
Je serai présent pour le tome suivant.
À quoi ressemble le monde du travail aujourd'hui et comment pourrait-il évoluer dans un futur proche ? C'est la question posée à treize personnalités issues des milieux économiques, politiques et associatifs, que Muriel Pénicaud et Mathieu Charrier réunissent ici sous la forme d'un dialogue entre une jeune fille préparant un exposé et les avatars dessinés de ces intervenants, illustrés par Nicoby. Parmi eux figurent Christine Lagarde, des dirigeants de grandes entreprises, des scientifiques, un chef étoilé, mais aussi quelques responsables syndicaux et associatifs.
L'ensemble donne cependant la parole majoritairement à des décideurs et des entrepreneurs. Le point de vue reste celui des élites, avec une tonalité très orientée vers l'innovation, la motivation et la réussite. Les réflexions sur le sens du travail, le syndicalisme ou la responsabilité écologique viennent ponctuer le tout, mais sans réellement nuancer ce discours globalement libéral et confiant dans le progrès économique pour peu qu'on soit travailleur et motivé.
Graphiquement, Nicoby propose un dessin clair, expressif et fluide. Les auteurs dynamisent le propos grâce à la mise en scène de cette jeune fille et de sa grand-mère, ancienne dirigeante, qui les fait rencontrer tour à tour chacun des intervenants. Ces saynètes, parfois fantaisistes, maintiennent un bon rythme et évitent la monotonie.
Sur le fond, la variété des thèmes abordés – de l'intelligence artificielle au télétravail, du syndicalisme à l'écologie et à la quête de sens – est appréciable, mais l'abondance d'informations finit par saturer la lecture. L'album enchaîne les opinions et les slogans plus qu'il ne construit une réflexion approfondie.
Pour ma part, j'ai souvent eu l'impression de parcourir un fil LinkedIn : des propos bien intentionnés mais très formatés, où se mêlent storytelling, management bienveillant et optimisme entrepreneurial. En refermant le livre, j'avais davantage la sensation d'avoir lu un manifeste pour un capitalisme réinventé que d'avoir découvert une vision neuve du monde du travail ou des idées vraiment inédites sur ce qu'il pourrait devenir.
C'est un ouvrage bien conçu, vivant et instructif sur la forme, mais trop convenu sur le fond, et parfois rébarbatif par la pluie d'informations qu'il déverse sur le lecteur. Intéressant pour qui découvre ces débats, dispensable pour ceux qui les côtoient déjà au quotidien.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Blue Tattoo
L'histoire de cette BD est tirée d'une histoire vraie, celle d'Olive Oatman. En 1851 elle fut enlevée à 14 ans, avec sa jeune sœur, par la tribu des Yavapais qui ont exterminé toutes les autres personnes du convoi qui devait les mener à Yuma. Les sœurs vivront un an chez cette tribu en tant qu'esclaves avant d'être troquées contre des chevaux et de s'établir dans un village Mohave. Le récit s'appuie sur le peu que l'on sait sur cette femme, surtout qu'elle ne fit jamais un récit véritablement exhaustif de sa vie chez les amérindiens (5 ans). Mais le peu que l'on sait est bien présent dans ce récit. Rodolphe nous raconte son histoire au travers le parcours d'un cow-boy, il a pour mission de trouver et détruire tous les livres qui racontent l'histoire d'Olive Oatman chez les amérindiens. Il veut en savoir plus sur le pourquoi de cette étrange mission, Il va donc se mettre à lire ce fameux bouquin et en relate le contenu à son compagnon de voyage. Une narration basée sur ces allers-retours entre présent et passé, et cela rend la lecture agréable, à défaut d'être passionnante. Deux parcours qui vont finir par se rencontrer pour un beau final. Rodolphe nous dévoile deux cultures amérindiennes très différentes, en particulier celle des Mohaves où les deux sœurs se feront tatouées le corps et le visage à l'encre bleue. Le dessin de Pierre-Emmanuel Dequet ne fait pas partie de ceux qui m'attire au premier regard, mais au fil des pages j'ai apprécié le soin apporté aux détails pour être au plus proche de ce Far West et particulièrement des peuplades autochtones. La colorisation dans des tons chauds est superbe. Du bon boulot et mention spéciale pour les grands espaces. L'album se termine sur une photo d'Olive Oatman prise en 1863. Pour les curieux. Note réelle : 3,5.
Zéropédia
Le principe de Zéropedia est simple mais efficace : une question scientifique en page de gauche, et une planche de gags en page de droite qui tente d'y répondre entre rigueur apparente et dérapage comique. Ce mélange de sérieux et d'absurde fonctionne souvent très bien, surtout quand les auteurs tournent en dérision des sujets rarement abordés sous cet angle. On apprend parfois une bribe de savoir réel, mais ce n'est clairement pas l'objectif principal : le but est avant tout de s'amuser face à des trouvailles délicieusement délirantes. Le dessin de Julien Solé m'a toujours plu, et il s'épanouit parfaitement ici. Son trait fluide, expressif et légèrement caricatural évoque aussitôt l'esprit Fluide Glacial, avec le même goût pour la dérision et l'humour potache. Il excelle à illustrer les situations absurdes sans jamais en faire trop, gardant un dessin lisible, vif et dynamique même au cœur du gag le plus frénétique. Sur le plan de l'humour, la série m'a paru toutefois un peu inégale. Certains gags m'ont réellement fait rire, mais d'autres manquent d'inspiration ou paraissent trop mécaniques. On sent parfois que la formule s'essouffle, même si quelques sursauts d'inventivité viennent relancer l'intérêt, y compris dans le second tome, preuve que la qualité dépend surtout des thèmes abordés plutôt que d'une fatigue des auteurs. Ce n'est jamais désagréable à lire, mais la fraîcheur du début s'estompe au fil des pages. Zéropedia reste une lecture plaisante, légère et souvent drôle, à savourer par petites doses. J'en retiens surtout le plaisir du dessin de Solé, qui porte l'ensemble avec talent, et plusieurs éclats d'humour vraiment réussis. Il ne manque qu'un peu de renouvellement pour que la série garde toute sa vivacité sur la durée.
Dawnrunner
Ce type de récit à base de combats de mechas n’est a priori pas trop mon truc. Mais je dois dire que cette histoire se laisse lire. L’entame est intrigante, et le récit est très rythmé. L’humanité est depuis longtemps sous la menace des Tetzas, des monstres surgissant d’une « trouée dans l’espace. Le lieu où ils apparaissent est entouré de rempart, et des super pilotes conduisant des mechas tentent d’éliminer ces Tetzas. Le tout sous la houlette de consortiums industriels construisant les mechas, alors que ces affrontements sont retransmis en mode « Jeux du cirque » sur tous les écrans. La meilleure des pilote, Anita, se voit alors dotée d’un nouveau prototype, Dawnrunner. Quelques questionnements tiennent en haleine le lecteur : jusqu’où la fusion entre le super mecha Dawrunner et sa pilote Anita va-t-elle aller ? Qui est l’homme dont le cerveau et la mémoire ont été greffés sur Dawnrunner, Anita parvenant de plus en plus à entrer en contact avec lui ? Intrigant, rythmé donc. Mais plusieurs choses m’ont quand même chiffonné. D’abord les scènes de combats entre mechas et Tetzas ne sont pas toujours très lisibles (visuellement, ça en jette, avec une profusion de couleurs, d’explosions, de tôle froissée, de corps déchiquetés, mais ça n’est pas aisé à déchiffrer). Ensuite la fin m’est apparu trop vite expédiée. Restent en suspens quelques questions, autour de l’homme « habitant » la mémoire de Dawrunner. Autour du super-monstre arrivant sur la fin. Il y a certes des explications, dans un texte final, mais ça ne m’a qu’à moitié satisfait, comme si le soufflé retombait trop brutalement.
Juge Bao
J’ai lu les trois premiers tomes de cette série, qui m’ont permis de découvrir un personnage historique - que je ne connaissais pas, mais qui semble d’après les textes de présentation être une célébrité admirée en Chine. Et il faut dire que ce personnage a de quoi attiser cette admiration. En effet, c’est un juge incorruptible, qui a le sens de l’État et de la Justice (dans tous les sens du terme). Dans une époque où la stabilité politique et la croissance économique aiguise les appétits en Province, il incarne la droiture. Accompagné de gardes du corps et de quelques collaborateurs, il arpente le territoire impérial. Dans chaque album il traite une affaire différente. Sans être palpitante, la narration est plutôt fluide, et le cadre historique est intéressant. Comme l’est le dessin, dans un style réaliste très classique, un beau Noir et Blanc. Les décors sont un peu escamotés, au profit de gros plans sur les personnages. Le réalisme des visages est tel que parfois on dirait une photo retravaillée. Pas forcément ma came, mais une série intéressante, dépaysante, avec un dessin accrocheur.
Whisky San
Un one-shot qui raconte l'histoire du premier whisky japonais. Je ne savais pas que c'était basé sur une histoire vraie parce que la vie de Masataka Taketsuru ressemble vraiment à ce que l'on retrouve dans les œuvres de fictions: héritier d'une famille qui fait des affaires depuis des décennies, il veut changer les choses et à le rêve fou de faire du whisky à la place du saké, son père traditionaliste est furieux, les européens se moquent de l'idée qu'un japonais peut faire du whisky... et à force de patience et de persévérance il réussit ! Vu qu'on est présente dans une période de l'histoire où on dirait que tout va mal, cela fait du bien de voir que parfois l'optimiste paie. J'ai trouvé le scénario sympathique, mais pas vraiment marquant. Il faut dire que l'alcool en général me laisse indifférent. Il y a aussi quelques longueurs et je ne suis pas particulièrement fan du dessin que je trouve froid et sans âme tout en faisant le job (au moins c'est lisible). C'est pas un album que j'ai envie de relire, mais il a le mérite de parler d'une histoire peu connue et de montrer que les échanges culturels ça date de bien longtemps !
Le Tueur - Affaires d'Etat
Je confesse avoir été un peu fatigué du tueur dans cette série, déçu également. Les images restent excellentes, l'intrigue n'est pas sans intérêt. Mais, à partir d'un certain moment, les sentiments et les émotions semblent l'emporter. Les enfants sont-ils responsables de ce changement ? Peut-être... on conclue: le tueur est humain! P.S. les auteurs: il faut le tuer! Le personnage, bien sûr...J'aime bien Matz et Jacamon!
Après le monde
Parue en pleine période COVID, l'idée de départ de cette BD ressemble furieusement à celle de Seuls, la poésie en plus : deux enfants, Héli et Selen, qui ne se connaissent encore pas, se réveillent un matin seuls, leurs familles et tous les habitants de leur ville ayant mystérieusement disparu. De grandes tours blanches, énigmatiques, sont visibles au loin. Ce qui frappe d'emblée dans cette œuvre, c'est la qualité et le côté très personnel du dessin. Le trait de Timothée Leman, tout en rondeur et en douceur est vraiment magnifique et très différent des productions habituelles. Il donne en outre une ambiance très douce, presque cotonneuse, à l'ensemble malgré la noirceur du scénario. La colorisation faite de nuances de gris rehaussées de quelques touches de couleurs ça et là, renforce l'impression de froideur et de fin du monde qui entoure nos deux héros. Je ne serai en revanche pas aussi dithyrambique sur le scénario. En effet, bien que je reconnaisse l'indéniable poésie qui se dégage de cette œuvre, je suis ressorti très frustré par le manque d'un minimum d'explications sur les phénomènes observés (animaux chimériques, plantes cotonneuses sortant du sol, etc) et sur cette fin abrupte, un peu trop facile à mon goût. En refermant ce livre, j'ai eu l'impression que l'auteur ne savait pas vraiment comment conclure son histoire. Mais peut-être suis-je trop cartésien pour ce type d’œuvre onirique... Une BD qui sort tout de même du lot et dont je conseille la lecture. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation, mise en page) : 7,5/10 NOTE GLOBALE : 12,5/20
Duncross contre les créatures du mal
Un album qui se laisse lire, même si je ne pense pas forcément être le cœur de cible. En effet, le récit est plutôt adapté à un lectorat adolescent – de mon point de vue en tout cas – et le dessin, pas hyper détaillé, n’est pas trop ma came. Mais l’univers créé autour de ce duo (un chasseur de primes s’attaquant aux « monstres » et un moine l’accompagnant et rédigeant sa légende) a un certain potentiel. Potentiel qui n’est qu’en partie exploité, tant les deux aventures regroupées ici semblent manquer de fond, de piment. Je n’ai pas non plus tout compris sur la fin, en particulier comment les deux héros, transpercés par des lames, pouvaient se déplacer ensuite comme si de rien n’était. Au final, c’est vite lu et je suis resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Dehors
Une série plutôt orientée jeunesse mais qui conviendra aussi à un public plus adulte. Un postulat de départ qui n'est pas nouveau, un monde post-apocalyptique où les humains vivent sous la surface de la terre, celle-ci étant recouverte par la banquise. Joël Hemberg (que je découvre) nous propose un univers riche, certes pas innovant, où les règles sont strictes. Elles sont numérotées, tabou n°1 : Dehors, interdiction de prononcer ce mot (le titre prend tout son sens), tabou n°24 : Jamais tu ne voleras ton prochain (un taquet à la religion). Un monde dystopique ! Un récit qui pointe le dérèglement climatique et ses conséquences (accès à la nourriture, déplacement des populations...) sous la gouvernance d'un régime totalitaire. Une lecture plaisante, la narration est bien dosée, elle prend le temps de développer ce monde et les personnages qui seront au centre du récit et d'accélérer le rythme quand c'est nécessaire. Ça reste très classique, mais c'est efficace. Le dessin et les couleurs de Dan Verlinden sont une agréable surprise. De superbes planches aux décors soignés, ils sont bien mis en valeur par son coup de crayon précis aux formes géométriques. A l'inverse, un trait tout en rondeur pour des personnages aux bouilles sympathiques et expressives. L'immersion dans cette communauté souterraine se fait naturellement. Je serai présent pour le tome suivant.
Travailler demain
À quoi ressemble le monde du travail aujourd'hui et comment pourrait-il évoluer dans un futur proche ? C'est la question posée à treize personnalités issues des milieux économiques, politiques et associatifs, que Muriel Pénicaud et Mathieu Charrier réunissent ici sous la forme d'un dialogue entre une jeune fille préparant un exposé et les avatars dessinés de ces intervenants, illustrés par Nicoby. Parmi eux figurent Christine Lagarde, des dirigeants de grandes entreprises, des scientifiques, un chef étoilé, mais aussi quelques responsables syndicaux et associatifs. L'ensemble donne cependant la parole majoritairement à des décideurs et des entrepreneurs. Le point de vue reste celui des élites, avec une tonalité très orientée vers l'innovation, la motivation et la réussite. Les réflexions sur le sens du travail, le syndicalisme ou la responsabilité écologique viennent ponctuer le tout, mais sans réellement nuancer ce discours globalement libéral et confiant dans le progrès économique pour peu qu'on soit travailleur et motivé. Graphiquement, Nicoby propose un dessin clair, expressif et fluide. Les auteurs dynamisent le propos grâce à la mise en scène de cette jeune fille et de sa grand-mère, ancienne dirigeante, qui les fait rencontrer tour à tour chacun des intervenants. Ces saynètes, parfois fantaisistes, maintiennent un bon rythme et évitent la monotonie. Sur le fond, la variété des thèmes abordés – de l'intelligence artificielle au télétravail, du syndicalisme à l'écologie et à la quête de sens – est appréciable, mais l'abondance d'informations finit par saturer la lecture. L'album enchaîne les opinions et les slogans plus qu'il ne construit une réflexion approfondie. Pour ma part, j'ai souvent eu l'impression de parcourir un fil LinkedIn : des propos bien intentionnés mais très formatés, où se mêlent storytelling, management bienveillant et optimisme entrepreneurial. En refermant le livre, j'avais davantage la sensation d'avoir lu un manifeste pour un capitalisme réinventé que d'avoir découvert une vision neuve du monde du travail ou des idées vraiment inédites sur ce qu'il pourrait devenir. C'est un ouvrage bien conçu, vivant et instructif sur la forme, mais trop convenu sur le fond, et parfois rébarbatif par la pluie d'informations qu'il déverse sur le lecteur. Intéressant pour qui découvre ces débats, dispensable pour ceux qui les côtoient déjà au quotidien.