C’est une lecture que j’ai trouvée instructive, intéressante, mais qui m’a un peu laissé sur ma faim au niveau de la forme.
Je ne connaissais pas grand-chose de la vie du nouveau dirigeant chinois, ni des étapes lui ayant permis d’accéder au sommet du pouvoir. Je me disais juste que cet itinéraire devait probablement être un minimum sinueux.
C’est le principal mérite de cet album de m’éclairer – et plutôt bien – là-dessus. En effet, c’est clair et complet. Comme je le subodorait un peu, Xi Jinping n’est pas sorti de nulle-part. c’est le fils d’un haut dirigeant de l’époque Mao, et il a ainsi pu fréquenter les meilleures écoles des enfants de dignitaires du Parti, côtoyer la fine fleur de la Nomenklatura très jeune. Mais son parcours a été quand même pas mal ballotté, puisque son père – et sa famille par contrecoup – est tombé en disgrâce. Il a ainsi goûté aux méthodes répressives (durant les vingt dernières années du pouvoir maoïste), tout en ayant finalement toujours été relativement protégé par certains caciques en souvenir de son père.
Sa lente ascension est ensuite bien expliquée.
Un sujet intéressant, mais qui peut être rébarbatif et aride. Et je trouve que le traitement appuie un peu là où ça fait mal. En effet, j’ai trouvé que la narration, claire au demeurant, manquait singulièrement de souffle. C’est assez scolaire et il manque sans doute certains à côtés qui auraient pu rendre l’ensemble moins sec.
D’autant plus que le dessin – lui aussi très clair et précis – est assez froid. Un trait fin, du Noir et Blanc efficace, mais qui manque de « personnalité ».
Mais bon, je suis sorti quand même satisfait de ce que j’ai appris. Plus du contenu que de la forme en fait.
Sans être exceptionnel, cet album est quand même très agréable à lire. Et à regarder d’ailleurs.
Le dessin n’est jamais très détaillé. Mais j’ai bien aimé le rendu, qui joue souvent sur des fonds brumeux, avec une colorisation assez douce, qui amène à la rêverie, au voyage.
Finalement bien plus que l’histoire elle-même. Il est pourtant question d’un des grands voyages mythiques, celui de Marco Polo, raconté ici – ou fantasmé – par bribes. Mais sans que le grandiose ne s’invite. Quelques passages où le merveilleux médiéval apparaît, aux airs d’affabulations poétiques. Mais ça reste trop souvent trop sage.
Mais ça se laisse quand même lire. Si aucun personnage n’est réellement captivant, le beau dessin et quelques aventures du bout du monde, même parfois seulement esquissées, font qu’on ne s’ennuie pas. Et le mystère relatif entretenu sur la fin autour du narrateur n’est pas déplaisant.
Bon pastiche.
Contrairement au reste de la collection "Lucky Luke vu par...", ici on retrouve assez bien l'ambiance et le type de récits des aventures de la série mère. Certes, au niveau de la mise en scène et du dessin on voit la différence (même si Blutch utilise essaye ici de de vraiment se rapprocher du dessin de Morris, ne serait-ce que sur les couleurs), mais vraiment je trouve qu'en terme de ton la série colle bien avec Lucky Luke.
Mais au delà de la fidélité au matériau de base, l'album est surtout bon pour son humour. On retrouve tout du long un mélange d'humour con et de blagues à froid (les gags autour de l'incompétence absolue du shérif m'ont particulièrement faite rire). La famille de criminel-le-s avec les enfants intenables est sans conteste le point fort de l'album (il faut dire aussi qu'il s'agit du sujet central).
Oui, franchement bonne lecture.
Le concept de base est quand-même sacrément entrainant : le plus grand espion du monde devant se faire passer pour un père de famille lambda, il décide de se mettre en couple avec Yor, une jeune femme maladroite et un peu timide, et d'adopter Anya, une jeune fille très énergique grâce à laquelle il pense pouvoir infiltrer l'école la plus gradée du pays. Le hic ? Sa femme est en réalité la plus grande tueuse à gage à ce jour et sa fille est un ancien sujet d'expérience doué de télépathie et qui donc connait absolument tous les secrets de sa petite famille. Et c'est sans parler du chien qui voit l'avenir, du frère de Yor qui travaille pour les services secrets et qui ne supporte pas le mari de sa sœur (les relations quasi-incestueuses - je ne sais pas toujours à quel point c'est sérieux - sont étrangement monnaies courantes dans les manga comiques), et les innombrables espions, assassins et terroristes qui croiseront la route de cette troupe qui n'a que l'apparence d'une famille normal.
Chacun-e - exceptée Anya - ignore tout des secrets des autres et tente désespérément de réaliser ses petites affaires sans que son entourage s'en aperçoive.
C'est délirant, c'est imaginatif, c'est drôle, ça sait installer des moments de tensions (filatures, enquêtes, ...), le début tout particulièrement est un vent de fraîcheur, ...
Bref, la série est bien.
Bien, mais pas exempte de défauts.
Déjà, la fraîcheur des débuts s'essouffle un peu au bout d'un moment. Les développements de l'intrigue centrale ralentissent, sont parfois mis de côté, on a de plus en plus de mini arcs fillers, un passage est au contraire particulièrement long et fastidieux (l'arc de la croisière), ... Bref, la magie se perd un peu.
Ça reste bien, j'ai relu les derniers sortis et je retrouve encore les situations et dialogues improbables qui m'ont charmée, mais ça s'essouffle quand-même. C'est surtout que pour l'instant les intrigues de remplissages se répètent un peu, tant dans le fond que la mise en scène.
Je croise les doigts pour que le scénario central reprenne du poil de la bête.
Très étrange que ce manga.
Comme les autres avis je n'ai pas aimé le tome 1 qui était... chiant? Mais j'ai poursuivi et ça devient mieux par la suite. Le début était certes laborieux et je ne savais pas où ça allait, mais à partir du tome 7 ça devient bien, et le scénario s'emballe vers le tome 10, il y a même plein d'action? Vraiment un mélange étrange de plusieurs ambiances ; cela oscille entre shojo lycéen, humour, un côté ancestral avec des références très pointues, de l'action, des moments sombres, de l'amour, c'est probablement un des manga les plus étranges que j'ai lu. Paradoxalement je préfère quand les tomes se recentrent sur la romance alors que je suis toujours en train de demander et lire des shojo originaux qui sortent des sentiers battus, c'est cocasse.
Le problème avec ce manga et ce qui fait que mon avis est un gros point d'interrogation, c'est qu'aucun registre n'est traité à fond: on a de la romance mais pas trop, du folklorique mais pas trop, de l'action mais pas trop (Osakabe qui dit qu'elle a le pouvoir de détruire tout le lycée en entier si elle le veut dans le tome 7, ben vas-y je voulais voir ta puissance moi!), ce qui ressort c'est surtout le côté tranches de vies, cette oscillation constante entre plusieurs registres était donc sûrement voulue par l'autrice. Et bien lui en a pris car la série a eu le prix Shogakukan au Japon en 2009.
Donc, bilan mi-figue mi-raisin, il faudrait peut-être que je le relise pour me faire un avis définitif. Par contre j'aime bien le dessin que je trouve très mignon, surtout les illustrations couleur des couvertures (toujours dans le paradoxe, Iwamoto dessine une couverture ultra sinistre pour le tome 11 et je la trouve très marquante).
C'est bien mais pas transcendant.
C'est à peu près ce que je retire de ma lecture.
L'album est surtout intéressant pour l'amoncellement d'anecdotes sur la dure réalité des jeunes diplômé-e-s n'arrivant pas à décrocher un réel emploi, faisant face aux entreprises et à leur désirs d'exploiter - pardon - de sous-payer et de sous-valoriser les personnes qu'elles emploi. Emplois déguisés, stages sans fin, salaires ridicules et postes peu valorisants ; Yatuu nous présente ici une bonne vision du traitement désastreux des jeunes diplômé-e-s dans le monde de l'entreprise (malheureusement encore d'actualité).
Mais la mise en scène et l'humour ne m'ont pas marquée plus que ça. L'album reste bien, hein, mais sans plus pour moi.
Le dessin de Yatuu n'est pas vraiment mon style mais je lui reconnais un certain cachet.
Et puis j'apprécie tout de même son travail, j'ai gardé d'assez bons souvenirs de Hé ! Mademoiselle ! que j'avais lu à sa sortie.
(Note réelle 2,5)
Tatsuki Fujimoto est décidément un auteur original qui traite de sujets qui sortent du lot.
Un étudiant a filmé sa mère mourante pendant des mois et en a fait un documentaire... sauf que la fin qu'il a faite ne plait pas du tout aux gens qui démolissent son film. Il est dépressif et se sent seul jusqu'à ce qu'il rencontre une fille étrange... Le scénario est surprenant par moments et il y a des retournements de situations que je n'avais pas vus venir. La mise en scène est bien faite, la plupart du temps on dirait vraiment qu'on regarde un documentaire.
Cela dit, il manque un petit quelque chose pour rendre ce manga vraiment marquant. Il faut dire que les deux personnages principaux sont un peu stéréotypés et manquent de charisme.
Une belle mise en image d'une partie de la vie des poètes Rimbaud, Verlaine et Germain Nouveau.
Je dis belle car c'est avant tout l'esthétisme de ses planches qui fait la force de cet album. Outre certaines double page impressionnantes, les peintures sont toutes jolies, en particulier les décors qui tiennent parfois d'une forme de photoréalisme alors qu'ils représentent des scènes d'époque. Sacré boulot, magnifié par le grand format de l'album qui permet de bien en profiter.
La mise en page par contre, m'a dérouté et j'ai du mal à comprendre son choix. En effet, chaque page est coupée en deux dans le sens de la largeur, avec en haut la narration d'une part de l'histoire, et en bas celle d'une autre part de l'histoire. Pour bien suivre leur déroulement et les dialogues, on est donc plus que tentés de lire seulement les hauts de page d'abord, puis tous les bas de page, jusqu'à la fin de chaque chapitre. Je n'ai pas apprécié de devoir sauter de l'un à l'autre, cela n'apporte rien d'autre que de la confusion et une rupture du rythme de lecture.
L'histoire pour sa part m'a instruit sans me passionner. Je connaissais déjà assez bien les biographies de Rimbaud et Verlaine pour avoir lu plusieurs autres BD sur eux et les revoir ici ne me les a pas rendus plus attachants. Je ne connaissais pas du tout Germain Nouveau par contre mais son histoire et son lien avec les deux autres et surtout avec ces manuscrits de Rimbaud ne m'ont pas captivé. Je n'ai pas été touché.
Mais comme c'est un bel album bien ouvragé, je ne mets pas de note plus basse.
L'histoire de "Catherine Sévère" est amusante et se prête bien à un format de gags en deux planches. Chaque scène suit un schéma clair : Catherine trouve un prétexte pour punir quelqu'un, puis on découvre la punition dans la page suivante. C'est drôle au début, mais à force de répéter le même type de blague, cela devient un peu lassant. J'ai eu l'impression qu'il manquait un peu de variété pour vraiment maintenir mon intérêt sur tout l'album.
Cette BD joue sur le thème du Sado-Maso de manière humoristique. Elle ne cherche pas à être sérieuse ou érotique dans un sens classique, mais plutôt à caricaturer et à exagérer. Ça m'a fait sourire à plusieurs reprises, même si certaines scènes peuvent sembler répétitives. J'ai apprécié que le ton soit léger et qu'il n'y ait pas de prétention à vouloir choquer gratuitement.
Catherine, le personnage principal, est une dominatrice exagérée à l'extrême. Elle est amusante à suivre, avec ses répliques cinglantes et son imagination sans limites pour les punitions. Par contre, les personnages secondaires sont plus effacés et servent surtout à mettre en valeur Catherine.
Le style de dessin est clair et précis, avec des traits anguleux qui donnent un côté très marqué à l'ensemble. J'ai bien aimé les détails et l'attention portée aux expressions des personnages, même si celles-ci restent parfois un peu figées. Les couleurs sont bien choisies et ajoutent une touche agréable à l'ensemble. Le tout correspond bien à l'ambiance humoristique et à l'époque de la parution.
En résumé, "Catherine Sévère" est une BD amusante à lire, mais qui aurait gagné à être un peu plus variée dans ses gags et ses personnages.
Je trouve que le scénario de cette bande dessinée est bien pensé, mais parfois un peu trop théorique à mon goût. L'idée de créer une bande dessinée sur la bande dessinée est intéressante et originale. Cependant, certains passages peuvent paraître un peu arides et moins passionnants. J'ai parfois eu l'impression de lire un manuel scolaire plutôt qu'une histoire.
Cette BD aborde de nombreux thèmes fascinants comme le langage visuel, la gestion du temps et la communication par l'image. J'ai apprécié la façon dont l'auteur explique ces concepts complexes de manière simple et compréhensible. Néanmoins, j'aurais aimé voir une exploration plus approfondie de certains thèmes, comme la mise en page ou les techniques de scénarisation.
Le dessin est simple et efficace, ce qui rend la lecture fluide. Cependant, j'ai trouvé que le style était un peu trop dépouillé à certains moments. Cela dit, les dessins réussissent à bien illustrer les concepts évoqués, même si j'aurais préféré un peu plus de détails et de diversité dans les illustrations.
En résumé, cette bande dessinée est une lecture intéressante pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'art de la BD. Elle est instructive et bien réalisée, mais manque parfois de profondeur et d'émotion.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Xi Jinping - L'Empereur du silence
C’est une lecture que j’ai trouvée instructive, intéressante, mais qui m’a un peu laissé sur ma faim au niveau de la forme. Je ne connaissais pas grand-chose de la vie du nouveau dirigeant chinois, ni des étapes lui ayant permis d’accéder au sommet du pouvoir. Je me disais juste que cet itinéraire devait probablement être un minimum sinueux. C’est le principal mérite de cet album de m’éclairer – et plutôt bien – là-dessus. En effet, c’est clair et complet. Comme je le subodorait un peu, Xi Jinping n’est pas sorti de nulle-part. c’est le fils d’un haut dirigeant de l’époque Mao, et il a ainsi pu fréquenter les meilleures écoles des enfants de dignitaires du Parti, côtoyer la fine fleur de la Nomenklatura très jeune. Mais son parcours a été quand même pas mal ballotté, puisque son père – et sa famille par contrecoup – est tombé en disgrâce. Il a ainsi goûté aux méthodes répressives (durant les vingt dernières années du pouvoir maoïste), tout en ayant finalement toujours été relativement protégé par certains caciques en souvenir de son père. Sa lente ascension est ensuite bien expliquée. Un sujet intéressant, mais qui peut être rébarbatif et aride. Et je trouve que le traitement appuie un peu là où ça fait mal. En effet, j’ai trouvé que la narration, claire au demeurant, manquait singulièrement de souffle. C’est assez scolaire et il manque sans doute certains à côtés qui auraient pu rendre l’ensemble moins sec. D’autant plus que le dessin – lui aussi très clair et précis – est assez froid. Un trait fin, du Noir et Blanc efficace, mais qui manque de « personnalité ». Mais bon, je suis sorti quand même satisfait de ce que j’ai appris. Plus du contenu que de la forme en fait.
Le Livre des merveilles
Sans être exceptionnel, cet album est quand même très agréable à lire. Et à regarder d’ailleurs. Le dessin n’est jamais très détaillé. Mais j’ai bien aimé le rendu, qui joue souvent sur des fonds brumeux, avec une colorisation assez douce, qui amène à la rêverie, au voyage. Finalement bien plus que l’histoire elle-même. Il est pourtant question d’un des grands voyages mythiques, celui de Marco Polo, raconté ici – ou fantasmé – par bribes. Mais sans que le grandiose ne s’invite. Quelques passages où le merveilleux médiéval apparaît, aux airs d’affabulations poétiques. Mais ça reste trop souvent trop sage. Mais ça se laisse quand même lire. Si aucun personnage n’est réellement captivant, le beau dessin et quelques aventures du bout du monde, même parfois seulement esquissées, font qu’on ne s’ennuie pas. Et le mystère relatif entretenu sur la fin autour du narrateur n’est pas déplaisant.
Lucky Luke - Les Indomptés
Bon pastiche. Contrairement au reste de la collection "Lucky Luke vu par...", ici on retrouve assez bien l'ambiance et le type de récits des aventures de la série mère. Certes, au niveau de la mise en scène et du dessin on voit la différence (même si Blutch utilise essaye ici de de vraiment se rapprocher du dessin de Morris, ne serait-ce que sur les couleurs), mais vraiment je trouve qu'en terme de ton la série colle bien avec Lucky Luke. Mais au delà de la fidélité au matériau de base, l'album est surtout bon pour son humour. On retrouve tout du long un mélange d'humour con et de blagues à froid (les gags autour de l'incompétence absolue du shérif m'ont particulièrement faite rire). La famille de criminel-le-s avec les enfants intenables est sans conteste le point fort de l'album (il faut dire aussi qu'il s'agit du sujet central). Oui, franchement bonne lecture.
Spy x Family
Le concept de base est quand-même sacrément entrainant : le plus grand espion du monde devant se faire passer pour un père de famille lambda, il décide de se mettre en couple avec Yor, une jeune femme maladroite et un peu timide, et d'adopter Anya, une jeune fille très énergique grâce à laquelle il pense pouvoir infiltrer l'école la plus gradée du pays. Le hic ? Sa femme est en réalité la plus grande tueuse à gage à ce jour et sa fille est un ancien sujet d'expérience doué de télépathie et qui donc connait absolument tous les secrets de sa petite famille. Et c'est sans parler du chien qui voit l'avenir, du frère de Yor qui travaille pour les services secrets et qui ne supporte pas le mari de sa sœur (les relations quasi-incestueuses - je ne sais pas toujours à quel point c'est sérieux - sont étrangement monnaies courantes dans les manga comiques), et les innombrables espions, assassins et terroristes qui croiseront la route de cette troupe qui n'a que l'apparence d'une famille normal. Chacun-e - exceptée Anya - ignore tout des secrets des autres et tente désespérément de réaliser ses petites affaires sans que son entourage s'en aperçoive. C'est délirant, c'est imaginatif, c'est drôle, ça sait installer des moments de tensions (filatures, enquêtes, ...), le début tout particulièrement est un vent de fraîcheur, ... Bref, la série est bien. Bien, mais pas exempte de défauts. Déjà, la fraîcheur des débuts s'essouffle un peu au bout d'un moment. Les développements de l'intrigue centrale ralentissent, sont parfois mis de côté, on a de plus en plus de mini arcs fillers, un passage est au contraire particulièrement long et fastidieux (l'arc de la croisière), ... Bref, la magie se perd un peu. Ça reste bien, j'ai relu les derniers sortis et je retrouve encore les situations et dialogues improbables qui m'ont charmée, mais ça s'essouffle quand-même. C'est surtout que pour l'instant les intrigues de remplissages se répètent un peu, tant dans le fond que la mise en scène. Je croise les doigts pour que le scénario central reprenne du poil de la bête.
Spiritual Princess
Très étrange que ce manga. Comme les autres avis je n'ai pas aimé le tome 1 qui était... chiant? Mais j'ai poursuivi et ça devient mieux par la suite. Le début était certes laborieux et je ne savais pas où ça allait, mais à partir du tome 7 ça devient bien, et le scénario s'emballe vers le tome 10, il y a même plein d'action? Vraiment un mélange étrange de plusieurs ambiances ; cela oscille entre shojo lycéen, humour, un côté ancestral avec des références très pointues, de l'action, des moments sombres, de l'amour, c'est probablement un des manga les plus étranges que j'ai lu. Paradoxalement je préfère quand les tomes se recentrent sur la romance alors que je suis toujours en train de demander et lire des shojo originaux qui sortent des sentiers battus, c'est cocasse. Le problème avec ce manga et ce qui fait que mon avis est un gros point d'interrogation, c'est qu'aucun registre n'est traité à fond: on a de la romance mais pas trop, du folklorique mais pas trop, de l'action mais pas trop (Osakabe qui dit qu'elle a le pouvoir de détruire tout le lycée en entier si elle le veut dans le tome 7, ben vas-y je voulais voir ta puissance moi!), ce qui ressort c'est surtout le côté tranches de vies, cette oscillation constante entre plusieurs registres était donc sûrement voulue par l'autrice. Et bien lui en a pris car la série a eu le prix Shogakukan au Japon en 2009. Donc, bilan mi-figue mi-raisin, il faudrait peut-être que je le relise pour me faire un avis définitif. Par contre j'aime bien le dessin que je trouve très mignon, surtout les illustrations couleur des couvertures (toujours dans le paradoxe, Iwamoto dessine une couverture ultra sinistre pour le tome 11 et je la trouve très marquante).
Moi, 20 ans, diplômée, motivée... Exploitée !
C'est bien mais pas transcendant. C'est à peu près ce que je retire de ma lecture. L'album est surtout intéressant pour l'amoncellement d'anecdotes sur la dure réalité des jeunes diplômé-e-s n'arrivant pas à décrocher un réel emploi, faisant face aux entreprises et à leur désirs d'exploiter - pardon - de sous-payer et de sous-valoriser les personnes qu'elles emploi. Emplois déguisés, stages sans fin, salaires ridicules et postes peu valorisants ; Yatuu nous présente ici une bonne vision du traitement désastreux des jeunes diplômé-e-s dans le monde de l'entreprise (malheureusement encore d'actualité). Mais la mise en scène et l'humour ne m'ont pas marquée plus que ça. L'album reste bien, hein, mais sans plus pour moi. Le dessin de Yatuu n'est pas vraiment mon style mais je lui reconnais un certain cachet. Et puis j'apprécie tout de même son travail, j'ai gardé d'assez bons souvenirs de Hé ! Mademoiselle ! que j'avais lu à sa sortie. (Note réelle 2,5)
Adieu Eri
Tatsuki Fujimoto est décidément un auteur original qui traite de sujets qui sortent du lot. Un étudiant a filmé sa mère mourante pendant des mois et en a fait un documentaire... sauf que la fin qu'il a faite ne plait pas du tout aux gens qui démolissent son film. Il est dépressif et se sent seul jusqu'à ce qu'il rencontre une fille étrange... Le scénario est surprenant par moments et il y a des retournements de situations que je n'avais pas vus venir. La mise en scène est bien faite, la plupart du temps on dirait vraiment qu'on regarde un documentaire. Cela dit, il manque un petit quelque chose pour rendre ce manga vraiment marquant. Il faut dire que les deux personnages principaux sont un peu stéréotypés et manquent de charisme.
Les Illuminés
Une belle mise en image d'une partie de la vie des poètes Rimbaud, Verlaine et Germain Nouveau. Je dis belle car c'est avant tout l'esthétisme de ses planches qui fait la force de cet album. Outre certaines double page impressionnantes, les peintures sont toutes jolies, en particulier les décors qui tiennent parfois d'une forme de photoréalisme alors qu'ils représentent des scènes d'époque. Sacré boulot, magnifié par le grand format de l'album qui permet de bien en profiter. La mise en page par contre, m'a dérouté et j'ai du mal à comprendre son choix. En effet, chaque page est coupée en deux dans le sens de la largeur, avec en haut la narration d'une part de l'histoire, et en bas celle d'une autre part de l'histoire. Pour bien suivre leur déroulement et les dialogues, on est donc plus que tentés de lire seulement les hauts de page d'abord, puis tous les bas de page, jusqu'à la fin de chaque chapitre. Je n'ai pas apprécié de devoir sauter de l'un à l'autre, cela n'apporte rien d'autre que de la confusion et une rupture du rythme de lecture. L'histoire pour sa part m'a instruit sans me passionner. Je connaissais déjà assez bien les biographies de Rimbaud et Verlaine pour avoir lu plusieurs autres BD sur eux et les revoir ici ne me les a pas rendus plus attachants. Je ne connaissais pas du tout Germain Nouveau par contre mais son histoire et son lien avec les deux autres et surtout avec ces manuscrits de Rimbaud ne m'ont pas captivé. Je n'ai pas été touché. Mais comme c'est un bel album bien ouvragé, je ne mets pas de note plus basse.
Catherine Sévère
L'histoire de "Catherine Sévère" est amusante et se prête bien à un format de gags en deux planches. Chaque scène suit un schéma clair : Catherine trouve un prétexte pour punir quelqu'un, puis on découvre la punition dans la page suivante. C'est drôle au début, mais à force de répéter le même type de blague, cela devient un peu lassant. J'ai eu l'impression qu'il manquait un peu de variété pour vraiment maintenir mon intérêt sur tout l'album. Cette BD joue sur le thème du Sado-Maso de manière humoristique. Elle ne cherche pas à être sérieuse ou érotique dans un sens classique, mais plutôt à caricaturer et à exagérer. Ça m'a fait sourire à plusieurs reprises, même si certaines scènes peuvent sembler répétitives. J'ai apprécié que le ton soit léger et qu'il n'y ait pas de prétention à vouloir choquer gratuitement. Catherine, le personnage principal, est une dominatrice exagérée à l'extrême. Elle est amusante à suivre, avec ses répliques cinglantes et son imagination sans limites pour les punitions. Par contre, les personnages secondaires sont plus effacés et servent surtout à mettre en valeur Catherine. Le style de dessin est clair et précis, avec des traits anguleux qui donnent un côté très marqué à l'ensemble. J'ai bien aimé les détails et l'attention portée aux expressions des personnages, même si celles-ci restent parfois un peu figées. Les couleurs sont bien choisies et ajoutent une touche agréable à l'ensemble. Le tout correspond bien à l'ambiance humoristique et à l'époque de la parution. En résumé, "Catherine Sévère" est une BD amusante à lire, mais qui aurait gagné à être un peu plus variée dans ses gags et ses personnages.
L'Art Invisible
Je trouve que le scénario de cette bande dessinée est bien pensé, mais parfois un peu trop théorique à mon goût. L'idée de créer une bande dessinée sur la bande dessinée est intéressante et originale. Cependant, certains passages peuvent paraître un peu arides et moins passionnants. J'ai parfois eu l'impression de lire un manuel scolaire plutôt qu'une histoire. Cette BD aborde de nombreux thèmes fascinants comme le langage visuel, la gestion du temps et la communication par l'image. J'ai apprécié la façon dont l'auteur explique ces concepts complexes de manière simple et compréhensible. Néanmoins, j'aurais aimé voir une exploration plus approfondie de certains thèmes, comme la mise en page ou les techniques de scénarisation. Le dessin est simple et efficace, ce qui rend la lecture fluide. Cependant, j'ai trouvé que le style était un peu trop dépouillé à certains moments. Cela dit, les dessins réussissent à bien illustrer les concepts évoqués, même si j'aurais préféré un peu plus de détails et de diversité dans les illustrations. En résumé, cette bande dessinée est une lecture intéressante pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'art de la BD. Elle est instructive et bien réalisée, mais manque parfois de profondeur et d'émotion.