Les éditions des Arènes complètent leur collection éclectique mais intéressante des « Incroyables histoires » par un documentaire recensant les grands procès de l’Histoire, avec à la baguette une avocate.
Si le choix peut parfois paraître subjectif, globalement les plus célèbres procès sont bien au rendez-vous. En tout cas les plus célèbres affaires judiciaires, puisque le temps imparti pour chaque procès est assez faible, certains procès sont traités de façon un peu lapidaire, quand d’autres sont plus développés.
Les procès les plus « anciens » sont forcément développés de façon moins précises : certains sont plus mythiques, tirés de la Bible (comme le fameux « jugement de Salomon »), tandis que beaucoup d’antiques ou médiévaux sont incomplètement documentés. Même si certaines affaires médiévales (je pense au procès de la truie de Falaise) peuvent nous avoir laissé pas mal de documents. Je conseille quand même au lecteur souhaitant y voir plus clair sur la justice médiévale de consulter les travaux de l’historienne Claude Gauvard (dont certains livres auraient pu être ajoutés à l’imposante recension des sources et à la bibliographie proposées en fin d’album).
Enfin, si certaines affaires sont « ordinaires », parfois anecdotiques, d’autres le sont moins, comme le procès de Louis XVI par exemple. Et là il aurait fallu développer davantage le contexte – ce que le format et l’objectif de l’album ne permettent pas.
Un ensemble historique, chronologique, éclectique.
Mais c’est généralement intéressant. Surtout que l’auteure rappelle dès que c’est le cas que certains procès ont fait évoluer le droit – ou ont permis d’utiliser l’évolution de celui-ci.
C’est aussi l’occasion de remarquer que la justice n’est pas toujours sereine : si la séparation et l’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique est plutôt récente – et encore très incomplète (voir les remous des affaires Sarkozy !), la « médiatisation » de certains procès ne date pas d’aujourd’hui. De Voltaire à Hugo, en passant par Zola, de grands auteurs ont donné naissance, en partie à l’occasion de grands procès, à la notion d’intellectuel, en prenant clairement partie. De grands avocats (Halimi, Badinter) ont aussi usé de procès pour faire évoluer en profondeur la loi.
Forcément frustrant sur certains procès aux enjeux dépassant la simple affaire criminelle jugée, cet ensemble se révèle globalement intéressant et plaisant à lire. Le dessin de Bercovici, au style semi-caricatural, permet d’adoucir les récits – même si les quelques traits d’humour ne sont le plus souvent pas hilarants.
J’ai trouvé quelques points communs entre cet album et le « Roncevaux » de Palacios. Dans les deux cas c’est un moment important de l’Histoire espagnole qui est traité, avec un récit quasiment exclusivement centré sur la guerre et les combats. Et surtout avec à chaque fois un dessin puissant, principal intérêt de la lecture.
Car, en effet, Caceres (dont les éditions Graph Zeppelin semblent vouloir publier toute la production – ce dont je ne me plaindrai pas !) nous propose une nouvelle fois un trait gras, qui use très bien du Noir et Blanc pour donner du souffle au récit, avec un dessin baroque, très expressif, des planches souvent chargées, pour un rendu final que j’apprécie vraiment beaucoup.
Le récit de Jimenez m’a permis de découvrir cette bataille, qui fut un moment charnière de l’Histoire ibérique, en donnant un petit coup d’arrêt à l’expansion omeyyade, et surtout en galvanisant les royaumes chrétiens jusqu’ici arcboutés aux Pyrénées au Nord de la péninsule. Un dossier historique de plusieurs pages, avec des cartes, accompagne judicieusement la lecture et situe bien le contexte.
Beau à regarder, intéressant et instructif donc, même si la narration m’a un chouia laissé sur ma faim. C’est un peu trop linéaire et centré sur la bataille elle-même. Avec une volonté de montrer en parallèle comment chaque camp cherche à faire de ce combat quelque chose qui dépasse l’aspect territorial : un choc des religions, les dirigeants de chaque camp en appelant à Dieu, et cherchant dès les préparatifs de la bataille à s’attacher les meilleurs scribes à même de diffuser leur future victoire. De fait, les deux chefs prétendent avoir été victorieux, grâce à Dieu.
Même si la narration n’est pas palpitante donc, ça reste quand même une lecture agréable et instructive, donc recommandable.
Les Arènes publient un recueil assez copieux (plus de 350 pages) de dessins de presse de Coco, la plupart publiés dans Libération ou Charlie Hebdo – Les Arènes ont eu la bonne idée de référencer tous les dessins en fin d’album – auxquels s’ajoutent quelques inédits – refusés parfois. A ces dessins s’ajoutent aussi parfois des séquences un peu plus longues, dans lesquelles l’auteure réagit à la réception de son travail, aux réactions engendrées par certains dessins (Macron sur un dessin moquant son hypocrite « qui aurait pu prévoir la crise climatique », des chasseurs scandalisés par un dessin dénonçant l’alcoolisme de certains d’entre eux, un dessin sur la famine à Gaza en plein jeun du Ramadan, un dessin sur l’interdiction de l’IVG aux Etats-Unis, etc.). Certaines réactions – exacerbées par les réseaux sociaux – ont ramené l’auteure au temps pas si lointain des attaques contre Charlie Hebdo (auxquelles a survécu Coco)…
En près de 500 dessins, Coco nous livre une vision corrosive (même si pas suffisamment parfois, à mon goût) de notre société, de ses travers, de ses hypocrisies. Les sujets sont regroupés par thématiques (écologie, politique intérieure et internationale, etc.). Les dessins les plus saignants ont généralement été publiés dans Charlie, qui cherche moins un certain consensus que Libé.
Le résultat est inégal, et le regroupement thématique laisse pointer quelques répétitions. Certains dessins manquent sans doute aussi de percussion.
Mais, globalement, c’est un album qui se lit agréablement, souvent le sourire aux lèvres. C’est souvent comme la lecture du Canard enchaîné, on rigole, mais l’énervement arrive aussitôt en complément, tant les sujets abordés – souvent de façon à dénoncer des travers – ne laissent pas indifférent.
Toujours le même problème du genre plus ou moins superhéroique à part Watchmen, la mocheté du dessin…. Une fois qu'on s'est bien imprégné de l'histoire, on ne veut pas y revenir ! Encore qu'on ait vu pire, bien pire.
L'idée, on l'a déjà dit, est excellente, mélange d'uchronie et de fantastique.
Cependant… Aujourd'hui, il est bien moins original qu'avant de défendre le collectif et le personnage faible qui parvient à ce qui échappe au fort, Frodon étant le plus connu. Dans les histoires de superhéros, la science n'est jamais loin, même si les scientifiques sont souvent des méchants, comme le dit Sheldon dans The Big Bang Théorie, que de méchants Docteurs ! Si la scène où les dignitaires religieux se repentent est belle, si je me rappelle bien, il n'y a que les monothéistes à se comporter moralement, ce qui est drôle, l'Inde dominée par l'hindouisme a aboli le système des castes, par exemple. Les dieux, sauf Loki, me semblent assez bêtes, ce qui ne colle pas avec les Ases représentés, notamment Odin, qui, qu'on se le dise, n'est pas que le dieu présidant les guerriers mais un stratège qui n'a cessé de s'instruire et a inventé les runes, frère par la fraternité du sang avec Loki, il finit par le lier jusqu'à la fin du monde où avec d'autres personnages monstrueux il détruira notre monde.
Si c'était ça, l'ennemi, plutôt qu'Hitler, on n'aurait pas eu qu'à lutter contre des êtres maîtrisant la météo mais à se confronter à des cerveaux. A vrai dire, je ne vois pas comment les humains luttant pour la liberté auraient gagné, en fait, ce qui peut expliquer combien on les dégrade pour arriver au happy end mais je dois avoir mauvais esprit !
Cependant il y a un héros ne jouant pas collectif se sacrifiant pour le collectif, et un héros homme ordinaire qui fait mieux que Frodon : on n'a pas à lui arracher l'objet qui le rend puissant, il y renonce de lui-même, et c'est vraiment grand et réconfortant.
L’auteur ne m’était pas inconnu et c’est avec curiosité que j’ai découvert cet album où il officie pour la 1ere fois en tant qu’auteur complet.
Son récit est honnête et bien réalisé, malheureusement je n’y ai pas succombé. Je reconnais beaucoup d’envie et de soin, en fait je n’ai même rien à dire de méchant.
L’atmosphère est réussie, les couleurs bien senties, c’est fluide et lisible, des doubles pages d’un bel effet …
C’est l’histoire qui m’a moyennement embarqué, le rythme y est un peu trop mou à mon goût et surtout les personnages ne m’ont pas tant intéressé que ça. Du coup, la fin est arrivée sans réelle émotion.
Affaire de goût, je vois beaucoup de qualités à cette relecture du mythe d’Orphée (et de Morphée) mais qui n’ont pas su me toucher.
2,5
Mon regard a changé sur Pelaez depuis son fort réussi récit de SF Neuf. Aussi, ce projet au croisement du conte gothique et du policier m'intéressait grandement.
Le cinéphile que je suis aime à y trouver un hommage au Magicien d'Oz, à Edward aux mains d'argent, à Coraline ou pourquoi pas à Psychose voire Alien.
Le récit a la bonne idée d'inviter la psychanalyse, d'amplement développer la relation entre la petite fille et l'épouvantail, sans trop forcer ni guider les interprétations/significations. Malheureusement, l'habileté découverte dans Neuf n'est pas présente ici, et l'emboîtement entre le fantastique et le policier est fort bancal pour ne pas dire très artificiel : un véritable McGuffin, qui ne convainc pas beaucoup lorsqu'il se met en place sous des auspices fantastiques, et plus du tout lorsque l'histoire se conclut "policièrement" ! Les récits apparaissent davantage juxtaposés qu'emmêlés, se sont finalement assez peu enrichis l'un-l'autre.
Les illustrations sont pour leur part assez bonnes. La couverture, réussie, donne le ton général. Mais l'on eût aimé davantage de formes expressionnistes, une mise en pages moins convenue, des hachures plus prononcées, bref que le curseur soit davantage prononcé pour inviter plus encore visuellement le fantastique. Inversement, il eût été si pertinent d'utiliser davantage la rondeur du trait jovial pour assurer des respirations au récit et à la tension dramatique !
Une jolie BD, mais qui laisse des regrets, tant tout était en place pour aboutir à un résultat véritablement convaincant.
L’album se laisse lire, il y a un certain rythme – donné d’ailleurs parfois plus par les dialogues que par l’intrigue elle-même – mais il m’a un peu laissé sur ma faim.
L’histoire mélange plusieurs genres. C’est un polar (le personnage principal est un inspecteur sur le point de partir en retraite), mais l’essentiel du récit tourne quand même autour des relations qu’il entretient avec son fils (et, accessoirement avec les autres membres de sa famille, voire ses collègues).
En effet, notre vieux flic est souvent difficile à supporter, et n’hésite pas à employer un langage assez vert – y compris en présence de ses petits-enfants – tandis que son fils, qui est embarqué dans sa dernière enquête, se révèle lui aussi une personnalité manquant de sérénité.
L’histoire se laisse lire donc, certains passages sont savoureux – essentiellement du fait des échanges verbaux assez secs. Mais j’ai vraiment eu beaucoup de mal avec le dessin. Inégal et pas toujours très lisible, c’est un style brut de décoffrage, minimaliste – et pas trop mon truc pour tout dire.
Note réelle 2,5/5.
Après une soirée dont il ne garde que de vagues souvenirs, un homme se réveille dans le corps d'une femme avec qui il a couché la veille sans jamais lui avoir parlé. Ce point de départ, digne d'un conte moderne, devient le moteur d'une longue enquête existentielle, à la fois concrète (comment, pourquoi, est-ce réversible ?) et symbolique (qu'est-ce qui définit notre identité, notre genre, notre appartenance ?).
Lucas Harari signe des planches très maîtrisées, baignées de couleurs froides et de contrastes puissants, qui installent une atmosphère à la fois réaliste et légèrement dérangeante. L'influence du comics américain est manifeste, avec un sens de la composition et de la lumière évoquant parfois Daniel Clowes ou Charles Burns. Les décors parisiens, précis et vivants, contribuent à ce sentiment d'étrangeté familière.
Le récit séduit d'abord par son mystère, puis déroute par son glissement progressif vers une forme d'acceptation ambiguë. La première moitié de l'album relève d'une pure enquête, avec la rencontre et la collaboration d'une autre victime à la recherche de réponses. Mais lorsque toute issue rationnelle semble impossible, les protagonistes basculent dans un nouveau désarroi, une sorte de deuil intérieur difficile à apaiser. Harari et son frère, co-scénariste, maintiennent la tension jusqu'aux dernières pages, abordant le thème de l'altérité avec justesse, sans insister sur le simple changement de sexe. L'ensemble se délite cependant un peu sur la fin, et la conclusion, elliptique, laisse davantage de questions qu'elle n'en résout. Ce refus délibéré de la révélation spectaculaire, au profit du trouble et de la sensation, m'a légèrement frustré, même s'il contribue à la singularité de l'œuvre, parfois plus proche du roman graphique introspectif que du conte fantastique classique.
C'est une œuvre dense, étrange et sensorielle. Pas parfaite, parfois trop distante ou étirée, elle présente toutefois une belle ambition, celle d'entrelacer fantastique, suspense et réflexion sur l'identité, le rapport à l'autre et la perception de soi.
Azur noir
J'avoue acheter et lire tout ce qui concerne XIII, la série mère comme ses dérivés, tant XIII a marqué mon adolescence lorsque je le lisais dans le journal "Spirou".
Comme pour Thorgal, à force de tirer sur la corde, l'éditeur finit par lasser le lecteur.
Dans ce premier volume d'une trilogie consacrée à Jones (sous-lieutenant Jones pour le moment), l'intrigue est poussive. J'ai du mal à voir où Yann veut aller, tant les scènes se succèdent pour le moment, sans trop peu le lien entre elles. A part Jones, le fil rouge du scénario est assez confus. Yann, déjà scénariste d'un XIII mystery, nous gratifie évidement de clins d’œil avec "little Jones".
Côté dessin, Taduc assure vraiment sauf sur le personnage du Général Carrington, méconnaissable ici.
Non, vraiment, j'ai eu du mal à adhérer à ce premier album tant cela manquait de fluidité entre les différentes intrigues (la formation de Jones, l'épisode d'Alcatraz, l'histoire du capitaine McKaa, et les flash-backs ponctuant l'album).
Cela se lit, certes, mais sans enthousiasme.
Mais, je serai au rendez-vous pour le tome 2, cela va sans dire (c'est mon côté complétiste !).
Rouge Alcatraz
J'avais modérément apprécié le premier volume de cette trilogie, qui à mon humble avis, partait un peu dans tout les sens.Avec ce second volume, Yann se reconcentre sur le personnage de Jones et l'intrigue qui se noue autour de la prise d'otage d'Alcatraz. Les rapports entre Jones et le général Carrington évoluent de telle manière ici que l'on devine son dévouement dans la série mère.
Le dessin de Taduc ne souffre d'aucun défaut et s'inscrit parfaitement dans l'ensemble de la série.
Bref, un second album réussi, enlevé, bien rythmé, et je suis sûr que sans les errements du premier volume, l'intrigue aurait pu se conclure en deux tomes.
D'où ma note en hausse.
La danse du soleil
Tout va très vite dans cette conclusion de "Jones". Nous avions quitté le général Carrington dans une position très inconfortable et nous retrouvons un sous-lieutenant Jones en pleine forme pour lui venir en aide. Même si je persiste à dire que ce spin off aurait pu se conclure en deux volumes, j'ai pris plaisir à lire cette aventure. Le dessin de TaDuc y est pour beaucoup dans cette histoire. Il ajoute une touche hyper réaliste à cette intrigue, qui parfois tire sur de grosses ficelles scénaristiques.
Un bon moment de lecture.
Cyril Bonin ne pouvait pas le prévoir mais la lecture de son triptyque résonne d'une façon particulière après la pandémie du Covid.
Sa pandémie amoureuse évacue le côté mortel de la situation mais on retrouve dans son récit beaucoup d'éléments vécus en 2020 comme la société très anxieuse, les difficultés de gestion gouvernementale ou la course au vaccin. Cela rend le récit très crédible et moderne ajoutant au déroulé de l'histoire une touche prophétique inattendue. Pour le reste le mystère de l'alchimie amoureuse est une thématique vieille comme l'apparition de l'homme sur terre. Si Bonin introduit des hypothèses biochimiques c'est tout de même la poésie irrationnelle des comportements qui donne toute sa saveur à l'histoire. On retrouve une thématique très visitée par cet auteur dans la recherche du bonheur à travers les relations du couple. Bonin a voulu trois tomes ce qui fut une surprise tellement le T1 était complet. Toutefois le T2 relance bien le récit surtout lu après 2020 mais le T3 a du mal à renouveler son discours sur le sentiment amoureux qui avait été bien exploité au T1. Ainsi pour meubler son récit, l'auteur se lance dans une voie politique trop convenue et prévisible pour me convaincre. C'est dommage car le final inattendu à la Roméo et Juliette boucle parfaitement avec le T1.
Une lecture séduisante et élégante ce qui est habituel chez Bonin.
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L'Incroyable Histoire des grands procès
Les éditions des Arènes complètent leur collection éclectique mais intéressante des « Incroyables histoires » par un documentaire recensant les grands procès de l’Histoire, avec à la baguette une avocate. Si le choix peut parfois paraître subjectif, globalement les plus célèbres procès sont bien au rendez-vous. En tout cas les plus célèbres affaires judiciaires, puisque le temps imparti pour chaque procès est assez faible, certains procès sont traités de façon un peu lapidaire, quand d’autres sont plus développés. Les procès les plus « anciens » sont forcément développés de façon moins précises : certains sont plus mythiques, tirés de la Bible (comme le fameux « jugement de Salomon »), tandis que beaucoup d’antiques ou médiévaux sont incomplètement documentés. Même si certaines affaires médiévales (je pense au procès de la truie de Falaise) peuvent nous avoir laissé pas mal de documents. Je conseille quand même au lecteur souhaitant y voir plus clair sur la justice médiévale de consulter les travaux de l’historienne Claude Gauvard (dont certains livres auraient pu être ajoutés à l’imposante recension des sources et à la bibliographie proposées en fin d’album). Enfin, si certaines affaires sont « ordinaires », parfois anecdotiques, d’autres le sont moins, comme le procès de Louis XVI par exemple. Et là il aurait fallu développer davantage le contexte – ce que le format et l’objectif de l’album ne permettent pas. Un ensemble historique, chronologique, éclectique. Mais c’est généralement intéressant. Surtout que l’auteure rappelle dès que c’est le cas que certains procès ont fait évoluer le droit – ou ont permis d’utiliser l’évolution de celui-ci. C’est aussi l’occasion de remarquer que la justice n’est pas toujours sereine : si la séparation et l’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique est plutôt récente – et encore très incomplète (voir les remous des affaires Sarkozy !), la « médiatisation » de certains procès ne date pas d’aujourd’hui. De Voltaire à Hugo, en passant par Zola, de grands auteurs ont donné naissance, en partie à l’occasion de grands procès, à la notion d’intellectuel, en prenant clairement partie. De grands avocats (Halimi, Badinter) ont aussi usé de procès pour faire évoluer en profondeur la loi. Forcément frustrant sur certains procès aux enjeux dépassant la simple affaire criminelle jugée, cet ensemble se révèle globalement intéressant et plaisant à lire. Le dessin de Bercovici, au style semi-caricatural, permet d’adoucir les récits – même si les quelques traits d’humour ne sont le plus souvent pas hilarants.
La Bataille de Simancas
J’ai trouvé quelques points communs entre cet album et le « Roncevaux » de Palacios. Dans les deux cas c’est un moment important de l’Histoire espagnole qui est traité, avec un récit quasiment exclusivement centré sur la guerre et les combats. Et surtout avec à chaque fois un dessin puissant, principal intérêt de la lecture. Car, en effet, Caceres (dont les éditions Graph Zeppelin semblent vouloir publier toute la production – ce dont je ne me plaindrai pas !) nous propose une nouvelle fois un trait gras, qui use très bien du Noir et Blanc pour donner du souffle au récit, avec un dessin baroque, très expressif, des planches souvent chargées, pour un rendu final que j’apprécie vraiment beaucoup. Le récit de Jimenez m’a permis de découvrir cette bataille, qui fut un moment charnière de l’Histoire ibérique, en donnant un petit coup d’arrêt à l’expansion omeyyade, et surtout en galvanisant les royaumes chrétiens jusqu’ici arcboutés aux Pyrénées au Nord de la péninsule. Un dossier historique de plusieurs pages, avec des cartes, accompagne judicieusement la lecture et situe bien le contexte. Beau à regarder, intéressant et instructif donc, même si la narration m’a un chouia laissé sur ma faim. C’est un peu trop linéaire et centré sur la bataille elle-même. Avec une volonté de montrer en parallèle comment chaque camp cherche à faire de ce combat quelque chose qui dépasse l’aspect territorial : un choc des religions, les dirigeants de chaque camp en appelant à Dieu, et cherchant dès les préparatifs de la bataille à s’attacher les meilleurs scribes à même de diffuser leur future victoire. De fait, les deux chefs prétendent avoir été victorieux, grâce à Dieu. Même si la narration n’est pas palpitante donc, ça reste quand même une lecture agréable et instructive, donc recommandable.
Signé Coco
Les Arènes publient un recueil assez copieux (plus de 350 pages) de dessins de presse de Coco, la plupart publiés dans Libération ou Charlie Hebdo – Les Arènes ont eu la bonne idée de référencer tous les dessins en fin d’album – auxquels s’ajoutent quelques inédits – refusés parfois. A ces dessins s’ajoutent aussi parfois des séquences un peu plus longues, dans lesquelles l’auteure réagit à la réception de son travail, aux réactions engendrées par certains dessins (Macron sur un dessin moquant son hypocrite « qui aurait pu prévoir la crise climatique », des chasseurs scandalisés par un dessin dénonçant l’alcoolisme de certains d’entre eux, un dessin sur la famine à Gaza en plein jeun du Ramadan, un dessin sur l’interdiction de l’IVG aux Etats-Unis, etc.). Certaines réactions – exacerbées par les réseaux sociaux – ont ramené l’auteure au temps pas si lointain des attaques contre Charlie Hebdo (auxquelles a survécu Coco)… En près de 500 dessins, Coco nous livre une vision corrosive (même si pas suffisamment parfois, à mon goût) de notre société, de ses travers, de ses hypocrisies. Les sujets sont regroupés par thématiques (écologie, politique intérieure et internationale, etc.). Les dessins les plus saignants ont généralement été publiés dans Charlie, qui cherche moins un certain consensus que Libé. Le résultat est inégal, et le regroupement thématique laisse pointer quelques répétitions. Certains dessins manquent sans doute aussi de percussion. Mais, globalement, c’est un album qui se lit agréablement, souvent le sourire aux lèvres. C’est souvent comme la lecture du Canard enchaîné, on rigole, mais l’énervement arrive aussitôt en complément, tant les sujets abordés – souvent de façon à dénoncer des travers – ne laissent pas indifférent.
D-day, le jour du désastre
Toujours le même problème du genre plus ou moins superhéroique à part Watchmen, la mocheté du dessin…. Une fois qu'on s'est bien imprégné de l'histoire, on ne veut pas y revenir ! Encore qu'on ait vu pire, bien pire. L'idée, on l'a déjà dit, est excellente, mélange d'uchronie et de fantastique. Cependant… Aujourd'hui, il est bien moins original qu'avant de défendre le collectif et le personnage faible qui parvient à ce qui échappe au fort, Frodon étant le plus connu. Dans les histoires de superhéros, la science n'est jamais loin, même si les scientifiques sont souvent des méchants, comme le dit Sheldon dans The Big Bang Théorie, que de méchants Docteurs ! Si la scène où les dignitaires religieux se repentent est belle, si je me rappelle bien, il n'y a que les monothéistes à se comporter moralement, ce qui est drôle, l'Inde dominée par l'hindouisme a aboli le système des castes, par exemple. Les dieux, sauf Loki, me semblent assez bêtes, ce qui ne colle pas avec les Ases représentés, notamment Odin, qui, qu'on se le dise, n'est pas que le dieu présidant les guerriers mais un stratège qui n'a cessé de s'instruire et a inventé les runes, frère par la fraternité du sang avec Loki, il finit par le lier jusqu'à la fin du monde où avec d'autres personnages monstrueux il détruira notre monde. Si c'était ça, l'ennemi, plutôt qu'Hitler, on n'aurait pas eu qu'à lutter contre des êtres maîtrisant la météo mais à se confronter à des cerveaux. A vrai dire, je ne vois pas comment les humains luttant pour la liberté auraient gagné, en fait, ce qui peut expliquer combien on les dégrade pour arriver au happy end mais je dois avoir mauvais esprit ! Cependant il y a un héros ne jouant pas collectif se sacrifiant pour le collectif, et un héros homme ordinaire qui fait mieux que Frodon : on n'a pas à lui arracher l'objet qui le rend puissant, il y renonce de lui-même, et c'est vraiment grand et réconfortant.
Magma
L’auteur ne m’était pas inconnu et c’est avec curiosité que j’ai découvert cet album où il officie pour la 1ere fois en tant qu’auteur complet. Son récit est honnête et bien réalisé, malheureusement je n’y ai pas succombé. Je reconnais beaucoup d’envie et de soin, en fait je n’ai même rien à dire de méchant. L’atmosphère est réussie, les couleurs bien senties, c’est fluide et lisible, des doubles pages d’un bel effet … C’est l’histoire qui m’a moyennement embarqué, le rythme y est un peu trop mou à mon goût et surtout les personnages ne m’ont pas tant intéressé que ça. Du coup, la fin est arrivée sans réelle émotion. Affaire de goût, je vois beaucoup de qualités à cette relecture du mythe d’Orphée (et de Morphée) mais qui n’ont pas su me toucher. 2,5
Épouvantail
Mon regard a changé sur Pelaez depuis son fort réussi récit de SF Neuf. Aussi, ce projet au croisement du conte gothique et du policier m'intéressait grandement. Le cinéphile que je suis aime à y trouver un hommage au Magicien d'Oz, à Edward aux mains d'argent, à Coraline ou pourquoi pas à Psychose voire Alien. Le récit a la bonne idée d'inviter la psychanalyse, d'amplement développer la relation entre la petite fille et l'épouvantail, sans trop forcer ni guider les interprétations/significations. Malheureusement, l'habileté découverte dans Neuf n'est pas présente ici, et l'emboîtement entre le fantastique et le policier est fort bancal pour ne pas dire très artificiel : un véritable McGuffin, qui ne convainc pas beaucoup lorsqu'il se met en place sous des auspices fantastiques, et plus du tout lorsque l'histoire se conclut "policièrement" ! Les récits apparaissent davantage juxtaposés qu'emmêlés, se sont finalement assez peu enrichis l'un-l'autre. Les illustrations sont pour leur part assez bonnes. La couverture, réussie, donne le ton général. Mais l'on eût aimé davantage de formes expressionnistes, une mise en pages moins convenue, des hachures plus prononcées, bref que le curseur soit davantage prononcé pour inviter plus encore visuellement le fantastique. Inversement, il eût été si pertinent d'utiliser davantage la rondeur du trait jovial pour assurer des respirations au récit et à la tension dramatique ! Une jolie BD, mais qui laisse des regrets, tant tout était en place pour aboutir à un résultat véritablement convaincant.
Immortal sergeant
L’album se laisse lire, il y a un certain rythme – donné d’ailleurs parfois plus par les dialogues que par l’intrigue elle-même – mais il m’a un peu laissé sur ma faim. L’histoire mélange plusieurs genres. C’est un polar (le personnage principal est un inspecteur sur le point de partir en retraite), mais l’essentiel du récit tourne quand même autour des relations qu’il entretient avec son fils (et, accessoirement avec les autres membres de sa famille, voire ses collègues). En effet, notre vieux flic est souvent difficile à supporter, et n’hésite pas à employer un langage assez vert – y compris en présence de ses petits-enfants – tandis que son fils, qui est embarqué dans sa dernière enquête, se révèle lui aussi une personnalité manquant de sérénité. L’histoire se laisse lire donc, certains passages sont savoureux – essentiellement du fait des échanges verbaux assez secs. Mais j’ai vraiment eu beaucoup de mal avec le dessin. Inégal et pas toujours très lisible, c’est un style brut de décoffrage, minimaliste – et pas trop mon truc pour tout dire. Note réelle 2,5/5.
Le Cas David Zimmerman
Après une soirée dont il ne garde que de vagues souvenirs, un homme se réveille dans le corps d'une femme avec qui il a couché la veille sans jamais lui avoir parlé. Ce point de départ, digne d'un conte moderne, devient le moteur d'une longue enquête existentielle, à la fois concrète (comment, pourquoi, est-ce réversible ?) et symbolique (qu'est-ce qui définit notre identité, notre genre, notre appartenance ?). Lucas Harari signe des planches très maîtrisées, baignées de couleurs froides et de contrastes puissants, qui installent une atmosphère à la fois réaliste et légèrement dérangeante. L'influence du comics américain est manifeste, avec un sens de la composition et de la lumière évoquant parfois Daniel Clowes ou Charles Burns. Les décors parisiens, précis et vivants, contribuent à ce sentiment d'étrangeté familière. Le récit séduit d'abord par son mystère, puis déroute par son glissement progressif vers une forme d'acceptation ambiguë. La première moitié de l'album relève d'une pure enquête, avec la rencontre et la collaboration d'une autre victime à la recherche de réponses. Mais lorsque toute issue rationnelle semble impossible, les protagonistes basculent dans un nouveau désarroi, une sorte de deuil intérieur difficile à apaiser. Harari et son frère, co-scénariste, maintiennent la tension jusqu'aux dernières pages, abordant le thème de l'altérité avec justesse, sans insister sur le simple changement de sexe. L'ensemble se délite cependant un peu sur la fin, et la conclusion, elliptique, laisse davantage de questions qu'elle n'en résout. Ce refus délibéré de la révélation spectaculaire, au profit du trouble et de la sensation, m'a légèrement frustré, même s'il contribue à la singularité de l'œuvre, parfois plus proche du roman graphique introspectif que du conte fantastique classique. C'est une œuvre dense, étrange et sensorielle. Pas parfaite, parfois trop distante ou étirée, elle présente toutefois une belle ambition, celle d'entrelacer fantastique, suspense et réflexion sur l'identité, le rapport à l'autre et la perception de soi.
XIII Trilogy - Jones
Azur noir J'avoue acheter et lire tout ce qui concerne XIII, la série mère comme ses dérivés, tant XIII a marqué mon adolescence lorsque je le lisais dans le journal "Spirou". Comme pour Thorgal, à force de tirer sur la corde, l'éditeur finit par lasser le lecteur. Dans ce premier volume d'une trilogie consacrée à Jones (sous-lieutenant Jones pour le moment), l'intrigue est poussive. J'ai du mal à voir où Yann veut aller, tant les scènes se succèdent pour le moment, sans trop peu le lien entre elles. A part Jones, le fil rouge du scénario est assez confus. Yann, déjà scénariste d'un XIII mystery, nous gratifie évidement de clins d’œil avec "little Jones". Côté dessin, Taduc assure vraiment sauf sur le personnage du Général Carrington, méconnaissable ici. Non, vraiment, j'ai eu du mal à adhérer à ce premier album tant cela manquait de fluidité entre les différentes intrigues (la formation de Jones, l'épisode d'Alcatraz, l'histoire du capitaine McKaa, et les flash-backs ponctuant l'album). Cela se lit, certes, mais sans enthousiasme. Mais, je serai au rendez-vous pour le tome 2, cela va sans dire (c'est mon côté complétiste !). Rouge Alcatraz J'avais modérément apprécié le premier volume de cette trilogie, qui à mon humble avis, partait un peu dans tout les sens.Avec ce second volume, Yann se reconcentre sur le personnage de Jones et l'intrigue qui se noue autour de la prise d'otage d'Alcatraz. Les rapports entre Jones et le général Carrington évoluent de telle manière ici que l'on devine son dévouement dans la série mère. Le dessin de Taduc ne souffre d'aucun défaut et s'inscrit parfaitement dans l'ensemble de la série. Bref, un second album réussi, enlevé, bien rythmé, et je suis sûr que sans les errements du premier volume, l'intrigue aurait pu se conclure en deux tomes. D'où ma note en hausse. La danse du soleil Tout va très vite dans cette conclusion de "Jones". Nous avions quitté le général Carrington dans une position très inconfortable et nous retrouvons un sous-lieutenant Jones en pleine forme pour lui venir en aide. Même si je persiste à dire que ce spin off aurait pu se conclure en deux volumes, j'ai pris plaisir à lire cette aventure. Le dessin de TaDuc y est pour beaucoup dans cette histoire. Il ajoute une touche hyper réaliste à cette intrigue, qui parfois tire sur de grosses ficelles scénaristiques. Un bon moment de lecture.
Amorostasia
Cyril Bonin ne pouvait pas le prévoir mais la lecture de son triptyque résonne d'une façon particulière après la pandémie du Covid. Sa pandémie amoureuse évacue le côté mortel de la situation mais on retrouve dans son récit beaucoup d'éléments vécus en 2020 comme la société très anxieuse, les difficultés de gestion gouvernementale ou la course au vaccin. Cela rend le récit très crédible et moderne ajoutant au déroulé de l'histoire une touche prophétique inattendue. Pour le reste le mystère de l'alchimie amoureuse est une thématique vieille comme l'apparition de l'homme sur terre. Si Bonin introduit des hypothèses biochimiques c'est tout de même la poésie irrationnelle des comportements qui donne toute sa saveur à l'histoire. On retrouve une thématique très visitée par cet auteur dans la recherche du bonheur à travers les relations du couple. Bonin a voulu trois tomes ce qui fut une surprise tellement le T1 était complet. Toutefois le T2 relance bien le récit surtout lu après 2020 mais le T3 a du mal à renouveler son discours sur le sentiment amoureux qui avait été bien exploité au T1. Ainsi pour meubler son récit, l'auteur se lance dans une voie politique trop convenue et prévisible pour me convaincre. C'est dommage car le final inattendu à la Roméo et Juliette boucle parfaitement avec le T1. Une lecture séduisante et élégante ce qui est habituel chez Bonin.