Il faut frapper les esprits, en faire des machines de guerre tout droit sorties de l’enfer !
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Ce tome contient une histoire complète de nature biographique. Son édition originale date de 2024. Il a été réalisé par Roger Seiter pour le scénario, par Frédéric Blier pour les dessins, et par Florence Fantini pour la mise en couleurs. Ce tome comprend soixante-deux pages de bande dessinée.
Automne 1343, au large des côtes bretonnes, un grand navire vogue toutes voiles dehors. À son bord, un soldat en cottes de maille fait observer au seigneur que ces côtes sont dangereuses, car la plupart des Bretons leur sont désormais hostiles. Le noble répond que certes, mais qu’ils n’oseront pas attaquer une nef royale lourdement armée. La vigie signale une voile à bâbord. Le soldat remarque qu’ils hissent un pavillon : un lion blanc sur fond rouge. Un deuxième navire à voile rouge apparaît et se rapproche du premier navire. Le capitaine de celui-ci ordonne à ses soldats de se préparer au combat. Il craint qu’il ne s’agisse pas d’Anglais, mais pire, des pirates qui ne feront pas de quartier. L’équipage du premier navire à voile rouge commence par envoyer une pluie nourrie de flèches qui font des ravages. À Paris quelques mois plus tôt, près de la forteresse du Châtelet, Jeanne de Belleville marche incognito dans la rue aux côtés de Guillaume Bérard. Elle lui rappelle qu’elle avait supplié son époux Olivier de Clisson de ne pas participer au tournoi. Elle se demande comme il a pu faire confiance au roi Philippe VI, tout le monde sait que ce Valois n’a pas d’honneur. Son interlocuteur lui dit qu’elle a raison : la fidélité d’Olivier à la couronne est incontestable, son arrestation est une grande injustice.
La conversation continue et Jeanne dit qu’elle craint le pire, il faut tirer son époux Olivier des griffes de Philippe avant qu’il ne soit trop tard. Guillaume répond que le plus urgent est de lui faire parvenir un message, et il pense avoir trouvé l’homme qu’il leur faut. Il ajoute que c’est son devoir d’écuyer, et qu’il est de son devoir d’épauler Jeanne et lui apporter son aide. Ils arrivent devant la boutique de Bertrand Clermont, un ami de la famille. Celui-ci les accueille chaleureusement à l’intérieur. Il les conduit dans son arrière-boutique : là les attend Pierre Nicolas, sergent du roi. Ce personnage a ses entrées au grand Châtelet, et il a accepté de les aider. Jeanne de Belleville lui demande s’il peut la mener secrètement à son époux. Le sergent répond que c’est impossible, car sur ordre du roi le sieur de Clisson est privé de toute visite. Il ajoute qu’elle-même a pris beaucoup de risques en venant dans la capitale. Si le roi Philippe l’apprenait, il pourrait fort bien donner l’ordre de l’arrêter. Jeanne ne se laisse pas impressionner et elle lui demande comme il peut l’aider elle. Il répond que pour dix pièces d’or, il peut faire passer un message à Olivier. Elle écrit un bref billet dans lequel elle annonce à son époux son intention de le faire évader. Le sergent indique qu’elle aura la réponse dans deux jours. Après cet entretien, elle va passer voir Thibaut de Parthenay, l’héritier d’une famille alliée aux Belleville.
Jeanne de Belleville (1300-1359) est un personnage historique ayant réellement existé : elle épouse en 1312 Geoffroy seigneur de Châteaubriant, puis après sa mort vient un second mariage qui sera annulé par le Pape Jean XXII, la troisième union sera avec Olivier de Clisson (1300-1343) avec qui elle aura quatre enfants Maurice, Olivier, Guillaume et Jeanne. L’image de couverture montre une femme guerrière portant un haubert et une gorgière de maille, à la tête d’une dizaine d’individus armés jusqu’aux dents sur le pont d’un navire avec une voile rouge, ornée d’un lion que l’on peut supposer blanc. Le paragraphe de la quatrième de couverture la désigne comme première femme pirate de l’Histoire, ayant livré une guerre sans merci au Royaume de France, en se montrant d’une cruauté implacable, ce qui lui vaudra ainsi le surnom de Tigresse bretonne. Le surnom de Lionne sanglante lui sera attribué au XIXe siècle. En fonction de sa connaissance sur le sujet, le lecteur en déduit que le scénariste va exposer une version ménageant la chèvre et le chou, en vérité historique attestée, et légende populaire. Après une introduction en mer, il entame son récit en 1343, alors que Olivier de Clisson est déjà prisonnier du roi à Paris, et que son épouse Jeanne essaye d’organiser une tentative d’évasion. Il élude ainsi la question de la situation de la famille Clisson avant le tournoi, et la situation est essentiellement exposée par le point de vue de Jeanne de Belleville, avec ses partis pris.
Au vu de la couverture et du thème du récit, l’horizon du lecteur correspond à un récit présentant une solide reconstitution historique. Tout commence avec un beau navire, toutes voiles dehors sur l’océan. Le lecteur observe les différents mâts, la coque, les écussons sur la proue, une bannière peut-être un peu trop longue. D’un autre côté, le lecteur peut apprécier les différentes activités au premier plan sur les berges de la Seine à Paris : le lavage du linge, le débarquement de ballots, le stockage de tonneaux, un palan avec une roue pour décharger des charges plus lourdes. Dans la case en-dessous, une vue subjective d’une rue de Paris, avec le caniveau central et un habitant qui jette le contenu de son seau directement dans le caniveau depuis sa porte, la cour du château de Philippe VI et sa chambre de torture, une vue générale du château de Clisson, une autre du château de Touffou, un magnifique pont en bois avec des maisons dessus jeté au-dessus de la Seine à Paris, le château fort de l’île d’Yeu, la citadelle de l’Aber-Wrac’h et son port, et bien sûr des combats maritimes. Le lecteur prend également le temps de regarder les tenues vestimentaires, ainsi que les armes et les protections des combattants, les armes des navires, les harnachements des chevaux, etc. Sans oublier la manière dont Jeanne de Belleville elle-même s’habille pour mener ses hommes au combat. Il peut ainsi apprécier l’investissement de l’artiste pour donner à voir cette époque.
Le scénariste a pris le parti de raconter cette histoire avec le point de vue de la tigresse de bretonne : ainsi est-elle présente visuellement dans quarante-deux pages sur soixante-deux, présente implicitement dans une demi-douzaine d’autres, le reste étant consacré à ses ennemis ou à son époux au début. Par comparaison avec d’autres bande dessinées historiques, le lecteur fait l’expérience qu’en effet les auteurs privilégient l’histoire personnelle de cette femme, plutôt que de verser dans un cours d’Histoire. Ils se cantonnent à la période correspondant à l’accomplissement de sa vengeance, à partir de l’emprisonnement de son époux, jusqu’à son terme. En fonction de son appétence, le lecteur peut se renseigner plus avant sur le règne de Philippe VI, sur les connaissances historiques consolidées sur cette veuve, sur le passé d’Olivier de Clisson, ou encore sur les relations entre l’Angleterre et de la France à cette époque, et entre Édouard III (1312-1377) et Olivier de Clisson. Jeanne de Belleville prononce son vœu de vengeance en page vingt-quatre. D’une certaine manière, ce choix narratif fait de Jeanne de Belleville, l’héroïne de sa propre vie et du récit. D’un autre côté, les auteurs montrent que cette femme mérite son surnom de Lionne sanglante, illustrant la phrase de Friedrich Nietzsche : “Dans la vengeance et en amour, la femme est plus barbare que l'homme. (Par-delà le bien et le mal).
En recevant la tête de feu son époux dans une cassette, Jeanne déclare : que les Clisson n’ont pas de larmes, mais des armes, que son époux hurle vengeance et qu’ils vont le venger, que le blason des Clisson a été souillé par la trahison et le déshonneur, et qu’elle va lui rendre son éclat en le lavant dans le sang frais. Le lecteur observe un personnage fidèle à sa réputation ou à sa légende : elle fait tuer les messagers, puis les prisonniers. Elle mène la prise du château de Touffou et après la victoire, elle en fait exécuter tous les habitants. Après la première victoire maritime, elle ordonne que les survivants aient les mains et les pieds tranchés, et qu’ils soient jetés par-dessus bord. Le dessinateur assume lui aussi cette caractéristique de la veuve en représentant la violence de manière explicite : visage tuméfié d’Olivier de Clisson alors qu’il est torturé, flèche transperçant la gorge d’un soldat, ou se fichant au beau milieu du front d’un autre, mêlées brutales entre cavaliers et fantassins, décapitation d’un chef à genou présentant son épée en signe de reddition, épée tranchant à moitié un crâne, épée s’enfonçant dans une cuisse, cadavres déposés par la marée avec les pieds et les mains tranchés, etc. La vengeance de Jeanne de Belleville est sanglante et sans pitié. Elle prend part aux combats, et fait systématiquement achever tous les survivants. Elle mène ses hommes au combat comme un guerrier. Elle entraîne ses jeunes fils à peine adolescents voire encore enfants avec elle, sur son navire. Il s’agit d’une véritable vengeance : la destruction de navires du royaume pour obtenir réparation, une véritable riposte plutôt qu’une vengeance. Elle est guidée par une volonté de destruction, habitée par sa colère, s’y donnant corps et âme, et elle en paye le prix.
Un album de bande dessinée bien troussé qui aborde la légende de la tigresse bretonne sur le plan humain, avec ce qu’il faut de reconstitution historique pour que le contexte soit consistant, sans qu’il ne prenne le pas sur la dimension humaine. L’artiste prend plaisir à donner à voir les châteaux, Paris et les combats navals. Jeanne de Belleville se montre une meneuse d’hommes fougueuse, et sans pitié. Une belle évocation.
2.5
Un documentaire qui parle de l'histoire de la psychologie ainsi que des différentes facettes de cette discipline.
Cet album cumul à la fois les forces et les faiblesses qu'on retrouve dans ce type de documentaire. Le scénariste est un spécialiste et le sujet est bien approfondi sauf qu'en même temps c'est verbeux et le dessin n'est pas très agréable pour les yeux. C'est dense et on parle d'un nouveau sujet ou personnage historique pratiquement à chaque page et du coup j'aurais un peu de difficulté à faire un résumé. J'ai trouvé que c'était un peu lourd à lire et cela m'a prit deux jours pour finir l'album, parfois lorsque je finissais un chapitre j'avais pas trop envie de continuer et j'ai fait autre chose.
Cela reste un ouvrage intéressant si on s'intéresse au sujet. J'ai bien aimé comment on n'a pas peur de montre le coté négative de la discipline comme le sexisme de plusieurs penseurs males (le cliché de la femme hystérique) ou les travaux largement discrédité de Freud qui avait malgré tout jusqu'à récemment une grande influence en France.
Et bah zut, je pensais que j’allais bien plus me régaler avec cet album.
Alors attention, c’est très bien.
Agnès Maupré ne cesse de s’améliorer sur la partie graphique, j’aime bien son trait et couleurs, les passages aquatiques sont ici particulièrement réussis, le reste sera plus classique mais d’une belle fluidité, je suis arrivé au bout très facilement.
L’idée du récit me plait bien et j’attendais beaucoup de la quête de nos 2 héroïnes. En fait j’ai eu exactement ce que j’attendais, à savoir une balade dans l’Antiquité avec un ton teinté de modernisme et féminisme. En ça, le contrat est bien rempli et la lecture agréable. C’est ponctué de chouettes idées comme le chapitrage, le coup des poèmes … on sent une certaine attention et soin.
Mais (le fameux mais), je me retrouve complètement dans l’avis de Ro.
Le fond et le résultat sont sympathiques mais pas tout le temps passionnant, ça se perd parfois en cours de route ou en nuances, qui fait que j’étais parfois en retrait.
Sinon ça reste un bon voyage et j’ai bien aimé l’utilisation de la mythologie. On croisera Astérios, le jardin des Hesperides, Persée et Méduse … et évidemment de nombreux fruits des amours de Zeus.
Pas le franchement bien attendu mais du bel ouvrage.
Le Prince et la Couturière, c'est l'histoire d'un prince et d'une couturière (oui, je sais, choquant). Mais pas n'importe quel prince, non, car Sébastien est un prince qui aime se travestir. Lorsqu'il tombe un jour par hasard sur une robe extravagante cousue par Francès, il décide de rentrer en contact avec elle et lui propose de devenir sa couturière attitrée. Leur alliance leur est à tout deux bénéfique, Francès pouvant enfin exprimer son talent créateur et Sébastien pouvant enfin sortir tel qu'il le souhaite vraiment (sous une fausse identité). Mais voilà, les secrets ne durent qu'un temps, et que faire quand tout ceci risque potentiellement d'éclater au grand jour ?
Le fond de l'histoire me plait, je trouve les dessins tout en rondeur de Jen Wang jolis, l'album a reçu le Fauve d'Or 2019... Et pourtant je suis un peu déçue.
Je sais que je finis par être souvent déçue dans mes avis, mais je pense que c'est en partie dû au fait que je teinte bien malgré moi mes avis des échos glanées au préalable et que je me crée bien souvent des attentes trop grandes (d'où le fait que je préfère bien souvent me plonger dans l'inconnu, quitte à risquer de me casser les dents). Mais là ça me gène un peu de ne trouver l'histoire QUE bien. Parce que oui, l'histoire est bien, j'aurais juste voulu qu'elle soit "très" bien. Et il y avait ce potentiel, je le vois. Peut-être que si j'y étais allée sans attentes...
Un bon album tout de même, sur un sujet malheureusement de nouveaux au cœur de débats (pour le plus grand bonheur d'une certaine idéologie politique qui décide de revenir sur le devant de la scène dernièrement).
L’album m’avait intrigué à sa sortie (pas mal de buzz dans mes souvenirs), mais je ne le lis finalement que bien plus tard.
J’en suis sorti avec un avis très mitigé, qualités et défauts se mêlant, que ce soit pour le dessin et le scénario.
Concernant le dessin, et surtout la colorisation, on a là quelques partis-pris tranchés. Je reconnais aisément à l’ensemble à la fois beauté et originalité. Mais je n’ai pas accroché plus que ça à cette colorisation pétante fuyant le réalisme. Mais après tout pourquoi pas ? Ce choix esthétique ne gêne pas en lui-même la lecture.
Je n’ai pas non plus aimé ces visages un peu statiques, sans nuance, et ces lèvres noires.
Concernant le scénario, c’est un peu la même ambivalence qui prédomine. Il y a pas mal de choses intéressantes, des thèmes porteurs (le retour à la nature et les conséquences du réchauffement climatiques, l’exploitation minière, la dépendance aux écrans, la vie au rythme de la nature versus le stress de la vie urbaine, le devenir des Amérindiens et de leur culture, etc.).
Mais j’ai un peu eu l’impression que Jérémie Moreau multipliait les thèmes sans vraiment en choisir un, ou plutôt sans vraiment les développer complètement. Du coup c’est intéressant et original, mais un peu frustrant. Comme l’est la conclusion, qui laisse le lecteur un peu en plan.
Mais bon, malgré tout ça se laisse lire (même si on doit au départ accepter le choix brutal et quelque peu improbable de la fratrie française de suivre une vieille dame inconnue pour aller vivre au fin fond de l’Alaska).
Sasuke Retsuden est à la base un arc filler de la série animée Boruto - Naruto Next Generations mais son action se déroule avant le début de celle-ci donc il n'est pas forcément nécessaire de la connaitre pour l'apprécier. Et ça tombe plutôt bien car je l'avais très vite laissée tomber.
Sasuke Retsuden se passe des années après la fin de Naruto. Ce dernier est devenu le Septième Hokage et son pays est en paix mais il souffre d'une maladie mystérieuse dont on apprend qu'un ancien ermite a réussi à guérir autrefois. Sasuke, le fidèle ami de Naruto, part alors seul en mission vers le pays de cet ermite, un royaume qui vit en partie coupé du reste du monde. Pour obtenir des indices sur le moyen de guérir Naruto, il se laisse emprisonner dans un institut très spécial qui cache bien des mystères.
C'est une histoire courte en deux tomes qui se focalise sur le personnage de Sasuke et de sa femme, Sakura, et c'est assez plaisant de les suivre dans cette histoire quasiment indépendante de tout le reste des séries principales. L'intrigue se passe en grande majorité dans l'univers carcéral où Sasuke a fait le choix de se laisser enfermer pour mieux enquêter. A ce stade de sa vie, il est devenu un ninja tellement puissant qu'il tient presque du super-héros et doit cacher ses pouvoirs pour mieux passer inaperçu.
Le premier tome est avant tout un récit d'infiltration, d'espionnage et d'enquête, et le résultat m'a beaucoup plu. Le personnage de Sasuke, taiseux et sérieux à la limite de l'autisme, n'est pas très attachant, mais il est rendu nettement plus humain quand son épouse Sakura s'invite à son tour dans l'intrigue. L'accent mis sur leur relation amoureuse et familiale est très sympathique.
Très bon premier tome donc, mais second tome plus décevant. Celui-ci tourne en effet rapidement à la baston générale contre... des dinosaures... Après Comboys Vs Aliens, voici Ninjas Vs Dinosaures ! J'exagère un peu, le scénario ne devient pas soudain idiot, mais il perd nettement en subtilité et son intrigue devient plus basique. Les motivations des uns et des autres deviennent aussi plus floues, à tel point que l'histoire se termine en ayant quasiment oublié la mission initiale de guérir Naruto même si on devine que ça s'est bien passé.
En résumé, une mini-série sympa pour se focaliser sur les personnages de Sasuke et Sakura qui ne nécessite pas d'avoir lu Boruto - Naruto Next Generations, avec un premier tome très prenant et un second tome un peu moins bon mais correct.
Munoz développe une œuvre qui me plait assez, moi qui suis adepte d’humour noir et grinçant.
Ici, certains passages en sont remplis, débordant parfois sur du trash. En tout cas j’ai bien aimé tous ces passages (surtout les premières histoires « racontées » par la jeune femme dont est amoureux notre barman de héros).
Si je reste sur trois étoiles, c’est en grande partie à cause de la relative baisse de rythme du dernier quart de l’album, qui est aussi moins noir, un peu plus convenu.
Mais ça reste quand même un album à découvrir, qui n’est pas qu’un assemblage de passages défouloir. En effet, Munoz a su en parallèle développer un récit autour des trois copains du bar, où chacun révèle ses fêlures. Un récit plus classique et intimiste, qui contrebalance des passages moins consensuels. La mayonnaise prend entre ces deux aspects du récit en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
Bah franchement tout pareil qu’Alix.
J’adore les contes, d’autant plus si on nous propose une version alternative, ici une revisite du classique qu’est la belle au bois dormant.
Le point de départ me plaît beaucoup, notre belle se réveillera un siècle après l’arrivée de son prince (comment ? pourquoi ? … je vous laisserai le découvrir), elle découvrira alors un monde bien différent plongé dans la misère. Ses débuts seront chaotiques avant de se trouver un but. Honnêtement on passe un très bon moment, la partie graphique accompagne parfaitement le récit.
Pourtant je n’en suis pas sorti plus emballé que de raison, si j’ai aimé le côté gore et d’autres idées (j’adore la couverture), je suis moins convaincu par le langage utilisé (pas le côté pompeux qui m’a échappé mais plus les jurons ou grossièretés, le passage avec les gnomes est fatiguant par exemple) et surtout la tournure des événements et les personnages qui m’apparaissent un poil trop stéréotypé et teenage.
Je m’imaginais plus de noirceur ou profondeur, reste que ça remplit parfaitement son office de bon divertissement, je suis juste exigeant.
Les éditions Aventuriers d'Ailleurs rééditent cet album initialement publié chez Petit à Petit.
Au passage, ils en profitent pour y ajouter de la couleur. S'agissant de planches réalisées à la carte à gratter, il s'agit uniquement de teindre en rouge ou bleu certains pans du dessin pour améliorer le contraste et lui donner plus de saveur et d'attrait. Le résultat combiné de ce trait gratté et de ces couleurs est charmant et esthétique.
C'est une adaptation fidèle du roman de Mary Shelley. Le ton y est juste, la narration graphique fluide et le rythme est bon. On est plongé dans l'histoire comme dans une aventure purement faite pour la bande dessinée. Les auteurs y abordent de bonne manière les problématiques philosophiques engendrées par ce récit gothique : le sens de la responsabilité du créateur, avec Victor Frankenstein qui paie son pêché d'avoir voulu créer la vie sans réfléchir aux conséquences ni assumer le rôle de père que cela fait de lui. Comme dans l'œuvre de Shelley, il n'y a pas de manichéisme puisque la créature a cet aspect pitoyable et sa souffrance pour circonstances atténuantes de ses actes de violence.
C'est une bonne adaptation au graphisme charmant, mais rien dans tout cela ne me captive vraiment. Outre que le récit de Frankenstein ne m'a jamais passionné, je le connais déjà suffisamment bien pour m'être un peu ennuyé devant cette nouvelle adaptation. Mais pour quelqu'un qui veut le découvrir ou qui l'aime déjà, c'est une bonne BD.
Bon, tout ce que je connais du monde de l'équitation, je ne le tiens que de ma sœur et de la série télévisée Grand Galop (un sincère plaisir coupable personnel - que voulez-vous). De mon point de vue de néophyte équestre, Galop 0 donc, je trouve que l'ambiance et le fonctionnement au quotidien d'un centre équestre est assez bien retranscris.
Ici, on retrouve la jeune et fringuante héroïne, découvrant un monde qui lui était jusque là relativement inconnu, ses fidèles ami-e-s de toujours, le beau garçon qu'elle aime mais à qui elle n'ose avouer ses sentiments, la riche pimbèche qui joue le rôle de la rivale, la sympathique enseignante, ... Bref, la formule est classique mais marche. Pour quiconque se souvient des lectures de jeunesses féminines (et encore plus précisément sur les chevaux), rien de nouveau ici. La série s'en sors tout de même bien avec ce qu'elle fait et le dessin (que je trouve adorable) lui donne un certain charme.
Bon, pour ce qui est de la peste locale, je préfère quand-même Veronica Di Angelo à Pénélope, mais ça c'est parce que la première avec ses combines et pulsions à deux doigts du maléfique me fait personnellement mourir de rire.
Je note tout de même un défaut : j'ai trouvé les remarques incessantes des chevaux et des poneys assez parasitantes à la longue. Difficile parfois de lire avec fluidité quand chaque scène et dialogue humain est entrecoupé de remarques sur la nourriture et les incongruités humaines du point de vue des équidés.
La série reste honnêtement sympathique, une bonne lecture jeunesse.
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La Tigresse bretonne
Il faut frapper les esprits, en faire des machines de guerre tout droit sorties de l’enfer ! - Ce tome contient une histoire complète de nature biographique. Son édition originale date de 2024. Il a été réalisé par Roger Seiter pour le scénario, par Frédéric Blier pour les dessins, et par Florence Fantini pour la mise en couleurs. Ce tome comprend soixante-deux pages de bande dessinée. Automne 1343, au large des côtes bretonnes, un grand navire vogue toutes voiles dehors. À son bord, un soldat en cottes de maille fait observer au seigneur que ces côtes sont dangereuses, car la plupart des Bretons leur sont désormais hostiles. Le noble répond que certes, mais qu’ils n’oseront pas attaquer une nef royale lourdement armée. La vigie signale une voile à bâbord. Le soldat remarque qu’ils hissent un pavillon : un lion blanc sur fond rouge. Un deuxième navire à voile rouge apparaît et se rapproche du premier navire. Le capitaine de celui-ci ordonne à ses soldats de se préparer au combat. Il craint qu’il ne s’agisse pas d’Anglais, mais pire, des pirates qui ne feront pas de quartier. L’équipage du premier navire à voile rouge commence par envoyer une pluie nourrie de flèches qui font des ravages. À Paris quelques mois plus tôt, près de la forteresse du Châtelet, Jeanne de Belleville marche incognito dans la rue aux côtés de Guillaume Bérard. Elle lui rappelle qu’elle avait supplié son époux Olivier de Clisson de ne pas participer au tournoi. Elle se demande comme il a pu faire confiance au roi Philippe VI, tout le monde sait que ce Valois n’a pas d’honneur. Son interlocuteur lui dit qu’elle a raison : la fidélité d’Olivier à la couronne est incontestable, son arrestation est une grande injustice. La conversation continue et Jeanne dit qu’elle craint le pire, il faut tirer son époux Olivier des griffes de Philippe avant qu’il ne soit trop tard. Guillaume répond que le plus urgent est de lui faire parvenir un message, et il pense avoir trouvé l’homme qu’il leur faut. Il ajoute que c’est son devoir d’écuyer, et qu’il est de son devoir d’épauler Jeanne et lui apporter son aide. Ils arrivent devant la boutique de Bertrand Clermont, un ami de la famille. Celui-ci les accueille chaleureusement à l’intérieur. Il les conduit dans son arrière-boutique : là les attend Pierre Nicolas, sergent du roi. Ce personnage a ses entrées au grand Châtelet, et il a accepté de les aider. Jeanne de Belleville lui demande s’il peut la mener secrètement à son époux. Le sergent répond que c’est impossible, car sur ordre du roi le sieur de Clisson est privé de toute visite. Il ajoute qu’elle-même a pris beaucoup de risques en venant dans la capitale. Si le roi Philippe l’apprenait, il pourrait fort bien donner l’ordre de l’arrêter. Jeanne ne se laisse pas impressionner et elle lui demande comme il peut l’aider elle. Il répond que pour dix pièces d’or, il peut faire passer un message à Olivier. Elle écrit un bref billet dans lequel elle annonce à son époux son intention de le faire évader. Le sergent indique qu’elle aura la réponse dans deux jours. Après cet entretien, elle va passer voir Thibaut de Parthenay, l’héritier d’une famille alliée aux Belleville. Jeanne de Belleville (1300-1359) est un personnage historique ayant réellement existé : elle épouse en 1312 Geoffroy seigneur de Châteaubriant, puis après sa mort vient un second mariage qui sera annulé par le Pape Jean XXII, la troisième union sera avec Olivier de Clisson (1300-1343) avec qui elle aura quatre enfants Maurice, Olivier, Guillaume et Jeanne. L’image de couverture montre une femme guerrière portant un haubert et une gorgière de maille, à la tête d’une dizaine d’individus armés jusqu’aux dents sur le pont d’un navire avec une voile rouge, ornée d’un lion que l’on peut supposer blanc. Le paragraphe de la quatrième de couverture la désigne comme première femme pirate de l’Histoire, ayant livré une guerre sans merci au Royaume de France, en se montrant d’une cruauté implacable, ce qui lui vaudra ainsi le surnom de Tigresse bretonne. Le surnom de Lionne sanglante lui sera attribué au XIXe siècle. En fonction de sa connaissance sur le sujet, le lecteur en déduit que le scénariste va exposer une version ménageant la chèvre et le chou, en vérité historique attestée, et légende populaire. Après une introduction en mer, il entame son récit en 1343, alors que Olivier de Clisson est déjà prisonnier du roi à Paris, et que son épouse Jeanne essaye d’organiser une tentative d’évasion. Il élude ainsi la question de la situation de la famille Clisson avant le tournoi, et la situation est essentiellement exposée par le point de vue de Jeanne de Belleville, avec ses partis pris. Au vu de la couverture et du thème du récit, l’horizon du lecteur correspond à un récit présentant une solide reconstitution historique. Tout commence avec un beau navire, toutes voiles dehors sur l’océan. Le lecteur observe les différents mâts, la coque, les écussons sur la proue, une bannière peut-être un peu trop longue. D’un autre côté, le lecteur peut apprécier les différentes activités au premier plan sur les berges de la Seine à Paris : le lavage du linge, le débarquement de ballots, le stockage de tonneaux, un palan avec une roue pour décharger des charges plus lourdes. Dans la case en-dessous, une vue subjective d’une rue de Paris, avec le caniveau central et un habitant qui jette le contenu de son seau directement dans le caniveau depuis sa porte, la cour du château de Philippe VI et sa chambre de torture, une vue générale du château de Clisson, une autre du château de Touffou, un magnifique pont en bois avec des maisons dessus jeté au-dessus de la Seine à Paris, le château fort de l’île d’Yeu, la citadelle de l’Aber-Wrac’h et son port, et bien sûr des combats maritimes. Le lecteur prend également le temps de regarder les tenues vestimentaires, ainsi que les armes et les protections des combattants, les armes des navires, les harnachements des chevaux, etc. Sans oublier la manière dont Jeanne de Belleville elle-même s’habille pour mener ses hommes au combat. Il peut ainsi apprécier l’investissement de l’artiste pour donner à voir cette époque. Le scénariste a pris le parti de raconter cette histoire avec le point de vue de la tigresse de bretonne : ainsi est-elle présente visuellement dans quarante-deux pages sur soixante-deux, présente implicitement dans une demi-douzaine d’autres, le reste étant consacré à ses ennemis ou à son époux au début. Par comparaison avec d’autres bande dessinées historiques, le lecteur fait l’expérience qu’en effet les auteurs privilégient l’histoire personnelle de cette femme, plutôt que de verser dans un cours d’Histoire. Ils se cantonnent à la période correspondant à l’accomplissement de sa vengeance, à partir de l’emprisonnement de son époux, jusqu’à son terme. En fonction de son appétence, le lecteur peut se renseigner plus avant sur le règne de Philippe VI, sur les connaissances historiques consolidées sur cette veuve, sur le passé d’Olivier de Clisson, ou encore sur les relations entre l’Angleterre et de la France à cette époque, et entre Édouard III (1312-1377) et Olivier de Clisson. Jeanne de Belleville prononce son vœu de vengeance en page vingt-quatre. D’une certaine manière, ce choix narratif fait de Jeanne de Belleville, l’héroïne de sa propre vie et du récit. D’un autre côté, les auteurs montrent que cette femme mérite son surnom de Lionne sanglante, illustrant la phrase de Friedrich Nietzsche : “Dans la vengeance et en amour, la femme est plus barbare que l'homme. (Par-delà le bien et le mal). En recevant la tête de feu son époux dans une cassette, Jeanne déclare : que les Clisson n’ont pas de larmes, mais des armes, que son époux hurle vengeance et qu’ils vont le venger, que le blason des Clisson a été souillé par la trahison et le déshonneur, et qu’elle va lui rendre son éclat en le lavant dans le sang frais. Le lecteur observe un personnage fidèle à sa réputation ou à sa légende : elle fait tuer les messagers, puis les prisonniers. Elle mène la prise du château de Touffou et après la victoire, elle en fait exécuter tous les habitants. Après la première victoire maritime, elle ordonne que les survivants aient les mains et les pieds tranchés, et qu’ils soient jetés par-dessus bord. Le dessinateur assume lui aussi cette caractéristique de la veuve en représentant la violence de manière explicite : visage tuméfié d’Olivier de Clisson alors qu’il est torturé, flèche transperçant la gorge d’un soldat, ou se fichant au beau milieu du front d’un autre, mêlées brutales entre cavaliers et fantassins, décapitation d’un chef à genou présentant son épée en signe de reddition, épée tranchant à moitié un crâne, épée s’enfonçant dans une cuisse, cadavres déposés par la marée avec les pieds et les mains tranchés, etc. La vengeance de Jeanne de Belleville est sanglante et sans pitié. Elle prend part aux combats, et fait systématiquement achever tous les survivants. Elle mène ses hommes au combat comme un guerrier. Elle entraîne ses jeunes fils à peine adolescents voire encore enfants avec elle, sur son navire. Il s’agit d’une véritable vengeance : la destruction de navires du royaume pour obtenir réparation, une véritable riposte plutôt qu’une vengeance. Elle est guidée par une volonté de destruction, habitée par sa colère, s’y donnant corps et âme, et elle en paye le prix. Un album de bande dessinée bien troussé qui aborde la légende de la tigresse bretonne sur le plan humain, avec ce qu’il faut de reconstitution historique pour que le contexte soit consistant, sans qu’il ne prenne le pas sur la dimension humaine. L’artiste prend plaisir à donner à voir les châteaux, Paris et les combats navals. Jeanne de Belleville se montre une meneuse d’hommes fougueuse, et sans pitié. Une belle évocation.
L'Incroyable Histoire de la Psychologie
2.5 Un documentaire qui parle de l'histoire de la psychologie ainsi que des différentes facettes de cette discipline. Cet album cumul à la fois les forces et les faiblesses qu'on retrouve dans ce type de documentaire. Le scénariste est un spécialiste et le sujet est bien approfondi sauf qu'en même temps c'est verbeux et le dessin n'est pas très agréable pour les yeux. C'est dense et on parle d'un nouveau sujet ou personnage historique pratiquement à chaque page et du coup j'aurais un peu de difficulté à faire un résumé. J'ai trouvé que c'était un peu lourd à lire et cela m'a prit deux jours pour finir l'album, parfois lorsque je finissais un chapitre j'avais pas trop envie de continuer et j'ai fait autre chose. Cela reste un ouvrage intéressant si on s'intéresse au sujet. J'ai bien aimé comment on n'a pas peur de montre le coté négative de la discipline comme le sexisme de plusieurs penseurs males (le cliché de la femme hystérique) ou les travaux largement discrédité de Freud qui avait malgré tout jusqu'à récemment une grande influence en France.
Bâtardes de Zeus
Et bah zut, je pensais que j’allais bien plus me régaler avec cet album. Alors attention, c’est très bien. Agnès Maupré ne cesse de s’améliorer sur la partie graphique, j’aime bien son trait et couleurs, les passages aquatiques sont ici particulièrement réussis, le reste sera plus classique mais d’une belle fluidité, je suis arrivé au bout très facilement. L’idée du récit me plait bien et j’attendais beaucoup de la quête de nos 2 héroïnes. En fait j’ai eu exactement ce que j’attendais, à savoir une balade dans l’Antiquité avec un ton teinté de modernisme et féminisme. En ça, le contrat est bien rempli et la lecture agréable. C’est ponctué de chouettes idées comme le chapitrage, le coup des poèmes … on sent une certaine attention et soin. Mais (le fameux mais), je me retrouve complètement dans l’avis de Ro. Le fond et le résultat sont sympathiques mais pas tout le temps passionnant, ça se perd parfois en cours de route ou en nuances, qui fait que j’étais parfois en retrait. Sinon ça reste un bon voyage et j’ai bien aimé l’utilisation de la mythologie. On croisera Astérios, le jardin des Hesperides, Persée et Méduse … et évidemment de nombreux fruits des amours de Zeus. Pas le franchement bien attendu mais du bel ouvrage.
Le Prince et la Couturière
Le Prince et la Couturière, c'est l'histoire d'un prince et d'une couturière (oui, je sais, choquant). Mais pas n'importe quel prince, non, car Sébastien est un prince qui aime se travestir. Lorsqu'il tombe un jour par hasard sur une robe extravagante cousue par Francès, il décide de rentrer en contact avec elle et lui propose de devenir sa couturière attitrée. Leur alliance leur est à tout deux bénéfique, Francès pouvant enfin exprimer son talent créateur et Sébastien pouvant enfin sortir tel qu'il le souhaite vraiment (sous une fausse identité). Mais voilà, les secrets ne durent qu'un temps, et que faire quand tout ceci risque potentiellement d'éclater au grand jour ? Le fond de l'histoire me plait, je trouve les dessins tout en rondeur de Jen Wang jolis, l'album a reçu le Fauve d'Or 2019... Et pourtant je suis un peu déçue. Je sais que je finis par être souvent déçue dans mes avis, mais je pense que c'est en partie dû au fait que je teinte bien malgré moi mes avis des échos glanées au préalable et que je me crée bien souvent des attentes trop grandes (d'où le fait que je préfère bien souvent me plonger dans l'inconnu, quitte à risquer de me casser les dents). Mais là ça me gène un peu de ne trouver l'histoire QUE bien. Parce que oui, l'histoire est bien, j'aurais juste voulu qu'elle soit "très" bien. Et il y avait ce potentiel, je le vois. Peut-être que si j'y étais allée sans attentes... Un bon album tout de même, sur un sujet malheureusement de nouveaux au cœur de débats (pour le plus grand bonheur d'une certaine idéologie politique qui décide de revenir sur le devant de la scène dernièrement).
Les Pizzlys
L’album m’avait intrigué à sa sortie (pas mal de buzz dans mes souvenirs), mais je ne le lis finalement que bien plus tard. J’en suis sorti avec un avis très mitigé, qualités et défauts se mêlant, que ce soit pour le dessin et le scénario. Concernant le dessin, et surtout la colorisation, on a là quelques partis-pris tranchés. Je reconnais aisément à l’ensemble à la fois beauté et originalité. Mais je n’ai pas accroché plus que ça à cette colorisation pétante fuyant le réalisme. Mais après tout pourquoi pas ? Ce choix esthétique ne gêne pas en lui-même la lecture. Je n’ai pas non plus aimé ces visages un peu statiques, sans nuance, et ces lèvres noires. Concernant le scénario, c’est un peu la même ambivalence qui prédomine. Il y a pas mal de choses intéressantes, des thèmes porteurs (le retour à la nature et les conséquences du réchauffement climatiques, l’exploitation minière, la dépendance aux écrans, la vie au rythme de la nature versus le stress de la vie urbaine, le devenir des Amérindiens et de leur culture, etc.). Mais j’ai un peu eu l’impression que Jérémie Moreau multipliait les thèmes sans vraiment en choisir un, ou plutôt sans vraiment les développer complètement. Du coup c’est intéressant et original, mais un peu frustrant. Comme l’est la conclusion, qui laisse le lecteur un peu en plan. Mais bon, malgré tout ça se laisse lire (même si on doit au départ accepter le choix brutal et quelque peu improbable de la fratrie française de suivre une vieille dame inconnue pour aller vivre au fin fond de l’Alaska).
Naruto - Sasuke Retsuden
Sasuke Retsuden est à la base un arc filler de la série animée Boruto - Naruto Next Generations mais son action se déroule avant le début de celle-ci donc il n'est pas forcément nécessaire de la connaitre pour l'apprécier. Et ça tombe plutôt bien car je l'avais très vite laissée tomber. Sasuke Retsuden se passe des années après la fin de Naruto. Ce dernier est devenu le Septième Hokage et son pays est en paix mais il souffre d'une maladie mystérieuse dont on apprend qu'un ancien ermite a réussi à guérir autrefois. Sasuke, le fidèle ami de Naruto, part alors seul en mission vers le pays de cet ermite, un royaume qui vit en partie coupé du reste du monde. Pour obtenir des indices sur le moyen de guérir Naruto, il se laisse emprisonner dans un institut très spécial qui cache bien des mystères. C'est une histoire courte en deux tomes qui se focalise sur le personnage de Sasuke et de sa femme, Sakura, et c'est assez plaisant de les suivre dans cette histoire quasiment indépendante de tout le reste des séries principales. L'intrigue se passe en grande majorité dans l'univers carcéral où Sasuke a fait le choix de se laisser enfermer pour mieux enquêter. A ce stade de sa vie, il est devenu un ninja tellement puissant qu'il tient presque du super-héros et doit cacher ses pouvoirs pour mieux passer inaperçu. Le premier tome est avant tout un récit d'infiltration, d'espionnage et d'enquête, et le résultat m'a beaucoup plu. Le personnage de Sasuke, taiseux et sérieux à la limite de l'autisme, n'est pas très attachant, mais il est rendu nettement plus humain quand son épouse Sakura s'invite à son tour dans l'intrigue. L'accent mis sur leur relation amoureuse et familiale est très sympathique. Très bon premier tome donc, mais second tome plus décevant. Celui-ci tourne en effet rapidement à la baston générale contre... des dinosaures... Après Comboys Vs Aliens, voici Ninjas Vs Dinosaures ! J'exagère un peu, le scénario ne devient pas soudain idiot, mais il perd nettement en subtilité et son intrigue devient plus basique. Les motivations des uns et des autres deviennent aussi plus floues, à tel point que l'histoire se termine en ayant quasiment oublié la mission initiale de guérir Naruto même si on devine que ça s'est bien passé. En résumé, une mini-série sympa pour se focaliser sur les personnages de Sasuke et Sakura qui ne nécessite pas d'avoir lu Boruto - Naruto Next Generations, avec un premier tome très prenant et un second tome un peu moins bon mais correct.
L'Inconnue du bar (Dans la tête de...)
Munoz développe une œuvre qui me plait assez, moi qui suis adepte d’humour noir et grinçant. Ici, certains passages en sont remplis, débordant parfois sur du trash. En tout cas j’ai bien aimé tous ces passages (surtout les premières histoires « racontées » par la jeune femme dont est amoureux notre barman de héros). Si je reste sur trois étoiles, c’est en grande partie à cause de la relative baisse de rythme du dernier quart de l’album, qui est aussi moins noir, un peu plus convenu. Mais ça reste quand même un album à découvrir, qui n’est pas qu’un assemblage de passages défouloir. En effet, Munoz a su en parallèle développer un récit autour des trois copains du bar, où chacun révèle ses fêlures. Un récit plus classique et intimiste, qui contrebalance des passages moins consensuels. La mayonnaise prend entre ces deux aspects du récit en tout cas. Note réelle 3,5/5.
Briar - La Rebelle au bois dormant
Bah franchement tout pareil qu’Alix. J’adore les contes, d’autant plus si on nous propose une version alternative, ici une revisite du classique qu’est la belle au bois dormant. Le point de départ me plaît beaucoup, notre belle se réveillera un siècle après l’arrivée de son prince (comment ? pourquoi ? … je vous laisserai le découvrir), elle découvrira alors un monde bien différent plongé dans la misère. Ses débuts seront chaotiques avant de se trouver un but. Honnêtement on passe un très bon moment, la partie graphique accompagne parfaitement le récit. Pourtant je n’en suis pas sorti plus emballé que de raison, si j’ai aimé le côté gore et d’autres idées (j’adore la couverture), je suis moins convaincu par le langage utilisé (pas le côté pompeux qui m’a échappé mais plus les jurons ou grossièretés, le passage avec les gnomes est fatiguant par exemple) et surtout la tournure des événements et les personnages qui m’apparaissent un poil trop stéréotypé et teenage. Je m’imaginais plus de noirceur ou profondeur, reste que ça remplit parfaitement son office de bon divertissement, je suis juste exigeant.
Frankenstein ou le Prométhée moderne
Les éditions Aventuriers d'Ailleurs rééditent cet album initialement publié chez Petit à Petit. Au passage, ils en profitent pour y ajouter de la couleur. S'agissant de planches réalisées à la carte à gratter, il s'agit uniquement de teindre en rouge ou bleu certains pans du dessin pour améliorer le contraste et lui donner plus de saveur et d'attrait. Le résultat combiné de ce trait gratté et de ces couleurs est charmant et esthétique. C'est une adaptation fidèle du roman de Mary Shelley. Le ton y est juste, la narration graphique fluide et le rythme est bon. On est plongé dans l'histoire comme dans une aventure purement faite pour la bande dessinée. Les auteurs y abordent de bonne manière les problématiques philosophiques engendrées par ce récit gothique : le sens de la responsabilité du créateur, avec Victor Frankenstein qui paie son pêché d'avoir voulu créer la vie sans réfléchir aux conséquences ni assumer le rôle de père que cela fait de lui. Comme dans l'œuvre de Shelley, il n'y a pas de manichéisme puisque la créature a cet aspect pitoyable et sa souffrance pour circonstances atténuantes de ses actes de violence. C'est une bonne adaptation au graphisme charmant, mais rien dans tout cela ne me captive vraiment. Outre que le récit de Frankenstein ne m'a jamais passionné, je le connais déjà suffisamment bien pour m'être un peu ennuyé devant cette nouvelle adaptation. Mais pour quelqu'un qui veut le découvrir ou qui l'aime déjà, c'est une bonne BD.
Charlotte et son cheval
Bon, tout ce que je connais du monde de l'équitation, je ne le tiens que de ma sœur et de la série télévisée Grand Galop (un sincère plaisir coupable personnel - que voulez-vous). De mon point de vue de néophyte équestre, Galop 0 donc, je trouve que l'ambiance et le fonctionnement au quotidien d'un centre équestre est assez bien retranscris. Ici, on retrouve la jeune et fringuante héroïne, découvrant un monde qui lui était jusque là relativement inconnu, ses fidèles ami-e-s de toujours, le beau garçon qu'elle aime mais à qui elle n'ose avouer ses sentiments, la riche pimbèche qui joue le rôle de la rivale, la sympathique enseignante, ... Bref, la formule est classique mais marche. Pour quiconque se souvient des lectures de jeunesses féminines (et encore plus précisément sur les chevaux), rien de nouveau ici. La série s'en sors tout de même bien avec ce qu'elle fait et le dessin (que je trouve adorable) lui donne un certain charme. Bon, pour ce qui est de la peste locale, je préfère quand-même Veronica Di Angelo à Pénélope, mais ça c'est parce que la première avec ses combines et pulsions à deux doigts du maléfique me fait personnellement mourir de rire. Je note tout de même un défaut : j'ai trouvé les remarques incessantes des chevaux et des poneys assez parasitantes à la longue. Difficile parfois de lire avec fluidité quand chaque scène et dialogue humain est entrecoupé de remarques sur la nourriture et les incongruités humaines du point de vue des équidés. La série reste honnêtement sympathique, une bonne lecture jeunesse.