Jean-Marie Michaud adapte le roman de John G. Neihardt "Black Elk parle" publié en 1932. C'est l'histoire d'une vision d'un Indien Lakota de 9 ans, Black Elk.
Black Elk (1863-1950) est un chef de la tribu des Indiens Oglalas (Sioux). Il fut un petit cousin du célèbre chef indien Crazy Horse. Il participa à l’âge de 13 ans à la bataille de Little Bighorn en 1876 et fut blessé en 1890 lors du massacre de Wounded Knee. Il fera même parti du spectacle de Buffalo Bill lors de sa tournée européenne. Il va aussi rejoindre l'Église épiscopale. Un parcours hors norme.
L'écrivain John G. Neihardt en 1930, puis en 1931, va à la rencontre de Black Elk écouter le récit des coutumes de son peuple, de sa vie et de sa vision qu'il a eu enfant.
Je vais être moins dithyrambique que pour La Reine de Saba, pour plusieurs raisons.
Ici, nous n'aurons pas droit à une biographie, mais juste à la vision de Black Elk et c'est bien dommage, il y avait vraiment matière à faire mieux.
Seulement 40 pages de BD, c'est dense.
De plus, la narration mystique et onirique est quelque peu absconse, elle ne m'a jamais transporté dans cet autre monde.
Chacun interprétera les symboliques de cette vision. Je pense qu'il me faudra plusieurs lectures pour tout assimiler.
Mais cela a permis de sauvegarder un pan de l'histoire des sioux, d'ailleurs cette vision est devenue la bible moderne des Indiens des pleines d'Amérique du nord.
Quant au dessin de Jean-Marie Michaud il est toujours aussi merveilleux et les couleurs directes donnent cette ambiance spirituelle. Disposant de photos, Michaud reproduit le vrai visage de Black Elk, voir la première planche de la galerie.
Une technique différente dans un style moyenâgeux/pariétal pour la présentation des six grands-pères.
Très beau.
Une postface de Bernard Chevillant très instructive.
Pour les amoureux de la culture amérindienne, dont je fais partie.
Tiens ? J'ai des goûts d'ordinaire assez proches de ceux de Mac Arthur et je suis surpris de le voir aussi réticent à cette série que moi j'ai bien appréciée. J'aurais presque pu mettre une meilleure note s'il n'y avait pas quelques aspects immatures qui m'ont un peu déçu.
L'immaturité, je l'ai ressentie dans le graphisme d'abord. Et pourtant je le trouve très joli dans son esthétique et ses choix de couleurs. Mais on sent un manque d'aisance technique dans la représentation des personnages et surtout dans les perspectives : outre certaines vraies erreurs techniques, trop de scènes paraissent applaties, sans profondeur, ce qui crée un peu de confusion visuelle. De même, nombre de scènes d'action voire même de simples tentatives de gags visuels sont ratées et difficiles à déchiffrer. En définitive, ce type de graphisme me rappelle davantage de l'illustration jeunesse que de la BD.
A côté de cela, le titre m'a fait sourire puisqu'il m'apparait comme la synthèse de W.I.T.C.H. et de leur série rivale le Winx Club auquel j'imagine que les auteurs font un clin d'oeil appuyé. Nous y sommes dans un univers fantasy de magie avec pas mal d'inspiration de Harry Potter, où les sorcières se regroupent en communauté et où elles invoquent de vrais démons qui ont leur propre communauté infernale. On y suit un jeune apprentie sorcière sans pouvoir qui part à la recherche de sa tante, une puissante sorcière qui a disparu, et qui sera accompagnée du Diable lui-même dans sa quête.
J'ai trouvé la série sympa et divertissante. J'ai en particulier apprécié les interactions entre l'héroïne et le Diable, ce dernier étant mon personnage préféré au final. Mais il faut avouer à nouveau qu'on trouve quelques immaturités dans le déroulement de l'intrigue, des passages un peu cucul trop destinés à des pré-adolescents et qui empêchent de vraiment se plonger totalement dans l'histoire. Les motivations des personnages sont aussi difficiles à suivre et elles paraissent parfois incohérentes ou du moins inconstantes, avec quelques passages où on se dit que les auteurs les font réagir de telle manière juste pour rajouter un peu de péripéties sans vraie logique derrière.
Bref, j'ai bien aimé mais c'est loin d'être parfait.
Je ne connaissais pas bien les cosaques, hormis les quelques clichés à leur sujet, et j'ai apprécié de suivre des aventures à leur côté, d'autant plus que le contexte est l'époque de la République des Deux Nations (Pologne-Lithuanie) que je ne connaissais que de nom et de taille.
Premier constat, si la BD est réaliste, beaucoup des clichés sont vrais : cavaliers d'élite, rebelles à toute autorité, combattants, pillards, hableurs et grands buveurs : il faut dire qu'une extension de Witcher 3 m'avait fait cotoyer leurs équivalents de cet univers. Deuxième constat, leur situation géopolitique à l'époque était nettement plus compliquée que je l'imaginais, pris entre les Deux Nations et l'Empire Ottoman.
Au delà de ces découvertes instructives, nous sommes face à une série d'aventure historique et d'action. Elle présente quelques facilités manifestes, notamment plusieurs fois où les héros semblent postés comme des spectateurs idéalement placés pour regarder de haut des guerriers adverses et leur bataille, comme s'ils pouvaient apparaitre où ça les arrange et quand ça les arrange, même quand ils suivent des cavaliers en pleine course poursuite depuis des jours comme au tout début de la série. Et globalement, il y a relativement peu de surprise, mais c'est divertissant et sympathique. Pas une série indispensable, mais elle et bien faite, joliment dessinée, intéressante et bien rythmée.
Je ne connaissais pas l’œuvre d’origine adaptée ici, un « roman socialiste » relativement classique, mais intéressant.
En effet, au travers des ouvriers et des quelques « bourgeois » (patrons) que nous suivons, c’est une mise à nue des inégalités, de la lutte des classes, auxquelles nous sommes confrontés.
Des ouvriers plus ou moins « éveillés » en matière politique, plus ou moins revendicateurs, face à des patrons souvent cyniques, exploitant jusqu’à la trogne leurs employés, pour maximiser leurs bénéfices.
Au travers de pas mal de situations, et du discours de certains ouvriers, c’est une illustration par le verbe et le fait de certaines théories marxistes, et l’on n’a aucun doute sur le camp pour lequel penchent les auteurs.
Le propos est clair, c’est une œuvre intéressante. Quelques détails m’ont toutefois empêché de mieux l’apprécier. D’abord un dessin que j’ai trouvé un peu statique, avec une mise en page qui renforce cette impression. Un format, en tout cas des cases un peu trop petites (du coup le texte est parfois difficile à lire – et il est parfois abondant).
D’autre part, le rythme est peu lent. Il n’y a pas vraiment d’action, tout se passe presque à l’intérieur des lieux de travail, avec débats d’idées et présentations des malheurs des ouvriers et de leur famille (voir les dialogues au sein d’un couple sur l’impossibilité de tenir un budget minable, du fait des salaires très bas).
Mais ça reste quand même un album à découvrir, pour ceux qui voudraient se remettre en mémoire les énormes inégalités sur lesquelles le capitalisme s’est développé (toute ressemblance avec la réalité actuelle n’est pas fortuite !).
Note réelle 3,5/5.
Un album plaisant, sympathique. Perrodeau nous propose un univers cohérent, une histoire prenante, sans pour autant nous livrer toutes les clés.
En effet, c’est un peu le reproche que l’on pourrait lui faire : on sort de cette lecture en ne connaissant pas grand-chose de l’Empire d’où vient le personnage principal. Et on reste sur notre imagination concernant le personnage qu’il rencontre sur la fin.
Mais après tout, malgré quelques petites frustrations, on a quand même droit à une intrigue où l’on ne s’ennuie jamais, où l’on découvre par bribes le fonctionnement et les « origines » (même si, là aussi, ça reste succinct).
Perrodeau prend le temps de développer la vie dans ce petit village, avec le héros comme guide. On est plongé dans une ambiance SF douce, dans laquelle finalement il n’y a pas énormément de choses « modernes » (c’est même parfois un peu rétro).
Quant au dessin, il est parfois hésitant, mais je l’ai globalement bien aimé. J’ai aussi apprécié la colorisation. Et la maquette (couverture, papier, mise en page) des éditions 2024 est, comme à l’accoutumée, très bonne.
Note réelle 3,5/5.
L'histoire est très intéressante mais j'avoue y être restée relativement hermétique. J'ai bien aimé le drame autour de la mère de la protagoniste, l'histoire de la pauvre jeune fille traitée comme une salope par les jeunes de son âge et la façon de dépeindre l'amitié (parfois tendue) des deux jeunes amies. J'ai trouvé la représentation des sentiments, des ressentiments même, très justement retranscrite d'un point de vue de jeune adolescente. L'aspect contemplatif, presque mélancolique par moment, et la justesse de ton dans la représentation des comportements adolescents (les premiers émois amoureux, la recherche de sensations fortes, l'envie d'être cool et les première désillusions) marchent bien. Malheureusement, l'histoire ne m'a pas plus parler que ça, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi.
Voilà, c'est finalement comme ça que je sors de cette lecture : c'était bien mais pas parfait. J'aime beaucoup sur le papier et j'apprécie relativement l'exécution, mais je ne suis pas convaincue plus que ça (affaire de goûts, je suppose).
Encore une fois, l'album reste bon, je conseille volontiers la lecture. Personnellement ça ne va pas plus loin qu'un bien sans plus.
N'ayant pas trouvé le tome 4 de la série avant de me décider à lire les 3 premiers, je suis frustré.
Frustré car comme l'indique Ro c'est une série qui, si elle n'est pas restée dans les annales, permet au lectorat de passer un bon petit moment. On a en effet une espèce de parabole aventuresque sur les dangers de l'industrialisation à outrance, et des jeunes héros assez sympathiques, suffisamment en tous les cas pour qu'on s'attache à eux. Au fil des trois premiers tomes, j'avoue que j'avais été globalement accroché par cette histoire de sauts dans le temps, subis par le duo, puis le trio formé par Stel, Tom et Solana. Leur rapport particulier avec le Seigneur constitue également une sous-trame scénaristique assez intrigante, non résolue à la fin du tome 3. Le dessinateur Maxime Peroz, également impliqué dans le scénario dès le tome 2, propose un graphisme rond plutôt agréable, secondé aux couleurs par plusieurs personnes, pour un résultat lumineux sans être tape-à-l'œil.
Une série sympathique, destinée principalement à la jeunesse.
Bon, on commence à connaître un peu par cœur, le registre de la BD humoristique aux cases figées portées par des dialogues absurdes, mais faut bien avouer que, pour ma part, ça fonctionne encore. Alors n'est pas Fabcaro qui veut, et Karibou a parfois du mal à maintenir le niveau, plusieurs gags peinent à faire rire. Mais malgré tout, on passe un bon moment dans l'ensemble et on sourit suffisamment souvent pour y trouver son compte.
C'est loin d'être un chef-d'oeuvre, mais le dessin élégant de Duparcmeur allié à l'humour absurde et volontairement débile de Karibou touche régulièrement juste. Evidemment, on le goûtera d'autant plus si on a un peu révisé ses classiques sur la guerre de Troie. Pas une pépite, mais à emprunter à l'occasion pour ceux qui ne sont pas lassés par ce style de bande dessinée.
Une lecture sympathique. Sans plus. Disons que j’attendais peut-être quelque chose de plus poétique, au vu du début, et de la collection Métamorphose (clairement l’une des meilleures de chez Soleil).
Mais, si je n’ai pas été emporté par l’histoire, elle se laisse quand même lire agréablement. Nous suivons quelques personnages (un mélange hétéroclite : une grenouille, une chenille, et deux représentants d’un petit peuple de la forêt, aidés successivement par plusieurs animaux/complices, des poissons, oiseaux, et surtout un chat) qui nous font visiter le Londres victorien, tout en nous faisant rencontrer (physiquement et par des extraits de leur œuvre) plusieurs personnages, intellectuels pour la plupart.
Ces rencontres hachent parfois le récit, et sont parfois « à côté » de ce même récit, n’apportent pas forcément grand-chose. Même si parfois ça complète bien cette « visite » londonienne, qui nous fait voir sur la fin l’envers du beau décor.
Le dessin est chouette et aéré, bénéficiant du grand format. La colorisation est elle aussi plaisante.
Même si certaines citations, certains personnages parleront davantage à des adultes, l’histoire elle-même est quand même à proposer en priorité à de jeunes lecteurs, voire à des ados, qui y trouveront sans doute leur bonheur. C’est un conte sympathique.
Un manga que j’ai emprunté au hasard, au vu de la couverture, et après un feuilletage rapide. Ma curiosité avait été titillée.
Et je dois dire que, même si l’ensemble d’histoires courtes compilées ici est inégal, j’ai globalement apprécié cet album, d’un auteur que je ne connaissais pas du tout.
Le dessin est très simple, ce qui n’empêche pas certaines planches d’être pas mal remplies. Un trait fin, avec des personnages essentiellement enfantins, dans des univers pas toujours réalistes, loin de là ! Un dessin très agréable.
Les histoires sont le plus souvent très courtes, parfois muettes (l’une de mes préférées, « Cycling life », est d’ailleurs entièrement muette). L’ensemble est assez inclassable. Il y a certes du fantastique, mais ce qui prédomine dans beaucoup d’histoires – et ce qui m’a le plus séduit en fait – c’est un petit côté vieillot, désuet, une bonne dose de poésie, avec quelques touches de surréalisme.
Pas l’album du siècle, mais une découverte intéressante, une œuvre originale en tout cas.
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La Grande Vision de Black Elk
Jean-Marie Michaud adapte le roman de John G. Neihardt "Black Elk parle" publié en 1932. C'est l'histoire d'une vision d'un Indien Lakota de 9 ans, Black Elk. Black Elk (1863-1950) est un chef de la tribu des Indiens Oglalas (Sioux). Il fut un petit cousin du célèbre chef indien Crazy Horse. Il participa à l’âge de 13 ans à la bataille de Little Bighorn en 1876 et fut blessé en 1890 lors du massacre de Wounded Knee. Il fera même parti du spectacle de Buffalo Bill lors de sa tournée européenne. Il va aussi rejoindre l'Église épiscopale. Un parcours hors norme. L'écrivain John G. Neihardt en 1930, puis en 1931, va à la rencontre de Black Elk écouter le récit des coutumes de son peuple, de sa vie et de sa vision qu'il a eu enfant. Je vais être moins dithyrambique que pour La Reine de Saba, pour plusieurs raisons. Ici, nous n'aurons pas droit à une biographie, mais juste à la vision de Black Elk et c'est bien dommage, il y avait vraiment matière à faire mieux. Seulement 40 pages de BD, c'est dense. De plus, la narration mystique et onirique est quelque peu absconse, elle ne m'a jamais transporté dans cet autre monde. Chacun interprétera les symboliques de cette vision. Je pense qu'il me faudra plusieurs lectures pour tout assimiler. Mais cela a permis de sauvegarder un pan de l'histoire des sioux, d'ailleurs cette vision est devenue la bible moderne des Indiens des pleines d'Amérique du nord. Quant au dessin de Jean-Marie Michaud il est toujours aussi merveilleux et les couleurs directes donnent cette ambiance spirituelle. Disposant de photos, Michaud reproduit le vrai visage de Black Elk, voir la première planche de la galerie. Une technique différente dans un style moyenâgeux/pariétal pour la présentation des six grands-pères. Très beau. Une postface de Bernard Chevillant très instructive. Pour les amoureux de la culture amérindienne, dont je fais partie.
Witch club
Tiens ? J'ai des goûts d'ordinaire assez proches de ceux de Mac Arthur et je suis surpris de le voir aussi réticent à cette série que moi j'ai bien appréciée. J'aurais presque pu mettre une meilleure note s'il n'y avait pas quelques aspects immatures qui m'ont un peu déçu. L'immaturité, je l'ai ressentie dans le graphisme d'abord. Et pourtant je le trouve très joli dans son esthétique et ses choix de couleurs. Mais on sent un manque d'aisance technique dans la représentation des personnages et surtout dans les perspectives : outre certaines vraies erreurs techniques, trop de scènes paraissent applaties, sans profondeur, ce qui crée un peu de confusion visuelle. De même, nombre de scènes d'action voire même de simples tentatives de gags visuels sont ratées et difficiles à déchiffrer. En définitive, ce type de graphisme me rappelle davantage de l'illustration jeunesse que de la BD. A côté de cela, le titre m'a fait sourire puisqu'il m'apparait comme la synthèse de W.I.T.C.H. et de leur série rivale le Winx Club auquel j'imagine que les auteurs font un clin d'oeil appuyé. Nous y sommes dans un univers fantasy de magie avec pas mal d'inspiration de Harry Potter, où les sorcières se regroupent en communauté et où elles invoquent de vrais démons qui ont leur propre communauté infernale. On y suit un jeune apprentie sorcière sans pouvoir qui part à la recherche de sa tante, une puissante sorcière qui a disparu, et qui sera accompagnée du Diable lui-même dans sa quête. J'ai trouvé la série sympa et divertissante. J'ai en particulier apprécié les interactions entre l'héroïne et le Diable, ce dernier étant mon personnage préféré au final. Mais il faut avouer à nouveau qu'on trouve quelques immaturités dans le déroulement de l'intrigue, des passages un peu cucul trop destinés à des pré-adolescents et qui empêchent de vraiment se plonger totalement dans l'histoire. Les motivations des personnages sont aussi difficiles à suivre et elles paraissent parfois incohérentes ou du moins inconstantes, avec quelques passages où on se dit que les auteurs les font réagir de telle manière juste pour rajouter un peu de péripéties sans vraie logique derrière. Bref, j'ai bien aimé mais c'est loin d'être parfait.
Cosaques
Je ne connaissais pas bien les cosaques, hormis les quelques clichés à leur sujet, et j'ai apprécié de suivre des aventures à leur côté, d'autant plus que le contexte est l'époque de la République des Deux Nations (Pologne-Lithuanie) que je ne connaissais que de nom et de taille. Premier constat, si la BD est réaliste, beaucoup des clichés sont vrais : cavaliers d'élite, rebelles à toute autorité, combattants, pillards, hableurs et grands buveurs : il faut dire qu'une extension de Witcher 3 m'avait fait cotoyer leurs équivalents de cet univers. Deuxième constat, leur situation géopolitique à l'époque était nettement plus compliquée que je l'imaginais, pris entre les Deux Nations et l'Empire Ottoman. Au delà de ces découvertes instructives, nous sommes face à une série d'aventure historique et d'action. Elle présente quelques facilités manifestes, notamment plusieurs fois où les héros semblent postés comme des spectateurs idéalement placés pour regarder de haut des guerriers adverses et leur bataille, comme s'ils pouvaient apparaitre où ça les arrange et quand ça les arrange, même quand ils suivent des cavaliers en pleine course poursuite depuis des jours comme au tout début de la série. Et globalement, il y a relativement peu de surprise, mais c'est divertissant et sympathique. Pas une série indispensable, mais elle et bien faite, joliment dessinée, intéressante et bien rythmée.
Les Philanthropes aux poches percées
Je ne connaissais pas l’œuvre d’origine adaptée ici, un « roman socialiste » relativement classique, mais intéressant. En effet, au travers des ouvriers et des quelques « bourgeois » (patrons) que nous suivons, c’est une mise à nue des inégalités, de la lutte des classes, auxquelles nous sommes confrontés. Des ouvriers plus ou moins « éveillés » en matière politique, plus ou moins revendicateurs, face à des patrons souvent cyniques, exploitant jusqu’à la trogne leurs employés, pour maximiser leurs bénéfices. Au travers de pas mal de situations, et du discours de certains ouvriers, c’est une illustration par le verbe et le fait de certaines théories marxistes, et l’on n’a aucun doute sur le camp pour lequel penchent les auteurs. Le propos est clair, c’est une œuvre intéressante. Quelques détails m’ont toutefois empêché de mieux l’apprécier. D’abord un dessin que j’ai trouvé un peu statique, avec une mise en page qui renforce cette impression. Un format, en tout cas des cases un peu trop petites (du coup le texte est parfois difficile à lire – et il est parfois abondant). D’autre part, le rythme est peu lent. Il n’y a pas vraiment d’action, tout se passe presque à l’intérieur des lieux de travail, avec débats d’idées et présentations des malheurs des ouvriers et de leur famille (voir les dialogues au sein d’un couple sur l’impossibilité de tenir un budget minable, du fait des salaires très bas). Mais ça reste quand même un album à découvrir, pour ceux qui voudraient se remettre en mémoire les énormes inégalités sur lesquelles le capitalisme s’est développé (toute ressemblance avec la réalité actuelle n’est pas fortuite !). Note réelle 3,5/5.
Le Visage de Pavil
Un album plaisant, sympathique. Perrodeau nous propose un univers cohérent, une histoire prenante, sans pour autant nous livrer toutes les clés. En effet, c’est un peu le reproche que l’on pourrait lui faire : on sort de cette lecture en ne connaissant pas grand-chose de l’Empire d’où vient le personnage principal. Et on reste sur notre imagination concernant le personnage qu’il rencontre sur la fin. Mais après tout, malgré quelques petites frustrations, on a quand même droit à une intrigue où l’on ne s’ennuie jamais, où l’on découvre par bribes le fonctionnement et les « origines » (même si, là aussi, ça reste succinct). Perrodeau prend le temps de développer la vie dans ce petit village, avec le héros comme guide. On est plongé dans une ambiance SF douce, dans laquelle finalement il n’y a pas énormément de choses « modernes » (c’est même parfois un peu rétro). Quant au dessin, il est parfois hésitant, mais je l’ai globalement bien aimé. J’ai aussi apprécié la colorisation. Et la maquette (couverture, papier, mise en page) des éditions 2024 est, comme à l’accoutumée, très bonne. Note réelle 3,5/5.
Cet été-là
L'histoire est très intéressante mais j'avoue y être restée relativement hermétique. J'ai bien aimé le drame autour de la mère de la protagoniste, l'histoire de la pauvre jeune fille traitée comme une salope par les jeunes de son âge et la façon de dépeindre l'amitié (parfois tendue) des deux jeunes amies. J'ai trouvé la représentation des sentiments, des ressentiments même, très justement retranscrite d'un point de vue de jeune adolescente. L'aspect contemplatif, presque mélancolique par moment, et la justesse de ton dans la représentation des comportements adolescents (les premiers émois amoureux, la recherche de sensations fortes, l'envie d'être cool et les première désillusions) marchent bien. Malheureusement, l'histoire ne m'a pas plus parler que ça, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. Voilà, c'est finalement comme ça que je sors de cette lecture : c'était bien mais pas parfait. J'aime beaucoup sur le papier et j'apprécie relativement l'exécution, mais je ne suis pas convaincue plus que ça (affaire de goûts, je suppose). Encore une fois, l'album reste bon, je conseille volontiers la lecture. Personnellement ça ne va pas plus loin qu'un bien sans plus.
L'Odyssée du Temps
N'ayant pas trouvé le tome 4 de la série avant de me décider à lire les 3 premiers, je suis frustré. Frustré car comme l'indique Ro c'est une série qui, si elle n'est pas restée dans les annales, permet au lectorat de passer un bon petit moment. On a en effet une espèce de parabole aventuresque sur les dangers de l'industrialisation à outrance, et des jeunes héros assez sympathiques, suffisamment en tous les cas pour qu'on s'attache à eux. Au fil des trois premiers tomes, j'avoue que j'avais été globalement accroché par cette histoire de sauts dans le temps, subis par le duo, puis le trio formé par Stel, Tom et Solana. Leur rapport particulier avec le Seigneur constitue également une sous-trame scénaristique assez intrigante, non résolue à la fin du tome 3. Le dessinateur Maxime Peroz, également impliqué dans le scénario dès le tome 2, propose un graphisme rond plutôt agréable, secondé aux couleurs par plusieurs personnes, pour un résultat lumineux sans être tape-à-l'œil. Une série sympathique, destinée principalement à la jeunesse.
Troie Zéro
Bon, on commence à connaître un peu par cœur, le registre de la BD humoristique aux cases figées portées par des dialogues absurdes, mais faut bien avouer que, pour ma part, ça fonctionne encore. Alors n'est pas Fabcaro qui veut, et Karibou a parfois du mal à maintenir le niveau, plusieurs gags peinent à faire rire. Mais malgré tout, on passe un bon moment dans l'ensemble et on sourit suffisamment souvent pour y trouver son compte. C'est loin d'être un chef-d'oeuvre, mais le dessin élégant de Duparcmeur allié à l'humour absurde et volontairement débile de Karibou touche régulièrement juste. Evidemment, on le goûtera d'autant plus si on a un peu révisé ses classiques sur la guerre de Troie. Pas une pépite, mais à emprunter à l'occasion pour ceux qui ne sont pas lassés par ce style de bande dessinée.
Le Grand Voyage de Rameau
Une lecture sympathique. Sans plus. Disons que j’attendais peut-être quelque chose de plus poétique, au vu du début, et de la collection Métamorphose (clairement l’une des meilleures de chez Soleil). Mais, si je n’ai pas été emporté par l’histoire, elle se laisse quand même lire agréablement. Nous suivons quelques personnages (un mélange hétéroclite : une grenouille, une chenille, et deux représentants d’un petit peuple de la forêt, aidés successivement par plusieurs animaux/complices, des poissons, oiseaux, et surtout un chat) qui nous font visiter le Londres victorien, tout en nous faisant rencontrer (physiquement et par des extraits de leur œuvre) plusieurs personnages, intellectuels pour la plupart. Ces rencontres hachent parfois le récit, et sont parfois « à côté » de ce même récit, n’apportent pas forcément grand-chose. Même si parfois ça complète bien cette « visite » londonienne, qui nous fait voir sur la fin l’envers du beau décor. Le dessin est chouette et aéré, bénéficiant du grand format. La colorisation est elle aussi plaisante. Même si certaines citations, certains personnages parleront davantage à des adultes, l’histoire elle-même est quand même à proposer en priorité à de jeunes lecteurs, voire à des ados, qui y trouveront sans doute leur bonheur. C’est un conte sympathique.
Tohu-Bohu
Un manga que j’ai emprunté au hasard, au vu de la couverture, et après un feuilletage rapide. Ma curiosité avait été titillée. Et je dois dire que, même si l’ensemble d’histoires courtes compilées ici est inégal, j’ai globalement apprécié cet album, d’un auteur que je ne connaissais pas du tout. Le dessin est très simple, ce qui n’empêche pas certaines planches d’être pas mal remplies. Un trait fin, avec des personnages essentiellement enfantins, dans des univers pas toujours réalistes, loin de là ! Un dessin très agréable. Les histoires sont le plus souvent très courtes, parfois muettes (l’une de mes préférées, « Cycling life », est d’ailleurs entièrement muette). L’ensemble est assez inclassable. Il y a certes du fantastique, mais ce qui prédomine dans beaucoup d’histoires – et ce qui m’a le plus séduit en fait – c’est un petit côté vieillot, désuet, une bonne dose de poésie, avec quelques touches de surréalisme. Pas l’album du siècle, mais une découverte intéressante, une œuvre originale en tout cas.