Les derniers avis (46959 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Je, François Villon
Je, François Villon

2.5 Encore une fois, j'ai eu un peu de difficulté à apprécier l'adaptation d'un roman de Jean Teulé en BD. Je ne connaissais pas François Villon qui est un poète qui a eu une vie bien mouvementé et qui a marqué son époque en seulement quelques années avant de disparaitre par la suite. Il est un personnage historique intéressant, mais je pense que n'ai pas trop aimé comment est traité son histoire. Le scénario est décousu. J'ai déjà remarqué cela chez Teulé: on dirait qu'il se sert d'une figure historique pour décrire comment était la société de l'époque et il prend les pires travers de l'époque. Du coup parfois Villon semble n'êtres qu'un personnage parmi tant d'autres. Il faut dire aussi que ce dernier est au final assez peu attachant. Le dessin est élégant, mais un peu froid. Il ne communique pas d'émotions ce qui a contribué au fait qu'au final je suis un peu indifférent à cette série.

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Uluru
Uluru

J’avais lu et plutôt apprécié la précédente collaboration de ces deux auteurs, Le Pré derrière l'église, mais j’ai bien moins accroché avec cet album. Disons que mon ressenti personnel lorgnerait même vers les deux étoiles, mais j’arrondis aux trois étoiles car je pense que le lectorat est essentiellement jeunesse. En effet, j’ai trouvé une bonne partie de l’intrigue et des dialogues un peu trop « gentils », parfois niaiseux. J’ai à plusieurs reprise eu l’impression de lire une adaptation Disney – avec ce couple de clebs protégeant leurs deux chiots (même en se proposant d’aller chercher à manger alors qu’à aucun moment dans l’album et leur long trip en Australie ils n’arrivent à becqueter !). Ou alors cette belle résidence, entourée d’un gazon anglais en plein désert australien ! Mais les plus jeunes peuvent y trouver leur compte. D’abord parce que le dessin de Paty est chouette et dynamique, que ce soit pour toutes les bestioles que l’on croise, ou pour les rares humains de l’histoire (j’ai par contre moins aimé la colorisation). Ensuite parce que Crisse glisse quand même quelques petites infos sur la culture aborigène, que les jeunes lecteurs peuvent découvrir. Pas ma came c’est clair. Note réelle 2,5/5.

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Les Oubliés d'Annam
Les Oubliés d'Annam

J’ai lu le diptyque dans l’intégrale. Quand cette série est sortie, au moment où la guerre froide prenait fin, c’était le moment où quelques lignes bougeaient, et Giroud a utilisé les informations circulant sur la restitution de corps de soldats français par le Vietnam pour bâtir son histoire. Suite à un concours de circonstances, un journaliste français va enquêter sur le sort et la disparition d’un soldat français, qui avait semble-t-il choisi vers 1947 de déserter pour combattre aux côtés du Vietminh. Mêlant période contemporaine à l’intrigue et flash-backs (alimentés par les témoignages recueillis par le journaliste), le récit nous fait découvrir la violence de l’armée française, et la réalité des Français qui ont choisi d’aider la lutte anticoloniale, en particulier ceux qui, issus des maquis de la résistance communiste, voyaient cette lutte comme un prolongement de celle qu’ils avaient menée en France face aux Nazis. En parallèle de cette enquête, le journaliste est victime de ceux qui ne souhaitent pas voir resurgir certains faits de l’époque. C’est assez représentatif de ce que l’armée, mais aussi L’État français fera ensuite en Algérie. L’histoire se laisse lire, c’est rythmé et fonctionne comme un thriller relativement bien huilé. Un thriller historique qui manque peut-être de nuances parfois. Quant au dessin de Lax, je le trouve bien en deçà de ce qu’il fera plus tard, mais ça se laisse lire. Par contre je n’ai pas du tout aimé la colorisation, criarde et manquant de nuances.

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série 2050
2050

Quelle sera notre vie en 2050 ? Voici 10 fenêtres ouvertes sur ce futur (très) proche, 10 visions inquiétantes et plutôt anxiogènes. Les éditions Philéas ont confié à quelques auteurs le soin de nous décrire notre avenir, celui de 2050. Un futur bien trop proche et bien trop inquiétant pour cet album très anxiogène à ne pas mettre entre toutes les mains, composé de récits qui font la part belle à l'IA, à la réalité virtuelle et aux réseaux dits 'sociaux'. Les années 2050 ne sont sans doute pas choisies au hasard et cet album peut faire écho à l'année 2054 retenue par Elliot Ackerman pour nous parler du futur conflit mondial. 2050, ce n'est pas vraiment de la SF, de l'anticipation ? oui mais à peine alors. C'est à la fois un peu loin mais suffisamment proche pour des récits qui, somme toute, ne font que grossir ou caricaturer les travers de notre société très actuelle. Et c'est d'autant plus troublant qu'on ne peut plus se contenter de dire "Pffff, même pas en rêve". Cette dead-line de 2050, c'est peut-être notre 1984 aujourd'hui ... À la lecture de ces quelques récits, une chose est sûre : l'économie mercantile a encore de belles années devant elle et les marchands seront sans doute les seuls à dormir d'un sommeil paisible après avoir refermé l'album. Il y a donc là 10 nouvelles, 10 petites histoires avec des styles de récits très différents et des dessins tout aussi variés. Entre deux histoires, c'est Anaïs Bon qui nous livre une brève, une news qui serait venue des infos de 2050 (et elle ne fait rien pour nous rassurer). Comme tout recueil de nouvelles, dessinées ou pas, celui-ci est naturellement assez inégal : on évoque ici les histoires les plus percutantes. ? Jean-Michel Ponzio et Laurent Galandon cosignent Une histoire bio où quelques humains vieux jeu écrivent encore eux-mêmes des romans. Des « romans bio », car les autres sont écrits par des IA bien entendu. Voilà un futur qui n'attendra certainement pas 2050 ... ? Christian de Metter nous conte une triste histoire mais fort belle : Lux aeterna, évoquée dans la couverture de l'album. Une histoire d'amour avec une belle 'chute', où un vieil homme se console avec un robot, de l'absence de sa femme Marie hospitalisée. La séquence émotion de ce recueil et notre coup de cœur. « [...] - Que veux-tu faire aujourd'hui ? - Je ne sais pas. - Un quiz musical ? - Non. Tu gagnes toujours. - Je peux faire des erreurs si tu veux ou charger la dernière sauvegarde mémoire de Marie. - Non. Elle gagne toujours aussi. » ? Thibaud de Rochebrune tente de nous emmener sur Mars avec tous les migrants que l'Europe ne peut plus accueillir et que l'on cryogénise en prévision de la colonisation : Go to Mars, nous dit la pub. Un programme spatial un peu spécial qui se fait attendre plus longtemps que prévu ... C'est la séquence horrifique de ce recueil parce que le scénario semble beaucoup trop réaliste et crédible pour finir ainsi en bande dessinée. ? Guillaume Dorison (alias Izu) et Virginie Diallo (alias Kalon) font écho à Christian de Metter et nous invitent en terre Manga pour un autre aperçu des relations humaines où Noah se retrouve déçu par Luna, son amoureuse virtuelle : "Pardon Luna, je ne peux pas, tu es trop ... réelle". Quand aux encarts des "time capsules" rédigés par Anaïs Bon (saluons ces textes percutants), la palme revient à ce texte très pertinent qui (comme en répons au manga de Izu et Kalon) nous décrit, là encore, un futur trop proche, trop réaliste et trop inquiétant, pour que l'on referme cet album l'esprit tranquille. « [...] C'était la dernière résistante : aujourd'hui, Tindic, la dernière application de rencontre dédiée humains, a annoncé sa fermeture définitive. Ce géant des rencontres en ligne, autrefois leader du marché, n'a pas résisté à la montée en puissance des Lovebots, ces partenaires virtuels propulsés par Iintelligence artificielle. « Nous savions que l'heure était venue, déclare Travis Bumbz, PDG de Tindic. Nous avons essayé de nous adapter, mais nous ne pouvions tout simplement pas rivaliser avec l'expérience fluide, sans friction, et instantanément gratifiante offerte par les Lovebots. » Les Lovebots, fruits de la convergence entre les applications AI girlfriends, boyfriends & non-binary Sweethearts nées dans les années 2020 et le porn immersif, sont désormais les compagnons de cœur préférés de millions de personnes à travers le globe. «La qualité de la réalité virtuelle a tellement progressé que les expériences offertes par les Lovebots sont aujourd'hui bien supérieures à celles des rencontres humaines, continue Bumbz. Avec un Lovebot, vous avez une connexion instantanée. Il n'y a pas de timidité, pas de maladresse, pas de désaccords sur ce que vous voulez. Et surtout, aucune de ces failles humaines qui rendent les relations si complexes. » Les rencontres humaines sont désormais perçues par beaucoup comme un exercice trop risqué. « Les gens ne sont plus prêts à accepter les aléas d'une vraie rencontre, souligne Bumbz. L'incertitude, I'effort pour comprendre et satisfaire l'autre sont devenus des fardeaux. Pourquoi s'exténuer à chercher un amour rée imparfait et plein de compromis, quand un partenaire parfait vous attend en un clic ?»

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série J’adore ce passage
J’adore ce passage

Hmm, je risque de rejoindre les autres avis sur le fait que j'ai été relativement déçue de la lecture. Pourtant, je vais tout de même me montrer plus généreuse car j'ai été touchée par l'œuvre. L'album est très court, non seulement car il n'est composé que de soixante-quatre pages mais également car chacune de ces pages n'est en réalité qu'une unique case. On y suit deux jeunes filles, s'aimant mais n'arrivant pas à être ensemble. On les suit par vignettes, par épisodes entrecoupés et n'étant reliés entre eux que par leur ordre chronologique. Malgré sa forme trop brève et son contenu d'apparence trop maigre, l'album m'a touché. Le sujet d'une jeune relation amoureuse compliquée, complexe même, ne nous étant retranscrite que par courts extraits hors contexte est très intéressant. On recréé nous-même les creux entre chaque image, on imagine ce qui a pu se passer, ce que chacune de ces jeunes filles a pu penser. Ce côté très fort de la première relation, des premiers doutes, des complications toujours malheureusement propres aux relations homosexuelles m'a parlé. D'ailleurs je me demande si cet album n'était pas un exutoire ou un moyen de partager une expérience personnelle pour l'autrice. J'ai également beaucoup aimé la forme. Tillie Walden, comme souvent dans ses œuvres visiblement, aime rajouter du fantasque dans la forme de ses récits. Ici les décors sont bien souvent emprunt d'une certaine poésie, les tailles notamment sont très souvent déformées, les personnages étant plus grands que le décors comme pour symboliser le sentiment de grandeur créé par l'euphorie des sentiments romantiques. J'ai tout de même été déçue, comme beaucoup ici apparemment, mais je tiens à remonter un peu la moyenne car je trouve que l'album reste intéressant. (Note réelle 2,5)

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Claudine à l'école
Claudine à l'école

Je n'ai jamais lu le roman dont l'album est adapté (bien que je le connaisse de nom, de loin), je ne développerais donc pas sur une comparaison entre l'œuvre originale et l'adaptation. L'histoire est celle de l'éponyme Claudine, une jeune fille intelligente, insouciante, insolente, un brin sadique et surtout… saphique. Oui, Colette, comme la plus célèbre lesbienne de l'Histoire, aimerait bien offrir un brocoli à celle qui ferait battre son cœur d'artichaut (bim, j'ai pt'être pas lu du Colette, mais j'ai bien lu du Sappho). D'abord tombant amoureuse de Mlle Aimée, la nouvelle institutrice de son école, elle vivra sa première déception amoureuse, muant progressivement en une rancune parfois assez cruelle et une exacerbation de son désir de liberté. L'histoire est plaisante, surtout de par les dialogues qui enchaînent régulièrement des répliques avec malice et vivacité (comme par exemple une jeune fille expliquant à son enseignante qu'elle ne copie pas, "elle s'inspire"). Claudine, tout particulièrement, est vive. Elle est fille d'un scientifique, indépendante par désir de liberté et irrévérencieuse par plaisir. Comme dit plus haut, elle se montre quelques fois cruelle, surtout envers les personnes qu'elle juge responsable de sa déconvenue romantique mais également envers d'autres personnes (comme Luce par exemple). Son tempérament vindicatif est relativement compréhensible en considérant l'âge de Claudine (15 ans) et la cruauté dont elle et les autres personnages font preuve est mine de rien assez réaliste. D'autant que certains personnages méritent bien son dédain (et même plus), notamment tous les hommes faisant des avances et des attouchements aux jeunes filles qu'ils croisent (malheureusement là encore réaliste, c'était chose courante à l'époque). Une lecture sympathique. Pas une romance saphique comme j'aurais pu le croire mais bien un récit sur une jeunesse saphique, sur la maturation et l'entrée dans le monde adulte d'une jeune fille découvrant ses sentiments.

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série I hate fairyland
I hate fairyland

"I hate fairyland", je me souviens avoir découvert ça à sa sortie en France un peu par hasard et avoir franchement bien aimé. C'est délirant, ça mêle une esthétique enfantine rose bonbon et une protagoniste trash, il y a des dialogues vifs et pétants, … Non, il n'y a pas à dire, la série m'avait marquée. Malgré tout, depuis le temps, mon avis a un peu évolué. L'histoire m'apparait toujours sympathique, l'idée d'une enfant enfermée depuis des années dans un monde fantastique au point d'être devenue complètement cynique et d'avoir perdu son âme d'enfant c'est quand-même un postulat de base avec énormément de potentiel. Et le potentiel est bien utilisé, on joue bien sur le contraste entre le cartoon gentillet et le trashouille irrévérencieux par exemple. Le problème c'est que le postulat n'a visiblement plus été suffisant aux yeux du scénariste. En fait, rapidement, on se rend compte que la série va préférer enchaîner les épisodes "annexes" plutôt que de créer vraiment une narration. En fait, il y a bien un fil rouge, mais il se fait mine de rien rapidement abandonner, avant de revenir au grand galop sur la toute fin et de finir relativement en queue de poisson (alors que l'idée de la scène finale me plait, en plus). J'aime bien les épisodes fillers de cette série, mais la narration a vraiment un côté chaotique (enfin plus chaotique que ce que la série nécessitait, ce qui est un comble). Disons qu'au bout d'un moment, la série cherche plus à briser le quatrième mur qu'à proposer des délires et des gags purement intradiégétiques. En vrai, même si mon avis a évolué depuis mes premières lectures de ces albums, j'aurais pu lui maintenir une note de 3,5 et la considérer comme une série bonne mais imparfaite. Malheureusement, de par la lassitude et la baisse de qualité progressive de la série, je préfère être dure mais honnête et baisser ma note à 3. Je n'en déconseille cependant pas la lecture : cela reste une série sincèrement sympathique et agréable à lire, ne serait-ce que pour profiter des jurons "censurés" de Fairyland (comme "Flûtin" et "Sucre moi la ganache" qui ont d'ailleurs rejoins mon vocabulaire depuis tout ce temps).

24/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Harpoon
Harpoon

Encore une lecture à l'aveugle, pour moi. J'ai trouvé le dessin sur la couverture joli et intriguant, j'ai donc décidé de donner sa chance à l'album. Le résultat ? En demi-teinte, je pense. L'histoire est classique, un peu trop même, mais brille tout de même par son dessin et ses couleurs. C'est beau. Le problème c'est que le récit, la mise en scène et même parfois les dialogues sont très convenus. La lecture n'est pas désagréable, c'est honnêtement même sympathique, mais mine de rien assez oubliable j'ai trouvé. Même le message sous-jacent sur les émotions ne m'a pas marqué (et je n'ai pu apprécier ses qualités que parce qu'il s'agit d'un thème récurrent dans la fiction, ici c'était service minimum - la métaphore fantastique mise à part). Le point fort, encore une fois, ce sont ces magnifiques dessins et ces décors d'îles du pacifique avec les mythes et coutumes semblables à celles des îles indonésiennes (ou alentours). La mise en scène de l'action et des moments de tension marche aussi, c'est vraiment prenant. Dommage que le fond ne soit pas de la même qualité que la forme. Lecture sympathique tout de même, je maintiens, ne serait-ce que pour le cadre et les beaux dessins.

24/03/2025 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Les Femmes ne meurent pas par hasard
Les Femmes ne meurent pas par hasard

C’est un bouquin qu’on m’a offert, et que je n’aurais sans doute pas acheté, mais que j’ai trouvé très instructif. Anne Bouillon est une avocate qui force le respect, et qui par son engagement et sa détermination tente de faire changer les mentalités archaïques du système judiciaire français. Charlotte Rotman a clairement beaucoup bossé sur cette BD, et propose un compte-rendu du quotidien de l’avocate très détaillé, même si j’ai trouvé le format parfois trop procédural, et chargé de jargon légal, certes expliqué en annexe, mais bon, les aller-retours m’ont lassé. La mise en image de Lison Ferné est sobre mais efficace. Bref, une protagoniste qui force le respect, et un album qui m’a beaucoup appris, mais une lecture finalement un peu laborieuse.

24/03/2025 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Le Chien de la voisine et le Retour du chien de la voisine
Le Chien de la voisine et le Retour du chien de la voisine

Dire que j'ai entendu parler de cet album il y a au moins 20 ans sur certains newsgroups comme un chef d'oeuvre. Je n'irai pas jusque-là mais il faut reconnaitre qu'Imius / Sébastien Lumineau a un bon sens du découpage et de la mise en scène. Et l'album est assez drôle. Un homme est agacé par le chien de sa voisine qui fait pleurer son gamin entre autres, mais il n'ose pas s'en plaindre franchement face à elle, tout émoustillé et intimidé. Le chien dénommé Fido est un avatar de Brian dans les Griffin, un chien doué de parole qui parle d'égal à égal avec sa maitresse. L'album contient plusieurs petites histoires. Dessin noir et blanc peu léché "dans la veine indé" si je puis dire.

23/03/2025 (modifier)