Enquête fouillée et roborative.
A l'époque où Giscard était président, Action Directe essayait de faire trembler le capitalisme en faisant exploser des bureaux de grandes entreprises, en assassinant des patrons... Pour assurer leur clandestinité et trouver les moyens de leurs projets, ils réalisaient aussi des braquages spectaculaires.
Les services du renseignement français étaient sur les dents et c'est cette histoire que raconte l'escamoteur.
En particulier l'histoire d'un indicateur étrange et fascinant.
Ce documentaire est mis en image dans des lavis sépia ou gris de Payne suivant les époques représentées.
Le visage séducteur de Gabriel Chahine, l'escamoteur, est suffisamment réussit pour nous faire avaler ses aventures parfaitement invraisemblables et pourtant réelles...
Cette BD fait revivre une époque suffisament recente pour que ses acteurs soit encore vivants mais assez éloignée pour que l'évolution des mentalités apparaisse de manière intéressante. Il s'agit d'une sorte de roman d'aventure ou tout est vrai. L'imaginaire des films de gangster devenu réalité, avec les moyens du bord.
Les terroristes d'hier et ceux d'aujourd'hui se confrontent dans notre esprit. La justification religieuse a remplacé la justification politique.
En réalité, ces groupuscules semblent le résultat d'une sorte de vide dans l'espoir présenté aux nouvelles générations.
L'action violente a toujours entraîné des retours de manivelle bien légitimes. Contre le capitalisme, des films, des BD, l'économie sociale et solidaire, les réglementations environnementales, certains economistes, le GIEC commencent à créer une nébuleuse qui imagine la fin du capitalisme tardif... Mais la société de consommation, elle, semble difficile à déboulonner.
Cette BD m'a intéressée mais elle peut véhiculer une certaine tristesse devant le renouvellement incessant des jeunesses exaspérées et désespérées qui se tirent des balles dans le pied , plutôt que de pousser légèrement et continuement vers d'autres horizons... En diminuant sa consommation et donc son "niveau de vie".
Une biographie romancé sur la gangster Virginia Hill qui a réussit a tenir le coup dans un univers d'hommes.
Un bon point pour cette biographie est que c'est long donc on peut développer sur la vie de Virginia Hill sans aller trop vite. Dommage toutefois que cela devient un peu répétitif et qu'on ne verre rien de sa vie durant ses dernières années d'existence, donnant ainsi une fin très expédié alors que je voulais voir ce qui lui arrivait ensuite. C'est intéressant de voir le milieu criminel d'un point de vue féminin, mais si au final j'ai pas eu l'impression d'avoir découvert une nouvelle facette de la mafia.
Je suis un peu mitigé face au dessin. Il est pas mauvais, mais je le trouve un peu trop expressif sur plusieurs cases comme si on était dans une série humoristique. J'ai rien contre un peu d'humour, par sur certaines scènes on dirait presqu'on est dans une série parodique ou un truc comme ça. Au final, une biographie qui parle d'une femme haute en couleur, mais qui ne m'a pas trop marqué.
Du médiéval fantastique à la fois classique et original. On est plongé dans la Bohême au tournant de l'an mil, à l'heure où les croyances populaires se mêlent aux superstitions chrétiennes. Et un dragon pointe le bout de son nez...
L'intrigue n'abuse jamais du fantastique, et le dragon lui-même n'est pas trop présent. Inspirée de légendes millénaires, cette histoire se laisse lire agréablement.
Le dessin est assez spécial, mais je m'y suis fait. J'ai par contre d'emblée beaucoup aimé la colorisation.
Je découvre ces auteurs tchèques avec cet album. Je serais curieux de voir ce qu'ils feront par la suite.
Une lecture sympathique, de laquelle j'attendais sans doute davantage.
Le dessin est simple, agréable et très lisible, mais sans trop de détails. Disons qu'il fait le travail et est assez expressif.
Mais je l'aurais bien vu davantage jouer sur du caricatural comique. Car je pensais que ça allait partir dans cette direction.
En fait c'est une sorte de satire de l'emballement médiatique, des réseaux sociaux en particulier (l'ex Twitter est ici singé), après qu'un photographe amateur ait photographié une bestiole bizarre au fin fond de l’Écosse, surtout après qu'il ait mis ces photos sur les réseaux sociaux.
A côté de ça une multinationale énigmatique menant des expériences secrètes cherche à ne pas apparaître au grand jour.
L'histoire se laisse lire, mais m'a laissé sur ma faim. En effet, par delà les quelques invraisemblances (autour de la bestiole photographiée), j'ai trouvé que la plupart des idées étaient peu développées. C'est le cas du rôle de la multinationale, ou de l'aspect vaguement polar autour du hacker. Mais c'est aussi le cas finalement de l'emballement médiatique lui-même. Tout se finit un peu brutalement sans pousser les explications.
Du pas mal sans plus me concernant.
Un album qui se laisse lire, mais qui m'a clairement moins captivé que mon prédécesseur.
Glénat nous propose un très beau travail éditorial (grand format, fil marque pages). Et le dessin de Michel Durand est original, avec un trait fait de sortes de hachures, un peu nerveux. Un rendu m'ayant parfois fait penser à Toppi (les espaces laissés vides et blancs accentuent ce rapprochement). On pense aussi à des gravures du XIXème siècle.
Ce qui nous ramène à l'histoire, qui justement se déroule dans la première moitié de ce siècle, entre Saint Malo et Guernesey, une région chère à Victor Hugo.
Je ne connaissais pas ce roman. Mais ça n'est pas ce que je préfère de son œuvre au vu de cette adaptation.
J'ai lu l'album sans m'ennuyer, mais aussi sans être réellement captivité. Mais c'est sans doute affaire de goût et d'autres peuvent tout à fait y trouver davantage leur compte.
J'avais beaucoup apprécié La Guerre de Catherine qui m'avait fait découvrir le parcours de Rachel/Catherine pour échapper aux griffes de la Gestapo. Julia Billet continue avec son parcours entre 1950 et 1952. Le récit est clairement une biographie fictionnelle de la jeunesse de la maman de l'autrice. Cela lui permet de la mettre en présence de personnalités dont l'histoire a marqué Julia Billet. Le peintre Max Ernst, Simone de Beauvoir, le révérend Brown à Topeka (Kansas). La narration est très fluide et s'adresse à un large public avec l'introduction de plusieurs thématiques qui peuvent être sensibles pour un lectorat adolescent. La thématique principale reste la condition et la juste reconnaissance de la femme ainsi que les acquis fait à cette époque ( droit de vote) ou à faire ( autorisation de travailler).L'autrice introduit quelques cases sur l'homosexualité mais cela reste assez succinct et superficiel. Deux épisodes donnent plus de corps au scénario: un sur la réconciliation franco-allemande et un autre sur le début de la lutte pour les droits civiques aux USA à travers le procès Brown VS Board of Education qui va introduire une brèche dans le concept ségrégationniste "Egaux mais Séparés".
Le scénario est assez simpliste pour cette dernière partie mais il permet de rappeler les injustices d'une époque pas si lointaine.
J'aime bien le trait de Mayalen Goust qui a pris la suite de Claire Fauvel. Il y a beaucoup de grâce dans ces expressions gestuelles.
J'ai déjà souligné cette élégance dans les œuvres que j'ai lu de cette autrice. Goust maîtrise la légèreté et le souffle des scènes de danses ou de défilé de mannequins.
Toutefois je reste un peu sur ma faim car Billet évite soigneusement les sujets les plus chauds de cette époque. En faisant travailler Catherine pour le journal "L'Humanité" cela induit des problématiques fondamentales pour ces années ( Stalinisme, guerre froide, Indochine, Corée, tensions Gaullistes/Communistes) qui ne rentrent pas dans l'ambiance du récit alors que Catherine évolue dans le milieu du journalisme. Pour moi c'est un manque.
Cela reste une lecture agréable et divertissante avec une héroïne attachante.
Un classique du manga de la fin des années 70-début des années 80 qui a pris un coup de vieux.
Le graphique est un peu vieillot, mais correct. Disons que je ne vois pas trop l'intérêt de le publier dans un grand format qui permet de mieux admirer le dessin parce que j'ai vu des mangas avec un meilleur dessin qui étaient publiés dans le format manga normal plus petit. Le scénario n'est pas mauvais, mais un peu convenu, avec ce jeune héros qui lors de son parcours initiatique va devenir le plus fort, battre les méchants même lorsqu'ils sont plus nombreux et plus vieux que lui et aussi trouver l'amour de sa vie. Bon au moins la partie romance est un peu mignonne et le personnage de la fille muette m'a touché.
L'auteur utilise la mythologie grecque et, s'il a de bonnes idées, cela finit souvent dans une suite de combats qui ne sont pas toujours faciles à suivre, comme c'est souvent le cas avec les mangas. Donc voilà un manga qui s'adresse surtout aux fans de vieux mangas, les autres risquent de trouver cela ringard. Personnellement, je trouve que ça se laisse lire, mais que l'intrigue est au final trop basique pour être captivante à lire.
Nouveau spin-off dans le Murphyverse, destiné à peu près exclusivement aux fans de cet univers Batman. McCormack et Collins (aidés de loin par Murphy lui-même) ne révolutionnent pas les choses dans cette histoire sans grande conséquence. Néanmoins, je l'ai lu avec un plaisir certain. Le récit est bien mené, il nous fait croiser la route de personnages toujours emblématiques de l'univers Batman, dont la relecture est intéressante, et il nous tient en haleine jusqu'au bout.
Le dessin de Mirka Andolfo, lui, est vraiment très élégant, et quand on n'a pas un tome de Murphy juste à côté, on ne s'attarde pas sur la différence, l'identité visuelle étant très proche de l'original (ce qui ne l'empêche pas d'avoir sa propre identité, on est loin d'une copie).
On pourra tout de même reprocher à McCormack et Collins de ne pas avoir la profondeur d'un Murphy dans leur approche des personnages. Certes, ces derniers ont des trajectoires très intéressantes (et d'autant plus qu'elles s'éloignent de la plupart des univers Batman connus, me semble-t-il), mais il manque la finesse que pouvait avoir l'auteur d'origine, notamment dans la puissance des dilemmes moraux. Reste une histoire de quête d'identité et de paternité ou filiation contrariée tout à fait prenante, doublée d'une aventure largement satisfaisante.
En fait, le problème de cet univers White Knight, c'est qu'il part de tellement haut qu'on ne peut plus vibrer avec la même intensité quand on s'éloigne du chef-d'œuvre qu'était le premier tome. Mais cela ne doit pas nous faire occulter le fait que ces histoires n'en sont pas moins très réussies, et qu'il y a une marge entre être au niveau du chef-d'œuvre d'origine, et nous proposer une histoire absolument nulle. Une marge que McCormack et Collins occupent avec un talent indéniable.
Le dessin est vraiment très sympa (la colorisation aussi d'ailleurs). Et parfaitement adapté à l'absurde, au doux-dingue qui règnent en maîtres dans cette intrigue.
Car il ne faut pas être réfractaire au loufoque, à l'absurde, chers à Boris Vian dans quelques uns de ses meilleurs romans.
Assez décousue, l'histoire se laisse lire agréablement. Et relativement rapidement. Car peu de texte, et une intrigue rigolote.
Un album qui se laisse lire, mais je serai moins enthousiaste que mon prédécesseur.
Pécau est un vieux routier de ce type de production. Il réussit pas mal à intégrer à l'intrigue des personnages fictifs, comme Sheng, prétendument haut dignitaire du Parti communiste chinois, responsable de l'appareil répressif. Car, si la narration nous place à Pékin en 1999, c'est bien la terrible répression des manifestations de la place Tienanmen en 1989 qui est au cœur de l'intrigue. Et Pécau imagine que le célèbre inconnu qui stoppe momentanément les chars est le fils rebelle de Sheng. L'album est un quasi huis clos durant lequel Sheng présente les motivations de la répression à Lee (ancienne copine de son fils) qui, elle, explique ce qui a bien pu se passer pour elle et le fils de Sheng.
Pécau invente tout ( on n'a que peu d'informations précises sur le bilan de la répression, et sur l'identité et le destin de Tank man - ici en retrait finalement), mais son récit peut passer pour crédible. En tout cas ça se laisse lire.
Sinon sur les photos et la couverture "Tank man" porte un sac plastique. A un moment Sheng demandé à Lee pourquoi avait-il un sac plastique ? Elle lui répond qu'elle lui dira plus tard. Bon du coup je me disais que ce dialogue a priori sans intérêt allait par la suite déboucher sur une révélation énorme. Eh bien en fait non. Mieux on n'entend plus parler de ce sac...
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L'Escamoteur
Enquête fouillée et roborative. A l'époque où Giscard était président, Action Directe essayait de faire trembler le capitalisme en faisant exploser des bureaux de grandes entreprises, en assassinant des patrons... Pour assurer leur clandestinité et trouver les moyens de leurs projets, ils réalisaient aussi des braquages spectaculaires. Les services du renseignement français étaient sur les dents et c'est cette histoire que raconte l'escamoteur. En particulier l'histoire d'un indicateur étrange et fascinant. Ce documentaire est mis en image dans des lavis sépia ou gris de Payne suivant les époques représentées. Le visage séducteur de Gabriel Chahine, l'escamoteur, est suffisamment réussit pour nous faire avaler ses aventures parfaitement invraisemblables et pourtant réelles... Cette BD fait revivre une époque suffisament recente pour que ses acteurs soit encore vivants mais assez éloignée pour que l'évolution des mentalités apparaisse de manière intéressante. Il s'agit d'une sorte de roman d'aventure ou tout est vrai. L'imaginaire des films de gangster devenu réalité, avec les moyens du bord. Les terroristes d'hier et ceux d'aujourd'hui se confrontent dans notre esprit. La justification religieuse a remplacé la justification politique. En réalité, ces groupuscules semblent le résultat d'une sorte de vide dans l'espoir présenté aux nouvelles générations. L'action violente a toujours entraîné des retours de manivelle bien légitimes. Contre le capitalisme, des films, des BD, l'économie sociale et solidaire, les réglementations environnementales, certains economistes, le GIEC commencent à créer une nébuleuse qui imagine la fin du capitalisme tardif... Mais la société de consommation, elle, semble difficile à déboulonner. Cette BD m'a intéressée mais elle peut véhiculer une certaine tristesse devant le renouvellement incessant des jeunesses exaspérées et désespérées qui se tirent des balles dans le pied , plutôt que de pousser légèrement et continuement vers d'autres horizons... En diminuant sa consommation et donc son "niveau de vie".
Virginia Hill
Une biographie romancé sur la gangster Virginia Hill qui a réussit a tenir le coup dans un univers d'hommes. Un bon point pour cette biographie est que c'est long donc on peut développer sur la vie de Virginia Hill sans aller trop vite. Dommage toutefois que cela devient un peu répétitif et qu'on ne verre rien de sa vie durant ses dernières années d'existence, donnant ainsi une fin très expédié alors que je voulais voir ce qui lui arrivait ensuite. C'est intéressant de voir le milieu criminel d'un point de vue féminin, mais si au final j'ai pas eu l'impression d'avoir découvert une nouvelle facette de la mafia. Je suis un peu mitigé face au dessin. Il est pas mauvais, mais je le trouve un peu trop expressif sur plusieurs cases comme si on était dans une série humoristique. J'ai rien contre un peu d'humour, par sur certaines scènes on dirait presqu'on est dans une série parodique ou un truc comme ça. Au final, une biographie qui parle d'une femme haute en couleur, mais qui ne m'a pas trop marqué.
Le Dragon ne dort jamais
Du médiéval fantastique à la fois classique et original. On est plongé dans la Bohême au tournant de l'an mil, à l'heure où les croyances populaires se mêlent aux superstitions chrétiennes. Et un dragon pointe le bout de son nez... L'intrigue n'abuse jamais du fantastique, et le dragon lui-même n'est pas trop présent. Inspirée de légendes millénaires, cette histoire se laisse lire agréablement. Le dessin est assez spécial, mais je m'y suis fait. J'ai par contre d'emblée beaucoup aimé la colorisation. Je découvre ces auteurs tchèques avec cet album. Je serais curieux de voir ce qu'ils feront par la suite.
#Nouveaucontact
Une lecture sympathique, de laquelle j'attendais sans doute davantage. Le dessin est simple, agréable et très lisible, mais sans trop de détails. Disons qu'il fait le travail et est assez expressif. Mais je l'aurais bien vu davantage jouer sur du caricatural comique. Car je pensais que ça allait partir dans cette direction. En fait c'est une sorte de satire de l'emballement médiatique, des réseaux sociaux en particulier (l'ex Twitter est ici singé), après qu'un photographe amateur ait photographié une bestiole bizarre au fin fond de l’Écosse, surtout après qu'il ait mis ces photos sur les réseaux sociaux. A côté de ça une multinationale énigmatique menant des expériences secrètes cherche à ne pas apparaître au grand jour. L'histoire se laisse lire, mais m'a laissé sur ma faim. En effet, par delà les quelques invraisemblances (autour de la bestiole photographiée), j'ai trouvé que la plupart des idées étaient peu développées. C'est le cas du rôle de la multinationale, ou de l'aspect vaguement polar autour du hacker. Mais c'est aussi le cas finalement de l'emballement médiatique lui-même. Tout se finit un peu brutalement sans pousser les explications. Du pas mal sans plus me concernant.
Les Travailleurs de la mer
Un album qui se laisse lire, mais qui m'a clairement moins captivé que mon prédécesseur. Glénat nous propose un très beau travail éditorial (grand format, fil marque pages). Et le dessin de Michel Durand est original, avec un trait fait de sortes de hachures, un peu nerveux. Un rendu m'ayant parfois fait penser à Toppi (les espaces laissés vides et blancs accentuent ce rapprochement). On pense aussi à des gravures du XIXème siècle. Ce qui nous ramène à l'histoire, qui justement se déroule dans la première moitié de ce siècle, entre Saint Malo et Guernesey, une région chère à Victor Hugo. Je ne connaissais pas ce roman. Mais ça n'est pas ce que je préfère de son œuvre au vu de cette adaptation. J'ai lu l'album sans m'ennuyer, mais aussi sans être réellement captivité. Mais c'est sans doute affaire de goût et d'autres peuvent tout à fait y trouver davantage leur compte.
Au nom de Catherine
J'avais beaucoup apprécié La Guerre de Catherine qui m'avait fait découvrir le parcours de Rachel/Catherine pour échapper aux griffes de la Gestapo. Julia Billet continue avec son parcours entre 1950 et 1952. Le récit est clairement une biographie fictionnelle de la jeunesse de la maman de l'autrice. Cela lui permet de la mettre en présence de personnalités dont l'histoire a marqué Julia Billet. Le peintre Max Ernst, Simone de Beauvoir, le révérend Brown à Topeka (Kansas). La narration est très fluide et s'adresse à un large public avec l'introduction de plusieurs thématiques qui peuvent être sensibles pour un lectorat adolescent. La thématique principale reste la condition et la juste reconnaissance de la femme ainsi que les acquis fait à cette époque ( droit de vote) ou à faire ( autorisation de travailler).L'autrice introduit quelques cases sur l'homosexualité mais cela reste assez succinct et superficiel. Deux épisodes donnent plus de corps au scénario: un sur la réconciliation franco-allemande et un autre sur le début de la lutte pour les droits civiques aux USA à travers le procès Brown VS Board of Education qui va introduire une brèche dans le concept ségrégationniste "Egaux mais Séparés". Le scénario est assez simpliste pour cette dernière partie mais il permet de rappeler les injustices d'une époque pas si lointaine. J'aime bien le trait de Mayalen Goust qui a pris la suite de Claire Fauvel. Il y a beaucoup de grâce dans ces expressions gestuelles. J'ai déjà souligné cette élégance dans les œuvres que j'ai lu de cette autrice. Goust maîtrise la légèreté et le souffle des scènes de danses ou de défilé de mannequins. Toutefois je reste un peu sur ma faim car Billet évite soigneusement les sujets les plus chauds de cette époque. En faisant travailler Catherine pour le journal "L'Humanité" cela induit des problématiques fondamentales pour ces années ( Stalinisme, guerre froide, Indochine, Corée, tensions Gaullistes/Communistes) qui ne rentrent pas dans l'ambiance du récit alors que Catherine évolue dans le milieu du journalisme. Pour moi c'est un manque. Cela reste une lecture agréable et divertissante avec une héroïne attachante.
Arion
Un classique du manga de la fin des années 70-début des années 80 qui a pris un coup de vieux. Le graphique est un peu vieillot, mais correct. Disons que je ne vois pas trop l'intérêt de le publier dans un grand format qui permet de mieux admirer le dessin parce que j'ai vu des mangas avec un meilleur dessin qui étaient publiés dans le format manga normal plus petit. Le scénario n'est pas mauvais, mais un peu convenu, avec ce jeune héros qui lors de son parcours initiatique va devenir le plus fort, battre les méchants même lorsqu'ils sont plus nombreux et plus vieux que lui et aussi trouver l'amour de sa vie. Bon au moins la partie romance est un peu mignonne et le personnage de la fille muette m'a touché. L'auteur utilise la mythologie grecque et, s'il a de bonnes idées, cela finit souvent dans une suite de combats qui ne sont pas toujours faciles à suivre, comme c'est souvent le cas avec les mangas. Donc voilà un manga qui s'adresse surtout aux fans de vieux mangas, les autres risquent de trouver cela ringard. Personnellement, je trouve que ça se laisse lire, mais que l'intrigue est au final trop basique pour être captivante à lire.
Batman White Knight - Génération Joker
Nouveau spin-off dans le Murphyverse, destiné à peu près exclusivement aux fans de cet univers Batman. McCormack et Collins (aidés de loin par Murphy lui-même) ne révolutionnent pas les choses dans cette histoire sans grande conséquence. Néanmoins, je l'ai lu avec un plaisir certain. Le récit est bien mené, il nous fait croiser la route de personnages toujours emblématiques de l'univers Batman, dont la relecture est intéressante, et il nous tient en haleine jusqu'au bout. Le dessin de Mirka Andolfo, lui, est vraiment très élégant, et quand on n'a pas un tome de Murphy juste à côté, on ne s'attarde pas sur la différence, l'identité visuelle étant très proche de l'original (ce qui ne l'empêche pas d'avoir sa propre identité, on est loin d'une copie). On pourra tout de même reprocher à McCormack et Collins de ne pas avoir la profondeur d'un Murphy dans leur approche des personnages. Certes, ces derniers ont des trajectoires très intéressantes (et d'autant plus qu'elles s'éloignent de la plupart des univers Batman connus, me semble-t-il), mais il manque la finesse que pouvait avoir l'auteur d'origine, notamment dans la puissance des dilemmes moraux. Reste une histoire de quête d'identité et de paternité ou filiation contrariée tout à fait prenante, doublée d'une aventure largement satisfaisante. En fait, le problème de cet univers White Knight, c'est qu'il part de tellement haut qu'on ne peut plus vibrer avec la même intensité quand on s'éloigne du chef-d'œuvre qu'était le premier tome. Mais cela ne doit pas nous faire occulter le fait que ces histoires n'en sont pas moins très réussies, et qu'il y a une marge entre être au niveau du chef-d'œuvre d'origine, et nous proposer une histoire absolument nulle. Une marge que McCormack et Collins occupent avec un talent indéniable.
L'Automne à Pékin
Le dessin est vraiment très sympa (la colorisation aussi d'ailleurs). Et parfaitement adapté à l'absurde, au doux-dingue qui règnent en maîtres dans cette intrigue. Car il ne faut pas être réfractaire au loufoque, à l'absurde, chers à Boris Vian dans quelques uns de ses meilleurs romans. Assez décousue, l'histoire se laisse lire agréablement. Et relativement rapidement. Car peu de texte, et une intrigue rigolote.
L'Homme de l'année - 1989
Un album qui se laisse lire, mais je serai moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pécau est un vieux routier de ce type de production. Il réussit pas mal à intégrer à l'intrigue des personnages fictifs, comme Sheng, prétendument haut dignitaire du Parti communiste chinois, responsable de l'appareil répressif. Car, si la narration nous place à Pékin en 1999, c'est bien la terrible répression des manifestations de la place Tienanmen en 1989 qui est au cœur de l'intrigue. Et Pécau imagine que le célèbre inconnu qui stoppe momentanément les chars est le fils rebelle de Sheng. L'album est un quasi huis clos durant lequel Sheng présente les motivations de la répression à Lee (ancienne copine de son fils) qui, elle, explique ce qui a bien pu se passer pour elle et le fils de Sheng. Pécau invente tout ( on n'a que peu d'informations précises sur le bilan de la répression, et sur l'identité et le destin de Tank man - ici en retrait finalement), mais son récit peut passer pour crédible. En tout cas ça se laisse lire. Sinon sur les photos et la couverture "Tank man" porte un sac plastique. A un moment Sheng demandé à Lee pourquoi avait-il un sac plastique ? Elle lui répond qu'elle lui dira plus tard. Bon du coup je me disais que ce dialogue a priori sans intérêt allait par la suite déboucher sur une révélation énorme. Eh bien en fait non. Mieux on n'entend plus parler de ce sac...