Le point fort de cet album est manifestement son dessin et cette très belle colorisation chatoyante. On a aussi de beaux silences dans ces dialogues d'un western qui sans être convenu ne révolutionne pas le genre. Si bien que c'est lu en 15 minutes.
Un vieil homme, Pastorius Grant, au passé trouble croise le chemin d'une jeune fille aveugle, et ils s'avèrent être liés, on devine la fin assez vite. Une belle lecture malgré tout.
J'ai enfin lu dernier cycle de L'Autre Monde et mon sentiment est mitigé.
Si on regarde au niveau du scénario, c'est la suite qui se justifie le plus parce qu'on apprend enfin le passé d'un des personnages principaux de la série, mais au niveau du divertissement je pense que dans les suites j'aime mieux le cycle 3 qui avait un scénario moins ambitieux, mais qui possédait une belle ambiance pour Noël.
Le scénario accumule les scènes pas mal avec d'autres qui m'ont moins accroché. Toute la dénonciation de la guerre, par exemple, m'a semblé sortir de récits que j'avais déjà lus mille fois. Il faut dire aussi que le seul personnage qui m'intéresse vraiment est le professeur-savant, alors c'est sympa de voir qui est vraiment Jan, mais Jan lui-même ne dégage pas beaucoup de charisme.
Au final, cela vaut surtout pour le dessin de Magnin, qui est superbe comme d'habitude et pour certaines scènes que j'ai bien aimées.
Un one-shot pour jeunes sympathique.
Les auteurs mélangent bien le Japon traditionnel (les youkais) et le Japon moderne (la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima) pour donner un récit qui peut être lu autant par un jeune qu'un adulte, quoique dans mon cas je serais moins enthousiaste que la plupart des autres aviseurs. Le scénario est bien fait, mais ne m’a pas passionné plus que ça.
Je pense que cela vient en partie du fait que je ne suis pas spécialement attaché aux personnages et que je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions lors des scènes qui ont clairement été écrites pour émouvoir les lecteurs. J'ai surtout trouvé intéressant les scènes avec l'espèce d'esprit du nucléaire. Le dessin est correct, mais je ne suis pas trop fan de ce style.
"Au cœur du désert" est une libre adaptation du roman de Joseph Conrad " Au cœur des ténèbres" , qui a déjà donné le mythique "Apocalypse now".
Je suis le travail de Jean-François et Maryse Charles depuis des années de la série Fox à India Dreams .
Avec ce western, les époux Charles renouent avec l'Ouest américain des "pionniers du nouveau monde".
Ce qui ressort de cet album c'est surtout le dessin de JF Charles, on peut même parler de peintures tant son travail s'apparente à celui des peintres du western, comme il l'explique dans le dossier présent à la fin de l'album.
L'histoire reprend les codes des westerns, avec shérif corrompu, massacre des indiens, attaque de diligence sans oublier les saloon et les convois de pionniers. Le récit est violent, sans concession et les quelques flash-back m'ont un peu déstabilisé dans la lecture.
Je regrette un peu la fin abrupte, et les retrouvailles entre les deux frères auraient dû être sans doute plus développées à mon avis.
Un album correct mais il manque un peu de souffle pour en faire un album inoubliable. Une succession de scènes ( histoire de la jeune fille enceinte, celles des éleveurs de moutons etc) qui manque de liant pour une lecture plus fluide et un album plus cohérent.
L'histoire de cet album est celle d'une quête artistique folle : trouver la recette véritable, la composition céramique absolue permettant de briser la frontière entre le factice et le vivant.
La céramique est ici bien similaire à l'alchimie (la comparaison est même fait à quelques reprises, même si l'un de nos protagonistes défend que lui ne prétend pas créer de l'or), on cherche véritablement à créer la vie par la céramique. La quête de Bernard Palissy et de sa fille Blanche est une quête véritablement folle, iels ont presque tout perdu dans leur quête, ont risqué gros tout du long, surtout lorsque leurs recherches commencent à jouer malgré elles un rôle historique. En effet, pendant que nos deux artistes cherche à créer, les guerres de religions entre protestants et catholiques menacent de tout détruire.
L'histoire est intéressante, en tout cas elle touche à des sujets qui m'intéressent un peu (comme la quête de la perfection artistique et la création de la vie), mais la forme a eu du mal à me convaincre. Pas le dessin nécessairement, j'apprécie souvent les traits "tremblants" comme ceux-ci chez des artistes comme Blain, en fait je parle ici de la mise en scène. Le rythme (plus précisément le temps et l'action entre deux cases) m'a parfois semblé bien trop rapide, j'ai eu du mal à ressentir une véritable "cristallisation" de l'action. Par là, j'entend que beaucoup de cases auraient gagnées à être iconisées ou en tout cas auraient méritées à ce que l'action s'arrête un instant pour profiter de la composition. Certaines cases auraient également méritées un peu plus d'expressivité des visages je trouve.
L'histoire reste intéressante, même si le résultat n'est pas parfait.
(Note réelle 2,5)
Il ne faut jamais dire jamais.
Il y a peu, droit dans mes bottes, j'aurais soutenu mordicus que jamais, au grand jamais, je dépenserais quelques euros pour un comics de Supergirl. C'est un personnage qui ne m'attire pas, comme la plupart de chez DC Comics, je les trouve trop lisses. Et pourtant, il a fallu deux chouettes avis et surtout les magnifiques planches de la galerie pour faire vaciller mes certitudes. Et j'ai bien fait de changer mon fusil d'épaule.
Je vais commencer par le point fort de ce one shot : la partie graphique. Je découvre Bilquis Evely et Matheus Lopes.
La première s'occupe du dessin et j'ai adoré son trait fin et précis à la mise en page dynamique. Chaque planche fourmille de détails, jusqu'à cette petite touche féminine où le mascara de nos deux héroïnes sera efficace de la première à la dernière page.
Le second s'affère aux couleurs et je lui tire mon chapeau, son travail est fantastique. Des coloris qui jouent tantôt sur une belle harmonie, tantôt sur les contrastes, elles nous plongent dans les différents mondes visités.
Très, très beau.
Un comics singulier, car s'il est question de super-héros avec Supergirl, le récit se démarque des recits habituels du genre. Il va être question d'une traque dans un mélange de science-fiction et de fantasy. Supergirl pourchasse, avec l'aide de Ruthye, Krem des collines d'ocre, celui-ci a tué le père de cette dernière. Une histoire de vengeance qui fera voyager dans différentes galaxies. Deux femmes marquées par un traumatisme, l'une n'est pas capable de pardonner. Le rôle principal est tenu par la jeune Ruthye, c'est elle qui nous narre cette chasse à l'homme avec sa voix off omniprésente, on découvre Supergirl au travers son regard ainsi que ses pensées.
Une narration verbeuse, surtout vers la fin du bouquin, elle a un peu freiné mon enthousiasme. Et je ne suis pas certain d'avoir compris la dernière planche.
Un comics recommandable, mais qui ne me donne pas envie de mieux connaître le personnage de Supergirl.
Note réelle 3,5.
Gros coup de cœur pour la partie graphique.
L’album se laisse lire, il y a des passages un peu planants, les idées en arrière-plan sont louables, et la bichromie à base de bleu donne un rendu plaisant. Mais il m’a quand même manqué quelque chose pour davantage apprécier cet album. Peut-être une narration un chouia plus « construite », je ne sais pas.
Pour le reste, la lecture est globalement agréable. Dessin, mise en page et colorisation sont bien fichus. C’est un peu minimaliste, mais j’ai bien aimé.
Le récit mêle plusieurs thématiques. D’abord c’est un hommage à une certaine liberté dans la musique, mais aussi à ceux qui l’incarnent. En fin d’album, l’auteur présentent les personnages réels (inconnus de moi à part Nina Simone) qui ont inspiré ceux que nous suivons dans l’album. Une musique non formatée, mue par le plaisir de jouer.
En parallèle, nous suivons le jeune maire de la ville, winner insupportable, qui transforme la cité à coup d’opérations immobilière et de gentrification. Et qui développe aussi un projet visant à influencer les habitants par de la musique subliminale.
La défense d’une liberté musicale va aller de pair pour les quelques héros que nous suivons avec celle des habitants des quartiers populaires.
Un album intéressant, malgré les petits bémols pointés plus haut.
Si l’on s’attend rarement à tomber sur une pépite quand il est question d’ouvrages collectifs présentant des histoires courtes, « Le Père-Lachaise » constitue globalement une lecture plaisante. Quiconque ayant mis les pieds dans ce cimetière emblématique de la capitale, également charmant lieu de promenade, prendra plaisir à découvrir des anecdotes intéressantes sur leurs célèbres « résidents », anecdotes qui parfois se sont transformées en légendes flirtant avec les superstitions.
Pour chaque chapitre du livre, dont la narration est chapeautée par Sébastien Floc’h, c’est un maître de cérémonie habitué des lieux, un chat noir bien vivant celui-là, qui de son pas feutré va dénicher pour nous les secrets derrière ces tombes silencieuses, apportant à l'ensemble une jolie note poétique. Et comme à tout seigneur, tout honneur, à celui qui a donné son nom au site que sera dédié le premier chapitre, François d’Aix de La Chaize, ayant vécu au XVIIe siècle. On y apprend que celui-ci, simple jésuite s’étant enrichi grâce à sa position privilégiée aux côtés de Louis XIV, avait fait construire à l’emplacement même du cimetière actuel (dénommé à l’époque le Mont-Louis) une demeure luxueuse entourée de jardins à la française. Cent ans après sa mort, le site fut transformé en la nécropole que l’on connaît aujourd’hui.
Quelques allées plus loin, on découvrira les biographies, au format incompressible de sept pages, des plus illustres résidents, dont Honoré de Balzac, Frédéric Chopin, Alfred de Musset, Allan Kardec, Oscar Wilde, Sarah Bernhardt et bien entendu Jim Morrison, qui fait l’objet d’un véritable culte de la part des fans du « Roi Lézard ». Moins connu, le gisant représentant Victor Noir, républicain antibonarpartiste au destin tragique, fait pourtant l’objet d’une certaine vénération des visiteurs et particulièrement des visiteuses, notamment en raison de son sexe protubérant (eh oui, je savais bien que vous en aviez entendu parler…).
Le choix des dessinateurs est plutôt convaincant. La plupart appartiennent à un courant privilégiant l’indépendance artistique et ont déjà apporté à maintes reprises la preuve de leur talent. Dans cette belle échappée funéraire, et bien évidemment jamais plombante (faut-il vraiment le préciser ?), on retiendra surtout Nancy Peña, Sagar, Terkel Risbjerg, Sylvain Dorange, David François, Fabio Mancini, Enrique Corominas et Grazia La Padula.
Doté d’une très belle couverture (de Corominas), « Le Père-Lachaise » donnera à coup sûr envie aux amateurs d’Histoire, d’art et de littérature, de découvrir ou redécouvrir le lieu, voire — pourquoi pas ? — de déposer une fleur sur une tombe, tandis que d’autres pourraient avoir simplement envie de vérifier certains des points évoqués dans l’ouvrage… et honni soit qui mal y pense !
Je commence à être familier du style graphique de Zeina Abirached, et j’apprécie toujours autant son dessin très stylisé, à la fois « décoratif » et original.
Je commence aussi à connaître son univers biographique, sa vision de Beyrouth, au cœur de quasiment tous ses albums.
Ici, je suis sorti sur ma faim du récit. Il mêle deux histoires. Une, haute en symbole et a priori intéressante, autour de la double culture (arabe et française), des différences entre les deux langues. L’autre – qui donne son titre à l’album – autour d’un homme qui a passé toute sa vie à accorder des pianos, et qui a créé un piano capable de permettre de jouer de la musique orientale et la musique classique occidentale, par un simple jeu de pédales.
Si ce piano « bilingue » permet de faire un parallèle avec l’autre histoire, cette partie de l’album se révèle un peu longuette et accouche un peu d’une souris. Sans doute l'autre pan de l'histoire aurait-il mérité d'accaparer l'essentiel de l'intrigue.
Note réelle 2,5/5.
C'est du Lewis Trondheim pour les jeunes ce qui veut dire que c'est imaginatif et créatif, mais avec un humour qui ne s'adresse pas trop à moi.
Une originalité est qu'on suit un personnage différent à chaque tome et cela forme un tout cohérent. Je suis tout de même un peu déçu que le quatrième tome me semble un peu plus en retrait des autres albums, le président de la république ne partageant que quelques pages avec les autres protagonistes et une grosse partie de son propre album semble se passer dans un récit différent du reste. J'ai préféré le troisième tome qui possède une poésie que j'aime bien et qui parle de sujet plus grave que les autres albums qui sont plus enfantins. L'humour est léger et le dessin est vraiment le genre de style que j'aime retrouver dans une BD jeunesse.
En gros, ce sont des albums que je recommanderais aux parents. Les histoires sont simples et se lisent assez vite.
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Pastorius Grant
Le point fort de cet album est manifestement son dessin et cette très belle colorisation chatoyante. On a aussi de beaux silences dans ces dialogues d'un western qui sans être convenu ne révolutionne pas le genre. Si bien que c'est lu en 15 minutes. Un vieil homme, Pastorius Grant, au passé trouble croise le chemin d'une jeune fille aveugle, et ils s'avèrent être liés, on devine la fin assez vite. Une belle lecture malgré tout.
L'Autre Monde - Cycle 4
J'ai enfin lu dernier cycle de L'Autre Monde et mon sentiment est mitigé. Si on regarde au niveau du scénario, c'est la suite qui se justifie le plus parce qu'on apprend enfin le passé d'un des personnages principaux de la série, mais au niveau du divertissement je pense que dans les suites j'aime mieux le cycle 3 qui avait un scénario moins ambitieux, mais qui possédait une belle ambiance pour Noël. Le scénario accumule les scènes pas mal avec d'autres qui m'ont moins accroché. Toute la dénonciation de la guerre, par exemple, m'a semblé sortir de récits que j'avais déjà lus mille fois. Il faut dire aussi que le seul personnage qui m'intéresse vraiment est le professeur-savant, alors c'est sympa de voir qui est vraiment Jan, mais Jan lui-même ne dégage pas beaucoup de charisme. Au final, cela vaut surtout pour le dessin de Magnin, qui est superbe comme d'habitude et pour certaines scènes que j'ai bien aimées.
Retour à Tomioka
Un one-shot pour jeunes sympathique. Les auteurs mélangent bien le Japon traditionnel (les youkais) et le Japon moderne (la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima) pour donner un récit qui peut être lu autant par un jeune qu'un adulte, quoique dans mon cas je serais moins enthousiaste que la plupart des autres aviseurs. Le scénario est bien fait, mais ne m’a pas passionné plus que ça. Je pense que cela vient en partie du fait que je ne suis pas spécialement attaché aux personnages et que je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions lors des scènes qui ont clairement été écrites pour émouvoir les lecteurs. J'ai surtout trouvé intéressant les scènes avec l'espèce d'esprit du nucléaire. Le dessin est correct, mais je ne suis pas trop fan de ce style.
Au coeur du désert
"Au cœur du désert" est une libre adaptation du roman de Joseph Conrad " Au cœur des ténèbres" , qui a déjà donné le mythique "Apocalypse now". Je suis le travail de Jean-François et Maryse Charles depuis des années de la série Fox à India Dreams . Avec ce western, les époux Charles renouent avec l'Ouest américain des "pionniers du nouveau monde". Ce qui ressort de cet album c'est surtout le dessin de JF Charles, on peut même parler de peintures tant son travail s'apparente à celui des peintres du western, comme il l'explique dans le dossier présent à la fin de l'album. L'histoire reprend les codes des westerns, avec shérif corrompu, massacre des indiens, attaque de diligence sans oublier les saloon et les convois de pionniers. Le récit est violent, sans concession et les quelques flash-back m'ont un peu déstabilisé dans la lecture. Je regrette un peu la fin abrupte, et les retrouvailles entre les deux frères auraient dû être sans doute plus développées à mon avis. Un album correct mais il manque un peu de souffle pour en faire un album inoubliable. Une succession de scènes ( histoire de la jeune fille enceinte, celles des éleveurs de moutons etc) qui manque de liant pour une lecture plus fluide et un album plus cohérent.
La Recette véritable - la quête d'un céramiste prodige et de sa fille intrépide
L'histoire de cet album est celle d'une quête artistique folle : trouver la recette véritable, la composition céramique absolue permettant de briser la frontière entre le factice et le vivant. La céramique est ici bien similaire à l'alchimie (la comparaison est même fait à quelques reprises, même si l'un de nos protagonistes défend que lui ne prétend pas créer de l'or), on cherche véritablement à créer la vie par la céramique. La quête de Bernard Palissy et de sa fille Blanche est une quête véritablement folle, iels ont presque tout perdu dans leur quête, ont risqué gros tout du long, surtout lorsque leurs recherches commencent à jouer malgré elles un rôle historique. En effet, pendant que nos deux artistes cherche à créer, les guerres de religions entre protestants et catholiques menacent de tout détruire. L'histoire est intéressante, en tout cas elle touche à des sujets qui m'intéressent un peu (comme la quête de la perfection artistique et la création de la vie), mais la forme a eu du mal à me convaincre. Pas le dessin nécessairement, j'apprécie souvent les traits "tremblants" comme ceux-ci chez des artistes comme Blain, en fait je parle ici de la mise en scène. Le rythme (plus précisément le temps et l'action entre deux cases) m'a parfois semblé bien trop rapide, j'ai eu du mal à ressentir une véritable "cristallisation" de l'action. Par là, j'entend que beaucoup de cases auraient gagnées à être iconisées ou en tout cas auraient méritées à ce que l'action s'arrête un instant pour profiter de la composition. Certaines cases auraient également méritées un peu plus d'expressivité des visages je trouve. L'histoire reste intéressante, même si le résultat n'est pas parfait. (Note réelle 2,5)
Supergirl - Woman of Tomorrow
Il ne faut jamais dire jamais. Il y a peu, droit dans mes bottes, j'aurais soutenu mordicus que jamais, au grand jamais, je dépenserais quelques euros pour un comics de Supergirl. C'est un personnage qui ne m'attire pas, comme la plupart de chez DC Comics, je les trouve trop lisses. Et pourtant, il a fallu deux chouettes avis et surtout les magnifiques planches de la galerie pour faire vaciller mes certitudes. Et j'ai bien fait de changer mon fusil d'épaule. Je vais commencer par le point fort de ce one shot : la partie graphique. Je découvre Bilquis Evely et Matheus Lopes. La première s'occupe du dessin et j'ai adoré son trait fin et précis à la mise en page dynamique. Chaque planche fourmille de détails, jusqu'à cette petite touche féminine où le mascara de nos deux héroïnes sera efficace de la première à la dernière page. Le second s'affère aux couleurs et je lui tire mon chapeau, son travail est fantastique. Des coloris qui jouent tantôt sur une belle harmonie, tantôt sur les contrastes, elles nous plongent dans les différents mondes visités. Très, très beau. Un comics singulier, car s'il est question de super-héros avec Supergirl, le récit se démarque des recits habituels du genre. Il va être question d'une traque dans un mélange de science-fiction et de fantasy. Supergirl pourchasse, avec l'aide de Ruthye, Krem des collines d'ocre, celui-ci a tué le père de cette dernière. Une histoire de vengeance qui fera voyager dans différentes galaxies. Deux femmes marquées par un traumatisme, l'une n'est pas capable de pardonner. Le rôle principal est tenu par la jeune Ruthye, c'est elle qui nous narre cette chasse à l'homme avec sa voix off omniprésente, on découvre Supergirl au travers son regard ainsi que ses pensées. Une narration verbeuse, surtout vers la fin du bouquin, elle a un peu freiné mon enthousiasme. Et je ne suis pas certain d'avoir compris la dernière planche. Un comics recommandable, mais qui ne me donne pas envie de mieux connaître le personnage de Supergirl. Note réelle 3,5. Gros coup de cœur pour la partie graphique.
Jazzman
L’album se laisse lire, il y a des passages un peu planants, les idées en arrière-plan sont louables, et la bichromie à base de bleu donne un rendu plaisant. Mais il m’a quand même manqué quelque chose pour davantage apprécier cet album. Peut-être une narration un chouia plus « construite », je ne sais pas. Pour le reste, la lecture est globalement agréable. Dessin, mise en page et colorisation sont bien fichus. C’est un peu minimaliste, mais j’ai bien aimé. Le récit mêle plusieurs thématiques. D’abord c’est un hommage à une certaine liberté dans la musique, mais aussi à ceux qui l’incarnent. En fin d’album, l’auteur présentent les personnages réels (inconnus de moi à part Nina Simone) qui ont inspiré ceux que nous suivons dans l’album. Une musique non formatée, mue par le plaisir de jouer. En parallèle, nous suivons le jeune maire de la ville, winner insupportable, qui transforme la cité à coup d’opérations immobilière et de gentrification. Et qui développe aussi un projet visant à influencer les habitants par de la musique subliminale. La défense d’une liberté musicale va aller de pair pour les quelques héros que nous suivons avec celle des habitants des quartiers populaires. Un album intéressant, malgré les petits bémols pointés plus haut.
Le Père-Lachaise - Légendes, célébrités et sépultures insolites
Si l’on s’attend rarement à tomber sur une pépite quand il est question d’ouvrages collectifs présentant des histoires courtes, « Le Père-Lachaise » constitue globalement une lecture plaisante. Quiconque ayant mis les pieds dans ce cimetière emblématique de la capitale, également charmant lieu de promenade, prendra plaisir à découvrir des anecdotes intéressantes sur leurs célèbres « résidents », anecdotes qui parfois se sont transformées en légendes flirtant avec les superstitions. Pour chaque chapitre du livre, dont la narration est chapeautée par Sébastien Floc’h, c’est un maître de cérémonie habitué des lieux, un chat noir bien vivant celui-là, qui de son pas feutré va dénicher pour nous les secrets derrière ces tombes silencieuses, apportant à l'ensemble une jolie note poétique. Et comme à tout seigneur, tout honneur, à celui qui a donné son nom au site que sera dédié le premier chapitre, François d’Aix de La Chaize, ayant vécu au XVIIe siècle. On y apprend que celui-ci, simple jésuite s’étant enrichi grâce à sa position privilégiée aux côtés de Louis XIV, avait fait construire à l’emplacement même du cimetière actuel (dénommé à l’époque le Mont-Louis) une demeure luxueuse entourée de jardins à la française. Cent ans après sa mort, le site fut transformé en la nécropole que l’on connaît aujourd’hui. Quelques allées plus loin, on découvrira les biographies, au format incompressible de sept pages, des plus illustres résidents, dont Honoré de Balzac, Frédéric Chopin, Alfred de Musset, Allan Kardec, Oscar Wilde, Sarah Bernhardt et bien entendu Jim Morrison, qui fait l’objet d’un véritable culte de la part des fans du « Roi Lézard ». Moins connu, le gisant représentant Victor Noir, républicain antibonarpartiste au destin tragique, fait pourtant l’objet d’une certaine vénération des visiteurs et particulièrement des visiteuses, notamment en raison de son sexe protubérant (eh oui, je savais bien que vous en aviez entendu parler…). Le choix des dessinateurs est plutôt convaincant. La plupart appartiennent à un courant privilégiant l’indépendance artistique et ont déjà apporté à maintes reprises la preuve de leur talent. Dans cette belle échappée funéraire, et bien évidemment jamais plombante (faut-il vraiment le préciser ?), on retiendra surtout Nancy Peña, Sagar, Terkel Risbjerg, Sylvain Dorange, David François, Fabio Mancini, Enrique Corominas et Grazia La Padula. Doté d’une très belle couverture (de Corominas), « Le Père-Lachaise » donnera à coup sûr envie aux amateurs d’Histoire, d’art et de littérature, de découvrir ou redécouvrir le lieu, voire — pourquoi pas ? — de déposer une fleur sur une tombe, tandis que d’autres pourraient avoir simplement envie de vérifier certains des points évoqués dans l’ouvrage… et honni soit qui mal y pense !
Le Piano Oriental
Je commence à être familier du style graphique de Zeina Abirached, et j’apprécie toujours autant son dessin très stylisé, à la fois « décoratif » et original. Je commence aussi à connaître son univers biographique, sa vision de Beyrouth, au cœur de quasiment tous ses albums. Ici, je suis sorti sur ma faim du récit. Il mêle deux histoires. Une, haute en symbole et a priori intéressante, autour de la double culture (arabe et française), des différences entre les deux langues. L’autre – qui donne son titre à l’album – autour d’un homme qui a passé toute sa vie à accorder des pianos, et qui a créé un piano capable de permettre de jouer de la musique orientale et la musique classique occidentale, par un simple jeu de pédales. Si ce piano « bilingue » permet de faire un parallèle avec l’autre histoire, cette partie de l’album se révèle un peu longuette et accouche un peu d’une souris. Sans doute l'autre pan de l'histoire aurait-il mérité d'accaparer l'essentiel de l'intrigue. Note réelle 2,5/5.
Chassé-croisé au Val Doré
C'est du Lewis Trondheim pour les jeunes ce qui veut dire que c'est imaginatif et créatif, mais avec un humour qui ne s'adresse pas trop à moi. Une originalité est qu'on suit un personnage différent à chaque tome et cela forme un tout cohérent. Je suis tout de même un peu déçu que le quatrième tome me semble un peu plus en retrait des autres albums, le président de la république ne partageant que quelques pages avec les autres protagonistes et une grosse partie de son propre album semble se passer dans un récit différent du reste. J'ai préféré le troisième tome qui possède une poésie que j'aime bien et qui parle de sujet plus grave que les autres albums qui sont plus enfantins. L'humour est léger et le dessin est vraiment le genre de style que j'aime retrouver dans une BD jeunesse. En gros, ce sont des albums que je recommanderais aux parents. Les histoires sont simples et se lisent assez vite.