Deux récits inspirés du folklore irlandais, publiés par Semic dans un petit format à l'italienne. Il s'agit de contes que j'ignorais totalement mais qui reflètent des thématiques assez universelles. L'album cherche moins à moderniser ces mythes qu'à en préserver le parfum de contes anciens, avec leurs épreuves initiatiques, leur merveilleux et leurs leçons morales.
Le dessin d'Amandine Labarre est certainement le principal intérêt de l'album. Avec son style très illustratif inspiré des enluminures et des tapisseries médiévales, ses profils omniprésents, ses couleurs élégantes et ses compositions soignées, il donne à l'ensemble une vraie identité visuelle. C'est propre, classe et souvent très beau, même si ce choix esthétique crée aussi une certaine distance. Les visages sont figés et se ressemblent beaucoup (au point qu'il est difficile de distinguer un roi d'une reine). C'est probablement un parti pris cohérent avec l'inspiration médiévale recherchée, mais cela empêche l'album d'être totalement envoûtant.
La première histoire, Le fils du roi d'Erin, reprend une véritable légende irlandaise. On y retrouve tous les ingrédients du conte traditionnel : un prince trop sûr de lui, un géant qui lui impose des épreuves impossibles et une aide providentielle venue de la fille du géant, plus intelligente et débrouillarde que lui. Le récit fonctionne comme un vieux conte avec ses règles propres, mais certains comportements paraissent aujourd'hui assez artificiels. Le prince est notamment difficile à apprécier, tant son arrogance et son manque d'honnêteté contrastent avec le rôle de héros qu'il est censé tenir. Le mariage avec celle qui l'a sauvé, présenté comme une juste récompense pour les efforts de la belle, semble presque aller de soi dans la logique du conte, mais laisse une impression un peu datée.
La seconde histoire, L'ode à la mort du barde de Connaught, est plus courte et davantage centrée sur une idée mythique que sur une légende bien précise : la puissance presque magique de la parole du poète dans la tradition celtique. Le barde (qui est ici inspiré du personnage semi-légendaire Senchán Torpéist) possède un pouvoir lié à sa maîtrise du langage, mais son orgueil finit par provoquer sa chute. Le thème est intéressant, avec une morale qui rappelle certains grands mythes universels comme le mythe de Prométhée ou de l'Apprenti-sorcier, même si là encore le personnage principal n'est pas particulièrement attachant.
C'est donc un album intéressant pour découvrir deux légendes celtiques assez méconnues, porté par une belle élégance graphique et un vrai respect des récits traditionnels. Mais en privilégiant autant l'atmosphère des contes anciens, il conserve aussi leur côté parfois froid, distant et peu naturel pour un lecteur moderne. Une belle curiosité plus qu'une lecture réellement marquante.
J'avais beaucoup entendu le nom Persona sans même savoir s'il s'agissait d'un jeu vidéo ou d'une série animée (si j'ai bien compris, c'est une série de jeux dont au moins une série animée a été adaptée). J'ai donc découvert complètement cet univers avec cette adaptation en manga.
Le résultat est correct sur quasiment tous les plans : le dessin est propre et efficace, la mise en scène fonctionne bien, le rythme est maîtrisé et les relations entre les personnages sont suffisamment développées pour que l'on comprenne leurs motivations. L'univers possède aussi une vraie identité, avec son mélange de vie lycéenne japonaise, de fantastique, d'action et de critique sociale autour d'une jeunesse qui tente de se révolter contre les adultes corrompus qui l'entourent.
Mais malgré toutes ces qualités, je n'ai pas été réellement passionné par cette lecture. Ce qui doit probablement très bien fonctionner dans un RPG, avec l'implication du joueur, la progression de son équipe, l'exploration et le plaisir de construire son personnage, paraît plus artificiel et répétitif sous forme de manga. Les différentes étapes de l'aventure s'enchaînent de manière assez mécanique, et certains éléments qui doivent avoir beaucoup d'impact dans le jeu perdent une partie de leur force sur papier.
C'est particulièrement visible dans l'esthétique des héros lorsqu'ils invoquent leurs Persona : leurs costumes très théâtraux et leur mise en scène très appuyée donnent parfois un côté un peu adolescent ou presque "bêta" qui passe probablement mieux dans le cadre spectaculaire d'un jeu vidéo. J'ai eu parfois l'impression de lire la retranscription d'un système de gameplay plutôt qu'une histoire qui aurait réellement besoin du support manga.
C'est une adaptation sérieuse et soignée, qui devrait sans doute satisfaire les fans du jeu en retrouvant leurs personnages et leur univers favoris, mais qui aura probablement plus de mal à passionner ceux qui, comme moi, découvrent Persona 5 sans attachement préalable à la licence.
Les mésaventures de Susie, une jeune femme qui débarque en ville et se retrouve dans des situations où le sexe devient son principal moyen de s'en sortir... ce qui l'arrange plutôt en fait.
Le dessin a un petit côté série B un peu cheap, avec des couleurs pétantes et un trait qui manque de finesse et d'élégance. Cela reste néanmoins agréable à regarder et possède un certain charme. La construction en courts chapitres donne d'ailleurs l'impression de lire une prépublication en magazine, chaque épisode étant centré sur une nouvelle situation.
Le principal défaut est que beaucoup de scènes reposent sur des rapports obtenus sous une forme de contrainte, pour payer un loyer ou décrocher un emploi par exemple. Heureusement, le scénario joue justement avec cette ambiguïté : Susie est parfaitement consciente de son tempérament nymphomane et finit toujours par assumer pleinement ses envies avec le sourire. C'est la fausse ingénue dans toute sa splendeur. On est davantage dans une héroïne qui reprend le contrôle de sa sexualité avec une certaine autodérision que dans le fantasme malsain d'une femme prenant plaisir à subir. La conclusion du premier tome est d'ailleurs assez logique : puisqu'elle aime le sexe et s'en sert pour obtenir ce qu'elle veut, autant en faire ouvertement son métier, ce qui lance le second volume.
Rien de particulièrement mémorable, mais un porno de série B qui fait correctement le travail, avec un peu d'humour et suffisamment de recul pour éviter d'être totalement idiot.
Dans un Moyen Âge dominé par les superstitions, un enfant albinos rejeté par les siens trouve refuge auprès d'une mystérieuse femme accusée de sorcellerie et découvre peu à peu qui il est réellement.
Cette BD séduit d'abord par son aspect visuel. On a souvent l'impression de feuilleter l'album tiré d'un long métrage d'animation tant le dessin est typique du genre, soigné et superbement colorisé. L'ensemble est peut-être un peu formaté dans son esthétique, mais c'est réalisé avec beaucoup de talent.
L'histoire est touchante et pleine de justesse. Il est difficile de ne pas s'attacher à Martino et celle qui l'accueille, et de ne pas être révolté par l'intolérance, la xénophobie et le patriarcat auxquels ils sont confrontés. J'ai également apprécié que la famille du héros soit traitée avec davantage de nuances que le reste du village, laissant une place à l'amour et à l'affection malgré les conflits.
J'ai toutefois trouvé que le message moderne était parfois un peu trop appuyé. Entre les stéréotypes de harceleurs et autres dénonciateurs chez les villageois, les femmes persécutées parce qu'elles s'aiment, le personnage principal qui se découvre transgenre et le rapport harmonieux à la nature, l'ensemble donne parfois davantage l'impression de vouloir délivrer un message que de raconter une histoire. Cela ne remet pas en cause mon soutien à ces causes, simplement j'aurais préféré davantage de subtilité.
Je note aussi que pendant toute ma lecture, je m'attendais à une conclusion tragique trop prévisible. J'ai donc été agréablement surpris par le choix d'un dénouement plus heureux. Je regrette seulement que cette fin arrive un peu brusquement et qu'elle ne soit pas davantage développée.
Une jolie lecture, portée par un dessin remarquable et des personnages attachants, même si son propos m'a parfois semblé un peu trop démonstratif.
À la suite du décès de son père qu'il connaissait à peine, Mattéo embarque avec ses amis Victor et Lennon dans un road trip estival vers le Pays basque. Entre concerts, rencontres, errances et retrouvailles avec un passé qu'il pensait ne pas vraiment regretter, ce voyage va peu à peu prendre une dimension plus intime qu'ils ne l'imaginaient.
Avec plus de 300 pages, Les adieux ne durent jamais est un album ambitieux mais aussi atypique dans sa construction. L'entretien en fin d'album explique que Laurent Bonneau a d'abord dessiné des séquences inspirées de ses propres souvenirs et de films de vacances tournés dans sa jeunesse, sans véritable direction narrative arrêtée. Jim est ensuite venu construire progressivement une histoire autour de cette matière avant que l'ensemble soit remonté et réorganisé presque comme un film. Cette méthode originale explique sans doute cette impression de cheminement parfois erratique de l'histoire, comme si on observait des moments de vie plutôt que de suivre une intrigue solidement structurée. Le récit avance par fragments, en suivant plusieurs histoires parallèles vécues par le trio sans qu'aucune ne s'impose véritablement comme fil conducteur exclusif. Le retour de Mattéo sur les traces de son père demeure le moteur principal du récit, mais il partage constamment l'espace avec d'autres préoccupations, rencontres ou épisodes de vacances.
J'ai apprécié certains éléments de cette chronique estivale, notamment l'ambiance de vacances adolescentes, les paysages baignés de lumière et le dessin très expressif de Laurent Bonneau. En revanche, j'ai eu davantage de mal avec les personnages. Ces jeunes artistes un peu bohèmes, libres d'esprit et souvent en mouvement ne m'ont jamais vraiment permis de m'identifier à eux. Leurs échanges oscillent régulièrement entre complicité sincère, agressivité, immaturité et comportements parfois assez désagréables. Or ce sont souvent des attitudes que l'on accepte volontiers chez des proches que l'on aime déjà, mais beaucoup moins facilement lorsqu'on les découvre simplement comme lecteur.
Il se passe pourtant beaucoup de choses tout au long du voyage. Certaines situations sont touchantes, d'autres originales ou intrigantes, mais j'ai souvent eu le sentiment qu'elles restaient un peu survolées. Les auteurs cherchent manifestement à provoquer de fortes émotions autour du deuil, de l'amitié ou des regrets, sans que cela ne fonctionne toujours sur moi. J'observais davantage les personnages que je ne partageais réellement leurs états d'âme. Seules les toutes dernières pages de l'album ont su davantage mer toucher. Les post-it lus à e moment là ont fait résonner quelque chose de plus personnel. Sans doute parce qu'en tant que père, je sais à quel point certains sentiments envers ses enfants sont profonds tout en restant parfois difficiles à exprimer. C'est à cet instant seulement que l'émotion que le récit cherchait depuis longtemps à faire naître a véritablement pris forme pour moi.
Une lecture singulière, portée par une démarche de création originale et un beau travail graphique, mais dont la structure très libre et les personnages u peu désagréables m'ont maintenu à une certaine distance émotionnelle pendant une grande partie du voyage.
Dans un monde mêlant western, steampunk et post-apocalyptique, le jeune Jim Godspeed, tireur prodige au passé mystérieux lié au plus célèbre des hors-la-loi, rêve de devenir Marshall et se retrouve entraîné dans une aventure toujours plus démesurée.
La première chose qui saute aux yeux, c'est évidemment le dessin de Boichi. C'est impressionnant de maîtrise, avec des décors spectaculaires, des machines improbables, des scènes d'action explosives et des personnages conçus selon la plus pure règle du cool. Tout est pensé pour en mettre plein la vue. Cela fonctionne souvent très bien, même si ce n'est pas forcément ce que je préfère habituellement, tant l'ensemble pousse parfois l'exagération très loin.
Car tout le manga repose sur cette logique de l'outrance : toujours plus fort, toujours plus spectaculaire, toujours plus stylé. Les premiers chapitres m'ont d'ailleurs laissé assez perplexe. L'histoire semble foncer à cent à l'heure sans vraiment prendre le temps de poser ses bases, tandis que Jim paraît d'abord trop détaché et sûr de lui pour être réellement attachant. Certains choix narratifs surprennent même, notamment lorsque le héros atteint presque immédiatement l'objectif qui semblait devoir structurer tout le début de la série.
Pourtant, à mesure que l'on avance, on comprend que cette exubérance fait partie intégrante du projet. Derrière les poses héroïques et les doubles pages spectaculaires, il existe une vraie logique interne. Les relations entre les personnages deviennent plus lisibles, les dialogues fonctionnent bien et le récit gagne progressivement en cohérence. Après un tournoi destiné à mettre le héros à l'épreuve, l'histoire prend une direction plus classique de nekketsu d'aventure, avec l'arrivée de compagnons de route et l'ouverture vers un monde plus vaste.
C'est finalement ce qui m'a accroché. Une fois passé ce démarrage un peu déroutant, je me suis laissé prendre au jeu. L'ensemble m'a souvent fait penser à One Piece : le même goût pour l'aventure, les personnages plus grands que nature et l'imagination débordante, dans un décor de western futuriste. L'humour est moins marquant, mais on retrouve cette énergie permanente qui pousse sans cesse le récit vers l'avant.
Je ne suis donc pas totalement sous le charme, car le style graphique et narratif exubérant de Boichi ne plaira pas à tout le monde. Mais derrière cette avalanche d'effets spectaculaires, j'ai fini par découvrir une série plus solide que ce que les premiers chapitres laissaient penser. J'espère maintenant que l'auteur saura garder le contrôle de son scénario sur la durée et, surtout, mener cette aventure à son terme.
Une petite fable poétique et écologique qui suit une tortue traversant les âges au fil de ses longues siestes, tandis que le monde autour d'elle évolue et que l'humanité finit par passer comme un simple épisode dans l'histoire de la Terre.
Le choix de raconter cette histoire sous la forme d'une fable à l'ancienne fonctionne bien, avec une écriture volontairement désuète évoquant les fables de La Fontaine, notamment par son personnage de tortue mais aussi par ses tournures de phrases anciennes et son ton de conte moral. Le dessin, très simple, au pinceau et à l'encre de Chine, accompagne bien cette impression de promenade tranquille à travers le temps.
Le message est assez clair : l'humanité se croit centrale alors qu'elle n'est qu'un moment parmi d'autres dans une histoire beaucoup plus longue à l'échelle de la Terre. La tortue, imperturbable, traverse les bouleversements du monde sans vraiment se soucier de ce qui arrive autour d'elle, ce qui permet de relativiser notre propre importance et notre impact sur la planète.
L'idée est bonne, le propos est juste et la forme est cohérente avec le message, mais ça reste toutefois une lecture assez légère qui manque d'un angle plus marquant pour vraiment sortir du simple exercice de fable écologique.
Une jeune fille est entraînée dans le monde fantastique d'Aldiqua, où ses aventures prennent la forme de récits initiatiques mêlant magie, symboles et questionnements sur l'enfance puis l'adolescence.
J'ai un avis assez partagé sur cette série. Il y a beaucoup de qualités, à commencer par le dessin à l'aquarelle de Rachele Aragno, très expressif, coloré et souvent très joli. Les univers traversés regorgent d'idées, de créatures étranges et d'ambiances oniriques qui évoquent parfois Alice au pays des merveilles ou L'Oiseau Bleu, tout en conservant leur propre personnalité.
En revanche, j'ai souvent eu du mal à savoir où l'autrice voulait réellement m'emmener. Les intrigues donnent une impression assez hétérogène, avec une succession d'événements, de rencontres et de péripéties qui semblent parfois tenir davantage de l'improvisation que d'une progression clairement construite. Les symboles, métaphores et séquences presque rêveuses prennent une place importante. Ce n'est pas désagréable à lire, mais cela laisse régulièrement perplexe.
J'ai également eu du mal à m'attacher pleinement à Melvina. Que ce soit enfant ou adolescente, elle reste souvent assez distante du lecteur. Ses réactions sont cohérentes avec les thèmes abordés, mais elle ne possède pas toujours ce supplément d'âme qui permet de créer un véritable lien émotionnel. On suit son parcours avec curiosité plus qu'avec une réelle implication affective.
Les deux albums abordent pourtant des sujets intéressants. Le premier parle du désir de grandir trop vite et de l'envie d'être enfin écouté par les adultes. Le second s'oriente davantage vers les tourments de l'adolescence, le mal-être, les doutes et l'acceptation de soi. Ces thèmes sont présents tout au long du récit, mais souvent sous une forme très symbolique qui laisse une large place à l'interprétation.
J'ai donc passé un moment plutôt agréable grâce à la richesse visuelle, à l'imagination débordante de l'autrice et à cette atmosphère de conte étrange et rêveur. Pourtant, une fois les albums refermés, j'ai eu du mal à m'en faire un résumé clair ou à définir précisément ce qui m'avait été raconté. C'est une lecture singulière, parfois déroutante, qui semble davantage chercher à faire ressentir des émotions et des états d'esprit qu'à raconter une histoire parfaitement balisée.
Un petit polar sympathique.
J'ai apprécié le trait expressif, simple mais léché d'Iwan Lépingle, façon ligne claire (hormis ses narines un peu bizarres). La colorisation bichrome renforce le côté sombre.
Le scénario n'évite pas les travers des enquêtes de détective amateur. Je vais honteusement laisser gruizzli les énumérer à ma place :
"la jeune femme qui mène l'enquête en parallèle de la police et s'en sort mieux qu'elle (avec une certaine tendance à réussir tout ce qu'elle entreprend), tout le monde qui se confie à une inconnue y compris sur des sujets secrets et importants" (cf son avis sur "Je suis leur silence").
Et une grosse couleuvre habituelle de ce genre d'oeuvres : un témoin de meurtre sain d'esprit qui ne se rue pas chez les flics.
Esma possède une justification intéressante, mais de là à risquer une balle dans la peau...
Pour le reste, ma lecture fut plaisante grâce à des personnages bien campés et une mise en scène maîtrisée.
J'ai eu un peu peur avant de lire cet album parce qu'il est un peu long et que c'est fait par un duo d'auteurs qui ont produit plein d'œuvres qui m'ont laissé de marbre.
Surprise, c'est pas trop mal et il y a même certaines pages qui m'ont captivé (surtout celles qui parlent de l'histoire du Chili). Certains passages m'ont semblé moins biens, mais globalement c'est un album qui se laisse lire sans trop de problèmes. Je pense que j'ai surtout apprécié les parties dessinées par Baudoin. Pour une fois, il utilise de la couleur et j'ai vraiment bien aimé le résultat que cela donnait sur son dessin. En comparaison, le dessin de Lepage sent trop l'informatique et c'est trop froid. Dommage que Baudoin n'a pas perdu son habitude de sauter du coq à l'âne. Il y a des anecdotes qu'il raconte n'ayant aucun lien avec le voyage au Chili et dont j'en avais pas grand chose à foutre.
Au final, l'album se laisse lire et il y a de beaux dessins par moment. Je pense que c’est un album accessible pour ceux qui n’aiment pas trop le style particulier de Baudoin.
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Légendes celtes
Deux récits inspirés du folklore irlandais, publiés par Semic dans un petit format à l'italienne. Il s'agit de contes que j'ignorais totalement mais qui reflètent des thématiques assez universelles. L'album cherche moins à moderniser ces mythes qu'à en préserver le parfum de contes anciens, avec leurs épreuves initiatiques, leur merveilleux et leurs leçons morales. Le dessin d'Amandine Labarre est certainement le principal intérêt de l'album. Avec son style très illustratif inspiré des enluminures et des tapisseries médiévales, ses profils omniprésents, ses couleurs élégantes et ses compositions soignées, il donne à l'ensemble une vraie identité visuelle. C'est propre, classe et souvent très beau, même si ce choix esthétique crée aussi une certaine distance. Les visages sont figés et se ressemblent beaucoup (au point qu'il est difficile de distinguer un roi d'une reine). C'est probablement un parti pris cohérent avec l'inspiration médiévale recherchée, mais cela empêche l'album d'être totalement envoûtant. La première histoire, Le fils du roi d'Erin, reprend une véritable légende irlandaise. On y retrouve tous les ingrédients du conte traditionnel : un prince trop sûr de lui, un géant qui lui impose des épreuves impossibles et une aide providentielle venue de la fille du géant, plus intelligente et débrouillarde que lui. Le récit fonctionne comme un vieux conte avec ses règles propres, mais certains comportements paraissent aujourd'hui assez artificiels. Le prince est notamment difficile à apprécier, tant son arrogance et son manque d'honnêteté contrastent avec le rôle de héros qu'il est censé tenir. Le mariage avec celle qui l'a sauvé, présenté comme une juste récompense pour les efforts de la belle, semble presque aller de soi dans la logique du conte, mais laisse une impression un peu datée. La seconde histoire, L'ode à la mort du barde de Connaught, est plus courte et davantage centrée sur une idée mythique que sur une légende bien précise : la puissance presque magique de la parole du poète dans la tradition celtique. Le barde (qui est ici inspiré du personnage semi-légendaire Senchán Torpéist) possède un pouvoir lié à sa maîtrise du langage, mais son orgueil finit par provoquer sa chute. Le thème est intéressant, avec une morale qui rappelle certains grands mythes universels comme le mythe de Prométhée ou de l'Apprenti-sorcier, même si là encore le personnage principal n'est pas particulièrement attachant. C'est donc un album intéressant pour découvrir deux légendes celtiques assez méconnues, porté par une belle élégance graphique et un vrai respect des récits traditionnels. Mais en privilégiant autant l'atmosphère des contes anciens, il conserve aussi leur côté parfois froid, distant et peu naturel pour un lecteur moderne. Une belle curiosité plus qu'une lecture réellement marquante.
Persona 5
J'avais beaucoup entendu le nom Persona sans même savoir s'il s'agissait d'un jeu vidéo ou d'une série animée (si j'ai bien compris, c'est une série de jeux dont au moins une série animée a été adaptée). J'ai donc découvert complètement cet univers avec cette adaptation en manga. Le résultat est correct sur quasiment tous les plans : le dessin est propre et efficace, la mise en scène fonctionne bien, le rythme est maîtrisé et les relations entre les personnages sont suffisamment développées pour que l'on comprenne leurs motivations. L'univers possède aussi une vraie identité, avec son mélange de vie lycéenne japonaise, de fantastique, d'action et de critique sociale autour d'une jeunesse qui tente de se révolter contre les adultes corrompus qui l'entourent. Mais malgré toutes ces qualités, je n'ai pas été réellement passionné par cette lecture. Ce qui doit probablement très bien fonctionner dans un RPG, avec l'implication du joueur, la progression de son équipe, l'exploration et le plaisir de construire son personnage, paraît plus artificiel et répétitif sous forme de manga. Les différentes étapes de l'aventure s'enchaînent de manière assez mécanique, et certains éléments qui doivent avoir beaucoup d'impact dans le jeu perdent une partie de leur force sur papier. C'est particulièrement visible dans l'esthétique des héros lorsqu'ils invoquent leurs Persona : leurs costumes très théâtraux et leur mise en scène très appuyée donnent parfois un côté un peu adolescent ou presque "bêta" qui passe probablement mieux dans le cadre spectaculaire d'un jeu vidéo. J'ai eu parfois l'impression de lire la retranscription d'un système de gameplay plutôt qu'une histoire qui aurait réellement besoin du support manga. C'est une adaptation sérieuse et soignée, qui devrait sans doute satisfaire les fans du jeu en retrouvant leurs personnages et leur univers favoris, mais qui aura probablement plus de mal à passionner ceux qui, comme moi, découvrent Persona 5 sans attachement préalable à la licence.
Susie
Les mésaventures de Susie, une jeune femme qui débarque en ville et se retrouve dans des situations où le sexe devient son principal moyen de s'en sortir... ce qui l'arrange plutôt en fait. Le dessin a un petit côté série B un peu cheap, avec des couleurs pétantes et un trait qui manque de finesse et d'élégance. Cela reste néanmoins agréable à regarder et possède un certain charme. La construction en courts chapitres donne d'ailleurs l'impression de lire une prépublication en magazine, chaque épisode étant centré sur une nouvelle situation. Le principal défaut est que beaucoup de scènes reposent sur des rapports obtenus sous une forme de contrainte, pour payer un loyer ou décrocher un emploi par exemple. Heureusement, le scénario joue justement avec cette ambiguïté : Susie est parfaitement consciente de son tempérament nymphomane et finit toujours par assumer pleinement ses envies avec le sourire. C'est la fausse ingénue dans toute sa splendeur. On est davantage dans une héroïne qui reprend le contrôle de sa sexualité avec une certaine autodérision que dans le fantasme malsain d'une femme prenant plaisir à subir. La conclusion du premier tome est d'ailleurs assez logique : puisqu'elle aime le sexe et s'en sert pour obtenir ce qu'elle veut, autant en faire ouvertement son métier, ce qui lance le second volume. Rien de particulièrement mémorable, mais un porno de série B qui fait correctement le travail, avec un peu d'humour et suffisamment de recul pour éviter d'être totalement idiot.
Rebis
Dans un Moyen Âge dominé par les superstitions, un enfant albinos rejeté par les siens trouve refuge auprès d'une mystérieuse femme accusée de sorcellerie et découvre peu à peu qui il est réellement. Cette BD séduit d'abord par son aspect visuel. On a souvent l'impression de feuilleter l'album tiré d'un long métrage d'animation tant le dessin est typique du genre, soigné et superbement colorisé. L'ensemble est peut-être un peu formaté dans son esthétique, mais c'est réalisé avec beaucoup de talent. L'histoire est touchante et pleine de justesse. Il est difficile de ne pas s'attacher à Martino et celle qui l'accueille, et de ne pas être révolté par l'intolérance, la xénophobie et le patriarcat auxquels ils sont confrontés. J'ai également apprécié que la famille du héros soit traitée avec davantage de nuances que le reste du village, laissant une place à l'amour et à l'affection malgré les conflits. J'ai toutefois trouvé que le message moderne était parfois un peu trop appuyé. Entre les stéréotypes de harceleurs et autres dénonciateurs chez les villageois, les femmes persécutées parce qu'elles s'aiment, le personnage principal qui se découvre transgenre et le rapport harmonieux à la nature, l'ensemble donne parfois davantage l'impression de vouloir délivrer un message que de raconter une histoire. Cela ne remet pas en cause mon soutien à ces causes, simplement j'aurais préféré davantage de subtilité. Je note aussi que pendant toute ma lecture, je m'attendais à une conclusion tragique trop prévisible. J'ai donc été agréablement surpris par le choix d'un dénouement plus heureux. Je regrette seulement que cette fin arrive un peu brusquement et qu'elle ne soit pas davantage développée. Une jolie lecture, portée par un dessin remarquable et des personnages attachants, même si son propos m'a parfois semblé un peu trop démonstratif.
Les Adieux ne durent jamais
À la suite du décès de son père qu'il connaissait à peine, Mattéo embarque avec ses amis Victor et Lennon dans un road trip estival vers le Pays basque. Entre concerts, rencontres, errances et retrouvailles avec un passé qu'il pensait ne pas vraiment regretter, ce voyage va peu à peu prendre une dimension plus intime qu'ils ne l'imaginaient. Avec plus de 300 pages, Les adieux ne durent jamais est un album ambitieux mais aussi atypique dans sa construction. L'entretien en fin d'album explique que Laurent Bonneau a d'abord dessiné des séquences inspirées de ses propres souvenirs et de films de vacances tournés dans sa jeunesse, sans véritable direction narrative arrêtée. Jim est ensuite venu construire progressivement une histoire autour de cette matière avant que l'ensemble soit remonté et réorganisé presque comme un film. Cette méthode originale explique sans doute cette impression de cheminement parfois erratique de l'histoire, comme si on observait des moments de vie plutôt que de suivre une intrigue solidement structurée. Le récit avance par fragments, en suivant plusieurs histoires parallèles vécues par le trio sans qu'aucune ne s'impose véritablement comme fil conducteur exclusif. Le retour de Mattéo sur les traces de son père demeure le moteur principal du récit, mais il partage constamment l'espace avec d'autres préoccupations, rencontres ou épisodes de vacances. J'ai apprécié certains éléments de cette chronique estivale, notamment l'ambiance de vacances adolescentes, les paysages baignés de lumière et le dessin très expressif de Laurent Bonneau. En revanche, j'ai eu davantage de mal avec les personnages. Ces jeunes artistes un peu bohèmes, libres d'esprit et souvent en mouvement ne m'ont jamais vraiment permis de m'identifier à eux. Leurs échanges oscillent régulièrement entre complicité sincère, agressivité, immaturité et comportements parfois assez désagréables. Or ce sont souvent des attitudes que l'on accepte volontiers chez des proches que l'on aime déjà, mais beaucoup moins facilement lorsqu'on les découvre simplement comme lecteur. Il se passe pourtant beaucoup de choses tout au long du voyage. Certaines situations sont touchantes, d'autres originales ou intrigantes, mais j'ai souvent eu le sentiment qu'elles restaient un peu survolées. Les auteurs cherchent manifestement à provoquer de fortes émotions autour du deuil, de l'amitié ou des regrets, sans que cela ne fonctionne toujours sur moi. J'observais davantage les personnages que je ne partageais réellement leurs états d'âme. Seules les toutes dernières pages de l'album ont su davantage mer toucher. Les post-it lus à e moment là ont fait résonner quelque chose de plus personnel. Sans doute parce qu'en tant que père, je sais à quel point certains sentiments envers ses enfants sont profonds tout en restant parfois difficiles à exprimer. C'est à cet instant seulement que l'émotion que le récit cherchait depuis longtemps à faire naître a véritablement pris forme pour moi. Une lecture singulière, portée par une démarche de création originale et un beau travail graphique, mais dont la structure très libre et les personnages u peu désagréables m'ont maintenu à une certaine distance émotionnelle pendant une grande partie du voyage.
The Marshal King
Dans un monde mêlant western, steampunk et post-apocalyptique, le jeune Jim Godspeed, tireur prodige au passé mystérieux lié au plus célèbre des hors-la-loi, rêve de devenir Marshall et se retrouve entraîné dans une aventure toujours plus démesurée. La première chose qui saute aux yeux, c'est évidemment le dessin de Boichi. C'est impressionnant de maîtrise, avec des décors spectaculaires, des machines improbables, des scènes d'action explosives et des personnages conçus selon la plus pure règle du cool. Tout est pensé pour en mettre plein la vue. Cela fonctionne souvent très bien, même si ce n'est pas forcément ce que je préfère habituellement, tant l'ensemble pousse parfois l'exagération très loin. Car tout le manga repose sur cette logique de l'outrance : toujours plus fort, toujours plus spectaculaire, toujours plus stylé. Les premiers chapitres m'ont d'ailleurs laissé assez perplexe. L'histoire semble foncer à cent à l'heure sans vraiment prendre le temps de poser ses bases, tandis que Jim paraît d'abord trop détaché et sûr de lui pour être réellement attachant. Certains choix narratifs surprennent même, notamment lorsque le héros atteint presque immédiatement l'objectif qui semblait devoir structurer tout le début de la série. Pourtant, à mesure que l'on avance, on comprend que cette exubérance fait partie intégrante du projet. Derrière les poses héroïques et les doubles pages spectaculaires, il existe une vraie logique interne. Les relations entre les personnages deviennent plus lisibles, les dialogues fonctionnent bien et le récit gagne progressivement en cohérence. Après un tournoi destiné à mettre le héros à l'épreuve, l'histoire prend une direction plus classique de nekketsu d'aventure, avec l'arrivée de compagnons de route et l'ouverture vers un monde plus vaste. C'est finalement ce qui m'a accroché. Une fois passé ce démarrage un peu déroutant, je me suis laissé prendre au jeu. L'ensemble m'a souvent fait penser à One Piece : le même goût pour l'aventure, les personnages plus grands que nature et l'imagination débordante, dans un décor de western futuriste. L'humour est moins marquant, mais on retrouve cette énergie permanente qui pousse sans cesse le récit vers l'avant. Je ne suis donc pas totalement sous le charme, car le style graphique et narratif exubérant de Boichi ne plaira pas à tout le monde. Mais derrière cette avalanche d'effets spectaculaires, j'ai fini par découvrir une série plus solide que ce que les premiers chapitres laissaient penser. J'espère maintenant que l'auteur saura garder le contrôle de son scénario sur la durée et, surtout, mener cette aventure à son terme.
Monsieur Tortue
Une petite fable poétique et écologique qui suit une tortue traversant les âges au fil de ses longues siestes, tandis que le monde autour d'elle évolue et que l'humanité finit par passer comme un simple épisode dans l'histoire de la Terre. Le choix de raconter cette histoire sous la forme d'une fable à l'ancienne fonctionne bien, avec une écriture volontairement désuète évoquant les fables de La Fontaine, notamment par son personnage de tortue mais aussi par ses tournures de phrases anciennes et son ton de conte moral. Le dessin, très simple, au pinceau et à l'encre de Chine, accompagne bien cette impression de promenade tranquille à travers le temps. Le message est assez clair : l'humanité se croit centrale alors qu'elle n'est qu'un moment parmi d'autres dans une histoire beaucoup plus longue à l'échelle de la Terre. La tortue, imperturbable, traverse les bouleversements du monde sans vraiment se soucier de ce qui arrive autour d'elle, ce qui permet de relativiser notre propre importance et notre impact sur la planète. L'idée est bonne, le propos est juste et la forme est cohérente avec le message, mais ça reste toutefois une lecture assez légère qui manque d'un angle plus marquant pour vraiment sortir du simple exercice de fable écologique.
Melvina
Une jeune fille est entraînée dans le monde fantastique d'Aldiqua, où ses aventures prennent la forme de récits initiatiques mêlant magie, symboles et questionnements sur l'enfance puis l'adolescence. J'ai un avis assez partagé sur cette série. Il y a beaucoup de qualités, à commencer par le dessin à l'aquarelle de Rachele Aragno, très expressif, coloré et souvent très joli. Les univers traversés regorgent d'idées, de créatures étranges et d'ambiances oniriques qui évoquent parfois Alice au pays des merveilles ou L'Oiseau Bleu, tout en conservant leur propre personnalité. En revanche, j'ai souvent eu du mal à savoir où l'autrice voulait réellement m'emmener. Les intrigues donnent une impression assez hétérogène, avec une succession d'événements, de rencontres et de péripéties qui semblent parfois tenir davantage de l'improvisation que d'une progression clairement construite. Les symboles, métaphores et séquences presque rêveuses prennent une place importante. Ce n'est pas désagréable à lire, mais cela laisse régulièrement perplexe. J'ai également eu du mal à m'attacher pleinement à Melvina. Que ce soit enfant ou adolescente, elle reste souvent assez distante du lecteur. Ses réactions sont cohérentes avec les thèmes abordés, mais elle ne possède pas toujours ce supplément d'âme qui permet de créer un véritable lien émotionnel. On suit son parcours avec curiosité plus qu'avec une réelle implication affective. Les deux albums abordent pourtant des sujets intéressants. Le premier parle du désir de grandir trop vite et de l'envie d'être enfin écouté par les adultes. Le second s'oriente davantage vers les tourments de l'adolescence, le mal-être, les doutes et l'acceptation de soi. Ces thèmes sont présents tout au long du récit, mais souvent sous une forme très symbolique qui laisse une large place à l'interprétation. J'ai donc passé un moment plutôt agréable grâce à la richesse visuelle, à l'imagination débordante de l'autrice et à cette atmosphère de conte étrange et rêveur. Pourtant, une fois les albums refermés, j'ai eu du mal à m'en faire un résumé clair ou à définir précisément ce qui m'avait été raconté. C'est une lecture singulière, parfois déroutante, qui semble davantage chercher à faire ressentir des émotions et des états d'esprit qu'à raconter une histoire parfaitement balisée.
Esma
Un petit polar sympathique. J'ai apprécié le trait expressif, simple mais léché d'Iwan Lépingle, façon ligne claire (hormis ses narines un peu bizarres). La colorisation bichrome renforce le côté sombre. Le scénario n'évite pas les travers des enquêtes de détective amateur. Je vais honteusement laisser gruizzli les énumérer à ma place : "la jeune femme qui mène l'enquête en parallèle de la police et s'en sort mieux qu'elle (avec une certaine tendance à réussir tout ce qu'elle entreprend), tout le monde qui se confie à une inconnue y compris sur des sujets secrets et importants" (cf son avis sur "Je suis leur silence"). Et une grosse couleuvre habituelle de ce genre d'oeuvres : un témoin de meurtre sain d'esprit qui ne se rue pas chez les flics. Esma possède une justification intéressante, mais de là à risquer une balle dans la peau... Pour le reste, ma lecture fut plaisante grâce à des personnages bien campés et une mise en scène maîtrisée.
Au pied des étoiles
J'ai eu un peu peur avant de lire cet album parce qu'il est un peu long et que c'est fait par un duo d'auteurs qui ont produit plein d'œuvres qui m'ont laissé de marbre. Surprise, c'est pas trop mal et il y a même certaines pages qui m'ont captivé (surtout celles qui parlent de l'histoire du Chili). Certains passages m'ont semblé moins biens, mais globalement c'est un album qui se laisse lire sans trop de problèmes. Je pense que j'ai surtout apprécié les parties dessinées par Baudoin. Pour une fois, il utilise de la couleur et j'ai vraiment bien aimé le résultat que cela donnait sur son dessin. En comparaison, le dessin de Lepage sent trop l'informatique et c'est trop froid. Dommage que Baudoin n'a pas perdu son habitude de sauter du coq à l'âne. Il y a des anecdotes qu'il raconte n'ayant aucun lien avec le voyage au Chili et dont j'en avais pas grand chose à foutre. Au final, l'album se laisse lire et il y a de beaux dessins par moment. Je pense que c’est un album accessible pour ceux qui n’aiment pas trop le style particulier de Baudoin.