Oger poursuit sa « collection » d’auteur amoureux du Far West, avec toujours une thématique, ici ce sont les femmes qui sont à l’honneur. Et pas forcément les plus connues (de moi en tout cas). Ainsi, pas de Calamity Jane ou de Cynthia Ann Parker, que l’on aurait pu attendre parmi les femmes évoquées ici.
Le « fil rouge » reliant toutes les histoires est assez artificiel (dans les années 1970, une femme enquête et rencontre une vieille indienne, qui lui raconte les plus ou moins hauts faits de quelques « femmes de l’ouest ».
C’est le prétexte à une douzaine d’histoire présentant autant de femmes.
Thématique oblige j’imagine, Oger s’est entouré quasiment exclusivement de dessinatrice (seul Paul Gastine pour l’intro et la conclusion, et François Boucq pour une histoire, font exception).
Il y a donc moins de « pointures » habituées au western que dans les premiers albums de cette « collection ». Pourquoi pas ?
Mais toutes les dessinatrices ne m’ont pas convaincu (affaires de goût).
Comme tous les projets de ce genre, l’album souffre de l’éclectisme des préposées au dessin (je ne suis a priori pas fan de ce genre de mélange dans un même album). Mais aussi du peu de pages parfois allouées à chaque histoire. Et, probablement que ça joue aussi, Oger doit commencer à manquer d’inspiration. En tout cas si l’album se laisse lire, il ne m’a clairement pas enthousiasmé.
Mais je lui reconnais néanmoins un grand mérite, à savoir de mettre sur le devant des femmes, souvent occultées dans l’Histoire, particulièrement celle du « Far West ». Celle aussi de rappeler en fin d’album le scandale de la stérilisation forcée de dizaines de milliers de femmes amérindiennes (et ce jusqu’à il n’y a pas si longtemps).
Trois personnages m'intéressent : le de droite Albert, et les deux de gauche, l'un un peu idéaliste gnian-gnian comme Albert, l'autre plus déplaisant. J'aime bien la scène où les deux idéalistes opposés invoquent je ne sais plus quelle statue républicaine dans la rue. Chacun pense porter la vraie croix, pardon, être le vrai dépositaire des valeurs de la République. Emouvant mais un peu comique : dans la bd la République n'est pas en danger, ce sont en vérité les illuminés des deux camps qui pourraient la mettre en danger, d'ailleurs… Mais tous souffrent : Albert des humiliations du quotidien, d'attente qu'un changement politique ne le transcende, du gentil gauchiste on ne sait pas la vie, mais en tout cas la frustration de faire en partie pour de l'argent ce qui devrait s'accomplir par idéal. L'autre porte un regard noir sur la vie que je pense assez lucide mais dont il se sert pour agresser tout le monde en déstabilisant les autres. Oui, en donnant la vie à des enfants, on leur donne aussi la mort… Malgré ce fond de sauce assez âpre et je ne sais plus trop quelle enquête policière, on lit tout ça en souriant grâce à l'aspect comique dont j'ai parlé et aux dessins assez ronds, tendres, sans oublier les couleurs assez douces.
La ballade de Johnny est la première série d'Eric Puech publiée chez Comics USA. Puech était encore seul aux manettes, il s'adjoindra parfois les services de scénaristes par la suite pour se concentrer sur le dessin.
On retrouve un schéma narratif récurrent , c'est à dire les derniers instants d'une cavale au pays du hamburger avec une fin rythmée par le bruit des balles.
On retrouve aussi l'esthétique pulp très identifiable chez Puech, avec cette obsession des belles voitures et des armes à feu.
Une bande sans prétention aucune qui fait le boulot.
Un autre polar japonais avec les qualités et les défauts que l'on retrouve souvent dans ce type de manga.
Parmi les qualités, il y a l'idée de départ qui est bien trouvée : un gamin qui vit avec sa petite sœur et qui a une mère qui les laisse souvent sans surveillances plusieurs jours de suites à échanger de corps avec un criminel qui a aucun problème pour tuer et qui est recherché à la fois par la police et d'anciens complices. Comment va-t-il se sortir de cette situation et va-t-il être capable de sauver sa petite sœur qui vit maintenant avec un dangereux psychopathe ?
L'intrigue est pas mal, mais malheureusement on tombe aussi dans les travers des polars à la japonaise. J'ai rien contre un scénario qui contient une ou deux grosses coïncidences, mais plus on avançait dans les tomes et plus je trouvais qu'il y en avait un peu trop. On tombe aussi dans des facilités scénaristiques et encore une fois plus on avance dans le scénario, plus je trouvais que ça devenait un peu trop gros la manière dont le héros réussit à toujours se sortir du pétrin. J'ai trouvé passionnant les trois premiers tomes et j'ai un peu décroché avec les deux derniers tomes qui tombent parfois dans le n'importe quoi.
Au final, ça se laisse lire, mais je suis un peu déçu de la tournure qu'a pris un scénario qui m'avais bien accroché au début. Quant au dessin, c'est typiquement le genre de style qu'on trouve dans ce genre de seinen et c'est correct.
J’ai préféré cette adaptation à celle de L'Île du Docteur Moreau pourtant on y trouve les mêmes qualités et défauts.
Qualités dans la partie graphique, j’ai même préféré le travail que propose Mathieu Moreau. Très sympa à parcourir, propre et efficace, on sent le soin.
Niveau récit, c’est tout aussi « moisi », on sent le poids des âges sur l’histoire. On ne s’embête pas de psychologie, ça va vite et il y a un côté un peu naïf ou niais qui ressort. Reste que j’aime bien les histoires temporelles et que j’ai pas envie d’être trop regardant dans le cas présent, en plus le petit twist me plaît bien.
Sympa et bien réalisé.
Dans un royaume imaginaire d'Asie centrale, le prince Baratine et son bouffon Molgaga vivent une succession de petites aventures humoristiques reposant sur leurs échanges, leurs maladresses et diverses situations burlesques.
Je ne dirais pas que c'est une mauvaise série, mais je pense surtout que je ne l'ai pas découverte au bon moment. Je l'aurais sans doute davantage appréciée si je l'avais lue enfant dans les années 1960 ou 1970. Aujourd'hui, en la découvrant avec un regard d'adulte et sans le facteur nostalgie, j'ai eu plus de mal à entrer dans cet univers.
On sent qu'il s'agit d'une bande dessinée jeunesse marquée par son époque. Elle m'a fait penser à un mélange entre Le Magicien et Dicentim le petit franc, avec ce côté conte humoristique un peu naïf. L'ensemble est sympathique, les personnages sont attachants et certaines situations prêtent à sourire, mais le rythme est assez mou et la narration trop bavarde à mon goût. Les dialogues prennent souvent le pas sur l'action et donnent une impression de lenteur qui finit par faire retomber l'intérêt.
Le dessin de Claire Bretécher est déjà reconnaissable et fonctionne correctement dans ce registre, même si son un style ne m'a jamais tellement plu.
Ce n'est pas une mauvaise lecture, simplement une œuvre qui me paraît avoir davantage de valeur pour ceux qui auraient pu la connaitre dans leur enfance que pour un lecteur adulte comme moi qui la découvre aujourd'hui.
Note : 2,5/5
1939, l'URSS envahit la Finlande. Un jeune finlandais marqué par une enfance difficile devient alors un redoutable tireur d'élite et se forge peu à peu la réputation de la légendaire "Mort Blanche" au fil de ses affrontements contre les armées soviétiques.
J'ai trouvé cette BD globalement réussie. Le dessin d'Iñaki Holgado est solide, lisible et restitue bien les paysages enneigés, les combats et l'atmosphère rude de cette campagne militaire. La mise en scène est efficace et les ambiances sont particulièrement soignées.
Le sujet est également intéressant. La guerre d'Hiver et la résistance finlandaise face à l'invasion soviétique sont assez peu traitées en bande dessinée. En ce qui me concerne, je connaissais déjà assez bien cet épisode historique, notamment parce que les Finlandais l'avaient remis en avant après le début de la guerre en Ukraine, lorsque la Russie de Poutine multipliait les menaces envers ses voisins européens. Le parallèle était alors devenu un élément important de leur communication historique et politique.
En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré à la dernière partie du récit. Jusque-là, la BD s'inspirait librement de faits réels tout en restant crédible, mais le scénario bascule soudain dans une fiction beaucoup plus spectaculaire avec un retournement de situation qui m'a paru assez incongru. Plus gênant encore, cette évolution fait apparaître une incohérence importante : les pages précédentes insistaient justement sur le fait que Riku dépendait régulièrement du ravitaillement, des munitions et du soutien logistique de l'armée finlandaise pour poursuivre ses missions. La conclusion semble totalement oublier cet élément pourtant essentiel, uniquement pour permettre un effet dramatique.
J'ai donc eu le sentiment que le scénariste cherchait à meubler son récit avec un coup de théâtre marquant, au détriment de la cohérence du récit. C'est dommage, car sans cette dernière partie, l'album m'aurait laissé une impression plus forte. Malgré cette réserve, ça reste une lecture intéressante, portée par un bon dessin et par un épisode historique qui mérite d'être davantage mis en lumière.
Note : 2,5/5
Je ne connais pas le roman d’origine – et ne sais donc pas si mes difficultés concernant cette histoire et sa lecture viennent de l’adaptation (raccourcis ?) ou non. Mais je suis sorti de cette lecture avec un sentiment mitigé.
La très longue première partie prend son temps pour nous planter un décor dans lequel se débattent des personnages pleins de vie. Mais qu’est-ce que c’est noir, glauque. La poisse, la mort, l’odeur et l’idée de merde qui s’invitent régulièrement, une certaine vulgarité – des situations, des personnages et du vocabulaire.
Et puis les gamins/ados que nous avons suivis en priorité grandissent. Le héros quitte le nid (collège vite expédié, détour par un internat), et c’est un jeune adulte qui conclut ce récit, dans lequel joie de vivre l’instant présent et mal être (pour ne pas dire malaises) se côtoient, jusqu’au final. Un final que j’avoue ne pas avoir forcément compris, mais qui laisse le héros rasséréné, regardant les étoiles, une sorte de paix intérieure, de calme, qui contraste avec la fuite en avant perçue depuis le début de l’histoire.
Le récit possède des qualités. Mais la lecture a été à plusieurs reprises hachée, rendue difficile par plusieurs soucis. D’abord le dessin, original, mais qui n’est pas toujours très « lisible : j’ai eu du mal à reconnaitre certains personnages. Et lorsque plusieurs personnages dialogues, il faut parfois faire un effort pour attribuer le phylactère au bon personnage.
Ensuite le récit lui-même n’est pas très clair. Plusieurs passages m’ont un peu échappé. Certaines transition (entre les parties du récit, mais aussi entre certaines pages) sont brutales, saccadées.
Bref, un récit et un dessin originaux, mais l’ensemble ne m’a pas toujours convaincu/satisfait.
2.5
Avec Edmond Baudoin, pour que j'accroche un peu il faut qu'il parle d'un sujet qui m'intéresse et c'est un peu le cas ici.
On peut diviser cet album en deux parties, une avec une BD qui narre un événement historique un peu oublié (du moins j'en avais jamais entendu parler, mais en même temps je ne suis pas français) lorsque la ville de Clamecy s'est révoltée contre le coup d'état de Napoléon III. Étant fan de l'histoire, les pages qui racontaient cet événement m'ont bien plu.
Puis il y a les croquis de gens de Clamecy que Baudoin a raconté. Chacun donne son opinion sur comment rendre le monde meilleur et on a droit aux mêmes généralités du genre plus d'écarts de richesses, pas de racisme, aider la jeunesse, etc. Je ne dis pas ça méchamment, si on m'avait posé la question j'aurais sans doute répondu quelque chose de similaire. C'est juste que je ne trouve pas cela passionnant à lire.
Un album moyen avec de bons et de moins bons passages donc.
C'est une séquence de dessins amusante ou inquiétante selon les sensibilités, sans grand-chose à ajouter. J'aime le style de dessin d'Ott qui rappelle les gravures anciennes. L'histoire, son message, la répétition du destin et l'idée de fatalité envahissent tout. Malgré cela, la croyance de beaucoup de gens en des significations cachées dans des numéros aléatoires, comme dans les constellations célestes ou le lancer de coquillages, constitue une réalité ancienne, éternelle et actuelle. L'être humain cherche toujours un sens, même dans ce qui n'en a pas à l'origine ou a la fin.
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Women of the west
Oger poursuit sa « collection » d’auteur amoureux du Far West, avec toujours une thématique, ici ce sont les femmes qui sont à l’honneur. Et pas forcément les plus connues (de moi en tout cas). Ainsi, pas de Calamity Jane ou de Cynthia Ann Parker, que l’on aurait pu attendre parmi les femmes évoquées ici. Le « fil rouge » reliant toutes les histoires est assez artificiel (dans les années 1970, une femme enquête et rencontre une vieille indienne, qui lui raconte les plus ou moins hauts faits de quelques « femmes de l’ouest ». C’est le prétexte à une douzaine d’histoire présentant autant de femmes. Thématique oblige j’imagine, Oger s’est entouré quasiment exclusivement de dessinatrice (seul Paul Gastine pour l’intro et la conclusion, et François Boucq pour une histoire, font exception). Il y a donc moins de « pointures » habituées au western que dans les premiers albums de cette « collection ». Pourquoi pas ? Mais toutes les dessinatrices ne m’ont pas convaincu (affaires de goût). Comme tous les projets de ce genre, l’album souffre de l’éclectisme des préposées au dessin (je ne suis a priori pas fan de ce genre de mélange dans un même album). Mais aussi du peu de pages parfois allouées à chaque histoire. Et, probablement que ça joue aussi, Oger doit commencer à manquer d’inspiration. En tout cas si l’album se laisse lire, il ne m’a clairement pas enthousiasmé. Mais je lui reconnais néanmoins un grand mérite, à savoir de mettre sur le devant des femmes, souvent occultées dans l’Histoire, particulièrement celle du « Far West ». Celle aussi de rappeler en fin d’album le scandale de la stérilisation forcée de dizaines de milliers de femmes amérindiennes (et ce jusqu’à il n’y a pas si longtemps).
La Gloire d'Albert
Trois personnages m'intéressent : le de droite Albert, et les deux de gauche, l'un un peu idéaliste gnian-gnian comme Albert, l'autre plus déplaisant. J'aime bien la scène où les deux idéalistes opposés invoquent je ne sais plus quelle statue républicaine dans la rue. Chacun pense porter la vraie croix, pardon, être le vrai dépositaire des valeurs de la République. Emouvant mais un peu comique : dans la bd la République n'est pas en danger, ce sont en vérité les illuminés des deux camps qui pourraient la mettre en danger, d'ailleurs… Mais tous souffrent : Albert des humiliations du quotidien, d'attente qu'un changement politique ne le transcende, du gentil gauchiste on ne sait pas la vie, mais en tout cas la frustration de faire en partie pour de l'argent ce qui devrait s'accomplir par idéal. L'autre porte un regard noir sur la vie que je pense assez lucide mais dont il se sert pour agresser tout le monde en déstabilisant les autres. Oui, en donnant la vie à des enfants, on leur donne aussi la mort… Malgré ce fond de sauce assez âpre et je ne sais plus trop quelle enquête policière, on lit tout ça en souriant grâce à l'aspect comique dont j'ai parlé et aux dessins assez ronds, tendres, sans oublier les couleurs assez douces.
La Ballade de Johnny
La ballade de Johnny est la première série d'Eric Puech publiée chez Comics USA. Puech était encore seul aux manettes, il s'adjoindra parfois les services de scénaristes par la suite pour se concentrer sur le dessin. On retrouve un schéma narratif récurrent , c'est à dire les derniers instants d'une cavale au pays du hamburger avec une fin rythmée par le bruit des balles. On retrouve aussi l'esthétique pulp très identifiable chez Puech, avec cette obsession des belles voitures et des armes à feu. Une bande sans prétention aucune qui fait le boulot.
Reflection
Un autre polar japonais avec les qualités et les défauts que l'on retrouve souvent dans ce type de manga. Parmi les qualités, il y a l'idée de départ qui est bien trouvée : un gamin qui vit avec sa petite sœur et qui a une mère qui les laisse souvent sans surveillances plusieurs jours de suites à échanger de corps avec un criminel qui a aucun problème pour tuer et qui est recherché à la fois par la police et d'anciens complices. Comment va-t-il se sortir de cette situation et va-t-il être capable de sauver sa petite sœur qui vit maintenant avec un dangereux psychopathe ? L'intrigue est pas mal, mais malheureusement on tombe aussi dans les travers des polars à la japonaise. J'ai rien contre un scénario qui contient une ou deux grosses coïncidences, mais plus on avançait dans les tomes et plus je trouvais qu'il y en avait un peu trop. On tombe aussi dans des facilités scénaristiques et encore une fois plus on avance dans le scénario, plus je trouvais que ça devenait un peu trop gros la manière dont le héros réussit à toujours se sortir du pétrin. J'ai trouvé passionnant les trois premiers tomes et j'ai un peu décroché avec les deux derniers tomes qui tombent parfois dans le n'importe quoi. Au final, ça se laisse lire, mais je suis un peu déçu de la tournure qu'a pris un scénario qui m'avais bien accroché au début. Quant au dessin, c'est typiquement le genre de style qu'on trouve dans ce genre de seinen et c'est correct.
La Machine à explorer le Temps (Glénat)
J’ai préféré cette adaptation à celle de L'Île du Docteur Moreau pourtant on y trouve les mêmes qualités et défauts. Qualités dans la partie graphique, j’ai même préféré le travail que propose Mathieu Moreau. Très sympa à parcourir, propre et efficace, on sent le soin. Niveau récit, c’est tout aussi « moisi », on sent le poids des âges sur l’histoire. On ne s’embête pas de psychologie, ça va vite et il y a un côté un peu naïf ou niais qui ressort. Reste que j’aime bien les histoires temporelles et que j’ai pas envie d’être trop regardant dans le cas présent, en plus le petit twist me plaît bien. Sympa et bien réalisé.
Baratine et Molgaga
Dans un royaume imaginaire d'Asie centrale, le prince Baratine et son bouffon Molgaga vivent une succession de petites aventures humoristiques reposant sur leurs échanges, leurs maladresses et diverses situations burlesques. Je ne dirais pas que c'est une mauvaise série, mais je pense surtout que je ne l'ai pas découverte au bon moment. Je l'aurais sans doute davantage appréciée si je l'avais lue enfant dans les années 1960 ou 1970. Aujourd'hui, en la découvrant avec un regard d'adulte et sans le facteur nostalgie, j'ai eu plus de mal à entrer dans cet univers. On sent qu'il s'agit d'une bande dessinée jeunesse marquée par son époque. Elle m'a fait penser à un mélange entre Le Magicien et Dicentim le petit franc, avec ce côté conte humoristique un peu naïf. L'ensemble est sympathique, les personnages sont attachants et certaines situations prêtent à sourire, mais le rythme est assez mou et la narration trop bavarde à mon goût. Les dialogues prennent souvent le pas sur l'action et donnent une impression de lenteur qui finit par faire retomber l'intérêt. Le dessin de Claire Bretécher est déjà reconnaissable et fonctionne correctement dans ce registre, même si son un style ne m'a jamais tellement plu. Ce n'est pas une mauvaise lecture, simplement une œuvre qui me paraît avoir davantage de valeur pour ceux qui auraient pu la connaitre dans leur enfance que pour un lecteur adulte comme moi qui la découvre aujourd'hui. Note : 2,5/5
Mort Blanche
1939, l'URSS envahit la Finlande. Un jeune finlandais marqué par une enfance difficile devient alors un redoutable tireur d'élite et se forge peu à peu la réputation de la légendaire "Mort Blanche" au fil de ses affrontements contre les armées soviétiques. J'ai trouvé cette BD globalement réussie. Le dessin d'Iñaki Holgado est solide, lisible et restitue bien les paysages enneigés, les combats et l'atmosphère rude de cette campagne militaire. La mise en scène est efficace et les ambiances sont particulièrement soignées. Le sujet est également intéressant. La guerre d'Hiver et la résistance finlandaise face à l'invasion soviétique sont assez peu traitées en bande dessinée. En ce qui me concerne, je connaissais déjà assez bien cet épisode historique, notamment parce que les Finlandais l'avaient remis en avant après le début de la guerre en Ukraine, lorsque la Russie de Poutine multipliait les menaces envers ses voisins européens. Le parallèle était alors devenu un élément important de leur communication historique et politique. En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré à la dernière partie du récit. Jusque-là, la BD s'inspirait librement de faits réels tout en restant crédible, mais le scénario bascule soudain dans une fiction beaucoup plus spectaculaire avec un retournement de situation qui m'a paru assez incongru. Plus gênant encore, cette évolution fait apparaître une incohérence importante : les pages précédentes insistaient justement sur le fait que Riku dépendait régulièrement du ravitaillement, des munitions et du soutien logistique de l'armée finlandaise pour poursuivre ses missions. La conclusion semble totalement oublier cet élément pourtant essentiel, uniquement pour permettre un effet dramatique. J'ai donc eu le sentiment que le scénariste cherchait à meubler son récit avec un coup de théâtre marquant, au détriment de la cohérence du récit. C'est dommage, car sans cette dernière partie, l'album m'aurait laissé une impression plus forte. Malgré cette réserve, ça reste une lecture intéressante, portée par un bon dessin et par un épisode historique qui mérite d'être davantage mis en lumière. Note : 2,5/5
L'Été des charognes
Je ne connais pas le roman d’origine – et ne sais donc pas si mes difficultés concernant cette histoire et sa lecture viennent de l’adaptation (raccourcis ?) ou non. Mais je suis sorti de cette lecture avec un sentiment mitigé. La très longue première partie prend son temps pour nous planter un décor dans lequel se débattent des personnages pleins de vie. Mais qu’est-ce que c’est noir, glauque. La poisse, la mort, l’odeur et l’idée de merde qui s’invitent régulièrement, une certaine vulgarité – des situations, des personnages et du vocabulaire. Et puis les gamins/ados que nous avons suivis en priorité grandissent. Le héros quitte le nid (collège vite expédié, détour par un internat), et c’est un jeune adulte qui conclut ce récit, dans lequel joie de vivre l’instant présent et mal être (pour ne pas dire malaises) se côtoient, jusqu’au final. Un final que j’avoue ne pas avoir forcément compris, mais qui laisse le héros rasséréné, regardant les étoiles, une sorte de paix intérieure, de calme, qui contraste avec la fuite en avant perçue depuis le début de l’histoire. Le récit possède des qualités. Mais la lecture a été à plusieurs reprises hachée, rendue difficile par plusieurs soucis. D’abord le dessin, original, mais qui n’est pas toujours très « lisible : j’ai eu du mal à reconnaitre certains personnages. Et lorsque plusieurs personnages dialogues, il faut parfois faire un effort pour attribuer le phylactère au bon personnage. Ensuite le récit lui-même n’est pas très clair. Plusieurs passages m’ont un peu échappé. Certaines transition (entre les parties du récit, mais aussi entre certaines pages) sont brutales, saccadées. Bref, un récit et un dessin originaux, mais l’ensemble ne m’a pas toujours convaincu/satisfait.
Gens de Clamecy
2.5 Avec Edmond Baudoin, pour que j'accroche un peu il faut qu'il parle d'un sujet qui m'intéresse et c'est un peu le cas ici. On peut diviser cet album en deux parties, une avec une BD qui narre un événement historique un peu oublié (du moins j'en avais jamais entendu parler, mais en même temps je ne suis pas français) lorsque la ville de Clamecy s'est révoltée contre le coup d'état de Napoléon III. Étant fan de l'histoire, les pages qui racontaient cet événement m'ont bien plu. Puis il y a les croquis de gens de Clamecy que Baudoin a raconté. Chacun donne son opinion sur comment rendre le monde meilleur et on a droit aux mêmes généralités du genre plus d'écarts de richesses, pas de racisme, aider la jeunesse, etc. Je ne dis pas ça méchamment, si on m'avait posé la question j'aurais sans doute répondu quelque chose de similaire. C'est juste que je ne trouve pas cela passionnant à lire. Un album moyen avec de bons et de moins bons passages donc.
73304-23-4153-6-96-8
C'est une séquence de dessins amusante ou inquiétante selon les sensibilités, sans grand-chose à ajouter. J'aime le style de dessin d'Ott qui rappelle les gravures anciennes. L'histoire, son message, la répétition du destin et l'idée de fatalité envahissent tout. Malgré cela, la croyance de beaucoup de gens en des significations cachées dans des numéros aléatoires, comme dans les constellations célestes ou le lancer de coquillages, constitue une réalité ancienne, éternelle et actuelle. L'être humain cherche toujours un sens, même dans ce qui n'en a pas à l'origine ou a la fin.