Les derniers avis (49323 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Les Gaffes de Cupidon
Les Gaffes de Cupidon

Quino a été pour moi l'un des meilleurs auteurs de gags et dessinateurs de cartoons de tous les temps. J'aime beaucoup ses albums les plus généralistes ; les surprises y sont constantes. Dans les séries thématiques, comme celle consacrée au mariage et à la vie de couple, les choses ne sont pas aussi imprévisibles. Mais tout reste assez bon et je recommande la lecture. J'aime particulièrement les couples avec la femme très forte et le mari comme une petite souris recroquevillée. C'est l'occasion pour moi de dire : Oui... mon amour !

12/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Pleasure island
Pleasure island

Ce manga érotique de Hazuki Kaoru possède quelques qualités indéniables. Les dessins sont globalement bons et les femmes particulièrement belles et attirantes. Les visages et les corps féminins distinguent le travail de cet auteur par rapport à la production majoritaire du genre. Kana a, en plus, une personnalité forte malgré son jeune âge et nous suivons son parcours avec intérêt. Les animaux, même délirants ou exagérés, ainsi que les paysages naturels de l'île, contribuent à la qualité de l'ensemble de l'œuvre. Certaines incohérences persistent cependant. Des fils narratifs restent aussi en suspens. Peut-être que le crocodile géant en est responsable, je ne peux pas garantir...

12/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Spirou et l'aventure
Spirou et l'aventure

Encore plus que le contenu, j'aime la forme de ce livre. Il s'agit de la reproduction exacte, fac-similée du premier album de Spirou par Jijé, de 1948. Le papier, la finition, le dos en toile orange, même le décalage des couleurs parfois, tout renvoie au passé. J'aime aussi l'odeur du papier ! Les six histoires qui composent le livre sont pleines de courses-poursuite et de folies. Les personnages, Spirou, Fantasio et Spip, préfigurent déjà ce qu'ils seront un jour avec Franquin et d'autres. Le programme inclut des voyages dans le passé et le futur, des enlèvements, des fantômes et des bandits. Il y a aussi plusieurs aspects obsolètes, inacceptables pour la conscience critique actuelle. Il n'est pas surprenant d'y trouver des préjugés racistes... aujourd'hui condamnables. Les dessins de Jijé ont un charme et une spontanéité primitives, typiques d'une BD de l'époque. Ils font de lui l'un des créateurs du « style Dupuis ».

12/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Long des ruines
Le Long des ruines

Le point de départ de cette BD a réveillé chez moi un vieux souvenir car quand j'étais gamin, j'avais commencé à imaginer et écrire une histoire où un duo partait à la recherche d'une personne disparue en traversant son imaginaire, chaque étape prenant la forme d'un univers différent, presque comme un récit de fantasy en perpétuelle transformation. Ici, l'idée de départ est très proche, même si Jérémy Perrodeau l'aborde sous un angle différent, davantage tourné vers la science-fiction et un imaginaire post-apocalyptique peuplé d'armes, de technologies et de paysages en ruines. Le style ultra minimaliste du dessin m'a rappelé celui de Stanislas : des personnages réduits à l'essentiel, des formes géométriques simples et une narration très épurée. Globalement, cela fonctionne plutôt bien et participe même à l'atmosphère étrange du récit. En revanche, cette simplicité atteint parfois ses limites lorsqu'il s'agit de représenter certains objets futuristes originaux. Le véhicule volant des premières pages en est un bon exemple : j'ai eu du mal à comprendre exactement ce que je regardais, le dessin étant tellement simplifié qu'il devient ambigu. À l'inverse, la bichromie bleue, les textures et les grands paysages donnent une identité visuelle forte à l'album et créent une ambiance réussie. J'ai aimé la façon dont le récit s'installe. Les premières pages entretiennent un certain mystère autour de cette technologie permettant d'entrer dans l'esprit des personnes plongées dans le coma, puis viennent progressivement les règles de cet univers mental et les dangers qui l'habitent. Une fois ce cadre posé, l'histoire choisit une direction qui m'a plu : celle d'un véritable récit d'aventure. Samuel Monroe et Anha partent en expédition dans un monde hostile à la recherche de Rose, et l'album reste jusqu'au bout fidèle à cette promesse. J'ai apprécié qu'il ne cherche pas à devenir un traité psychologique ou une réflexion métaphysique complexe. Il raconte avant tout une quête, avec ses rencontres, ses dangers, ses affrontements et ses découvertes. J'ai également apprécié le fait que l'histoire possède une véritable conclusion. Beaucoup de récits contemporains aiment entretenir le flou ou s'arrêter brutalement ; ici, l'intrigue trouve sa résolution et bénéficie même d'un court épilogue. C'est suffisamment rare de nos jours pour mériter d'être souligné. Pour autant, je ressors avec le sentiment qu'il y avait matière à aller beaucoup plus loin. Tout le concept de cet imaginaire à explorer, de ce monde intérieur qui se construit, se transforme et menace de s'effondrer, me semblait riche en possibilités. Or, une fois lancé, le récit choisit finalement une trajectoire assez simple de chasse à l'homme dans un décor post-apocalyptique. C'est efficace, mais j'aurais aimé que l'auteur exploite davantage les implications de son idée de départ. C'est d'autant plus frustrant que beaucoup d'éléments restent sans véritable explication. Qui sont réellement les habitants de ce monde intérieur ? Ont-ils une signification psychologique, neurologique ou symbolique ? Représentent-ils des souvenirs, des traumatismes, des mécanismes de défense ? Le récit ne semble jamais vouloir répondre à ces questions. De même, la société futuriste aperçue au début de l'album reste simplement esquissée sans qu'on en sache davantage. Je n'avais pas besoin d'explications exhaustives, mais quelques clés supplémentaires auraient donné davantage de profondeur et de cohérence à l'ensemble. Malgré ces réserves, j'ai passé un bon moment de lecture. C'est une aventure originale, portée par un univers intrigant, une identité graphique forte et une narration fluide. Je reste simplement avec l'impression qu'un concept aussi riche aurait pu donner naissance à quelque chose de plus ambitieux et marquant.

12/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Dernière réunion avant l'apocalypse
Dernière réunion avant l'apocalypse

Même si je n’ai pas toujours retrouvé le même plaisir jouissif, je m’intéresse à tout ce que publie Karibou depuis que je l’ai découvert avec Dialogues, sommet original d’humour absurde. Et cet album se situe dans une très honnête moyenne. En tout cas, la lecture a été amusante, parfois très drôle. Toujours sur son registre habituel de l’humour con, franchement absurde, décalé. Seuls quelques gags m’ont laissé sur le côté – pas drôle ou pas convaincu : ceux autour des complotistes qui s’engueulent, et quelques-uns autour d’un Emmanuel Macron qui pète un câble. Mais pour le reste, il y a quelques personnages ou passages vraiment réussis dans la connerie humaine, le cynisme décomplexé. Car la plupart des personnages, malgré l’apocalypse annoncé pour la fin de journée, continuent à se débattre dans la médiocrité du quotidien, presque comme si de rien n’était, ce qui ajoute à la connerie de base de leurs réparties ou comportements. Karibou est un bon humoriste.

12/06/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Karma (Bogojevic Narath)
Karma (Bogojevic Narath)

Je vais commencer par une tirade extraite de cette BD : "______________________________________". Vous l'aurez compris, cette BD est muette et cela lui confère de la personnalité. J'ai été attiré par cette magnifique couverture et le feuilletage rapide m'a vite décidé de repartir avec cet album. Un résumé rapide : deux huissiers (un homme et une femme) viennent d'expulser une famille, un couple âgé et leur petite-fille, de leur habitation. Nos deux huissiers partent ensuite à la recherche d'une maison pour exécuter une autre expulsion, mais rien ne va se passer comme prévu. N'ayons pas peur des mots, nos deux huissiers sont des saloperies de la pire espèce, ils appliquent les sentences sans la moindre once d'humanité. Vous croyez au karma ? Parce qu'il va frapper, il sera généreux pour cette jeune femme mise à la rue et terriblement horrible pour notre exécrable binôme. La première va s'extirper de sa misérable condition grâce à la musique, tandis que les seconds vont connaître l'enfer. Nos deux huissiers vont se retrouver dans un lieu hors du temps, une sorte de cour de Dionysos où l'alcool coule à flot évidemment et où le sexe est religion. On pourrait croire qu'ils (les huissiers) vont passer du bon temps, que nenni ! Ils vont être torturé et subir des sévices BDSM. Un récit très violent avec une succession de scènes cruelles. Vraiment ! La narration repose entièrement sur le dessin et elle n'est pas sujet à interprétation. Tout est on ne peut plus limpide. Des destins opposés qui vont se répondre au file des pages. Il va être question de karma, on doit évidemment répondre de ses actes, de musique, de persévérance, mais aussi de pardon et de rédemption. La conclusion avec cette attraction pour l'argent fait mouche. C'est une vision sombre de notre société. Un récit manichéen, ce qui ne m'a pas empêché de prendre du plaisir. La force de cette BD est incontestablement son graphisme. Un noir et blanc avec toutes les nuances de gris qui dégage une certaine froideur. Un trait fin et soigné qui occupe toute la surface des vignettes avec de superbes arrière-plans. Mais surtout, les postures et l'expressivité des visages permettent de ressentir les émotions de nos protagonistes. De l'excellent travail. Simon Bogojevic Narath est un artiste à suivre. Pour les curieux, les vicieux ou les deux. ;-) Note réelle : 3,5.

12/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Cécile la shérif
Cécile la shérif

Un album assez étonnant. Pas tant dans le propos que dans la façon de faire passer des idées, autour de la notion de justice (avec ou sans majuscule), mais aussi des droits des femmes à exercer les métiers liés à la justice. Car le propos est résolument moderne, s’appuie d’ailleurs sur des citations de personnages contemporains (Badinter par exemple). Mais l’intrigue se déroule au XIXème siècle, autour d’une jeune femme indépendante, qui souhaite – contre l’avis de la société bienpensante et de son père magistrat – exercer un métier d’avocate ou de juge. Elle est obligée de fuir foyer et France et se retrouve, accompagnée d’un artiste bohème, aux États-Unis, où elle va être confrontée à une justice expéditive. Et elle va devenir « Shérif » donc. La pensée développée – au travers du personnage de Cécile, mais aussi de ses actes, est donc moderne, quasi anachronique. Mais le propos passe bien (un petit dossier/lexique sur les principes du droit, la place des femmes dans l’institution judiciaire, complète plutôt bien l’album en conclusion). L’autre étonnement vient de l’aspect graphique. En effet, là aussi, c’est un trait moderne, un graphisme surprenant, dynamique, avec une colorisation tranchée et souvent tapante. J’ai été surpris au départ, désarçonné par un style qui a priori n’est pas mon truc. Mais finalement ça accentue certains aspects loufoques, apporte une certaine élasticité au récit, et passe bien avec celui-ci. Un western peut-être, mais clairement pas au sens où la plupart des lecteurs l’entendent. Le propos plus ou moins sous-jacent prédomine sur l’histoire elle-même. Mais la lecture – rapide au demeurant – est plutôt agréable.

11/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Puritain
Le Puritain

Le nom de Solomon Kane résonnait clairement en moi, sans vraiment savoir qui était ce personnage. Ce n'est d'ailleurs qu'en terminant cette BD que j'ai découvert qu'il s'agissait d'une création de Robert E. Howard, et qu'il avait largement inspiré certains des inquisiteurs de l'univers de Warhammer que je connais bien mieux. Cette découverte a d'ailleurs donné un éclairage intéressant à ma lecture tant les ressemblances sautent aux yeux. L'album nous plonge dans une sombre fantasy teintée d'horreur, dans le contexte du Nouveau Monde puritain et de la chasse aux sorcières. Mais ici, contrairement aux procès absurdes de l'Histoire, il existe bel et bien un mal surnaturel à l'œuvre. Une jeune fille est manipulée par une entité démoniaque qui cherche à attirer Solomon Kane dans un piège et à le confronter autant aux forces infernales qu'au jugement des hommes. J'ai apprécié cette opposition entre Kane et le juge-inquisiteur qui le poursuit. Le personnage, visiblement inspiré physiquement de Peter Cushing (l'acteur du Grand Moff Tarkin de Star Wars), possède immédiatement une présence et un charisme qui conviennent parfaitement à ce rôle de fanatique religieux persuadé d'incarner la justice divine. Le récit joue d'ailleurs intelligemment sur la différence entre la foi tourmentée de Kane et le fanatisme aveugle de ceux qui prétendent parler au nom de Dieu. L'univers mélange également plusieurs influences mythologiques notamment avec la présence de N'Longa, le frère de sang africain de Kane, qui communique avec lui à travers différents êtres qu'il possède à distance. Sa représentation m'a toutefois davantage évoqué un vieil Aborigène australien qu'un sorcier africain, mais cela contribue aussi à son étrangeté. Cette dimension chamanique apporte une touche originale qui enrichit l'ensemble. Visuellement, l'album possède une ambiance réussie. L'ensemble dégage une noirceur élégante qui m'a souvent rappelé l'esprit des œuvres de Mike Mignola (Hellboy). Toute la partie démoniaque est particulièrement convaincante, notamment dans son dernier acte où la représentation du démon est excellente et devient franchement marquante lorsqu'il revient sous sa forme finale, une créature multiple et cauchemardesque qui constitue sans doute le point fort graphique de l'album. J'ai toutefois davantage de réserves sur le dessin lui-même. L'atmosphère fonctionne bien, les ombres, les couleurs et certaines visions sont réussies, mais le trait est trop hésitant. En particulier, les visages sont flous et changent d'une case à l'autre, ce qui nuit un peu à l'immersion. Concernant le scénario, j'ai passé un bon moment mais je reste un peu sur ma faim. Le récit est sombre, efficace et possède une vraie classe dans son traitement, mais il est trop linéaire. Une fois les éléments principaux posés, on comprend assez vite où l'histoire se dirige et sa conclusion ne surprend pas. J'aurais aimé davantage de développement de l'intrigue, de nuances ou de détours narratifs pour enrichir l'ensemble. C'est une bonne découverte qui m'a permis de mieux comprendre l'importance de Solomon Kane dans l'imaginaire de la fantasy moderne. L'ambiance, le contexte historique, les éléments démoniaques et certaines images fortes m'ont convaincu. Je regrette simplement un dessin trop irrégulier et un récit qui se résume trop vite, là où le personnage et son univers auraient mérité davantage d'ampleur.

11/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Nul.le n'est à l'abri d'une victoire
Nul.le n'est à l'abri d'une victoire

L'album est intéressant sur le principe (faire découvrir des luttes pour défendre l'intérêt général, contre la pollution et/ou la destruction de paysages ou d'écosystème, mais aussi certaines personnes qui ont animé ces luttes), et je ne peux que souscrire aux actions ici présentées, et à la nécessité de les faire connaître au plus grand nombre, tant notre époque semble être révisionniste, et tant l'urgence d'infléchir la dérive environnementale et climatique est devenu de plus en plus forte. Mais c'est pourtant une lecture qui m'a un peu laissé sur ma faim. Car chaque exemple est traité trop rapidement, on n'a pas forcément le temps de connaître en profondeur le sujet ou les personnes qui nous sont présentées et qui ont - avec d'autres - incarné ces luttes. Chaque court chapitre évoque donc une lutte collective, au travers d'un témoin ayant participé à ces luttes (je ne connaissais que José Bové), des citations d'archives de l'INA: il faut dire que l'album s'inspire du film reportage/documentaire "Irréductibles" d'Olivier Dubuquoy). On n'a finalement ici qu'un résumé, un "digest" de ce film je pense, et ça se sent. Reste que ces luttes méritent d'être (re)découvertes, car toujours d'actualité pour des cas similaires. Elles montrent que l'action collective, de gens "ordinaires", peut faire évoluer les choses, même à l'heure où le pouvoir utilise la violence (répression disproportionnée, décrédibilisation des luttes dans les médias - voir le terme d'écoterroriste !) pour museler ceux qui veulent freiner les ravages liés à l'exploitation à outrance des ressources et aux divers dénis de démocratie réelle (voir les poubelles nucléaires par exemple). Un album qui aurait mérité d'être plus épais, avec des témoins et des situations davantage mis en perspective, développés, car c'est un peu frustrant à ce niveau. Note réelle 2,5/5.

11/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Love love love
Love love love

J’ai lu les trois albums sans réellement m’ennuyer, mais je n’y ai pas non plus trop trouvé mon compte. Dessin (un peu manga « old school » je trouve pour les visages) et colorisation (informatique visiblement) ne sont pas vraiment mon truc. Mais c’est affaire de goûts, car c’est quand même très lisible, et assez dynamique. L’histoire se laisse lire. Dans un monde futuriste (à Paris tout d’abord, puis vers l’Espagne à partir du deuxième tome), Humains et Robots sont en conflit/concurrence. Conflit attisé par les intérêts politiques d’un humain (méchant franchement caricatural), et par une passionaria bot, qui cherche à les soulever pour les faire sortir de l’exploitation qu’ils subissent. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour entre une jeune femme, Elle, et un robot, Karel. Leur idylle ne plait pas à tous, et surtout l’obsolescence de Karel les jettent tous les deux dans l’aventure, pour lutter contre cette mort quasi programmée de Karel – et sauvegarder leur amour. Bon, c’est assez rythmé, on ne s’ennuie pas vraiment. Mais cette histoire d’amour est quand même un peu trop sirupeuse à mon goût. Et le happy end et la dernière page sont trop marqués par cet aspect pour moi. PS : j’ai trouvé les titres des albums obscures et un peu nazes… Note réelle 2,5/5.

11/06/2026 (modifier)