Je lisais ces histoires quand j'étais enfant et j'ai toujours aimé ça. Je garde les BD jusqu'à aujourd'hui, sous différents formats et langues, avec beaucoup d'affection et de nostalgie.
Les personnages sont drôles : du Sergent Garcia au serviteur muet Bernardo et au propre Diego de la Vega. Certaines señoritas très belles et en difficulté aussi. Selon les histoires, le Capitán ou Comandante finit toujours par voir ses plans déjoués.
Je savais qu'il y avait un dessinateur meilleur que les autres, mais je ne connaissais pas son nom. Aujourd'hui je sais qu'il s'agit d'Alex Toth, grand dessinateur de comics.
Londres, 1824. Le jeune Charles Dickens vit dans la misère tandis que son père est emprisonné pour dettes et que le futur écrivain doit gagner quelques sous dans une manufacture de cirage. Les auteurs imaginent alors sa rencontre avec des mudlarks, ces gamins qui fouillaient la vase de la Tamise à la recherche d'objets de valeur, et avec l'un d'eux en particulier, plus débrouillard que les autres, qui lui apprendra les combines de la rue et inspirera ses futurs ouvrages.
Ambiance victorienne avant l'heure dans les quartiers miséreux de Londres. Emmanuel Cassier fait ici le choix d'un graphisme lâché, légèrement inspiré de Loisel. Le trait apparait brouillon, avec des visages changeants souvent difficiles à reconnaître et des mains qui donnent régulièrement l'impression d'avoir été simplement esquissées, presque comme dans un storyboard. Même la mise en scène ne m'a pas convaincu, avec des cadrages et des angles de vue parfois étrangement choisis qui rendent confuses des scènes pourtant simples. Je suis d'autant plus surpris par ce parti pris que son dessin est bien différent et beaucoup plus soigné dans d'autres œuvres, comme le très joli Albert Kahn - L'Archiviste de la planète.
L'histoire est intéressante. J'ignorais à quel point la jeunesse de Charles Dickens avait été difficile, et j'ai trouvé l'idée de mêler réalité historique et rencontre fictive avec un Oliver assez pertinente. L'ensemble est enrichi par une intrigue faite de combines pour gagner un peu d'argent, tout en essayant d'échapper au terrible père d'Oliver, un escroc qui exploite les orphelins, et d'améliorer la situation familiale de Charles, partagé entre une mère peu aimante et un père endetté. Il se passe beaucoup de choses, racontées parfois de manière un peu embrouillée ou pas toujours très claire. Je n'ai notamment pas bien compris ce qui se joue entre le peintre et la mère de Charles vers la fin, ni ce qui la fait finalement changer d'avis. Même si l'ensemble tient la route, il y a quelque chose d'un peu bancal dans la narration, ainsi qu'une certaine artificialité, notamment dans la scène finale où la portée symbolique du couteau jeté dans la rivière m'a échappé (sans parler de la façon dont il flotte avant de couler).
Je reste donc moyennement convaincu par cette BD, qui a le mérite de proposer une histoire originale au croisement de l'Histoire, de la littérature et de la fiction, mais qui le fait avec un dessin et une mise en scène que je trouve assez brouillons.
Note : 2,5/5
Sur le papier, Lady Mechanika cochait toutes les cases de ce que j’apprécie : un univers steampunk riche et cohérent, une héroïne charismatique, beaucoup d’aventure, de mystère et un dessin de caractère. Pourtant, la lecture ne m’a jamais réellement convaincu. J’ai même fini par trouver l’ensemble assez lassant, alors que j’en attendais beaucoup.
Le principal point fort de la série est incontestablement sa partie graphique. Le dessin est superbe, extrêmement détaillé, avec un vrai soin apporté aux décors, aux costumes et à toute l’esthétique steampunk. Les illustrations d’interlude et les couvertures sont elles aussi magnifiques et participent énormément à l’identité de la série.
En revanche, le scénario ne décolle jamais vraiment. Les histoires donnent davantage l’impression de s’enchaîner que de construire un récit solide, et les personnages manquent de profondeur pour que l’on s’y attache réellement. Au final, il reste une très belle vitrine graphique, mais je garderai surtout le souvenir d’une série qui n’a pas été à la hauteur de son formidable potentiel.
Au premier regard, Lady Liberty m’a vraiment fait craindre une série pour adolescents assez quelconque. Entre le dessin, le sujet et une ambiance très romanesque, tout semblait annoncer quelque chose d’assez mièvre. Finalement, c’est une bonne surprise. Certes, le côté mielleux est bien présent et le style graphique, très influencé par le manga, ne plaira pas à tout le monde. Une fois cette première impression passée, l’ensemble fonctionne pourtant plutôt bien.
Le récit est dynamique et trouve un bon équilibre entre fiction et contexte historique. L’intrigue reste cohérente sur les trois tomes, les personnages sont attachants et l’ensemble se lit avec plaisir. Ce n’est pas une série qui révolutionne le genre, mais elle est bien mieux construite que ce que son apparence laisse penser.
Bon, alors disons le clairement : l'intérêt de cette série, c'est les gros nichons.
Le pitch est banal. Des combats contre de méchants ennemis beaucoup trop forts, limite invincibles, qui apparaissent à intervalles réguliers et menacent de détruire la terre. Pour une raison sans importance, les filles sont en première ligne, jeunes et jolies, les garçons sont en soutien, derrière, liés par un contrat qui n'est pas un mariage mais presque. Jusque-là, c'est surtout très con...
Bien sûr, ces nanas combattantes permettent des scènes agréables, d'autant plus que le graphisme exagère (et pas qu'un peu), leurs attributs féminins. C'est le but me direz-vous...
Alors pourquoi je dis que c'est pas mal ? Bin... parce que derrière tout ce déballage de jolies formes, il y a tout de même une histoire. Rien d'extraordinaire, mais un truc qui fait tout de même le taf. Des petits conflits d'amoureux bien caricaturés, des jalousies, des traitrises... bref, un scénario. C'est pas exceptionnel, mais c'est tout à fait supportable. Mieux que ce à quoi on a droit d'habitude dans les trucs à gros nichons.
NoirDelire
Une gentille série qui se laisse lire. Ne cherchez pas le chef-d'œuvre, mais plutôt le truc reposant qui raconte gentiment une histoire toute gentille. Je sais pas si c'est classé shojo, mais ça pourrait.
Après, c'est bien fait. Des caricatures attachantes, qui s'enchaînent et donnent envie de continuer. Si vous le trouvez en occase ou en bibliothèque, ça vaut le coup. Un truc presque drôle, qui se moque gentiment de nos clichés, et dans lequel au final tout le monde est gentil.
Je regrette pas.
NoirDelire
C’est une collection inégale, et même souvent décevante. Même si l’idée de départ peut avoir du potentiel. Pécau y trouve en tout cas matière à développer des personnages secondaires de l’Histoire, des quasi anonymes, des à-côtés, dans des série B qu’il affectionne.
Ici « l’homme de l’année » est un peu transparent. C’est un pilote d’hélicoptère (civil travaillant pour la CIA), un peu tête brûlée, trafiquant, borderline, dans un moment d’effondrement, puisque nous sommes dans les dernières heures de la présence américaine au Vietnam. Et c’est sans doute la partie la plus intéressante, cette vision de fin du monde, d’orage frappant soudainement, le sauve-qui-peut au milieu des trafics, des plus ou moins grandes lâchetés.
Du coup, si l’intrigue en elle-même reste assez basique, ça reste quand même dynamique, et ça se laisse lire agréablement. Dessin et colorisation font très bien le travail.
Une lecture popcorn, vite oubliée, mais pas déplaisante.
Des vieilles histoires muettes pas trop mal et je dis ça en tant que type qui n’est pas trop fan de BD muette.
Je pense que Lynd Ward est le meilleur utilisateur de la gravure sur bois que j'ai vu pour le moment. Non seulement il y a de belles pages, mais aussi les récits sont moins basiques que ceux de Frans Masereel, l'élève a dépassé le maitre. J'avais quand même un peu peur au début parce que le premier récit est le moins intéressant à mes yeux. C'est le récit d'un artiste qui renonce à son intégrité artistique pour la gloire facile en faisant un pacte avec un démon et on retrouve tous les clichés de ce type d'histoire.
Heureusement, la suite est mieux même si bien sûr, vu qu'on parle de vieux récits datant de plusieurs décennies, il y a des idées qui sentent un peu le déjà vu. Le fait aussi que ce sont des histoires muettes fait en sorte que certaines scènes sont un peu dures à comprendre et auraient été mieux avec du texte. Au final, ce sont des albums intéressants si on s'intéresse au patrimoine de la BD et je ne regrette pas ma lecture (en même temps vu que c'est muet, cela se lit quand même un peu vite), mais cela ne m'a pas marqué plus que ça.
Le titre est heureux et a tout son sens. Les histoires sont sexy et ce sont des « symphonies » car presque sans mots : c'est surtout le rythme, la composition et le mouvement qui ressortent. On pourrait aussi les appeler des ballets obscènes, je pense. Les dessins sont assez bons et appartiennent déjà à la phase de maturité de Solano López.
Les limites se trouvent dans la très courte longueur de chaque épisode et dans une certaine arbitraire dans la sélection ; l'auteur a réalisé beaucoup d'autres symphonies, compilées dans d'autres titres. Certains lecteurs pourront aussi considérer que les intrigues servent principalement de prétexte à l’exposition de scènes sexuelles, ce qui réduit la complexité narrative de l’ensemble.
En bref: histoires rafraîchissantes pour s'amuser pendant les journées de canicule. Les images sont sexuellement explicites et les histoires sont assez drôles. Destiné aux lecteurs avertis, il est conseillé de ne pas laisser à portée de toutes les mains.
Noah Van Sciver est un auteur de l’underground américain – genre qui m’intéresse a priori – avec lequel j’ai quelques difficultés depuis que je l’ai découvert.
Ici on est dans le récit autobiographique (comme souvent chez lui), centré sur sa jeunesse, et même sur une très courte période (quelques semaines de l’année 1992). C’est quand même assez restreint, et nécessite donc quelque chose de fort dans le récit pour le rendre captivant.
C’est un peu là que le bât blesse. Ça se laisse lire, c’est dynamique, il y a de l’autodérision, et l’auteur nous rend palpable la naissance de son attrait pour les comics (dans une version moins trash, mais aussi moins « captivante » que d’autres auteurs comme Joe Matt dans Les Kids par exemple), et ses difficultés pour s’insérer dans des relations stables avec les gamins de son quartier (dont le nom donne le titre de l’ouvrage). Mais l’ensemble est un peu trop léger, ça manque de quelque chose pour rendre plus intéressante cette plongée dans la jeunesse de l’auteur.
Le dessin est hésitant. Pas extraordinaire, mais lisible. La colorisation un peu grasse n’est pas mon truc.
Note réelle 2,5/5.
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Zorro (Disney)
Je lisais ces histoires quand j'étais enfant et j'ai toujours aimé ça. Je garde les BD jusqu'à aujourd'hui, sous différents formats et langues, avec beaucoup d'affection et de nostalgie. Les personnages sont drôles : du Sergent Garcia au serviteur muet Bernardo et au propre Diego de la Vega. Certaines señoritas très belles et en difficulté aussi. Selon les histoires, le Capitán ou Comandante finit toujours par voir ses plans déjoués. Je savais qu'il y avait un dessinateur meilleur que les autres, mais je ne connaissais pas son nom. Aujourd'hui je sais qu'il s'agit d'Alex Toth, grand dessinateur de comics.
Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain
Londres, 1824. Le jeune Charles Dickens vit dans la misère tandis que son père est emprisonné pour dettes et que le futur écrivain doit gagner quelques sous dans une manufacture de cirage. Les auteurs imaginent alors sa rencontre avec des mudlarks, ces gamins qui fouillaient la vase de la Tamise à la recherche d'objets de valeur, et avec l'un d'eux en particulier, plus débrouillard que les autres, qui lui apprendra les combines de la rue et inspirera ses futurs ouvrages. Ambiance victorienne avant l'heure dans les quartiers miséreux de Londres. Emmanuel Cassier fait ici le choix d'un graphisme lâché, légèrement inspiré de Loisel. Le trait apparait brouillon, avec des visages changeants souvent difficiles à reconnaître et des mains qui donnent régulièrement l'impression d'avoir été simplement esquissées, presque comme dans un storyboard. Même la mise en scène ne m'a pas convaincu, avec des cadrages et des angles de vue parfois étrangement choisis qui rendent confuses des scènes pourtant simples. Je suis d'autant plus surpris par ce parti pris que son dessin est bien différent et beaucoup plus soigné dans d'autres œuvres, comme le très joli Albert Kahn - L'Archiviste de la planète. L'histoire est intéressante. J'ignorais à quel point la jeunesse de Charles Dickens avait été difficile, et j'ai trouvé l'idée de mêler réalité historique et rencontre fictive avec un Oliver assez pertinente. L'ensemble est enrichi par une intrigue faite de combines pour gagner un peu d'argent, tout en essayant d'échapper au terrible père d'Oliver, un escroc qui exploite les orphelins, et d'améliorer la situation familiale de Charles, partagé entre une mère peu aimante et un père endetté. Il se passe beaucoup de choses, racontées parfois de manière un peu embrouillée ou pas toujours très claire. Je n'ai notamment pas bien compris ce qui se joue entre le peintre et la mère de Charles vers la fin, ni ce qui la fait finalement changer d'avis. Même si l'ensemble tient la route, il y a quelque chose d'un peu bancal dans la narration, ainsi qu'une certaine artificialité, notamment dans la scène finale où la portée symbolique du couteau jeté dans la rivière m'a échappé (sans parler de la façon dont il flotte avant de couler). Je reste donc moyennement convaincu par cette BD, qui a le mérite de proposer une histoire originale au croisement de l'Histoire, de la littérature et de la fiction, mais qui le fait avec un dessin et une mise en scène que je trouve assez brouillons. Note : 2,5/5
Lady Mechanika
Sur le papier, Lady Mechanika cochait toutes les cases de ce que j’apprécie : un univers steampunk riche et cohérent, une héroïne charismatique, beaucoup d’aventure, de mystère et un dessin de caractère. Pourtant, la lecture ne m’a jamais réellement convaincu. J’ai même fini par trouver l’ensemble assez lassant, alors que j’en attendais beaucoup. Le principal point fort de la série est incontestablement sa partie graphique. Le dessin est superbe, extrêmement détaillé, avec un vrai soin apporté aux décors, aux costumes et à toute l’esthétique steampunk. Les illustrations d’interlude et les couvertures sont elles aussi magnifiques et participent énormément à l’identité de la série. En revanche, le scénario ne décolle jamais vraiment. Les histoires donnent davantage l’impression de s’enchaîner que de construire un récit solide, et les personnages manquent de profondeur pour que l’on s’y attache réellement. Au final, il reste une très belle vitrine graphique, mais je garderai surtout le souvenir d’une série qui n’a pas été à la hauteur de son formidable potentiel.
Lady Liberty
Au premier regard, Lady Liberty m’a vraiment fait craindre une série pour adolescents assez quelconque. Entre le dessin, le sujet et une ambiance très romanesque, tout semblait annoncer quelque chose d’assez mièvre. Finalement, c’est une bonne surprise. Certes, le côté mielleux est bien présent et le style graphique, très influencé par le manga, ne plaira pas à tout le monde. Une fois cette première impression passée, l’ensemble fonctionne pourtant plutôt bien. Le récit est dynamique et trouve un bon équilibre entre fiction et contexte historique. L’intrigue reste cohérente sur les trois tomes, les personnages sont attachants et l’ensemble se lit avec plaisir. Ce n’est pas une série qui révolutionne le genre, mais elle est bien mieux construite que ce que son apparence laisse penser.
Freezing
Bon, alors disons le clairement : l'intérêt de cette série, c'est les gros nichons. Le pitch est banal. Des combats contre de méchants ennemis beaucoup trop forts, limite invincibles, qui apparaissent à intervalles réguliers et menacent de détruire la terre. Pour une raison sans importance, les filles sont en première ligne, jeunes et jolies, les garçons sont en soutien, derrière, liés par un contrat qui n'est pas un mariage mais presque. Jusque-là, c'est surtout très con... Bien sûr, ces nanas combattantes permettent des scènes agréables, d'autant plus que le graphisme exagère (et pas qu'un peu), leurs attributs féminins. C'est le but me direz-vous... Alors pourquoi je dis que c'est pas mal ? Bin... parce que derrière tout ce déballage de jolies formes, il y a tout de même une histoire. Rien d'extraordinaire, mais un truc qui fait tout de même le taf. Des petits conflits d'amoureux bien caricaturés, des jalousies, des traitrises... bref, un scénario. C'est pas exceptionnel, mais c'est tout à fait supportable. Mieux que ce à quoi on a droit d'habitude dans les trucs à gros nichons. NoirDelire
Shy
Une gentille série qui se laisse lire. Ne cherchez pas le chef-d'œuvre, mais plutôt le truc reposant qui raconte gentiment une histoire toute gentille. Je sais pas si c'est classé shojo, mais ça pourrait. Après, c'est bien fait. Des caricatures attachantes, qui s'enchaînent et donnent envie de continuer. Si vous le trouvez en occase ou en bibliothèque, ça vaut le coup. Un truc presque drôle, qui se moque gentiment de nos clichés, et dans lequel au final tout le monde est gentil. Je regrette pas. NoirDelire
L'Homme de l'année - 1975
C’est une collection inégale, et même souvent décevante. Même si l’idée de départ peut avoir du potentiel. Pécau y trouve en tout cas matière à développer des personnages secondaires de l’Histoire, des quasi anonymes, des à-côtés, dans des série B qu’il affectionne. Ici « l’homme de l’année » est un peu transparent. C’est un pilote d’hélicoptère (civil travaillant pour la CIA), un peu tête brûlée, trafiquant, borderline, dans un moment d’effondrement, puisque nous sommes dans les dernières heures de la présence américaine au Vietnam. Et c’est sans doute la partie la plus intéressante, cette vision de fin du monde, d’orage frappant soudainement, le sauve-qui-peut au milieu des trafics, des plus ou moins grandes lâchetés. Du coup, si l’intrigue en elle-même reste assez basique, ça reste quand même dynamique, et ça se laisse lire agréablement. Dessin et colorisation font très bien le travail. Une lecture popcorn, vite oubliée, mais pas déplaisante.
L'Éclaireur - Récits gravés de Lynd Ward
Des vieilles histoires muettes pas trop mal et je dis ça en tant que type qui n’est pas trop fan de BD muette. Je pense que Lynd Ward est le meilleur utilisateur de la gravure sur bois que j'ai vu pour le moment. Non seulement il y a de belles pages, mais aussi les récits sont moins basiques que ceux de Frans Masereel, l'élève a dépassé le maitre. J'avais quand même un peu peur au début parce que le premier récit est le moins intéressant à mes yeux. C'est le récit d'un artiste qui renonce à son intégrité artistique pour la gloire facile en faisant un pacte avec un démon et on retrouve tous les clichés de ce type d'histoire. Heureusement, la suite est mieux même si bien sûr, vu qu'on parle de vieux récits datant de plusieurs décennies, il y a des idées qui sentent un peu le déjà vu. Le fait aussi que ce sont des histoires muettes fait en sorte que certaines scènes sont un peu dures à comprendre et auraient été mieux avec du texte. Au final, ce sont des albums intéressants si on s'intéresse au patrimoine de la BD et je ne regrette pas ma lecture (en même temps vu que c'est muet, cela se lit quand même un peu vite), mais cela ne m'a pas marqué plus que ça.
Sexy symphonies
Le titre est heureux et a tout son sens. Les histoires sont sexy et ce sont des « symphonies » car presque sans mots : c'est surtout le rythme, la composition et le mouvement qui ressortent. On pourrait aussi les appeler des ballets obscènes, je pense. Les dessins sont assez bons et appartiennent déjà à la phase de maturité de Solano López. Les limites se trouvent dans la très courte longueur de chaque épisode et dans une certaine arbitraire dans la sélection ; l'auteur a réalisé beaucoup d'autres symphonies, compilées dans d'autres titres. Certains lecteurs pourront aussi considérer que les intrigues servent principalement de prétexte à l’exposition de scènes sexuelles, ce qui réduit la complexité narrative de l’ensemble. En bref: histoires rafraîchissantes pour s'amuser pendant les journées de canicule. Les images sont sexuellement explicites et les histoires sont assez drôles. Destiné aux lecteurs avertis, il est conseillé de ne pas laisser à portée de toutes les mains.
Maple Terrace - New Jersey, 1992
Noah Van Sciver est un auteur de l’underground américain – genre qui m’intéresse a priori – avec lequel j’ai quelques difficultés depuis que je l’ai découvert. Ici on est dans le récit autobiographique (comme souvent chez lui), centré sur sa jeunesse, et même sur une très courte période (quelques semaines de l’année 1992). C’est quand même assez restreint, et nécessite donc quelque chose de fort dans le récit pour le rendre captivant. C’est un peu là que le bât blesse. Ça se laisse lire, c’est dynamique, il y a de l’autodérision, et l’auteur nous rend palpable la naissance de son attrait pour les comics (dans une version moins trash, mais aussi moins « captivante » que d’autres auteurs comme Joe Matt dans Les Kids par exemple), et ses difficultés pour s’insérer dans des relations stables avec les gamins de son quartier (dont le nom donne le titre de l’ouvrage). Mais l’ensemble est un peu trop léger, ça manque de quelque chose pour rendre plus intéressante cette plongée dans la jeunesse de l’auteur. Le dessin est hésitant. Pas extraordinaire, mais lisible. La colorisation un peu grasse n’est pas mon truc. Note réelle 2,5/5.