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Couverture de la série Wicked Spot
Wicked Spot

Sadako est une jeune sorcière (jeune d'à peine un siècle, entendons-nous) qui a vécu toute sa vie recluse et se sent désespérément seule. Un jour, par miracle, elle tombe sur un téléphone et une connexion internet et découvre en un milliard d'images toutes les évolutions humaines passées, les nouvelles modes, les paysages variés, … bref, après un simple voyage à travers les réseaux sociaux, notre sorcière décide d'enfin sortir de sa montagne et de vivre son rêve : enfin se montrer parmi les autres et, si possible, être admirée. Usant de magie et de son joli minois, Sadako se lance en tant qu'influenceuse en ligne, accumulant rapidement une multitude de followers, parmi lesquels Hanako, une jeune femme aux manières et à l'allure un peu bourrines souffrant elle aussi de l'isolement et de la solitude. Hanako admire Sadako, rêverait même de lui ressembler mais, patatra, un beau jour Sadako révèle en live qu'elle est une sorcière et le monde de Hanako s'effondre. Elle qui a été ostracisée par les autres toute sa vie, elle ne supporte pas de voir quelqu'un revendiquer la moindre bizarrerie, surtout si c'est en plus pour se faire passer pour une sorcière. Se lance alors une vague de messages haineux envers Sadako sur tous ses réseaux sociaux, et la belle sorcière va donc essayer de rencontrer cette personne étrangement obnubilée par elle. C'est une histoire simple sur la solitude, l'ostracisation des individus jugés trop différents, sur la réappropriation des individualités aussi, le tout porté par une histoire farfelue de société secrète cherchant à cacher la sorcellerie aux humains et saupoudré d'un propos sur les réseaux sociaux et leur capacité à ouvrir au monde tout en ne le présentant que sous une manière photogénique. Les personnages sont bien dessinés, très expressifs, nos deux protagonistes sont très rapidement attachantes, Sadako est toute choupie (quand elle décide de ne pas sortir les crocs), … Bref, l'histoire vient tout juste de commencer, s'annonce simple et pourtant convainc déjà. Eeeeeet, pourtant, nous nous retrouvons face à un problème, car je vous le dit, la série n'ira pas très loin. Comment le sais-je ? Parce que l'autrice s'est vue annulée sa série qui n'ira, au final, pas plus loin que le tome 2. Je ne sais pas encore si elle essaiera quand-même d'apporter une conclusion, aussi expédiée soit-elle, car après tout il est fort probable que ses éditeur-ice-s se contentent de couper le courant. Dommage, l'histoire, sans être parfaite, s'annonçait prometteuse. Les yuris fantastiques, avec des personnages hauts en couleurs et un duo principal continuellement mi-en-conflit mi-alliées-de-fortune, bah normalement ça devrait me plaire, ça devrait même plaire à beaucoup d'amateur-ice-s de romances déjantées. Mais voilà, pas beaucoup de succès au Japon et la série n'aura pas plus de chance que ça. Devriez-vous acheter cette série morte-née ? Eh bien tout dépendra de vous, car j'avoue que j'ai tout de même bien envie de soutenir l'autrice et que je ne serais pas contre voir ses prochaines créations. Raison pour laquelle je n'ai justement pas hésité une seule seconde à acheter cet album en tombant dessus lors d'une convention.

12/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Wolfram
Wolfram

Quatrième et dernière série d'Éric Puech publiée chez Comics USA, avec un diptyque cette fois-ci. Le premier album propose quatre histoires courtes s'ouvrant sur des époques et des univers variés (heroic fantasy, science-fiction, années 80), souvent rythmées par des rebondissements méta. Le dernier récit vient lier - laborieusement - les intrigues entre elles. L'ensemble déborde de références pop culturelles des années 80, de Star Wars à Superman en passant par les jeux vidéo. On retrouve le héros, Wolfram, dans un second tome au format assez inhabituel pour Puech, puisqu'il s'agit d'un récit complet et unique. Si l'intrigue se révèle très caricaturale — voire un brin paresseuse —, le plaisir de lecture reste intact. On savoure Wolfram avec le même plaisir coupable que devant une vieille série B. Seuls bémols : une couverture au rendu un peu cheap et une palette de couleurs malheureusement trop limitée dans ce second opus. Cette chronique est l'occasion de remettre en perspective mon appréciation des œuvres de Puech — fervent défenseur du courant pulp — publiées chez le même éditeur. Mon classement final, par ordre de préférence : 1. Wolfram *** 2. La Ballade de Johnny *** 3. Traces de pneus *** 4. Joe Breakdown ***

12/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Joe Breakdown
Joe Breakdown

Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli, le fameux scénariste de Torpedo et dessinées par Eric Puech, un dessinateur français qui a beaucoup été publié dans la collection Spécial USA. Pour apprécier cette bande, il faut aimer le genre pulp : on est sur des récits très rétro assez kitsch, qui font l'éloge de la culture américaine des années 80. Le personnage récurrent de Johnny sert de fil d'Ariane entre la plupart des histoires. Le dessin de Puech fait très deuxième division mais il possède un certain charme. Par contre la mise en scène est moins aboutie si on compare avec les autres oeuvres de l'auteur. Une bd assez représentative de la ligne éditoriale de Comics USA à l'époque.

15/06/2026 (MAJ le 11/07/2026) (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Arkel
Arkel

Le dessin est fin et dynamique, le héros et l'histoire aussi. Et puis, traiter le mythe de Dieu, des anges et du diable comme un aventure pour enfants avec une certaine noirceur et subtilité n'est pas mal du tout. Serait-il possible de faire plus noir et plus subtil pour le public visé ? J'aurais dit non en pensant à la bd franco-belge ou américaine, mais je me demande si les Japonais n'y arriveraient pas, eux, dans leur manga ! Pourquoi ? Eh bien par exemple, sur Google on dit que Parasite Quel âge pour lire Parasite ? Informations sur le produit Éditeur Glénat Manga ISBN-13 978-2344039595 Poids de l'article ?305 g Âge de lecture ?Dès 13 ans Parasite peut être lu à 13 ans. Que chacun tape parasite ici et lise les critiques s'il n'a pas lu Parasite, sans parler de l'anime !

11/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Basses Œuvres
Les Basses Œuvres

Une histoire de plusieurs destins entremêlés, des âmes damnées cherchant à se faire la peau ou bien à se tirer au plus vite, de la violence à outrance et des morts plus que gratuites, des personnages petits moralement, … Ici, pas de doute, on est bien dans un récit de mafieux ! Pas vraiment de personnage principal, ici chaque personnage vit sa vie et tente de s'en sortir, qu'il s'agisse du lâche et fourbe adjoint qui rêve de devenir calife à la place du calife, de la jeune femme qui était venue en ville en rêvant de devenir star et s'est retrouvée embarquée malgré elle dans des affaires criminelles, du gros benêt amoureux des animaux et soucieux de son prochain qui n'éprouve pourtant aucun scrupule à exécuter les ordres d'un criminel, du flic qui semble parfois plus intéressé par la gloire que par la sécurité des citoyens, en passant par un idiot sur-musculeux jouant les justiciers du dimanche et tuant immanquablement les innocent-e-s et les victimes. Bref, une belle brochette de personnages bien clichés, bien barrés aussi (particulièrement El Chupacabra, le justicier susmentionné). Le scénario part dans tous les sens, usant d'histoires de malédictions, de super-héroïsme et de guerre de gang pour une histoire qui, au final, s'avère surtout être une excuse pour de la violence gratuite. Violence montant d'ailleurs en crescendo, les personnages devenant de plus en plus avides, instables et dangereux à mesure que les pages tournent, le tout se concluant dans une explosion de balles lors du chapitre final, là où tous les personnages vont jouer leur rôle une dernière fois. L’œuvre n'est pas mauvaise, je lui reconnais d'être bien rythmée et de se révéler divertissante, mais j'avoue être mine de rien restée en retrait lors de ma lecture. Est-ce le scénario ? Oui, en partie. Je ne suis pas nécessairement friande de récits de guerres de gangs, l'imagerie des fusillades de rues et des héritages mafieux ne me parlant pas du tout (au grand dam de mon père qui avait voulu me présenter la trilogie du Parrain) alors j'avoue que la myriade de poncifs et de références ici m'a laissée de marbre. Est-ce la violence exacerbée ? Oui et non. J'aime beaucoup la violence comme outil narratif, qu'elle soit magnifiquement chorégraphiée ou viscérale et animale, car elle permet de donner du corps (littéralement) à des propos violents, voire des propos sur la violence. Pourtant, ici, j'avoue que la violence m'a parue… inutile. Pas car elle illustrerait un propos sur l'inutilité de la violence ou montrerait le caractère pathétique de ce monde ultra-violent (quoiqu'on retrouve un peu l'idée avec ces mafieux jouant les caïds et se chiant dessus - littéralement - à chaque retour de bâton), mais bien car au final le scénario m'a parfois paru accessoire, un simple vecteur pour juste dessiner des gens qui font pan-pan et qui s'explosent la cervelle. En fait, mon vrai problème, je crois que ce sont les personnages. Sur le papier il sont bons, leurs archétypes sont bien connus, on exagère le trait pour rendre le tout comique, ça devrait les rendre intéressants et un minimum attachants (aussi attachants que pourraient être des ordures dans le cas de la majorité). Mais ici pas d'attache chez moi. L'histoire n'est pas inintéressante sur le papier, mais je n'arrive pas du tout à m'attacher à quoi que ce soit - et j'avoue que l'humour m'a assez peu fait rire. C'est dommage, parce que les récits délirants et explosifs, de destins entremêlés et d'action vive, normalement ça fait mouche pour moi. En fait je crois que mon ressenti en demi-teinte vient surtout d'une forme de déception. Je donne tout de même la moyenne, l'album n'est pas mauvais, mais j'avoue être parfaitement passée à côté de cet album. En espérant qu'il parle davantage à d'autres personnes. (Note réelle 2,5)

11/07/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Homme au masque (en toile de jute)
L'Homme au masque (en toile de jute)

Monsieur le Chien se lance ici dans une histoire a priori casse-gueule. En effet, son personnage principal, le fameux « homme au masque » est un psychopathe, obsédé sexuel, violeur, qui viole, tabasse des femmes, et en séquestre une dans sa cave (l’auteur aurait eu cette idée sordide à partir d’un fait divers autrichien). Mais je dois dire que, malgré les inévitables ratages et irrégularités, Monsieur le Chien s’en sort globalement assez bien. Comme à son habitude, il développe un humour très con, débile, absurde – que ce soit dans les situations ou les dialogues, en n’hésitant pas à aller au bout du bout d’une idée à la con, en surjouant la crétinerie des personnages. Il faut aimer, mais je suis plutôt amateur de ce type d’humour au énième degré, qui empile les conneries en se disant bien qu’une ou deux feront mouche. Et c’est le cas me concernant. Un gros défouloir pour amateurs du genre.

11/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Bataillon des lâches
Le Bataillon des lâches

Une lecture sympathique, mais que j’aurais aimé voir plus dense. En effet, que ce soit dans les grandes lignes ou dans les détails de l’intrigue, Marazano est assez minimaliste. J’aurais aimé en savoir plus sur les Krells, contre lesquels une armée terrienne se prépare à combattre (et aussi sur les causes de cette guerre !). Quant aux personnages, là aussi on n’en sait pas trop, si ce n’est que les quatre que nous suivons refusent cette guerre, et souhaite retourner sur Terre. Pour cela ils se mutinent en assassinant leur officier. La suite ne va pas se passer comme prévu. Si les rebondissements finaux concluent l’histoire, ils le font de façon un peu brutale – et relativement frustrante. De la même manière, le rôle de Gloria, l’ordinateur de bord du char dans lequel nos mutins voyage, ambigu, aurait pu être mieux cerné. Bon, je semble ne faire que me plaindre. Mais cet album se laisse lire quand même. C’est juste que j’en espérais un peu plus. Note réelle 2,5/5.

11/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Hair Shirt
Hair Shirt

Un auteur qui est visiblement pote de Dave Cooper ne peut a priori que m’intéresser. C’est donc avec curiosité et de belles attentes que j’ai acheté (il y a longtemps maintenant) et lu cet album. Alors déjà rien à voir avec le style (graphique et narratif) de Cooper. On serait ici plus proche de Joe Matt (en moins trash et introspectif quand même), ou à Charles Burns parfois (le dessin en moins). En tout cas voilà une histoire qui se laisse lire agréablement. J’ai pourtant eu du mal à entrer dedans, et certains passages m’ont un temps interloqué. Mais finalement ça s’avère plaisant à lire. L’intrigue est resserrée sur quelques rares personnages, et sur une durée assez courte. Mais des flash-backs densifient l’histoire, et livre par bribes le passé et les causes de certaines névroses ou incompréhensions entre personnages, qui finissent par se mettre à nu (et tout nu aussi d’ailleurs), individuellement, mais aussi au niveau de leurs relations (voir celles entre John et Naomi, assez torturées, cette dernière n’hésitant pas à pousser le malaise assez loin, en impliquant une de ses copines « aux gros seins »). Le dessin, très moderne, dynamique, virant au fantastique dans certaines cases, se révèle lui aussi agréable. Une lecture sympathique en tout cas.

11/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Roi sans couronne
Le Roi sans couronne

La finale du championnat du monde d'échecs de 1978 aux Philippines sert de toile de fond à un récit qui mêle affrontement politique bien réel entre Anatoli Karpov et Viktor Kortchnoï, et enquête fictive autour d'un vieil homme cherchant à comprendre le drame qui a bouleversé sa vie trente ans plus tôt. J'ai beaucoup apprécié le cadre géographique et historique, aussi original qu'intéressant. En pleine guerre froide, sous la chaleur moite des Philippines de Ferdinand Marcos, une simple partie d'échecs devient un affrontement idéologique entre les deux blocs. En parallèle, les auteurs construisent une seconde confrontation, plus intime, entre un ancien prisonnier, soutenu par un mercenaire-détective aux motivations volontairement opaques, et le mystère de son passé qu'il tente de percer. Ces deux récits, reliés par le thème des échecs et par un personnage jouant sur plusieurs tableaux, entretiennent efficacement le suspense. Graphiquement, j'aime beaucoup cette ligne claire à l'encrage épais. Les personnages sont parfois un peu inexpressifs, mais cela participe au charme de l'ensemble. Les couleurs délavées et tout en retenue renforcent cette esthétique légèrement rétro, parfaitement en accord avec l'époque. Le récit se lit avec plaisir et intrigue constamment, tant par sa dimension historique que par son enquête fictive. En revanche, j'ai trouvé que le dernier chapitre manquait de finesse. Les personnages se mettent soudain à expliquer en détail leurs plans, comme s'ils s'adressaient directement à des lecteurs invisibles. Les ficelles du scénario deviennent alors très apparentes, tandis que les motivations de certains protagonistes, en particulier celles du mercenaire-détective, restent paradoxalement assez floues. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il avait agi de cette manière, ni ce que tout ce mystère apportait réellement à l'histoire. Une conclusion un peu bancale qui atténue légèrement l'excellente impression laissée par tout ce qui précède.

11/07/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Du beau avec du moche
Du beau avec du moche

Paru seulement en 2023, ce témoignage a pris du temps à accoucher car il porte sur les attaques terroristes de novembre 2015 à Paris. Kek et son amie se trouvaient tout proches, ont entendu les mitraillettes, et cela s'est joué à peu de choses qu'ils ne soient pas descendus manger au Petit Cambodge ce soir-là. S'en suit la découverte du massacre, l'impuissance face à la situation, même les pompiers rapidement arrivés étaient livides. Dans les jours qui suivent tout rappelle cet événement et la moindre joie ou rire chez les autres devient insupportable pour Kek. C'est clairement un stress post traumatique car ils ont vu la mort de près, et ils apprennent aussi que 2 amies ont été tuées, leurs photos sont au milieu de ce livre. Album de petit format type manga dans la collection Shampoing, le dessin noir et blanc est correct, il fait dans le simple et efficace. C'est un bon récit sensible et qui rappelle qu'il y a les morts mais aussi tout l'impact que cela produit sur les vivants qui restent hantés par ce souvenir, à vie vraisemblablement.

11/07/2026 (modifier)