Les derniers avis (48884 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série La Révolution emoji
La Révolution emoji

J'avais une question assez essentielle à la fin de cette BD, à savoir quel était son intérêt profond ? Je veux dire par là que certes, on suit ce que sont les émojis, d'où ils viennent, comment ils changent, évoluent et se créent. Le tout avec différents protagonistes qui précisent les différents enjeux autour de cette question, intéressant lorsqu'on sait que les émojis sont utilisés massivement dans la communication actuelle. Sauf que ceci étant dit, la BD est ... rapide. Elle n'interroge pas la façon dont le langage se structure et comment sont nées par exemple les premiers smiley, ancêtres des émojis. Il n'y a pas de réflexion globale sur ce que ça dit de notre perception et de notre communication. De même, la question des autres moyens développés par l'humain (les gifs, par exemple) permettent d'augmenter notre potentiel communicatif. D'ailleurs, la BD est centrée sur une journaliste qui va au quatre coins du globe interroger les personnes concernées. A part montrer un bilan carbone désastreux, quel était l'intérêt de tout ces interviews ? A part celle de la femme qui a crée des émojis dans une logique féministe, je trouvais que la plupart des interventions auraient pu être mises dans une histoire unique qui englobe le sujet et aurait peut-être pu ajouter plus que juste ces récits de chacun. D'ailleurs au final j'ai assez peu retenu les personnages et plus les idées derrière. Maintenant ce n'est ni raté ni mauvais. C'est une BD sur les émojis, d'où ça vient, qui les fait et pourquoi. Et puis voila, une fois finie je ressors de cette BD en me disant que j'ai appris des trucs mais que franchement j'en ressors pas changé du tout. Rien ne reste spécialement en tête, si ce n'est que le racisme et le sexisme reste présent même dans un truc comme ces petits dessins rigolos. J'ai lu un documentaire sur un sujet, j'en ressors pas plus intéressé sans avoir passé un mauvais moment. C'est dommage, sans doute, mais franchement je n'arrive pas à être enthousiaste à son sujet.

21/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Corps public
Corps public

J'ai découvert en rentrant cette série qu'elle a eu suffisamment de succès pour être rééditée en édition augmentée en 2025, ce qui est plutôt chouette pour ses autrices ! Cela dit, je suis assez peu enthousiaste personnellement. C'est le sentiment qui prédomine dans beaucoup de mes lectures mais je dois dire que là c'est assez net, notamment parce que j'étais assez désintéressé de l'histoire au global. C'est une personne assez froide et distante, peu intéressante et dont la vie m'a laissé indifférent. Elle a ses soucis, certes, liés à sa condition de femmes et se pose la question de la façon dont elle voit son corps, mais le sujet a été déjà traité par plusieurs BD récemment et souvent mieux. Sur la question de la condition des femmes et le regard sur leurs corps, je trouve Sibylline - Chroniques d'une escort girl ou Les Cœurs insolents plus réussis, et plusieurs autres BD me viennent directement en tête quant à cette thématique. En fait, je crois surtout qu'il manque un lien évident, un cœur de narration à cette BD. Quelle est la thématique centrale ? Ce n'est pas spécialement clair. On est plus dans une narration de vie de femme actuelle, avec les difficultés qu'elle subit du fait du sexisme. Et puis voilà, peut-être quelques questions sur la maternité, légèrement, et sur son travail de femme artiste. J'ajouterais que je n'étais pas fan du dessin, que je trouvais parfois mal maitrisé dans les proportions. Et je note encore une fois cette foutue cigarette pour parler de femmes émancipées... C'est quelque chose qui m'agace à chaque fois, sans doute que j'en fais trop, mais vraiment je n'y arrive pas. Donc voilà, c'est une BD pas spécialement intéressante, dans des thématiques que j'ai vu bien mieux traitées dans des BD qui me sont restées en mémoire. Celle-ci disparait déjà derrière les BD suivantes que j'ai lue, et je ne peux pas vraiment dire que c'est indispensable comme lecture. Même si elle n'est pas foncièrement mauvaise et que je ne la déconseille pas. A lire pour les personnes s'intéressant aux femmes de notre époque et aux difficultés qu'elles rencontrent.

21/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Seconde chance (Ominetti)
Seconde chance (Ominetti)

Tout comme Noirdésir, j'ai découvert Elene Ominetti avec ses premières séries pour lesquelles elle était secondée de scénariste. Ici elle est seule aux commandes d'une longue histoire et franchement, elle arrive plutôt bien à tenir ! L'histoire n'est pas qu'un simple prétexte à une histoire racoleuse qui enchaine les scènes de sexe mais tente réellement de les intégrer dans un propos plus générale sur l'émancipation des femmes. L'histoire tourne autour de cette vieille femme intégrée dans un corps plus jeune et pouvant gouter aux plaisirs de la vie qui lui ont été interdit auparavant, mais le propos général semble être plus sur les couples dysfonctionnels, notamment avec la petite-fille qui revit la même situation avec sa conjointe. C'est une façon intéressant de les lier, même si je trouve dommage que leur lien ne soit pas approfondi dans la deuxième partie de la BD où la vieille femme va finalement retrouver un amour de jeunesse. D'ailleurs la BD fait courte, sans doute contrainte par le format de pages (48 pages) qui est trop peu pour développer cette histoire tout en amenant des scènes de sexes suffisamment longues pour justifier l'appellation de BD-cul. Mais ça reste mignon, on a envie d'y croire malgré le coup de bol scénaristique qui sert de conclusion. C'est une jolie histoire, amenant son propos et avec un dessin que je continue d'apprécier et de suivre ! Vu que seul Noirdésir et moi avons mis des avis sur ses BD, je me permets de la recommander à nouveau, Elena Ominetti est clairement une des autrices du genre que j'apprécie le plus dans les dernières sorties !

21/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Appel de Cthulhu
L'Appel de Cthulhu

Pour une fois, je trouve que l'adaptation en manga par Tanabe est plus efficace que la nouvelle originelle. En effet, si L'Appel de Cthulhu est sans doute le texte le plus connu de Lovecraft et un pilier de sa mythologie, sa lecture m'avait paru assez rébarbative dans ses deux premiers tiers lorsque je l'ai découverte, jusqu'à l'arrivée sur l'île où se déroule son passage le plus marquant. Ici, grâce à une mise en image propre et rigoureuse, Tanabe parvient à donner davantage de vie au début du récit et à l'enquête, pourtant assez bavarde, qui le structure. J'ai pris plaisir à suivre le héros qui remonte le fil des témoignages, et surtout à voir ces récits mis en images, ce qui permet de mieux les appréhender. Le rythme est bon et, même si ce n'est toujours pas une intrigue de Lovecraft qui m'enthousiasme particulièrement, je l'ai suivie avec intérêt. Lorsque l'équipage débarque sur la fameuse île, j'ai beaucoup aimé la manière dont Tanabe parvient à représenter la déformation de la lumière et les perspectives impossibles. Il réussit à traduire visuellement la folie de ce lieu hors norme, et c'est sans doute l'un des points les plus marquants de cette adaptation. En revanche, d'autres aspects de son dessin me convainquent nettement moins. Ses scènes d'action restent toujours aussi confuses, et la représentation de Cthulhu lui-même manque de majesté. Il apparaît à plusieurs reprises comme une sorte de gros lourdaud tentaculaire, poursuivant les humains comme un Godzilla idiot. Pour faire simple, il ne fait pas peur, et il est difficile de ressentir l'effroi ou la folie que sa simple apparition est censée provoquer. Je reste donc partagé face à cette adaptation : j'ai apprécié la clarté de sa longue introduction ainsi que les effets graphiques très réussis liés à R'lyeh, mais j'ai été déçu par les scènes d'action et par la représentation de Cthulhu lui-même.

20/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Celui qui hantait les ténèbres
Celui qui hantait les ténèbres

Cet album contient l'adaptation de deux récits de Lovecraft. Le premier est Dagon, qui est très court. Je ne suis pas vraiment sûr de l'avoir lu dans sa version originale, mais dans tous les cas, si je l'avais fait, je l'aurais confondu et lui aurais nettement préféré le passage similaire, mais bien plus dantesque, que l'on trouve dans L'Appel de Cthulhu. Ici, l'histoire est trop brève, assez plate, et, dans le mythe lovecraftien, je n'aime pas particulièrement les créatures que sont Dagon et les autres Profonds. J'ai donc ressenti peu d'enthousiasme à la lecture de ce récit introductif. En revanche, Celui qui hantait les ténèbres est l'une de mes nouvelles préférées de Lovecraft. J'aime le fait qu'elle se déroule dans un cadre parfaitement urbain (la ville de Providence) et relativement moderne (les années 1930, avec l'électricité et le téléphone au coeur du récit), tout en réussissant à instiller un véritable sentiment d'angoisse, puis une peur grandissante, sans jamais rien montrer de concret, uniquement en suggérant le pire tapi dans l'obscurité. A travers ce manga, j'ai apprécié de pouvoir mettre quelques images sur cet imaginaire, images d'ailleurs assez proches de celles que j'avais en tête, à l'exception de l'église elle-même, que j'imaginais plus européenne. En revanche, comme souvent avec Gou Tanabe, dès qu'il s'agit de représenter des éléments plus complexes (notamment les choses indicibles de Lovecraft ou des scènes plus mouvementées), son trait, que je trouve embrouillé et difficilement déchiffrable, me déçoit. Je n'aime décidément pas son graphisme, et son adaptation ne m'a pas fait ressentir toute la tension que j'avais éprouvée à la lecture de la nouvelle. Cela reste néanmoins une adaptation correcte pour qui souhaite découvrir cette histoire sans avoir envie de lire le texte original.

20/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Esmera
Esmera

J'ai commandé et acheté l'album par curiosité et après avoir lu les avis de bdtheque. J'avais été trop traumatisé par ma lecture précédente de Zep. Mais oui, les dessins de Vince sont bons et il y a une histoire à lire. Alterner le genre sexuel n'est pas vraiment mon type de fétiche mais je pense que dans le thème il peut y avoir des variations encore plus excitantes. Je pense aussi que les différences psychologiques et physiologiques entre femmes et hommes auraient pu être davantage développées.

20/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Cybercats
Cybercats

Dans un décor futuriste à tendance cyberpunk, un trio de chats humanoïdes joue les justiciers quand le monde virtuel et le réel s'entremêlent. Une série rythmée, accessible et pensée pour divertir tout en glissant un message sur les dérives du web, notamment le cyberharcèlement. Le dessin est chouette et bien maîtrisé. Le mélange entre trait traditionnel et couleurs numériques fonctionne très bien et donne un rendu dynamique, presque vidéoludique, parfaitement en phase avec le propos. La série regorge de clins d'œil geeks, ce qui fait à la fois son charme et ses limites. C'est sympathique parce qu'on s'amuse à repérer les références (à commencer par Samouraï Pizza Cats avec ce héros chat livreur de pizzas qui devient samouraï dans le monde virtuel), mais cela peut aussi devenir un peu envahissant quand certaines tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. L'exemple le plus frappant pour moi est l'utilisation très présente de l'alphabet Aurebesh (celui de l'univers Star Wars), qui m'a régulièrement donné envie de le traduire tout en me faisant m'interroger sur les implications d'une telle réutilisation si jamais il prenait l'envie aux avocats de Lucasfilm de s'y intéresser. Sur le fond, le récit reste très orienté jeunesse. L'antagoniste du premier tome, incarnation d'un avatar malveillant né du cyberharcèlement, est traité de manière assez frontale, et la résolution, où les harceleurs sont punis puis comprennent la leçon, reste très sage et convenue. Tout est bien qui finit bien, avec une morale claire. Il en résulte une série sympathique, bien dessinée, rythmée et divertissante pour un jeune public, mais qui pourra sembler un peu mièvre et attendue pour un lecteur adulte.

20/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Vavam Vampire
Vavam Vampire

J'ai lu les 3 premiers tomes de cette série et pour l'instant c'est pas trop mal. Un vampire travail dans un bain public depuis qu'il a été sauvé par le petit-fils du propriétaire. Il aime bien les jeunes hommes puceau alors il attend que le petit-fils devient un homme pour lui sucer son sang. Malheureusement, dès son premier jour de lycée, le petit-fils tombe amoureux d'une fille....Le vampire va tout faire pour qu'il reste puceau et évidemment ce n'est pas facile à faire. L'intrigue est pas trop mal et l'humour m'a bien fait sourire à défaut d'avoir réussi à me faire rire. L'intrigue avance bien et l'apparition de nouveaux personnages permet de renouveler les situations. Cela dit je ne suis pas certain que cela va bien ternir la route jusqu'à la fin, surtout lorsque je vois qu'il y a déjà une dizaine de tomes sortie au Japon. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants ou approfondi en dehors du vampire et du chasseur de vampire. Le dessin est pas mal.

19/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Couleur tombée du ciel
La Couleur tombée du ciel

La Couleur tombée du ciel reste pour moi une nouvelle marquante de Lovecraft, mais de manière assez particulière : ce n'est pas tant sa fin en apothéose que sa montée en tension, lente et insidieuse, qui m'avait vraiment marqué à la lecture. Dans cette adaptation manga par Gou Tanabe, j'ai presque ressenti l'inverse. La progression m'a paru plus plate, moins prenante, et j'avoue avoir été régulièrement agacé par le comportement de la famille, qui refuse obstinément de fuir ou même simplement d'arrêter de consommer l'eau du puits et les produits contaminés, alors que la situation devient rapidement intenable. Là où le texte original instaurait une angoisse diffuse et inexorable, j'ai eu ici davantage l'impression d'une mécanique un peu répétitive. En revanche, la fin m'a nettement plus impressionné que dans la nouvelle. Le médium graphique permet à Tanabe de livrer quelque chose de beaucoup plus visuel et spectaculaire, avec des planches marquantes qui donnent enfin toute sa dimension à cette couleur indicible. Je suis en revanche plus réservé sur le dessin dans son ensemble. D'une part, les personnages ont un aspect très fermiers du Far West qui ne correspond pas vraiment à l'image que je me faisais de la Nouvelle-Angleterre de Lovecraft. D'autre part, le trait et l'encrage, assez chargés et parfois un peu biscornus, rendent certaines scènes difficiles à lire, notamment dès qu'il s'agit de représenter des transformations ou des formes organiques inhabituelles. Cela nuit parfois à la lisibilité, là où l'horreur devrait au contraire gagner en clarté visuelle. Au final, une adaptation globalement fidèle et intéressante, avec une conclusion visuellement réussie, mais qui perd selon moi en tension ce qu'elle gagne en spectacle, et dont le graphisme ne me plait pas vraiment.

19/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Jacky et Célestin
Jacky et Célestin

Jacky et Célestin est une série jeunesse de l'école de Marcinelle que j'avais complètement manquée à l'époque, alors qu'elle correspond typiquement au genre d'albums que je lisais enfant. Je la découvre seulement aujourd'hui, et je la trouve de très bonne facture, au point d'être surpris que Dupuis ne l'ait pas publiée parmi ses classiques mais uniquement dans sa collection Péchés de jeunesse. Cela tient sans doute à sa prépublication initiale dans le journal Le Soir plutôt que dans Spirou, mais cela n'en reste pas moins une série policière jeunesse tout à fait recommandable. Ce qui m'a particulièrement surpris, c'est son ton relativement réaliste. Malgré leur apparence de grands adolescents, les deux héros vivent des aventures assez adultes, avec un sérieux et un sens de l'action qui les rapprochent d'un Gil Jourdan, même si l'ensemble conserve davantage de légèreté et de fantaisie. Le duo fonctionne bien et évoque clairement une dynamique à la Spirou et Fantasio : Jacky est le plus posé, parfois un peu lisse, tandis que Célestin apporte une touche plus fantasque et se retrouve plus facilement au cœur des ennuis. Côté dessin, on découvre un Walthéry encore débutant, loin du style qui fera sa renommée sur Natacha. Le premier album (Vous êtes trop bon !) porte encore fortement l'influence de Will qui le supervisait, puis les suivants s'inscrivent davantage dans la tradition du studio Peyo, au point de rappeler régulièrement le trait de Gos (Le Scrameustache). Le dessin reste toutefois très solide et lisible, même s'il peut paraître un peu raide par moments, et s'intègre parfaitement dans l'esthétique des productions Spirou des années 60. C'est aussi intéressant de voir l'évolution rapide de Walthéry au fil des pages. Les scénarios, écrits ou supervisés par Peyo et son entourage (Vicq, Gos, etc.), s'inscrivent dans une veine assez classique, mais efficace. On est clairement dans de l'enquête policière, parfois teintée d'espionnage ou de mystère, avec quelques éléments de fantaisie hérités de l'esprit Marcinelle. Cela surprend de la part de Peyo car c'est très éloigné de séries comme Johan et Pirlouit ou Les Schtroumpfs, et plus adulte que Benoit Brisefer. L'humour reste présent, mais l'action ne fait pas semblant, avec de vrais dangers, des accidents de voiture et un certain sens du suspense. Cela dit, malgré ses qualités, la série reste assez sage. Les intrigues sont bien menées mais rarement surprenantes, et l'ensemble manque d'une identité vraiment marquante ou d'un supplément de folie qui lui aurait permis de se distinguer davantage. C'est sans doute ce qui explique qu'elle soit restée relativement méconnue. Il en découle une bonne petite série de la BD franco-belge classique : agréable, bien réalisée, portée par un vrai savoir-faire, mais qui manque d'un petit quelque chose pour devenir mémorable. Ça reste néanmoins une découverte très sympathique, surtout pour les amateurs de cette époque.

19/03/2026 (modifier)