Les derniers avis (49519 avis)

Couverture de la série L'Internet de la haine
L'Internet de la haine

Je ne connais aucune des personnes évoquées ou témoignant dans cet album (toutes Finlandaises), mais hélas la triste réalité qu’il présente tend à devenir « universelle ». Il s’agit de la haine qui se déverse sur internet, les réseaux sociaux. Anonymement, mais pas seulement. Qui use de violences verbales en débordant de racisme, de sexisme (et de connerie bien sûr). Car les victimes qui témoignent ici (et qui représentent de toute façon la très grande majorité des victimes de ce type de harcèlement) sont toutes des femmes (et leurs agresseurs quasiment tous des hommes...). Rapidement, des arguments masculinistes, genrés et misogynes, s’ajoutent au racisme ordinaire. L’extrême droite et ses relais médiatiques semblent – comme hélas dans d’autres pays européens/mondiaux (et chez nous aussi) – être totalement décomplexés. Et la relative passivité de la police ou de la justice face à de véritable appels au viol ou au meurtre fait froid dans le dos. Les exemples cités ici sont édifiants. Mais les femmes qui s’expriment, si elles souffrent, sont aussi fortes, et ne s’en laissent pas compter. Des méthodes « d’autodéfense » sont aussi proposées en fin d’album. Une lecture intéressante, sur un sujet hélas de plus en plus d’actualité. Note réelle 3,5/5.

10/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Féroce (Muro Harriet)
Féroce (Muro Harriet)

Le cadre est original (les grandes étendues froides de l’Est de la Russie). Ensuite, peu de personnages, et une intrigue assez resserrée. Il faut aussi accepter quelques menues facilités, autour de ce tigre tueur, qui traque tous les protagonistes et entretient une tension permanente. Disons-le tout de suite, c’est une lecture pop-corn, qui ne prend pas la tête, et ne développe ni psychologie ni intrigue au-delà du strict nécessaire pour construire une histoire intéressant un minimum les lecteurs. Mais je dois dire que fans le genre, c’est rudement efficace. En effet, après une courte mise en place, des protagonistes, mais aussi des potentiels sources de tensions (trafiquants russes et chinois sans scrupules voulant éliminer les enquêteurs écolos ; tigres dangereux, etc.), tout est ensuite misé sur le rythme et les rebondissements. A partir du dernier tiers du premier album, ça va crescendo, et c’est très sanglant ! Ça tourne presque à l’exercice de style, et Muro Harriet se fait plaisir, en se débarrassant de quasiment tous les acteurs, dans un scénario et une mise en scène très cinématographique (très Spielberg des « Jurassic » je trouve au niveau de la mise en place, du rythme et des rebondissements). Ce qui accentue aussi le côté cinématographique (mais aussi le plaisir de lecture), c’est aussi le travail de Macho au dessin et d’Aguirre à la colorisation. Car le rendu est très plaisant. Dynamique, avec une mise en pages bien fichue pour ne pas ralentir le rythme de l’action et celui de lecture. Rien d’extraordinaire dans ce diptyque, mais c’est du travail bien fait et une lecture dynamique et plaisante. Note réelle 3,5/5.

10/07/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Inversion (Bamboo)
Inversion (Bamboo)

J'ai bien aimé ma lecture, mais j'ai été frustré que la BD n'aille pas au bout du concept. C'est vraiment dommage, j'aimais beaucoup l'ambiance du début, avec un type largué et perdu qui commence à confondre la réalité et ses rêves. La BD manie plutôt bien l'idée de perte de repères, notamment en embrouillant le lecteur jusqu'au stade où l'on parvient à comprendre ce qu'il en est réellement. S'il y a des détails qui me font tiquer, comme l'impression que les femmes servent de supports émotionnels aux hommes, j'ai plutôt apprécié l'idée de devoir aider un ami qui vrille un peu, tout comme j'ai bien apprécié ce que ça dit sur l'aide aux personnes dépressives. Bref, c'est une proposition qui aurait pu me séduire, mais malheureusement la BD s'emballe assez vite et se résout sans grand éclat d'une façon que j'ai trouvé trop facile. C'est dommage, j'aurais aimé que la BD pousse le concept, interroge qu'elle a mis en place et la question de vivre réellement dans un rêve. En l'état, j'ai été intéressé mais pas satisfait, et je trouve ça regrettable.

09/07/2026 (modifier)
Par karibou79
Note: 3/5
Couverture de la série Mémoires d'outre-espace
Mémoires d'outre-espace

Je connais surtout le Bilal des grandes œuvres de SF, parfois fascinantes mais aussi un peu austères ce qui peut bloquer certains lecteurs. Avec Mémoires d'outre-espace, on découvre un auteur beaucoup plus joueur. Ces 8 histoires courtes à la sauce Métal Hurlant misent avant tout sur l'humour noir, l'absurde et la satire, avec des chutes souvent bien trouvées. Tout n'est pas mémorable, forcément, mais l'ensemble est remarquablement homogène. Derrière les extraterrestres, les robots et les explorations spatiales, le côté espiègle d'Enki s'amuse déjà à égratigner le militarisme, le colonialisme et quelques travers bien humains. J'ai apprécié la simplicité de la proposition: on retrouve les prémices de son univers graphique, mais dans un format léger et très accessible. C'est une de ses facettes que l'on croise moins souvent et qui peut convertir de futurs fans de Bilal. Ce n'est probablement pas un album indispensable dans sa bibliographie, mais c'est très agréable à lire, pleine d'idées et d'un humour qui a plutôt bien résisté au temps. 3.5

09/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Secret de Miss Greene
Le Secret de Miss Greene

Je ne connaissais pas du tout cette miss Greene (seulement un peu plus de choses sur J.P. Morgan), et ne connaissais qu’imparfaitement cette histoire de « passing » (des personnes blanches d’aspect, mais ayant de très lointains ancêtres « noirs », qui se font « passer » pour blanches, alors qu’une simple « goutte » de sang noir vous faisait basculer dans l’opprobre et les discriminations). C’est le principal attrait de cet album que de nous rendre palpable cet état de fait, mais aussi cette personne, qui a semble-t-il joué un rôle important dans le marché de l’art et de la bibliophilie ancienne durant la première moitié du XXème siècle, dirigeant la collection du milliardaire Morgan, qui lui faisait totalement confiance. Le dessin fait le travail, et l’album est instructif. Mais, ceci étant, je n’ai jamais été réellement emballé par cette lecture. Je respecte la force de caractère de Greene, mais je ne me suis pas attaché à elle : trop froide, et aussi trop dans les hautes sphères de la bourgeoisie pour qu’elle m’intéresse vraiment. De plus, la narration est un peu mollassonne. Une lecture intéressante, mais pas captivante donc.

09/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Paris-Damas - Liaisons mortelles
Paris-Damas - Liaisons mortelles

La narration est factuelle – et délivre des informations intéressantes – mais elle n'est jamais très emballante. Idem pour le dessin, qui donne un rendu proche de photographies retravaillées souvent, assez froid. Du coup je ne sais pas si la BD proprement dite apporte quelque chose de plus ou de mieux qu’un bouquin ou un article du Monde diplomatique ? En tout cas elle a le mérite d’exister, et de toucher un public plus large que les médiums évoqués plus haut. Car la lecture est intéressante, restituant sur le long terme les relations entre la France et la Syrie, en se focalisant sur la période durant laquelle la famille El Assad (Hafez, puis Bachar) est au pouvoir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, si les Assad sont restés assez fidèles et droits dans leurs politiques (qui consiste à tout faire pour garder le pouvoir en Syrie, et à le contrôler au Liban), les hommes politiques français ont pas mal louvoyé. Entre le cynisme (ou l’aveuglement ?) de Mitterrand, le copinage de Chirac avec Hariri, l’affairisme et les magouilles de Sarkozy – pour ne citer que les exemples les plus flagrants – la France et sa « politique étrangère » ne sort pas grandi de cette enquête. Une enquête qui éclaire la plupart des vagues d’attentats ayant frappé la France depuis les années 1980, quasiment toutes liées (à des degrés divers) à la Syrie. Évidemment les derniers chapitres, rédigés fin 2023-début 2024, sont à réévalué avec la chute d’El Assad et l’évolution de la situation en Syrie, mais aussi avec les guerres entre Israël et tous ses voisins. Mais pour le reste, malgré une forme un peu austère, c’est un bon travail, complet et étayé (même si les articles du Monde diplomatique que je me rappelle avoir lus sur le sujet ne sont pas cités, une importante bibliographie complète avantageusement l’album en conclusion de celui-ci). Note réelle 3,5/5.

09/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Women of the west
Women of the west

Oger poursuit sa « collection » d’auteur amoureux du Far West, avec toujours une thématique, ici ce sont les femmes qui sont à l’honneur. Et pas forcément les plus connues (de moi en tout cas). Ainsi, pas de Calamity Jane ou de Cynthia Ann Parker, que l’on aurait pu attendre parmi les femmes évoquées ici. Le « fil rouge » reliant toutes les histoires est assez artificiel (dans les années 1970, une femme enquête et rencontre une vieille indienne, qui lui raconte les plus ou moins hauts faits de quelques « femmes de l’ouest ». C’est le prétexte à une douzaine d’histoire présentant autant de femmes. Thématique oblige j’imagine, Oger s’est entouré quasiment exclusivement de dessinatrice (seul Paul Gastine pour l’intro et la conclusion, et François Boucq pour une histoire, font exception). Il y a donc moins de « pointures » habituées au western que dans les premiers albums de cette « collection ». Pourquoi pas ? Mais toutes les dessinatrices ne m’ont pas convaincu (affaires de goût). Comme tous les projets de ce genre, l’album souffre de l’éclectisme des préposées au dessin (je ne suis a priori pas fan de ce genre de mélange dans un même album). Mais aussi du peu de pages parfois allouées à chaque histoire. Et, probablement que ça joue aussi, Oger doit commencer à manquer d’inspiration. En tout cas si l’album se laisse lire, il ne m’a clairement pas enthousiasmé. Mais je lui reconnais néanmoins un grand mérite, à savoir de mettre sur le devant des femmes, souvent occultées dans l’Histoire, particulièrement celle du « Far West ». Celle aussi de rappeler en fin d’album le scandale de la stérilisation forcée de dizaines de milliers de femmes amérindiennes (et ce jusqu’à il n’y a pas si longtemps).

09/07/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série La Gloire d'Albert
La Gloire d'Albert

Trois personnages m'intéressent : le de droite Albert, et les deux de gauche, l'un un peu idéaliste gnian-gnian comme Albert, l'autre plus déplaisant. J'aime bien la scène où les deux idéalistes opposés invoquent je ne sais plus quelle statue républicaine dans la rue. Chacun pense porter la vraie croix, pardon, être le vrai dépositaire des valeurs de la République. Emouvant mais un peu comique : dans la bd la République n'est pas en danger, ce sont en vérité les illuminés des deux camps qui pourraient la mettre en danger, d'ailleurs… Mais tous souffrent : Albert des humiliations du quotidien, d'attente qu'un changement politique ne le transcende, du gentil gauchiste on ne sait pas la vie, mais en tout cas la frustration de faire en partie pour de l'argent ce qui devrait s'accomplir par idéal. L'autre porte un regard noir sur la vie que je pense assez lucide mais dont il se sert pour agresser tout le monde en déstabilisant les autres. Oui, en donnant la vie à des enfants, on leur donne aussi la mort… Malgré ce fond de sauce assez âpre et je ne sais plus trop quelle enquête policière, on lit tout ça en souriant grâce à l'aspect comique dont j'ai parlé et aux dessins assez ronds, tendres, sans oublier les couleurs assez douces.

09/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série La Ballade de Johnny
La Ballade de Johnny

La ballade de Johnny est la première série d'Eric Puech publiée chez Comics USA. Puech était encore seul aux manettes, il s'adjoindra parfois les services de scénaristes par la suite pour se concentrer sur le dessin. On retrouve un schéma narratif récurrent , c'est à dire les derniers instants d'une cavale au pays du hamburger avec une fin rythmée par le bruit des balles. On retrouve aussi l'esthétique pulp très identifiable chez Puech, avec cette obsession des belles voitures et des armes à feu. Une bande sans prétention aucune qui fait le boulot.

09/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Reflection
Reflection

Un autre polar japonais avec les qualités et les défauts que l'on retrouve souvent dans ce type de manga. Parmi les qualités, il y a l'idée de départ qui est bien trouvée : un gamin qui vit avec sa petite sœur et qui a une mère qui les laisse souvent sans surveillances plusieurs jours de suites à échanger de corps avec un criminel qui a aucun problème pour tuer et qui est recherché à la fois par la police et d'anciens complices. Comment va-t-il se sortir de cette situation et va-t-il être capable de sauver sa petite sœur qui vit maintenant avec un dangereux psychopathe ? L'intrigue est pas mal, mais malheureusement on tombe aussi dans les travers des polars à la japonaise. J'ai rien contre un scénario qui contient une ou deux grosses coïncidences, mais plus on avançait dans les tomes et plus je trouvais qu'il y en avait un peu trop. On tombe aussi dans des facilités scénaristiques et encore une fois plus on avance dans le scénario, plus je trouvais que ça devenait un peu trop gros la manière dont le héros réussit à toujours se sortir du pétrin. J'ai trouvé passionnant les trois premiers tomes et j'ai un peu décroché avec les deux derniers tomes qui tombent parfois dans le n'importe quoi. Au final, ça se laisse lire, mais je suis un peu déçu de la tournure qu'a pris un scénario qui m'avais bien accroché au début. Quant au dessin, c'est typiquement le genre de style qu'on trouve dans ce genre de seinen et c'est correct.

09/07/2026 (modifier)