Les derniers avis (49505 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série 73304-23-4153-6-96-8
73304-23-4153-6-96-8

C'est une séquence de dessins amusante ou inquiétante selon les sensibilités, sans grand-chose à ajouter. J'aime le style de dessin d'Ott qui rappelle les gravures anciennes. L'histoire, son message, la répétition du destin et l'idée de fatalité envahissent tout. Malgré cela, la croyance de beaucoup de gens en des significations cachées dans des numéros aléatoires, comme dans les constellations célestes ou le lancer de coquillages, constitue une réalité ancienne, éternelle et actuelle. L'être humain cherche toujours un sens, même dans ce qui n'en a pas à l'origine ou a la fin.

07/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mamoht
Mamoht

Dans les étendues sauvages de Sibérie, plusieurs hommes se lancent dans une dangereuse chasse à l'ivoire de mammouth, attirés par la promesse d'un enrichissement rapide, au risque d'y perdre la vie. J'ai trouvé cette BD intéressante avant tout pour son cadre. Le sujet du trafic d'ivoire de mammouth est original. J'ignorais tout de la chose et cet album permet de découvrir une réalité économique et sociale méconnue de la Russie contemporaine. L'album possède une dimension presque documentaire qui le rend instructif sans jamais tomber dans l'exposé. Graphiquement, c'est aussi une réussite. Le dessin semi-réaliste fonctionne très bien, aussi bien pour représenter les personnages que les paysages sauvages et hostiles de la toundra. Malgré des personnages à gros nez qui pourraient paraitre humoristiques, l'ambiance est sérieuse et bien rendue ce qui contribue beaucoup à l'immersion. L'histoire se lit facilement et s'avère prenante du début à la fin. La progression est fluide, les enjeux sont clairs et on suit avec intérêt cette expédition motivée par l'appât du gain. En revanche, j'ai eu le sentiment que le récit restait un peu trop simple et linéaire. Les personnages sont esquissés plutôt que véritablement développés, certaines pistes auraient mérité d'être davantage approfondies et plusieurs événements arrivent finalement de manière assez prévisible. C'est sans doute ce qui m'a laissé une légère frustration à la fin de la lecture. Le contexte, les thèmes abordés et l'atmosphère avaient le potentiel de porter une histoire plus ambitieuse et plus dense. Je ne me suis pas ennuyé, loin de là, mais j'ai eu l'impression d'un récit qui se résume assez vite une fois refermé et qui n'exploite pas totalement la richesse de son sujet. Malgré cette réserve, c'est une lecture agréable portée par un cadre original et un dessin de qualité.

07/07/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Doghead
Doghead

Après Postapoland, voici "Doghead", toujours chez Huber éditions, et ce comics pue lui aussi la bizarrerie. Je découvre donc Dave Cooper avec cette série qui devrait comporter 6 tomes. Le bouquin, à la couverture souple, dispose de deux couvertures, une pour chacune des histoires. Il faudra d'ailleurs retourner l'album pour passer au second récit. Histoire 1 : L'architecte. La Nouvelle Écosse en 1971, un architecte français doit mettre en œuvre le mouvement métabolique, et ainsi donner le pouvoir à un bâtiment de se transformer par lui-même. Une lecture rapide, seulement 24 pages, juste le temps de découvrir les trois personnages principaux et de planter le décor. Un récit qui ne se dévoile pas encore, l'humour est bien présent et on aura droit à un peu de sexe avec cette fellation dentesque (oui avec un « e »). Histoire 2 : La grande hiérarchie. Bon là, on va partir dans le grand n'importe quoi. Imaginez un monde où l'Étalon (l'équivalent de dieu) et ses deux Mères (des déesses) règnent sur toutes vies. Il faut que je vous décrive cet Étalon : deux longues et fines jambes, un corps ventripotent où deux points d'interrogation sont plantés sur son sommet, deux bras grassouillets, une grosse paire de couilles et un œil-museau à l'extrémité haute et basse de son corps (on dirait deux gigantesques phallus). Il va se servir de ses deux excroissances pour réaliser une double pénétration avec les deux Mères et ainsi donner naissance chaque petit matin à de nombreux œufs à coque dure qui vont flotter jusqu'à atteindre le ciel et se briser pour former de petits soleils... Dans cet espèce d'éden absurde, l'Étrier sera le méchant de service. Autre lieu et autre personnage, dans une ville futuriste Eddy Table a l'air de faire fasse à une attaque d'extraterrestres . Rien, à priori, ne lie ces deux intrigues. La lecture est rapide (18 planches) et ne fait qu'effleurer cet univers irrationnel où le comique vient s'inviter sous diverses formes. J'ai apprécié le travail graphique de Dave Cooper. L'absence de couleurs associée à un encrage rouge et noir créent cette ambiance surréaliste qui permet d'entrer facilement dans les deux récits. Un surréalisme accentué par le contraste entre la représentation de décors réalistes et des personnages cartoonesques pour le premier récit et des trouvailles graphiques pour le second. Des femmes pulpeuses aux longues incisives et ces dernières ne servent pas qu'à croquer.... Du très très bon boulot. Deux histoires aux univers très différents qui partent sur de bons rails, mais il y a un goût de trop peu pour mettre une meilleure note. Impatient de découvrir le second volet et de faire évoluer ma note.

07/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Iron Man - le Diable en bouteille
Iron Man - le Diable en bouteille

Les habitudes hédonistes de Tony Stark le mettent à l’épreuve, après une série de contrariétés personnelles et financières. Ces histoires abordent pour la première fois, dans les comics, le fléau de l’alcoolisme, qui devient ici le véritable méchant. On assiste à une espirale descendante qui affecte la mission d’Iron Man, il se trouve forcé de choisir entre la dépendance et le but supérieur de sa vie. Je dois avouer qu’à l’époque, ce thème m’a un peu dérangé ; je n’étais pas habitué à une approche de sujets aussi réels dans les comics de super-héros. Mais tout finit par s’intégrer dans le développement et la complexification du personnage. Les dessins de Carmine Infantino et de John Romita Jr. sont classiques et n’innovent pas le style graphique de la maison Marvel à l’époque, la fin des années 70. Les couleurs sont très criardes et la mode, coiffures, moustaches et favoris trahissent aussi cette époque. Il se peut qu'elles aient un certain charme de nos jours...

07/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Mademoiselle J. (Il s'appelait Ptirou)
Mademoiselle J. (Il s'appelait Ptirou)

Le premier tome (qui je crois était conçu comme un one-shot au départ ?) est vraiment bien fichu. Bourré de clins d’oeil, il présente la naissance du personnage de Spirou sous la forme d’une « Histoire de l’oncle Paul ». Un petit air de « Titanic » aussi avec cette romance entre le gueux Ptirou et la jeune Juliette. Ce premier album est vraiment très chouette. Dessin et colorisation aux petits oignons (un rendu vraiment très agréable), une narration fluide et plaisante, et surtout une bien belle présentation de l’univers Spirou, qui ne peut que ravir les amateurs de cet univers. Et puis le one-shot s’est développée en une série. Je ne sais pas si c’est une si bonne idée. Disons que le dessin et la colorisation sont restés très réussis, là-dessus rien à dire. Mais on bascule sur autre chose, la magie du premier album – même si on reste encore sur « une histoire de l’oncle Paul » ne joue plus. Nous suivons Juliette, devenue une femme forte, journaliste, écrivaine et aventurière. C’est rythmé, on traverse des périodes difficiles (la montée du nazisme, la France occupée, le Vietnam), avec la volonté de suivre au plus près l’héroïne, et ceux qui gravitent autour d’elle (amies proches, famille, le vieux docteur confident, etc.). Les trois albums se laissent lire, mais, comme je l’ai dit, il n’y a plus ce petit plus du premier. Et je dirais même que mon intérêt allait plutôt déclinant. Avec quelques facilités/choses improbables. Comme cette Volkswagen aux airs de Coccinelle prête à la vente en 1935 dans le tome 2. Ou surtout toute la partie se déroulant en Pologne nouvellement libérée ou en URSS dans le tome trois : hautement improbable qu’une jeune femme occidentale, journaliste ait pu traverser ainsi l’URSS stalinienne de l’époque – et en ressortir aussi facilement. Bref, un excellent tome introductif – qui peut se lire comme le one-shot qu’il était au départ (lui vaut largement ses quatre étoiles), et trois albums qui suivent, plus ou moins bien. Mais c’est quand même une série plaisante à lire.

07/07/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Le Retour (Cossé)
Le Retour (Cossé)

Le Retour traite des soldats de la Grande Guerre qui rentrent dans leur famille, et parfois ils ne rentrent pas, seulement leur fantôme. Cela peut provoquer de la jalousie chez les voisins dont le fils ou le père ne rentre pas, et de la culpabilité pour ceux qui ont survécu même s'ils sont souvent bien abîmés. C'est une histoire où on ne voit pas la guerre en tant que telle mais sa suite et les arrières, qui subissent aussi le conflit d'une autre manière dans l'attente et l'espoir. C'est parfois poétique et aux accents surréalistes voire fantastiques. Ainsi un enfant décide de construire un toboggan dans toute sa maison. Il a l'impression de pouvoir voir le passé avec. D'autres étranges événements surviennent. Je pense qu'il y a aussi un clin d'oeil à Tardi et Adèle Blanc-Sec. Le dessin en noir et blanc est agréablement réalisé.

06/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Kabuki (Minamisawa/Petreca)
Kabuki (Minamisawa/Petreca)

2.5 Les auteurs rendent hommage au théâtre japonais, un art dont j'avoue qui ne me passionne pas trop, mais les illustrations sont belles alors j'ai emprunté l'album. Le dessin est vraiment agréable à regarder et la mise en scène est bien maîtrisée. Mais bon c'est une BD et pas un artbook alors il y aussi un scénario et c'est là que ça va moins bien. Je n'ai pas été captivé par le récit et je n'aime pas trop comment les personnages parlent de manière philosophique, cela manque de naturel pour moi. Il faut dire aussi que le résumé sur l'album ne parle pas du thème de la transidentité alors pendant un bon moment j'étais un peu largué, comme si je regardais un film pour intellectuel qui ne veut rien dire pour le commun des mortels. Il a fallu que je lise la fin, qui m'a touché d'ailleurs, pour que je comprenne les intentions des auteurs. J'ai donc relu l'album et je suis mieux rentré dans le récit, mais malgré tout je n'ai pas été passionné. Sûrement que les lecteurs plus sensibles au théâtre de No vont mieux accrocher que moi.

06/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Porte Ouverte
La Porte Ouverte

Dominique Hé fait partie de ces auteurs qui ne m'ont pas marqué et dont le nom me dit vaguement quelque chose. Je ne dis pas ça par méchanceté, mais pour indiquer que je ne me suis jamais rendu compte que c'était mine de rien un auteur qui a eu une longue carrière qui débute dans les années 70. Cette autobiographie retrace les premiers pas de Hé dans la bande dessinée, un art qu'il a vraiment découvert sur le tard. En effet, il se voyait plutôt peintre ou à la limite sculpteur, mais les nombreux refus des écoles d'arts vont faire changer son plan de carrière. Au travers de Dominique Hé, on va rencontrer des auteurs établis, ceux qui vont chambouler le monde de la BD dans les années 70 et aussi des débutants qui vont finir connus dans la décennie suivante. Il y a des anecdotes savoureuses, on fait le tour de plusieurs magazines de l'époque et on aura droit à des portraits peu flatteurs de Jacques Martin et Philippe Manœuvre. C'est intéressant de voir le parcours d'un auteur qui a publié à droite et à gauche et qui n'a jamais produit une BD ultrapopulaire. Le ton de l'album m'a surpris. Il y a un côté satire sociale de la société des années 70 (Hé se fout de la gueule des étudiants révolutionnaires plusieurs fois) et il utilise souvent des métaphores. Par exemple, Goscinny le grand patron de Pilote est assis sur son trône au sommet d'un long escalier. Hé ne raconte pas sa vie de manière 100% réaliste. J'ai bien aimé son dessin qui est mieux en noir et blanc qu'avec des couleurs informatisées comme dans la dernière série que j'ai lue de lui et qui donnait un résultat moche. À lire pour découvrir comment pouvait être la vie d'un dessinateur débutant dans les années 70.

06/07/2026 (modifier)
Couverture de la série La Main de Dieu
La Main de Dieu

La quatrième de couverture du premier album annonçait une série en cinq albums, qui s’est finalement vu raccourcir (c’est acté dès l’album suivant) pour ne faire que trois tomes. Pour le coup, moi qui peste souvent contre les rallonges inutiles, j’ai trouvé ça dommage. Car le portrait d’Hoover – selon moi un des grands salauds de l’Histoire du XXème siècle (qui a joué l’essentiel de sa carrière dans l’ombre et les coups fourrés) – aurait amplement pu remplir ces deux tomes supplémentaires. Le premier tome pose les bases, montre comment, dès le départ (l’immédiat après première guerre mondiale), Hoover a montré son savoir-faire pour dégommer ses adversaires – identifiés aux adversaires de l’Amérique. Dès le départ on voit aussi son arrivisme, son absence totale de scrupules, et certaines de ses idées fixes qui ne le quitteront jamais : un anti communisme maladif, voire délirant (plus tard McCarthy le rejoindra dans ce délire), et une obstination à constituer des dossiers compromettants – que les « preuves » soient vraies ou fausses importe peu – contre ses adversaires, mais aussi contre tous ceux qui pourraient éventuellement lui nuire (politiques et nouveaux et anciens amis compris), puisque ce monsieur, au gré de ses intérêts, est aussi le roi des retournements de veste. Bref, un être méprisable, abjecte, prêt à tout pour se maintenir au pouvoir, fut-ce dans l’ombre. Ce premier tome est intéressant, car c’est la partie de la vie/carrière d’Hoover que je ne connaissais pas. Le deuxième tome se concentre sur les années 1930, avec les efforts d’Hoover pour se maintenir à son poste (face à Roosevelt qui s’en débarrasserait bien), en faisant tout pour que ses services soient reconnus, armés, en cherchant à faire des coups face à des gangs de braqueurs, tout en se rapprochant de la mafia. Comme le resserrement de l’intrigue de 5 à 3 tomes le laissait craindre après un tiers de la série consacrée au « lancement » de la carrière d’Hoover, le dernier tome, traitant de la partie a priori la plus connue de son « œuvre » est trop ramassée. En particulier, je trouve extrêmement dommageable l’occultation des magouilles et autres persécutions contre les mouvements défendant les droits des minorités (Amérindiens : AIM, Noirs : MLK ou Black Panthers, etc.), actions qui s’opposent pourtant frontalement aux valeurs autoproclamées des États-Unis – qu’Hoover prétendait défendre (on ne parle même pas des organisations taxées de communistes, cibles habituelles d’Hoover depuis ses débuts. Même si cet aspect est sans doute plus connu, je trouve étonnant de ne pas en faire état de façon appuyé dans une biographie d’Hoover. On reste donc concentré sur les relations entre Hoover et certains dirigeants politiques (la série est un vaste flash-back, certains anciens proches d’Hoover étant « cuisinés » par des sbires de Nixon pour le faire tomber). On retrouve donc Hoover dans pas mal d’événements connus et dérangeants (petit scoop me concernant de la voir averti en avance de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor ; l’assassinat de JFK ; l’affaire du Watergate, etc.). Le dessin n’est pas désagréable et se laisse lire. Mais je ne suis pas fan des yeux des personnages, et les visages des nombreux personnages connus ne sont pas toujours ressemblants aux originaux (et changent parfois d’une case à l’autre). Une série qui se laisse lire donc, mais qui m’a laissé un peu sur ma faim, en laissant trop à mon goût de côté un e part non négligeable de l’action de Hoover dans les années 1950-1970.

06/07/2026 (modifier)
Par karibou79
Note: 3/5
Couverture de la série Partie de chasse
Partie de chasse

Féru d'Histoire et de géopolitique et grand fan de Bilal à l'époque, j'abordais "Partie de chasse" avec une confiance aveugle. Entre la réputation de l'album, le duo Christin/Bilal et les nombreux avis élogieux, je m'attendais à une lecture marquante. Au final, mon ressenti est un peu plus nuancé. Je reconnais sans difficulté les qualités de l'œuvre. Le contexte politique est passionnant et le regard porté sur les dernières années du bloc soviétique est particulièrement intéressant, surtout lorsque l'on pense que l'album est paru bien avant la chute de l'URSS. On sent une vraie réflexion sur le pouvoir, les compromis, les trahisons et la faillite progressive d'un système, un condensé des joies du communisme. Comme souvent avec le Bilal de cette époque, le dessin est également un immense point fort. Les visages semblent sculptés dans la pierre, les ambiances hivernales sont magnifiques et une impression de froideur se dégage, qui colle parfaitement au sujet. Là où j'ai davantage décroché, c'est dans la narration très monolithique. Pendant une bonne partie de l'album, on assiste essentiellement à une succession de dialogues, de souvenirs et d'explications historiques. C'est intéressant intellectuellement, mais il y a un manque de relief et de rythme. J'avais parfois davantage l'impression de lire une démonstration politique qu'un véritable récit de bande dessinée. C'est une œuvre importante de la BD politique, intelligente, ambitieuse et remarquablement dessinée. Mais malgré ses qualités évidentes, je suis resté un peu à distance de cette lecture dont j'ai davantage admiré la construction que véritablement apprécié le déroulement.

06/07/2026 (modifier)