Mouais. Ça se laisse lire, pas de problème. Mais je serai clairement moins enthousiaste que mon prédécesseur.
Le principal atout, c’est le rythme. On ne s’ennuie pas. Et les amateurs de polars classiques y trouveront peut-être leur compte. Il y a un peu des films « Ocean » ou de tous les films qui jouent sur la constitution d’une fine équipe pour réaliser le casse du siècle, le braquage de rêve.
Ce qui est censé donner une touche d’originalité, c’est qu’il s’agit de braquer le coffre du Diable, où il enferme les âmes des damnés. Car les héros ont fait un pacte faustien, et veulent « revenir à la vie » sans tenir leurs engagements envers le chef des enfers.
Mais, une fois passé cette touche d’originalité, il faut à la fois accepter pas mal de facilités scénaristiques, mais aussi accepter une intrigue qui reste très basique.
Quant au dessin, s’il est très lisible, je le trouve très moyen (et ne suis pas fan de la colorisation, informatique semble-t-il).
Note réelle 2,5/5.
Je ne suis pas forcément fan de l’apport massif du fantastique dans le western. Ça m’a rarement satisfait. Ici, je dois dire que ça passe, ça ne tombe pas dans le n’importe quoi, la surenchère masquant un manque d’idées scénaristiques. C’est un booster comme un autre pour dynamiser une intrigue pas trop prise de tête, mais que j’ai trouvé efficace.
Le casting est un peu étonnant – dans sa constitution et dans son utilisation. En effet, une cantatrice en disgrâce héritant d’un manoir paumé dans un trou du Far West s’adjoint un duo improbable pour l’escorter (une jeune femme rêvant d’être un pistolero et son vieux « coach ») se retrouve mêlée à une attaque de « skinwalker » (humains se transformant en êtres animaliers sanguinaires, liés à des légendes indiennes).
Ma principale surprise vient du relatif sous-emploi de la bande d’outlaws, que je pensais être les méchants, et qui ne forment finalement – à l’exception de l’un d’entre eux (par ailleurs plus « gentil » que prévu !) – qu’un stock de victimes vite épuisé.
Sans être inoubliable, c’est une lecture dynamique et globalement plaisante. Je ne regrette pas mon emprunt.
Je ne connais ni l’auteur ni le roman d’origine. Disons qu’au vu de cette adaptation – qui se laisse lire facilement pourtant – je ne pense pas que ce soit ma came.
En effet, l’intrigue est très légère – trop à mon goût. Et le rythme est aussi très lent. L’histoire est construite comme une tragédie antique.
Il y a en effet quelque chose de théâtral dans la façon de traiter ce récit. Une quasi unité de lieu : tout tourne autour des habitants d’un immeuble – on s’éloigne jusqu’à sa cour, mais pas beaucoup plus loin.
Les personnages, peu expressifs, sont aussi un peu comme des acteurs portant un masque (d’ailleurs une veuve ne montre jamais son visage derrière son voile) et surtout la quasi-totalité du récit amène au tragique final, avec cet amour impossible, alors qu’on a pu un court instant penser que le jeune héros aller pouvoir l’assouvir avec la jeune femme qu’il avait connue adolescent.
Pas inintéressant, mais pas emballant plus que ça non plus. Et je n’ai pas trop reconnu la patte de Tronchet ici, il a sans doute dû s’effacer derrière le récit d’origine.
Note réelle 2,5/5.
Sadako est une jeune sorcière (jeune d'à peine un siècle, entendons-nous) qui a vécu toute sa vie recluse et se sent désespérément seule. Un jour, par miracle, elle tombe sur un téléphone et une connexion internet et découvre en un milliard d'images toutes les évolutions humaines passées, les nouvelles modes, les paysages variés, … bref, après un simple voyage à travers les réseaux sociaux, notre sorcière décide d'enfin sortir de sa montagne et de vivre son rêve : enfin se montrer parmi les autres et, si possible, être admirée. Usant de magie et de son joli minois, Sadako se lance en tant qu'influenceuse en ligne, accumulant rapidement une multitude de followers, parmi lesquels Hanako, une jeune femme aux manières et à l'allure un peu bourrines souffrant elle aussi de l'isolement et de la solitude. Hanako admire Sadako, rêverait même de lui ressembler mais, patatra, un beau jour Sadako révèle en live qu'elle est une sorcière et le monde de Hanako s'effondre. Elle qui a été ostracisée par les autres toute sa vie, elle ne supporte pas de voir quelqu'un revendiquer la moindre bizarrerie, surtout si c'est en plus pour se faire passer pour une sorcière. Se lance alors une vague de messages haineux envers Sadako sur tous ses réseaux sociaux, et la belle sorcière va donc essayer de rencontrer cette personne étrangement obnubilée par elle.
C'est une histoire simple sur la solitude, l'ostracisation des individus jugés trop différents, sur la réappropriation des individualités aussi, le tout porté par une histoire farfelue de société secrète cherchant à cacher la sorcellerie aux humains et saupoudré d'un propos sur les réseaux sociaux et leur capacité à ouvrir au monde tout en ne le présentant que sous une manière photogénique.
Les personnages sont bien dessinés, très expressifs, nos deux protagonistes sont très rapidement attachantes, Sadako est toute choupie (quand elle décide de ne pas sortir les crocs), … Bref, l'histoire vient tout juste de commencer, s'annonce simple et pourtant convainc déjà.
Eeeeeet, pourtant, nous nous retrouvons face à un problème, car je vous le dit, la série n'ira pas très loin. Comment le sais-je ? Parce que l'autrice s'est vue annulée sa série qui n'ira, au final, pas plus loin que le tome 2. Je ne sais pas encore si elle essaiera quand-même d'apporter une conclusion, aussi expédiée soit-elle, car après tout il est fort probable que ses éditeur-ice-s se contentent de couper le courant. Dommage, l'histoire, sans être parfaite, s'annonçait prometteuse. Les yuris fantastiques, avec des personnages hauts en couleurs et un duo principal continuellement mi-en-conflit mi-alliées-de-fortune, bah normalement ça devrait me plaire, ça devrait même plaire à beaucoup d'amateur-ice-s de romances déjantées. Mais voilà, pas beaucoup de succès au Japon et la série n'aura pas plus de chance que ça.
Devriez-vous acheter cette série morte-née ? Eh bien tout dépendra de vous, car j'avoue que j'ai tout de même bien envie de soutenir l'autrice et que je ne serais pas contre voir ses prochaines créations (j'avais en tout cas personnellement bien aimé ses précédentes). Raison pour laquelle je n'ai justement pas hésité une seule seconde à acheter cet album en tombant dessus lors d'une convention.
Quatrième et dernière série d'Éric Puech publiée chez Comics USA, avec un diptyque cette fois-ci.
Le premier album propose quatre histoires courtes s'ouvrant sur des époques et des univers variés (heroic fantasy, science-fiction, années 80), souvent rythmées par des rebondissements méta.
Le dernier récit vient lier - laborieusement - les intrigues entre elles. L'ensemble déborde de références pop culturelles des années 80, de Star Wars à Superman en passant par les jeux vidéo.
On retrouve le héros, Wolfram, dans un second tome au format assez inhabituel pour Puech, puisqu'il s'agit d'un récit complet et unique. Si l'intrigue se révèle très caricaturale — voire un brin paresseuse —, le plaisir de lecture reste intact. On savoure Wolfram avec le même plaisir coupable que devant une vieille série B.
Seuls bémols : une couverture au rendu un peu cheap et une palette de couleurs malheureusement trop limitée dans ce second opus.
Cette chronique est l'occasion de remettre en perspective mon appréciation des œuvres de Puech — fervent défenseur du courant pulp — publiées chez le même éditeur.
Mon classement final, par ordre de préférence :
1. Wolfram ***
2. La Ballade de Johnny ***
3. Traces de pneus ***
4. Joe Breakdown ***
Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli, le fameux scénariste de Torpedo et dessinées par Eric Puech, un dessinateur français qui a beaucoup été publié dans la collection Spécial USA.
Pour apprécier cette bande, il faut aimer le genre pulp : on est sur des récits très rétro assez kitsch, qui font l'éloge de la culture américaine des années 80.
Le personnage récurrent de Johnny sert de fil d'Ariane entre la plupart des histoires.
Le dessin de Puech fait très deuxième division mais il possède un certain charme. Par contre la mise en scène est moins aboutie si on compare avec les autres oeuvres de l'auteur.
Une bd assez représentative de la ligne éditoriale de Comics USA à l'époque.
Le dessin est fin et dynamique, le héros et l'histoire aussi. Et puis, traiter le mythe de Dieu, des anges et du diable comme un aventure pour enfants avec une certaine noirceur et subtilité n'est pas mal du tout. Serait-il possible de faire plus noir et plus subtil pour le public visé ? J'aurais dit non en pensant à la bd franco-belge ou américaine, mais je me demande si les Japonais n'y arriveraient pas, eux, dans leur manga !
Pourquoi ? Eh bien par exemple, sur Google on dit que Parasite
Quel âge pour lire Parasite ?
Informations sur le produit
Éditeur Glénat Manga
ISBN-13 978-2344039595
Poids de l'article ?305 g
Âge de lecture ?Dès 13 ans
Parasite peut être lu à 13 ans.
Que chacun tape parasite ici et lise les critiques s'il n'a pas lu Parasite, sans parler de l'anime !
Une histoire de plusieurs destins entremêlés, des âmes damnées cherchant à se faire la peau ou bien à se tirer au plus vite, de la violence à outrance et des morts plus que gratuites, des personnages petits moralement, … Ici, pas de doute, on est bien dans un récit de mafieux !
Pas vraiment de personnage principal, ici chaque personnage vit sa vie et tente de s'en sortir, qu'il s'agisse du lâche et fourbe adjoint qui rêve de devenir calife à la place du calife, de la jeune femme qui était venue en ville en rêvant de devenir star et s'est retrouvée embarquée malgré elle dans des affaires criminelles, du gros benêt amoureux des animaux et soucieux de son prochain qui n'éprouve pourtant aucun scrupule à exécuter les ordres d'un criminel, du flic qui semble parfois plus intéressé par la gloire que par la sécurité des citoyens, en passant par un idiot sur-musculeux jouant les justiciers du dimanche et tuant immanquablement les innocent-e-s et les victimes. Bref, une belle brochette de personnages bien clichés, bien barrés aussi (particulièrement El Chupacabra, le justicier susmentionné).
Le scénario part dans tous les sens, usant d'histoires de malédictions, de super-héroïsme et de guerre de gang pour une histoire qui, au final, s'avère surtout être une excuse pour de la violence gratuite. Violence montant d'ailleurs en crescendo, les personnages devenant de plus en plus avides, instables et dangereux à mesure que les pages tournent, le tout se concluant dans une explosion de balles lors du chapitre final, là où tous les personnages vont jouer leur rôle une dernière fois.
L’œuvre n'est pas mauvaise, je lui reconnais d'être bien rythmée et de se révéler divertissante, mais j'avoue être mine de rien restée en retrait lors de ma lecture.
Est-ce le scénario ? Oui, en partie. Je ne suis pas nécessairement friande de récits de guerres de gangs, l'imagerie des fusillades de rues et des héritages mafieux ne me parlant pas du tout (au grand dam de mon père qui avait voulu me présenter la trilogie du Parrain) alors j'avoue que la myriade de poncifs et de références ici m'a laissée de marbre.
Est-ce la violence exacerbée ? Oui et non. J'aime beaucoup la violence comme outil narratif, qu'elle soit magnifiquement chorégraphiée ou viscérale et animale, car elle permet de donner du corps (littéralement) à des propos violents, voire des propos sur la violence. Pourtant, ici, j'avoue que la violence m'a parue… inutile. Pas car elle illustrerait un propos sur l'inutilité de la violence ou montrerait le caractère pathétique de ce monde ultra-violent (quoiqu'on retrouve un peu l'idée avec ces mafieux jouant les caïds et se chiant dessus - littéralement - à chaque retour de bâton), mais bien car au final le scénario m'a parfois paru accessoire, un simple vecteur pour juste dessiner des gens qui font pan-pan et qui s'explosent la cervelle.
En fait, mon vrai problème, je crois que ce sont les personnages. Sur le papier il sont bons, leurs archétypes sont bien connus, on exagère le trait pour rendre le tout comique, ça devrait les rendre intéressants et un minimum attachants (aussi attachants que pourraient être des ordures dans le cas de la majorité). Mais ici pas d'attache chez moi. L'histoire n'est pas inintéressante sur le papier, mais je n'arrive pas du tout à m'attacher à quoi que ce soit - et j'avoue que l'humour m'a assez peu fait rire.
C'est dommage, parce que les récits délirants et explosifs, de destins entremêlés et d'action vive, normalement ça fait mouche pour moi. En fait je crois que mon ressenti en demi-teinte vient surtout d'une forme de déception.
Je donne tout de même la moyenne, l'album n'est pas mauvais, mais j'avoue être parfaitement passée à côté de cet album.
En espérant qu'il parle davantage à d'autres personnes.
(Note réelle 2,5)
Monsieur le Chien se lance ici dans une histoire a priori casse-gueule. En effet, son personnage principal, le fameux « homme au masque » est un psychopathe, obsédé sexuel, violeur, qui viole, tabasse des femmes, et en séquestre une dans sa cave (l’auteur aurait eu cette idée sordide à partir d’un fait divers autrichien).
Mais je dois dire que, malgré les inévitables ratages et irrégularités, Monsieur le Chien s’en sort globalement assez bien. Comme à son habitude, il développe un humour très con, débile, absurde – que ce soit dans les situations ou les dialogues, en n’hésitant pas à aller au bout du bout d’une idée à la con, en surjouant la crétinerie des personnages.
Il faut aimer, mais je suis plutôt amateur de ce type d’humour au énième degré, qui empile les conneries en se disant bien qu’une ou deux feront mouche. Et c’est le cas me concernant.
Un gros défouloir pour amateurs du genre.
Une lecture sympathique, mais que j’aurais aimé voir plus dense.
En effet, que ce soit dans les grandes lignes ou dans les détails de l’intrigue, Marazano est assez minimaliste. J’aurais aimé en savoir plus sur les Krells, contre lesquels une armée terrienne se prépare à combattre (et aussi sur les causes de cette guerre !).
Quant aux personnages, là aussi on n’en sait pas trop, si ce n’est que les quatre que nous suivons refusent cette guerre, et souhaite retourner sur Terre. Pour cela ils se mutinent en assassinant leur officier. La suite ne va pas se passer comme prévu.
Si les rebondissements finaux concluent l’histoire, ils le font de façon un peu brutale – et relativement frustrante. De la même manière, le rôle de Gloria, l’ordinateur de bord du char dans lequel nos mutins voyage, ambigu, aurait pu être mieux cerné.
Bon, je semble ne faire que me plaindre. Mais cet album se laisse lire quand même. C’est juste que j’en espérais un peu plus.
Note réelle 2,5/5.
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The Big Burn
Mouais. Ça se laisse lire, pas de problème. Mais je serai clairement moins enthousiaste que mon prédécesseur. Le principal atout, c’est le rythme. On ne s’ennuie pas. Et les amateurs de polars classiques y trouveront peut-être leur compte. Il y a un peu des films « Ocean » ou de tous les films qui jouent sur la constitution d’une fine équipe pour réaliser le casse du siècle, le braquage de rêve. Ce qui est censé donner une touche d’originalité, c’est qu’il s’agit de braquer le coffre du Diable, où il enferme les âmes des damnés. Car les héros ont fait un pacte faustien, et veulent « revenir à la vie » sans tenir leurs engagements envers le chef des enfers. Mais, une fois passé cette touche d’originalité, il faut à la fois accepter pas mal de facilités scénaristiques, mais aussi accepter une intrigue qui reste très basique. Quant au dessin, s’il est très lisible, je le trouve très moyen (et ne suis pas fan de la colorisation, informatique semble-t-il). Note réelle 2,5/5.
Skinwalker
Je ne suis pas forcément fan de l’apport massif du fantastique dans le western. Ça m’a rarement satisfait. Ici, je dois dire que ça passe, ça ne tombe pas dans le n’importe quoi, la surenchère masquant un manque d’idées scénaristiques. C’est un booster comme un autre pour dynamiser une intrigue pas trop prise de tête, mais que j’ai trouvé efficace. Le casting est un peu étonnant – dans sa constitution et dans son utilisation. En effet, une cantatrice en disgrâce héritant d’un manoir paumé dans un trou du Far West s’adjoint un duo improbable pour l’escorter (une jeune femme rêvant d’être un pistolero et son vieux « coach ») se retrouve mêlée à une attaque de « skinwalker » (humains se transformant en êtres animaliers sanguinaires, liés à des légendes indiennes). Ma principale surprise vient du relatif sous-emploi de la bande d’outlaws, que je pensais être les méchants, et qui ne forment finalement – à l’exception de l’un d’entre eux (par ailleurs plus « gentil » que prévu !) – qu’un stock de victimes vite épuisé. Sans être inoubliable, c’est une lecture dynamique et globalement plaisante. Je ne regrette pas mon emprunt.
Le Jour d'avant le bonheur
Je ne connais ni l’auteur ni le roman d’origine. Disons qu’au vu de cette adaptation – qui se laisse lire facilement pourtant – je ne pense pas que ce soit ma came. En effet, l’intrigue est très légère – trop à mon goût. Et le rythme est aussi très lent. L’histoire est construite comme une tragédie antique. Il y a en effet quelque chose de théâtral dans la façon de traiter ce récit. Une quasi unité de lieu : tout tourne autour des habitants d’un immeuble – on s’éloigne jusqu’à sa cour, mais pas beaucoup plus loin. Les personnages, peu expressifs, sont aussi un peu comme des acteurs portant un masque (d’ailleurs une veuve ne montre jamais son visage derrière son voile) et surtout la quasi-totalité du récit amène au tragique final, avec cet amour impossible, alors qu’on a pu un court instant penser que le jeune héros aller pouvoir l’assouvir avec la jeune femme qu’il avait connue adolescent. Pas inintéressant, mais pas emballant plus que ça non plus. Et je n’ai pas trop reconnu la patte de Tronchet ici, il a sans doute dû s’effacer derrière le récit d’origine. Note réelle 2,5/5.
Wicked Spot
Sadako est une jeune sorcière (jeune d'à peine un siècle, entendons-nous) qui a vécu toute sa vie recluse et se sent désespérément seule. Un jour, par miracle, elle tombe sur un téléphone et une connexion internet et découvre en un milliard d'images toutes les évolutions humaines passées, les nouvelles modes, les paysages variés, … bref, après un simple voyage à travers les réseaux sociaux, notre sorcière décide d'enfin sortir de sa montagne et de vivre son rêve : enfin se montrer parmi les autres et, si possible, être admirée. Usant de magie et de son joli minois, Sadako se lance en tant qu'influenceuse en ligne, accumulant rapidement une multitude de followers, parmi lesquels Hanako, une jeune femme aux manières et à l'allure un peu bourrines souffrant elle aussi de l'isolement et de la solitude. Hanako admire Sadako, rêverait même de lui ressembler mais, patatra, un beau jour Sadako révèle en live qu'elle est une sorcière et le monde de Hanako s'effondre. Elle qui a été ostracisée par les autres toute sa vie, elle ne supporte pas de voir quelqu'un revendiquer la moindre bizarrerie, surtout si c'est en plus pour se faire passer pour une sorcière. Se lance alors une vague de messages haineux envers Sadako sur tous ses réseaux sociaux, et la belle sorcière va donc essayer de rencontrer cette personne étrangement obnubilée par elle. C'est une histoire simple sur la solitude, l'ostracisation des individus jugés trop différents, sur la réappropriation des individualités aussi, le tout porté par une histoire farfelue de société secrète cherchant à cacher la sorcellerie aux humains et saupoudré d'un propos sur les réseaux sociaux et leur capacité à ouvrir au monde tout en ne le présentant que sous une manière photogénique. Les personnages sont bien dessinés, très expressifs, nos deux protagonistes sont très rapidement attachantes, Sadako est toute choupie (quand elle décide de ne pas sortir les crocs), … Bref, l'histoire vient tout juste de commencer, s'annonce simple et pourtant convainc déjà. Eeeeeet, pourtant, nous nous retrouvons face à un problème, car je vous le dit, la série n'ira pas très loin. Comment le sais-je ? Parce que l'autrice s'est vue annulée sa série qui n'ira, au final, pas plus loin que le tome 2. Je ne sais pas encore si elle essaiera quand-même d'apporter une conclusion, aussi expédiée soit-elle, car après tout il est fort probable que ses éditeur-ice-s se contentent de couper le courant. Dommage, l'histoire, sans être parfaite, s'annonçait prometteuse. Les yuris fantastiques, avec des personnages hauts en couleurs et un duo principal continuellement mi-en-conflit mi-alliées-de-fortune, bah normalement ça devrait me plaire, ça devrait même plaire à beaucoup d'amateur-ice-s de romances déjantées. Mais voilà, pas beaucoup de succès au Japon et la série n'aura pas plus de chance que ça. Devriez-vous acheter cette série morte-née ? Eh bien tout dépendra de vous, car j'avoue que j'ai tout de même bien envie de soutenir l'autrice et que je ne serais pas contre voir ses prochaines créations (j'avais en tout cas personnellement bien aimé ses précédentes). Raison pour laquelle je n'ai justement pas hésité une seule seconde à acheter cet album en tombant dessus lors d'une convention.
Wolfram
Quatrième et dernière série d'Éric Puech publiée chez Comics USA, avec un diptyque cette fois-ci. Le premier album propose quatre histoires courtes s'ouvrant sur des époques et des univers variés (heroic fantasy, science-fiction, années 80), souvent rythmées par des rebondissements méta. Le dernier récit vient lier - laborieusement - les intrigues entre elles. L'ensemble déborde de références pop culturelles des années 80, de Star Wars à Superman en passant par les jeux vidéo. On retrouve le héros, Wolfram, dans un second tome au format assez inhabituel pour Puech, puisqu'il s'agit d'un récit complet et unique. Si l'intrigue se révèle très caricaturale — voire un brin paresseuse —, le plaisir de lecture reste intact. On savoure Wolfram avec le même plaisir coupable que devant une vieille série B. Seuls bémols : une couverture au rendu un peu cheap et une palette de couleurs malheureusement trop limitée dans ce second opus. Cette chronique est l'occasion de remettre en perspective mon appréciation des œuvres de Puech — fervent défenseur du courant pulp — publiées chez le même éditeur. Mon classement final, par ordre de préférence : 1. Wolfram *** 2. La Ballade de Johnny *** 3. Traces de pneus *** 4. Joe Breakdown ***
Joe Breakdown
Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli, le fameux scénariste de Torpedo et dessinées par Eric Puech, un dessinateur français qui a beaucoup été publié dans la collection Spécial USA. Pour apprécier cette bande, il faut aimer le genre pulp : on est sur des récits très rétro assez kitsch, qui font l'éloge de la culture américaine des années 80. Le personnage récurrent de Johnny sert de fil d'Ariane entre la plupart des histoires. Le dessin de Puech fait très deuxième division mais il possède un certain charme. Par contre la mise en scène est moins aboutie si on compare avec les autres oeuvres de l'auteur. Une bd assez représentative de la ligne éditoriale de Comics USA à l'époque.
Arkel
Le dessin est fin et dynamique, le héros et l'histoire aussi. Et puis, traiter le mythe de Dieu, des anges et du diable comme un aventure pour enfants avec une certaine noirceur et subtilité n'est pas mal du tout. Serait-il possible de faire plus noir et plus subtil pour le public visé ? J'aurais dit non en pensant à la bd franco-belge ou américaine, mais je me demande si les Japonais n'y arriveraient pas, eux, dans leur manga ! Pourquoi ? Eh bien par exemple, sur Google on dit que Parasite Quel âge pour lire Parasite ? Informations sur le produit Éditeur Glénat Manga ISBN-13 978-2344039595 Poids de l'article ?305 g Âge de lecture ?Dès 13 ans Parasite peut être lu à 13 ans. Que chacun tape parasite ici et lise les critiques s'il n'a pas lu Parasite, sans parler de l'anime !
Les Basses Œuvres
Une histoire de plusieurs destins entremêlés, des âmes damnées cherchant à se faire la peau ou bien à se tirer au plus vite, de la violence à outrance et des morts plus que gratuites, des personnages petits moralement, … Ici, pas de doute, on est bien dans un récit de mafieux ! Pas vraiment de personnage principal, ici chaque personnage vit sa vie et tente de s'en sortir, qu'il s'agisse du lâche et fourbe adjoint qui rêve de devenir calife à la place du calife, de la jeune femme qui était venue en ville en rêvant de devenir star et s'est retrouvée embarquée malgré elle dans des affaires criminelles, du gros benêt amoureux des animaux et soucieux de son prochain qui n'éprouve pourtant aucun scrupule à exécuter les ordres d'un criminel, du flic qui semble parfois plus intéressé par la gloire que par la sécurité des citoyens, en passant par un idiot sur-musculeux jouant les justiciers du dimanche et tuant immanquablement les innocent-e-s et les victimes. Bref, une belle brochette de personnages bien clichés, bien barrés aussi (particulièrement El Chupacabra, le justicier susmentionné). Le scénario part dans tous les sens, usant d'histoires de malédictions, de super-héroïsme et de guerre de gang pour une histoire qui, au final, s'avère surtout être une excuse pour de la violence gratuite. Violence montant d'ailleurs en crescendo, les personnages devenant de plus en plus avides, instables et dangereux à mesure que les pages tournent, le tout se concluant dans une explosion de balles lors du chapitre final, là où tous les personnages vont jouer leur rôle une dernière fois. L’œuvre n'est pas mauvaise, je lui reconnais d'être bien rythmée et de se révéler divertissante, mais j'avoue être mine de rien restée en retrait lors de ma lecture. Est-ce le scénario ? Oui, en partie. Je ne suis pas nécessairement friande de récits de guerres de gangs, l'imagerie des fusillades de rues et des héritages mafieux ne me parlant pas du tout (au grand dam de mon père qui avait voulu me présenter la trilogie du Parrain) alors j'avoue que la myriade de poncifs et de références ici m'a laissée de marbre. Est-ce la violence exacerbée ? Oui et non. J'aime beaucoup la violence comme outil narratif, qu'elle soit magnifiquement chorégraphiée ou viscérale et animale, car elle permet de donner du corps (littéralement) à des propos violents, voire des propos sur la violence. Pourtant, ici, j'avoue que la violence m'a parue… inutile. Pas car elle illustrerait un propos sur l'inutilité de la violence ou montrerait le caractère pathétique de ce monde ultra-violent (quoiqu'on retrouve un peu l'idée avec ces mafieux jouant les caïds et se chiant dessus - littéralement - à chaque retour de bâton), mais bien car au final le scénario m'a parfois paru accessoire, un simple vecteur pour juste dessiner des gens qui font pan-pan et qui s'explosent la cervelle. En fait, mon vrai problème, je crois que ce sont les personnages. Sur le papier il sont bons, leurs archétypes sont bien connus, on exagère le trait pour rendre le tout comique, ça devrait les rendre intéressants et un minimum attachants (aussi attachants que pourraient être des ordures dans le cas de la majorité). Mais ici pas d'attache chez moi. L'histoire n'est pas inintéressante sur le papier, mais je n'arrive pas du tout à m'attacher à quoi que ce soit - et j'avoue que l'humour m'a assez peu fait rire. C'est dommage, parce que les récits délirants et explosifs, de destins entremêlés et d'action vive, normalement ça fait mouche pour moi. En fait je crois que mon ressenti en demi-teinte vient surtout d'une forme de déception. Je donne tout de même la moyenne, l'album n'est pas mauvais, mais j'avoue être parfaitement passée à côté de cet album. En espérant qu'il parle davantage à d'autres personnes. (Note réelle 2,5)
L'Homme au masque (en toile de jute)
Monsieur le Chien se lance ici dans une histoire a priori casse-gueule. En effet, son personnage principal, le fameux « homme au masque » est un psychopathe, obsédé sexuel, violeur, qui viole, tabasse des femmes, et en séquestre une dans sa cave (l’auteur aurait eu cette idée sordide à partir d’un fait divers autrichien). Mais je dois dire que, malgré les inévitables ratages et irrégularités, Monsieur le Chien s’en sort globalement assez bien. Comme à son habitude, il développe un humour très con, débile, absurde – que ce soit dans les situations ou les dialogues, en n’hésitant pas à aller au bout du bout d’une idée à la con, en surjouant la crétinerie des personnages. Il faut aimer, mais je suis plutôt amateur de ce type d’humour au énième degré, qui empile les conneries en se disant bien qu’une ou deux feront mouche. Et c’est le cas me concernant. Un gros défouloir pour amateurs du genre.
Le Bataillon des lâches
Une lecture sympathique, mais que j’aurais aimé voir plus dense. En effet, que ce soit dans les grandes lignes ou dans les détails de l’intrigue, Marazano est assez minimaliste. J’aurais aimé en savoir plus sur les Krells, contre lesquels une armée terrienne se prépare à combattre (et aussi sur les causes de cette guerre !). Quant aux personnages, là aussi on n’en sait pas trop, si ce n’est que les quatre que nous suivons refusent cette guerre, et souhaite retourner sur Terre. Pour cela ils se mutinent en assassinant leur officier. La suite ne va pas se passer comme prévu. Si les rebondissements finaux concluent l’histoire, ils le font de façon un peu brutale – et relativement frustrante. De la même manière, le rôle de Gloria, l’ordinateur de bord du char dans lequel nos mutins voyage, ambigu, aurait pu être mieux cerné. Bon, je semble ne faire que me plaindre. Mais cet album se laisse lire quand même. C’est juste que j’en espérais un peu plus. Note réelle 2,5/5.