Si son œuvre est inégale, je m’intéresse beaucoup à ce que publie Karibou, car je suis un gros amateur d’humour, et en particulier d’humour absurde, genre dans lequel cet auteur se spécialise.
Et j’ai trouvé cet album sympathique. Pas forcément hilarant, mais suffisamment amusant pour sourire à de nombreuses reprises.
Les situations ou dialogues sont souvent décalées, absurdes donc, avec des personnages assez cons (que ce soit les braqueurs ou les flics), il y a quelques sorties savoureuses.
A côté de ça, tout en gardant l’absurde comme boussole, Karibou développe un autre pan, avec une critique frontale des télés d’info en continue – CNews en tête, avec comme tête de gondole ici un Pascal Praud aussi sûr de lui, réac, hypocrite et con que l’original. Là aussi, certains dialogues sont réjouissants (on se demande même parfois s’ils sont si exagérés ou décalés par rapport à ce qui se dit sur ce genre de plateau).
Quelques bémols toutefois. D’abord tout ne fait pas mouche ou rire, bien sûr. Il y a même des dialogues ratés. Il y a surtout pas mal de redites, lourdeurs (pas forcément volontaire pour accentuer l’humour), qui amènent des longueurs, ce qui est dommage dans ce type d’humour qui ne supporte pas le sur-place.
Mais bon, globalement, c’est une très honnête moyenne, un album rigolo et décalé, pour amateurs d’humour con et absurde (avec un dessin figé et peu développé – comme souvent dans ce type d’entreprise, même s’il n’y a pas d’itération iconique comme beaucoup d’albums du même genre récemment).
Après Les Lettres de mon Moulin, c'est la deuxième série de Mittéï que j'avais envie de découvrir depuis des années, parce que j'en voyais les couvertures parmi les publications de la collection Les Meilleurs Récits du Journal de Spirou. Et c'est une nouvelle redécouverte de cet auteur dont j'ignorais il y a encore un mois à peine à quel point son dessin s'inscrivait dans la plus pure tradition de l'École de Marcinelle. Certaines planches évoquent tour à tour Walthéry, Gos, voire Séron lorsqu'il s'inspire lui-même de Franquin. C'est un style qui parle directement à la nostalgie de mes lectures de jeunesse et qui suscite spontanément mon affection lorsqu'il est réalisé avec autant de sincérité et de soin du détail. Bien sûr, tout n'est pas irréprochable : l'encrage se montre parfois un peu brouillon et les ombrages un peu trop appuyés, mais l'ensemble possède un charme évident.
Les histoires respirent elles aussi le Spirou des années 1970. Impossible de ne pas penser à Benoit Brisefer avec ce jeune garçon en apparence tout à fait ordinaire qui cache un pouvoir extraordinaire sous un aspect banal. Ici, Bonaventure déclenche involontairement des phénomènes complètement improbables dès qu'il retire ses lunettes... sans jamais s'en rendre compte puisqu'il ne voit rien sans elles. L'idée est amusante et offre un bon potentiel, à mi-chemin entre l'humour et l'aventure, mais elle montre assez vite ses limites. À force de voir des catastrophes invraisemblables se produire autour de lui sans qu'il ne comprenne jamais rien, le procédé devient répétitif et finit par paraître assez artificiel. De la même façon, comme Mittéï a régulièrement besoin que son héros enlève ses lunettes, il en fait un vrai pleurnichard, que ce soit d'émotion ou de rire, ce qui donne une impression un peu forcée.
On alterne entre histoires courtes et récits un peu plus développés, même si celui occupant tout le second tome m'a semblé assez étiré en longueur. Le ton reste résolument léger, les méchants étant davantage tournés en ridicule qu'inquiétants, et les pouvoirs involontaires de Bonaventure servant avant tout à provoquer des situations cocasses. L'humour ne fait pas toujours mouche et il tourne trop souvent autour d'à quel point les gens croient être fous en voyant ce que Bonaventure cause. Le rythme est assez mollasson et les dialogues souvent bavards, mais il faut aussi remettre l'œuvre dans son contexte : c'est une série jeunesse typique de son époque, conçue avant tout pour divertir.
Je ne l'ai pas connue enfant, je n'ai donc pas la nostalgie spécifique envers elle. Mais je pense que si je l'avais découverte dans ma jeunesse, je l'aurais probablement assez appréciée, sans pour autant en faire une de mes séries favorites. Aujourd'hui, j'y vois surtout une petite curiosité attachante, sans grande ambition, qui vaut autant pour le plaisir de retrouver le dessin de Mittéï que pour son témoignage d'une certaine manière de faire de la BD franco-belge humoristique.
Note : 2,5/5
2.5
Je vois que j'avais déjà lu un album de cet auteur, La Dernière Rose de l'été et en relisant mon avis sur ce one-shot dont j'avais un peu oublié l'existence, je vois que j'ai à peu près le même avis pour L'Aimant.
Le dessin est pas trop mal, surtout en ce qui concerne l’architecture. Le scénario est correct avec du positif et du négatif. En gros, il y a des scènes chocs très bonnes et le côté polar fantastique du scénario est bien fait même si au final c'est très linéaire. Le problème est qu'entre les scènes qui m'ont passionné, il y avait des dizaines et des dizaines de pages remplies de scènes qui m'ont semblé poussives. Je n'arrive pas à m'attacher au personnage principal qui m'a semblé fade et sans charisme.
Encore une fois c'est un album dont mon intérêt variait selon les scènes et je ne pense pas relire l'album un jour.
2.5
Un autre album paru chez un éditeur indépendant dont le principal intérêt m'a semblé être le dessin.
En effet, j'ai bien aimé le dessin...pour les décors et aussi pour l'ambiance qui se dégage des scènes se passant à l'aéroport parce le scénario en lui-même ne m'a pas trop passionné. Il faut dire que dès le départ je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les personnages. Du coup, il y a toujours eu une distance entre eux et moi. Il y a un peu d'originalité dont la manière est raconté ce que vivent les deux personnages principaux féminins, mais tout le long de l'album j'étais un peu indifférent à ce qu'elles vivaient.
Ça se laisse lire (il faut dire aussi qu'il y a plusieurs pages sans ou avec peu de textes) et c'est pas vraiment mauvais. C'est juste pas très mémorable et passionnant à lire de mon point de vue.
Tamara de Lempicka est une peintre polonaise qui a eu du succès dans les années folles avant de tomber dans l'anonymat. Elle retrouvera le succès lors d'une exposition en 1972 à Paris en ressortant ses vieux tableaux poussiéreux, avant de s'éteindre en 1980 au Mexique.
Une artiste qui m'était inconnu et qui fût une icône de l'art déco, en particulier pour ses nombreux portraits. Par curiosité j'ai été voir sur le net ses toiles, et j'ai découvert une portraitiste de talent mêlant le néo-réalisme et le néo-cubisme. Elle emploie des couleurs vives, surtout le vert et le bleu. Je vous invite à la découvrir.
Une biographie à la première personne du singulier, Tamara nous narre sa passion pour la peinture, ses nombreuses amours (en particulier pour la gente féminine) et ses excès (jusqu'à 3 paquets de cigarettes par jour). Tousse tousse. Une lecture instructive, mais la faible pagination (seulement 40 planches de bd) ne permet pas d'appréhender pleinement la vie mouvementée de l'artiste et d'approfondir sa personnalité singulière. On ne fait qu'effleurer cette femme qui a fait passer sa vie professionnelle avant sa vie familiale. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne ce roman graphique, surtout lorsqu'elle évoque sa fille. Une femme qui a brûlé la chandelle par les deux bouts et qui se moquait du qu'en-dira-t-on.
Vanna Vinci ce n'est pas du Léonard de Vinci (je n'ai pas pu m'empêcher), elle essaye de donner un léger côté art déco à certaines de ses planches, surtout les cases représentant Tamara en tant qu'artiste. Un dessin désuet qui n'est pas ma tasse de thé, mais il fait le job. Par contre, pas fan des couleurs ternes.
Un 3 étoiles pour cette sacrée bonne femme.
Pour les curieux, une autre BD sur Tamara : Tamara de Lempicka.
Ça faisait un petit moment que je m’étais éloigné de ce duo d’auteurs dont j’apprécie pourtant le travail, et j’étais curieux de commencer cette série qui promettait de parler (un peu) de musique tout en évoquant une époque que j’ai moi aussi bien connue. J’avais 16 ans en 1990.
Je ne dirai pas grand-chose sur le dessin qui est très bon. Les regards notamment sont très réussis. Quant aux dialogues, ils restent de bonne tenue, comme à chaque fois avec AnneCa Pandolfo. C’est très agréable à lire, fluide. Les personnages sont bien étudiés, et pour le cas présent, on sent même qu’il y a des petits morceaux autobiographiques dans la salade.
J’ai pourtant quelques réticences qui font naitre des frustrations.
Tout d’abord, j’apporterais un petit bémol au sujet du petit monde punk et gentiment marginal présenté ici. Le punk, c’est un mouvement né dans le milieu des années 70. Or la BD pourrait laisser penser qu’à la naissance des 90ies, on était en plein dedans. Que nenni ! A ce moment-là, si on croisait encore quelques sosies plus ou moins convaincants de Robert Smith (qui n’est bien entendu pas punk), les punks se faisaient bien plus rares. Le slogan No Future, s’il reste on-ne-peut-plus valable de nos jours, appartenait déjà à une époque révolue. Les 90ies, c’est la house (née dans les 80ies), les pills du mouvement Madchester, le trip-hop, le grunge, l’électro… Le punk avait troqué sa crète contre une chemise de bucheron, un jean toujours troué mais large, et essayait de renouer avec la nature. Sur les platines, Nevermind de Nirvana avait remplacé Never Mind The Bollocks des Pistols. Mais bon, c'est aussi pour faire mon malin que je raconte tout ça. On continuait néanmoins à "s'en foutre". Honnêtement, c'est assez bien vu, faut quand même reconnaitre. On trouvera même un fan de métal qui trimballe avec lui toutes les idées reçues qui auréolaient le fan de métal.
Mais surtout, j’ai trouvé cette histoire bien molle. Si Pandolfo et Risbjerg présentent un tableau très vivant (et vécu c’est certain) de cette époque, l’histoire manque de souffle et d’intérêt. Il ne se passe pas grand chose au long des 143 pages de ce volume. Le lecteur se contentera en effet de vivre au plus près d’une bande d’ado hétéroclite en mal d’avenir et rejetant la société traditionnelle de leurs parents construite autour du travail. Ok, certes, la belle affaire ! Rien de nouveau sous le soleil de ce côté : depuis les 50ies, la figure éminemment capitaliste de l'ado s'acharne à s'opposer à ses parents, mais so what ?
Réponse dans le tome 2 que je lirai mais qui devra impérativement ouvrir sur quelque chose de plus consistant. Pas question pour moi de continuer à glander sur les marches d’un bunker désaffecté en attendant la fin du monde avec cette galerie d’ados, aussi attachants soient-ils.
Une autre historie d'une épidémie de zombies.
L'éditeur présente cette série comme un renouveau du genre, mais la plupart du temps on est dans un récit ordinaire d'un groupe d'humains prient dans un endroit clos (ici un Love Hotel) et essayer de survivre à l'apocalypse (ici une épidémie de zombies). Et bien sur il y a des méchants qui en profite pour voler, tuer et violer tout ce qui bouge. La seule originalité est que parmi les personnages qu'on va suivre, il y en a un qui a tué plusieurs étudiantes lorsqu'il était ado et son passé va finir par le rattraper aux files des tomes.
Malgré le coté classique du scénario, ça se laisse lire sans problème. Il y a assez de personnages attachants ou du moins intriguant pour donner envie de continuer la série jusqu'à la fin et voir s'ils vont s'en sortir. La narration est fluide, les différentes intrigues sont prenantes et le dessin efficace. Voilà c'est pas la série du siècle, mais c'est un bon divertissement si on en a pas totalement marre des histoires avec des zombies.
Une histoire qui se passe à Versailles comme le titre l'indique, on suit la vie d'une jeune fille domestique qui se fait embaucher pour être au service de la Montespan. Il se trouve qu'elle est un peu éduquée et lettrée grâce à son père, ce qui est rare pour l'époque, et a un certain talent pour les odeurs, les meilleurs comme les moins bonnes, c'est un nez. Il faut ramener cela à ce que c'est, une histoire Okapi pour les jeunes, et c'est plutôt agréable à lire, même si le dessin est quelque peu approximatif au début mais on s'y fait et les couleurs sont biens.
J'ai lu Une vie de famille agréable du même auteur l'année dernière mais quelques semaines après j'étais bien incapable d'en écrire un avis. Ici c'est un peu pareil car cela n'a pas vraiment de fil conducteur, il s'agit de plusieurs histoires ayant pour point commun un certain sens de l'absurde d'Antoine Marchalot. C'est un gros album à l'italienne avec un papier assez fin et seule la page de droite est utilisée. La première histoire me revient sur un homme qui postule pour un emploi en forêt sur les traces d'un oiseau. Dit comme cela, rien de drôle mais ce sont les textes qui donnent tout le sel, bien plus que le dessin sur lequel on ne s'attarde pas. Les quelques images de la galerie donnent un bon exemple de ce qu'on va trouver sur 500 pages.
C’est un bon album, strictement... porno ! Les dessins d’Éon sont à la fois bons, réalistes et artistiques. La fille me rappelle une lolita mieux que l’originale. Son éveil au désir en observant Ève et son amant comme une voyeuse me renvoie à des théories telles que celle du désir mimétique. Mais je dois faire taire l’intellectuel en moi, et contempler les dessins ! Ils sont très bons et excitants, avec une certaine fixation sur le sexe anal.
Cependant, certaines choses me dérangent. L’homme se promène, prend la fille, dans une Ferrari 250 GTO de 1962 ? La voiture la plus précieuse du monde ? Pourquoi pas à Bugatti Royale, puisqu’on y est ?
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Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée
Si son œuvre est inégale, je m’intéresse beaucoup à ce que publie Karibou, car je suis un gros amateur d’humour, et en particulier d’humour absurde, genre dans lequel cet auteur se spécialise. Et j’ai trouvé cet album sympathique. Pas forcément hilarant, mais suffisamment amusant pour sourire à de nombreuses reprises. Les situations ou dialogues sont souvent décalées, absurdes donc, avec des personnages assez cons (que ce soit les braqueurs ou les flics), il y a quelques sorties savoureuses. A côté de ça, tout en gardant l’absurde comme boussole, Karibou développe un autre pan, avec une critique frontale des télés d’info en continue – CNews en tête, avec comme tête de gondole ici un Pascal Praud aussi sûr de lui, réac, hypocrite et con que l’original. Là aussi, certains dialogues sont réjouissants (on se demande même parfois s’ils sont si exagérés ou décalés par rapport à ce qui se dit sur ce genre de plateau). Quelques bémols toutefois. D’abord tout ne fait pas mouche ou rire, bien sûr. Il y a même des dialogues ratés. Il y a surtout pas mal de redites, lourdeurs (pas forcément volontaire pour accentuer l’humour), qui amènent des longueurs, ce qui est dommage dans ce type d’humour qui ne supporte pas le sur-place. Mais bon, globalement, c’est une très honnête moyenne, un album rigolo et décalé, pour amateurs d’humour con et absurde (avec un dessin figé et peu développé – comme souvent dans ce type d’entreprise, même s’il n’y a pas d’itération iconique comme beaucoup d’albums du même genre récemment).
Bonaventure
Après Les Lettres de mon Moulin, c'est la deuxième série de Mittéï que j'avais envie de découvrir depuis des années, parce que j'en voyais les couvertures parmi les publications de la collection Les Meilleurs Récits du Journal de Spirou. Et c'est une nouvelle redécouverte de cet auteur dont j'ignorais il y a encore un mois à peine à quel point son dessin s'inscrivait dans la plus pure tradition de l'École de Marcinelle. Certaines planches évoquent tour à tour Walthéry, Gos, voire Séron lorsqu'il s'inspire lui-même de Franquin. C'est un style qui parle directement à la nostalgie de mes lectures de jeunesse et qui suscite spontanément mon affection lorsqu'il est réalisé avec autant de sincérité et de soin du détail. Bien sûr, tout n'est pas irréprochable : l'encrage se montre parfois un peu brouillon et les ombrages un peu trop appuyés, mais l'ensemble possède un charme évident. Les histoires respirent elles aussi le Spirou des années 1970. Impossible de ne pas penser à Benoit Brisefer avec ce jeune garçon en apparence tout à fait ordinaire qui cache un pouvoir extraordinaire sous un aspect banal. Ici, Bonaventure déclenche involontairement des phénomènes complètement improbables dès qu'il retire ses lunettes... sans jamais s'en rendre compte puisqu'il ne voit rien sans elles. L'idée est amusante et offre un bon potentiel, à mi-chemin entre l'humour et l'aventure, mais elle montre assez vite ses limites. À force de voir des catastrophes invraisemblables se produire autour de lui sans qu'il ne comprenne jamais rien, le procédé devient répétitif et finit par paraître assez artificiel. De la même façon, comme Mittéï a régulièrement besoin que son héros enlève ses lunettes, il en fait un vrai pleurnichard, que ce soit d'émotion ou de rire, ce qui donne une impression un peu forcée. On alterne entre histoires courtes et récits un peu plus développés, même si celui occupant tout le second tome m'a semblé assez étiré en longueur. Le ton reste résolument léger, les méchants étant davantage tournés en ridicule qu'inquiétants, et les pouvoirs involontaires de Bonaventure servant avant tout à provoquer des situations cocasses. L'humour ne fait pas toujours mouche et il tourne trop souvent autour d'à quel point les gens croient être fous en voyant ce que Bonaventure cause. Le rythme est assez mollasson et les dialogues souvent bavards, mais il faut aussi remettre l'œuvre dans son contexte : c'est une série jeunesse typique de son époque, conçue avant tout pour divertir. Je ne l'ai pas connue enfant, je n'ai donc pas la nostalgie spécifique envers elle. Mais je pense que si je l'avais découverte dans ma jeunesse, je l'aurais probablement assez appréciée, sans pour autant en faire une de mes séries favorites. Aujourd'hui, j'y vois surtout une petite curiosité attachante, sans grande ambition, qui vaut autant pour le plaisir de retrouver le dessin de Mittéï que pour son témoignage d'une certaine manière de faire de la BD franco-belge humoristique. Note : 2,5/5
L'Aimant
2.5 Je vois que j'avais déjà lu un album de cet auteur, La Dernière Rose de l'été et en relisant mon avis sur ce one-shot dont j'avais un peu oublié l'existence, je vois que j'ai à peu près le même avis pour L'Aimant. Le dessin est pas trop mal, surtout en ce qui concerne l’architecture. Le scénario est correct avec du positif et du négatif. En gros, il y a des scènes chocs très bonnes et le côté polar fantastique du scénario est bien fait même si au final c'est très linéaire. Le problème est qu'entre les scènes qui m'ont passionné, il y avait des dizaines et des dizaines de pages remplies de scènes qui m'ont semblé poussives. Je n'arrive pas à m'attacher au personnage principal qui m'a semblé fade et sans charisme. Encore une fois c'est un album dont mon intérêt variait selon les scènes et je ne pense pas relire l'album un jour.
Des fourmis dans les jambes (André Derainne)
2.5 Un autre album paru chez un éditeur indépendant dont le principal intérêt m'a semblé être le dessin. En effet, j'ai bien aimé le dessin...pour les décors et aussi pour l'ambiance qui se dégage des scènes se passant à l'aéroport parce le scénario en lui-même ne m'a pas trop passionné. Il faut dire que dès le départ je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les personnages. Du coup, il y a toujours eu une distance entre eux et moi. Il y a un peu d'originalité dont la manière est raconté ce que vivent les deux personnages principaux féminins, mais tout le long de l'album j'étais un peu indifférent à ce qu'elles vivaient. Ça se laisse lire (il faut dire aussi qu'il y a plusieurs pages sans ou avec peu de textes) et c'est pas vraiment mauvais. C'est juste pas très mémorable et passionnant à lire de mon point de vue.
Tamara de Lempicka - Icône de l'art déco
Tamara de Lempicka est une peintre polonaise qui a eu du succès dans les années folles avant de tomber dans l'anonymat. Elle retrouvera le succès lors d'une exposition en 1972 à Paris en ressortant ses vieux tableaux poussiéreux, avant de s'éteindre en 1980 au Mexique. Une artiste qui m'était inconnu et qui fût une icône de l'art déco, en particulier pour ses nombreux portraits. Par curiosité j'ai été voir sur le net ses toiles, et j'ai découvert une portraitiste de talent mêlant le néo-réalisme et le néo-cubisme. Elle emploie des couleurs vives, surtout le vert et le bleu. Je vous invite à la découvrir. Une biographie à la première personne du singulier, Tamara nous narre sa passion pour la peinture, ses nombreuses amours (en particulier pour la gente féminine) et ses excès (jusqu'à 3 paquets de cigarettes par jour). Tousse tousse. Une lecture instructive, mais la faible pagination (seulement 40 planches de bd) ne permet pas d'appréhender pleinement la vie mouvementée de l'artiste et d'approfondir sa personnalité singulière. On ne fait qu'effleurer cette femme qui a fait passer sa vie professionnelle avant sa vie familiale. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne ce roman graphique, surtout lorsqu'elle évoque sa fille. Une femme qui a brûlé la chandelle par les deux bouts et qui se moquait du qu'en-dira-t-on. Vanna Vinci ce n'est pas du Léonard de Vinci (je n'ai pas pu m'empêcher), elle essaye de donner un léger côté art déco à certaines de ses planches, surtout les cases représentant Tamara en tant qu'artiste. Un dessin désuet qui n'est pas ma tasse de thé, mais il fait le job. Par contre, pas fan des couleurs ternes. Un 3 étoiles pour cette sacrée bonne femme. Pour les curieux, une autre BD sur Tamara : Tamara de Lempicka.
On était des anges
Ça faisait un petit moment que je m’étais éloigné de ce duo d’auteurs dont j’apprécie pourtant le travail, et j’étais curieux de commencer cette série qui promettait de parler (un peu) de musique tout en évoquant une époque que j’ai moi aussi bien connue. J’avais 16 ans en 1990. Je ne dirai pas grand-chose sur le dessin qui est très bon. Les regards notamment sont très réussis. Quant aux dialogues, ils restent de bonne tenue, comme à chaque fois avec AnneCa Pandolfo. C’est très agréable à lire, fluide. Les personnages sont bien étudiés, et pour le cas présent, on sent même qu’il y a des petits morceaux autobiographiques dans la salade. J’ai pourtant quelques réticences qui font naitre des frustrations. Tout d’abord, j’apporterais un petit bémol au sujet du petit monde punk et gentiment marginal présenté ici. Le punk, c’est un mouvement né dans le milieu des années 70. Or la BD pourrait laisser penser qu’à la naissance des 90ies, on était en plein dedans. Que nenni ! A ce moment-là, si on croisait encore quelques sosies plus ou moins convaincants de Robert Smith (qui n’est bien entendu pas punk), les punks se faisaient bien plus rares. Le slogan No Future, s’il reste on-ne-peut-plus valable de nos jours, appartenait déjà à une époque révolue. Les 90ies, c’est la house (née dans les 80ies), les pills du mouvement Madchester, le trip-hop, le grunge, l’électro… Le punk avait troqué sa crète contre une chemise de bucheron, un jean toujours troué mais large, et essayait de renouer avec la nature. Sur les platines, Nevermind de Nirvana avait remplacé Never Mind The Bollocks des Pistols. Mais bon, c'est aussi pour faire mon malin que je raconte tout ça. On continuait néanmoins à "s'en foutre". Honnêtement, c'est assez bien vu, faut quand même reconnaitre. On trouvera même un fan de métal qui trimballe avec lui toutes les idées reçues qui auréolaient le fan de métal. Mais surtout, j’ai trouvé cette histoire bien molle. Si Pandolfo et Risbjerg présentent un tableau très vivant (et vécu c’est certain) de cette époque, l’histoire manque de souffle et d’intérêt. Il ne se passe pas grand chose au long des 143 pages de ce volume. Le lecteur se contentera en effet de vivre au plus près d’une bande d’ado hétéroclite en mal d’avenir et rejetant la société traditionnelle de leurs parents construite autour du travail. Ok, certes, la belle affaire ! Rien de nouveau sous le soleil de ce côté : depuis les 50ies, la figure éminemment capitaliste de l'ado s'acharne à s'opposer à ses parents, mais so what ? Réponse dans le tome 2 que je lirai mais qui devra impérativement ouvrir sur quelque chose de plus consistant. Pas question pour moi de continuer à glander sur les marches d’un bunker désaffecté en attendant la fin du monde avec cette galerie d’ados, aussi attachants soient-ils.
Immortalité & Châtiment
Une autre historie d'une épidémie de zombies. L'éditeur présente cette série comme un renouveau du genre, mais la plupart du temps on est dans un récit ordinaire d'un groupe d'humains prient dans un endroit clos (ici un Love Hotel) et essayer de survivre à l'apocalypse (ici une épidémie de zombies). Et bien sur il y a des méchants qui en profite pour voler, tuer et violer tout ce qui bouge. La seule originalité est que parmi les personnages qu'on va suivre, il y en a un qui a tué plusieurs étudiantes lorsqu'il était ado et son passé va finir par le rattraper aux files des tomes. Malgré le coté classique du scénario, ça se laisse lire sans problème. Il y a assez de personnages attachants ou du moins intriguant pour donner envie de continuer la série jusqu'à la fin et voir s'ils vont s'en sortir. La narration est fluide, les différentes intrigues sont prenantes et le dessin efficace. Voilà c'est pas la série du siècle, mais c'est un bon divertissement si on en a pas totalement marre des histoires avec des zombies.
Les Orangers de Versailles
Une histoire qui se passe à Versailles comme le titre l'indique, on suit la vie d'une jeune fille domestique qui se fait embaucher pour être au service de la Montespan. Il se trouve qu'elle est un peu éduquée et lettrée grâce à son père, ce qui est rare pour l'époque, et a un certain talent pour les odeurs, les meilleurs comme les moins bonnes, c'est un nez. Il faut ramener cela à ce que c'est, une histoire Okapi pour les jeunes, et c'est plutôt agréable à lire, même si le dessin est quelque peu approximatif au début mais on s'y fait et les couleurs sont biens.
Histoires croûtes
J'ai lu Une vie de famille agréable du même auteur l'année dernière mais quelques semaines après j'étais bien incapable d'en écrire un avis. Ici c'est un peu pareil car cela n'a pas vraiment de fil conducteur, il s'agit de plusieurs histoires ayant pour point commun un certain sens de l'absurde d'Antoine Marchalot. C'est un gros album à l'italienne avec un papier assez fin et seule la page de droite est utilisée. La première histoire me revient sur un homme qui postule pour un emploi en forêt sur les traces d'un oiseau. Dit comme cela, rien de drôle mais ce sont les textes qui donnent tout le sel, bien plus que le dessin sur lequel on ne s'attarde pas. Les quelques images de la galerie donnent un bon exemple de ce qu'on va trouver sur 500 pages.
Jezebel
C’est un bon album, strictement... porno ! Les dessins d’Éon sont à la fois bons, réalistes et artistiques. La fille me rappelle une lolita mieux que l’originale. Son éveil au désir en observant Ève et son amant comme une voyeuse me renvoie à des théories telles que celle du désir mimétique. Mais je dois faire taire l’intellectuel en moi, et contempler les dessins ! Ils sont très bons et excitants, avec une certaine fixation sur le sexe anal. Cependant, certaines choses me dérangent. L’homme se promène, prend la fille, dans une Ferrari 250 GTO de 1962 ? La voiture la plus précieuse du monde ? Pourquoi pas à Bugatti Royale, puisqu’on y est ?