Les derniers avis (49575 avis)

Par Jypjpr
Note: 3/5
Couverture de la série L'Escadron bleu, 1945
L'Escadron bleu, 1945

Je suis tout à fait d'accord avec les deux précédents avis. Un album utile mais hélas confus dans lequel j'ai eu des difficultés avec les flashback qui se succèdent et s'entremêlent, sans indication de lieu ni de date, ce qui m'a perdu par moment ou du moins a rendu la lecture difficile. D'une manière globale, le graphisme est très agréable (je n'apprécie pas ces personnages qui ont des yeux sans pupille...) Je recommanderai de lire les pages historiques explicatives en début d'album car cela permettrait d'apporter de la clarté au récit. Dommage car cet album avait toutes les qualités pour une 4e étoile.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Equator
Equator

Deux albums un peu oubliés dans la bibliographie de Dany, qui ne payent pas forcément de mine, mais qui se révèlent plutôt agréables à lire. Le dessin de Dany est plutôt chouette (j’ai bien aimé les personnages et les décors). Un trait semi réaliste qui m’a un peu fait penser (les décors de jungle m’y ont aidé – même si ici elle est africaine et pas asiatique) à celui de Conrad sur Les Innommables. Les aventures de Dereck (avec Caro, un amour platonique ?, personnage central du premier tome, secondaire du suivant) sont rythmées, poisseuses (Dany surjoue presque l’Afrique postcoloniale profonde), on ne s’ennuie pas, même si par contre il n’y a rien d’extraordinaire. Mais c’est du boulot bien fichu, dynamique et bien mis en images. Et Dany n’abuse pas des jolies filles – et celles que l’on voit (Caro par exemple) sont mignonnes, mais pas systématiquement dénudées ou en tenue sexy – même si dans le deuxième tome Dany semble avoir été davantage tenté d’user des personnages féminins (deuxième tome où la personnalité du héros est davantage creusée, on en apprend plus sur son passé). A noter qu’un troisième tome était annoncé (« Intikam »), mais n’a semble-t-il jamais paru. Les deux albums peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre. Des deux, je préfère un peu le premier (le second est parfois un peu trop bavard), mais l’ensemble se laisse lire agréablement, c’est de l’aventure africaine sympathique, pas prise de tête.

20/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Ignorants
Les Ignorants

Même si je ne suis pas un inconditionnel du trait d’Étienne Davodeau, je serai un peu moins sévère que Lodi. Je le rejoins toutefois sur un point essentiel : la bande dessinée étant l'alliance du texte et de l'image, le dessin se doit d'être à la hauteur du récit. Sur le plan graphisme, certains détails m'ont dérangé, à commencer par le rendu parfois hésitant des mains de certains personnages. En revanche, il faut reconnaître à l'auteur un véritable talent dans le découpage des scènes et la fluidité de la narration. Le concept de cette BD documentaire — un apprentissage croisé entre un vigneron de renom novice en BD et un auteur célèbre néophyte en œnologie — reste très original et peu commun. Malgré cela, je ne suis pas très friand de ce genre de récit pédagogique, qui devient à la longue un peu rébarbatif et manque d'évasion, si bien que j'ai mis du temps à le terminer. De plus, si l'apprentissage de la fabrication du vin est abordé de manière très détaillée et passionnante, le monde de la BD est plus en surface : Étienne Davodeau se contente d'organiser quelques rencontres et de citer des œuvres cultes, ce qui m'a un peu laissé sur ma faim. Je rejoins également certaines critiques soulignant l'absence de traitement dans l'ouvrage des difficultés rencontrées par les auteurs débutants. On peut faire le même constat pour le volet viticole : si le travail et les efforts des viticulteurs cités dans cette BD sont indéniables et ont fini par payer, on parle à présent de vignerons de renom dont les bouteilles avoisinent la centaine d'euros... On est bien loin de la réalité des petits viticulteurs qui se lancent ou qui ont du mal à écluser leurs stocks dans un secteur de plus en plus mondialisé et en concurrence. C'est dommage que cela ne soit pas également abordé. Il n'en reste pas moins que j'ai appris beaucoup de choses sur l’œnologie en général et plus particulièrement sur le processus de vinification. En sachant que travaillant moi-même dans l'environnement, j'étais déjà convaincu par l'intérêt de l'agriculture biologique et de la biodynamie pour préserver la vie des sols (et des rivières qui les drainent). En résumé : une BD au concept original et enrichissante, dont je ne conseille pas forcément l'achat mais idéale à emprunter en médiathèque ! SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10 NOTE GLOBALE : 13/20

20/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Màlphas
Màlphas

Màlphas est fourbe, Màlphas est cruelle, Màlphas est assoiffée de pouvoir, Màlphas est ignoble. En un mot comme en cent, Màlphas est une excellente archidémone. Il ne lui manque qu'un tout petit détail de rien du tout : une place officielle au conseil des démons et la reconnaissance des ses paires. Problème, Lucifer (son mentor et père adoptif) n'est pas préteur, et comme c'est là son moindre défaut il décide d'éliminer sa rivale en puissance en l'envoyant dans une quête impossible en espérant qu'elle mourra en route. Quelle quête ? Retrouver la descendance du christ. Tout est là pour un récit bariolé et entraînant : la protagoniste éponyme abjecte en parfaite anti-héroïne, un chouïa d'humanisation sur certains de ses aspects (majoritairement son besoin de reconnaissance), la quête impossible promettant de nombreux passages absurdes et/ou comiques, un dessin vif et coloré, … Bref, le postulat est plus que bon. Le résultat est bon mais m'a tout de même un peu laissée sur ma faim, la faute à des dialogues pas aussi drôles que ce à quoi je m'attendais et un scénario qui, toujours intéressant dans son évolution, finit par se ramollir un peu (alors que l'intrigue queer me botte au plus haut point sur le papier). Je ne m'étendrais pas ici sur cette petite déception, le diptyque n'était pas encore fini et le défaut pas si grand que ça, mais tout de même : petite déception. Mais concentrons-nous sur le bon, voulez vous ! Il y a des démons extravagants, un propos queer (avec un personnage queer important en prime), un jeu amusant de temporalité - j'ai particulièrement aimé le jeu de flou temporel sur certains passages dans la première moitié - et une mise en scène qui, sans être révolutionnaire, reste fluide et entraînante. Intriguée par la suite.

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Extraordinaire Abécédaire de Zoé Marmelade
L'Extraordinaire Abécédaire de Zoé Marmelade

Un dimanche pluvieux, Zoé Marmelade ouvre un vieil abécédaire et se retrouve propulsée dans un univers où chaque lettre devient le point de départ d'une nouvelle aventure pleine de fantaisie, de jeux de mots et d'illustrations foisonnantes. Voilà un album bien singulier, difficile à faire entrer dans une case. Ce n'est ni vraiment une bande dessinée, ni complètement un abécédaire, ni simplement un livre d'illustrations. C'est un peu tout cela à la fois. Après une courte introduction en BD mettant en scène Zoé Marmelade et son caniche Nunuche, l'ouvrage adopte une mécanique originale : pour chaque lettre de l'alphabet, une page présente une phrase amusante composée d'un maximum de mots commençant par cette lettre, suivie d'une illustration pleine page imaginée par Marie Pommepuy pour la mettre en scène. Et lorsque l'inspiration est plus forte, cette simple phrase donne naissance à une histoire plus développée, tantôt en BD, tantôt sous la forme d'un texte illustré, toujours avec ce même plaisir des sonorités et des allitérations. J'ai apprécié ces phrases souvent drôles, et surtout le défi qu'elles représentent pour la dessinatrice. Certaines sont tellement absurdes ou loufoques qu'on se demande vraiment comment il est possible de les illustrer, et Marie Pommepuy s'en sort avec une imagination débordante. Son univers graphique, coloré et onirique, accompagne très bien ce festival de jeux de mots. Les histoires qui viennent ponctuer l'abécédaire sont, elles aussi, très fantaisistes, souvent poétiques, parfois proches du rêve ou du nonsense à la Lewis Carroll. Elles ne sont toutefois pas toutes du même niveau. J'ai par exemple aimé le spectacle de cirque organisé dans le château du doryphore dodu, inventif et amusant dans sa mise en scène. À l'inverse, l'épisode de la limace géante m'a semblé traîner beaucoup trop en longueur (ce qui est plutôt approprié pour une limace...). L'histoire dans le train se situe quelque part entre les deux : agréable à lire, mais sans susciter autant d'amusement. L'ensemble est donc un objet éditorial curieux, débordant de bonnes idées et d'inventivité. J'ai aimé son originalité, son humour, ses illustrations et cette manière de transformer un simple abécédaire en terrain de jeu littéraire et graphique. En revanche, son caractère très éclaté fait que l'intérêt varie selon les séquences. Certaines sont drôles et assez fascinantes, d'autres laissent plus perplexe.

20/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Alpine
Alpine

C'est un bon album pour les admirateurs de la marque Dieppoise. Toute l'histoire, depuis les origines, est retraçée avec fidélité. Les voitures de compétition, des rallyes aux 24 heures du Mans, sont dessinées avec réalisme et précision. Je n'oublierai jamais la victoire de la Renault-Alpine n°2 lors de l'édition de 1978 ! Mon problème avec cette collection réside dans le décalage entre les machines, les décors réalistes et les protagonistes humains, comme le fondateur Jean Rédélé ou les grands pilotes français : trop caricaturaux à mon goût. Un bon point quand-même : les Alpine de grand tourisme routier n'ont pas été oubliées.

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Fantomino
Fantomino

Lorsque Petite Âme, la fantômette dont il est secrètement amoureux, disparaît après avoir été enlevée par un mystérieux sorcier, Fantomino et ses amis du cimetière se lancent dans une aventure pour la retrouver avant qu'il ne soit trop tard. Fantomino (Penadinho dans sa version originale) est à l'origine un comics jeunesse brésilien créé par Mauricio de Sousa en 1963 et qui fait forcément penser à Casper : un petit fantôme attachant partage son quotidien dans un cimetière avec toute une galerie de gentils monstres d'Halloween. Cet album est une réinterprétation réalisée en 2015 par Paulo Crumbim et Cristina Eiko, deux auteurs issus du monde de l'animation, qui modernisent le personnage tout en conservant son univers. L'ambiance reste légère malgré son décor peuplé de fantômes, monstres et sorciers, ce qui en fait une lecture adaptée pour de jeunes lecteurs qui aiment frissonner sans jamais avoir réellement peur. Le résultat est agréable à parcourir. Les personnages sont rapidement sympathiques, le dessin rond et expressif fonctionne bien pour ce type de récit jeunesse, avec un style qui emprunte parfois quelques codes du manga. On voit toutefois bien que les planches ont été créées à l'ordinateur/tablette graphique, les auteurs oubliant trop souvent dans ces cas là que le papier BD n'est pas rétroéclairé, lui, ce qui rend les scènes nocturnes parfois trop sombres à la lecture. Quant au scénario , je le trouve assez convenu. La quête de Fantomino pour retrouver Petite Âme se laisse suivre sans déplaisir, mais elle manque un peu de surprises et donne parfois l'impression de tirer en longueur en s'attardant sur des détails inutiles. Certains enchaînements paraissent également un peu confus ou insuffisamment expliqués, ce qui nuit par moments à la fluidité du récit. C'est donc une lecture jeunesse sympathique, portée par un univers attachant et des personnages que l'on prend facilement en affection, mais dont l'intrigue ne m'a pas vraiment marqué en tant que lecteur adulte.

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Secret de Zara
Le Secret de Zara

Au grand désespoir de ses parents, la petite Zara dessine et peint partout, jusqu'au jour où ceux-ci décident de lui interdire les pinceaux. Mais la fillette n'a pas dit son dernier mot... Ce petit album vaut avant tout pour sa partie graphique. Les planches sont magnifiques, littéralement portées par des couleurs d'une intensité remarquable qui attirent immédiatement le regard. J'ai d'ailleurs souvent pensé au travail de Yoann, avec un trait assez similaire pour les personnages et ce même goût pour les teintes franches, éclatantes, qui donnent beaucoup d'énergie aux dessins. Benjamin Flao s'en donne à cœur joie et réussit à transmettre le plaisir presque physique de manipuler la peinture, d'en découvrir la matière, les transparences, les mélanges et toutes les possibilités qu'elle offre. L'histoire est elle aussi un bel hommage à la création artistique. Elle montre bien cette passion dévorante qui pousse une enfant à peindre sans cesse, à expérimenter les couleurs et à donner vie aux animaux et aux personnages qui naissent sous son pinceau. On retrouve cet émerveillement devant la découverte progressive de nouvelles teintes et de leurs combinaisons, comme si chaque mélange ouvrait un nouveau monde. En revanche, le récit lui-même m'a un peu moins convaincu. Il se lit très vite et reste finalement assez peu développé. J'attendais que cette passion conduise à une conclusion un peu plus originale ou plus surprenante, alors que l'histoire choisit une direction assez convenue. C'est agréable, plein de tendresse, mais un peu trop sage à mon goût. Il n'empêche que j'ai apprécié de parcourir cet album tant il déborde de couleurs et de vitalité. Plus qu'une histoire marquante, c'est avant tout une jolie célébration de la peinture et du plaisir de créer.

20/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Procès des affamés
Le Procès des affamés

La pagination est relativement conséquente (84 pages plus un cahier graphique), mais ça se lit finalement très rapidement. Et c’est peut-être ce que je regrette le plus. En effet, malgré les qualités du récit, j’ai trouvé qu’il manquait de coffre, que certaines thématiques évoquées (comme les bouleversements économiques et sociaux en cours, avec la paupérisation des « cow-boys » avec l’arrivée du train, les inégalités économiques) aurait pu être davantage développées, exploitées. Surtout que le discours virulent d’un des accusés au départ (le récit commence par le procès de trois braqueurs, le reste est un flash-back menant à leur attaque d’un train) semblait vouloir orienter le récit sur ces thématiques. Bon, malgré ces frustrations, ça reste quand même une lecture agréable. En particulier j’ai bien aimé dessin et colorisation. Un trait moderne, nerveux, charbonneux plaisant. Quant au récit lui-même, il est un peu crépusculaire. Une ambiance de fin d’un monde. D’abord pour les trois protagonistes, qui cherchent à s’en tirer avec le braquage des passagers d’un train, braquage qui dérape complètement et tourne au carnage – et à la catastrophe, car ils sont rapidement arrêtés : ces pieds-nickelés ont des airs de branquignoles désespérés. Et les rêves ou délires de l’un d’entre eux font clairement référence à la fin du monde sauvage et primitif, avec la disparition des bisons, mais aussi des Indiens qu’il a côtoyés (il a participé au massacre des deux !). L’ambiance prend parfois le pas sur l’intrigue elle-même. Une lecture sympathique, même si je l’aurais imaginé plus prenante.

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Étienne Davodeau accompagne sa compagne Françoise, qui intervient auprès de personnes atteintes de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, pour raconter leur quotidien, celui de leurs proches et celui de ceux qui tentent de les aider à vivre le plus dignement possible. Le sujet est évidemment intéressant et profondément humain, et j'ai appris pas mal de choses sur ces pathologies, sur la manière de les accompagner et sur le rôle souvent méconnu de ces intervenants qui soutiennent autant les malades que leurs aidants. On découvre par exemple des approches bien plus respectueuses de l'autonomie des patients que ce que j'imaginais, avec l'idée de s'adapter à leur réalité plutôt que de les ramener sans cesse à la nôtre. En revanche, la construction du récit m'a laissé une impression plus mitigée. Durant une bonne partie de l'album, j'ai eu le sentiment que Davodeau retranscrivait les informations au fur et à mesure qu'il les découvrait auprès de sa compagne, sans véritable fil conducteur. Cela donne un côté spontané et sincère, mais aussi assez décousu. On passe d'une anecdote à une réflexion, puis à un autre cas, puis à une discussion entre l'auteur et son épouse. C'est instructif, mais je le propos manque parfois de structure, ce qui rend les informations difficiles à assimiler et à retenir. Les témoignages plus développés, comme le dernier, consacré à cet homme du même âge que Davodeau, fonctionnent mieux. En suivant plus longuement une même personne, le récit gagne en force, en émotion et en profondeur. C'est ce type de narration qui reste en mémoire davantage que la succession des situations plus brèves du début. Le dessin est fidèle au style documentaire de Davodeau : simple, sobre, efficace, sans chercher à attirer l'attention sur lui-même. Il accompagne bien le propos. J'en retiens surtout à quel point ces maladies sont terribles. Voir disparaître progressivement les souvenirs et en réalité une grande partie de ce qui constitue l'identité d'un individu est sans doute ce qui m'effraie le plus. Je serais effondré qu'un de mes proches subisse une telle maladie. Malgré une construction qui ne m'a pas totalement convaincu, cet album a au moins le mérite de rappeler avec beaucoup d'humanité qu'au-delà de la maladie, ce sont avant tout des personnes qu'il faut continuer à accompagner et à considérer.

20/07/2026 (modifier)