Jean Pierre Dionnet n'a jamais produit de bandes dessinées consensuelles, on ne peut pas lui enlever ça.
Les 12 travaux d'Art Cool s'inscrit dans la lignée de ses oeuvres précédentes, et pourrait prétendre au titre d'ancêtre de Gilles Hamesh. C'est volontairement trash et provoquant, avec beaucoup de scènes pornographiques, et cela s'adresse donc à un public averti.
On suit un flic, Art Cool, chargé par son frère qui est commissaire, d'arrêter de dangereux criminels. L'action se déroule dans un Manhattan époque années 70.
La différence avec Gilles Hamesh, c'est un ton général qui est quand même beaucoup moins scabreux et excentrique, et un superbe dessin en noir et blanc signé Frisano. On n'est pas dans le dégoût permanent. Art Cool a encore une morale, et l'élégance du trait de Frisano fait du bien dans certaines scènes un peu dures.
Le mythe d'Hercule sert de porte d'entrée aux enquêtes d'Art et apporte une structure à ce one shot. En effet cette série restera inachevée, puisque dans ce premier tome nous avons droit à seulement six enquêtes.
Une publication Albin Michel qui mériterait un peu plus de reconnaissance.
Mouais.
Je ne me suis pas ennuyé à lire ces trois albums, le récit est dynamique, le dessin plaisant, avec le Paris de Louis XIII (même si ici seul Richelieu apparait parmi les cercles du pouvoir) qui est plutôt bien représenté. Mais le récit ne m’a emballé plus que ça.
Le fantastique, qui prend de plus en plus de place (et domine franchement dans le dernier tome) n’est pas forcément mon truc ici (l’aspect « médiéval » par contre est tout relatif, au XVIIème siècle…).
Avec son masque et ses prouesse notre Gueule de cuir a des airs de super héros à la française, luttant contre les forces du mal incarnées et dirigées par le Roi des Tombes. Il se balade en tout cas facilement sur les toits de Paris…
Un récit d’aventures dynamique, mais qui manque de densité, et qui sur la fin m’a moins intéressé.
Note réelle 2,5/5.
Tronchet est un auteur que j’aime bien. Mais je préfère sa veine humoristique, avec ses personnages de losers. Mais certains de ses récits plus autobiographiques ou intimistes sont quand même de bonne facture. Et cet album en fait partie.
La première partie nous présente un personnage d’humoriste cynique et conquérant, que rien ne semble pouvoir freiner dans son assurance, que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie privée.
Et puis, petit à petit l’homme montre des fêlures, et tout semble s’écrouler, avec quelques révélations – sur lui-même (en partie suite à une psychanalyse) ou sur sa famille. C’est alors un autre personnage qui tente de se reconstruire, car la solidité de son édifice intime s’est révélée factice.
Il va donc falloir s’ouvrir aux autres…
La seconde partie du récit est plus mélancolique, et le héros, qui pouvait susciter admiration et crainte, voire mépris au départ, fait presque pitié par la suite.
Si l’album se laisse lire, j’ai préféré la première partie, plus dynamique. Mais aussi parce que la second est moins originale et intéressante, autour d’un secret de famille révélé sur le tard.
Voilà une série historique qui arrive bien à rendre l’atmosphère fébrile, les hasards, les débats, les prises de parti, qui ont entouré la lutte des colonies américaines pour leur indépendance vis-à-vis de l’Angleterre.
Si les premiers combats en Amérique sont bien présentés, c’est avant tout en Europe, et en France surtout que se déroule l’essentiel de l’intrigue – et probablement que s’est jouée l’essentiel de la victoire finale des Insurgés.
Une grande partie du récit se concentre donc sur l’activité de certaines personnes, en particulier l’envoyé du congrès indépendantiste. Mais le personnage principal de cette série, c’est Beaumarchais. Hâbleur, hyper actif, bourré d’idées, dépassant très souvent les limites, et ne s’embarrassant pas d’hypocrisie ou de lois, il s’agite pour fournir aux Américains armes et matériel dont il manque cruellement. Au travers de son action, le lecteur se familiarise avec les arcanes du pouvoir dans la France du début du règne de Louis XVI, mais aussi avec l’action d’espions et autres ambassadeurs anglais – mais aussi avec tous ceux qui essayent de tirer parti de la situation : marchands en tous genres, officiers en mal de solde, etc. La Fayette apparait bien jeunot et falot par contre...
Le récit est dynamique, rythmé, et le personnage de Beaumarchais haut en couleurs.
Le dessin est plutôt agréable, personnages et décors sont bien retranscrits. J’ai juste eu du mal avec la plupart des visages, rondouillards et souvent sur le même moule.
C’est en tout cas une série historique globalement bien fichue.
Dans un futur où la guerre est devenue un spectacle médiatique sponsorisé par de grandes entreprises, un capitaine de véhicule blindé se retrouve embarqué dans une mission qui tourne rapidement à l'opération de sauvetage, tandis que resurgissent ses tensions avec sa supérieure dont il fut autrefois l'amant.
J'ai un avis un peu partagé sur cet album. J'ai aimé son univers de guerre futuriste, avec cette idée assez originale de sociétés qui utilisent les conflits comme vitrine publicitaire et transforment les soldats en vedettes médiatiques. J'ai également apprécié son ambiance résolument martiale ainsi que la relation ambiguë et houleuse entre le héros et sa supérieure, qui apporte une dimension humaine intéressante au récit.
Au dessin, Enrique Fernandez possède un style reconnaissable, assez informatique mais expressif et dynamique. J'aime bien son identité graphique, même si certains visages, notamment celui du sergent ami du héros, peuvent paraître assez étranges. Les scènes d'action sont réussies et l'ensemble bénéficie d'une vraie personnalité visuelle.
Mais en parallèle j'ai aussi été déçu par la confusion qu'entraine un léger abus de flashback qui s'intercalent et brouillent la narration au présent, ainsi que par le manque de clarté concernant le contexte de certaines scènes dont on ne capte pas toujours bien ce qu'il s'y déroule, où est le danger et ce que font les protagonistes. C'est le cas notamment de toute la grande scène finale dont on comprend mal les enjeux, ni pourquoi la supérieure se sent obligée de faire ce qu'elle essaie de faire. Je devine à peu près la raison de ça, mais même après avoir terminé et relu la scène, j'ai encore un doute.
J'en ressors donc à moitié convaincu. L'univers, les personnages et le graphisme m'ont donné envie de suivre cette aventure jusqu'au bout, mais le récit manque parfois de lisibilité et de développement. J'ai passé un plutôt bon moment de lecture, sans être totalement emporté par l'histoire.
Une jeune femme découvre après la mort de son père que celui-ci faisait partie d'un groupe protecteurs secrets combattant une armée de démons capables de se cacher parmi les humains, et qu'il lui lègue malgré elle cette lutte contre les forces démoniaques.
L'idée la plus intéressante du récit réside dans l'association entre l'héroïne et l'ancien partenaire de son père, une créature issue d'une ancienne branche de l'humanité contaminée par la Corne mais qui tente de résister à sa nature démoniaque. Ce personnage apporte une certaine nuance au conflit manichéen, puisqu'il n'est ni totalement humain ni totalement démon, et doit constamment lutter contre ses propres pulsions lorsqu'il n'est pas maintenu par un contrôle magique. La mythologie autour de la Corne et de l'Auréole, deux forces primordiales qui influencent l'humanité vers le Mal ou le Bien, apporte également une légère dimension métaphysique, renforcée par la notion de Foi nécessaire pour utiliser les armes des guerriers de l'Auréole.
Mais il ne faut pas s'y tromper : malgré ce background, on reste avant tout dans un pur divertissement d'action. Le récit privilégie les combats spectaculaires, les créatures monstrueuses et une bonne dose de gore plutôt qu'une véritable réflexion sur la nature du Bien et du Mal. L'ensemble fonctionne comme un blockbuster de comics, efficace mais assez classique, avec une intrigue finalement très linéaire qui se résume à une unique mission ponctuée de quelques rebondissements pour éviter un déroulement trop prévisible. Avec un univers aussi riche, il aurait été intéressant de voir davantage d'exploration de ce monde et des personnages, notamment de la relation entre l'héroïne et son partenaire démoniaque.
Le principal atout de l'album reste donc son dessin. Greg Capullo livre des planches impressionnantes, dynamiques et très détaillées, avec des créatures démoniaques assez réussies qui font forcément penser aux démons de Spawn. C'est une lecture agréable et spectaculaire, mais qui laisse aussi l'impression d'être davantage un épisode pilote qu'une aventure pleinement développée.
Spider-Man pas à la hauteur devant Superman
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Il s'agit d'un récit complet et indépendant de tout autre, paru initialement en 1976. Il constitue la première rencontre entre les deux personnages, et la première rencontre entre un personnage de l'univers partagé DC, et un autre de Marvel. Le scénariste est Gerry Conway, le dessinateur Ross Andru, et l'encreur Dick Giordano. Neal Adams a redessiné plusieurs apparitions de Superman, et John Romita junior a apporté des améliorations sur les visages de quelques personnages.
Ce tome est découpé en quatre chapitres, pour une histoire de 92 pages. Dans le premier chapitre, Superman doit se battre contre Lex luthor qui a dérobé un mystérieux composant électronique dans les laboratoires STAR de Metropolis, à bord d'un robot géant. Dans le deuxième chapitre, Spider-Man se bat contre le docteur Octopus dont les hommes de main sont en train de dévaliser le Metropolitan Museum à New York. Les deux criminels se retrouvent dans la même prison, dans des cellules voisines. De son côté, Clark Kent est envoyé à New York pour couvrir une conférence mondiale de reportages, avec l'équipe du Daily Planet. Sur place il croise Peter Parker et l'équipe du Daily Buggle. Lois Lane et Mary-Jane Watson sont enlevées sous leurs yeux par un individu portant le costume de Superman. Il n'en faut pas plus pour que les deux héros revêtent leur costume de Superman et Spider-Man, et bien sûr commencent à se taper dessus suite à une méprise.
Dans son introduction, Gerry Conway explique très bien les règles du jeu de cette histoire, premier crossover du genre, fixant les règles pour tous ceux qui suivront. L'histoire doit être approuvée dans ses moindres détails par les deux équipes de responsables éditoriaux, celle de DC, et celle de Marvel. Les deux superhéros doivent disposer de la même exposition, en termes de nombre de pages (et même de cases) sans que l'un soit mis en avant au détriment de l'autre (les différentes versions de travail de la couverture sont très édifiantes sur ce point). Et bien sûr, l'histoire ne doit absolument rien modifier du statu quo puisque l'accord passé pour cette co-publication est ponctuel, donc Spider-Man ne pourra pas faire référence à Superman dans ses aventures mensuelles, et réciproquement.
Au premier niveau de lecture, il s'agit d'un récit à destination d'un public jeune, avec des superhéros aux valeurs morales sans ambiguïté. Les criminels sont irrémédiablement méchants et rêvent soit de s'enrichir par le vol, soit de devenir maître du monde. Le faux Superman enlève Mary Jane Watson, sans qu'il ne soit jamais expliqué le pourquoi de son acte. Le lecteur a bien sûr le droit au cliché des clichés, avec les deux superhéros qui se tapent dessus avant de discuter. Les personnages se conduisent plus en adolescents (et même en enfants) qu'en adultes (ah ! le fameux coup du seau d'eau au dessus de la porte entrebâillée). Quelques éléments laissent songeur : pourquoi Spider-Man s'est-il tissé des skis en toile pour glisser sur l'air quand il est tiré par Superman ? Mystère, mais ça fait joli. L'intrigue et très linéaire et fourni une escalade de menaces, jusqu'au tsunami se dirigeant sur New York. Les rencontres entre les personnages secondaires des deux séries sont également très superficielles, à un niveau d'interaction limité à l'échange de deux phrases entre d'un côté J. Jonah Jameson, Robbie Robertson, et de l'autre Morgan Edge, Steve Lombard et Perry White.
Les dessins sont moins naïfs que le scénario et bénéficient d'un encrage des plus soignés. Ross Andru réalise des planches à la lisibilité immédiate, avec des superhéros aux postures très iconiques, et des mouvements très fluides. En fonction du scénario, il ne peut faire autrement que de dessiner à deux ou trois reprises des dispositifs enfantins (le vaisseau d'Octopus caché dans l'enveloppe d'un ballon dirigeable, crédibilité zéro, ou encore le vaisseau spatial de Luthor frappé du sigle de l'Injustice Gang, quelle discrétion !). Giordano réalise un encrage d'une précision époustouflante, clair et méticuleux. Si la scène du tsunami manque d'ampleur, les acrobaties de Spider-Man sont très enlevées et Superman impressionne par sa puissance.
Pour un lecteur plus âgé, il se produit un phénomène plus étrange au fil des séquences. Gerry Conway met en scène Superman tel qu'il était défini à l'époque : tout puissant ou presque, avec des utilisations de superpouvoirs très imaginatives. Par contraste, Spider-Man reste un simple être humain doté "uniquement" d'une grande agilité, d'une force surhumaine, d'un sixième sens l'avertissant du danger et de ses lance-toiles. Cet état de fait génère un étrange décalage entre Spider-Man qui doit visiblement faire de vrais efforts pour triompher de ses ennemis, et Superman qui encaisse sans coup férir jusqu'à temps de trouver la bonne manière d'utiliser ses pouvoirs. Ça commence avec la bagarre entre les deux où Luthor a trouvé le moyen d'augmenter la force de Spider-Man pour qu'il tienne le choc face à Superman. D'un côté, le lecteur se rend bien compte que le choix de faire se rencontrer ces deux superhéros est dicté par leur niveau de notoriété similaire, plus que par une logique narrative ; de l'autre côté Spider-Man n'est pas à la hauteur (avec un moment magnifique lorsque Superman prend conscience que si son poing touche le visage de Spider-Man à pleine puissance, il va le pulvériser). Or ce gouffre de niveau de puissance (ou de capacité) ressort à chaque scène où ils sont présents ensemble. Dans l'une des bases de Luthor, un ordinateur explose détruisant les données qu'ils recherchaient. Non seulement Superman pousse Spider-Man pour le mettre en sécurité hors d'atteinte du souffle de l'explosion, mais en plus il reconstruit l'ordinateur à super-vitesse, après coup grâce à sa super-mémoire, sans parler du fait que Spider-Man a mis 10 minutes pour parvenir jusqu'à cette pièce, alors qu'il a suffi à Superman de passer à travers mur.
Du coup cette rencontre qui devait mettre les deux superhéros sur un pied d'égalité se transforme en une série d'humiliations involontaires vis-à-vis de Spider-Man, tout juste bon à retarder les supercriminels pendant que Superman fait le gros du travail. Ils se rencontreront une deuxième fois en 1981, dans une histoire écrite par Jim Shooter, dessinée par John Buscema, et encrée par Joe Sinnott, Terry Austin, Klaus Janson, Bob McLeod, Al Milgrom, Steve Leialoha, Walt Simonson, Bob Layton, Joe Rubinstein et Bob Wiacek.
Même si elle est très courte, cette histoire et les dessins de Tardi m'ont transporté vers une expérience forte que j'ai vécue il y a quelques années. Sans planifier à l'avance, j'ai visité le cimetière du Père-Lachaise un matin d'hiver brumeux. Tout était désert mais le croassement des corbeaux au-dessus de ma tête m'a accompagné tout le temps. Après avoir trouvé les tombes de certains de mes artistes, écrivains et philosophes préférés, j'ai été impressionné par la taille des mausolées de certains présidents de la République. Encore plus, par le mur où les révolutionnaires de la Commune ont été fusillés. Les dessins de Tardi, si caractéristiques, peuvent ne pas plaire à tout le monde, mais sur moi, ils ont exercé ce fort pouvoir d'évocation.
Un recueil de trois histoires courtes, publié en 1981 en format broché (donc après Champakou).
Une fable guerrière de 10 pages, intitulée "Chevaliers, premières armes". Sans grand intérêt, à l'exception du dessin caractéristique de Jeronaton.
Une fable sensuelle de 10 pages, avec pour titre "Femme". Un homme escalade une géante, il n'y a pas de dialogue. Très réussie, dernière planche frappante.
Une fable mystique de 20 pages qui porte le nom de l'album. Pas mal. La fin est attendue, c'est du Jeronaton en mode hippie.
Les planches des deux derniers récits sont de toute beauté, et rivalisent sans problème avec l'esthétique formelle de Champakou.
Une bande recommandée pour parfaire sa connaissance sur cet auteur.
Pas mal est une bonne définition de la BD : j'ai aimé certains aspects mais pas au point de la considérer comme bonne. En fait, c'est typiquement le genre de BD avec pleins de bons sentiments qui ne m'a pas satisfait outre mesure.
La BD est sur les urgences, ou plus globalement les servies hospitaliers, avec toutes les considérations sur l'humain que ça engendre. Les maladies, les morts, les accidents bêtes, les personnes parfois pas malines, etc ... C'est plein de petites anecdotes du milieu, qui se tient avec une histoire centrale de dame qui meurt d'un cancer au dernier étage. Bon, l'ensemble a de la gueule mais ça fait un peu trop "cahier des charges" bien respectés, que ce soit dans le mode de narration ou le côté petite collection d'histoire. De fait, l'intérêt est la façon dont tout ceci est raconté, avec Baptiste Beaulieu qui a une narration portée sur la poétique et les belles lettres. De fait, l'histoire est très bavarde, verbeuse même, avec un ton parfois trop poétique pour son bien. L'ensemble a parfois un parler très terre-à-terre, parfois très élancé dans le lyrisme. Je pense que ça vient de l'adaptation qui a du mettre certains passages et en couper d'autres, le livre étant sans doute plus consistant dans le ton général.
Le dessin va assez bien à la BD de manière générale, même s'il semble plus adapté à une petite BD humoristique qu'a une BD assez lourde (même si elle essaye d'être positive et plus légère). L'ensemble a un charme, le dessin essaye aussi parfois d'être plus sympathique que de simples juxtapositions de cases carrées. Cela dit ça reste pas inoubliable et j'ai noté que l'auteur s'est sacrément amélioré dans ses productions plus récentes
En définitive, je n'ai pas été marqué ni très touchée par la BD. J'ai senti la sincérité du propos, la volonté de ne pas tomber dans le misérabilisme ou le voyeurisme (regardez toutes les façons de mourir !), mais pour autant je pense que je ne retiendrais pas énormément de choses de cette BD. C'est mignon dans sa façon de faire, ça ne remet pas spécialement en question mes croyances et connaissances sur le milieu médical. Voila, une lecture distrayante, quoi.
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Les 12 travaux d'Art Cool
Jean Pierre Dionnet n'a jamais produit de bandes dessinées consensuelles, on ne peut pas lui enlever ça. Les 12 travaux d'Art Cool s'inscrit dans la lignée de ses oeuvres précédentes, et pourrait prétendre au titre d'ancêtre de Gilles Hamesh. C'est volontairement trash et provoquant, avec beaucoup de scènes pornographiques, et cela s'adresse donc à un public averti. On suit un flic, Art Cool, chargé par son frère qui est commissaire, d'arrêter de dangereux criminels. L'action se déroule dans un Manhattan époque années 70. La différence avec Gilles Hamesh, c'est un ton général qui est quand même beaucoup moins scabreux et excentrique, et un superbe dessin en noir et blanc signé Frisano. On n'est pas dans le dégoût permanent. Art Cool a encore une morale, et l'élégance du trait de Frisano fait du bien dans certaines scènes un peu dures. Le mythe d'Hercule sert de porte d'entrée aux enquêtes d'Art et apporte une structure à ce one shot. En effet cette série restera inachevée, puisque dans ce premier tome nous avons droit à seulement six enquêtes. Une publication Albin Michel qui mériterait un peu plus de reconnaissance.
Gueule de cuir
Mouais. Je ne me suis pas ennuyé à lire ces trois albums, le récit est dynamique, le dessin plaisant, avec le Paris de Louis XIII (même si ici seul Richelieu apparait parmi les cercles du pouvoir) qui est plutôt bien représenté. Mais le récit ne m’a emballé plus que ça. Le fantastique, qui prend de plus en plus de place (et domine franchement dans le dernier tome) n’est pas forcément mon truc ici (l’aspect « médiéval » par contre est tout relatif, au XVIIème siècle…). Avec son masque et ses prouesse notre Gueule de cuir a des airs de super héros à la française, luttant contre les forces du mal incarnées et dirigées par le Roi des Tombes. Il se balade en tout cas facilement sur les toits de Paris… Un récit d’aventures dynamique, mais qui manque de densité, et qui sur la fin m’a moins intéressé. Note réelle 2,5/5.
L'Année fantôme
Tronchet est un auteur que j’aime bien. Mais je préfère sa veine humoristique, avec ses personnages de losers. Mais certains de ses récits plus autobiographiques ou intimistes sont quand même de bonne facture. Et cet album en fait partie. La première partie nous présente un personnage d’humoriste cynique et conquérant, que rien ne semble pouvoir freiner dans son assurance, que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie privée. Et puis, petit à petit l’homme montre des fêlures, et tout semble s’écrouler, avec quelques révélations – sur lui-même (en partie suite à une psychanalyse) ou sur sa famille. C’est alors un autre personnage qui tente de se reconstruire, car la solidité de son édifice intime s’est révélée factice. Il va donc falloir s’ouvrir aux autres… La seconde partie du récit est plus mélancolique, et le héros, qui pouvait susciter admiration et crainte, voire mépris au départ, fait presque pitié par la suite. Si l’album se laisse lire, j’ai préféré la première partie, plus dynamique. Mais aussi parce que la second est moins originale et intéressante, autour d’un secret de famille révélé sur le tard.
Liberté !
Voilà une série historique qui arrive bien à rendre l’atmosphère fébrile, les hasards, les débats, les prises de parti, qui ont entouré la lutte des colonies américaines pour leur indépendance vis-à-vis de l’Angleterre. Si les premiers combats en Amérique sont bien présentés, c’est avant tout en Europe, et en France surtout que se déroule l’essentiel de l’intrigue – et probablement que s’est jouée l’essentiel de la victoire finale des Insurgés. Une grande partie du récit se concentre donc sur l’activité de certaines personnes, en particulier l’envoyé du congrès indépendantiste. Mais le personnage principal de cette série, c’est Beaumarchais. Hâbleur, hyper actif, bourré d’idées, dépassant très souvent les limites, et ne s’embarrassant pas d’hypocrisie ou de lois, il s’agite pour fournir aux Américains armes et matériel dont il manque cruellement. Au travers de son action, le lecteur se familiarise avec les arcanes du pouvoir dans la France du début du règne de Louis XVI, mais aussi avec l’action d’espions et autres ambassadeurs anglais – mais aussi avec tous ceux qui essayent de tirer parti de la situation : marchands en tous genres, officiers en mal de solde, etc. La Fayette apparait bien jeunot et falot par contre... Le récit est dynamique, rythmé, et le personnage de Beaumarchais haut en couleurs. Le dessin est plutôt agréable, personnages et décors sont bien retranscrits. J’ai juste eu du mal avec la plupart des visages, rondouillards et souvent sur le même moule. C’est en tout cas une série historique globalement bien fichue.
La Mère des victoires
Dans un futur où la guerre est devenue un spectacle médiatique sponsorisé par de grandes entreprises, un capitaine de véhicule blindé se retrouve embarqué dans une mission qui tourne rapidement à l'opération de sauvetage, tandis que resurgissent ses tensions avec sa supérieure dont il fut autrefois l'amant. J'ai un avis un peu partagé sur cet album. J'ai aimé son univers de guerre futuriste, avec cette idée assez originale de sociétés qui utilisent les conflits comme vitrine publicitaire et transforment les soldats en vedettes médiatiques. J'ai également apprécié son ambiance résolument martiale ainsi que la relation ambiguë et houleuse entre le héros et sa supérieure, qui apporte une dimension humaine intéressante au récit. Au dessin, Enrique Fernandez possède un style reconnaissable, assez informatique mais expressif et dynamique. J'aime bien son identité graphique, même si certains visages, notamment celui du sergent ami du héros, peuvent paraître assez étranges. Les scènes d'action sont réussies et l'ensemble bénéficie d'une vraie personnalité visuelle. Mais en parallèle j'ai aussi été déçu par la confusion qu'entraine un léger abus de flashback qui s'intercalent et brouillent la narration au présent, ainsi que par le manque de clarté concernant le contexte de certaines scènes dont on ne capte pas toujours bien ce qu'il s'y déroule, où est le danger et ce que font les protagonistes. C'est le cas notamment de toute la grande scène finale dont on comprend mal les enjeux, ni pourquoi la supérieure se sent obligée de faire ce qu'elle essaie de faire. Je devine à peu près la raison de ça, mais même après avoir terminé et relu la scène, j'ai encore un doute. J'en ressors donc à moitié convaincu. L'univers, les personnages et le graphisme m'ont donné envie de suivre cette aventure jusqu'au bout, mais le récit manque parfois de lisibilité et de développement. J'ai passé un plutôt bon moment de lecture, sans être totalement emporté par l'histoire.
Démons (Delcourt)
Une jeune femme découvre après la mort de son père que celui-ci faisait partie d'un groupe protecteurs secrets combattant une armée de démons capables de se cacher parmi les humains, et qu'il lui lègue malgré elle cette lutte contre les forces démoniaques. L'idée la plus intéressante du récit réside dans l'association entre l'héroïne et l'ancien partenaire de son père, une créature issue d'une ancienne branche de l'humanité contaminée par la Corne mais qui tente de résister à sa nature démoniaque. Ce personnage apporte une certaine nuance au conflit manichéen, puisqu'il n'est ni totalement humain ni totalement démon, et doit constamment lutter contre ses propres pulsions lorsqu'il n'est pas maintenu par un contrôle magique. La mythologie autour de la Corne et de l'Auréole, deux forces primordiales qui influencent l'humanité vers le Mal ou le Bien, apporte également une légère dimension métaphysique, renforcée par la notion de Foi nécessaire pour utiliser les armes des guerriers de l'Auréole. Mais il ne faut pas s'y tromper : malgré ce background, on reste avant tout dans un pur divertissement d'action. Le récit privilégie les combats spectaculaires, les créatures monstrueuses et une bonne dose de gore plutôt qu'une véritable réflexion sur la nature du Bien et du Mal. L'ensemble fonctionne comme un blockbuster de comics, efficace mais assez classique, avec une intrigue finalement très linéaire qui se résume à une unique mission ponctuée de quelques rebondissements pour éviter un déroulement trop prévisible. Avec un univers aussi riche, il aurait été intéressant de voir davantage d'exploration de ce monde et des personnages, notamment de la relation entre l'héroïne et son partenaire démoniaque. Le principal atout de l'album reste donc son dessin. Greg Capullo livre des planches impressionnantes, dynamiques et très détaillées, avec des créatures démoniaques assez réussies qui font forcément penser aux démons de Spawn. C'est une lecture agréable et spectaculaire, mais qui laisse aussi l'impression d'être davantage un épisode pilote qu'une aventure pleinement développée.
Superman vs the Amazing Spider-Man - La Bataille du Siècle
Spider-Man pas à la hauteur devant Superman - Il s'agit d'un récit complet et indépendant de tout autre, paru initialement en 1976. Il constitue la première rencontre entre les deux personnages, et la première rencontre entre un personnage de l'univers partagé DC, et un autre de Marvel. Le scénariste est Gerry Conway, le dessinateur Ross Andru, et l'encreur Dick Giordano. Neal Adams a redessiné plusieurs apparitions de Superman, et John Romita junior a apporté des améliorations sur les visages de quelques personnages. Ce tome est découpé en quatre chapitres, pour une histoire de 92 pages. Dans le premier chapitre, Superman doit se battre contre Lex luthor qui a dérobé un mystérieux composant électronique dans les laboratoires STAR de Metropolis, à bord d'un robot géant. Dans le deuxième chapitre, Spider-Man se bat contre le docteur Octopus dont les hommes de main sont en train de dévaliser le Metropolitan Museum à New York. Les deux criminels se retrouvent dans la même prison, dans des cellules voisines. De son côté, Clark Kent est envoyé à New York pour couvrir une conférence mondiale de reportages, avec l'équipe du Daily Planet. Sur place il croise Peter Parker et l'équipe du Daily Buggle. Lois Lane et Mary-Jane Watson sont enlevées sous leurs yeux par un individu portant le costume de Superman. Il n'en faut pas plus pour que les deux héros revêtent leur costume de Superman et Spider-Man, et bien sûr commencent à se taper dessus suite à une méprise. Dans son introduction, Gerry Conway explique très bien les règles du jeu de cette histoire, premier crossover du genre, fixant les règles pour tous ceux qui suivront. L'histoire doit être approuvée dans ses moindres détails par les deux équipes de responsables éditoriaux, celle de DC, et celle de Marvel. Les deux superhéros doivent disposer de la même exposition, en termes de nombre de pages (et même de cases) sans que l'un soit mis en avant au détriment de l'autre (les différentes versions de travail de la couverture sont très édifiantes sur ce point). Et bien sûr, l'histoire ne doit absolument rien modifier du statu quo puisque l'accord passé pour cette co-publication est ponctuel, donc Spider-Man ne pourra pas faire référence à Superman dans ses aventures mensuelles, et réciproquement. Au premier niveau de lecture, il s'agit d'un récit à destination d'un public jeune, avec des superhéros aux valeurs morales sans ambiguïté. Les criminels sont irrémédiablement méchants et rêvent soit de s'enrichir par le vol, soit de devenir maître du monde. Le faux Superman enlève Mary Jane Watson, sans qu'il ne soit jamais expliqué le pourquoi de son acte. Le lecteur a bien sûr le droit au cliché des clichés, avec les deux superhéros qui se tapent dessus avant de discuter. Les personnages se conduisent plus en adolescents (et même en enfants) qu'en adultes (ah ! le fameux coup du seau d'eau au dessus de la porte entrebâillée). Quelques éléments laissent songeur : pourquoi Spider-Man s'est-il tissé des skis en toile pour glisser sur l'air quand il est tiré par Superman ? Mystère, mais ça fait joli. L'intrigue et très linéaire et fourni une escalade de menaces, jusqu'au tsunami se dirigeant sur New York. Les rencontres entre les personnages secondaires des deux séries sont également très superficielles, à un niveau d'interaction limité à l'échange de deux phrases entre d'un côté J. Jonah Jameson, Robbie Robertson, et de l'autre Morgan Edge, Steve Lombard et Perry White. Les dessins sont moins naïfs que le scénario et bénéficient d'un encrage des plus soignés. Ross Andru réalise des planches à la lisibilité immédiate, avec des superhéros aux postures très iconiques, et des mouvements très fluides. En fonction du scénario, il ne peut faire autrement que de dessiner à deux ou trois reprises des dispositifs enfantins (le vaisseau d'Octopus caché dans l'enveloppe d'un ballon dirigeable, crédibilité zéro, ou encore le vaisseau spatial de Luthor frappé du sigle de l'Injustice Gang, quelle discrétion !). Giordano réalise un encrage d'une précision époustouflante, clair et méticuleux. Si la scène du tsunami manque d'ampleur, les acrobaties de Spider-Man sont très enlevées et Superman impressionne par sa puissance. Pour un lecteur plus âgé, il se produit un phénomène plus étrange au fil des séquences. Gerry Conway met en scène Superman tel qu'il était défini à l'époque : tout puissant ou presque, avec des utilisations de superpouvoirs très imaginatives. Par contraste, Spider-Man reste un simple être humain doté "uniquement" d'une grande agilité, d'une force surhumaine, d'un sixième sens l'avertissant du danger et de ses lance-toiles. Cet état de fait génère un étrange décalage entre Spider-Man qui doit visiblement faire de vrais efforts pour triompher de ses ennemis, et Superman qui encaisse sans coup férir jusqu'à temps de trouver la bonne manière d'utiliser ses pouvoirs. Ça commence avec la bagarre entre les deux où Luthor a trouvé le moyen d'augmenter la force de Spider-Man pour qu'il tienne le choc face à Superman. D'un côté, le lecteur se rend bien compte que le choix de faire se rencontrer ces deux superhéros est dicté par leur niveau de notoriété similaire, plus que par une logique narrative ; de l'autre côté Spider-Man n'est pas à la hauteur (avec un moment magnifique lorsque Superman prend conscience que si son poing touche le visage de Spider-Man à pleine puissance, il va le pulvériser). Or ce gouffre de niveau de puissance (ou de capacité) ressort à chaque scène où ils sont présents ensemble. Dans l'une des bases de Luthor, un ordinateur explose détruisant les données qu'ils recherchaient. Non seulement Superman pousse Spider-Man pour le mettre en sécurité hors d'atteinte du souffle de l'explosion, mais en plus il reconstruit l'ordinateur à super-vitesse, après coup grâce à sa super-mémoire, sans parler du fait que Spider-Man a mis 10 minutes pour parvenir jusqu'à cette pièce, alors qu'il a suffi à Superman de passer à travers mur. Du coup cette rencontre qui devait mettre les deux superhéros sur un pied d'égalité se transforme en une série d'humiliations involontaires vis-à-vis de Spider-Man, tout juste bon à retarder les supercriminels pendant que Superman fait le gros du travail. Ils se rencontreront une deuxième fois en 1981, dans une histoire écrite par Jim Shooter, dessinée par John Buscema, et encrée par Joe Sinnott, Terry Austin, Klaus Janson, Bob McLeod, Al Milgrom, Steve Leialoha, Walt Simonson, Bob Layton, Joe Rubinstein et Bob Wiacek.
20 ans en mai 1871
Même si elle est très courte, cette histoire et les dessins de Tardi m'ont transporté vers une expérience forte que j'ai vécue il y a quelques années. Sans planifier à l'avance, j'ai visité le cimetière du Père-Lachaise un matin d'hiver brumeux. Tout était désert mais le croassement des corbeaux au-dessus de ma tête m'a accompagné tout le temps. Après avoir trouvé les tombes de certains de mes artistes, écrivains et philosophes préférés, j'ai été impressionné par la taille des mausolées de certains présidents de la République. Encore plus, par le mur où les révolutionnaires de la Commune ont été fusillés. Les dessins de Tardi, si caractéristiques, peuvent ne pas plaire à tout le monde, mais sur moi, ils ont exercé ce fort pouvoir d'évocation.
L'OEuf du Monde
Un recueil de trois histoires courtes, publié en 1981 en format broché (donc après Champakou). Une fable guerrière de 10 pages, intitulée "Chevaliers, premières armes". Sans grand intérêt, à l'exception du dessin caractéristique de Jeronaton. Une fable sensuelle de 10 pages, avec pour titre "Femme". Un homme escalade une géante, il n'y a pas de dialogue. Très réussie, dernière planche frappante. Une fable mystique de 20 pages qui porte le nom de l'album. Pas mal. La fin est attendue, c'est du Jeronaton en mode hippie. Les planches des deux derniers récits sont de toute beauté, et rivalisent sans problème avec l'esthétique formelle de Champakou. Une bande recommandée pour parfaire sa connaissance sur cet auteur.
Les Mille et une vies des urgences
Pas mal est une bonne définition de la BD : j'ai aimé certains aspects mais pas au point de la considérer comme bonne. En fait, c'est typiquement le genre de BD avec pleins de bons sentiments qui ne m'a pas satisfait outre mesure. La BD est sur les urgences, ou plus globalement les servies hospitaliers, avec toutes les considérations sur l'humain que ça engendre. Les maladies, les morts, les accidents bêtes, les personnes parfois pas malines, etc ... C'est plein de petites anecdotes du milieu, qui se tient avec une histoire centrale de dame qui meurt d'un cancer au dernier étage. Bon, l'ensemble a de la gueule mais ça fait un peu trop "cahier des charges" bien respectés, que ce soit dans le mode de narration ou le côté petite collection d'histoire. De fait, l'intérêt est la façon dont tout ceci est raconté, avec Baptiste Beaulieu qui a une narration portée sur la poétique et les belles lettres. De fait, l'histoire est très bavarde, verbeuse même, avec un ton parfois trop poétique pour son bien. L'ensemble a parfois un parler très terre-à-terre, parfois très élancé dans le lyrisme. Je pense que ça vient de l'adaptation qui a du mettre certains passages et en couper d'autres, le livre étant sans doute plus consistant dans le ton général. Le dessin va assez bien à la BD de manière générale, même s'il semble plus adapté à une petite BD humoristique qu'a une BD assez lourde (même si elle essaye d'être positive et plus légère). L'ensemble a un charme, le dessin essaye aussi parfois d'être plus sympathique que de simples juxtapositions de cases carrées. Cela dit ça reste pas inoubliable et j'ai noté que l'auteur s'est sacrément amélioré dans ses productions plus récentes En définitive, je n'ai pas été marqué ni très touchée par la BD. J'ai senti la sincérité du propos, la volonté de ne pas tomber dans le misérabilisme ou le voyeurisme (regardez toutes les façons de mourir !), mais pour autant je pense que je ne retiendrais pas énormément de choses de cette BD. C'est mignon dans sa façon de faire, ça ne remet pas spécialement en question mes croyances et connaissances sur le milieu médical. Voila, une lecture distrayante, quoi.