Dans un univers de conte maritime et forestier, le Capitaine Trèfle sauve un lutin captif et l'entraîne dans une quête aux côtés de magiciens et de créatures légendaires, au cœur d'un monde menacé par la violence des hommes et des pirates.
Le dessin de René Hausman est l'une des forces de cet album. Les décors sont jolis, les ambiances aquarellées très travaillées, avec une vraie force évocatrice. En revanche, les visages m'ont parfois semblé un peu raides ou masqués, même si l'ensemble reste globalement maîtrisé visuellement.
L'univers est riche et foisonnant, peuplé de lutins, fées, pirates et créatures marines, dans une ambiance de conte maritime qui inclut beaucoup d'éléments folkloriques. Mais je suis assez partagé à ce sujet, parce que Pierre Dubois mélange des légendes et créatures folkloriques authentiques avec des entités totalement issues de son imagination. Cela brouille mon plaisir de lecture : j'aime savoir ce qui relève de la mythologie réelle et ce qui est pure invention. Ici, je ne sais pas toujours si je peux y lire une forme d'instruction sur le folklore féérique ou si je dois simplement accepter un univers entièrement fantasmé où les références authentiques ne sont que des éléments décoratifs.
J'ai également été gêné par le style narratif. Il m'évoque celui de certains contes chantés pour enfants, avec un vocabulaire volontairement alambiqué, ancien ou inventé, et des onomatopées qui donnent une impression de surcharge. Cela casse la fluidité de lecture et m'oblige à me focaliser sur le texte pour être sûr d'avoir compris ce qui est raconté, ce qui finit par m'agacer dans le déroulé de l'histoire.
Je reconnais l'originalité de l'univers et la qualité du travail graphique, mais mon ressenti reste en demi-teinte à cause du style d'écriture et de cette ambiguïté permanente entre folklore réel et invention pure, qui m'empêche de m'immerger pleinement dans le récit.
Je garde un assez bon souvenir de ma lecture des 5 tomes précédents. De mémoire, s'y développait une intrigue horrifique adolescente bien rythmée aux illustrations attrayantes.
Cet inattendu 6e tome vient compléter (ou plutôt initier) le cycle précédent. Il s'agit de nous conter l'apparition de la plaie blanche et la chute progressive de la civilisation telle que connue. Malheureusement, l'intrigue choisit d'opter pour le récit d'action pure et fort peu de chose seront explicitée, afin de privilégier le récit d'une fuite. Par ailleurs, les illustrations et couleurs de von Kummant ne sont plus d'actualité, celui-ci ayant été remplacé de manière peu heureuse par Chaiko, dont les couleurs ternes et le moindre dynamisme du trait font regretter l'initiative. Demeure une intrigue invitant la thématique du consentement (beau sujet, traité ici de manière abrupte mais originale) et celle de la relation père-fille, ici joliment archaïque.
Un 6e tome divertissant, mais oubliable, a priori unique (espérons que ne débute pas avec celui-ci un nouveau cycle), qui ne remet aucunement en question l'efficacité du cycle initialement paru. Gung Ho demeure une série horrifique ado assez recommandable.
À sa sortie de prison, Chuck part avec sa compagne récupérer un magot qu'il avait enterré cinq ans plus tôt dans une ville fantôme du désert, mais l'argent a disparu et leur chasse au trésor tourne rapidement au règlement de comptes.
J'ai eu le tort de lire L'Or du Spectre avant Le Serpent et le Coyote, et je pense que c'était une mauvaise idée. Officiellement, les deux albums racontent des histoires indépendantes, avec des personnages différents. En pratique, je ne trouve pas que cette lecture fonctionne totalement seule. Tout au long de l'album, des messages radio évoquent un grand procès contre la mafia dont je ne voyais absolument pas le rapport avec l'intrigue principale. Gênant également, la rencontre décisive vers la fin avec un personnage que le récit semble considérer comme bien connu m'a laissé complètement perplexe. Son intervention est capitale, mais je n'avais aucune idée de qui il était ni de pourquoi il agit comme il le fait. Je sentais constamment qu'il me manquait des clés de compréhension, ce qui a rendu cette lecture un peu frustrante. Après avoir lu Le Serpent et le Coyote, tout est devenu plus clair même si effectivement les intrigues sont décorrélées.
Pour le reste, on retrouve la plupart des qualités du précédent album. Philippe Xavier livre une nouvelle fois un dessin de grande classe. Son encrage, ses décors et son sens du cadrage me font toujours penser au travail de Vance sur XIII, avec heureusement des personnages et surtout des visages que je trouve bien plus vivants et expressifs. C'est un vrai plaisir de parcourir ces paysages américains, même si cette fois le voyage est plus limité. Hormis quelques pages de mise en place et quelques flashbacks, l'essentiel de l'action reste concentré dans le désert d'Arizona ou du Nouveau-Mexique autour d'une ville fantôme, ce qui donne davantage un huis clos poussiéreux qu'un véritable road trip.
Le scénario est efficace, mais je l'ai trouvé un cran en dessous de celui du Serpent et le Coyote. L'aspect historique a disparu au profit d'un récit davantage orienté action et aventure, avec plusieurs clins d'oeil au western, dont bien sûr le Spectre aux balles d'or de Blueberry. L'ensemble est plaisant mais aussi un peu moins crédible. Les coïncidences et les retournements s'accumulent parfois un peu trop, les personnages sont moins nuancés et le récit donne davantage l'impression de jouer avec les codes du genre que de chercher à les dépasser.
Enfin, la conclusion m'a laissé sur ma faim. Elle est assez abrupte et volontairement ouverte, au point de donner l'impression qu'il manque encore un chapitre ou une véritable suite.
Malgré ces réserves, L'Or du Spectre reste un bon polar à l'ambiance western moderne, porté par un très bon dessin et une narration efficace. Je conseille simplement de le lire après Le Serpent et le Coyote, sous peine de passer à côté de plusieurs éléments importants.
Dès qu’un auteur de polar obtient du succès, ses œuvres sont maintenant systématiquement adaptées en BD. C’est le cas avec Franck Thilliez, le plus souvent chez l’éditeur Phileas, comme c’est le cas ici.
C’est visiblement l’adaptation du premier roman où apparait le personnage fétiche de Thilliez, l’inspecteur Sharko – ici encore novice, avec une personnalité peu affirmée.
Pour adapter ce roman, Luc Brunschwig, qui a lui-même produit quelques scénarios bien huilés (et quelques séries très chouettes !). On ne s’étonnera donc pas que la mécanique de l’histoire fonctionne bien, l’enquête prend le temps d’installer personnages et décors, et rebondissements et rythme s’accélèrent sur la fin.
Cela dit, comme j’avais pu le remarquer dans mes précédentes lectures d’adaptations de Thilliez, l’intrigue n’est pas plus emballante que ça. Et reste souvent dans le même type de schéma, avec des meurtres de psychopathes, qui font écho à l’histoire de Sharko. On devine aussi très en amont le coupable (est-ce que les ficelles étaient si grosses dans le roman ?). Enfin, la fin est à la fois facile, abrupte et ouverte. Et les dernières cases me laissent perplexe : pas de trace de la balle qui est censée avoir fait exploser le crâne (et où est la barbichette ?) …
Bref, un album qui se laisse lire, mais les polars de Thilliez ne sortent pas suffisamment des sentiers battus pour me captiver outre mesure.
Note réelle 2,5/5.
Dans la collection Phylactère du Lombard, la bande qui me faisait de l'oeil après Eternus 9 était Karga, notamment grâce à sa superbe couverture au fond violet, et j'ai finalement pu me procurer cette rareté SF.
Henri Vernes nous propose ici un univers de science-fantasy suffisamment personnel pour capter l'intérêt, soutenu par une fin ambiguë que j'ai appréciée.
Contrairement à ce qu'en dit le chroniqueur Agecanonix, il n'y a pas de monstres dans cet album, mais plutôt une nature profondément hostile. Par son ambiance — en nettement plus sombre —, l'œuvre se rapproche davantage de Simon du fleuve que des délires de Richard Corben.
La narration comporte toutefois quelques faiblesses :
Les monologues explicatifs : Karga a la fâcheuse habitude de commenter à voix haute les actions en cours.
Les dialogues : ils ont pris un petit coup de vieux.
Le dessin est correct, avec un point fort marqué pour la représentation des décors et des environnements.
Hermann, qui appréciait le travail de Beautemps, a signé la préface de l'album. On comprend aisément ce qui a pu lui plaire : les hommes partagent tous cette même morphologie aux mâchoires anguleuses...
La colorisation est datée, avec un effet très old school typique des bandes dessinées vintage : la couleur de peau des personnages change parfois brusquement pour traduire une émotion forte ou un choc.
Je préfère la couleur en général mais ici, je ne suis pas sur de la valeur ajoutée par rapport à l'édition originale en noir et blanc.
Sans être une pépite absolue, Karga reste une bande dessinée divertissante que j'ai parcouru sans le moindre ennui.
J'aurais aimé pouvoir recommander Zasafir comme introduction à l'univers de Buzzelli, mais l'album ne s'y prête guère.
La faute à un récit un peu trop décousu, qui peine à captiver le lecteur. L'univers de science-fiction, singulier et nébuleux, s'accommode mal de l'humour ponctuel des personnages. De surcroît, n'ayant jamais lu Flash Gordon, certaines références m'ont probablement échappé.
Visuellement, j'ai trouvé son trait intéressant sans être renversant. Ce mariage insolite entre l'imagerie populaire des fumetti et des postures plus torturées dignes d'un tableau de Jérôme Bosch n'a pas tout à fait fonctionné sur moi.
Je me suis fait la remarque intérieure suivante à la lecture : avec son graphisme si particulier, voir Buzzelli adapter l'Enfer de Dante en bande dessinée aurait sûrement donné quelque chose de très fort.
Le postulat de départ m'avait accroché :
Dans un futur proche, des tsunamis à répétition ont bouleversé la vie sur le littoral écossais.
Toutefois, ce contexte fictif reste largement inexploité. Ces vagues géantes sont à peine évoquées par les autochtones, sans même un flash-back. Et leurs conséquences sont survolées. Un peu frustrant...
Le focus sera donc mis sur l'enquête des frères Calloway pour élucider les circonstances de la mort de leur benjamin Wyatt. Plutôt classique, mais l'intrigue est suffisamment bien ficelée pour maintenir l'attention, entre polar et tranche de vie.
Iwan Lépingle sait raconter une histoire et j'apprécie l'ambiance mélancolique qu'il prend le temps d'installer.
Je doute néanmoins de m'en souvenir très longtemps.
Aujourd'hui, c'est bien connu, les humains et les vampires sont égaux. Les temps de l'oppression et de la domination vampirique sont révolus et tout se porte pour le mieux. Enfin, ça, c'est le discours officiel, car comme toujours, quand on se contente d'avancées de façade sans remise en question des problèmes systémiques, rien ne change véritablement.
Ici, on comprend très vite, l'histoire est une allégorie du sexisme au sein de notre société. Le sexisme et les violences qui l'accompagnent, dans toute leur terrifiante banalité, en mettant bien en lumière le caractère bien huilé de la machine sociale programmée pour écraser toute forme de remise en question des problèmes. Effacement des victimes, omniprésence du point de vue dominant dans les représentations médiatiques, politiques et culturelles, empowerement de façade, … bref, on cherche à mettre en avant un maximum de rouages qui constituent cette machine infernale.
L’œuvre est bonne, intéressante, et le dessin de Lou Lubie toujours bien travaillé (même si il m'a ici un peu moins charmé que sur ses précédentes œuvres).
Et pourtant, malgré ces qualités, vous voyez bien que je n'ai pas pu aller au delà de la moyenne contrairement à d'autres aviseur-euse-s.
La raison va sans doute paraître bizarre, en tout cas j'ai du mal à la formuler (j'ai surtout peur d'être mal interprétée), mais je vais essayer de vous transmettre l'idée. Je connais le sujet présenté, la cause défendue, je connais les statistiques transposées ici et je ne peux qu'apprécier la mise en avant de chacun de ces problèmes que beaucoup continuent d'ignorer simplement par conditionnement et habitude, et pourtant le tout m'a semblé… creux ? Je sais que ça ressemble fortement au début d'un discours type "rolala faut pas mettre tout le monde dans le même panier" ou "rolala mais on le sait déjà tout ça, il faut arrêter de jouer les alarmistes", mais non, j'insiste sur le fait que je suis 100% derrière le message défendu dans cet album, je ne me plaindrais jamais de voir la moindre mise en avant du caractère nauséabond de certains discours visant à maintenir le statu quo coûte que coûte. Sauf que voilà, ce n'est pas le fond que je remets en question. Je connais ce sujet, je traine déjà dans les milieux où ce genre de discours est connu et donc forcément que j'allais finir par lire cet album, mais est-ce que les gens qui en auraient besoin, celleux qui auraient le plus besoin d'être mis-es face à cet exemple "fantastique" pour enfin ouvrir les yeux face aux problèmes de notre monde bien réel, ces personnes vont-elles aller vers cet album et surtout vont elles réussir à passer outre l'aspect militant. Car c'est justement en diabolisant cette dimension militante que les défenseur-euse-s des oppressions continuent de faire fermer les yeux au plus grand nombre, et l'idée de transposer tout ça dans un monde différent mais dont les problématiques font parfaitement écho au nôtre m'avait semblé être une idée si bien trouvée, permettant de mettre en avant quasi-explicitement les problèmes sans pour autant l'annoncer par avance et surprendre les gens et ainsi toucher un public bien plus large. Mais ici rien de ça, la narration m'a semblé trop froide, mécanique, impersonnelle, et du coup je ne pense pas que les personnes qui auraient le plus besoin d'ouvrir les yeux et de changer leurs comportements et leur façon de voir le monde soient réceptives à l’œuvre.
En fait, le voilà mon problème avec ce genre de créations qui cherchent à mettre en avant un propos via une histoire mais qui finissent par en fait saboter l'histoire pour la mise en avant du discours : y avait-il besoin d'en faire une fiction ? Si le but recherché est de développer des idées en profondeur, d'étayer un propos, rien de tel qu'un discours ou un manuscrit pur et dur, pas besoin d'enrober le tout dans une fiction (ou alors simplement pour faire des exemples). Mais si l'on décide de créer une histoire autour d'une problématique, parce que la mise en avant de cette dernière nous tient à cœur et que l'on souhaite la faire incarner, l'humaniser pour faire constater tout ce qui l'entoure, l'idée n'est pas mauvaise pour autant. C'est même au contraire un outil puissant, permettant de cristalliser un discours et des problématiques dans la culture populaire, dans l'inconscient collectif même. Une histoire prenante abordant des sujets durs qui nous tiennent à cœur c'est un terreau fertile et un outil puissant, mais pour cela il ne faut pas oublier l'importance de ladite histoire et de sa qualité pour faire porter le fond. Ici, malheureusement, je n'ai pas vraiment senti que les personnages étaient vivants, concrets, réels, leur vécu et leurs drames m'ont parus si éloignés. C'est d'autant plus rageant quand le sujet me parait comme ici si important et que l'imager par une histoire, (d'autant plus une histoire fantastique) aurait pu, si mieux narré, servir de parabole très bien trouvée.
Alors est-ce que cet album a pour vocation de convaincre le plus grand nombre ou bien de réaffirmer des acquis auprès des personnes déjà concernées, proches de concernées et/ou qui ont déjà effectué un travail de réflexion pour enfin réaliser toute l'immensité du problème et ses ramifications ? Cherche-t-il à raconter une histoire et cristalliser une problématique en la faisant s'incarner, ou bien cherche-t-il à raconter une thèse ? Chacun de ses projets est intéressant, pourrait promettre un résultat de qualité, et pourtant, ici, l'album me parait avoir le cul entre deux chaises.
Encore une fois, l'album n'est pas non plus mauvais, il me laisse simplement un arrière goût de trop peu, de trop éparpillé, de pas assez clair quant à son but.
J'espère sincèrement que mon détachement face à l'histoire trop portée sur les statistiques et pas assez sur les personnages et leur vécu à mon goût n'est pas dû à un rejet arbitraire de ma part.
J’ai lu la série dans l’intégrale.
Disons que si je n’avais eu que le premier tome en main, je me serais sans doute arrêté là. En effet, le dessin ne m’attire pas plus que ça (même s’il est lisible), et je m’attendais à quelque chose de plus drôle – Fluide Glacial oblige. Au lieu de ça, à part quelques situations d’autodérision, et les séances d’Émilie chez sa vieille psy (qui finit par péter un plomb), il n’y a pas forcément d’humour.
Au milieu du récit il y a même des passages très sérieux, avec des pages documentaires sur tout un tas de situations, de pathologies, qui intéressent la psychanalyse…
Reste que peu à peu le personnage d’Émilie prend de la consistance, et qu’elle finit par être attachante – sans m’avoir non plus captivé. Mais en tout cas je suis arrivé au bout de cette intégrale sans m’ennuyer – ce que je craignais après avoir lu le premier tiers.
Note réelle 2,5/5.
Voilà un récit qui se laisse lire, et qui satisfera sans doute les amateurs de l’équipe de choc une nouvelle fois reconstituée. En effet, Brubaker au scénario, et les Phillips au dessin et à la colorisation connaissent leur boulot, et on n’est pas dépaysé ici.
Dessin et couleurs (toujours sombres) donnent un rendu lisible et agréable, fluide, même si sans trop de nuances. On est dans du comics plaisant à regarder.
Quant au scénario, Brubaker sait y faire pour ne pas laisser retomber le souffler. En effet, les rebondissements s’enchainent – de plus en plus rapidement d’ailleurs au fur et à mesure de l’avancée d’une histoire dans laquelle on peine à cerner les contours. A reconnaitre les « bons » des « méchants » aussi.
Cette surprise quasi constante, avec des airs vaguement horrifiques parfois, fait qu’on ne s’ennuie pas, et qu’on a envie de connaitre la suite.
Brubaker utilise des idées/univers forts – même si encore plus présents aux États-Unis je pense : scandales/complots satanistes ; omniprésence d’un arrière-plan religieux ; théories complotistes sur internet et les réseaux sociaux, etc.
L’intrigue se laisse lire, c’est fluide et agréable globalement donc. Mais elle est quand même un peu linéaire et légère, si l’on oublie les artifices qui dramatisent le récit.
Et plusieurs choses m’ont un peu gêné. D’abord la gamine qu’avait enlevée Nathalie Burns au départ et qui s’échappe a près lui avoir pété le nez, disparait totalement des radars (qu’est-elle devenue ?).
Ensuite toute la partie finale est quand même trop accélérée, trop brutale. Burns s’en sort trop miraculeusement dans la grotte. Et je n’ai pas compris comment elle pouvait avoir été mise au courant de ce qui s’y était passé par son frère (comme elle dit dans une « pensée », alors que celui-ci meurt dans ses bras sans avoir visiblement pu lui dire quoi que ce soit ?
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Dans un univers de conte maritime et forestier, le Capitaine Trèfle sauve un lutin captif et l'entraîne dans une quête aux côtés de magiciens et de créatures légendaires, au cœur d'un monde menacé par la violence des hommes et des pirates. Le dessin de René Hausman est l'une des forces de cet album. Les décors sont jolis, les ambiances aquarellées très travaillées, avec une vraie force évocatrice. En revanche, les visages m'ont parfois semblé un peu raides ou masqués, même si l'ensemble reste globalement maîtrisé visuellement. L'univers est riche et foisonnant, peuplé de lutins, fées, pirates et créatures marines, dans une ambiance de conte maritime qui inclut beaucoup d'éléments folkloriques. Mais je suis assez partagé à ce sujet, parce que Pierre Dubois mélange des légendes et créatures folkloriques authentiques avec des entités totalement issues de son imagination. Cela brouille mon plaisir de lecture : j'aime savoir ce qui relève de la mythologie réelle et ce qui est pure invention. Ici, je ne sais pas toujours si je peux y lire une forme d'instruction sur le folklore féérique ou si je dois simplement accepter un univers entièrement fantasmé où les références authentiques ne sont que des éléments décoratifs. J'ai également été gêné par le style narratif. Il m'évoque celui de certains contes chantés pour enfants, avec un vocabulaire volontairement alambiqué, ancien ou inventé, et des onomatopées qui donnent une impression de surcharge. Cela casse la fluidité de lecture et m'oblige à me focaliser sur le texte pour être sûr d'avoir compris ce qui est raconté, ce qui finit par m'agacer dans le déroulé de l'histoire. Je reconnais l'originalité de l'univers et la qualité du travail graphique, mais mon ressenti reste en demi-teinte à cause du style d'écriture et de cette ambiguïté permanente entre folklore réel et invention pure, qui m'empêche de m'immerger pleinement dans le récit.
Gung Ho
Je garde un assez bon souvenir de ma lecture des 5 tomes précédents. De mémoire, s'y développait une intrigue horrifique adolescente bien rythmée aux illustrations attrayantes. Cet inattendu 6e tome vient compléter (ou plutôt initier) le cycle précédent. Il s'agit de nous conter l'apparition de la plaie blanche et la chute progressive de la civilisation telle que connue. Malheureusement, l'intrigue choisit d'opter pour le récit d'action pure et fort peu de chose seront explicitée, afin de privilégier le récit d'une fuite. Par ailleurs, les illustrations et couleurs de von Kummant ne sont plus d'actualité, celui-ci ayant été remplacé de manière peu heureuse par Chaiko, dont les couleurs ternes et le moindre dynamisme du trait font regretter l'initiative. Demeure une intrigue invitant la thématique du consentement (beau sujet, traité ici de manière abrupte mais originale) et celle de la relation père-fille, ici joliment archaïque. Un 6e tome divertissant, mais oubliable, a priori unique (espérons que ne débute pas avec celui-ci un nouveau cycle), qui ne remet aucunement en question l'efficacité du cycle initialement paru. Gung Ho demeure une série horrifique ado assez recommandable.
L'Or du spectre
À sa sortie de prison, Chuck part avec sa compagne récupérer un magot qu'il avait enterré cinq ans plus tôt dans une ville fantôme du désert, mais l'argent a disparu et leur chasse au trésor tourne rapidement au règlement de comptes. J'ai eu le tort de lire L'Or du Spectre avant Le Serpent et le Coyote, et je pense que c'était une mauvaise idée. Officiellement, les deux albums racontent des histoires indépendantes, avec des personnages différents. En pratique, je ne trouve pas que cette lecture fonctionne totalement seule. Tout au long de l'album, des messages radio évoquent un grand procès contre la mafia dont je ne voyais absolument pas le rapport avec l'intrigue principale. Gênant également, la rencontre décisive vers la fin avec un personnage que le récit semble considérer comme bien connu m'a laissé complètement perplexe. Son intervention est capitale, mais je n'avais aucune idée de qui il était ni de pourquoi il agit comme il le fait. Je sentais constamment qu'il me manquait des clés de compréhension, ce qui a rendu cette lecture un peu frustrante. Après avoir lu Le Serpent et le Coyote, tout est devenu plus clair même si effectivement les intrigues sont décorrélées. Pour le reste, on retrouve la plupart des qualités du précédent album. Philippe Xavier livre une nouvelle fois un dessin de grande classe. Son encrage, ses décors et son sens du cadrage me font toujours penser au travail de Vance sur XIII, avec heureusement des personnages et surtout des visages que je trouve bien plus vivants et expressifs. C'est un vrai plaisir de parcourir ces paysages américains, même si cette fois le voyage est plus limité. Hormis quelques pages de mise en place et quelques flashbacks, l'essentiel de l'action reste concentré dans le désert d'Arizona ou du Nouveau-Mexique autour d'une ville fantôme, ce qui donne davantage un huis clos poussiéreux qu'un véritable road trip. Le scénario est efficace, mais je l'ai trouvé un cran en dessous de celui du Serpent et le Coyote. L'aspect historique a disparu au profit d'un récit davantage orienté action et aventure, avec plusieurs clins d'oeil au western, dont bien sûr le Spectre aux balles d'or de Blueberry. L'ensemble est plaisant mais aussi un peu moins crédible. Les coïncidences et les retournements s'accumulent parfois un peu trop, les personnages sont moins nuancés et le récit donne davantage l'impression de jouer avec les codes du genre que de chercher à les dépasser. Enfin, la conclusion m'a laissé sur ma faim. Elle est assez abrupte et volontairement ouverte, au point de donner l'impression qu'il manque encore un chapitre ou une véritable suite. Malgré ces réserves, L'Or du Spectre reste un bon polar à l'ambiance western moderne, porté par un très bon dessin et une narration efficace. Je conseille simplement de le lire après Le Serpent et le Coyote, sous peine de passer à côté de plusieurs éléments importants.
1991
Dès qu’un auteur de polar obtient du succès, ses œuvres sont maintenant systématiquement adaptées en BD. C’est le cas avec Franck Thilliez, le plus souvent chez l’éditeur Phileas, comme c’est le cas ici. C’est visiblement l’adaptation du premier roman où apparait le personnage fétiche de Thilliez, l’inspecteur Sharko – ici encore novice, avec une personnalité peu affirmée. Pour adapter ce roman, Luc Brunschwig, qui a lui-même produit quelques scénarios bien huilés (et quelques séries très chouettes !). On ne s’étonnera donc pas que la mécanique de l’histoire fonctionne bien, l’enquête prend le temps d’installer personnages et décors, et rebondissements et rythme s’accélèrent sur la fin. Cela dit, comme j’avais pu le remarquer dans mes précédentes lectures d’adaptations de Thilliez, l’intrigue n’est pas plus emballante que ça. Et reste souvent dans le même type de schéma, avec des meurtres de psychopathes, qui font écho à l’histoire de Sharko. On devine aussi très en amont le coupable (est-ce que les ficelles étaient si grosses dans le roman ?). Enfin, la fin est à la fois facile, abrupte et ouverte. Et les dernières cases me laissent perplexe : pas de trace de la balle qui est censée avoir fait exploser le crâne (et où est la barbichette ?) … Bref, un album qui se laisse lire, mais les polars de Thilliez ne sortent pas suffisamment des sentiers battus pour me captiver outre mesure. Note réelle 2,5/5.
Karga - Le 7ème univers
Dans la collection Phylactère du Lombard, la bande qui me faisait de l'oeil après Eternus 9 était Karga, notamment grâce à sa superbe couverture au fond violet, et j'ai finalement pu me procurer cette rareté SF. Henri Vernes nous propose ici un univers de science-fantasy suffisamment personnel pour capter l'intérêt, soutenu par une fin ambiguë que j'ai appréciée. Contrairement à ce qu'en dit le chroniqueur Agecanonix, il n'y a pas de monstres dans cet album, mais plutôt une nature profondément hostile. Par son ambiance — en nettement plus sombre —, l'œuvre se rapproche davantage de Simon du fleuve que des délires de Richard Corben. La narration comporte toutefois quelques faiblesses : Les monologues explicatifs : Karga a la fâcheuse habitude de commenter à voix haute les actions en cours. Les dialogues : ils ont pris un petit coup de vieux. Le dessin est correct, avec un point fort marqué pour la représentation des décors et des environnements. Hermann, qui appréciait le travail de Beautemps, a signé la préface de l'album. On comprend aisément ce qui a pu lui plaire : les hommes partagent tous cette même morphologie aux mâchoires anguleuses... La colorisation est datée, avec un effet très old school typique des bandes dessinées vintage : la couleur de peau des personnages change parfois brusquement pour traduire une émotion forte ou un choc. Je préfère la couleur en général mais ici, je ne suis pas sur de la valeur ajoutée par rapport à l'édition originale en noir et blanc. Sans être une pépite absolue, Karga reste une bande dessinée divertissante que j'ai parcouru sans le moindre ennui.
Zasafir la prisonnière
J'aurais aimé pouvoir recommander Zasafir comme introduction à l'univers de Buzzelli, mais l'album ne s'y prête guère. La faute à un récit un peu trop décousu, qui peine à captiver le lecteur. L'univers de science-fiction, singulier et nébuleux, s'accommode mal de l'humour ponctuel des personnages. De surcroît, n'ayant jamais lu Flash Gordon, certaines références m'ont probablement échappé. Visuellement, j'ai trouvé son trait intéressant sans être renversant. Ce mariage insolite entre l'imagerie populaire des fumetti et des postures plus torturées dignes d'un tableau de Jérôme Bosch n'a pas tout à fait fonctionné sur moi. Je me suis fait la remarque intérieure suivante à la lecture : avec son graphisme si particulier, voir Buzzelli adapter l'Enfer de Dante en bande dessinée aurait sûrement donné quelque chose de très fort.
Submersion
Le postulat de départ m'avait accroché : Dans un futur proche, des tsunamis à répétition ont bouleversé la vie sur le littoral écossais. Toutefois, ce contexte fictif reste largement inexploité. Ces vagues géantes sont à peine évoquées par les autochtones, sans même un flash-back. Et leurs conséquences sont survolées. Un peu frustrant... Le focus sera donc mis sur l'enquête des frères Calloway pour élucider les circonstances de la mort de leur benjamin Wyatt. Plutôt classique, mais l'intrigue est suffisamment bien ficelée pour maintenir l'attention, entre polar et tranche de vie. Iwan Lépingle sait raconter une histoire et j'apprécie l'ambiance mélancolique qu'il prend le temps d'installer. Je doute néanmoins de m'en souvenir très longtemps.
Saigneurs
Aujourd'hui, c'est bien connu, les humains et les vampires sont égaux. Les temps de l'oppression et de la domination vampirique sont révolus et tout se porte pour le mieux. Enfin, ça, c'est le discours officiel, car comme toujours, quand on se contente d'avancées de façade sans remise en question des problèmes systémiques, rien ne change véritablement. Ici, on comprend très vite, l'histoire est une allégorie du sexisme au sein de notre société. Le sexisme et les violences qui l'accompagnent, dans toute leur terrifiante banalité, en mettant bien en lumière le caractère bien huilé de la machine sociale programmée pour écraser toute forme de remise en question des problèmes. Effacement des victimes, omniprésence du point de vue dominant dans les représentations médiatiques, politiques et culturelles, empowerement de façade, … bref, on cherche à mettre en avant un maximum de rouages qui constituent cette machine infernale. L’œuvre est bonne, intéressante, et le dessin de Lou Lubie toujours bien travaillé (même si il m'a ici un peu moins charmé que sur ses précédentes œuvres). Et pourtant, malgré ces qualités, vous voyez bien que je n'ai pas pu aller au delà de la moyenne contrairement à d'autres aviseur-euse-s. La raison va sans doute paraître bizarre, en tout cas j'ai du mal à la formuler (j'ai surtout peur d'être mal interprétée), mais je vais essayer de vous transmettre l'idée. Je connais le sujet présenté, la cause défendue, je connais les statistiques transposées ici et je ne peux qu'apprécier la mise en avant de chacun de ces problèmes que beaucoup continuent d'ignorer simplement par conditionnement et habitude, et pourtant le tout m'a semblé… creux ? Je sais que ça ressemble fortement au début d'un discours type "rolala faut pas mettre tout le monde dans le même panier" ou "rolala mais on le sait déjà tout ça, il faut arrêter de jouer les alarmistes", mais non, j'insiste sur le fait que je suis 100% derrière le message défendu dans cet album, je ne me plaindrais jamais de voir la moindre mise en avant du caractère nauséabond de certains discours visant à maintenir le statu quo coûte que coûte. Sauf que voilà, ce n'est pas le fond que je remets en question. Je connais ce sujet, je traine déjà dans les milieux où ce genre de discours est connu et donc forcément que j'allais finir par lire cet album, mais est-ce que les gens qui en auraient besoin, celleux qui auraient le plus besoin d'être mis-es face à cet exemple "fantastique" pour enfin ouvrir les yeux face aux problèmes de notre monde bien réel, ces personnes vont-elles aller vers cet album et surtout vont elles réussir à passer outre l'aspect militant. Car c'est justement en diabolisant cette dimension militante que les défenseur-euse-s des oppressions continuent de faire fermer les yeux au plus grand nombre, et l'idée de transposer tout ça dans un monde différent mais dont les problématiques font parfaitement écho au nôtre m'avait semblé être une idée si bien trouvée, permettant de mettre en avant quasi-explicitement les problèmes sans pour autant l'annoncer par avance et surprendre les gens et ainsi toucher un public bien plus large. Mais ici rien de ça, la narration m'a semblé trop froide, mécanique, impersonnelle, et du coup je ne pense pas que les personnes qui auraient le plus besoin d'ouvrir les yeux et de changer leurs comportements et leur façon de voir le monde soient réceptives à l’œuvre. En fait, le voilà mon problème avec ce genre de créations qui cherchent à mettre en avant un propos via une histoire mais qui finissent par en fait saboter l'histoire pour la mise en avant du discours : y avait-il besoin d'en faire une fiction ? Si le but recherché est de développer des idées en profondeur, d'étayer un propos, rien de tel qu'un discours ou un manuscrit pur et dur, pas besoin d'enrober le tout dans une fiction (ou alors simplement pour faire des exemples). Mais si l'on décide de créer une histoire autour d'une problématique, parce que la mise en avant de cette dernière nous tient à cœur et que l'on souhaite la faire incarner, l'humaniser pour faire constater tout ce qui l'entoure, l'idée n'est pas mauvaise pour autant. C'est même au contraire un outil puissant, permettant de cristalliser un discours et des problématiques dans la culture populaire, dans l'inconscient collectif même. Une histoire prenante abordant des sujets durs qui nous tiennent à cœur c'est un terreau fertile et un outil puissant, mais pour cela il ne faut pas oublier l'importance de ladite histoire et de sa qualité pour faire porter le fond. Ici, malheureusement, je n'ai pas vraiment senti que les personnages étaient vivants, concrets, réels, leur vécu et leurs drames m'ont parus si éloignés. C'est d'autant plus rageant quand le sujet me parait comme ici si important et que l'imager par une histoire, (d'autant plus une histoire fantastique) aurait pu, si mieux narré, servir de parabole très bien trouvée. Alors est-ce que cet album a pour vocation de convaincre le plus grand nombre ou bien de réaffirmer des acquis auprès des personnes déjà concernées, proches de concernées et/ou qui ont déjà effectué un travail de réflexion pour enfin réaliser toute l'immensité du problème et ses ramifications ? Cherche-t-il à raconter une histoire et cristalliser une problématique en la faisant s'incarner, ou bien cherche-t-il à raconter une thèse ? Chacun de ses projets est intéressant, pourrait promettre un résultat de qualité, et pourtant, ici, l'album me parait avoir le cul entre deux chaises. Encore une fois, l'album n'est pas non plus mauvais, il me laisse simplement un arrière goût de trop peu, de trop éparpillé, de pas assez clair quant à son but. J'espère sincèrement que mon détachement face à l'histoire trop portée sur les statistiques et pas assez sur les personnages et leur vécu à mon goût n'est pas dû à un rejet arbitraire de ma part.
Emilie voit quelqu'un
J’ai lu la série dans l’intégrale. Disons que si je n’avais eu que le premier tome en main, je me serais sans doute arrêté là. En effet, le dessin ne m’attire pas plus que ça (même s’il est lisible), et je m’attendais à quelque chose de plus drôle – Fluide Glacial oblige. Au lieu de ça, à part quelques situations d’autodérision, et les séances d’Émilie chez sa vieille psy (qui finit par péter un plomb), il n’y a pas forcément d’humour. Au milieu du récit il y a même des passages très sérieux, avec des pages documentaires sur tout un tas de situations, de pathologies, qui intéressent la psychanalyse… Reste que peu à peu le personnage d’Émilie prend de la consistance, et qu’elle finit par être attachante – sans m’avoir non plus captivé. Mais en tout cas je suis arrivé au bout de cette intégrale sans m’ennuyer – ce que je craignais après avoir lu le premier tiers. Note réelle 2,5/5.
La Maison des impies
Voilà un récit qui se laisse lire, et qui satisfera sans doute les amateurs de l’équipe de choc une nouvelle fois reconstituée. En effet, Brubaker au scénario, et les Phillips au dessin et à la colorisation connaissent leur boulot, et on n’est pas dépaysé ici. Dessin et couleurs (toujours sombres) donnent un rendu lisible et agréable, fluide, même si sans trop de nuances. On est dans du comics plaisant à regarder. Quant au scénario, Brubaker sait y faire pour ne pas laisser retomber le souffler. En effet, les rebondissements s’enchainent – de plus en plus rapidement d’ailleurs au fur et à mesure de l’avancée d’une histoire dans laquelle on peine à cerner les contours. A reconnaitre les « bons » des « méchants » aussi. Cette surprise quasi constante, avec des airs vaguement horrifiques parfois, fait qu’on ne s’ennuie pas, et qu’on a envie de connaitre la suite. Brubaker utilise des idées/univers forts – même si encore plus présents aux États-Unis je pense : scandales/complots satanistes ; omniprésence d’un arrière-plan religieux ; théories complotistes sur internet et les réseaux sociaux, etc. L’intrigue se laisse lire, c’est fluide et agréable globalement donc. Mais elle est quand même un peu linéaire et légère, si l’on oublie les artifices qui dramatisent le récit. Et plusieurs choses m’ont un peu gêné. D’abord la gamine qu’avait enlevée Nathalie Burns au départ et qui s’échappe a près lui avoir pété le nez, disparait totalement des radars (qu’est-elle devenue ?). Ensuite toute la partie finale est quand même trop accélérée, trop brutale. Burns s’en sort trop miraculeusement dans la grotte. Et je n’ai pas compris comment elle pouvait avoir été mise au courant de ce qui s’y était passé par son frère (comme elle dit dans une « pensée », alors que celui-ci meurt dans ses bras sans avoir visiblement pu lui dire quoi que ce soit ?