2.5
Je vois que j'avais déjà lu un album de cet auteur, La Dernière Rose de l'été et en relisant mon avis sur ce one-shot dont j'avais un peu oublié l'existence, je vois que j'ai à peu près le même avis pour L'Aimant.
Le dessin est pas trop mal, surtout en ce qui concerne l’architecture. Le scénario est correct avec du positif et du négatif. En gros, il y a des scènes chocs très bonnes et le côté polar fantastique du scénario est bien fait même si au final c'est très linéaire. Le problème est qu'entre les scènes qui m'ont passionné, il y avait des dizaines et des dizaines de pages remplies de scènes qui m'ont semblé poussives. Je n'arrive pas à m'attacher au personnage principal qui m'a semblé fade et sans charisme.
Encore une fois c'est un album dont mon intérêt variait selon les scènes et je ne pense pas relire l'album un jour.
2.5
Un autre album paru chez un éditeur indépendant dont le principal intérêt m'a semblé être le dessin.
En effet, j'ai bien aimé le dessin...pour les décors et aussi pour l'ambiance qui se dégage des scènes se passant à l'aéroport parce le scénario en lui-même ne m'a pas trop passionné. Il faut dire que dès le départ je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les personnages. Du coup, il y a toujours eu une distance entre eux et moi. Il y a un peu d'originalité dont la manière est raconté ce que vivent les deux personnages principaux féminins, mais tout le long de l'album j'étais un peu indifférent à ce qu'elles vivaient.
Ça se laisse lire (il faut dire aussi qu'il y a plusieurs pages sans ou avec peu de textes) et c'est pas vraiment mauvais. C'est juste pas très mémorable et passionnant à lire de mon point de vue.
Tamara de Lempicka est une peintre polonaise qui a eu du succès dans les années folles avant de tomber dans l'anonymat. Elle retrouvera le succès lors d'une exposition en 1972 à Paris en ressortant ses vieux tableaux poussiéreux, avant de s'éteindre en 1980 au Mexique.
Une artiste qui m'était inconnu et qui fût une icône de l'art déco, en particulier pour ses nombreux portraits. Par curiosité j'ai été voir sur le net ses toiles, et j'ai découvert une portraitiste de talent mêlant le néo-réalisme et le néo-cubisme. Elle emploie des couleurs vives, surtout le vert et le bleu. Je vous invite à la découvrir.
Une biographie à la première personne du singulier, Tamara nous narre sa passion pour la peinture, ses nombreuses amours (en particulier pour la gente féminine) et ses excès (jusqu'à 3 paquets de cigarettes par jour). Tousse tousse. Une lecture instructive, mais la faible pagination (seulement 40 planches de bd) ne permet pas d'appréhender pleinement la vie mouvementée de l'artiste et d'approfondir sa personnalité singulière. On ne fait qu'effleurer cette femme qui a fait passer sa vie professionnelle avant sa vie familiale. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne ce roman graphique, surtout lorsqu'elle évoque sa fille. Une femme qui a brûlé la chandelle par les deux bouts et qui se moquait du qu'en-dira-t-on.
Vanna Vinci ce n'est pas du Léonard de Vinci (je n'ai pas pu m'empêcher), elle essaye de donner un léger côté art déco à certaines de ses planches, surtout les cases représentant Tamara en tant qu'artiste. Un dessin désuet qui n'est pas ma tasse de thé, mais il fait le job. Par contre, pas fan des couleurs ternes.
Un 3 étoiles pour cette sacrée bonne femme.
Pour les curieux, une autre BD sur Tamara : Tamara de Lempicka.
Ça faisait un petit moment que je m’étais éloigné de ce duo d’auteurs dont j’apprécie pourtant le travail, et j’étais curieux de commencer cette série qui promettait de parler (un peu) de musique tout en évoquant une époque que j’ai moi aussi bien connue. J’avais 16 ans en 1990.
Je ne dirai pas grand-chose sur le dessin qui est très bon. Les regards notamment sont très réussis. Quant aux dialogues, ils restent de bonne tenue, comme à chaque fois avec AnneCa Pandolfo. C’est très agréable à lire, fluide. Les personnages sont bien étudiés, et pour le cas présent, on sent même qu’il y a des petits morceaux autobiographiques dans la salade.
J’ai pourtant quelques réticences qui font naitre des frustrations.
Tout d’abord, j’apporterais un petit bémol au sujet du petit monde punk et gentiment marginal présenté ici. Le punk, c’est un mouvement né dans le milieu des années 70. Or la BD pourrait laisser penser qu’à la naissance des 90ies, on était en plein dedans. Que nenni ! A ce moment-là, si on croisait encore quelques sosies plus ou moins convaincants de Robert Smith (qui n’est bien entendu pas punk), les punks se faisaient bien plus rares. Le slogan No Future, s’il reste on-ne-peut-plus valable de nos jours, appartenait déjà à une époque révolue. Les 90ies, c’est la house (née dans les 80ies), les pills du mouvement Madchester, le trip-hop, le grunge, l’électro… Le punk avait troqué sa crète contre une chemise de bucheron, un jean toujours troué mais large, et essayait de renouer avec la nature. Sur les platines, Nevermind de Nirvana avait remplacé Never Mind The Bollocks des Pistols. Mais bon, c'est aussi pour faire mon malin que je raconte tout ça. On continuait néanmoins à "s'en foutre". Honnêtement, c'est assez bien vu, faut quand même reconnaitre. On trouvera même un fan de métal qui trimballe avec lui toutes les idées reçues qui auréolaient le fan de métal.
Mais surtout, j’ai trouvé cette histoire bien molle. Si Pandolfo et Risbjerg présentent un tableau très vivant (et vécu c’est certain) de cette époque, l’histoire manque de souffle et d’intérêt. Il ne se passe pas grand chose au long des 143 pages de ce volume. Le lecteur se contentera en effet de vivre au plus près d’une bande d’ado hétéroclite en mal d’avenir et rejetant la société traditionnelle de leurs parents construite autour du travail. Ok, certes, la belle affaire ! Rien de nouveau sous le soleil de ce côté : depuis les 50ies, la figure éminemment capitaliste de l'ado s'acharne à s'opposer à ses parents, mais so what ?
Réponse dans le tome 2 que je lirai mais qui devra impérativement ouvrir sur quelque chose de plus consistant. Pas question pour moi de continuer à glander sur les marches d’un bunker désaffecté en attendant la fin du monde avec cette galerie d’ados, aussi attachants soient-ils.
Une autre historie d'une épidémie de zombies.
L'éditeur présente cette série comme un renouveau du genre, mais la plupart du temps on est dans un récit ordinaire d'un groupe d'humains prient dans un endroit clos (ici un Love Hotel) et essayer de survivre à l'apocalypse (ici une épidémie de zombies). Et bien sur il y a des méchants qui en profite pour voler, tuer et violer tout ce qui bouge. La seule originalité est que parmi les personnages qu'on va suivre, il y en a un qui a tué plusieurs étudiantes lorsqu'il était ado et son passé va finir par le rattraper aux files des tomes.
Malgré le coté classique du scénario, ça se laisse lire sans problème. Il y a assez de personnages attachants ou du moins intriguant pour donner envie de continuer la série jusqu'à la fin et voir s'ils vont s'en sortir. La narration est fluide, les différentes intrigues sont prenantes et le dessin efficace. Voilà c'est pas la série du siècle, mais c'est un bon divertissement si on en a pas totalement marre des histoires avec des zombies.
Une histoire qui se passe à Versailles comme le titre l'indique, on suit la vie d'une jeune fille domestique qui se fait embaucher pour être au service de la Montespan. Il se trouve qu'elle est un peu éduquée et lettrée grâce à son père, ce qui est rare pour l'époque, et a un certain talent pour les odeurs, les meilleurs comme les moins bonnes, c'est un nez. Il faut ramener cela à ce que c'est, une histoire Okapi pour les jeunes, et c'est plutôt agréable à lire, même si le dessin est quelque peu approximatif au début mais on s'y fait et les couleurs sont biens.
J'ai lu Une vie de famille agréable du même auteur l'année dernière mais quelques semaines après j'étais bien incapable d'en écrire un avis. Ici c'est un peu pareil car cela n'a pas vraiment de fil conducteur, il s'agit de plusieurs histoires ayant pour point commun un certain sens de l'absurde d'Antoine Marchalot. C'est un gros album à l'italienne avec un papier assez fin et seule la page de droite est utilisée. La première histoire me revient sur un homme qui postule pour un emploi en forêt sur les traces d'un oiseau. Dit comme cela, rien de drôle mais ce sont les textes qui donnent tout le sel, bien plus que le dessin sur lequel on ne s'attarde pas. Les quelques images de la galerie donnent un bon exemple de ce qu'on va trouver sur 500 pages.
C’est un bon album, strictement... porno ! Les dessins d’Éon sont à la fois bons, réalistes et artistiques. La fille me rappelle une lolita mieux que l’originale. Son éveil au désir en observant Ève et son amant comme une voyeuse me renvoie à des théories telles que celle du désir mimétique. Mais je dois faire taire l’intellectuel en moi, et contempler les dessins ! Ils sont très bons et excitants, avec une certaine fixation sur le sexe anal.
Cependant, certaines choses me dérangent. L’homme se promène, prend la fille, dans une Ferrari 250 GTO de 1962 ? La voiture la plus précieuse du monde ? Pourquoi pas à Bugatti Royale, puisqu’on y est ?
Deuxième adaptation de roman policier que je lis dans la collection Aire libre et deuxième petite frustration arrivé à la fin... Ce n'était pas trop gênant dans l'excellent Dortmunder, car la fin en queue de poisson était autorisée par le ton constamment ironique, voire humoristique, de l'album. Ici, ça m'a davantage dérangé, car on est dans un récit tout ce qu'il y a de plus sérieux, donc on a plutôt le syndrôme du "Tout ça pour ça ?".
Après, j'ai clairement aimé la lecture de cet album. Le dessin de Kieran est hyper efficace et sert très bien le genre. Le scénario est globalement bien construit, même si tout se résume un peu à une succession de rencontres qui indique où se trouve telle personne qui saura peut-être dire où est George, mais ça fonctionne assez bien. Les dialogues sont efficaces, pas un pet de trop, et j'aime toujours cette rugosité de sentiments qu'on n'ose pas expliciter dans les pastiches de films noirs de ce type.
Bref, tout ça est hyper fonctionnel et agréable à lire, mais pour moi, la fin (ou l'absence de fin) nuit trop au récit. On attend quand même une montée en puissance pour clore le récit, alors en arriver là, c'est quand même dommage. Mais bon, c'est une bande dessinée plaisante qui fera bien dans ma bédéthèque quand même !
Sélénie est une BD rétrofuturiste qui reprend un imaginaire de la science-fiction du début du XXe siècle où l’on suit les aventures d’une colonie établie sur la Lune.
Fabrice Lebeault et Greg Lofé souhaitent rendre hommage à un imaginaire ancien : les noms de deux personnages font clairement référence à Jules Verne et à Georges Méliès, on retrouve également Charlie Chaplin cette fois-ci dans le rôle du méchant conspirateur.
Ces détails sont agréables à relever à la lecture, mais je reste dubitatif sur ce que cet hommage apporte réellement à la BD.
L’histoire reste assez classique, voire stéréotypée par moments, et les personnages manquent selon moi de profondeur pour que l’on puisse développer de l’attachement à leur égard – conséquence d’un format d’album de 50 pages qui ne permet pas un réel développement de l’intrigue ou des personnages.
Sans le divulgâcher, le twist final éclaire d’une certaine manière une grande partie des faiblesses scénaristiques que je viens d’évoquer. Une fois révélé, je veux bien admettre ce twist donne un nouveau sens au caractère stéréotypé du récit. Malheureusement, il n'intervient que trop tardivement selon moi.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
L'Aimant
2.5 Je vois que j'avais déjà lu un album de cet auteur, La Dernière Rose de l'été et en relisant mon avis sur ce one-shot dont j'avais un peu oublié l'existence, je vois que j'ai à peu près le même avis pour L'Aimant. Le dessin est pas trop mal, surtout en ce qui concerne l’architecture. Le scénario est correct avec du positif et du négatif. En gros, il y a des scènes chocs très bonnes et le côté polar fantastique du scénario est bien fait même si au final c'est très linéaire. Le problème est qu'entre les scènes qui m'ont passionné, il y avait des dizaines et des dizaines de pages remplies de scènes qui m'ont semblé poussives. Je n'arrive pas à m'attacher au personnage principal qui m'a semblé fade et sans charisme. Encore une fois c'est un album dont mon intérêt variait selon les scènes et je ne pense pas relire l'album un jour.
Des fourmis dans les jambes (André Derainne)
2.5 Un autre album paru chez un éditeur indépendant dont le principal intérêt m'a semblé être le dessin. En effet, j'ai bien aimé le dessin...pour les décors et aussi pour l'ambiance qui se dégage des scènes se passant à l'aéroport parce le scénario en lui-même ne m'a pas trop passionné. Il faut dire que dès le départ je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les personnages. Du coup, il y a toujours eu une distance entre eux et moi. Il y a un peu d'originalité dont la manière est raconté ce que vivent les deux personnages principaux féminins, mais tout le long de l'album j'étais un peu indifférent à ce qu'elles vivaient. Ça se laisse lire (il faut dire aussi qu'il y a plusieurs pages sans ou avec peu de textes) et c'est pas vraiment mauvais. C'est juste pas très mémorable et passionnant à lire de mon point de vue.
Tamara de Lempicka - Icône de l'art déco
Tamara de Lempicka est une peintre polonaise qui a eu du succès dans les années folles avant de tomber dans l'anonymat. Elle retrouvera le succès lors d'une exposition en 1972 à Paris en ressortant ses vieux tableaux poussiéreux, avant de s'éteindre en 1980 au Mexique. Une artiste qui m'était inconnu et qui fût une icône de l'art déco, en particulier pour ses nombreux portraits. Par curiosité j'ai été voir sur le net ses toiles, et j'ai découvert une portraitiste de talent mêlant le néo-réalisme et le néo-cubisme. Elle emploie des couleurs vives, surtout le vert et le bleu. Je vous invite à la découvrir. Une biographie à la première personne du singulier, Tamara nous narre sa passion pour la peinture, ses nombreuses amours (en particulier pour la gente féminine) et ses excès (jusqu'à 3 paquets de cigarettes par jour). Tousse tousse. Une lecture instructive, mais la faible pagination (seulement 40 planches de bd) ne permet pas d'appréhender pleinement la vie mouvementée de l'artiste et d'approfondir sa personnalité singulière. On ne fait qu'effleurer cette femme qui a fait passer sa vie professionnelle avant sa vie familiale. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne ce roman graphique, surtout lorsqu'elle évoque sa fille. Une femme qui a brûlé la chandelle par les deux bouts et qui se moquait du qu'en-dira-t-on. Vanna Vinci ce n'est pas du Léonard de Vinci (je n'ai pas pu m'empêcher), elle essaye de donner un léger côté art déco à certaines de ses planches, surtout les cases représentant Tamara en tant qu'artiste. Un dessin désuet qui n'est pas ma tasse de thé, mais il fait le job. Par contre, pas fan des couleurs ternes. Un 3 étoiles pour cette sacrée bonne femme. Pour les curieux, une autre BD sur Tamara : Tamara de Lempicka.
On était des anges
Ça faisait un petit moment que je m’étais éloigné de ce duo d’auteurs dont j’apprécie pourtant le travail, et j’étais curieux de commencer cette série qui promettait de parler (un peu) de musique tout en évoquant une époque que j’ai moi aussi bien connue. J’avais 16 ans en 1990. Je ne dirai pas grand-chose sur le dessin qui est très bon. Les regards notamment sont très réussis. Quant aux dialogues, ils restent de bonne tenue, comme à chaque fois avec AnneCa Pandolfo. C’est très agréable à lire, fluide. Les personnages sont bien étudiés, et pour le cas présent, on sent même qu’il y a des petits morceaux autobiographiques dans la salade. J’ai pourtant quelques réticences qui font naitre des frustrations. Tout d’abord, j’apporterais un petit bémol au sujet du petit monde punk et gentiment marginal présenté ici. Le punk, c’est un mouvement né dans le milieu des années 70. Or la BD pourrait laisser penser qu’à la naissance des 90ies, on était en plein dedans. Que nenni ! A ce moment-là, si on croisait encore quelques sosies plus ou moins convaincants de Robert Smith (qui n’est bien entendu pas punk), les punks se faisaient bien plus rares. Le slogan No Future, s’il reste on-ne-peut-plus valable de nos jours, appartenait déjà à une époque révolue. Les 90ies, c’est la house (née dans les 80ies), les pills du mouvement Madchester, le trip-hop, le grunge, l’électro… Le punk avait troqué sa crète contre une chemise de bucheron, un jean toujours troué mais large, et essayait de renouer avec la nature. Sur les platines, Nevermind de Nirvana avait remplacé Never Mind The Bollocks des Pistols. Mais bon, c'est aussi pour faire mon malin que je raconte tout ça. On continuait néanmoins à "s'en foutre". Honnêtement, c'est assez bien vu, faut quand même reconnaitre. On trouvera même un fan de métal qui trimballe avec lui toutes les idées reçues qui auréolaient le fan de métal. Mais surtout, j’ai trouvé cette histoire bien molle. Si Pandolfo et Risbjerg présentent un tableau très vivant (et vécu c’est certain) de cette époque, l’histoire manque de souffle et d’intérêt. Il ne se passe pas grand chose au long des 143 pages de ce volume. Le lecteur se contentera en effet de vivre au plus près d’une bande d’ado hétéroclite en mal d’avenir et rejetant la société traditionnelle de leurs parents construite autour du travail. Ok, certes, la belle affaire ! Rien de nouveau sous le soleil de ce côté : depuis les 50ies, la figure éminemment capitaliste de l'ado s'acharne à s'opposer à ses parents, mais so what ? Réponse dans le tome 2 que je lirai mais qui devra impérativement ouvrir sur quelque chose de plus consistant. Pas question pour moi de continuer à glander sur les marches d’un bunker désaffecté en attendant la fin du monde avec cette galerie d’ados, aussi attachants soient-ils.
Immortalité & Châtiment
Une autre historie d'une épidémie de zombies. L'éditeur présente cette série comme un renouveau du genre, mais la plupart du temps on est dans un récit ordinaire d'un groupe d'humains prient dans un endroit clos (ici un Love Hotel) et essayer de survivre à l'apocalypse (ici une épidémie de zombies). Et bien sur il y a des méchants qui en profite pour voler, tuer et violer tout ce qui bouge. La seule originalité est que parmi les personnages qu'on va suivre, il y en a un qui a tué plusieurs étudiantes lorsqu'il était ado et son passé va finir par le rattraper aux files des tomes. Malgré le coté classique du scénario, ça se laisse lire sans problème. Il y a assez de personnages attachants ou du moins intriguant pour donner envie de continuer la série jusqu'à la fin et voir s'ils vont s'en sortir. La narration est fluide, les différentes intrigues sont prenantes et le dessin efficace. Voilà c'est pas la série du siècle, mais c'est un bon divertissement si on en a pas totalement marre des histoires avec des zombies.
Les Orangers de Versailles
Une histoire qui se passe à Versailles comme le titre l'indique, on suit la vie d'une jeune fille domestique qui se fait embaucher pour être au service de la Montespan. Il se trouve qu'elle est un peu éduquée et lettrée grâce à son père, ce qui est rare pour l'époque, et a un certain talent pour les odeurs, les meilleurs comme les moins bonnes, c'est un nez. Il faut ramener cela à ce que c'est, une histoire Okapi pour les jeunes, et c'est plutôt agréable à lire, même si le dessin est quelque peu approximatif au début mais on s'y fait et les couleurs sont biens.
Histoires croûtes
J'ai lu Une vie de famille agréable du même auteur l'année dernière mais quelques semaines après j'étais bien incapable d'en écrire un avis. Ici c'est un peu pareil car cela n'a pas vraiment de fil conducteur, il s'agit de plusieurs histoires ayant pour point commun un certain sens de l'absurde d'Antoine Marchalot. C'est un gros album à l'italienne avec un papier assez fin et seule la page de droite est utilisée. La première histoire me revient sur un homme qui postule pour un emploi en forêt sur les traces d'un oiseau. Dit comme cela, rien de drôle mais ce sont les textes qui donnent tout le sel, bien plus que le dessin sur lequel on ne s'attarde pas. Les quelques images de la galerie donnent un bon exemple de ce qu'on va trouver sur 500 pages.
Jezebel
C’est un bon album, strictement... porno ! Les dessins d’Éon sont à la fois bons, réalistes et artistiques. La fille me rappelle une lolita mieux que l’originale. Son éveil au désir en observant Ève et son amant comme une voyeuse me renvoie à des théories telles que celle du désir mimétique. Mais je dois faire taire l’intellectuel en moi, et contempler les dessins ! Ils sont très bons et excitants, avec une certaine fixation sur le sexe anal. Cependant, certaines choses me dérangent. L’homme se promène, prend la fille, dans une Ferrari 250 GTO de 1962 ? La voiture la plus précieuse du monde ? Pourquoi pas à Bugatti Royale, puisqu’on y est ?
Parker 1969
Deuxième adaptation de roman policier que je lis dans la collection Aire libre et deuxième petite frustration arrivé à la fin... Ce n'était pas trop gênant dans l'excellent Dortmunder, car la fin en queue de poisson était autorisée par le ton constamment ironique, voire humoristique, de l'album. Ici, ça m'a davantage dérangé, car on est dans un récit tout ce qu'il y a de plus sérieux, donc on a plutôt le syndrôme du "Tout ça pour ça ?". Après, j'ai clairement aimé la lecture de cet album. Le dessin de Kieran est hyper efficace et sert très bien le genre. Le scénario est globalement bien construit, même si tout se résume un peu à une succession de rencontres qui indique où se trouve telle personne qui saura peut-être dire où est George, mais ça fonctionne assez bien. Les dialogues sont efficaces, pas un pet de trop, et j'aime toujours cette rugosité de sentiments qu'on n'ose pas expliciter dans les pastiches de films noirs de ce type. Bref, tout ça est hyper fonctionnel et agréable à lire, mais pour moi, la fin (ou l'absence de fin) nuit trop au récit. On attend quand même une montée en puissance pour clore le récit, alors en arriver là, c'est quand même dommage. Mais bon, c'est une bande dessinée plaisante qui fera bien dans ma bédéthèque quand même !
Sélénie
Sélénie est une BD rétrofuturiste qui reprend un imaginaire de la science-fiction du début du XXe siècle où l’on suit les aventures d’une colonie établie sur la Lune. Fabrice Lebeault et Greg Lofé souhaitent rendre hommage à un imaginaire ancien : les noms de deux personnages font clairement référence à Jules Verne et à Georges Méliès, on retrouve également Charlie Chaplin cette fois-ci dans le rôle du méchant conspirateur. Ces détails sont agréables à relever à la lecture, mais je reste dubitatif sur ce que cet hommage apporte réellement à la BD. L’histoire reste assez classique, voire stéréotypée par moments, et les personnages manquent selon moi de profondeur pour que l’on puisse développer de l’attachement à leur égard – conséquence d’un format d’album de 50 pages qui ne permet pas un réel développement de l’intrigue ou des personnages. Sans le divulgâcher, le twist final éclaire d’une certaine manière une grande partie des faiblesses scénaristiques que je viens d’évoquer. Une fois révélé, je veux bien admettre ce twist donne un nouveau sens au caractère stéréotypé du récit. Malheureusement, il n'intervient que trop tardivement selon moi.