80 millions d'êtres humains choisissent d'être cryogénisés afin de traverser les siècles et tenter de trouver, dans le futur, une époque où l'humanité aura enfin résolu les crises qui ravagent la Terre. Elle aura droit à quatre tentatives de réveil, où à chaque fois une petite équipe menée par un ambassadeur aura la charge d'évaluer le monde découvert avant de décider s'il faut poursuivre le voyage.
Ce n'est que mon deuxième album de la collection Les Futurs de Liu Cixin, et j'ai été plutôt satisfait de découvrir que l'adaptation était confiée cette fois à Sylvain Runberg et Serge Pellé. Ayant beaucoup apprécié Orbital, j'y ai retrouvé une partie de son esprit narratif ainsi que le trait très reconnaissable de Pellé. Son dessin reste un vrai plaisir, notamment lorsqu'il met en scène les véhicules et certains décors futuristes (je pense en particulier aux séquences dans et autour de l'Abstrakt). En revanche, plusieurs environnements paraissent un peu trop vides et désertiques, et je suis aussi surpris par le strabisme divergent qu'il donne à certains personnages.
L'intrigue relève de la pure science-fiction spéculative. Liu Cixin s'amuse à imaginer comment notre civilisation pourrait évoluer dans cent, mille ou dix mille ans, en explorant plusieurs futurs possibles. Certaines idées sont relativement modernes, comme le simulateur de victoire militaire ou le monde virtuel, mais rien de foncièrement novateur pour qui a lu pas mal de SF : l'ensemble m'a semblé très classique, presque un peu rétro. Ce genre de projection dans les futurs de l'humanité est un thème largement exploré et l'album ne renouvelle pas vraiment l'exercice. Le déroulement est linéaire, les différentes époques auraient mérité d'être davantage développées, et la conclusion est sans surprise.
Ce n'est pas un album qui renouvelle le genre, mais il offre un moment de SF agréable et un peu à l'ancienne, porté par un duo d'auteurs que j'apprécie.
L’album se laisse lire, plutôt rapidement et agréablement, mais il m’a quand même laissé un peu sur ma faim.
Le point de départ est relativement original. Car, si le personnage principal est un tueur à gages, ce qui n’est pas si rare, la particularité est qu’il s’agit dune femme, qui plus est septuagénaire.
Ça surprend donc pas mal au départ, et amène petit à petit, en plus du côté polar, quelques aspects humoristiques (un humour plus ou moins noir). Car notre vieille dame perd très vite patience, et commence surtout à perdre la mémoire et la boule, dézinguant parfois au-delà de ce qui lui a été commandé – ce côté expéditif s’accélérant au fur et à mesure que le récit se développe.
J’ai parlé d’une lecture agréable et rapide. Mais j’ai aussi évoqué quelques déceptions. D’abord ce récit manque de densité. Certes, Lemaitre (qui adapte ici son roman) essaye d’en apporter, avec quelques flash-backs sur le passé de notre tueuse, qui visiblement avait déjà se caractère bien trempé et cette absence de scrupule durant son passage dans la Résistance. Mais ça ne suffit pas à mon goût, car c’est globalement un chouia trop léger. Par ailleurs certains détails font un peu remplissage inutile (le gamin d’une des victimes, visiblement surdoué, sur lequel on semble insister, pour que ce personnage ne soit par la suite pas du tout utilisé ?).
Ensuite il faut quand même accepter certaines facilités scénaristiques. En effet, notre mamie flingueuse s’en sort franchement très – trop – facilement face aux tueurs envoyés par ses commanditaires (qui commencent à penser qu’elle devient gâteuse et hors de contrôle et qu’il faudrait l’éliminer) : le dernier quart du récit manque de crédibilité.
Un récit qui se laisse lire, à emprunter à l’occasion, mais qui aurait mérité d’être davantage développé.
J’avais entendu parler de la série dès sa sortie. A l’époque je ne connaissais pas trop l’œuvre de Tripp (quelques albums épars), mais j’avais été conquis par plusieurs séries de Loisel. Mais je ne m’étais pas précipité sur ce « Magasin général », le pitch de départ (la vie quotidienne d’un village de la cambrousse québécoise du milieu des années 1920) ne m’emballant a priori pas énormément.
Mais finalement j’ai franchi le pas et j'ai lu cette série, qui m’a laissé un sentiment mitigé, mais globalement positif.
La série retrace un peu moins de deux années d’une communauté villageoise paumée au fin fond du Québec, avec comme personnage principale Marie, jeune veuve (d’ailleurs les morts rythme le récit, et son défunt mari sert de narrateur/commentateur régulier), qui tient l’unique commerce, le « magasin général ». L’arrivée d’un « homme de la ville (la France et Montréal), Serge, va lui redonner vie (elle en tombe amoureuse mais cet amour ne pourra pas être partagé…) va déclencher ce qui probablement est le cœur du récit, à savoir l’émancipation de Marie, qui va penser à elle, écourter son « deuil ». Une évolution contagieuse (dans le dernier tome tout le monde est converti aux nouveautés « de Montréal »).
Autour de Marie et de son « détonateur » de Serge, quelques personnages secondaires plus ou moins intéressants (même si pas tous originaux). Mention spéciale au curé, sans doute moins obtus que la plupart de ses congénères de l’époque, et dont la vocation chancèle (comme certaines de ses certitudes).
Gaëtan, autiste, simple d’esprit et sans filtre, insuffle pas mal de folie et de fraicheur, et c’est la source de la plupart des passages humoristiques (avec le jeune amant éphémère de Marie qui se prend baffe sur baffe, ou les trois vieilles rombières, bigotes de plus en plus dépassées par les événements). Le personnage de Gaëtan est sans doute la meilleure idée du scénario, et il occupe d’ailleurs une place de plus en plus importante (même si ça n’est parfois qu’en arrière-plan, avec quelques déclarations savoureuses, ou son onomatopée favorite et rigolote, « Howowo ! »).
Pour un lecteur français comme moi, le langage « local », l’utilisation d’expressions typiquement québécoises (les dialogues ont été supervisés et adaptés par Jimmy Beaulieu) sont un réel plus. C’est souvent dépaysant et amusant (je me faisais la même réflexion lorsque je lisais les « Paul » de Rabagliati).
Il faut quand même accepter quelques menues facilités. Serge semble avoir un compte en banque bien fourni pour ouvrir son restaurant gratuitement (avec de très bons et coûteux produits) à tout le village – et d’ailleurs il n’a semble-t-il aucune rémunération durant tout le récit. Idem pour Marie, dont on se demande où elle a trouvé les sous pour sa longue escapade à Montréal ?
Trois tomes étaient prévus au départ, puis six, pour finalement aller jusqu’à neuf. Disons que cette évolution plus ou moins improvisée se sent un peu. Ça tourne parfois en rond, il y a pas mal de longueurs (à partir des 4/5èmes albums), et ça a amené les auteurs à ne pas se contenter d’une chronique provinciale décalée, mais à insuffler quelques moments de folies. La plupart liés à Serge ou à l’émancipation contagieuse de Marie suite à son escapade montréalaise (voir l’album « Charleston en particulier – même si certains passages sonnent un peu artificiels), passages plus dynamiques qui ponctuent le déroulement étal des jours dans ce coin paumé de la campagne québécoise.
Je pense que la série aurait gagnée à être resserrée sur moins d’albums (surtout que la plupart du temps la pagination est très conséquente).
Le dernier album apporte une conclusion, en jouant encore sur un côté bon enfant, positif – même les trois vieilles biques se sont adoucies.
Aux longueurs pointant de plus en plus le bout de leur nez depuis quelques tomes s’ajoute un peu trop de sirupeux à mon goût, c’est un peu trop feel good et happy-end.
Mais bon, ça reste une série plutôt agréable à lire, écrite et dessinée à quatre mains (le style des deux auteurs s’est parfaitement fondu dans ce duo). Narration et dessin sont fluides et plutôt plaisants, malgré mes remarques précédentes.
J'avais pas mal d'attentes par rapport à cette œuvre de Quino. Les arts vus par Quino ! Cependant, ce fut une petite déception. Musique, littérature, peinture, sculpture et enfin l'art de l'humoriste. Il y a quelques perles qui me font sourire un peu plus largement, mais pas rire franchement. Les dessins sont toujours bons, certains vraiment très bons.
Mais ce n'est que mon avis et, comme toujours, il ne faut pas le prendre trop au sérieux.
Je comprends la comparaison faite par Hervé. Mais Giovanna Casotto a un style plus défini, presque clinique ou photoréaliste, aussi plus froid, je crois.
J’ai découvert El Bute d’abord dans les magazines Kiss Comix et Wet Comix, entre autres. Le dessin est attrayant, surtout avec les nuances de gris qui donnent du volume aux corps.
Les histoires, purement porno, s’inscrivent dans ce que j’appellerais l’« école espagnole » de ce genre. Elles ont un certain humour, mais le recours assez fréquent à la prostitution comme motif narratif me gêne un peu.
En fermant cette BD, je repensais à A Fake Story (d'après le roman de Douglas Burroughs) avec sa thématique de questionner la vérité, les fakes news et la difficile recherche de la vérité.
Sauf que je dois avouer que j'ai été bien moins impressionné par le propos, qui est assez linéaire mais n'a pas l'effet "Waouh !" que j'espérais, notamment lorsque j'ai compris plus ou moins ce que serait le final. Et d'ailleurs je ne vois pas du tout l'idée : pourquoi tout cela n'a pas été divulgué plus tôt ? Même sans preuve, j'imagine mal l'URSS qui garde le tout sous silence, malgré les soucis. De fait, ça me donne surtout une impression de théorie très spéculative mise en histoire, mais sans que je me dise un seul instant que ça paraisse crédible. On dirait vraiment une théorie du complot qu'on trouverait sur internet.
D'autre part, j'ai trouvé que la BD a un problème de rythme avec les longues pages d'explications des experts, qui casse le temps de lecture plus fluide dans les pages précédentes. Et en ressenti personnel, j'ai un peu de mal avec l'argument final qui est "pas de preuves dans un sens ni l'autre donc les théories se valent". C'est un argument fallacieux qui est malheureusement souvent utilisé, et qui donne l'impression que tout avis se vaut. Mais c'est un autre débat !
Par contre j'ai adoré le dessin, magnifique et qui plonge directement dans la conquête spatiale et tout les détails incroyable que proposent ces incroyables modules qui ont amené l'humain aussi loin. C'est le dessin qui rehausse toute ma note, qui aurait été plus basse sur le seul scénario. Mais les noirs et blancs magnifiques, les pleines pages et le ressenti permanent de l'espace, le vide si inhospitalier et surtout l'angoisse que cela provoque est la réussite totale de la BD.
Bref, très beau visuellement, moins intéressant sur le plan narratif et qui contient quelques soucis qui m'ont un peu sortis du récit, donc une BD que je ne recommande pas vraiment. C'est une lecture sympathique, mais pas franchement inoubliable.
Remington et Grany Smisse, un maigrichon rusé et un bourrin un peu concon, tous deux fils de l'éminent Kouto Smisse le roi des roublards, acceptent un beau jour une mission de cambriolage d'apparence suicidaire qui aura des conséquences… poilues ? Si votre frère se retrouvait transformé en chat du jour au lendemain et que vos compagnons d'infortunes étaient restés blessés derrière vous, que feriez-vous ?
Alliances, coups en traîtres, assassinats, corruption, propos sur la famille et l'attachement qu'on a aux autres, le tout saupoudré d'action à foison et même d'un chouïa de romance si on est sage. Bref, tous les éléments de ce genre de récit sont là. La formule n'est pas nouvelle et l'exécution ne prendra ici pas le moindre risque mais je dois avouer que la série n'est pas mal.
Un petit défaut ? Allez !
La série ayant été publiée à l'origine en formats kiosques, elle s'était permise d'être découpée en trois arcs distincts, chacun de quatres chapitres et chacun dessiné par un artiste différent. De cette découpe il en découle un rythme finale… un peu bizarre ?
Le premier arc et le plus vif, le plus classique aussi mais tout de même efficace. Le dessin d'Adrián est bon, son travail des expression et son découpage font mouche et, franchement, j'aurais été partante pour que toute la série soit dans ce style.
Et puis vient le second, et c'est là que le bas blesse. Non seulement le dessin me semble détonner avec celui de la première partie mais en plus le découpage et la mise en scène de l'action me semblent complètement discordants avec le début de notre histoire. Le fait que cet arc soit aussi mine de rien très séparé du fil rouge unissant la première et la troisième partie n'aide pas. Si le projet avait été d'illustrer les diverses aventures des frangins pendant leur année de recherche j'aurais dans ce cas-là préféré plus de récits, plus de variations de tons, parce qu'au final on se retrouve avec une espèce de parenthèse un peu bizarre au milieu du récit.
Le troisième et dernier arc revient sur l'esthétique et l'ambiance du premier, de nouveau centré sur les frangins et leur père, leurs potes laissés en plan et Ush Galesh, délicieux salopard opportuniste qui se révèle ici bien pensif. Le dessin de Julen Ribas se rapproche davantage de celui d'Adrián (en tout cas bien plus que celui de Dae Jin Kim), la mise en scène reste différente mais colle bien plus au récit que lors de la deuxième partie je trouve. La conclusion laisse un peu à désirer sur de nombreux points mais j'avoue qu'elle a su se montrer explosive et entraînante.
En sommes une bonne histoire de filous et d'assassin, pas transcendante ou révolutionnaire mais tout de même divertissante, qu'il me fait plaisir d'enfin posséder dans son ensemble (Ankama nous faisant enfin cadeau d'une intégrale complète pour fêter ses 25 ans).
Entre découvertes des coutumes terriennes et rencontres avec ses nouveaux voisins, un extraterrestre au physique de gamin tout juste débarqué sur Terre va essayer de comprendre cet étrange monde qui est le notre tout en passant inaperçu.
C'est une BD jeunesse plutôt sympa, pleine de situations loufoques. Elle est structurée en petites histoires, avec des rencontres et des expériences différentes qui permettent de multiplier les situations cocasses. C'est léger et souvent amusant, même si le concept finit parfois par tourner un peu en rond et manque d'un véritable fil conducteur ou d'un développement plus approfondi. Les enfants pourront facilement s'attacher à U-B-R et à ses proches, tandis qu'un adulte y trouvera quelques sourires grâce à un ton un peu pince-sans-rire et au décalage entre son regard innocent et nos propres travers.
Le dessin est agréable, avec un trait simple, efficace, entre ligne claire et comics humoristique. Les personnages sont expressifs et l'ensemble dégage une bonne humeur. La mise en page, souvent en petites cases régulières, fonctionne bien pour le jeune public et rend la lecture très accessible.
C'est une lecture sympathique pour les enfants, avec un héros attachant et quelques bonnes idées. Pour un adulte, c'est amusant et agréable à parcourir, mais cela reste une petite série jeunesse plaisante plus qu'un album réellement marquant.
Manga fascinant et malaisant, Mujina into the deep ne laisse pas indifférent.
Ce manga nous plonge dans une histoire de fuite et de perte des droits sociaux (des thématiques très actuelles comme en témoigne leur imprégnation dans les récents et décevants Les Marchés ou le tome 2 de Ils brûlent), dynamisée par une intrigue policière autour de tueurs à gages, assaisonnée de multiples thématiques sociétales (conditions de travail, pédophilie, ultramoderne solitude, réseaux sociaux et manipulation du récit sociétal, moralité/éthique de nos sociétés, etc.).
L'ensemble est d'une grande ambition, peut-être trop pour le moment : certains développements et des thématiques sont vite mis de côté, oubliés par le récit au profit d'éléments volontiers plus racoleurs : une action exagérément débridée, une gratuite érotisation de l'intrigue (via des plans et cadrages malaisants), un humour régressif malheureusement maladroitement assaisonné.
Si la richesse du récit demeure en l'état plus calorique que le plat réellement dans notre assiette, ce manga satisfait pleinement côté illustrations : cadrages dynamiques, contrastes de noir et blanc pertinents, grand soin apporté aux décors. Seuls quelques visages aux traits trop humoristiques et donc ces plans érotisants, gâchent le panorama, mais en ajoutant une distance malaisante intéressante dramatiquement puisque récupérée par l'intrigue pour créer un glauque assez original décrivant finalement assez bien la société dystopique imaginée par Asano.
Ces deux premiers tomes prometteurs disposent d'assez d'éléments pour donner une belle ampleur au manga, en espérant que les travers énoncés n'achèvent pas de prendre le dessus sur une intrigue dont la ligne directrice peut encore fluctuer, que le divertissement ne l'emporte pas sur le récit au propos puissant et engagé.
Bernet au dessin et Trillo au scénario, voilà deux auteurs qui a priori m’intéressent et qui, malgré une œuvre inégale, proposent généralement des choses originales et qui méritent largement le détour.
Et je dois dire que cet album confirme tout cela, tant il sort de l’ordinaire – tout en utilisant pas mal de clichés de genre.
Les deux auteurs mêlent ici pas mal de genres, dans lesquels ils ont pas mal donné ailleurs. Du polar, un zest d’érotisme, une dose d’absurde, et une louche d’humour – tendance décalé et noir.
Le résultat est inégal. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, un peu fouillis, je ne savais pas où voulaient en venir les auteurs. Puis, peu à peu, je m’y suis fait – y compris au bordel qui persiste, volontairement.
Car s’il y a bien une trame scénaristique, si Trillo place un cadre guerre froide, avec lutte d’espions, au milieu d’une intrigue vaguement polar, s’il y a bien un vague clin d’œil tendance king-kongesque (voir la couverture) au mythe de la Belle et de la Bête, ce qui prédomine ici est l’humour.
Car tout est surjoué, caricatural (même la pin-up – Belle donc – est insensible à la douleur, y compris lorsqu’un type la triture avec une aiguille, ou lorsqu’elle est torturée), dans les grandes lignes comme dans les détails. Trillo parodie les récits de genre, en y ajoutant un narrateur (lui-même en fait !) qui prend le lecteur à témoin, en critiquant certains traits du scénario ou des dialogues, en jouant sur de l’autodérision, etc. Belle pense à haute voix en commentant ses actions (lorsqu’elle séduit un type, couche avec lui, en appliquant à la lettre tous les conseils donnés par l’Actors studio !
Bernet n’est pas en reste. Son trait en Noir et Blanc colle parfaitement au récit, et Belle, en pin-up hyper sexy (on retrouve ici quelques accointances avec la Bang Bang imaginée par le même duo d’auteurs, dans une version plus « adulte »), la Bête en géant qui ne mesure pas sa force et détruit tout (voir le scène finale) ajoutent visuellement au loufoque du scénario de Trillo.
Au final, ça n’est pas un chef d’œuvre. Mais la lecture est suffisamment plaisante pour que les amateurs du duo – mais pas seulement – y trouvent leur compte. C’est une lecture décalée, un peu foutraque et bordélique, mais rafraichissante.
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Les Migrants du temps
80 millions d'êtres humains choisissent d'être cryogénisés afin de traverser les siècles et tenter de trouver, dans le futur, une époque où l'humanité aura enfin résolu les crises qui ravagent la Terre. Elle aura droit à quatre tentatives de réveil, où à chaque fois une petite équipe menée par un ambassadeur aura la charge d'évaluer le monde découvert avant de décider s'il faut poursuivre le voyage. Ce n'est que mon deuxième album de la collection Les Futurs de Liu Cixin, et j'ai été plutôt satisfait de découvrir que l'adaptation était confiée cette fois à Sylvain Runberg et Serge Pellé. Ayant beaucoup apprécié Orbital, j'y ai retrouvé une partie de son esprit narratif ainsi que le trait très reconnaissable de Pellé. Son dessin reste un vrai plaisir, notamment lorsqu'il met en scène les véhicules et certains décors futuristes (je pense en particulier aux séquences dans et autour de l'Abstrakt). En revanche, plusieurs environnements paraissent un peu trop vides et désertiques, et je suis aussi surpris par le strabisme divergent qu'il donne à certains personnages. L'intrigue relève de la pure science-fiction spéculative. Liu Cixin s'amuse à imaginer comment notre civilisation pourrait évoluer dans cent, mille ou dix mille ans, en explorant plusieurs futurs possibles. Certaines idées sont relativement modernes, comme le simulateur de victoire militaire ou le monde virtuel, mais rien de foncièrement novateur pour qui a lu pas mal de SF : l'ensemble m'a semblé très classique, presque un peu rétro. Ce genre de projection dans les futurs de l'humanité est un thème largement exploré et l'album ne renouvelle pas vraiment l'exercice. Le déroulement est linéaire, les différentes époques auraient mérité d'être davantage développées, et la conclusion est sans surprise. Ce n'est pas un album qui renouvelle le genre, mais il offre un moment de SF agréable et un peu à l'ancienne, porté par un duo d'auteurs que j'apprécie.
Le Serpent majuscule
L’album se laisse lire, plutôt rapidement et agréablement, mais il m’a quand même laissé un peu sur ma faim. Le point de départ est relativement original. Car, si le personnage principal est un tueur à gages, ce qui n’est pas si rare, la particularité est qu’il s’agit dune femme, qui plus est septuagénaire. Ça surprend donc pas mal au départ, et amène petit à petit, en plus du côté polar, quelques aspects humoristiques (un humour plus ou moins noir). Car notre vieille dame perd très vite patience, et commence surtout à perdre la mémoire et la boule, dézinguant parfois au-delà de ce qui lui a été commandé – ce côté expéditif s’accélérant au fur et à mesure que le récit se développe. J’ai parlé d’une lecture agréable et rapide. Mais j’ai aussi évoqué quelques déceptions. D’abord ce récit manque de densité. Certes, Lemaitre (qui adapte ici son roman) essaye d’en apporter, avec quelques flash-backs sur le passé de notre tueuse, qui visiblement avait déjà se caractère bien trempé et cette absence de scrupule durant son passage dans la Résistance. Mais ça ne suffit pas à mon goût, car c’est globalement un chouia trop léger. Par ailleurs certains détails font un peu remplissage inutile (le gamin d’une des victimes, visiblement surdoué, sur lequel on semble insister, pour que ce personnage ne soit par la suite pas du tout utilisé ?). Ensuite il faut quand même accepter certaines facilités scénaristiques. En effet, notre mamie flingueuse s’en sort franchement très – trop – facilement face aux tueurs envoyés par ses commanditaires (qui commencent à penser qu’elle devient gâteuse et hors de contrôle et qu’il faudrait l’éliminer) : le dernier quart du récit manque de crédibilité. Un récit qui se laisse lire, à emprunter à l’occasion, mais qui aurait mérité d’être davantage développé.
Magasin général
J’avais entendu parler de la série dès sa sortie. A l’époque je ne connaissais pas trop l’œuvre de Tripp (quelques albums épars), mais j’avais été conquis par plusieurs séries de Loisel. Mais je ne m’étais pas précipité sur ce « Magasin général », le pitch de départ (la vie quotidienne d’un village de la cambrousse québécoise du milieu des années 1920) ne m’emballant a priori pas énormément. Mais finalement j’ai franchi le pas et j'ai lu cette série, qui m’a laissé un sentiment mitigé, mais globalement positif. La série retrace un peu moins de deux années d’une communauté villageoise paumée au fin fond du Québec, avec comme personnage principale Marie, jeune veuve (d’ailleurs les morts rythme le récit, et son défunt mari sert de narrateur/commentateur régulier), qui tient l’unique commerce, le « magasin général ». L’arrivée d’un « homme de la ville (la France et Montréal), Serge, va lui redonner vie (elle en tombe amoureuse mais cet amour ne pourra pas être partagé…) va déclencher ce qui probablement est le cœur du récit, à savoir l’émancipation de Marie, qui va penser à elle, écourter son « deuil ». Une évolution contagieuse (dans le dernier tome tout le monde est converti aux nouveautés « de Montréal »). Autour de Marie et de son « détonateur » de Serge, quelques personnages secondaires plus ou moins intéressants (même si pas tous originaux). Mention spéciale au curé, sans doute moins obtus que la plupart de ses congénères de l’époque, et dont la vocation chancèle (comme certaines de ses certitudes). Gaëtan, autiste, simple d’esprit et sans filtre, insuffle pas mal de folie et de fraicheur, et c’est la source de la plupart des passages humoristiques (avec le jeune amant éphémère de Marie qui se prend baffe sur baffe, ou les trois vieilles rombières, bigotes de plus en plus dépassées par les événements). Le personnage de Gaëtan est sans doute la meilleure idée du scénario, et il occupe d’ailleurs une place de plus en plus importante (même si ça n’est parfois qu’en arrière-plan, avec quelques déclarations savoureuses, ou son onomatopée favorite et rigolote, « Howowo ! »). Pour un lecteur français comme moi, le langage « local », l’utilisation d’expressions typiquement québécoises (les dialogues ont été supervisés et adaptés par Jimmy Beaulieu) sont un réel plus. C’est souvent dépaysant et amusant (je me faisais la même réflexion lorsque je lisais les « Paul » de Rabagliati). Il faut quand même accepter quelques menues facilités. Serge semble avoir un compte en banque bien fourni pour ouvrir son restaurant gratuitement (avec de très bons et coûteux produits) à tout le village – et d’ailleurs il n’a semble-t-il aucune rémunération durant tout le récit. Idem pour Marie, dont on se demande où elle a trouvé les sous pour sa longue escapade à Montréal ? Trois tomes étaient prévus au départ, puis six, pour finalement aller jusqu’à neuf. Disons que cette évolution plus ou moins improvisée se sent un peu. Ça tourne parfois en rond, il y a pas mal de longueurs (à partir des 4/5èmes albums), et ça a amené les auteurs à ne pas se contenter d’une chronique provinciale décalée, mais à insuffler quelques moments de folies. La plupart liés à Serge ou à l’émancipation contagieuse de Marie suite à son escapade montréalaise (voir l’album « Charleston en particulier – même si certains passages sonnent un peu artificiels), passages plus dynamiques qui ponctuent le déroulement étal des jours dans ce coin paumé de la campagne québécoise. Je pense que la série aurait gagnée à être resserrée sur moins d’albums (surtout que la plupart du temps la pagination est très conséquente). Le dernier album apporte une conclusion, en jouant encore sur un côté bon enfant, positif – même les trois vieilles biques se sont adoucies. Aux longueurs pointant de plus en plus le bout de leur nez depuis quelques tomes s’ajoute un peu trop de sirupeux à mon goût, c’est un peu trop feel good et happy-end. Mais bon, ça reste une série plutôt agréable à lire, écrite et dessinée à quatre mains (le style des deux auteurs s’est parfaitement fondu dans ce duo). Narration et dessin sont fluides et plutôt plaisants, malgré mes remarques précédentes.
Pour l'humour de l'Art
J'avais pas mal d'attentes par rapport à cette œuvre de Quino. Les arts vus par Quino ! Cependant, ce fut une petite déception. Musique, littérature, peinture, sculpture et enfin l'art de l'humoriste. Il y a quelques perles qui me font sourire un peu plus largement, mais pas rire franchement. Les dessins sont toujours bons, certains vraiment très bons. Mais ce n'est que mon avis et, comme toujours, il ne faut pas le prendre trop au sérieux.
Sexual Housewives
Je comprends la comparaison faite par Hervé. Mais Giovanna Casotto a un style plus défini, presque clinique ou photoréaliste, aussi plus froid, je crois. J’ai découvert El Bute d’abord dans les magazines Kiss Comix et Wet Comix, entre autres. Le dessin est attrayant, surtout avec les nuances de gris qui donnent du volume aux corps. Les histoires, purement porno, s’inscrivent dans ce que j’appellerais l’« école espagnole » de ce genre. Elles ont un certain humour, mais le recours assez fréquent à la prostitution comme motif narratif me gêne un peu.
Kosmos
En fermant cette BD, je repensais à A Fake Story (d'après le roman de Douglas Burroughs) avec sa thématique de questionner la vérité, les fakes news et la difficile recherche de la vérité. Sauf que je dois avouer que j'ai été bien moins impressionné par le propos, qui est assez linéaire mais n'a pas l'effet "Waouh !" que j'espérais, notamment lorsque j'ai compris plus ou moins ce que serait le final. Et d'ailleurs je ne vois pas du tout l'idée : pourquoi tout cela n'a pas été divulgué plus tôt ? Même sans preuve, j'imagine mal l'URSS qui garde le tout sous silence, malgré les soucis. De fait, ça me donne surtout une impression de théorie très spéculative mise en histoire, mais sans que je me dise un seul instant que ça paraisse crédible. On dirait vraiment une théorie du complot qu'on trouverait sur internet. D'autre part, j'ai trouvé que la BD a un problème de rythme avec les longues pages d'explications des experts, qui casse le temps de lecture plus fluide dans les pages précédentes. Et en ressenti personnel, j'ai un peu de mal avec l'argument final qui est "pas de preuves dans un sens ni l'autre donc les théories se valent". C'est un argument fallacieux qui est malheureusement souvent utilisé, et qui donne l'impression que tout avis se vaut. Mais c'est un autre débat ! Par contre j'ai adoré le dessin, magnifique et qui plonge directement dans la conquête spatiale et tout les détails incroyable que proposent ces incroyables modules qui ont amené l'humain aussi loin. C'est le dessin qui rehausse toute ma note, qui aurait été plus basse sur le seul scénario. Mais les noirs et blancs magnifiques, les pleines pages et le ressenti permanent de l'espace, le vide si inhospitalier et surtout l'angoisse que cela provoque est la réussite totale de la BD. Bref, très beau visuellement, moins intéressant sur le plan narratif et qui contient quelques soucis qui m'ont un peu sortis du récit, donc une BD que je ne recommande pas vraiment. C'est une lecture sympathique, mais pas franchement inoubliable.
Remington
Remington et Grany Smisse, un maigrichon rusé et un bourrin un peu concon, tous deux fils de l'éminent Kouto Smisse le roi des roublards, acceptent un beau jour une mission de cambriolage d'apparence suicidaire qui aura des conséquences… poilues ? Si votre frère se retrouvait transformé en chat du jour au lendemain et que vos compagnons d'infortunes étaient restés blessés derrière vous, que feriez-vous ? Alliances, coups en traîtres, assassinats, corruption, propos sur la famille et l'attachement qu'on a aux autres, le tout saupoudré d'action à foison et même d'un chouïa de romance si on est sage. Bref, tous les éléments de ce genre de récit sont là. La formule n'est pas nouvelle et l'exécution ne prendra ici pas le moindre risque mais je dois avouer que la série n'est pas mal. Un petit défaut ? Allez ! La série ayant été publiée à l'origine en formats kiosques, elle s'était permise d'être découpée en trois arcs distincts, chacun de quatres chapitres et chacun dessiné par un artiste différent. De cette découpe il en découle un rythme finale… un peu bizarre ? Le premier arc et le plus vif, le plus classique aussi mais tout de même efficace. Le dessin d'Adrián est bon, son travail des expression et son découpage font mouche et, franchement, j'aurais été partante pour que toute la série soit dans ce style. Et puis vient le second, et c'est là que le bas blesse. Non seulement le dessin me semble détonner avec celui de la première partie mais en plus le découpage et la mise en scène de l'action me semblent complètement discordants avec le début de notre histoire. Le fait que cet arc soit aussi mine de rien très séparé du fil rouge unissant la première et la troisième partie n'aide pas. Si le projet avait été d'illustrer les diverses aventures des frangins pendant leur année de recherche j'aurais dans ce cas-là préféré plus de récits, plus de variations de tons, parce qu'au final on se retrouve avec une espèce de parenthèse un peu bizarre au milieu du récit. Le troisième et dernier arc revient sur l'esthétique et l'ambiance du premier, de nouveau centré sur les frangins et leur père, leurs potes laissés en plan et Ush Galesh, délicieux salopard opportuniste qui se révèle ici bien pensif. Le dessin de Julen Ribas se rapproche davantage de celui d'Adrián (en tout cas bien plus que celui de Dae Jin Kim), la mise en scène reste différente mais colle bien plus au récit que lors de la deuxième partie je trouve. La conclusion laisse un peu à désirer sur de nombreux points mais j'avoue qu'elle a su se montrer explosive et entraînante. En sommes une bonne histoire de filous et d'assassin, pas transcendante ou révolutionnaire mais tout de même divertissante, qu'il me fait plaisir d'enfin posséder dans son ensemble (Ankama nous faisant enfin cadeau d'une intégrale complète pour fêter ses 25 ans).
U-B-R
Entre découvertes des coutumes terriennes et rencontres avec ses nouveaux voisins, un extraterrestre au physique de gamin tout juste débarqué sur Terre va essayer de comprendre cet étrange monde qui est le notre tout en passant inaperçu. C'est une BD jeunesse plutôt sympa, pleine de situations loufoques. Elle est structurée en petites histoires, avec des rencontres et des expériences différentes qui permettent de multiplier les situations cocasses. C'est léger et souvent amusant, même si le concept finit parfois par tourner un peu en rond et manque d'un véritable fil conducteur ou d'un développement plus approfondi. Les enfants pourront facilement s'attacher à U-B-R et à ses proches, tandis qu'un adulte y trouvera quelques sourires grâce à un ton un peu pince-sans-rire et au décalage entre son regard innocent et nos propres travers. Le dessin est agréable, avec un trait simple, efficace, entre ligne claire et comics humoristique. Les personnages sont expressifs et l'ensemble dégage une bonne humeur. La mise en page, souvent en petites cases régulières, fonctionne bien pour le jeune public et rend la lecture très accessible. C'est une lecture sympathique pour les enfants, avec un héros attachant et quelques bonnes idées. Pour un adulte, c'est amusant et agréable à parcourir, mais cela reste une petite série jeunesse plaisante plus qu'un album réellement marquant.
Mujina into the deep
Manga fascinant et malaisant, Mujina into the deep ne laisse pas indifférent. Ce manga nous plonge dans une histoire de fuite et de perte des droits sociaux (des thématiques très actuelles comme en témoigne leur imprégnation dans les récents et décevants Les Marchés ou le tome 2 de Ils brûlent), dynamisée par une intrigue policière autour de tueurs à gages, assaisonnée de multiples thématiques sociétales (conditions de travail, pédophilie, ultramoderne solitude, réseaux sociaux et manipulation du récit sociétal, moralité/éthique de nos sociétés, etc.). L'ensemble est d'une grande ambition, peut-être trop pour le moment : certains développements et des thématiques sont vite mis de côté, oubliés par le récit au profit d'éléments volontiers plus racoleurs : une action exagérément débridée, une gratuite érotisation de l'intrigue (via des plans et cadrages malaisants), un humour régressif malheureusement maladroitement assaisonné. Si la richesse du récit demeure en l'état plus calorique que le plat réellement dans notre assiette, ce manga satisfait pleinement côté illustrations : cadrages dynamiques, contrastes de noir et blanc pertinents, grand soin apporté aux décors. Seuls quelques visages aux traits trop humoristiques et donc ces plans érotisants, gâchent le panorama, mais en ajoutant une distance malaisante intéressante dramatiquement puisque récupérée par l'intrigue pour créer un glauque assez original décrivant finalement assez bien la société dystopique imaginée par Asano. Ces deux premiers tomes prometteurs disposent d'assez d'éléments pour donner une belle ampleur au manga, en espérant que les travers énoncés n'achèvent pas de prendre le dessus sur une intrigue dont la ligne directrice peut encore fluctuer, que le divertissement ne l'emporte pas sur le récit au propos puissant et engagé.
Belle et la Bête
Bernet au dessin et Trillo au scénario, voilà deux auteurs qui a priori m’intéressent et qui, malgré une œuvre inégale, proposent généralement des choses originales et qui méritent largement le détour. Et je dois dire que cet album confirme tout cela, tant il sort de l’ordinaire – tout en utilisant pas mal de clichés de genre. Les deux auteurs mêlent ici pas mal de genres, dans lesquels ils ont pas mal donné ailleurs. Du polar, un zest d’érotisme, une dose d’absurde, et une louche d’humour – tendance décalé et noir. Le résultat est inégal. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, un peu fouillis, je ne savais pas où voulaient en venir les auteurs. Puis, peu à peu, je m’y suis fait – y compris au bordel qui persiste, volontairement. Car s’il y a bien une trame scénaristique, si Trillo place un cadre guerre froide, avec lutte d’espions, au milieu d’une intrigue vaguement polar, s’il y a bien un vague clin d’œil tendance king-kongesque (voir la couverture) au mythe de la Belle et de la Bête, ce qui prédomine ici est l’humour. Car tout est surjoué, caricatural (même la pin-up – Belle donc – est insensible à la douleur, y compris lorsqu’un type la triture avec une aiguille, ou lorsqu’elle est torturée), dans les grandes lignes comme dans les détails. Trillo parodie les récits de genre, en y ajoutant un narrateur (lui-même en fait !) qui prend le lecteur à témoin, en critiquant certains traits du scénario ou des dialogues, en jouant sur de l’autodérision, etc. Belle pense à haute voix en commentant ses actions (lorsqu’elle séduit un type, couche avec lui, en appliquant à la lettre tous les conseils donnés par l’Actors studio ! Bernet n’est pas en reste. Son trait en Noir et Blanc colle parfaitement au récit, et Belle, en pin-up hyper sexy (on retrouve ici quelques accointances avec la Bang Bang imaginée par le même duo d’auteurs, dans une version plus « adulte »), la Bête en géant qui ne mesure pas sa force et détruit tout (voir le scène finale) ajoutent visuellement au loufoque du scénario de Trillo. Au final, ça n’est pas un chef d’œuvre. Mais la lecture est suffisamment plaisante pour que les amateurs du duo – mais pas seulement – y trouvent leur compte. C’est une lecture décalée, un peu foutraque et bordélique, mais rafraichissante.