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Couverture de la série Emilie voit quelqu'un
Emilie voit quelqu'un

J’ai lu la série dans l’intégrale. Disons que si je n’avais eu que le premier tome en main, je me serais sans doute arrêté là. En effet, le dessin ne m’attire pas plus que ça (même s’il est lisible), et je m’attendais à quelque chose de plus drôle – Fluide Glacial oblige. Au lieu de ça, à part quelques situations d’autodérision, et les séances d’Émilie chez sa vieille psy (qui finit par péter un plomb), il n’y a pas forcément d’humour. Au milieu du récit il y a même des passages très sérieux, avec des pages documentaires sur tout un tas de situations, de pathologies, qui intéressent la psychanalyse… Reste que peu à peu le personnage d’Émilie prend de la consistance, et qu’elle finit par être attachante – sans m’avoir non plus captivé. Mais en tout cas je suis arrivé au bout de cette intégrale sans m’ennuyer – ce que je craignais après avoir lu le premier tiers. Note réelle 2,5/5.

02/07/2026 (modifier)
Couverture de la série La Maison des impies
La Maison des impies

Voilà un récit qui se laisse lire, et qui satisfera sans doute les amateurs de l’équipe de choc une nouvelle fois reconstituée. En effet, Brubaker au scénario, et les Phillips au dessin et à la colorisation connaissent leur boulot, et on n’est pas dépaysé ici. Dessin et couleurs (toujours sombres) donnent un rendu lisible et agréable, fluide, même si sans trop de nuances. On est dans du comics plaisant à regarder. Quant au scénario, Brubaker sait y faire pour ne pas laisser retomber le souffler. En effet, les rebondissements s’enchainent – de plus en plus rapidement d’ailleurs au fur et à mesure de l’avancée d’une histoire dans laquelle on peine à cerner les contours. A reconnaitre les « bons » des « méchants » aussi. Cette surprise quasi constante, avec des airs vaguement horrifiques parfois, fait qu’on ne s’ennuie pas, et qu’on a envie de connaitre la suite. Brubaker utilise des idées/univers forts – même si encore plus présents aux États-Unis je pense : scandales/complots satanistes ; omniprésence d’un arrière-plan religieux ; théories complotistes sur internet et les réseaux sociaux, etc. L’intrigue se laisse lire, c’est fluide et agréable globalement donc. Mais elle est quand même un peu linéaire et légère, si l’on oublie les artifices qui dramatisent le récit. Et plusieurs choses m’ont un peu gêné. D’abord la gamine qu’avait enlevée Nathalie Burns au départ et qui s’échappe a près lui avoir pété le nez, disparait totalement des radars (qu’est-elle devenue ?). Ensuite toute la partie finale est quand même trop accélérée, trop brutale. Burns s’en sort trop miraculeusement dans la grotte. Et je n’ai pas compris comment elle pouvait avoir été mise au courant de ce qui s’y était passé par son frère (comme elle dit dans une « pensée », alors que celui-ci meurt dans ses bras sans avoir visiblement pu lui dire quoi que ce soit ?

02/07/2026 (modifier)
Couverture de la série La Terre verte
La Terre verte

Une série scénarisée par Alain Ayroles, voilà quelque chose qui a priori m’attire, tant il a déjà produit quelques petites pépites. Avec autant d’attente, le ressenti est quelque peu biaisé dès lors qu’on ne retrouve pas l’entièreté de ce que l’on espérait trouver. C’est un peu le cas ici. L’histoire se laisse lire, plutôt agréablement – Ayroles sait quand même y faire pour construire une intrigue et l’habiter avec de bons dialogues. Mais elle m’a un peu laissé sur ma faim. J’espérais un peu plus de dialogues et de situations caustiques. L’intrigue se développe au Groenland, dans le dernier quart du XVème siècle (et l'extrême fin du moyen-âge), alors que les dernières colonies scandinaves périclitent. Le hasard a voulu que je lise récemment le début d’une série se déroulant au même endroit quasiment au même moment (quelques décennies plus tôt), Greenlander, j’y ai retrouvé la même atmosphère de fin d’un monde – et la même menace exercée par les Inuits sur les Scandinaves (même s’il n’y a pas ici le fantastique qui semble vouloir se développer dans Greenlander. L’arrière-plan est intéressant, et donne une touche pathétique au héros, qui cherche à « se relancer » sur cette terre paumée et en décrépitude. Dès son arrivée il jour le rôle du coq, joue des coudes et à complote tout va, jouant les uns contre les autres tous ceux qui le gênent, jusqu’à arriver au pouvoir (étant entendu que le pouvoir au Groenland n’est pour lui qu’un marchepied pour retrouver un pouvoir perdu en Angleterre – qu’il a dû quitter de façon peu glorieuse). Mais il n’est en fait qu’un loser pathétique. Je m’attendais à ce qu’Ayroles donne une tournure plus picaresque et outrancière à ce personnage machiavélique de Richard. Reste que sur la fin la tonalité shakespearienne domine, jusqu’au final, où Richard n’est plus qu’une statue de glace… Le dessin de Tanquerrelle fait le travail, même si son esthétique (et ses menus défaut – pour les personnages et chevaux en déplacement par exemple) ne m’ont pas toujours attiré. Une lecture sympathique donc, mais ça n’est pas le meilleur récit d’Ayroles. Note réelle 3,5/5.

02/07/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série À hauteur d'homme
À hauteur d'homme

Je suis assez déçu de la BD, qui m'avait cueilli sur les premières pages avant de me lâcher en cours de route. C'est d'autant plus dommage que j'étais assez content de voir le début de la BD qui proposait une idée originale : une BD en vue subjective d'un SDF faisant la manche, qui commente le monde. Là où j'étais intéressé, c'était l'idée qui permettait de se mettre à la place du personnage, tout en ayant un commentaire acide sur la société et l'hypocrisie de ces personnes laissées seules dehors qu'on ne veut plus voir, qu'on souhaiterai voir disparaitre, qui dérangent ... Le hic, c'est que la BD part très vite sur une histoire personnelle, expliquant comment le type a fini dans la rue. Enfin, c'est plutôt une explication de sa vie, et on comprend qu'il a finit dans la rue suite à ce qu'il raconte. Le tout avec des métaphores jolies autour des étoiles et de l'astronomie, mais qui finissent par cantonner l'histoire à une seule représentation de la misère. Et c'est dommage, le début et tout le dialogue interne au SDF aurait pu continuer à être plus désincarné, plus universel. Car au final, aucune remise en question n'est faite de la société, ni de la façon dont s'organise la misère dans un monde capitaliste et libérale. Là, on a une histoire d'un type qui a fait les mauvais choix, point. C'est dommage que le potentiel de la BD ne soit jamais exploitée, et ça me fait baisser ma note. Par contre, c'est bien dessiné et je reconnais qu'il y a une vraie recherche esthétique, notamment avec l'angle de vue et la multiplicité des personnages qui passent et regardent, qui donnent l'impression que l'auteur a regardé pendant des heures les gens dans la rue pour arriver à faire autant de portraits qui rendent si bien. Le dessin me fait encore plus regretter les choix narratifs, car il y avait quelque chose de vraiment excellent qui aurait pu être mis en image, il en reste une BD assez poétique mais à portée limitée. Dommage !

02/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Merci l'Amour, merci la Vie !
Merci l'Amour, merci la Vie !

Cette série de petits gags sur le couple et les relations amoureuses m'a plutôt convaincu. On sent une forte influence de Fabcaro dans le principe de saynètes absurdes qui partent d'une situation banale avant de basculer progressivement dans le non-sens. Ce n'est pas révolutionnaire, mais c'est bien fait. Le dessin va droit à l'essentiel. Très stylisé, avec peu de détails et des personnages volontairement peu expressifs, il sert parfaitement le rythme des gags sans chercher à attirer l'attention sur lui. L'auteur sait construire ses chutes et plusieurs d'entre elles m'ont réellement fait rire. Toutes ne font pas mouche, évidemment, mais le sens du timing est suffisamment bon pour que l'ensemble fonctionne. En revanche, je ressors aussi de cette lecture avec une impression assez déprimante. Derrière l'humour caustique et les situations absurdes, la vision du couple est particulièrement cynique. Entre divorces, ruptures instantanées, Tinder, infidélités, égoïsme et incapacité chronique à communiquer, presque aucune relation ne semble pouvoir fonctionner durablement. C'est assumé, souvent drôle, parfois très grinçant, mais à force d'accumuler les situations où tout se déroule systématiquement mal, cela finit aussi par être un peu plombant. Heureusement, l'auteur ne cherche jamais à faire de longues démonstrations. Les histoires sont courtes, vont droit au gag et ne s'éternisent pas. Cela permet de conserver un bon rythme de lecture et d'éviter que ce pessimisme ne devienne vraiment pesant. Ce n'est donc pas une BD qui m'a fait rire à chaque page, mais j'y ai trouvé suffisamment de bonnes idées et de chutes réussies pour passer un bon moment, même si j'aurais apprécié une vision un peu moins désabusée des relations humaines.

02/07/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 3/5
Couverture de la série 13 Devil Street
13 Devil Street

J’avais été extrêmement emballé par le concept que Benoît Vieillard m’avait présenté lors de cette soirée mémorable organisée par Zoo le Mag à Saint-Malo l'année dernière. L’idée était audacieuse, presque révolutionnaire : des doubles pages à parcourir dans tous les sens, un immeuble où les habitants montent, descendent, se croisent, comme une métaphore visuelle du chaos urbain et des destins entrelacés. Sur le papier, c’était brillant, et j’avais hâte de plonger dans cette expérience narrative unique. Pourtant, à la lecture, je reste un peu sur ma faim. Difficile de mettre le doigt sur ce qui cloche, car ce n’est clairement pas le dessin : le trait de Benoît est précis, expressif, et la mise en page, aussi ambitieuse soit-elle, est maîtrisée. Alors quoi ? Peut-être est-ce les histoires elles-mêmes qui, en se confondant, s’entremêlant, finissent par semer le trouble plutôt que l’émerveillement. On se perd dans les parcours, comme si l’accumulation de destins et de perspectives, au lieu d’enrichir le récit, le diluait. L’originalité du support demande peut-être un fil conducteur plus marqué. Malgré la complexité, il est important à mon sens de garder une cohérence émotionnelle et narrative. Ne vous y trompez pas, 13 Devil Street reste une œuvre fascinante par son approche, mais qui, pour moi, peine à tenir toutes ses promesses. Une déception relative, donc, car l’ambition est là – et c’est déjà beaucoup.

02/07/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Chancellor - Enquêteur du futur
Chancellor - Enquêteur du futur

Comme toute les mini séries de Duchâteau (Peggy Press, Serge Morand... Chancellor démarre bien mais finit par se prendre les pieds dans le tapis. Le premier album est soigné. Il nous livre les bases d'un univers SF intéressant mais le second ressemble plus à une enquête de Ric Hochet. Le dessin est quand même très sympa, Sanahujas fait preuve d'un bel imaginaire. Les couvertures ont un charme rétro inégalable. Duchateau a toujours su s'entourer de dessinateurs de talent. Par contre il n'a jamais su donner de l'ampleur à ses récits. Et c'est bien dommage de maîtriser aussi bien les codes narratifs, sans cette étincelle artistique, ce souffle nécessaire à la création d'une grande œuvre.

02/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Entretien avec un vampire - L'Histoire de Claudia
Entretien avec un vampire - L'Histoire de Claudia

Même si j'ai lu plusieurs romans d'Anne Rice, je n'ai jamais lu Entretien avec un vampire, simplement parce que je connaissais déjà très bien son histoire grâce au film, puis plus récemment à son excellente adaptation en série TV. En découvrant cet album, j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une histoire inédite consacrée à Claudia. En réalité, c'est surtout un changement de point de vue : on revit l'histoire d'Entretien avec un vampire à travers son regard, en se limitant à la période comprise entre sa Naissance et sa disparition, ce qui représente malgré tout la plus grande partie du récit original. J'ai tout de même eu le plaisir d'y découvrir un épisode absent du film, lorsque Louis et Claudia croisent en Europe centrale une étrange créature qui vient enrichir le mythe vampirique imaginé par Anne Rice. Le reste demeure très fidèle au roman, avec un éclairage un peu plus intime sur les sentiments et les motivations de Claudia, ce qui permet de mieux comprendre sa frustration grandissante d'être condamnée à rester éternellement enfermée dans un corps d'enfant. Le dessin d'Ashley Marie Witter est très marqué par une influence asiatique, avec des personnages aux traits fins, juvéniles et souvent androgynes. C'est un style maîtrisé et assez séduisant pour représenter les protagonistes, renforcé par une belle palette de tons sépia où seuls le sang et quelques détails ressortent en rouge. En revanche, cette approche me rappelle parfois certains manga shojo : les personnages occupent presque tout l'espace, tandis que les décors restent souvent réduits au minimum. J'aurais apprécié une mise en scène un peu plus ample et plus immersive. Il faut dire aussi que l'accent est clairement mis sur le romantisme gothique et les longues réflexions métaphysiques autour de l'immortalité, de la solitude, du désir d'aimer et d'être aimé, ou encore de la quête d'une identité impossible. C'est évidemment le cœur même de l'œuvre d'Anne Rice, et l'adaptation lui reste très fidèle. Malgré tout, j'avoue que ces dialogues très lyriques et ces longs monologues ont fini par me lasser par moments, même si l'histoire conserve toute sa force tragique et le pouvoir de fascination qui fait le charme des Chroniques des Vampires.

01/07/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série L'Homme qui vendit la Tour Eiffel
L'Homme qui vendit la Tour Eiffel

Fidèle à sa couverture, cette BD se présente modestement comme une pantalonnade divertissante autour d'une invraisemblable escroquerie. Par son titre et ses illustrations excessivement caricaturales, cette BD impose son horizon d'attente et sa grille de lecture autour de la notion de divertissement. Si les illustrations peuvent légèrement déplaire dans certains de leurs excès (la bouche de l'acolyte plus large que celle d'un métro), leur imitation trop révérencieuse de Blain, les couleurs sembler bien ternes pour le genre, l'on se réjouit du rythme enlevé déployé, sans lequel l'exubérance aurait perdu bien de son charme. Ainsi, la dramaturgie intègre habilement cette nécessité rythmique via le personnage de l'inspecteur et toutes les péripéties en découlant. Par ailleurs, le cinéphile que je suis goûte grandement l'inattendu hommage au chef-d’œuvre de Lubitsch "Trouble in paradise / Haute pègre" distillé par le beau personnage de Miss Tam-Tam, meneuse de revue à la cleptomanie des plus charmantes. Léger, assez amusant et parfaitement divertissant, ni plus ni moins.

01/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Bruno le barbare
Bruno le barbare

Comme beaucoup d’autres avant lui ces derniers temps, Rudy Spiessert nous propose ici un condensé d’humour con et surtout absurde. Je ne sais pas si cela vient du fait que je lise beaucoup d’albums de ce type, et que du coup je suis blasé, mais je suis sorti un chouia déçu de cette lecture. Spiessert va souvent jusqu’au bout d’idées totalement farfelues, loufoques. Il dépasse la simple parodie décalée d’un super-héros débile, pour empiler dialogues et situations absurdes. On atteint même parfois quelque chose de poétique, presque surréaliste, un univers dans lequel humains et objets du quotidien et personnages plus ou moins hybrides (voire parties du corps humain) ont le même statut. L’humour en lui-même ne fonctionne pas forcément – en tout cas je n’ai pas vraiment ri. J’ai par contre souri à plusieurs reprises, et j’ai jusqu’au bout été curieux de voir jusqu’où Spiessert aller pouvoir pousser le curseur. Au final, même si je m’attendais à trouver cet album plus drôle, je reconnais son originalité – qui ne plaira sans doute pas à tous les lecteurs habituels de Fluide. Note réelle 2,5/5.

01/07/2026 (modifier)