Hild, c'est une adaptation d'un récit épique germanique (la Chanson des Nibelungen) centré sur deux de ses personnages féminins.
Je n'ai jamais lu, vu ou écouté d'adaptation de cette épopée, je ne la connais que de très loin, pour tout dire j'ai acheté cet album sur un coup de tête, intriguée par sa couverture et sa promesse de récit épique féminin. Ne connaissant donc pas vraiment le récit de base, je ne pourrais vraisemblablement pas parler du travail d'adaptation voire même de tout simplement savoir ce qui tient de l'adaptation ou ce qui tient de l'invention pour cette histoire.
Néanmoins, sans connaître l'œuvre originale, cet album reste intéressant à lire. On se centre sur Kriemhild, princesse burgonde enfermée bien malgré elle dans le rôle de la femme au foyer, et sur Brunehilde, reine d'Yslande mariée de force à Gunther, roi de Burgondie et frère de Kriemhild. Tout cet album cherche à mettre en lumière ces deux personnages qui, visiblement, dans le récit d'origine était réduites à leur beauté et leur caractère "hystérique" (que de profondeur, mes ami-e-s). Ici, Kriemhild est véritablement enfermée, ployée sous les attentes et les injonctions de la société patriarcale de l'époque, se retrouvant rapidement plus effacée (surtout comparée à la jeune fille fougueuse et désireuse d'aventure qu'elle semblait être plus jeune). Là où Brunehilde, femme à l'origine libre et refusant les règles des hommes (elle ne les porte pas dans son estime et ne cache pas qu'elle n'est pas attirée par eux, préférant la compagnie féminine), une fois mariée contre son gré, cherchera par tous les moyens à garder la tête haute et conserver un contrôle sur sa vie. Chacune d'entre elles est mise en face du machisme, du sexisme et de la violence masculine qui faisaient sans doute partie intégrante du récit d'origine (mais, là encore, je ne pourrais vraiment savoir à quel point). Les hommes ici sont lâches, cruels presque sans s'en rendre compte (par indifférence), violents, étouffants, contrôlants, des violeurs aussi. La figure du "grand héros de la chanson de geste et de l'épopée épique" en prend pour son grade.
Pour autant, même si le récit remet en question la figure héroïque et le sexisme des récits médiévaux, sujets qui me parlent et m'intéressent, je n'ai pas autant accroché que ce que j'aurais voulu. Il manquait d'un je ne sais quoi pour m'attacher davantage à ces personnages. J'ai aimé l'idée derrière les personnages de Kriemhild et Brunehilde, vivant des situations similaires et cruelles mais réagissant et survivant de manière différente, mais j'aurais bien voulu en avoir davantage. J'ai plus eu l'impression de lire un résumé de leurs vies que de vraiment les vivre avec elles. Quoi que, j'ai surtout eu cette impression avec Kriemhild, Brunehilde s'écrasant moins (et vivant aussi deux/trois évènements plus violents et traumatisants) m'a semblée plus détaillée, plus vivante. Mais là, c'est aussi sans doute car Kriemhild joue malheureusement le rôle d'une personne s'effaçant et s'oubliant progressivement.
Légère déception personnellement donc, mais l'album reste bon, la lecture agréable, le dessin est beau et je suis sûre qu'une personne connaissant le récit d'origine pourra être intéressée par cette réécriture.
Russel, un des derniers cowboys décide de raccrocher et de s'installer comme fermier avec le jeune Benett, qu'il a recueilli enfant, et Kirby son bras droit.
Leur route s'arrêtera à Sundance, patelin paumé du Wyoming.
Ce one shot me laisse une impression assez mitigée.
D'un côté je trouve qu'il rend assez bien compte de la dureté du Far West, de sa violence et de son égoïsme.
Graphiquement c'est superbe et les personnages sont intéressants.
Mais de l'autre et c'est malheureusement ce côté qui l'emporte, la fin me laisse sur ma faim ...
Il n'aurait pas fallu grand chose pour emporter complétement mon adhésion.
Un fin un peu plus ''western'', un peu moins neutre.
Reste ce joli message que l'on peut toujours sauver un enfant.
Jusqu'au dernier est donc une belle BD qui vaut surtout par ses dessins.
Un western fantastique qui ne restera pas dans les annales.
Ryder est une ancienne bandite de grand chemin, elle s'est rangée des diligences depuis plusieurs années. Elle est mariée et a une fille, Ryder et son mari s'occupent de leur lopin de terre, ils coulent des jours heureux jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle est atteinte d'une maladie incurable. Elle décide alors de prendre le taureau par les cornes et d'aller défier la Mort. On va ainsi découvrir un monde fantastique, il est peuplé de fantômes et d'étranges créatures. Un périple qui sera semé d'embûches jusqu'à la fatidique rencontre avec la faucheuse.
Un récit sans surprises, les rebondissements sont prévisibles, et notre personnage principal m'a laissé de marbre. On découvre rapidement que rien ne pourra lui arriver avant son dernier duel, c'est la reine du revolver et du couteau. J'ai suivi sa destiné sans déplaisir, la narration est alerte - un quatrième chapitre entièrement muet - elle est ponctuée de quelques planches sur son passé, mais une lecture qui ne me restera pas en mémoire, malgré sa petite morale sur la rédemption.
Graphiquement, Jorge Corona nous gratifie d'un trait vif et anguleux avec une pointe de manga, il apporte du dynamisme au récit. Une colorisation différente, elle est lumineuse pour les jours heureux et plus sombre avec une dominante orangée pour le reste.
Un rendu agréable à contempler.
Sympathique, sans plus.
Un petit 3* limite de connivence, c’est le dessin qui sauve ce diptyque car d’un point de vue récit, je trouve ça bien creux (même pour les fans de l’univers).
Le premier tome passe encore mais le second est assez moyen, je ne trouve pas d’intérêt à cette fin (et donc finalement à la série).
Jodo recycle de nombreux thèmes passés et à venir. Il nous avait déjà offert l’arbre généalogique du Méta-baron (cf : la série La caste), il nous offre maintenant les origines des origines … bah très franchement rien de nouveau.
Alors certes, ça utilise bien ce monde « Space opéra » de créé mais j’espérais un peu autre chose, en plus les persos sont bien moins attachants ou travaillés que dans son aîné.
Du coup, une lecture sans surprise mais surtout sans réel plaisir si ce n’est pour la partie graphique.
Une série de faible intérêt.
2,5
Intrigante BD qui traite du deuil dans un monde viking, le tout avec une esthétique et un ton orienté adolescent. Un mélange assez incongru mais qui arrive à ne jamais tomber dans le pathos ni dans la facilité, ce qui est déjà une belle réussite !
J'ai pris cette BD sans avoir la moindre idée du contenu, et c'est au bout d'une vingtaine de pages que le récit évolue vers son sujet après une introduction mystérieuse qui laisse présager de nombreuses pistes. Le livre construit son propos tranquillement et de façon assez simple, pour ensuite nous en proposer la résolution des années plus tard. L'histoire se passe dans un monde viking surtout pour en développer certains aspects liés à la spiritualité vis-à-vis des morts. C'est d'ailleurs le seul aspect qui semble intéresser l'autrice dans le développement de cet univers.
Personnellement j'ai apprécié la lecture de cet ouvrage, même si je l'ai trouvé un peu limité pour ma part. Il faut dire que le propos semble s'adresser à un public plus adolescent, à l'image de son personnage principal, qui n'arrive pas à faire le deuil de son frère. L'autrice fait intelligemment comprendre que sa volonté de rédemption par la violence est un cul-de-sac, mais sans non plus le faire trop frontalement. L'histoire s'étale tout de même avant de donner sa conclusion et c'est tout à son honneur. Le seul hic que j'y vois, c'est le côté un peu trop gentillet. On a quand même une fin un peu trop belle quant aux personnages, et je trouve que la résolution est certes belle, mais résout un peu trop vite le deuil. J'aurais apprécié cette petite pointe de rappel ensuite que si la douleur peut disparaitre, il reste toujours quelque chose ...
Niveau dessin, l'autrice se fait plaisir même si j'ai l'impression de voir quelque chose d'assez régulier dans ces productions à destination des adolescents depuis quelques temps. Mais c'est bien fait et assez coloré, agréable à l’œil. En soi, la BD a tout ce qu'il faut pour son public cible qui me semble être les adolescents, mais un adulte pourra la lire sans s'ennuyer non plus.
J'avais une première expérience de l'auteur avec Université X qui m'avait laissé un gout un peu amer. Ici l'album propose toujours son dessin (avec des personnages féminins aux bouches étrangement semblable, d'ailleurs) mis en couleur cette fois-ci et un scénario ... plus sympathique, dirais-je !
On est sur de la BD X avec scénettes diverses, chaque histoire comportant huit planches environ. C'est juste que progressivement les histoires s'enchainent les unes dans les autres dans une trame globale. Disons-le tout de suite, c'est pas pour ce scénario qu'on va lire l'histoire. Il est assez grossier et pas franchement des plus incroyable, mais il a le mérite d'exister et de donner une consistance à toutes ces scènes de sexe présentées. Puisque chaque histoire présente une scène en gros, suivi généralement d'une chute assez sympathique. Il y a de pas mal d'humour dans l'ensemble et le final a même quelques morales pas franchement dégueulasses. Je dois bien le dire, j'ai été étonné de ce qui est proposé ! Rien que la question de la représentation de Satan m'a bien plu : on sent le côté volontairement à contre-emploi de son traitement. Un Satan presque humaniste par certains côtés, ça fleure bon la critique religieuse (j'ai pas l'impression que l'auteur soit en odeur de sainteté avec l’Église).
Niveau dessin, ça reste un peu trop classique. Des cadrages parfois étranges, des cases qui sont souvent surchargées... J'ai l'impression que les impératifs de production (8 pages pour chaque histoire) l'ont obligé à tout mettre dans des cases parfois trop étroites. Les scènes de sexe s'enchainent donc avec un peu d'histoire entre, le tout dans une pagination parfois serrée. C'est sympathique, je suis content de voir que la morale finale reste positive et certaines touches d'humour ont parfaitement bien fonctionné. C'est du pas mal dans le genre, du milieu de gamme sympathique.
Une petite histoire légère qui fait du bien. Typiquement le genre de comédie feel-good qui n'a pas de grandes ambitions sinon de faire rire et de donner un peu de baume au cœur, le tout dans un dessin dynamique et coloré.
Le diptyque est simple, l'histoire ayant son déroulé très linéaire même si très vite on comprend que quelque chose se joue en arrière-plan, tandis que les deux albums se déroulent à toute vitesse. C'est pratique pour éviter de se reposer sur les quelques moments du scénario qui pourraient faire lever le sourcil, mais sinon tout converge vers un final qui propose une résolution agréable et rigolote. En somme, tout ce qu'il faut pour passer un excellent moment.
Ma note est légèrement rabaissé pour deux raisons : le dessin est très dynamique mais parfois un peu trop, notamment dans les explosions de colère très graphique qui semblent parfois de trop. De même, le dessin est parfois un peu surchargé à mon gout, et aurait pu être plus clair de temps en temps. Ce sont des détails, la lecture ne s'en trouve pas retardée. Le deuxième point est plus dans l'écriture de l'histoire, et je dois dire que le personnage de Amédée est parfois un peu trop colérique et prompt à pousser la gueulante. Le reste de l'écriture est franchement bon, autant dans ses discours et ses prises de position que dans ses actes, drôles mais aussi réfléchi plus souvent qu'on y croit. Il est touchant, mais c'est dommage de le voir si souvent s'engueuler avec des gens. A un moment donné de l'histoire j'ai trouvé que c'était trop régulier.
Mais voila, en dehors de ces deux points j'ai été charmé par la lecture de ces trois compères prompt à déclencher des situations incongrues en permanence, le tout dans des échanges amusants avec des petites piques en tout sens. C'est amusant et plaisant à lire, si vous n'en attendez pas plus, ça me semble destiné à tous !
Soeur Justine est une jeune et jolie religieuse dans un monastère espagnol : très pieuse, elle suit scrupuleusement les règles monacales et prie et travaille avec ferveur. Mais elle est également connue sous le nom de Soeur Calvaire 24 quand elle est envoyée en mission d'exorcisme extrême par le Saint Siège. Elle chausse alors ses rangers, s'arme de son eau bénite et de sa bible, se fait accompagner par son bull terrier Natas et part en expédition pour apporter le pardon divin aux démons les plus dangereux.
On pourrait s'imaginer une banale histoire de contraste entre une fausse religieuse sage et adorable, et sa version bourrine et déjantée qui tabasse du démon. Mais non, justement, cette BD a la bonne idée de laisser la même personnalité mignonne et très pieuse à son héroïne qu'elle soit au monastère ou en mission anti démon. Certes elle ne craint pas les monstrueuses créatures démoniaques mais hormis quelques coups d'arts martiaux, elle les combat avant tout avec l'amour de Dieu, des prières en latin et des projections d'eau bénite. C'est là qu'est l'humour justement, de voir cette jolie ingénue aux grands yeux se bagarrer aussi pieusement pour purifier et absoudre les âmes déchues des démons.
C'est aussi tout le contraste avec le partenaire qu'elle va côtoyer un peu malgré elle, un exorciste musulman hâbleur et gentiment cupide, qui à l'inverse d'elle combat à coups de mitrailleuse gatling et de lance-missiles... quand il n'est pas plongé dans livres pour trouver des informations sur les démons et sur l'origine des pouvoirs de Soeur Calvaire.
C'est une série de divertissement composée d'action et d'humour. C'est léger, un peu superficiel mais amusant et plutôt bien dessiné. La jolie Soeur Calvaire et très mignonne derrière ses grandes lunettes et elle donne envie de suivre ses aventures.
Là où je suis surpris par contre, c'est de voir l'éditeur et les auteurs présenter cette BD comme un one-shot alors qu'il ressemble nettement plus à l'introduction d'une série à suivre. Des mystères sont mis en place, des promesses de développement, une intrigue qui semble s'entamer et... qui se termine avec le mot Fin de cet unique tome sans être résolue ni avoir déployé ses ailes. Je soupçonne un choix éditorial de présenter la chose comme une histoire complète en un tome, et d'offrir une suite si le succès commercial est au rendez-vous. Mais telle quelle, elle laisse sur sa faim alors qu'elle était plaisante à suivre et que j'en aurais volontiers lu davantage pour voir où les auteurs allaient nous mener.
Clémence est lesbienne et souffre du traumatisme causé par une agression sexuelle passée. Face à ses amies, elle présente l'image d'une femme forte et toujours en colère, prête à défendre bec et ongles les faibles contre les oppresseurs. Mais en réalité, elle est perdue et en pleine dépression, ne sachant plus quel sens donner à sa vie dans un monde qu'elle estime injuste et truqué par le patriarcat. Elle va alors entamer une thérapie au sein d'un groupe de parole pour victimes d’agressions sexuelles dans lequel les victimes témoignent de leurs traumatismes et se soutiennent mutuellement. Et en parallèle elle va rencontrer une femme qu'elle va aimer profondément.
C'est une BD très crue et réaliste sur un sujet dur : le viol, ses conséquences, et tout ce que cela révèle sur la société patriarcale. L'héroïne est lesbienne et tout son entourage l'est également, hormis les autres membres du groupe de parole qui ne le sont pas forcément. Mais en tout cas, il n'y a quasiment aucun homme dans cet ouvrage, hormis des personnages méprisables ou juste médiocres. C'est un constat qui ne vient qu'après coup car la lecture se fait naturellement et on ne s'étonne pas trop de ne naviguer qu'au sein d'un univers purement féminin.
Toutefois, l'entame n'est pas évidente car les protagonistes sont québécoises et les premières pages les voient parler dans un argot prononcé, empreint de nombres d'anglicismes et de phrases qu'on croirait issues d'un chat internet. Je cite une bulle de dialogue de l'héroïne par exemple : "Esti... ce vieux dude ! Need : le tuer !". Entre ça et un discours très militant et assez woke dans ces premières pages, ce n'est pas facile à accrocher. D'ailleurs, jusqu'à la dernière page, j'ai grincé des dents en voyant désigner "les vieux mecs" comme la source de la connerie et du mal sur Terre. Vu l'âge de l'héroïne et de l'autrice, je suis sans équivoque un "vieux mec" pour elles et cet amalgame m'exaspère.
Le dessin lui aussi n'est pas facile à aborder. Autant les visages sont expressifs et la mise en scène est bonne, autant il y a des vraies carences techniques ici et là, comme par exemple ces mains dessinées comme des raquettes de ping pong, avec des traits à l'intérieur délimitant les doigts. Il faut savoir passer outre pour se focaliser sur le récit.
Et justement, quand Clémence commence à montrer les failles derrière sa colère, elle se révèle plus attachante et on commence à mieux la comprendre... Et les dialogues suivront étrangement le même chemin, devenant écrits dans un français plus classique et moins teinté d'argot, comme gagnant en maturité. Si le début de sa thérapie de groupe est un peu plombant tant on la voit en pleine dépression, on apprécie de constater les progrès qu'elle fait peu à peu, comment elle remonte la pente, en partie aussi grâce à son nouvel amour qui est très proche d'elle, compréhensive et motivante. Tout se fait avec un grand naturel, une vraie justesse, et on ressort optimiste de la fin de sa thérapie et de la fin de l'album lui-même.
Il y a de l'espoir, et le bonheur peut être retrouvé.
Je n'arrive pas à me former une opinion claire sur cette BD. D'un côté, je l'ai trouvée relativement instructive même si rien d'extaordinairement surprenant n'en ressort, et d'un autre côté j'ai trouvé son message biaisé.
Biaisé déjà parce que la BD a plus de dix ans et cela se ressent déjà dans ses références, les personnages qu'elle cite et ceux qu'elle ne cite pas alors qu'ils sont aujourd'hui bien plus des symbôles de l'ultra-richesse et de sa décadence.
Biaisé aussi parce qu'elle semble confondre être riche et être un grand bourgeois issu d'une grande famille riche. C'est en effet sur ce sujet que le documentaire se focalise sur sa dernière et plus longue partie, et c'est ce qui explique le titre : vous ne pouvez pas devenir riche parce que vous n'avez pas toute la culture et le réseau de ces vieilles familles qui s'entraident. Faut-il donc en déduire que les ultra-riches des GAFA et autres Musk ne sont pas riches parce qu'ils ne sont pas issus de grandes familles ? Bizarre comme façon de voire l'ultra-richesse... Et d'ailleurs oui, par "riche", cette BD entend "ultra-riche", pas juste financièrement aisé.
Et biaisé aussi parce que ce documentaire se focalise trop sur la France et les riches francophones, semblant ignorer les étrangers qui sont plus nombreux et bien plus riches encore.
Mais d'un autre côté, cette lecture a su mettre le doigt sur certaines vérités, aussi plombantes soient-elles pour le moral, notamment à quel point une frange minime de la société vit détachée du monde en s'auto-entretenant et en s'entraidant pour rester au-dessus de la plèbe que forment les gens du commun. Elle montre à quel point ce n'est pas qu'une histoire de sous mais bien de façon d'être, de façon d'entretenir des relations, de marcher sur les épaules des plus petits. Un riche ne dépense pas, il investit, et il ne se fait pas d'amis, il se fait un réseau.
Je dois avouer que ça me déprime...
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Hild - Les Femmes des Nibelungen
Hild, c'est une adaptation d'un récit épique germanique (la Chanson des Nibelungen) centré sur deux de ses personnages féminins. Je n'ai jamais lu, vu ou écouté d'adaptation de cette épopée, je ne la connais que de très loin, pour tout dire j'ai acheté cet album sur un coup de tête, intriguée par sa couverture et sa promesse de récit épique féminin. Ne connaissant donc pas vraiment le récit de base, je ne pourrais vraisemblablement pas parler du travail d'adaptation voire même de tout simplement savoir ce qui tient de l'adaptation ou ce qui tient de l'invention pour cette histoire. Néanmoins, sans connaître l'œuvre originale, cet album reste intéressant à lire. On se centre sur Kriemhild, princesse burgonde enfermée bien malgré elle dans le rôle de la femme au foyer, et sur Brunehilde, reine d'Yslande mariée de force à Gunther, roi de Burgondie et frère de Kriemhild. Tout cet album cherche à mettre en lumière ces deux personnages qui, visiblement, dans le récit d'origine était réduites à leur beauté et leur caractère "hystérique" (que de profondeur, mes ami-e-s). Ici, Kriemhild est véritablement enfermée, ployée sous les attentes et les injonctions de la société patriarcale de l'époque, se retrouvant rapidement plus effacée (surtout comparée à la jeune fille fougueuse et désireuse d'aventure qu'elle semblait être plus jeune). Là où Brunehilde, femme à l'origine libre et refusant les règles des hommes (elle ne les porte pas dans son estime et ne cache pas qu'elle n'est pas attirée par eux, préférant la compagnie féminine), une fois mariée contre son gré, cherchera par tous les moyens à garder la tête haute et conserver un contrôle sur sa vie. Chacune d'entre elles est mise en face du machisme, du sexisme et de la violence masculine qui faisaient sans doute partie intégrante du récit d'origine (mais, là encore, je ne pourrais vraiment savoir à quel point). Les hommes ici sont lâches, cruels presque sans s'en rendre compte (par indifférence), violents, étouffants, contrôlants, des violeurs aussi. La figure du "grand héros de la chanson de geste et de l'épopée épique" en prend pour son grade. Pour autant, même si le récit remet en question la figure héroïque et le sexisme des récits médiévaux, sujets qui me parlent et m'intéressent, je n'ai pas autant accroché que ce que j'aurais voulu. Il manquait d'un je ne sais quoi pour m'attacher davantage à ces personnages. J'ai aimé l'idée derrière les personnages de Kriemhild et Brunehilde, vivant des situations similaires et cruelles mais réagissant et survivant de manière différente, mais j'aurais bien voulu en avoir davantage. J'ai plus eu l'impression de lire un résumé de leurs vies que de vraiment les vivre avec elles. Quoi que, j'ai surtout eu cette impression avec Kriemhild, Brunehilde s'écrasant moins (et vivant aussi deux/trois évènements plus violents et traumatisants) m'a semblée plus détaillée, plus vivante. Mais là, c'est aussi sans doute car Kriemhild joue malheureusement le rôle d'une personne s'effaçant et s'oubliant progressivement. Légère déception personnellement donc, mais l'album reste bon, la lecture agréable, le dessin est beau et je suis sûre qu'une personne connaissant le récit d'origine pourra être intéressée par cette réécriture.
Jusqu'au dernier
Russel, un des derniers cowboys décide de raccrocher et de s'installer comme fermier avec le jeune Benett, qu'il a recueilli enfant, et Kirby son bras droit. Leur route s'arrêtera à Sundance, patelin paumé du Wyoming. Ce one shot me laisse une impression assez mitigée. D'un côté je trouve qu'il rend assez bien compte de la dureté du Far West, de sa violence et de son égoïsme. Graphiquement c'est superbe et les personnages sont intéressants. Mais de l'autre et c'est malheureusement ce côté qui l'emporte, la fin me laisse sur ma faim ... Il n'aurait pas fallu grand chose pour emporter complétement mon adhésion. Un fin un peu plus ''western'', un peu moins neutre. Reste ce joli message que l'on peut toujours sauver un enfant. Jusqu'au dernier est donc une belle BD qui vaut surtout par ses dessins.
Aucune tombe assez profonde
Un western fantastique qui ne restera pas dans les annales. Ryder est une ancienne bandite de grand chemin, elle s'est rangée des diligences depuis plusieurs années. Elle est mariée et a une fille, Ryder et son mari s'occupent de leur lopin de terre, ils coulent des jours heureux jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle est atteinte d'une maladie incurable. Elle décide alors de prendre le taureau par les cornes et d'aller défier la Mort. On va ainsi découvrir un monde fantastique, il est peuplé de fantômes et d'étranges créatures. Un périple qui sera semé d'embûches jusqu'à la fatidique rencontre avec la faucheuse. Un récit sans surprises, les rebondissements sont prévisibles, et notre personnage principal m'a laissé de marbre. On découvre rapidement que rien ne pourra lui arriver avant son dernier duel, c'est la reine du revolver et du couteau. J'ai suivi sa destiné sans déplaisir, la narration est alerte - un quatrième chapitre entièrement muet - elle est ponctuée de quelques planches sur son passé, mais une lecture qui ne me restera pas en mémoire, malgré sa petite morale sur la rédemption. Graphiquement, Jorge Corona nous gratifie d'un trait vif et anguleux avec une pointe de manga, il apporte du dynamisme au récit. Une colorisation différente, elle est lumineuse pour les jours heureux et plus sombre avec une dominante orangée pour le reste. Un rendu agréable à contempler. Sympathique, sans plus.
Castaka
Un petit 3* limite de connivence, c’est le dessin qui sauve ce diptyque car d’un point de vue récit, je trouve ça bien creux (même pour les fans de l’univers). Le premier tome passe encore mais le second est assez moyen, je ne trouve pas d’intérêt à cette fin (et donc finalement à la série). Jodo recycle de nombreux thèmes passés et à venir. Il nous avait déjà offert l’arbre généalogique du Méta-baron (cf : la série La caste), il nous offre maintenant les origines des origines … bah très franchement rien de nouveau. Alors certes, ça utilise bien ce monde « Space opéra » de créé mais j’espérais un peu autre chose, en plus les persos sont bien moins attachants ou travaillés que dans son aîné. Du coup, une lecture sans surprise mais surtout sans réel plaisir si ce n’est pour la partie graphique. Une série de faible intérêt. 2,5
Ce que les corbeaux nous laissent
Intrigante BD qui traite du deuil dans un monde viking, le tout avec une esthétique et un ton orienté adolescent. Un mélange assez incongru mais qui arrive à ne jamais tomber dans le pathos ni dans la facilité, ce qui est déjà une belle réussite ! J'ai pris cette BD sans avoir la moindre idée du contenu, et c'est au bout d'une vingtaine de pages que le récit évolue vers son sujet après une introduction mystérieuse qui laisse présager de nombreuses pistes. Le livre construit son propos tranquillement et de façon assez simple, pour ensuite nous en proposer la résolution des années plus tard. L'histoire se passe dans un monde viking surtout pour en développer certains aspects liés à la spiritualité vis-à-vis des morts. C'est d'ailleurs le seul aspect qui semble intéresser l'autrice dans le développement de cet univers. Personnellement j'ai apprécié la lecture de cet ouvrage, même si je l'ai trouvé un peu limité pour ma part. Il faut dire que le propos semble s'adresser à un public plus adolescent, à l'image de son personnage principal, qui n'arrive pas à faire le deuil de son frère. L'autrice fait intelligemment comprendre que sa volonté de rédemption par la violence est un cul-de-sac, mais sans non plus le faire trop frontalement. L'histoire s'étale tout de même avant de donner sa conclusion et c'est tout à son honneur. Le seul hic que j'y vois, c'est le côté un peu trop gentillet. On a quand même une fin un peu trop belle quant aux personnages, et je trouve que la résolution est certes belle, mais résout un peu trop vite le deuil. J'aurais apprécié cette petite pointe de rappel ensuite que si la douleur peut disparaitre, il reste toujours quelque chose ... Niveau dessin, l'autrice se fait plaisir même si j'ai l'impression de voir quelque chose d'assez régulier dans ces productions à destination des adolescents depuis quelques temps. Mais c'est bien fait et assez coloré, agréable à l’œil. En soi, la BD a tout ce qu'il faut pour son public cible qui me semble être les adolescents, mais un adulte pourra la lire sans s'ennuyer non plus.
Akelarre
J'avais une première expérience de l'auteur avec Université X qui m'avait laissé un gout un peu amer. Ici l'album propose toujours son dessin (avec des personnages féminins aux bouches étrangement semblable, d'ailleurs) mis en couleur cette fois-ci et un scénario ... plus sympathique, dirais-je ! On est sur de la BD X avec scénettes diverses, chaque histoire comportant huit planches environ. C'est juste que progressivement les histoires s'enchainent les unes dans les autres dans une trame globale. Disons-le tout de suite, c'est pas pour ce scénario qu'on va lire l'histoire. Il est assez grossier et pas franchement des plus incroyable, mais il a le mérite d'exister et de donner une consistance à toutes ces scènes de sexe présentées. Puisque chaque histoire présente une scène en gros, suivi généralement d'une chute assez sympathique. Il y a de pas mal d'humour dans l'ensemble et le final a même quelques morales pas franchement dégueulasses. Je dois bien le dire, j'ai été étonné de ce qui est proposé ! Rien que la question de la représentation de Satan m'a bien plu : on sent le côté volontairement à contre-emploi de son traitement. Un Satan presque humaniste par certains côtés, ça fleure bon la critique religieuse (j'ai pas l'impression que l'auteur soit en odeur de sainteté avec l’Église). Niveau dessin, ça reste un peu trop classique. Des cadrages parfois étranges, des cases qui sont souvent surchargées... J'ai l'impression que les impératifs de production (8 pages pour chaque histoire) l'ont obligé à tout mettre dans des cases parfois trop étroites. Les scènes de sexe s'enchainent donc avec un peu d'histoire entre, le tout dans une pagination parfois serrée. C'est sympathique, je suis content de voir que la morale finale reste positive et certaines touches d'humour ont parfaitement bien fonctionné. C'est du pas mal dans le genre, du milieu de gamme sympathique.
À coucher dehors
Une petite histoire légère qui fait du bien. Typiquement le genre de comédie feel-good qui n'a pas de grandes ambitions sinon de faire rire et de donner un peu de baume au cœur, le tout dans un dessin dynamique et coloré. Le diptyque est simple, l'histoire ayant son déroulé très linéaire même si très vite on comprend que quelque chose se joue en arrière-plan, tandis que les deux albums se déroulent à toute vitesse. C'est pratique pour éviter de se reposer sur les quelques moments du scénario qui pourraient faire lever le sourcil, mais sinon tout converge vers un final qui propose une résolution agréable et rigolote. En somme, tout ce qu'il faut pour passer un excellent moment. Ma note est légèrement rabaissé pour deux raisons : le dessin est très dynamique mais parfois un peu trop, notamment dans les explosions de colère très graphique qui semblent parfois de trop. De même, le dessin est parfois un peu surchargé à mon gout, et aurait pu être plus clair de temps en temps. Ce sont des détails, la lecture ne s'en trouve pas retardée. Le deuxième point est plus dans l'écriture de l'histoire, et je dois dire que le personnage de Amédée est parfois un peu trop colérique et prompt à pousser la gueulante. Le reste de l'écriture est franchement bon, autant dans ses discours et ses prises de position que dans ses actes, drôles mais aussi réfléchi plus souvent qu'on y croit. Il est touchant, mais c'est dommage de le voir si souvent s'engueuler avec des gens. A un moment donné de l'histoire j'ai trouvé que c'était trop régulier. Mais voila, en dehors de ces deux points j'ai été charmé par la lecture de ces trois compères prompt à déclencher des situations incongrues en permanence, le tout dans des échanges amusants avec des petites piques en tout sens. C'est amusant et plaisant à lire, si vous n'en attendez pas plus, ça me semble destiné à tous !
Soeur Calvaire
Soeur Justine est une jeune et jolie religieuse dans un monastère espagnol : très pieuse, elle suit scrupuleusement les règles monacales et prie et travaille avec ferveur. Mais elle est également connue sous le nom de Soeur Calvaire 24 quand elle est envoyée en mission d'exorcisme extrême par le Saint Siège. Elle chausse alors ses rangers, s'arme de son eau bénite et de sa bible, se fait accompagner par son bull terrier Natas et part en expédition pour apporter le pardon divin aux démons les plus dangereux. On pourrait s'imaginer une banale histoire de contraste entre une fausse religieuse sage et adorable, et sa version bourrine et déjantée qui tabasse du démon. Mais non, justement, cette BD a la bonne idée de laisser la même personnalité mignonne et très pieuse à son héroïne qu'elle soit au monastère ou en mission anti démon. Certes elle ne craint pas les monstrueuses créatures démoniaques mais hormis quelques coups d'arts martiaux, elle les combat avant tout avec l'amour de Dieu, des prières en latin et des projections d'eau bénite. C'est là qu'est l'humour justement, de voir cette jolie ingénue aux grands yeux se bagarrer aussi pieusement pour purifier et absoudre les âmes déchues des démons. C'est aussi tout le contraste avec le partenaire qu'elle va côtoyer un peu malgré elle, un exorciste musulman hâbleur et gentiment cupide, qui à l'inverse d'elle combat à coups de mitrailleuse gatling et de lance-missiles... quand il n'est pas plongé dans livres pour trouver des informations sur les démons et sur l'origine des pouvoirs de Soeur Calvaire. C'est une série de divertissement composée d'action et d'humour. C'est léger, un peu superficiel mais amusant et plutôt bien dessiné. La jolie Soeur Calvaire et très mignonne derrière ses grandes lunettes et elle donne envie de suivre ses aventures. Là où je suis surpris par contre, c'est de voir l'éditeur et les auteurs présenter cette BD comme un one-shot alors qu'il ressemble nettement plus à l'introduction d'une série à suivre. Des mystères sont mis en place, des promesses de développement, une intrigue qui semble s'entamer et... qui se termine avec le mot Fin de cet unique tome sans être résolue ni avoir déployé ses ailes. Je soupçonne un choix éditorial de présenter la chose comme une histoire complète en un tome, et d'offrir une suite si le succès commercial est au rendez-vous. Mais telle quelle, elle laisse sur sa faim alors qu'elle était plaisante à suivre et que j'en aurais volontiers lu davantage pour voir où les auteurs allaient nous mener.
Clémence en colère
Clémence est lesbienne et souffre du traumatisme causé par une agression sexuelle passée. Face à ses amies, elle présente l'image d'une femme forte et toujours en colère, prête à défendre bec et ongles les faibles contre les oppresseurs. Mais en réalité, elle est perdue et en pleine dépression, ne sachant plus quel sens donner à sa vie dans un monde qu'elle estime injuste et truqué par le patriarcat. Elle va alors entamer une thérapie au sein d'un groupe de parole pour victimes d’agressions sexuelles dans lequel les victimes témoignent de leurs traumatismes et se soutiennent mutuellement. Et en parallèle elle va rencontrer une femme qu'elle va aimer profondément. C'est une BD très crue et réaliste sur un sujet dur : le viol, ses conséquences, et tout ce que cela révèle sur la société patriarcale. L'héroïne est lesbienne et tout son entourage l'est également, hormis les autres membres du groupe de parole qui ne le sont pas forcément. Mais en tout cas, il n'y a quasiment aucun homme dans cet ouvrage, hormis des personnages méprisables ou juste médiocres. C'est un constat qui ne vient qu'après coup car la lecture se fait naturellement et on ne s'étonne pas trop de ne naviguer qu'au sein d'un univers purement féminin. Toutefois, l'entame n'est pas évidente car les protagonistes sont québécoises et les premières pages les voient parler dans un argot prononcé, empreint de nombres d'anglicismes et de phrases qu'on croirait issues d'un chat internet. Je cite une bulle de dialogue de l'héroïne par exemple : "Esti... ce vieux dude ! Need : le tuer !". Entre ça et un discours très militant et assez woke dans ces premières pages, ce n'est pas facile à accrocher. D'ailleurs, jusqu'à la dernière page, j'ai grincé des dents en voyant désigner "les vieux mecs" comme la source de la connerie et du mal sur Terre. Vu l'âge de l'héroïne et de l'autrice, je suis sans équivoque un "vieux mec" pour elles et cet amalgame m'exaspère. Le dessin lui aussi n'est pas facile à aborder. Autant les visages sont expressifs et la mise en scène est bonne, autant il y a des vraies carences techniques ici et là, comme par exemple ces mains dessinées comme des raquettes de ping pong, avec des traits à l'intérieur délimitant les doigts. Il faut savoir passer outre pour se focaliser sur le récit. Et justement, quand Clémence commence à montrer les failles derrière sa colère, elle se révèle plus attachante et on commence à mieux la comprendre... Et les dialogues suivront étrangement le même chemin, devenant écrits dans un français plus classique et moins teinté d'argot, comme gagnant en maturité. Si le début de sa thérapie de groupe est un peu plombant tant on la voit en pleine dépression, on apprécie de constater les progrès qu'elle fait peu à peu, comment elle remonte la pente, en partie aussi grâce à son nouvel amour qui est très proche d'elle, compréhensive et motivante. Tout se fait avec un grand naturel, une vraie justesse, et on ressort optimiste de la fin de sa thérapie et de la fin de l'album lui-même. Il y a de l'espoir, et le bonheur peut être retrouvé.
Riche, pourquoi pas toi ?
Je n'arrive pas à me former une opinion claire sur cette BD. D'un côté, je l'ai trouvée relativement instructive même si rien d'extaordinairement surprenant n'en ressort, et d'un autre côté j'ai trouvé son message biaisé. Biaisé déjà parce que la BD a plus de dix ans et cela se ressent déjà dans ses références, les personnages qu'elle cite et ceux qu'elle ne cite pas alors qu'ils sont aujourd'hui bien plus des symbôles de l'ultra-richesse et de sa décadence. Biaisé aussi parce qu'elle semble confondre être riche et être un grand bourgeois issu d'une grande famille riche. C'est en effet sur ce sujet que le documentaire se focalise sur sa dernière et plus longue partie, et c'est ce qui explique le titre : vous ne pouvez pas devenir riche parce que vous n'avez pas toute la culture et le réseau de ces vieilles familles qui s'entraident. Faut-il donc en déduire que les ultra-riches des GAFA et autres Musk ne sont pas riches parce qu'ils ne sont pas issus de grandes familles ? Bizarre comme façon de voire l'ultra-richesse... Et d'ailleurs oui, par "riche", cette BD entend "ultra-riche", pas juste financièrement aisé. Et biaisé aussi parce que ce documentaire se focalise trop sur la France et les riches francophones, semblant ignorer les étrangers qui sont plus nombreux et bien plus riches encore. Mais d'un autre côté, cette lecture a su mettre le doigt sur certaines vérités, aussi plombantes soient-elles pour le moral, notamment à quel point une frange minime de la société vit détachée du monde en s'auto-entretenant et en s'entraidant pour rester au-dessus de la plèbe que forment les gens du commun. Elle montre à quel point ce n'est pas qu'une histoire de sous mais bien de façon d'être, de façon d'entretenir des relations, de marcher sur les épaules des plus petits. Un riche ne dépense pas, il investit, et il ne se fait pas d'amis, il se fait un réseau. Je dois avouer que ça me déprime...