Les derniers avis (5 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Supermatou
Supermatou

Je pense que j'ai découvert cette série trop tard pour l'apprécier totalement. J'avais lu quelques récits dans des vieux Pif Gadget que j'avais trouvé en occasion lorsque j'étais déjà un adolescent et c'est une fois adulte que j'ai enfin pu lire la série en album vu que cela a prit du temps avant que Supermatou soit publié dans ce format. L'humour s'adresse aux enfants quoique cela peu toujours faire sourire un adulte. J'ai été éblouie par la manière dont Poirier utilisait son imagination parce que les récits vont très loin dans l'absurde et je ne savais jamais ce qui allait se produire dans les histoires. C'est dommage qu'un auteur aussi créatif soit oublié en dehors des nostalgiques de Pif. J'aime aussi son dessin qui est à la fois dynamique et personnelle. Je suis certain que si j'avais lu ça tout petit cela aurait été une de mes bandes dessinées de Pif préférés. Cela reste agréable à lire adulte, mais l'humour est parfois un peu lourd et c'est le genre de série qui devient un peu indigeste lorsqu'on lit des dizaines de récits sans faire de pause.

02/04/2025 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Spectregraph
Spectregraph

Spectregraph est un comics signé par le scénariste du remarqué The Nice House on the lake. Il sera ici question d'un manoir (encore), appartenant à un magnat de l'industrie. celui-ci a développé le lieu pour en faire un bâtiment d'exception, une sorte de forteresse énigmatique destinée à construire une machine un peu spéciale. A son décès les acheteurs potentiels sont pressé de visiter ce lieu atypique, et c'est justement une de ces visites qui ouvre l'intrigue. Ce manoir est surtout le point de départ d'une histoire de fantômes, un récit fantastique qui flirte avec l'horreur, sans pour autant filer la chair de poule. Certes les spectres vont déambuler dans les couloirs et effrayer nos héroïnes, mais les séquences qui les mettent en scènes ne sont pas toujours bien claires. En partie par des découpages et des mises en pages originales, en partie parce que les scènes sont assez sombre, mais aussi et surtout parce que l'action n'est pas toujours très limpide lorsque on a des tranches de fantômes un peu partout dans les pages. On ne comprend pas toujours bien ce qui se passe. Pour autant, l'histoire n'est pas désagréable. Elle est rythmée par des flashbacks qui amènent progressivement à comprendre ce que le créateur a réussi à faire au fil des années. Et surtout c'est avec curiosité qu'on se demande jusqu'à la fin si nos 2 héroïnes vont réussir à sortir du manoir. L'histoire se conclue en beauté par un final plutôt surprenant et totalement satisfaisant.

02/04/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Strange Fruit - La Chanson d'Abel
Strange Fruit - La Chanson d'Abel

Southern trees bear a strange fruit Blood on the leaves and blood at the root Black bodies swinging in the southern breeze Strange fruit hanging from the poplar trees Strange Fruit est une chanson choc datant de 1937 et qui dénonce avec force les lynchages racistes qui avaient encore cours dans le sud des USA. Même si son interprète la plus célèbre est la chanteuse de jazz Billie Holiday, elle avait été écrite deux ans plus tôt par Abel Meeropol, auteur et parolier new yorkais d'origine juive. Ce dernier, sympathisant de la mouvance communiste et marqué par l'injustice qui subissent les peuples opprimés, l'avait écrite comme un vrai pamphlet dénonciateur et comptait bien que la célèbre chanteuse porte son message aux oreilles de tous les américains. Et s'il a fallu un certain temps avant qu'elle accepte de changer de registre pour passer des chansons d'amour à cette chanson politique, elle a finalement fait sa renommée... et en même temps attiré sur elle et sur Meeropol bien des soucis politiques et financiers. Cet album est une double biographie, celle du parolier et celle de la chanteuse, entre 1939 et 1957. A travers eux, on découvre l'Amérique d'alors, entre Ségrégationnisme et Maccarthysme, racisme et chasse aux communistes. D'un côté, Billie Holiday subissait ce racisme malgré sa fortune, ayant notamment attiré le harcèlement de policiers qui avaient repéré en elle une consommatrice accro à la drogue qui allait peu à peu la détruire. Et d'un autre côté, Abel Meeropol devait jongler entre ses amitiés communistes, sans avoir jamais été lui-même membre du parti, et les conséquences de sa chanson qui là encore ont attiré les regards haineux vers lui et affecté sa carrière. A. Dan met cela en image avec un style pas forcément parfait mais très classe, notamment grâce à un encrage rappelant le fusain qui se marie bien avec l'élégance des couleurs. La narration prend la forme de souvenirs racontés par les deux protagonistes lorsqu'ils se retrouvent des années plus tard. Cela donne de la vie et évite la structure ennuyeuse des récits historiques, mais les sauts chronologiques en avant et en arrière dans leurs dialogues sont parfois embrouillés et on peut s'y perdre dans ce qu'il s'est passé avant ou après d'autres passages. Si cette BD est instructive sur une époque, sur une chanteuse célèbre et sur une chanson en particulier et le parcours de son parolier, elle dégage relativement peu d'émotions. Pourtant c'est bien au côté du parolier que l'on est le plus souvent, partageant ses doutes et les ennuis qu'il subit au cours de son parcours. Mais il reste malheureusement relativement distant du lecteur du fait de cette narration qui n'a guère d'autre choix que de sauter de dates en dates tandis que les faits sont racontés au plus proche de la vérité historique. On ressent toutefois largement l'amertume que l'on peut ressentir d'une part à voir une femme talentueuse gâcher sa vie à cause de l'alcool et de la drogue, et d'autre part à voir un artiste écrivain subir les affres d'une époque résolument réactionnaire. J'ai appris des choses sur ces personnes, cette chanson et cette époque, et j'ai eu droit pour cela à un beau dessin et un bel album, c'est déjà bien.

02/04/2025 (modifier)
Couverture de la série Hedra
Hedra

Les Humanoïdes Associés publient en même temps deux BD muettes qui, très différentes l’une de l’autre, se révèlent toutes deux intrigantes et originales. Même si j’ai clairement été davantage touché par Cometa, j’ai quand même plutôt apprécié cet album. J’ai toutefois été dérouté par la construction des planches, qui m’a parfois un peu gêné, ne sachant pas toujours comment lire ces multiples petites cases. Mais globalement ça passe, et je dirais même que ça donne un certain charme à l’ensemble. L’histoire est à la fois simple et déroutante. J’ai en particulier bien aimé la fin, qui donne à l’intrigue un air de cycle qui recommence, mais aussi une sorte de parenthèse enchantée, dans un univers finalement post-apocalypse. La rencontre de cette astronaute envoyée en dernier recours – suite à un tirage au sort – vers l’espace lointain, pour trouver une hypothétique solution aux malheurs de la Terre, et d'un étrange Robot géant, reste énigmatique (avec sur la fin une explosion de fleurs – aux allures de boulons – inexpliquée), cela peut être un rêve ou la réalité, peu importe : seul importe le voyage, la rencontre. Une histoire que les lecteurs peuvent interpréter diversement je pense, mais dont la lecture est plutôt agréable.

02/04/2025 (modifier)
Couverture de la série Ici, on a toujours une raison de sourire
Ici, on a toujours une raison de sourire

Bon, à première vue je ne serais jamais allée vers cette série, les couvertures me faisaient penser à une sorte d'ecchi visant clairement un public masculin (notamment à cause de la couverture du tome 4), mais à la vue du nom de l'autrice, Kuzushiro, qui a également écrit The Moon on a Rainy Night (que je me souviens avoir apprécié il y a plusieurs années), j'ai décidé de donner sa chance à cette histoire. Bonne pioche ? Mauvaise pioche ? Hmm, mitigée mais malheureusement je pense dire que cela a été une mauvaise pioche pour moi. L'histoire est prometteuse : on suit une mangaka durant sa vie de tous les jours, et plus précisément sa vie professionnelle (les délais à respecter, les cahiers des charges à suivre, les rencontre avec tous les représentant-e-s de la chaîne de production, l'entente avec ses assistantes, tout y passe). Le petit twist ? Notre mangaka a l'esprit mal placée et interprète presque toutes ses interactions professionnelles sous l'angle de la relation amoureuse (voire sexuelle), en particulier dans sa relation avec son éditrice. Le twist (bis) ? L'éditrice en question visualise également leur relation professionnelle comme étant intime et romantique (il semble même rapidement sous entendu qu'elle éprouve de réels sentiments amoureux). Un mélange entre un documentaire sur le quotidien d'un-e mangaka et une histoire romantique dans un cadre de travail c'est prometteur. Le hic, c'est que j'ai malheureusement trouvé que le résultat n'était pas à la hauteur du potentiel. Premier défaut, sans doute personnel : j'ai trouvé que la volonté de retranscrire de manière très précise et documentée le travail d'un-e mangaka professionel-le et l'histoire d'amour délirante se mélangent en réalité assez mal. Cela se joue sans doute à peu de choses, mais ici j'ai vraiment trouvé que les deux directions se nuisaient mutuellement : certains passages m'ont fait dire que le tout aurait mérité d'être plus sérieux, alors que d'autres m'ont fait dire qu'au contraire il aurait fallu pousser le délire plus loin. Après, avoir le cul entre deux chaises (pour citer ma mamie), ce n'est pas une faute impardonnable, c'est juste dommage. Sur la romance, justement, je tenais à dire que je l'ai trouvé... décevante. Quasi-absente serait sans doute le mot qui conviendrait le mieux. C'est un yuri, donc même si l'album viserait un public masculin je m'attend tout de même à un traitement minimum des sentiments amoureux, mais ici le tout fait très... timide. En fait les allusions romantiques (et sexuelles...) répétées de la mangaka sont constamment traitées comme des blagues et mis à part les trop rares passages où l'on montre son éditrice éprouver un attachement pour elle nous ne voyons pas vraiment de sentiments forts entre elles deux (si ce n'est leur sincère attachement en tant que collègues qui se respectent). Un peu dommage quand je m'étais lancé dans cette série spécifiquement pour trouver une romance (j'ai pourtant souvenir que The Moon on a Rainy Night parlait clairement de romance...). Bon, la présentation détaillée de la chaîne de production d'un manga au Japon reste intéressant. Défaut spécifique à la version française enfin : l'une des assistantes de la mangaka la vouvoie. Bon, jusque là rien de grave, mais la mangaka, elle, la tutoie. Cela ne semble rien, je sais que cela existe des gens qui ne se parlent pas sur un même registre, mais vu comme elles travaillent avec complicité et qu'on montre dès le début qu'elles se connaissent bien, cela m'a semblé bizarre dès le premier chapitre. Alors, quand on nous révèle plus tard que l'assistante est en fait la petite sœur d'une des amies de lycée de la mangaka (amie qu'elle tutoie et qui la tutoie, d'ailleurs), cela semble encore plus bizarre. Je ne sais pas, cela m'a semblé être un choix de traduction hasardeux, cela créé une distance entre deux personnages que la mise en scène montre clairement très complices. Bon, malgré tous les reproches que j'ai à donner à cette série, je ne la rejette pas complètement non plus. Certes la romance mise en arrière plan m'a déçue, certes le design moe des personnages ne m'a absolument pas parlé, certes je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages, ... Oui, bon, je lui reproche quand-même beaucoup de choses, mais je reconnais ne pas avoir été son public cible (en tout cas je n'ai pas été touchée par ce que voulait écrire Kuzushiro). Encore une fois, la présentation du quotidien d'un-e mangaka est intéressant à lire et il y a même quelques scènes qui arrivent à montrer un bon potentiel comique (je pense notamment aux répliques souvent absurdement sérieuses et emphatiques de la collègue/rivale/squatteuse alcoolique de notre mangaka principale). C'est juste dommage que ce potentiel comique ne parvienne pas à pleinement faire ses preuves et parasite quelques fois malgré lui les moments un peu plus sérieux. L'autrice s'est très probablement inspirée d'anecdotes de sa vie pour écrire cette série, ce qui rend d'ailleurs certaines répliques amusantes comme celle où la mangaka réfléchi à un projet de nouvelle série et pense à un projet sur la langue des signes qui lui aurait été inspiré par un membre de sa famille atteint de surdité (comme dans The Moon on a Rainy Night). Bref, une série pas inintéressante à proprement parler mais qui n'a pas réussie à m'atteindre. (Note réelle 2,5)

02/04/2025 (modifier)