Tiens, je ne connaissais pas la travail de Lucas Harari, et c'est un peu par hasard que je suis tombé sur cet album.
L'objet est ma foi très joli, et quand on connaît le degré d'exigence des Editions Sarbacane, on se dit qu'un tel écrin doit renfermer un petit bijou. Pour le coup c'est un album vraiment intéressant, un thriller estival entre tueur en série et amours à peine esquissées. Harari a tissé une toile complexe, avec des éléments semés tout au long de son récit de manière à faire naître une conviction, des soupçons, lesquels peuvent aussi voler en éclats. C'est suffisamment bien foutu pour qu'on n'aie pas envie de lâcher l'album, qui compte tout de même 200 pages, jusqu'à la fin. Si celle-ci n'en est pas vraiment une, elle est par ailleurs assez frustrante, puisque seule une partie du pot-aux-roses nous est dévoilé. Si le côté passionnel permet quelque part de se satisfaire de la non-résolution de l'enquête (jusque-là du moins), il n'en demeure pas moins quelques zones d'ombre, concernant le Dr Klement notamment. Et c'est ce qui m'empêche de mettre une meilleure note à ce pourtant très bon album par ailleurs.
Le dessin de Lucas Harari est plaisant, rappelant un peu la ligne claire des années 80, alliée à une belle occupation de l'espace. J'aime beaucoup ses paysages, notamment.
Bref, un album vraiment sympa, qui aurait mérité un peu plus d'explications pour être totalement plaisant.
Comme l’indique la quatrième de couverture, les personnages de Gipi sont souvent des adolescents en quête d’eux-mêmes. C’est valable pour la majorité de ces oeuvres, et cela l’est d’autant plus avec ce condensé de 12 histoires courtes
On reconnait toujours le style de l’auteur avec son alternance de crayonné et belles aquarelles dans la majorité des histoires, mais c’est également rafraîchissant de voir certaines de ces anciennes histoires avec un style plus immature et sombre.
Mes deux histoires préférées (qui sont finalement les deux premières) sont En descendant le fleuve qui transmet le mieux et en à peine quelques pages cette dose d’aventure, de non-dit, d’entrée à l’âge adulte, d’amours (toute une multitude de sujets dans laquelle l’auteur resplendit) et Le Chasseur de coeur que je trouve joliment écrit, presque poétique et qui accorde bellement le dessin à la mine et la peinture à l’aquarelle.
Une chouette lecture pour compléter votre collection de Gipi !
L'odyssée de deux, puis trois jeunes gens en quête d'un artefact divin afin de sauver leur ville du courroux des dieux. En chemin ils vont faire des rencontres bienveillantes ou malveillantes, et leur périple suivi par plusieurs groupes aux intentions diverses.
Le récit est linéaire, ménageant également des petits instants d'humour qui allègent le cadre un peu sérieux de la Grèce antique et de son panthéon de dieux aux caractères difficiles.
Le dessin de Christophe Ferreira est très agréable, lumineux et et dynamique.
Voilà une bonne petite série sans prétention, qui permet de passer un bon moment de lecture.
Holly Molly est une jolie BD de fantasy tous publics mettant en scène un trio d'enfants dans un monde où la magie côtoie la technologie.
Dans cet univers, les mages existaient et existent toujours, mettant leurs pouvoirs au service de la population. Mais ils ont été supplantés par les outils technologiques et autres automobiles fournis à la population par un fameux personnage nommé l'Antiquaire. Depuis les mages se font bien plus rares et la magie a quitté en partie le monde. Mais la petite Holly est toujours fascinée par eux et elle fait des rêves étranges au sujet de la magie, ce qui fâche sa grande sœur Molly qui est bien plus pragmatique et admiratrice de l'Antiquaire. Lors du stage étudiant de Molly dans un relais de poste, Holly venue lui rendre visite récupère par mégarde un tarot magique destiné à un mage. Ce tarot se lie à elle et elle se retrouve capable d'user de ses pouvoirs, ce qui attire aussitôt l'attention de kidnappeurs qui s'emparent d'elle, de sa soeur et d'un autre garçon qui en sait davantage sur la magie.
Très vite, on ressent une forte influence du studio Ghibli dans cette aventure.
Le graphisme, tout d'abord, est de forte inspiration manga, que ce soit pour les costumes et décors ou pour les personnages. C'est un style charmant, aux couleurs pastel, qui transporte immédiatement le lecteur dans un monde de merveilleux, de magie douce et d'aventure légère.
L'intrigue ensuite emprunte elle aussi beaucoup d'éléments des films de Miyazaki. C'est tout une atmosphère et une multitude de sujets qui rappellent ses films, avec parfois des points encore plus similaires. Par exemple, difficile de ne pas penser à la famille pirate du Château dans le Ciel avec les personnages bourrus des kidnappeurs et dans leur petite croisière en bateau. Ou au Château Ambulant avec ce petit garçon qui met une barbe pour se faire passer pour un mage et qui transforme les portes en moyen de sauter d'un lieu à un autre. C'est à la fois agréable de se retrouver dans un univers proche des merveilles de Miyazaki, mais cela donne aussi un peu une impression de redite, de manque d'inspiration personnelle.
On se laisse toutefois volontiers emporter par le récit et son appel à l'aventure et au merveilleux. Le rythme est bon, l'ambiance charmante, et c'est une invitation au voyage et à l'exotisme. Toutefois, un lecteur adulte aura du mal à s'empêcher d'y noter quelques facilités et petites incohérences, comme le fait que le jeune passeur n'utilise quasiment jamais ses pouvoirs pour s'enfuir alors qu'il pourrait emmener ses amies et lui n'importe où avec la moindre porte. Et surtout, on s'agacera vite du rôle trop appuyé de pénible grande sœur joué par Molly qui fait sans arrêt la gueule, bloque toute initiative de sa petite sœur et rejette obstinément toute mention de magie alors qu'elle est en plein dedans : son comportement en devient stupide et difficile à supporter. A cause de cet agacement, je n'ai pas été totalement transporté dans cette aventure pourtant mignonne et entrainante. J'espère que les auteurs sauront corriger ce point pour rendre la suite plus simplement agréable.
J'ai trouvé cette série divertissante mais pas assez originale pour me procurer un vrai plaisir. Le savoir faire de Rodolphe permet un scénario fluide qui se lit très bien mais ce mythe de Jack l'éventeur revisité manque cruellement de consistance. Un jumeau providentiel, une affaire d'adultère qui permet quelques scènes sexy et une secte sont là pour meubler une histoire sans trop de piment.
Le dessin réaliste de Wens est réussi pour traduire cette ambiance feutrée de l'aristocratie mais je n'ai pas apprécié une mise en couleur trop sombre avec un abus de brun qui rend un visuel monotone.
Une lecture divertissante mais qui manque de densité.
Les séries qui travaillent sur la mémoire de la seconde guerre mondiale sont nombreuses. On pourrait croire que 80 ans après les faits tout a été dit et écrit. C'est peut être vrai mais le support BD dans une approche documentée et moderne apporte une nouvelle vision et ouvre ces sujets à un public plus large. C'est particulièrement vrai pour l'excellent "Madeleine Résistante" et dans une moindre mesure pour ce "Réseau Comète". Le point commun de ces deux séries est de mettre en valeur l'action des femmes dans certains réseaux de la résistance. Ici pas de coup de feu ni de sabotage mais une filière d'exfiltration pour les aviateurs alliés abattus au dessus de la Belgique. A travers les souvenirs de Christiane, jeune Basque qui vit à Anglet, Jean-Yves Le Naour propose un récit bien construit qui retrace les étapes , les difficultés et les dangers d'un tel engagement. La proportion de (très) jeunes femmes était importante car dans ce rôle d'accompagnatrices elles étaient moins suspectes au yeux des autorités allemandes ou collabo. L'auteur rappelle l'importance psychologique majeure de ce réseau pour les aviateurs qui partaient de Londres. En effet les actions de la résistance faisait espérer une porte de sortie au cas où ils devaient se parachuter. L'auteur a préféré mettre l'accent sur les actions des grandes figures du réseau que sur la construction du réseau. Cela réduit le côté "technique" mais valorise l'engagement humain des ces jeunes résistantes qui n'utilisaient pas la violence.
Le graphisme semi réaliste d'Iñaki Holgado autorise une bonne lisibilité pour un public jeune. L'ouvrage est ainsi accessible pour des enfants dès 10 ans à mon avis. Une grande partie de l'action se passe au pays Basque et lors du passage de la frontière espagnole. Cela donne un visuel très dynamique avec de belles scènes de nuit. La mise en couleur participe à la narration en choisissant des couleurs en fonction de l'époque du récit.
Une lecture facile et agréable pour un très large public dans la continuité de très bonnes séries comme Les Enfants de la Résistance ou "La guerre des Lulu".
Dans Balles perdues, nous suivons les péripéties de Roy Nash, tueur pour un clan mafieux de Chicago dirigé par un certain Al ... dans les années 30.
Balles perdues est donc vous l'aurez compris un BD de gangsters un vrai polar sombre où les gentils n'ont pas vraiment leur place (d'ailleurs c'est facile il n'y en a pas).
Le scénario quoique très classique est bien ficelé et l'histoire ne connait pas de temps morts. Du début à la fin, ça bouge et on n'a pas le temps de s'ennuyer. D'un autre coté pouvait il en être autrement avec Walter Hill au commande. Mais voilà il est très classique et c'est peut être là son plus gros défaut
Le trait de Jeff est assez reconnaissable et assez proche de ce qu'il a fait avec 9/11. C'est pas forcément très beau mais c'est assez réaliste quoique j'ai trouvé par moment que les personnages se ressemblaient beaucoup trop entre eux.
Un peu comme un vieux film qui passe à la télé pour la énième fois, Balles perdues est de ces œuvres qu'on lit, qu'on apprécie et dont on garde un souvenir vague mais appréciable sans pour autant avoir forcément l'envie d'y revenir.
« Barnstormers » est la 4eme série de Scott Snyder réalisée pour ComiXology Originals, après Clear, La Nuit de la Goule et Canary, et c’est celle qui m’a le moins plu, même si ça reste sympathique.
L’histoire se déroule sur un background intéressant, à savoir le « barnstorming » (ou « “Cirque volant » en français), activité très populaire aux États-Unis au cours des années folles, qui consistait à faire des acrobaties aériennes pour impressionner les spectateurs, à la croisée du cirque et des meetings aériens modernes. L’intrigue même est légère : une escapade romantique qui tourne mal. C’est agréable, mais un peu convenu et prévisible.
Je ne suis pas fan du dessin et surtout des couleurs, beaucoup trop informatisées et lisses pour moi.
Une lecture agréable, mais pas vraiment marquante.
Je pense que j'ai découvert cette série trop tard pour l'apprécier totalement. J'avais lu quelques récits dans des vieux Pif Gadget que j'avais trouvés en occasion, lorsque j'étais déjà un adolescent, et c'est une fois adulte que j'ai enfin pu lire la série en album, vu que cela a pris du temps avant que Supermatou soit publié dans ce format.
L'humour s'adresse aux enfants quoique cela peut toujours faire sourire un adulte. J'ai été ébloui par la manière dont Poirier utilisait son imagination parce que les récits vont très loin dans l'absurde et je ne savais jamais ce qui allait se produire dans les histoires. C'est dommage qu'un auteur aussi créatif soit oublié en dehors des nostalgiques de Pif. J'aime aussi son dessin qui est à la fois dynamique et personnel. Je suis certain que si j'avais lu ça tout petit cela aurait été une de mes bandes dessinées de Pif préférées. Cela reste agréable à lire adulte, mais l'humour est parfois un peu lourd et c'est le genre de série qui devient un peu indigeste lorsqu'on lit des dizaines de récits sans faire de pause.
Spectregraph est un comics signé par le scénariste du remarqué The Nice House on the lake. Il sera ici question d'un manoir (encore), appartenant à un magnat de l'industrie. celui-ci a développé le lieu pour en faire un bâtiment d'exception, une sorte de forteresse énigmatique destinée à construire une machine un peu spéciale. A son décès les acheteurs potentiels sont pressé de visiter ce lieu atypique, et c'est justement une de ces visites qui ouvre l'intrigue.
Ce manoir est surtout le point de départ d'une histoire de fantômes, un récit fantastique qui flirte avec l'horreur, sans pour autant filer la chair de poule. Certes les spectres vont déambuler dans les couloirs et effrayer nos héroïnes, mais les séquences qui les mettent en scènes ne sont pas toujours bien claires. En partie par des découpages et des mises en pages originales, en partie parce que les scènes sont assez sombre, mais aussi et surtout parce que l'action n'est pas toujours très limpide lorsque on a des tranches de fantômes un peu partout dans les pages. On ne comprend pas toujours bien ce qui se passe.
Pour autant, l'histoire n'est pas désagréable. Elle est rythmée par des flashbacks qui amènent progressivement à comprendre ce que le créateur a réussi à faire au fil des années. Et surtout c'est avec curiosité qu'on se demande jusqu'à la fin si nos 2 héroïnes vont réussir à sortir du manoir. L'histoire se conclue en beauté par un final plutôt surprenant et totalement satisfaisant.
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La Dernière Rose de l'été
Tiens, je ne connaissais pas la travail de Lucas Harari, et c'est un peu par hasard que je suis tombé sur cet album. L'objet est ma foi très joli, et quand on connaît le degré d'exigence des Editions Sarbacane, on se dit qu'un tel écrin doit renfermer un petit bijou. Pour le coup c'est un album vraiment intéressant, un thriller estival entre tueur en série et amours à peine esquissées. Harari a tissé une toile complexe, avec des éléments semés tout au long de son récit de manière à faire naître une conviction, des soupçons, lesquels peuvent aussi voler en éclats. C'est suffisamment bien foutu pour qu'on n'aie pas envie de lâcher l'album, qui compte tout de même 200 pages, jusqu'à la fin. Si celle-ci n'en est pas vraiment une, elle est par ailleurs assez frustrante, puisque seule une partie du pot-aux-roses nous est dévoilé. Si le côté passionnel permet quelque part de se satisfaire de la non-résolution de l'enquête (jusque-là du moins), il n'en demeure pas moins quelques zones d'ombre, concernant le Dr Klement notamment. Et c'est ce qui m'empêche de mettre une meilleure note à ce pourtant très bon album par ailleurs. Le dessin de Lucas Harari est plaisant, rappelant un peu la ligne claire des années 80, alliée à une belle occupation de l'espace. J'aime beaucoup ses paysages, notamment. Bref, un album vraiment sympa, qui aurait mérité un peu plus d'explications pour être totalement plaisant.
En descendant le fleuve et autres histoires
Comme l’indique la quatrième de couverture, les personnages de Gipi sont souvent des adolescents en quête d’eux-mêmes. C’est valable pour la majorité de ces oeuvres, et cela l’est d’autant plus avec ce condensé de 12 histoires courtes On reconnait toujours le style de l’auteur avec son alternance de crayonné et belles aquarelles dans la majorité des histoires, mais c’est également rafraîchissant de voir certaines de ces anciennes histoires avec un style plus immature et sombre. Mes deux histoires préférées (qui sont finalement les deux premières) sont En descendant le fleuve qui transmet le mieux et en à peine quelques pages cette dose d’aventure, de non-dit, d’entrée à l’âge adulte, d’amours (toute une multitude de sujets dans laquelle l’auteur resplendit) et Le Chasseur de coeur que je trouve joliment écrit, presque poétique et qui accorde bellement le dessin à la mine et la peinture à l’aquarelle. Une chouette lecture pour compléter votre collection de Gipi !
Alcyon
L'odyssée de deux, puis trois jeunes gens en quête d'un artefact divin afin de sauver leur ville du courroux des dieux. En chemin ils vont faire des rencontres bienveillantes ou malveillantes, et leur périple suivi par plusieurs groupes aux intentions diverses. Le récit est linéaire, ménageant également des petits instants d'humour qui allègent le cadre un peu sérieux de la Grèce antique et de son panthéon de dieux aux caractères difficiles. Le dessin de Christophe Ferreira est très agréable, lumineux et et dynamique. Voilà une bonne petite série sans prétention, qui permet de passer un bon moment de lecture.
Holly Molly
Holly Molly est une jolie BD de fantasy tous publics mettant en scène un trio d'enfants dans un monde où la magie côtoie la technologie. Dans cet univers, les mages existaient et existent toujours, mettant leurs pouvoirs au service de la population. Mais ils ont été supplantés par les outils technologiques et autres automobiles fournis à la population par un fameux personnage nommé l'Antiquaire. Depuis les mages se font bien plus rares et la magie a quitté en partie le monde. Mais la petite Holly est toujours fascinée par eux et elle fait des rêves étranges au sujet de la magie, ce qui fâche sa grande sœur Molly qui est bien plus pragmatique et admiratrice de l'Antiquaire. Lors du stage étudiant de Molly dans un relais de poste, Holly venue lui rendre visite récupère par mégarde un tarot magique destiné à un mage. Ce tarot se lie à elle et elle se retrouve capable d'user de ses pouvoirs, ce qui attire aussitôt l'attention de kidnappeurs qui s'emparent d'elle, de sa soeur et d'un autre garçon qui en sait davantage sur la magie. Très vite, on ressent une forte influence du studio Ghibli dans cette aventure. Le graphisme, tout d'abord, est de forte inspiration manga, que ce soit pour les costumes et décors ou pour les personnages. C'est un style charmant, aux couleurs pastel, qui transporte immédiatement le lecteur dans un monde de merveilleux, de magie douce et d'aventure légère. L'intrigue ensuite emprunte elle aussi beaucoup d'éléments des films de Miyazaki. C'est tout une atmosphère et une multitude de sujets qui rappellent ses films, avec parfois des points encore plus similaires. Par exemple, difficile de ne pas penser à la famille pirate du Château dans le Ciel avec les personnages bourrus des kidnappeurs et dans leur petite croisière en bateau. Ou au Château Ambulant avec ce petit garçon qui met une barbe pour se faire passer pour un mage et qui transforme les portes en moyen de sauter d'un lieu à un autre. C'est à la fois agréable de se retrouver dans un univers proche des merveilles de Miyazaki, mais cela donne aussi un peu une impression de redite, de manque d'inspiration personnelle. On se laisse toutefois volontiers emporter par le récit et son appel à l'aventure et au merveilleux. Le rythme est bon, l'ambiance charmante, et c'est une invitation au voyage et à l'exotisme. Toutefois, un lecteur adulte aura du mal à s'empêcher d'y noter quelques facilités et petites incohérences, comme le fait que le jeune passeur n'utilise quasiment jamais ses pouvoirs pour s'enfuir alors qu'il pourrait emmener ses amies et lui n'importe où avec la moindre porte. Et surtout, on s'agacera vite du rôle trop appuyé de pénible grande sœur joué par Molly qui fait sans arrêt la gueule, bloque toute initiative de sa petite sœur et rejette obstinément toute mention de magie alors qu'elle est en plein dedans : son comportement en devient stupide et difficile à supporter. A cause de cet agacement, je n'ai pas été totalement transporté dans cette aventure pourtant mignonne et entrainante. J'espère que les auteurs sauront corriger ce point pour rendre la suite plus simplement agréable.
London
J'ai trouvé cette série divertissante mais pas assez originale pour me procurer un vrai plaisir. Le savoir faire de Rodolphe permet un scénario fluide qui se lit très bien mais ce mythe de Jack l'éventeur revisité manque cruellement de consistance. Un jumeau providentiel, une affaire d'adultère qui permet quelques scènes sexy et une secte sont là pour meubler une histoire sans trop de piment. Le dessin réaliste de Wens est réussi pour traduire cette ambiance feutrée de l'aristocratie mais je n'ai pas apprécié une mise en couleur trop sombre avec un abus de brun qui rend un visuel monotone. Une lecture divertissante mais qui manque de densité.
Le Réseau Comète - La Ligne d'évasion des pilotes alliés
Les séries qui travaillent sur la mémoire de la seconde guerre mondiale sont nombreuses. On pourrait croire que 80 ans après les faits tout a été dit et écrit. C'est peut être vrai mais le support BD dans une approche documentée et moderne apporte une nouvelle vision et ouvre ces sujets à un public plus large. C'est particulièrement vrai pour l'excellent "Madeleine Résistante" et dans une moindre mesure pour ce "Réseau Comète". Le point commun de ces deux séries est de mettre en valeur l'action des femmes dans certains réseaux de la résistance. Ici pas de coup de feu ni de sabotage mais une filière d'exfiltration pour les aviateurs alliés abattus au dessus de la Belgique. A travers les souvenirs de Christiane, jeune Basque qui vit à Anglet, Jean-Yves Le Naour propose un récit bien construit qui retrace les étapes , les difficultés et les dangers d'un tel engagement. La proportion de (très) jeunes femmes était importante car dans ce rôle d'accompagnatrices elles étaient moins suspectes au yeux des autorités allemandes ou collabo. L'auteur rappelle l'importance psychologique majeure de ce réseau pour les aviateurs qui partaient de Londres. En effet les actions de la résistance faisait espérer une porte de sortie au cas où ils devaient se parachuter. L'auteur a préféré mettre l'accent sur les actions des grandes figures du réseau que sur la construction du réseau. Cela réduit le côté "technique" mais valorise l'engagement humain des ces jeunes résistantes qui n'utilisaient pas la violence. Le graphisme semi réaliste d'Iñaki Holgado autorise une bonne lisibilité pour un public jeune. L'ouvrage est ainsi accessible pour des enfants dès 10 ans à mon avis. Une grande partie de l'action se passe au pays Basque et lors du passage de la frontière espagnole. Cela donne un visuel très dynamique avec de belles scènes de nuit. La mise en couleur participe à la narration en choisissant des couleurs en fonction de l'époque du récit. Une lecture facile et agréable pour un très large public dans la continuité de très bonnes séries comme Les Enfants de la Résistance ou "La guerre des Lulu".
Balles perdues (Walter Hill)
Dans Balles perdues, nous suivons les péripéties de Roy Nash, tueur pour un clan mafieux de Chicago dirigé par un certain Al ... dans les années 30. Balles perdues est donc vous l'aurez compris un BD de gangsters un vrai polar sombre où les gentils n'ont pas vraiment leur place (d'ailleurs c'est facile il n'y en a pas). Le scénario quoique très classique est bien ficelé et l'histoire ne connait pas de temps morts. Du début à la fin, ça bouge et on n'a pas le temps de s'ennuyer. D'un autre coté pouvait il en être autrement avec Walter Hill au commande. Mais voilà il est très classique et c'est peut être là son plus gros défaut Le trait de Jeff est assez reconnaissable et assez proche de ce qu'il a fait avec 9/11. C'est pas forcément très beau mais c'est assez réaliste quoique j'ai trouvé par moment que les personnages se ressemblaient beaucoup trop entre eux. Un peu comme un vieux film qui passe à la télé pour la énième fois, Balles perdues est de ces œuvres qu'on lit, qu'on apprécie et dont on garde un souvenir vague mais appréciable sans pour autant avoir forcément l'envie d'y revenir.
Barnstormers
« Barnstormers » est la 4eme série de Scott Snyder réalisée pour ComiXology Originals, après Clear, La Nuit de la Goule et Canary, et c’est celle qui m’a le moins plu, même si ça reste sympathique. L’histoire se déroule sur un background intéressant, à savoir le « barnstorming » (ou « “Cirque volant » en français), activité très populaire aux États-Unis au cours des années folles, qui consistait à faire des acrobaties aériennes pour impressionner les spectateurs, à la croisée du cirque et des meetings aériens modernes. L’intrigue même est légère : une escapade romantique qui tourne mal. C’est agréable, mais un peu convenu et prévisible. Je ne suis pas fan du dessin et surtout des couleurs, beaucoup trop informatisées et lisses pour moi. Une lecture agréable, mais pas vraiment marquante.
Supermatou
Je pense que j'ai découvert cette série trop tard pour l'apprécier totalement. J'avais lu quelques récits dans des vieux Pif Gadget que j'avais trouvés en occasion, lorsque j'étais déjà un adolescent, et c'est une fois adulte que j'ai enfin pu lire la série en album, vu que cela a pris du temps avant que Supermatou soit publié dans ce format. L'humour s'adresse aux enfants quoique cela peut toujours faire sourire un adulte. J'ai été ébloui par la manière dont Poirier utilisait son imagination parce que les récits vont très loin dans l'absurde et je ne savais jamais ce qui allait se produire dans les histoires. C'est dommage qu'un auteur aussi créatif soit oublié en dehors des nostalgiques de Pif. J'aime aussi son dessin qui est à la fois dynamique et personnel. Je suis certain que si j'avais lu ça tout petit cela aurait été une de mes bandes dessinées de Pif préférées. Cela reste agréable à lire adulte, mais l'humour est parfois un peu lourd et c'est le genre de série qui devient un peu indigeste lorsqu'on lit des dizaines de récits sans faire de pause.
Spectregraph
Spectregraph est un comics signé par le scénariste du remarqué The Nice House on the lake. Il sera ici question d'un manoir (encore), appartenant à un magnat de l'industrie. celui-ci a développé le lieu pour en faire un bâtiment d'exception, une sorte de forteresse énigmatique destinée à construire une machine un peu spéciale. A son décès les acheteurs potentiels sont pressé de visiter ce lieu atypique, et c'est justement une de ces visites qui ouvre l'intrigue. Ce manoir est surtout le point de départ d'une histoire de fantômes, un récit fantastique qui flirte avec l'horreur, sans pour autant filer la chair de poule. Certes les spectres vont déambuler dans les couloirs et effrayer nos héroïnes, mais les séquences qui les mettent en scènes ne sont pas toujours bien claires. En partie par des découpages et des mises en pages originales, en partie parce que les scènes sont assez sombre, mais aussi et surtout parce que l'action n'est pas toujours très limpide lorsque on a des tranches de fantômes un peu partout dans les pages. On ne comprend pas toujours bien ce qui se passe. Pour autant, l'histoire n'est pas désagréable. Elle est rythmée par des flashbacks qui amènent progressivement à comprendre ce que le créateur a réussi à faire au fil des années. Et surtout c'est avec curiosité qu'on se demande jusqu'à la fin si nos 2 héroïnes vont réussir à sortir du manoir. L'histoire se conclue en beauté par un final plutôt surprenant et totalement satisfaisant.